<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <html> <head> <meta name="keywords" content="kosovo elections, NATO, human rights, security,election standards"> <title>Bienvenue en Enfer - R&eacute;sum&eacute; (Human Rights Watch Press Release - 2000) </title> </head> <Body TEXT="#000000" LINK="#0000ff" VLINK="#551a8b" ALINK="#ff0000" > <div align="center"> <table width=600 cellspacing="2" cellpadding="2" border="0"> <tr> <td width="200" align="LEFT" valign="center" bgcolor="Silver"> <font size="2"> <a href="http://store.yahoo.com/hrwpubs/makedonation.html"><div align="center"> <b>Contribute to Human Rights Watch</b></div></a> </td> <td width="400" align="RIGHT" valign="center" bgcolor="Silver"> <font size="-2"> <a href="http://www.hrw.org/french/">Sommaire</a> | <a href="http://www.hrw.org/search.html">Recherche dans ce site</a></font></td>     </tr> </table>  <table width=600 cellspacing="2" cellpadding="2" border="0"> <tr> <td width="250" align="LEFT" valign="center" bgcolor="Silver"> <font size="-1"> <A HREF="http://www.hrw.org/wr2k/"> HRW World Report 2000 </a> </font> </td> <td width="300" align="RIGHT" bgcolor="Silver"><a href="http://www.hrw.org/campaigns/russia/chechnya/">Chechnya: Renewed Catastrophe</a></font> </td>     </tr> </table>  <table width=600 cellspacing="2" cellpadding="2" border="0"> <tr> <td align=center> <font size="+1"><b>Tch&eacute;tch&eacute;nie: "Bienvenue en Enfer" - R&eacute;sum&eacute;</b></font><br> <I><b></b></I> </td> </tr> </table>  <table width=600 cellspacing="2" cellpadding="2" border="0"> <tr> <td><font size=2 face="arial,helvetica"> <table width= 100 align=right border=0 cellpadding=2 cellspacing=2> <tr> <td valign=bottom height=32 width=100> <hr size=1> </td> <td width=8 rowspan=4></td> </tr> <tr> <td width="100" align="right"> <FONT  font size="-1" COLOR="#ab0000"> <a href="http://www.hrw.org/campaigns/russia/chechnya/children/"><img src="http://www.hrw.org/images/home/Chechnya.jpg" border="0" alt=""></a> </font> </td> </tr> <tr> <td valign=top width=100> <hr size=1> </td> </tr> </table> <p>&nbsp;</p> <P><FONT FACE="Arial"></FONT><FONT FACE="Arial">Les d&eacute;tenus tch&eacute;tch&egrave;nes arrivant au camp russe de "filtration" de Tchernokozovo, en janvier 2000, recevaient un accueil des plus mena&ccedil;ants. Les gardes, en effet, leur souhaitaient la "bienvenue en enfer" et les for&ccedil;aient ensuite &agrave; marcher entre deux rangs de matons arm&eacute;s de matraques et qui les frappaient. Ceci n'&eacute;tait cependant que le d&eacute;but d'une longue et horrible suite d'exactions, incluant passages &agrave; tabac, viols et autres formes de torture, dont furent victimes la majorit&eacute; des tch&eacute;tch&egrave;nes d&eacute;tenus au d&eacute;but de l'ann&eacute;e 2000. La plupart d'entre eux ne furent rel&acirc;ch&eacute;s qu'apr&egrave;s paiement par leurs familles de fortes sommes &agrave; certains officiels russes devenus sp&eacute;cialistes de l'extorsion. </FONT></P>   <p></p> </font> <table width= 200 align=left border=0 cellpadding=2 cellspacing=2> <tr> <td valign=bottom height=32 width=205> <hr size=1> </td> <td width=8 rowspan=4></td> </tr> <tr> <td align=left width=205> <FONT  font size="+1" COLOR="#ab0000"> <b> En septembre 1999, la Russie entamait une campagne militaire destin&eacute;e &agrave; r&eacute;tablir son contr&ocirc;le sur la Tch&eacute;tch&eacute;nie. Cette guerre co&ucirc;ta la vie &agrave; des milliers de civils, for&ccedil;a des centaines de milliers de personnes &agrave; l'exode et provoqua des d&eacute;g&acirc;ts gigantesques au niveau de l'infrastructure civile. Les civils furent les principales victimes des bombardements aveugles, des ex&eacute;cutions sommaires et des autres exactions commises par les forces russes en violation des r&egrave;gles applicables aux conflits arm&eacute;s non internationaux.  </font> </td> </tr> <tr> <td valign=top width=205> <hr size=1> </td> </tr> </table> <table width=200 align=right border=0 cellpadding=2 cellspacing=2> <tr> <td width="1%">&nbsp;</td> <td valign=top width="99%"> <hr size=1> <font size=-1> <b><font color="Red">Related Material</font><br><br> Tch&eacute;tch&eacute;nie: "Bienvenue en Enfer" </b></font><br> <a href="chech-rec-fr.htm">Recommandations</a><p></p> <a href="http://www.hrw.org/reports/2000/russia_chechnya4/">"Welcome to Hell"  Arbitrary Detention, Torture, and Extortion in Chechnya</a>   <hr size=1> </font> </td> </tr> </table>   <font size=2 face="arial,helvetica"> <P><FONT FACE="Arial">Ceux qui furent ainsi forc&eacute;s de passer entre les rangs de matons russes faisaient partie des milliers de tch&eacute;tch&egrave;nes d&eacute;tenus par les forces russes parce que suspect&eacute;s de collaboration avec les combattants rebelles. En septembre 1999, la Russie entamait une campagne militaire destin&eacute;e &agrave; r&eacute;tablir son contr&ocirc;le sur la Tch&eacute;tch&eacute;nie. Cette guerre co&ucirc;ta la vie &agrave; des milliers de civils, for&ccedil;a des centaines de milliers de personnes &agrave; l'exode et provoqua des d&eacute;g&acirc;ts gigantesques au niveau de l'infrastructure civile. Les civils furent les principales victimes des bombardements aveugles, des ex&eacute;cutions sommaires et des autres exactions commises par les forces russes en violation des r&egrave;gles applicables aux conflits arm&eacute;s non internationaux.</FONT></P>   <P><FONT FACE="Arial">Bien que l'offensive militaire ait pris fin en avril 2000, des dizaines de milliers de tch&eacute;tch&egrave;nes d&eacute;plac&eacute;s se refusent encore aujourd'hui &agrave; retourner chez eux, craignant d'&ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute;s ou tu&eacute;s par les forces russes ou de voir le m&ecirc;me sort &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute; &agrave; leurs mari, fils, p&egrave;re ou fr&egrave;re. Des milliers d'autres, en Tch&eacute;tch&eacute;nie, n'osent plus quitter leurs communaut&eacute;s, m&ecirc;me pour aller recevoir des soins m&eacute;dicaux. Leurs craintes sont loin d'&ecirc;tre infond&eacute;es A la fin mai 2000, le Minist&egrave;re de l'Int&eacute;rieur affirmait que plus de dix milles personnes avaient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;es en Tch&eacute;tch&eacute;nie depuis le d&eacute;but de l'ann&eacute;e, que 478 de ces personnes &eacute;taient sur la liste des "individus recherch&eacute;s" et que plus de mille d'entre elles &eacute;taient des "rebelles [tch&eacute;tch&egrave;nes] ou des complices de ceux-ci"<SUP></SUP><A HREF="#N_1_"><SUP>(1)</SUP></A>. A la date de publication de ce rapport, des arrestations similaires continuent &agrave; avoir lieu dans toute la Tch&eacute;tch&eacute;nie. La plupart des individus arr&ecirc;t&eacute;s ont &eacute;t&eacute; emmen&eacute;s dans des centres de d&eacute;tention en Tch&eacute;tch&eacute;nie et ailleurs dans le nord du Caucase, o&ugrave; ils ont eu &agrave; souffrir d'exactions.</P>   <P>Le pr&eacute;sent rapport rend compte de mani&egrave;re d&eacute;taill&eacute;e des arrestations arbitraires et des exactions commises dans plusieurs centres de d&eacute;tention en Tch&eacute;tch&eacute;nie, en particulier le camp de Tchernokozovo et six autres centres identifi&eacute;s dans la r&eacute;gion et situ&eacute;s &agrave; Tolstoy-Yurt, Khankala et Urus-Martan (Tch&eacute;tch&eacute;nie), Pyatigorsk et Stavropol (province de Stavropol), et Mozdok (Oss&eacute;tie du nord). Le rapport est bas&eacute; sur les recherches et enqu&ecirc;tes men&eacute;es par une &eacute;quipe de Human Rights Watch qui a identifi&eacute; et interview&eacute; des dizaines d'anciens d&eacute;tenus, de f&eacute;vrier &agrave; mai 2000, et proc&eacute;d&eacute; &agrave; une v&eacute;rification minutieuse des r&eacute;cits individuels, les comparant avec d'autres, afin de garantir leur v&eacute;racit&eacute;.</P>   <P>Les actes de torture et autres exactions mentionn&eacute;s dans le pr&eacute;sent rapport constituent des violations graves des obligations qui incombent &agrave; la Russie en vertu des Conventions de Gen&egrave;ve de 1949, du second protocole additionnel aux Conventions de Gen&egrave;ve relatif &agrave; la protection des victimes des conflits arm&eacute;s non internationaux, et des autres instruments du droit international humanitaire auxquels la Russie est partie.</P>   <P>Les arrestations arbitraires et la torture dans les centres de d&eacute;tention ne sont pas des ph&eacute;nom&egrave;nes nouveaux en Tch&eacute;tch&eacute;nie. Lors du conflit tch&eacute;tch&egrave;ne de 1994-96, les forces russes avaient d&eacute;j&agrave; organis&eacute; des rafles et amen&eacute; des civils, pour interrogatoire, dans des centres de d&eacute;tention &agrave; Mozdok, Grozny, Pyatigorsk et Stavropol. Pendant la premi&egrave;re guerre, les individus d&eacute;tenus dans ces camps avaient &eacute;taient tortur&eacute;s et souffert d'exactions diverses et, fr&eacute;quemment, avaient &eacute;t&eacute; &eacute;chang&eacute;s contre des soldats russes ou de l'argent liquide. Beaucoup d'entre eux ne furent jamais revus vivants, ayant "disparu" apr&egrave;s leur p&eacute;riode de d&eacute;tention.</P>   <P><STRONG>Arrestations en masse et d&eacute;tention arbitraire</STRONG></P>   <P>D&egrave;s la reprise du conflit arm&eacute; en Tch&eacute;tch&eacute;nie, en septembre 1999, les autorit&eacute;s russes commenc&egrave;rent &agrave; arr&ecirc;ter des hommes et femmes, soit aux postes de contr&ocirc;le, soit lors de rafles men&eacute;es apr&egrave;s certains combats ou encore lors de rafles visant des communaut&eacute;s pr&eacute;cises. Bien que la Russie n'ait pas d&eacute;clar&eacute; d'&eacute;tat d'urgence en Tch&eacute;tch&eacute;nie, les droits des accus&eacute;s ne sont pas respect&eacute;s lorsque de telles arrestations ont lieu. Les d&eacute;tenus sont fr&eacute;quemment maintenus au secret et, pour beaucoup d'eux, le fait qu'ils aient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s n'est jamais reconnu officiellement. Ils ont souvent tendance &agrave; "dispara&icirc;tre" quelques mois apr&egrave;s leur arrestation. Les arrestations se font sur base de motifs souvent compl&egrave;tement arbitraires. Des hommes et des femmes sont ainsi d&eacute;tenus parce qu'ils se trouvent dans un endroit qui n'est pas leur domicile officiel, parce que leurs documents d'identit&eacute; sont incomplets, parce qu'ils portent le m&ecirc;me nom de famille qu'un commandant tch&eacute;tch&egrave;ne, parce qu'on pense que des membres de leur famille sont des rebelles ou encore parce qu'il ont eux-m&ecirc;mes "l'air" d'&ecirc;tre des combattants.</P>   <P>Les arrestations aux postes de contr&ocirc;le en Tch&eacute;tch&eacute;nie et aux fronti&egrave;res avec la Russie sont tellement courantes que les tch&eacute;tch&egrave;nes font tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas avoir &agrave; voyager, m&ecirc;me lorsqu'il devient urgent de fuir les combats. Les soldats des postes de contr&ocirc;le commettent souvent des exactions &agrave; l'encontre des civils, s'en prenant en particulier aux hommes jeunes. Les hommes sont r&eacute;guli&egrave;rement pass&eacute;s &agrave; tabac pendant les proc&eacute;dures d'arrestation, et soumis &agrave; des menaces et des humiliations. Des femmes ont elles &eacute;t&eacute; viol&eacute;es apr&egrave;s leur mise en d&eacute;tention. Human Rights Watch dispose ainsi d'informations faisant &eacute;tat du viol de deux jeunes femmes au poste fronti&egrave;re de Kavkaz, &agrave; la fin du mois de janvier 2000.</P>   <P>Les forces russes ont r&eacute;guli&egrave;rement organis&eacute; des rafles et arr&ecirc;t&eacute; des groupes d'hommes lors d'op&eacute;rations de "nettoyage", destin&eacute;es &agrave; faire fuir ou &agrave; arr&ecirc;ter des rebelles et leurs collaborateurs apr&egrave;s la prise d'un village. Elles ont &eacute;galement proc&eacute;d&eacute; &agrave; des arrestations en masse et des fouilles syst&eacute;matiques de maisons tch&eacute;tch&egrave;nes apr&egrave;s que la gu&eacute;rilla ait organis&eacute; des embuscades ou men&eacute; &agrave; bien d'autres attaques. Dans certains cas, la population masculine des villages &eacute;tait r&eacute;unie, emmen&eacute;e dans un champ et pass&eacute;e &agrave; tabac, les officiels russes cherchant &agrave; identifier de possibles combattants rebelles. Les individus pris dans des rafles ou des op&eacute;rations de "nettoyage" sont trait&eacute;s de mani&egrave;re particuli&egrave;rement brutale et battus sans aucune piti&eacute;, parfois &agrave; mort, quand ils ne sont pas ex&eacute;cut&eacute;s sommairement. Ainsi, Akhmed Doshaev fut ex&eacute;cut&eacute; par des soldats russes, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; &agrave; Shaami-Yurt le 5 f&eacute;vrier 2000. </P>   <P><STRONG>Torture et autres exactions commises &agrave; Tchernokozovo</STRONG></P>   <P>En janvier et d&eacute;but f&eacute;vrier 2000, pendant la phase la plus active du conflit, la plupart des individus d&eacute;tenus en Tch&eacute;tch&eacute;nie &eacute;taient envoy&eacute;s au centre de d&eacute;tention pr&eacute;ventive de Tchernokozovo, situ&eacute; &agrave; une soixantaine de kilom&egrave;tres au nord-ouest de Grozny. A leur arriv&eacute;e, les d&eacute;tenus &eacute;taient accueillis par deux rangs de gardes arm&eacute;s de matraques et &eacute;taient brutalement pass&eacute;s &agrave; tabac avant m&ecirc;me leur entr&eacute;e. Au moins un d&eacute;tenu, Aindi Kovtorashvilli, est mort &agrave; Tchernokozovo, le 11 janvier 2000, une blessure qu'il avait &agrave; la t&ecirc;te ayant &eacute;t&eacute; rouverte lors du passage &agrave; tabac re&ccedil;u &agrave; son arriv&eacute;e. </P>   <P>Les d&eacute;tenus de Tchernokozovo &eacute;taient tabass&eacute;s &agrave; la fois lors des interrogatoires et pendant la nuit, moment o&ugrave; les gardes se d&eacute;cha&icirc;naient. Pendant les interrogatoires, les gardes for&ccedil;aient les d&eacute;tenus &agrave; ramper et les battaient de mani&egrave;re sauvage. Des d&eacute;tenus eurent des c&ocirc;tes cass&eacute;es, d'autres souffrirent de blessures aux reins, au foie, aux testicules et aux pieds<SUP></SUP><A HREF="#N_2_"><SUP>(2)</SUP></A>. Certains furent soumis &agrave; des s&eacute;ances d'&eacute;lectrochoc.</P>   <P>La nuit, les gardes avaient toute libert&eacute; de commettre les pires exactions et d'humilier les prisonniers. Souvent saouls, &eacute;coutant de la musique forte, les gardes tabassaient et soumettaient les d&eacute;tenus &agrave; des jeux humiliants. Certaines des violences les plus graves eurent lieu la nuit. Des d&eacute;tenus &eacute;taient r&eacute;guli&egrave;rement battus jusqu'&agrave; ce qu'ils perdent connaissance, puis r&eacute;anim&eacute;s avant d'&ecirc;tre battus &agrave; nouveau. Certains devaient ramper avec un garde sur le dos et recevaient des coups s'ils avan&ccedil;aient trop lentement. Dans leurs cellules, des prisonniers &eacute;taient forc&eacute;s de rester debout, les mains en l'air, pendant des journ&eacute;es enti&egrave;res. Les gardes se servaient de gaz lacrymog&egrave;ne si quiconque d&eacute;sob&eacute;issait &agrave; leurs ordres. Des preuves convaincantes d&eacute;montrant que des hommes et des femmes ont &eacute;t&eacute; viol&eacute;s et abus&eacute;s sexuellement avec des matraques ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; trouv&eacute;es.</P>   <P>A la mi-f&eacute;vrier, lorsque la communaut&eacute; internationale commen&ccedil;a &agrave; s'int&eacute;resser aux violations des droits de l'homme commises en Tch&eacute;tch&eacute;nie et que l'on se mit &agrave; parler d'envoyer sur place des observateurs internationaux, les autorit&eacute;s russes ordonn&egrave;rent le "nettoyage" du centre de d&eacute;tention de Tchernokozovo. Une d&eacute;l&eacute;gation militaire russe se rendit sur place au d&eacute;but du mois de f&eacute;vrier et d&eacute;couvrit des preuves claires d'exactions, bien que beaucoup des d&eacute;tenus qui en avaient &eacute;t&eacute; les victimes aient &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute;s et que les autres prisonniers aient re&ccedil;u l'ordre de ne pas se plaindre. Lorsqu'une d&eacute;l&eacute;gation internationale d'observateurs et de journalistes visita les lieux &agrave; la fin du mois de f&eacute;vrier, les conditions s'&eacute;taient fortement am&eacute;lior&eacute;es et la plupart des preuves des exactions avaient &eacute;t&eacute; &eacute;limin&eacute;es. Les responsables russes, y compris le porte-parole du gouvernement Sergei Yastrzhembsky et le repr&eacute;sentant pr&eacute;sidentiel aux droits de l'homme, Vladimir Kalamanov, ni&egrave;rent en bloc toutes les accusations faisant &eacute;tat d'exactions commises &agrave; Tchernokozovo. A ce jour, aucune enqu&ecirc;te formelle n'a &eacute;t&eacute; ordonn&eacute;e.</P>   <P><STRONG>Torture et exactions commises dans d'autres centres de d&eacute;tention</STRONG></P>   <P>L'am&eacute;lioration des conditions &agrave; Tchernokozovo &agrave; la mi-f&eacute;vrier n'affecta absolument pas le nombre de d&eacute;tenus sans cesse croissant emmen&eacute;s vers d'autres centres de d&eacute;tention. Les tch&eacute;tch&egrave;nes continu&egrave;rent &agrave; &ecirc;tre victimes d'exactions aux postes de contr&ocirc;le, dans les stations de police, les bases militaires et les prisons dans et en dehors de la Tch&eacute;tch&eacute;nie.</P>   <P>Dans les centres de d&eacute;tention pr&eacute;ventive de Stavropol et Pyatigorsk, situ&eacute;s tous deux sur le territoire de Stavropol, les d&eacute;tenus &eacute;taient eux aussi pass&eacute;s &agrave; tabac par deux rangs de matons lors de leur arriv&eacute;e sur place et r&eacute;guli&egrave;rement battus pendant leur d&eacute;tention. Sur la base militaire de Mozdok, les d&eacute;tenus &eacute;taient sodomis&eacute;s avec des matraques, forc&eacute;s de marcher entre des gardes qui les frappaient et leur donnaient des coups de pied, et recevaient des coups dans les testicules. Un m&eacute;decin ingouche nous a expliqu&eacute; avoir examin&eacute; un ancien prisonnier, d&eacute;tenu &agrave; Mozdok, dont les organes g&eacute;nitaux &eacute;taient fortement enfl&eacute;s et qui pr&eacute;sentait des signes de viol, puisqu'il souffrait de blessures internes au colon.</P>   <P>Sur l'importante base militaire de Khankala, pr&egrave;s de Grozny, les d&eacute;tenus &eacute;taient souvent gard&eacute;s dans des camions de transport de prisonniers surpeupl&eacute;s, et ce m&ecirc;me au cur des terribles hivers tch&eacute;tch&egrave;nes. Une jeune femme de 19 ans, souffrant apparemment d'un retard psychologique, y fut viol&eacute;e pendant trois jours par de nombreux soldats, &agrave; la fin janvier 2000. Des hommes furent violemment battus, y compris lors d'interrogatoires, et au moins un d&eacute;tenu a &eacute;t&eacute; tortur&eacute; avec un fer &agrave; souder. En avril, deux cadavres d&eacute;figur&eacute;s furent d&eacute;couverts &agrave; Khankala et il est probable que les deux hommes aient &eacute;t&eacute; tortur&eacute;s et ex&eacute;cut&eacute; sur place.</P>   <P>Des exactions ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; commises dans des camps militaires en Tch&eacute;tch&eacute;nie. Zhebir Turpalkhanov fut d&eacute;tenu en avril 2000 dans un camp situ&eacute; pr&egrave;s de Tsotsin-Yurt et violemment battu pendant cinq jours d'affil&eacute;e, pendant sa d&eacute;tention. Il mourut quelques heures apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; rel&acirc;ch&eacute;.</P>   <P>D'autres prisonniers ont eux &eacute;t&eacute; d&eacute;tenus dans une raffinerie d&eacute;saffect&eacute;e proche de Tolstoy-Yurt o&ugrave;, entre autres exactions, les gardes les mena&ccedil;aient de les ex&eacute;cuter et les passaient &agrave; tabac, parfois de mani&egrave;re si brutale que plusieurs d&eacute;tenus eurent des c&ocirc;tes cass&eacute;es. Dans un ancien pensionnat de Urus-Martan, l'un des trois centres de d&eacute;tention de la ville, les d&eacute;tenus &eacute;taient forc&eacute;s de passer entre des gardes arm&eacute;s de matraques qui les frappaient au passage et &eacute;taient r&eacute;guli&egrave;rement pass&eacute;s &agrave; tabac. Certaines informations font &eacute;tat d'exactions r&eacute;centes, notamment d'un viol de d&eacute;tenu en avril 2000.</P>   <P>Lors de leur arrestation, les prisonniers &eacute;taient souvent emmen&eacute;s d'abord au poste de police, avant d'&ecirc;tre ensuite transf&eacute;r&eacute;s vers un centre de d&eacute;tention. Beaucoup des d&eacute;tenus de Grozny sont ainsi pass&eacute;s d'abord par le poste de police de Znamenskoye, o&ugrave; ils ont &eacute;t&eacute; battus et frapp&eacute;s &agrave; coups de pied lors de leur arriv&eacute;e et dans leurs cellules. Lors du transfert de Znamenskoye vers le centre de d&eacute;tention, les prisonniers &eacute;taient parfois empil&eacute;s les uns sur les autres comme des troncs d'arbre, ce qui provoquait des pertes de conscience chez ceux plac&eacute;s en dessous des autres. Human Rights Watch dispose d'informations faisant &eacute;tat d'exactions et de violences similaires dans d'autres postes de police.</P>   <P><STRONG>Libert&eacute; &agrave; vendre: extorsions et "amnisties"</STRONG></P>   <P>La majorit&eacute; des anciens d&eacute;tenus interview&eacute;s par HRW a racont&eacute; qu'ils n'avaient &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;s qu'apr&egrave;s que leurs familles aient pay&eacute; de fortes sommes, pouvant aller de 2.000 roubles &agrave; 5.000 USD, &agrave; leurs gardiens russes et &agrave; certains interm&eacute;diaires. En fait, le paiement d'un pot de vin pour obtenir la lib&eacute;ration d'un d&eacute;tenu &eacute;tait devenu tellement syst&eacute;matique qu'il est probable que, dans de nombreux cas, des individus aient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s dans le but de monnayer leur lib&eacute;ration et non parce qu'il &eacute;tait n&eacute;cessaire d'identifier des &eacute;l&eacute;ments rebelles. Un homme d&eacute;tenu par des soldats de l'OMON pr&egrave;s de Komsomolskoye &agrave; la fin janvier 2000 ne fut ainsi jamais remis aux autorit&eacute;s judiciaires; les soldats pr&eacute;f&eacute;rant contacter imm&eacute;diatement sa famille pour n&eacute;gocier sa lib&eacute;ration.</P>   <P>La culpabilit&eacute; ou l'innocence du d&eacute;tenu ne semble avoir qu'une importance minime pour ceux qui pratiquent ainsi l'extorsion, si ce n'est au niveau du prix &agrave; payer. &Ecirc;tre innocent ne suffit pas pour &ecirc;tre remis en libert&eacute; et des combattants tch&eacute;tch&egrave;nes confirm&eacute;s peuvent &ecirc;tre rachet&eacute;s si la somme pay&eacute;e est suffisante. Human Rights Watch dispose d'informations montrant que, dans un cas pr&eacute;cis, le chef de l'administration d'un village a pu obtenir la lib&eacute;ration d'un combattant captur&eacute; moyennant le paiement d'une somme de 5.000 USD. Dans la plupart des cas, les familles sont contact&eacute;es par des interm&eacute;diaires qui, tels des vautours, profitent de leur d&eacute;sespoir pour leur extorquer de grosses sommes d'argent.</P>   <P>Les autorit&eacute;s russes refusent souvent de rendre leurs documents d'identit&eacute; aux d&eacute;tenus, lorsque ceux-ci sont lib&eacute;r&eacute;s, o&ugrave; leur remettent des documents les identifiant comme des "combattants amnisti&eacute;s", m&ecirc;me s'il n'a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;tabli que l'individu concern&eacute; ait r&eacute;ellement particip&eacute; &agrave; la lutte arm&eacute;e. Ceci limite la libert&eacute; de mouvement des d&eacute;tenus rel&acirc;ch&eacute;s, qui &eacute;vitent de se d&eacute;placer par crainte de devoir passer les postes de contr&ocirc;le et d'y &ecirc;tre harcel&eacute;s, arr&ecirc;t&eacute;s ou victimes d'autres types d'exaction. Les d&eacute;tenus rel&acirc;ch&eacute;s sans documents d'identit&eacute; deviennent ainsi virtuellement prisonniers de leur district d'origine.</P>   <P><STRONG>Mise au secret et "disparitions"</STRONG></P>   <P>Les autorit&eacute;s russes ne laissent filtrer aucune information quant aux individus qu'elles d&eacute;tiennent et ne permettent pas &agrave; ceux-ci de communiquer avec leur famille, m&ecirc;me lorsque la dur&eacute;e de d&eacute;tention est de plusieurs mois. Les familles se d&eacute;placent donc jusqu'aux centres de d&eacute;tention, dans l'espoir de d&eacute;terminer l'endroit o&ugrave; se trouvent leurs proches. Beaucoup de personnes montent ainsi patiemment la garde &agrave; l'ext&eacute;rieur des centres de d&eacute;tention o&ugrave; leurs proches semblent &ecirc;tre d&eacute;tenus et &eacute;changent continuellement entre eux des informations quant aux autres prisons recens&eacute;es et des listes de noms de d&eacute;tenus, que leur font parvenir les prisonniers rel&acirc;ch&eacute;s par les autorit&eacute;s russes. </P>   <P><A NAME="N_1_">1.</A> </FONT>"L'Agence d'Information Russe (RIA) annonce des r&eacute;sultats positifs dans la lutte contre le crime en Tch&eacute;tch&eacute;nie en 2000," suivi par la BBC des d&eacute;p&ecirc;ches de la RIA, 28 mai 2000.  <P><A NAME="N_2_">2. </A> La forme de torture consistant &agrave; frapper les pieds, commun&eacute;ment connue sous le nom de <EM>falanga</EM>, <EM>fataka</EM> ou <EM>basinado</EM>, est bien connue et peut avoir des cons&eacute;quences extr&ecirc;mement graves, telles que les n&eacute;croses musculaires, obstructions vasculaires, handicaps chroniques et douleurs r&eacute;currentes. Voir Action Against Torture Survivors et al., <EM>Manuel d'enqu&ecirc;te et de collecte d'informations relatives &agrave; la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou d&eacute;gradants</EM> ("Protocole d'Istanbul"), Ao&ucirc;t 1999, pour une description d&eacute;taill&eacute;e des cons&eacute;quences m&eacute;dicales de la <EM>falanga</EM>.  </font> </font> </td> </tr> </table>  <table width=600 cellspacing="2" cellpadding="2" border="0"> <tr> <td width="200" align="LEFT" valign="center" bgcolor="Silver"><font size="-2">  <b><a href="http://www.hrw.org/">HUMAN RIGHTS WATCH</a></b> </font></td> <td width="400" align="RIGHT" valign="center" bgcolor="Silver"><font size="-2"> <a href="http://www.hrw.org/french/">Sommaire</a> | <a href="http://www.hrw.org/search.html">Recherche dans ce site</a></font></td> </tr> </table></div>  </body> </html> 
