<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML>   <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Mac">   <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/4.06 (Macintosh; I; PPC) [Netscape]">   <TITLE>La le&ccedil;on de la Gr&egrave;ce antique</TITLE> </HEAD> <BODY LINK="#000000" VLINK="#990000" ALINK="#990000" BGCOLOR="#ffe9cc" BACKGROUND="../../../../fondao.jpg">  <DL>   <DT><CENTER><I><FONT SIZE="+2" FACE="Arial">Ao! Espaces de la   parole</FONT></I></CENTER>   <DT><CENTER><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Autodidactiques &gt;   Lectures pour tous</FONT></B></CENTER>   <DT><CENTER><I><FONT FACE="Arial">par Normand Baillargeon</FONT></I></CENTER> </DL>  <P><HR ALIGN=LEFT NOSHADE><TABLE WIDTH="100%" BORDER="0" CELLSPACING="5" CELLPADDING="5">   <TR>     <TD WIDTH="40%" BGCOLOR="#ffbf66">       <P><CENTER><FONT COLOR="#990000" SIZE="+3">La le&ccedil;on de       la Gr&egrave;ce antique</FONT></CENTER></TD>     <TD WIDTH="60%" BGCOLOR="#000000"><FONT COLOR="#ffffff" SIZE="+2">Rencontre       avec Luc Brisson, hell&eacute;niste et sp&eacute;cialiste de       Platon</FONT></TD>    </TR> </TABLE></P>  <P>Poussi&eacute;reuse, la Gr&egrave;ce antique? Ennuyeux et infiniment &eacute;loign&eacute;s des pr&eacute;occupations et des probl&egrave;mes du monde actuel, les hell&eacute;nistes? Il faut souhaiter &agrave; ceux qui seraient tent&eacute;s de le croire le bonheur de passer quelques heures avec Luc Brisson. N&eacute; au Qu&eacute;bec, chercheur au CNRS de Paris depuis une vingtaine d'ann&eacute;es, Brisson est l'auteur de travaux remarqu&eacute;s sur la Gr&egrave;ce ancienne et sur Platon. Ses abondantes publications lui valent une enviable r&eacute;putation internationale.</P>  <P>En discutant avec lui on d&eacute;couvre, avec un int&eacute;r&ecirc;t croissant, &agrave; quel point certaines id&eacute;es formul&eacute;es il y a deux mill&eacute;naires et demi demeurent d'une &eacute;tonnante actualit&eacute; et combien peuvent encore nous concerner des d&eacute;bats tenus sur la sc&egrave;ne des id&eacute;es dans l'Ath&egrave;nes de Socrate, des Sophistes et de Platon.</P>  <P>Brisson sait si bien &eacute;tablir cette &eacute;tonnante proximit&eacute; de la Gr&egrave;ce antique, cette parent&eacute; parfois stup&eacute;fiante entre les pr&eacute;occupations des Grecs et les n&ocirc;tres, qu'on s'&eacute;tonne quand il fait cet aveu, que d'autres ont fait avant lui, de ne pas s'expliquer enti&egrave;rement ce qui s'est alors pass&eacute; dans cette civilisation m&eacute;diterran&eacute;enne. &quot;C'est &agrave; la fois tr&egrave;s bizarre et remarquable; &agrave; partir du VIe si&egrave;cle avant J&eacute;sus-Christ - mais surtout &agrave; partir de Platon et d'Aristote - des gens ont eu le m&eacute;rite de poser des probl&egrave;mes dans des cadres qui demeurent les n&ocirc;tres. Si les r&eacute;ponses qu'ils ont avanc&eacute;es ne tiennent plus, leur fa&ccedil;on de poser les probl&egrave;mes conserve n&eacute;anmoins tout son int&eacute;r&ecirc;t. C'est ce qui explique, et c'est tout &agrave; fait &eacute;tonnant, qu'on puisse encore &agrave; pr&eacute;sent lancer une discussion sur l'&eacute;ducation, la cosmologie, le politique ou l'&eacute;thique avec un texte de Platon&quot;.</P>  <P>Miracle Grec, comme disent certains historiens? Sans doute. Mais Brisson, s'il se consacre &agrave; la pr&eacute;servation de cet h&eacute;ritage et s'il travaille &agrave; aussi le rendre accessible, se refuse aussi &agrave; tout &quot;aplatissement&quot; de son objet. Il d&eacute;veloppe alors l'id&eacute;e d'une &quot;p&eacute;dagogie de l'alt&eacute;rit&eacute;&quot; qui n'est pas le moindre m&eacute;rite de son travail. Il s'en explique volontiers. &quot;Mes &eacute;tudiants, comme le public en g&eacute;n&eacute;ral, ont tendance &agrave; penser qu'on peut d'une certaine mani&egrave;re tout rapporter &agrave; nous, que tout nous est plus ou moins imm&eacute;diatement compr&eacute;hensible puisqu'on a toujours pens&eacute; comme nous. Or cela est faux. Platon nous reste &eacute;tranger. Il doit m&ecirc;me, d'une certaine mani&egrave;re, nous rester &eacute;tranger: on prend ainsi conscience de notre diff&eacute;rence, de notre sp&eacute;cificit&eacute; et m&ecirc;me de nos propres limites. De notre propre &eacute;tranget&eacute;, aussi.&quot;</P>  <P>Enseignant Platon, qui s'est fait le promoteur d'une c&eacute;l&egrave;bre th&eacute;orie des Formes - selon laquelle existent des r&eacute;alit&eacute;s intelligibles, immuables et &eacute;ternelles dont participent les choses sensibles - Brisson se refuse &agrave; &eacute;dulcorer cette conception, qui peut passer &agrave; nos yeux pour &eacute;trange, voire intenable ou incompr&eacute;hensible. &quot;Ne pas parler des Formes quand on parle de Platon, c'est donner l'illusion qu'on a la solution alors qu'on n'est pas sorti de ce probl&egrave;me&quot;, tranche-t-il. Et cette p&eacute;dagogie de l'alt&eacute;rit&eacute; est aussi, par l&agrave;, de la plus haute importance pour ses retomb&eacute;es historiques, sociales et culturelles. Brisson explique: &quot;Il faut prendre conscience que, pendant des si&egrave;cles, les gens ont v&eacute;cu sur des croyances, des convictions qui &eacute;taient fort diff&eacute;rentes des n&ocirc;tres. Nous avons aujourd'hui du mal &agrave; comprendre qu'il puisse y avoir une th&eacute;ologie ou une morale tr&egrave;s strictes, une organisation de la vie tr&egrave;s diff&eacute;rente de la n&ocirc;tre. Mais cela a &eacute;t&eacute; et on d&eacute;couvre m&ecirc;me ce que nous sommes en nous confrontant &agrave; ces diff&eacute;rences.&quot;</P>  <P>Dans un monde qui tend &agrave; se couper de sa tradition, Brisson pense donc qu'il faut se d&eacute;finir par la diff&eacute;rence plus que par la ressemblance et rappelle qu'il faut conserver cet h&eacute;ritage mais sans l'aplatir ni le d&eacute;naturer, faute de quoi on risque de finir par ne plus &ecirc;tre en mesure de reconna&icirc;tre notre propre sp&eacute;cificit&eacute;.</P>  <P>L'oeuvre de Platon illustre d'ailleurs remarquablement &agrave; la fois cette proximit&eacute; et cet &eacute;loignement de la Gr&egrave;ce. Brisson le montre bien en traitant de la question des valeurs.</P>  <P>Pour sortir du mythe par lequel la cit&eacute; se donnait une repr&eacute;sentation d'elle-m&ecirc;me, pour sortir aussi du cadre contraignant de la Cit&eacute; antique, la philosophie cherchera &agrave; produire, par la Raison, les valeurs qui doivent organiser la vie: on cherche alors des valeurs universelles. C'est en cherchant cette universalit&eacute;, en visant des valeurs valables ind&eacute;pendamment et au-del&agrave; des cit&eacute;s particuli&egrave;res, que Platon produit la th&eacute;orie des Formes selon laquelle il y a un Vrai en soi, un Bien en soi, un Beau en soi etc. Partant, il appliquera sa solution &agrave; l'&eacute;thique, &agrave; l'&eacute;ducation, au politique. M&ecirc;me si cette solution nous para&icirc;t intenable, le probl&egrave;me qu'elle tente de r&eacute;soudre reste le n&ocirc;tre. Et la d&eacute;marche de Platon reste riche d'enseignements. Brisson explique : &quot;Platon est un extr&eacute;miste. Du point de vue de la pens&eacute;e, il est un r&eacute;volutionnaire. On n'a pas tort d'y voir une forme de totalitarisme. Platon n'&eacute;tait certes pas conscient de ces cons&eacute;quences, mais son oeuvre montre bien que, pouss&eacute;e &agrave; la limite, la recherche d'une politique et d'une &eacute;thique reposant sur des valeurs immuables et universelles d&eacute;bouche sur une certaine forme de totalitarisme.&quot; Et pourtant, le refus de poser ce probl&egrave;me ou l'illusion que nous l'ayons r&eacute;solu est encore aujourd'hui au coeur de bien des d&eacute;bats qui sont les n&ocirc;tres. &quot;Le paradoxe est que sans valeurs universelles et immuables on vit dans une soci&eacute;t&eacute; provisoire, sans capacit&eacute; de jouer, d'imposer ou de d&eacute;fendre des valeurs importantes ou de trancher des dilemmes. Le platonisme peut conduire au totalitarisme; mais une attitude comme la n&ocirc;tre est aussi dangereuse quand elle conduit, purement et simplement, &agrave; accepter l'inacceptable sous le pr&eacute;texte, par exemple, que c'est culturel.&quot;</P>  <P>Confront&eacute;es au danger de totalitarisme qui guette toute pr&eacute;tention &agrave; d&eacute;tenir des normes universelles et immuables, mais prenant aussit&ocirc;t conscience des dangers non moins grands qui guettent toute vell&eacute;it&eacute; de fonder nos soci&eacute;t&eacute;s sur un relativisme qui conduit &agrave; ne plus pouvoir juger, nous red&eacute;couvrons alors un probl&egrave;me qui a, il y a bien longtemps, &eacute;t&eacute; celui des Grecs. &quot;Le probl&egrave;me de la th&eacute;orie platonicienne des Formes, qui peut para&icirc;tre un probl&egrave;me m&eacute;taphysique extr&ecirc;mement abstrait, compliqu&eacute; et dont plus personne ne se soucierait plus de nos jours est ainsi, et demeure, un probl&egrave;me bien r&eacute;el.&quot;</P>  <P>C'est dire si la le&ccedil;on de la Gr&egrave;ce, avec sa part de soleil tout autant que sa part d'ombre, avec ses z&eacute;niths comme avec ses nadirs, ne saurait nous &ecirc;tre indiff&eacute;rente et combien elle nous est pr&eacute;cieuse. M&ecirc;me si, pr&eacute;cise Brisson, notre situation est originale et diff&eacute;rente de celle des Grecs de l'Antiquit&eacute;. Mais c'est encore l&agrave; une le&ccedil;on que peut nous enseigner la Gr&egrave;ce que d'en prendre pleinement conscience.</P>  <P><B>TRADUIRE PLATON, AUJOURD'HUI</B></P>  <P>Le jeune Qu&eacute;b&eacute;cois qui arrive &agrave; Paris en 1968 pour y faire son doctorat en philosophie pouvait craindre d'&ecirc;tre &eacute;cras&eacute; par la sup&eacute;riorit&eacute; dont jouiraient ses coll&egrave;gues fran&ccedil;ais, il n'en a rien &eacute;t&eacute; et Brisson avoue volontiers avoir &eacute;t&eacute; remarquablement bien form&eacute; au Qu&eacute;bec.</P>  <P>N&eacute; d'un milieu modeste et dans un petit village, celui qui devait devenir un &eacute;minent traducteur et sp&eacute;cialiste de Platon rappelle ce qu'il doit au coll&egrave;ge classique qui l'a form&eacute; et en particulier en ce qui concerne l'apprentissage du latin et du grec ancien. Cet apprentissage, rappelle-t-il, avait le m&eacute;rite de commencer t&ocirc;t et de se poursuivre pendant huit ann&eacute;es. Surtout, on apprenait ces langues pour des raisons qui allaient bien au-del&agrave; de la simple performance scolaire: elles permettaient l'acc&egrave;s &agrave; la v&eacute;rit&eacute; religieuse. D'o&ugrave; l'insistance qui y &eacute;tait mise et le fait que cette pr&eacute;occupation devenait quotidienne. Ce qui explique que, dans la longue dur&eacute;e, des professeurs qui &eacute;taient sans doute moins bons que ceux qu'on trouvait en France aient pu donner tout ce qu'il lui fallait au futur traducteur de Platon. &Eacute;loge sans r&eacute;serve du cours classique? Pas du tout. Et l'hell&eacute;niste insiste ici tr&egrave;s fortement pour mettre les points sur les i: &quot;Je ne souhaite aucunement le retour du coll&egrave;ge classique, je ne suis pas un nostalgique du &quot;bon vieux temps&quot; et je ne pense pas que ce soit essentiel pour tout le monde de faire du grec et du latin. Mais je crois aussi qu'on a eu tendance &agrave; jeter le b&eacute;b&eacute; avec l'eau du bain et qu'il serait ridicule de rejeter le grec et le latin sous pr&eacute;texte qu'ils avaient partie li&eacute;e avec un enseignement religieux, pour ne prendre que cet exemple d'argument parfois invoqu&eacute;&quot;.</P>  <P>&Agrave; l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, Brisson fait la rencontre du professeur Vianney D&eacute;carie, qui comptera &eacute;norm&eacute;ment dans sa formation. Il lui devra, entre autres, d'&ecirc;tre initi&eacute; &agrave; la tradition anglo-saxonne, cette traduction qui est dominante, depuis 1945, dans le domaine des &eacute;tudes anciennes. Cette familiarit&eacute; constituera un autre important avantage pour le jeune hell&eacute;niste, lors de sa venue en France</P>  <P>Luc Brisson participe aujourd'hui &agrave; une des grandes aventures de l'&eacute;dition fran&ccedil;aise concernant l'oeuvre de Platon: la publication, en livres de poche, chez Garnier Flammarion, de nouvelles traductions de l'int&eacute;gralit&eacute; du corpus platonicien.</P>  <P>Traduire, c'est trahir, assure un proverbe italien. &quot;Traduire Platon, c'est le rendre accessible mais sans le trahir&quot;, explique Brisson. Ces nouvelles traductions ambitionnent en fait de lever les trois principaux obstacles &agrave; cette accessibilit&eacute; que sont le co&ucirc;t des ouvrages, leur niveau de langage et les r&eacute;f&eacute;rents culturels suppos&eacute;s du lecteur. &quot;La lecture de Platon suppose des r&eacute;f&eacute;rents culturels qui &eacute;taient autrefois d'embl&eacute;e ceux des gens cultiv&eacute;s; ce n'est plus le cas. Nous les fournissons donc dans l'appareil critique, par les notes, l'introduction etc. D'autre part, les traductions fran&ccedil;aises dont nous disposions utilisaient une langue qui est celle de la fin du XIXe si&egrave;cle ou du d&eacute;but du XXe: une mise &agrave; jour s'imposait l&agrave; encore. Enfin, ces ouvrages paraissent en livre de poche: ils sont donc accessibles &agrave; toutes les bourses&quot;, explique Brisson.</P>  <P>Mission accomplie: et l'hell&eacute;niste sourira quand je lui raconterai avoir achet&eacute; sa traduction des Lettres de Platon au supermarch&eacute;, entre le rayon des viandes et celui des disques compacts.</P>  <P>Mais quelle rel&egrave;ve y a-t-il pour ces travaux, dans notre monde souvent si peu pr&eacute;occup&eacute; par de telles questions? Brisson admet qu'il faut consacrer de longues ann&eacute;es &agrave; l'&eacute;tude des langues anciennes et que ces &eacute;tudes n'offrent que peu de d&eacute;bouch&eacute;s. Cause entendue, alors? Non. Car il avoue aussi encore et toujours rencontrer des jeunes gens passionn&eacute;s par cette aventure. Bref: de quoi rassurer ceux qui pensent qu'il en va de quelque chose de fondamental et de la pr&eacute;servation d'une part essentielle de nous-m&ecirc;mes.</P>  <P><CENTER><FONT SIZE="+2"><HR NOSHADE></FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><TABLE WIDTH="98%" BORDER="0" CELLSPACING="2" CELLPADDING="5" HEIGHT="59">   <CAPTION ALIGN="TOP"><FONT FACE="Arial">Quelques textes de Platon:</FONT></CAPTION>       <TR>     <TD WIDTH="33%" BGCOLOR="#ff9500">       <P><CENTER><FONT SIZE="-2" FACE="Arial">&nbsp;[<A HREF="mythe.html">Le       Mythe de la caverne</A>]</FONT></CENTER></TD>     <TD WIDTH="33%" BGCOLOR="#ff9500">       <P><CENTER><FONT SIZE="-2" FACE="Arial">&nbsp;[<A HREF="reminiscence.html">La       r&eacute;miniscence</A>]</FONT></CENTER></TD>     <TD WIDTH="33%" BGCOLOR="#ff9500">       <P><CENTER><FONT SIZE="-2" FACE="Arial">&nbsp;[<A HREF="amour.html">L'amour</A>]</FONT></CENTER></TD>   </TR>   <TR>     <TD>&nbsp;</TD>      <TD WIDTH="33%" BGCOLOR="#ff9500">       <P><CENTER><FONT SIZE="-2" FACE="Arial">&nbsp;[Rencontre avec       Luc Brisson, sp&eacute;cialiste de Platon]</FONT></CENTER></TD>     <TD WIDTH="33%" BGCOLOR="#ff9500">       <P><CENTER><FONT SIZE="-2" FACE="Arial"><A HREF="../../tablelectures.html">Table       des Lectures pour tous</A></FONT></CENTER></TD>    </TR> </TABLE></CENTER></P>  <P><CENTER><TABLE COLS="1" WIDTH="100%" BGCOLOR="#000000" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="2">   <TR>     <TD BGCOLOR="#ffbf66">       <P><CENTER><FONT COLOR="#000000" SIZE="-2">&copy; </FONT><FONT        SIZE="-2">Copyright</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE="-2"> Normand       Baillargeon, 2000</FONT></CENTER></TD>   </TR> </TABLE></CENTER>  </BODY> </HTML> 
