<HTML> <HEAD>    <TITLE>L'ophtalmologie en Gr&egrave;ce Antique   SNOF</TITLE> <META NAME="keywords" CONTENT="grce antique, grce"><META NAME="description" CONTENT="Syndicat National des Ophtalmologistes de France et la SFO"> </HEAD> <BODY BACKGROUND="../illustrations/fondseul.gif"> <CENTER><A HREF="../accueil/accueil.html">Accueil</A> | <A HREF="../phototheque/phototheque.html">Phototh&egrave;que</A> | <A HREF="../pa/index.html">Annonces</A> | <A HREF="../art/art.html">Art</A> | <A HREF="histoire.html"><B>Histoire</B></A> | <A HREF="../liens/liens.html">Liens</A> | <A HREF="../vue/vue.html">Vue</A> | <A HREF="../maladies/maladie.html">Maladies</A> | <A HREF="../chirurgie/chirurgie.html">Chirurgie</A> | <A HREF="../index.html">Homepage</A> | <A HREF="mailto:jean-michel.muratet@wanadoo.fr">Ecrivez-nous</A><BR>  <HR>  </CENTER>  <H1><CENTER>L'Ophtalmologie dans la Gr&egrave;ce Antique</CENTER></H1>  <CENTER><IMG SRC="imageshist/mycenes.jpg" WIDTH=450 HEIGHT=121 ALIGN=bottom></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">On peut diviser l'&eacute;volution de la m&eacute;decine grecque en quatre p&eacute;riodes :</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1">la premi&egrave;re divine et surnaturelle ;    </FONT></LI>        <LI><FONT SIZE="+1">la seconde humaine et clinique domin&eacute;e    par la grande figure d'Hippocrate, &agrave; Ath&egrave;nes    ;</FONT></LI>        <LI><FONT SIZE="+1">la troisi&egrave;me p&eacute;riode dite    Alexandrine car &eacute;migrant &agrave; Alexandrie</FONT></LI>        <LI><FONT SIZE="+1">et enfin la quatri&egrave;me o&ugrave; elle se    transporte &agrave; Rome.<BR>    <BR>    Puis vient l'&eacute;poque gallo-romaine, bien connue de nos jours    par </FONT><A HREF="cachets.html"><FONT SIZE="+1">les cachets    d'oculistes</FONT></A><FONT SIZE="+1">.</FONT></LI> </UL>  <H2><CENTER>&nbsp;</CENTER></H2>  <H2>Premi&egrave;re p&eacute;riode : les l&eacute;gendes</H2>  <P><FONT SIZE="+1">L'histoire de la premi&egrave;re p&eacute;riode est toute enti&egrave;re du domaine de la fable. D'apr&egrave;s la l&eacute;gende, ce serait le centaure <B>CHIRON</B> qui aurait &eacute;t&eacute; le fondateur de la M&eacute;decine et de la Chirurgie. Il aurait &eacute;t&eacute; en outre, l<B>e premier ophtalmologiste</B> puisqu'il aurait rendu la vue &agrave; de jeunes ph&eacute;niciens surpris en flagrant d&eacute;lit de viol, que leur p&egrave;re, <B>AMINTOR</B>, avait fait aveugler, pour les punir de ce crime d'impuret&eacute;.<BR> <BR> D'apr&egrave;s APOLLODORE, Chiron fut le ma&icirc;tre d'<B>ASCLEPIOS</B> (Esculape), fils d'APOLLON et de CORONIS, que son p&egrave;re avait enlev&eacute;, en tr&egrave;s bas &acirc;ge, et conduit aupr&egrave;s du Centaure pour qu'il lui enseign&acirc;t la m&eacute;decine et la chirurgie.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Nous retrouvons encore <B>HOMERE</B>, qui dans l'Iliade fait allusion &agrave; des traumatismes ayant entrain&eacute; des troubles visuels. Ainsi <B>HECTOR</B> frapp&eacute; sur son casque, lors de son combat avec DIOMEDE, est atteint d'une c&eacute;cit&eacute; temporaire suivie d'une perte de connaissance.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>HOMERE</B> &eacute;tait-il aveugle ?. Selon les croyances anciennes, la perte de vue serait li&eacute;e, par une sorte de compensation magique, &agrave; la clairvoyance et au don de cr&eacute;ation po&eacute;tique de chant et d'enchantement. En lui attribuant, avec THUCYDIDE et ARISTOPHANE le majestueux "Hymne &agrave; Apollon", on doit admettre sa c&eacute;cit&eacute;, car 1'auteur de ce chant se d&eacute;crit lui-m&ecirc;me comme "un homme aveugle (tuphlos aner) qui demeure dans l'&acirc;pre CHIOS"</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Plusieurs "Vitae homeri" mentionnent la c&eacute;cit&eacute; du grand po&egrave;te, mais elles sont toutes tr&egrave;s tardives. D'apr&egrave;s la biographie d'HOMERE faite par PROCLOS, "certains pr&eacute;tendent qu'il re&ccedil;ut son nom du fait de l'infirmit&eacute; de ses yeux ; car selon eux, les Eoliens d&eacute;signent les aveugles par le nom d'hom&egrave;roi". </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">On trouve la trace de cette opinion ancienne chez <B>EPHOROS</B>, historien grec du IV si&egrave;cle avant-JC ; selon lui le po&egrave;te changea son nom en Hom&egrave;re &agrave; cause de sa c&eacute;cit&eacute;, car on nommait ainsi les aveugles du fait qu'ils se servaient de guide (ton homereuonton). D'apr&egrave;s une biographie attribu&eacute;e faussement &agrave; HERODOTE, Hom&egrave;re aurait contract&eacute; une ophtalmie &agrave; Ithaque et serait devenu aveugle &agrave; Colophon. De tels r&eacute;cits pr&eacute;sentent un certain int&eacute;r&ecirc;t comme documents historiques sur les maladies des yeux &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; ils furent compos&eacute;s, mais n'ont aucune valeur pour le diagnostic de la maladie d'Hom&egrave;re.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'art de gu&eacute;rir fut tout d'abord le privil&egrave;ge de certaines familles, telle celle d'<B>ASCLEPIOS</B>, roi de <B>TRIKKA</B>, dont Hom&egrave;re chantait l'habilet&eacute; et dont <B>Pindare</B> fit un dieu.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">A l'origine le nom thessalien d'Esculape est "<B>Askalapios</B>", et ce terme d&eacute;signe <B>la taupe</B>, tr&egrave;s abondante en Thessalie ; cet animal &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme-un animal gu&eacute;risseur dans la m&eacute;decine magique. Esculape &eacute;tait donc primitivement un dieu-taupe, une divinit&eacute; &eacute;man&eacute;e du sol.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il eut cependant une fin tragique. Comme il ressuscitait m&ecirc;me les morts, <B>Jupiter</B>, irrit&eacute;, le foudro&iuml;a &agrave; la pri&egrave;re de Pluton, dieu des Enfers, dont l'empire courait le risque de devenir d&eacute;sert.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ce dieu avait pour symbole <B>le Caduc&eacute;e</B>, baton surmont&eacute; d'un miroir autour duquel s'enroule un serpent ; sa premi&egrave;re fille &eacute;tait <B>HYGIE</B>, d&eacute;eese grecque de la sant&eacute;, dont le domaine &eacute;tait les soins g&eacute;n&eacute;raux et la propret&eacute; sa seconde se nommait <B>PANACEE</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Sortant du domaine da la fable, vers le VII&egrave; si&egrave;cle av. JC., nous trouvons la m&eacute;decine entre les mains des pr&ecirc;tres descendants d'Esculape, qui forment une caste d'initi&eacute;s sous le nom d'<B>Asclepiades</B> ; elle s'exerce dans les temples. Ces Ascl&eacute;piades, ce terme d&eacute;signant surtout des ensembles monumentaux d&eacute;di&eacute;s &agrave; Esculape, sont des lieux de culte, des centres d'hospitalisation situ&eacute;s souvent pr&egrave;s d'une source thermale. Parmi les plus connus nous citerons Epidaure, Pergame, Cos, Cnide, Eph&egrave;se et Ath&egrave;nes. Dans les ruines d'<B>Epidaure</B>, il a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute; des inscriptions faisant allusion &agrave; des traitements de maladies oculaires, ainsi que des ex-voto oculaires. En voici une qui nous int&eacute;resse.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Hermion de Pasos. Le dieu l'a gu&eacute;ri de la c&eacute;cit&eacute;. Mais comme il refusa de payer au sancturaire, ce qu'il lui devait, le dieu le fit redevenir aveugle pour le punir. Quand il fit retour au sanctuaire pour y "dormir" une seconde fois, le dieu le gu&eacute;rit &agrave; nouveau".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">A d&eacute;faut d'Esculape, dans ces Ascl&eacute;piades, les serpents apprivois&eacute;s rendaient les oracles, d'apr&egrave;s les r&ecirc;ves des patients, et indiquaient les rem&egrave;des.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Une com&eacute;die d'ARISTOPHANE, PLUTUS, repr&eacute;sent&eacute;e en 390 av. JC., nous fait assister dans le temple d'Esculape &agrave; la gu&eacute;rison de la c&eacute;cit&eacute; de Plutus ; les railleries du comique grec nous montrent le discr&eacute;dit en lequel tomba rapidement cette th&eacute;rapeutique sacerdotale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Nous en donnons le r&eacute;sum&eacute; ici : Plutus,dieu de la richesse, a &eacute;t&eacute; frapp&eacute; de c&eacute;cit&eacute; par ZEUS.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Ascl&eacute;pios essuya les paupi&egrave;res de Plutus avec un linge, puis Panac&eacute;e lui couvrit d'un voile de pourpre la t&ecirc;te et tout le visage. Puis le dieu siffla et deux &eacute;normes serpents s'&eacute;lanc&egrave;rent du sanctuaire. ils se gliss&egrave;rent doucement sous le voile de pourpre, l&eacute;ch&egrave;rent, &agrave; ce que je crois, les paupi&egrave;res du malade, et, en moins de temps qu'il ne t'en faut pour vider un verre de vin, Plutusse rel&egrave;ve. Il voyait."</I></FONT></CENTER>  <H2>Deuxi&egrave;me p&eacute;riode : Alcm&eacute;on de Crotone, Hippocrate</H2>  <H3>1) Alcm&eacute;on de Crotone</H3>  <P><FONT SIZE="+1">C'est seulement un Si&egrave;cle plus tard, au VI si&egrave;cle, dans la gr&egrave;ce antique que l'&eacute;tude de l'oeil prit une certaine individualit&eacute; gr&acirc;ce &agrave; ALCMEON de CROTONE.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Disciple de <B>PYTHAGORE</B>, instruit &agrave; l'&eacute;cole m&eacute;dicale de Crotone, il inaugura la m&eacute;thode exp&eacute;rimentale en biologie. Il se documenta sur la structure du corps en proc&eacute;dant pour la premi&egrave;re fois &agrave; la dissection des cadavres d'animaux ainsi qu'&agrave; des vivisections animales et il distingua les veines qui conduisent le sang et les art&egrave;res.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il s'attacha sp&eacute;cialement aux organes des sens et &agrave; leur relation avec le cerveau. Il donna un aper&ccedil;u confus de la fonction visuelle. Il semble avoir per&ccedil;u le rapport entre le nerf optique et l'enc&eacute;phale. De m&ecirc;me que les Egyptiens, il pensait que le nerf optique &eacute;tait un canal accompagn&eacute; d'une art&egrave;re et d'une veine ; ce canal appel&eacute; "poros" transportait les sensations vers le cerveau. Cette hypoth&egrave;se, reprise par HIPPOCRATE, PLATON et DEMOCRITE fut battue en br&egrave;che par ARISTOTE, EMPEDOCLE, les stoiciens qui estimaient que les sensations &eacute;taient transmises par l'interm&eacute;diaire du coeur.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'unique ouvrage d'<B>Alcm&eacute;on</B>, que l'on peut consid&eacute;rer comme le premier trait&eacute; de <B>physiologie</B>, a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s t&ocirc;t perdu, et de ce fait, m&eacute;connu ; mais il a exerc&eacute; une grande influence sur ses disciples imm&eacute;diats.</FONT></P>  <H3>2) Hippocrate</H3>  <P><FONT SIZE="+1">Surnomm&eacute; &agrave; juste titre le P&egrave;re de la M&eacute;decine, <B>HIPPOCRATE</B> naquit en 460 av. JC., dans l'ile de <B>Cos</B>. Il &eacute;tait de famille m&eacute;dicale, fils et p&egrave;re de m&eacute;decins. Il appartenait &agrave; l'Ascl&eacute;piade de Cos, ce qui a donn&eacute; naissance &agrave; la l&eacute;gende d'apr&egrave;s laquelle il aurait &eacute;t&eacute; un descendant direct d'Esculape. Il voyagea beaucoup, parcourut presque toute la Gr&egrave;ce et alla m&ecirc;me en Egypte et en Asie Mineure.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Son oeuvre fut consid&eacute;rable. Les ouvrages qui lui sont attribu&eacute;s sont fort nombreux puisqu'ils comprennent 153 &eacute;crits r&eacute;partis en 72 livres, mais certains sont apocryphes et d'origine tardive &eacute;crits par des &eacute;l&egrave;ves ou leurs descendants. La meilleure traduction fran&ccedil;aise est s&ucirc;rement celle de <B>LITTRE</B>. L'analyse de l'oeuvre d'Hippocrate permet de distinguer deux parties, l'une consacr&eacute;e &agrave; la description des maladies, qui est excellente ; l'autre &agrave; la recherche de leurs causes, qui est plus discutable. Il eut le m&eacute;rite de mettre en valeur l'examen clinique et de d&eacute;barrasser la m&eacute;decine de sa gangue magique. Mais les pr&eacute;jug&eacute;s religieux, autant que les lois qui punissaient la violation des cadavres furent en Gr&egrave;ce un obstacle &agrave; ses progr&egrave;s.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Hippocrate ne semble pas s'&ecirc;tre tr&egrave;s int&eacute;ress&eacute; personnellement aux affections oculaires, en revanche, comme nous le verrons par la suite, ses &eacute;l&egrave;ves <B>HEROPHILE</B> et <B>ERASISTRATE</B> &eacute;tudi&egrave;rent l'ophtalmologie autant sur le plan anatomique que physiologique et </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>a) Anatomie et Physiologie</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'anatomie de l'oeil est &agrave; peine indiqu&eacute;e dans la collection hippocratique.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Le nerf optique n'est plus consid&eacute;r&eacute; comme un canal, mais comme un tractus blanc. L'oeil est nourri par de multiples petits canaux provenant du cerveau. Il est constitu&eacute; de trois tuniques : la plus externe est &eacute;paisse ; la plus interne est tr&egrave;s fine. La pupille(Chor&egrave; ) est le centre de la vision et c'est d'elle que partent vers le cerveau les sensations visuelles.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">La vision, &eacute;crit l'auteur hippocratique, est d&ucirc;e &agrave; :</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"une veine qui part de la membrane du cerveau et se rend &agrave; chaque oeil, au travers de l'os"</I>.</FONT></CENTER>  <P>&nbsp;</P>  <P><FONT SIZE="+1">Autant pour Hippocrate l'anatomie reste superficielle et la physiologie imaginaire (on en est &agrave; la th&eacute;orie pneumatique), autant sa clinique est profonde et r&eacute;elle. Il suffit de savoir observer, c'est &agrave; dire recueillir des faits, les comparer entre eux et en tirer un syndrome morbide.<BR> </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>b) Clinique et Pathologie</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">On trouve &eacute;parses dans la collection Hippocratique une trentaine d'affections oculaires dont la description est excessivement vague, ce qui s'explique par leur manque d'&eacute;tude anatomique et par l'absence de terminologie fix&eacute;e.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1"><B>Affections de la conjonctive :    ophtalmia</B></FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">Les "ophtalmies", divis&eacute;es en s&egrave;ches et humides sont indiqu&eacute;es dans le livre des Epid&eacute;mies : leur caract&egrave;re &eacute;pid&eacute;mique est signal&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l'influence saisonni&egrave;re.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+2"><I>"</I></FONT><FONT SIZE="+1"><I>A Thasos, au commencement de l'automne, il y eut des temp&ecirc;tes, qui donn&egrave;rent beaucoup de pluies, avec de grands vents (...). L'ann&eacute;e ayant &eacute;t&eacute;, en g&eacute;n&eacute;ral, toute enti&egrave;re humide, froide, soumise au vent du nord, la sant&eacute; publique, il est vrai, ne souffrit gu&egrave;re pendant l'hiver, mais d&egrave;s le commencement du printemps, les maladies se d&eacute;clar&egrave;rent avec une grande g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;. D'abord on vit appara&icirc;tre des ophtalmies fluentes, douloureuses, et dont l'humeur restait sans coction ; il se forma sur les yeux de plusieurs malades, de petits amas de chassie qui se rompaient difficilement : ces optalmies r&eacute;cidiv&egrave;rent chez la plupart, et cess&egrave;rent tardivement dans l'automne".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Epid&eacute;mies, ler livre, Section Seconde, constituion seconde n&#176;4)</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Quant aux saisons, si l'hiver est sec et bor&eacute;al, et le printemps pluvieux et austral, n&eacute;cessairement il surviendra pendant l'&eacute;t&eacute; des ophtalmies (...)".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Aphorismes, troisi&egrave;me section, n&#176;11)</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Si l'hiver est austral,pluvieux et calme, et le printemps sec et bor&eacute;al (...) surviennent alors des ophtalmies s&egrave;ches."</I> (ophtalmiai x&egrave;rai)</FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Aphorismes, trosi&egrave;me section N&#176;&nbsp;12).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Mais si l'automne est bor&eacute;al et sans pluie, il est utile aux constitutions humides et aux femmes ; parmi les autres, il surviendra des ophtalmies s&egrave;ches; (...)"</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Aphorismes, troisi&egrave;me section N&#176; 14).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Dans une ophtalmie, &ecirc;tre pris de diarrh&eacute;e est avantageux."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">Cette phrase s'inscrit dans le sens g&eacute;n&eacute;ral o&ugrave; toute circulation de liquide am&egrave;ne &agrave; la gu&eacute;rison. (Coanpronostique N&#176; 220).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Les yeux chassieux (ophtalmie catarrhale) se gu&eacute;rissent le mieux si le larmoiement, la chassie et la tum&eacute;faction commencent &agrave; se produire en m&ecirc;me temps. (...) Quand les deux yeux sont ainsi affect&eacute;s, le danger de l'ulc&eacute;ration est plus grand ; mais la crise viendra plus vite. Les chassies s&egrave;ches sont tr&egrave;s douloureuses, mais se jugent promptement, &agrave; moins que l'oeil ne contracte une plaie. Une grande tum&eacute;faction indolente et s&egrave;che est sans danger ; mais avec douleur elle est mauvaise si elle est s&egrave;che, et il y a danger qu'elle n'am&egrave;ne l'ulc&eacute;ration et l'occlusion de l'oeil ; elle est f&acirc;cheuse aussi avec larmes et douleur ; en effet si les larmes coulent chaudes et sal&eacute;es, il y a danger d'ulc&eacute;ration pour la pupille et pour les paupi&egrave;res."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Proth&eacute;tiques, 2&egrave; Livre, N&#176; 18).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Dans cet ouvrage des proth&eacute;tiques, <B>Hippocrate</B> tendait &agrave; d&eacute;velopper le pronostic. Bien qu'il &eacute;carte les folies de la pr&eacute;diction m&eacute;dicale, Hippocrate, en v&eacute;ritable m&eacute;decin attache le plus grand soin &agrave; l'enseignement de l'observation minutieuse et de ses cons&eacute;quences.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1"><B>Pathologie de l'iris</B> (Iris du grec    'iris'= arc-en-ciel )</FONT></LI> </UL>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Quand il est possible d'examiner l'oeil, si l'on y trouve une rupture et l'iris faisant saillie &agrave; travers la rupture, le cas est mauvais et la r&eacute;duction est difficile ; si en outre il y survient de la pourriture, l'oeil perd tout usage. Quant aux autres modes d'ulc&eacute;rations, il faut, en consid&eacute;rant les lieux, pr&eacute;dire les pourritures et les profondeurs : car, n&eacute;cessairement, les cicatrices seront en proportion de l'intensit&eacute; des ulc&eacute;rations".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Proth&eacute;tiques, 2&egrave; Livre, N&#176; 19).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ici Hippocrate rattache l'importance de l'opacification &agrave; la gravit&eacute; et &agrave; la profondeur de l'ulc&eacute;ration.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1"><B>Modifications de la couleur des    pupilles</B></FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">2 cas avec leur interpr&eacute;tation :</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>" Les pupilles qui, en perdant leur aspect normal, deviennent spontan&eacute;ment bleu&acirc;tres, le deviennent rapidement, et, lorsqu'elles le sont devenues, il n'y a pas de gu&eacute;rison. Celles au contraire, qui deviennent couleur d'eau de mer, mettent beaucoup de temps &agrave; perdre peu &agrave; peu leur aspect normal, et souvent l'autre oeil ne le perd que beaucoup plus tard. A ces malades, il faut purger la t&ecirc;te et br&ucirc;ler les veines. Les changements dans la couleur de la pupille qui tiennent le milieu entre le bleu&acirc;tre et la teinte d'eau de mer, s'ils surviennent pendant l'enfance, s'arr&ecirc;tent avec le progr&egrave;s de l'&acirc;ge (...)".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la Vision, N&#176;1).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Les pupilles devenues glauques ou argent&eacute;es ou bleues ne valent rien." </I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Proth&eacute;tiques, 2&egrave; Livre, N&#176; 20).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'interpr&eacute;tation de ce passage par J. SICHEL qui a traduit ce texte dans l'&eacute;dition d'Hippocrate de LITTRE est la suivante</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"La mention simultan&eacute;e d'une teinte bleu&acirc;tre de la pupille, de l'invasion rapide ou subite de l'opacit&eacute; de cette ouverture et de l'incurabilit&eacute; de la maladie, nous semble indiquer une premi&egrave;re notion du vrai glaucome, mais sans l'emploi de ce mot. Les pupilles couleur d'eau de mer indiquent la cataracte."</I></FONT></CENTER>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1"><B>H&eacute;m&eacute;ralopie</B></FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">Le passage suivant d'Hippocrate, a donn&eacute; lieu &agrave; de tr&egrave;s nombreux commentaires et il nous concerne particuli&egrave;rement : c'est celui appel&eacute; : "l'&eacute;pid&eacute;mie de PERINTHE, qui aurait &eacute;t&eacute; la <B>dipht&eacute;rie</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Les signes y sont d&eacute;crits : troubles paralytiques, toux, angines, temp&eacute;rature, puis vient ce passage</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Les difficult&eacute;s de vision nocturne s'&eacute;tablissaient de la m&ecirc;me mani&egrave;re que celles qui naissent &agrave; la suite d'autres manifestations initiales. Elles frappaient surtout les enfants. Quant aux yeux, les noirs, avec de l&eacute;g&egrave;res taches de couleur, avec la pupille petite et, en g&eacute;n&eacute;ral, ceux o&ugrave; le noir dominant (...). La plupart des malades avaient les cheveux droits et noirs. Les personnes &agrave; grands yeux &eacute;taent affect&eacute;es de pr&eacute;f&eacute;rence et non celles &agrave; petits yeux".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">D'apr&egrave;s Aristote, les yeux noirs, les pupilles petites, les yeux qui changent de couleur pr&eacute;disposent &agrave; l'h&eacute;m&eacute;ralopie pour la simple raison que ce sont des signes externes d'un temp&eacute;rament humide et, en particulier de l'abondance inn&eacute;e de l'humidit&eacute; dans la t&ecirc;te et dans les yeux.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">(Aristote, Gen. anim., 780 a).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">D'apr&egrave;s PALLADIOS ; les yeux noircirent, les pupilles devinrent petites et les globes oculaires s'agrandirent sous l'effet de cette affection.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">La difficult&eacute; de compr&eacute;hension de ce texte vient du mot "hupopoikil&egrave;". Galien l'entendait comme signifiant que les yeux &eacute;taient de couleur changeante. Littr&eacute; traduit par "de couleur un peu vari&eacute;e". Si hupopoikil&egrave; d&eacute;signe des yeux chatoyants, ou avec des t&acirc;ches l&eacute;g&egrave;rement color&eacute;es, il est possible que ce soit la premi&egrave;re mention d'un symptome qui cataract&eacute;rise la <B>x&eacute;rophtalmie</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">C'est seulement en 1863 que BITOT publia la premi&egrave;re description des t&acirc;ches blanch&acirc;tres ou plut&ocirc;t de couleur gris perle, l&eacute;g&egrave;rement iris&eacute;es, qu'il observa sur la conjonctive des enfants sous aliment&eacute;s d'un orphelinat de Bordeaux et dont il nota la coincidence avec les troubles de la vision nocturne. On pr&eacute;cisera plus tard la nature v&eacute;ritable de ces t&acirc;ches x&eacute;rophtalmiques : elles sont l'expression clinique d'une d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence de la corn&eacute;e qui est d&ucirc;e, tout comme l'affaiblissement de la vision en faible lumi&egrave;re, &agrave; la carence en Vitamine A.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il semble donc que l'auteur hippocrate ait vu et mentionn&eacute;, d'une fa&ccedil;on sommaire ce qui pourrait &ecirc;tre les t&acirc;ches nacr&eacute;es de Bitot, mais que ce constat soit alors demeur&eacute; sans grande valeur pour la science m&eacute;dicale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Enfin, on pourrait &eacute;voquer devant cette description les signes d'une pseudo-r&eacute;tinite pigmentaire.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1"><B>Nyctalopie</B></FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">Hippocrate cite et d&eacute;finit ainsi cette affection,:</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Ceux qui voient clair la nuit, et que nous nommons nyctalopes, sont atteint de la maladie en bas &acirc;ge, ou enfants, ou pendant l'adolescence ; ils en sont d&eacute;barass&eacute;s spontan&eacute;ment, les uns en quarante jours, les autres en sept mois ; chez quelques un m&ecirc;me , elle a dur&eacute; une ann&eacute;e enti&egrave;re. On pr&eacute;sagera la dur&eacute;e en consid&eacute;rant la force de la maladie et l'&acirc;ge du malade. Les femmes ne sont pas prises de cette affection, ni les jeunes filles qui sont bien r&eacute;gl&eacute;es".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Proth&eacute;tiques, 2&egrave;me Livre, N&#176; 33).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Ceux qui ont des larmoiements persistants ou qui deviennent nyctalopes, il faut leur demander s'ils ont eu quelque douleur de t&ecirc;te avant ces d&eacute;terminations morbides".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Proth&eacute;tiques, 2&egrave;me Livre, N&#176;34).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">D'apr&egrave;s <B>SICHEL</B> il s'agirait d'ophtalmies &eacute;pid&eacute;miques des enfants surtout lymphatiques, survenant aux changements de temp&eacute;rature atmosph&eacute;rique.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">D'apr&egrave;s <B>GOUREVITCH</B>, en examinant &agrave; la lumi&egrave;re des connaissances m&eacute;dicales actuelles les passages hippocratiques o&ugrave; intervient la notion de "nyctalopie", on trouve plusieurs bonnes raisons pour restreindre le diagnostic r&eacute;trospectif &agrave; l'h&eacute;m&eacute;ralopie au sens moderne, plus pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; la forme acquise de cette derni&egrave;re, c'est &agrave; dire un d&eacute;faut d'adaptation &agrave; l'obscurit&eacute; qui est d'origine carentielle.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1"><B>Uv&eacute;ite</B> :</FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">Nous trouvons dans le troisi&egrave;me livre des Epid&eacute;mies (No 84) un passage dont l'interpr&eacute;tation a subi une &eacute;volution dans les temps. En voici le texte complet</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Beaucoup eurent des aphtes (aphthodea) et des ulc&eacute;rations (kelkodea) de la bouche. Fluxions (rheumata) fr&eacute;quentes sur les parties g&eacute;nitales, ulc&eacute;rations (helkomata), tumeurs (phumata) au dedans et au dehors, gonflements dans les aines (boubonas). Ophtalmies (ophthalmiai) humides, longues et douloureuses ; carnosit&eacute;s aux paupi&egrave;res en dedans et en dehors, qui firent perdre la vue &agrave; beaucoup de personnes , et que l'on nomme "figues" (s&ucirc;ka). Les autres plaies et les parties g&eacute;nitales &eacute;taient aussi le si&egrave;ge de beaucoup de fongosit&eacute;s".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">En interpr&eacute;tant ce passage hippocratique, les m&eacute;decins du XIX&egrave; si&egrave;cle ont s&eacute;par&eacute; les symptomes oculaires des symptomes buccaux et g&eacute;nitaux. On attribuait les premiers au <B>trachome</B> et bien que vague, la description des symptomes g&eacute;nitaux &eacute;tait regard&eacute;e comme la meilleure preuve directe de la pr&eacute;sence d'une maladie v&eacute;n&eacute;rienne (syphilis ou blennorragie), dans l'Antiquit&eacute; classique. Or en <B>1937</B>, le dermatologirste HULUSI <B>BEHCET</B> a reconnu l'existence d'un syndrome particulier qui associe une <B>uv&eacute;ite &agrave; hypopion</B>, une <B>aphtose buccale</B> et des <B>ulc&eacute;rations des organes g&eacute;nitaux</B> : appel&eacute; maladie de <B>Behcet</B>. L'accord entre le tableau trac&eacute; par Hippocrate et les descriptions modernes de la maladie de Behcet semble correspondre d'autant plus qu'il s'agit d'une maladie sporadique, li&eacute;e &agrave; certaines aires g&eacute;ographiques en particulier le bassin m&eacute;diterran&eacute;en, ainsi que le pr&eacute;cisait Hippocrate ant&eacute;rieurement.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1">Affections des humeurs de l'oeil</FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">Le terme de glaucosis (glaucome) dans la collection hippocratique parait d&eacute;signer toute une cat&eacute;gorie d'affections oculaires ayant comme symptome commun le trouble qui apparait en le noir de l'oeil.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1">Affections musculaires</FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">Le strabisme (strabos=louche), signal&eacute; par Hippocrate dans les Prorrh&eacute;iques (II,5) est la suite de l'&eacute;pilepsie, ou bien il constitue une affection h&eacute;r&eacute;ditaire.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1">Affections neurologiques</FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">L'amblyopie, d'apr&egrave;s Hippocrate, est due &agrave; l'hydropisie du cerveau ou &agrave; l'occlusion du canal allant de l'oeil au cerveau.</FONT></P>  <UL>    <LI><FONT SIZE="+1">Migraine ophtalmique :</FONT></LI> </UL>  <P><FONT SIZE="+1">On trouve cette description dans le livre des &eacute;pid&eacute;mies (VII / N&#176; 88).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Pour Phoenix, il lui semblait voir briller comme un &eacute;clair, de l'oeil droit d'ordinaire ; au bout de peu de temps, il survenait une douleur violente dans la tempe droite, puis dans toute la t&ecirc;te et dans le cou &agrave; l'endroit o&ugrave; la t&ecirc;te est attach&eacute;e, dans la r&eacute;gion post&eacute;rieure des vert&egrave;bres ; aussi s'il s'effor&ccedil;ait de mouvoir la t&ecirc;te ou d'ouvrir la bouche, il souffrait comme &eacute;prouvant une forte contraction. Des vomissements, quand ils survenaient,, d&eacute;tournaient les douleurs sus-dites ou les rendaient plus mod&eacute;r&eacute;es ; il fut soulag&eacute; par la saign&eacute;e ; les hellebores procuraient la sortie de mati&egrave;res de toute esp&egrave;ce, et surtout de mati&egrave;res porrac&eacute;es."</I></FONT></CENTER>  <P>&nbsp;</P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>THERAPEUTIQUE</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Le traitement des maladies oculaires consiste surtout &agrave; d&eacute;river le cours des humeurs. Dans ce but sont employ&eacute;s la saign&eacute;e, les ventouses, les gargarismes, principalement pour traiter les "ophtalmies".</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>a) Traitement des conjonctivites</B></FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Les maux d'yeux ( odunas ophtalmon ) se gu&eacute;rissent par le vin pur, ou le bain, ou les fulmigations, ou la purgation."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Aphorismes, 6&egrave;me section, N&#176; 31).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Dans les maux d'yeux, apr&egrave;s avoir fait boire du vin pur au malade, et l'avoir fait laver avec beaucoup d'eau chaude, saignez-le."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Aphorismes, 7&egrave;me section, N&#176; 46).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Une remarque &agrave; propos de ce paragraphe 46 : Galien condamnera plus tard cet aphorisme des commentateurs, inexp&eacute;riment&eacute;s dans la pratique, pr&eacute;tendaient le justifier en disant que, s'il y a exc&egrave;s d'un sang &eacute;pais et mal aux yeux, le vin pur et le bain dissiperont ce sang &eacute;pais, et la saign&eacute;e am&egrave;nera la solution du mal aux yeux. Galien r&eacute;pondra que, s'il y a Pl&eacute;thore sanguine avec mal aux yeux, le vin pur sera nuisible, que s'il y a mal aux yeux sans pl&eacute;thore sanguine, c'est la saign&eacute;e qui nuira.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Dans l'ophtalmie annuelle et &eacute;pid&eacute;mique, la purgation de la t&ecirc;te et du bas-ventre est utile, et si la constitution du malade le permet, la saign&eacute;e est utile (...) ainsi que l'application des ventouses sur les veines. Le malade gardera le lit dans l'obscurit&eacute; , loin de la fum&eacute;e, du feu, et de tout ce qui est brillant. (...) Il ne faut pas que le malade regarde fixement et longtemps, car cela provoque des larmes ; mais il ne faut pas tenir les yeux longtemps ferm&eacute;s surtout quand il existe une fluxion chaude, car les larmes retenues &eacute;chauffent et irritent l'oeil".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la Vision, N&#176; 9).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ce livre d'Hippocrate "p&eacute;ri opsios" (mais certains auteurs consid&egrave;rent qu'il ne serait pas de lui), montre l'int&eacute;r&ecirc;t qu'il avait cependant pour les connaissances des maladies des yeux. Le conseil qu'il donne de ne pas fermer les yeux longtemps d&eacute;note un praticien exp&eacute;riment&eacute;.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Traitement de l'ophtalmie catarrhale (du grec cata vers le bas et rh&eacute;in s'&eacute;couler) avec &eacute;rosion</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Lorsque les paupi&egrave;res sont affect&eacute;es d'&eacute;rosions et de d&eacute;mangeaisons, broyez sur une p&icirc;erre &agrave; repasser un petit fragment de fleur de cuivre, puis frictionnez en la paupi&egrave;re ; alors triturez de l'&eacute;caille de cuivre </I>(autre oxyde de ce m&eacute;tal) <I>aussi finement que possible puis versez-y du verjus </I>(suc acide que l'on extrait du raisin cuilli vert) <I>pass&eacute; &agrave; travers un linge, en broyant soigneusement ; ce qui reste du verjus, versez le dans un vase de cuivre rouge sur le m&eacute;lange, et triturez peu &agrave; peu, jusqu'&agrave; ce qu'il prenne l'&eacute;paisseur d'une bouillie ; puis laissez s&eacute;cher, broyez finement et employez".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la vison, N&#176; 6).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Nous pouvons &eacute;voquer devant cette description et ce traitement <B>la conjonctivite du trachome</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>b) Traitement de la nyctalopie</B></FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>" Le malade prendra de l'&eacute;laterion </I>(genre de cucurbitac&eacute;e) <I>et se purgera la t&ecirc;te ; on lui appliquera sur le coup autant de ventouses qu'on pourra, en entretenant l'&eacute;coulement du sang le plus longtemps possible par la pression. Apr&egrave;s quelques temps il faut faire manger, une ou deux fois, un foie de boeuf cru aussi gros que possible, tremp&eacute; dans du miel."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la Vision, N&#176; 7).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Le rem&egrave;de, qui est pour la premi&egrave;re fois cit&eacute; dans ce passage <B>(la vitamine A</B> contenue dans le foie de boeuf) a &eacute;t&eacute; plus tard employ&eacute; en fumigation contre <B>l'h&eacute;m&eacute;ralopie</B>.<BR> </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>CHIRURGIE</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">La Chirurgie oculaire est &agrave; peine indiqu&eacute;e dans l'oeuvre d'Hippocrate. Contre les affections palp&eacute;brales il est proc&eacute;d&eacute; au raclage de la conjonctive avec un corps dur (bl&eacute;pharoxysis).</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Lorsque vous aurez &agrave; scarifier les paupi&egrave;res de l'oeil, faites d'abord puis caut&eacute;risez avec un caut&egrave;re fusiforme en bois, autour duquel vous aurez roul&eacute; de la laine de Milet Cr&eacute;pue, pure, et faites bien attention &agrave; ne pas toucher la prunelle de l'oeil, et &agrave; ne pas br&ucirc;ler jusqu'au cartilage. Puis faire une onction avec un m&eacute;dicament liquide contenant de la fleur de cuivre. Enfin, lorsque les escarres sont tomb&eacute;es, que les plaies se sont d&eacute;terg&eacute;es et poussent des bourgeons charnus, il faut faire une incision &agrave; la r&eacute;gion pari&eacute;tale. Apr&egrave;s cela il convient dans tous les cas de purger la t&ecirc;te."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la vision N&#176; 4).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">On trouve pour la premi&egrave;re fois mentionn&eacute; dans ce paragraphe le traitement chirurgical des granulations palp&eacute;brales, des trachomes (trachus=raboteux).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ici en praticien exp&eacute;riment&eacute; Hippocrate signale encore deux autres dangers de l'op&eacute;ration : celui de l&eacute;ser la prunelle, et celui de d&eacute;truire le cartilage tarse.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Quand les paupi&egrave;res ont une &eacute;paisseur anormale, r&eacute;s&eacute;quez de votre mieux la chair de leur partie inf&eacute;rieure, puis caut&eacute;risez la paupi&egrave;re avec des caut&egrave;res non chauff&eacute;s &agrave; blanc, en &eacute;vitant l'implantation des cils ; ou r&eacute;primez l'&eacute;paississement avec la fleur de cuivre br&ucirc;l&eacute;e et finement pulv&eacute;ris&eacute;e. Apr&egrave;s la chute de l'escarre, donnez les soins m&eacute;dicaux n&eacute;cessaires au reste."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la Vision N&#176;5)</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il s'agit ici aussi de la caut&eacute;risation des paupi&egrave;res granulomateuses. En bon observateur, Hippocrate avait reconnu les dangers de la localisation trop pr&egrave;s du bord libre de la paupi&egrave;re, qui conduirait au <B>trichiasis</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Enfin, dans le m&ecirc;me opuscule, Hippocrate cite <B>l'amaurose</B> :</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Lorsque la vue se perd sans maladie apparente des yeux, il faut pratiquer une incision &agrave; la r&eacute;gion pari&eacute;tale, diss&eacute;quer les parties molles, tr&eacute;paner l'os, et &eacute;vacuer le liquide &eacute;panch&eacute; ; c'est l&agrave; le traitement et c'est ainsi que ces malades gu&eacute;rissent."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(De la Vision N&#176; 18).</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il s'agit ici d'une amaurose (de amauroo=j'obscurcis) symptomatique d'un &eacute;panchement dans le cerveau trait&eacute;e par la tr&eacute;panation. Ce texte peut s'associer &agrave; celui des "Maladie"</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Quand de l'eau se forme dans l'enc&eacute;phale, une douleur aigu&euml; se fait sentir au bregma et aux tempes ; la r&eacute;gion des yeux est douloureuse, le patient a de l'amblyopie </I>(amblus=obtus et ops=vision).<I> En cet &eacute;tat on purgera la t&ecirc;te. Cela fait, incisez la t&ecirc;te au bregma."</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">(Maladies, II, N&#176; 15</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Le traitement de l'amblyopie - celle-ci &eacute;tant due &agrave; l'hydropisie du cerveau - consistait, pour &eacute;vacuer cette eau ramass&eacute;e sous le cr&acirc;ne en une incision suivie d'une v&eacute;ritable tr&eacute;panation.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Enfin, est encore indiqu&eacute;e l'extraction du pus de l'int&eacute;rieur de l'oeil au moyen d'une incision profonde &agrave; la partie inf&eacute;rieure de la corn&eacute;e, au point appel&eacute; limbe.</FONT></P>  <H2>Troisi&egrave;me p&eacute;riode (P&eacute;riode Alexandrine)</H2>  <P><FONT SIZE="+1">Dans une troisi&egrave;me p&eacute;riode la m&eacute;decine est transport&eacute;e de Gr&egrave;ce en Egypte.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><IMG SRC="imageshist/alexandre.jpg" ALT="Alexandre Le Grand" WIDTH=350 HEIGHT=250 BORDER=1 ALIGN=bottom><BR> </FONT><FONT SIZE="-1">Alexandre Le Grand</FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1"><B>Alexandrie</B>, capitale des Lagides, fut fond&eacute;e en 332 Av. JC. par <B>Alexandre le Grand</B>. Position exceptionnelle de cette cit&eacute;, touchant d'un c&ocirc;t&eacute; la mer, de l'autre le lac Mar&eacute;otis et qui, par le Nil communiquait avec l'Egypte toute enti&egrave;re. Elle se trouvait.d'une part,&agrave; &eacute;gale distance de la <B>Gr&egrave;ce</B>, de la <B>Syrie</B> et de l'<B>Asie mineure</B>. </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>Alexandrie</B> ne tarda pas &agrave; devenir le centre le plus connu du monde hell&eacute;nique ; elle succ&eacute;da &agrave; <B>Ath&egrave;nes</B> dans l'h&eacute;g&eacute;monie du monde antique et fut, plus tard, l'initiatrice de <B>Rome</B> comme cit&eacute; m&egrave;re des sciences, des lettres et des arts.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Vers le II&egrave; si&egrave;cle,<B>Ptol&eacute;m&eacute;e</B> Soter institua &agrave; Alexandrie une importante &eacute;cole de <B>M&eacute;decine</B>, dont la biblioth&egrave;que est rest&eacute;e c&eacute;l&egrave;bre. Cette &eacute;cole qui tirait ses sources des anciens Egyptiens, fut &agrave; l'origine de toutes les connaissances en Ophtalmologie de la M&eacute;decine grecque, puis &agrave; travers elle de la m&eacute;decine romaine.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Le roi <B>Ptol&eacute;m&eacute;e</B> comprit tout d'abord le secours merveilleux que lui offrait la religion. De communes croyances tisseraient de solides liens entre les peuples, aussi Grecs et Egyptiens devaient retrouver leur divinit&eacute; autochtone &agrave; Alexandrie. On &eacute;leva donc des temples &agrave; <B>ISIS</B> et &agrave; <B>SERAPIS</B> en m&ecirc;me temps qu'aux dieux de l'Olympe.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Puis Ptolem&eacute;e sollicita la <B>vente</B> des manuscrits rares ou pr&eacute;cieux qu'il paya royalement et logea dans un des palais du quartier du Bruchium. A sa mort sa collection comptait d&eacute;j&agrave; <B>200 000 livres</B>. Ptolem&eacute;e II philadelphe, qui partageait les gouts &eacute;clair&eacute;s de son p&egrave;re, y ajouta <B>300 000 livres</B>. Ptolem&eacute;e III Evergete petit-fils de Soter eut 1'id&eacute;e providentielle de fonder une seconde biblioth&egrave;que et de l'installer dans un autre quartier de la ville, au Serapeum, vieux temple dont les souterrains renfermaient les tombeaux d'APIS. Celle-ci ne tarda pas &agrave; comprendre 200 000 volumes.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Situ&eacute;e donc en dehors du Bruchium cette deuxi&egrave;me biblioth&egrave;que fut &eacute;pargn&eacute;e par l'incendie de l'an 47 av. JC., par <B>C&eacute;sar</B> lorsqu'il se rendit ma&icirc;tre <B>d'Alexandrie</B>. Avec les livres &eacute;chapp&eacute;s au feu, et la collection de Pergame, offerte &agrave; Cl&eacute;op&acirc;tre par Antoine, elle contribua &agrave; reconstituer la grande biblioth&egrave;que, laquelle sous l'empereur Aur&eacute;lien et sous la conqu&ecirc;te <B>Arabe</B>, devait subir de nouveaux et irr&eacute;parables d&eacute;sastres.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'&eacute;cole d'Alexandrie, qui r&eacute;unissait toutes les c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s que la Gr&egrave;ce comptait &agrave; cette &eacute;poque, comprenait un grand nombre de m&eacute;decins. La m&eacute;decine fit de rapides progr&egrave;s, dus au fait que pour la premi&egrave;re fois, on p&ucirc;t pratiquer des dissections sur des cadavres humains, auxquelles la loi et les moeurs de la Gr&egrave;ce ancienne s'&eacute;taient toujours oppos&eacute;es.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>Les ma&icirc;tres Alexandrins</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'&eacute;poque Alexandrine, en mati&egrave;re m&eacute;dicale et en particulier en Ophtalmologie, est surtout marqu&eacute;e par deux noms <B>Herophile</B> et <B>Erasistrate</B>, tous deux disciples d'<B>Hippocrate</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>HEROPHILE</B> est n&eacute; en Asie Mineure, r&eacute;servoir de la Gr&egrave;ce en savants et hommes de qualit&eacute;s. Plus pr&eacute;cis&eacute;ment, il est originaire de Bithynie, dans la ville de Chalc&eacute;doine, d'o&ugrave; le surnom d'<B>Herophile le Chalc&eacute;donien</B> qui lui est souvent donn&eacute;. Il est n&eacute; dans le dernier tiers du IV&egrave; si&egrave;cle av. JC.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Nous savons qu'il eut pour maitre, d'une part, un des derniers Ascl&eacute;piades <B>PRAXAGORE de COS</B>, et d'autre part un repr&eacute;sentant de l'&eacute;cole de Cnide = <B>CHRYSIPPE</B>, m&eacute;decin qui avait beaucoup voyag&eacute; en Egypte, o&ugrave; il avait appr&eacute;ci&eacute; les drogues d'origine v&eacute;g&eacute;tale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Form&eacute; &agrave; la fois par un hippocratique et un cnidien, Herophile fit la synth&egrave;se entre le savoir clinique de Cos et la recherche de l'explication logique des causes, pratiqu&eacute;e &agrave; Cnide.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il passa sa vie &agrave; Alexandrie, publia plusieurs ouvrages, dont notamment"p&eacute;ri ophtalmon": une anatomie et des trait&eacute;s sur les yeux et sur le pouls, dont il ne nous est rien rest&eacute; (brul&eacute; dans l'incendie de la biblioth&egrave;que) ; mais ce qu'on en sait suffit &agrave; montrer son esprit d'observation et sa libert&eacute; &agrave; l'&eacute;gard des id&eacute;es re&ccedil;ues m&ecirc;me si elles venaient d'Hippocrate. C'est <B>H&eacute;rophile</B>, nous dira plus tard Celse, qui d&eacute;couvre et nomme la troisi&egrave;me membrane de l'oeil : l'<B>arachno&iuml;de</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">A la disposition d'H&eacute;rophile furent mis de nombreux cadavres humains alors que ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs avaient d&ucirc; se contenter d'autopsier des animaux. Cet usage qui par&ucirc;t sacril&egrave;ge &agrave; ses contemporains, donna m&ecirc;me lieu &agrave; une tradition dont il est permis de discuter la v&eacute;racit&eacute;. On l'accusa, en effet, d'avoir fait des vivisections sur des condamn&eacute;s. <B>Tertullien</B> le condamnera dans ce passage :</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Ce m&eacute;decin ou ce boucher qui a diss&eacute;qu&eacute; six cents personnes pour sonder la nature (...) m&ecirc;me, quand la mort au lieu d'&ecirc;tre naturelle, a &eacute;t&eacute; provoqu&eacute;e par des artifices de dissection".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1"><B>Galien</B> prendra sa d&eacute;fense en d&eacute;clarant que cela permettait de conna&icirc;tre v&eacute;ritablement la nature et non d'avoir &agrave; raisonner par analogie. Galien dira aussi :</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"L'anatomie, n&eacute;e d'Aristote et d'Herophile, encourag&eacute;e vivement par les rois, fut surtout florissante &agrave; Alexandrie".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1"><B>Celse</B> le justifiera aussi</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Il n'est pas cruel de rechercher dans le supplice des criminels des rem&egrave;des pour les innocents de tous les si&egrave;cles".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">H&eacute;rophile s'int&eacute;ressa surtout &agrave; la neurologie ; il d&eacute;couvrit : l'existence, l'origine c&eacute;r&eacute;brospinale, les fonctions sensitives et motrices des nerfs periph&eacute;riques, les ventricules c&eacute;r&eacute;braux, les plexus choroides et la circulation c&eacute;r&eacute;brale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L'autre disciple d'Hippocrate, <B>ERASISTRATE</B>, naquit &agrave; Julis dans Pile de C&eacute;os, parmi les Cyclades. Il eut les m&ecirc;mes ma&icirc;tres qu'H&eacute;rophile son rival, mais en plus <B>Th&eacute;ophraste</B>. Il fut un m&eacute;decin de grande renomm&eacute;e, et sp&eacute;cialis&eacute; en Ophtalmologie.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il est consid&eacute;r&eacute; par certains comme le fondateur de la physiologie et de la neurophysiologie. Mais aucune de ses oeuvres (onze ouvrages) ne sont arriv&eacute;es jusqu'&agrave; nous. Nous n'en connaissons que de rares et courts fragments cit&eacute;s surtout par Galien.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il connut &agrave; la fin de sa vie, la d&eacute;ception de ne pouvoir se gu&eacute;rir d'un ulc&egrave;re du pied et <B>s'empoisonna</B> avec le suc de la <B>cigu&euml;</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>H&eacute;rophile</B> et <B>Erasistrate</B> furent les deux plus illustres m&eacute;decins de cette &eacute;poque. C'est <B>l'&eacute;cole alexandrine</B> qui d&eacute;couvre pour la premi&egrave;re fois la pr&eacute;sence du <B>cristallin</B> et son r&ocirc;le dans la vision ; toutefois on pensait qu'il &eacute;mettait des rayons vers l'objet regard&eacute;.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Du point de vue pathologique, comme dans les civilisations pr&eacute;c&eacute;dentes, il s'agit essentiellement de la description et du traitement des affections oculaires externes, conjonctivites et k&eacute;ratites, d&eacute;formations palp&eacute;brales : entropion, ectropion et n&eacute;oformations palp&eacute;brales : chalazions, orgelets et ulc&eacute;rations &eacute;pith&eacute;liomateuses. De m&ecirc;me, les textes grecs alexandrins d&eacute;crivent le larmoiement et les abc&egrave;s d&ucirc;s aux <B>dacryocystites</B>. La th&eacute;rapeutique des affections oculaires reste encore celle l&eacute;gu&eacute;e par les papyrus m&eacute;dicaux de l'Ancienne Egypte.</FONT></P>  <H2>Quatri&egrave;me &eacute;poque (Epoque Gr&eacute;co-Romaine)</H2>  <P><FONT SIZE="+1">La p&eacute;riode Alexandrine ne dura qu'une ou deux g&eacute;n&eacute;rations.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Faute de protection royale, on ne diss&eacute;qua plus de corps humain, apr&egrave;s la mort des deux chefs de l'&eacute;cole anatomique d'Alexandrie. Alors la m&eacute;decine gr&eacute;co-alexandrine &eacute;migra, &agrave; son tour, et se transporta en terre romaine , plus pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; <B>ROME</B>. </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Cette p&eacute;riode gr&eacute;co-romaine est ainsi appel&eacute;e en raison de son si&egrave;ge hors de la gr&egrave;ce et de ses caract&egrave;res sp&eacute;ciaux tenant au m&eacute;lange des deux civilisations, grecque et latine.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Avant l'arriv&eacute;e &agrave; Rome des M&eacute;decins grecs, et cela pendant pr&egrave;s de six si&egrave;cles, la <B>m&eacute;decine romaine</B> fut pratiquement inexistante. Le trait&eacute; "De Re Rustica" de Caton nous donne une id&eacute;e de cette th&eacute;rapeutique rudimentaire que le chef de famille, &agrave; qui incombait ce r&ocirc;le, appliquait aux siens et &agrave; ses esclaves. Le fond en &eacute;tait fourni par des recettes magiques. En voici deux applicables aux maladies des yeux.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">ler exemple<BR> Pour faire sortir la poussi&egrave;re entr&eacute;e dans l'oeil</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>Frottez-le l&eacute;g&egrave;rement en promenant les cinq doigts de la main droite si le mal est &agrave; l'oeil droit, ou de la main gauche s'il est &agrave; l'oeil gauche ; en disant trois fois : te tune, resungo, bregam, gresso. Crachez trois fois et faites tout trois fois.Pendant que vous frotterez l&eacute;g&egrave;rement l'oeil du malade, ayez vous-m&ecirc;me l'oeil du m&ecirc;me c&ocirc;t&eacute; ferm&eacute;, et dites trois fois ces mots : in mon dercomarcos exatison. Sachez que cette recette est merveilleuse en pareil cas". (48)</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">2&egrave;me exemple<BR> Contre la chassie des yeux</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Avec une aiguille de cuivre gravez sur une lame d'or ces mots : oruo ourode. Suspendez-l&agrave; par un cordon au cou du malade, cela le pr&eacute;servera efficacement et pour longtemps si l'application est faite un lundi et si vous avez &eacute;t&eacute; chaste".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">Cette situation m&eacute;dicale se transforma &agrave; la suite des rapports qui s'&eacute;tablirent entre les Romains victorieux et les Grecs vaincus, au III&egrave; si&egrave;cle av. JC.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ce fut le peuple vaincu qui transmit sa civilisation raffin&eacute;e au peuple vainqueur. C'est vers le II&egrave;me si&egrave;cle av. JC. que se produisit l'envahissement de Rome par la <B>M&eacute;decine Grecque</B>, et l'art de gu&eacute;rir fut exclusivement pratiqu&eacute; par les grecs. La sp&eacute;cialisation &eacute;tait courante, notamment la <B>gyn&eacute;cologie</B> et l'<B>ophtalmologie</B>, tr&egrave;s lucratives. Le triomphe de ces m&eacute;decins, suscita de violentes <B>jalousies</B>, dont l'&eacute;cho le plus c&eacute;l&egrave;bre nous vient de MARTIAL dans cet <B>&eacute;pigramme</B></FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Tu es maintenant gladiateur, tu &eacute;tais autrefois oculiste, tu fais comme gladiateur ce que tu faisais comme m&eacute;decin ; aujourd'hui comme autrefois, tu cr&egrave;ves les yeux ou tu tues les gens".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">Trois noms vont dominer cette p&eacute;riode en ce qui concerne l'Ophtalmologie, et restent &agrave; jamais illustres :&nbsp;<B>CELSE,</B> <B>RUFUS</B> et surtout <B>GALIEN</B>.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>1) CELSE</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">N&eacute; vers 50 ans av. JC., CELSE fut un <B>polygraphe</B> et non un m&eacute;decin de profession.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Partisan de l'&eacute;cole <B>empirique</B> il &eacute;tait tr&egrave;s ouvert aux autres doctrines - Il &eacute;crivit dans la premi&egrave;re d&eacute;cennie de 1'&egrave;re chr&eacute;tienne une ample introduction &agrave; la m&eacute;decine, destin&eacute;e &agrave; faire connaitre au public de Rome l'histoire et les pr&eacute;ceptes de l'art m&eacute;dical.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Le texte &eacute;crit en latin, est sign&eacute; du nom du praticien <B>Aulus Corn&eacute;lius Celsus</B>. Son c&eacute;l&egrave;bre "<B>De Re Medica</B>" faisait partie d'une encyclop&eacute;die dont les autres volumes, aujourd'hui disparus, traitaient de sujets enti&egrave;rement diff&eacute;rents agriculture, militaire, rh&eacute;torique, philosophie et droit.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Cet ouvrage est consid&eacute;r&eacute; actuellement comme la meilleure oeuvre de m&eacute;decine, l&eacute;gu&eacute;e par l'Antiquit&eacute; classique, apr&egrave;s celle d'<B>Hippocrate</B> et l'oeuvre de <B>Galien</B>. Ce trait&eacute; de la m&eacute;decine comprend huit livres, dont le 6&egrave; et 7&egrave; traitent de la pathologie et surtout de la chirurgie oculaire ; en particulier la description pour la premi&egrave;re fois (?) de l'</FONT><A HREF="abaisgeneral.html"><FONT SIZE="+1">op&eacute;ration de la cataracte par abaissement</FONT></A><FONT SIZE="+1">.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Les symptomes des maladies, les moyens de gu&eacute;rison tant di&eacute;t&eacute;tiques que pharmaceutiques ou chirurgic&agrave;ux; y sont d&eacute;crits avec une grande pr&eacute;cision.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>CELSE</B> ne cr&eacute;a pas d'&eacute;cole et n'est mentionn&eacute; que par QUINTILIEN et PLINE l'Ancien qui lui d&eacute;nient la qualit&eacute; de m&eacute;decin. Son nom serait demeur&eacute; enseveli dans l'oubli si le <B>pape</B> <B>NICOLAS V</B> (1397-1455) n'avait d&eacute;couvert, enfoui on ne sait dans quelle biblioth&egrave;que, un manuscrit du De Re Medica.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Cet ouvrage d&eacute;crit ce qu'&eacute;tait la m&eacute;decine pratiqu&eacute;e de son temps par un clinicien s&eacute;rieux, consciencieux et exp&eacute;riment&eacute;. De part la puret&eacute; de son style, CELSE fut appel&eacute; le "<B>Ciceron de la M&eacute;decine</B>".</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>2) RUFUS</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">N&eacute; &agrave; la fin du Ier si&egrave;cle de l'&egrave;re chr&eacute;tienne &agrave; <B>Eph&egrave;se</B> il passa plusieurs ann&eacute;es &agrave; <B>Alexandrie</B>, o&ugrave; il s'impr&eacute;gna de 1 'esprit Aristot&eacute;lien et de la tradition d'H&eacute;rophile et d'Erasistrate ; puis il alla s'installer &agrave; <B>ROME</B>, o&ugrave; il pratiqua son art pendant le r&egrave;gne de <B>Trajan</B>, au d&eacute;but du II&egrave; si&egrave;cle.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il &eacute;crivit une quarantaine d'ouvrages, qui ne furent connus que des arabes pendant le Moyen-Age et dont une douzaine ont &eacute;t&eacute; partiellement conserv&eacute;s, notamment les trait&eacute;s :</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><I>"Du nom des parties du corps humain".<BR> "De l'anatomie du corps humain".<BR> "Du pouls".</I></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">Bien que la dissection, en dehors <B>d'Alexandrie</B>, se pratiquait d'ordinaire sur des singes au lieu des cadavres humains, RUFUS a laiss&eacute; quelques descriptions remarquables en particulier celle de l'oeil et de la fonction du cristallin qui reste in&eacute;gal&eacute;e et d' ailleurs m&eacute;connue jusqu'au XVII si&egrave;cle.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">En outre, il a su distinguer nettement les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs, et d&eacute;crire le chiasma des nerfs optiques.<A NAME=galien></A></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>3) GALIEN</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>a) L'homme et sa vie</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Par l'ampleur et la qualit&eacute; de son oeuvre, connue par l'influence qu'elle a exerc&eacute;e sur l'histoire de la m&eacute;decine jusqu'au XVII&egrave;me si&egrave;cle , <B>GALIEN</B> est avec HIPPOCRATE le m&eacute;decin le plus consid&eacute;rable de l'Antiquit&eacute;.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Claude GALIEN est n&eacute; en 129 ap. J.C. &agrave; <B>Pergame</B>, en Mysie, une des plus belles et des plus riches villes de l'Orient romain, pr&egrave;s de la Troie hom&eacute;rique. Au temps de GALIEN, l'ascl&eacute;peion de Pergame &eacute;tait le plus c&eacute;l&egrave;bre de tous, visit&eacute; par les malades, les p&eacute;lerins et les voyageurs.</FONT></P>  <CENTER><FONT SIZE="+1"><IMG SRC="imageshist/pergame.jpg" ALT="L'Ascl&eacute;p&eacute;ion de Pergame" WIDTH=350 HEIGHT=225 BORDER=1 ALIGN=bottom><BR> </FONT><FONT SIZE="-1">L'Ascl&eacute;p&eacute;ion de Pergame</FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+1">Son patronyme grec, GALIEN d&eacute;rive de l'adjectif galenos, qui signifie "paisible, calme, serein".</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Son p&egrave;re Nicos (ou Nicomes), riche s&eacute;nateur du royaume, tr&egrave;s habile dans l'arithm&eacute;tique, la g&eacute;om&eacute;trie, l'astronomie et l'architecture fut son premier ma&icirc;tre. Il lui donna de tr&egrave;s bonne heure le gout des sciences, en l'initiant aux math&eacute;matiques, aux lettres et en lui faisant &eacute;tudier les po&egrave;tes et les orateurs.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">D&egrave;s l'&acirc;ge de <B>14 ans</B>, le jeune GALIEN aborde l'&eacute;tude de la philosophie et re&ccedil;oit une solide formation stoicienne puis aristot&eacute;lienne, &eacute;picurienne et platonicienne, qui sont les quatre &eacute;coles officielles.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">A dix-sept ans, &agrave; la suite dit-il, d'un r&ecirc;ve inspir&eacute; par son divin protecteur <B>Esculape</B> - songeons &agrave; l'asclepeion tout proche - il d&eacute;cide de s'adonner &agrave; la m&eacute;decine : dans sa ville natale il eut pour maftre un anatomiste SATYRUS, un hippocratique STRATONICUS et un empiriste AESCHRION.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Apr&egrave;s la mort de son p&egrave;re &agrave; 18 ans, et d&eacute;sireux d'&eacute;largir ses connaissances et de se familiariser avec les doctrines les plus vari&eacute;es, il effectue un voyage de perfectionnement, qui dure dix ans, dans les plus c&eacute;l&egrave;bres centres d'&eacute;tudes m&eacute;dicales.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">A <B>Smyrne</B>, il suit l'enseignement de PELOPS et d'ALBINUS, &agrave; Corinthe celui de NUMISIANUS ; &agrave; Alexandrie, la ville "anatomique" o&ugrave; il s&eacute;journe une ann&eacute;e enti&egrave;re, il s'inscrit parmi les &eacute;l&egrave;ves d'HERACLIEN et de JULIANUS. Lorsque GALIEN vint &eacute;tudier en Egypte, l'&eacute;cole Alexandrine jouissait encore d'un grand prestige, mais on ne diss&eacute;quait plus de corps humain depuis pr&egrave;s de trois si&egrave;cles. La seule dissection que l'on y faisait &eacute;tait celle des animaux vivants ou morts.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Quand il quitte l'Egypte, &agrave; 29 ans, il est,muni d'un bagage m&eacute;dical unique pour l'&eacute;poque. Sa d&eacute;signation officielle &agrave; <B>Pergame</B> comme m&eacute;decin des gladiateurs lui vaut de se perfectionner en chirurgie - exp&eacute;rience unique &agrave; un moment o&ugrave; la dissection du corps humain est interdite - mais aussi en di&eacute;t&eacute;tique et en physioth&eacute;rapie.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Puis il est attir&eacute; vers <B>ROME</B>, dans cette ville o&ugrave; la m&eacute;decine est libre, l'exerce qui veut, sans diplomes, sans formation et il ne tarde pas &agrave; occuper la premi&egrave;re place. L'enseignement occupe une grande partie de son activit&eacute; : il l'illustre par des d&eacute;monstrations anatomo-physiologiques spectaculaires qui attirent une foule de curieux.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">En l'an <B>166</B>, au moment o&ugrave; &eacute;clate une des plus grandes &eacute;pid&eacute;mies de l'Antiquit&eacute;, baptis&eacute;e "<B>peste Antonine</B>" - &eacute;pid&eacute;mie de peste ou de typhus qui va s&eacute;vir sous Antonin, GALIEN fuit ou quitte Rome. Il voyage dans toute la partie orientale de l'empire cosmopolite : Syrie, Palestine, Ph&eacute;nicie et Chypre, pendant trois ans, en ramenant de nouveaux rem&egrave;des.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Puis il est rappel&eacute; &agrave; Rome par <B>MARC-AURELE</B> pour soigner son fils COMMODE et il y restera le reste de sa carri&egrave;re &agrave; soigner les grands : MARC-AURELE, PERTINAX, SEPTIME SEVERE pour ne citer que les souverains, et &agrave; r&eacute;diger son oeuvre colossale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ses qualit&eacute;s &eacute;clatantes patissent toutefois d'un <B>orgueil</B> d&eacute;mesur&eacute;</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">"Personne n'a donn&eacute;, avant moi, la vraie m&eacute;thode de traiter les maladies" d&eacute;clare-t-il dans la M&eacute;thode de soigner.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Unanimement reconnu et v&eacute;n&eacute;r&eacute; comme le plus grand m&eacute;decin de son temps, il acheva sa vie vers l'&acirc;ge de soixante dix ans dans sa ville natale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>b) Son oeuvre : Ampleur et diversit&eacute;.</B></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1"><B>La derni&egrave;re &eacute;dition</B> compl&egrave;te grec-latin de ses oeuvres par C.G. KUHN (1821-1833) ne comprend pas moins de vingt-deux volumes et vingt milles pages. Nous pouvons admettre que GALIEN a r&eacute;dig&eacute; six cents trait&eacute;s grands ou petits. Certains ne nous sont parvenus qu'en traductions : syriaques, perses, h&eacute;bra&iuml;ques, arabes et latines. Peut-&ecirc;tre des &eacute;crits actuellement tenus pour perdus se retrouveront-ils un jour ou l'autre. On sait qu'un nombre incalculable de manuscrits arabes dorment dans les mosqu&eacute;es de l'Orient.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">L&agrave; o&ugrave; les &eacute;crits de <B>GALIEN</B> sont sans rivaux, c'est dans leur <B>diversit&eacute;</B> ; ils ressemblent &agrave; une encyclop&eacute;die des sciences et de la philosophie antique. GALIEN reconnait la situation d'un coup d'oeil : en tant que m&eacute;decin, penseur et interlocuteur.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Son oeuvre va de l'anatomie au monoth&eacute;isme. De fait, ce pa&iuml;en grec qui croit aux gu&eacute;risons miraculeuses d'Esculape s'interesse &agrave; Moise dont il compare le Dieu au d&eacute;miurge de la philosophie grecque.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">A GALIEN revient un incontestable et prodigieux m&eacute;rite, celui d'avoir fond&eacute; la <B>physiologie exp&eacute;rimentale</B> timidement entrevue par les Alexandrins, en s'aidant sur la <B>dissection</B> animale, transpos&eacute;e &agrave; l'homme. Il observe que le si&egrave;ge effectif d'un processus pathologique n'est pas toujours celui o&ugrave; il se manifeste cliniquement.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Au cours de sa synth&egrave;se:Hippocrate</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">"Hippocrate n'est pas une autorit&eacute; pour moi comme pour la plupart ; je le suis parce que ses d&eacute;monstrations sont s&ucirc;res et je l'en loue".</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">"Hippocrate nous a montr&eacute; le chemin, dit-il, tout le reste c'est &agrave; nous &agrave; le faire".</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">La contribution de GALIEN &agrave; la <B>neurophysiologie</B> constitue un des principaux titres de gloire. Il distingue le r&ocirc;le du cerveau, du cervelet et du m&eacute;sencephale.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il pr&eacute;cise la structure et le fonctionnement des organes des sens, de l'oeil en particulier. Il &eacute;crit une anatomie de l'oeil (Utilit&eacute; des parties du corps : Des yeux et de leurs annexes) et un trait&eacute; "Diagnostic des maladies des yeux". </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Ces ouvrages furent traduits en arabe au IX&egrave; si&egrave;cle. Le livre publi&eacute; en 1512 sous le titre de "De Oculis Galeni a Demetrio Translatus" est la traduction d'un manuscrit arabe de ces deux ouvrages de GALIEN enrichis de nombreuses interpolations.</FONT></P>  <H2>Conclusion</H2>  <P><FONT SIZE="+1"><B>En Egypte</B>, o&ugrave; les affections oculaires ont toujours constitu&eacute; un fl&eacute;au national, il n'est pas surprenant que les connaissances en Ophtalmologie aient &eacute;t&eacute; relativement avanc&eacute;es, et que l'action d&eacute;sinfectante des collyres ait &eacute;t&eacute; d&eacute;j&agrave; d&eacute;couverte.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">On s'aper&ccedil;oit que cliniquement et au point de vue th&eacute;rapeutique les Grecs ont acquis une grande partie de leur science m&eacute;dicale par l'interm&eacute;diaire de l'&eacute;cole d'Alexandrie.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Aux deux p&ocirc;les de son histoire,<B> la m&eacute;decine gr&eacute;co-latine</B> a eu le privil&egrave;ge de donner naissance &agrave; deux m&eacute;decins de g&eacute;nie, qui dominent leurs &eacute;poques respectives, et se rejoignent par-dessus les si&egrave;cles : <B>HIPPOCRATE</B> et <B>GALIEN</B>. Le Ma&icirc;tre de Cos avait &eacute;labor&eacute; la graine, le Ma&icirc;tre de Pergame en f&icirc;t murir le fruit.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">On ne peut qu'&ecirc;tre frapp&eacute; par le haut et surprenant degr&eacute; des connaissances d&eacute;j&agrave; atteint &agrave; cette &eacute;poque, et en particulier des techniques chirurgicales ; de nombreux si&egrave;cles s'en sont content&eacute;s. En effet, combien d'op&eacute;rations modernes ne sont que la mise au point des proc&eacute;d&eacute;s antiques ?</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1">Il faut enfin remarquer que depuis les &eacute;poques les plus anciennes on s'est servi des m&ecirc;mes m&eacute;dications qui ont &eacute;t&eacute; tr&egrave;s rapidement d&eacute;couvertes et appliqu&eacute;es aux affections oculaires, sans grandes variations pendant des si&egrave;cles jusqu'aux temps modernes.</FONT></P>  <CENTER><A HREF="grece.html"><FONT SIZE="+1"><IMG SRC="../illustrations/flechehaut.gif" WIDTH=60 HEIGHT=59 BORDER=0 ALIGN=bottom></FONT></A></CENTER>  <P></P> </BODY> </HTML> 
