<html> <head> 	<title>Articles</title> <link rel="stylesheet" href="../liens.css"> <link rel="stylesheet" href="../trame_pr.css"> </head>  <body bgcolor="#F4E392" text="#660000" link="#FF3333"> <div align="center"> <table border="0" bgcolor="" width="750">    <tr> 	  <td colspan="2"><img  src="bando_sarajevo.jpg"></td>    </tr>    <tr>       <td width="691" align="left"><a href="../index.htm"><img border="1" src="../boutons/lien_acceuil.gif"></a>          <a href="cp2001.htm"><img border="1" src="../boutons/lien_retour.gif"></a>          <a href="spectacle.htm"><img border="1" src="images/spectacle.gif" lenght="90" height="20"></a>          <a href="articles.htm"><img border="1" src="images/articles.gif" lenght="60" height="20"></a>          <a href="sarajevo_photos.htm"><img border="1" src="images/photos.gif" lenght="80" height="20"></a>          <a href="cassette.htm"><img src="../boutons/lien_cassette.png" width="78" height="20" border="1"></a>        </td> 	  <td align="right" width="100"><b>Les articles</b></td>    </tr> </table> <table border="0" bgcolor=""  align="center" cellpadding="10"> 	<tr>         	<td width=""><h1> <p><font size="4"><b><u> Ex-Yougoslavie : portraits de jeunes en paix</u></b></font></p>  <p><font size="3"><b>A lheure o le monde vit une priode de guerre qui a pris au dpart la religion pour prtexte, il semble intressant de revenir sur linitiative prise par lACAT cet t  Sarajevo, o 50 jeunes ont t runis pour vivre la paix par le biais de lart. Port</b></font></p>  <p> Jasmin - <i>Si ! Il y a eu des agresseurs  Sarajevo ! Et ce sont les Serbes ! </i><br> Zlatko - <i>Non. La question nest pas aussi simple.</i>                          <br> Jasmin - <i>Ah oui ! Et qui est lagresseur alors? Les Musulmans ?</i>            <br> </p> Le premier time together est mal parti. Jasmin, debout, droit sur ses longues jambes, les bras croiss, fixe Zlatko de ses yeux noirs dancien soldat de larme de rsistance de Sarajevo. Zlatko, assis en rond avec le reste des jeunes du camp, est mal  laise. Cela ne fait que deux jours quil se trouve en Bosnie. Il est venu de Belgrade, en Serbie, malgr quelques craintes pour sa scurit : cest un ancien soldat de larme de Milosevic. Il a surmont sa peur car il croit profondment en Dieu (il fait des tudes pour devenir prtre orthodoxe). Mais l, il est mal  laise. Le retour sur la visite de la ligne de front de Sarajevo, qui se voulait rflexion commune sur la paix, a trs vite dbouch sur les tensions ethniques que les organisateurs voulaient  tout prix viter. Surtout au deuxime jour du camp.<br> Finalement, cest Dragana, lartiste serbe, qui trouve les mots quil faut pour apaiser tout le monde :  Ecoutez, ici, nous sommes tous amis. Nous pouvons parler de politique, mais noublions jamais que personne dentre nous nest responsable de ce qui est arriv. Nous sommes des jeunes qui produisent de lart tous ensemble et qui tentent dtre amis.  <br> Le matin mme, elle tait partie au cur de Sarajevo avec Jasmin, justement, et un animateur franais pour chercher de la cire dabeille chez une famille musulmane. En passant devant de grands immeubles dtruits, devant la stupeur de lanimateur, elle avait gliss :  Nous avons les mmes  Belgrade  <br> Belgrade. Cest donc l que vit Zlatko. En fait, il y est rfugi. Il fait partie de ces Serbes qui ont d fuir le Kosovo pour chapper aux violences de lU.C.K. Et menac, Zlatko ltait. Il a vu ses cousins mourir, sa maison brler. Aujourdhui, la situation en Serbie est trs dlicate. Le chmage est le seul horizon des jeunes qui ne sont pas dans la maffia. Quand on dit  Zlatko et  son ami Petar quil y a aussi de la violence en France, ils se regardent interloqus. Puis ils demandent quelle violence, et on leur rpond voitures brles, racket, viols collectifsIls se regardent  nouveau, pensifs. Tout dun coup, Petar lche :  Vous, les Franais, vous jouez toujours avec des fleurs.  Comme on lui demande de prciser, il explique :  Vous, vos bandits, ils sont gentils. Pas les ntres.  <br> Petar vit  Subotica, Vovodine, province hongroise de Serbie. Cratif, sympathique, dou pour les langues, le thtre, la musique, il sest bien dbrouill : il a trouv une place de coursier  lhebdomadaire Vreme. A Paris, avec son talent, Petar remplirait facilement certaines salles. A Subotica, il est coursier. Cest une des raisons pour laquelle il a la nostalgie de lancienne Yougoslavie :  Quand vous aviez ce fameux passeport rouge, dit-il les yeux brillants, vous pouviez aller o vous vouliez dans le monde. Presque partout, avec ce passeport rouge ! Aujourdhui, je vais o, avec mon passeport  serbe  ? Je ne peux mme plus aller me baigner en Croatie !  <br> Lela, de Sarajevo, a quelquechose en commun avec Petar : son pre est mort pendant la guerre. Aujourdhui, elle a dix-huit ans et un grand apptit de vivre. Elle aime rire et faire rire. Le deuxime soir du camp, elle a particip  une de ses scnes les plus fortes. Aprs le repas, assise sur les marches de lescalier, elle discute avec Jasmin, lancien soldat, quelle connat bien. Un animateur franais sapproche et engage la conversation. A ct deux, lanimateur a remarqu Zlatko, solitaire et silencieux.<br> Lela, pour faire rire le franais, lui certifie en anglais quelle peut parler dans son langage. Et elle sexcute en entrecoupant certaines syllabes incomprhensibles de mots franais bien connus. Cela donne:  Paris manger dikla comment vas-tu de da bonjour goga rucha aurevoir debazou il fait beau nest-ce pas ?  Lanimateur rit et rtorque quil peut aussi parler serbo-croate. Lui aussi intercale certains mots bien connus en serbo-croate avec des sons inintelligibles. Sensuit une conversation surraliste, joviale et juvnile. Le rire est dautant plus fort que lmotion est monte : Zlatko en a profit pour se rapprocher de Jasmin. Il lui tend la main et chacun se prsente. Pendant que Lela et le franais continuent leur dlire, ils parlent, eux, dans un serbo-croate que seule Lela, dune oreille, peut comprendre. Mais le franais, dune oreille attentive, peut aussi comprendre lessentiel : les deux hommes ont entam une conversation dun ton qui cherche des points daccord. Tout dun coup, les trois serbo-croates partent ensemble du mme rire. Le franais, surpris, demande ce qui se passe. Zlatko et Jasmin viennent de se rendre compte quils partagent en fait la mme chambre ! Jasmin, mme pendant le camp, travaille comme veilleur de nuit et na jusque l pas eu le  temps  de dormir au camp ! Et Lela, pudiquement, de reprendre la conversation en langage absurde avec le franais pour laisser les deux anciens soldats ennemis continuer seuls leur rconciliation.<br> Quand on tentera, plus tard, de faire voquer ce moment  Jasmin, en lui demandant maladroitement quel est son souvenir le plus fort du camp, il glissera sur la proposition :  Mon moment le plus fort, a aura t de danser dans les rues de Sarajevo. Vous ne pouvez pas comprendre ce que cela reprsente. Dans cette ville, je me suis habitu(!) adolescent, aux bruits des bombes, aux bruits des balles, aux cris des mourants. Dans cette ville, jai appris  regarder la mort,  sauver,  tuer. Cest dans cette ville que mon frre a t bless, dans cette ville que des amis  moi sont devenus fous  cause de tout a. Alors danser dans cette ville, pour moi, cest mon moment le plus fort. Vous, vous ne savez pas la valeur que a a, de faire de lart, ici. Pour vous cest facile, mais pour nous, dj faire des tudes cest difficile, alors de lart  <br> Lanimatrice de son atelier danse, Lidija, ne le contredit pas. Mais, pour elle, il ny a pas que la dimension artistique: Quand je leur ai dit que je partais deux semaines pour animer un atelier de danse dans un camp de jeunes en Bosnie, mes parents, des Croates comme moi, mont juste souhait de bonnes vacances. Quand jai ajout que les participants du camp seraient serbes, bosniaques, croates, franais, kosovars, slovnes et macdoniens, mon pre, pourtant tolrant et ouvert, ma schement rpondu : Impossible ! Ma fille, on ta tromp. Ecoute, vas-y si tu veux, mais ce que tu me dis l, je ne peux pas y croire. <br> Dailleurs, Lidija nen croit pas ses yeux : Voir tous ces jeunes faire la fte ensemble,  premire vue, cest banal. Cest dans les moments o je me rappelle nos diffrentes nationalits que jai limpression de vivre un miracle. Cette guerre a compltement bris nos jeunesses,  Sarajevo ou ailleurs. Quelles se retrouvent aujourdhui pour crer ensemble un espace authentique dart et de paix, oui, je rpte, cest un miracle. Ma meilleure amie,  Zagreb, ne voudrait mme pas sasseoir  ct dun Serbe. Alors, aprs le camp, jinviterai Petar, et Zlatko, et Olga, et Igor et tous les amis serbes que je me suis fait dans ce camp  venir goter aux dlices des plages croates, comme avant. Ladministration exige des papiers pour que leur voyage soit possible. Je signerai, je leur procurerai les papiers dont ils ont besoin.  <br>  A la fin du camp, lors du dernier time together, Zlatko et Jasmin ont proclam leur amiti. <div align="right"> <p> Extrait du  Courrier ACAT  de D&eacute;cembre 2001 (Article de S&eacute;bastien Lanz) </p> </div> </h1></td> 	</tr>          <tr> 	<td width=""><h1> <div align="left"> <p> <u>Le camps ACAT, cest quoi ?</u> </p> <p> T&eacute;moignage de Jeff RECAPET, directeur du camps ACAT de Sarajevo </p> <p>  Le principe est simple : On monte tous un spectacle, on cr&eacute;e tous ensemble, on est tous dans la m&ecirc;me galre. En plus on a de temps en temps  des temps de r&eacute;flexion, des temps dapprentissage de la paix, de la  religion. A Sarajevo, le spectacle sest d&eacute;roul&eacute; dans les ruines de lancien  mus&eacute;e Olympique. Cest pour &ccedil;a que le projet sappelait  un Squat pour la paix .Ce spectacle et le camp ont fait lobjet dune m&eacute;diatisation sans pr&eacute;c&eacute;dent. Les t&eacute;l&eacute;s, les radios, les journaux, tout le monde. M&ecirc;me le ministre de la Culture devait inaugur&eacute; le spectacle. Au dernier moment il a eu un emp&ecirc;chement. Cest dommage, mais &ccedil;a nous a permis de constater une nouvelle fois que les Bosniaques navaient pas le m&ecirc;me sens que nous de lorganisation. Jai &eacute;t&eacute; choisi comme directeur du camp parce quau yeux de l&eacute;quipe dorganisation je pr&eacute;sentais des gages de moralit&eacute; et de s&eacute;rieux. Et jen ai eu besoin &agrave; Sarajevo  </p> </div> <div align="right"> <p> Extrait du  Courrier ACAT  de D&eacute;cembre 2001 (Article de S&eacute;bastien Lanz) </p> <hr width="100%" > </div> <div align="left"> <p> <u>De nouvelles ACAT en cr&eacute;ation ?</u> </p> <p> Les participants ex-yougoslaves connaissant presque tous un proche ayant &eacute;t&eacute; victime de la torture pendant la guerre, la sensibilisation &agrave; ce sujet aurait sembl&eacute; d&eacute;plac&eacute;e. Il nemp&ecirc;che que la forme prise par ce camps, bas&eacute;e sur lexpression artistique et la facilitation des relations de tol&eacute;rance, na pas manqu&eacute; de s&eacute;duire ces jeunes au point que la plupart voulaient sengager dans lACAT &agrave; lissue du camp. Malheureusement, il ny a dACAT dans aucun de pays de lex-yougoslavie. Certains ont donc proposer den cr&eacute;er. Le&iuml;la  et Jasmin &agrave; Sarajevo pour la Bosnie-Herz&eacute;govine, Zlatko &agrave; Belgrade pour la Serbie, et Urosh &agrave; Ljubljana en Slov&eacute;nie.[].Et pour la Croatie ? Zoran, de Vukovar, aimerait dabord faire un stage de six mois &agrave; lACAT-France. </p> </div> <div align="right"> <p> Extrait du  Courrier ACAT  de D&eacute;cembre 2001 (Article de S&eacute;bastien Lanz) </p> </div> 	</h1></td>    </tr> </table> <p> <a href="cp2001.htm"><img border="1" src="../boutons/lien_retour.gif"></a> </p> </div> </body>  </html> 
