<HTML><head><title>Historia mensuel</title> <script language='JavaScript'><!-- // Ouverture d'une popup function popup(URL,nom,option){ 	window.open(URL,nom,option+",copyhistory=no,screenX=0 screenY=0,top=0 left=0") } // END //--></script> </head><BODY BGCOLOR=white TOPMARGIN=0 LEFTMARGIN=0 MARGINWIDTH=0 MARGINHEIGHT=0 link=#000000 vlink=#000000 alink=#990000><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH=780><MAP NAME="barre"> 	<AREA SHAPE="RECT" COORDS="0,0,185,17" HREF="/service/plan.html"> 	<AREA SHAPE="RECT" COORDS="185,0,385,17" HREF="mailto:mlebas@tallandier.fr "> 	<AREA SHAPE="RECT" COORDS="385,0,584,17" HREF="http://www.lepoint.fr"> </MAP> <TR valign=top> 	<TD BGCOLOR=#CC6600 WIDTH=196 ALIGN=center><A HREF=/><IMG SRC=/images/LogoHistoria.gif WIDTH=195 HEIGHT=76 BORDER=0></A></TD> 	<TD COLSPAN=4 BGCOLOR=#CC6600> 		<TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH=100%> 		<TR> 			<TD BGCOLOR=#CC6600> 				<CENTER><a href="/special/redirect.php3?url=http%3A%2F%2Fwww.lepoint.fr"><IMG 				SRC=http://www.lepoint.fr/static/images/autopromo/promo_point_shist.gif WIDTH=468 HEIGHT=60 border=0></a></CENTER> 			</TD> 		</TR> 		<TR> 			<TD BGCOLOR=#CC6600> 				<IMG SRC=/images/barre/menu_haut.gif WIDTH=585 HEIGHT=21 usemap=#barre border=0> 			</TD> 		</TR> 		</TABLE> 	</TD> </TR> <TR valign=top> 	<TD BGCOLOR=#CC6600 WIDTH=196><IMG SRC=/images/spacer.gif WIDTH=194 HEIGHT=1></TD> 	<TD COLSPAN=3 BGCOLOR=#FFFFFF VALIGN=bottom align=left><IMG SRC=/images/mensuel.gif	HEIGHT=37></td> 	<td width=140 align=right><IMG SRC=/images/barre/around.gif WIDTH=140 HEIGHT=37></TD></TR> <TR valign=top><TD WIDTH=196 BGCOLOR=#CC6600><FORM action=/mail/abonne.php3 method=post><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 width=100%><tr valign=top><td align=left width=100%><a href=/service/historia.html><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/historia_of.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></a><BR><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_1.gif WIDTH=193 HEIGHT=17><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><A HREF=/sommaire.php3><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/sommaire_on.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><A HREF=/sommaire.php3><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_3_on.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><A HREF=/somm_them.php3><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_4_of.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><A HREF=/somm_ref.php3><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_5_of.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><A HREF=/article.php3><IMG BORDER=0 WIDTH=193 HEIGHT=17 SRC=/images/barre/article_of.gif></A><BR><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_6.gif WIDTH=193 HEIGHT=30><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><A HREF=/boutique.php3><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/boutik_of.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_13.gif WIDTH=193 HEIGHT=45><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><A HREF=/abonnement.php3><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/abonne_of.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_14.gif WIDTH=193 HEIGHT=30><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><A HREF=/service/annonces.html><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/annonce_of.gif WIDTH=193 HEIGHT=17></A><BR><IMG BORDER=0 SRC=/images/barre/TX_15.gif WIDTH=193 HEIGHT=30><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=8><BR><center><font size=1 color=black face=Helvetica,Arial>Powered by Ratio.Media&#153;,<br>a <A HREF="http://www.rosebud.fr"><font size=1 color=black face=Helvetica,Arial>Rosebud Technologies Solution</font></a></font></center></td></tr></table></form></TD><TD WIDTH=10><IMG SRC=/images/spacer.gif WIDTH=10 HEIGHT=1></TD><TD VALIGN=top WIDTH=424><IMG SRC=/images/spacer.gif WIDTH=424 HEIGHT=10><BR><FONT FACE=Helvetica,Arial SIZE=5><B>Dossier</B></FONT><br><IMG SRC=/images/ligne.gif WIDTH=390 HEIGHT=2><br><IMG SRC=/images/spacer.gif HEIGHT=5><BR> <TABLE bgcolor="#ffffff" WIDTH="100%" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0"> <tr> <td height="154" width="92%" valign="top"> <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> <b> <font size="6" color="#990000" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> <TITRE> La raison a raison des d&eacute;mons</TITRE> </font> </b> <BR>  <BR>  <B> <I> <font size="3"> <CHAPEAU> A la fin du XVIIe si&egrave;cle, &agrave; l'occasion du proc&egrave;s de la Brinvilliers, condamn&eacute;e pour pratiques sataniques, certains se demandent ouvertement si le cas des sorciers ne rel&egrave;ve pas davantage de l'asile que du b&ucirc;cher. Une id&eacute;e qui fera son chemin dans les si&egrave;cles suivants...</CHAPEAU> </font> </I> </B> <BR>  <BR>  <font SIZE="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000">  	Par <B> <AUTEUR> Claude Pasteur*</AUTEUR> </B> </font> <BR>  <BR>  </font> <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> <TEXTE> <font SIZE="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000"> <P> La premi&egrave;re moiti&eacute; du XVIIe si&egrave;cle fut fertile en proc&egrave;s sataniques. La seconde est, elle, marqu&eacute;e par une &eacute;volution des esprits. Le rationalisme, pr&eacute;curseur du si&egrave;cle des Lumi&egrave;res, commence &agrave; apporter un soup&ccedil;on de raison dans une France en mutation. Premier signe fort : en 1672, Louis XIV fait casser une sentence du Parlement qui condamne au b&ucirc;cher douze sorciers normands, lesquels sont seulement expuls&eacute;s du d&eacute;partement. Interdiction est &eacute;galement faite aux tribunaux de recevoir les simples accusations de sorcellerie. C'est la premi&egrave;re fois que l'autorit&eacute; royale se manifeste contre la peine de mort prononc&eacute;e &agrave; l'encontre des sorciers, &agrave; condition toutefois que ces crimes d'empoisonnement ne leur soient pas imput&eacute;s.</P> <P> C'est pourtant ce qui se passe quatre ans plus tard, en 1676, quand, en place de Gr&egrave;ve, on br&ucirc;le une femme, reconnue coupable d'empoisonnement. Il s'agit rien moins que de la marquise de Brinvilliers.</P> <P> Etrange destin, que celui de cette Marie Madeleine, n&eacute;e Dreux d'Aubray. Elle est la fille d'un conseiller d'Etat, ma&icirc;tre des requ&ecirc;tes, qui la marie &agrave; un d&eacute;bauch&eacute;, le jeune Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers. Elle se console de cette union malheureuse en prenant pour amant, un bel aventurier, ancien officier, Jean-Baptiste Godin, dit Sainte-Croix. Apprenant cette liaison, monsieur Dreux d'Aubray, magistrat rigide, s'indigne et envoie l'amant &agrave; la Bastille. C'est l&agrave; que son compagnon de cellule, l'alchimiste Exili, r&eacute;v&egrave;le &agrave; Sainte-Croix certains secrets occultes. Lib&eacute;r&eacute; quelques ann&eacute;es plus tard, l'aventurier continue seul ses manipulations dans une modeste officine proche de la place Maubert. On l'y d&eacute;couvre, un matin de 1672, gisant devant ses fourneaux et ses alambics, mort pour avoir respir&eacute; des vapeurs toxiques.</P> <P> La police est alert&eacute;e. Le commissaire Picard, charg&eacute; de l'enqu&ecirc;te, d&eacute;couvre une myst&eacute;rieuse cassette rouge contenant des fioles et des petits sachets remplis de poudre qui, apr&egrave;s expertises, se r&eacute;v&egrave;lent &ecirc;tre du sublim&eacute; corrosif, du vitriol romain et dans une petite bo&icirc;te, une pierre &laquo; infernale &raquo;... La cassette contient &eacute;galement des lettres d'amour et une &eacute;trange d&eacute;claration : &laquo; Je supplie tr&egrave;s humblement ceux ou celles entre les mains de qui tombera cette cassette, de me faire la gr&acirc;ce de vouloir la remettre en main propre &agrave; Madame la Marquise de Brinvilliers, demeurant rue Neuve-Saint-Paul, attendu que tout ce qu'elle contient la regarde [...]. Et au cas o&ugrave; elle fut morte avant moi, de la br&ucirc;ler et tout ce qu'il y a dedans, sans rien ouvrir. Fait &agrave; Paris, le 25 mai 1670, sign&eacute; Sainte-Croix. &raquo;</P> <P> On se souvient alors des morts &eacute;tranges survenues dans la famille d'Aubray : celles du p&egrave;re de la marquise (en 1666) et de ses deux fr&egrave;res (1669 et 1670). On se pose des questions... Quand une assignation &agrave; compara&icirc;tre est lanc&eacute;e contre la Brinvilliers, elle y r&eacute;pond &agrave; sa mani&egrave;re. Elle s'enfuit &agrave; l'&eacute;tranger ! Elle demeure quatre ans en exil, pour &eacute;chapper &agrave; la justice de son pays. D'abord Londres, puis Li&egrave;ge, o&ugrave; elle est arr&ecirc;t&eacute;e et ramen&eacute;e &agrave; Paris.</P> <P> Son proc&egrave;s est retentissant. Apr&egrave;s avoir longtemps ni&eacute;, elle finit par avouer. Oui, elle a empoisonn&eacute; son p&egrave;re - n'avait-il pas fait embastiller Sainte-Croix - et ses deux fr&egrave;res. Oui, elle a essay&eacute; diff&eacute;rents poisons sur les malades qu'elle allait charitablement visiter dans les h&ocirc;pitaux. Oui, elle s'appr&ecirc;tait &agrave; exp&eacute;dier dans l'autre monde sa soeur et sa belle-soeur, avant la d&eacute;couverte de la fameuse cassette. Son but : r&eacute;cup&eacute;rer &agrave; son seul profit l'h&eacute;ritage familial.</P> <P> Pour le peuple, elle ne peut &ecirc;tre qu'une sorci&egrave;re. Les drogues mal&eacute;fiques ne rel&egrave;vent-elles pas de sortil&egrave;ges. Reste que, pendant le proc&egrave;s, les juges s'int&eacute;ressent moins &agrave; ses fr&eacute;quentations diaboliques... qu'&agrave; ses relations mondaines, grands seigneurs ou grandes dames plus ou moins soup&ccedil;onn&eacute;s d'&ecirc;tre m&ecirc;l&eacute;s &agrave; des affaires d'empoisonnement.</P> <P> Si elle passe des aveux &eacute;crits concernant ses propres m&eacute;faits, elle ne dit rien en revanche sur ses possibles &laquo; clients &raquo;, m&ecirc;me sous la torture. Le Parlement de Paris prononce son verdict : la Brinvilliers sera d&eacute;capit&eacute;e, puis jet&eacute;e dans le feu. Aussi, le 17 juillet 1676, Mme de S&eacute;vign&eacute; peut-elle &eacute;crire : &laquo; Enfin, c'est fini. La Brinvilliers est en l'air, son pauvre petit corps &agrave; &eacute;t&eacute;, apr&egrave;s l'ex&eacute;cution, jet&eacute; dans un fort grand feu, et les cendres au vent... &raquo;Pr&eacute;cisant que l'empoisonneuse t&eacute;moigna, lors de ses derniers instants, d'un tel courage, que le bruit courut qu'elle &eacute;tait morte en odeur de saintet&eacute;...</P> <P> Pour les esprits clairvoyants de l'&eacute;poque, la Brinvilliers n'est pas une de ces sorci&egrave;res se rendant au sabbat sur un manche &agrave; balai, comme certains se les imaginent encore &agrave; l'&eacute;poque. Selon eux, son cas rel&egrave;ve davantage de la maladie que de la sorcellerie, de l'h&ocirc;pital que du b&ucirc;cher. Des t&eacute;moins signalent les contractions nerveuses qui d&eacute;figuraient son visage quand elle &eacute;tait contrari&eacute;e. On raconte aussi qu'&agrave; la vue de l'&eacute;chafaud, sa figure se convulsa, et sa bouche se tordit &laquo; comme le rictus du tigre &raquo;. La confession, &eacute;crite de sa main, r&eacute;v&egrave;le aussi le profond d&eacute;s&eacute;quilibre qui &eacute;tait le sien. Pyromane : &laquo; Je m'accuse d'avoir mis le feu. &raquo; Suicidaire : &laquo; Je m'accuse de m'&ecirc;tre donn&eacute; du poison. &raquo; Obs&eacute;d&eacute;e sexuelle : &laquo; Je m'accuse d'avoir commis des incestes trois fois par jour. [...] Je m'accuse d'avoir approch&eacute; une toute jeune fille. [...] Je m'accuse d'avoir commis deux fois le p&eacute;ch&eacute; de sodomie &raquo; [avec Sainte-Croix]. Telle est cette d&eacute;prav&eacute;e qui, un si&egrave;cle plus tard, aurait &eacute;t&eacute; conduite dans un asile psychiatrique. Les temps n'&eacute;taient pas encore m&ucirc;rs.</P> <P> Au si&egrave;cle suivant se pr&eacute;cise l'id&eacute;e que sorciers, mages, envo&ucirc;teurs sont des malades mentaux. L'oratorien Malebranche l'&eacute;crit : &laquo; Que l'on cesse de punir les sorciers, qu'on les traite comme des fous, et l'on verra qu'avec le temps, ils ne seront plus sorciers. &raquo; En 1731, la peine capitale pour d&eacute;lit de sorcellerie est supprim&eacute;e. Mais si on n'envoie plus les sorciers au b&ucirc;cher, on les consid&egrave;re comme des fous, et on les enferme... dans des cages, devant lesquelles le public est autoris&eacute; &agrave; d&eacute;filer les jours de f&ecirc;te. &laquo; Les fous attach&eacute;s dans leurs cages servaient, comme des animaux de m&eacute;nagerie, &agrave; l'amusement du public. &raquo; Celui qui &eacute;crit ces lignes n'est autre que le m&eacute;decin ali&eacute;niste Pinel.</P> <P> Plus on avance dans le XVIIIe si&egrave;cle, plus l'id&eacute;e que les cas de sorcellerie rel&egrave;vent de la m&eacute;decine fait son chemin. En 1751, la <I> Grande Encyclop&eacute;die</I>  de Diderot et d'Alembert consid&egrave;re la sorcellerie &laquo; comme une op&eacute;ration honteuse et ridicule, attribu&eacute;e stupidement par la superstition au pouvoir du d&eacute;mon &raquo;. Ce qui n'emp&ecirc;che pas quantit&eacute; de cabalistes mondains, tels le comte de Saint-Germain, Cagliostro, Mesmer, d'autres encore, avec leur arsenal de recettes magiques, de s&eacute;vir. Au XIXe si&egrave;cle, Victor Hugo ne fait-il pas encore tourner les tables... Mais la raison et le rationalisme continuent de gagner du terrain. En 1834, Michelet, dans son ouvrage <I> La Sorci&egrave;re, </I> tente d'expliquer les &eacute;tats hallucinatoires des femmes qui se croient habit&eacute;es par Satan. A la m&ecirc;me &eacute;poque, le professeur Charcot donne &agrave; la Salp&ecirc;tri&egrave;re ses c&eacute;l&egrave;bres cours sur les maladies du syst&egrave;me nerveux et &eacute;voque en les d&eacute;mystifiant les vieux proc&egrave;s de sorcellerie. Ses s&eacute;ances d'hypnose sur des pensionnaires de l'h&ocirc;pital parisien sont suivies par un public passionn&eacute;. M&ecirc;me si quelques-uns de ses d&eacute;tracteurs avancent qu'il est parfois dup&eacute; par certaines femmes qui lui jouent la com&eacute;die &laquo; pour obtenir double ration &raquo;. A ses moments de loisir, il collectionne des images de sorciers et publie un ouvrage, <I> Les D&eacute;moniaques dans l'art</I> .</P> <P> De nos jours encore, les efforts du rationalisme pour &eacute;radiquer les vieilles croyances sont loin d'avoir triomph&eacute; : il existe toujours des envo&ucirc;teurs, des profanateurs et des poss&eacute;d&eacute;s, au point que dans certains dioc&egrave;ses, on a d&ucirc; accro&icirc;tre le nombre des pr&ecirc;tres exorcistes. La nouveaut&eacute; r&eacute;side dans le fait que ces pr&ecirc;tres collaborent souvent avec des m&eacute;decins psychiatres pour d&eacute;celer des troubles mentaux relevant davantage de la Facult&eacute; que de la magie.</P> <P> Mais emp&ecirc;chera-t-on jamais le diable de faire des siennes ?</P> </font> </TEXTE> <BR>  </font> <I> <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="3"> <HR WIDTH="20%" ALIGN="Left"> </HR> <INFOAUTEUR> <I> * Claude Pasteur est journaliste et historienne. Elle a publi&eacute; une trentaine d'ouvrages. Elle s'est int&eacute;ress&eacute;e &agrave; la sorcellerie dans son livre <B> <I> Simon le Magicien</I> </B>  (Orban) ainsi que pour une enqu&ecirc;te, parue dans <B> <I> Elle</I> </B> , &quot;Les quatre v&eacute;rit&eacute;s des magiciens&quot;, avec l'avis de m&eacute;decins, psychologues et psychiatres.</I> </INFOAUTEUR> <HR WIDTH="20%" ALIGN="Left"> </HR> <BR>  </font> </I> <TABLE BORDER="1" CELLPADDING="2" CELLSPACING="0" width="100%" bgcolor="#eeeeee"> <TR> <TD bgcolor="#FFFFCC" WIDTH="100%"> <font face="verdana,Arial, Helvetica, sans-serif" size="4" color="#990000"> <B> <ENCTITRE> Loudun-Louviers : m&ecirc;me combat contre le Mal</ENCTITRE> <BR>  </B> </font> </TD> </TR> </TABLE> <TABLE BORDER="0" CELLPADDING="3" CELLSPACING="0" width="100%" bgcolor="#eeeeee"> <TR> <TD WIDTH="100%"> <font face="verdana,Arial, Helvetica, sans-serif" size="3"> <ENCTEXTE> Dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du xviie si&egrave;cle, ces deux affaires d'envo&ucirc;tement d&eacute;fraient la chronique.<BR>  Urbain Grandier, cur&eacute; de Loudun, est un pr&ecirc;tre tourment&eacute;, aux moeurs suspectes. Ne trouvant pas &agrave; s'accomplir au service de Dieu, il se tourne vers Satan, et conclut avec lui un pacte, conserv&eacute; au fonds fran&ccedil;ais de la Biblioth&egrave;que nationale. En voici des extraits, en langue moderne : &laquo; Mon Seigneur et ma&icirc;tre, je vous reconnais pour mon Dieu, je vous promets de vous servir, [...] et d&egrave;s &agrave; pr&eacute;sent, je renonce &agrave; tous les autres, &agrave; J&eacute;sus-Christ et &agrave; Marie, et &agrave; tous les saints du ciel, et &agrave; l'Eglise catholique, apostolique et romaine. Je promets de vous adorer et [d']attirer &agrave; mal faire autant de personnes qu'il me sera possible. [...] Sign&eacute; de mon sang : Urbain Grandier. &raquo;Le pacte est &eacute;crit sur un morceau de parchemin et sign&eacute; effectivement du sang de l'apostat. Pour tenir sa promesse, le cur&eacute; ensorcelle les religieuses du couvent des Ursulines, qui manifestent bient&ocirc;t des troubles d&eacute;lirants : des d&eacute;mons surgissent et les poursuivent ; certaines, illettr&eacute;es, se voient octroyer le don des langues et discourent en latin ; d'autres sont prises de convulsions, ou tiennent des propos ind&eacute;cents. En 1634, le cur&eacute; est arr&ecirc;t&eacute;. Il est convaincu du &laquo; crime de magie, mal&eacute;fice et possession, arriv&eacute; par son fait &agrave; des religieuses ursulines et autres s&eacute;culi&egrave;res, et condamn&eacute; &agrave; faire amende honorable t&ecirc;te nue et son corps br&ucirc;l&eacute; vif &raquo;. <BR>   Apr&egrave;s l'ex&eacute;cution de Grandier, les ph&eacute;nom&egrave;nes diaboliques continuent n&eacute;anmoins, n&eacute;cessitant les secours de plusieurs autres exorcistes : le p&egrave;re Jean-Baptiste Gault, le p&egrave;re Lactance et, enfin, le p&egrave;re Surin. Ce n'est qu'apr&egrave;s s'&ecirc;tre rendues sur le tombeau de saint Fran&ccedil;ois de Sales, en compagnie de la prieure du couvent - elle-m&ecirc;me &laquo; envo&ucirc;t&eacute;e &raquo; - que les ursulines de Loudun retrouveront leur s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. (Les t&eacute;moignages des pr&ecirc;tres exorcistes sont eux aussi conserv&eacute;s &agrave; la BNF). Quelques ann&eacute;es apr&egrave;s le drame de Loudun, une affaire analogue &eacute;clate &agrave; Louviers, pr&egrave;s de Rouen, au couvent de Sainte-Elisabeth : quinze religieuses se disent poss&eacute;d&eacute;es par des d&eacute;mons, les m&ecirc;mes qui ont tourment&eacute; les ursulines de Loudun. On raconte que les religieuses, toutes tr&egrave;s jeunes, se renversent jusqu'&agrave; poser leurs t&ecirc;tes derri&egrave;re leurs talons pour baiser la terre. D'autres ex&eacute;cutent pendant la messe des sauts acrobatiques, ou bien jurent et blasph&egrave;ment. Jusqu'au jour o&ugrave; la soeur Madeleine Bavent d&eacute;nonce l'ancien directeur du couvent, Mathurin Picard, et son complice Thomas Boull&eacute;. <BR>   On arr&ecirc;te les deux hommes qui sont d&eacute;f&eacute;r&eacute;s devant le Parlement de Normandie, lequel rend l'arr&ecirc;t suivant : &laquo; [...] La Cour d&eacute;clare Mathurin Picard et Thomas Boull&eacute; convaincus des crimes de magie et sortil&egrave;ges, sacril&egrave;ges, et autres impi&eacute;t&eacute;s, [...] et ordonne pour punition et r&eacute;paration de ces crimes, que les corps dudit Picard et ledit Boull&eacute; [seront] ce jour livr&eacute;s &agrave; l'ex&eacute;cuteur des sentences criminelles [...] en la place du Vieux March&eacute; [de Rouen], et l&agrave;, le corps dudit Boull&eacute; br&ucirc;l&eacute; vif, et le corps dudit Picard mis au feu, jusqu'&agrave; ce que lesdits corps soient r&eacute;duits en cendres, lesquelles seront jet&eacute;es au vent. &raquo; Le m&ecirc;me arr&ecirc;t d&eacute;clare Madeleine Bavent d&eacute;chue de sa qualit&eacute; de religieuse, et la condamne &agrave; la prison perp&eacute;tuelle. Pas plus qu'&agrave; Loudun, les ex&eacute;cutions de Picard et de Boull&eacute; ne font cesser les diableries. Les rituels de d&eacute;senvo&ucirc;tement ne font, au contraire, qu'exacerber les d&eacute;mons et poussent les religieuses &agrave; des actes d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s : certaines se jettent dans un puits, mais sont miraculeusement (ou d&eacute;moniaquement) retenues avant de tomber au fond. Mais finalement tout rentre dans l'ordre, et le nom de Louviers n'est plus gu&egrave;re c&eacute;l&egrave;bre que dans la chanson <I> Sur la route de Louviers...</I> <BR>  </ENCTEXTE> <BR>  </font> </TD> </TR> </TABLE> <BR>  <TABLE BORDER="1" CELLPADDING="2" CELLSPACING="0" width="100%" bgcolor="#eeeeee"> <TR> <TD bgcolor="#FFFFCC" WIDTH="100%"> <font face="verdana,Arial, Helvetica, sans-serif" size="4" color="#990000"> <B> <ENCTITRE> La Voisin, quel poison !</ENCTITRE> <BR>  </B> </font> </TD> </TR> </TABLE> <TABLE BORDER="0" CELLPADDING="3" CELLSPACING="0" width="100%" bgcolor="#eeeeee"> <TR> <TD WIDTH="100%"> <font face="verdana,Arial, Helvetica, sans-serif" size="3"> <ENCTEXTE> Autre adepte des pratiques occultes, Catherine Deshayes, &eacute;pouse Monvoisin, sage-femme de profession et accessoirement avorteuse. Apr&egrave;s la mort de son mari, un certain Lesage, son amant, associ&eacute; &agrave; un pr&ecirc;tre sataniste, l'abb&eacute; Mariette, initie la Voisin &agrave; la magie noire. Le lieutenant de police La Reynie qui, quelque temps auparavant, a inform&eacute; Louis XIV &laquo; que son royaume [est] gangren&eacute; par tout un monde de sorciers et de magiciennes &raquo;, fait arr&ecirc;ter la Voisin. Il se dit &agrave; l'&eacute;poque que dans le jardin de sa maison, rue Beauregard (dans l'actuel quartier Bonne-Nouvelle), elle a fait &eacute;difier un four pour y br&ucirc;ler 2 000 foetus et nouveau-n&eacute;s sacrifi&eacute;s lors de messes noires ; qu'elle fabrique des aphrodisiaques et, surtout, que nombre de nobles dames viennent lui acheter ces poudres pour se faire aimer... ou &laquo; pour &eacute;ternuer une derni&egrave;re fois... &raquo;De fait, les noms cit&eacute;s lors de son proc&egrave;s figurent au gotha du Paris de l'&eacute;poque : la duchesse de Bouillon, la duchesse de Vivonne, la comtesse de Soissons, la comtesse de Gramont, la vicomtesse de Polignac, la mar&eacute;chale de La Fert&eacute;. Mais surtout, comble du scandale : Mlle Desoeillets, demoiselle de compagnie de la Montespan, l'ancienne favorite du roi remplac&eacute;e un temps par Mlle de Fontange, morte dans d'&eacute;tranges circonstances... Aussit&ocirc;t, le tribunal fait suspendre les s&eacute;ances publiques et la Voisin est envoy&eacute;e au b&ucirc;cher en 1680. En 1682, Louis XIV donne l'ordre d'interrompre les s&eacute;ances de la Chambre ardente - qui traitait des affaires de sorcellerie -, fait placer les documents dans un placard secret, avant de les d&eacute;truire lui-m&ecirc;me.</ENCTEXTE> <BR>  </font> </TD> </TR> </TABLE> <BR>  <TABLE BORDER="1" CELLPADDING="2" CELLSPACING="0" width="100%" bgcolor="#eeeeee"> <TR> <TD bgcolor="#FFFFCC" WIDTH="100%"> <font face="verdana,Arial, Helvetica, sans-serif" size="4" color="#990000"> <B> <ENCTITRE> Un scandale &eacute;touff&eacute;</ENCTITRE> <BR>  </B> </font> </TD> </TR> </TABLE> <TABLE BORDER="0" CELLPADDING="3" CELLSPACING="0" width="100%" bgcolor="#eeeeee"> <TR> <TD WIDTH="100%"> <font face="verdana,Arial, Helvetica, sans-serif" size="3"> <ENCTEXTE> La Voisin et la Montespan. Malgr&eacute; le scandale, la favorite ne quitte la cour qu'&agrave; 50 ans, pour entrer dans un couvent avant de finir ses jours &agrave; Boubon-l'Archambault.</ENCTEXTE> <BR>  </font> </TD> </TR> </TABLE> <BR>  <blockquote> <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> </font> </blockquote> <TABLE BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0"> <TR> <TD> </TD> </TR> <TR> <TD> <I> </I> </TD> </TR> </TABLE> <BR>  <font size="SMALL" color="#FFFFFF">  <SOURCE> Historia mensuel</SOURCE>  -</font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF"> <DATE> 01/12/2001 -  	</DATE> </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF"> N&deg; <PRIX> <NUMERO> 660</NUMERO> </PRIX>  - </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF"> Rubrique <RUBRIQUE> Dossier</RUBRIQUE>  - </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF">  P <PAGE> <FOLIO> 68</FOLIO> </PAGE>  - </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF"> <NBMOTS> 2289</NBMOTS> </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF">  mots </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF">  - </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF"> Dossier :<DOSSIER> Sorciers, sorci&egrave;res</DOSSIER> </font> <font size="SMALL" color="#FFFFFF"> <AUTEUR> Claude Pasteur*</AUTEUR> </font> </td> </tr> </TABLE>  </td><TD WIDTH=10><IMG SRC=/images/spacer.gif WIDTH=10 HEIGHT=1></TD><TD VALIGN="top" WIDTH="140" ALIGN="left" bgcolor="#FFCC99"> <script language="JavaScript1.2"> 	<!-- 	function garantie() 		{ 			window.open('/special/garantie.html','','height=350,width=400') 		}	 	 	function catalogue() 		{ 			window.open('/special/formulaire.html','','height=450,width=650') 		} 	//--> </script>  <table border=0 cellpadding=0 cellspacing=0 width=140> <td><br> <FONT SIZE=3 COLOR=990000 face=Helvetica,Arial><b>Dossier</b></FONT><br>- <A HREF=/data/mag/660/66003801.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>Sorciers, sorci&egrave;res pourquoi nous ont-ils fait si peur ?</font></A><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66004001.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>Le Moyen Age, une &eacute;poque &quot;b&eacute;nie&quot;</font></A><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66004601.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>La panoplie au complet</font></A><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66004801.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>La France ensorcel&eacute;e</font></A><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66005401.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>Trait&eacute;s de magie noire et manuels d'inquisition</font></A><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66005801.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>Les Vosges, r&eacute;gion de tous les mal&eacute;fices</font></A><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66006201.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>Les poss&eacute;d&eacute;es de Salem</font></A><BR>- <FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>La raison a raison des d&eacute;mons</font><BR>- <A HREF=/data/mag/660/66007401.html><FONT SIZE=2 COLOR=black face=Helvetica,Arial>Des succ&egrave;s diaboliques</font></A><BR>&nbsp;</td> </table> </TD> </TR></TABLE></BODY></HTML> 
