<html>  	<head> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<title>Sculpteur/Porte de l'enfer</title> 		<meta name="generator" content="GoLive CyberStudio"> 		<base target="qpxl"> 	</head>  	<body bgcolor="white"> 		<center> 			<font size="4"><table border="0" width="100%"> 				<tr> 					<td width="29%"><font size="6"><img src="images/entete/clicfr3.gif" width="45" height="79"></font></td> 					<td width="59%"><img src="images/entete/sculpte.gif" width="208" height="36" border="0"></td> 					<td width="12%"> 						<div align="right"> 							<img src="images/entete/Rodin.gif" width="69" height="89" border="0"> </div> 					</td> 				</tr> 			</table> 			<hr> 			<a name="porte1"></a><table border="0" width="100%"> 				<tr> 					<td width="38%"> 						<center> 							<font size="5">LA PORTE<br> 							DE L'ENFER<br> 							</font><i><br> 							<font size="4">Antoinette <br> 							Le Normand-Romain</font></i><font size="4"> </font></center> 					</td> 					<td width="62%"><img src="images/imapeti/porte.gif" width="215" height="340" border="0" usemap="#porte" ismap alt="Porte de l'Enfer"><map name="porte"><area shape="rect" coords="168,64,212,303" href="images/imagra/ext.jpg"><area shape="rect" coords="105,136,168,291" href="images/imagra/middler.jpg"><area shape="rect" coords="44,135,104,292" href="images/imagra/middleg.jpg"><area shape="rect" coords="4,64,45,304" href="images/imagra/ext.jpg"><area shape="rect" coords="42,73,168,136" href="images/imagra/middle.jpg"><area shape="rect" coords="63,3,145,73" href="images/imagra/3ombres.jpg"></map> </td> 				</tr> 			</table></font></center> 		<p><font size="4"><br> 		Non loin du<i> Penseur</i> s'&eacute;l&egrave;ve la <i>Porte de l'Enfer</i>, dress&eacute;e dans les jardins du mus&eacute;e en 1937. Par arr&ecirc;t&eacute; du 16 ao&ucirc;t 1880, Rodin re&ccedil;ut de la direction des Beaux-Arts la commande d'une porte d&eacute;corative qui devait &ecirc;tre orn&eacute;e de bas-reliefs inspir&eacute;s de<i> La Divine Com&eacute;die</i> de Dante. Cette porte &eacute;tait destin&eacute;e &agrave; un mus&eacute;e des Arts d&eacute;coratifs que l'on projetait alors de construire &agrave; Paris, &agrave; l'emplacement de la Cour des Comptes d&eacute;truite en 1871 (l&agrave; o&ugrave; s'&eacute;l&egrave;ve aujourd'hui le mus&eacute;e d'Orsay). Quant au sujet, sans doute est-ce Rodin qui le sugg&eacute;ra car on sait qu'il &eacute;tait de longue date un admirateur de Dante dont il avait toujours un volume dans sa poche. Il se mit donc au travail &quot;avec fureur&quot; dans l'atelier du d&eacute;p&ocirc;t des marbres, rue de l'Universit&eacute;, qui lui avait &eacute;t&eacute; attribu&eacute; pour l'ex&eacute;cution de cette commande et il imagina d'abord une composition en panneaux comme celle de la <i>Porte du Paradis</i> &agrave; Florence (Ghiberti, 1425-1452). Tr&egrave;s vite cependant, il d&eacute;cida d'abolir toute partition des vantaux, &agrave; l'exemple du <i>Jugement dernier</i> de Michel-Ange &agrave; la Chapelle Sixtine : la troisi&egrave;me maquette (expos&eacute;e salle 10) offre d&egrave;s 1880 une structure proche de celle qui sera d&eacute;finitivement adopt&eacute;e.<br> 		Il avait &eacute;cart&eacute; les deux tiers du po&egrave;me de Dante pour ne s'int&eacute;resser qu'&agrave; la partie la plus sombre, <i>L'Enfer</i>. La premi&egrave;re ann&eacute;e fut surtout consacr&eacute;e &agrave; des &eacute;tudes dessin&eacute;es qui suivent de pr&egrave;s le texte du po&egrave;me, mais il se tourna ensuite vers le modelage et ne conserva que quelques personnages identifiables, <i>Paolo et Francesca</i>, <i>Ugolin et ses enfants</i>, les<i> Ombres</i>, le<i> Penseur</i> qui est Dante lui-m&ecirc;me, au sein d'une multitude de figures de tailles diverses. Ces figures, ces groupes qui envahissent la structure traditionnelle sous-jacente dans laquelle elles remplacent parfois les &eacute;l&eacute;ments architecturaux, &eacute;taient ex&eacute;cut&eacute;s ind&eacute;pendamment les unes des autres ; elles &eacute;taient essay&eacute;es sur les vantaux figur&eacute;s d&egrave;s 1882 par un cadre en bois, puis mises de c&ocirc;t&eacute;. <a name="porte2"></a><br> 		<br> 		<table border="0" width="100%"> 			<tr> 				<td width="65%" valign="top"> 					<div align="right"> 						<a href="images/imagra/Ph1442.jpg" target="qpxl"><img src="images/imapeti/Ph1442.gif" width="145" height="170" border="0" alt="Ph1442"></a> </div> 				</td> 				<td width="35%" valign="top">Jessie Lipscomb<br> 					<i>Rodin devant la Porte de l'Enfer se refletant dans un miroir</i><br> 					1887<br> 					papier albumin&eacute;<br> 					12,9 x 11,1cm<br> 					Ph.1442</td> 			</tr> 		</table><br> 		En 1884 Rodin se sentit assez s&ucirc;r de son projet pour faire faire des devis pour la fonte, et celle-ci lui fut command&eacute;e le 20 ao&ucirc;t 1885. Si le mod&egrave;le qui fut sans doute mont&eacute; &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 1885 ou au d&eacute;but de 1886 ne le satisfit pas, quelques favoris&eacute;s furent cependant admis &agrave; le voir : F&eacute;licien Rops, Edmond de Goncourt et surtout F&eacute;licien Champsaur qui dans <i>Le Figaro</i> du 16 janvier 1886, en donna une description, la premi&egrave;re &agrave; reposer sur la vision du pl&acirc;tre : &agrave; cette date, les <i>Ombres</i> sont en place, et le groupe de <i>Paolo et Francesca</i> (qui devait prendre le titre de <i>Baiser</i>) est encore pr&eacute;sent au centre du vantail gauche dont il fut retir&eacute; peu apr&egrave;s, Rodin ayant pris conscience que l'&eacute;tat de pur bonheur qu'il montrait ne s'harmonisait pas avec le reste de la composition. L'&eacute;tape suivante est connue par des photographies envoy&eacute;es &agrave; Rodin en septembre 1887 par une jeune anglaise, Jessie Lipscomb : <i>Ugolin</i> et le nouveau <i>Paolo et Francesca</i>, plus conformes au texte de Dante, ont d&eacute;sormais remplac&eacute; le <i>Baiser</i>, mais le tympan et les vantaux pr&eacute;sentent encore des diff&eacute;rences assez nombreuses avec l'&eacute;tat d&eacute;finitif. <br> 		On s'attendait &agrave; ce que Rodin pr&eacute;sente sa <i>Porte</i> &agrave; l'Exposition universelle de 1889. Il ne s'y d&eacute;cida pas, mais il accepta des visiteurs plus nombreux, tels Claude Monet qui fut &quot;&eacute;merveill&eacute;&quot; de ce qu'il d&eacute;couvrit dans l'atelier, Edmond Bazire, L&eacute;on Lequime, Georges Rodenbach, et il est probable que vers 1890 la <i>Porte de l'Enfer</i> avait acquis l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui : apr&egrave;s cette date en effet, Rodin, occup&eacute; par de prestigieuses commandes (le <i>Baiser</i>, 1888 ; <i>Monument &agrave; Victor Hugo</i>, 1889 ; <i>Monument &agrave; Balzac</i>, 1891,...) n'eut plus beaucoup de temps &agrave; y consacrer.<br> 		Apr&egrave;s 1889 on n'en parle d'ailleurs plus gu&egrave;re, et c'est seulement en 1900, non pas dans le cadre de l'Exposition universelle mais dans celui de l'exposition personnelle que Rodin organisa place de l'Alma &agrave; Paris, que le grand public eut la surprise de d&eacute;couvrir une <i>Porte de l'Enfer</i> d&eacute;pouill&eacute;e de ses figures : en vingt ans la conception que Rodin se faisait du relief avait &eacute;volu&eacute;, et il trouvait d&eacute;sormais excessif le contraste entre les creux et les saillies. Mais surtout, il avait pris l'habitude de supprimer de ses oeuvres tout ce qui paraissait superflu, et ainsi qu'il venait de le faire pour la <i>Voix int&eacute;rieure</i>, sans bras, il avait pris le parti de retirer de sa <i>Porte</i> tout ce qui la rendait trop imm&eacute;diatement compr&eacute;hensible. <a name="porte3"></a><table border="0" width="100%"> 			<tr> 				<td width="63%" valign="top"> 					<div align="right"> 						<a href="images/imagra/Ph396.jpg" target="qpxl"><img src="images/imapeti/Ph396.gif" width="127" height="170" border="0" alt="Ph396"></a> </div> 				</td> 				<td width="37%" valign="top">Eug&egrave;ne Druet<br> 					<i>La Porte de l'Enfer</i><br> 					&eacute;preuve g&eacute;latinoargentique <br> 					40 x 30 cm<br> 					Ph. 396</td> 			</tr> 		</table><br> 		Apr&egrave;s la fermeture de l'exposition, la <i>Porte</i> fut transport&eacute;e rue de l'Universit&eacute;, puis &agrave; Meudon, Rodin souhaitant l'avoir toujours aupr&egrave;s de lui, m&ecirc;me s'il &eacute;tait clair d&eacute;sormais qu'il ne l'ach&egrave;verait jamais. &quot;En un mois &agrave; peine, tout peut-&ecirc;tre e&ucirc;t &eacute;t&eacute; en place. Rodin ne put consacrer ce mois &agrave; sa <i>Porte</i> ; et elle restera tr&egrave;s vraisemblablement inachev&eacute;e&quot;, notait Gustave Coquiot, l'un de ses secr&eacute;taires, dans <i>Le vrai Rodin</i> (1913).<br> 		Mais des rep&egrave;res tr&egrave;s pr&eacute;cis avaient &eacute;t&eacute; pris lors du d&eacute;montage, en 1899-1900. Ils permirent &agrave; L&eacute;once B&eacute;n&eacute;dite, le futur conservateur du mus&eacute;e Rodin, de reconstituer un mod&egrave;le complet au d&eacute;but de l'ann&eacute;e 1917 (d&eacute;pos&eacute; au mus&eacute;e d'Orsay). Une seconde &eacute;preuve servit &agrave; la fonte en bronze des trois premiers tirages de la <i>Porte de l'Enfer</i> (Philadelphie, Paris, Tokyo), tandis que le pl&acirc;tre de Meudon, le plus authentique puisque c'est celui que Rodin eut constamment sous les yeux, &eacute;tait d&eacute;plac&eacute; et restaur&eacute; en juillet-ao&ucirc;t 1917.<br> 		Premi&egrave;re grande commande faite &agrave; Rodin, m&ecirc;me si celle-ci n'aboutit pas v&eacute;ritablement dans la mesure o&ugrave; il ne la livra pas, la <i>Porte de l'Enfer</i> peut &ecirc;tre regard&eacute;e comme le r&eacute;sum&eacute; de sa vie enti&egrave;re : elle l'a en effet accompagn&eacute; tout au long de son existence, elle refl&egrave;te ses principaux centres d'int&eacute;r&ecirc;t, son admiration pour l'architecture gothique et la Renaissance italienne, pour Dante et Baudelaire ; elle est surtout la meilleure d&eacute;monstration du pouvoir d'expression dont il dota le corps humain. Rodin avait en effet model&eacute; des corps par centaines pour les vantaux et, tr&egrave;s vite, certains d'entre eux re&ccedil;urent le statut d'oeuvres ind&eacute;pendantes. En 1881, 1883, 1886, il en exposa des fragments sous des titres divers ; en 1887, &agrave; Bruxelles, il montra le <i>Baiser</i>, qu'il venait de retirer des vantaux, et <i>Ugolin</i>, et en 1888, &agrave; Copenhague, le <i>Penseur</i> sous le titre le <i>Po&egrave;te</i>. Mais c'est en 1889, lors de l'exposition <i>Monet-Rodin</i> &agrave; la galerie Georges Petit, qu'un public plus large eut v&eacute;ritablement la r&eacute;v&eacute;lation de son travail : les visiteurs furent stup&eacute;fi&eacute;s par le &quot;r&eacute;alisme tout moderne (de) ces petites figures, toutes palpitantes, qu'il intitule modestement &eacute;tudes, mais qui, en r&eacute;alit&eacute;, dans leurs petites dimensions, sont en train de r&eacute;volutionner la sculpture contemporaine&quot; (Ars&egrave;ne Alexandre, dans <i>Paris</i>, 21 juin 1889) ; ils ne reconnaissaient plus ni les anecdotes, ni les poses auxquelles les avaient accoutum&eacute;s les oeuvres expos&eacute;es dans les Salons officiels : ainsi, priv&eacute;s d'habits et de d&eacute;cor, <i>Paolo et Francesca</i> n'&eacute;taient plus identifiables, et c'est le public qui sugg&eacute;ra de baptiser le groupe le <i>Baiser</i>. Rodin rend significatif le corps lui-m&ecirc;me : il s'exprime par &quot;des os, par des muscles, par des nerfs&quot;, et avec un groupe comme <i>Ugolin</i> qui, tenaill&eacute; par la faim, rampe sur les cadavres de ses enfants, il porte &agrave; son point extr&ecirc;me la recherche d'expression des romantiques, de Pr&eacute;ault au jeune Carpeaux. <br> 		La p&eacute;riode de cr&eacute;ation intense li&eacute;e &agrave; la <i>Porte de l'Enfer</i> lui permit de disposer par la suite d'innombrables figures qui servirent de point de d&eacute;part &agrave; de nouvelles compositions ; mais c'est &eacute;galement alors, entre 1880 et 1885, qu'apparurent dans son oeuvre les proc&eacute;d&eacute;s qui firent par la suite partie int&eacute;grante de sa fa&ccedil;on de travailler : avec les<i> Trois Ombres</i>, <i>Je suis belle</i> ou le<i> Penseur</i>, il affirme d'embl&eacute;e la fonction du fragment, de l'assemblage et du multiple, puis de l'agrandissement.<br> 		Tandis que dans le mus&eacute;e, les salles 10 et 11 pr&eacute;sentent des figures issues de la <i>Porte de l'Enfer</i>, sous la forme soit d'oeuvres ind&eacute;pendantes (le <i>Penseur</i>, la <i>Douleur</i>, <i>Ugolin</i>, <i>Je suis belle</i>, ...) soit d'esquisses ou de fragments de la <i>Porte</i> (les pl&acirc;tres de la grande vitrine de la salle 10), on voit &agrave; l'ext&eacute;rieur surtout les agrandissements de ces m&ecirc;mes figures r&eacute;alis&eacute;s &agrave; partir de 1894 : certes la <i>Martyre</i>, l'<i>Enfant prodigue</i> et la <i>Femme accroupie</i> se trouvent au premier &eacute;tage du mus&eacute;e, mais c'est dans les jardins devant la fa&ccedil;ade nord que se trouve le grand<i> Penseur</i>, et devant la fa&ccedil;ade sud, <i>Cyb&egrave;le</i> et les <i>Cariatide &agrave; la pierre</i> et <i>Cariatide &agrave; l'urne</i>. Dans leur taille d'origine, la seconde est une variante l&eacute;g&egrave;rement post&eacute;rieure de la premi&egrave;re, elle-m&ecirc;me expos&eacute;e en 1886 &agrave; la Galerie Georges Petit, avant de trouver sa place vers 1889-1890 en haut du pilastre de gauche de la <i>Porte</i>. Et si elle garde l&agrave; une fonction architecturale, une fois devenue ind&eacute;pendante, &eacute;cras&eacute;e par le poids de la pierre qu'elle porte sur l'&eacute;paule, elle appara&icirc;t comme une incarnation du malheur. Les deux cariatides connurent un vif succ&egrave;s et furent traduites dans des mat&eacute;riaux vari&eacute;s. La grande <i>Cariatide &agrave; la pierre</i> fut expos&eacute;e au Salon d'Automne de 1909. <a name="caria"></a><table border="0" width="100%"> 			<tr> 				<td width="63%" valign="top"> 					<div align="right"> 						<a href="images/imagra/Ph3485.jpg" target="qpxl"><img src="images/imapeti/Ph3485.gif" width="125" height="170" border="0" alt="Ph3485"></a> </div> 				</td> 				<td width="37%" valign="top">Jacques-Ernest Bulloz<br> 					<i>La Cariatide &agrave; la pierre</i><br> 					tirage au charbon<br> 					35,5 x 26,1 cm<br> 					Ph.3485</td> 			</tr> 		</table></font></p> 		<center> 			<p><a href="sculpte.htm" target="droite"><font size="4">Le sculpteur</font></a><font size="4"> - <a href="scujeun.htm" target="droite">Les &#156;uvres de jeunesse</a> - La Porte de l'Enfer &amp; <a href="scuenf2.htm" target="droite">les &#156;uvres</a><a href="scuhomm.htm" target="droite"><br> 			l'Homme qui marche</a> - <a href="scumonu.htm" target="droite">Les monuments</a> - <a href="scumarb.htm" target="droite">Les marbres</a> </font></center> 	</body>  </html> 
