<html> <head> <title>Guewan</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body bgcolor="#000000" text="#CC9900" link="#009999"> <font face="Poor Richard" size=7 color="#008080"> <p align="CENTER">Les nuits d'&ouml;ropa : Guewan</p> </font>  <blockquote>    <blockquote>      <blockquote>        <blockquote>          <blockquote>            <blockquote>             <p><font face="Poor Richard" size=4><font size="6">Cest une nuit                banale &agrave; &Ouml;ropa&nbsp;: Roger et Ogotil tirent un jeune                gar&ccedil;on des griffes de gobelins agressifs, tentent de le soustraire                des plans de Dame Lucyle, le conduisent au travers des brumes jusqu&agrave;                la l&eacute;gendaire Citadelle des Gargouilles, et livrent bataille                &agrave; un contre cent, une escarmouche digne des hauts faits de                la porte de N&egrave;fle. La routine, en quelque sorte.</font></font></p>             <p><font size=4>Enfin, cest comme cela quils mont racont&eacute;                cette aventure. Et je ne serais pas loin d&ecirc;tre daccord avec                eux.</font></p>             <p><font size=4>Vous pourriez croire, vous qui d&eacute;barquez en                gare centrale sans rien conna&icirc;tre &agrave; cette ville immense                et vari&eacute;e, que ces &eacute;v&eacute;nements sont exceptionnels.                Que nenni, il existe dix histoires comme celle-ci pour chacun des                habitants de cette ville. Dun autre c&ocirc;t&eacute;, cest le                genre de chose qui arrivent toujours aux m&ecirc;mes.</font></p>             <p><font size=4>Laissez-moi vous expliquer</font></p>             <p><font size=4>2050. &Ouml;ropa est la capitale de la F&eacute;d&eacute;ration                Europ&eacute;enne, elle s&eacute;tend de Namur &agrave; Dunkerque                et de Maubeuge &agrave; Anvers et compte cinquante millions dhabitants.                La Belgique nexiste plus en tant que telle, Bruxelles est un quartier                comme les autres et le Ring un boulevard satur&eacute; de circulation.</font></p>             <p><font size=4>Bien s&ucirc;r, ce nest pas arriv&eacute; du jour                au lendemain.</font></p>             <p><font size=4>On peut remonter au d&eacute;but du 21&eacute;me si&egrave;cle,                lann&eacute;e 02, pour autant que je men souvienne. Lann&eacute;e                de linvasion, pour les plus pessimistes. La Belgique &eacute;tait                alors le pays le plus ouvert &agrave; limmigration de lUnion Europ&eacute;enne.                Cest &agrave; cause de cela que ces millions dindividus ont pu                arriver, petit &agrave; petit, sous limpulsion de quelques grandes                personnalit&eacute;s. Il sagissait pour elles de protester contre                la situation des pays du sud, d&eacute;favoris&eacute;s, laiss&eacute;s                &agrave; labandon par une soci&eacute;t&eacute; occidentale trop                riche et trop orgueilleuse.</font></p>             <p><font size=4>Des mois et des mois de crise et de lutte au sein                de lEurope et dun de ses plus petits pays. Et vingt ans de construction                sauvage et d&eacute;conomie tourn&eacute;e en bourrique.</font></p>             <p><font size=4>Au final, la Belgique a explos&eacute;. Les flamands                nen pouvaient plus des wallons qui le leur rendaient bien. Avec                le d&eacute;veloppement sauvage de la ville, et larriv&eacute;e                de plus en plus massive de travailleurs, le parlement europ&eacute;en,                d&eacute;j&agrave; bien embarrass&eacute; par le passage de lUnion                &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration, a jug&eacute; pr&eacute;f&eacute;rable                de classer la nouvelle ville territoire f&eacute;d&eacute;ral -                un statut identique &agrave; celui de Washington, DC, aux Etats-Unis                - et de lui donner le nom que ses habitants utilisaient d&eacute;j&agrave;,                &Ouml;ropa.</font></p>             <p><font size=4>Le monde aussi a &eacute;volu&eacute;, mais il nest                peut-&ecirc;tre pas n&eacute;cessaire den parler ici.</font></p>             <p><font size=4>&Ouml;ropa a ses charmes. La mixit&eacute; ethnique                est totale, les rues &agrave; la mode sont multi-culturelles, grouillantes                de vie et d&eacute;nergie. Si vous pr&eacute;f&eacute;rez le calme,                aucun probl&egrave;me. Les cit&eacute;s pavillonnaires des salarimen                s&eacute;tendent &agrave; linfini sur le plat pays. Le visiteur,                et lhabitant curieux, peuvent de promener des mois et des mois,                et toujours d&eacute;couvrir de nouvelles choses. Sans oublier les                lieux touristiques qui m&eacute;ritent le d&eacute;tour, pour mieux                les &eacute;viter&nbsp;: la tour grise, le bunker du parlement,                les terres incultes, le quartier de la mine </font></p>             <p><font size=4>Je ne saurais que trop conseiller &agrave; nos touristes                de jeter le guide quils ont achet&eacute; avant de venir. Il ne                saurait leur d&eacute;voiler tous les secrets de cette ville.</font></p>             <p><font size=4>Il est pr&eacute;f&eacute;rable douvrir ses yeux.                Car le plan v&eacute;ridique de cette ville ne peut &ecirc;tre inscrit                sur du papier, ou dans la m&eacute;moire dune de ces merveilleuses                machines informatiques reli&eacute;es &agrave; la Toile.</font></p>             <p><font size=4>Sous la chaleur froide des lampes &agrave; vapeur                de sodium, les vrais connaisseurs des secrets de la ville ne sont                pas les noctambules en qu&ecirc;te dabsolu, mais des &ecirc;tres                &eacute;tranges, &agrave; lorigine ancienne, que les savants et                les conteurs nomment f&eacute;es, d&eacute;mons, change-b&ecirc;te,                mages ou immortels.</font></p>             <p><font size=4>Et oui, derri&egrave;re les apparences, il y a dautres                apparences.</font></p>             <p><font size=4>Il ne serait pas sage, pour un &eacute;rudit de la                chose occulte comme moi, de d&eacute;voiler sans pr&eacute;paration                lhistoire de ces &ecirc;tres surnaturels. Mais je peux, sans arri&egrave;re-pens&eacute;es,                d&eacute;voiler leurs histoires au quotidien.</font></p>             <p><font size=4>Cest ce que jai commenc&eacute; &agrave; faire,                en r&eacute;unissant les anecdotes et les aventures de Bayle Slayne                Mc Roth, plus connu sous le nom de Roger, et dOgotil de Castignac,                noble ogre gascon.</font></p>             <p><font size=4>Et lhistoire de cette nuit est bien banale et bien                peu excitante, compar&eacute;es aux autres exploits de ces habitants                hors du commun de la plus grande ville du monde </font></p>             <p><font size=4></font></p>             <p><font size=4>Mosh&eacute; Benzarara, antiquaire, historien et guide                &agrave; &Ouml;ropa</font></p>             <p><b><font face="Arial" size=5>Lhistoire</font></b></p>             <p><font size=4 color="#008080">Le signe // dans les dialogues indique                un changement de phylact&egrave;re dans la suite de paroles du personnage.</font></p>             <p><b><font face="Arial" size=5>Acte un&nbsp;(deux pages)</font></b></p>             <p><font size=4>La nuit. Une ruelle sombre, un escalier dans le fond,                des caisses de bois, de fer, des containers &agrave; ordures. Cest                larri&egrave;re dun h&ocirc;tel de basse condition, lun de ces                lieux &eacute;tranges que ne visitent que les riverains.</font></p>             <p><font size=4>Au deuxi&egrave;me &eacute;tage de lh&ocirc;tel,                une fen&ecirc;tre explose sous un choc brutal. Deux hommes enlac&eacute;s                dans un corps-&agrave;-corps acharn&eacute; viennent de fracasser                louverture, entra&icirc;nant avec eux une pluie de verre bris&eacute;,                un volet de bois, lautre restant accroch&eacute; &agrave; ses gonds                tant bien que mal. Chute des corps. Les combattants se s&eacute;parent.</font></p>             <p><font size=4>Ils s&eacute;crasent lourdement au sol. Un atterrissage                qui tuerait nimporte qui. Mais eux se rel&egrave;vent dun bond,                ramassent rapidement leurs armes, deux lames longues et effil&eacute;es.</font></p>             <p><font size=4>Le premier est Ogotil de Castignac, en chemise de                flanelle et pantalon de velours. Lautre est un individu mal ras&eacute;,                &agrave; la mine patibulaire, coiff&eacute; dun ridicule chapeau                tyrolien qui ne la pas quitt&eacute; au cours de sa chute et habill&eacute;                dun loden vert pass&eacute; sur un costume sombre. Il sagit dun                gobelin.</font></p>             <p><font size=4>Le gobelin attaque rapidement avec son sabre courbe,                par&eacute; de justesse par Ogotil, emp&ecirc;tr&eacute; dans des                cartons. La lutte est rapide et Ogotil se d&eacute;barrasse de son                adversaire. Il repousse le corps inerte du gobelin et se pr&eacute;cipite                dans lescalier de service de lh&ocirc;tel, un escalier branlant                et pouilleux.</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte deux (cinq pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>Ogotil p&eacute;n&egrave;tre dans une chambre dh&ocirc;tel                qui contient deux lits. Le mat&eacute;riel est d&eacute;vast&eacute;,                bris&eacute;. Trois corps au moins gisent sur le sol, lun deux                na plus de t&ecirc;te. Ce sont des gobelins, habill&eacute;s comme                le pr&eacute;c&eacute;dent. La fen&ecirc;tre est cass&eacute;e.                Dans un coin de la pi&egrave;ce, un gamin dune dizaine dann&eacute;es                est b&acirc;illonn&eacute; et attach&eacute;.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil rengaine son arme au c&ocirc;t&eacute;. Il                sapproche du jeune gar&ccedil;on. Ce dernier reste froid, d&eacute;contenanc&eacute;,                il doit certainement &ecirc;tre terrifi&eacute;.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Guewan,                cest &ccedil;a, hein&nbsp;? // Je suis un ami de ta tante.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil d&eacute;gaine un couteau, coupe rapidement                les liens et enl&egrave;ve le b&acirc;illon de la bouche de lenfant                qui se frotte les poignets.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: &Ccedil;a                va aller maintenant. // Demain matin tu seras chez toi. Pour le                moment, mieux vaut &eacute;viter les gobelins.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil enroule le m&ocirc;me, simplement habill&eacute;                dun pyjama fa&ccedil;on Little Nemo, dans un trois quart en cuir                pour le prot&eacute;ger du froid.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Tu                ne r&eacute;ponds rien&nbsp;? Tant pis. // De toute fa&ccedil;on,                je parle pour deux.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil se penche rapidement par la fen&ecirc;tre.                En bas, il peut constater que plusieurs autres gobelins convergent                vers lentr&eacute;e de lh&ocirc;tel. Lun deux examine rapidement                le corps inanim&eacute; qui est rest&eacute; en bas.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Il                faut savoir tirer sa r&eacute;v&eacute;rence.</font></p>             <p><font size=4>Il saisit lenfant et descend les escaliers vers lentr&eacute;e                principale de lh&ocirc;tel. Il doit se planquer un instant pour                laisser passer trois gobelins en maraude et se retrouve dehors.</font></p>             <p><font size=4>Une rue d&Ouml;ropa dans un quartier populaire qui                a lair de craindre un peu, n&eacute;ons et papiers gras. Un car                de police roule doucement, quelques passants - des oiseaux de nuit                qui vaquent &agrave; leurs occupations nocturnes. Ogotil marche                vite.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Les                gobs sont vraiment des amateurs. &Ccedil;a na pas &eacute;t&eacute;                long de te retrouver.</font></p>             <p><font size=4>Il se retourne en entendant des &eacute;clats de voix.                Les gobelins sont sur les marches de lh&ocirc;tel. Lun deux la                rep&eacute;r&eacute; et indique sa direction aux autres. Ogotil                commence &agrave; courir.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Je                ne sais pas ce quils te veulent,&nbsp;mais Dame Lucyle nest plus                de bonne compagnie de nos jours.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil tourne &agrave; un coin de rue, sarr&ecirc;te                instantan&eacute;ment, tenant le gamin sous un bras. Il fait un                croche-pied au premier gobelin et une corde &agrave; linge au second,                d&eacute;marrant &agrave; contre-pied dans le mouvement, laissant                ses poursuivants s&eacute;crouler les uns sur les autres.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Ils                ne tont pas fait de mal&nbsp;? // En g&eacute;n&eacute;ral ce sont                de sombres brutes. Leurs ordres devaient &ecirc;tre tr&egrave;s                pr&eacute;cis te concernant.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil rentre dans un immeuble plus moderne. Il grimpe                les escaliers quatre &agrave; quatre, arrive sur le toit plat, pose                lenfant sur un rebord de ciment et bloque rapidement la porte avec                de lourds madriers de bois quil tire dun &eacute;chafaudage.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Tu                ne dis toujours rien&nbsp;? Pas grave.</font></p>             <p><font size=4>Tout en fouillant dans son manteau, il trace rapidement                du bout des pieds des signes sur le gravier qui recouvre le toit.                Il ressort une fl&ucirc;te baroque en bois noir. A genou, il commence                &agrave; jouer, face &agrave; la porte.</font></p>             <p><font size=4>De lautre c&ocirc;t&eacute; de celle-ci, les gobelins                se pressent et tentent de la d&eacute;foncer.</font></p>             <p><font size=4>Le gamin semble sortir de sa torpeur tandis quOgotil                commence &agrave; jouer, soulevant un mince nuage de poussi&egrave;re                devant lui.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Tu                ne vas pas me manger&nbsp;?</font></p>             <p><font size=4>Ogotil sarr&ecirc;te soudainement. Son visage exprime                la surprise. Puis il &eacute;clate de rire.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Oh                non&nbsp;! Tu sais, il ne faut pas croire tout ce quon raconte.                // Dans la famille, on a pas lhabitude de manger nimporte quoi.                // Tu causes maintenant&nbsp;?</font></p>             <p><font size=4>Guewan baisse les yeux, g&ecirc;n&eacute;.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Cest                la musique La m&ecirc;me que dans mes r&ecirc;ves.</font></p>             <p><font size=4>Etonnement et circonspection de la part dOgotil.                Il sest assis. Derri&egrave;re lui, la porte commence &agrave;                c&eacute;der.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Donc,                tu r&ecirc;ves de musique&nbsp;? Fort bien. &Ccedil;a expliquerait                certaines choses. // Ta tante ne ta jamais parl&eacute; de tes                cousins ou de trucs un peu bizarres.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Elle                ma dit que c&eacute;tait normal.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Ah                tiens&nbsp;! Pourquoi ne ma-t-elle pas pr&eacute;venu&nbsp;? Ce                nest pourtant pas le genre de d&eacute;tail quon peut omettre.</font></p>             <p><font size=4>La porte explose, livrant le passage &agrave; une                bande de gobelins d&eacute;cha&icirc;n&eacute;s. Guewan se cache                derri&egrave;re le parapet de ciment. Ogotil sest remis &agrave;                jouer. Il est environn&eacute; dun nuage de poussi&egrave;re qui                prend lapparence dun oiseau de sable. Un gobelin s&eacute;lance,                mais loiseau lui laboure le visage. Ogotil est d&eacute;j&agrave;                sur ses pieds, il a d&eacute;gain&eacute; sa rapi&egrave;re. Il                casse l&eacute;lan du deuxi&egrave;me en lui lac&eacute;rant le                ventre.</font></p>             <p><font size=4>Loiseau se d&eacute;double brusquement et soccupe                des gobelins. Un chien de sable et de gravier sort du nuage de poussi&egrave;re                et vient lui pr&ecirc;ter main forte.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil sapproche de Guewan.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Ce                nest sans doute pas &agrave; moi de le faire, mais l&agrave;, on                a un petit probl&egrave;me suppl&eacute;mentaire &agrave; r&eacute;gler.</font></p>             <p><font size=4>Il se penche sur lenfant, lair un peu mena&ccedil;ant.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Tu                as d&eacute;j&agrave; remarqu&eacute; que je suis un ogre.</font></p>             <p><font size=4>Il se redresse, la rapi&egrave;re &agrave; la hanche,                la main sur le cur.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Baron                Ogotil de Castignac, noble gascon de la maison du Ch&ecirc;ne, affili&eacute;                &agrave; la cour de l&eacute;t&eacute;, membre de la cour des braises,                pourfendeur de Malfaisances et grand coureur des Brumes.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil pose la main sur l&eacute;paule de Guewan.                Derri&egrave;re, la m&ecirc;l&eacute;e est confuse. </font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Mon                gars</font></p>             <p><font size=4>Un gobelin arrive &agrave; passer, mais Ogotil le                re&ccedil;oit dun revers &agrave; la m&acirc;choire.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Mon                gars, disais-je, tu fais partie de la haute caste du peuple f&eacute;erique                de ce monde. Jimagine que ta tante voulait ten parler plus tard,                mais lurgence prime.</font></p>             <p><font size=4>La bataille semble finie. Les gobelins gisent au sol.                Les chim&egrave;res invoqu&eacute;es s&eacute;vanouissent doucement                dans le vent.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Bon,                dans la situation actuelle, on doit voir du monde.</font></p>             <p><font size=4>Il prend lenfant dans ses bras.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Les                airs dont tu r&ecirc;vais tinstruisaient et te guidaient. Maintenant,                il va falloir apprendre &agrave; chanter tout seul. Les &eacute;toiles                ne te prot&eacute;geront plus.</font></p>             <p><font size=4>Il fait passer lenfant sur son dos.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Agrippe-toi                bien &agrave; mon dos, tu es pr&ecirc;t&nbsp;? // Cest parti.</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte trois&nbsp;(deux pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>Ogotil fait un bond gigantesque qui lemporte par                dessus &Ouml;ropa. On peut apercevoir quelques b&acirc;timents importants                de la ville qui s&eacute;tend &agrave; perte de vue. Il rebondit                de toit en toit.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Finalement                &ccedil;a a du bon ces bottes. &Ccedil;a va&nbsp;? Tu taccroches&nbsp;?                // Il ne sagirait pas de tomber maintenant.</font></p>             <p><font size=4>Lenfant a un air mi-apeur&eacute;, mi-&eacute;merveill&eacute;.                Ses cheveux flottent au vent.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil atterrit dans une rue d&eacute;serte. Il prend                lenfant par la main et se dirige vers un vieux magasin &agrave;                la devanture art nouveau, la boutique dun antiquaire.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Cest                l&agrave;.</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte quatre (trois pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>Le magasin est ouvert malgr&eacute; lheure tardive.                Bric-&agrave;-brac, livres rares, bibelots, meubles, chats. Roger                quelque part &agrave; manipuler des objets pr&eacute;cieux quil                sort de caisses en bois (avec de la paille). Les vitrines sont encombr&eacute;es.                Il y a quelques acheteurs.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Salut                la compagnie.</font></p>             <p><font size=4>Roger vient saluer Ogotil et lui tend la main. Guewan                est surpris et regarde partout avec curiosit&eacute;.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Tu                as amen&eacute; ton d&eacute;jeuner&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: D&eacute;conne                pas, Roger. Jai besoin daide. Mosh&eacute; est l&agrave;&nbsp;?</font></p>             <p><font size=4>Pustule vient renifler Guewan qui recule un peu. Le                chien est presque plus gros que le gamin.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Au                fond dans la r&eacute;serve. Y a-t-il quelque chose que je peux                faire&nbsp;? Je mennuie un peu.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Mosh&eacute;&nbsp;:                Comme dhabitude, Roger. En quoi puis-je te rendre service, Ogotil&nbsp;?</font></p>             <p><font size=4>Le vieil antiquaire se montre depuis larri&egrave;re-boutique                o&ugrave; il discutait avec un client.</font></p>             <p><font size=4>(Ellipse, saut de page).</font></p>             <p><font size=4>La boutique est ferm&eacute;e. Ogotil est debout,                il vient dexpliquer &agrave; ses amis laffaire qui le pr&eacute;occupe.                Mosh&eacute; et Roger sont assis. Lenfant est sur les genoux de                Roger.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Voil&agrave;                lhistoire.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Mosh&eacute;&nbsp;:                Tu souhaiterais prot&eacute;ger lenfant des men&eacute;es de Lucyle,                le temps de le former.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Et                si on la retrouvais pour lui faire une t&ecirc;te au carr&eacute;&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Elle                est trop puissante quand elle est chez elle.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Mosh&eacute;&nbsp;:                Et la violence ne r&eacute;sout rien, Roger.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: &Ccedil;a,                Mosh&eacute;, &ccedil;a reste &agrave; voir.</font></p>             <p><font size=4>Tandis que Mosh&eacute; fait des recherches dans un                gros volume pos&eacute; sur un lutrin, Roger et Ogotil jouent aux                &eacute;checs.&nbsp;Guewan et Pustule observent le jeu avec attention.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Qui                est Dame Lucyle&nbsp;? Quest-ce quelle me veut&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Cest                une vieille amoureuse &agrave; Ogotil.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Boarfff&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;!                On a rompu depuis au moins quatre cent ans.</font></p>             <p><font size=4>Ailleurs, dans un bar branch&eacute; bourr&eacute;                de monde, aux lumi&egrave;res n&eacute;on bleut&eacute;es, Lucyle                et son lieutenant sont assis &agrave; une table devant des consommations                et des tapas. Le lieutenant parle dans un portable.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Lieutenant&nbsp;:                Vous &ecirc;tes incomp&eacute;tents // Rendez-vous &agrave; lobservatoire                et attendez les ordres.</font></p>             <p><font size=4>Le lieutenant raccroche et sadresse &agrave; sa sup&eacute;rieure.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Lieutenant&nbsp;:                Un ogre gascon nous a repris lenfant.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Lucyle&nbsp;: Ogotil,                madr&eacute; con&nbsp;! Fallait-il que tu te m&ecirc;le encore de                mes affaires. // </font><i><font face="Courier New" size=3 color="#008080">(au                lieutenant)</font></i><font face="Courier New" size=4 color="#008080">                Connecte-toi et charge le Livre des Sceaux. Je vais devoir invoquer                des chim&egrave;res pour en venir &agrave; bout. // </font><i><font face="Courier New" size=3 color="#008080">(Pour                elle-m&ecirc;me)</font></i><font face="Courier New" size=4 color="#008080">                Reste &agrave; d&eacute;nicher ce s&eacute;duisant imb&eacute;cile                plein de foutre et de principes.</font></p>             <p><font size=4>Dans la boutique, Mosh&eacute; rel&egrave;ve la t&ecirc;te                de son livre.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Mosh&eacute;&nbsp;:                Cest bon les enfants, je crois que jai trouv&eacute;. // Le plus                simple, pour Guewan, serai de trouver un cur de cristal dYsciline.</font></p>             <p><font size=4>Roger profite que Ogotil a tourn&eacute; la t&ecirc;te                pour changer une pi&egrave;ce.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: La                citadelle des Gargouilles Elles collectionnent les colifichets                min&eacute;raux en tous genres.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Mosh&eacute;&nbsp;:                Cest bien plus quune babiole. Cest un talisman de grand pouvoir.                Mais tu as raison, cest l&agrave; quil faut chercher en premier.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Mais                &ccedil;a va servir &agrave; quoi&nbsp;?</font></p>             <p><font size=4>Pustule na rien dit jusqu&agrave; pr&eacute;sent,                mais il rel&egrave;ve un il et r&eacute;pond.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                A ne pas devenir aussi b&ecirc;te et aussi laid que mon ma&icirc;tre</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Ta                gueule, Pustule. La ram&egrave;ne pas.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil sest lev&eacute;, il semble soucieux.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Il                reste un probl&egrave;me. La citadelle est bien cach&eacute;e dans                les Brumes. Il va &ecirc;tre difficile dy acc&eacute;der avec un                novice.</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte cinq (trois pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>Dans la ville. Les deux hommes, le gar&ccedil;on et                le chien se sont mis en route. Au fur et &agrave; mesure de leur                parcours et lors de leurs interventions, le paysage et lambiance                se transforment peu &agrave; peu. Le d&eacute;cors devient plus                sombre, plus gothique, les b&acirc;timents laissent para&icirc;tre                leur vraie nature, et celle de leurs habitants - joyeux ou glauques,                froids ou accueillants. Puis, une l&eacute;g&egrave;re brume s&eacute;l&egrave;ve                du sol, noyant les pieds des voyageurs, les passants sont de moins                en moins nombreux, la ville plus indistincte. Finalement, le d&eacute;cor                devient cotonneux, la v&eacute;g&eacute;tation remplace le b&eacute;ton                et la pierre, on est entre cauchemar et merveille. Lapparence des                personnages change quelque peu. Si Pustule, chien d&eacute;moniaque,                et Guewan, qui nest pas form&eacute;, restent identiques &agrave;                eux-m&ecirc;mes, Roger et Ogotil, en revanche, prennent leurs apparences                f&eacute;eriques.</font></p>             <p><font size=4>Roger est plus beau encore, rev&ecirc;tu dune grande                armure maximilienne sans aucune d&eacute;coration, tr&egrave;s lisse,                aux articulations sobres. Dans son dos s&eacute;tendent les quatre                ailes dun papillon de nuit, sobres et superbes, et parfaitement                &agrave; sa taille. Azareel est &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s,                sous la forme dune &eacute;p&eacute;e longue superbe.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil est maintenant et d&eacute;finitivement un                ogre. Ses traits sont plus &eacute;pais, son corps plus massif et                plus grand si cela est possible. Il d&eacute;passe Roger de deux                t&ecirc;tes. On le reconna&icirc;t toujours &agrave; sa moustache                et &agrave; son bouc, mais ses dents, mal plant&eacute;es, d&eacute;passent                de sa l&egrave;vre inf&eacute;rieure. Il doit faire peur &agrave;                des enfants, terrible et mena&ccedil;ant. Mais son regard reste                toujours celui dun enfant, amus&eacute; et calme.</font></p>             <p><font size=4><i>Au cours du voyage dans les Brumes, Ogotil raconte                &agrave; Guewan quelques &eacute;l&eacute;ments de la nature et                de lhistoire des f&eacute;es. On quitte les personnages pour des                illustrations des &eacute;pisodes importants. Il est &agrave; noter                que vouloir raconter avec pr&eacute;cision cette histoire est illusoire                sur trois pages, mais ce sont des jalons, des grandes lignes.</i></font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Reste                bien entre nous. Sinon tu risquerais de te perdre. Les brumes sont                impitoyables pour les voyageurs imprudents.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Cest                quoi les brumes&nbsp;? Et puis vous ne mavez toujours pas dit ce                que voulait Dame Lucyle.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;:&nbsp;Cest                une belle histoire mais tr&egrave;s triste, pour moi qui lait v&eacute;cue.                Il y a tr&egrave;s longtemps les f&eacute;es ont &eacute;t&eacute;                cr&eacute;&eacute;es par un montreur de marionnettes qui, une nuit                o&ugrave; la col&egrave;re des hommes ravageait la terre enti&egrave;re,                avait tellement amus&eacute; les enfants quil gardait, que leurs                r&ecirc;ves avaient donn&eacute; la vie aux petits pantins de bois.                // Les f&eacute;es devinrent de plus en plus nombreuses, tandis                que la col&egrave;re des humains s&eacute;teignait. La terre enti&egrave;re                &eacute;tait leur demeure et elles &eacute;taient les gardiennes                des merveilles et de la fantaisie qui dors dans le cur des humains.                // Plus tard, les hommes prirent peur de nous et commenc&egrave;rent                &agrave; nous chasser. Pour prot&eacute;ger leurs demeures et leurs                palais, les f&eacute;es tiss&egrave;rent le premier mur de Brume,                peu &eacute;pais et facile &agrave; traverser. // Mais avec le temps,                le mur devint de plus en plus &eacute;pais et les chemins de plus                en plus longs entre les terres f&eacute;eriques et la Tellure. Et                vint la Chute des Neiges. // Les humains ne croyaient plus en rien,                et surtout pas en les f&eacute;es. // Alors la neige tomba et tomba                encore et encore sur les chemins des Brumes. Et les cols furent                ferm&eacute;s, et les chemins perdus. // Tant quon le pouvait encore,                nous d&ucirc;mes faire un choix crucial. Rester sur terre et continuer                dentretenir la flamme des merveilles, ou vivre, coup&eacute;s &agrave;                jamais de la terre, dans nos palais. // Certains rest&egrave;rent,                dautres, les plus nombreux, quitt&egrave;rent le monde. Et le dernier                col fut ferm&eacute;. // Apr&egrave;s, ce fut lerrance, sans plus                dendroit o&ugrave; se reposer. // Certains perdirent espoir et                tinrent les humains pour les responsables de la grande Rupture.                Dame Lucyle en fait partie. Ils sont col&egrave;re et chagrin. //                Dautres continu&egrave;rent tant bien que mal, comme moi, &agrave;                rechercher les cols pour les ouvrir, et &agrave; aider les humains                &agrave; ne pas oublier le grain de folie quils enfouissent profond                en eux avec l&acirc;ge. // La cours des Cendres, et la cours des                Braises. // Dame Lucyle te veut pour elle, pour te former selon                sa philosophie, pour que tu rejoignes les rangs de son arm&eacute;e.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: En                attendant, personne ne retrouve ces putain de cols.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: On                est pas pr&ecirc;ts, cest tout. Il faudrait quune paix soit conclue                entre la lumi&egrave;re et lobscurit&eacute;.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                Comme dhabitude, une salet&eacute; de bagarre sans fin&nbsp;!</font></p>             <p><font size=4>Roger l&egrave;ve une main pour faire signe aux autres.                Il a lair inquiet.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;! Oh,                oh, les gars. On continuera cette discussion plus tard. Je crois                que</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte six (deux pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>Un gobelin saute sur Roger, surgissant des Brumes.                Il se fait hacher la t&ecirc;te par la lame fine et sombre de Roger                qui vient de d&eacute;gainer son &eacute;p&eacute;e Azareel. Ogotil                et Roger entourent le gamin. Pustule est un peu en avant, montrant                les dents.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Merde,                d&eacute;crochage imm&eacute;diat.&nbsp;</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Pas                le temps, mon colon. Regarde.</font></p>             <p><font size=4>Larm&eacute;e des gobelins savance d&eacute;j&agrave;                sur eux. Elle nest pas tr&egrave;s nombreuse en tant que telle,                mais elle est renforc&eacute;e par de nombreuses chim&egrave;res                cauchemardesques, &agrave; la limite de la Malfaisance. Certaines                dentre elles sont immenses et particuli&egrave;rement dangereuses.</font></p>             <p><font size=4>Roger hisse le gamin sur le dos de Pustule.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Emm&egrave;ne                le gamin, on les retient.</font></p>             <p><font size=4>Ogotil prend la main de Guewan.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Guewan,                &eacute;coute la musique, tu trouveras la citadelle. Demande asile                et protection.</font></p>             <p><font size=4>Roger sentaille la main avec Azareel et fait couler                du sang sur le sol, le long de sa lame, pour tracer un cercle. Ogotil                fait des grands gestes pour faire d&eacute;marrer Pustule, pas trop                s&ucirc;r de ce qui se passe. Il revient ensuite vers Roger.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Cercle                de protection&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: La                magie du Sang est de loin la moins douloureuse, finalement.</font></p>             <p><font size=4>Roger et Ogotil font face &agrave; la mar&eacute;e                d&eacute;ferlante. Ils ont les armes &agrave; la main et sourient                b&ecirc;tement.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: On                attend d&ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;s pour commencer la danse&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Grand                timide, va&nbsp;!</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte sept ( quatre pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>La citadelle des Gargouilles s&eacute;l&egrave;ve,                imposante, massive et fine &agrave; la fois, au milieu des Brumes.                Cest un beau morceau de n&eacute;o-gothique roccoco &agrave; tendance                s&eacute;cessioniste. En tout cas, cest de la pierre, encore de                la pierre et toujours de la pierre.</font></p>             <p><font size=4>Guewan est au pied de la tour, juch&eacute; sur le                dos de Pustule. Les deux compagnons semblent tr&egrave;s impressionn&eacute;s.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                Bien jou&eacute;, gamin, pour une premi&egrave;re fois.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Par                o&ugrave; on rentre&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                &Ccedil;a, mon gars</font></p>             <p><font size=4>Une voix les tire soudainement de leur interrogations.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Gargouille&nbsp;:                Nous tattendions, Guewan.</font></p>             <p><font size=4>Sortant dune ouverture qui n&eacute;tait pas l&agrave;                un instant plus t&ocirc;t, des dizaines de gargouilles avancent                et encadrent le duo.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Gargouille&nbsp;:                Suis-nous.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Jai                entendu les chants et jai essay&eacute; de les suivre.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Gargouille&nbsp;:                Cest bien.</font></p>             <p><font size=4>Les groupe rentre dans une immense salle, genre cath&eacute;drale.                Il y a des gargouilles partout, accroch&eacute;es au moindre support.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Gargouille&nbsp;:                Tu trouveras ce que tu cherches derri&egrave;re cette porte.</font></p>             <p><font size=4>Guewan passe une ouverture sculpt&eacute;e, entre                dans une salle plus petite, sombre, hypostyle. Une gargouille immobile                est install&eacute;e sur une estrade, la gueule grande ouverte.                Guewan avance vers la gargouille, impressionn&eacute;. Arriv&eacute;                pr&egrave;s delle, il h&eacute;site un instant, avant de plonger                sa main dans la gueule du monstre. En retirant sa main, il se blesse                &agrave; une dent. Il tient une gemme au bout dun collier en argent.                Du sang coule de sa blessure et asperge la statue. Cest le paiement.</font></p>             <p><font size=4>Pustule appelle le m&ocirc;me depuis le seuil de la                porte.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                Cest bon Guewan&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Oui,                oui, jarrive</font></p>             <p><font size=4>La gargouille les attend.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Gargouille&nbsp;:                Maintenant, il ny a plus de temps &agrave; perdre. Baile Roger                Mc Roth attends notre aide&nbsp;!</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte huit&nbsp;(deux pages)</font></i></b></p>             <p><font size=4>Sur le champ de bataille, cest une grosse latte.                Des corps gisent partout. Roger et Ogotil sont toujours debout,                affrontant sans rel&acirc;che les assauts des chim&egrave;res et                des gobelins.</font></p>             <p><font size=4>Ils marquent une pause un instant, profitant dun                reflux de la mar&eacute;e. Ils sont bless&eacute;s et ext&eacute;nu&eacute;s.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Cest                un beau jour pour mourir&nbsp;!</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Me                fait pas rire, jai pas encore r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;                mes c&ocirc;tes cass&eacute;es.</font></p>             <p><font size=4>Une chim&egrave;re passe soudainement &agrave; lattaque.                Avant de parvenir &agrave; destination, elle est fauch&eacute;e                par une forme floue, brouillant limage. Pustule rel&egrave;ve une                t&ecirc;te aux yeux hallucin&eacute;s, la gueule pleine de sang.                Il est immense, trois fois plus gros que tout &agrave; lheure,                aussi massif quun cheval de trait.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                Pustule-assistance. Vingt-quatre, vingt-quatre, sept sur sept, ma&icirc;tre.</font></p>             <p><font size=4>Une mar&eacute;e de gargouilles enfonce les flancs                des gobelins qui fuient en d&eacute;sordre. Sur le dos dune gargouille,                Guewan l&egrave;ve les bras en signe de victoire.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: En                avant&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;! Yeah&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;!</font></p>             <p><font size=4>Il tombe soudain en avant. Un long dard de m&eacute;tal                est enfonc&eacute; dans son dos.</font></p>             <p><font size=4>On voit un bref instant Dame Lucyle qui d&eacute;tourne                la t&ecirc;te, une larme coule sur sa joue.</font></p>             <p><font size=4>Pustule se pr&eacute;cipite.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                Merde Roger. Fais quelque chose.</font></p>             <p><font size=4>Le m&ocirc;me repose dans les bras dOgotil, il est                p&acirc;le. Il sert dans sa main le talisman de cristal.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Guewan&nbsp;: Pardon                Ogotil, pas de chance hein.</font></p>             <p><font size=4>Roger sest approch&eacute;. Il l&egrave;ve Azareel                au-dessus de sa t&ecirc;te. La lame a pris la forme dun poignard                de sacrifice. Il sappr&ecirc;te &agrave; frapper.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: Pas                grave, &ccedil;a va aller. Tu es tr&egrave;s courageux, presque                digne de devenir &eacute;cuyer dans ma maison.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Azareel,                fais ton office, par le sang et le feu.</font></p>             <p><b><i><font face="Arial" size=4>Acte neuf (une page)</font></i></b></p>             <p><font size=4>La chambre de Guewan. Il dort, sa main est band&eacute;e,                mais il serre un talisman. Dans le couloir sa tante et le m&eacute;decin                discutent.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">M&eacute;decin&nbsp;:                &Ccedil;a va aller. Une l&eacute;g&egrave;re fi&egrave;vre. Mais                vous avez eu raison de mappeler, sa blessure &agrave; la main aurait                pu sinfecter beaucoup plus.</font></p>             <p><font size=4>Au travers de la fen&ecirc;tre de la chambre, on voit                s&eacute;loigner Ogotil, Roger et Pustule.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Ogotil&nbsp;: un                petit cassoulet&nbsp;?</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Roger&nbsp;: Si                tu r&eacute;gales, pourquoi pas.</font></p>             <p><font face="Courier New" size=4 color="#008080">Pustule&nbsp;:                Jaime pas les fayots.</font></p>             <p>&nbsp;</p>             <p>&nbsp;</p>             <p align="center"><font face="Poor Richard" size="5" color="#008080"><a href="Page%200006.htm">Retour                vers les &eacute;crits</a> - <a href="page%200002.htm">Accueil</a></font></p>           </blockquote>         </blockquote>       </blockquote>     </blockquote>   </blockquote> </blockquote> </body> </html> 
