<HTML> <HEAD>    <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">    <META NAME="Author" CONTENT="Yvon Dionne">    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/4.01 [en] (Win95; I) [Netscape]">    <META NAME="KeyWords" CONTENT="Qubec, politique, conomie, socit, qubcois, qubcoise, langue, libertarianisme, libert, libertarien, libre march, nolibralisme, no-libralisme, libertarian, freedom, current affairs, North America, USA, Canada, free-market, magazine">    <META NAME="Description" CONTENT="Un rcit de voyage du journaliste franais Marc Chadourne au pays de Staline en 1931, donc avant les  rvlations  de Khrouchtchev en 1956 et la publication du Livre noir du communisme, montre bien comment plusieurs sont encore hypnotiss par des idologies qui s'apparentent au totalitarisme.">    <TITLE>LE&Ccedil;ONS DU PASS&Eacute;: VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER</TITLE> </HEAD> <BODY TEXT="#009900" BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#3333FF" VLINK="#000066" ALINK="#000099"> &nbsp; <CENTER><TABLE COLS=2 WIDTH="78%" > <TR> <TD ALIGN=RIGHT VALIGN=TOP WIDTH="72%"> <CENTER><A HREF="http://www.quebecoislibre.org/"><IMG SRC="titreJohnH.gif" BORDER=0 HEIGHT=75 WIDTH=370></A></CENTER>  <CENTER> <HR SIZE=1 NOSHADE WIDTH="35%"></CENTER> </TD>  <TD VALIGN=CENTER> <DIV ALIGN=right><IMG SRC="greenna.gif" HEIGHT=100 WIDTH=160></DIV> </TD> </TR> </TABLE></CENTER>  <CENTER>&nbsp;</CENTER>  <CENTER><TABLE CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 COLS=2 WIDTH="78%" > <TR> <TD><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-2>Montr&eacute;al, 9 d&eacute;cembre 2000&nbsp; /&nbsp; No 73</FONT></FONT></FONT></TD>  <TD> <DIV ALIGN=right>&nbsp;</DIV> </TD> </TR> </TABLE></CENTER> <FONT FACE="Arial Narrow"><FONT COLOR="#993300">&nbsp;</FONT></FONT> <CENTER><TABLE CELLPADDING=10 COLS=2 WIDTH="80%" > <TR> <TD ALIGN=LEFT VALIGN=TOP WIDTH="28%" BGCOLOR="#ECFFEC"> <CENTER><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-2><A HREF="001209-15.htm">&lt;&lt; page pr&eacute;c&eacute;dente</A></FONT></FONT></FONT>&nbsp;</CENTER> &nbsp; <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <CENTER><TABLE COLS=1 WIDTH="78%" > <TR> <TD><B><I><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000099"><FONT SIZE=-2>Yvon Dionne est retrait&eacute;. &Eacute;conomiste de formation, il a travaill&eacute; &agrave; la Banque du Canada puis pour le gouvernement du Qu&eacute;bec. On peut lire ses textes sur sa <A HREF="http://pages.globetrotter.net/dioyvon" TARGET="_blank">page personnelle</A>.</FONT></FONT></FONT></I></B></TD> </TR> </TABLE></CENTER> &nbsp;</TD>  <TD ALIGN=LEFT VALIGN=TOP WIDTH="72%"> <CENTER><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>OPINION</FONT></FONT></FONT></CENTER> <FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <CENTER><B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=+1>LE&Ccedil;ONS DU PASS&Eacute;:</FONT></FONT></FONT></B></CENTER>  <CENTER><B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=+1>VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER</FONT></FONT></FONT></B></CENTER> &nbsp; <DIV ALIGN=right><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#009900"><FONT SIZE=-1>par Yvon Dionne</FONT></FONT></FONT></DIV> &nbsp; <BR>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il m'arrive d'acheter des vieux livres. J'en ai m&ecirc;me une petite collection. Leurs pages jaunies et souvent cassantes annoncent la d&eacute;couverte et sugg&egrave;rent le respect. J'ai d&eacute;cid&eacute; de parler d'une de ces acquisitions m&ecirc;me si ce livre est peut-&ecirc;tre introuvable. C'est le r&eacute;cit d'un voyage du journaliste fran&ccedil;ais Marc Chadourne au pays de Staline en 1931: <I>L'URSS sans <NOBR>passion</NOBR></I> (Librairie Plon, 1932), donc avant les <NOBR>&laquo; r&eacute;v&eacute;lations &raquo;</NOBR> de Khrouchtchev en 1956 et bien avant la publication du r&eacute;cent <I><NOBR>Livre</NOBR> noir du <NOBR>communisme</NOBR></I> qui a pu &ecirc;tre &eacute;crit apr&egrave;s que l'U.R.S.S. ait ouvert ses archives.</FONT></FONT></FONT></TD> </TR> </TABLE></CENTER> &nbsp; <CENTER><TABLE COLS=1 WIDTH="80%" > <TR> <TD><B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=-1>Au pays des Soviets</FONT></FONT></FONT></B>&nbsp; <BR><B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT></B>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plusieurs grandes id&eacute;ologies totalitaires (religieuses ou politiques) ont leurs pages noires. Elles subordonnent toutes l'individu au collectif (nous avons &agrave; Qu&eacute;bec et &agrave; Ottawa des <I>apparatchiks</I> au pouvoir qui partagent cette croyance mais qui n'en p&egrave;sent peut-&ecirc;tre pas toutes les cons&eacute;quences) et il fallait en 1931 un certain esprit critique et un sens de l'observation pour ne pas succomber &agrave; la d&eacute;sinformation et &agrave; la propagande.</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1><I>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </I><NOBR>&laquo; Sans</NOBR> <NOBR>passion &raquo;</NOBR>, pourquoi? <NOBR>&laquo; Parce</NOBR> qu'en un pays o&ugrave; l'on ne peut passer quelques semaines ou quelques mois que sous le contr&ocirc;le et la surveillance quotidienne de ciceroni charg&eacute;s de vous montrer le pour &agrave; l'exclusion du contre, de vous en mettre, comme on le dit, plein les yeux, vous ne saisirez le contre, si l'envie vous en est laiss&eacute;e, que par surprise et malgr&eacute; eux. C'est &agrave; quoi r&eacute;pond une organisation comme l'Intourist, agence de tourisme en U.R.S.S. et branche du <NOBR>Gu&eacute;p&eacute;ou &raquo;</NOBR> [le Gu&eacute;p&eacute;ou (G.P.U) a succ&eacute;d&eacute; &agrave; la Tch&eacute;ka en 1922 et a &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par le N.K.V.D. en 1934].</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous pouvez prendre des photos, certes, mais elles seront tri&eacute;es &agrave; la sortie et censur&eacute;es. <NOBR>&laquo; Allez</NOBR> photographier une pauvresse qui tend la main. &Agrave; Moscou un de mes amis s'y risqua. Il fut imm&eacute;diatement appr&eacute;hend&eacute; par un militionnaire au guet, entour&eacute; d'un attroupement agressif, men&eacute; au <NOBR>poste... &raquo;</NOBR> Si vous faites bande &agrave; part et que vous interrogez des citoyens, qui se savent eux-m&ecirc;mes surveill&eacute;s, vous risquez leur arrestation. <NOBR>&laquo; L'on</NOBR> me cita, &agrave; Tiflis [Tbilissi], le cas d'un brave Russe qui, ayant pilot&eacute; de son mieux un journaliste am&eacute;ricain, fut pour prix de ses services d&eacute;port&eacute; en <NOBR>Sib&eacute;rie. &raquo;</NOBR></FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au pays des Soviets, le mot libert&eacute; prend un sens orw&eacute;lien. Il prend toujours un tel sens quand l'&Eacute;tat contr&ocirc;le un pourcentage important du PIB. <NOBR>&laquo; Le</NOBR> communisme abolit les <NOBR>fronti&egrave;res &raquo;</NOBR>, dit une pancarte &agrave; la fronti&egrave;re. <NOBR>&laquo; Aimable</NOBR> formule... Nulle fronti&egrave;re n'est moins facile &agrave; franchir que celle-ci, pour sortir ou pour entrer. [...] Bien heureux les citoyens d'U.R.S.S. qui obtiennent de leurs ma&icirc;tres licence de <NOBR>voyager. &raquo;</NOBR> Il en est encore ainsi pour les citoyens de Cuba, de la Chine et de plusieurs autres pays avec qui le Canada est de connivence.</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce voyage se situe au milieu du 1er plan quinquennal de 1928 o&ugrave; tout est orient&eacute; en fonction du Plan. C'est une grande fourmili&egrave;re o&ugrave; m&ecirc;me l'art doit se soumettre aux besoins du plan quinquennal (le <I>piatiletka</I>) et du cat&eacute;chisme officiel. &Agrave; la diff&eacute;rence d'une fourmili&egrave;re toutefois, les chefs n'h&eacute;sitent pas &agrave; tuer leurs fourmis. Mais qui d&eacute;cide du plan et comment la production, ainsi centralis&eacute;e, peut-elle s'ajuster aux besoins? Les besoins ont &eacute;t&eacute; d&eacute;finis en fonction de l'industrialisation, non pas de la consommation individuelle -- qui est rationn&eacute;e, et pas question de produire des bas de soie, des <NOBR>&laquo; instruments</NOBR> de <NOBR>perdition &raquo;</NOBR>!</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=-1>Un plan aussi parfait</FONT></FONT></FONT></B>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un plan, aussi parfait soit-il, ne pourra jamais remplacer cette bonne vieille &laquo; main i<NOBR>nvisible &raquo;</NOBR>, o&ugrave; la demande vient directement des consommateurs, entreprises ou particuliers et o&ugrave; les prix ne sont pas artificiels et subventionn&eacute;s. La planification a surtout produit des aberrations catastrophiques et on en a un petit exemple, ici au Qu&eacute;bec, avec le syst&egrave;me de sant&eacute; quand on voit la ministre Marois, par exemple, &ecirc;tre appel&eacute;e &agrave; r&eacute;gler un probl&egrave;me de bain dans un h&ocirc;pital de Qu&eacute;bec!</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <CENTER><TABLE CELLPADDING=15 COLS=2 WIDTH="100%" BGCOLOR="#ECFFEC" > <TR> <TD WIDTH="83%"><B><I><NOBR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000099">&nbsp;</FONT></FONT></NOBR></I></B>&nbsp; <BR><B><I><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000099"><NOBR>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</NOBR> &laquo; Et quand on ouvrait, et que, l'un apr&egrave;s l'autre, ils venaient d&eacute;poser le paquet pour leur parent, une fois sur quatre le garde faisait "non" du doigt. Ils savaient ce que cela voulait dire: l'homme fusill&eacute; dans la nuit... &raquo;</FONT></FONT></I></B>&nbsp; <BR><B><I><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000099">&nbsp;</FONT></FONT></I></B></TD>  <TD> <CENTER><IMG SRC="logoql.gif" HEIGHT=90 WIDTH=73></CENTER> </TD> </TR> </TABLE></CENTER> <B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT></B>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'U.R.S.S. a fait venir plusieurs sp&eacute;cialistes &eacute;trangers, des ing&eacute;nieurs en particulier, pour essayer de combler son retard technologique. Pendant que le p&eacute;trole de Bakou &eacute;tait rationn&eacute; &agrave; Bakou m&ecirc;me et vendu contre des tracteurs import&eacute;s des &Eacute;tats-Unis (et &agrave; partir de 1939 vendu aux nazis), ces sp&eacute;cialistes recevaient un traitement de faveur. Ainsi, ces d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s italiens trait&eacute;s au caviar et qui <NOBR>&laquo; apportaient</NOBR> &agrave; l'U.R.S.S. avec les vux de l'industrie fasciste ses offres de service. [...] Au prix de la ration de pain ce devaient &ecirc;tre des agapes fort co&ucirc;teuses. L'on ne pouvait songer sans quelque commis&eacute;ration &agrave; ceux qui faisaient queue sur le trottoir, pas bien loin de l'h&ocirc;tel o&ugrave; nous <NOBR>&eacute;tions. &raquo;</NOBR></FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1><I>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </I>Industrialisation impliquait pour les communistes la collectivisation des terres, donc le d&eacute;placement de millions de paysans (les <I>koulaks</I>) et de leurs familles. &Agrave; vol d'avion, Chadourne raconte avoir vu des villages entiers ras&eacute;s ou inhabit&eacute;s pour faire place aux grandes fermes collectives. Ce qu'il d&eacute;crit de ses visites d'usines donne son vrai sens &agrave; la dictature du prol&eacute;tariat: l'homme transform&eacute; en machine, qui ne pense qu'aux machines, qui ne vit que pour produire et qui ne peut m&ecirc;me pas protester. <NOBR>&laquo; J'ai</NOBR> parcouru l'U.R.S.S. du nord au sud mais il est une chose que je n'ai jamais vue, ni sur les bateaux de vacances de la Volga, ni dans les ti&egrave;des villes du Sud, ni sur la plage de Bakou o&ugrave; les bains d'hommes et de femmes sont s&eacute;par&eacute;s,  la chose qui, en tout pays, r&eacute;sume la douceur et la beaut&eacute; de vivre: un couple <NOBR>enlac&eacute;. &raquo;</NOBR></FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chadourne est impressionn&eacute; par certains travaux (gigantesques pour l'&eacute;poque), tels ces barrages hydro&eacute;lectriques et ces villes qui naissent sur le mod&egrave;le architectural... des ruches d'abeilles. Les communistes ont aussi invent&eacute; les camps de concentration, avant les nazis, ce que Chadourne devine quand il parle de trois millions de paysans d&eacute;port&eacute;s pour d&eacute;boiser des terres en Sib&eacute;rie. Les excuser en disant qu'il ne s'agissait que d'abus &eacute;quivaudrait &agrave; absoudre l'id&eacute;ologie <I>collectiviste</I> sans comprendre qu'elle conduit n&eacute;cessairement &agrave; de tels abus.</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En route vers la fronti&egrave;re polonaise, Chadourne relate ces propos d'un ing&eacute;nieur allemand: <NOBR>&laquo; J'aime</NOBR> mieux ch&ocirc;mer &agrave; Berlin que travailler ici  j'y laisse des amis. &Eacute;coutez... J'ai habit&eacute; pendant deux ans &agrave;... (ici le nom d'une ville que la promesse faite ne me permet pas de citer) en face d'une prison. Et le coup d'il que j'avais tous les matins de ma fen&ecirc;tre &eacute;tait celui-ci: une queue de femmes, de vieux, d'enfants, devant la porte comme devant un magasin cent, cent cinquante, quelquefois plus. Avec de petits paquets de nourriture dans des foulards ou des mouchoirs, pour leurs maris, leurs fr&egrave;res ou leurs fils prisonniers. Ils attendaient quelquefois une nuit enti&egrave;re au froid. Et quand on ouvrait, et que, l'un apr&egrave;s l'autre, ils venaient d&eacute;poser le paquet pour leur parent, une fois sur quatre le garde faisait "non" du doigt. Ils savaient ce que cela voulait dire: l'homme fusill&eacute; dans la nuit... Vous comprenez leur enthousiasme... Ils n'ont pas le <NOBR>choix. &raquo;</NOBR></FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De retour &agrave; Paris, Chadourne termine son livre en disant: <NOBR>&laquo; Je</NOBR> respirais. Est-il un autre air o&ugrave; des Fran&ccedil;ais puissent vivre?  &Agrave; la <NOBR>libert&eacute;! &raquo;</NOBR></FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><B><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#2281D7"><FONT SIZE=-1>Admirateurs de Staline</FONT></FONT></FONT></B>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &Agrave; la mort de Staline en 1953, il avait encore des admirateurs inconditionnels. Je vous cite un court extrait d'une hom&eacute;lie pour l'occasion de l'&eacute;crivain Louis Aragon, un d&eacute;fenseur du r&eacute;alisme socialiste en litt&eacute;rature (entendez: du roman &agrave; th&egrave;se): <NOBR>&laquo; Hommes</NOBR>, tout simplement, nous lui devons d'avoir rendu au grand souci de l'homme sa place aux yeux de tous ceux que les soci&eacute;t&eacute;s inhumaines voulaient r&eacute;duire au r&ocirc;le de machine. Nous lui devons d'avoir pris la t&ecirc;te de la cause de tous les hommes, qui a deux noms: la Paix et le <NOBR>Bonheur. &raquo;</NOBR></FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J'aurais pu donner des extraits plus lyriques, mais enfin... Chadourne avait d&eacute;montr&eacute; le contraire en 1932. Plusieurs sont encore hypnotis&eacute;s par des id&eacute;ologies qui s'apparentent au totalitarisme: ainsi, notre premier ministre provincial lorsqu'il pr&eacute;tend d&eacute;fendre l'int&eacute;r&ecirc;t <I>g&eacute;n&eacute;ral</I> en imposant la fusion de municipalit&eacute;s, tous ses <I>apparatchiks</I> de la sant&eacute; <I>publique</I>, tous les d&eacute;fenseurs de la loi C-68 sur les armes &agrave; feu, le <I>collectif</I> contre la pauvret&eacute;, le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois lui-m&ecirc;me qui a un m&eacute;pris visc&eacute;ral de la protection des renseignements personnels, et j'en passe.</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce n'est pas parce que Leni Riefenstahl (pour les nazis) ou Eisenstein (pour les bolch&eacute;viques) &eacute;taient de bons cin&eacute;astes que leurs r&eacute;gimes respectifs sont justifi&eacute;s pour autant. Tout devait concourir &agrave; la justification de la <I>cause</I>. Ceux qui ne respectaient pas la ligne &eacute;taient ramen&eacute;s &agrave; l'ordre, souvent brutalement. Ainsi, Aram Khatchaturian, ce compositeur sovi&eacute;tique d'origine arm&eacute;nienne a &eacute;t&eacute; violemment d&eacute;nonc&eacute; en 1948 pour son <NOBR>&laquo; formalisme</NOBR> <NOBR>bourgeois &raquo;</NOBR> et ses <NOBR>&laquo; tendances</NOBR> <NOBR>antipopulaires &raquo;</NOBR>.</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si j'en parle ici, c'est aussi que mon &eacute;pouse Claire (qui est infirmi&egrave;re) &eacute;tait sur le m&ecirc;me avion que lui en janvier 1972, de Paris vers New York. Peu apr&egrave;s le d&eacute;part, l'&eacute;quipage a demand&eacute; s'il y avait un m&eacute;decin ou une infirmi&egrave;re &agrave; bord. Claire s'est pr&eacute;sent&eacute;e et a r&eacute;alis&eacute; qu'il faisait une crise cardiaque; elle lui a fait prendre une pilule de nitroglyc&eacute;rine, ce qui l'a soulag&eacute; graduellement, et elle a &eacute;t&eacute; &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s pendant les cinq heures du vol (&agrave; l'&eacute;poque, la travers&eacute;e n'&eacute;tait pas aussi rapide qu'aujourd'hui). Il avait bien s&ucirc;r son escorte, peut-&ecirc;tre l&agrave; pour le surveiller (on ne laisse pas un tel homme se rendre seul &agrave; l'&eacute;tranger...). Khatchaturian lui a envoy&eacute; sa photo d&eacute;dicac&eacute;e par la poste. Je montre, plus bas, un montage du recto et du verso sur la m&ecirc;me photo. Il est l'auteur, en 1955, de <I>Spartacus </I>(une Suite pour ballet), un an avant que Khrouchtchev d&eacute;nonce le stalinisme. La r&eacute;volte des esclaves est un th&egrave;me favori des marxistes mais Khatchaturian l'interpr&eacute;tait probablement dans un autre sens.</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR>&nbsp; <CENTER><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=15 COLS=1 WIDTH="80%" > <TR> <TD WIDTH="100%" BGCOLOR="#FFFFCC"> <CENTER><IMG SRC="!cid.jpg" HEIGHT=194 WIDTH=240></CENTER> </TD> </TR> </TABLE></CENTER> <FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-1>&nbsp;</FONT></FONT></FONT>&nbsp; <BR>&nbsp; <TABLE CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 COLS=2 WIDTH="100%" > <TR> <TD VALIGN=BOTTOM><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-2><A HREF="apdionne.htm">Articles pr&eacute;c&eacute;dents d'Yvon Dionne</A></FONT></FONT></FONT></TD>  <TD> <DIV ALIGN=right><A HREF="mailto: ql@quebecoislibre.org"><IMG SRC="1376.jpg" BORDER=0 HEIGHT=50 WIDTH=50></A></DIV> </TD> </TR> </TABLE> &nbsp;</TD> </TR> </TABLE></CENTER> &nbsp; <CENTER><TABLE COLS=3 WIDTH="80%" > <TR> <TD VALIGN=BOTTOM WIDTH="33%"><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-2><A HREF="001209-1.htm">&lt;&lt; retour au sommaire</A></FONT></FONT></FONT></TD>  <TD WIDTH="34%"> <CENTER>&nbsp;<FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT SIZE=-2><A HREF="index.htm">PR&Eacute;SENT NUM&Eacute;RO</A></FONT></FONT></CENTER> </TD>  <TD WIDTH="33%"> <DIV ALIGN=right><FONT FACE="Arial,Helvetica"><FONT COLOR="#000066"><FONT SIZE=-2><A HREF="001209-17.htm">page suivante >></A></FONT></FONT></FONT></DIV> </TD> </TR> </TABLE></CENTER> &nbsp; <BR>&nbsp; </BODY> </HTML> 
