<HTML> <HEAD>    <TITLE>Culture: Auteurs romands: ils n&#146;iront pas tous en enfer</TITLE> <META NAME="KEYWORDS" CONTENT=" "><META NAME="description" CONTENT="Construire, l'hebdomadaire de Migros. 390'000 exemplaires"><META NAME="LANGUAGE" CONTENT="fr"> </HEAD> <BODY TEXT="#0F0000" BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#4A3984" ALINK="#4A3984" VLINK="#ED9200"> <P><A NAME=TOP></A>  <P><TABLE CELLSPACING=1>    <TR>       <TD VALIGN=top>          <P><A HREF="../../index.htm"><IMG SRC="../../IMAGES/constru.gif" ALT="maison.gif" WIDTH=25 HEIGHT=193 BORDER=0 ALIGN=bottom -></A>                    <P><A HREF="../../sommaire.htm">Sommaire</A><BR>          <A HREF="../../actual.htm">Actualit&eacute;s</A><BR>          <A HREF="../../dossier.htm">Dossiers</A><BR>          <A HREF="../../voyages.htm">Voyages</A><BR>          <A HREF="../../voiture.htm">Voitures</A><BR>          <A HREF="../../recettes.htm">Recettes</A><BR>          <A HREF="../../infmigro.htm">Info Migros</A><BR>          <A HREF="../../entretie.htm">Entretiens</A><BR>          <A HREF="../../culture.htm">Culture</A><BR>          <A HREF="../../droits.htm">Vos droits</A><BR>          <A HREF="../../sante.htm">Sant&eacute;</A><BR>          <A HREF="../../momes.htm">Education</A><BR>          <A HREF="../../societe.htm">Soci&eacute;t&eacute;</A><BR>          <A HREF="mailto:construire@migros.ch">E-Mail</A>       </TD>       <TD WIDTH=1 BGCOLOR="#420084">          <P><IMG SRC="../IMAGES/strip.gif" WIDTH=1 HEIGHT=1 ALIGN=bottom>       </TD>       <TD VALIGN=top WIDTH=500>          <P><TABLE WIDTH=500>             <TR>                <TD VALIGN=top>                   <P ALIGN=right><B>Construire No 49, 05-12-2000</B>                </TD>             </TR>          </TABLE>                    <H2><FONT COLOR="#660000"><B>Auteurs romands: Ils n'iront          pas tous en enfer</B></FONT></H2>                    <P><B>L'Amour, l'Enfer et la Saintet&eacute;. Salem, Jaccard          et Tornay, trois livres pour finir l'ann&eacute;e en          beaut&eacute;</B>                    <P>&nbsp;                    <CENTER><blink><B>&#91; </B><A HREF="49cult2.htm"><B>D&eacute;couvrez          seize ouvrages online !</B></A><B> &#93;</blink></B>                    <P>&nbsp;</CENTER>                    <FONT COLOR="#996633"><B>Salem: la soif d'amour          </B></FONT>                  <p>Qu'est-ce qu'un puzzle? Un jeu qui consiste &agrave;          reconstituer, &agrave; partir des pi&egrave;ces dont on          dispose, une r&eacute;alit&eacute; autre, compl&egrave;te et          enti&egrave;re. Une pl&eacute;nitude. Ces pi&egrave;ces,          elles sont r&eacute;parties tout autour de nous. Mais qui          sait les voir, les reconna&icirc;tre? A moins d'un regard          d'amour, elles nous &eacute;chapperont toujours.          Voil&agrave; sans doute l'enjeu, essentiel, du Puzzle          amoureux, de Gilbert Salem.                    <P>Ces pi&egrave;ces, il les d&eacute;c&egrave;le dans les          prunelles de cet ami &#171;paillet&eacute;es par          l'inqui&eacute;tude qui l'assombrit&#187;. Ou dans la          compagnie du chat aim&eacute;, qui &#171;finit par          envo&ucirc;ter en nous une part secr&egrave;te de notre          &acirc;me, par la magnifier&#187;. Ou encore dans les          anfractuosit&eacute;s de la paume d'une main. Toutes choses          menues et imperceptibles &agrave; autre regard que le sien.          C'est que Salem, que certains croient encore journaliste (et          c'est vrai qu'il l'est aussi) est avant tout po&egrave;te et          &eacute;crivain. C'est-&agrave;-dire touch&eacute; par une          gr&acirc;ce.                    <P>Dans son livre, une lumi&egrave;re &eacute;claire de          l'int&eacute;rieur chaque chose, chaque &ecirc;tre. C'est un          saint livre, une vraie mosa&iuml;que o&ugrave;, dans un          ravissement kal&eacute;idoscopique, sont recompos&eacute;es          amiti&eacute;s et amours selon la seule logique de la          tendresse, de la chaleur et de la dette qu'on a envers ceux          qui nous font humblement aimer la vie. Chose rare: il          n'existe chez Salem pas la plus petite parcelle d'antipathie          &agrave; l'&eacute;gard de rien ni personne. Parle-t-il de          l'un de ses amis qu'il surnomme Tifr&egrave;re (Salem adore          les sobriquets), il lui pr&ecirc;te &#171;la gr&acirc;ce          d'un ap&ocirc;tre qu'aurait peint un artiste hollandais de          la Renaissance, ou un ma&icirc;tre v&eacute;nitien&#187;.                    <P>En chaque chose, en chaque &ecirc;tre, le po&egrave;te          retient ici le plus pr&eacute;cieux. Sa plume ne se soucie          d'aucune autre rh&eacute;torique, elle sait o&ugrave; sont          les tr&eacute;sors, elle ne se perd pas en venin, elle          abolit les vaines hi&eacute;rarchies. Comme Poulenc, qui          &#171;associe dans un amour commun le bal musette et les          suites de Couperin&#187;.                    <P>Si les portraits apparaissent dans ce livre si justes et          riches d'humanit&eacute;, c'est que Salem ne saisit jamais          les &ecirc;tres simplement en surface. Il a pour eux le mot          qui les r&eacute;v&egrave;le dans leur v&eacute;rit&eacute;.          Et s'il leur rend ainsi justice, c'est simplement qu'il les          aime. Ainsi le suit-on quand il &eacute;voque le Grand          Jacques, l'auteur de Carabas, son ma&icirc;tre en          litt&eacute;rature, Yveton, son ma&icirc;tre en journalisme          au visage de renard, et bien d'autres, comme le p&egrave;re          Joshua, Le Davide, Raquette, Papatte...                    <P>Ou comme, surtout, Chiara et Matteo, ses enfants          adoptifs, aujourd'hui grands, dont il a fait la solennelle          promesse &agrave; son ami Pascal-Arthur de s'occuper,          &agrave; l'heure o&ugrave; la maladie l'emportait. De ces          deux-l&agrave;, il parle en termes admirables. L'une, qui          pratique la philosophie, est une Loutre gracieuse, nocturne          et curieuse que &#171;Schopenhauer fait rire de bonheur avec          sa vision tragique du monde, son pessimisme          chaleureux&#187;. Quand il l'entend dormir, il          &#171;&eacute;coute comme la plus belle musique du monde son          souffle d'enfant&#187;. L'autre est un Kangourou          ath&eacute;e que son m&eacute;tier de souffleur de verre          fait voyager d'Amsterdam &agrave; Buenos Aires. Et dont le          papa adoptif s'est, un soir, senti terriblement heureux et          honor&eacute; de pouvoir consoler.                    <P>D'eux tous, il sait tenir &#171;une le&ccedil;on          fondamentale&#187;, un humble go&ucirc;t de la vie, surtout          quand celle-ci, &#171;pour une stupide question de globules          sanguins blancs&#187;, a menac&eacute; de le quitter (oui,          la mort aussi est tr&egrave;s pr&eacute;sente en ce puzzle          - comment ne le serait-elle pas, cette pi&egrave;ce          ma&icirc;tresse et conclusive qui offre un si          myst&eacute;rieux contrepoint &agrave; une existence tout          aussi myst&eacute;rieuse.)                    <P>L'un des derniers chapitres est consacr&eacute; &agrave;          Sa&uuml;l de Tarse qui devint saint Paul sur le chemin de          Damas. S'il en parle, c'est que Salem lui-m&ecirc;me, voici          quelques ann&eacute;es, est redevenu chr&eacute;tien. Cette          foi nouvelle ne repose sur rien d'autre que ce tr&egrave;s          simple sentiment d'amour, qui semble chez lui le plus solide          des fondements. Quand il lui arrive de devoir fournir          quelque explication &agrave; ceux qui s'en &eacute;tonnent,          que dit-il? &#171;S'ils me demandent: crois-tu en          l'existence de J&eacute;sus-Christ, je leur r&eacute;ponds:          je n'en sais rien, peut-&ecirc;tre que Dieu n'existe point.          Tout ce que je sais, c'est que je l'aime.&#187;                    <P><I>Jean-Fran&ccedil;ois Duval</I>                    <P>                    <HR>                    <P><FONT COLOR="#660066"><B>Jaccard: le go&ucirc;t du          pire</B></FONT>                    <P>Pour temp&eacute;rer les vertus des ouvrages dont il est          question ici, on lira deux petits livres de la meilleure          veine jaccardienne. Notre compatriote &eacute;tabli &agrave;          Paris publie en effet ces jours Un climatiseur en enfer (Ed.          Zo&eacute;) et Vertiges (Ed. Distance, Biarritz). Le premier          tient dans une quarantaine de pages d'aphorismes et de          fragments que lui a demand&eacute;s l'&eacute;ditrice          Marlyse Pietri pour sa collection MiniZo&eacute;.                    <P>L'auteur s'y livre avec bonheur &agrave; sa principale          activit&eacute;, qui consiste &agrave; lutter contre ses          angoisses, en ayant d&eacute;sormais remplac&eacute; la          lecture de Freud et la vision des films de Bergman par des          b&acirc;tonnets chimiques &agrave; la Loraz&eacute;pam.          H&eacute;las, rien n'y fait: sa vie aura donc          &eacute;t&eacute; un &eacute;chec? Il ne sera pas parvenu          &agrave; &ecirc;tre cet homme cruel que Louise Brooks          proposait aux jeunes filles comme compagnon id&eacute;al?          Aura-t-il alors r&eacute;ussi &agrave; devenir cet          &#171;&eacute;crivain v&eacute;ritable &#91;... &#93; dont          on mesure la valeur au nombre de ses victimes&#187;? A ses          lecteurs d'en d&eacute;cider.                    <P>On les y aidera en leur proposant ce petit extrait:          &#171;Chaque ann&eacute;e, la nuit de No&euml;l, ce          p&egrave;re de famille sortait de chez lui, tirait un coup          de pistolet en l'air et retournait tranquillement          aupr&egrave;s de ses enfants terroris&eacute;s. &#171;Le          P&egrave;re No&euml;l s'est encore suicid&eacute;&#187;,          leur annon&ccedil;ait-il. Peut-on r&ecirc;ver plus beau          cadeau de No&euml;l?&#187; Lucide &agrave; son habitude,          Jaccard reconna&icirc;t: &#171;Au point o&ugrave; j'en suis          arriv&eacute;, que puis-je esp&eacute;rer de plus qu'un          climatiseur en enfer?&#187;                    <P>D&eacute;j&agrave;, il lui arrive d'y faire parfois un          d&eacute;tour. &#171;Cet homme qui chancelle, qui a la          naus&eacute;e, qui vit en reclus, c'est moi&#187;,          constate-t-il dans Vertiges (tirage confidentiel, votre          libraire vous le commandera). Dans ce court r&eacute;cit          implacablement tenu, l'auteur/narrateur, atteint d'un          trouble d&ucirc; &agrave; quelque d&eacute;r&egrave;glement          de l'oreille interne, se demande si ses vertiges ne sont pas          aussi le sympt&ocirc;me de certains vacillements          int&eacute;rieurs... Un magistral petit trait&eacute;          clinique que ne d&eacute;savouerait pas Woody Allen et          devant lequel Serge Doubrovsky, qui s'y conna&icirc;t en          autofiction, est rest&eacute; pantois d'admiration.                    <P><I>J.-F. D.</I>                    <P>       </TD>    </TR> </TABLE>  <P>  <HR>  <CENTER><TABLE WIDTH=100 colspec="L20 L20">    <TR>       <TD>          <P><A HREF="../../index.htm"><IMG SRC="../../IMAGES/maison.gif" ALT="maison.gif - 1.1 K" WIDTH=24 HEIGHT=20 BORDER=0 ALIGN=bottom></A>       </TD>       <TD>          <P><A HREF="#TOP"><IMG SRC="../../IMAGES/fleche.gif" WIDTH=20 HEIGHT=23 BORDER=0 ALIGN=bottom></A>       </TD>    </TR> </TABLE>  <FONT SIZE="-1">&#91; </FONT><A HREF="../../sommaire.htm"><FONT SIZE="-1">Sommaire</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../actual.htm"><FONT SIZE="-1">Actualit&eacute;s</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../culture.htm"><FONT SIZE="-1">Culture</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../recettes.htm"><FONT SIZE="-1">Recettes</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../voyages.htm"><FONT SIZE="-1">Evasion</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../infmigro.htm"><FONT SIZE="-1">Info Migros</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../droits.htm"><FONT SIZE="-1">Vos droits</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../sante.htm#EDU"><FONT SIZE="-1">Education</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../sante.htm"><FONT SIZE="-1">Sant&eacute;</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="../../entretie.htm"><FONT SIZE="-1">Entretiens</FONT></A><FONT SIZE="-1"> | </FONT><A HREF="mailto:construire@migros.ch"><FONT SIZE="-1">E-Mail</FONT></A><FONT SIZE="-1"> &#93; </FONT></CENTER>  <P>  <HR>  </BODY> </HTML> 
