<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//IETF//DTD HTML//EN"> <html>  <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 2.0"> <title>slik!</title> </head>  <body background="../../icon_fon/fond1.gif">  <p><font color="#00A414" size="5">LE GARDIEN DES GLACES</font></p>  <p><font face="Times,Times New Roman">Publi&eacute; aux &Eacute;ditions Pierre Tisseyre, 1984.</font><br> </p>  <p><font color="#FF0000" face="Times,Times New Roman"><font font></font><font color="#FF0000" size="4" face="Times,Times New Roman"><strong>Description:</strong></font><font color="#FF0000" size="4"><strong></font></strong></font><font color="#00A414" size="2"><img src="gglaces.jpg" align="right" hspace="0"></font></p>  <p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Du milieu de ce lac, mandala glac&eacute; o&ugrave; s'entrecroisent ses fantasmes, le romancier nous fait vivre des heures intenses &agrave; la fronti&egrave;re de la d&eacute;mence, dans un no man's land o&ugrave; peu d'entre nous osent s'aventurer. Vous c&ocirc;toierez une galerie de personnages &agrave; la fois fantastiques et tr&egrave;s tangibles: la comtesse russe dakini, le Kalmouk g&eacute;ant, le moine mort-vivant, Kama la voluptueuse et sage, Alphonse Larouche, le maquignon hypocrite, et son &eacute;pouse, la terrible Alvine ... Et Louis H&eacute;mon, lui-m&ecirc;me, qui, en ces ann&eacute;es d'avant la Grande Guerre, hante les arpents glac&eacute;s de ce lac et y vient converser avec Evan J. Thorston, le franc-ma&ccedil;on &agrave; myst&egrave;res.</p>  <p>Avec ce neuvi&egrave;me ouvrage, <strong>Alain Gagnon</strong> poursuit inlassablement sa qu&ecirc;te de &laquo;ce qui en l'homme est plus que l'homme&raquo;. Cette qu&ecirc;te n'est pas sans risques pour l'auteur et, dans ce roman, il a risqu&eacute; gros jeu.</p>  <p>&nbsp;</p>  <p><font color="#FF0000" face="Times,Times New Roman"><font font></font><font color="#FF0000" size="4" face="Times,Times New Roman"><strong>Extrait:</strong></font><font color="#FF0000" size="4"><strong></font></strong></font></p>  <p><em>Le Kalmouk entre.</em></p>  <p><em>De ses yeux de charbon, il me toise. Un rictus agite ses l&egrave;vres &eacute;paisses. Un regard du c&ocirc;t&eacute; du calibre 10, sous le comptoir, quelques pas &agrave; ma droite. Sous le deux-canons, repose aussi la 44-40. Mais pour un tir rapide, &agrave; courte port&eacute;e, ma pr&eacute;f&eacute;rences va au cracheur de chevrotines.</em></p>  <p><em>Le</em><em><b> </b></em><em>Kalmouk a suivi mon regard. Ses narines fr&eacute;missent; il est en alerte. Cet homme me terrifie. Debout, poings sur les hanches, devant la porte, son long cimeterre au c&ocirc;t&eacute;, ses deux revolvers entrecrois&eacute;s sur la poitrine, il incarne toutes les forces sauvages et indestructibles. Primitif, mais pas un imb&eacute;cile. Rompu au maniement des armes et &agrave; toutes les formes de combat, il est certes un champion de la survie. L'attaquer de front est hors de question. Cet homme me terrifie. Il me faudra attendre &laquo;le moment&raquo;.</em></p>  <p><em>Je lui d&eacute;signe une bouteille de rhum. Il acquiesce de la t&ecirc;te, sort un grognement et va s'asseoir &agrave; la table qu'il occupait.</em></p>  <p><em>Je le sers et lui laisse la bouteille.</em></p>  <p><em>Je m'installe derri&egrave;re le comptoir. Le deux-canons est &agrave; hauteur de cuisse, sur une tablette. La winchester repose &agrave; m&ecirc;me le plancher.</em></p>  <p><em>Le</em><em><b> </b></em><em>Kalmouk boit goul&ucirc;ment. La bouteille est presque vide. Le rhum et la fatigue finiront bien par l'endormir, par l'engourdir au moins.</em></p>  <p><em>Silence total. Seulement les ronflements du po&ecirc;le et les bruits du liquide lapp&eacute; par la langue &eacute;paisse du g&eacute;ant dont les l&egrave;vres ne se d&eacute;tachent jamais du gobelet d'&eacute;tain.</em></p>  <p><em>Le conducteur n'a pas boug&eacute;. Assis au bout de la table, dans la cuisine, il fixe les flammes &agrave; travers les interstices de la petite porte grillag&eacute;e.</em></p>  <p><em>La comtesse, t&ecirc;te en arri&egrave;re, contre le mur, les yeux demi-ferm&eacute;s, m'observe. Aucune expression.</em></p>  <p><em>--Vous allez passer la nuit?</em></p>  <p><em>--Il ne nous le permettra jamais, r&eacute;pond le conducteur en d&eacute;signant le Kalmouk. Il a trop h&acirc;te de livrer sa proie et d'obtenir sa r&eacute;compense.</em></p>  <p><em>--O&ugrave; se fera la livraison?</em></p>  <p><em>--Monsieur! reprend-il, offusqu&eacute;.</em></p>  <p><em>--Je crois encore que vous devriez passer la nuit, insistai-je. Traverser le lac par cette nuit sans lune... Si facile de manquer une balise.</em></p>  <p><em>--Vous avez sans doute raison, dit le petit homme.</em></p>  <p><em>--Madame doit &ecirc;tre fatigu&eacute;e, ajoutai-je. Le froid.../p&gt; </em></p>  <p><em>--Oh! ne vous en faites pas pour elle, coupe-t-il. Elle est la plus robuste d'entre nous tous. Ne vous fiez pas &agrave; sa taille et &agrave; la finesse de ses membres, ricane le conducteur, pris soudain d'une hilarit&eacute; que je n'expliquepas.</em></p>  <p><em>Je d&eacute;cide de m'adresser directement &agrave; la comtesse:</em></p>  <p><em>--Madame, vous aimeriez sans doute monter &agrave; l'&eacute;tage, vous &eacute;tendre un peu? Ne serait-ce que pour quelques heures?</em></p>  <p><em>Le Kalmouk grogne et tambourine des deux poings sur la petite table ronde devant lui.</em></p>  <p><em>--Qu'est-ce qu'il lui prend? demandai-je au conducteur.</em></p>  <p><em>Il ne veut pas que vous vous adressiez directement &agrave; la comtesse, r&eacute;pond-il.</em></p>  <p><em>--Je ne lui demandais rien d'indiscret.</em></p>  <p><em>--Peu importe de quoi vous lui parlez; elle est de noblesse russe et vous n'&ecirc;tes qu'une sorte d'aubergiste &eacute;tranger, termine-t-il avec un air de m&eacute;pris.</em></p>  <p><em>--Mais, sa comtesse russe, il va la livrer &agrave; ses pires ennemis contre de l'or, sa comtesse russe!</em></p>  <p><em>--Peu importe! Elle demeure de sang royal, insiste-t-il.</em></p>  <p><em>La comtesse, quant &agrave; elle, n'a pas boug&eacute; d'un cil. Ni r&eacute;pondu &agrave; mon invitation. Elle semble flotter hors du temps, irr&eacute;elle. Toute cette sc&egrave;ne d'ailleurs me semble de plus en plus irr&eacute;elle.</em></p>  <p><em>Le Kalmouk termine son gobelet et le d&eacute;pose bruyamment sur la table.</em></p>  <p><em>L'occasion?</em></p>  <p><font color="#000000">(Pages 43 &agrave; 45)<br> <br> </font></p>  <p><img src="Plume.gif" width="540" height="46"></p>  <p>&nbsp; <a href="gagnon.html"><strong>Retour &agrave; la notice biographique d'Alain Gagnon</strong></a><strong><br> </strong>&nbsp;<strong> </strong><a href="oeuvr_ag.HTML"><strong>Oeuvres d'Alain Gagnon<br> </strong></a></p> </body> </html> 
