<HTML><HEAD>  <TITLE>chronique mercadet fevrier</TITLE>  </HEAD><BODY BGCOLOR="#000000" TEXT="#ffffff"><P>  <base target=_top>  <center>  <a href="cfilloux.htm"><img src="../img/pfilloux.gif" width=87 height=21 border=0></a>  <a href="cmercadet.htm"><img src="../img/ptmercad.gif" width=89 height=21 border=0></a>  <a href="clafont.htm"><img src="../img/ptlafont.gif" width=83 height=21 border=0></a>  <a href="cperrot.htm"><img src="../img/ptperrot.gif" width=88 height=21 border=0></a>  <br><br>  <TABLE width=328 CELLPADDING="2" border=0><TR>  <TD width=328 valign=top><a href=mailto:mercadet@imaginet.fr><img src="../img/mercadet2.gif" width=311 height=163 border=0></a>  </TD></TR></TABLE><P></center>    <UL><P ALIGN=left><B><font size=5 color="yellow">Au bonheur des Geeks: Microserfs et cyber-seigneurs</B></font>  <P ALIGN=Left><P>Riv&eacute;s &agrave; leurs micros, ils moulinent du code. Ils    v&eacute;n&egrave;rent Bill, sont l'avant-garde d'un nouveau monde. Un jour,  ils craquent. Ils, les micro-serfs, h&eacute;ros d'un roman-reportage sur    Microsoft.    <P>Zinzins d'informatique, programmeurs-codeurs fous, virtuoses de C++ :  on ne dit plus nerds, on dit geeks. Geek, nouveau mot &agrave; la mode en    Am&eacute;rique, &eacute;chapp&eacute; de la cyber-sc&egrave;ne et qui a    gagn&eacute;, via Wired et Details, jusqu'&agrave; Newsweek et CNN. Geek,    arch&eacute;type Bill Gates 1975, &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; il codait  un syst&egrave;me d'exploitation (4 ko maxi !) pour l'Altair 8080.     <P>Pour un Bill mont&eacute; au top, il existe aujourd'hui des dizaines,  des centaines de milliers de geeks, &eacute;pousant tous les aspects physiques  de la forme arch&eacute;typale Bill : petit gros, body-builder, avec ou sans    lunettes, avec ou sans boutons, sans moustache, sans catogan, etc. Et, fait    nouveau et irr&eacute;versible, un fort pourcentage de geeks femelles. Certains    seront les nouveaux Bill (&agrave; la corde, Marc Andreesen bien s&ucirc;r),    d'autres moulineront jusqu'&agrave; leurs derniers neurones tout en bas de  la cha&icirc;ne alimentaire.    <P>Plusieurs milliers d'entre eux sont concentr&eacute;s &agrave; Redmond,  une banlieue bois&eacute;e de Seattle : le "campus" Microsoft. Ceux-l&agrave;  ont d&eacute;sormais leur odyss&eacute;e litt&eacute;raire : Microserfs,  et leur barde, Douglas Coupland. Coupland, l'homme de Vancouver, l'auteur  de Generation X. Il y a deux ans, Coupland a fait le saut de puce    Vancouver-Seattle. Il s'est fait embaucher un mois chez Microsoft - 26    b&acirc;timents, 8000 salari&eacute;s. Il en est revenu avec le roman d'une  bande de codeurs-programmeurs en proie au doute.     <P>Ils sont sept, dont deux filles, &agrave; mi-parcours entre 20 et 30 ans,    virtuellement millionnaires gr&acirc;ce &agrave; leur stock d'actions. Ils    partagent une villa, une geek house  o&ugrave;, apr&egrave;s des s&eacute;ances    de dix-huit heures non-stop au bureau, ils reviennent s'&eacute;crouler sur  des vieux divans, au milieu de gadgets &eacute;lectroniques    d&eacute;pareill&eacute;s et de caisses de bouffe de super-march&eacute;,  pour regarder des feuilletons idiots &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision.  Dans un dernier sursaut c&eacute;r&eacute;bral, ils pensent : &agrave; quoi  sert de vivre quand on ne vit pas? Pas le temps. Pas le temps de faire la    cuisine, ni d'aimer, &agrave; peine de baiser, pas le temps d'aller au    cin&eacute;ma. Entre travail et vie priv&eacute;e, la fronti&egrave;re s'est    s'abolie. Leur pens&eacute;e politique est inexistante.    <P>Des esclaves, des serfs.    <P>Leur esclavagiste s'appelle billg@microsoft.com. On ne le voit jamais  mais il est tout le temps l&agrave;, sur leur dos, &agrave; &eacute;pier  ses gens de sa fen&ecirc;tre dans le B&acirc;timents de l'Admin ou par la  lucarne de leur &eacute;cran. Premi&egrave;res lignes du premier chapitre  : "Ce matin, juste apr&egrave;s 11 heures, Michael s'est enferm&eacute; dans  son bureau et il n'en sortira plus. Bill (Bill !) lui a envoy&eacute; un  flame bien vicieux sur son mail - il a &eacute;reint&eacute; un bout de code  que Michael avait &eacute;crit. Il s'agit probablement d'un contr&ocirc;le  de qualit&eacute; al&eacute;atoire, histoire de maintenir les troupes sous    pression."     <P>Avec Microserfs et la litt&eacute;rature, Coupland venge les geeks. BillG  a essay&eacute; de lire le premier roman dont une bo&icirc;te d'informatique,  la sienne, est le h&eacute;ros. Mais, dit-on, il a cal&eacute; au bout de  dix pages en s'&eacute;criant : " Je n'y comprends rien !"    <P>Les sept geeks philosophent aussi, cyber-jeux de mots ou longues tirades    d&eacute;lirantes, nourries de r&eacute;f&eacute;rences &agrave; 2001, &agrave;    Startrek et aux sitcoms les plus tar&eacute;s, essayant de d&eacute;busquer    l'essence de l'informatique et son impact sur l'esp&egrave;ce humaine. Exemples  :    <P>* "Quand tu penses que tous les sitcoms que tu as vus depuis ta naissance  sont rest&eacute;s m&eacute;moris&eacute;s en toi... Mais o&ugrave; ? Pas  dans le cerveau, il n'y a pas la place. Dans le corps, alors. C'est pour  &ccedil;a que j'ai appris le shiatsu, pour d&eacute;congeler les t&eacute;rabytes    d'informations archiv&eacute;s dans les muscles." (Karla, nerd femelle)     <P>* "Si vous vous concoctez une m&eacute;ta-personnalit&eacute; convaincante  sur le Net, alors, vous ETES cette personnalit&eacute;. De nos jours, il  existe si peu d'&eacute;l&eacute;ments pour d&eacute;finir quelqu'un que  la gamme d'identit&eacute;s que vous inventez sur le Net, le menu de vos  "soi" alternatifs, EST vous. Un isotope de vous. Au d&eacute;but des    photocopieuses, les gens photocopiaient leurs fesses. Aujourd'hui, avec les    ordinateurs, nous photocopions notre essence m&ecirc;me."    <P>* "L'important, c'est de devenir un "Un-Point-Z&eacute;ro". Le premier  &agrave; r&eacute;aliser la premi&egrave;re version de quelque chose. Impossible    d'&eacute;luder la question : "Sommes-nous des Un-Point-Z&eacute;ro oui ou  non?". La r&eacute;ponse est ce qui s&eacute;pare les Microserfs des    Cyberseigneurs."    <P>Les aphorismes de ce genre saturent Microserfs comme les bugs dans une    b&ecirc;ta-version de Windows 95. A la limite de l'incompr&eacute;hensible    parfois. Mais, r&eacute;pond Coupland, l'&eacute;sot&eacute;risme &eacute;tait  la condition requise pour &ecirc;tre vrai.    <P>Un jour, ils craquent. Ils abandonnent Bill et son campus pour le soleil  de Californie et la Silicon Valley. Ils &eacute;changent la servile    s&eacute;curit&eacute; d'emploi pour cr&eacute;er leur propre bo&icirc;te.  Pour de nouvelles aventures dans la jungle du capitalisme high-tech, et des    relations sexuelles plus satisfaisantes. Des geeks qui baisent ? Le monde  &agrave; l'envers!    <P>Microserfs  para&icirc;t en France fin f&eacute;vrier aux &eacute;ditions    Latt&egrave;s.    <P>    </ul>  <br><br>  <center><table><TD valign=top><A HREF="../index.html"><IMG SRC="../img/pchronik.gif"    WIDTH="90" HEIGHT="79" border=0></A>    </TD></table></center> </BODY></HTML>    
