<HTML> <HEAD>   <!-- Created by AOLpress/1.2 -->   <TITLE>Heroes - 300 / Frank Miller : An 7</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#ffffff" TEXT="#000000" LINK="#0000ff" VLINK="#ff0000"> <TABLE BORDER CELLPADDING="2">   <TR>     <TD><P ALIGN=Center>       <IMG BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Heroes" WIDTH="100" HEIGHT="36" SRC="../../0-gen/images/lheroes.gif"></TD>     <TD COLSPAN=8><P ALIGN=Center>       <IMG WIDTH="475" HEIGHT="36" ALT="Heroes review" ALIGN="Middle" SRC="../images/entete.gif" 	  BORDER="0"></TD>     <TD ROWSPAN=5><IMG WIDTH="150" HEIGHT="865" ALT="Heroes" BORDER="0" ALIGN="Middle" 	  SRC="../../0-gen/images/theroes.gif"></TD>   </TR>   <TR>     <TD COLSPAN=9><P ALIGN=Center>       <A HREF="../../b-startl/html/intrstln.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" BORDER="0" 	  ALIGN="Middle" ALT="Start" SRC="../../0-gen/images/cstline.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../c-cybern/html/intrcybn.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Start" SRC="../../0-gen/images/ccybnws.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../d-talks/html/intrtlks.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Talks" SRC="../../0-gen/images/ctalks.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../e-herrev/html/intrhrev.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Review" SRC="../../0-gen/images/cherrev.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../f-humor/html/intrhumo.htm"><IMG BORDER="0" ALIGN="Middle" 	  ALT="Humor" WIDTH="45" HEIGHT="36" SRC="../../0-gen/images/chumor.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../g-spotl/html/intrspot.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Spot" SRC="../../0-gen/images/cspot.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../h-ftmbox/html/intrftmb.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Mail" SRC="../../0-gen/images/cmailb.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../i-messbt/html/intrmess.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Bottle" SRC="../../0-gen/images/cminab.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../j-gatewy/html/intrgtwy.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="G-Way" SRC="../../0-gen/images/cgway.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../k-backi/html/intrback.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Back" SRC="../../0-gen/images/cback.gif"></A><IMG 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" 	  HEIGHT="36"><A HREF="../../l-fame/html/intrfame.htm"><IMG WIDTH="45" HEIGHT="36" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Fame" SRC="../../0-gen/images/cfame.gif"></A></TD>   </TR>   <TR>     <TD COLSPAN=9><H3 ALIGN=Center> 	<IMG SRC="../images/300-3.gif" WIDTH="200" HEIGHT="81" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	    BORDER="0" ALIGN="Middle">       </H3>       <H3 ALIGN=Center> 	FRANK MILLER : AN 7       </H3>       <P>       <P>       "Une des choses que j'aime le plus dans le travail de Frank est son       habilet&eacute; &agrave; se r&eacute;inventer lui-m&ecirc;me de temps &agrave;       autre." Cette phrase de Walter Simonson, distingu&eacute; sc&eacute;nariste       et dessinateur, r&eacute;sume bien &agrave; elle seule la carri&egrave;re       de Frank Miller, l'un des plus grands auteurs de comics de notre fin de       si&egrave;cle.       <P>       Ce qu'il y a de fascinant chez cet homme, au-del&agrave; de son talent de       conteur, c'est sans aucun doute le caract&egrave;re polymorphe de ses travaux,       qu'ils soient anciens ou r&eacute;cents. Qu'il nous emm&egrave;ne dans l'espace,       au Japon, dans les ruelles tortueuses de cit&eacute;s corrompues, dans la       Gr&egrave;ce antique ou &agrave; Gotham City, on n'a jamais l'impression       de faire tout &agrave; fait le m&ecirc;me voyage. Comme si notre homme, tout       au long de sa carri&egrave;re, avait v&eacute;cu diff&eacute;rentes vies       qui se seraient succ&eacute;d&eacute;es devant nos yeux de lecteurs. En fait,       ne nous trompons pas, Frank Miller est avant tout un auteur qui a fait beaucoup       de chemin en un peu plus de 20 ans de carri&egrave;re...       <P>       An 1. Fin des ann&eacute;es 70. Appara&icirc;t chez Marvel un jeune artiste       aux travaux sympathiques &agrave; d&eacute;faut d'&ecirc;tre glorieux : le       Marvel Team-Up #100, les Spectacular Spider-Man #27 et 28, les belles couvertures       de Power Man &amp; Iron First &agrave; partir du #66, etc...       <P>       An 2. 1980. Transf&eacute;r&eacute; sur une s&eacute;rie Daredevil en perte       de vitesse (#158), il redynamise tr&egrave;s vite le personnage, d'abord       en tandem avec le sc&eacute;nariste Roger Mc Kenzie puis seul aux commandes.       Il introduit l'inoubliable Elektra, cr&eacute;e la terrible organisation       de la Hand, modernise le terrifiant KingPin et &eacute;l&egrave;ve ce personnage       minable qu'&eacute;tait BullsEye au rang de vilain d'envergure. Trois       ann&eacute;es de r&ecirc;ve pour les lecteurs et suivies, des ann&eacute;es       apr&egrave;s, par des projets magistraux : Born Again, Elektra Assasin, Elektra       Lives Again, Man Without Fear...       <P>       An 3. 1983. Le temps d'une certaine &eacute;mancipation. Pour DC, Miller       signe la mini-s&eacute;rie Ronin. Elle est inspir&eacute;e de sa passion       pour le Japon m&eacute;di&eacute;val, et lui autorise des exp&eacute;rimentations       nouvelles en mati&egrave;re de sc&eacute;nario et de dessin. Il ne va pas       tarder &agrave; les faire fructifier...       <P>       An 4. 1986. Sa mini-s&eacute;rie Batman : Dark Knight Returns &eacute;branle       le monde des super-h&eacute;ros et montre aux sc&eacute;naristes, pour les       ann&eacute;es &agrave; venir, la voie vers un traitement plus mature des       personnages de comics. Deux ans plus tard, son Batman : Year One,       r&eacute;alis&eacute; avec David Mazzucchelli, recomposera totalement le       personnage au travers d'un nouveau r&eacute;cit de ses origines.       <P>       An 5. 1990. Miller semble s'&eacute;loigner doucement de la sc&egrave;ne       des comics. Le dessinateur s'efface au profit du sc&eacute;nariste, de Give       me liberty &agrave; Terminator en passant par Hard boiled, de la grosse farce       politique au divertissement tapageur en passant par l'ind&eacute;finissable.       <P>       An 6. 1991. D'une mani&egrave;re presque confidentielle, Sin City marque       son retour. Dans les pages du Dark Horse 5th Anniversary Special puis dans       l'anthologie Dark Horse Presents, Miller s'enfonce avec bonheur dans la veine       du polar, empruntant son inspiration &agrave; Chandler et &agrave; Steranko.       <P>       1998. Alors qu'il d&eacute;livrait d'une mani&egrave;re r&eacute;guli&egrave;re       (routini&egrave;re ?) les nouveaux opus de son Sin City, notre auteur annonce       un break. Il veut conter une histoire qu'il br&ucirc;lait d'envie de mettre       en sc&egrave;ne depuis longtemps : 300. D&eacute;but de l'an 7.       <P>       Que raconte 300 exactement ? Une histoire que l'on s'attendait pas &agrave;       rencontrer, de prime abord, dans un comic-book.       <P>       La mini-s&eacute;rie de Frank Miller reprend en effet l'un des plus       c&eacute;l&egrave;bres faits d'armes de l'histoire antique : la bataille       des Thermopyles, qui eut lieu en 480 avant JC. Pour ceux parmi vous qui n'ont       que de vagues souvenirs de l'histoire grecque, quelques explications       s'imposent...       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/300-1.gif" WIDTH="286" HEIGHT="424" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P>       Au d&eacute;but du Veme si&egrave;cle avant JC, le monde grec est domin&eacute;       par le mod&egrave;le de la polis, la cit&eacute;-&eacute;tat, qui partage       le territoire en zones regroupant des individus de m&ecirc;me traditions       et cultes. Ces cit&eacute;s-&eacute;tats, dont les noms les plus       c&eacute;l&egrave;bres demeurent Ath&egrave;nes et Sparte, comportent des       organisations &eacute;conomiques et sociales souvent tr&egrave;s       diff&eacute;rentes, s'opposent parfois en guerres fratricides, ou font cause       commune contre des adversaires ext&eacute;rieurs. En 481 av. JC, une nouvelle       menace pour le monde grec d&eacute;barque justement d'Asie Mineure :       l'arm&eacute;e perse du roi Xerx&egrave;s, forte de plusieurs centaines de       milliers d'homme et de plusieurs milliers de bateaux. Fils du c&eacute;l&egrave;bre       Darius le grand, Xerx&egrave;s a pour objectif d'annexer le monde grec au       royaume perse, une entreprise dans laquelle son p&egrave;re a &eacute;chou&eacute;       quelques ann&eacute;es auparavant. Ainsi commence la seconde Guerre       M&eacute;dique... Si les cit&eacute;s grecques conviennent tr&egrave;s vite       de s'allier pour vaincre l'envahisseur, les opinions ne tardent pas &agrave;       diverger sur la meilleure strat&eacute;gie de d&eacute;fense &agrave; adopter.       Alors que l'ennemi a atteint la Thessalie, contr&eacute;e du Nord de la       Gr&egrave;ce, le roi L&eacute;onidas de Sparte prend alors l'initiative de       bloquer l'arm&eacute;e de Xerx&egrave;s au d&eacute;fil&eacute; des Thermopyles.       Quelques alli&eacute;s de Sparte se pr&eacute;sentent alors &agrave;       L&eacute;onidas, mais il ne peut compter, en d&eacute;finitive, que sur 6000       hommes seulement ! Surclass&eacute; par le nombre, L&eacute;onidas oppose       n&eacute;anmoins une fantastique r&eacute;sistance aux Perses, appuy&eacute;e       notamment par sa garde d'&eacute;lite personnelle, compos&eacute;e de 300       fantassins...       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/300-2.gif" WIDTH="450" HEIGHT="302" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P>       Certains d'entre vous se demandent s&ucirc;rement ce qui a pu pousser Miller       &agrave; s'int&eacute;resser &agrave; cet &eacute;v&eacute;nement historique.       Tout d'abord, au regard de la longue et riche histoire antique grecque, la       bataille des Thermopyles n'est qu'une anecdote, une bataille de plus au milieu       de centaines de batailles. Cependant, si cette le nom de cette bataille est       devenu l&eacute;gendaire, a subi moins que d'autres l'effacement du temps,       c'est sans doute parce qu'elle se r&eacute;sume d'un seul trait, qui a       attir&eacute; irr&eacute;sistiblement Miller : l'h&eacute;ro&iuml;sme.       <P>       Ensuite, il va de soi que le roi L&eacute;onidas, la ville de Sparte en       g&eacute;n&eacute;ral , pr&eacute;sentaient &agrave; eux seuls des       caract&eacute;ristiques dignes d'int&eacute;r&ecirc;t pour Miller. Si on       se repenche en effet sur l'aspect historique, on s'aper&ccedil;oit que Sparte       est vraiment un cas unique dans l'histoire antique, un cas qui a fascin&eacute;       nombre d'historiens. Parce que le territoire spartiate &eacute;tait important       et que Sparte formait une cit&eacute; sans cesse menac&eacute;e par ses       populations asservies, sa soci&eacute;t&eacute; s'organisa tr&egrave;s vite       &agrave; des seules fins militaires et cela au d&eacute;triment des autres       institutions. Son syst&egrave;me politique tr&egrave;s particulier &eacute;leva       l'h&eacute;ro&iuml;sme, jusqu'alors privil&egrave;ge de la noblesse, au rang       de vertu citoyenne. Son art, son exp&eacute;rience du combat en formation       serr&eacute;e en fit un guide militaire incontest&eacute; pour l'ensemble       de la Gr&egrave;ce antique. Et au milieu de tout cela, il y avait des hommes,       durement marqu&eacute;s par des sacrifices permanents et qui       pr&eacute;f&eacute;raient mourir plut&ocirc;t que de vivre dans le       d&eacute;shonneur. Des hommes qui ne pouvaient que plaire &agrave; Frank       Miller...       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/3002.jpg" WIDTH="225" HEIGHT="191" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P>       300 se pr&eacute;sente sous la forme d'une mini-s&eacute;rie en cinq parties,       publi&eacute;e comme d'accoutum&eacute;e par Dark Horse et       b&eacute;n&eacute;ficiant du m&ecirc;me format luxueux. Ce projet se       diff&eacute;rencie toutefois de Sin City d'une mani&egrave;re appr&eacute;ciable       puisqu'on retrouve avec bonheur Lynn Varley, la compagne de Miller, aux couleurs       (1).       <P>       L'&eacute;v&eacute;nement historique a fait l'objet d'un d&eacute;coupage       en &eacute;pisodes attentif, au cours desquels le lecteur suit les       p&eacute;r&eacute;grinations de L&eacute;onidas, de sa garde et de leur       alli&eacute;s jusqu'&agrave; leur confrontation avec les Perses. Miller augmente       tr&egrave;s vite l'intensit&eacute; dramatique du r&eacute;cit en usant de       diff&eacute;rents proc&eacute;d&eacute;s. Tout d'abord, alors que la       confrontation avec les Perses appara&icirc;t imminente, il nous faudra attendre       le troisi&egrave;me num&eacute;ro pour voir le d&eacute;but des combats.       Entre temps, L&eacute;onidas se rappelle au cours de s&eacute;quences en       flashback comment il a pr&eacute;cipit&eacute; les &eacute;v&eacute;nements       en traitant les messagers de Xerx&egrave;s d'une mani&egrave;re exp&eacute;ditive       (#1) puis comment la corruption des sages de Sparte l'a oblig&eacute; &agrave;       tenter, seul contre tous, une action d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e contre       l'attaque des Perses (#2). Parall&egrave;lement, Miller insiste lourdement       au travers des propos de L&eacute;onidas : cette tentative       d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e de 6000 hommes n'a aucune chance contre la       masse perse ! Et, pourtant, nous, les lecteurs, on voudrait y croire. On       se surprend &agrave; vibrer avec les spartiates, alors que les petites victoires       encourageantes se succ&egrave;dent, tel David tentant sa chance contre le       gigantesque Goliath. On se surprend &agrave; appr&eacute;cier ces combattants       implacables, dress&eacute;es d&egrave;s l'enfance &agrave; endurer la souffrance       et &agrave; ne vivre que pour le combat. Ils n'ont aucune chance... mais       ils avancent... r&eacute;solument...       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/300-4.gif" WIDTH="200" HEIGHT="409" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P>       Jamais sans doute, depuis Dark Knight Returns, Frank Miller ne s'&eacute;tait       rapproch&eacute; aussi bien d'une d&eacute;finition de l'h&eacute;ro&iuml;sme       par l'exemple. Au devoir du vieux Batman qui r&eacute;apparaissait devant       les yeux m&eacute;dus&eacute;s des policiers, Miller substitue la loi implacable       de Sparte, qui, pour les 300 hoplites de L&eacute;onidas, a valeur de foi       in&eacute;branlable. Afin de mieux appuyer son propos, il nous fournit sur       le plan graphique des planches extr&ecirc;mement d&eacute;pouill&eacute;es       : les spartiates, presque nus, arm&eacute;s de leur lance, leur casque et       leur bouclier, &eacute;voluent dans les paysages d'une Gr&egrave;ce       irr&eacute;elle o&ugrave; rien ne d&eacute;tourne notre attention. Seul existe       le point de d&eacute;part (Sparte), une longue marche appuy&eacute;e et le       point d'arriv&eacute;e (les Thermopyles) o&ugrave; les &eacute;v&eacute;nements       se pr&eacute;cipitent. Comme vous l'imaginez s&ucirc;rement, Miller ne se       prive pas d'abuser de double splash-pages du meilleur effet. Celles-ci,       combin&eacute;es avec les couleurs de Varley, donnent souvent un effet       saisissant, comme pour la s&eacute;quence d'ouverture (la marche des spartiates       alors que le soleil se l&egrave;ve).       <P>       A ces combattants d'allure quasi-divine, Miller oppose une arm&eacute;e perse       toute en relief et en couleurs : soldats, esclaves asservis, chevaux, chars,       &eacute;l&eacute;phants, parures, statues, fl&egrave;ches, lances, masques,       etc... M&ecirc;me le roi Xerx&egrave;s nous est d&eacute;peint comme une       figure androgyne, adepte du piercing ! Le contraste est saisissant, et s'amplifie       au cours des combats, une fois arriv&eacute;s. Miller ne nous &eacute;pargne       alors rien, mais il n'y a rien pourtant de gratuit dans des sc&egrave;nes       de massacres effroyables. Dans celles-ci, une de ses principales r&eacute;ussite       est de nous retranscrire avec efficacit&eacute; l'incroyable strat&eacute;gie       de guerre spartiate. La phalange, terrible machine de guerre collective,       nous semble invincible. On est bien loin, d&eacute;cid&eacute;ment, d'un       r&eacute;cit acad&eacute;mique sorti d'un bon vieux Classic Illustrated...       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/300-5.gif" WIDTH="450" HEIGHT="286" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P>       Les comics historiques n'&eacute;tant pas l&eacute;gion, 300 repr&eacute;sente       une initiative particuli&egrave;rement appr&eacute;ciable. De plus, il est       ind&eacute;niable que notre auteur s'est bien document&eacute; pour       r&eacute;aliser son &#156;uvre. Ceci constitue une performance que nous nous       devons de saluer, trop souvent habitu&eacute; que nous sommes, nous autres       lecteurs, &agrave; voir dans les comics la r&eacute;alit&eacute; historique       ou g&eacute;ographique copieusement bafou&eacute;e. Les historiens ne devraient       donc pas trop se plaindre de 300 en mati&egrave;re de v&eacute;rit&eacute;.       Ils retrouveront d'ailleurs aussi chez Miller tous les bons mots qui, selon,       la l&eacute;gende, ont &eacute;maill&eacute; la bataille de Thermopyles.       Morceaux choisis :       <P>       Xerx&egrave;s : - Rends tes armes !       <P>       L&eacute;onidas - Viens les prendre !       <P>       ou encore       <P>       Xerx&egrave;s : - Nos jets de fl&egrave;ches cacheront le soleil !       <P>       L&eacute;onidas : - Tant mieux, nous combattrons &agrave; l'ombre !       <P>       etc...       <P>       De plus, Miller ne tombe pas dans le travers qui aurait consist&eacute; en       une simple glorification de l'h&eacute;ro&iuml;sme des spartiates. Il       n'h&eacute;site pas &agrave; montrer, &agrave; plusieurs reprises, les travers       d'une soci&eacute;t&eacute; toute enti&egrave;re consacr&eacute;e &agrave;       l'art de la guerre.       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/300-6.gif" WIDTH="300" HEIGHT="473" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P>       On signalera quand m&ecirc;me de nombreuses coupes franches dans son       sc&eacute;nario, intentionnelles ou non. Tout d'abord, son premier num&eacute;ro       a tendance &agrave; simplifier radicalement la situation politique de la       Gr&egrave;ce au moment de l'attaque des Perses, de m&ecirc;me que le       syst&egrave;me politique en place &agrave; Sparte &agrave; cette &eacute;poque.       Miller fait des Ephores, les "sages" dont l'avis contrebalan&ccedil;ait celui       du roi, des grands pr&ecirc;tres d&eacute;catis et corrompus. Ce n'est pas       ce que disent les livres d'histoire, m&ecirc;me si les Ephores &eacute;taient       effectivement corrompus, mais pour d'autres raisons que celles qu'il       &eacute;nonce. Reste ensuite une fin beaucoup trop all&eacute;gorique : trahis       et bient&ocirc;t pris &agrave; revers par les Perses, L&eacute;onidas et       ses troupes se sacrifient pour qu'une grande arm&eacute;e soit lev&eacute;e       &agrave; travers la Gr&egrave;ce et marche &agrave; son tour sur l'ennemi.       C'est tr&egrave;s romantique... mais cette arm&eacute;e n'emp&ecirc;cha pas       Ath&egrave;nes d'&ecirc;tre attaqu&eacute;e et incendi&eacute;e ! Et si la       Gr&egrave;ce sut d&eacute;finitivement conserver son ind&eacute;pendance       face &agrave; la Perse, c'est gr&acirc;ce &agrave; sa sup&eacute;riorit&eacute;       sur... la mer et &agrave; quelques victoires navales retentissantes qu'elle       le dut (comme la fameuse bataille de Salamine).       <P ALIGN=Center>       <IMG SRC="../images/Fm3003.JPG" WIDTH="400" HEIGHT="234" ALT="300 - TM &amp; (C) Frank Miller &amp; Dark Horse" 	  BORDER="0" ALIGN="Middle">       <P ALIGN=Left>       En r&eacute;sum&eacute;, 300 est une &#156;uvre dont la lecture est &agrave;       conseiller et aux vieux fans de Frank Miller en particulier. Parmi ceux-l&agrave;,       se trouvent certains qui n'appr&eacute;cient pas forc&eacute;ment l'&#156;uvre       dans laquelle Miller a eu un peu trop tendance &agrave; s'enfermer depuis       sept ans, Sin City : juste un vulgaire polar... des h&eacute;ros &agrave;       la moralit&eacute; douteuse... etc... Pour aller dans leur sens, on affirmera       sans se tromper que Miller s'est progressivement essoufl&eacute;, ces       derni&egrave;res ann&eacute;es, &agrave; tourner et retourner dans sa petite       cit&eacute;e corrompue. 300, superbe interlude dans sa carri&egrave;re, lui       aura permis de se renouveler une nouvelle fois tout en retrouvant la flamme       qui animait jadis son Batman et son Daredevil. Il y a d'ailleurs fort &agrave;       parier que ses prochains Sin City n'en seront que meilleurs !       <P ALIGN=Right>       <B>Jean-Marie Jonqua</B>       <P>       Un grand merci &agrave; Val&eacute;rie, dont la rigueur et les efforts de       spartiate n'auront pas &eacute;t&eacute; d&eacute;ploy&eacute;s en vain !       <P>       <P>       (1) Lynn Varley s'&eacute;tait faite plus rare ces derni&egrave;res ann&eacute;es       (quelques couvertures de Sin City seulement). Sa derni&egrave;re grande       collaboration remontait &agrave; l'album Elektra Lives Again.       <P>     </TD>   </TR>   <TR>     <TD><P ALIGN=Center>       <A HREF="mailto:heroes@libertysurf.fr"><IMG BORDER="0" ALIGN="Middle" ALT="Mail" 	  WIDTH="100" HEIGHT="50" SRC="../../0-gen/images/mail.gif"></A></TD>     <TD COLSPAN=8><P ALIGN=Center>       <A HREF="../../e-herrev/html/intrhrev.htm"><IMG WIDTH="166" HEIGHT="24" ALIGN="Middle" 	  ALT="Back" BORDER="0" SRC="../../0-gen/images/return.gif"></A><IMG BORDER="0" 	  ALIGN="Middle" SRC="../../0-gen/images/blanksp.gif" WIDTH="8" HEIGHT="36"><A 	  HREF="../../index.htm"><IMG WIDTH="150" HEIGHT="24" ALIGN="Middle" 	  ALT="Cover" BORDER="0" SRC="../../0-gen/images/cover.gif"></A></TD>   </TR> </TABLE> <P> </BODY></HTML> <script language="JavaScript" type="text/javascript"> WEBO_ZONE=122; WEBO_PAGE=2; weboplus_ok=0; </script> <script language="JavaScript" src="http://js.tiscali.fr/jstiscali/chez/weborama/weboscopeplus_cheztiscalifr.js" type="text/javascript"></script> <script language="JavaScript" type="text/javascript">if(weboplus_ok==1){weboplus_zp(WEBO_ZONE,WEBO_PAGE);} </script> 
