<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" 	"http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> <html lang="fr" xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"> <head> 	<title>P&eacute;riph&eacute;riques n&deg; 12 - Overflow : une nouvelle r&eacute;forme de l'audio-visuel</title> 	<link href="../../__hpall.css" rel="stylesheet" type="text/css" /> 	<link href="__12all.css" rel="stylesheet" type="text/css" /> 	<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1" /> </head> <body> 	<table width="100%"> 		<col width="50px" /> 		<col /> 		<col width="50px" /> 		<tr> 			<td /> 			<td align="center"><img src="__12head.gif" width="486px" height="28px" alt="Les p&eacute;riph&eacute;riques vous parlent N&deg; 12" /> 				<br /><strong>&eacute;t&eacute;&nbsp;1999</strong> 				<br />p.&nbsp;42-46 			</td> 			<td /> 		</tr> 	</table> 	<hr /> 	<table> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="fr1236.html" id="L4" name="L4"><img src="../../images/nvfl_gauche.gif" width="16px" height="16px" alt="article pr&eacute;c&eacute;dent dans le n&deg; 12" /></a></td> 			<td class="nv3">le protagoniste, l'ag&ocirc;n, la barbarie</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L10"><img src="../../images/nvfl_bas.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire des sens interdits</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L22"><img src="../../images/nvfl_bas.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de sens en action</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L30"><img src="../../images/nvfl_bas.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de d&eacute;passement</td> 		</tr> 	</table> 	<table width="100%"> 		<col width="30%" /> 		<col width="70%" /> 		<tr> 			<td class="noeud">&nbsp;danses interdites&nbsp;</td> 			<td valign="middle"><hr /></td> 		</tr> 	</table> 	<h1>Overflow*&nbsp;: une nouvelle r&eacute;forme de l'audio-visuel</h1> 	<blockquote><p><small><em>*Overflow</em> est ici le diminutif de <em>Musique/Danse/Overflow,</em> dispositif de <a href="../../gchaos/index.html">G&eacute;n&eacute;ration&nbsp;Chaos</a> qui met en sc&egrave;ne une interaction danse/musique, ouverte au public. Histoire et futur des danses d'&eacute;mancipation en Afrique, en Europe et dans la Cara&iuml;be.</small></p></blockquote> 	<p>De nombreuses danses issues <em>&laquo;&nbsp;d'underclass&nbsp;&raquo;</em> de l'histoire n'ont eu tout d'abord droit qu'au m&eacute;pris, de la part de ceux qui n'y voyaient que bafouillage et obsc&eacute;nit&eacute;. Ayant voulu leur donner un &laquo;&nbsp;sens unique&nbsp;&raquo;, ils n'ont pu saisir qu'elles participaient d'une volont&eacute; de relier autrement gestuel, vision et audition et donc de r&eacute;former tout ce qui touchait &agrave; &laquo;&nbsp;l'audio-visuel&nbsp;&raquo;. Faisant du corps, une maison et non une prison de sensibilit&eacute;s, ces danseurs pratiquaient <em>Overflow.</em></p> 	<p><em>Overflow,</em> malgr&eacute; toutes les probl&eacute;matiques nouvelles qu'il a fait surgir (voir le <a href="../11/index.html">n&deg;&nbsp;11</a> et la <a href="../11/fr11video.html">vid&eacute;o l'accompagnant</a>), peut &ecirc;tre rapproch&eacute; de pratiques tr&egrave;s anciennes dans la Cara&iuml;be et en Afrique. Mon propos sera moins de prouver la paternit&eacute; d'Overflow, que d'essayer de confronter des &eacute;poques et des contextes <em>a priori</em> non comparables. En effet, lorsque des esclaves en Martinique r&eacute;ussissaient &agrave; rassembler plusieurs disciplines comme des arts de combat et de lutte africains, des danses afro-indo-europ&eacute;ennes, des musiques poly-rythmiques eurafricaines et des chants cr&eacute;&eacute;s sur place en cr&eacute;ole (voir <a href="../10/fr1036.html">l'article de Cristina Bertelli</a> sur le Danmy&eacute; dans le n&deg;&nbsp;10), ils ne pouvaient imaginer que, des si&egrave;cles plus tard, cet exemple d'ouverture &agrave; des pratiques <em>a priori</em> trop &eacute;loign&eacute;es les unes des autres pourrait inspirer et nourrir une r&eacute;flexion sur les liaisons entre sport, art, philosophie et politique.</p> 	<hr /> 	<table> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L4" id="L10" name="L10"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">d&eacute;but de la page</td> 		</tr> 		<tr> 			<td></td> 			<td class="nv4">histoire des sens interdits</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L22"><img src="../../images/nvfl_bas.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de sens en action</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L30"><img src="../../images/nvfl_bas.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de d&eacute;passement</td> 		</tr> 	</table> 	<hr /> 	<h3>Histoire des sens interdits</h3> 	<p>Le contexte de naissance de ces pratiques carib&eacute;ennes est celui d'une extr&ecirc;me violence, marqu&eacute;e notamment par le refus du pouvoir colonial de reconna&icirc;tre une quelconque trace d'humanit&eacute; &agrave; des esclaves qui pourtant n'ont jamais arr&ecirc;t&eacute; de s'exprimer en actes le plus souvent dans&eacute;s. Ces pratiques &eacute;taient v&eacute;ritablement absurdes <em>(non-sense</em> en anglais) pour des racistes plus sensibles &agrave; la capacit&eacute; de travail qu'&agrave; celle de cr&eacute;ativit&eacute;. C'est pourquoi ces pr&eacute;tendus d&eacute;bordements (tiens&nbsp;!, <em>overflow</em> en anglais) &eacute;taient tr&egrave;s encadr&eacute;s et limit&eacute;s dans le temps, sous le pr&eacute;texte d'&ecirc;tre trop sensuels voire incontr&ocirc;lables, ce qui ne les a pas emp&ecirc;ch&eacute;s de survivre et d'&eacute;voluer jusqu'&agrave; devenir v&eacute;ritablement traditionnelles, au contraire d'un syst&egrave;me plantationnaire balay&eacute; par l'histoire.</p> 	<p>Cette aversion pour toute sensualit&eacute; dans la danse (qu'on a longtemps pr&ecirc;t&eacute; qu'aux seuls esclaves), est en fait un refus de toute une tradition de pratiques sacr&eacute;es, vou&eacute;es notamment &agrave; c&eacute;l&eacute;brer la f&eacute;condit&eacute; de la terre et de la femme, et que l'on retrouve &agrave; la fois en Afrique et en Europe. On peut m&ecirc;me affirmer qu'&agrave; l'&eacute;poque, les colons, souvent analphab&egrave;tes provenant de milieux ruraux et habitu&eacute;s &agrave; des gestuelles &eacute;rotiques dans leurs propres danses (trop souvent perdues) n'ont que leur position dans la soci&eacute;t&eacute; pour les s&eacute;parer d'esclaves qui n'ont rien &agrave; leur envier d'un point de vue culturel.</p> 	<p><a id="L14" name="L14">En effet,</a> et bien s&ucirc;r dans la droite ligne d'une certaine &eacute;gyptologie marqu&eacute;e par l'&#339;uvre de <a href="../../doc/frlnc.html#cheik_anta_diop">Cheik Anta Diop</a>, les civilisations antiques gr&eacute;co-romaines et &eacute;gyptiennes ont contribu&eacute; en grande partie &agrave; l'ensemble des coutumes africaines retrouv&eacute;es dans la Cara&iuml;be.</p> 	<p><em><a id="L15" name="L15">&laquo;&nbsp;De nos jours encore,</a> pendant le carnaval des Noirs et des Antillais de Floride aux &Eacute;tats-Unis, on voit les femmes danser dans les rues avec un serpent, en mimant l'acte sexuel (...) Ces m&ecirc;mes croyances existaient d&eacute;j&agrave; dans la Gr&egrave;ce antique avec le culte d'Esculape, le dieu serpent&nbsp;: les Grecs croyaient que les femmes pouvaient &ecirc;tre f&eacute;cond&eacute;es par un serpent. Par ailleurs, n'oublions pas que dans la religion chr&eacute;tienne, le serpent peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le pire ennemi de la femme, puisque c'est lui qui conseille Eve.&nbsp;&raquo;</em> <a href="../../doc/frlnr.html#rosemain_jacqueline">Jacqueline Rosemain</a>&nbsp;: <em>La Danse aux Antilles (Des rythmes sacr&eacute;s au zouk),</em> L'Harmattan).</p> 	<p>Ainsi, rien que ce serpent pr&eacute;sent avec une telle force symbolique sur tous les continents (c'est d'ailleurs l'un des piliers des pratiques vaudous dans la Cara&iuml;be) montre l'universalit&eacute; d'un langage comme la danse, pr&eacute;sente au m&ecirc;me titre que les sacrifices dans toutes les pratiques religieuses les plus anciennes. L'Espagne du 18<sup>&egrave;me</sup> si&egrave;cle, &agrave; Cadiz, a invent&eacute; le fandango, qui choquait d&eacute;j&agrave; plus d'un d&eacute;tenteur de l'ordre moral. <em>&laquo;&nbsp;Elle n'est pas f&ecirc;t&eacute;e seulement par les gitanes ou autres personnes de basse condition, mais par les femmes honn&ecirc;tes et de position &eacute;lev&eacute;e.(...) Les danseurs suivent la musique avec de suaves ondulations de leurs corps (...) Les spectateurs pris d'un grand enthousiasme (...) se balancent en suivant les mouvements de la danse.&nbsp;&raquo;</em></p> 	<p><a id="L17" name="L17">L'h&eacute;ritage</a> africain des danses martiniquaises est donc &eacute;norme mais l'Europe a aussi une part dans ces &eacute;bats, trop souvent occult&eacute;e par int&eacute;r&ecirc;t, ignorance, silence et oubli. La volont&eacute; farouche d'avilir des pratiques nouvelles issues de couches populaires souvent esclaves, dure m&ecirc;me depuis la Gr&egrave;ce antique, o&ugrave; certains philosophes comme <a href="../../doc/frlnp.html#platon">Platon</a> en accord avec des musiciens qualifient de &laquo;&nbsp;sauvages&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;d&eacute;lirantes&nbsp;&raquo; les danses vou&eacute;es &agrave; Dionysos, et vont m&ecirc;me jusqu'&agrave; cr&eacute;er des musiques cultuelles sans percussions. Ce m&eacute;pris a caus&eacute;&nbsp;-&nbsp;et cela nous est tr&egrave;s dommageable&nbsp;-&nbsp;la perte &agrave; jamais de milliers de rythmes et de danses.</p> 	<table class="right" width="50%" cellpadding="10" cellspacing="10"><tr><td class="noeud"> 		<p><a id="n1" name="n1">Le monde</a> se cr&eacute;olise, c'est-&agrave;-dire que les cultures du monde mises en contact de mani&egrave;re foudroyante et absolument consciente aujourd'hui les unes avec les autres se changent en s'&eacute;changeant &agrave; travers des heurts irr&eacute;missibles, des guerres sans piti&eacute; mais aussi des avanc&eacute;es de conscience et d'espoir qui permettent de dire&nbsp;-&nbsp;sans qu'on soit utopiste, ou plut&ocirc;t, en acceptant de l'&ecirc;tre&nbsp;-&nbsp;que les humanit&eacute;s aujourd'hui abandonnent difficilement quelque chose &agrave; quoi elles s'obstinaient depuis longtemps, &agrave; savoir que l'identit&eacute; d'un &ecirc;tre n'est valable et reconnaissable que si elle est exclusive de l'identit&eacute; de tous les autres &ecirc;tres possibles. (<a href="../../doc/frlng.html#glissant_edouard">Edouard Glissant</a>)</p> 		<table class="right" border="0"><tr><td><img src="../../images/blind.gif" width="12px" height="12px" alt="" /></td></tr></table> 	</td></tr></table> 	<p>Par contre, certains des rythmes ont fusionn&eacute; avec d'autres mieux tol&eacute;r&eacute;s. Lors des f&ecirc;tes agraires, les esclaves martiniquais ont m&ecirc;l&eacute; aux danses populaires et europ&eacute;ennes, recommand&eacute;es par les religieux, leurs propres chants et danses de la fertilit&eacute;&nbsp;: c'est le b&egrave;l&egrave; dont <em>&laquo;&nbsp;le rythme est le m&ecirc;me qui accompagnait les danses des moissons encore&nbsp;au&nbsp;17<sup>&egrave;me</sup>&nbsp;et&nbsp;18<sup>&egrave;me</sup>&nbsp;si&egrave;cle en Vend&eacute;e et en Charente, deux r&eacute;gions d'o&ugrave; sont originaires une tr&egrave;s grande majorit&eacute; de colons fran&ccedil;ais, voire un peu partout en France, et notamment en Alsace&nbsp;&raquo;.</em> Il serait int&eacute;ressant d'ailleurs que ces affirmations soient r&eacute;percut&eacute;es plus souvent dans ces r&eacute;gions o&ugrave; des discours ouvertement x&eacute;nophobes gagnent du terrain.</p> 	<p>Par chance, le b&egrave;l&egrave; fait dor&eacute;navant partie du patrimoine martiniquais et donc de l'humanit&eacute; enti&egrave;re&nbsp;: il permet m&ecirc;me de se souvenir d'&eacute;v&eacute;nements pass&eacute;s relat&eacute;s dans les chants, tout en d&eacute;pendant constamment de l'inspiration du moment du chanteur. Il en va en fait exactement de m&ecirc;me pour les chor&eacute;graphies du b&egrave;l&egrave; o&ugrave; finalement les gestes et les pas semblent plus se chercher plut&ocirc;t que se trouver. (Brochure <a href="../../doc/frlna.html#am4">AM4</a> sur les danses katennda-b&egrave;l&egrave;&nbsp;: pour le renouveau du kalennda-b&egrave;l&egrave;, danses nationales martiniquaises)</p> 	<p><a id="L20" name="L20">Les</a> danseurs de b&egrave;l&egrave; disposent d'une tr&egrave;s grande libert&eacute;, libert&eacute; pour chacun de choisir les gestes utilis&eacute;s, de d&eacute;terminer le moment des d&eacute;placements individuels ou collectifs, le type de jeu qu'on fera avec son partenaire. <em>&laquo;&nbsp;Il est important que les danseurs d&eacute;veloppent et expriment leur sensibilit&eacute;. Chaque chant a sa particularit&eacute; (son th&egrave;me, son rythme, sa cadence). Le danseur doit pouvoir traduire cette particularit&eacute; par l'expression du visage, le choix et l'expression des gestes et des jeux d&eacute;velopp&eacute;s. (...) Il faut dire quelque chose avec son corps (s&eacute;duction, amour, reproche, tristesse, joie (...). D'une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, le tanbouy&eacute; suit les danseurs; il se met &agrave; leur service ... &nbsp;&raquo;</em> Les d&eacute;butants sont plac&eacute;s tout de suite en situation. &Agrave; eux de mobiliser leurs ressources, car les animateurs ne font que guider leurs propres initiatives, qui doivent mettre en avant une forte personnalit&eacute;. Les techniques ne sont que des outils.</p> 	<p>Le b&egrave;l&egrave; est avant tout &laquo;&nbsp;an manny&egrave; viv&nbsp;&raquo;, C'est-&agrave;-dire, au m&ecirc;me titre que le danmy&eacute;&nbsp;: un &eacute;tat d'esprit, une conscience, o&ugrave; sont inscrites un ensemble de valeurs provenant &agrave; la fois d'Afrique, d'Europe, d'Asie et d'Am&eacute;rique, c'est-&agrave;-dire issues des rencontres de tous les anc&ecirc;tres des Martiniquais d'aujourd'hui.</p> 	<hr /> 	<table> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L4" id="L22" name="L22"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">d&eacute;but de la page</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L10"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire des sens interdits</td> 		</tr> 		<tr> 			<td></td> 			<td class="nv4">histoire de sens en action</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L30"><img src="../../images/nvfl_bas.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de d&eacute;passement</td> 		</tr> 	</table> 	<table width="100%"> 		<col width="30%" /> 		<col width="70%" /> 		<tr> 			<td class="noeud">&nbsp;danser et r&eacute;sister&nbsp;</td> 			<td valign="middle"><hr /></td> 		</tr> 	</table> 	<h3>Histoire de sens en action</h3> 	<p><a id="L24" name="L24">Ajoutons</a> tout de m&ecirc;me que la Martinique et la Cara&iuml;be ne sont pas les seules r&eacute;gions o&ugrave; des esclaves se soient montr&eacute;s si inspir&eacute;s et si &agrave; m&ecirc;me de sortir de leurs sch&eacute;mas de pens&eacute;e habituels pour v&eacute;ritablement cr&eacute;er une nouvelle danse. Si l'on descend vers l'Afrique du Sud, on y retrouve pendant la colonisation des Anglais et des Boers et pendant l'apartheid, une pratique chor&eacute;graphique d'une rare intensit&eacute;&nbsp;: la danse <em>gumboots,</em> pratiqu&eacute;e d'abord par des mineurs noirs. <em>(&laquo;&nbsp;Bottes en caoutchouc, migrants et Fred Astaire&nbsp;: danse ouvri&egrave;re et style musical en Afrique du Sud&nbsp;&raquo;</em> / <a href="../../doc/frlnm.html#muller_carol">Carol Muller</a> dans la <em>Revue d'anthropologie d'autre part).</em> Elle a plusieurs origines&nbsp;-&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;la tradition bhaca, le spectacle des m&eacute;nestrels, les danses populaires de soci&eacute;t&eacute; comme celles qui accompagnaient les concerts de jazz des ann&eacute;es trente et quarante, le jitterbug par exemple; et, &eacute;videmment les claquettes popularis&eacute;es par les films de <a href="../../doc/frlna.html#astaire_fred">Fred Astaire</a> et <a href="../../doc/frlnk.html#kelly_gene">Gene Kelly</a>.&nbsp;&raquo;</em> Pour les chor&eacute;graphies, on y retrouve <em>&laquo;&nbsp;l'ordre strict de la marche militaire et la discipline exig&eacute;e par le travail souterrain dans les mines. On attend des danseurs qu'ils r&eacute;pondent rapidement, sans h&eacute;sitation, sans consid&eacute;ration de ce que le leader ordonne. La pr&eacute;cision du mouvement&nbsp;-&nbsp;commencer et finir sur le m&ecirc;me rythme&nbsp;-&nbsp;est cruciale pour r&eacute;aliser une ex&eacute;cution puissante.&nbsp;&raquo;</em> Cette danse, et c'est l&agrave; une originalit&eacute; qui s&ucirc;rement fera date, est v&eacute;ritablement &agrave; cheval entre les espaces ruraux et urbains &agrave; l'int&eacute;rieur desquels les travailleurs migrants du Natal KwaZulu m&eacute;ridional ont circul&eacute; lors des cent derni&egrave;res ann&eacute;es. Elle n'est, &agrave; l'exemple de la Martinique, ni africaine ni occidentale, ni chr&eacute;tienne ni ancestrale, ni traditionnelle, ni moderne. Tout comme ses praticiens, qui ne sont ni pleinement citadins ni pleinement ruraux, la danse <em>gumboot</em> provient de la soci&eacute;t&eacute; sud-africaine dans son entier. On y retrouve tout ce qui pourrait constituer des s&eacute;ances <em>d'overflow&nbsp;: &laquo;&nbsp;L'interaction ordre-r&eacute;ponse entre le leader de la danse et le reste de l'&eacute;quipe; l'importance du soutien de l'auditoire/communaut&eacute; dans le cadre de l'ex&eacute;cution; l'&eacute;l&eacute;ment comique dans le spectacle (...) et la fa&ccedil;on dont la danse s'ins&egrave;re et se constitue dans la vie et l'exp&eacute;rience de tous les jours.&nbsp;&raquo;</em></p> 	<p>Davantage qu'un simple reflet de l'exp&eacute;rience de la mine, elle constituait une satire explicite de la discipline du travail et des relations sociales form&eacute;es par la vie &agrave; la mine et au cantonnement. L'esclavage a donc encore frapp&eacute;&nbsp;: l'Occident qui en a bien profit&eacute; aurait souvent bien voulu nier tous les d&eacute;bordements de ces exotismes bien troublants. Au contraire, ils font &eacute;cole.</p> 	<p>Or, que nous ont-ils appris&nbsp;? Un, voire, deux si&egrave;cles plus tard, s'est-on rapproch&eacute; d'une telle harmonie avec notre propre corps&nbsp;? 		<br /><a id="L27" name="L27">Penchons-nous</a> sur le bilan personnel d'une enseignante &agrave; propos d'un travail artistique avec des enfants autour de la danse&nbsp;: elle affirme y avoir <em>&laquo;&nbsp;d&eacute;couvert combien il est difficile de s'exprimer par le corps, car ceci (...) n&eacute;cessitait une acceptation des contraintes, mais aussi une certaine lib&eacute;ration de craintes et de pr&eacute;jug&eacute;s pour pouvoir vraiment &ecirc;tre dans la danse et accepter de communiquer par les sens et le regard.&nbsp;&raquo;</em> (Hors S&eacute;rie octobre 98, <em>Culture et Proximit&eacute;,</em> Action culturelle dans les quartiers / Enjeux, m&eacute;thodes / <a href="../../doc/frlnc.html#colin_bruno">Bruno Colin</a>). 	</p> 	<p>On en arrive donc aux pr&eacute;misses de l'exode souhait&eacute; par <a href="../../doc/frlng.html#gorz_andre" id="L28" name="L28">Andr&eacute;&nbsp;Gorz</a>&nbsp;[&nbsp;<a href="../10/fr1043.html">voir&nbsp;n&deg;&nbsp;10</a> ]. Revenons un moment en Martinique. Selon Daniel Bardury, animateur &agrave; <a href="../../doc/frlna.html#am4">l'AM4</a>, le b&egrave;l&egrave; permet de passer <em>&laquo;&nbsp;du mouvement au geste, de la position &agrave; la posture, de l'entente &agrave; l'&eacute;coute, de la technique &agrave; la danse, de la machine au corps&nbsp;&raquo;,</em> et l'on a bien envie d'ajouter de l'interpr&eacute;tation &agrave; l'action. <em>&laquo;&nbsp;Je connais des gens qui dansent contre leur corps, &agrave; contre-corps, par exemple des femmes qui ne parviennent pas &agrave; sortir de leur mouvement de hanches ou encore oublient totalement leurs bras. Tout le corps doit servir, &agrave; l'image des animaux qui ne laissent aucune partie inerte, comme nous avons trop tendance &agrave; refaire.&nbsp;&raquo;</em></p> 	<p>C'est&nbsp;-&nbsp;et je le dis en tant que pratiquant de b&egrave;l&egrave;&nbsp;-&nbsp;un long travail que de parvenir &agrave; recr&eacute;er ces gestes transmis souvent oralement, voire dor&eacute;navant invent&eacute;s par les nouveaux danseurs. Il reste que le travail engag&eacute; dans <em>Overflow</em> est dans la continuit&eacute; de ces recherches carib&eacute;ennes o&ugrave; resurgissent les m&ecirc;mes questions&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;comment toujours mieux relier musique et danse, comment cr&eacute;er dans le rythme ses propres accidents&nbsp;?&nbsp;&raquo;</em> Le b&egrave;l&egrave; permet des variations presque infinies et chacun, selon ses propres moyens, y trouve sa place dans une ronde o&ugrave; interagissent musique et danse. <em>Overflow,</em> en essayant de d&eacute;border nos conditionnements musicaux et chor&eacute;graphiques, accompagne pleinement ce projet.</p> 	<hr /> 	<table> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L4" id="L30" name="L30"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">d&eacute;but de la page</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L10"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire des sens interdits</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L22"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de sens en action</td> 		</tr> 		<tr> 			<td></td> 			<td class="nv4">histoire de d&eacute;passement</td> 		</tr> 	</table> 	<hr /> 	<h3>Histoire de d&eacute;passement</h3> 	<p><em>Overflow</em> seulement&nbsp;? Et &laquo;&nbsp;l'improvisation&nbsp;&raquo; en danse me direz-vous&nbsp;? Il est vrai que c'est un terme que l'on retrouve dans toutes les pratiques chor&eacute;graphiques actuelles. <em>&laquo;&nbsp;Cette notion recouvre alors beaucoup de styles de danse et traverse le temps. De la danse baroque &agrave; la danse jazz au hip-hop aujourd'hui. Tout le monde a donc improvis&eacute; un jour puisqu'il a combin&eacute; des pas connus dans un ordre d&eacute;cid&eacute; sur le moment. (...) Il est &agrave; remarquer que ce mode est soutenu par le r&ocirc;le important de la musique qui, par le rythme, permet ce jeu que l'on peut appeler variation. (...) Cela d&eacute;finit &eacute;galement un rapport au mouvement (...) lui-m&ecirc;me &eacute;tant un fil sur lequel s'enfilent les gestes.&nbsp;&raquo;</em> (Magazine <em>Les Saisons de la Danse,</em> Dossier sur l'improvisation). Improviser appara&icirc;t comme avoir une volont&eacute; de r&eacute;concilier corps et esprit, en se d&eacute;barrassant de tous les canons du Beau. Et effectivement, c'est une tendance qui semble perp&eacute;tuer l'esprit trouv&eacute; en Afrique ou dans la Cara&iuml;be&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;sans aller jusqu'&agrave; la transe, il y a une tendance &agrave; l'oubli de soi, renforc&eacute;e par le public. Il appara&icirc;t aussi qu'improviser sur sc&egrave;ne mette en avant le danser m&ecirc;me, le plaisir de danser m&ecirc;me, le plaisir de danser, brut, c'est alors &laquo;&nbsp;une c&eacute;l&eacute;bration&nbsp;&raquo; du fait de danser. (...) Dans ce sens, c'est une action ancestrale, populaire. (...) Il faut noter l'improvisation subie parce qu'obligatoire, c'est celle qui r&eacute;pond &agrave; un accident, &agrave; l'impr&eacute;visible. Elle fait partie du m&eacute;tier, de la facult&eacute; d'adaptation.&nbsp;&raquo; (idem)</em></p> 	<table class="right" width="30%" cellpadding="10" cellspacing="10"><tr><td class="noeud"> 		<p><a id="n2" name="n2">Une</a> des t&acirc;ches les plus &eacute;videntes de la litt&eacute;rature, de la po&eacute;sie, de l'art est de contribuer peu &agrave; peu &agrave; faire admettre &#8220;inconsciemment&#8221; aux humanit&eacute;s que l'autre n'est pas l'ennemi, que le diff&eacute;rent ne m'&eacute;rode pas, que si je change &agrave; son contact, cela ne veut pas dire que je me dilue dans lui... Ce n'est plus l&agrave; r&ecirc;ver le monde, c'est y entrer. 			<br />(<a href="../../doc/frlng.html#glissant_edouard">Edouard Glissant</a>, <em>Introduction &agrave; une po&eacute;tique du divers.)</em> 		</p> 		<table class="right" border="0"><tr><td><img src="../../images/blind.gif" width="12px" height="12px" alt="" /></td></tr></table> 	</td></tr></table> 	<p>Selon moi, l'improvisation dans <em>Overflow</em> est un moyen de r&eacute;cup&eacute;rer et d&eacute;passer toutes les techniques de danse possibles ou encore non imagin&eacute;es pour d&eacute;border, c'est-&agrave;-dire d&eacute;structurer pour mieux construire l'impr&eacute;visible. Par contre, l'improvisation en danse ne reste souvent cantonn&eacute;e qu'&agrave; un espace de jeu, dont l'avenir n'est qu'&eacute;ph&eacute;m&egrave;re&nbsp;: elle n'est l&agrave; que pour surprendre, d&eacute;structurer tr&egrave;s provisoirement. Il reste tr&egrave;s dommageable que beaucoup de danseurs et de compagnies en restent &agrave; s'exprimer presque exclusivement dans leur &laquo;&nbsp;cercle d'initi&eacute;s&nbsp;&raquo;. Certains avouent, m&ecirc;me apr&egrave;s plus d'une vingtaine d'ann&eacute;es d'improvisation derri&egrave;re eux, paradoxalement, n'avoir semble-t-il jamais r&eacute;ellement tent&eacute; &laquo;&nbsp;l'impossible&nbsp;&raquo;. Le geste sportif est un immense r&eacute;servoir d'improvisations&nbsp;: les footballeurs ayant particip&eacute; &agrave; la Coupe&nbsp;du&nbsp;Monde&nbsp;98 sont souvent qualifi&eacute;s &laquo;&nbsp;d'artistes&nbsp;&raquo;, car ils semblent souvent &agrave; la fois jouer et improviser avec la balle. Beaucoup de joueurs tels Okocha, Weah, Denilson, Ronaldo ou Zidane, c'est-&agrave;-dire les reconnus &laquo;&nbsp;meilleurs&nbsp;&raquo; sont jug&eacute;s par la presse sp&eacute;cialis&eacute;e incontr&ocirc;lables et voire &laquo;&nbsp;implacables&nbsp;&raquo; sur un terrain. Presque aucune consigne ne leur est donn&eacute; dans le jeu, car non seulement ils sont peu enclins &agrave; les respecter mais surtout ils ont une facult&eacute; de cr&eacute;ativit&eacute; hors du commun du reste des footballeurs. M&ecirc;me si l'on assiste aussi avec eux &agrave; une mont&eacute;e de l'individualisme dans le football, il faut bien admettre que ces joueurs sont en train de compl&egrave;tement modifier ce sport apparemment si simple. Poss&eacute;dant des qualit&eacute;s d'anticipation, de vision globale du jeu, de ma&icirc;trise totale du toucher de balle (qu'ils &laquo;&nbsp;caressent&nbsp;&raquo;), ils ne sont pas simplement des pions, ils agissent v&eacute;ritablement sur le syst&egrave;me de jeu. D'ailleurs, le nouveau s&eacute;lectionneur fran&ccedil;ais avoue souvent privil&eacute;gier des joueurs capables de &laquo;&nbsp;d&eacute;passer leur poste&nbsp;&raquo;, refusant de rester sur un bout de rectangle. Cela rejoint les propos du chor&eacute;graphe <a href="../../doc/frlnt.html#tompkins_mark" id="L34" name="L34">Mark Tompkins</a>&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Je pense que tous les grands artistes ont le d&eacute;sir de faire plus que ce qu'ils savent faire (...) Quand on voit Jos&eacute;phine Baker, par exemple, elle est trop grande, elle est mal foutue, elle ne chante pas tr&egrave;s bien, et pourtant, quand on la voit, on ne voit qu'elle. Parce qu'elle va jusqu'au bout.&nbsp;&raquo;</em></p> 	<p>Arriv&eacute; &agrave; ce point, j'aimerais, ne serait-ce qu'un moment, attirer l'attention sur les perspectives socio-&eacute;conomiques d'un projet comme <em>Overflow</em> qui, selon moi, s'inscrit pleinement dans le cadre de dispositifs cr&eacute;&eacute;s pour r&eacute;pondre &agrave; la satisfaction de besoins &eacute;mergents.</p> 	<p>Ce n'est que r&eacute;cemment que certaines institutions culturelles semblent s'&ecirc;tre int&eacute;ress&eacute;es &agrave; ce que l'on a regroup&eacute; sous l'expression <em>&laquo;&nbsp;danses urbaines&nbsp;&raquo;.</em> C'est peut-&ecirc;tre un moyen pour elles de renouer des liens effectivement perdus depuis longtemps avec le &laquo;&nbsp;terrain&nbsp;&raquo; de ces quartiers qui, provisoirement, ne sont plus consid&eacute;r&eacute;s uniquement comme de grands espaces &laquo;&nbsp;susceptibles&nbsp;&raquo;, voire dangereux. Assisterait-on encore une fois &agrave; une simple volont&eacute; d'encadrer l'activit&eacute; des &laquo;&nbsp;nouveaux sauvageons&nbsp;&raquo;&nbsp;? Il s'agit dor&eacute;navant, non d'aller voir les jeunes de ces quartiers pour leur apprendre la culture, mais de communiquer avec eux, en acceptant que ce qu'ils nous montrent est tout autant culturel. Pour cela&nbsp;[&nbsp;<a href="../09/index.html">voir&nbsp;n&deg;&nbsp;9</a>&nbsp;], se pose encore la question des lieux capables d'accueillir de telles expressions sans les diriger obligatoirement vers un &laquo;&nbsp;show-business&nbsp;&raquo; in&eacute;galitaire et qui annihile toute cr&eacute;ativit&eacute;. Il est encore possible que de tels lieux voient le jour, si l'on ne cherche pas seulement &agrave; en faire des foyers proposant une masse informe d'activit&eacute;s soi-disant diff&eacute;rentes, mais que l'on pr&eacute;f&egrave;re en faire de v&eacute;ritables laboratoires qui prennent en consid&eacute;ration toutes ces nouvelles pratiques souvent issues d'autodidactes, pr&ecirc;ts &agrave; tout type d'&eacute;changes. <a id="L35" name="L35">Terminons</a> par une vision plus qu'optimiste de la danse tir&eacute;e du <em>Mumbo Jumbo</em> d'<a href="../../doc/frlnr.html#reed_ishmael">lshmael Reed</a>. <em>&laquo;&nbsp;La danse est l'art universel&nbsp;: elle est joie de s'exprimer ensemble. Celui qui ne sait pas danser condamne son moi &agrave; l'emprisonnement. Ses rapports avec autrui, avec le monde ext&eacute;rieur sont malais&eacute;s. Il vit sans qu'une musique l'entra&icirc;ne; il se r&eacute;fugie dans les domaines glac&eacute;s de la pens&eacute;e; et, tandis qu'il s'efforce de demeurer immobile, il r&eacute;prime ses sentiments.&nbsp;&raquo;</em></p> 	<p>Le corps n'est pas une prison pour pens&eacute;es cul-de-plomb&nbsp;: &agrave; nous de comprendre ce qu'il peut nous dire.</p> 	<table class="center" width="20%" border="0"><tr><td><hr /></td></tr></table> 	<p class="signature"><a href="../../doc/frlnv.html#valhodiia_jil">Jil Valhodiia</a> 		<br /><small>notre correspondant en Martinique</small> 	</p> 	<table class="center" border="0"><tr><td align="left"><a id="p1" name="p1"><img src="__1246.jpg" width="297px" height="226px" alt="&#8220;On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent&#8221; (Bertolt Brecht)" usemap="#__1246" /></a><map id="__1246" name="__1246"><area shape="rect" coords="190,40,295,175" href="../../doc/frlnc.html#calvel_anne" alt="Anne Calvel" /><area shape="rect" coords="40,10,145,100" href="../../doc/frlns.html#sissani_samira" alt="Samira Sissani" /></map> 		<br /><tt class="credit">photo&nbsp;: <a href="../../doc/frlnf.html#fortin_fabrice">Fabrice Fortin</a></tt> 	</td></tr></table> 	<hr /> 	<table> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L4"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">d&eacute;but de la page</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L10"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire des sens interdits</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L22"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de sens en action</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="#L30"><img src="../../images/nvfl_haut.gif" width="16px" height="16px" alt="vers" /></a></td> 			<td class="nv3">histoire de d&eacute;passement</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="fr1236.html"><img src="../../images/nvfl_gauche.gif" width="16px" height="16px" alt="article pr&eacute;c&eacute;dent dans le n&deg; 12" /></a></td> 			<td class="nv3">le protagoniste, l'ag&ocirc;n, la barbarie</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="index.html#L20"><img src="__12ico.gif" width="33px" height="43px" alt="sommaire du n&deg; 12" /></a></td> 			<td class="nv3">sommaire</td> 		</tr> 		<tr> 			<td class="nv"><a href="fr1247.html"><img src="../../images/nvfl_droite.gif" width="16px" height="16px" alt="article suivant dans le n&deg; 12" /></a></td> 			<td class="nv3">l'homme occidental occidentalis&eacute;</td> 		</tr> 	</table> 	<hr /> 	<p class="sign"><a href="../../frhpcontacts.html">Les p&eacute;riph&eacute;riques vous parlent</a>, derni&egrave;re mise &agrave; jour le 6 avril 03 par&nbsp;<a href="../../doc/frlnbi.html#bottlaender_prier_norbert">TMTM</a> 		<br />Powered by Debian GNU-Linux 2.4.18 		<br /><img src="http://perso0.free.fr/cgi-bin/wwwcount.cgi?df=tmtm.dat&amp;dd=B&amp;ft=2" width="1px" height="1px" alt="" /> 		<br /><img src="http://tmtm.homelinux.org/temoin_stats.gif" width="1px" height="1px" alt="" /> 	</p> </body> </html> 
