<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html>  <head> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 3.0"> <meta name="Author" content="Thierry"> <title>Le Courrier - S&eacute;lection - De l&#146;enfer de l&#146;exil au mal-&ecirc;tre de l&#146;accueil</title> <meta name="keywords" content="alternatif, alternative, anti-milistariste, antimilitariste, antimondialisation, anti-mondialisation, anti-omc, anti-racisme, arme, asile, associatif, associations, autrement, banque mondiale, Banque Mondiale, biotiques, biotechnologies, contre-information, critical mass, Davos, DAVOS, davos, democratie, dmocratie, dmocratie locale, Depleted uranium, depleted uranium, dette, eau, Eau, ecologie, cologie, ecologique, cologiste, environnement, tranger, trangers, extrme-gauche, fminisme, femme, femmes , FMI, fmi, gauche, genetique, gntique, geneva, Geneva, Geneve, geneve, genve, Genve, gnie , globalisation, grand conseil, humanisme, humaniste, indpendance, indpendant, information, journal, journaux, lutte des classes, manipulations , marchandisation, marchs, marxisme, marxiste, masse populaire, media, mdia, mdias, mercantilisation, mondialisation, mouvement, mouvements, nolibral, no-libral, ogm, OGM, OMC, omc, peuple, politique, populaire, Porto Alegre, PORTO ALEGRE, porto alegre, presse, quotidien, racisme, refugi, rfugis, rfugis, rsistance, social, socialisme, socialiste, solidaire, solidarit, suisse, Suisse, Switzerland, switzerland, sydicaliste, syndical, syndicalisme, syndicat, tiers-mondisme, travail, travailleur, travailleurs, uranium appauvri, Uranium appauvri, vache folle , WEF, world economic forum, xnophobe, xnophobie"> <script LANGUAGE="JavaScript"> <!-- Cacher le code du script pour les browsers ignorant JavaScript  if(top==self) {   		var main = "../essai.htm"; 		var currURL = unescape(window.location.pathname); 		var newURL = main + "?" + currURL; 		if (true) 			location.replace(newURL); 		else 			location.href = newURL; 	} //--> </script> </head>  <body text="#000000" bgcolor="#FFFFFF" topmargin="0" leftmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0" link="#FF0033" vlink="#FF0000" alink="#FF0033"> <table border="0" cellpadding="2" width="551" style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" cellspacing="6" background="../images/R_fond.jpg">   <tr>      <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" width="50%">        <p><font face="Courier New, Courier, mono" size="6" color="#FF0000"><b>S&Eacute;LECTION</b></font></p>       <p>&nbsp;</p>       <p><font face="Arial"><strong>Paru le : 22 f&eacute;vrier 2003</strong></font></p>     </td>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" width="50%">        <p><img src="../images/LOGOPAGE.GIF" width="250" height="53"></p>       <p align="center"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="/Selection/selection0203.htm">Menu          S&eacute;lection</a></font></p>     </td>   </tr>   <tr>      <td colspan="2" style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" height="65">        <div align="left">          <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000"><b>Une fois            en Suisse, les requ&eacute;rants d&#146;asile doivent affronter l&#146;aridit&eacute;            des lieux d&#146;accueil d&#146;urgence.<br>           <font size="5">De l&#146;enfer de l&#146;exil au mal-&ecirc;tre de l&#146;accueil</font></b></font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><i><br>           </i><i>Depuis six mois, le camp militaire de la Voie des Traz, &agrave;            Gen&egrave;ve, est ouvert &agrave; l&#146;accueil des requ&eacute;rants            d&#146;asile. Au-del&agrave; des discours politiques et institutionnels,            la r&eacute;alit&eacute; de l&#146;accueil brise le mythe de l&#146;asile            r&eacute;confortant du paradis retrouv&eacute;. Reportage en haut lieu            de la bonne conscience helv&eacute;tique.<br>           </i></font></p>       </div>     </td>   </tr>   <tr>      <td colspan="2" style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" height="19">        <div align="center"><font color="#003399" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><small><u><font color="#FF0000"><a href="/equipe/equipe.htm">VIRGINIE          POYETTON </a></font></u></small></font></div>     </td>   </tr>   <tr>      <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">        <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Il          fait froid. Moins quatre degr&eacute;s selon M&eacute;t&eacute;osuisse.          Dans ce baraquement du camp, le chauffage &agrave; mazout ne fonctionne          pas. A travers la fen&ecirc;tre du b&acirc;timent, trois rang&eacute;es          de grillages emprisonnent le regard. Au loin, on aper&ccedil;oit un no          man&#146;s land, entre herbe et b&eacute;ton, une piste d&#146;atterrissage          de l&#146;a&eacute;roport de Cointrin. Au premier plan, une main liberticide          a doubl&eacute; une des barri&egrave;res de barbel&eacute;s. Le regard          dans le vague de l&#146;habitude, le pasteur Jean-Pierre Zurn commente:          &laquo;Ici, les gens sont consid&eacute;r&eacute;s comme libres.&raquo;          Le silence qui suit trahit la port&eacute;e de son cynisme, inversement          proportionnel &agrave; la force de son engagement.<br>         Un avion d&eacute;colle. Rien d&#146;extraordinaire. Le pavillon en bois          vibre quotidiennement au rythme des moteurs des Boeing d&eacute;collant          ou atterrissant &agrave; Cointrin.<br>         Les b&acirc;timents militaires de la Voie des Traz devaient constituer          un lieu d&#146;accueil provisoire en attendant que des foyers pour les          requ&eacute;rants d&#146;asile soient construits (lire ci-dessous). Une          cuisine, un r&eacute;fectoire, des douches, des toilettes et des logements          am&eacute;nag&eacute;s dans huit baraquements de planches d&eacute;vernies          sous leur toit en t&ocirc;le rouill&eacute;e. Soixante requ&eacute;rants,          essentiellement originaires des Balkans et d&#146;Afrique de l&#146;Ouest,          se partagent les cinq dortoirs disponibles.<br>         Or, en cette matin&eacute;e tardive, le camp est d&eacute;sert. Des corps          &agrave; la course passent ponctuellement d&#146;un b&acirc;timent &agrave;          l&#146;autre, de la douche au dortoir, du dortoir &agrave; la douche.          Des hommes sortent &agrave; moiti&eacute; d&eacute;nud&eacute;s, entrent,          une brosse &agrave; dent &agrave; la bouche.<br>         Emmitoufl&eacute; dans son anorak, le bonnet pos&eacute; n&eacute;gligemment          sur la t&ecirc;te, Fanoko1 regarde passer ses compagnons de quotidiennet&eacute;,          distant. &laquo;C&#146;est difficile, dans les dortoirs, il y a des gens          qui boivent ou qui se droguent. Moi, je ne veux pas rester avec ces gens-l&agrave;,          mais je n&#146;ai pas le choix.&raquo; Les requ&eacute;rants d&#146;asile          sont r&eacute;partis selon leur nationalit&eacute; dans les diff&eacute;rents          pavillons. A l&#146;int&eacute;rieur des dortoirs, des lits &eacute;troits          sont superpos&eacute;s, coll&eacute;s les uns aux autres par groupes de          deux. Avec, pour toute intimit&eacute;, des tentures semblables &agrave;          celles utilis&eacute;es en temps de guerre dans les h&ocirc;pitaux de          campagne.<br>         La promiscuit&eacute; est pesante dans ces pi&egrave;ces o&ugrave; la          lumi&egrave;re manque, condamn&eacute;e aux d&eacute;pens d&#146;une chaleur          toute relative. Il s&#146;agit de tout barricader pour ne rien perdre          des trois po&ecirc;les &agrave; mazout r&eacute;partis sur la longueur          du baraquement. Fanako marche dans les dortoirs sans voir. Il r&eacute;fl&eacute;chit          et brusquement sort de sa m&eacute;ditation pour partager son indignation:          &laquo;Au Togo, on n&#146;agit pas comme &ccedil;a!&raquo; A croire que          la m&eacute;moire des &eacute;v&eacute;nements douloureux v&eacute;cus          dans son pays s&#146;estompe devant le sentiment d&#146;impuissance engendr&eacute;          par la situation actuelle. Pendant la nuit, certains requ&eacute;rants,          saouls ou &laquo;d&eacute;sempar&eacute;s&raquo;, se l&egrave;vent pour          &eacute;teindre le chauffage et ouvrir les fen&ecirc;tres, explique-t-il.          &laquo;Moi, je ne dors pas. Il y a toujours quelqu&#146;un qui pourrait          se lever et me frapper.&raquo; Le m&eacute;lange est difficile, conclut          Fanako, soucieux, voire d&eacute;sabus&eacute;.<br>         Il est midi. Un ronflement humain habille le silence du dortoir quasiment          vide. Comme pour rappeler la vie &agrave; ses devoirs dans ce lieu d&eacute;sert&eacute;.          Entre les lits, des casiers s&#146;&eacute;rigent en gardiens de la maigre          propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e des requ&eacute;rants. Chacun y          range ses attributs: quelques habits, des chaussures, une valise. Mais,          surtout, sa nourriture et ses ustensiles de cuisine. &laquo;Les demandeurs          d&#146;asile re&ccedil;oivent 426 francs par mois de l&#146;assistance          pour leur subsistance. C&#146;est avec cet argent qu&#146;ils doivent          acheter leur vaisselle&raquo;, s&#146;indigne Jean-Pierre Zurn.</font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>LE          TRANSFERT</b><br>         Dehors, le m&ecirc;me froid ronge le sang. Un avion atterrit. Fanako attend          que &laquo;l&#146;ange&raquo; passe et continue. &laquo;Pour aller aux          toilettes, je pr&eacute;f&egrave;re partir en ville.&raquo; Le baraquement          r&eacute;serv&eacute; aux sanitaires n&#146;est pas chauff&eacute;. Le          vent traverse les parois. Dans la cuisine contigu&euml;, il vous suit          comme un mauvais sort.<br>         Amadou1 pr&eacute;pare son repas de midi. Une tra&icirc;n&eacute;e blanche          traverse l&#146;atmosph&egrave;re en continu: l&#146;eau du th&eacute;          bout. Une po&ecirc;le &agrave; la main, l&#146;autre remuant vigoureusement          une omelette aux lardons, le requ&eacute;rant ivoirien atteste: &laquo;Nous          sommes tous des humains, vous voyez les conditions dans lesquelles on          vit. C&#146;est pas comme &ccedil;a qu&#146;on doit vivre.&raquo; A son          doigt, Amadou porte une bague qui, dit-il, &laquo;assure la protection          de la vie africaine&raquo;.<br>         Depuis trois mois, le requ&eacute;rant ivoirien vit au camp. A midi, il          mange seul comme &agrave; son habitude depuis son arriv&eacute;e. &laquo;Ici,          chacun se nourrit &agrave; sa fa&ccedil;on, chacun est un peu individualiste.          Mais si tu veux je t&#146;invite&raquo;, conclut-il, sourire complice          aux l&egrave;vres. La pi&egrave;ce est petite. Quatre plaques doubles          ont &eacute;t&eacute; mises &agrave; disposition des occupants par l&#146;Hospice          g&eacute;n&eacute;ral. C&#146;est tout! Les rayonnages sont vides depuis          l&#146;arriv&eacute;e des demandeurs d&#146;asile. Pas un verre, pas une          assiette, pas une fourchette ne tra&icirc;ne. Les frigos sont cadenass&eacute;s.          Comme pour confirmer aux nouveaux venus la pr&eacute;carit&eacute; de          leur s&eacute;jour sur terre helv&eacute;tique.<br>         L&#146;heure avance, la faim se fait insistante. Amadou quitte la pi&egrave;ce.          Il ira manger dans le r&eacute;fectoire chauff&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute;          de la cuisine. La pi&egrave;ce est grande, anonyme. Quelques meubles r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s          au bord de la route, deux bureaux am&eacute;nag&eacute;s en table de ping-pong,          une t&eacute;l&eacute;vision offerte par l&#146;aum&ocirc;nerie genevoise          pour requ&eacute;rants, Agora. <br>         Il y a peu, il y en avait deux. &laquo;Mais l&#146;autre jour, alors qu&#146;on          regardait la t&eacute;l&eacute;vision, quelqu&#146;un est venu et a jet&eacute;          l&#146;appareil &agrave; terre. On s&#146;est disput&eacute;, je l&#146;ai          mis au sol, il s&#146;est calm&eacute; et maintenant on est des amis&raquo;,          raconte Amadou avec nonchalance. &laquo;Mais vous savez, conclut-il, la          seule mani&egrave;re d&#146;am&eacute;liorer les choses ici, c&#146;est          d&#146;&eacute;vacuer les lieux.&raquo; Le s&eacute;same du camp est le          mot &laquo;transfert&raquo;. Pour les requ&eacute;rants, il est synonyme          d&#146;une vie nouvelle dans de meilleures conditions, explique Jean-Pierre          Zurn.</font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>OMERTA          SUR L&#146;ASILE</b><br>         En attendant, &laquo;Patrick essaie d&#146;arranger le camp, un peu un          peu chaque jour&raquo;, commente Fanako, le respect plein la voix. Au          milieu de la cour, &agrave; cheval sur son &eacute;chelle, l&#146;intendant          social r&eacute;pare une lampe. <br>         Dans un coin de son bureau, dans un baraquement, se trouve le t&eacute;l&eacute;phone          public: l&#146;acc&egrave;s au monde ext&eacute;rieur. <br>         Un silence. Un moment de g&ecirc;ne. Et puis cette folle envie de partager          sa croyance en l&#146;avenir: &laquo;Evidemment c&#146;est pas toujours          facile, mais j&#146;ai vu des choses tr&egrave;s positives: des amiti&eacute;s          qui se forment &agrave; vie et surtout une rage partag&eacute;e de s&#146;en          sortir.&raquo;<br>         Soudain, le t&eacute;l&eacute;phone sonne. Le discours de l&#146;intendant,          passionn&eacute;, devient formel. L&#146;Hospice g&eacute;n&eacute;ral,          institution &eacute;tatique en charge de l&#146;assistance aux requ&eacute;rants,          rappelle &agrave; l&#146;ordre, demande que la proc&eacute;dure officielle          soit suivie. &laquo;On n&#146;entre pas dans un camp d&#146;accueil comme          dans un lieu de vie normal.&raquo; Il faut d&#146;abord demander et obtenir          une autorisation, laisser le temps &agrave; la direction de &laquo;briefer&raquo;          ses employ&eacute;s et pr&eacute;parer les requ&eacute;rants &agrave;          la venue &laquo;d&#146;&eacute;trangers&raquo;. C&#146;est la r&egrave;gle.          Patrick raccroche, embarrass&eacute;. Son sourire cache mal son d&eacute;sarroi          face aux accents protectionnistes de la hi&eacute;rarchie. Il faut partir          maintenant.<br>         Dehors, un avion passe. Il fait plus froid que ce matin. A croire que          la visite aura eu raison de M&eacute;t&eacute;osuisse. Le temp&eacute;rature          autour de la Voie des Traz a d&ucirc; chuter de quelques degr&eacute;s.<br>         <br>         1 Pr&eacute;noms fictifs.</font></p>     </td>   </tr>   <tr>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><b>D&#146;un        centre &agrave; l&#146;autre</b></font><br>       <br>       <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">En plus        de la Voie des Traz, trois lieux d&#146;accueil d&#146;urgence ont &eacute;t&eacute;        ouverts dans le canton depuis le mois d&#146;ao&ucirc;t. A savoir, l&#146;abri        de la protection civile d&#146;Onex en septembre, les pavillons du Bois-des-Fr&egrave;res        en octobre et l&#146;abri PC de Ch&acirc;telaine en novembre. De mani&egrave;re        g&eacute;n&eacute;rale, l&#146;accueil y est plus d&eacute;cent que dans        les baraquements militaires de la Voie des Traz.<br>       A l&#146;heure actuelle, la PC d&#146;Onex regroupe 48 requ&eacute;rants        d&#146;asile de toutes nationalit&eacute;s. Les abris sont propres, correctement        chauff&eacute;s. Une t&eacute;l&eacute;vision plac&eacute;e dans le r&eacute;fectoire        permet aux requ&eacute;rants d&#146;avoir acc&egrave;s aux informations        ext&eacute;rieures. Les requ&eacute;rants sont libres dans leurs horaires        de sortie, un veilleur surveille les entr&eacute;es de chacun. N&eacute;anmoins,        la manque de lumi&egrave;re et la promiscuit&eacute; des lits dans les dortoirs        p&egrave;sent sur un quotidien qui de temporaire commence &agrave; devenir        durable. &laquo;J&#146;avoue que &ccedil;a ne se passe pas tr&egrave;s bien        ici. Nous avons &agrave; plusieurs reprises subi des descentes de police        et des fouilles syst&eacute;matiques de nuit. Je pensais venir pour un s&eacute;jour        de courte dur&eacute;e et &ccedil;a fait quatre mois que je suis l&agrave;&raquo;,        t&eacute;moigne Nura1, originaire du Togo.<br>       Dans les pavillons du Bois-des-Fr&egrave;res, les demandeurs d&#146;asile        sont log&eacute;s par deux dans des petites chambres de trois m&egrave;tres        sur quatre. Les parois qui s&eacute;parent les diff&eacute;rents lieux d&#146;habitation        sont minces. Cinquante-deux personnes vivent dans trois pavillons et demi,        et le bruit des uns n&#146;&eacute;pargne pas la tranquillit&eacute; des        autres. &laquo;C&#146;est un peu difficile. Beaucoup de gens discutent ou        &eacute;coutent de la musique la nuit. Souvent, ils veillent. Et moi, je        n&#146;arrive pas &agrave; dormir alors que je dois me lever le matin pour        chercher du travail.&raquo; Itza1 est kurde de Turquie. Il vit depuis un        mois au Bois-des-Fr&egrave;res. Comme la plupart des requ&eacute;rants du        lieu, il mange ses repas dans sa chambre. De nombreux pensionnaires se sont        m&ecirc;me procur&eacute; un frigo d&#146;occasion &agrave; bon march&eacute;.        A Gen&egrave;ve, Itza a eu une amie suissesse qu&#146;il voit de temps en        temps en ville. Un jour, elle lui a propos&eacute; de venir cuisiner un        repas pour eux au pavillon. Itza a d&eacute;clin&eacute; l&#146;invitation.        &laquo;Ce n&#146;est pas un endroit suffisamment convenable.&raquo; VPn<br>       1 Pr&eacute;noms fictifs.</font></td>   </tr>   <tr>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><b>Discorde        communo-&eacute;tatique</b></font><br>       <br>       <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Au sein        des communes genevoises, l&#146;opposition &agrave; la construction de foyers        pour requ&eacute;rants continue de se faire entendre. Dans certaines davantage        que d&#146;autres.<br>       La commune de Carouge attend. Elle a d&eacute;pos&eacute; un recours contre        l&#146;autorisation de construire de Laurent Moutinot. Son maire, Daniel        Mouchet, dit ne pas comprendre le refus du conseiller d&#146;Etat de r&eacute;pondre        &agrave; la convocation du Conseil municipal. Cette rencontre devait permettre        au magistrat d&#146;exposer son projet. M&ecirc;me r&eacute;action de la        part de la conseill&egrave;re municipale Verte, Chantal Boisset: &laquo;La        tension monte au sein de la population. Je pense que le DAEL a eu une mauvaise        r&eacute;action en refusant de venir.&raquo; L&#146;&eacute;lue communale        estime qu&#146;une solution &agrave; la crise pourrait &ecirc;tre la construction        d&#146;un b&acirc;timent mixte, mi-&eacute;tudiant, mi-requ&eacute;rant.<br>       L&#146;hostilit&eacute; face aux nouvelles constructions pour requ&eacute;rants        ne fait pourtant pas l&#146;unanimit&eacute; dans la commune. Deux cents        &eacute;tudiants du Coll&egrave;ge de Sta&euml;l ont r&eacute;agi &agrave;        l&#146;argument qui veut que la construction d&#146;un foyer pour requ&eacute;rants        menace la s&eacute;curit&eacute; des jeunes. Une lettre t&eacute;moignant        de l&#146;indignation des &eacute;tudiants de se voir instrumentalis&eacute;s,        sans m&ecirc;me avoir &eacute;t&eacute; consult&eacute;s, a &eacute;t&eacute;        envoy&eacute;e &agrave; M. Moutinot. Sans r&eacute;ponse depuis novembre.        Alors, que font les autorit&eacute;s et les acteurs politiques? &laquo;Je        commence s&eacute;rieusement &agrave; me demander jusqu&#146;&agrave; quel        point le conseiller d&#146;Etat a envie de convaincre ou de cr&eacute;er        un terrain favorable &agrave; une discussion de fond&raquo;, t&eacute;moigne        une habitante de Veyrier, signatrice d&#146;une lettre ouverte de r&eacute;sidants        du quartier en faveur de la construction du foyer. Dans la m&ecirc;me logique,        elle regrette que la gauche soit si conciliante. </font>        <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>PARTIALIT&Eacute;?</b><br>         Dans la commune de Meyrin, un recours a &eacute;galement &eacute;t&eacute;          d&eacute;pos&eacute; contre une autorisation de construire &agrave; la          Citadelle. Un endroit &laquo;mal situ&eacute;e, &eacute;loign&eacute;          de tout et &agrave; l&#146;int&eacute;rieur d&#146;une zone villas par-dessus          le march&eacute;.&raquo; La maire de la commune, Madeleine Bernasconi,          estime qu&#146;il aurait &eacute;t&eacute; plus judicieux de regrouper          tous les requ&eacute;rants au Ch&acirc;teau de Feuillasse dont l&#146;Hospice          g&eacute;n&eacute;ral est locataire et auquel il aurait &eacute;t&eacute;          facile d&#146;ajouter des &eacute;l&eacute;ments provisoires. &laquo;La          population est fortement oppos&eacute;e &agrave; la construction d&#146;un          nouveau foyer&raquo;, appuie la maire. Elle regrette par ailleurs que          ce soit &laquo;toujours les m&ecirc;mes communes qui soient sollicit&eacute;es          pour ce genre de construction.&raquo;<br>         Du c&ocirc;t&eacute; du Grand-Saconnex, la commune a rendu un pr&eacute;avis          n&eacute;gatif &agrave; la cr&eacute;ation de deux lieux d&#146;accueil,          &agrave; savoir au Bois-Br&ucirc;l&eacute; et &agrave; la Voie des Traz.          &laquo;Le Bois-Br&ucirc;l&eacute; est une zone de bruit, inconstructible.          Le DAEL n&#146;a m&ecirc;me pas v&eacute;rifi&eacute;, je ne trouve pas          &ccedil;a tr&egrave;s &eacute;l&eacute;gant.&raquo; Le maire Gabriel Catillaz          se dit pourtant pr&ecirc;t &agrave; collaborer, &agrave; condition que          tout le monde collabore.<br>         Finalement, un groupe d&#146;habitants du Petit-Saconnex a fait recours          en deuxi&egrave;me instance devant le Tribunal administratif contre un          projet de foyer sur l&#146;avenue Trembley. VPn</font></p>     </td>   </tr>   <tr>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><b>Des        cours de fran&ccedil;ais dans les PC</b></font><br>       <br>       <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>INITIATIVE</b>        &#149; &laquo;Une v&eacute;ritable int&eacute;gration passe forc&eacute;ment        par la langue.&raquo; Francophones de naissance, le Congolais Andy Pauliny        et le Togolais Komla Nuwawle ont propos&eacute;, en octobre, d&#146;organiser        des cours de langue pour les requ&eacute;rants du centre PC d&#146;Onex        o&ugrave; ils se trouvaient. &laquo;Souvent, on finissait &agrave; 2 ou        3 heures du matin. L&#146;assistante sociale nous a alors demand&eacute;        de mieux organiser les cours. Aujourd&#146;hui nous donnons deux heures        de fran&ccedil;ais trois fois par semaine.&raquo; Avec 11 &eacute;l&egrave;ves        inscrits tous de langues maternelles diverses, Andy compare son auditoire        &agrave; une nouvelle Tour de Babel. De son c&ocirc;t&eacute;, l&#146;intendant        du lieu d&#146;accueil estime que ces cours sont tr&egrave;s b&eacute;n&eacute;fiques.        &laquo;Pour affronter l&#146;ext&eacute;rieur, il faut savoir s&#146;exprimer        un minimum dans la langue du lieu.&raquo; Pour le travail accompli, les        deux requ&eacute;rants touchent 250 francs au maximum par mois. De son c&ocirc;t&eacute;,        l&#146;Agora organise elle aussi des cours de fran&ccedil;ais gr&acirc;ce        &agrave; la collaboration de trois stagiaires qui se d&eacute;placent chaque        semaine au Bois des Fr&egrave;res et &agrave; l&#146;abri de la PC de Ch&acirc;telaine.        Des discussions sont en cours pour d&eacute;buter des cours &agrave; la        Voie des Traz. </font><br>       <br>       <b><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000">Pour        mettre fin aux amalgames</font></b><br>       <br>       <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>D&Eacute;BAT</b>        &#149; Que faire lorsqu&#146;on est requ&eacute;rant d&#146;asile, africain,        et constamment soup&ccedil;onn&eacute; ou arr&ecirc;t&eacute; par la police        &agrave; la recherche de dealers? L&#146;Agora organise une soir&eacute;e        d&eacute;bat pour les demandeurs d&#146;asile et les personnes int&eacute;ress&eacute;es        avec la pr&eacute;sence de deux travailleurs sociaux, consultants en d&eacute;veloppement        communautaire. La rencontre aura lieu le lundi 24 f&eacute;vrier de 18 h        30 &agrave; 20 h &agrave; la Maison de la Croisette, 158 rte de Vernier.        VPn<br>       Informations: t&eacute;l. 022 930 00 89.</font></td>   </tr>   <tr>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">        <div align="right"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="/Selection/selection0203.htm">Menu          S&eacute;lection</a></font></div>     </td>   </tr> </table> </body> </html> 
