<html>  <head> <title>Prog-rsiste #17 - Enfer Mtallique</title> </head>  <body bgcolor="#000000" text="#FFFFFF" link="#FFFF80" vlink="#808000">  <p> Prog-rsiste 1999-2001</p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="AztecJade">Aztec Jade<br> </a> </b></font><b>Frame of Mind<br> </b>Capital Music 9704-2 - 42'32 - USA '97 </p>  <p>Les groupes de Power-Mtal  tendance progressive, symphonique ou FM ne se comptent plus. Aztec Jade s'inscrit galement dans cette mouvance en intgrant toutefois des parties de claviers trs prsentes. Musicalement assez semblable  Enchant avec un chanteur rappelant Ray Bowles de Tristan Park et nanti d'un son assez rentre dedans, le quintette amricain crie haut et fort son appartenance au heavy-prog mlodique style A.O.R. du reste trs rpandu aux States avec, en plus, un petit ct no-prog. Qui dit Mtal, dit galement guitare, celle de Matt Howenstein n'est pas en reste, mais ne s'gare jamais dans un despotisme intransigeant, rarement les riffs sont dominateurs et restent essentiellement au service de la musique comme le faisaient avant eux, durant les annes '80, les groupes de Hard-FM.<br> Un bon petit album, trs mlodique, sans grande prtention pourrait-on croire de prime abord, mais dj trs agrable. Il manque peut-tre encore au groupe une vraie ambition progressive, on a en effet parfois l'impression qu'ils se retiennent alors qu'ils ont visiblement le potentiel pour nous pondre une musique encore plus travaille. Enfin, ceci n'est encore qu'un premier travail, gageons que bientt ils nous proposeront une galette encore plus aboutie et trs franchement prog cette fois. Mais ne boudons pas notre plaisir, cet album constitue dj une franche russite. </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Daemon">Daemon<br> </a> </b></font><b>The Second Coming<br> </b>EFA 10828 - '99 </p>  <p>Depuis le dbut des '80's, la Scandinavie est devenue petit  petit la rgion d'Europe la plus prolifique en matire de rock au sens large du terme. A l'poque, si cette invasion Viking n'tait pas arrive jusqu' nous, les solutions auraient t bien minces pour chapper aux programmations Franco-Franaises. Cependant, depuis quelques annes,  l'image du groupe Daemon dont il est question aujourd'hui :  groupe scandinave  ne rime plus forcment avec acquisition indispensable ! The Second Coming, malgr son appelation, est le quatrime ouvrage du groupe, qui pour l'occasion bnficie d'une distribution internationale digne de ce nom. Le style du groupe s'apparente  un rock brutal voluant aux frontires du Death et du Hard-Core. Si vous tes un inconditionnel du Channel Zero, cet album a toutes les chances de vous intresser, dans le cas contraire... ? </p>  <p>Benot Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="DalisDilemma">Dali's Dilemma<br> </a> </b></font><b>Manifesto for Futurism<br> </b>Magna Carta 9024-2 - 51'12 - USA '99 </p>  <p>A chaque fois que nous avons l'opportunit de chroniquer un nouveau groupe de hard&nbsp;  tendance symphonique ou progressive, irrmdiablement, l'on songe forcment  faire la comparaison avec l'incontournable Dream Theatre, leader incontest de ce style musical.  chaque fois aussi, nous sommes obligs de reconnatre que l'lve, aussi studieux puisse-t-il tre, est rarement  la hauteur du matre. Ce nouveau groupe amricain, afflig d'un nom plutt bizarrode, et tout frachement sorti de la grosse curie Magna Carta, a bon avoir un gros son et un savoir-faire sans faille, il n'en a pas pour autant non plus la stature du professeur. En clair, si Dream Theatre sortait un album de cet acabit, nous en serions dus. Mais que lui manque-t-il donc  cet album? A premire vue, presque rien, tout est nickel, hyper lch, magistralement matris, super bien produit, un son norme, nanti d'excellents musiciens, Il ne manque pas d'huile dans la mcanique, mais lorsqu'on gratte un peu en profondeur, force est de constater qu'on ne trouve vraiment rien d'extraordinaire. Les compositions, mlodiquement parlant manquent d'audace et de finesse, pas de refrains vraiment accrocheurs, pas davantage de moments purement symphoniques ou progressifs, mais bien des riffs et des rythmes mtalliques incessants, des breaks et contre-breaks  donner le tournis. Bref, tout a est bien mcanique, voire pire, industriel, et tant qu'on y est, alimentaire. Oui, le mot est lch, cette musique est alimentaire, on sait que le Hard-symphonique est extrmement porteur de nos jours, alors on voit fleurir un peu partout des groupes de cette veine, assis entre deux chaises, entre le hard FM et le progressif  l'amricaine. Parfois ce mlange dtonant donne une alchimie satisfaisante voire trs convaincante, mais aussi de temps  autre, elle donne l'impression que nous sommes juste des petits moutons auxquels l'on donne la bectance. Ben oui, parfois, en filigrane, l'on croit entendre les patrons des labels nous crier : Allez les gars c'est pour vous, alors tous au bac !<br> Je vais arrter de vous ennuyer avec mes considrations vaseuses et, j'en conviens, trs subjectives, car en vrit cet album n'est pas moins bon qu'un autre, il serait mme  classer dans les meilleurs du genre, mais je vous aurai prvenu, pour ce qui est de l'originalit, il faudra chercher ailleurs... </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Dargaard">Dargaard<br> </a> </b></font><b>Eternity Rites<br> </b>Draenor Production - 47'40 - Autriche '98 </p>  <p>Elend, Pazuzu, Decembers Fire, Mortiis, Akhenaton, Dead Can Dance, XVIIe Vie, voil, en gros,  quoi ressemble Dargaard. Inutile de vous dire que la musique pratique par Sang-Drax Tharen, c'est le nom de drle du bonhomme aux yeux froids et pntrants qui s'occupe de ce projet musical, est  considrer comme du pur Dark-Symphonique saupoudr  la pelle de relents moyengeux  la Mortiis. Inutile aussi de vous dire qu'il est forcment second par une superbe vierge effarouche  la voix cristalline, Elisabeth Toriser, pour quilibrer les quelques incartades gutturales du matre de crmonie, et je ne vous ferais pas non plus injure en vous disant que le ton gnral de l'album est rsolument tnbreux, lancinant, sombre, nigmatique et doucement machiavlique. Cet album est dj considr par les puristes du style comme un fleuron du genre, et c'est vrai qu'il y a quelque chose dans cette musique de fascinant. Ne serait-ce que par l'omniprsence des claviers qui dominent ici sans partage. Jamais pourtant, ils ne seront symphonique-grandiloquents ou btement dmonstratifs, enfin pas comme nous l'entendons habituellement, non, ils demeurent ici au service d'une force obscure, un peu comme des tmoins chargs de conter la grandeur, la beaut majestueuse et le charisme d'une cathdrale gothique. Point besoin de trop en faire, la musique parle d'elle-mme, les instruments sont  son service tels des esclaves soumis.<br> Un album superbe, qui mrite plusieurs coutes assidues car il se rvle au fur et  mesure. Il m'a fallu pour ma part l'couter quatre fois pour qu'il me donne sa pleine mesure. </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Dissolving">Dissolving of Prodigy<br> </a> </b></font><b>Time Ruins also Beauty<br> </b>Sheer Records - 60'23 - Tchquie '98 </p>  <p>Le Doom, en gros c'est de l'extra lourd, de super lent, du dsesprment maladif, du rigoureusement dpriment, du tristement dpressif, et ce groupe tchque Dissolving Of Prodigy en est un des mandataires les plus reprsentatifs. Je n'ai rien entendu d'aussi lourd depuis Saint-Vitus, vieux groupe de hard satanique des annes '80, c'est tout dire. Mais, outre cette particularit dj intressante en soit, le groupe intgre dans sa musique des ambiances certes gothiques mais aussi lgrement symphoniques par l'usage d'un violon, d'une flte ou de coeurs rares et vanescents. Ce genre de groupe est au gothique ce qu'Anglagard tait au prog, ils vont  l'essentiel,  la substantifique moelle d'une musique dont ils sont les adeptes avous.<br> Rien que par curiosit cet album vaut le dtour, mme si les voix caverneuses risquent de dsaronner les moins tmraires d'entre nous. Le mtal d'obdience satanique et morbide volue parfois dans le bon sens, ce groupe tchque en est un sanglant exemple. </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Drawn">Drawn<br> </a> </b></font><b>Plan Be<br> </b>Prophecy Productions - 29'34 - Norvge '98 </p>  <p>Encore et toujours des nordiques. Et toujours aussi dsesprs. Encore ce cauchemar traduit par l'alliance si trange entre des guitares lourdes, mtalliques, voire Trash. Des voix d'outre-tombe, hurlant, ructant sur fond de riffs lourds et pesant. Mais l'univers est-il donc si sombre ? Non, car une divine voix fminine s'lve dans les tnbres, presque irrelle dans cet ocan de tourments : les guitares, tout en restant aussi pesantes se font plus symphoniques. A l'instar de leurs compatriotes d'In the wood, chroniqus prcdemment, les Norvgiens de Drawn allient le divin et le malin au sein d'une mme composition. La beaut des compositions ou intervient la voix envotante de la chanteuse est contrebalance par les riffs surchargs des pices ou s'exprime toute la violence des passions dvastatrices. On passe du Trash au folk, du rve au cauchemar. Si le groupe se dfinit comme de style Innovative Metal, ma maigre exprience en la matire me le ferait cataloguer carrment comme gothique (et plutt deux fois qu'une !). Il se dgage rellement une ambiance particulire de ce disque, qui ne laisse pas indiffrent, mais je prviens quand mme les mes sensibles et les puristes de la sophistication : il est des plans dont la violence et l'intensit dramatique laisse pantois. Le propre de la musique tant de procurer des motions, on peut en conclure que l'effet est russi : celles-ci tant plutt fortes. </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Gathering">The Gathering<br> </a> </b></font><b>How to Measure a Planet<br> </b>Century Media - 53'53 / 49'31 - Hol '98 </p>  <p>Le dernier Gathering tait fort attendu, c'est le moins que l'on puisse crire. Ce groupe hollandais qui pratiquait, il y a encore peu, un gothique arien, nous avait promis l'album de la maturit, de la reconnaissance, voire du succs commercial... en tout cas hors de leurs frontires,  l'intrieur desquelles les ventes taient dj satisfaisantes.<br> Depuis sa sortie How to measure a planet a suscit un sentiment mitig chez beaucoup... Tous ceux qui, autour de moi, l'ont cout sont rests sceptiques... Rptitif, morne, pas de relle inspiration, disent-ils.<br> Je vais donc tenter de faire passer le message qui s'inscrit dans mon cerveau au fur et  mesure des coutes : ce double album est un petit bijou, un des tous grands disques de l'anne,&nbsp; une plonge hypnotique dans un nouvel univers !<br> Cet enthousiasme, j'insiste, ne s'est manifest qu'aprs quelques jours d'coutes intenses, un peu comme ce fut le cas pour le Subterranea d'IQ. En effet, tout est l pour satisfaire le progster : mlodies fortes, envoles lyriques, innovations sonores. La musique dcolle, tempte, s'claircit, monte, enveloppe, rythme... Puis vient la voix... Anneke van Giersbergen,  la texture la plus charismatique depuis Annie Haslam. Profonde, dramatique, thtrale puis vaporeuse et cleste, elle promne son organe sur des nappes poignantes, quitte  semer l'auditeur,  le faire douter... Et les voix masculines dans tout a ? Et Jon Anderson ?<br> La monte en puissance dbouche,  la fin du premier disque, sur Travel, morceau progressif acadmique, floydien, pleinement jouissif, lyrique  souhait... chef d'oeuvre !<br> Inutile de s'attarder sur la longueur excessive du morceau ponyme ou sur le manque passager d'imagination de la section rythmique, The Gathering nous offre cent minutes de bonheur. Peut-tre aurai-je ainsi ralli certains  la cause de ce disque important ! How to measure the impact of this text ? </p>  <p>Marc Oswald </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Glanzig">Glanzig<br> </a> </b></font><b>Danzifuge<br> </b>MASCOT M 70402 - 45'34 - Sude '99 </p>  <p>Le Nord de l'Europe a une longue tradition du metal sous toutes ses formes. On n'est pas descendant des Vikings pour rien ! Voici donc un album-hommage  une rfrence du heavy-metal classique, Danzig, une sorte de Judas Priest aux riffs acrs et aux ructations aigus.<br> Rien de bien rvolutionnaire en fait, cela dmnage au quart de tour et l'important est de se laisser griser par l'ambiance. Quand on est fatigu de la sophistication progressive, rien ne vaut un retour aux sources pour revitaliser son nergie. Et a marche, je peux vous le garantir !<br> Pour vous pater davantage, sachez que le livret s'ouvre en forme de croix et constitue un pastiche de Lucifuge, le deuxime album de Danzig. Oui, mme les titres se resssemblent, occasion de rigoler et de passer un bon moment, sur fond de nostalgie hard-rock, arrose de boissons diverses et de plaisanteries en tous genres. La dernire joue dans la symbolique : 11 titres mais 66 plages !?! Cherchez l'explication du ct d'un morceau cach... </p>  <p>Le Martien </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="GloomyGrim">Gloomy Grim<br> </a> </b></font><b>Blood, Monsters, Darkness<br> </b>HOLY 34CD - 49'17 - Finlande '98 </p>  <p>Si le black metal vous rebute ou vous effraie, Gloomy Grim risque de vous faire changer d'avis. Pourquoi ? Tout simplement parce que leurs compositions, au lieu de tomber dans la rptition linaire de clichs ininspirs, font preuve d'ingniosit pour insrer des moments plus ars, diversifier l'approche ou le rythme, crer un crescendo dans l'horreur. Et ce n'est pas tout, il s'y ajoute une dose non ngligeable de symphonisme, ce qui, avouez-le, se rapproche des rivages progressifs.<br> Alors, oubliez donc vos prjugs au vestiaire et plongez, les yeux ferms, dans un univers des plus insolites, o l'horreur de la ralit ctoie l'intemporel des forces occultes qui rgissent le monde, le menant  sa perte, au travers d'un cortge de douleurs et de souffrances.<br> Ne serait-ce point une autre vision de l'enfer ? Sujet d'inspiration inpuisable, il est ici l'occasion d'un dbordement d'nergie, d'une profusion d'imagination, d'un talement de virtuosit, le tout difiant un ensemble certes brutal, mais o la violence est passagrement assagie avant de mieux resurgir, nous clatant toujours davantage en pleine gueule, tel du vitriol mlang  de l'arsenic.<br> Un Devil Doll mtallis ? Oui, en quelque sorte, et gare  ceux qui profanent le sanctuaire... </p>  <p>Le Martien </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="GreatKat">The Great Kat<br> </a> </b></font><b>Bloody Vivaldi<br> </b>TPR Music - mini CD - USA '98 </p>  <p>Depuis la sortie en 1990 de l'album Beethoven on speed qui reste  mes yeux l'ouvrage de rfrence, The Great Kat n'a eu cesse de repousser ses propres limites. Prenant un maximum de risques et notamment celui d'tre tourne en ridicule par divers chroniqueurs bien pensant. Si vous n'avez jamais fait The Great Kat exprience, s'achez qu'elle revendique la cration d'un style,  savoir le Cyberspeed ! En termes moins cosmiques, nous dirons qu'il s'agit d'un mlange incorporant du Venom et du Death Angel. Mais ce n'est l qu'un ordre d'ides, car ce Bloddy Vivaldi va encore plus loin dans la recherche du sans queue ni tte. Oui, a y est, je viens de trouver la meilleure dfinition pour vous dcrire The Great Ka t: la recherche du sans queue ni tte et je vous promets qu'il ne s'agit pas d'une moquerie. Ecoutez le deuxime morceau Torture Chamber et vous comprendrez ce que je veux dire ! </p>  <p>Benot Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="HouseOfSpirits">House of Spirits<br> </a> </b></font><b>Psychospere<br> </b>Century Media 77228-2 - 46'43 - All '99 </p>  <p>Deuxime album pour ces allemands, dont l'origine remonte aux annes 90 (sous le nom de Jester's March) et qui accompagn du batteur actuel de Stratovarius nous dlivrent un bon disque de Hard-Symphonique avec tous les ingrdients du genre: un bonne rythmique efficace, un bon chanteur et un guitariste qui varie son jeu entre les riffs rageurs, les long solo et les parties plus techniques. Tous les instrumentistes sont donc  la hauteur de la tche et les compositions sont en gros bases sur un plan relativement similaire: un couplet climatique, un refrain mlodique et accrocheur, tous les membres du groupe accompagnant le chanteur en choeur, un dveloppement instrumental qui met en valeur la section rythmique ou bien (et surtout) le guitariste. Un souci mlodique certain, une technique irrprochable et de bons plans symphoniques avec quelques cassures bien senties. Cela suffira-t-il  ravir l'amateur de rock progressif ? J'en doute. Je dois tre victime du syndrome de satit dans le domaine du Hard-Symphonique, devenant incapable de distinguer avec discernement les groupes les uns des autres, ayant toujours l'impression d'avoir entendu cela quelque part et en mieux. Le disque de House of Spirit n'est certainement pas un mauvais disque, mais je le rserverai cependant au accrocs du genre... </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="MinusInfinity">Minus Infinity<br> </a> </b></font><b>Minus Infinity<br> </b>Ventricle CD-9 - 38'50 </p>  <p>Voici un CD trange comme on peut en rencontrer en fouinant dans les bas-fonds de l'underground gothique. Pochette noire et argente, le seuls textes sont le nom du groupe et le titre des morceaux. Pas de noms de musiciens, ni la moindre information concernant le groupe ou ses activits. Comment suis-je rentr en possession de ce disque ? Je n'en sais rien. Un jour il s'est trouv dans ma bote aux lettres, venant des Etats-Unis, sans un mot d'explication, un point c'est tout. Un tapis d'ossements (principalement des crnes)  l'arrire du botier me fait penser  une origine pour le moins macabre et le contenu me laisse penser que si le diable existe, il a du penser  moi. Ambiance morbide, silences entre-coups de voix fminines vanescentes, quelques bruits sinistres, collages de sons macabres. Ce n'est pas l'enfer, mais plutt ses portes qui sont voques : pendant toute la dure du disque, on attend quelque chose. On sent confusment que l'on se trouve  la lisire d'un cloaque malsain, on s'attend  tout moment  voir surgir une ombre menaante,  jaillir un cri de dtresse, mais au mieux entend-on les bruissement des ailes de quelque corbeau perdu  la recherche d'un reste de lambeau de chair putrfi. Une chose me rassure cependant, c'est que si je vais en enfer et que ce dernier ressemble  ce que j'entends, il y aura du... mellotron (!), qui est abondamment utilis pour les collages sonores. Disque parfait pour une petite ballade dans les mandres du Styx.<br> Contact: Ventricle, PO 19523, Seattle, WA, 89109 </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="MobRules">Mob Rules<br> </a> </b></font><b>Savage Land<br> </b>Limb Music 9903-008 - 53'47 - Allemagne '99 </p>  <p>Du point de vue de la forme, ce nime combo de Hard Symphonique Mtal Progressif prsente plutt bien : mix et masteris par Sacha Peath (Angra, Rhapsody, Gamma Ray...), la pochette tant l'oeuvre d'un compatriote, Eric Philippe (Avalon, Rhapsody, Stratovarius...). Le fond quand  lui, est le fond de sauce assez traditionnel qui compose la majorit des chroniques de cette rubrique. Du mtal  tendance mlodique, bien emmen par un duo de guitaristiques, une section rythmique efficace et un bon chanteur,  la voix bien trempe. Pour les faire sortir du lot, notons cependant une influence celtique, avec l'apport de flte sur un morceau comme Secret signs ce qui rsulte en une courte mais entranante chanson de folk-mtallique (je sais a n'existe pas, mais c'est a qui est original). Un autre point fort de l'album est le titre qui clt le disque, End of all days, qui commence  la guitare acoustique, en jolie ballade et qui se dveloppe lentement en larges plans symphoniques orchestraux et qui trouve son apothose dans un final  la Carmina Burana. Sans conteste le meilleur morceau de l'album. Pour le reste, mme si l'album ne sort pas de manire tranchante du lot des productions du genre, il est quand mme  situer dans le haut du panier, par le ct accrocheur et mlodique de chacune des compositions et par l'unit d'ensemble du concept qui s'coute somme toute trs agrablement. </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="MundanusImperium">Mundanus Imperium<br> </a> </b></font><b>The Spectral Spheres Coronation<br> </b>Nuclear Blast - 42'47 - Sude '98 </p>  <p>Y a-t-il des fans de Rhapsody dans la salle? J'ai un disque  leur conseiller. Il s'agit du premier album du groupe Mundanus Imperium. Je disais Rhapsody car on y retrouve le mme lan symphonique, la mme fougue rythmique calque sur le Speed-Metal, une dbauche d'nergie similaire, bref, c'est blanc bonnet et bonnet blanc  la diffrence prs, et elle est de taille, que nos Mundanus Imperium sont scandinaves et pas italiens, il est vident que ce genre de dtail se ressent dans la musique. Il y a ici sans doute moins de grandiloquence et de pompeuserie parfois sujettes  caution dans le chef de nos Italiens de Rhapsody. De plus, contrairement  eux, Mundanus s'inspire beaucoup de Deep Purple, le Deep Purple de la reformation des annes '80 avec une fameuse dose de symphonisme en plus. Voil pour le tableau. Moi ce que j'en pense, eh bien rien que du bien, je me le suis mis en boucle pendant longtemps, cette musique est complexe et simple  la fois, complexe par les nombreux arrangements aux niveaux des claviers et des longs panchements symphoniques, simple parce qu'elle vous parle directement tel un groupe d'Hard-FM. La diffrence, c'est que contrairement au Hard-FM qui dit tout ds la premire coute, Mundanus rvle ses secrets au fil de plusieurs coutes, c'est comme s'il y avait toujours un truc nouveau  dcouvrir.<br> Voil un superbe album de Hard-Symphonique o l'adjectif Symphonique n'est pas qu'un argument de vente mais prend vritablement tout son sens. Une dcouverte&nbsp;! </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="NebularMoon">Nebular Moon<br> </a> </b></font><b>Mourning<br> </b>Last Episode - 49'23 - Allemagne '98 </p>  <p>Voici l'archtype du groupe dit de Black mtal symphonique dont l'attribut symphonique se rsume  quelques plans claviristiques trangls par l'artillerie mtallique de rythmes en bton arm btis comme un mur infranchissable et sans aucun interstice pour laisser passer ne ft-ce qu'un rayon de lumire salvatrice. Ce genre de groupes me fait chier, ils nous mettent deux, trois plans vaguement symphoniques et ils croient que a suffit  donner a leur musique un titre de noblesse. De la merde, moi je vous le dis, cette musique est juste un prtexte  hurlements de btes en ruts,  distorsion de guitares djantes,  dbauches de rythmes speeds et dvastateurs. Rien d'autre, pourtant dans le style, il y des groupes vraiment impressionnants, on vous en parlera, c'est promis... </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Nemesis">Nemesis<br> </a> </b></font><b>Same<br> </b>Auto-prod (Stereo Kft) - 45'58 - Hongrie '99 </p>  <p>Dcidment le Hard sophistiqu a encore de beaux jours devant lui. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les pays de l'Est qui s'y mettent eux aussi  nous pondre des groupes  la lisire du mtal et du progressif. Nous connaissions dj les groupes slaves  tendance gothic mtal, doom ou black symphonique, nous vous en parlons parfois dans ces mmes colonnes, mais des formations de l'Est types hard-symphonique, l, j'avoue mon ignorance, quoiqu'en creusant un peu, on trouvera les Polonais de Mordor. Nemesis serait donc le premier, ou soyons prudents, l'un des premiers  pratiquer ce style. Pour situer leur orientation musicale, outre bien sr le fait que les dcibels ne font pas dfaut, leur musique n'a rien  voir avec Dream Theatre,... pour une fois, diront les mauvaises langues qui n'ont du reste pas vraiment tort. Nos Hongrois seraient davantage influencs par les britishs de Threshold. Ceci est en tout cas flagrant au niveau des guitares. Tout comme Karl Groom, leader compositeur et guitariste incontest du groupe anglais, le guitariste de Nemesis martle par son jeu lourd et prcis des riffs lents et envahissants. Pas d'esbroufe ici, on ne se la joue pas pendant d'interminables solos masturbatoires et on nous prmunit des recettes mille fois prouves,&nbsp; ils vont donc vraiment  l'essentiel. Et quelle putain d'efficacit, moi je vous le dis, a nous change des jolis boucls aux gueules d'anges posant avec leur froc moule burnes en se la jouant rockers intellos poseurs. Un de nos abonns nous avait dit un jour,  le rock a doit tre sale , sans aller jusque l, j'avoue qu'en l'occurrence, il avait raison, passe encore pour le prog, c'est d'un autre niveau, (l je prche pour ma chapelle videmment), mais pour les musiques influences par le hard, y a pas photo, quand a fait boum boum bien grassement, y a pas mieux. Alors vous allez penser :  donc le groupe Nemesis fait Boum Boum et mme Badaboum Boum Boum . Et bien non, du moins pas seulement, voil l'astuce,  l'image des meilleurs Threshold, le groupe hongrois distille des plans progressifs et claviristiques, certes  dose homopathique mais trs bien construits. C'est fou comme a are la musique. C'est simple, efficace et pas prise de choux pour un sou, bref a fait du bien par o a passe. Voil un bon album de hard progressif trs sincre qui sonne rock pour un fois, et qu'on ne s'y trompe pas, Nemesis ne jouit certes pas comme Dali's Dilemma d'une production&nbsp; irrprochable, mais au niveau de l'me, l'essentiel au fait, ils n'ont plus rien  prouver... Vous m'avez compris ! </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="ReVision">Re-Vision<br> </a> </b></font><b>Re-Vision<br> </b>Auto-Production - 42'33 - Allemagne '98 </p>  <p>Re-Vision est un groupe allemand rcemment dcouvert sur l'excellente compilation progressive disDURPance chronique dans le numro prcdent et qui nous propose ici son premier album. Deux guitaristes (pas de claviers  part entire, donc) pour une musique qui, si elle est fortement imprgne de Power Metal (Iron Maiden, Fates Warning et consorts) arrive  varier intelligemment son propos et malgr les riffs assez bourrins et bien sentis garde  l'esprit une tendance mlodique certaine. Excellemment produite, emmene par un bon chanteur  l'accent anglais impeccable et au timbre profond, la musique des allemands peut se faire plus calme, plus envotante sur certaines plages plus longues, qui donne au groupe la possibilit de varier le propos au sein d'un mme morceau. Pas de clichs Hard-Symphonique  attendre, mais un rock mtallique puissant et vari, jou par de trs bons musiciens, qui arrivent&nbsp;  allier la puissance du mtal  une motion vocale tnbreuse. Mme les morceaux le plus calmes sont empreints d'une nergie incontestable, et si pendant quelques instants on se laisse aller  une certaine rverie, cette dernire est rapidement relaye et balaye par la rythmique rageuse et lourde qui imprime une forte tension dramatique  chacun des 7 morceaux de ce disque qui varie puissance et climat. Notons un galement une plage CD-ROM, contenant des informations, des photos et un extrait vido du groupe. Mme si l'amateur de progressif pur et dur aura peut-tre du mal  s'y retrouver, un bon disque de Power-Metal mlodique vaut peut-tre mieux qu'un mauvais disque de Heavy-Symphonique. Qu'on se le dise&nbsp;!<br> Contact: Christoph Lcker, Hocstrasse 103, D-45731 Waltrop, Allemagne. (15DM) </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Rush">Rush<br> </a> </b></font><b>Different Stages - (Live)<br> </b>Atlantic - 70'55-69'14-62'39 - Canada '98 </p>  <p>Les amateurs de hard-progressif sont combls en ce dbut d'anne avec la sortie simultanne des tmoignages live de deux pointures du genre,  savoir Dream Theater (Once in a live time) et Rush (Different stages-live).Il serait plus correct de prciser l'lve pour le premier et le matre pour le second. Loin de moi l'ide de minimiser l'oeuvre, toutefois dantesque et percutante, des amricains mais comme la chronique ne leur est pas consacre je me contenterais de vous entretenir du monde passionnant des canadiens. A dfaut de ne pouvoir les applaudir sur scne dans nos contres, les nombreux fans europens, dont votre serviteur, doivent ce contenter de ce tmoignage public particulirement allchant ; jugez pltot : trois cd's dont deux constitus de captages des deux dernires tournes amricaines du groupe de Toronto et un cd -bonus ressortant des bandes, trs bien dpoussires pour la circonstance, enregistres en fvrier 1978 au clbre Hammersmith Odon de Londres, lors de la tourne Farewell to Kings.C'est ce cd que j'coutai en primeur avec un certain recueillement et tout frmissant de bonheur grce aux titres comme les rageurs Bastille Day, By-Tor ou Fly by night, les piques Xanadu et Cygnus X-1, les classissants Farewell to Kings ou Cinderella Man aux atmosphres mdivales, j'en passe et des meilleurs. Ce vritable rgal auditif est une pice de collection indispensable pour les mordus et un bon tmoignage d'un pass glorieux non rvolu, fort heureusement, comme le prouvent les deux autres cd's ainsi que le magnifique livret accompagnant le tout, Geddy Lee et ses comparses n'ont rien perdu de leur punch et c'est avec un son gant et une technique irrprochable qu'ils nous envoient dans les gencives un subtil mlange d'anciennes et de nouvelles compositions parcourant avec aisance et sans faiblir plus de 25 ans d'une carrire exemplaire. Pratiquement tous les albums sont reprsents de Fly by night  Test for echoe en passant par Moving Pictures et Grace under Pressure, aucun dtail ne sera oubli tant  la production qu'au choix des titres : 2112 dans son intgralit constitue  mon sens la cerise sur le gateau et prouve, si besoin en tait, que Rush reste un grand nom du prog-muscl (ou du hard raffin) qui a inspir et inspirera encore pas mal de jeunes formations talentueuses. Si A show of hands, le prcdent live vous avait un peu laiss sur votre faim par le manque de morceaux anciens, cette triple rondelle ne risque pas de vous faire regretter l'investissement :avec plus de deux cents minutes de bonheur extatique il y a de quoi contenter les plus difficiles .Aprs Yes, Rush est le deuxime dinosaure  refaire surface...pour le plus grand bonheur des nostalgiques que nous sommes. </p>  <p>Denis Taton </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="SinsOfThyBeloved">The Sins of Thy Beloved<br> </a> </b></font><b>Lake Of Sorrow<br> </b>NAPALM NPR053 - 54'45 - Norvge '98 </p>  <p>Y a-t-il quelque chose de plus magique que le son diversifi d'un violon enflamm&nbsp;? Oui, la voix haut perche d'une divine chanteuse&nbsp;! Et quand les deux se retrouvent dans le mme groupe, contrastant avec les ructations caverneuses d'un chanteur, je ne peux que succomber  l'trange charme de ce nouveau combo norvgien, dont le gothic-metal vole trs haut, avec des plans symphoniques d'enfer&nbsp;!<br> On se trouve l en face d'un de ces paradoxes inexplicables&nbsp;: alors que le rock progressif traditionnel prouve bien des peines  encore nous tonner, l'univers du metal est en pleine bullition et ne cesse de susciter des vocations nouvelles, toutes plus prometteuses les unes que les autres.<br> Ce premier CD de The Sins Of Thy Beloved est une russite totale, aussi bien pour la grandeur des ambiances que pour la force des compositions. Les interventions du violon font preuve d'une virtuosit trs motive et constituent l'aspect le plus classique d'un groupe dont le ct doom prononc provoque, par contraste, l'tincelle qui met le feu aux poudres.<br> Gageons qu' l'coute de ce disque passionn, vos antennes vibreront et votre coeur se mettra  battre plus vite. Si beau, si triste, si tragique tout  la fois, ce Lake Of Sorrow vous attirera dans ses eaux diaboliques et vous ne pourrez rsister  l'appel des profondeurs... </p>  <p>Le Martien </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="StigmataIV">Stigmata IV<br> </a> </b></font><b>The Court of Eternity<br> </b>Limb Music - 59'53 - Autriche '98 </p>  <p>Stigmata est un groupe autrichien, qui aprs quelques bouleversements et diverses errances s'appelle dornavant Stigmata IV et qui aprs quelques tournes intensives avec des groupes comme Virgin Steel et Riot, vient de sortir sont nouveau CD (leur deuxime, en fait). Rien qu' voir la pochette (la mort et sa faux) et les formations avec lesquelles ils ont tourn, on suppose que ce ne sera pas une interprtation du psaume  Plus prs de toi mon Dieu   laquelle nous allons assister. Effectivement, a dboule fort dans les tympans, les guitares sont rageuses, la rythmique est lourde et spde, la voix rugueuse et agressive. Du hard metal, donc, mais plutt sophistiqu. Pas trop d'influences symphoniques, mais plutt des cassures et de l'inventivit qui diversifient le propos, quelques claviers  gauche  droite, des interventions trs techniques de la guitare et des passages apaisants plus atmosphriques, voire orientaux.&nbsp; Ils ont t compars  Savatage et comptent tourner avec Stratovarius en 1999 et si vous aimez les quelques groupes cits en rfrence, vous ne serez sans doute pas du par cette rondelle. </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Sunblaze">Sunblaze<br> </a> </b></font><b>Illuminating Heights<br> </b>Autoproduction - 24'15 - Allemagne '97 </p>  <p>Voici un groupe  surveiller de trs prs. Ce mini-CD ne comporte que 2 titres, mais quand on en connat la dure (14'09 et 10'06), on est dj plus qu'intrigu.<br> Trs orchestr, Sunblaze, dcouvert sur la compile DisDURPance Vol 1 combine les prouesses de Kansas au modernisme metal de Dream Theatre. Les plans enchanteurs aux claviers ou au violon ne manquent pas, constituant un super-enrobage dans lequel on se laisse entraner avec bonheur et dlectation. Et quand le rythme s'acclre, les couleurs du paradis deviennent carlates, la tension augmente avant de rebondir sur une nouvelle succession de plans heavy-symphoniques, tous plus tonnants les uns que les autres.<br> A aucun moment, on ne s'ennuie et le groupe ne cesse d'innover. Ainsi, le dbut de Distant Reaches se veut planant  profusion, quelque part entre Hawkwind et Pink Floyd, puis un guitariste dou vient surexciter l'atmosphre, la menant dans des contres hackettiennes, avant que l'intervention du chanteur ne la dirige davantage sur une optique  la Rush.<br> Eh oui, ce groupe aime drouter avec brio, et c'est ce qui fait sa force. On sort ds lors des sentiers battus et le symphonisme muscl a de beaux jours devant lui. Vivement recommand&nbsp;!<br> E-mail: <a href="mailto:band@sunblaze.de">band@sunblaze.de</a> </p>  <p>Le Martien </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Taetre">Taetre<br> </a> </b></font><b>Out Of Emotional Disorder<br> </b>DieHard RRS965 - 37'07 - Sude '99 </p>  <p>Second essai tonitruant pour les Sudois de Taetre, spcialistes d'un speed-metal plongeant son inspiration dans les mandres de la souffrance, les dlices de la folie, la qute de la libration dans la solution finale de la mort.<br> Efficaces  souhait, les messages caverneux sont ructs sur fond de guitares en symbiose, ne ddaignant pas, de temps  autre, de dvelopper un ct plus symphonique. Le plus tonnant, c'est que ce rsultat est atteint sans le moindre clavier, comme quoi ceux-ci ne sont pas toujours requis pour atteindre le sublime, mme s'il se nourrit de lugubre.<br> Vachement dynamique et en rien lassant, ce quatuor nous offre mme deux compositions de plus de cinq minutes, essentiellement rebondissantes et trs bien construites. Et cerise sur ce gteau du diable, une reprise non moins russie d'un clbre titre des Rolling Stones, Paint in Black, qui ne doit plus tre prsent, tellement il est devenu une rfrence pour le rock en gnral et pour le gothic-metal en particulier.<br> Une dcouverte  faire imprativement pour ne pas mourir idiot sans avoir got  ce nectar ensorcel&nbsp;! </p>  <p>Le Martien </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Tenhi">Tenhi<br> </a> </b></font><b>Hallavedet<br> </b>Prophecy Productions - 15'43 -Finlande '98 </p>  <p>Sur un label ddi au Dark/Gothique/Atmosphrique, voici un avant-got du futur CD des finlandais de Tenhi. Deux morceaux pour un quart d'heure de musique, qui porte l'empreinte de la noirceur et de la tristesse si propre aux pays du nord de l'Europe ( force de ctoyer le cercle polaire dans de grandes tendues glaces, a doit porter sur le moral). Quelques accords de guitare mlancoliques avant l'introduction des claviers nappant faon Mellotron (je n'ai pas la liste des instruments, mais  mon avis ce n'est pas un vrai, mme si le son est trs proche) et une voix caverneuse, sombre et triste, qui s'lve pour nous narrer tous les malheurs du monde. On coute, fascin, ce mlange de musique mlancolique, voire bucolique allie  des vocaux tnbreux. Le morceau volue lentement, toujours sur fond de Mellotron, de fltes et de guitares acoustiques dgageant une fabuleuse ambiance irrelle que la pochette du mini-CD illustre magistralement: un marais sous la brume o le pauvre soleil n'arrive pas  percer. Mi-Folk, Mi-Dark, Mi-Symphonique, il fallait bien trois moitis pour dcrire cette impression trange de dtresse et de beaut qui mane de la musique de Tenhi. On  l'impression d'assister  la reconversion de Landberk ou de Thule  la mouvance Dark-Folk (je ne sais pas si a existe, mais j'essaye de me faire comprendre comme je peux !) et on frissonne de plaisir en entendant ces murmures dsesprs qu'habille une musique si douce et si belle.&nbsp; Je n'ai qu'un regret: que ce soit si court ! Et je peux vous dire, en toute partialit, que si l'album  venir est du mme tenant, il aura droit  sa chronique pleine page ! Vraiment excellent ! </p>  <p>Dr Prog </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Unjust">Unjust<br> </a> </b></font><b>Thin Line Emotions<br> </b>Mascot records 7039 2 - USA '99 </p>  <p>Cela faisait un moment qu'on avait plus entendu parl de la Bay Area, temple mondial du mouvement Hard Core depuis les 80's et dont le chef de file fut sans conteste Suicidal Tendencies. Il est vrai qu'avec le succs rencontr durant ces dernires annes, le mouvement a eu tendance  s'tendre bien au-del des rivages de San Francisco. Cependant, avec Unjust on retourne aux sources puisqu'ils sont originaires de l-bas. Qui dit sources dit Authenticit, ingrdient indispensable  tous bons groupes de Hard-Core. Unjust ne fait pas exception  la rgle, leur premier album Thin Line Emotions se laisse couter d'une traite. Le groupe laisse apparatre un bon patentiel, puisque sur les rythmiques pures et dures viennent se greffer des vocaux faon Alice in Chains. a surprend un peu au dbut, puis finalement on se rend compte que a colle trs bien  l'ensemble. Seul petit regret, sur la fin de l'album le groupe se laisse aller  un accent Grunsh un peu trop prononc... en ratissant large, on court parfois le risque de s'essouffler beaucoup plus vite&nbsp;! </p>  <p>Benot Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Westworld">Westworld<br> </a> </b></font><b>Westworld<br> </b>ROADRUNNER RR8676-2 - 45'49 - USA '98 </p>  <p>Quand quatre figures de proue du heavy rock dcident de travailler ensemble, on obtient un super-groupe, mais pas ncesairement une super-dcouverte. Le chanteur de TNT, le guitariste de Riot, le bassiste de Danger Danger et l'actuel batteur de Ritchie Blackmore, rien que du beau monde, mais le rsultat est sans surprise : du hard-fm certes vitamin et direct, mais je ne peux viter de penser que tous ces plans musicaux ont dj t faits et refaits des milliers de fois.<br> Notez, c'est pas dsagrable, les harmonies vocales sont comme des petits oiseaux qui ne cessent de gazouiller, et la musique dfile au rythme de votre autoroute mentale, au volant d'un de ces engins volumineux qui font disparatre le paysage sous un amas de poussire.<br> Vous m'avez compris, on est en territoire connu, on ne prend aucun risque, je me demande d'ailleurs quel est l'intrt de ce disque,  part l'occasion de passer un bon moment sans se poser des questions inutiles. Mais que voulez-vous, quand on chronique un disque, on ne peut s'empcher de s'en poser... Alors,  vous de voir, prfrez-vous les routes bien balises ou les aventures de la jungle&nbsp;? </p>  <p>Le Martien </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Witchboard">Witchboard<br> </a> </b></font><b>Same<br> </b>Auto-prod - 31'44 - Allemagne '98 </p>  <p>Witchboard fait incontestablement partie des groupes sduisants de la compilation Disdurpance Volume 1, (voir article paru dans le numro 16 de Prog-rsiste). Je voyais chez eux une nouvelle orientation musicale mlant sans encombre une certaine ide de la new-wave et du hard-progressif. A l'coute de leur seul tmoignage discographique que constitue cet album, sans devoir dchanter compltement, je me vois oblig de faire une mise au point et nuancer un tantinet mes prcdents propos. Si, en effet, le morceau de la compile tmoignait d'une approche rigoureusement originale, le reste de l'album semble plus basique, conforme  l'ide que l'on se fait du prog-Heavy traditionnel,... ouf diront certains&nbsp;! Nanmoins, cette impression lgrement errone sur l'orientation du groupe dont je vous parlais prcdemment ne doit pas vous faire penser que les autres morceaux de l'album sont automatiquement  considrer comme dispensables et sans grande originalit. Le groupe garde une vraie cohrence, o les ides, sans foisonner, ne font pas pour autant dfaut. Cette formation, en dfinitive, est un peu typique des groupes  la lisire de l'amateurisme et du professionnalisme, il ne manque pas grand chose pour qu'il joue de rivalit avec les grands, mais cet album arrive un peu tt dans leur marge de progression, sans doute encore consquente pour tenir aujourd'hui la comparaison.&nbsp;Assurment, il faudra attendre leur prochain CD pour se faire une vraie opinion  leur sujet, cet album n'tant  considrer que comme un premier jet.<br> En conclusion, je dirais que tout est l, des musiciens trs valables et de bonnes ides que je qualifierais d'assez novatrices. Il faut mettre maintenant tout a en musique avec le mtier qui doit rentrer et aprs c'est sr, a fera des ravages...  suivre donc de prs. </p>  <p>Denis Petit </p>  <p>&nbsp; </p>  <p><font size="4" color="#80FF80"><b><a name="Yearning">Yearning<br> </a> </b></font><b>Plaintive Scenes<br> </b>Holy - 41'38 - Finlande '99 </p>  <p>Qu'il est bon de retrouver Yearning au sommet de son art. Dans un tel dploiement de forces tnbreuses et symphoniques, le groupe finlandais n'a jamais capt autant de lumire sur son doom-dark metal de haute vole. Emanant des forces les plus obscures et d'un enfer tragique bouleversant et magnifique, Yearning lve un monument de marbre tourment  la tristesse en injectant une lave de metal lyrique fondue  la base de son gothique lancinant et dprav.<br> Qui croyait voir un jour Yearning ingrer le manirisme baroque d'un Rhapsody et l'effervescence heavy d'un Angra tnbreux  son metal d'obdience dark ? La surprise va faucher plus d'un amateur  l'coute de ce chef d'oeuvre. La puret de la production malgr la vritable jungle amazonienne de sons heavy qui prolifrent sous la chaleur des accords plombs, permet de distinguer tout ce que Yearning a voulu faire passer comme motion au travers de ce monstre musical protiforme.<br> Lady Tiina aurait pu se noyer dans le fracas du raz de mare symphonique de ses congnres mais elle surnage comme une desse des ocans nordiques, filant son coulis de voix avec l'aisance d'un cygne gar en Mer du Nord. U-Honey chante fort et clair, un ton au-dessus du tonnerre qui gronde et roule, gardant la voix au sec d'extrme justesse. Le metal cde la place  une musique qui ne sait si elle est progressive, opera ou rock... Elle est musique de l'extrme sans les artifices insignifiants du black-metal,  cent lieues des ructations malsaines du mal caricatur. Toute sa puissance, lourde mais clatante, sombre mais lgre, est ramasse vers une rdemption que Yearning appelle de toute son me, dlaissant la dpression cadavrique des albums antrieurs pour s'envoler  tire d'ailes vers un metal abominable de beaut et astreignant de richesses trop somptueuses.<br> Le metal n'est plus dpressif, il devient d'une crasante complexit, repoussant les limites de l'coeurement auditif, tout en gardant ces germes de dsespoir en suspens, telle une immense toile d'araigne o viennent s'emptrer, dans un dernier lan gracieux, les nouvelles scories que porte en elle, la rsurrection artistique de Yearning. Chef d'oeuvre total et absolu, d'une crasante matire sonore, Yearning tire le meilleur, semblable  la vie qui jaillit du magma bouillonnant des millions d'annes plus tt... </p>  <p>Bruno Versmisse </p>  <p> Prog-rsiste 1999-2001</p> </body> </html> 
