<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN"     "http://www.w3.org/TR/html4/loose.dtd"> <html> <head>   <title>Les saints vont en enfer</title>   <meta name="GENERATOR" content="amaya 5.1">   <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">   <style type="text/css">     body {font-family:Helvetica,sanserif;           font-size:10pt}     td   {font-family:Helvetica,sanserif;           font-size:10pt}   </style> </head>  <body lang="fr" bgcolor="#FFFFFF">  <table border="1" width="100%" cellspacing="0">   <tbody>     <tr bgcolor="#A0E0D0">       <td><a href="../../index.html">Entre site</a>|<a         href="../index.html">Travail</a>| <a href="biographie.html">Fiches         biographies</a></td>     </tr>   </tbody> </table>  <p></p>  <h1 align="center"><font face="Arial" size="4"><b><i>Les Saints vont en enfer </i></b><i> </i></font><font face="Arial"><u>(printemps 1952)</u></font></h1>  <p align="center"><font face="Arial"><b>Un roman de Gilbert CESBRON </b>(1913-1979)</font></p>  <div align="center"> <a href="cesbron.rtf"><span style="font-size:10pt">Version RTF</span></a>  <p></p> </div>  <p align="left" style="text-decoration: underline"><font face="Arial">Sophie PAULIN</font></p>  <p></p> <ul>   <li><a href="#Heading12">I. Les prtres-ouvriers: une exprience avorte     (1947-1954)</a></li> </ul> <ul>   <li><a href="#Heading25">II. Le roman</a></li> </ul>  <p></p>  <p><font face="Arial">Ce roman est souvent cit pour voquer le rle des prtres-ouvriers au sein des collectivits ouvrires, dans les annes 1950. Avant d'aborder son contenu, une petite remise en contexte s'impose peut-tre.</font></p> <a name="Heading12"></a>  <h2><font face="Arial" size="4"><b><i>I. Les prtres-ouvriers: une exprience avorte (1947-1954)</i></b></font></h2>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:0pt;text-indent:36pt"><font face="Arial">(partie de fiche compile par Frdric Abcassis)</font></p>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:0pt;text-indent:36pt"><font face="Arial">La question a fait l'objet d'une publication rcente du grand spcialiste de la question : Emile Poulat, <i>Les Prtres-ouvriers. Naissance et fin</i>, Paris, ditions du Cerf, 1999, 648 p., qui reprend des travaux plus anciens du mme auteur : <i>Naissance des Prtres-ouvriers </i>(Tournai-Paris, Casterman, 1965), et <i>Une Eglise branle </i>(mme diteur, 1980), qui porte sur l'arrt de l'exprience par Rome en 1954 (expression qu'il est prfrable d'utiliser plutt que celle de "condamnation", souvent employe, mais impropre).</font></p>  <p></p>  <p><font face="Arial">Aux origines de l'exprience des prtres-ouvriers, plusieurs facteurs :</font></p>  <p><font face="Arial">- <b>le choc psychologique provoqu par le mmoire des abbs Henri Godin et Yvan Daniel, aumniers de la JOC, publi en 1943 sous le titre <i>France, pays de mission ?.</i></b><i> </i>Ce diagnostic est exagrment pessimiste, du fait de son ancrage parisien, mais il correspond  une certaine ralit dans nombre de villes et d&#8217;ensembles urbains profondment transforms par l&#8217;industrialisation et la modernisation des transports. Ce dernier secteur compte des professions particulirement rfractaires: cheminots, dockers du Havre ou de Marseille. Mme dsolation ecclsiale dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, o le catholicisme ptit de la sa connivence avec les compagnies charbonnires et dans les quartiers populaires des grandes mtropoles: Croix-Rousse ou Guillotire  Lyon, banlieue parisienne (Ivry sur Seine, Saint Denis). Dans des villes ouvrires comme Hnin-Litard ou Montceau-les-Mines, le nombre des messalisants n&#8217;excde pas 7  8%. La conscience du dtachement est ancienne, mais cet ouvrage donne un coup d&#8217;acclrateur  l&#8217;activit missionnaire.</font></p>  <p><font face="Arial"><b>- la captivit, la dportation et la rquisition,</b> qui ont conduit un certain nombre de prtres  s'interroger sur leur statut clrical et sur les mthodes traditionnelles de l'apostolat.</font></p>  <p><font face="Arial"><b>- la fondation de la Mission de France en 1941,</b> avec une commission rurale et une commission ouvrire est rapidement suivie par la mise en place de la Mission de Marseille et de la Mission de Paris.</font></p>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:0pt;text-indent:36pt"><font face="Arial">De jeunes prtres, lancs dans l&#8217;aventure sans grande prparation, jugent vite impossible d&#8217;implanter l&#8217;Eglise en milieu ouvrier sans partager ce qui leur parat l&#8217;essence mme de la condition ouvrire: le travail. <b>En fvrier 1944, un premier membre de la Mission de Paris se fait embaucher comme man&#339;uvre chez Panhard</b>. A partir de 1947, le mouvement missionnaire se heurte  ses premires tensions internes, et les demandes de travail en usine se multiplient, amorant peu  peu, sans plan prtabli, ce qui deviendra l'exprience des prtres-ouvriers. Une petite centaine de prtres sculiers, auxquels viennent s&#8217;ajouter quelques religieux se lancent dans l&#8217;entreprise. A l&#8217;image de Michel Favreau, prtre du diocse de Luon mort docker  Bordeaux en 1951, les volontaires viennent frquemment des zones de chrtient pour militer en zone tide ou hostile.</font></p>  <p><font face="Arial">De 1947  1954, l'histoire des prtres-ouvriers demeure une histoire en chantier. Il est clair, en tout cas, <b>aux yeux d'Emile Poulat que c'est une question proprement religieuse qui a provoqu l'arrt de l'exprience</b> par le Saint-Office le 15 septembre 1953. Le travail en usine remettait en question la conception traditionnelle du sacerdoce. Sans nier que cet aspect l ait t dterminant, il faut sans doute y ajouter l'aspect politique de la question : la rigueur dont on a fait preuve  l'gard des prtres-ouvriers s'explique par la crise plus large du progressisme chrtien, c'est  dire par le <b>risque rel ou suppos de contamination du mouvement missionnaire franais par les thories et les pratiques du marxisme</b>, dans un contexte de guerre froide et de perscution des "Eglises du silence".  Il est vrai que certains prtres-ouvriers sont entrs  la CGT, et ont fait campagne en 1950 aux cts du Mouvement de la Paix (proche du PC), en faveur de la signature de l&#8217;appel de Stockholm.</font></p>  <p><font face="Arial">C'est seulement au lendemain du Concile Vatican II (1962-1966) que les "prtres au travail" furent  nouveau autoriss. S'il y eut filiation revendique, leur exprience post-soixanthuitarde se situera nanmoins dans un tout autre contexte que celui voqu par Gilbert Cesbron.</font></p>  <p><font face="Arial">On mentionnera pour mmoire <b>l&#8217;ditorial d&#8217;Albert Bguin dans la revue Esprit, les prtres-ouvriers et l&#8217;esprance des pauvres, mars 1954:</b> <i>Leur naturalisation en milieu ouvrier a t effective, sans rserve, totalement gnreuse. Elle ne saurait en fait tre abolie, et pas davantage cet assentiment que, du dehors, nous avons tous donn  la spiritualit implicite de cet apostolat. J&#8217;oserai dire que je ne puis concevoir son dsaveu, que je me sens humainement li  ces prtres dsormais, quelle que soit leur option dans la conjoncture prsente. Qu&#8217;ils se soumettent parce qu&#8217;ils savent mieux que personne le sens de l&#8217;universalit et de l&#8217;unit de l&#8217;Eglise, ce sera dans la droite ligne de tout ce qu&#8217;ils ont entrepris et que l&#8217;on mconnat maintenant. Et si quelques-uns d&#8217;entre eux estiment que l&#8217;obissance est impossible, ce ne peut tre  nous de leur en faire reproche. Leur dchirement nous impose ce silence et nous persuade qu&#8217;ils auront agi par fidlit  ce dchirement mme.</i></font></p>  <p></p> <a name="Heading25"></a>  <h1><font face="Arial" size="5"><b>II. Le roman</b></font></h1>  <p><font face="Arial">L'intrt du roman ne se situe pas tant dans l'histoire qu'il raconte que dans les dialogues entre les personnages. Cesbron s&#8217;est largement inspir du prtre sculier Andr Depierre,  Montreuil.</font></p>  <p></p>  <p><font face="Arial"><b><u>Rsum:</u></b> Pierre, issu d'une famille de mineurs dcide de devenir prtre afin d'chapper au sort de la mine. Par ses origines, il considre que pour convertir le peuple au christianisme, il faut partager leur quotidien. Il se fait ainsi engager comme man&#339;uvre qualifi dans une usine de Sagny, afin d'tre plus proche des ouvriers.</font></p>  <p><font face="Arial">L, il  ctoie des communistes, des chmeurs,..., mais surtout la misre. Les liens qui vont se tisser entre ces divers personnages et ce prtre seront fortement critiqus,  la fois par l'glise catholique et par le parti communiste qui rejettent toute possibilit d'entente mutuelle, au nom de leurs principes. Si les conditions ouvrires se trouvent amliores par le travail commun du prtre et d'un des reprsentants du parti communiste, ces deux personnages seront finalement vincs de leur champ d'intervention: mutation du prtre et exclusion du parti pour le communiste.</font></p>  <p></p>  <p><font face="Arial">Toute l'histoire se droule dans une rue : la rue Zola (rfrence  Germinal). Cesbron ne fait jamais rfrence aux conditions de travail dans les usines, seul le mode de vie des ouvriers est abord: difficults de logement, le chmage, l'insalubrit... L'usine est vue comme un rempart qui ne protge pas les ouvriers, mais qui les spare. Le rle du prtre ouvrier est alors d'essayer d'assurer cette cohsion au sein de la classe ouvrire. Cette cohsion ne se fait pas au nom de la lutte des classes, mais au nom de la Paix, au nom de l'amlioration des conditions de vie. L'ide n'est pas de nuire,  de s'opposer aux patrons, mais de les changer, les intresser aux problmes de la condition ouvrire. Le prtre ouvrier cherche  unir les ouvriers par la croyance commune dans le Christ.</font></p>  <p><font face="Arial">Cesbron a une vision fataliste de l'usine. Les ouvriers sont condamns  l'usine : "<b> <i>La Prison, l'hpital on en sort ! L'usine on en change seulement </i></b>" (p.160).</font></p>  <p><font face="Arial">L'auteur identifie le sort des ouvriers  celui de Jsus sur la croix.</font></p>  <p></p>  <p><font face="Arial">Des questions importantes sont abordes  travers les dialogues des personnages:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">Les prtres-ouvriers sont-ils <b>prtre avant d'tre     ouvrier, ou ouvrier avant d'tre prtre? </b>La rponse dans ce livre est     : ouvrier. Le prtre ouvrier prfre, en priorit, aider les ouvriers     dans leur quotidien plutt que, de les convertir ou de faire la     messe.</font></li>   <li><font face="Arial">La prire apporte -t-elle quelque chose? Les prtres     sont-ils plus utiles sur le terrain en aidant  trouver un logement, du     financement...? Cette question renvoie au rle et  l'utilit des curs     ou des religieux vivant dans les monastres  l'cart des problmes du     peuple. <b>Le christianisme social s'oppose -t-il  celui des     paroisses?</b></font></li> </ul>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:36pt;text-indent:0pt"><font face="Arial">Selon l&#8217;auteur, les curs proches des patrons, pouvaient jouer le rle d&#8217;intermdiaire entre les ouvriers et les patrons. Ce rle de mdiateur rarement endoss, permettait de rduire la dure des grves, mais surtout de rendre ces grves moins dvastatrices sur le niveau de vie de la classe laborieuse.</font></p>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:35pt;text-indent:-35pt"><font face="Symbol">&#8226; </font><font face="Arial"><b>Une coopration de l&#8217;glise et du parti communiste est-elle possible, au nom des intrts de la classe ouvrire ?</b> Si la rconciliation n&#8217;est pas gnrale, les deux protagonistes recherchent l&#8217;union de la classe ouvrire. Malheureusement, cette volont d&#8217;tablir l&#8217;union n&#8217;a pas la mme motivation. Pour les prtres, il s&#8217;agit selon Cesbron de construire la paix sociale, alors que pour les communistes, l&#8217;objectif final est la lutte des classes.</font></p>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:35pt;text-indent:-35pt"></p>  <p style="margin-right:0pt;margin-left:0pt;text-indent:35pt"><font face="Arial">Publi deux ans avant l'arrt de l'exprience, le roman tmoigne assez bien du bouillonnement idologique du moment. La profondeur des remises en cause institutionnelles et l'pilogue annoncent le raidissement disciplinaire de l'Eglise catholique, et le choix de certains prtres-ouvriers d'tre "rduits  l'tat lac" plutt que de se soumettre  l'injonction romaine.</font></p>  <p></p>  <table border="1" width="100%" cellspacing="0">   <tbody>     <tr bgcolor="#A0E0D0">       <td><a href="../../index.html">Entre site</a>|<a         href="../index.html">Travail</a>| <a href="biographie.html">Fiches         biographies</a></td>     </tr>   </tbody> </table>  <p></p> </body> </html> 
