<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML> <HEAD>    <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/4.06 [fr] (Win95; I) [Netscape]">    <TITLE>La Compagnie d'Argus</TITLE> <!--This file created 00:22  12/12/98 by Claris Home Page version 3.0--> <X-CLARIS-WINDOW TOP=0 BOTTOM=631 LEFT=0 RIGHT=941> <X-CLARIS-TAGVIEW MODE=minimal> </HEAD> <BODY TEXT="#000000" BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#0000EE" VLINK="#551A8B" ALINK="#FF0000" BACKGROUND="images/parchmin.jpg" NOSAVE> &nbsp;  <P> <CENTER>     <A NAME="menu"></A><IMG SRC="comp_arg.jpg" ALT="La Compagnie d'Argus" BORDER=0 X-CLARIS-USEIMAGEWIDTH X-CLARIS-USEIMAGEHEIGHT HEIGHT=113 WIDTH=595 ALIGN=BOTTOM> </center>  <BR>&nbsp; <P><BR> <BR> <BR> <BR> <P><B><FONT COLOR="#660000">Ce groupe d'aventuriers sera l'un des rares (le seul ?) &agrave; quitter Rumsultan : Ils devront se r&eacute;fugier sur Zansabar pour &eacute;chapper &agrave; une guilde d'assassins !</FONT></B> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <UL> <LI> <B><FONT FACE="Lucida Blackletter"><FONT SIZE=+2><A HREF="#origines">Les origines de la Compagnie d'Argus</A></FONT></FONT></B></LI>  <LI> <B><FONT FACE="Lucida Blackletter"><FONT SIZE=+2><A HREF="#exil">La route de l'exil</A></FONT></FONT></B></LI> </UL>  <CENTER>   <A HREF="sommaire.htm"><IMG SRC="images/livre.gif" ALT="Aller au sommaire" NOSAVE BORDER=0 X-CLARIS-USEIMAGEWIDTH X-CLARIS-USEIMAGEHEIGHT HEIGHT=52 WIDTH=106></A>  </CENTER>  <P><BR> <BR> <BR> <P><A NAME="origines"></A><B><FONT FACE="Lucida Blackletter"><FONT SIZE=+2>Les origines de la Compagnie d'Argus</FONT></FONT></B> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <P>Xylan, un jeune guerrier humain, &eacute;tait le petit dernier des Argus. Cette modeste famille de planteurs de riz &eacute;tait install&eacute;e depuis des g&eacute;n&eacute;rations &agrave; Biskot une petite ville de l'empire de Mincox (Rumsultan). Ces deux fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s, des jumeaux, Diriente et Warre appartenait encore &agrave; l'&eacute;poque aux Vadrouilleurs. R&eacute;guli&egrave;rement ils venaient prendre quelques jours de repos &agrave; la ferme familiale. C'&eacute;tait toujours l'occasion pour de longs r&eacute;cits qui impressionnaient fortement leur fr&egrave;re cadet. <P>A 9 ans, Xylan r&eacute;ussit &agrave; convaincre son oncle Garick, lieutenant dans la garde de la ville, de lui enseigner le maniement de l'&eacute;p&eacute;e et de l'arc. Le jeune gar&ccedil;on montra qu'il poss&eacute;dait de bonnes pr&eacute;dispositions dans cet art et il progressa rapidement. Sept ans plus tard il &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme le meilleur bretteur de sa classe d'&acirc;ge dans la ville. Il &eacute;tait devenu un svelte jeune homme de taille moyenne avec un visage allong&eacute; arborant une moustache se terminant en spirale encadr&eacute; par des cheveux noirs natt&eacute;s. <P>A la fin du printemps de l'ann&eacute;e 1934 une caravane de souffre venant de Curdwyn et se dirigeant vers Battbluie au royaume d'Australie entra en ville. Une vingtaine de b&ecirc;tes de somme guid&eacute;es par cinq conducteurs en transportaient les marchandises. Un pr&ecirc;tre elfe et quatre guerriers humains command&eacute;s par Galipas, un petit homme sec d'une quarantaine d'ann&eacute;e, assuraient la protection du groupe. Mais deux des hommes d'armes, s&eacute;rieusement bless&eacute;s lors d'une attaque effectu&eacute;e par une bande d'anciens esclaves, ne pouvaient continuer la route. D&eacute;s son arriv&eacute;e Galipas partit donc &agrave; la recherche de rempla&ccedil;ants pour la fin du voyage. Il s'adressa &agrave; Garick un de ses anciens compagnons de route qui lui appris qu'il ne trouverait personne &agrave; cette saison. Xylan, alors &acirc;g&eacute; de 16 ans, eu vent de l'affaire et proposa ses services. Devant l'habilet&eacute; du jeune homme et l'approbation de Garick, Galipas lui confia un des postes vacants. Apr&egrave;s deux journ&eacute;es pass&eacute;es &agrave; refaire les provisions la caravane s'enfon&ccedil;a dans la for&ecirc;t de Dyihe en direction de Gince. Deux mois plus tard suite &agrave; un voyage difficile mais sans probl&egrave;me elle s'arr&ecirc;ta &agrave; Gince afin de refaire ces provisions. <P>Pour f&ecirc;ter sa premi&egrave;re permission, Xylan se rendit au Trou noir, une des deux auberges de la ville. Il y sympathisa avec Charichi, un vieux guerrier nain aussi large que grand muni d'une masse aussi grande que lui, qui devait se joindre &agrave; la caravane le lendemain. En fin de soir&eacute;e les deux comp&egrave;res purent exposer leurs tactiques respectives lors d'une bagarre g&eacute;n&eacute;rale que les hommes de la caravane d&eacute;clench&egrave;rent avec les habitu&eacute;s de l'auberge suite &agrave; un diff&eacute;rent portant sur la couleur des gobelets de vin. <P>Le lendemain Galipas, annon&ccedil;a que la fin du voyage ne serait s&ucirc;rement pas aussi tranquille que la premi&egrave;re partie. En effet un des conseillers de la ville lui avait appris qu'une bande de gobelins sillonnait les montagnes aux alentours de Lufton. A l'approche des monts Veyiqui, l'avance se fit plus prudente et Alkan un grand &eacute;chalas blond pr&ecirc;tre de Phyloqure lan&ccedil;a le miracle ''r&eacute;v&eacute;lation'' pour essayer de localiser les fauteurs de troubles. Ses efforts furent couronn&eacute;s de succ&egrave;s. Sept pillards avaient tendu une embuscade dans la passe de Lyaf&egrave;ne situ&eacute;e &agrave; quelques heures de marche de Lufton. Xylan fut envoy&eacute; en &eacute;claireur et il d&eacute;tecta un gobelin pr&ecirc;t &agrave; balancer dans le vide de gros rochers en &eacute;quilibre instable aux fa&icirc;tes de la passe pour interdire toute avance et &eacute;craser l'avant-garde. Six autres gobelins &eacute;taient cach&eacute;s de chaque c&ocirc;t&eacute; de l'entr&eacute;e du d&eacute;fil&eacute; pour en bloquer la sortie. Suite &agrave; ce rapport, Galipas &eacute;labora le plan audacieux pour se sortir de ce mauvais pas. <P>Apr&egrave;s une approche favoris&eacute;e par une journ&eacute;e tr&egrave;s ensoleill&eacute;e Alkan lan&ccedil;a le miracle ''sommeiller'' pour neutraliser discr&egrave;tement le gobelin de la cr&ecirc;te. Au signal du pr&ecirc;tre, quatre b&ecirc;tes de somme lourdement charg&eacute;es, leur conducteur ainsi que Xylan et Charichi se s&eacute;par&egrave;rent du reste de la caravane et se dirig&egrave;rent lentement vers le d&eacute;fil&eacute;. Quand ce groupe se trouva dans une position ad&eacute;quate Alkan simula une bruyante chute de pierre. Aussit&ocirc;t les deux guerriers donn&egrave;rent l'impression d'entamer une retraite pr&eacute;cipit&eacute;e qui &eacute;videmment fit sortir les six gobelins de leurs cachettes. Quelques secondes apr&egrave;s le d&eacute;but du corps &agrave; corps les gobelins furent pris &agrave; revers par les deux derniers gardes et Galipas qui s'&eacute;taient entre temps approch&eacute;s silencieusement. L'effet de surprise marcha en plein et trois des gobelins s'effondr&egrave;rent rapidement. Les trois autres prirent la fuite devant ce d&eacute;sastre. <P>Pendant le combat un des gardes et Xylan furent l&eacute;g&egrave;rement bless&eacute;s. Mais l'utilisation d'un miracle ''gu&eacute;rison'' par Alkan et une bonne nuit de sommeil r&eacute;gla ce probl&egrave;me. La suite du voyage se d&eacute;roula sans probl&egrave;me et la caravane arriva &agrave; destination au d&eacute;but du mois des vendanges. <P>A part l'interm&egrave;de de la passe de Lyaf&egrave;ne, ce long p&eacute;riple n'avait pas &eacute;t&eacute; aussi int&eacute;ressant que Xylan l'e&ucirc;t esp&eacute;r&eacute;. En cons&eacute;quence il d&eacute;cida de ne pas renouveler l'exp&eacute;rience. Charichi et Alkan se laiss&egrave;rent facilement convaincre. Ils partirent donc tous trois explorer Battbluie. A l'&eacute;poque les Templiers Rouges n'avaient pas encore une tr&egrave;s grande influence sur la cit&eacute; qui &eacute;tait un fief de la Confr&eacute;rie de Sundonak. Les guerriers de tous bords y &eacute;taient donc tr&egrave;s nombreux et Xylan pensait pouvoir facilement recruter des renforts pour ses prochaines aventures. Apr&egrave;s avoir admir&eacute; les belles r&eacute;sidences des collines ils s'enfonc&egrave;rent dans les bas quartiers plut&ocirc;t crasseux mais o&ugrave; les prix &eacute;taient plus raisonnables. C'est l&agrave; qu'ils furent attir&eacute;s pas un cliquetis d'&eacute;p&eacute;es. Ils virent alors un grand baraqu&eacute; noir compl&egrave;tement chauve r&eacute;sultat d'un croisement improbable entre un humain et un g&eacute;ant. Cet homme faisait virevolter avec une grande facilit&eacute; une &eacute;p&eacute;e &agrave; deux mains entre la quinzaine de voyous qui le cernaient. Malgr&eacute; sa grande habilet&eacute; il aurait &eacute;t&eacute; submerg&eacute; sans l'intervention d'Alkan qui lan&ccedil;a le miracle ''sommeiller'' ce qui calma tout ce beau monde. <P>Pour remercier les trois compagnons, Darion, tel &eacute;tait son nom, les invita &agrave; boire un coup au Bras de Fer. Il leur apprit que ses agresseurs appartenaient &agrave; la Ligue de la Puret&eacute;. Un groupuscule raciste adorant &Ocirc;m qui avait d&eacute;cr&eacute;t&eacute; que les humains &eacute;taient la race sup&eacute;rieur de Kharne et qui ha&iuml;ssait particuli&egrave;rement les demi-humains. Xylan tr&egrave;s impressionn&eacute; par l'habilet&eacute; de Darion lui proposa de les accompagner. Celui-ci, grand adorateur de Novala, donna son accord apr&egrave;s avoir exig&eacute; l'engagement dans le groupe d'un pr&ecirc;tre de sa d&eacute;esse. <P>Le lendemain pendant qu'Alkan allait rendre hommage &agrave; Phyloqure, Darion emmena les autres visiter le temple de Novala o&ugrave; il leur pr&eacute;senta son ami Chalba. Ce dernier, un novice elfe, accepta volontiers de les accompagner dans leurs prochaines aventures. Le soir, m&ecirc;me les 5 aventuriers se r&eacute;unissaient au Bras de Fer, pour cr&eacute;er la Compagnie d'Argus, nous &eacute;tions alors le 20eme jour du mois des vendanges de l'an II 1934. <P>A l'&eacute;poque, ils ne savaient pas que cette alliance &eacute;tait le d&eacute;but d'une longue suite d'&eacute;v&eacute;nements qui allaient les conduire &agrave; l'exil sur Zansabar. <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <P><A HREF="#menu"><IMG SRC="images/plume.gif" ALT="Haut de la page" NOSAVE BORDER=0 X-CLARIS-USEIMAGEWIDTH X-CLARIS-USEIMAGEHEIGHT HEIGHT=86 WIDTH=39></A>    <BR>   &nbsp; <BR>&nbsp; <P><A NAME="exil"></A><B><FONT FACE="Lucida Blackletter"><FONT SIZE=+2>La route de l'exil</FONT></FONT></B> <P><FONT COLOR="#006600">Le 31 du mois des Pluies de l'an II 1937</FONT> <BR>Hier, Xylan m'a demand&eacute; de tenir le journal de notre fuite. Je profite de ce moment de tranquillit&eacute; pour m'atteler &agrave; la t&acirc;che. <BR>Ce matin, nous sommes arriv&eacute;s &agrave; Glintafel. Comme partout ailleurs, le froid y est mordant et la neige, inhabituelle sous ces latitudes, y est abondante. Malgr&eacute; ces mauvaises conditions climatiques, de nombreux passants circulent dans les rues. Les enfants n'ayant sans doute jamais vu autant de neige s'amusent comme des fous. <BR>D&egrave;s notre arriv&eacute;, nous nous sommes dirig&eacute;s vers le temple de Phyloqure. Deux des condisciples d'Alkan, Phoulci et Prateris, y officient et notre pr&ecirc;tre nous a assur&eacute;s que l'on pouvait compter sur leur discr&eacute;tion. De toute fa&ccedil;on, nous n'avons pas trop le choix, car Darion a &eacute;t&eacute; salement touch&eacute; lors de la derni&egrave;re attaque des assassins qui sont &agrave; notre poursuite. <BR>Comme pr&eacute;vu, les amis d'Alkan nous ont chaleureusement accueillis. Prateris a aussit&ocirc;t pris en charge notre bless&eacute; tandis que Phoulci nous pilotait vers le r&eacute;fectoire o&ugrave; avons enfin pu nous restaurer convenablement. Un peu plus tard, notre compagnon revenait nous rejoindre. Il avait retrouv&eacute; son allant habituel ainsi que son app&eacute;tit d'ogre. Mais le fait que Prateris, Alkan et Xylan se soient discr&egrave;tement &eacute;cart&eacute;s pour discuter m'a quelque peu inqui&eacute;t&eacute;e. <BR>En d&eacute;but d'apr&egrave;s midi, nous avons quitt&eacute; le temple, pour vider notre compte en banque et convertir les sommes retir&eacute;es en pierres pr&eacute;cieuses. Ensuite, nous nous sommes rendus dans une auberge minable du port pendant que Xylan et Charichi partaient &agrave; la recherche d'un passage sur un bateau en partance. Malgr&eacute; la r&eacute;pulsion des deux nains du groupe pour les navires, nous devrons absolument utiliser ce mode de transport pour quitter Rumsultan. <P><FONT COLOR="#006600">Le 1 du mois des Vents de l'an II 1937 (Glintafel le d&eacute;part)</FONT> <BR>Hier soir, j'ai harcel&eacute; Xylan pour savoir s'il ne me cachait pas quelque chose &agrave; propos de Darion. Il n'a rien voulu me dire. Je suis tout de m&ecirc;me rassur&eacute;e par le fait que Darion a l'air de se porter comme un charme ce matin. <BR>&Agrave; l'aube, apr&egrave;s avoir quitt&eacute; discr&egrave;tement l'auberge, nous nous sommes rendus sur les quais et avons embarqu&eacute; sur la "Bonne Brise". J'ai &eacute;t&eacute; quelque peu surprise en apercevant le capitaine qui nous attendait pr&egrave;s la coup&eacute;e. C'&eacute;tait un jeune nain &agrave; peine centenaire, grand pour quelqu'un de sa race avec une chevelure et une barbe blonde taill&eacute;e avec soin. Charichi m'apprit que Grande Perche, le capitaine se nomme ainsi, est un de ses nombreux neveux et que c'est l'original de la famille. Grande Perche est un des rares nains aimant l'eau et sachant nager. &Agrave; trente ans, il avait quitt&eacute; sa famille pour visiter le monde et &agrave; quarante il s'&eacute;tait engag&eacute; comme mousse sur un navire marchand. Il y a dix ans, il &eacute;tait devenu le propri&eacute;taire et capitaine de la Bonne Brise qu'il avait presque enti&egrave;rement construite de ses propres mains. Depuis, il fait du cabotage entre les diff&eacute;rents ports du continent, effectuant le tour de celui-ci en un an. Comme chaque ann&eacute;e, apr&egrave;s un mois de cale s&egrave;che, la Bonne Brise allait reprendre son voyage autour du continent. <BR>Suite &agrave; la demande de son oncle et pour une somme modeste, le capitaine a accept&eacute; de nous prendre &agrave; son bord jusqu'aux ports du Nord o&ugrave; nous trouverons facilement un navire pour Zansabar. En &eacute;change, nous devrons aider les matelots lors des escales. <BR>Nous avons donc appareill&eacute; ce matin avec la premi&egrave;re mar&eacute;e. D'apr&egrave;s Grande Perche, la mer est calme et le vent favorable. Nous devrions donc arriver &agrave; notre premi&egrave;re escale dans trois jours. <P><FONT COLOR="#006600">Le 3 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, le voyage se passe tr&egrave;s bien. Gnofar a bien eu un peu le mal de mer les deux premiers jours, mais maintenant il va mieux. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas pu nous reposer aussi bien. <BR>Etant le seul couple &agrave; bord, Xylan et moi avons le privil&egrave;ge d'occuper une des trois cabines existant &agrave; bord. Elle est tr&egrave;s petite, mais elle propre et bien entretenue. Charichi partage la cabine avec son neveu et nos autres compagnons dorment quant &agrave; eux dans un des dortoirs de l'&eacute;quipage. <BR>Demain, nous arriverons &agrave; Lokie, un port de p&ecirc;che important. On trouve aussi dans cette r&eacute;gion de nombreuses mines de fer. <P><FONT COLOR="#006600">Le 4 du mois des Vents de l'an II 1937 (Lokie- P&ecirc;che tr&egrave;s mauvaise)</FONT> <BR>Nous avons accost&eacute; ce matin &agrave; Lokie. Ici aussi, la neige est abondante. Si le temps reste aussi froid et sec, elle n'est pas pr&ecirc;te de partir. De nombreux bateaux de p&ecirc;che sont &agrave; quai ce qui surprend notre capitaine. Suite &agrave; mes questions, il m'apprend que normalement c'est pendant la saison froide que la p&ecirc;che est la meilleure et que lors de ces pr&eacute;c&eacute;dents passages les p&ecirc;cheurs ne rentraient que beaucoup plus tard dans la matin&eacute;e. <BR>Dans ce port, une petite cargaison d'outils &agrave; destination des mines a &eacute;t&eacute; d&eacute;charg&eacute;e, puis nous avons embarqu&eacute; une vingtaine de tonneaux de saumure remplis de poissons. Grande Perche ne voulant pas manquer la mar&eacute;e du soir activait donc ces hommes &agrave; grand renfort de jurons. <BR>Pendant que mes camarades s'activaient dans ce transbordement de marchandises, je suis descendue &agrave; terre pour prendre les derni&egrave;res nouvelles du coin. Les trois auberges de la ville &eacute;taient pleines &agrave; craquer de marins p&ecirc;cheurs noyant leur d&eacute;suvrement dans de la bi&egrave;re bon march&eacute;. L'aubergiste du Gorille Blanc plus bavard que ces confr&egrave;res m'apprit que depuis un mois aucune prise de poisson n'avait &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e &agrave; des lieux &agrave; la ronde. L'air de rien, je l'ai discr&egrave;tement interrog&eacute;, sans grand succ&egrave;s, sur la pr&eacute;sence d'individus bizarres dans les parages ces derniers temps. Mais il revenait toujours sur sujet de pr&eacute;dilection : la disparition du poisson et ces cons&eacute;quences sur l'&eacute;conomie locale. J'ai ensuite fait le tour des boutiques o&ugrave; je n'ai eu aucun mal &agrave; d&eacute;lester de leurs bourses quelques bourgeois, ce qui me permit de faire les quelques achats que mes amis m'avaient demand&eacute;s d'effectuer. <BR>Pendant le d&icirc;ner, Grande Perche nous apprit que les prix du poisson avaient quadrupl&eacute; et qu'il allait faire de tr&egrave;s bonnes affaires en revendant la vingtaine de barils que nous venions d'embarquer. <P><FONT COLOR="#006600">Le 7 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>Darion ne me semble pas dans son &eacute;tat normal. Lui, qui est d'habitude plein d'entrain et de bonne humeur, para&icirc;t maintenant maussade et irritable. <BR>Pour la premi&egrave;re fois depuis notre d&eacute;part il a renonc&eacute; &agrave; sa partie de d&eacute;s journali&egrave;re avec trois des marins amateurs de ce jeu et il est rest&eacute; &agrave; l'&eacute;cart de toute la journ&eacute;e. <P><FONT COLOR="#006600">Le 8 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>Aujourd'hui, j'ai l'impression que l'&eacute;tat de Darion s'est aggrav&eacute;. D'apr&egrave;s Mandos, cela fait deux nuits que le guerrier dort mal et fait des cauchemars. La nuit derni&egrave;re, Alkan a d&ucirc; utiliser un miracle sommeil pour le calmer. <BR>Je suis maintenant s&ucirc;r que la conversation qu'ont eue Prateris, Xylan et Alkan, concernait bien Darion. J'ai interrog&eacute; nos autres compagnons, mais ils n'ont rien remarqu&eacute; de sp&eacute;cial et selon l'avis g&eacute;n&eacute;ral c'est seulement les voyages par mer qui ne conviennent pas &agrave; notre ami. Plus tard, j'ai r&eacute;ussi &agrave; coincer Alkan, mais il n'a pas &eacute;t&eacute; tr&egrave;s bavard. <BR>Ce soir, je vais entreprendre Xylan et il faudra bien qu'il me donne une r&eacute;ponse. <P><FONT COLOR="#006600">Le 9 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>Xylan a fini par m'avouer que, si rien n'&eacute;tait fait, Darion &eacute;tait s&ucirc;rement condamn&eacute;. La blessure qu'il a re&ccedil;ue lors de notre dernier accrochage est bien plus grave que je le pensais. En fait, l'arme qui l'a touch&eacute; &eacute;tait empoisonn&eacute;e avec une substance d'origine divine tr&egrave;s rare, utilis&eacute;e seulement par une secte d'assassin, la Khorfus, dont le chef spirituel est un grand pr&ecirc;tre de Fleyshur. <BR>Du fait de son origine, ce poison est facilement d&eacute;tectable par les pr&ecirc;tres disciples de Phyloqure ou de Baldor. Si un sort ou une potion antipoison sont utilis&eacute;s dans les vingt-quatre heures suivant l'inoculation, la victime ne risque rien. Mais apr&egrave;s ce laps de temps, seuls quelques grands pr&ecirc;tres de Baldor ont le pouvoir de l'&eacute;radiquer du corps de la victime. Si rien n'est fait, une vingtaine de jours plus tard les premiers sympt&ocirc;mes commencent &agrave; appara&icirc;tre (insomnies, cauchemars, irritabilit&eacute;, m&eacute;lancolie). Progressivement, la victime deviendra de plus en plus agressive et sombrera dans la folie. <BR>Mis au courant de la situation par Prateris, le p&egrave;re sup&eacute;rieur du temple de Phyloqure a fait parvenir &agrave; Xylan un mot d'introduction qui devrait nous permettre de prendre contact avec Ircos, un grand pr&ecirc;tre de Baldor, s&eacute;journant actuellement &agrave; Darceye. C'est le seul homme assez puissant dans la r&eacute;gion capable de lutter contre le fl&eacute;au qui sest empar&eacute; de notre ami. <BR>Ce soir, Darion a provoqu&eacute; une bagarre avec deux marins et en a l&eacute;g&egrave;rement bless&eacute; un. Heureusement, Gnofar se trouvait l&agrave;, et il a pu rapidement ma&icirc;triser notre compagnon avec le miracle charm&eacute;. Il va maintenant falloir surveiller le malade pr&egrave;s et l'emp&ecirc;cher de faire des b&ecirc;tises. Ce qui n'est pas une mince affaire vu son gabarit. Heureusement, nous arriverons &agrave; Darceye demain matin. <P><FONT COLOR="#006600">Le 10 du mois des Vents de l'an II 1937 (Darceye - Visite &agrave; Ircos)</FONT> <BR>D&egrave;s notre accostage, Xylan, Charichi, Alkan, Atvia et moi sommes partis &agrave; la recherche dIrcos tandis que mon fr&egrave;re, Chalba et Gnofar se chargeaient de surveiller Darion dont l'&eacute;tat sest fortement aggrav&eacute;. Les deux pr&ecirc;tres l'assomment r&eacute;guli&egrave;rement avec un sort sommeil, mais je doute qu'ils puissent tenir encore tr&egrave;s longtemps &agrave; ce rythme. <BR>Gr&acirc;ce aux indications recueillies aupr&egrave;s de l'aubergiste du Gobelin Rose, nous avons rapidement appris que le monast&egrave;re dans lequel s&eacute;journe Ircos se situe &agrave; l'ouest de la ville, au sommet des falaises bordant la mer de Bultiman. <BR>Apr&egrave;s une demi-heure de marche, nous f&ucirc;mes accueillis par un portier qui examina avec m&eacute;fiance notre petit groupe et nous demanda la raison de notre visite. Xylan lui expliqua que nous devions rencontrer Ircos et que nous avions une lettre d'introduction pour lui. Le moine nous r&eacute;pondit que le grand pr&ecirc;tre serait absent toute la journ&eacute;e et qu'il lui signalerait notre visite d&egrave;s son retour. Devant notre insistance, il consentit tout de m&ecirc;me &agrave; pr&eacute;venir le p&egrave;re sup&eacute;rieur qui voulut bien nous recevoir. &Agrave; la lecture de la lettre d'introduction, celui-ci comprit qu'il fallait agir en urgence. Il nous apprit qu'Ircos &eacute;tait un passionn&eacute; d'arch&eacute;ologie et qu'il explorait actuellement un ancien temple d&eacute;couvert par les Templiers Rouges l'ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente et situ&eacute; &agrave; deux heures de marche au nord. Dix minutes plus tard, nous prenions le chemin du site arch&eacute;ologique guid&eacute; par un novice, Caircly. <BR>En arrivant, nous e&ucirc;mes la mauvaise surprise de d&eacute;couvrir &agrave; l'entr&eacute;e des ruines un homme &eacute;tendu sur le sol une blessure b&eacute;ante dans le dos. Apr&egrave;s un rapide examen, Alkan estima qu'il avait &eacute;t&eacute; tu&eacute; trois heures plus t&ocirc;t par une hache de jet. Caircly nous confirma que c&eacute;tait bien un des compagnons d'Ircos. Il &eacute;mit aussi l'hypoth&egrave;se qu'un groupe de pilleurs ait d&eacute;cid&eacute; de venir explorer le secteur apr&egrave;s le d&eacute;part des Templiers Rouges. <BR>&nbsp;Nous d&eacute;cid&acirc;mes rapidement de tenter le sauvetage des arch&eacute;ologues pendant que Caircly retournerait chercher de l'aide au monast&egrave;re. Une fois dans les souterrains, Alkan lan&ccedil;a un miracle localisation qui nous appris qu'Ircos se trouvait &agrave; peu pr&eacute;s deux niveaux plus bas au nord-ouest. Ensuite, le pr&ecirc;tre utilisa le miracle se cacher pour rendre notre progression plus discr&egrave;te. <BR>Nous n'e&ucirc;mes aucun probl&egrave;me pour descendre au niveau suivant. L&agrave;, les choses se compliqu&egrave;rent, car il nous fallait choisir entre plusieurs galeries. Pour gagner du temps, Atvia lan&ccedil;a donc un sort carte niveau qui allait nous permettre de nous orienter sans h&eacute;sitations. Mon infravision me permettant de me diriger sans &eacute;clairage, je partis en &eacute;claireuse. Je ne tardai pas &agrave; trouver trois corps. Deux d'entre eux avaient &eacute;t&eacute; proprement &eacute;gorg&eacute;s, mais il restait encore au dernier, une &eacute;tincelle de vie malgr&eacute; les tortures subies. Dans un dernier souffle, il m'apprit qu'une dizaine d'individus les avaient surpris alors qu'ils remontaient &agrave; la surface et qu'il restait encore quatre de ces compagnons au deuxi&egrave;me niveau. Redoublant de prudence, je continuai &agrave; progresser et finis par arriver &agrave; l'entr&eacute;e de la salle donnant acc&egrave;s au prochain niveau. Deux guerriers humains moyennement &eacute;quip&eacute;s s'y trouvaient. S&ucirc;rs d'eux, ils &eacute;taient absorb&eacute;s par une partie de d&eacute;s et n&eacute;gligeaient leur travail. Ne pouvant continuer seule plus loin je rejoignis mes compagnons et fis mon rapport. Dix minutes plus tard, nous arrivions &agrave; l'entr&eacute;e de la salle. Xylan &eacute;limina l'un des gardes &agrave; l'aide de son arc court et j'assommais l'autre avec une pierre lanc&eacute;e &agrave; l'aide de ma fronde. Une fouille des deux hommes ne nous apprit rien. Le survivant repris rapidement connaissance. Charichi l'asticota un peu ce qui nous permit d'apprendre que la bande &eacute;tait compos&eacute;e de huit guerriers et d'un pr&ecirc;tre d'Ythcal de bas niveau. Ayant appris la fin des fouilles effectu&eacute;es par les Templiers Rouge, les pillards avaient d&eacute;cid&eacute; d'explorer et de saccager les lieux. La rencontre du groupe d'arch&eacute;ologues men&eacute;s par un grand pr&ecirc;tre de Baldor leur &eacute;tait apparue comme une aubaine qui leur permettrait de se rapprocher encore de leur dieu. Xylan ligota l'homme puis nous descend&icirc;mes prudemment au niveau inf&eacute;rieur. <BR>La moiti&eacute; de la grotte &eacute;tait occup&eacute;e par un lac d'eau de mer et deux boyaux d&eacute;bouchaient dans la salle. Notre groupe emprunta celui qui avait l'air de se diriger dans la bonne direction. Toujours en &eacute;claireuse, je pr&eacute;c&eacute;dais mes amis de quelques m&egrave;tres ensuite venaient Charichi et Xylan tandis quAtvia et Alkan fermaient la marche. Nous progress&acirc;mes sans difficult&eacute;s sur environ 50 m&egrave;tres sans rencontrer &acirc;me qui vive puis nous commen&ccedil;&acirc;mes en entendre des cris qui s'amplifiaient au fur et &agrave; mesure que notre avance. Tout &agrave; coup, je vis &agrave; une dizaine de m&egrave;tres devant moi deux silhouettes. C'&eacute;tait deux hommes nous tournant le dos plus int&eacute;ress&eacute; par ce qui se passait &agrave; l'int&eacute;rieur que de surveiller l'arriv&eacute;e d'&eacute;ventuels g&ecirc;neurs. Alkan lan&ccedil;a un miracle sommeil sur les deux guerriers qui ne tard&egrave;rent pas &agrave; s'endormir. Nous nous approch&acirc;mes de l'entr&eacute;e d'une salle &eacute;clair&eacute;e par de nombreuses torches. A l'int&eacute;rieur, je vis deux hommes en train d'&eacute;corcher vif un malheureux tandis que deux autres amputaient m&eacute;thodiquement un homme, qui je le devinai tout de suite devait &ecirc;tre Ircos. Le grand pr&ecirc;tre sto&iuml;que ne l&acirc;chait aucune plainte ce qui rendait furieux le cinqui&egrave;me tortionnaire, le pr&ecirc;tre d'Ythcal. Les deux autres prisonniers avaient d&eacute;j&agrave; rendu l'&acirc;me, l'un empal&eacute; l'autre d&eacute;capit&eacute;. Devant l'horreur de la sc&egrave;ne, nous attaqu&acirc;mes sans attendre. Alkan lan&ccedil;a une boule de feu sur le pr&ecirc;tre dont la longue robe noire s'enflamma le transformant en torche humaine. Xylan, Charichi et Alkan se pr&eacute;cipit&egrave;rent sur les tortionnaires qui arm&eacute;s de simples couteaux de boucher ne firent pas le poids contre la fureur de mes amis. Quant &agrave; moi, d'un coup dague en plein cur, je mis en terme d&eacute;finitif aux agissements du pr&ecirc;tre. <BR>La bataille ne dura pas plus de cinq minutes et ne fit aucun bless&eacute; dans notre camps. Les cinq meurtriers furent tu&eacute;s au cours de l'&eacute;chauffour&eacute;e. Malgr&eacute; les sorts de soins que lanc&egrave;rent Alkan et Atvia, seul Ircos surv&eacute;cut. Mais dans quel &eacute;tat, il &eacute;tait dans le coma, tous ses doigts et ses deux jambes avaient &eacute;t&eacute; amput&eacute;es ! <BR>Nous m&icirc;mes trois heures pour remonter &agrave; la surface encombr&eacute;e comme nous l'&eacute;tions par le bless&eacute; et les trois prisonniers. Au dernier niveau, nous rencontr&acirc;mes l'&eacute;quipe de secours qui prit le relais. En d&eacute;but de soir&eacute;e, ext&eacute;nu&eacute;s, nous arrivions au monast&egrave;re o&ugrave; nous p&ucirc;mes nous restaurer. Ensuite, le p&egrave;re sup&eacute;rieur nous re&ccedil;ut et nous apprit qu'Ircos s'en sortirait, mais qu'aucun miracle ne pourrait lui rendre ses membres perdus. Un temps trop long s'&eacute;tait &eacute;coul&eacute; entre les mutilations et les soins. Comme je m'&eacute;tonnais quun pr&ecirc;tre de si haut rang n'ait pu ma&icirc;triser une troupe de pillards somme tout relativement faible, le p&egrave;re sup&eacute;rieur me d&eacute;clara qu'Ircos ne se serait jamais abaiss&eacute; &agrave; utiliser les miracles octroy&eacute;s par d'autres dieux. Il s'&eacute;tait seulement content&eacute; d'utiliser les miracles de Baldor pour se soigner ainsi que ces compagnons au fur et &agrave; mesure qu'ils &eacute;taient bless&eacute;s. Mais au bout d'un certain temps ses pouvoirs c'&eacute;taient taris comme ceux n'importe quels autres pr&ecirc;tres. Nous &eacute;tions arriv&eacute;s justes &agrave; temps pour le sauver. Mais maintenant Ircos ne serait plus en &eacute;tat de faire quoique ce soi pour Darion pendant des semaines et personne d'autre dans le secteur ne pouvait l'aider. <BR>Comme nous n'avions plus rien &agrave; faire au monast&egrave;re, nous d&eacute;cid&acirc;mes donc de rejoindre la Bonne Brise. Avant notre d&eacute;part, un moine nous accosta et nous remit deux potions calmantes et un petit sac de pierres pr&eacute;cieuses. <BR>Il est maintenant 23 heures, et me rem&eacute;morer cette journ&eacute;e &eacute;prouvante n'a pas &eacute;t&eacute; une partie de plaisir. Je ne vais s&ucirc;rement pas passer une bonne nuit. <P><FONT COLOR="#006600">Le 11 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>Nous avons repris la mer ce matin en direction de Toxik o&ugrave; nous devrions arriver dans six jours.&nbsp; Notre capitaine est d'excellente humeur, car notre cargaison prend de la valeur de jour en jour. En effet, d'apr&egrave;s ses renseignements la p&eacute;nurie en poisson est g&eacute;n&eacute;rale. Il esp&egrave;re revendre les tonneaux &agrave; Boolobigue trois fois plus cher qu'il ne les a achet&eacute;s. Je commence &agrave; me demander si nous n'allons pas tout droit vers une famine dans le sud du continent. <BR>Gr&acirc;ce &agrave; la potion calmante, l'&eacute;tat de Darion sest am&eacute;lior&eacute;. Heureusement, car nos pr&ecirc;tres n'ont plus la force de lancer des miracles. Il va falloir qu'ils se reposent pendant quelques jours pour r&eacute;cup&eacute;rer pleinement leurs facult&eacute;s. <BR>J'ai profit&eacute; du calme pour examiner les pierres pr&eacute;cieuses que nous ont remises les moines. Ils ne se sont pas moqu&eacute;s de nous, j'estime que nous poss&eacute;dons maintenant une petite fortune se montant &agrave; l'&eacute;quivalant de 15000 Po. <P><FONT COLOR="#006600">Le 13 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>L'am&eacute;lioration de l'&eacute;tat de Darion a &eacute;t&eacute; de courte dur&eacute;e. La potion n'a plus l'air d'avoir beaucoup d'effet sur lui. Nous avons d&ucirc; l'attacher afin qu'il ne provoque pas d'incident &agrave; bord. Mais je doute que les cha&icirc;nes puissent le retenir longtemps s'il perd compl&egrave;tement le contr&ocirc;le de lui-m&ecirc;me. <BR>Le capitaine nous a inform&eacute;s que nous devrions prendre rapidement une d&eacute;cision au sujet du malade sinon il serait dans l'obligation de nous d&eacute;barquer &agrave; la prochaine escale. <BR>Ce soir Xylan a r&eacute;uni tous les membres de la compagnie pour d&eacute;cider de la marche &agrave; suivre.&nbsp; La r&eacute;union a &eacute;t&eacute; plut&ocirc;t agit&eacute;e et nous n'avons pas pu nous mettre d'accord chacun restant obstin&eacute;ment sur ces positions. Les guerriers et le magicien pensant que nous devons abr&eacute;ger les souffrances de Darion. Les pr&ecirc;tres et moi-m&ecirc;me estimons plut&ocirc;t que tant qu'il y a de la vie, il faut la prot&eacute;ger. La d&eacute;cision a donc &eacute;t&eacute; remise &agrave; demain. <P><FONT COLOR="#006600">Le 14 du mois des Vents de l'an II 1937 (Mort de Darion)</FONT> <BR>Ce matin, la folie de Darion a atteint son paroxysme. Il a bris&eacute; ses cha&icirc;nes et d&eacute;fonc&eacute; la porte de la cabine o&ugrave; il &eacute;tait enferm&eacute;. Puis, semant la d&eacute;solation sur son passage, il est mont&eacute; sur le pont. Chalba qui s'y trouvait essaya d'utiliser les miracles charmer et sommeil sur le d&eacute;ment, mais sans succ&egrave;s. Attir&eacute; par le bruit nous n'avons pas tard&eacute; &agrave; nous retrouver tous sur le pont o&ugrave; nous v&icirc;mes Darion en train d'essayer de d&eacute;raciner le mat central. Mandos, l'arme au poing, se pr&eacute;cipita sur lui, mais il fut surpris par la vivacit&eacute; de son adversaire qui l'envoya valdinguer. Alkan lan&ccedil;a un miracle force sur Xylan, Charichi et Gnofar qui plus prudent attaqu&egrave;rent de concert Darion. Comme celui-ci n'avait ni armure ni arme, les attaquants r&eacute;ussirent facilement &agrave; lui infliger des blessures assez douloureuses pour l'obliger &agrave; reculer contre le bastingage. Mais se reprenant, Darion saisit une poutre se trouvant &agrave; proximit&eacute; et la lan&ccedil;a sur ses adversaires qui durent s'&eacute;carter pour l'&eacute;viter. Profitant de l'espace laiss&eacute; libre, Atvia lan&ccedil;a une boule de feu qui ne fit pas grand mal &agrave; Darion, mais le d&eacute;s&eacute;quilibra et le fit passer par dessus bord. Avec un accord tacite, personne ne proposa de le rep&ecirc;cher et Darion qui n'&eacute;tait pas un tr&egrave;s grand nageur, coula rapidement. <BR>Le bilan de cette journ&eacute;e est bien lourd, nous avons retrouv&eacute; deux matelots morts dans les coursives et trois autres bless&eacute;s. Mandos sest retrouv&eacute; quant &agrave; lui avec un bras de cass&eacute;. De plus, nous devrons payer les d&eacute;g&acirc;ts provoqu&eacute;s par notre compagnon qui se montent bien &agrave; 5000Po selon les estimations du capitaine. <BR>Nos pr&ecirc;tres se sont charg&eacute;s des bless&eacute;s qui seront compl&egrave;tement remis dans quelques jours et, &agrave; la tomb&eacute;e de la nuit, les morts ont &eacute;t&eacute; immerg&eacute;s dans l'oc&eacute;an selon les traditions des gens de la mer. <P><FONT COLOR="#006600">Le 16 du mois des Vents de l'an II 1937 (Toxik - La rumeur )</FONT> <BR>Nous sommes arriv&eacute;s vers midi &agrave; Toxik un petit port de p&ecirc;che nich&eacute; au fond d'une crique. Nous y ferons le plein en eau douce et de provisions, chargeront une cargaison de bois et y d&eacute;poseront de l'outillage. C'est notre derni&egrave;re escale avant la grande cit&eacute; de Boolobigue. <BR>Je n'ai gu&egrave;re &eacute;t&eacute; surprise de voir qu'ici aussi les bateaux de p&ecirc;che &eacute;taient au port. Le village, engonc&eacute; sous une &eacute;paisse couche de neige, avait l'air endormi. Les rues &eacute;taient vides et les seuls bruits qui nous parvenaient semblaient provenir de l'auberge. <BR>&nbsp;Le capitaine d&eacute;barqua aussit&ocirc;t et se dirigea vers la capitainerie. L'&eacute;quipage ayant quant &agrave; lui quartier libre pour deux heures, nous en profit&acirc;mes pour une faire une petite vir&eacute;e au Cochon Dor&eacute;, l'auberge du village. Elle &eacute;tait bourr&eacute;e et nous e&ucirc;mes du mal de trouver une table libre. L'ambiance &eacute;tait lourde et &agrave; notre arriv&eacute;e toutes les conversations cess&egrave;rent. Un homme s'approcha de notre table et se pr&eacute;senta comme &eacute;tant Phildry le r&eacute;dacteur du Toxik citoyen. Il nous demanda qui nous &eacute;tions et ce que nous faisions ici. Quand nous lui r&eacute;pond&icirc;mes que nous &eacute;tions arriv&eacute;s avec la Bonne Brise, il se d&eacute;tendit et dans la salle les conversations reprirent progressivement. Le chroniqueur nous offrit &agrave; boire et nous demanda des nouvelles fra&icirc;ches, Xylan lui raconta nos aventures &agrave; Darceye. Il lui pr&eacute;cisa aussi que la p&ecirc;che &eacute;tait tr&egrave;s mauvaise partout et que le rigoureux hiver n'&eacute;pargnait aucunes r&eacute;gions du sud du continent. Le journaliste nous r&eacute;pondit que les anciens n'avaient jamais vu un tel hiver et que depuis une semaine le village &eacute;tait compl&egrave;tement isol&eacute; du reste de la r&eacute;gion, les chemins et sentiers &eacute;tant impraticables vu l'&eacute;paisseur de la neige. Il nous apprit que deux trappeurs tr&egrave;s exp&eacute;riment&eacute;s avaient disparu le mois dernier et que les traces d'une meute de loups, sans doute &agrave; la recherche de nourriture, avaient &eacute;t&eacute; relev&eacute;es pr&egrave;s du village. Phildry nous fit aussi part de la rumeur qui courait dans la r&eacute;gion. Selon elle, des fanatiques de Molwanh s&egrave;meraient le trouble dans l'Ouest de l'empire de Mincox. Ils affirmeraient que l'hiver exceptionnellement rigoureux et que l'&eacute;t&eacute; pr&eacute;c&eacute;dant pourri serait l'uvre de Molwanh furieuse de voir ces for&ecirc;ts dispara&icirc;tre au profit de cultures et de cit&eacute;s de plus en plus nombreuses. Selon eux, le seul moyen d'apaiser la d&eacute;esse serait une diminution drastique de la population. Pour l'instant, Phildry n'avait encore rencontr&eacute; personne ayant &eacute;t&eacute; un t&eacute;moin direct du discours de ces fanatiques. <BR>Deux heures s'&eacute;tant &eacute;coul&eacute;es, nous primes cong&eacute; du journaliste et nous rentr&acirc;mes au bateau. Grande Perche &eacute;tait d&eacute;j&agrave; de retour et le d&eacute;chargement avait d&eacute;j&agrave; commenc&eacute;. Mes compagnons se joignirent aux matelots tandis que je m'enfermais dans ma cabine pour &eacute;crire ces quelques lignes. <P><FONT COLOR="#006600">Le 17 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>Nous avons quitt&eacute; Toxik ce matin avec la mar&eacute;e. Nos pr&ecirc;tres vont pouvoir largement rembourser notre voyage en lan&ccedil;ant r&eacute;guli&egrave;rement le miracle Manne. En effet, le capitaine n'a pas pu se r&eacute;approvisionner correctement en provisions de bouches, car les villageois n'ont pas voulu lui en vendre une quantit&eacute; suffisante par peur d'une p&eacute;nurie au village. <BR>De toute fa&ccedil;on avec notre cargaison nous ne risquons pas de mourir de faim. Je sais que le capitaine compte sur des b&eacute;n&eacute;fices substantiels avec sa revente, mais il n'aura pas le choix si nous ne pouvons pas nous r&eacute;approvisionner &agrave; Boolobigue. Il faudra bien que nous l'utilisions pour notre alimentation. <P><FONT COLOR="#006600">Le 29 du mois des Vents de l'an II 1937 (Boolobigue- Famine dans la ville)</FONT> <BR>Nous sommes enfin arriv&eacute;s &agrave; Boolobigue et &agrave; peine avions-nous termin&eacute; d'accoster qu'un peloton de la milice de la cit&eacute; s'approcha. D&eacute;s que la passerelle fut en place, le sergent commandant le peloton monta &agrave; bord, inspecta sommairement le pont et demanda une liste de la cargaison. Grande Perche quelque peu surpris par cette exigence s'ex&eacute;cuta en grommelant. La liste en poche l'officier quitta le navire et pla&ccedil;a deux sentinelles au pied de la passerelle d'embarquement. <BR>Jusqu'&agrave; ce jour, je n'avais jamais vu autant de navires rassembl&eacute;s &agrave; un seul endroit. Un des matelots m'a appris que Boolobigue est le plus grand port de l'empire et que l'on y trouve des b&acirc;timents en partance pour tous les continents de Kharne. Il &eacute;tait par contre assez &eacute;tonn&eacute; du nombre de navires marchands &agrave; quai. <BR>D&egrave;s que j'en ai eu la possibilit&eacute;, je suis descendu &agrave; terre pour visiter la ville et faire quelques courses pour notre magicien. Les quais &eacute;taient fortement encombr&eacute;s par des marchandises en attentes depuis pas mal de temps vu l'&eacute;paisseur de neige les recouvrants et je n'y ai pas rencontr&eacute; grand monde. Par contre, le Gentil G&eacute;ant, l'auberge du port, m'a paru bomb&eacute;e. J'ai rapidement quitt&eacute; le bord de mer pour me diriger vers le centre ville, &agrave; la recherche des Poudres de Jukor, un alchimiste dont Atvia m'avait fourni l'adresse. Les rues de la cit&eacute; n'&eacute;taient pas tr&egrave;s anim&eacute;es sauf aux&nbsp; abords des boutiques d'alimentations et des temples. Les points strat&eacute;giques de ces b&acirc;timents &eacute;taient gard&eacute;s par des pelotons de la milice fortement arm&eacute;s. Devant leurs portes s'allongeaient de longues files d'attentes. <BR>Apr&egrave;s un quart d'heure de marche, je finis par arriver &agrave; destination. La boutique &eacute;tait relativement grande et de nombreux composants de sorts &eacute;taient expos&eacute;s sur les &eacute;talages. Je sortis aussit&ocirc;t la liste de poudres que m'avait &eacute;tablie Atvia et essayai de d&eacute;chiffrer les pattes de mouches de notre magicien. Gr&acirc;ce &agrave; mes h&eacute;sitations, le g&eacute;rant comprit rapidement que je n'&eacute;tais pas une magicienne. Il pensa s&ucirc;rement qu'il lui serait facile de fourguer quelques babioles inutiles &agrave; une jolie elfe (on me prend souvent pour une elfe, il faut dire qu'&agrave; part mes oreilles je tiens beaucoup plus de la race de ma m&egrave;re que de celle de mon p&egrave;re qui &eacute;tait un humain) visiblement &eacute;trang&egrave;re et peu connaisseuse en la mati&egrave;re. Toujours est-il qu'avant de me fournir les articles demand&eacute;s il essaya de me vendre la moiti&eacute; des produits pr&eacute;sents dans sa boutique. Comme je suis un peu kleptomane sur les bords, je ne pus m'emp&ecirc;cher de remplir discr&egrave;tement mes poches avec tout un tas d'ingr&eacute;dients qui seront s&ucirc;rement tr&egrave;s utile &agrave; Atvia. Quand il l'apprendra, Xylan n'appr&eacute;ciera pas ces vols, mais ce marchand n'avait qu'&agrave; pas me provoquer. <BR>Je profitai aussi de l'occasion pour interroger le marchand sur la situation et les b&acirc;timents gard&eacute;s en ville. J'appris ainsi que les fanatiques dont nous avions entendu parler &agrave; Toxik avaient d&eacute;truit une grosse partie des entrep&ocirc;ts contenant les denr&eacute;es alimentaires approvisionnant la ville. La plupart des routes &eacute;tant impraticables et les stocks &eacute;tant d&eacute;j&agrave; bien bas partout dans l'empire &agrave; cause du dernier &eacute;t&eacute; pourri, il avait fallu ordonner un rationnement de la nourriture. Les temples avaient &eacute;t&eacute; mis &agrave; contribution et leurs pr&ecirc;tres lan&ccedil;aient un maximum de miracles manne pour produire un suppl&eacute;ment de nourriture. Malgr&eacute; tout, la famine s'installerait bient&ocirc;t et depuis quelques jours la tension montait dans les bas quartiers. Le prince avait jug&eacute; plus prudent de faire prot&eacute;ger les lieux d'approvisionnement. <BR>Je fis remarquer au boutiquier que, pour sa part, il n'avait pas l'air tr&egrave;s inquiet. Il me r&eacute;pondit qu'&eacute;tant le fournisseur exclusif en composants du cercle de magie de la cit&eacute;, celui-ci se chargerait de le fournir en produits alimentaires qu'il obtenait &agrave; l'aide de sorts. <BR>Une demi-heure apr&egrave;s &ecirc;tre entr&eacute;e dans la boutique je la quittais pour retourner au bateau. En chemin, je n'ai pas tard&eacute; &agrave; remarquer que j'&eacute;tais fil&eacute;e par un homme. L'air de rien, je me suis dirig&eacute; vers la premi&egrave;re file d'attente rencontr&eacute;e et me suis faufil&eacute;e vers trois malabars d'allure sympathiques qui me firent une petite place. Mon suiveur, ne voulant pas me perdre de vue, fit de m&ecirc;me et se rapprocha de moi. Tout d'un coup, je me mis &agrave; pousser des cris d'orfraie en le d&eacute;signant et en l'accusant de me tripoter. Un flottement s'ensuivit et deux des malabars empoign&egrave;rent l'homme en lui ordonnant de s'excuser. Remarquant le regard mauvais qu'il me lan&ccedil;ait. Je ne lui ai pas laissai le temps de s'expliquer et je remis de l'eau sur le feu en affirmant qu'il me suivait et que je n'&eacute;tais pas rassur&eacute;e du tout. Se voyant coinc&eacute;, vif comme un &eacute;clair l'individu sorti une dague de sa manche et poignarda un des hommes qui le maintenaient captif le tuant sur le coup. Il s'attaqua ensuite au deuxi&egrave;me l'&eacute;liminant de la m&ecirc;me mani&egrave;re. Malheureusement pour lui le deuxi&egrave;me malabar m&ecirc;me dans la mort ne rel&acirc;cha pas son emprise et l'entra&icirc;na dans sa chute. L'assassin n'eut pas le temps de relev&eacute;, car d&eacute;j&agrave; une femme suivie d'autres personnes lui sautait dessus toutes griffes dehors. La garde intervint alors et essaya de calmer le jeu, mais elle fut &agrave; son tour prise &agrave; partie. Devant la situation qui ne tarda pas &agrave; d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer en &eacute;meute, j'ai pr&eacute;f&eacute;r&eacute; m'&eacute;clipser et cinq minutes plus tard j'&eacute;tais de retour &agrave; bord de la Bonne Brise. <BR>Au cours de l'&eacute;chauffour&eacute;e, j'avais remarqu&eacute; que l'assassin portait un pendentif identique &agrave; ceux que nous avions trouv&eacute;s sur les cadavres des assassins qui avaient assen&eacute; &agrave; Darion le coup qui lui co&ucirc;terait la vie. Nous avions travers&eacute; la moiti&eacute; du continent et nous &eacute;tions &agrave; nouveau rep&eacute;r&eacute;s par les hommes de la Khorfus. Apparemment, elle avait d&eacute;cid&eacute; de nous poursuivre sur tout le continent. Tout cela parce que nous avions vol&eacute; une idole hideuse au temple de Fleyshur de Battbluie. <BR>En d&eacute;but de soir&eacute;e, Grande Perche m'a convi&eacute; &agrave; une r&eacute;union &agrave; laquelle participait aussi son second, Charichi, Alkan, Atvia et Xylan. Le capitaine nous dit qu'il avait rendu visite &agrave; deux de ces amis commandants de navires &agrave; quai. Ils lui avaient appris que tous les navires n'ayant pas assez de pr&ecirc;tres ou de magiciens &agrave; bord &eacute;taient bloqu&eacute;s, car ils n'avaient pas pu se ravitailler en vivres. Toutes les cargaisons alimentaires avaient &eacute;t&eacute; r&eacute;quisitionn&eacute;es et de ce fait pay&eacute;es une somme d&eacute;risoire par rapport &agrave; leur valeur r&eacute;elle. Normalement, nous devrions recevoir l'ordre de r&eacute;quisition pour notre cargaison demain. Mon rapport sur la situation en ville confirma les probl&egrave;mes de p&eacute;nurie alimentaire que connaissait la cit&eacute;. <BR>Si nous ne voulions pas &ecirc;tre bloqu&eacute;s ici, nous devions donc quitter le port avant que l'ordre de r&eacute;quisition nous parvienne pour ne pas &ecirc;tre dans l'ill&eacute;galit&eacute;. Mais avant, le capitaine avait d&eacute;cid&eacute; de vendre quelques tonneaux de poisson &agrave; ces deux amis pour qu'ils puissent eux aussi appareiller. C'&eacute;tait la raison premi&egrave;re de la r&eacute;union. Il aurait besoin de notre collaboration pour que l'op&eacute;ration se fasse en toute discr&eacute;tion. Un plan fut rapidement dress&eacute; et sera mis &agrave; ex&eacute;cution demain vers une heure. Un mousse fut envoy&eacute; avec un message pour chacun des capitaines soient au courant. <P><FONT COLOR="#006600">Le 30 du mois des Vents de l'an II 1937</FONT> <BR>&Agrave; une heure ce matin, juste apr&egrave;s la ronde de la milice, Atvia lan&ccedil;a un sort sommeil sur les deux gardes post&eacute;s au bas de notre passerelle. Le sort fonctionna correctement et les deux hommes s'endormirent comme des masses. Xylan et Charichi les ligot&egrave;rent et b&acirc;illonn&egrave;rent pendant que deux marins de m&ecirc;me corpulence les rempla&ccedil;aient. Pour ma part, je descendis &agrave; terre pour une reconna&icirc;tre les abords des deux navires appartenant aux amis du capitaine. Comme pr&eacute;vu, ils n'&eacute;taient pas gard&eacute;s leur cargaison ayant d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; d&eacute;charg&eacute;e. J'explorai les environs et ne vis pas &acirc;me qui vive. &Agrave; mon signal, dix matelots accompagn&eacute;s de leur capitaine quitt&egrave;rent silencieusement le premier bateau et se dirig&egrave;rent vers la Bonne Brise. Quand ils arriv&egrave;rent &agrave; destination, cinq tonneaux de poissons avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;charg&eacute;s par une &eacute;quipe prot&eacute;g&eacute;e par un miracle se cacher lanc&eacute; par Alkan. Chalba accorda la m&ecirc;me protection aux nouveaux arrivants qui prirent livraison de la marchandise d&egrave;s que Grande Perche en eu re&ccedil;u le prix convenu. <BR>&Agrave; deux heures, le premier &eacute;change &eacute;tait termin&eacute; et quand la milice passa, elle ne remarqua rien de sp&eacute;cial. D&egrave;s qu'elle se fut &eacute;loign&eacute;e, nous ex&eacute;cut&acirc;mes le m&ecirc;me sc&eacute;nario avec le deuxi&egrave;me navire. <BR>&Agrave; trois heures, tout le monde avait regagn&eacute; son navire respectif. Nous attend&icirc;mes le troisi&egrave;me passage de la garde puis Gnofar lib&eacute;ra les sentinelles non sans avoir lanc&eacute; le miracle sommeil sur les deux hommes de mani&egrave;re &agrave; ce qu'ils ne donnent pas l'alerte trop rapidement. <BR>&Agrave; trois heures trente, les amarres &eacute;taient largu&eacute;es et une demi-heure plus tard la Bonne Brise &eacute;tait sortie du port et prenait la direction de Stent, notre prochaine &eacute;tape. <BR>Grande Perche &eacute;tait satisfait, le plan s&eacute;tait d&eacute;roul&eacute; sans anicroche, nous ne serions pas bloqu&eacute;s &agrave; Boolobigue et la vente des tonneaux lui avait rapport&eacute; autant que l'achat du lot complet. En plus, il avait rendu service &agrave; ces amis. <P><FONT COLOR="#006600">Le 5 du mois des Germes de l'an II 1937</FONT> <BR>Les cinq derniers jours, il est tomb&eacute; sans arr&ecirc;t une neige collante qui ne fond pas et s'accroche partout. Nous avons &eacute;t&eacute; oblig&eacute;s de r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;gager le pont et d&eacute;charger les gr&eacute;ements pour limiter la casse. <BR>Aujourd'hui le froid &eacute;tant de retour, les pr&eacute;cipitations ont cess&eacute;, nous en avons profit&eacute; pour jeter l'ancre &agrave; l'embouchure d'un petit ruisseau pour refaire le plein en eau potable et r&eacute;parer les quelques d&eacute;g&acirc;ts provoqu&eacute;s par les surcharges. Les r&eacute;parations ont &eacute;t&eacute; termin&eacute;es en fin d'apr&egrave;s-midi. Nous pourrons donc reprendre la mer demain. <BR>Xylan et mon fr&egrave;re sont descendus &agrave; terre. Ils voulaient ramener quelque chose pour varier l'ordinaire. Ils n'ont pas pu aller bien loin, car la couche de neige est tr&egrave;s &eacute;paisse. De toute fa&ccedil;on, le secteur &eacute;tait d&eacute;sert &agrave; part les quelques traces laiss&eacute;es par un Kreshe solitaire. Ils sont donc rentr&eacute;s bredouilles. <P><FONT COLOR="#006600">Le 15 du mois des Germes de l'an II 1937 (Stent - Village abandonn&eacute;)</FONT> <BR>Ce matin, nous sommes arriv&eacute;s dans le secteur Stent, un petit village de p&ecirc;cheurs. Nous nous sommes tout de suite dout&eacute;s que quelque chose n'allait pas. Car m&ecirc;me si le village n'&eacute;tait pas encore visible nous aurions d&ucirc; normalement apercevoir la fum&eacute;e des chemin&eacute;es. Nos craintes furent confirm&eacute;es quand nous arriv&acirc;mes en vue du village. Il n'y avait aucun signe de vie, les rues n'avaient pas &eacute;t&eacute; d&eacute;gag&eacute;es depuis plusieurs jours et n'y avait plus qu'un seul bateau sur la gr&egrave;ve. Chalba lan&ccedil;a un miracle Oracle qui ne lui permit pas de d&eacute;tecter le moindre signe vie. <BR>Nous avons accost&eacute; en milieu de journ&eacute;e et avons aussit&ocirc;t commenc&eacute; &agrave; explorer le village. Rapidement, nous avons constat&eacute; que l'&eacute;choppe d'alimentation et quelques autres b&acirc;timents avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;truits par le feu. La fouille de toutes les maisons ne nous permit pas d&eacute;tecter &acirc;me qui vive. Par contre Grande Perche retrouva le cadavre d'un vieillard ainsi qu'un registre dans le b&acirc;timent des anciens. <BR>La lecture du registre nous apprit que le village avait subi une attaque des fanatiques de Molwanh un mois plus t&ocirc;t. Une dizaine de villageois avaient trouv&eacute; la mort lors des combats et quelques b&acirc;timents avaient &eacute;t&eacute; br&ucirc;l&eacute;s. Le plus grave avait &eacute;t&eacute; la destruction d'une grande partie des r&eacute;serves alimentaires qui ne pouvaient &ecirc;tre compens&eacute;es par les r&eacute;sultats de la p&ecirc;che qui &eacute;taient d&eacute;sastreux depuis le d&eacute;but de l'hiver. Comme ils n'avaient plus les r&eacute;serves n&eacute;cessaires pour attendre les beaux jours, il avait &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; d'abandonner le village et d'utiliser les embarcations pour rejoindre Chimsob la capitale du Califat. Le vieillard que nous avions trouv&eacute; &eacute;tait un des anciens du village ayant cat&eacute;goriquement refus&eacute; de quitter sa maison, car il voulait y finir ses jours. <BR>Apr&egrave;s avoir donn&eacute; une s&eacute;pulture au vieillard, nous avons repris la mer en direction de notre prochaine &eacute;tape qui sera je l'esp&egrave;re, plus tranquille. <P><FONT COLOR="#006600">Le 24 du mois des Germes de l'an II 1937 (Mosirt)</FONT> <BR>Nous sommes &agrave; quai &agrave; Mosirt depuis deux jours et c'est notre plus longue escale depuis notre d&eacute;part de Glintafel. L'hiver est ici aussi bien install&eacute;, mais il n'y a pas de neige, seulement des pluies abondantes et froides. Ici, la disette n'a pas court et personne n'a entendu parler des fanatiques de Molwanh. Nous avons donc pu enfin nous r&eacute;approvisionner et le capitaine a put vendre un bon prix le reste de notre cargaison de poissons et un lot de bois. <BR>A c&ocirc;t&eacute; de nous, un transport d'esclave est amarr&eacute; et nous avons assist&eacute; impuissant au chargement des malheureux qui avaient eu la malchance de tomber sous la coupe d'un marchand de cette main d'uvre bon march&eacute;. Atvia en a profit&eacute; pour nous ressortir sa th&eacute;orie qui pr&eacute;tend que les esclaves sont des gens heureux qui n'ont pas de soucis, toutes les d&eacute;cisions importantes de leurs vies &eacute;tant prises par leur ma&icirc;tre. Je me suis disput&eacute;e avec lui et nous en serions venus aux mains si Xylan ne nous avait pas s&eacute;par&eacute;s. Cela fait longtemps que je connais la position de notre mage sur ce sujet et d'habitude nous &eacute;vitons soigneusement d'en parler, mais l&agrave;, il m'a vraiment mise en col&egrave;re. <BR>Quand il a quitt&eacute; le navire, j'ai suivi le marchand. Il s'est dirig&eacute; vers la p&eacute;riph&eacute;rie de la ville et est entr&eacute; dans une somptueuse villa situ&eacute;e en bord de mer. J'esp&eacute;rais subtiliser &agrave; cet horrible individu tout le fruit de sa derni&egrave;re transaction. Mais une inspection d&eacute;taill&eacute;e de la villa et de ses alentours me montra qu'elle &eacute;tait fortement gard&eacute;e et qu'il me serait impossible d'y faire une incursion sans une longue pr&eacute;paration. Comme nous devions partir le lendemain je du renoncer &agrave; mon projet. <BR>En rentrant au bateau, je remarquai qu'un individu n'avait pas boug&eacute; depuis mon d&eacute;part. &Agrave; premi&egrave;re vue il donnait l'impression de repriser un filet, mais son travail n'avait pas beaucoup avanc&eacute; en une heure et il semblait plus int&eacute;ress&eacute; par les all&eacute;es et venues sur les quais que par son travail. De retour &agrave; bord, je le signalai &agrave; Xylan qui me dit qu'il l'avait d&eacute;j&agrave; rep&eacute;r&eacute; et qu'Alkan avait lanc&eacute; un oracle sur l'homme. En fait, c&eacute;tait une membre de la Khorfus qui devait nous avoir rep&eacute;r&eacute;s et qui attendait s&ucirc;rement des renforts avant de s'attaquer &agrave; nous. Il restait maintenant &agrave; esp&eacute;rer qu'ils ne passeraient pas &agrave; l'action avant notre d&eacute;part demain &agrave; l'aube. <P><FONT COLOR="#006600">Le 25 du mois des Germes de l'an II 1937</FONT> <BR>&nbsp; La nuit derni&egrave;re, nous avons pris chacun un tour de garde, mais finalement il ne sest rien pass&eacute; et nous avons pu appareiller sans probl&egrave;mes &agrave; l'aube. Nous nous dirigeons maintenant vers le port Bodaco o&ugrave; nous devrions facilement trouver un passage pour Zansabar ou Sarajevan. <P><FONT COLOR="#006600">Le 30 du mois des Germes de l'an II 1937 ( Intervention de la Khorfus)</FONT> <BR>Hier en fin d'apr&egrave;s midi, nous avons remarqu&eacute; derri&egrave;re nous une voile &agrave; l'horizon. Au cours la nuit le navire nous suivant s'est beaucoup rapproch&eacute;. Le capitaine ne connaissant pas ce navire, Chalba lan&ccedil;a un oracle pour savoir qui se trouvait &agrave; son bord. Nous appr&icirc;mes ainsi que c'&eacute;tait tous des humains, que l'&eacute;quipage &eacute;tait compos&eacute; de vingt marins, trois pr&ecirc;tres et de trois assassins. Les six derniers &eacute;tant des membres de la Khorfus, nous compr&icirc;mes qu'ils &eacute;taient s&ucirc;rement &agrave; notre poursuite. <BR>Vers midi, le navire qui &eacute;tait plus rapide que le n&ocirc;tre avait d&eacute;j&agrave; combl&eacute; un tiers de la distance qui nous s&eacute;parait le matin. &Agrave; ce rythme, il nous rattraperait au cours de la nuit. <BR>&Agrave; l'aide de la longue vue du capitaine, nous avons pu examiner plus en d&eacute;tail nos adversaires et nous apercevoir que les marins composant l'&eacute;quipage ressemblent plus &agrave; des pirates qu'&agrave; autre chose. Par contre leur navire n'&eacute;tant pas &eacute;quip&eacute; de catapultes, nous ne risquons pas grand-chose le temps qu'il n'est pas trop pr&egrave;s. <BR>Pendant une grande partie de la journ&eacute;e, nos guerriers ont donn&eacute; des cours de combat &agrave; notre &eacute;quipage. Mais la moiti&eacute; de ces hommes n'a jamais tenu entre les mains une arme digne de ce nom. Ce qui revient &agrave; dire que si nous sommes abord&eacute;s nous ne ferons pas le poids bien longtemps contre des pirates bien entra&icirc;n&eacute;s, sans parler des assassins. <P><FONT COLOR="#006600">Le 31 du mois des Germes de l'an II 1937 (Mort de Chalba)</FONT> <BR>Nous avons veill&eacute; toute la nuit pour surveiller nos poursuivants. Ils se sont content&eacute;s de garder leurs distances. Juste avant l'aube, ils ont &eacute;tabli une voilure maximum et ont commenc&eacute; &agrave; r&eacute;duire l'&eacute;cart entre les bateaux. Tous les hommes d'&eacute;quipages non n&eacute;cessaires aux manuvres pr&eacute;par&egrave;rent leurs &eacute;quipements et se r&eacute;unirent sur le pont. Nos pr&ecirc;tres lanc&egrave;rent les miracles Force et Chance de Novala sur les combattants puis nous n'eurent plus qu'&agrave; attendre le d&eacute;but des combats. <BR>Atvia, Chalba et Gnofar se post&egrave;rent &agrave; la poupe derri&egrave;re nos dix meilleurs archers. D&eacute;s que nos poursuivants furent &agrave; port&eacute;e, des vol&eacute;es de fl&egrave;ches se succ&eacute;d&egrave;rent, donnant une protection minimum aux trois hommes. Atvia encha&icirc;na le plus rapidement possible le lancement de boules de feu en direction de la voilure puis du pont des pirates pendant que les deux pr&ecirc;tres utilisaient des miracles sommeils. Les boules de feu eurent l'effet escompt&eacute; et le gr&eacute;ement du vaisseau pirate s'enflamma, les miracles sommeils quant &agrave; eux touch&egrave;rent une quinzaine de pirates. Un des assassins et un pr&ecirc;tre furent touch&eacute;s par les fl&egrave;ches. De leurs c&ocirc;t&eacute;s les pr&ecirc;tres adverses ne rest&egrave;rent pas passifs et utilis&egrave;rent des miracles Main dYthcal &agrave; notre encontre. Six des archers s'effondr&egrave;rent mort sur coup, Chalba fut gri&egrave;vement touch&eacute; et Atvia tr&egrave;s l&eacute;g&egrave;rement. Les assassins &eacute;quip&eacute;s d'arbal&egrave;tes bless&egrave;rent l&eacute;g&egrave;rement Mandos, Gnofar et un autre des archers. <BR>Ce premier &eacute;change nous avait d&eacute;j&agrave; port&eacute; un rude coup. Heureusement, la situation n'&eacute;tait pas meilleure pour nos adversaires. S'ils n'avaient pas de morts et seulement quelques bless&eacute;s mais, une bonne partie des marins &eacute;taient endormi et les autres avaient fort &agrave; faire pour essayer de ma&icirc;triser le feu &agrave; leur bord. D'ailleurs, l'un des mats ne tarda pas &agrave; s'effondrer sur le pont propageant l'incendie et touchant deux des pr&ecirc;tres et un des assassins. Le navire s'approcha cependant encore assez de la Bonne Brise pour que deux des assassins et un pirate r&eacute;ussissent &agrave; sauter &agrave; notre bord puis nous pr&icirc;mes &agrave; nouveau de l'avance. Avant que les trois hommes ne puissent prendre pied sur notre pont Mandos et Charichi se pr&eacute;cipit&egrave;rent sur un des assassins, Xylan et le Grand Perche s'occupant de l'autre. Quant &agrave; moi, je me chargeai d'&eacute;liminer avec l'aide d'Alkan le pirate. Cinq minutes plus tard, nous &eacute;tions d&eacute;barrass&eacute;s des trois intrus. Nous d&ucirc;ment ensuite encore combattre l'incendie du &agrave; des flamm&egrave;ches qui &eacute;taient pass&eacute;es d'un bateau &agrave; l'autre. Apr&egrave;s une demi-heure de lutte acharn&eacute;e, le feu put &ecirc;tre ma&icirc;tris&eacute;, mais nous perd&icirc;mes deux hommes ainsi qu'une partie de la voilure et un des m&acirc;ts fut fortement fragilis&eacute; par les flammes. Le navire pirate quant &agrave; lui d&eacute;rivait au loin, toujours en flammes. <BR>Gnofar et Alkan &eacute;puis&egrave;rent les derniers pouvoirs qui leurs restaient &agrave; lancer des miracles soins sur les bless&eacute;s. Atvia &eacute;tait quant &agrave; lui trop fatigu&eacute; pour r&eacute;ussir &agrave; utiliser le moindre sort de soins. Malgr&eacute; tous nos efforts, nous perd&icirc;mes Chalba et deux autres matelots qui ne surv&eacute;curent pas &agrave; leurs br&ucirc;lures. <BR>En fin de matin&eacute;e, le capitaine organisait une c&eacute;r&eacute;monie mortuaire en l'honneur des d&eacute;funts dont les d&eacute;pouilles furent ensuite immerg&eacute;es. Le bilan de cette triste matin&eacute;e &eacute;tait bien lourd. Nous avions perdu notre ami Chalba, le second de la Bonne Brise et neuf hommes d'&eacute;quipage. La moiti&eacute; des survivants &eacute;tait plus ou moins bless&eacute;. Nos pr&ecirc;tres devraient se reposer quelques jours avant de pouvoir gu&eacute;rir tout le monde. Alkan nous apprit que nous n'&eacute;tions s&ucirc;rement pas &agrave; la fin de nos d&eacute;boires, car il avait entendu un des pr&ecirc;tres de Fleyshur lancer un Cadeau de Fleyshur contre notre navire. <P><FONT COLOR="#006600">Le 2 du mois des Fleurs de l'an II 1937 (1er temp&ecirc;te - D&eacute;but de la d&eacute;rive)</FONT> <BR>Aujourd'hui, nous avons subi une terrible temp&ecirc;te qui a dur&eacute; trois heures. Le mat d&eacute;j&agrave; fragilis&eacute; par la l'incendie a &eacute;t&eacute; arrach&eacute; par les vents violents. En tombant, il a compl&egrave;tement d&eacute;truit le gr&eacute;ement des autres mats. Nous avons aussi perdu deux matelots emport&eacute;s par les flots alors qu'ils d&eacute;gageaient une poutre qui aurait fini par ouvrir une br&egrave;che dans la coque. <BR>Nous sommes maintenant &agrave; la d&eacute;rive, car nous n'avons plus quoi mettre en place une voilure assez importante pour diriger un navire de la taille de la Bonne Brise. Le capitaine &agrave; quand m&ecirc;me bon espoir que nous en sortions, car le&nbsp; courant circulant entre Rumsultan et Zansabar devrait nous rabattre lentement sur les c&ocirc;tes de ce dernier continent. <P><FONT COLOR="#006600">Le 16 du mois des Fleurs de l'an II 1937</FONT> <BR>Nos provisions sont presque &eacute;puis&eacute;es et selon les calculs du capitaine nous n'arriverons en vue des c&ocirc;tes de Zansabar que dans trois semaines. Aujourd'hui nous sommes arriv&eacute;s en vue d'une petite &icirc;le qui n'est m&ecirc;me pas not&eacute;e sur les cartes. Une grosse partie de l'&eacute;quipage voudrait que nous quittions la Bonne Brise pour nous y installer. Mais le capitaine ne veut pas en entendre parler. Cette &icirc;le est tellement isol&eacute;e que nous serions oblig&eacute;s d'y passer le reste de notre vie. Sans compter qu'il ne s'y trouve s&ucirc;rement aucune source d'eau douce. <P><FONT COLOR="#006600">Le 17 du mois des Fleurs de l'an II 1937 (Mutinerie - Mort du capitaine)</FONT> <BR>Une mutinerie a eu lieu &agrave; bord. De bonne heure ce matin, le capitaine a surpris les mutins en train quitter le navire avec la chaloupe qu'ils avaient charg&eacute;e d'une bonne partie des vivres nous restant. Avertis par le bruit, nous sommes mont&eacute;s sur le pont juste &agrave; temps pour voir un des mutins porter &agrave; son capitaine un coup de poignard. Fou de rage, Charichi se pr&eacute;cipita vers la chaloupe et voulut sauter &agrave; bord. Malheureusement, il calcula mal son coup et tomba &agrave; l'eau. Ne sachant pas nager, il se d&eacute;battit avant de couler &agrave; pic. Xylan plongea alors et r&eacute;ussit &agrave; le r&eacute;cup&eacute;rer. Mais des courants contraires ne tard&egrave;rent pas &agrave; les &eacute;loigner de nous. Nous lan&ccedil;&acirc;mes alors un cordage dans leur direction que Xylan r&eacute;ussit &agrave; saisir apr&egrave;s quelques essais. Nous p&ucirc;mes alors les hisser tous les deux &agrave; bord sain et sauf. Entre temps, les mutins s'&eacute;taient trop &eacute;loign&eacute;s pour que nous puissions encore esp&eacute;rer les arr&ecirc;ter. Alkan qui s'&eacute;taient pr&eacute;cipit&eacute; vers Grand Perche nous annon&ccedil;a que le capitaine &eacute;tait mort sur le coup et qu'il n'avait rien pu faire. <BR>Nous sommes maintenant seuls &agrave; bord &eacute;tant donn&eacute; que tout l'&eacute;quipage a particip&eacute; &agrave; la mutinerie. Le fait que nous n'ayons pas une grande exp&eacute;rience de la navigation n'a de toute fa&ccedil;on plus d'importance &eacute;tant donn&eacute; que la Bonne Brise ne peut que se laisser d&eacute;river. Il reste plus qu'&agrave; esp&eacute;rer que Grande Perche avait raison et que les courants nous entra&icirc;neront bien vers les c&ocirc;tes de Zansabar. <BR>Charichi et Gnofar pr&eacute;parent en ce moment le corps du capitaine selon les rites nains. Ce soir, nous lui rendrons un dernier hommage avant de l'immerger. <P><FONT COLOR="#006600">Le 22 du mois des Fleurs de l'an II 1937</FONT> <BR>Nos provisions sont maintenant compl&egrave;tement &eacute;puis&eacute;es. Nos deux pr&ecirc;tres vont lancer le miracle manne pour nous nourrir. Normalement s'ils utilisent tous leurs pouvoirs dans ce but nous pouvons tenir ind&eacute;finiment. <BR>Ces derniers jours, Alkan a lanc&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement le miracle de localisation sur Zansabar. Il a constat&eacute; que nous rapprochions du continent. Nous avons donc bon espoir de nous en sortir <P><FONT COLOR="#006600">Le 28 du mois des Fleurs de l'an II 1937 (2e temp&ecirc;te)</FONT> <BR>Ce matin, nous avons subi une forte temp&ecirc;te. Xylan a pris la barre et a essay&eacute; de nous maintenir face aux vagues &eacute;normes qui nous entouraient. J'ai bien cru un moment que nous allions chavirer. Heureusement, la Bonne Brise a tenu le choc et nous sommes toujours en vie. Par contre, nous avons embarqu&eacute; beaucoup d'eau et les cales sont presque compl&egrave;tement inond&eacute;es. Le bateau s'est donc beaucoup enfonc&eacute; dans la mer et &agrave; la prochaine temp&ecirc;te nous sombrerons s&ucirc;rement. <BR>Au cours de cette temp&ecirc;te, je me suis fait une double fracture du tibia et une entorse du genou. Nous avons retrouv&eacute; Atvia sans connaissance et la t&ecirc;te en sang dans un dortoir. Il est rest&eacute; inconscient six heures. Quand il sest r&eacute;veill&eacute; il n'a reconnu qu'Alkan et Xylan. Apparemment, il a oubli&eacute; les trois derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie. Alkan pense qu'il a subi un fort traumatisme et que la m&eacute;moire lui reviendra avec le temps. <P><FONT COLOR="#006600">Le 30 du mois des Fleurs de l'an II 1937</FONT> <BR>Les hommes ont pass&eacute; toute la journ&eacute;e a construire un radeau muni d'un petit mat et d'une minuscule voile qui devrait nous permettre de rejoindre le rivage d&egrave;s que nous serons en vue du rivage. D'apr&egrave;s Alkan, nous devrions arriver &agrave; destination dans quelques jours. <BR>Atvia est furieux, car il s'est aper&ccedil;u qu'il ne se rappelait plus la plupart des sorts qu'il connaissait auparavant. <P><FONT COLOR="#006600">Le 2 du mois des Prairies de l'an II 1937 (3e temp&ecirc;tes - disparition de Mandos - le bateau coule)</FONT> <BR>Mandos, la seule famille qu'il me restait vient de dispara&icirc;tre lors de la derni&egrave;re temp&ecirc;te que nous venons de subir. La Bonne Brise d&eacute;j&agrave; bien mal en point n'a pas r&eacute;sist&eacute; aux vagues et a sombr&eacute;. Pour ma part handicap&eacute;e par ma jambe, je n'ai eu la vie sauve que gr&acirc;ce &agrave; Xylan qui est venu me r&eacute;cup&eacute;rer dans notre cabine et m'emmener jusqu'au radeau. Quand nous y sommes arriv&eacute;s, tous sauf mon fr&egrave;re s'y trouvaient d&eacute;j&agrave;. Personne n'a &eacute;t&eacute; capable de me dire ce qui lui &eacute;tait arriv&eacute; et quand le temps sest calm&eacute; nous ne l'avons aper&ccedil;u nulle part. <BR>Le radeau n'avait pas encore &eacute;t&eacute; charg&eacute; et nous avons donc perdu au cours du naufrage tout ce que nous ne portions pas sur nous. Heureusement, j'avais mon manuscrit et le sac contenant toute notre fortune en bijoux. Par contre, toutes les armes et armures ont coul&eacute; avec le bateau et Atvia a perdu une grande partie de ces composants. <P><FONT COLOR="#006600">Le 6 du mois des Prairie de l'an II 1937 (Arriv&eacute;e sur Zansabar)</FONT> <BR>Ce matin, en nous r&eacute;veillant, nous avons eu la joie de constater que nous trouvions &agrave; quelques encablures de la c&ocirc;te. Gr&acirc;ce &agrave; notre voile de fortune, nous r&eacute;uss&icirc;mes vite &agrave; prendre pied sur le rivage. Apr&egrave;s avoir lanc&eacute; le miracle localisation, Alkan nous annon&ccedil;a que nous nous trouvions bien sur Zansabar et non sur une &icirc;le. Plus de trois mois apr&egrave;s notre d&eacute;part de Glintafel, nous &eacute;tions arriv&eacute;s &agrave; destination et avions &eacute;chapp&eacute; &agrave; la Khorfus. Elle penserait s&ucirc;rement que nous avions &eacute;t&eacute; &eacute;limin&eacute;s en ne voyant pas r&eacute;appara&icirc;tre la Bonne Brise. <P>Malheureusement, ce d&eacute;but d'ann&eacute;e 1937 ne restera pas un bon souvenir. Nous avons perdu trois de nos compagnons, tout notre &eacute;quipement et caus&eacute; la mort de l'&eacute;quipage de la Bonne Brise. Atvia devra r&eacute;apprendre presque tous les sorts qu'il avait d&eacute;j&agrave; eu tant de difficult&eacute; &agrave; trouver. Quant &agrave; moi, je mettrai bien un an avant de retrouver toutes mes capacit&eacute;s. Mais ne ressassons le pass&eacute; et songeons plut&ocirc;t &agrave; l'avenir. Apr&egrave;s nous &ecirc;tre repos&eacute; et &eacute;quip&eacute;, nous allons partie &agrave; la recherche du Templier O'Brion, un contact de Xylan, pour essayer d'int&eacute;grer l'alliance qu'il est en train de constituer. <DIV ALIGN=right>&nbsp; Valga</DIV> <A HREF="#menu"><IMG SRC="images/plume.gif" ALT="Haut de la page" NOSAVE BORDER=0 X-CLARIS-USEIMAGEWIDTH X-CLARIS-USEIMAGEHEIGHT HEIGHT=86 WIDTH=39></A><A HREF="sommaire.htm"><IMG SRC="images/livre.gif" ALT="Aller au sommaire" NOSAVE BORDER=0 X-CLARIS-USEIMAGEWIDTH X-CLARIS-USEIMAGEHEIGHT HEIGHT=52 WIDTH=106></A>  <BR> &nbsp; <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; </BODY> </HTML> 
