<html>  	<head> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<title>Tch&eacute;ch&eacute;nie : &quot;Bienvenue en enfer&quot;</title> 		<meta name="generator" content="Adobe GoLive 4"> 		<link rel="stylesheet" type="text/css" href="styles.css"> 	</head>  	<body bgcolor="white"> 		<h1><a name="Anchor"></a> 		<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" cols="1" width="640"> 			<tr> 				<td width="100" align="left" valign="top"><img height="75" width="75" src="Images/Terre.gif" alt="Earth"></td> 				<td align="left" valign="top"><img height="105" width="540" src="Images/Tit_ViolDE.gif" border="0" alt="La violation des droits de l'homme dans le monde" usemap="#bandeau_coonvb54f30d1" align="top"><map name="bandeau_coonvb54f30d1"></map></td> 			</tr> 		</table> 		<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" cols="1" width="640"> 			<tr> 				<td width="100" align="left" valign="top"><font size="2"><br> 					&nbsp;<a href="../index.htm"><b><img height="24" width="84" src="../Images/Dh_org.gif" border="0" alt="Home"><br> 					<br> 					</b></a></font> 					<p><span class="legend"><img height="20" width="11" src="../Images/tiret.gif" align="left"><a href="Somm_Violat.htm">SOMMAIRE</a></span></td> 				<td width="540" align="left" valign="top"> 					<h1>__Tch&eacute;ch&eacute;nie : &quot;Bienvenue en enfer&quot;</h1> 					<div align="left"> 						<p> 							<table width="540" border="0" cellspacing="0" cellpadding="8" bgcolor="#f5f5f5"> 							<tr> 								<td width="100%">Dans un rapport rendu public le <b>26 octobre 2000</b>, intitul&eacute; &quot;<b>Bienvenue en enfer</b>&quot;, <b>Human Rights Watch </b>(HRW)<b> </b>d&eacute;nonce les exactions &#150; passages &agrave; tabac, viols, torture- dont sont victimes les Tch&eacute;tch&egrave;nes dans les centres russes de d&eacute;tention - centre de <b>Tchernokosovo</b>, bases de <b>Mozdok</b> et <b>Khandala</b>, &quot;internat&quot; &agrave; <b>Ourous</b> et b&acirc;timent de raffinerie &agrave; <b>Tolsto&iuml; Iourt</b>. 									<p>L'organisation am&eacute;ricaine fait &eacute;tat de t&eacute;moignages et d'observations recueillies, entre <b>f&eacute;vrier et mai 2000</b>, en Ingouchie, la r&eacute;publique voisine o&ugrave; ont trouv&eacute; refuge quelque 200'000 r&eacute;fugi&eacute;s tch&eacute;etch&egrave;nes. &quot;Bienvenue en enfer. Tu es perdu maintenant. Tu vas mourir d'une mort lente et douloureuse. Nous allons t'apprendre &agrave; respecter les officiers russes&quot;, s'est entendu dire un ancien d&eacute;tenu &agrave; son arriv&eacute;e au camp de Tchernokosovo.</p> 									<p>Un autre d&eacute;tenu d&eacute;crit les s&eacute;vices subis. &quot;Ils utilisaient les parties m&eacute;talliques de leurs b&acirc;tons pour me frapper sur la plante des pieds. Ils sont mis un chiffon dans ma bouche pour m'emp&ecirc;cher de crier et ils m'ont mis des menottes. Ils m'ont mis debout contre un mur, les bras lev&eacute;s, ils ont soulev&eacute; ma chemise et m'ont battu les reins avec leurs b&acirc;tons&quot;.</p> 									<p>Une femme tch&eacute;tch&egrave;ne raconte comment, dans le centre de Tchernokosovo, elle a vu des soldats russes s'en prendre &agrave; un gar&ccedil;on de quatorze ans: &quot;je les ai vu mettre leurs masques. Ils ont commenc&eacute; &agrave; le frapper &agrave; coup de b&acirc;ton et avec les pieds. Le gar&ccedil;on criait, appelait sa m&egrave;re et implorait l'aide de dieu. Il a &eacute;t&eacute; battu pendant une heure&quot;.</td> 							</tr> 						</table> 						</div> 						<p>| <a href="#6">LE RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH</a> | <a href="#5">Arrestations en masse et d&eacute;tentions arbitraires</a> |<b> </b><a href="#4">Torture et autres exactions commises &agrave; Tchernokosovo</a> | <a href="#3">Torture et exactions commises dans d'autres centres de d&eacute;tention</a> <a name="6"></a>|<b> </b><a href="#2">Libert&eacute; &agrave; vendre: extorsions et &quot;amnisties&quot;</a> | <a href="#1">Mises au secret et &quot;disparitions&quot;</a> |</p> 						<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" width="450" bgcolor="#b22222"> 						<tr> 							<td><font size="2" color="white"><b>Le rapport de Human Rights Watch</b></font></td> 						</tr> 					</table> 						<p>Les d&eacute;tenus tch&eacute;tch&egrave;nes arrivant au camp russe de &quot;filtration&quot; de <b>Tchernokosovo</b>, en janvier 2000, recevaient un accueil des plus mena&ccedil;ants. Les gardes, en effet, leur souhaitaient la &quot;bienvenue en enfer&quot; et les for&ccedil;aient ensuite &agrave; marcher entre deux rangs de matons arm&eacute;s de matraques et qui les frappaient. Ceci n'&eacute;tait cependant que le d&eacute;but d'une longue et horrible suite d'exactions, incluant passages &agrave; tabac, viols et autres formes de torture, dont furent victimes la majorit&eacute; des tch&eacute;tch&egrave;nes d&eacute;tenus au d&eacute;but de l'ann&eacute;e 2000. La plupart d'entre eux ne furent rel&acirc;ch&eacute;s qu'apr&egrave;s paiement par leurs familles de fortes sommes &agrave; certains officiels russes devenus sp&eacute;cialistes de l'extorsion.<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></p> 						<p>Ceux qui furent ainsi forc&eacute;s de passer entre les rangs de matons russes faisaient partie des milliers de tch&eacute;tch&egrave;nes d&eacute;tenus par les forces russes parce que suspect&eacute;s de collaboration avec les combattants rebelles. En septembre 1999, la Russie entamait une campagne militaire destin&eacute;e &agrave; r&eacute;tablir son contr&ocirc;le sur la Tch&eacute;tch&eacute;nie. Cette guerre co&ucirc;ta la vie &agrave; des milliers de civils, for&ccedil;a des centaines de milliers de personnes &agrave; l'exode et provoqua des d&eacute;g&acirc;ts gigantesques au niveau de l'infrastructure civile. Les civils furent les principales victimes des bombardements aveugles, des ex&eacute;cutions sommaires et des autres exactions commises par les forces russes en violation des r&egrave;gles applicables aux conflits arm&eacute;s non internationaux.</p> 					<p>Bien que l'offensive militaire ait pris fin en avril 2000, des dizaines de milliers de tch&eacute;tch&egrave;nes d&eacute;plac&eacute;s se refusent encore aujourd'hui &agrave; retourner chez eux, craignant d'&ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute;s ou tu&eacute;s par les forces russes ou de voir le m&ecirc;me sort &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute; &agrave; leurs mari, fils, p&egrave;re ou fr&egrave;re. Des milliers d'autres, en Tch&eacute;tch&eacute;nie, n'osent plus quitter leurs communaut&eacute;s, m&ecirc;me pour aller recevoir des soins m&eacute;dicaux. Leurs craintes sont loin d'&ecirc;tre infond&eacute;es... A la fin mai 2000, le Minist&egrave;re de l'Int&eacute;rieur affirmait que plus de dix milles personnes avaient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;es en Tch&eacute;tch&eacute;nie depuis le d&eacute;but de l'ann&eacute;e, que 478 de ces personnes &eacute;taient sur la liste des &quot;individus recherch&eacute;s&quot; et que plus de mille d'entre elles &eacute;taient des &quot;rebelles [tch&eacute;tch&egrave;nes] ou des complices de ceux-ci.</p> 					<p>A la date de publication de ce rapport, des arrestations similaires continuent &agrave; avoir lieu dans toute la Tch&eacute;tch&eacute;nie. La plupart des individus arr&ecirc;t&eacute;s ont &eacute;t&eacute; emmen&eacute;s dans des centres de d&eacute;tention en Tch&eacute;tch&eacute;nie et ailleurs dans le nord du Caucase, o&ugrave; ils ont eu &agrave; souffrir d'exactions.</p> 					<p>Le pr&eacute;sent rapport rend compte de mani&egrave;re d&eacute;taill&eacute;e des arrestations arbitraires et des exactions commises dans plusieurs centres de d&eacute;tention en Tch&eacute;tch&eacute;nie, en particulier le camp de Tchernokosovo et six autres centres identifi&eacute;s dans la r&eacute;gion et situ&eacute;s &agrave; Tolstoy-Yurt, Khankala et Urus-Martan (Tch&eacute;tch&eacute;nie), Pyatigorsk et Stavropol (province de Stavropol), et Mozdok (Oss&eacute;tie du nord). <b>Le rapport est bas&eacute; sur les recherches et enqu&ecirc;tes men&eacute;es par une &eacute;quipe de Human Rights Watch qui a identifi&eacute; et interview&eacute; des dizaines d'anciens d&eacute;tenus, de f&eacute;vrier &agrave; mai 2000</b>, et proc&eacute;d&eacute; &agrave; une v&eacute;rification minutieuse des r&eacute;cits individuels, les comparant avec d'autres, afin de garantir leur v&eacute;racit&eacute;.<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></p> 					<p>Les actes de torture et autres exactions mentionn&eacute;s dans le pr&eacute;sent rapport constituent des violations graves des obligations qui incombent &agrave; la Russie en vertu des Conventions de Gen&egrave;ve de 1949, du second protocole additionnel aux Conventions de Gen&egrave;ve relatif &agrave; la protection des victimes des conflits arm&eacute;s non internationaux, et des autres instruments du droit international humanitaire auxquels la Russie est partie.</p> 					<p>Les arrestations arbitraires et la torture dans les centres de d&eacute;tention ne sont pas des ph&eacute;nom&egrave;nes nouveaux en Tch&eacute;tch&eacute;nie. Lors du conflit tch&eacute;tch&egrave;ne de 1994-96, les forces russes avaient d&eacute;j&agrave; organis&eacute; des rafles et amen&eacute; des civils, pour interrogatoire, dans des centres de d&eacute;tention &agrave; Mozdok, Grozny, Pyatigorsk et Stavropol. Pendant la premi&egrave;re guerre, les individus d&eacute;tenus dans ces camps avaient &eacute;taient tortur&eacute;s et souffert d'exactions diverses et, fr&eacute;quemment, <a name="5"></a>avaient &eacute;t&eacute; &eacute;chang&eacute;s contre des soldats russes ou de l'argent liquide. Beaucoup d'entre eux ne furent jamais revus vivants, ayant &quot;disparu&quot; apr&egrave;s leur p&eacute;riode de d&eacute;tention.</p> 					<p> 					<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" width="450" bgcolor="#b22222"> 						<tr> 							<td><font size="2" color="white"><b>Arrestations en masse et d&eacute;tentions arbitraires</b></font></td> 						</tr> 					</table> 						</b> 						<p>D&egrave;s la reprise du conflit arm&eacute; en Tch&eacute;tch&eacute;nie, en septembre 1999, les autorit&eacute;s russes commenc&egrave;rent &agrave; arr&ecirc;ter des hommes et femmes, soit aux postes de contr&ocirc;le, soit lors de rafles men&eacute;es apr&egrave;s certains combats ou encore lors de rafles visant des communaut&eacute;s pr&eacute;cises. Bien que la Russie n'ait pas d&eacute;clar&eacute; d'&eacute;tat d'urgence en Tch&eacute;tch&eacute;nie, les droits des accus&eacute;s ne sont pas respect&eacute;s lorsque de telles arrestations ont lieu. Les d&eacute;tenus sont fr&eacute;quemment maintenus au secret et, pour beaucoup d'eux, le fait qu'ils aient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s n'est jamais reconnu officiellement. Ils ont souvent tendance &agrave; &quot;dispara&icirc;tre&quot; quelques mois apr&egrave;s leur arrestation. Les arrestations se font sur base de motifs souvent compl&egrave;tement arbitraires. Des hommes et des femmes sont ainsi d&eacute;tenus parce qu'ils se trouvent dans un endroit qui n'est pas leur domicile officiel, parce que leurs documents d'identit&eacute; sont incomplets, parce qu'ils portent le m&ecirc;me nom de famille qu'un commandant tch&eacute;tch&egrave;ne, parce qu'on pense que des membres de leur famille sont des rebelles ou encore parce qu'il ont eux-m&ecirc;mes &quot;l'air&quot; d'&ecirc;tre des combattants.</p> 						<p>Les arrestations aux postes de contr&ocirc;le en Tch&eacute;tch&eacute;nie et aux fronti&egrave;res avec la Russie sont tellement courantes que les tch&eacute;tch&egrave;nes font tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas avoir &agrave; voyager, m&ecirc;me lorsqu'il devient urgent de fuir les combats. Les soldats des postes de contr&ocirc;le commettent souvent des exactions &agrave; l'encontre des civils, s'en prenant en particulier aux hommes jeunes. Les hommes sont r&eacute;guli&egrave;rement pass&eacute;s &agrave; tabac pendant les proc&eacute;dures d'arrestation, et soumis &agrave; des menaces et des humiliations. Des femmes ont elles &eacute;t&eacute; viol&eacute;es apr&egrave;s leur mise en d&eacute;tention. <b>Human Rights Watch </b>dispose ainsi d'informations faisant &eacute;tat du viol de deux jeunes femmes au poste fronti&egrave;re de Kavkaz, &agrave; la fin du mois de janvier 2000.<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></p> 					<p>Les forces russes ont r&eacute;guli&egrave;rement organis&eacute; des rafles et arr&ecirc;t&eacute; des groupes d'hommes lors d'op&eacute;rations de &quot;nettoyage&quot;, destin&eacute;es &agrave; faire fuir ou &agrave; arr&ecirc;ter des rebelles et leurs collaborateurs apr&egrave;s la prise d'un village. Elles ont &eacute;galement proc&eacute;d&eacute; &agrave; des arrestations en masse et des fouilles syst&eacute;matiques de maisons tch&eacute;tch&egrave;nes apr&egrave;s que la gu&eacute;rilla ait organis&eacute; des embuscades ou men&eacute; &agrave; bien d'autres attaques. Dans certains cas, la population masculine des villages &eacute;tait r&eacute;unie, emmen&eacute;e dans un champ et pass&eacute;e &agrave; tabac, les officiels russes cherchant &agrave; identifier de possibles combattants rebelles. Les individus pris dans des rafles ou des op&eacute;rations de &quot;nettoyage&quot; sont trait&eacute;s de mani&egrave;re particuli&egrave;rement brutale et battus sans aucune piti&eacute;, parfois &agrave; mort, quand ils ne sont pas ex&eacute;cut&eacute;s sommairement. Ainsi, Akhmed Doshaev fut ex&eacute;cut&eacute; <a name="4"></a>par des soldats russes, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; &agrave; Shaami-Yurt le 5 f&eacute;vrier 2000.</p> 					<p> 					<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" width="450" bgcolor="#b22222"> 						<tr> 							<td><font size="2" color="white"><b>Torture et autres exactions commises &agrave; Tchernokosovo</b></font></td> 						</tr> 					</table> 						</b> 						<p>En janvier et d&eacute;but f&eacute;vrier 2000, pendant la phase la plus active du conflit, la plupart des individus d&eacute;tenus en Tch&eacute;tch&eacute;nie &eacute;taient envoy&eacute;s au centre de d&eacute;tention pr&eacute;ventive de <b>Tchernokosovo</b>, situ&eacute; &agrave; une soixantaine de kilom&egrave;tres au nord-ouest de Grozny. A leur arriv&eacute;e, les d&eacute;tenus &eacute;taient accueillis par deux rangs de gardes arm&eacute;s de matraques et &eacute;taient brutalement pass&eacute;s &agrave; tabac avant m&ecirc;me leur entr&eacute;e. Au moins un d&eacute;tenu, Aindi Kovtorashvilli, est mort &agrave; Tchernokosovo, le 11 janvier 2000, une blessure qu'il avait &agrave; la t&ecirc;te ayant &eacute;t&eacute; rouverte lors du passage &agrave; tabac re&ccedil;u &agrave; son arriv&eacute;e.</p> 						<p>Les d&eacute;tenus de Tchernokosovo &eacute;taient tabass&eacute;s &agrave; la fois lors des interrogatoires et pendant la nuit, moment o&ugrave; les gardes se d&eacute;cha&icirc;naient. Pendant les interrogatoires, les gardes for&ccedil;aient les d&eacute;tenus &agrave; ramper et les battaient de mani&egrave;re sauvage. Des d&eacute;tenus eurent des c&ocirc;tes cass&eacute;es, d'autres souffrirent de blessures aux reins, au foie, aux testicules et aux pieds. Certains furent soumis &agrave; des s&eacute;ances d'&eacute;lectrochoc.</p> 					<p>La nuit, les gardes avaient toute libert&eacute; de commettre les pires exactions et d'humilier les prisonniers. Souvent saouls, &eacute;coutant de la musique forte, les gardes tabassaient et soumettaient les d&eacute;tenus &agrave; des jeux humiliants. Certaines des violences les plus graves eurent lieu la nuit. Des d&eacute;tenus &eacute;taient r&eacute;guli&egrave;rement battus jusqu'&agrave; ce qu'ils perdent connaissance, puis r&eacute;anim&eacute;s avant d'&ecirc;tre battus &agrave; nouveau. Certains devaient ramper avec un garde sur le dos et recevaient des coups s'ils avan&ccedil;aient trop lentement. Dans leurs cellules, des prisonniers &eacute;taient forc&eacute;s de rester debout, les mains en l'air, pendant des journ&eacute;es enti&egrave;res. Les gardes se servaient de gaz lacrymog&egrave;ne si quiconque d&eacute;sob&eacute;issait &agrave; leurs ordres. Des preuves convaincantes d&eacute;montrant que des hommes et des femmes ont &eacute;t&eacute; viol&eacute;s et abus&eacute;s sexuellement avec des matraques ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; trouv&eacute;es.<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></p> 					<p>A la mi-f&eacute;vrier, lorsque la communaut&eacute; internationale commen&ccedil;a &agrave; s'int&eacute;resser aux violations des droits de l'homme commises en Tch&eacute;tch&eacute;nie et que l'on se mit &agrave; parler d'envoyer sur place des observateurs internationaux, les autorit&eacute;s russes ordonn&egrave;rent le &quot;nettoyage&quot; du centre de d&eacute;tention de Tchernokosovo. Une d&eacute;l&eacute;gation militaire russe se rendit sur place au d&eacute;but du mois de f&eacute;vrier et d&eacute;couvrit des preuves claires d'exactions, bien que beaucoup des d&eacute;tenus qui en avaient &eacute;t&eacute; les victimes aient &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s et que les autres prisonniers aient re&ccedil;u l'ordre de ne pas se plaindre. Lorsqu'une d&eacute;l&eacute;gation internationale d'observateurs et de journalistes visita les lieux &agrave; la fin du mois de f&eacute;vrier, les conditions s'&eacute;taient fortement am&eacute;lior&eacute;es et la plupart des preuves des exactions avaient &eacute;t&eacute; &eacute;limin&eacute;es. Les responsables russes, y compris le porte-parole du gouvernement Sergei Yastrzhembsky et le repr&eacute;sentant pr&eacute;sidentiel aux droits de l'homme, <a name="3"></a>Vladimir Kalamanov, ni&egrave;rent en bloc toutes les accusations faisant &eacute;tat d'exactions commises &agrave; Tchernokozovo. A ce jour, aucune enqu&ecirc;te formelle n'a &eacute;t&eacute; ordonn&eacute;e.</p> 					<p> 					<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" width="450" bgcolor="#b22222"> 						<tr> 							<td><font size="2" color="white"><b>Torture et exactions commises dans d'autres centres de d&eacute;tention</b></font></td> 						</tr> 					</table> 						</b> 						<p>L'am&eacute;lioration des conditions &agrave; <b>Tchernokosovo</b> &agrave; la mi-f&eacute;vrier n'affecta absolument pas le nombre de d&eacute;tenus sans cesse croissant emmen&eacute;s vers d'autres centres de d&eacute;tention. Les tch&eacute;tch&egrave;nes continu&egrave;rent &agrave; &ecirc;tre victimes d'exactions aux postes de contr&ocirc;le, dans les stations de police, les bases militaires et les prisons dans et en dehors de la Tch&eacute;tch&eacute;nie.</p> 						<p>Dans les centres de d&eacute;tention pr&eacute;ventive de <b>Stavropol</b> et <b>Pyatigorsk</b>, situ&eacute;s tous deux sur le territoire de Stavropol, les d&eacute;tenus &eacute;taient eux aussi pass&eacute;s &agrave; tabac par deux rangs de matons lors de leur arriv&eacute;e sur place et r&eacute;guli&egrave;rement battus pendant leur d&eacute;tention. Sur la base militaire de <b>Mozdok</b>, les d&eacute;tenus &eacute;taient sodomis&eacute;s avec des matraques, forc&eacute;s de marcher entre des gardes qui les frappaient et leur donnaient des coups de pied, et recevaient des coups dans les testicules. Un m&eacute;decin ingouche nous a expliqu&eacute; avoir examin&eacute; un ancien prisonnier, d&eacute;tenu &agrave; Mozdok, dont les organes g&eacute;nitaux &eacute;taient fortement enfl&eacute;s et qui pr&eacute;sentait des signes de viol, puisqu'il souffrait de blessures internes au colon.</p> 					<p>Sur l'importante base militaire de <b>Khankala</b>, pr&egrave;s de Grozny, les d&eacute;tenus &eacute;taient souvent gard&eacute;s dans des camions de transport de prisonniers surpeupl&eacute;s, et ce m&ecirc;me au cur des terribles hivers tch&eacute;tch&egrave;nes. Une jeune femme de 19 ans, souffrant apparemment d'un retard psychologique, y fut viol&eacute;e pendant trois jours par de nombreux soldats, &agrave; la fin janvier 2000. Des hommes furent violemment battus, y compris lors d'interrogatoires, et au moins un d&eacute;tenu a &eacute;t&eacute; tortur&eacute; avec un fer &agrave; souder. En avril, deux cadavres d&eacute;figur&eacute;s furent d&eacute;couverts &agrave; Khankala et il est probable que les deux hommes aient &eacute;t&eacute; tortur&eacute;s et ex&eacute;cut&eacute; sur place.</p> 					<p>Des exactions ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; commises dans des camps militaires en Tch&eacute;tch&eacute;nie. Zhebir Turpalkhanov fut d&eacute;tenu en avril 2000 dans un camp situ&eacute; pr&egrave;s de <b>Tsotsin-Yurt</b> et violemment battu pendant cinq jours d'affil&eacute;e, pendant sa d&eacute;tention. Il mourut quelques heures apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; rel&acirc;ch&eacute;.<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></p> 					<p>D'autres prisonniers ont eux &eacute;t&eacute; d&eacute;tenus dans une raffinerie d&eacute;saffect&eacute;e proche de Tolstoy-Yurt o&ugrave;, entre autres exactions, les gardes les mena&ccedil;aient de les ex&eacute;cuter et les passaient &agrave; tabac, parfois de mani&egrave;re si brutale que plusieurs d&eacute;tenus eurent des c&ocirc;tes cass&eacute;es. Dans un ancien pensionnat de Urus-Martan, l'un des trois centres de d&eacute;tention de la ville, les d&eacute;tenus &eacute;taient forc&eacute;s de passer entre des gardes arm&eacute;s de matraques qui les frappaient au passage et &eacute;taient r&eacute;guli&egrave;rement pass&eacute;s &agrave; tabac. Certaines informations font &eacute;tat d'exactions r&eacute;centes, notamment d'un viol de d&eacute;tenu en avril 2000.</p> 					<p>Lors de leur arrestation, les prisonniers &eacute;taient souvent emmen&eacute;s d'abord au poste de police, avant d'&ecirc;tre ensuite transf&eacute;r&eacute;s vers un centre de d&eacute;tention. Beaucoup des d&eacute;tenus de Grozny sont ainsi pass&eacute;s d'abord par le poste de police de <b>Znamenskoye</b>, o&ugrave; ils ont &eacute;t&eacute; battus et frapp&eacute;s &agrave; coups de pied lors de leur arriv&eacute;e et dans leurs cellules. Lors du transfert de Znamenskoye vers le centre de d&eacute;tention, les prisonniers &eacute;taient parfois empil&eacute;s les uns sur les autres comme des troncs d'arbre, ce qui provoquait des pertes de conscience chez ceux plac&eacute;s en dessous <a name="2"></a>des autres. <b>Human Rights Watch</b> dispose d'informations faisant &eacute;tat d'exactions et de violences similaires dans d'autres postes de police.</p> 					<p> 					<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" width="450" bgcolor="#b22222"> 						<tr> 							<td><font size="2" color="white"><b>Libert&eacute; &agrave; vendre: extorsions et &quot;amnisties&quot;</b></font></td> 						</tr> 					</table> 						</b> 						<p>La majorit&eacute; des anciens d&eacute;tenus interview&eacute;s par HRW a racont&eacute; qu'ils n'avaient &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;s qu'apr&egrave;s que leurs familles aient pay&eacute; de fortes sommes, pouvant aller de 2.000 roubles &agrave; 5.000 USD, &agrave; leurs gardiens russes et &agrave; certains interm&eacute;diaires. En fait, le paiement d'un pot de vin pour obtenir la lib&eacute;ration d'un d&eacute;tenu &eacute;tait devenu tellement syst&eacute;matique qu'il est probable que, dans de nombreux cas, des individus aient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s dans le but de monnayer leur lib&eacute;ration et non parce qu'il &eacute;tait n&eacute;cessaire d'identifier des &eacute;l&eacute;ments rebelles. Un homme d&eacute;tenu par des soldats de l'OMON pr&egrave;s de Komsomolskoye &agrave; la fin janvier 2000 ne fut ainsi jamais remis aux autorit&eacute;s judiciaires; les soldats pr&eacute;f&eacute;rant contacter imm&eacute;diatement sa famille pour n&eacute;gocier sa lib&eacute;ration.</p> 						<p>La culpabilit&eacute; ou l'innocence du d&eacute;tenu ne semble avoir qu'une importance minime pour ceux qui pratiquent ainsi l'extorsion, si ce n'est au niveau du prix &agrave; payer. Etre innocent ne suffit pas pour &ecirc;tre remis en libert&eacute; et des combattants tch&eacute;tch&egrave;nes confirm&eacute;s peuvent &ecirc;tre rachet&eacute;s si la somme pay&eacute;e est suffisante. <b>Human Rights Watch</b> dispose d'informations montrant que, dans un cas pr&eacute;cis, le chef de l'administration d'un village a pu obtenir la lib&eacute;ration d'un combattant captur&eacute; moyennant le paiement d'une somme de 5.000 USD. Dans la plupart des cas, les familles sont contact&eacute;es par des interm&eacute;diaires qui, tels des vautours, profitent de leur d&eacute;sespoir pour leur extorquer de grosses sommes d'argent.<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></p> 					<p>Les autorit&eacute;s russes refusent souvent de rendre leurs documents d'identit&eacute; aux d&eacute;tenus, lorsque ceux-ci sont lib&eacute;r&eacute;s, o&ugrave; leur remettent des documents les identifiant comme des &quot;combattants amnisti&eacute;s&quot;, m&ecirc;me s'il n'a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;tabli que l'individu concern&eacute; ait r&eacute;ellement particip&eacute; &agrave; la lutte arm&eacute;e. Ceci limite la libert&eacute; de mouvement des d&eacute;tenus rel&acirc;ch&eacute;s, qui &eacute;vitent de se d&eacute;placer par crainte de devoir passer les postes de contr&ocirc;le et d'y &ecirc;tre harcel&eacute;s, arr&ecirc;t&eacute;s ou victimes <a name="1"></a>d'autres types d'exaction. Les d&eacute;tenus rel&acirc;ch&eacute;s sans documents d'identit&eacute; deviennent ainsi virtuellement prisonniers de leur district d'origine.</p> 					<p> 					<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" width="450" bgcolor="#b22222"> 						<tr> 							<td><font size="2" color="white"><b>Mises au secret et &quot;disparitions&quot;</b></font></td> 						</tr> 					</table> 						<p>Les autorit&eacute;s russes ne laissent filtrer aucune information quant aux individus qu'elles d&eacute;tiennent et ne permettent pas &agrave; ceux-ci de communiquer avec leur famille, m&ecirc;me lorsque la dur&eacute;e de d&eacute;tention est de plusieurs mois. Les familles se d&eacute;placent donc jusqu'aux centres de d&eacute;tention, dans l'espoir de d&eacute;terminer l'endroit o&ugrave; se trouvent leurs proches. Beaucoup de personnes montent ainsi patiemment la garde &agrave; l'ext&eacute;rieur des centres de d&eacute;tention o&ugrave; leurs proches semblent &ecirc;tre d&eacute;tenus et &eacute;changent continuellement entre eux des informations quant aux autres prisons recens&eacute;es et des listes de noms de d&eacute;tenus, que leur font parvenir les prisonniers rel&acirc;ch&eacute;s par les autorit&eacute;s russes.</p> 						<p><b>1</b>. &quot;L'Agence d'Information Russe (RIA) annonce des r&eacute;sultats positifs dans la lutte contre le crime en Tch&eacute;tch&eacute;nie en 2000,&quot; suivi par la BBC des d&eacute;p&ecirc;ches de la RIA, 28 mai 2000.</p> 					<p><b>2</b>. La forme de torture consistant &agrave; frapper les pieds, commun&eacute;ment connue sous le nom de falanga, fataka ou basinado, est bien connue et peut avoir des cons&eacute;quences extr&ecirc;mement graves, telles que les n&eacute;croses musculaires, obstructions vasculaires, handicaps chroniques et douleurs r&eacute;currentes. Voir Action Against Torture Survivors et al., Manuel d'enqu&ecirc;te et de collecte d'informations relatives &agrave; la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou d&eacute;gradants (&quot;Protocole d'Istanbul&quot;), Ao&ucirc;t 1999, pour une description d&eacute;taill&eacute;e des cons&eacute;quences m&eacute;dicales de la falanga.</p> 					<p class="legend"><b>Source</b>: Human Rights Watch, octobre 2000.</p> 					<p>| <a href="#6">LE RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH</a> | <a href="#5">Arrestations en masse et d&eacute;tentions arbitraires</a> |<b> </b><a href="#4">Torture et autres exactions commises &agrave; Tchernokosovo</a> | <a href="#3">Torture et exactions commises dans d'autres centres de d&eacute;tention</a> |<b> </b><a href="#2">Libert&eacute; &agrave; vendre: extorsions et &quot;amnisties&quot;</a> | <a href="#1">Mises au secret et &quot;disparitions&quot;</a> |<a href="#Anchor"><img src="../Images/Arrow_Up.gif" width="14" height="8" align="RIGHT" border="0" alt="Haut de page"></a></td> 			</tr> 		</table> 		<hr noshade width="640" align="left" size="1"> 		</h1> 	</body>  </html> 
