<html> <head> <title>Approche philosophique de l&#146;&eacute;thique m&eacute;dicale</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="003300" vlink="006633" leftmargin="0" topmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0"> <table width="557" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" height="918">   <tr>      <td width="24" height="26">&nbsp;</td>     <td width="169" height="26"><font size="1" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><a href="references.html">Retour</a></font></td>     <td width="364" height="26"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="FF3300"><a name="deb"></a>Dossiers        th&eacute;matiques</font></td>   </tr>   <tr>      <td width="24" height="905">&nbsp;</td>     <td height="905" valign="top" colspan="2">        <p align="center"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="FF3300"><br>         </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><br>         <b><font color="003300">Ethique, philosophie</font></b><font color="003300"><br>         <br>         </font></font><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><br>         </font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><b><font color="003300">Approche          philosophique de l&#146;&eacute;thique m&eacute;dicale</font></b></font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">          <b>Daniel Fran&ccedil;ois-Wachter</b>, professeur de philosophie, Institut          &eacute;thique et soins hospitaliers, Espace &eacute;thique La Lettre          15-16-17, hiver 2001-2002</font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><br>         <i>Sommaire</i></font></p>       <blockquote>          <p><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><a href="#1"><b>L&#146;&eacute;thique            m&eacute;dicale n&#146;est pas une discipline distincte de l&#146;&eacute;thique            ou de la morale telle qu&#146;elle s&#146;applique &agrave; tous les            membres de la soci&eacute;t&eacute;</b></a><b><br>           <a href="#2">&Ecirc;tre dans le Bien : deux sch&eacute;mas de pens&eacute;e,            deux grands courants philosophiques</a><br>           <a href="#3">&Agrave; l&#146;origine de la modernit&eacute;</a><br>           <a href="#4">La perspective contemporaine postmoderne</a><br>           <a href="#5">Le nouvel humanisme</a><br>           <a href="#6">Le rejet du relativisme</a><br>           <a href="#7">Le relativisme mod&eacute;r&eacute;</a><br>           <a href="#8">Le pouvoir de troisi&egrave;me degr&eacute;</a></b></font></p>       </blockquote>       <p align="left">&nbsp;</p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">&quot;<i>Ceux          qui voudront traiter s&eacute;par&eacute;ment la politique et la morale          n&#146;entendront jamais rien &agrave; aucune des deux</i> &quot;. J.          J. Rousseau (&Eacute;mile, 1762) <br>         <br>         Ce jugement, dans la plus pure tradition philosophique de la Gr&egrave;ce          antique, est tout aussi valable pour l&#146;&eacute;thique m&eacute;dicale.</font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><b><a name="1"></a>L&#146;&eacute;thique          m&eacute;dicale n&#146;est pas une discipline distincte de l&#146;&eacute;thique          ou de la morale telle qu&#146;elle s&#146;applique &agrave; tous les membres          de la soci&eacute;t&eacute;</b></font></p>       <blockquote>          <p><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">- Par la            dimension du budget de sant&eacute;, elle est li&eacute;e &agrave; la            r&eacute;partition des ressources de la cit&eacute;.<br>           - Par la qualit&eacute; de son respect des droits de l&#146;homme, de            l&#146;autonomie du patient, elle est li&eacute;e &agrave; la politique            de la cit&eacute;, au respect des valeurs d&eacute;mocratiques.<br>           - Par son activit&eacute; dans des nations plus pauvres, en manque de            soins &eacute;l&eacute;mentaires, elle est li&eacute;e &agrave; notre            sens de l&#146;&eacute;quit&eacute;, &agrave; l&#146;universalisme de            nos bons sentiments. <br>           - Par son attitude &agrave; l&#146;&eacute;gard du multiculturalisme            et des contraintes qu&#146;il impose, elle est li&eacute;e &agrave;            notre capacit&eacute; citoyenne d&#146;accepter l&#146;autre en tant            qu&#146;autre.</font></p>       </blockquote>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">Le          m&eacute;decin n&#146;est pas un cas particulier dans un lieu hors normes.          C&#146;est un homme dans la cit&eacute;, et, en tant que tel, son &eacute;thique          est essentiellement celle de son milieu culturel.<br>         <br>         L&#146;&eacute;thique est-elle diff&eacute;rente de la morale ? &Eacute;tymologiquement          les deux mots veulent dire la m&ecirc;me chose ; l&#146;un est la traduction          du latin &quot; mores &quot;, l&#146;autre du mot grec &quot; ethos &quot;,          tous deux voulant dire &quot; m&#156;urs &quot;. <br>         <br>         Jusqu&#146;au si&egrave;cle dernier, l&#146;&eacute;thique est une branche          mineure de la morale, un domaine que Kant d&eacute;finissait de fa&ccedil;on          un peu hautaine comme celui de l&#146;imp&eacute;ratif hypoth&eacute;tique          relevant de l&#146;ordre des d&eacute;sirs. <br>         <br>         En philosophie contemporaine, l&#146;&eacute;thique est souvent consid&eacute;r&eacute;e          comme le lieu de la mise en opposition du bon au mauvais ; &agrave; la          morale revient le r&ocirc;le de mettre en opposition le Bien et le Mal          en soi. Le bon et le mauvais ne sont d&eacute;finis que relativement &agrave;          nous ; le Bien et le Mal sont essentiellement, en leur essence, intemporels.          La morale se veut universelle et s&#146;impose inconditionnellement. L&#146;&eacute;thique,          fait culturel, n&#146;est seconde &agrave; la morale que pour ceux qui          ont foi dans les vertus du rationalisme transcendantal. Pour le philosophe          empiriste, qui, m&ecirc;me s&#146;il croit en une puissance divine, ne          croit pas en un sens inn&eacute; du Bien et du Mal, l&#146;&eacute;thique          est une dialectique politique. <br>         <br>         La philosophie &eacute;thique, comme la philosophie morale, est concern&eacute;e          par le Bien ; son h&eacute;ritage est celui de deux mill&eacute;naires          de r&eacute;flexion sur ce que les Grecs appelaient l&#146;&eacute;thique.          <br>         Le grand d&eacute;bat de la philosophie contemporaine, lieu de tensions          de plus en plus nombreuses, est l&#146;exercice d&#146;un choix entre          deux approches des questions morales, l&#146;une tourn&eacute;e vers la          conformit&eacute; de nos actions &agrave; des normes et &agrave; des valeurs,          l&#146;autre vers l&#146;&eacute;valuation des cons&eacute;quences pratiques          de nos actes. <br>         <br>         Le &quot; cons&eacute;quentialisme &quot; affirme que l&#146;action morale          est celle qui consid&egrave;re les cons&eacute;quences de nos actes. Ce          n&#146;est pas une fa&ccedil;on de voir tr&egrave;s en vogue chez les          philosophes fran&ccedil;ais ; elle l&#146;est beaucoup plus chez les penseurs          anglo-saxons et allemands. </font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><b><a name="2"></a>&Ecirc;tre          dans le Bien : deux sch&eacute;mas de pens&eacute;e, deux grands courants          philosophiques</b><br>         <br>         </font></p>       <blockquote>          <p><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">- Comment            un &ecirc;tre rationnel peut et doit vivre pour &ecirc;tre dans le Bien            ? Quelle doit donc &ecirc;tre sa finalit&eacute; et par quels moyens            peut-il esp&eacute;rer atteindre son objectif ? <br>           - Quels sont les principes moraux, les valeurs, auxquels il doit se            soumettre pour &ecirc;tre dans le Bien ?</font></p>       </blockquote>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">D&#146;une          fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, la philosophie traite ces questions          en suivant deux sch&eacute;mas de pens&eacute;e, deux grands courants          philosophiques.<br>         Le premier consiste &agrave; d&eacute;finir les composants du Bien en          les liant &agrave; la nature. L&#146;id&eacute;e directrice de ce courant          philosophique, sa pr&eacute;misse de base, est que la nature nous pousse          &agrave; choisir ce qui est cens&eacute; contribuer &agrave; notre bonheur          (panth&eacute;isme), en commen&ccedil;ant par la vie qu&#146;il nous r&eacute;pugne          souvent de perdre. Attenter &agrave; la vie de l&#146;autre est donc mal,          et ainsi de suite avec tous les &eacute;l&eacute;ments essentiels du bien-&ecirc;tre          de l&#146;homme. Si l&#146;on admet que ce qui est bien est bon, et si          l&#146;on admet que ce qui est bon nous rend heureux, r&eacute;ussir &agrave;          d&eacute;terminer les composants essentiels du bonheur revient &agrave;          formuler un code de conduite, une &eacute;thique. <br>         <br>         Le deuxi&egrave;me grand courant de pens&eacute;e dans le domaine &eacute;thique          s&#146;attache aux valeurs intrins&egrave;ques qui sont ce qu&#146;elles          sont, en elles-m&ecirc;mes et par elles-m&ecirc;mes. Ce mode de pens&eacute;e          a, lui aussi, ses racines en Gr&egrave;ce antique, plus pr&eacute;cis&eacute;ment          dans la c&eacute;l&egrave;bre th&eacute;orie des formes de Platon, mais          il va plus loin que Platon en ce qu&#146;il &eacute;carte toute d&eacute;pendance          m&eacute;taphysique. Il y a bien un mod&egrave;le, mais le paradigme n&#146;est          pas une manifestation divine comme c&#146;est le cas chez Platon. Le but          ici est de d&eacute;finir ce qui est ressenti comme bon &quot; en soi          &quot;, de fa&ccedil;on intrins&egrave;que, sans m&ecirc;me essayer de          savoir si la bont&eacute; est une r&eacute;alit&eacute; objective, encore          moins de reconna&icirc;tre la main de Dieu pointant dans cette direction.          Cela ne veut pas dire que pour ces philosophes Dieu n&#146;existe pas,          car Dieu peut se manifester de bien d&#146;autres mani&egrave;res, en          nous laissant par exemple libres de reconna&icirc;tre le bien en usant          de notre raison dans le quotidien de nos exp&eacute;riences. Kant, par          exemple, pense que nous sommes tous des d&eacute;mons mais qu&#146;il          y a en nous, &quot; a priori &quot; de l&#146;exp&eacute;rience, une pulsion          vers le Bien.<br>         <br>         De la Gr&egrave;ce antique, au XVIe si&egrave;cle, le bon et le Bien se          confondent car il s&#146;agit essentiellement d&#146;une volont&eacute;          divine qui s&#146;exprime sous forme de r&eacute;v&eacute;lations comme          dans les religions jud&eacute;o-chr&eacute;tiennes. La religion a ici          pour objet de r&eacute;pondre aux questions auxquelles on ne peut r&eacute;pondre          en usant de sa seule raison dans les limites de la logique. Rares ceux          qui, jusqu&#146;au si&egrave;cle des Lumi&egrave;res, pouvaient concevoir,          ou tout au moins osaient proposer, un monde sans un Dieu omnipr&eacute;sent.          <br>         <br>         La philosophie moderne, sous l&#146;essor de Descartes (1596-1650), de          Thomas Hobbes (1588-1679) et, bien entendu, de Kant (1724-1804), donne          &agrave; Dieu une autre pr&eacute;sence ; nous sommes encore dans la m&eacute;taphysique,          mais nous nous &eacute;loignons de la th&eacute;ologie. Avec la modernit&eacute;,          l&#146;homme s&#146;affranchit : le doute, s&#146;il est adroitement d&eacute;guis&eacute;,          devient acceptable. C&#146;est l&#146;&acirc;ge de la philosophie critique          ; pens&eacute;e dangereuse car elle fait de la libert&eacute; la capacit&eacute;          de modifier l&#146;ordre &eacute;tabli, comme le fait Rousseau dans son          <i>Discours sur l&#146;origine de l&#146;in&eacute;galit&eacute;</i>.<br>         <br>         Jusqu'&agrave; cette &eacute;poque, la m&eacute;decine s&#146;exerce autant          sur le mode de l&#146;accompagnement que sur celui de la gu&eacute;rison.          Sans assistance technique, le m&eacute;decin fonde ses diagnostics sur          le corps et la divine providence. Le philosophe anglais Bacon (1561-1626)          utilise pour la premi&egrave;re fois le terme euthanasie.</font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><b><a name="3"></a>&Agrave;          l&#146;origine de la modernit&eacute; </b><br>         <br>         Trois &eacute;v&eacute;nements d&#146;ordre intellectuel, mutations-cl&eacute;s          pour l&#146;histoire des conceptions &eacute;thiques, sont &agrave; l&#146;origine          de la modernit&eacute;.<br>         </font></p>       <blockquote>         <p><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">- Un changement            dans le concept d&#146;homme avec l&#146;ouverture de l&#146;&egrave;re            de l&#146;individu-sujet. Sujet de connaissance parce qu&#146;il se            croit, comme l&#146;affirme Descartes, &quot; ma&icirc;tre et possesseur            de la nature &quot; et sujet historique parce qu&#146;il se sent ma&icirc;tre,            comme le croit Hegel (1770-1831), de l&#146;esprit du monde de par son            suppos&eacute; contr&ocirc;le de l&#146;Histoire.<br>           - Un changement dans la vision du monde rendue &eacute;vidente, m&ecirc;me            pour l&#146;&eacute;glise catholique, par la r&eacute;volution cosmologique            copernicienne.<br>           - Un changement dans notre conception de la morale ; il y a maintenant            deux fondements oppos&eacute;s de la morale : l&#146;empirisme et le            rationalisme.<br>           </font></p>       </blockquote>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">L&#146;un          des plus grands probl&egrave;mes de la philosophie &eacute;thique est          de savoir si oui ou non un grand principe moral peut se justifier rationnellement          : de la r&eacute;ponse &agrave; cette &eacute;nigme d&eacute;pend la possibilit&eacute;          de d&eacute;finir le Bien et le Mal et d&#146;&eacute;difier un syst&egrave;me          dans lequel l&#146;exercice de la raison peut, d&#146;une fa&ccedil;on          universelle, nous permettre de conna&icirc;tre la diff&eacute;rence entre          ce qui est moralement Bien ou Mal. <br>         <br>         Pour le philosophe, le rationalisme n&#146;est pas l&#146;usage de la          raison, de la r&eacute;flexion telle que nous l&#146;entendons dans la          vie courante, mais correspond &agrave; la th&egrave;se selon laquelle          il n&#146;existe rien sans raison d&#146;&ecirc;tre. Ce qui implique que          rien de ce qui est intelligible, de ce qui peut &ecirc;tre pens&eacute;,          n&#146;est inconcevable en droit. <br>         <br>         Le rationaliste fait proc&eacute;der la connaissance de ces fameux principes          a priori ; il y a deux types de rationalistes : les absolus (Platon, Descartes,          Spinoza, Leibniz), et les critiques (Aristote, Kant et Hegel). <br>         <br>         Le terme empirique s&#146;applique &agrave; ce qui a source dans l&#146;exp&eacute;rience          par opposition &agrave; la connaissance rationnelle ou <i>a priori</i>.          L&#146;empirisme qualifie toute doctrine philosophique admettant que la          connaissance humaine d&eacute;duit de l&#146;exp&eacute;rience aussi bien          ses principes que ses objets ou contenus. <br>         <br>         C&#146;est aux noms de Hume (1711-1776), Locke (1632-1704), et Berkeley          (1685-1753) que s&#146;attache l&#146;h&eacute;ritage de l&#146;empirisme          anglo-saxon. L&#146;empirisme fonde essentiellement la connaissance sur          l&#146;exp&eacute;rience, en opposition &agrave; Descartes (1596-1650)          qui distingue l&#146;&acirc;me du corps (dualisme) et pour qui l&#146;homme          n&#146;est plus, comme chez Aristote, un animal rationnel mais une &acirc;me          incorporelle log&eacute;e dans un corps m&eacute;canique pourvu, &agrave;          la naissance, de dons inn&eacute;s. Ce qu&#146;il appelle les &quot; lumi&egrave;res          naturelles &quot;.<br>         Pour Hume, nous ne pouvons fonder notre connaissance du monde ph&eacute;nom&eacute;nal          ni sur des dons inn&eacute;s ni sur nos seules exp&eacute;riences sensorielles          ; nous devons faire passer tout ce que nous appr&eacute;hendons par le          filtre d&#146;un examen de la psychologie de nos croyances. Cela nous          m&egrave;ne loin dans le domaine de la morale : ainsi le vice ne nous          appara&icirc;t pas comme tel tant que nous ne consid&eacute;rons que son          &ecirc;tre, ce qu&#146;il est en soi. C&#146;est le sentiment de d&eacute;sapprobation          que nous ressentons &agrave; son &eacute;gard qui en fait un vice. La          raison se trouve d&eacute;poss&eacute;d&eacute;e du pouvoir qu'elle avait          jusqu&#146;alors de cat&eacute;goriser de fa&ccedil;on dogmatique le Bien          et le Mal.<br>         <br>         Les courants contemporains sont souvent dat&eacute;s de la fin de la Deuxi&egrave;me          Guerre Mondiale, marqu&eacute;s par l&#146;horreur des tranch&eacute;es          et le doute. Notre &eacute;poque se d&eacute;finit pour partie en continuit&eacute;          avec la modernit&eacute; ; mais les dogmes de cette modernit&eacute;,          principalement celui selon lequel l&#146;homme est ma&icirc;tre de la          nature et sujet de l&#146;histoire, sont fortement &eacute;branl&eacute;s          par de formidables mutations : dans le domaine de la techno science, de          la nouvelle vision cosmologique du monde, de l&#146;incertitude des crit&egrave;res          de v&eacute;rit&eacute; et de rationalit&eacute;. Ces mutations engendrent          la perplexit&eacute; sur la valeur du progr&egrave;s et les responsabilit&eacute;s          de l&#146;homme &agrave; l&#146;&eacute;gard de la nature. C&#146;est          l&#146;&eacute;poque de l&#146;invention de la p&eacute;nicilline, de          la m&eacute;decine sociale, des m&eacute;decins d&#146;Auschwitz et des          psychiatres du Goulag.</font></p>       <p align="left"><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">          <b><a name="4"></a>La perspective contemporaine postmoderne</b><br>         <br>         Elle est souvent en opposition d&eacute;clar&eacute;e au mythe de la modernit&eacute;,          &agrave; l&#146;esprit conqu&eacute;rant issu des lumi&egrave;res rationalistes          : ses principaux courants sont les suivants.<br>         <b><i><br>         <a name="5"></a>Le nouvel humanisme</i></b><br>         <br>         Plus nettement kantien, il rejette le relativisme autant sur le plan des          principes que sur celui des m&eacute;thodes. C&#146;est la philosophie          de J&uuml;rgen Habermas qui exprime le mieux ce courant. Sous les auspices          de Kant, Habermas argumente l&#146;id&eacute;e selon laquelle la raison          ne saurait mieux se d&eacute;finir que par la communalisation. Il y a,          au c&#156;ur de cette philosophie, le souci de r&eacute;habiliter la raison          trop h&acirc;tivement r&eacute;duite, selon lui, &agrave; sa dimension          instrumentale, c&#146;est-&agrave;-dire scientifique et technique. Le          sch&eacute;ma fait appel &agrave; une &eacute;thique pragmatique du langage          et de la discussion. Cette &quot; communication de tous les jours &quot;          se propose de classer les crit&egrave;res gr&acirc;ce auxquels nous jugeons          que nos actions ou nos &eacute;changes avec les autres ont r&eacute;ussi          ou non. Pour &ecirc;tre efficace, l&#146;interaction doit avoir un rapport          &agrave; la v&eacute;rit&eacute;. La discussion d&eacute;termine l&#146;          &quot; efficacit&eacute; &quot; et la &quot; l&eacute;gitimit&eacute;          &quot; d&#146;une proposition. La raison se trouve ainsi issue de la discussion.<br>         <br>         Le nouvel humanisme est aussi une &eacute;thique des genres de vie et          des caract&egrave;res qui revalorise la morale aristot&eacute;licienne          o&ugrave; la vertu &quot; n&#146;est pas un acte mais un fait. &quot;          Pour Aristote, on devient juste en agissant justement. L&#146;acte est          pratique, mais n&eacute;anmoins conforme &agrave; la &quot; juste raison          &quot;, elle-m&ecirc;me d&eacute;velopp&eacute;e par l&#146;enseignement          des vertus &eacute;thiques.<br>         Le philosophe contemporain Paul Ric&#156;ur a fait &eacute;voluer ce courant          humaniste en introduisant le concept du <i>conflit</i> et du compromis          qui va dans le sens d&#146;un pluralisme raisonn&eacute; par l&#146;empirisme,          ce qui place le Juste entre le L&eacute;gal et le Bon.<br>         <br>         <i><b><a name="6"></a>Le rejet du relativisme</b></i><br>         <br>         C&#146;est la pens&eacute;e de John Rawls qui le mieux exprime ce courant          contemporain de la pens&eacute;e philosophique. La Th&eacute;orie de la          Justice de Rawls est consid&eacute;r&eacute;e aux &Eacute;tats-Unis, mais          aussi de plus en plus en Europe, comme l&#146;un des textes contemporains          les plus importants dans le champ de la philosophie &eacute;thique et          politique. Il a fallu attendre 16 ans pour que ce livre soit traduit en          France. <br>         <br>         La <i>Th&eacute;orie de la Justice</i> est un retour &agrave; une critique          &agrave; fondement partiellement kantien. Rawls reconna&icirc;t l&#146;existence          du Bien et du Mal mais il nie la priorit&eacute; utilitariste du Bien          sur le Juste. C&#146;est la libert&eacute; qui prime sur toutes les valeurs          morales et politiques et c&#146;est l&#146;&eacute;quit&eacute; qui a          primat sur l&#146;&eacute;galit&eacute;.<br>         <br>         La th&eacute;orie rawlsienne de la justice apporte, tout d&#146;abord,          une solution de rechange &agrave; l&#146;utilitarisme. L&#146;utilitarisme          de Jeremy Bentham (1748-1832) et de John Stuart Mill (1806-1873), que          Rawls remet en question, est une philosophie issue de l&#146;empirisme          qui &eacute;tend &agrave; la soci&eacute;t&eacute; les normes et les raisonnements          habituels des individus. C&#146;est une doctrine qui pose l&#146;utilit&eacute;          comme crit&egrave;re ou principe de l&#146;activit&eacute; du point du          vue moral. La morale utilitariste est la th&eacute;orie rationnelle qui          permet de d&eacute;terminer les techniques assurant un maximum de bonheur.          Cette arithm&eacute;tique du plaisir n&#146;est pas un simple calcul &eacute;go&iuml;ste          : l&#146;utilitarisme de Mill prend en compte la qualit&eacute; du plaisir,          et conclut que l&#146;individu, par int&eacute;r&ecirc;t, doit finalement          vouloir le bonheur de tous. <br>         <br>         Rawls pense, avec son regard kantien, que l&#146;utilitarisme s&#146;int&eacute;resse          trop au bien-&ecirc;tre g&eacute;n&eacute;ral, pas assez &agrave; la qualit&eacute;          du bonheur individuel. Il craint &eacute;galement que l&#146;id&eacute;e          d&#146;un contentement maximal puisse conduire &agrave; d&#146;&eacute;tranges          &eacute;garements comme la mise &agrave; l&#146;&eacute;cart de la libert&eacute;,          de la culture, de la v&eacute;rit&eacute;, de soins pour des pathologies          trop co&ucirc;teuses... Les utilitaristes ne sont pas des cyniques, mais,          toujours selon Rawls, leur principe m&eacute;thodologique peut s&#146;av&eacute;rer          nuisible. Ce que Rawls propose c&#146;est une soci&eacute;t&eacute; dont          les membres partagent tous un d&eacute;sir a priori de justice, qui, dans          un processus de d&eacute;lib&eacute;ration, serait guid&eacute; par deux          principes : l&#146;&eacute;galit&eacute; des droits et des devoirs de          base et l&#146;acceptation des in&eacute;galit&eacute;s socio-&eacute;conomiques          si, et seulement si, elles produisent, en compensation, des avantages          pour chacun et plus particuli&egrave;rement les individus les moins favoris&eacute;s.          <br>         <br>         Ce mouvement de pens&eacute;e se fait dans le mode d&eacute;ontologique,          il n&#146;interpr&egrave;te pas le Juste comme une maximisation du Bien          ; il ne d&eacute;finit pas le Bien ind&eacute;pendamment du Juste pour          la bonne et simple raison qu&#146;il y a, ce que n&#146;auraient pas du          tout compris les utilitaristes, une priorit&eacute; du Juste. De sa critique          de l'utilitarisme, Rawls d&eacute;gage une id&eacute;e sur laquelle il          appuie toute sa th&eacute;orie : c&#146;est, dit-il, le caract&egrave;re          absolument principiel du Juste. La justice, pour Rawls, ne doit pas &ecirc;tre,          comme le pensent les empiristes, le r&eacute;sultat d&#146;un calcul utilitaire          ; elle est un principe premier, <b>comme si</b> elle &eacute;tait un droit          naturel. Rawls puise ses racines dans l&#146;&#156;uvre de Locke (1632-1704)          chez qui la soci&eacute;t&eacute; provient d&#146;un contrat, de Rousseau          (1712-1778) pour qui la morale v&eacute;ritable exprime la volont&eacute;          g&eacute;n&eacute;rale et dans l&#146;imp&eacute;ratif cat&eacute;gorique          kantien quand il d&eacute;montre que la justice, en tant qu&#146;elle          est li&eacute;e &agrave; ce bien inviolable qu&#146;est la libert&eacute;,          constitue &quot; la structure de base de la soci&eacute;t&eacute; &quot;<br>         L&#146;universalisme de Rawls est combattu par Michael Walzer, et surtout          par Charles Taylor qui pr&eacute;conise une pluralit&eacute; des vis&eacute;es          de la justice consid&eacute;r&eacute;e comme ins&eacute;parable des communaut&eacute;s.          C&#146;est la th&egrave;se multiculturelle des <i>sph&egrave;res de la          justice</i>. <br>         <br>         <b><a name="7"></a><i>Le relativisme mod&eacute;r&eacute;</i></b><br>         <br>         Moins anthropomorphique que le relativisme dur qui a trop tendance &agrave;          concevoir la divinit&eacute; &agrave; l&#146;image de l&#146;homme, il          relativise les valeurs universalistes et formalistes de Descartes et de          Kant pour revaloriser la diversit&eacute; historique et culturelle. Hans          Jonas, dans ce registre, d&eacute;veloppe une nouvelle &eacute;thique          qui se fonde sur une nouvelle menace, celle qui met en danger la totalit&eacute;          de l&#146;espace et du temps. Un p&eacute;ril qui r&eacute;sulte du changement          de la Nature du fait de l&#146;action des hommes. L&#146;imp&eacute;ratif          cat&eacute;gorique de Hans Jonas est &quot; <i>agis en quelque sorte que          l&#146;humanit&eacute; soit</i> &quot; ; de cet imp&eacute;ratif d&eacute;coule          un principe : celui de responsabilit&eacute;.<br>         La nouvelle sagesse pratique pr&eacute;conise l&#146;abandon du principe          moral unique ; tr&egrave;s influenc&eacute;e par la philosophie de Hans          Jonas, c&#146;est une forme d&#146;utilitarisme affin&eacute; ; elle joue          un grand r&ocirc;le dans le domaine de l&#146;&eacute;thique appliqu&eacute;e,          qu&#146;il s&#146;agisse de l&#146;euthanasie, de l&#146;avortement, des          droits des g&eacute;n&eacute;rations futures, de l&#146;environnement          ; c&#146;est &eacute;galement dans ce courant que r&eacute;side le regard          f&eacute;ministe.<br>         <b><br>         La perspective contemporaine postmoderne</b><br>         <br>         A travers l&#146;histoire, le m&eacute;decin a &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute;          comme un mage et il n&#146;&eacute;tait pas question de mettre en cause          sa science et le fondement de son savoir. Actuellement, nombreux sont          les patients et les citoyens qui cherchent &agrave; comprendre la m&eacute;decine.          Les mentalit&eacute;s &eacute;voluent, le m&eacute;decin n&#146;est plus          consid&eacute;r&eacute; comme infaillible, il doit d&eacute;sormais mieux          se faire comprendre ; il lui est demand&eacute; d&#146;engager sa responsabilit&eacute;.          Le m&eacute;decin doit donc &ecirc;tre conscient de son devoir de responsabilit&eacute;.          <br>         <br>         &Ecirc;tre responsable c&#146;est d&#146;abord r&eacute;pondre &agrave;          l&#146;attente du patient ; non seulement &agrave; sa demande de soins,          mais aussi &agrave; sa demande d&#146;&eacute;coute, &agrave; sa demande          d&#146;information, &agrave; son droit &agrave; l&#146;autonomie. <br>         &Ecirc;tre responsable c&#146;est &eacute;galement r&eacute;pondre devant          la soci&eacute;t&eacute; aux interrogations l&eacute;gitimes de celle-ci          &agrave; un moment o&ugrave; :<br>         <br>         - L&#146;efficacit&eacute; croissante de la m&eacute;decine augmente mais          aussi ses risques.<br>         - Les d&eacute;penses de sant&eacute;, qui ne cessent de cro&icirc;tre,          ont une implication politico-&eacute;conomique grandissante.<br>         - La population tend de plus en plus &agrave; confondre droit aux soins          avec droit &agrave; la sant&eacute;.<br>         - La m&eacute;dicalisation de cas sociaux devient la norme.<br>         <br>         Ainsi, pour le m&eacute;decin, la responsabilit&eacute; appara&icirc;t          comme revendication logique des cons&eacute;quences de sa libert&eacute;          d&#146;action. Il lui est ici impossible d&#146;&eacute;chapper &agrave;          la r&egrave;gle commune liant l&#146;exercice d&#146;une libert&eacute;          &agrave; l&#146;acceptation d&#146;une responsabilit&eacute;. <br>         La soci&eacute;t&eacute; s&#146;est dot&eacute;e de r&egrave;gles de bon          fonctionnement qui constituent l&#146;encadrement l&eacute;gal de l&#146;exercice          de la responsabilit&eacute;. Il s&#146;agit de la responsabilit&eacute;          juridique. Dans ce syst&egrave;me, tout plaignant peut porter plainte.          Soit au p&eacute;nal, dans le cas du recours d&#146;un patient citoyen          &agrave; l&#146;encontre d&#146;un m&eacute;decin citoyen qui serait soup&ccedil;onn&eacute;          d&#146;avoir commis une faute qui rel&egrave;ve du d&eacute;lit. Soit          au civil, dans le cadre d&#146;une relation contractuelle afin de r&eacute;gler          des litiges et de rendre possible l&#146;&eacute;ventuelle r&eacute;paration          de pr&eacute;sum&eacute;s dommages. Ces d&eacute;marches s&#146;&eacute;tablissent          en regard d&#146;une faute humaine ou mat&eacute;rielle, diagnostique          ou th&eacute;rapeutique, aboutissant &agrave; l&#146;erreur (l&#146;affaire          du sang contamin&eacute;, l&#146;hormone de croissance et la maladie de          Creutzfeld Jacob, les erreurs en chirurgie esth&eacute;tique, etc.). Ces          proc&egrave;s, en tr&egrave;s nette augmentation, sont n&eacute;anmoins          encore beaucoup moins nombreux en France qu&#146;aux &Eacute;tats-Unis.<br>         <br>         &Agrave; c&ocirc;t&eacute; de la responsabilit&eacute; juridique, il faut          consid&eacute;rer la responsabilit&eacute; morale. Bien plus ambitieuse,          elle doit &ecirc;tre l&#146;essence m&ecirc;me de l&#146;exercice m&eacute;dical.          La relation &agrave; l&#146;autre en est le fondement. Elle repose sur          la reconnaissance de l&#146;homme comme une personne &agrave; part enti&egrave;re,          cette personne &eacute;tant une fin en soi. Elle ne peut donc &ecirc;tre          utilis&eacute;e comme un moyen, comme une fin pour autrui. L&#146;universalit&eacute;          de l&#146;exercice m&eacute;dical y appara&icirc;t comme un principe premier.          Le sujet de nature raisonnable doit traiter les autres comme il se traiterait          lui-m&ecirc;me, comme une fin en soi et non comme une chose.<br>         A titre d&#146;exemple, l&#146;exp&eacute;rimentation sur l&#146;homme          et l&#146;utilisation des nouvelles th&eacute;rapeutiques mettent en lumi&egrave;re          l&#146;imp&eacute;rieuse n&eacute;cessit&eacute; de prendre conscience          de tels principes. L&#146;&eacute;thique de la responsabilit&eacute; se          trouve ainsi en amont des droits, des devoirs et des lois. Elle repr&eacute;sente          le moteur de l&#146;acceptabilit&eacute; sociale des pratiques m&eacute;dicales.          <br>         Le redoutable impact des technologies contemporaines cr&eacute;e chaque          jour des probl&egrave;mes &eacute;thiques nouveaux. L&#146;usage inconsid&eacute;r&eacute;          et &eacute;go&iuml;ste de ces technologies peut avoir des effets irr&eacute;versibles          sur la nature, en raison de son ordre de grandeur et de la logique cumulative          de ses effets.<br>         <br>         <b><a name="8"></a>Le pouvoir de troisi&egrave;me degr&eacute;</b><br>         <br>         La philosophie de Hans Jonas s&#146;attache &agrave; trois pouvoirs. <br>         - Celui que l&#146;homme exerce sur la nature gr&acirc;ce &agrave; la          technique.<br>         - Celui, de second degr&eacute;, qui est une impulsion sans frein de la          technique elle-m&ecirc;me, v&eacute;ritable force naturelle o&ugrave;          la puissance de la technique pousse l&#146;homme &agrave; r&eacute;parer          les effets de la technologie par de nouvelles innovations techniques.<br>         - Celui que l&#146;homme devrait exercer sur la technique et que Jonas          appelle le pouvoir de troisi&egrave;me degr&eacute;.<br>         <br>         Si nous n&#146;&eacute;tablissons pas ce pouvoir de troisi&egrave;me degr&eacute;,          t&ocirc;t ou tard la nature, f&ucirc;t-elle technicis&eacute;e, nous ram&egrave;nera          violemment &agrave; la r&eacute;alit&eacute;. A partir du moment o&ugrave;          l&#146;homme a la puissance mat&eacute;rielle de se changer ou de se d&eacute;truire,          comme c&#146;est le cas en m&eacute;decine pr&eacute;natale comme en m&eacute;decine          de fin de vie, il doit se donner de nouvelles obligations. Ainsi, notre          responsabilit&eacute; doit int&eacute;grer d&eacute;sormais le tr&egrave;s          long terme, puisque nous sommes plus que jamais responsables de ce que          nous laisserons apr&egrave;s nous. Il existe donc l&agrave; une responsabilit&eacute;          qui proc&egrave;de de l&#146;avenir. &quot; Nulle &eacute;thique n&#146;avait          ant&eacute;rieurement &agrave; prendre ainsi en consid&eacute;ration la          condition globale de la vie humaine et l&#146;avenir lointain de l&#146;esp&egrave;ce.          &quot; L&#146;&eacute;thique de la responsabilit&eacute; repose avant          tout sur un principe anticipatoire, refusant la politique du fait acquis.          Elle oblige &agrave; consid&eacute;rer comment toutes nos actions peuvent          mettre en danger ou alt&eacute;rer la vie dans l&#146;avenir. Il faut          donc tout mettre en &#156;uvre pour &eacute;valuer ces risques. <br>         <br>         L&#146;&eacute;valuation &quot; futurologique &quot; doit devenir aussi          forte que le progr&egrave;s scientifique, sans quoi nous ne pouvons pr&eacute;tendre          &agrave; la connaissance parfaite de ce que nous faisons, de ce que nous          d&eacute;cidons. Devant chaque situation nouvelle dont les cons&eacute;quences          sont incertaines nous avons donc le devoir moral de &quot; reconna&icirc;tre          notre ignorance &quot;. <br>         La place de l&#146;&eacute;valuation des pratiques et des d&eacute;cisions          m&eacute;dicales appara&icirc;t ici dans le champ de l&#146;&eacute;thique          comme une nouvelle facult&eacute; de progr&egrave;s dans le domaine de          la sant&eacute; publique.<br>         La th&eacute;orie de la responsabilit&eacute; n&#146;est pas seulement          le fondement philosophique de l&#146;&eacute;cologie, il est aussi appel&eacute;          &agrave; profond&eacute;ment influer sur l&#146;&eacute;thique m&eacute;dicale.          La finalit&eacute;, sous influence du principe de responsabilit&eacute;,          ne consiste plus &agrave; soigner sans autre objet que celui de gu&eacute;rir,          en usant d&#146;une succession de techniques de plus en plus co&ucirc;teuses,          mais bien plut&ocirc;t &agrave; soigner en tenant compte non seulement          du bien-&ecirc;tre du patient mais &eacute;galement de celui des g&eacute;n&eacute;rations          &agrave; venir. <br>         <br>         Dans le domaine m&eacute;dical, le geste &eacute;thique est le plus souvent          pris dans un dilemme qui demande une grande ouverture d&#146;esprit, une          connaissance des fondements culturels de ses propres choix ainsi que de          ceux d&#146;un patient dont on doit, avec compassion, respecter l&#146;autonomie          en tenant compte de l&#146;impact pr&eacute;sent et futur du geste m&eacute;dical.          Lourde t&acirc;che ; honneur &agrave; ceux qui la pratiquent.<br>         </font></p>       <p align="left">&nbsp;</p>       <p align="center"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><a href="#deb">Haut          de la page </a><br>         </font></p>     </td>   </tr> </table> </body> </html> 
