<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd"> <html> <head> <title>JEUNES-FR.COM</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="description" content="Toute l'actu par les jeunes !"> </head>  <body leftmargin="0" rightmargin="0" topmargin="0" bottommargin="0" alink="#FF6600" vlink="#FF6600" link="#FF6600" bgcolor="#FFFFFF" text="#666666"> <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%"> <tr><td bgcolor="#000000"><a name="haut"></a><img src="images/logo.jpg" border="0" alt="Logo" /></td></tr> </table> <table border="0" cellspacing="1" cellpadding="0" width="100%"> <tr><td><small><small>0.<a href="index.php" accesskey="0">Accueil</a> 1.<a href="rubriques.php" accesskey="1">Les Rubriques</a> 2.<a href="annuaire.php" accesskey="2">Annuaire</a> 3.<a href="news.php" accesskey="3">News</a><br>4.<a href="forums.php" accesskey="4">Forums</a> 5.<a href="soap.php" accesskey="5">Avanc&eacute;s</a></small></small><hr color="#AAAAAA" size="1" width="100%" noshade></td></tr><tr><td><center><h1 align="center">Une histoire de dragons</h1>J'ai toujours voulu &ecirc;tre &eacute;crivaine et j'ai commenc&eacute; &agrave; &eacute;crire un livre ya pas longtemps... Mais mon bouquin est rest&eacute; inachev&eacute;, par manque de temps. Donc je voulais l'avis de beaucoup de gens pour savoir si je devais le continuer ou non...<br><small><a href="commentaires.php?tid=415">Commentaires</a></small></center><br><small>Introduction au pays de Styg<br /> <br /> Pour ceux qui aiment les cr&eacute;atures fantastiques, vous serez servis dans ce conte. Il provient d'un monde imaginaire que j'ai cr&eacute;e. Le monde imaginaire n'existe pas vraiment mat&eacute;riellement, mais plut&ocirc;t dans notre t&ecirc;te, o&ugrave; nous le cr&eacute;ons et le fa&ccedil;onnons. J'ai cr&eacute;e le mien et je vous ouvre les portes de ce monde. Je vais vous conter une histoire qui provient d'un des pays qui sont dans cet univers, Styg, o&ugrave; les elfes, les dragons et les licornes en sont les principaux ma&icirc;tres. O&ugrave; l'homme n'a jamais r&eacute;gn&eacute; et ne r&eacute;gnera jamais, un pays sauvage, avec ses lois et ses moeurs. O&ugrave; les dragons chassent les elfes et les licornes, o&ugrave; ces deux peules se d&eacute;fendent et o&ugrave; la peur de sombrer dans les enfers, o&ugrave; le roi incontest&eacute; du mal, Rakantassa, vit et s&egrave;me la terreur, est toujours pr&eacute;sente. Les trois peuples, biens que parfois en rogne, ont toujours livr&eacute; une guerre &eacute;ternelle avec le roi des d&eacute;mons, contre la mort qui est, chacun le sait, in&eacute;vitable. <br /> <br /> <br /> La rencontre des oppos&eacute;s<br /> <br /> 1<br /> <br /> Le dragon rouge &eacute;tait assis sur un rocher, d&eacute;j&agrave; l&agrave; depuis cinq minutes. Ses &eacute;cailles &eacute;taient cramoisies par le soleil br&ucirc;lant du midi et la fum&eacute;e qui sortait de ses narines s'envolaient dans des voluptueuses danses au gr&eacute; de la brise parfum&eacute;e. Il &eacute;tait essouffl&eacute; et son ventre se soulevait et se rabaissait &agrave; une cadence effr&eacute;n&eacute;e. Ses ailes se secouaient paresseusement. Il hochait tristement la t&ecirc;te, l'air abattu. Les grandes cornes qui ornaient sa t&ecirc;te brillaient sous le soleil. Ses yeux furetaient inlassablement l'horizon o&ugrave; de vertes prairies contrastaient avec le ciel bleu. L'eau d'une rivi&egrave;re coulait lentement, zigzaguant entre les arbres et les collines. Il regarda une montagne au sud, grande et toute de pierres o&ugrave; ses semblables avaient creus&eacute; des trous spacieux pour y vivre et s'abriter des intemp&eacute;ries. Au loin, la grande for&ecirc;t paraissait s'&eacute;tendre &agrave; l'infini, comme un manteau vert pos&eacute; sur le sol. Le dragon &eacute;tait maussade parce qu'il avait &eacute;t&eacute; vaincu, et pour un dragon c'&eacute;tait bien une des pires humiliations. Le fait de ne pas sortir vainqueur de quoi que se soit &eacute;tait le point faible de ces belles cr&eacute;atures. Le dragon avait particip&eacute; &agrave; une grande course a&eacute;rienne qui survolait la r&eacute;gion des drogannes, mais il avait, aux trois quarts du chemin, &eacute;t&eacute; sauvagement bouscul&eacute; et il &eacute;tait tomb&eacute; sur le sol, ivre de fatigue. Car il n'&eacute;tait pas jeune, et ses vieux os creux le supportait de moins en moins. Mais il &eacute;tait fier et sa fiert&eacute; pouvait, selon lui, abattre tout s'il en avait le d&eacute;sir. Pour l'instant, elle avait &eacute;t&eacute; brim&eacute;e et la blessure sanguinolente qui ornait sa jambe prouvait qu'il ne devait plus se mesurer &agrave; de jeunes dragons ! Mais quelle folie lui avait pass&eacute; par la t&ecirc;te ! Maintenant il ne voulait que l&eacute;cher sa plaie et se cacher aux yeux du monde. Malheureusement, le dragon qui l'avait sauvagement bouscul&eacute; avait toujours &eacute;t&eacute; son ennemi, aussi loin que ses souvenirs le lui permettaient. Merinsaar &eacute;tait son nom, nom qui trottait incessamment dans la t&ecirc;te de Rendawell, le dragon rouge. Il continua donc &agrave; scruter l'horizon, perdu dans des pens&eacute;es futiles. Mais l'image de son ennemi &eacute;tait tellement pr&eacute;sente dans sa t&ecirc;te qu'il commen&ccedil;ait presque &agrave; halluciner celui-ci. Mais non, ce n'&eacute;tait pas une hallucination ! Quand il le vit, petite tache blanche qui grossissait &agrave; vue d'oeil dans le ciel, il tenta de s'en aller, mais il &eacute;tait si faible, ne pouvant m&ecirc;me pas battre des ailes, qu'il s'affaissa sur le roc, grognant de m&eacute;contentement &agrave; l'arriv&eacute;e de Merrinsar. <br /> <br /> Il atterrit juste en face de Rendawell. Il lui cachait le soleil, comme une ombre mena&ccedil;ante. Merinsaar commen&ccedil;a &agrave; lui parler avec une &eacute;trange douceur : <br /> <br /> - &quot;Alors, mon vieux Rendawell, Pas trop f&acirc;ch&eacute; d'avoir Perdu ?&quot;<br /> <br /> - &quot;D&eacute;gage ! Tu m'as battu et c'est assez pour moi !&quot;<br /> <br /> - &quot;Mais non, voyons, ce n'&eacute;tait qu'une petite course de rien du tout ! Je suis quasiment s&ucirc;r que tu pourras gagner la prochaine. Si bien s&ucirc;r elle se situe dans la cat&eacute;gorie bambins !&quot;<br /> <br /> Il ne r&eacute;pondit pas tout de suite, mais l'envie soudaine de lui arracher la t&ecirc;te le fit sourire. <br /> <br /> - &quot;Mon pauvre Merinsaar ! Si tu savais comme j'ai eu le temps de me reposer ! Je pourrais tr&egrave;s bien te tuer sur-le-champ.&quot;<br /> <br /> - &quot;Ha ! Ha ! Ha ! Laisse moi rire, vielle cro&ucirc;te ! Tu ne serais m&ecirc;me pas capable de faire du mal &agrave; un brin d'herbe. Tu n'as m&ecirc;me pas ripost&eacute; quand on t'a enlev&eacute; ton fils et ta femme !&quot;<br /> <br /> Cela mit le feu aux poudres. La perte de sa famille pour Rendawell &eacute;tait encore une blessure ouverte et Merinsaar venait d'enfoncer un couteau au fer rouge dans cette plaie. Il se releva soudainement et gifla son ennemi au visage, ce qui tum&eacute;fia l'arrogante grimace de son rival. Il riposta mais le vieux avait pr&eacute;venu le coup et le mordit &agrave; la gorge. Rendawell &eacute;tait si enrag&eacute; que le sang lui br&ucirc;lait les yeux. Il ne remarqua pas les lianes magiques l'enrouler. Il dut s'affaisser. <br /> Rendawell ne savait que trop bien qu'il ne faille pas brusquer se sombre personnage, au risque de la vie, mais il avait &eacute;t&eacute; trop loin. Merinsaar ne le tua pas, &agrave; sa grande surprise, mais s'envola pour enfin dispara&icirc;tre dans le ciel bleu. Le temps que Merinsaar s'en aille, les lianes magiques se dissip&egrave;rent et laiss&egrave;rent penaud le dragon. Les souvenirs r&eacute;cents de sa famille virent d&eacute;filer devant ses yeux. Il Son fils et sa femme avaient disparut au cours d'une bataille contre les dragons normaux aux dragons de l'ombre. Il &eacute;tait si seul depuis ce temps... Son travail de garde aupr&egrave;s du royaume des dragons l'occupait de moins en moins, car il devenait de plus en plus un ermite et cette course lui avait prouv&eacute; qu'il vieillissait vraiment, qu'il ne pouvait se cacher au sablier qui annon&ccedil;ait que sa fin &eacute;tait proche. Mais un petit point blanc qui se distinguait dans la plaine verdoyante le fit sortir de ses pens&eacute;es. Le point bougeait tr&egrave;s tranquillement, et semblait s'arr&ecirc;ter pour regarder des choses &agrave; tout bout de champ. Rendawell s'avan&ccedil;a plus proche de la falaise, plissant ses yeux pour mieux distinguer l'inconnu. Il put discerner une silhouette chevaline, une grande crini&egrave;re dor&eacute;... Et une corne scintillante au front. Cela ne pouvait &ecirc;tre qu'une licorne, le c&eacute;l&egrave;bre cheval orn&eacute; d'une magnifique corne. Sa chair, selon les rumeurs, gu&eacute;rissait tous les maux et douleurs, voir m&ecirc;me coupures et entailles profondes... Activ&eacute; par le d&eacute;sir de s'acqu&eacute;rir ces vertus, Rendawell commen&ccedil;a &agrave; battre des ailes pour attaquer sa proie, malgr&eacute; sa grande fatigue. Il sous-estimait la cr&eacute;ature, qui &eacute;tait la reine des licornes, Bysalkamir, qui prenait sa marche. Cette fois elle s'&eacute;tait &eacute;loign&eacute;e de la for&ecirc;t, qui &eacute;tait le refuge de son peuple. Mais elle en avait assez de toujours tra&icirc;ner autour de ses m&ecirc;mes arbres ! Donc elle d&ucirc;t s'en allez, d&eacute;passer les limites de son territoire, allez voir plus loin, ce qui la tentait depuis longtemps. Elle plaignait un peu les gardes qu'elle avait sem&eacute;s dans la for&ecirc;t, car son &eacute;poux l'obligeait sans cesse de se rendre &agrave; quelque part avec une escorte. Elle avait bien rit en d&eacute;couvrant qu'elle courait si vite ! Zigzaguant &agrave; travers les arbres, elle c'&eacute;tait rendue &agrave; la clairi&egrave;re qu'elle franchit et elle put s'&eacute;merveiller du paysage. Que de chances que les licornes de basses naissances ne pouvaient acc&eacute;der ! Mais Bysalkamir &eacute;tait pure et forte, toujours ent&ecirc;t&eacute;e &agrave; d&eacute;fendre jusqu'&agrave; la mort son peuple fantastique, &agrave; qui elle tenait beaucoup, qui occupait souvent ses pens&eacute;es premi&egrave;res, except&eacute; sa libert&eacute; maintenant trouv&eacute;e. Elle vit arriver de loin son attaquant et redoutait un peu la force de ce gros l&eacute;zard, qui &eacute;tait pour elle un ennemi, un dragon malfaisant, quelle devrait battre seule &agrave; seul si un combat devait &ecirc;tre engag&eacute;. Toujours quelque chose pour g&acirc;cher son plaisir ! Elle ne savait pas si les intentions de dragon &eacute;taient bonnes o&ugrave; mauvaise et c'est pourquoi elle se cambra sur ses pattes arri&egrave;res pour accueillir son visiteur. <br /> Rendawell remarqua de justesse l'insigne en forme d'oeil qui ornait la cuisse de la licorne, signifiant l'ultime poste hi&eacute;rarchique. Il s'&eacute;tonna d'abord, quitta son expression farouche, atterrit en douceur pr&egrave;s de la licorne et s'inclina, Ce qui l'amusa. <br /> <br /> - &quot;Je peux voir, dragon, que tu as du respect envers moi, ce qui me touche. Il n'y a plus beaucoup de gens qui respecte encore leurs ennemis... m&ecirc;me en p&eacute;riode de paix. Que me veux-tu, dragon rouge ?&quot;<br /> <br /> - &quot;Je ne voulais point vous importuner, reine, je suis d&eacute;sol&eacute;. Je repars tout de suite...&quot;<br /> <br /> - &quot;Mais non, restez donc, si vos intentions ne sont pas mauvaises ! Je n'ai rien contre les dragons polis et respectueux ! Je me ferais m&ecirc;me un plaisir de faire votre connaissance ! Elle faillit presque regretter ses mots, mais l'expression g&ecirc;n&eacute;e du vieux dragon l'emplis de confiance.&quot;<br /> <br /> - &quot;Oh !... J'en doute fort. Je ne suis qu'un vieux dragon d&eacute;sagr&eacute;able. Qui n'a personne &agrave; qui parler...&quot;<br /> <br /> La licorne le regarda longuement et une &eacute;tincelle se produisit dans ses pens&eacute;es. <br /> <br /> - &quot;Votre nom serait-il Rendawell ?&quot;<br /> <br /> - &quot;Comment...comment le savez vous ?&quot;<br /> <br /> - &quot;J'ai entendu parler dans mon coin qu'un pauvre dragon qui porte votre nom avait perdu sa famille dans la grande guerre.&quot;<br /> <br /> Il se renfrogna, les souvenirs red&eacute;fil&egrave;rent devant ses yeux. <br /> - &quot;Oh ! Mais je ne voulais point vous accabler... Je m'en excuse fortement ! Vous savez, on se bat tous contre ce grand l&acirc;che de Rakantassa, qui ne sort pas de son trou !&quot; <br /> <br /> - &quot;Ce qui nous fait un point en commun. Je ne veux pas vous importuner, reine. Je m'en vais de ce pas.&quot;<br /> <br /> Il se retourna et la reine vit sa blessure sur sa jambe. <br /> - &quot;Mais vous &ecirc;tes bless&eacute;, pauvre ami. Laissez moi voir &ccedil;a ! Allez, allez, je ne vous veux aucun mal.&quot;<br /> <br /> Rendawell se retourna &agrave; contrecoeur, montrant sa plaie ouverte &agrave; la licorne. <br /> <br /> -&quot;Ce... Ce n'est rien, voyons ! On prend des blessures avec l'&acirc;ge.&quot;<br /> <br /> - &quot;Je ne suis pas dupe ! Votre entaille est si profonde que je pourrait m'y glisser ! Laisser moi vous gu&eacute;rir.&quot;<br /> <br /> <br /> <br /> Elle ne le laissa pas r&eacute;pondre qu'elle s'avan&ccedil;a de lui et planta sa corne dans sa cuisse sanguinolente. Il hurla de douleur dans un cri d&eacute;chirant, horrifiant, qui fit trembler la reine de tout ses membres. Elle retira p&eacute;niblement et lentement sa corne. Elle &eacute;tait rouge de sang. La blessure du dragon tourna au blanc, puis commen&ccedil;a &agrave; se refermer doucement. Il geignait de douleur pendant un certain temps puis il poussa un soupir de soulagement. Sa jambe ne saignait plus. Il &eacute;tait troubl&eacute; parce que la reine licorne l'avait soign&eacute;, lui qui voulait la manger peu de temps avant. Il se confondit en douces excuses confuses. La licorne emport&eacute; par l'enthousiasme, l'invita &agrave; marcher avec lui. Il accepta et ils se mirent &agrave; marcher tout en racontant leurs histoires. La reine sut la d&eacute;faite du dragon et eu piti&eacute; de lui. Elle l'invita dans son royaume, pleine de gentillesse &agrave; son &eacute;gard, dans la grande for&ecirc;t d'Erendagon, o&ugrave; les licornes, elfes et autres cr&eacute;atures se complaisent dans la verdoyante masse d'arbres et de pouvoirs mal&eacute;fiques. Mais il voulait pas entrer dans la for&ecirc;t, de peur d'effrayer tout ses habitants et d'enfreindre une grande loi : Les dragons mangent les licornes et les elfes, et &ccedil;a a toujours &eacute;t&eacute; comme &ccedil;a. Mais celui ci aimait bien cette licorne et malgr&eacute; sa faim, il pr&eacute;f&eacute;rait go&ucirc;ter au plaisir d'&ecirc;tre admir&eacute; par ses soi-disant proies. Il voulait &agrave; tout prix voir des elfes, les voir danser et chanter. Mais il savait trop bien que les elfes &eacute;taient pr&ecirc;ts &agrave; tout pour combattre un dragon, car c'est un met et un troph&eacute;e de choix. Il avait compl&egrave;tement oubli&eacute; Merinsaar, et pour le moment il s'en foutait comme de sa premi&egrave;re dent perdue. Il continua donc &agrave; marcher, heureux dans sa peau &eacute;caill&eacute;, oubliant tout ses soucis comme ci la licorne l'avait lav&eacute; de tous ses chagrins et de ses peines, ses malheurs et ses rancunes. <br /> <br /> <br /> <br /> 2<br /> <br /> <br /> <br /> Dans la profonde for&ecirc;t, les nouvelles arrivaient vites. D&eacute;j&agrave; tout les peuples vivant &agrave; travers le manteau vert savaient l'arriv&eacute; du dragon, &Ocirc; comment immense sacril&egrave;ge. Toutes les petites cr&eacute;atures qui &eacute;tait &agrave; la lisi&egrave;re de la for&ecirc;t, en apercevant le monstre, s'&eacute;taient r&eacute;fugi&eacute;s dans les royaumes purs et avaient avertis ses occupants. Le roi et la reine des elfes &eacute;taient inquiets. Un dragon &eacute;tait sur le point d'entrer dans leur for&ecirc;t, mais le pire c'&eacute;tait qu'une reine licorne lui avait montr&eacute; le chemin. Qui devait-on craindre ? &Eacute;tait-ce un sortil&egrave;ge d'envo&ucirc;tement lanc&eacute; par le dragon ou par la reine ? &Eacute;tait-ce la reine qui &eacute;tait ensorcel&eacute;e ou le dragon ? Nul ne savait. Ellyphakai, la reine elfe du royaume de Renegath, avait confiance en sa vielle amie, Bysalkamir. La connaissant au bout de ses doigts depuis leur tendre enfance, les deux amies avaient toujours compt&eacute; l'une sur l'autre. Mais au fond, Ellyphakai &eacute;tait si inqui&egrave;te... Ne pouvant croire qu'un vieux dragon au bout du chemin avait pu ensorceler la puissante reine des licornes, elle tentait de penser &agrave; autre choses mais elle &eacute;tait vraiment tourment&eacute;e et tout le royaume elfe le sentait. Les guerriers elfes se pr&eacute;paraient &agrave; d&eacute;fendre leur enceinte, avec leurs arcs et leurs fl&egrave;ches. et les villageois se cachaient dans leurs maisons apeur&eacute;s comme des petites b&ecirc;tes. Le roi, lui, regardait du haut de la tour de lune ses fiers combattants se pr&eacute;parer &agrave; une &eacute;ventuelle attaque. Le soleil br&ucirc;lant et le souffle chaud de l'&eacute;t&eacute; le faisait halluciner, comme si le monde devant ses yeux ondulait et se d&eacute;formait. Mais rien ne pourrait d&eacute;truire son ch&acirc;teau, qui &eacute;tait magnifique, tout fait de pierres rares et tr&egrave;s pr&eacute;cieuses. C'&eacute;tait s&ucirc;rement le plus solide des ch&acirc;teaux elfes, et le mieux construit. Les reflets du soleil frappaient les pierres et illuminait tout le royaume comme s'il &eacute;tait magique, m&ecirc;me si c'&eacute;tait le cas. Les origines du ch&acirc;teau &eacute;taient presque inconnues, mais tout le monde se doutait qu'il avait &eacute;t&eacute; construit par les dieux du firmament, Par le grand Cieux, roi de tout l'univers. Mais il y avait un seul inconv&eacute;nient dans la construction : ces pierres pr&eacute;cieuses attiraient les dragons et certains, (surtout les dragons d'or) en mangeaient. C'&eacute;tait l&agrave; une occasion en or pour les l&eacute;zards de s'enrichir. Ces pierres procuraient aux dragons une force immense, encore plus forte que celle des temp&ecirc;tes de Styg. Bien qu'aucun dragon n'ai jamais r&eacute;ussi &agrave; attaquer o&ugrave; m&ecirc;me &agrave; effleurer la surface des pierres, la s&eacute;curit&eacute; &eacute;tait de mise et des archers surveillaient toujours, &agrave; relais, les alentours du royaume. Mais le moment n'&eacute;tait pas, pour lui, &agrave; se pr&eacute;occuper de la s&eacute;curit&eacute; de son ch&acirc;teau, mais plut&ocirc;t &agrave; s'occuper de sa femme bien aim&eacute;e. Elle qui avait toujours &eacute;t&eacute; si pr&eacute;sente &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s ! Elle qui avait tout fait pour lui. Il se souvenait encore, quand il du choisir, il eut des ann&eacute;es de cela, la seule femme qui gouvernerait son royaume, la seule qui attira ses yeux fut elle, petite cr&eacute;ature fragile. Il se rappelait encore plus quand elle le regarda dans les yeux pleine d'admiration pour lui, mais aussi de crainte. Et il clama son nom &agrave; haute voix ! Quand il dit tout haut que elle, Ellyphakai, deviendrai son &eacute;pouse, si elle le voulait, il esp&eacute;ra de tout son coeur qu'elle dise oui ! Mais elle s'enfuit &agrave; toutes jambes. Et ce fut seulement apr&egrave;s trois jours qu'elle revint, v&ecirc;tue d'une merveilleuse robe, toute faite de perles de ros&eacute;e. Et elle accepta de devenir sa reine et son &eacute;pouse ! <br /> Elle n'avait jamais cess&eacute;e de l'aimer jusqu'&agrave; se jour. Elle faisait bien son r&ocirc;le de reine et savait r&eacute;conforter son peuple, elle savait le guider, le consoler. Elle trouvait toujours un moyen de r&eacute;soudre des probl&egrave;mes mais ce jour-ci, le coeur n'y &eacute;tait pas. Elle pleurait de peur son amie d'enfance soit morte ou ensorcel&eacute;e. Ses yeux en amandes versaient des larmes cristallines et ses l&egrave;vres tremblaient de peur. <br /> Son mari, Kyrrandel, ne savait pas comment la r&eacute;conforter, comment la prendre dans ses bras, la bercer. Il ne trouvait pas les mots justes. Il ne trouva que son nom &agrave; r&eacute;p&eacute;ter : Ellyphakai, Ellyphakai ! Elle se retourna vers lui, le regardant, les yeux pleins d'eau. Et elle se jeta dans ses bras. <br /> <br /> - &quot;J'ai si peur, Kyrrandel ! Si peur pour nous ! Et je ne sais pas pourquoi. J'ai un terrible sentiment, mon cher &eacute;poux. Un pressentiment pour notre destin&eacute;e ! Pour notre peuple. Qui nous succ&eacute;dera ?&quot;<br /> <br /> - &quot;Mais voyons ! Ce n'est qu'un dragon, ma douce ! Ne te tracasse pas avec &ccedil;a. Nous n'en avons vu beaucoup d'autres. Et aucun n'a put toucher l'un des n&ocirc;tres ! Bysalkamir sait tr&egrave;s s&ucirc;rement ce qu'elle doit faire. &quot;<br /> <br /> - &quot;Ce n'est pas de &ccedil;a dont je parlais. Je parle du prochain qui nous succ&eacute;dera. Nous n'avons ni de fils, ni de fille !&quot;<br /> <br /> - &quot;Oh, ma ch&egrave;re, si tu savais comme j'aimerais te donner un enfant, mais nos dieux savent que ce n'est pas nous qui devront cr&eacute;er un souverain. Nous sauront bien qui sera le prochain roi. Ou la prochaine reine...&quot;<br /> <br /> - &quot;J'aimerais tant te croire, mon coeur. Mais tes paroles ne tarissent pas la peur qui me ronge. Je sais qu'un malheur s'en vient !&quot;<br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Non loin de l&agrave; au village des elfes, Filly, un jeune elfe, posait des questions sur les dragons au garde post&eacute; sur la passerelle de bois, qui reliait toutes les maisons, perch&eacute;es dans les arbres. Celui-ci lui r&eacute;pondait distraitement, car il &eacute;tait un peu lass&eacute; des questions impertinentes du jeune elfe. Il le tiraillait incessamment. Sa grande soeur, Arandela, vint le chercher, un sourire moqueur sur les l&egrave;vres. D&egrave;s qu'elle vit le soldat, Talitalmack, son sourire s'agrandit encore plus. Cette jeune elfe &eacute;tait aguichante, mais n&eacute;anmoins tr&egrave;s intelligente. M&ecirc;me si elle avait pu avoir tout les pr&eacute;tendant qu'elle voulait, son regard remontait toujours vers lui, qu'elle voulait emprisonner dans ses filets. Mais toutes ses tentatives avaient &eacute;chou&eacute; jusqu'alors. Il n'&eacute;tait pas plus vieux qu'elle, une trentaine d'ann&eacute;e, tout au plus Elle regarda tranquillement son nez droit, ses yeux verts et son d&eacute;but de barbe qui lui donnait un air si coquin. Il lui rendit son sourire. Il la trouvait charmante, mais son poste de soldat ne lui permettait pas de courir les jupons. Il r&ecirc;vait d'&ecirc;tre un fier soldat du roi, et il nourrissait cette id&eacute;e en orgueil et en courage. Rien ne le d&eacute;rangeait dans son travail. Rester plant&eacute; la, &agrave; surveiller, voil&agrave; son m&eacute;tier. &Eacute;trangement, il aimait &ccedil;a : Il &eacute;tait bien pay&eacute;, et cela lui suffisait amplement pour nourrir sa famille, qui n'&eacute;tait qu'en fait que sa m&egrave;re et sa jeune soeur. Anrandela tenta encore de le s&eacute;duire discr&egrave;tement, mais le pauvre &eacute;tait absorb&eacute; dans la contemplation d'une marguerite. Il voulait absolument pas d&eacute;tourner son regard, de peur de rencontrer celui de la jeune fille, et de s'inventer des id&eacute;es. Elle ramena son fr&egrave;re chez eux, d&eacute;&ccedil;ue encore, car toutes ses tentations de s&eacute;duire le jeune elfes avaient toujours &eacute;chou&eacute;s. Il lui posait maintenant toutes les m&ecirc;mes questions. Elle le consola en lui disant qu'il verrait s&ucirc;rement un dragon bient&ocirc;t puisque les rumeurs courent qu'un grand dragon rouge &eacute;tait pass&eacute; proche et que les gardes allaient l'abattre. Mais ce qu'elle disait &agrave; son propre fr&egrave;re la r&eacute;pugnait. Elle avait toujours ador&eacute; les animaux, m&ecirc;me les plus f&eacute;roces, et elle trouvait injuste que son peuple, le plus renomm&eacute; pour le respect des cr&eacute;atures vivantes, quelle qu'elles soient, commettrait peut &ecirc;tre une si grande injustice. Les dragons &eacute;taient sans contredits les pires ennemis des elfes, mais ce n'&eacute;tait pas tout les dragons qui &eacute;taient malfaisants. Mais le pire &eacute;tait que si les elfes l'abattaient, cela embraserait la fureur des dragons et que peut &ecirc;tre une grande guerre s'abattrait alors sur Styg... <br /> <br /> 3<br /> <br /> Le roi licorne se tourmentait depuis deux heures. Son &eacute;pouse n'&eacute;tait pas revenue depuis la matin&eacute;e. Elle &eacute;tait suppos&eacute;e prendre une marche pour se calmer de la querelle qui avait eu lieu ce matin. Il &eacute;tait vraiment angoiss&eacute; et juste pour pimenter sa douleur, un messager elfes les avait avertis qu'un dragon rouge s'approchait de leur for&ecirc;t. Il devenait fou sans sa reine, m&ecirc;me si il ne l'avait jamais vraiment aim&eacute;, mais lui qui pensait seulement &agrave; la s&eacute;curit&eacute; des siens ne pouvait se dire que l'une des licornes &eacute;tait en dehors de son encl&ocirc;t ! Il l'avait si souvent prot&eacute;g&eacute; contre les dangers du dehors ! Et elle s'enfuyait !. Il avait peur qu'elle soit morte, D&eacute;vor&eacute;e par ce maudit dragon, ce qui choquerait son peuple, qui se retournerait contre lui, le grand Merenra ! Sa robe noire reluisait au soleil, comme si il s'&eacute;tait roul&eacute; dans l'huile. Merenra &eacute;tait une &eacute;trange licorne, car il n'avait jamais connu le v&eacute;ritable amour et il se concentrait un peu trop sur lui m&ecirc;me, il avait peur que son peuple se retourne contre lui &agrave; tout instant. Il les prot&eacute;geait trop, ses licornes, Elles &eacute;taient toutes enferm&eacute;es dans le royaume qui &eacute;tait assez grand, mais rares &eacute;taient celles qui avaient pu voir un jour des dragons o&ugrave; des gobelins. <br /> Seul les guerriers sortaient en reconnaissance, et encore ! <br /> Alors la plupart des licornes de ce royaume vivant dans un perp&eacute;tuel faux r&ecirc;ve qui se limitait aux limites du royaume. <br /> Merenra avait pr&eacute;par&eacute; ses d&eacute;fenses avec ses meilleurs guerriers licornes. Elle &eacute;taient toutes muscl&eacute;es et aguerries, assoiff&eacute;es de batailles. Leurs cornes reluisaient au soleil. Et toutes savaient qu'un ver c'&eacute;tait introduit dans la for&ecirc;t, mais aucune savait pourquoi. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Pendant ce temps, Rendawell et Bysalkamir marchaient dans la dite for&ecirc;t et se sentaient &eacute;pi&eacute;s. La reine savait que le dragon ferait beaucoup de surprise, rendu dans son royaume et celui des elfes. Elle avait peur que Rendawell se fasse tuer d&egrave;s son arriv&eacute;e. Le royaume le plus proche &eacute;tait celui des elfes. Elle devait donc se pr&eacute;occuper de ce qu'elle dirait &agrave; ce peuple ami. Devrait-elle dire la v&eacute;rit&eacute; ? Que le dragon a &eacute;t&eacute; galant et qu'elle lui avait montr&eacute; le chemin secret de son royaume ? Nul ne l'accepterait. Mais elle ne pouvait pas mentir non plus ! Elle &eacute;tait presque s&ucirc;re qu'elle devait renvoyer le dragon mais elle &eacute;tait maintenant son ami. Et elle ne savait m&ecirc;me pas pourquoi elle m&ecirc;me l'avait emmen&eacute; dans la for&ecirc;t. S&ucirc;rement pour prouver aux peuples que certains dragons &eacute;taient gentils et non pas assoiff&eacute;s de sang ! Mais non. Elle ne savait vraiment pas pourquoi elle, la reine des licorne avait emmen&eacute; le loup dans la bergerie. La vieillesse peut-&ecirc;tre... Ou &eacute;tait-ce &agrave; cause de son &eacute;poux, le roi, qui les enfermait dans cette maudite forteresse ! Et qui leur interdisait de d&eacute;passer les limites de la for&ecirc;t ! Toutes ces licornes r&eacute;unies dans une cage, dans une soci&eacute;t&eacute; renferm&eacute;e ! Ce concept &eacute;tait encore nouveau &agrave; Styg : Jamais au paravent il y eu une ville ou m&ecirc;me un village de licornes. Depuis la nuits des temps, les licornes avaient toujours &eacute;t&eacute;s solitaires, et les jeunes licornes restaient avec leur m&egrave;re qu'une ann&eacute;e. Des villes pour des licornes, c'&eacute;tait pour les prot&eacute;ger des dangers qui survenaient, pour former un union collectif. Et &agrave; ce jour, cette m&eacute;thode s'av&eacute;rait plus ou moins bonne. <br /> Bysalkamir n'eut pas le temps de r&eacute;fl&eacute;chir plus longtemps quand un &eacute;trange bruit la sortit de ses pens&eacute;es. Elle se retourna et vit, avec horreur des gobelins ! Ces hideux monstres !. Dix leur barraient le chemin. Tous avaient une &eacute;paisse peau brune, une petite t&ecirc;te et des yeux exorbit&eacute;s, avec une couronne de soi-disant cheveux noirs au dessus de la t&ecirc;te. Ils avaient une bouche d&eacute;mesur&eacute;ment difforme, avec des dents jaunies, sans aucun alignement visible. La bave coulait &agrave; flots sur leurs mentons replets. Certains portaient une cuirasse de cuir ou d'&eacute;caille, et tous avaient tous une certaine arme. Ils marmonnaient des choses incompr&eacute;hensibles mais on voyait qu'ils voulaient leurs richesses. Malheureusement, ils n'avaient rien de pr&eacute;cieux sur eux. Quand Rendawell se mit &agrave; grogner, des gobelins aux joues pendantes se mirent &agrave; trembler mais aucun d'eux ne bougea, comme fig&eacute;s dans la pierre. Bysalkamir se cabra et deux des monstres prirent la fuite. Les huit autres ne boug&egrave;rent pas. Ils grognaient eux aussi et les regardaient avec un mauvais sourire aux l&egrave;vres. C'&eacute;tait bizarre car les gobelins &eacute;taient des cr&eacute;atures tr&egrave;s rares dans la for&ecirc;t, on ne les croisait que tr&egrave;s peut souvent. Mais l&agrave; n'&eacute;tait pas la question. Bysalkamir chargea et transper&ccedil;a un des gobelins de sa corne. Il cria de douleur mais la plaie se referma. La reine frissonna de d&eacute;go&ucirc;t. Le gobelin serait mort, habituellement ! Mais Rendawell ne broncha pas. Il leva la patte et &eacute;crasa deux gobelins. Les six autres vivants se jet&egrave;rent sur le dragon et enfonc&egrave;rent leurs &eacute;p&eacute;es dans son pied. Il retira son pied prestement et quarte des six gobelins &eacute;taient encore accroch&eacute;s &agrave; celui-ci. Il les prit tous dans sa patte et les &eacute;crabouilla. Les deux autres, Il les &eacute;crasa de sa patte. Tous les gobelins &eacute;taient morts. Le sang vert ne coulait pas, ce qui &eacute;tait &eacute;trange. Les deux amis se demandaient pourquoi des gobelins du d&eacute;sert seraient venus jusqu'ici, dans la for&ecirc;t. Il y avait quelque chose de tr&egrave;s &eacute;trange, de mal&eacute;fique qui flottait dans l'air. Habituellement, les gobelins n'&eacute;taient sont pas si peu nombreux et ils ne se r&eacute;g&eacute;n&eacute;raient pas ! Et ils ne restaient pas l&agrave; &agrave; se faire tuer. Ils ne purent que contempler, avec consternation les flaques vertes qui se d&eacute;formaient et se reformaient avec difficult&eacute;, puis elles s'affaiss&egrave;rent quand Rendawell cracha une boule de feu qui br&ucirc;la les flaques hideuses. Une fum&eacute;e &acirc;cre et naus&eacute;abonde emplit soudait l'air, puis se dissipa. Bysalkamir per&ccedil;ut un bruissement &eacute;trange derri&egrave;re les arbres et elle et se retourna : Un dragon blanc avait atterrit &agrave; c&ocirc;t&eacute; de Rendawell. En le voyant, Rendawell commen&ccedil;a &agrave; culminer de rage : Merinsaar se tenait devant lui. <br /> <br /> - &quot;Tiens, je vois que tu as de la compagnie, Rendawell ! Tu ne m&eacute;rite pas la visite d'une licorne, d'une reine licorne, quel met de choix. Tu m'&eacute;tonneras toujours ! Elle m'a l'air bon &agrave; croquer !&quot;<br /> <br /> - &quot;Si tu touche &agrave; Bysalkamir, Merinsaar, je te tue. <br /> R&eacute;pondit-il sans retenue. Je ne blague pas. Tu devrais d&eacute;gager au plus vite sinon tu deviendras comme ces gobelins que j'ai &eacute;cras&eacute;s. Je ne me sens pas d'humeur &agrave; plaisanter cet apr&egrave;s-midi...&quot;<br /> <br /> - &quot;Voyons, Renda ! Que de menaces ! On se prend pour qui, maintenant, Hein ? Ne me fais pas peur ! Je la mangerais si cela me pla&icirc;t !&quot;<br /> <br /> Merinsaar se baissa pour prendre Bysalkamir dans sa serre mais Rendawell lui donna un coup de queue dans le ventre. Merinsaar eu un sursaut et se retourna pour mordre son adversaire mais celui-ci esquiva le coup et donna un grand coup de patte sur le coup de son ennemi, qui commen&ccedil;a &agrave; hurler. Rendawell continuait &agrave; le griffer et &agrave; le mordre quand soudain, il se paralysa. Un froid immense commen&ccedil;a &agrave; l'envahir. Il &eacute;tait gel&eacute; de l'int&eacute;rieur, mais ne savait pas ce qui lui arrivait. Il respirait avec difficult&eacute; et voyait trouble. Pendant ce temps, Merinsaar &eacute;tait surprit de l'&eacute;tat de son ennemi et il continua l&acirc;chement &agrave; se battre. Il griffait et mordait de plus belle dans la chair de Rendawell. Bysalkamir ne savait que faire. Elle sauta sur Merinsaar mais il la rejeta d'un coup de patte. <br /> Rendawell sentait les coupures lui labourer le corps. Il tentait de bouger et lentement il sentait ses membres revivre et sa vue augmenter. D&egrave;s qu'il fut r&eacute;tabli, il cracha une immense gerbe de feu en direction de son rival. Celui-ci, h&eacute;b&eacute;t&eacute;, tomba &agrave; la renverse. Ses &eacute;cailles lui br&ucirc;laient la peau fr&ecirc;le. Pour se prot&eacute;ger du feu, il battit des ailes et s'envola. Renda le suivi mais Merinsaar &eacute;tait trop rapide. Ils se distan&ccedil;aient de plus en plus. Rendawell &eacute;tait si d&eacute;termin&eacute; qu'il ne sentit presque pas une fl&egrave;che d&eacute;chirer son aile gauche, ni la deuxi&egrave;me p&eacute;n&eacute;trer son abdomen. <br />  <br /> 4<br /> <br /> <br /> <br /> -&quot;Je l'ai eu ! Je l'ai eu !&quot;<br /> Le guerrier elfe avait tir&eacute; juste et le dragon tombait maintenant en vrille, et s'&eacute;crasa dans les arbres dans un grand fracas. Mais le guerrier n'avait pas r&eacute;alis&eacute; compl&egrave;tement son but : il voulait aussi tirer sur l'autre dragon, le blanc, mais il allait trop vite. Au moins, il y en avait un d'abattu. La foule qui s'&eacute;tait post&eacute;e devant le ch&acirc;teau cria de joie. Un sergent lui ordonna d'aller vers le dragon, &agrave; deux cent m&egrave;tres de l&agrave; pour le d&eacute;pecer. Toute une troupe c'&eacute;tait &eacute;branl&eacute;e pour aller vers le ver de douze m&egrave;tres de long. Arandela, un peu en retrait, avait tout vu et elle trouvait cela un peu injuste pour le dragon : son peuple avait tir&eacute; sur un dragon mais ils ne savaient pas si celui-ci &eacute;tait dangereux. Elle voulait le laisser vivre mais elle ne pouvait rien faire contre le vouloir du roi. Elle se sentait mal, m&ecirc;me si elle n'avait rien fait. Elle d&eacute;cida donc de courir en avant des troupes pour voir si le dragon &eacute;tait m&eacute;chant ou non. C'&eacute;tait parfaitement ridicule, et elle le savait, mais il y avait quelque chose qui la poussait. Elle y risquait sa vie mais elle voulait s'assurer que son peuple n'avait pas fait de gaffe. Un dragon... Toutes ses id&eacute;es s'embrouillaient dans sa t&ecirc;te, mais une revenait sans cesse, celle d'aller voir le dragon. Elle se mit donc &agrave; courir de toutes ses forces. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Rendawell souffrait et son sang coulait &agrave; flots. Mais o&ugrave; &eacute;tait donc Bysalkamir ? Elle seule pouvait le gu&eacute;rir. La premi&egrave;re fl&egrave;che avait transperc&eacute; son aile gauche. Il ne pouvait plus voler &agrave; moins de recoudre son aile mais dans son &eacute;tat, c'&eacute;tait impossible. Son sang noir&acirc;tre coulait par terre et formait une flaque visqueuse. Pourquoi avait ton tir&eacute; sur lui ? Et qui avait fait &ccedil;a ? Il ne voulait pas le savoir. Et il avait &eacute;t&eacute; gel&eacute; pourquoi ? Il ne le savait pas non plus. Ce n'aurait pas pu &ecirc;tre Merinsaar car il n'est pas un dragon de glace, mais de nuages. Il lui serait impossible de cracher de la glace. La respiration de Renda commen&ccedil;ait &agrave; faiblir et il avait des spasmes de douleurs qui lui parcouraient l'&eacute;chine. Que de douleurs ! Il gisait, l&agrave; dans la for&ecirc;t, seul. Dans le trou dans les arbres qu'il avait form&eacute;, il ne voyait que le ciel bleu de Styg. Une branche lui faisait mal aux c&ocirc;tes. Une autre &eacute;tait enfonc&eacute;e dans le bout de sa queue. <br /> <br /> - Rendawell ! Oh non ! <br /> <br /> Rendawell se retourna. C'&eacute;tait Bysalkamir. Il tenta de lui parler mais ses mots restaient coinc&eacute;s dans sa gorge. Elle s'approcha de lui, les larmes aux yeux Elle tapait des sabots sur le sol. Elle avait une balafre sur le nez, r&eacute;sultat du coup de Merinsaar. Elle examina la blessure, et fit une grimace de d&eacute;go&ucirc;t. <br /> <br /> - &quot;Je ne peux te gu&eacute;rir. Tu as perdu trop de sang. La fl&egrave;che qui t'a frapp&eacute; a &eacute;t&eacute; arrach&eacute;e par des branches, mais ta plaie est ouverte. Ha, si j'avais des mains !&quot;<br /> Elle tournait impatiemment autour de lui, ramenant sa t&ecirc;te proche du corps, et la retirant aussit&ocirc;t. <br /> &quot;Ma corne ne peu que gu&eacute;rir des coupures ou des blessures mineures, et ne peu rassembler des &eacute;l&eacute;ments du corps. Je suis d&eacute;sol&eacute;e, je voudrais tellement t'aider. Je ne veux pas que tu meurs... Il a peut &ecirc;tre un moyen que tu gu&eacute;risse, mais je ne le connais point.&quot;<br /> <br /> - Tais-toi s'il te pla&icirc;t. Va-t'en, je ne veux pas que Merinsaar te tue. Va ! <br /> <br /> La licorne &eacute;tait d&eacute;boussol&eacute;e. Elle ne voulait pas voir mourir son ami et elle ne voulait pas qu'il souffre. Elle choisit la deuxi&egrave;me option. Elle s'approcha du dragon et voulait mettre fin &agrave; ses souffrances, mais elle n'en &eacute;tait pas capable. Elle ne vit pas arriver l'elfe. <br /> <br /> - H&eacute; ! <br /> <br /> - Ha ! <br /> <br /> Arandela avait &eacute;t&eacute; capable d'arriver avant la troupe mais le dragon semblait mort. Une licorne la regardait, incr&eacute;dule. Elle ne semblait pas vouloir qu'on s'approche du dragon mas elle ne parlait pas. <br /> <br /> - &Eacute;coute, dit Arandela, je ne te veux aucun mal, je veux soigner le dragon<br /> - Ha oui ? Mais tu es un elfe et les elfes ha&iuml;ssent les dragons ! Tu veux le tuer ! <br /> <br /> - Non ! Et il me semble que les licornes n'appr&eacute;cient gu&egrave;re la pr&eacute;sence des dragons non plus ! <br /> <br /> Bysalkamir ne sut quoi r&eacute;pondre. Elle laissa passer le jeune elfe. Celle-ci avait une besace pleine de plantes et de produits m&eacute;dicinaux. <br /> <br /> - S'il vous pla&icirc;t, allez en arri&egrave;re. Vous verrez une troupe de guerriers. Ils veulent tuer le dragon. Emp&ecirc;chez-les ! Dites leur une mauvaise direction. Ils vous croiront, vous &ecirc;tes la reine ! <br /> <br /> Bysalkamir ne savait que faire. Elle d&eacute;cida d'&eacute;couter la jeune elfe, parce qu'elle n'avait rien &agrave; perdre, et elle ne croyait pas que l'elfe &eacute;tait bien m&eacute;chante. Elle prit donc la direction du royaume. <br /> <br /> <br /> 5<br /> <br /> <br /> Renda sentit une douleur tr&egrave;s faible qui irradiait son corps tout entier. Il sentit quelque chose s'enfoncer dans sa plaie et stopper le sang qui coulait. Il ne savait ce qui lui arrivait. Il &eacute;tait si faible... Il avait perdu &eacute;norm&eacute;ment de sang et il ne pouvait bouger. Il s'&eacute;vanouit. <br /> Arandela avait r&eacute;ussi &agrave; arr&ecirc;ter la plaie de saigner et elle cousait maintenant l'aile bris&eacute;e du dragon. Elle trouvait cette cr&eacute;ature tr&egrave;s belle, voir m&ecirc;me magnifique. Ses &eacute;cailles &eacute;taient douces comme de la soie mais dures comme du fer. Elle avait piti&eacute; de ce dragon. Puisqu'il c'&eacute;tait &eacute;vanoui, elle pouvait l'op&eacute;rer en toute qui&eacute;tude. Elle devait dire au roi et a la reine que ce dragon &eacute;tait gentil, et que m&ecirc;me une reine licorne c'&eacute;tait li&eacute; d'amiti&eacute; avec. Cela pouvait prouver l'innocence du dragon. Mais elle devait tout d'abord retrouver la reine licorne. Elle se releva de la flaque sanglante et courut &agrave; sa recherche. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Bysalkamir avait trouv&eacute; la troupe d'elfes mais ne pouvait leur mentir, donc elle avoua tout &agrave; ce peuple ami. Ils &eacute;taient m&eacute;fiants, mais incertains. <br />  Elle leur expliqua que le dragon &agrave; tuer &eacute;tait le blanc et non le rouge, et qu'on devait soigner le rouge plut&ocirc;t que de l'achever. Elle leur dit que le blanc l'avait bless&eacute;e et qu'un elfe, qu'une amie le soignait. Peu &agrave; peu, le groupe commen&ccedil;a &agrave; croire la licorne et se dirig&egrave;rent tous vers le lieu o&ugrave; Rendawell &eacute;tait tomb&eacute;. Mais tout n'&eacute;tait pas du m&ecirc;me avis. Dissimul&eacute; parmi la troupe, un mage noir c'&eacute;tait transform&eacute; en elfe. Il ressemblait &agrave; s'y m&eacute;prendre &agrave; un vrai, mais seul ses yeux le trahissaient. Ce mage noir faisait partie de la confr&eacute;rie de l'oeil sombre et il &eacute;tait un des fiers disciples du mal. Depuis cent ans maintenant, il avait su servir le d&eacute;mon le plus fort de tous : Rakantassa, le dieu du mal et des entrailles de la terre. Celui-ci &eacute;tait sous la forme d'un dragon de l'ombre, et c'&eacute;tait pourquoi tous ces dragons &eacute;taient bannis de Styg et s'identifiaient tous au dieu du mal. L'elfe maudit &eacute;tait extr&ecirc;mement putride et m&eacute;chant, sans piti&eacute; et il &eacute;tait s&ucirc;rement un des meilleurs mages en magie noire. C'&eacute;tait bien s&ucirc;r lui qui avait gel&eacute; Renda pour laisser la victoire au dragon blanc, qu'il voulait pour disciple. Pour les mages noirs, les dragons sont des disciples aguerris et tr&egrave;s serviables. Si ont r&eacute;ussit &agrave; en ensorceler un, il nous sert et nous aide dans nos projets. De plus, c'est un tr&egrave;s bon combattant. Tout les plus grands mages en avaient un, le plus souvent des dragons de l'ombre. Notre mage noir voulait au moins tuer le rouge pour s'abreuver de son sang, pour au moins se rendre plus fort. Ensuite il capturerait le blanc, d'une fa&ccedil;on ou d'une autre. <br /> <br /> <br /> <br /> 6<br /> <br /> <br /> Dans les plus profondes entrailles des souterrains, grouillait un monde hideux mais propice au d&eacute;veloppement des dragons de l'ombre. Plusieurs d'entre eux n'avaient jamais vu la lumi&egrave;re du jour, et tous avaient les ailes rong&eacute;es par les bas plafonds. Ils ne pouvaient pas voler, Mais ils &eacute;taient munis des muscles surpuissants, et des dents et des griffes affreusement tranchantes. Les dragons de l'ombre couraient plus vite que tout les autres, et avaient s&ucirc;rement les dents les plus longues et les plus aiguis&eacute;es de tout le pays. Ils ne crachaient pas tous du feu, mais avaient un &eacute;ventail de choix tr&egrave;s d&eacute;velopp&eacute; : Feu, acide, glace, poison, fum&eacute;e toxique, blizzard. Ce qui &eacute;tait s&ucirc;r, c'est qu'elles &eacute;taient les plus fortes cr&eacute;atures de combat de tout Styg. <br /> Rakantassa se pr&eacute;lassait dans sa chambre royale. Ses longues ailes ne touchaient pas le plafond, et toutes les sombres couleurs chatoyantes ne repr&eacute;sentaient pas vraiment les couleurs de l'&acirc;me du d&eacute;mon. Le d&eacute;mon lui-m&ecirc;me &eacute;tait tr&egrave;s beau. Il n'avait rien de ses dragons de combat : lui &eacute;tait presque parfait, mis &agrave; par ses pens&eacute;es. Son corps muscl&eacute; &eacute;tait bien calibr&eacute; et ses &eacute;cailles noires brillaient dans la profonde noirceur. Le roi du mal s'ennuyait. Il avait d&eacute;j&agrave; &eacute;cras&eacute; toutes les arm&eacute;es qui lui faisaient face, il avait d&eacute;j&agrave; tu&eacute; tous ses serviteurs, tous ses prisonniers. Il n'avait plus rien &agrave; se mettre sous la dent. Son long corps de trente m&egrave;tres tressaillait de faim. Il avait atrocement faim. Trop faim. Il ne voulait pas allez au dehors le jour, le soleil lui br&ucirc;lerait les yeux. Il devait se nourrir ! Il mangea quelques-uns de ses guerriers en prenant soin d'enlever les griffes et les dents unes par une. Le go&ucirc;t ne lui plaisait pas. Il recracha le corps meurtrit. Mais o&ugrave; &eacute;taient toutes ses r&eacute;serves de nourriture ? Elles ne pouvaient pas dispara&icirc;tre d'un seul coup ! C'&eacute;tait insens&eacute; ! Rakantassa tournait maintenant en rond dans sa loge il d&eacute;lirait &agrave; cause de la faim. Il fit une chose qu'il n'avait pas fait depuis des ann&eacute;es : sortir ses guerriers. Eux avaient la facult&eacute; de bien voir le jour il ordonna &agrave; ses centaines de dragons d'aller lui chercher la meilleure nourriture qui soit : de la licorne. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Le roi licorne &eacute;tait de plus en plus inquiet. Il sentait dans l'air le mal, et cela n'envisageait rien de bon pour lui. Ses troupes de combattants &eacute;taient fatigu&eacute;s de faire le guet : aucun dragon &agrave; l'horizon. Pendant qu'il pensait, une messag&egrave;re licorne l'interrompit : <br /> <br /> - Mon roi ! Un visiteur demande &agrave; vous voir ! Il para&icirc;t tr&egrave;s angoiss&eacute; et vous supplie de venir &eacute;couter sa requ&ecirc;te. <br /> <br /> - Faites-le entrer dans ma chambre. Il est de quelle nationalit&eacute; ? <br /> <br /> - Il est gobelin, ma majest&eacute;. <br /> <br /> - Un gobelin ? Mais nous sommes en guerre avec eux ? Faites le sortir ! <br /> <br /> - Mais il est seul, mon roi. Ses intentions son bonnes. <br /> <br /> - Eh ! Bien. J'en ai vu d'autre. Faites-le entrer avec le traducteur. <br /> <br /> - Tout de suite, bon roi. <br /> <br /> Le gobelin, suivit d'une licorne d'un certain &acirc;ge entr&egrave;rent. <br /> <br /> - Parle, petit &ecirc;tre. Dis moi ce qui te farfouille l'esprit. <br /> <br /> Le traducteur s'adressa au gobelin et celui ci parut comprendre. <br /> <br /> - Oh ! Roi, moi pas &ecirc;tre ici pour mal, moi &ecirc;tre ici pour dire grand danger, traduit la vielle licorne. Chef m'a dit &agrave; moi que mal vient ici, toi dire aux autres que mal vient ici, toi dire qu'autres se prot&eacute;ger. Moi dire &agrave; vous que Rakantassa vient ici ! Rakantassa vient ici ! <br /> <br /> - Rakantassa vient ici ? Mais que dis-tu, pauvre gobelin ! Rakantassa ne viendra jamais ici, jamais ! Si tu ose me faire croire que le pire des d&eacute;mons vient troubler notre royaume, Je te coupe la t&ecirc;te, pauvre insecte malodorant ! <br /> <br /> La licorne le traduit ainsi : <br /> <br /> - Le roi vous demande si vos informations sont r&eacute;elles et pertinentes, monsieur. <br /> <br /> Mais le gobelin savait que le roi s'&eacute;tait f&acirc;ch&eacute; et il n'&eacute;tait pas dupe : il r&eacute;pondit que si les licornes ne voulaient pas le croire, et bien qu'elles meurent toutes, si tel sont leurs d&eacute;sirs. Il s'en alla, furieux de l'attitude de la licorne. Le roi, Merenra, ne pouvait pas y croire. Il n'avait pas attaqu&eacute; ni provoqu&eacute; la col&egrave;re du d&eacute;mon ! Il d&eacute;cida d'alerter les elfes pour les avertir de cet immense danger. Il envoya un messager, une libellule g&eacute;ante, porter ce messager suivant : <br /> <br /> Elfes, nous avons besoin d'aide. Rakantassa veux nous attaquer. S'il vous pla&icirc;t se joindre &agrave; nos forces le plut&ocirc;t possible, tout au plus de trois cent guerriers, nous pourrons les nourrir si le besoin se fait sentir. Bysalkamir notre reine a disparu, pri&egrave;re de nous avertir si vous l'avez vue dans votre r&eacute;gion. Ce message est urgent, et nous aimerions avoir votre r&eacute;ponse le plus t&ocirc;t demain, au coucher du soleil. <br /> <br /> Merenra<br /> Seigneur des licornes. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Rendawell se sentait de mieux en mieux, et maintenant il parlait avec le jeune elfe qui l'avait soign&eacute;e. <br /> <br /> - Je vous suis tr&egrave;s reconnaissant de m'avoir gu&eacute;rit, jeune demoiselle, je vous dois la vie. Si vous avez un service &agrave; me demander, faites-le tout de suite, je suis votre serviteur. <br /> <br /> - Voyons ! Ce serait moi qui devrais vous servir, dragon, vous &ecirc;tes plus noble que moi, qui ne suis qu'un jeune elfe. <br /> <br /> - Ne dites point cela, jeune fille, vous &ecirc;tes tr&egrave;s dou&eacute;e en m&eacute;decine, et m&ecirc;me une licorne n'aurait pas pu faire ce travail &agrave; votre place. <br /> <br /> Arandela &eacute;tait touch&eacute;e par la gentillesse de ce dragon. Ce qu'elle avait voulu le plus au monde, cela aurait &eacute;t&eacute; qu'elle s'envolerait tr&egrave;s haut dans les cieux pour rejoindre ses parents, d&eacute;c&eacute;d&eacute;s dix ans plut&ocirc;t. Mais elle voulait aussi vivre sa vie, Courir les aventures les unes apr&egrave;s les autres. Elle &eacute;tait bien trop g&ecirc;n&eacute; de demander cette faveur au dragon, donc elle laissa tomber et continua de gu&eacute;rir le dragon rouge, qu'elle craignait pourtant un peu. <br /> <br /> <br /> <br /> 7<br /> <br /> <br /> <br /> Bysalkamir sentait dans la troupe un &eacute;trange malaise. Elle pouvait discerner dans le petit groupe un intrus d&eacute;riv&eacute; du mal. Il y avait, parmi eux, un tra&icirc;tre, un maudit. Probablement un mage noir. Mais elle n'arrivait pas &agrave; le discerner. Elle ne voulait pas alerter le groupe, de peur que le mage les tues tous. Elle devait attendre qu'il se d&eacute;voile lui-m&ecirc;me et qu'elle le tue. Elle &eacute;tait presque s&ucirc;re que c'&eacute;tait ce mage qui avait gel&eacute; Rendawell et qui avait fait gagnant son pire ennemi. Gr&acirc;ce &agrave; l'air environnant, Bysalkamir pouvait discerner les odeurs de son ami Renda. Elle se mit &agrave; courir plus vite pour le rattraper. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Ellyphakai, la reine des elfes, s'&eacute;tait remise de sa peine. Mais un malheur troubla sa conscience tranquille. Une libellule g&eacute;ante &eacute;tait atterrit sur le rebord de la fen&ecirc;tre et bourdonnait d'Impatience. Elle la prit d&eacute;licatement dans ses mains et d&eacute;tacha f&eacute;brilement le message accroch&eacute; &agrave; son ventre. D&egrave;s qu'elle le lut, elle poussa un petit cri vif et tomba dans l'inconscience, produit de sa grande fragilit&eacute;. Sa t&ecirc;te heurta durement le sol de marbre. Son mari Kyrrandel arriva en courant et tenta de r&eacute;veiller sa bien aim&eacute;e qui restait immobile. Du sang coulait de son nez et glissait lentement par terre pour souiller le sol immacul&eacute;. Elle avait subit une fracture du cr&acirc;ne. Ellyphakai &eacute;tait morte. Kyrrandel &eacute;clata en sanglots. Il ne pouvait accepter la mort si stupide de sa femme. Il se pencha pour lui donner un dernier baiser quand il vit la lettre. Il la prit rageusement et, sans prendre la peine de la lire, la jeta dans le feu o&ugrave; elle se consuma rapidement, comme pour effacer toutes traces du malheur qui c'&eacute;tait abattu sur lui. Il prit sa femme d&eacute;c&eacute;d&eacute;e dans ses bras et la serra longuement tout en la pleurant. Sa vie &eacute;tait en miettes sans sa femme, &agrave; qui il tenait le plus au monde. Il voulait &agrave; tout prix s'enlever la vie, mais ne voulait pas mener son royaume &agrave; sa perte. Mais s'il vivait, il serait si malheureux qu'il contaminera ses proches de sa rage de vivre. Bless&eacute; dans le plus profond de son &acirc;me, hach&eacute; par la faux de la douleur, <br /> Il s'approcha de la grande fen&ecirc;tre, admira une derni&egrave;re et tragique fois le paysage qui s'offrait &agrave; ses yeux, monta sur le rebord de pierres grises et sauta en chute libre. Les images d&eacute;filaient devant ses yeux, et le sol s'approchait si rapidement qu'il ne sentit rien quand tout son corps pourtant l&eacute;ger s'&eacute;crasa au sol, avec une telle violence que ses os se bris&egrave;rent comme de la vitre, disloquant le corps fr&ecirc;le de l'elfe le plus noble d'entre tous. <br /> <br /> <br /> 8<br /> <br /> <br /> Les troupes du d&eacute;mon Rakantassa avan&ccedil;aient lentement dans le coucher du soleil, ombres parmi les ombres. Les dragons ne s'essoufflaient pas de marcher depuis trois heures d&eacute;j&agrave;, car ils &eacute;taient comme des machines inlassables. Leurs pattes griffues frottaient et labouraient le sol nonchalamment. Derri&egrave;re le sombre cort&egrave;ge, des dizaines de cages &eacute;taient tir&eacute;es par d'autres dragons guerriers. Elles &eacute;taient vide, servaient &agrave; &ecirc;tre remplie de nourriture pour Rakantassa. Le plan d'attaque &eacute;tait simple : d'abord traverser tout Styg, en asseyant d'amasser le plus de licorne, puis attaquer leur royaume pour remplir les cages de licornes. Le g&eacute;n&eacute;ral de la grande arm&eacute;e, Zydar, qui &eacute;tait en avant, &eacute;tait vraiment d&eacute;termin&eacute; &agrave; mener cette mission &agrave; bien, mais aussi de revoir son p&egrave;re, du nom de Rendawell. Il l'avait perdu de vue et il le maudissait car il n'&eacute;tait jamais venu le sauver des griffes Rakantassa, qui &eacute;tait d&eacute;sormais devenu son meilleur ami, chef, et p&egrave;re. Mais maintenant, il s'&eacute;tait retourn&eacute; contre sa propre famille, et, assoiff&eacute; de sang, il n'h&eacute;siterait pas &agrave; tuer son p&egrave;re biologique, et d&eacute;mon hargneux qu'il &eacute;tait, il &eacute;tait maintenant d&eacute;pourvu de toute sensibilit&eacute;. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> L'elfe qui entra dans la salle royale pour changer les draps poussa un cri d'horreur en voyant le corps sans vie de leur ch&egrave;re reine. Elle accourra pr&egrave;s de la morte et tenta de la r&eacute;veiller, m&ecirc;me si elle savait l'in&eacute;vitable, mais sans succ&egrave;s. Elle ne savait ni ne comprenait pourquoi elle &eacute;tait morte, non plus dans quelles circonstances. Elle appela les autres servantes. En quelques minutes, tout le royaume fut averti... Tous cherchaient encore le roi et ce fut Filly qui le trouva par terre, mort, &eacute;tal&eacute; sur le gazon. Il criait &agrave; tue-t&ecirc;te &quot; le roi et mort ! Le roi est mort !&quot; Cela n'arrangeait pas l'affaire. Les elfes, d&eacute;sempar&eacute;s, n'avaient plus de roi, ni de reine. Ils se demandaient tous ceux qui entreraient au pouvoir. Il n'y avait ni prince, ni princesse. Tous les elfes &eacute;taient abattus par la nouvelle sauf un : Filly. Pour lui, cela ne lui d&eacute;rangeait pas trop qu'ils soient morts, il ne les avait jamais connus personnellement, et ils n'avaient rien fait pour lui. Et tant de gens meurent par jour ! Il ne comprenait pas la gravit&eacute; de la situation. La seule chose qui trottait dans sa t&ecirc;te &eacute;tait : o&ugrave; est ma soeur ? Mais o&ugrave; est donc Arandela ? Sans elle il &eacute;tait seul, horriblement seul. Habituellement, dans ces circonstances, il se mettait &agrave; pleurer mais cette fois, il voulait afficher son courage. Il pr&eacute;para ses affaires et s'en alla vers la grande for&ecirc;t, o&ugrave; elle se r&eacute;fugiait sans cesse. <br /> <br /> Arandela pensait, tout en discutant avec le dragon, &agrave; son petit fr&egrave;re, Filly. Elle l'avait laiss&eacute; seul, en s'enfuyant dans les bois pour sauver un dragon qu'elle ne connaissait m&ecirc;me pas. L'angoisse commen&ccedil;a &agrave; tirailler son esprit et elle ne put le garder pour elle. Elle dit rapidement au dragon la situation, et lui dit de rester l&agrave;, attendant les autres, pendant qu'elle irait chercher son petit fr&egrave;re. Rendawell ne voulait pas qu'elle parte, il voulait qu'elle reste pr&egrave;s de lui, pour le gu&eacute;rir. Mais un dragon de sa trempe pouvait tr&egrave;s bien se d&eacute;brouiller seul ! <br /> <br /> <br /> Merenra se tourmentait de plus en plus. Il n'en pouvait plus, il devait retrouver sa licorne ! Ses arm&eacute;es commen&ccedil;aient &agrave; se lasser. Le soleil se couchait et il n'avait toujours pas eu de nouvelles des elfes. Mais l'arm&eacute;e du d&eacute;mon Rakantassa avan&ccedil;aient de plus en plus, et ils n'avaient aucun r&eacute;pit pour dormir. <br /> <br /> <br /> 9<br /> <br /> <br /> <br /> La troupe elfe &eacute;tait arriv&eacute;e, au coucher du soleil, aupr&egrave;s de Rendawell. Il &eacute;tait si heureux de revoir Bysalkamir ! &Eacute;puis&eacute;e, elle s'endormit aussit&ocirc;t aupr&egrave;s de lui. Les elfes avaient re&ccedil;u l'ordre de le tuer, puis de le gu&eacute;rir. Mais il n'y avait plus rien &agrave; gu&eacute;rir. Puisque les elfes sont un peuple plut&ocirc;t pacifique, ils ne le tu&egrave;rent pas, mais ils n'avaient plus rien &agrave; faire, et retourner au ch&acirc;teau ne leur tentait pas, ils &eacute;taient tous trop &eacute;puis&eacute;s. Donc ce fut dans cette for&ecirc;t que le plus &eacute;trange des m&eacute;langes se produit : <br /> Dix elfes, un mage noir, une licorne et un dragon. Seul le mage &eacute;tait fautif. Apr&egrave;s que tous &eacute;taient endormis, il s'approcha doucement du dragon, pour lui trouer le cou, quand il per&ccedil;ut une immense pression et &eacute;norm&eacute;ment d'humidit&eacute; planer sur lui, puis re&ccedil;ut un &eacute;norme coup de queue sur la t&ecirc;te, ce qui lui fit &eacute;clater la t&ecirc;te en miettes sanguinolentes qui &eacute;claboussa les comp&egrave;res endormis. Au-dessus de lui planait une masse sombre nul autre que Rakantassa. Le d&eacute;mon obscurcissait tout le ciel aux environs, et m&ecirc;me les arbres paraissaient mugir de peur en face du plus fort des dragons. Le corps interne du mage noir ne bougeait plus, et son sang coulait en rafales immondes sur le sol humide qui s'abreuvait de l'infecte poisse cramoisie. Rakantassa l'avait tu&eacute; par pur plaisir, parce que sa l'amusait am&egrave;rement. Il avait chang&eacute; d'id&eacute;e peut de temps apr&egrave;s le d&eacute;part de ses guerriers : il tuerait lui-m&ecirc;me ses licornes. Il &eacute;tait bien assez fort pour &ccedil;a ! &Agrave; cause de son orgueil, les nuages viraient au noir et crachaient des &eacute;clairs foudroyants, qui frappaient et br&ucirc;laient les arbres avec fracas. Rendawell se r&eacute;veilla en sursaut juste au moment ou le d&eacute;mon s'emparait de la reine licorne. Mais il ne voyait qu'un tumulte de nuages et deux yeux f&eacute;roces percer le mur de noirceur. Il entendait aussi son amie hennir de peur et se d&eacute;battre sauvagement contre ce dragon. Rendawell tenta de se relever, mais une atroce douleur cuisante l'obligea &agrave; rester au sol. Il avait si mal qu'il s'&eacute;vanouit, pour la deuxi&egrave;me fois de la journ&eacute;e. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Bysalkamir se d&eacute;battait &agrave; s'en &eacute;corcher les flancs. Elles p&acirc;lissaient de peur mais continua de se d&eacute;battre. Une &eacute;cume blanch&acirc;tre coulait le long de sa bouche : elle &eacute;tait devenue &agrave; moiti&eacute; folle, et le d&eacute;mon, tann&eacute; de l'entendre hennir, lui ass&eacute;na un coup sur la t&ecirc;te, pr&eacute;vu pour seulement l'assommer et non la tuer, car il voulait garder ce pr&eacute;cieux tr&eacute;sor pour qu'il le distraie vu la monotonie de ces jours environnants. Rendu &agrave; son royaume souterrain, il d&eacute;posa d&eacute;licatement la licorne dans un puis tr&egrave;s creux, large de trois m&egrave;tres de rayon environ et aux parois si lisses que rien ne pouvait s'y agripper mais les parois de la prison &eacute;taient parsement&eacute;es de trou remplis de terres, pas ces prisons &eacute;taient d'anciens puits et ces conduits &eacute;taient des trous de ravitaillement, joignant les puits aux autres. Il n'y avait que quelques pierres qui tra&icirc;naient ici et l&agrave; et Rakantassa y d&eacute;posa des touffes d'herbe et alla se coucher, comme le plus naturellement du monde. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Arandela &eacute;tait arriv&eacute;e au ch&acirc;teau tout en sueurs. Elle ne remarqua pas la tristesse des gens : elle cherchait son fr&egrave;re et aussi son lit confortable, car elle &eacute;tait &eacute;puis&eacute;e. Apr&egrave;s quinze minutes de recherche, elle monta chez elle et s'endormit d'un profond sommeil de pierre. <br /> <br /> 10<br /> <br /> Rendawell, au matin, &eacute;tait encore en train de tenter de se lib&eacute;rer de l'&eacute;trange sort qu'on lui avait jet&eacute; mais, vers huit heures, il s'&eacute;croula au sol, au moment m&ecirc;me o&ugrave; Filly arriva sur les lieux. Pris de stupeur en voyant le dragon, il r&eacute;prima un cri d'effroi, mais le retint en voyant les soldats elfes. Il r&eacute;veilla ceux-ci et leur demanda d'o&ugrave; venait le dragon rouge. Ils r&eacute;pondirent ce que la licorne leur avait dit, et quand ils s'aper&ccedil;urent que la licorne n'&eacute;tait pas l&agrave;, ils se dout&egrave;rent que le dragon l'avait mang&eacute; durant la nuit. Ils voulurent l'abattre, mais Filly leur dit qu'ils n'avaient pas de preuves. Tous avaient remarqu&eacute; le corps du mage sans vie, et sans t&ecirc;te surtout. Ils n'y prirent pas attention, sachants tout le mal que ses mages engendrait, et se dirent que le dragon l'avait tu&eacute;, ce qui diminua leurs doutes, mais les arbres br&ucirc;l&eacute;s autour d'eux ne signifiait rien de bon. Ils ne firent m&ecirc;me pas de s&eacute;pulture pour le mort. Filly sugg&eacute;ra aux soldats de construire un immense chariot pour transporter le dragon, mais ceux ci refus&egrave;rent, cela prendrait trop de temps. Ils d&eacute;cid&egrave;rent de se s&eacute;parer : cinq iront au ch&acirc;teau pr&eacute;venir le roi que le dragon est ami, et qu'il est innocent de toutes accusations, qu'on peut le laisser libre de voler autour du royaume. <br /> Les cinq autres tenteront de r&eacute;veiller Rendawell et attendront la reine. Filly ne leur avait pas encore dit que leurs souverains &eacute;taient morts. Soudainement, il se souvint de la raison de sa visite, c'est &agrave; dire sa soeur, et il se doutait qu'elle &eacute;tait retourn&eacute;e au royaume, car, il le savait bien, elle le cherchait-elle aussi. C'est pourquoi il rejoignait la troupe qui se dirigerait vers le ch&acirc;teau. <br /> <br />  <br /> Deuxi&egrave;me partie<br /> La soif de tuer<br /> <br /> Bysalkamir se r&eacute;veilla en sursaut, d&eacute;rang&eacute;e par le songe qu'un d&eacute;mon l'avait captur&eacute;e. Mais ce songe &eacute;tait r&eacute;alit&eacute;. Elle se r&eacute;veilla dans un puis, o&ugrave; il n'y avait rien, juste de la terre meurtrie sous ses sabots et de la pierre polie &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s. Si elle levait la t&ecirc;te vers le haut, elle ne voyait que le plafond du souterrain. Elle ne savait pas pourquoi le d&eacute;mon l'avait captur&eacute;e, et se demandait encore plus pourquoi il ne l'avait pas tu&eacute;e. Elle n'avait rien &agrave; manger, et elle soufrait d'une &eacute;norme migraine. Elle &eacute;tait assez intelligente pour ne pas tenter de s'enfuir, car elle savait qu'aucune issue &eacute;tait possible. Elle se rendit compte que tout ce malheur avait commenc&eacute; &agrave; cause de la dispute du matin avec son &eacute;poux, et qu'elle &eacute;tait sortie en h&acirc;te pour prendre de l'air. Elle avait alors rencontr&eacute; Rendawell, puis elle avait march&eacute; dans la for&ecirc;t avec lui. Ils avaient rencontr&eacute; les gobelins, puis Merinsaar. Elle &eacute;tait all&eacute;e chercher les soldats et ils s'&eacute;taient tous endormis. Mais o&ugrave; &eacute;tait le probl&egrave;me ? Elle n'avait jamais attir&eacute; la col&egrave;re du dieu des enfers. Un grattement la fit sursauter. Le mur d'en face se mit &agrave; s'&eacute;cailler, puis &agrave; se fendre, pour enfin arriver &agrave; un trou b&eacute;ant d'o&ugrave; sortit une &eacute;trange cr&eacute;ature. <br /> <br /> <br /> <br /> 11<br /> <br /> <br /> <br /> Arandela se r&eacute;veilla &agrave; la suite d'un &eacute;trange r&ecirc;ve. Elle avait song&eacute; que les<br /> Souverains de son royaume &eacute;taient morts. Elle n'avait pas eu tort. D&egrave;s son &eacute;veil, elle pensa &agrave; son fr&egrave;re qu'elle n'avait pas trouv&eacute; la veille. Elle ne prit pas la peine de s'habiller convenablement et sortit tout de suite pour demander aux gens s'ils avaient trouv&eacute; son fr&egrave;re. Plusieurs ne le connaissaient pas, mais un des gardes aux yeux rougis lui r&eacute;pondit de cette fa&ccedil;on : <br /> <br /> - C'est bien celui qui a trouv&eacute; le roi mort ? <br /> - Quoi ! Le roi est mort ? Mais comment &ccedil;a ? Il n'&eacute;tait pas vieux, ni malade, ni en guerre ! <br /> <br /> - Je ne le sais point, jeune elfe, mais tout ce que je sais, c'est que, d'apr&egrave;s les rumeurs, il s'est suicid&eacute; apr&egrave;s la mort de sa femme. <br /> <br /> - La reine et morte, elle aussi ? Oh ! Mon dieu. Mais qu'allons nous faire sans roi, encore moins sans reine ? Nous sommes toutes vou&eacute;es &agrave; une mort certaine... <br /> <br /> le garde ne r&eacute;pondit pas et parut replonger dans sa sombre l&eacute;thargie. <br /> <br /> - Arandela ! Enfin ! Te revoil&agrave; ! <br /> <br /> - Fr&eacute;rot ! Je te croyais perdu ! Enfin, je te retrouve ! <br /> <br /> Effectivement, son petit fr&egrave;re &eacute;tait revenu de la for&ecirc;t, et il &eacute;tait tout en sant&eacute;. Mais la joie c&eacute;da &agrave; la tristesse quand les gardes surent le malheur qui s'&eacute;tait abattu sur la ville. Le sergent de l'arm&eacute;e demanda aux messagers d'envoyer ce message aux licornes : <br /> <br /> Peuple des licornes, nous avons besoin de votre aide. Nos souverains sont morts &eacute;trangement et nous avons besoins de votre aide pour d&eacute;signer un nouveau roi et une nouvelle reine. Pr&eacute;voyons une r&eacute;union demain pour s'entendre sur ce sujet au soleil levant, &agrave; notre ch&acirc;teau. <br /> <br /> Merci de votre reconnaissance<br /> Aglor<br /> Sergent de l'arm&eacute;e elfe<br /> <br /> Arandela et Filly rentr&egrave;rent chez eux, oubliants tous leurs soucis. Le soleil &eacute;tait haut dans le ciel et les deux compagnons d&eacute;cid&egrave;rent de retourner voir Rendawell, pour le r&eacute;conforter de la perte de la licorne et annoncer la mort des rois. <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Merenra avait re&ccedil;u le message et s'empressa vite de signaler aux elfes que les arm&eacute;es du diable s'en venaient &agrave; grande vitesse, pour une deuxi&egrave;me fois. Cela ne lui importait peu que leurs souverains soient morts, ils avaient besoin d'aide ! Il craignait encore pour sa femme, disparue depuis un jour d&eacute;j&agrave;. Mais il ne baissait pas les bras. Ses arm&eacute;es &eacute;taient toujours pr&ecirc;tes et fi&egrave;res au poste, comparativement aux d&eacute;fenses des elfes, pratiquement inexistantes pour le moment. Les d&eacute;fenses au roi des licornes &eacute;taient des plus organis&eacute;es. Une enceinte de bois solide entourait le royaume, renforc&eacute;e de pieux qui pointaient vers l'ennemi. En arri&egrave;re de cette enceinte c'&eacute;tait post&eacute; des centaines de licorne, la corne hautement lev&eacute;e de fiert&eacute;. Derri&egrave;re eux, un autre mur, cette fois de pierre. Il &eacute;tait soutenu par autant de licornes. Il y avait un dernier mur, mais celui-ci de roche des plus solides, parsem&eacute; de pieux de bois levant le nez au ciel. Il &eacute;tait tout autant prot&eacute;g&eacute;. Au milieu il y avait le ch&acirc;teau, tr&egrave;s bas mais tr&egrave;s vaste, abritant quelques k</small><br><br>&gt; <a href="commentaires.php?tid=415">Commentaires</a></td></tr><tr><td><hr color="#AAAAAA" size="1" width="100%" noshade><small><small>&nbsp;<a href="#haut">Haut</a> | <a href="params.php">Param&egrave;tres</a> | <a href="about.php">A propos</a></small></small></td></tr></table> </body> </html> 
