<HTML>   <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Mac">   <TITLE>Index</TITLE>   <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1"> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#000000" LINK="#FF0000" VLINK="#0000FF" TEXT="#ffffff"> <P align="center">  <div align="center"> <table width="424" border="0" height="363">     <tr>       <td align="center" valign="middle" height="247">          <div align="center">           <table width="494" border="0">             <tr>                <td align="center" valign="middle">                  <div align="center"><img src="d2logo.jpg" width="211" height="100"></div>               </td>             </tr>             <tr>                <td align="center" valign="middle" height="76"><u><font size="+2" color="#FF0000">Rencontre                  avec Artimus Moreendoom, <font size="+1">by Duncan</font></font></u></td>             </tr>             <tr>                <td align="center" valign="top" height="295">                  <p>Le ciel z&eacute;br&eacute; d&#146;&eacute;clairs &eacute;clairait                    par instants la sombre demeure. Elle domine la vall&eacute;e                    de son impressionnante silhouette et rare sont les villageois                    osant franchir la grille d&eacute;limitant la propri&eacute;t&eacute;.                    En ces lieux vit, dit-on, un vieillard dont la vie ne semblait                    pas vouloir prendre fin.</p>                 <p>Il pousse sa monture plus haut sur le chemin parsem&eacute;                    de hautes herbes sauvages. A son arriv&eacute;e au village,                    le voyageur fut accueilli par le claquement des persiennes et                    par le croassement des corbeaux. Le manque d&#146;auberge l&#146;obligea                    &agrave; frapper &agrave; quelques portes mais la seule r&eacute;ponse                    qu&#146;il re&ccedil;ut fut le bruissement du vent dans les                    arbres et le battement de la pluie sur les tuiles en bois verni.                    Voyant de la lumi&egrave;re dans ce qui apparaissait comme un                    manoir, il d&eacute;cida de poursuivre sa route sur le chemin                    serpentant jusqu&#146;au sommet de la colline.</p>                 <p>Un &eacute;clair r&eacute;v&eacute;l&acirc;t &agrave; la silhouette                    fatigu&eacute;e une lourde porte orn&eacute;e d&#146;un battant                    en fer forg&eacute;. Trois coups et les corbeaux s&#146;envol&egrave;rent                    des arbres alentours en un vacarme effrayant. Un autre &eacute;clair                    illumina l&#146;huis en t&ecirc;te de gargouille derri&egrave;re                    lequel un tiroir glissa bruyamment.</p>                 <p>-&quot; le ma&icirc;tre va vous recevoir&#133; &quot; La cr&eacute;ature                    qui fit entrer la silhouette encapuchonn&eacute;e portait une                    chandelle qui jetait un halo tremblant sur une pi&egrave;ce                    richement meubl&eacute;e.</p>                 <p>-&quot; Qui r&egrave;gne en ces lieux ? &quot;. Ce fut une                    voix f&eacute;minine qui provint de sous la capuche mais elle                    portait plus d&#146;autorit&eacute; que de charme.</p>                 <p>-&quot; Le ma&icirc;tre va vous recevoir&#133; &quot;r&eacute;p&eacute;ta                    le gobelin transi de peur, &quot; Le ma&icirc;tre va vous recevoir&#133;                    &quot;</p>                 <p>Anna parcourut l&#146;int&eacute;rieur du regard. Malgr&eacute;                    sa lassitude physique, elle ne r&eacute;pondit pas aux invitations                    de canap&eacute;s et fauteuils moelleux. Elle patienta quelques                    instants et bient&ocirc;t elle se retrouva avec comme seule                    compagnie la faible lueur des chandeliers.</p>                 <p>Elle laissa ses pens&eacute;es vagabonder et elle se surprit                    &agrave; parcourir de nouveau sa vie. Son enfance dans le ch&acirc;teau                    dor&eacute; de son p&egrave;re, le drame qui poussa sa m&egrave;re                    &agrave; l&#146;emmener sur les routes et son adolescence errante                    rejaillirent au pr&eacute;sent. Elle commen&ccedil;ait &agrave;                    peine sa vie d&#146;adulte mais cela faisait d&eacute;j&agrave;                    bien longtemps qu&#146;elle faisait route en solitaire. Une                    voix sage et masculine l&#146;interrompit dans sa r&ecirc;verie.</p>                 <p>-&quot; Je vous en pris, mettez-vous &agrave; l&#146;aise jeune                    demoiselle. &quot; Elle se retourna pour fixer l&#146;homme                    qui &eacute;tait venu sans bruit.. La voyageuse &ocirc;ta sa                    capuche en laissant appara&icirc;tre d&#146;abondant cheveux                    roux et un visage durci par quelques ann&eacute;es de solitude.                    Malgr&eacute; cela, ses traits restaient s&eacute;duisant et                    tachet&eacute; de candeur. Elle &ocirc;ta sa cape qu&#146;elle                    confia au petit gnome vert et r&eacute;pondit avec un sourire.</p>                 <p>-&quot; Veuillez m&#146;excuser de cette intrusion tardive                    mais&#133;</p>                 <p>-Ne vous excusez pas, cela devrait &ecirc;tre &agrave; moi                    d&#146;&ecirc;tre d&eacute;sol&eacute; du pi&egrave;tre accueil                    qui vous fut r&eacute;serv&eacute;.</p>                 <p>-Il est d&eacute;j&agrave; agr&eacute;able de trouver un g&icirc;te                    au chaud et au sec par cette dure journ&eacute;e d&#146;hiver,&#133;mais                    je manque d&eacute;cid&eacute;ment &agrave; tous mes devoirs,                    je me nomme Anna.</p>                 <p>-Je me pr&eacute;sente, je suis Artimus de Moreendoom, seigneur                    des terres alentours. Votre nom est Anna, tout simplement ?                    Je pensais par votre langage que vous devriez &ecirc;tre une                    grande demoiselle. J&#146;aurais maintes questions &agrave;                    vous posez mais vous &ecirc;tes transie de froid ! Un bain chaud                    vous atteint dans votre chambre ainsi qu&#146;une garde robe                    ayant appartenue &agrave; mes filles. &quot;</p>                 <p>L&#146;homme apparaissait comme une personne sympathique mais                    suffisamment r&eacute;serv&eacute; pour inspir&eacute; le respect.                    Anna eut envie de se d&eacute;tendre et de se reposer apr&egrave;s                    une dure journ&eacute;e de chevauch&eacute; pluvieuse. Bien                    que le froid ne l&#146;ai pas vraiment atteints, l&#146;humidit&eacute;                    fut son ennemi et la perspective d&#146;un bain chaud lui ravit                    l&#146;esprit.</p>                 <p>Elle poursuivit la conversation :</p>                 <p>-&quot; J&#146;accepte avec plaisir votre offre.</p>                 <p>-Bien, bien, laissez-vous guider par mes serviteurs, ils ne                    sont gu&egrave;re m&eacute;chant et ils sont d&eacute;sormais                    &agrave; vos ordres. J&#146;esp&egrave;re que vous viendrez                    partager mon modeste repas.</p>                 <p>-Il en sera fait selon vos d&eacute;sirs, seigneur Moreendoom.                    &quot;</p>                 <p>Elle prit cong&eacute; de son h&ocirc;te et suivit le petit                    gobelin qui trottait devant avec un chandelier. Elle arriva                    dans une chambre dans laquelle elle put admirer un immense lit                    &agrave; baldaquin. Une armoire massive s&#146;ouvrait sur une                    dizaine de robe toutes de soie aussi fine les unes que les autres.                    Un grand bassin d&#146;eau fumante &eacute;tait plac&eacute;                    dans un coin de la pi&egrave;ce. Elle se d&eacute;v&ecirc;tit                    et plongea avec d&eacute;lice dans le liquide d&eacute;licatement                    parfum&eacute;. Son corps se d&eacute;tendit et son esprit se                    reposa un instant.</p>                 <p>-&quot; M&egrave;re, m&egrave;re, des cavaliers approchent                    !, ce fut une voix candide et apeur&eacute;e qui fut &eacute;mise.</p>                 <p>-Ne craint rien ma ch&eacute;rie. D&eacute;cris-moi leur blason&#133;</p>                 <p>-C&#146;est celui de mon oncle, ils sont nombreux et portent                    leurs armures de guerre&#133;.</p>                 <p>-Fais tes bagages, nous partons.</p>                 <p>-O&ugrave; allons-nous m&egrave;re ? Allons-nous vers le ch&acirc;teau                    de chasse de p&egrave;re ?</p>                 <p>-Plus rien d&eacute;sormais ne nous raccroche &agrave; ton                    p&egrave;re. Nous partons tout de suite.</p>                 <p>-Je peux prendre Nieta avec moi ? S&#146;il vous plait, m&egrave;re.</p>                 <p>-Sois forte ma fille, nous partons. &quot;</p>                 <p>Lorsque le passage se referma sur la m&egrave;re et sa fille,                    un chevalier enfon&ccedil;a la porte, une &eacute;p&eacute;e                    ensanglant&eacute;e &agrave; la main.</p>                 <p>Anna se r&eacute;veilla en sueur et l&#146;eau du bain &eacute;tait                    froide. Elle sortit de l&#146;eau, attrapa la serviette tendue                    par une petite dame de peau verte. Elle se s&eacute;cha, se                    coiffa et accomplit tous ces gestes qu&#146;elle n&#146;avait                    pas fait depuis des ann&eacute;es. Elle choisit une robe &agrave;                    sa convenance et descendit dans la salle &agrave; manger, toujours                    escorter d&#146;une petite troupe de serviteurs gobelins. Sentir                    la douceur de la soie fine sur sa peau fut pour elle une source                    de plaisir depuis bien longtemps oubli&eacute;.</p>                 <p>Le vieil Artimus patientait &agrave; sa table en &eacute;tant                    plong&eacute; dans un grimoire poussi&eacute;reux et jaunis                    par les ans. De temps &agrave; autres, un de ses serviteurs                    lui murmurait &agrave; l&#146;oreille et le seigneur acquies&ccedil;ait                    d&#146;un imperceptible mouvement de la t&ecirc;te. Lorsque                    enfin il entendit les marches grincer, il se leva et put admirer                    non sans &eacute;motion la descente majestueuse de la jeune                    femme. Il laissa son regard se promener sur son h&ocirc;te,                    de la robe profond&eacute;ment &eacute;chancr&eacute;e qui r&eacute;v&eacute;lait                    une grande partie des fines jambes de la voyageuse &agrave;                    la coiffure habilement confectionn&eacute;e. Elle portait une                    robe bleue et bien trop l&eacute;g&egrave;re pour la saison                    mais elle lui allait &agrave; merveille. Il donna l&#146;ordre                    d&#146;attiser le foyer de la chemin&eacute;e et accueillit                    son invit&eacute; avec d&eacute;tachement et politesse.</p>                 <p>-&quot; Vous &ecirc;tes absolument magnifique, demoiselle Anna,                    je puis voir que vous avez put trouver un habillement &agrave;                    votre go&ucirc;t.</p>                 <p>-Et c&#146;est visiblement du votre. Veillez m&#146;excuser                    de vous avoir fait attendre, j&#146;esp&egrave;re ne pas vous                    avoir retard&eacute; dans vos &eacute;tudes &quot;.</p>                 <p>Elle dit cela en remarquant l&#146;&eacute;pais ouvrage sur                    la table et vis que plus de deux couverts &eacute;taient dress&eacute;s                    sur la grande table de ch&ecirc;ne. Elle remarqua aussi que                    son h&ocirc;te avait aper&ccedil;u le long poignard qui accompagnait                    sa cuisse sur toute la longueur.</p>                 <p>-&quot; Je vous pr&eacute;sente mon compagnon de route, Tranchant,                    il ne me quitte jamais et ce soir il a tenu &agrave; se montrer                    alors qu&#146;il pr&eacute;f&egrave;re l&#146;obscurit&eacute;                    et la solitude. N&#146;y faite pas attention, il resterait inerte                    tant que personne ne songe &agrave; moi de fa&ccedil;on d&eacute;sobligeante.</p>                 <p>-Mais vous &ecirc;tes ici en s&eacute;curit&eacute; et je veillerais                    personnellement &agrave; ce que personne ne vous importune sur                    mes terres, le seigneur d&eacute;tourna furtivement le regard                    et changea de sujet en masquant son d&eacute;sappointement et                    sa surprise de fa&ccedil;on th&eacute;&acirc;trale, Avez-vous                    l&#146;intention de demeurer un instant en ce pays ou &ecirc;tes-vous                    seulement de passage ? J&#146;appr&eacute;cierais volontiers                    un peu de compagnie.</p>                 <p>-J&#146;accepterai volontiers mais mes chemins sont &eacute;ph&eacute;m&egrave;res                    et il me tarde de repartir. Je suis les routes qui me m&egrave;nent                    &agrave; l&#146;aventure et les rencontres que je fais sont                    souvent funestes.</p>                 <p>-Soit, je n&#146;insisterai pas. Passons-&agrave; table, voulez-vous.</p>                 <p>-Attendez-vous d&#146;autres h&ocirc;tes ?</p>                 <p>-Il est des personnes m&#146;&eacute;tant chers qui devraient                    nous rejoindre en fin de soir&eacute;e. Nous pouvons commencer                    sans eux, ils n&#146;en seront bless&eacute;s. &quot;</p>                 <p>Le repas fut aux yeux d&#146;Anna un festin, elle qui a l&#146;habitude                    de manger des fruits de sa chasse et le gibier se fait rare                    en cette p&eacute;riode de l&#146;ann&eacute;e. Elle mangea                    autant qu&#146;elle pouvait sans faillir aux r&egrave;gles de                    politesse usuelles et bu plus que de raison. Le dialogue se                    fit tr&egrave;s vite plus d&eacute;tendu entre le ma&icirc;tre                    et son h&ocirc;te, les discussions sortirent du cadre stricts                    de l&#146;&eacute;tiquette. Alors qu&#146;Anna &eacute;tait                    totalement d&eacute;tendue, les autres invit&eacute;s prirent                    place autour de la table avec un salut discret.</p>                 <p>Anna regarda l&#146;heure sur la comtoise et l&#146;alignement                    des aiguilles &eacute;tait trop significatif. Ces nouveaux convives                    &eacute;taient apparue sans un bruit et malgr&eacute; la chaleur                    de l&#146;&acirc;tre, Anna sentit un frisson lui parcourir l&#146;&eacute;chine.                    Elle fixa encore un instant la sc&egrave;ne et l&#146;illusion                    tomba. Elle connaissait chaque personne autour de cette table                    et ils &eacute;taient tous morts.</p>                 <p>Son p&egrave;re tu&eacute; par son propre fr&egrave;re qui                    menait un assaut sur son palais, l&#146;oncle d&#146;Anna, transperc&eacute;                    par une fl&egrave;che d&#146;un des gardes du palais, les trois                    fr&egrave;res d&#146;Anna, tomb&eacute; &agrave; la guerre des                    ann&eacute;es auparavant et enfin, sa m&egrave;re qui fut massacr&eacute;e                    par des soldats alors qu&#146;elles fuyaient l&#146;assaut du                    palais, ils &eacute;taient tous assis autours de cette table.                    Et cette table &eacute;tait pr&eacute;sid&eacute; par un vieillard                    qui riait comme un forcen&eacute;.</p>                 <p>Anna se leva en titubant, regarda encore une fois toutes ces                    personnes qu&#146;elle avait connu, affronta de nouveau le regard                    si doux de sa m&egrave;re, la posture sage de son p&egrave;re                    et la virilit&eacute; de ses fr&egrave;res. La sc&egrave;ne                    tournait autour d&#146;elle, comme un man&egrave;ge machiav&eacute;lique                    dont la musique &eacute;tait un rire fou et sans fin.</p>                 <p>-&quot; Vous n&#146;&eacute;chapperez pas &agrave; votre destin,                    vous nous rejoindrez &agrave; cette table Anna, que nous go&ucirc;tions                    sans fin des joies immortelles qu&#146;offre l&#146;&eacute;ternit&eacute;.                    Venez &agrave; nous mon enfant. Venez ch&egrave;re s&#156;ur                    &quot;.</p>                 <p>C&#146;&eacute;tait la voix de tous ces morts r&eacute;unis                    qui l&#146;appelait, il se cr&eacute;a comme une attraction.                    Elle luttait pour ne plus les regarder, se retourna en sentant                    des mains froides et squelettiques la fr&ocirc;ler. Elle se                    mit &agrave; courir, elle passa la porte et se retrouva dans                    le froid et la neige. Les voix continuaient de l&#146;appeler,                    elles approchaient m&ecirc;me, plus Anna courait dans la campagne                    hivernale, plus les voix se rapprochait.</p>                 <p>La voyageuse tomba dans la neige dure et glaciale. Elle ne                    pouvait plus supporter l&#146;effort de la course et de l&#146;horreur.                    Des bras vigoureux la pris et la secoua.</p>                 <p>-&quot; Revenez &agrave; moi mon enfant, vous ne risquez plus                    rien &quot;. La jeune fille reconnut cette voix, c&#146;&eacute;tait                    l&#146;intonation douce et chaude de sa nourrice, Nieta, et                    elle &eacute;tait dans sa chambre dor&eacute; du palais royale.                    &quot; Ce n&#146;&eacute;tait rien princesse, juste un cauchemar.                    &quot;</p>                 <p>&quot; Un cauchemar bien significatif pourtant &quot;, pensa                    Anna. Quelques heures apr&egrave;s des sabots se firent entendre                    et un garde sonna l&#146;alerte.</p>                 <p>&nbsp;</p>                 </td>             </tr>             <tr>               <td align="center" valign="top" height="2"><font size="+1"><b>Duncan</b></font></td>             </tr>           </table>           <font size="+1"></font></div>       </td>     </tr>   </table>   <p>&nbsp;</p>   <p>&nbsp;</p>   <p>&nbsp;</p> </div> </BODY> </HTML> 
