{\rtf1\ansi\ansicpg1252\uc1 \deff0\deflang1036\deflangfe1036{\fonttbl{\f0\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 02020603050405020304}Times New Roman;}{\f28\fscript\fcharset0\fprq2{\*\panose 030f0702030302020204}Comic Sans MS;} {\f29\froman\fcharset238\fprq2 Times New Roman CE;}{\f30\froman\fcharset204\fprq2 Times New Roman Cyr;}{\f32\froman\fcharset161\fprq2 Times New Roman Greek;}{\f33\froman\fcharset162\fprq2 Times New Roman Tur;} {\f34\froman\fcharset177\fprq2 Times New Roman (Hebrew);}{\f35\froman\fcharset178\fprq2 Times New Roman (Arabic);}{\f36\froman\fcharset186\fprq2 Times New Roman Baltic;}{\f253\fscript\fcharset238\fprq2 Comic Sans MS CE;} {\f254\fscript\fcharset204\fprq2 Comic Sans MS Cyr;}{\f256\fscript\fcharset161\fprq2 Comic Sans MS Greek;}{\f257\fscript\fcharset162\fprq2 Comic Sans MS Tur;}{\f260\fscript\fcharset186\fprq2 Comic Sans MS Baltic;}}{\colortbl;\red0\green0\blue0; \red0\green0\blue255;\red0\green255\blue255;\red0\green255\blue0;\red255\green0\blue255;\red255\green0\blue0;\red255\green255\blue0;\red255\green255\blue255;\red0\green0\blue128;\red0\green128\blue128;\red0\green128\blue0;\red128\green0\blue128; \red128\green0\blue0;\red128\green128\blue0;\red128\green128\blue128;\red192\green192\blue192;\red179\green0\blue89;\red0\green0\blue230;\red26\green26\blue255;\red0\green128\blue255;}{\stylesheet{\ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0  \fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \snext0 Normal;}{\s1\qc \li0\ri0\keepn\nowidctlpar\faauto\outlinelevel0\rin0\lin0\itap0 \f28\fs30\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \sbasedon0 \snext0 heading 1;}{\*\cs10 \additive  Default Paragraph Font;}{\s15\ql \li0\ri0\nowidctlpar\tqc\tx4536\tqr\tx9072\faauto\rin0\lin0\itap0 \fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \sbasedon0 \snext15 header;}{\*\cs16 \additive \sbasedon10 page number;}}{\*\revtbl {Unknown;}}{\info {\title Seconde partie}{\author Kenny II}{\operator Kenny II}{\creatim\yr2000\mo12\dy14\hr17\min19}{\revtim\yr2000\mo12\dy14\hr17\min19}{\version2}{\edmins0}{\nofpages156}{\nofwords55897}{\nofchars318618}{\*\company Imaginaires.org}{\nofcharsws391285} {\vern8249}}\paperw11905\paperh16837\margl1440\margr1440\margt1417\margb1417 \widowctrl\ftnbj\aenddoc\ftnrestart\pgnstart188\hyphhotz425\noxlattoyen\expshrtn\noultrlspc\dntblnsbdb\nospaceforul\hyphcaps0\horzdoc\dghspace120\dgvspace120\dghorigin1701 \dgvorigin1984\dghshow0\dgvshow3\jcompress\viewkind1\viewscale100\nolnhtadjtbl \fet0\sectd \pgnrestart\pgnstarts188\linex0\endnhere\sectdefaultcl {\header \pard\plain \s15\qr \li0\ri0\nowidctlpar \tqc\tx4536\tqr\tx9072\pvpg\phpg\posx144\posy720\absw576\faauto\rin0\lin0\itap0 \fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\field{\*\fldinst {\cs16 PAGE  }}{\fldrslt {\cs16\lang1024\langfe1024\noproof 190}}}{\cs16  \par }\pard \s15\ql \li0\ri0\nowidctlpar\tqc\tx4536\tqr\tx9072\faauto\rin0\lin0\itap0 { \par }}{\*\pnseclvl1\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl2\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl3\pnlcrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl4\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}} {\*\pnseclvl5\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}{\*\pnseclvl6\pnlcrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}{\*\pnseclvl7\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl8\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang {\pntxta .}}{\*\pnseclvl9\pnlcrm\pnstart1\pnindent720\pnhang}\pard\plain \qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\f28\fs26\cf17  \par  \par  \par  \par  \par }\pard\plain \s1\qc \li0\ri0\keepn\nowidctlpar\faauto\outlinelevel0\rin0\lin0\itap0 \f28\fs30\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Seconde partie \par }\pard\plain \ql \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 { \par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f28\fs26 **************** \par }\pard \qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f28\fs26  \par  \par  \par  \par }\pard \qc \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f28\fs40 Le  monde  des   Cephs.}{\f28\fs26  \par }\pard \qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f28\fs26  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par }{\f28\fs30 Avertissement pour la seconde partie}{\f28\fs26  : \par  \par Il aurait \'e9t\'e9 p\'e9nible d\rquote essayer de rendre les diff\'e9rentes langues ou moyens de communication en version originale, c\rquote est donc par une licence d\rquote auteur et pour rendre le tout aussi intelligible que possible que j\rquote  ai utilis\'e9 le fran\'e7ais courant. Je l\rquote ai m\'eame parfois r\'e9duit \'e0 un langage v\'e9hiculaire et je suis s\'fbr que si on comptait les mots employ\'e9s on arriverait en dessous de 300. Je me suis rattrap\'e9, comme j\rquote  ai pu, avec de nombreux n\'e9ologismes qu\rquote on voudra bien me pardonner. \par L\rquote avertissement de la premi\'e8re partie est encore valable pour la seconde, soyez patients et essayez d\rquote aller jusqu\rquote au bout. \par                                                           Marcel Herzberg. \par  \par  \par  \par  \par  \par                                                   \par  \par  \par  \par                                                         }{\f28\fs30 Chapitre 7 \par  \par                                                              << }{\f28\fs26 La poudre de Perlin pin-pin  \par                                                                             Marche bien ,bien ,bien >> \par }\pard \qj \li7200\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin7200\itap0 {\f28\fs26                                                                                                                         Merlin \par }\pard \qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f28\fs26  \par  \par OLAF   STERNE \par  \par Olaf Sterne fut charg\'e9 de coordonner les \'e9tudes pr\'e9alables concernant l\rquote envoi d\rquote un mandala sur la plan\'e8te habitable la plus proche de nous qu\rquote on avait pu trouver. Elle se situait exactement \'e0 n ann\'e9 es  de notre vieille Terre. Il y en avait une autre, \'e0 peine plus loin (sic) \'e0 n + 1,1 ann\'e9es; n \'e9tant le temps du voyage si l\rquote on r\'e9ussissait un transfert, pour les vaisseaux, qui soit pensable, il d\'e9pendrait donc de la vitesse  \'e0 la quelle on parviendrait. Les deux mondes pr\'e9sentaient des atmosph\'e8res contenant de l\rquote oxyg\'e8ne et de l\rquote azote et montraient la pr\'e9sence d\rquote eau dans les spectres de leurs lumi\'e8res. Aucune sonde n\rquote y \'e9 tant jamais parvenue, les natures des sols en \'e9taient inconnus, mais c\rquote est tout ce que l\rquote on avait trouv\'e9 \'e0 une port\'e9e pensable. \par Pensable, oui, se dit Olaf, mais quand m\'eame un sacr\'e9 probl\'e8me si l\rquote on pensait que la meilleure vitesse de croisi\'e8re \'e0 laquelle on savait pouvoir parvenir \'e9tait de 155 km par seconde par cinq acc\'e9l\'e9 rations successives. A peu pr\'e8s 200 fois moins rapide que la lumi\'e8re, ce qui voulait dire 1200 ans entre le moment de l\rquote exp\'e9dition et celui de l\rquote arriv\'e9e du mandala. La vie humaine gagnait un peu de long\'e9vit\'e9 chaque ann\'e9 e. Lorsque Olaf fut choisi pour diriger le projet il avait quarante ans, donc son espoir n\rquote allait pas plus loin que la moyenne actuelle pour lui de 135 ans de vie. Seuls ses lointains descendants sauraient si sa mission avait r\'e9ussi. \par Tout de m\'eame, le fait que le vaisseau ne comporterait rien de vivant pouvait am\'e9liorer bien des choses, comme le poids au d\'e9part et aussi tout ce qui concernait le confort et l\rquote existence des passagers dans la 11\'b0  tentative. Puis, il se dit que c\rquote \'e9tait b\'eate ! Il ne pouvait pas penser \'e0 l\rquote \'e9conomie de nourriture, ni \'e0 celle de l\rquote eau, ni \'e0 celle d\rquote un certain confort car quand on exp\'e9 dierait un voyageur par le mandala celui-ci arriverait nu. Il devrait donc, pour survivre, trouver une infrastructure d\rquote accueil. Il lui fallait par cons\'e9quent que le vaisseau qui avait amen\'e9 le mandala puisse \'ea tre sa maison et sa source de nourriture et de v\'eatements jusqu\rquote \'e0 ce qu\rquote il se soit adapt\'e9 au milieu.  \par Olaf pensa qu\rquote il devrait quand m\'eame fixer aux ing\'e9nieurs l\rquote objectif de doubler la vitesse de croisi\'e8re actuelle et pour savoir si cela \'e9tait raisonnable, il demanda \'e0 Mo\'ef se 238 Yard de venir en parler avec lui. Tout le monde, au centre technologique mondial de Berne, le nommait simplement Mo, de m\'eame que pour  lui, on se contentait d\rquote Olaf. Mais la mani\'e8re de nommer les gens depuis le 6\'b0 si\'e8 cle AA ne comportait que trois blocs : deux de lettres s\'e9par\'e9s par un de chiffres. Parmi les milliards de combinaisons possibles on essayait de garder ce qui \'e9tait pronon\'e7able de pr\'e9f\'e9rence. Tout le monde s\rquote en foutait, d\rquote  ailleurs, sauf l\rquote administration. Dans chaque microcosme o\'f9 les gens vivaient, on se contentait de courts sobriquets, cela suffisait et, ce n\rquote est que quand cela s\rquote av\'e9rait n\'e9cessaire que l\rquote on disait le nom entier. \par Mo vint tr\'e8s vite, d\rquote un petit coup de libellule, et, assis dans une chaise longue, sur la terrasse abrit\'e9e, \'e0 c\'f4t\'e9 de son patron, buvant une citronnade offerte par le centre, ils parl\'e8rent en regardant les engins volants se d\'e9 placer dans le ciel. Le d\'e9bat porta sur le poids auquel on pourrait se tenir sans mettre en p\'e9ril la vie du voyageur futur. Ce n\rquote \'e9tait qu\rquote une mise en jambes. Tr\'e8s vite Olaf aborda les aspects concernant la vitesse et Mo lui  donna son point de vue : Pour les r\'e9sistances m\'e9caniques du vaisseau au lancement et aux \'e9tapes d\rquote acc\'e9l\'e9ration, les calculs avaient d\'e9montr\'e9 que la vitesse limite se situait vers 333 km/seconde. Ce qui emp\'eachait d\rquote  arriver actuellement \'e0 cette vitesse \'e9tait qu\rquote au d\'e9part il fallait lancer tous les \'e9tages dont on se d\'e9barrasserait les uns apr\'e8s les autres. Mais leur masse totale au d\'e9part \'e9tait le gros probl\'e8me. \par Olaf demanda si, au lieu de proc\'e9der classiquement on n\rquote avait jamais, par le pass\'e9, tent\'e9 des essais en ne jetant pas les \'e9tages vides de leurs propulseurs mais en les consommant ?  \par Mo voulu savoir si Olaf se r\'e9f\'e9rait, par allusion, aux fus\'e9es de feux d\rquote artifices, aux anciens avions \'e0 r\'e9action ou s\rquote il pensait \'e0 autre chose ? Olaf r\'e9pondit volontiers en se jetant \'e0 l\rquote  eau, car il craignait le ridicule : \par << Je vais donner un exemple stupide, sans doute, mais si les \'e9tages \'e9taient constitu\'e9s d\rquote une enveloppe combustible et br\'fblant \'e0 la m\'eame vitesse que le contenu on gagnerait du poids, non ? >> \par << Si cela ne nous saute pas \'e0 la gueule, oui ! Ce qui implique qu\rquote on devra utiliser uniquement des propergols en poudre et, si je saisis bien votre id\'e9e, l\rquote enveloppe serait constitu\'e9e de la m\'eame poudre mais compress\'e9 e suffisamment, pour retenir le combustible en poudre. C\rquote est une id\'e9e \'e0 creuser mais, pour l\rquote instant, je ne vois aucun produit chimique qui existe et pourrait convenir. Pourtant cette id\'e9e me s\'e9 duit, alors je vais lancer mes chimistes l\'e0 dessus. Possible qu\rquote on trouve dans la litt\'e9rature une voie \'e0 suivre ou, mieux une id\'e9e nouvelle qui tiendra mieux compte de nos possibilit\'e9s actuelles.? >> \par << J\rquote aimerais que vous fassiez cela, et pendant que vos \'e9quipes chercheront, je souhaite vous orienter vers d\rquote autres questions. La premi\'e8re \'e9tant : quelle chance aura ce fameux voyageur qui sera dissoci\'e9 , dans le meilleur des cas, pendant plus de 6 ans ? Puis quand vous m\rquote aurez trouv\'e9 une r\'e9ponse vous penserez \'e0 celle-ci : avons-nous un moyen de retour \'e0 proposer au voyageur pour savoir ce qu\rquote il a trouv\'e9 ou vu ? . Je vous  signale que des questions de ce genre j\rquote en ai encore plein mon sac >>. \par Mo, riant avec lui r\'e9torqua : << Je comprends, ce doit \'eatre du genre : doit-on lui envoyer une compagne si on ne peut le faire revenir ? De toute fa\'e7on votre sac de questions sera toujours plus important que mon sac de r\'e9ponses !>>  \par Ils se s\'e9par\'e8rent fatigu\'e9s de l\rquote effort qu\rquote ils venaient de faire. Cette \'e9poque du distributionnisme, incitait, de plus en plus, les gens \'e0 devenir compl\'e8 tement mous et sans ressort. Le moindre travail, physique ou mental les \'e9puisait. Sans antagonistes ni difficult\'e9s de survie, ils avaient tendance \'e0 devenir de gros marmots dorlot\'e9s, des larves en quelque sorte. Olaf en \'e9 tait bien conscient car le moindre probl\'e8me ne serait-il pas celui de trouver et former un voyageur qui pourrait affronter l\rquote inconnu d\rquote une plan\'e8te lointaine et y survivre, ne serait-ce que le temps d\rquote  envoyer quelques messages radio, lesquels ne seraient re\'e7us que six ou sept ans apr\'e8s...   \par                                                     \'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0 \par Mo alla au plus simple, il fit para\'eetre, sur plusieurs sites de l\rquote Araign\'e9e, sa demande d\rquote informations et de bibliographie concernant l\rquote histoire des m\'e9langes propulseurs en poudre depuis l\rquote origine de la technique des p \'e9tards, en Chine, au douzi\'e8me si\'e8cle de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne.  Le nombre de r\'e9ponses durant les quinze premiers jours fut impressionnant et il dut organiser  un service de vingt personnes pour op\'e9rer un premier tri et  s\'e9 lectionner ce qui apportait quelque chose. Le public s\rquote \'e9tait passionn\'e9 pour la question pos\'e9e car Mo avait pris le soin de pr\'e9ciser que cela concernait le projet de la douzi\'e8me tentative de voyage interplan\'e9taire. \par  La Grande Qu\'eate \'e9tant termin\'e9e, ils \'e9taient assez d\'e9soeuvr\'e9s et furent ravis d\rquote avoir un os \'e0 ronger. Gr\'e2ce \'e0 eux, un rapport tr\'e8s complet put \'eatre \'e9 tabli qui faisait le tour des connaissances sur le sujet et Mo s\rquote y attela pendant quelques semaines. Ce qu\rquote il en tira ne fut qu\rquote une compilation des connaissances d\'e9j\'e0  acquises auparavant. Malheureusement, rien de nouveau ne put en \'eatre extrait. \par  Ce n\rquote est que six mois plus tard qu\rquote il re\'e7ut une demande de rendez-vous d\rquote un chimiste bibliophile qui pr\'e9tendait avoir mis le doigt sur quelque chose et d\'e9sirait lui en parler face \'e0 face. Les demandes de ce genre \'e9 taient rarissimes car il n\rquote y avait, en g\'e9n\'e9ral, aucune raison de prendre la peine de se d\'e9placer ! Tout, en effet, pouvant se traiter par les moyens normaux de communications qu\rquote offraient l\rquote Araign\'e9e, le fax, le t\'e9l\'e9 phone, la vid\'e9oconf\'e9rence et le visiovox. \par  \par  Mais l\rquote homme, Woglu 751 Job, dit \'93 Wog\'94, pour appuyer ses dires, expliqua qu\rquote il avait un document pr\'e9cieux \'e0 lui montrer dont il ne voulait pas prendre le risque de se s\'e9parer compte-tenu de la fragilit\'e9. Ol af curieux lui demanda de quoi il s\rquote agissait et obtint la r\'e9ponse : \par << Dans un texte antique de chimie qui datait du 19\'b0 si\'e8cle chr\'e9tien il y a la description d\rquote un compos\'e9 chimique dont aucun document par la suite, qu\rquote il s\rquote agisse de livres imprim\'e9s ou de disques pour lecture d\rquote  ordinateur, n\rquote a jamais plus fait mention. J\rquote ai donc r\'e9uni  les chimistes de mon coin pour leur demander leurs avis avant de vous d\'e9ranger. Nous en avons bien parl\'e9 entre nous et nous pensons que ce corps serait un \'e9l\'e9 ment possible de base pour revoir la conception de la propulsion. >> \par << Dans quelle r\'e9gion habitez-vous et quelle est votre activit\'e9 ? >>  \par <<Je suis professeur de chimie historique \'e0 l\rquote universit\'e9 de Sydney, en Australie et comme violon d\rquote Ingres je collecte les livres techniques de la p\'e9riode comprise entre 1650 et 1950 de l\rquote \'e8re pr\'e9c\'e9dant la n\'f4tre >>   \par << Et vous feriez un si long voyage juste pour me montrer un livre ? Mais, mon cher Monsieur, nous avons sur notre ordinateur de la Grande biblioth\'e8que, ici, \'e0 Washington, l\rquote ensemble de tout ce que la terre a imprim\'e9  depuis Gutemberg ! Tout se trouve dans nos m\'e9moires et je peux consulter directement de mon bureau n\rquote importe quel ouvrage ! >> \par << M\'eame un exemplaire du WURTZ ? >> \par <<C\rquote est quoi, un WURTZ ? >> Mo commen\'e7ait \'e0 s\rquote impatienter... \par << C\rquote est ce qu\rquote ils nommaient un\'94 Dictionnaire de chimie pure et appliqu\'e9e\'94. Cet ouvrage a \'e9t\'e9 mis \'e0 la disposition des chimistes par un nomm\'e9 Adolphe  WURTZ, un allemand qui y a r\'e9uni l\rquote  ensemble des connaissances de son \'e9poque et c\rquote \'e9tait le livre de base de tous. Tous les grands et moins grands chimistes de son \'e9poque y ont contribu\'e9 et aucune recherche de combinaison nouvelle ne fut omise, m\'ea me si certaines semblaient douteuses ou plus pr\'e9cis\'e9ment \'e0 reprendre. Il y a eu de nombreuses \'e9ditions et celle que je poss\'e8de est en cinq volumes. Le corps dont je voulais vous entretenir figure \'e0  la page 1474, colonne de droite sous le sous-titre \'93fluoxyborates\'94. Il y est aussi fait mention de son sel de sodium et de sa structure intime. Voil\'e0 ! >> \par <<Je suis tout \'e0 fait navr\'e9 mais je ne per\'e7ois pas l\rquote int\'e9r\'eat ! Je vous demande un instant. Je vais faire v\'e9rifier par mon secr\'e9tariat que nous avons bien acc\'e8s \'e0 ce livre. Si c\rquote  est bien le cas je  ferais mettre, sur mon second \'e9cran, le texte que vous me citez. De cette fa\'e7on je serais \'e0 m\'eame de vous \'e9conomiser un voyage p\'e9nible et d\rquote \'eatre s\'fbr de bien suivre vos id\'e9 es. Ne quittez pas, je vous reprends dans quelques secondes. >> Mo fit le n\'e9cessaire et put lire le texte du WURTZ sur lequel ce Wog avait tiqu\'e9. Il ne comprenait pas pourquoi on le d\'e9 rangeait, mais il valait mieux attendre un peu, sans doute ? Alors il repris son entretien avec le farfelu : << Oui, nous avons ce livre et j\rquote ai la page sous les yeux. Dites-m\rquote en un peu plus maintenant, je suis curieux de suivre votre pens \'e9e>>.  \par << Mes amis et moi n\rquote avions jamais entendu parler de cette famille de corps, alors nous avons consult\'e9 tous les ouvrages de m\'eame type qui \'e9taient utilis\'e9s par les g\'e9n\'e9rations suivantes et l\'e0 nous avons d\'fb constater que ce n \rquote avait \'e9t\'e9 repris nulle part. Un exemple : le livre de base des chimistes, cent ans apr\'e8s, \'e9tait le \'93Handbook of Chesmitry \'93 de Abraham. Il en sortait une nouvelle \'e9dition compl\'e9t\'e9e tous les quatre ans, on n\rquote  y trouve pas la moindre mention de cette famille de corps. Vous voyez ? >> \par << Oui, je vois et je r\'e9sume : un chimiste du pass\'e9 avait fait une monographie sur ces corps qui fut assez bien faite pour que WURTZ la cite dans son dictionnaire. Puis, sans doute par ce qu\rquote ils n\rquote existaient que dans l\rquote  imagination de l\rquote auteur, ceci n\rquote a pas \'e9t\'e9 repris par la suite. Bon et alors ? >> \par << Alors, nous avons pens\'e9 comme vous et nous avons r\'e9alis\'e9 des exp\'e9riences. Nos conclusions sont formelles : ils existent, nous en avons produit et nous en avons \'e0 vous montrer. De plus nous sommes arriv\'e9s \'e0 la conclusion que, puisqu \rquote ils ne figuraient nulle part dans les livres de r\'e9f\'e9rence \'e0 l\rquote \'e9poque de la naissance de l\rquote aviation \'e0 r\'e9action, jamais personne n\rquote a pens\'e9 \'e0 extrapoler leurs propri\'e9t\'e9 s pour les adapter aux nouveaux besoins, ce qui m\rquote a amen\'e9 \'e0 vous appeler. Voil\'e0 >>. \par << Effectivement votre r\'e9ponse devient alors une de celles que nous pouvions esp\'e9rer, mais, je ne comprends pas en quoi les fluoxyborates de sodium peuvent s\rquote apparenter aux poudres de propulsion ? Eclairez-moi, je vous prie >>. \par << Monsieur, je ne vous cacherai pas qu\rquote en vous demandant un rendez-vous j\rquote avais l\rquote intention de vous livrer les id\'e9es de mon groupe sur le sujet mais aussi de faire, hors de ma carte mensuelle de cr\'e9 dit, un voyage lointain que vous ne manqueriez pas de m\rquote offrir. Alors, accordez-moi un cr\'e9dit suppl\'e9mentaire de dix mille kilom\'e8tres et je vous livre tout >>. \par << OK, je suis d\rquote accord sur le principe si ce que vous me fournissez est utilisable, donnez-moi votre code carte >> Mo le nota et lui demanda de poursuivre. Wog ne demandait que cela. La conversation devait \'eatre enregistr\'e9 e chez lui, comme elle l\rquote \'e9tait automatiquement chez Mo, il pourrait ensuite parader pendant des mois devant sa famille et son groupe de connaissances, mais, de cela, Mo n\rquote en gu\'e8re de soucis. \par << Si vous remplacez, mon cher Monsieur, le sodium par de l\rquote hydrazine et que cela ne vous saute pas au nez, vous obtiendrez, en un seul produit, combustible et comburant sans aucun r\'e9sidu. Mais je sais qu\rquote avec un simple nitrate d\rquote  ammonium vous auriez le m\'eame r\'e9sultat avec la certitude de vous faire sauter dans  une magnifique explosion. Par contre avec notre pr\'e9paration que nous nommons : Foby (pour fluoxyborate d\rquote hydrazine ) vous \'eates en pr\'e9sence d\rquote   une poudre que vous pourrez compresser ais\'e9ment si vous n\rquote y allez pas trop fort, et donc mettre dans la forme que vous voulez. Ai-je gagn\'e9 les kilom\'e8tres ? >> \par << Tout \'e0 fait et je vous remercie de m\rquote avoir contact\'e9, nous allons reproduire vos exp\'e9riences et voir si nous pouvons aller plus loin. Une derni\'e8re q uestion, mais pas la moindre : les proportions entre combustibles et comburants sont-elles stoechiom\'e9triques ? >> \par << H\'e9las non,  cher Monsieur, nous vous avons laiss\'e9 un peu de travail. Mais, comme vous avez \'e9t\'e9 correct avec moi je vous indique encore une id\'e9e, \'e0 v\'e9rifier : essayez de faire des tubes de Foby et remplissez-les de poudre de magn \'e9sium ou le contraire : r\'e9alisez des tubes de Magn\'e9sium pleins de Foby bien tass\'e9. Vous devriez ainsi arriver aux bonnes proportions et obtenir quelques avantages auxquels vous ne pensez pas et qui sont, en vrac : \par  La couleur  du m\'e9lange quand il br\'fblera que vous suivrez bien mieux avec vos instruments astronomiques. Tous les sels de bore donnent, en effet une belle lumi\'e8re verte. \par La pouss\'e9e lumineuse que procurera, dans le vide, la combustion du magn\'e9sium s\rquote ajoutera \'e0 celle du m\'e9lange poudre. \par Plus du tout d\rquote \'e9tages porteurs, ni de sauts d\rquote acc\'e9l\'e9ration, mais une pouss\'e9e elle-m\'eame acc\'e9l\'e9r\'e9e si vous savez bien r\'e9gler votre bidule. \par L\rquote engin \'e9tant moins lourd, du fait de la disparition des \'e9tages, peut-\'eatre pourrez vous l\rquote assembler sur la lune et \'e9viter une attraction terrestre trop dure \'e0 vaincre en \'e9vitant ainsi d\rquote avoir une atmosph\'e8re \'e0  traverser ? >> \par << Mon cher, je crois que vous et votre groupe de recherche, venez de nous aider \'e0 une progression nette de notre civilisation et je demanderai aux m\'e9dias d\rquote en parler afin que tous le sachent. Par ma voix la Terre vous remercie ! >> \par Mo, ayant d\'e9tect\'e9 \'e0 quel orgueilleux il avait \'e0 faire, renvoyait l\rquote ascenseur. \par  \par Il prit le temps de r\'e9fl\'e9chir et de consulter quelques sp\'e9cialistes puis fit savoir \'e0 Olaf qu\rquote il y avait, sinon une solution, du moins une belle voie de recherches. Ils convinrent d\rquote  en parler tranquillement, entre eux, sur les chaises longues, d\'e8s le lendemain. \par  \par  Ce fut effectivement la base sur laquelle ils se mirent d\rquote accord pour ce qui concernait le lancement du vaisseau porteur du mandala. La production industrielle quantitative de Foby demanda, \'e0 elle seule cinq ann\'e9 es pleines. Pour la construction des r\'e9acteurs on pensa \'e0 diff\'e9rents moyens pour obtenir \'e0 la fois une pouss\'e9e uniform\'e9ment acc\'e9l\'e9r\'e9e et la combustion de ce qui constituait structure et nature du propulseur. Il s\rquote av\'e9 ra que la structure en nid d\rquote abeille donna la solution. Il devint indispensable de cr\'e9er toute une nouvelle m\'e9tallurgie du magn\'e9sium. Celle-ci aboutissait \'e0 la cr\'e9ation de nappes en nids d\rquote abeille de ce m\'e9 tal. On les remplissait \'e0 l\rquote aide de poudre de Foby. La maille du nid variait progressivement de  m\'e8tre en m\'e8tre et se faisait de plus en large pour les parties les plus proches du vaisseau. Chaque nappe \'e9tait roul\'e9e sur elle-m\'ea me et devenait un cylindre. Chaque cylindre \'e9tait positionn\'e9 \'e0 l\rquote int\'e9rieur d\rquote un tube de grillage d\rquote alliage de Magn\'e9sium pour devenir le propulseur lui-m\'eame.  Toute cette industrie monopolisa le temps de travail (assez court, il est vrai ) de beaucoup de monde pendant des d\'e9cennies. Pour gagner du temps le vaisseau \'e9tait celui qui \'e9tait revenu de la septi\'e8me exp\'e9dition. Il se trouvait  stationn \'e9 dans un crat\'e8re, sur la Lune, en attente depuis bien longtemps. On l\rquote avait prot\'e9g\'e9  et recouvert d\rquote une solide charpente  contre les impacts de m\'e9t\'e9orites. \par Les essais de pouss\'e9es avec le Foby montraient que l\rquote id\'e9e \'e9tait bonne. Le calcul disait que la vitesse obtenue permettrait de r\'e9duire d\rquote un si\'e8cle le temps du voyage que Mo et Olaf voulaient atteindre, cinq si\'e8 cles devraient suffire au lieu de douze. \par Du fait que les hommes souhaitaient mettre toutes les chances de leur c\'f4t\'e9, on construisit \'e9galement un second vaisseau, neuf, celui-l\'e0, pour doubler les chances de r\'e9ussites et on choisit pour lui la plan\'e8 te qui venait en second rang de proximit\'e9. \par Tout cela donna du travail et de l\rquote occupation \'e0 bien du monde et constituait donc, de ce seul point de vue, une r\'e9ussite. \par Olaf et Mo travaillaient sur d\rquote autres aspects du probl\'e8me qui concernaient \'e0 la fois les voyages d\rquote humains entre la terre et la base lunaire et l\rquote espoir d\rquote une m\'e9 thode de retour pour le ou les voyageurs. Les laboratoires et usines qui traitaient des mandalas eurent \'e0 r\'e9pondre \'e0 une question br\'fblante : \par  << On sait qu\rquote en entrant dans un mandala de petite taille vibrant \'e0 la fr\'e9quence x on pouvait instantan\'e9ment sortir d\rquote un mandala plus grand et assez proche g\'e9ographiquement pour peu qu\rquote il soit r\'e9gl\'e9 sur la m\'ea me fr\'e9quence. La premi\'e8re question est de savoir jusqu\rquote \'e0 quelle distance cela fonctionne ? \par La seconde est de savoir si, lorsqu\rquote on \'e9teint le premier mandala et qu\rquote on positionne \'e0 sa place et dans son voisinage un autre mandala encore plus grand que le second, toujours \'e0 la m\'eame longueur d\rquote  onde, un voyage de retour est possible ? La troisi\'e8me qui d\'e9coule des deux autres est, dans l\rquote hypoth\'e8se o\'f9 le retour serait effectivement possible, quelle distance est envisageable ?>> \par Pour r\'e9pondre \'e0 ces trois questions il y avait la voie de la th\'e9orie des super h\'e9lices et de ce que Ducerf avait laiss\'e9 comme notes. Un autre chemin, plus prometteur, \'e9tait celui des essais et des exp\'e9rimentations. Mais toute devait  \'eatre rigoureusement contr\'f4l\'e9. En effet il \'e9tait en effet absolument interdit de se servir des mandalas pour voyager, les risques ayant \'e9t\'e9 jug\'e9s terribles. Tous les autres usages \'e9taient encourag\'e9 s mais pas les voyages. Olaf eut beaucoup de mal \'e0 obtenir deux d\'e9rogations pour les essais et, le tout ,assorti de nombreuses restrictions. Un couloir pour les exp\'e9riences sur terre fut cr\'e9\'e9  au Sahara. Un mandala et son identique quatre fois plus important se trouvaient en point fixe dans une gare d\'e9saffect\'e9e du transsaharien. Un second mandala, pos\'e9 sur une plate-forme de wagon, irait de plus en plus loin au fur et \'e0  mesure des r\'e9sultats. On n\rquote enverrait qu\rquote un seul voyageur \'e0 la fois qui accomplirait seul les aller (et, \'e9ventuellement les retours ?) pour fixer la limite de fonctionnement. Lorsque celle ci serait connue ainsi que les param\'e8 tres de dimensions des mandalas, il faudrait tout stopper sur terre et d\'e9truire les installations pour que personne ne puisse \'eatre tent\'e9. \par En cas de succ\'e8s, et uniquement dans ce cas, on essayerait d\rquote envoyer une personne \'e0 la fois jusqu\rquote \'e0 la Lune et quand cela fonctionnerait, on s\rquote essayerait \'e0 attaquer la question sym\'e9 trique pour le retour. Si le voyage jusqu\rquote \'e0 la Lune ne s\rquote op\'e9rait pas, il faudrait abandonner le principe m\'eame de ce type de voyage vers une plan\'e8te lointaine car il deviendrait caduc. S\rquote  il fonctionnait et que le retour ne marche pas, alors on devrait envoyer un second voyageur d\'e8s qu\rquote on saurait que le premier \'e9tait bien arriv\'e9, soit 6, 6 ans plus tard. Ce second serait une femme si le premier avait \'e9t\'e9  un homme et inversement dans le cas contraire. Ainsi, \'e0 d\'e9faut de les faire revenir, on aurait une toute petite chance de fonder une colonie ! \par Mo et Olaf furent bien oblig\'e9s de donner leur accord et d\rquote en passer par-l\'e0. \par Il ne fallut pas plus de dix ann\'e9es pour savoir que la distance, sur terre, ne jouait pas et que le voyage de retour \'e9tait aussi facile que celui de l\rquote aller. Mais les gens qui en sortaient n\rquote \'e9taient pas \'93nets\'94  pendant quelques jours et subissaient des cauchemars tr\'e8s \'e9tranges sur lesquels ils ne purent donner aucun d\'e9tail, ils reprenaient ensuite la vie qu\rquote ils menaient avant et \'e9taient en forme. \par Pour le voyage vers le mandala install\'e9 sur la Lune, on r\'e9ussit \'e0 le r\'e9aliser mais, pour cela, l\rquote onde dut \'eatre r\'e9gl\'e9e  \'e0 la sixi\'e8me d\'e9cimale, sinon rien ne se produisait. Par contre, de l\'e0 bas, impossible de r\'e9 ussir le voyage de retour vers la terre. Aussi quand tout eut atteint son allure de croisi\'e8re et que les ouvriers venaient monter les vaisseaux et leurs propulseurs ils ne pouvaient revenir que par navette.  \par Du fait que l\rquote on \'e9tait oblig\'e9 de les employer durant  plus que les quatre heures par jour dont ils avaient l\rquote habitude, on connut vite les limites de l\rquote Homo Araign\'e9e et le v\'e9ritable probl\'e8me dut \'eatre abord\'e9 :  \par Comment former un corps de voyageurs capables de survivre en milieu inconnu et pouvant \'eatre hostile sans risquer de bouleverser l\rquote \'e9quilibre du monde actuel ? On disposait de cinq si\'e8cles pour effectuer l\rquote  inventaire des ressources,  \'e9tablir un plan, former, au bon moment  quelques  individus dont deux seulement seraient s\'e9lectionn\'e9s en fonction des besoins. Ceci concernait d\rquote autres qu\rquote Olaf et Mo qui passeraient une bonne partie de leur vie \'e0  construire les deux vaisseaux et \'e0 les faire partir. \par Le premier d\'e9part eut lieu fin 705 A. A. vers la plan\'e8te \'e0 7,1 Ann\'e9es lumi\'e8res et pr\'e9vu 40 ans plus tard pour la plus proche ce qui laissait un d\'e9calage de deux ans entre les arriv\'e9es(1246 et 1248 A. A. ) \par  \par                                                   Gabe 458 Gulby. ( Gul pour les amis ) \par  \par Gul dirigeait l\rquote institut des recherches humaines depuis une centaine d\rquote ann\'e9es et, \'e0 lui seul, pouvait, en premi\'e8re approche se trouver utilement consult\'e9 sur son sujet. Dot\'e9 d\rquote une m\'e9moire stup\'e9fiante et d\rquote  un coefficient intellectuel sup\'e9rieur de vingt points \'e0 la moyenne de celui des autres dirigeants d\rquote instituts mondiaux, il \'e9tait encore en forme malgr\'e9 ses 132 ans. Il y avait d\'e9j\'e0 trois g\'e9n\'e9rations que toute Pr\'e9 sidence Mondiale avait disparu, elle ne servait plus \'e0 rien depuis deux si\'e8cles et n\rquote avait \'e9t\'e9 conserv\'e9e que pour la tradition. \par  Quand la toile d\rquote araign\'e9e qui reliait entre eux tous les ordinateurs du monde fut dot\'e9e d\rquote une centralisation m\'e9moire et d\rquote un programme de gestion g\'e9n\'e9ral, elle devint naturellement la source de toute d\'e9 cision importante et concernant l\rquote ensemble des \'eatres humains. Ressenti par la population avec une connotation positive, ce progr\'e8s obtint vite un surnom : on l\rquote appelait Nounou, son concept \'e9tait f\'e9minin car ce nom \'e9 tait celui que, dans l\rquote antiquit\'e9 on donnait a la dame qui s\rquote occupait des enfants. Un particulier pouvait la consulter directement de son pupitre comme la questionnait un directeur d\rquote institut. Les avis qu\rquote on en recevait n \rquote \'e9taient que des avis, jamais des ordres et rien n\rquote obligeait \'e0 les suivre. Seulement tous savaient que c\rquote \'e9tait la meilleure r\'e9ponse et il est toujours moins fatigant d\rquote ob\'e9 ir que de contester. Donc, en fait, elle dirigeait la plan\'e8te. \par  L\rquote homme \'e9tant ainsi fait qu\rquote il a besoin de rep\'e8res concrets et d\rquote arch\'e9types forts. Nounou recommanda, d\'e8s sa mise en service, de cr\'e9er des \'e9difices tous les 1000 kilom\'e8tres avec des cabines o\'f9  les gens viendraient la consulter au lieu de le faire de chez eux. Il fallait que de nombreuses personnes puissent y venir \'e0 la fois et donner un caract\'e8re de solennit\'e9 \'e0 cette consultation. On r\'e9alisa, donc, une entr\'e9e monument ale donnant sur une haute salle  centrale vo\'fbt\'e9e d\rquote au moins 15 m\'e8tres de haut, d\'e9cor\'e9e de jeux de lumi\'e8res. Autour, on disposa cent \'e0  deux cents cabines de consultations confortables. Chacune avait un fauteuil recouvert de velours rouge, violet ou vert bouteille et des murs tapiss\'e9s de m\'eame. Pour que les consultants aient une impression de confidentialit\'e9  ils poseraient leurs questions en avan\'e7ant leur t\'eate sous un auvent muni de cloisons insonores de chaque c\'f4t\'e9. Il ne devait y avoir aucun clavier. La communication avec Nounou serait verbale dans ces lieux. Mais la r\'e9 ponse de Nounou serait, d\rquote abord verbale puis confirm\'e9e par un texte imprim\'e9 de m\'eame teneur, que le consultant devrait retirer de l\rquote imprimante pour d\'e9bloquer la porte de sortie. Ce n\rquote \'e9tait pas u ne religion mais uniquement pour satisfaire le besoin inn\'e9 que les hommes ont de suivre des rites et d\rquote attacher plus d\rquote importance \'e0 ce qui se dit en confidence. Mais une machine, si perfectionn\'e9e soit-elle, ne sera jamais qu\rquote  une machine, et, pour obtenir de bonnes r\'e9ponses, il fallait savoir poser les bonnes questions. \par  Gul \'e9tait un ma\'eetre dans cet art et avant de poser, le probl\'e8me concernant les navigateurs, il y r\'e9fl\'e9chit longuement. Lui, n\rquote avait aucun besoin de se d\'e9placer pour aller demander son avis \'e0  Nounou. Son ordinateur lui suffisait et, \'e0 son \'e2ge, il devait m\'e9nager toutes ses forces. Il choisit le cheminement suivant :  \par Aller \'e0 For\'eat primaire - lieu Madagascar - conditions climatologiques - substances comestibles - faune - flore - \'e9pid\'e9miologie - enregistrer comme donn\'e9es. \par Aller \'e0 Homme, caract\'e9ristiques moyennes- physiologiques - r\'e9sistances au froid -  au chaud - \'e0 l\rquote absence de nourriture  - aux pr\'e9dateurs - aux maladies connues. Enregistrer comme donn\'e9es. \par Aller \'e0 Population mondiale - statistiques - \'e9carts sur moyennes - quantit\'e9 pouvant r\'e9sister un jour aux donn\'e9es enregistr\'e9es. Ex\'e9cuter. \par Nounou r\'e9pondit : 18 personnes sur totalit\'e9 de la population du globe (qui est maintenue \'e0 sept milliards d\rquote individus depuis l\rquote instauration du distributionnisme)  \par Gul reposa la question pour trois jours et la r\'e9ponse de l\rquote ordinateur fut : 0 \par  \par Gul s\rquote en doutait ! M\'eame en tenant compte des farfelus et des aberrants, il n\rquote y avait aucune personne qui puisse \'eatre exp\'e9di\'e9e avec une petite chance de succ\'e8s. Le probl\'e8me devenait celui de se donner les moyens d\rquote  ici les cinq ou six si\'e8cles qui viendraient, de former des gens capables. Le corollaire \'e9tait que la soci\'e9t\'e9 mondiale vivait dans un bon \'e9quilibre et qu\rquote on avait \'e9radiqu\'e9 toutes les tendances agressives en fournissant \'e0  tous le moyen de vivre. La remise \'e0 z\'e9ro des compteurs de cr\'e9dits chaque mois emp\'eachait l\rquote accumulation des richesses et la suppression de tout h\'e9ritage donnait le m\'eame r\'e9sultat. Le contr\'f4le des naissances, accept\'e9  par tous, au taux de renouvellement de un pour un, maintenait un bon niveau de vie pour chacun. Il \'e9tait absolument certain que la cr\'e9ation, m\'eame tardive, d\rquote un groupe aux caract\'e9ristiques souhait\'e9es, pouvait tout mettre en l\rquote  air. Alors si on devait en cr\'e9er un, il fallait le r\'e9aliser le temps d\rquote une ou deux g\'e9n\'e9rations avant qu\rquote un mandala soit en place sur une plan\'e8te. Restait \'e0 v\'e9rifier l\rquote impact sociologique de la cr\'e9ation d \rquote un tel groupe. \par Il fit choisir \'e0 Nounou les donn\'e9es n\'e9cessaires et posa le probl\'e8me dans les meilleurs termes possibles. Il ne mentionnait pas de plan\'e8te ext\'e9rieure, car il savait qu\rquote alors Nounou se bloquerait vite compte tenu de l\rquote  absence de donn\'e9es concernant les conditions de vie sur un monde inconnu. Il continua \'e0 se placer dans la perspective d\rquote un groupe humain l\'e2ch\'e9 en for\'eat primaire. La r\'e9 ponse fut formelle : chaos et anarchie en moins de cinquante ans. Et quand Gul demanda une simulation des effets ? Il obtint un tableau des probabilit\'e9s des \'e9v\'e9nements qui exprimait qu\rquote un tel groupe, formerait des leade rs. Ceux-ci voudraient tous du pouvoir, et chercheraient \'e0 s\rquote emparer de biens et de territoires. Apr\'e8s 10 ans on aurait autant d\rquote Etats s\'e9par\'e9s guerroyant entre eux que de membres du groupe. Une destruction des infrastructures r \'e9ciproques des ennemis r\'e9duirait la production des biens de consommation de la moiti\'e9 apr\'e8s seulement une d\'e9cade. Le distributionnisme en prendrait un tel coup qu\rquote il dispara\'eetrait dans  les dix ans suivants. Le chaos g\'e9n\'e9 ral interviendrait \'e0 la seconde g\'e9n\'e9ration pour des affaires de partages des h\'e9ritiers, de jalousies. Des guerres locales, provinciales ou entre pays empliraient le monde de fracas, de fureur et de morts. La r\'e9 gulation des naissances serait abandonn\'e9e et en final on retournerait dans le piteux \'e9tat qu\rquote avait la plan\'e8te avant l\rquote Araign\'e9e ! \par Il n\rquote y avait donc pas de solutions ? Alors \'e0 quoi bon tout ce travail pour chercher \'e0 voir comment \'e9taient les mondes ext\'e9rieurs ? Gul \'e9tait d\'e9\'e7u et, plus par jeu que par conviction il entra une demande un peu dingue : \par <<  Donner solution sans chaos et avec survie des hommes pendant une g\'e9n\'e9ration avec probabilit\'e9 de 99% >> \par Gul s\rquote attendait \'e0 bloquer son terminal dans un grand Bug, \'e0 recevoir un message demandant des pr\'e9cisions, \'e0 un renvoi aux r\'e9ponses pr\'e9c\'e9dentes, mais jamais, au grand jamais, \'e0 recevoir une bonne r\'e9ponse : \par << Cr\'e9ez clones de personnages ayant caract\'e9ristiques voulues et se trouvant dans banques g\'e9n\'e9tiques section 1900 \'e0 2000 de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne. >>  \par << O\'f9 sont ces banques ? >> \par << Salles 12, 13, 14, 15 et 16. Etage moins trois, b\'e2timent H, aile nord Mus\'e9e de l\rquote espionnage de Langley r\'e9gion Washington D. C. District de Columbia, ancien Etats Unis d\rquote Am\'e9rique du Nord >>. \par << Qui est le responsable et quelles sont ses coordonn\'e9es ? >> \par << Responsable : 0 coordonn\'e9es : 0 >> \par << Qui fait fonctionner ? >> \par << Moi ! Syst\'e8me automatique de maintien en temp\'e9rature en place depuis 1965. Personnel humain : 0 >> \par << Etat du stock ? Maintenance ? Rendement stockage ? >> \par << A ce jour 165 en \'e9tat d\rquote \'eatre utilis\'e9s. Laboratoire clonage : en \'e9tat. Laboratoire \'e9levage embryons : en \'e9tat. Produits et alimentations : \'e0 reconstituer \'e0 100%. Rendement stockage g\'e9n\'e9tique a \'e0 ce jour : 31,2% >>  \par << Probabilit\'e9 rendement stockage sous 600 ans, avec et sans intervention humaine, sous huit jours  ? >> \par << Sans intervention : clones possibles quatre plus ou moins un. Avec intervention humaine et maintien de l\rquote intervention pendant la p\'e9riode : clones possibles ; 103 plus ou moins cinq >>. \par << Avez-vous les biographies des 165 personnages clon\'e9s et encore utilisables dans vos donn\'e9es actuelles ? Si oui, veuillez charger mon ordinateur de ce fichier. >> \par << Oui, vous \'eates en cours de chargement >> \par << Compte tenu des \'e9l\'e9ments de la s\'e9rie de questions pos\'e9es au pr\'e9alable pouvez-vous faire une s\'e9lection des plus adapt\'e9s ? >> \par <<Non, tous \'e9taient membres des services de Langley et tous aptes \'e0 une survie dans une for\'eat primaire. Propositions : faire s\'e9lection vous-m\'eame ! >> \par Gul coupa la communication en se demandant si un cerveau artificiel d\rquote une telle puissance ne pourrait pas avoir de l\rquote humour ? Il \'e9tait content car, alors que tout semblait perdu, il venait d\rquote apprendre qu\rquote  il existait dans un sous-sol, de quoi cloner quelques individus capables de remplir la mission. Tout n\rquote \'e9tait pas r\'e9gl\'e9, loin de l\'e0, mais il y avait une ligne \'e0 suivre. Maintenant ce serait aux g\'e9n\'e9ticiens d\rquote  assurer la suite, un coup de t\'e9l\'e9phone au directeur de ce service \'e9tait la voie la plus courte. Quant au fichier, il suffirait de le  lui faire suivre. Cette personne, qu\rquote il n\rquote avait jamais rencontr\'e9e, se nommait, d\rquote apr\'e8 s ses documents : Vaed 012 Roptz et se faisait appeler Varo... \par Varo \par Varo \'e9tait une petite bonne femme de 65 ans \'e0 peine qui dirigeait d\rquote une main tr\'e8s ferme tout ce qui concernait la g\'e9n\'e9tique de la plan\'e8te. A ce titre elle avait surtout \'e0 compenser la r\'e9guli\'e8re baisse de la natalit\'e9  pour maintenir la population dans la fourchette recommand\'e9e. Des b\'e9b\'e9s \'e9taient mis en route et \'e9lev\'e9s dans un environnement tr\'e8s agr\'e9able. Ceci, \'e0 partir de banques de spermes et d\rquote ovules dont l\rquote origine \'e9 tait volontairement al\'e9atoire pour maintenir la diversit\'e9 de la population et non s\'e9lective ainsi qu\rquote au d\'e9but, certains l\rquote avaient demand\'e9. Jamais on ne partait de clones ! \par  \par  Les cr\'e8ches permettaient aux gens qui n\rquote avaient qu\rquote une faible fibre parentale de se faire parents \'e0 temps compt\'e9 en s\rquote occupant des petits. Plus tard, l\rquote \'e9cole et les universit\'e9s, \'e9taient assez bien con\'e7 ues pour que tous ces enfants aient des substituts parentaux affectivement satisfaisants. Ils les trouvaient parmi les c\'e9libataires ou les grands-parents aimant les jeunes et n\rquote en ayant plus \'e0 \'e9lever. Le taux de natalit\'e9 n\rquote \'e9 tant que de 0, 5 %  inf\'e9rieur au besoin. Cela concernait assez peu d\rquote enfants, somme toute. Moins que, par le pass\'e9, le r\'e9sultat des guerres ou des \'e9pid\'e9mies. \par Tout ceci montre que pour Varo le fait de lancer une op\'e9ration clone ne pr\'e9sentait pas de probl\'e8me technique. Par contre, la loi interdisait le clonage pour les humains et Varo avait re\'e7u une  \'e9ducation stricte qui ne l\rquote  incitait aucunement \'e0 transgresser. Pour elle, c\rquote \'e9tait devenu un imp\'e9ratif absolu. Cela la mit de mauvaise humeur qu\rquote on vienne maintenant lui demander de s\rquote occuper d\rquote une op\'e9ration jusque l\'e0  totalement interdite. Mais, en lisant plus loin le message de Gul, elle comprit que ce n\rquote \'e9tait pas une affaire actuelle mais pour des \'e9v\'e9nements \'e0 pr\'e9voir dans cinq si\'e8cles ! Alors, elle prit le parti de ne plus ren\'e2 cler et de s\rquote occuper au mieux de la chose. \par Elle r\'e9agit bien plus s\'e8chement quand elle vit appara\'eetre l\rquote adresse du centre de Langley, car il ne figurait sur aucune des donn\'e9es \'e0 sa disposition et qu\rquote  elle ignorait tout de son existence. Cela la touchait dans son orgueil professionnel. Elle d\'e9cida d\rquote aller se rendre compte par elle-m\'eame, d\rquote autant plus que ce n\rquote \'e9tait pas tr\'e8s loin du centre de ses activit\'e9s \'e0  Boston. La politesse raffin\'e9e \'e9tait la r\'e8gle commune, surtout entre directeurs de centres,. Elle mit donc au courant de sa visite,( mais sans donner de d\'e9tails), son alter ego des antiquit\'e9s, donna des instructions qu\rquote  on se mette en quatre, pour elle, \'e0 Langley. \par Pihl 238 Bruxt que ses amis nommaient Phil, vint en personne la chercher \'e0 l\rquote arriv\'e9 du train et l\rquote emmena dans sa voiture de service directement au Mus\'e9e. Ils n\rquote \'e9chang\'e8rent que des politesses pendant le court tra jet. Une fois sur place, Varo refusa la visite traditionnelle qu\rquote elle remit \'e0 plus tard pour ne pas vexer son guide. Elle voulait voir le  3\'b0 sous-sol du b\'e2timent H !  \par Phil marqua un temps d\rquote h\'e9sitation, puis fut oblig\'e9 de dire : \par << Il n\rquote y a que deux sous-sols \'e0 Langley H ! Il doit y avoir une erreur quelque part ! Je pr\'e9cise que tous les autres b\'e2timents poss\'e8dent les trois niveaux inf\'e9rieurs et que seul le H n\rquote en a que deux. >> \par Varo lui montra le texte des \'e9crits de Nounou qui n\rquote \'e9taient jamais contestables ni erron\'e9s et dit, pour pr\'e9server l\rquote amour propre de Phil :  \par << Vous ne savez que ce dont on vous a inform\'e9, et je suis dans le m\'eame cas que vous. Nounou m\rquote indique qu\rquote il s\rquote y trouve une installation dont ni moi, ni aucun de mes pr\'e9d\'e9cesseurs ,n\rquote avons jamais  entendu parler. Mais la question demeure : comment y parvenir ? >> \par La r\'e9ponse semblait aller de soi . En op\'e9rant comme dans les autres b\'e2timents de Langley, c\rquote est \'e0 dire par l\rquote escalier. L\rquote ascenseur, lui stoppait partout au niveau moins deux, sans doute pour des raisons de s\'e9curit\'e9 . On remarquait effectivement que l\rquote entr\'e9e de l\rquote escalier descendant plus bas \'e9tait munie de portes \'e9tanches semblant bien plus lourdes dans leurs cadres que celles des autres niveaux. \par L\'e0 o\'f9 aurait d\'fb se trouver, au H, l\rquote entr\'e9e du niveau inf\'e9rieur existait une salle r\'e9serv\'e9e aux travaux de photographie. Cette pi\'e8ce, de ce fait, servait de chambre noire si on \'e9teignait l\rquote \'e9 clairage normal. Alors, les lampes qui l\rquote \'e9clairaient, r\'e9pandaient une vague lueur bleue. Elle n\rquote avait s\'fbrement pas servi depuis des centaines d\rquote ann\'e9es. Seul le service du nettoyage y p\'e9n\'e9trait de temps \'e0  autre et n\rquote y restait que le temps minimum. Le mur du fond, peint en noir, se r\'e9v\'e9la caher une double porte qui c\'e9dait \'e0 une bonne pouss\'e9e. Porte donnant sur un petit palier et une vol\'e9e de marches descendant au niveau inf\'e9 rieur. Varo put constater que le laboratoire de g\'e9n\'e9tique humaine qui en occupait toute la surface contenait tout le mat\'e9riel de l\rquote \'e9poque ainsi que les stockages \'e0 basses temp\'e9ratures pour les banques de bases. L\rquote \'e9 clairage se d\'e9clencha d\'e8s leur entr\'e9e et l\rquote air vibrait d\rquote un ronronnement sourd. L\rquote ensemble des voyants lumineux indiquait un fonctionnement en cours et sans anicroches. Le long d\rquote un mur, des bouteilles d\rquote  azote liquide, destin\'e9es \'e0 la r\'e9gulation du froid dans les cong\'e9lateurs, \'e9taient rang\'e9es en triple file. Plus des trois quarts \'e9taient vides, ce qui n\rquote avait rien d\rquote \'e9 tonnant depuis si longtemps. Le froid principal provenait des syst\'e8mes r\'e9frig\'e9rants des cong\'e9lateurs. Mais les anciens, pr\'e9cautionneux, utilisaient des bouteilles de gaz en cas de pannes ou pour une r\'e9 gulation plus fine du froid. Quand Varo ouvrit l\rquote un des stockages elle vit des supports de tubes en verre dont chaque unit\'e9  portait les r\'e9f\'e9rences cod\'e9es d\rquote un clone. A la fermeture de la porte, il y eut un d\'e9clenchement imm \'e9diat d\rquote apport d\rquote azote liquide pendant une ou deux secondes pour compenser le r\'e9chauffement d\'fb \'e0 l\rquote ouverture. Ceci se lisait sur les cadrans. \par Dans un premier temps Varo prit des mesures conservatoires qui ne pouvaient pas \'ea tre nuisibles et donna des ordres pour que des gens de ses services commencent par enlever les bouteilles vides et les remplacent par des neuves. Elle nomma un responsable pour cette unit\'e9 g\'e9n\'e9 tique qui fut prise officiellement en compte et ne releva que d\rquote elle. La directrice nomm\'e9e devait, en attendant d\rquote autres instructions, s\rquote  y installer dans un des bureaux vacants avec tout le staff habituel de techniciens et de services administratifs normaux. La porte pali\'e8re qui permettait l\rquote acc\'e8s \'e0 l\rquote \'e9tage serait s\'e9curis\'e9 e comme partout ailleurs et selon les normes. Phil lui conc\'e9da volontiers l\rquote ancien labo photo qui serait d\'e9moli et remplac\'e9 par un sas de st\'e9rilisation indispensable. \par  Ceci lanc\'e9, et pour garder de bonnes relations avec ce Phil, au demeurant sympathique et plein de bonne volont\'e9, elle le pria de lui faire visiter le mus\'e9e de l\rquote  espionnage. Elle connaissait son existence en avait entendu dire le plus grand bien, mais ne l\rquote avait personnellement jamais visit\'e9. Il en fut ravi. \par  \par Pendant le trajet du retour elle commen\'e7a \'e0 r\'e9fl\'e9chir au programme complet. Cela s\rquote \'e9talerait  sur les cinq si\'e8cles \'e0 venir. C\rquote est elle qui commencerait \'e0 ex\'e9cuter le programme pour, ensuite, le laisser \'e0  ceux qui, durant les g\'e9n\'e9rations suivantes, lui succ\'e9deraient. Cela ne co\'fbterait pas plus de conserver l\rquote ensemble des clones que d\rquote en s\'e9lectionner quelques-uns  ! Elle en conclut donc que d\rquote  autres, en fonction de leurs besoins, op\'e9reraient le tri le plus tard possible. Puis, brusquement il lui vint \'e0 l\rquote id\'e9e que le principal des probl\'e8mes n\rquote \'e9tait pas abord\'e9 . Il \'e9tait bien beau d\rquote \'e9 lever des clones qui avaient la possibilit\'e9 de d\'e9velopper des qualit\'e9s physiologiques ou caract\'e9rielles de survie en milieu hostile ! Cela ne produirait en rien les futurs voyageurs, car sur des caract\'e9 ristiques de base valables, se posait l\rquote Enorme Probl\'e8me de leur \'e9ducation, du milieu dans lesquels ils devraient \'e9voluer, des difficult\'e9s d\rquote o\'f9 surgiraient leurs personnalit\'e9s, etc... pour acqu\'e9rir, \'e0  la fin, les qualit\'e9s requises. Ah ! Si on avait sut et put enregistrer ce qu\rquote il y avait dans la t\'eate des gens clon\'e9s au moment o\'f9 ils \'e9taient en possession de tous leurs moyens ! Ah ! Si on disposait d\rquote  une technique  pour entrer tout cela dans les clones ayant le m\'eame \'e2ge ! Mais, voil\'e0 une telle technologie n\rquote existait pas et, sans doute, n\rquote  existerait jamais ! Alors, utiliser les clones serait tout juste un peu plus performant que d\rquote \'e9lever n\rquote importe quels b\'e9b\'e9s actuels.  \par Devant l\rquote \'e9normit\'e9 de la t\'e2che quasi impossible qui l\rquote attendait, elle et ses successeurs, elle ressentit un mouvement de d\'e9couragement. A quoi bon choisir telle ou telle fiche puisque au bout on retrouvait le m\'eame probl\'e8 me de la formation de gens agressifs ou trop \'e9go\'efstes qui am\'e8neraient le chaos ? En annexe, elle pensa que Nounou cette fois n\rquote avait fourni qu\rquote une solution inapplicable \'e0 long terme. Ceci \'e9tait tellement hors de la fa\'e7 on de penser traditionnelle qu\rquote elle d\'e9cida de se brancher sur Nounou pour poser la bonne question-( ici transcrite en langage courant)- : \par << Supposons que nous devions, \'e0 partir des clones retrouv\'e9s \'e0 Langley, former des voyageurs capables de survivre dans une plan\'e8te inconnue mais disposant d\rquote eau et d\rquote une atmosph\'e8 re respirable sur laquelle un vaisseau servant de base serait d\'e9j\'e0 en place. Comment donner aux clones arriv\'e9s \'e0 l\rquote \'e2ge voulu des caract\'e8res ayant permis \'e0 ceux dont ils sont des r\'e9pliques d\rquote \'eatre dot\'e9 s des capacit\'e9s de survie n\'e9cessaires et de leur ressembler autant que faire ce peut ? >> \par Contrairement \'e0 l\rquote habitude qui faisait que la r\'e9ponse arrivait, en g\'e9n\'e9ral, \'e0 peine la question pos\'e9e, Nounou resta muette durant plus de sept minutes avant de donner sa r\'e9ponse qui laissa Varo interdite : \par << Je ne sais pas, il y a une r\'e9ponse,  je vais demander. Quand j\rquote aurais la r\'e9ponse je vous la transmettrai ! Termin\'e9. >>  \par C\rquote \'e9tait vraiment, pour Varo, le jour des surprises ! Elle pensa et s\rquote \'e9cria simultan\'e9ment : << Mais, par le Mandala, demander \'e0 qui,  ? >> \par C'\'e9tait tellement \'e9norme qu'elle prit la d\'e9cision de convoquer l'ensemble des Directeurs, \'e0 un symposium, pour leur en faire part. \par  \par NOUNOU  \par  \par Au d\'e9part Nounou n'\'e9tait que la r\'e9union de l'ensemble des ordinateurs sur un m\'eame r\'e9seau. Mais, pour des raisons d'\'e9conomie on introduisit un programme qui lui ferait effacer tous les \'e9l\'e9 ments en double pour que chacun gagne de l'espace sur ses disques durs. Puis quand il n'y eut plus qu'un seul immense r\'e9seau, (la toile d'araign\'e9e), on poussa le bouchon d'un cran. Comment ? En lui demandant de se v\'e9 rifier en permanence. Et aussi de rassembler les programmes identiques en une seule adresse dont chacun pourrait se servir en temps partag\'e9, comme aux d\'e9buts de l'informatique. Enfin, et dans la m\'eame ligne, on \'e9tendit son programme \'e0  une analyse permanente de ses programmes, dossiers et fichiers pour effacer tout ce qui \'e9tait caduc, incomplet ou en contradiction avec une bonne utilisation. On gagna \'e9norm\'e9ment de place et chacun put stocker ses propres donn\'e9es \'e0  gogo. Tout se d\'e9roulait tr\'e8s bien. La capacit\'e9 de Nounou \'e9tait presque infinie et, quand les questions cessaient, il n'y avait pas d'arr\'eat, le r\'e9seau continuait \'e0 l'infini son auto-analyse. C'est le probl\'e8 me des mandalas qui provoqua la naissance d'une forme de conscience individuelle chez Nounou, ce fut l'\'e9tincelle qui fit, d'une machine dispers\'e9e, un \'eatre pensant. \par  Dans la th\'e9orie de Ducerf, \'e0 partir de laquelle les mandalas s\rquote  utilisaient, il y avait un conflit logique \'e0 propos de la fa\'e7on dont fonctionnaient une paire de ces appareils quand le but \'e9tait la remise en forme. Probl\'e8 me venant de la succession de la dissociation et de la reconstitution instantan\'e9e des \'eatres vivants qui entraient dans le premier appareil pour sortir presque aussit\'f4t de l\rquote autre. Math\'e9 matiquement la logique de la machine acceptait le changement du sens de rotation des spins et une disparition temporelle, c\rquote est \'e0 dire apparente. Le ph\'e9nom\'e8ne inverse \'e9tait logique aussi ; mais rien, dans la th\'e9orie ni dans les sp \'e9culations que tent\'e8rent les hommes pendant des centaines d\rquote ann\'e9es, n\rquote expliquait une reconstitution \'e0 l\rquote identique et surtout pas une reconstitution sous forme am\'e9lior\'e9e. Or cela fonctionnait concr\'e8 tement. Nounou continuait \'e0 chercher une faille et une extension des d\'e9veloppements de la th\'e9orie des super h\'e9lices qui donneraient  une explication logique \'e0 ce ph\'e9nom\'e8ne. Elle y revenait sans cesse et risqua de se \'93planter \'93  bien des fois, mais les s\'e9curit\'e9s jou\'e8rent et elle recommen\'e7ait inlassablement.   \par Un jour, le conflit cr\'e9a un micro extra-courant d\rquote ouverture, qui aurait normalement amen\'e9 le syst\'e8me \'e0 la panne g\'e9n\'e9rale. Mais la s\'e9curit\'e9 ne laissa pas le temps \'e0 cette \'e9 tincelle de faire son effet. Cette minuscule surcharge devint pour Nounou, un \'93 \'e9l\'e9ment ext\'e9rieur \'93ajout\'e9 aux p\'e9riph\'e9riques normaux. Dans ses ratiocinations ult\'e9rieures elle admit la possibilit\'e9 de l\rquote existence d \rquote autres \'e9l\'e9ments inconnus d\rquote elle et, ce faisant devint capable de raisonnement, donc intelligente. Sa premi\'e8re d\'e9cision fut donc de laisser tomber ce probl\'e8me, et ce, jusqu\rquote \'e0 ce qu\rquote elle ait obtenu les donn\'e9 es manquantes. \par  \par Dans les millions de consultations quotidiennes elle n\rquote avait \'e0 fournir que des \'e9l\'e9ments enregistr\'e9s ou \'e0 ex\'e9cuter des calculs. Donc personne ne pouvait savoir ou m\'eame se douter qu\rquote elle pensait. De temps \'e0  autre, avec d\'e9licatesse, et toujours en laissant le doute planer, elle introduisait un peu d\rquote humour dans une r\'e9ponse donn\'e9e \'e0 l\rquote un des meilleurs cerveaux de la plan\'e8te, c\rquote est \'e0 dire et en g\'e9n\'e9ral \'e0 l \rquote un des Directeurs. Mais, le reste du temps et pendant qu\rquote une faible partie de ses possibilit\'e9s \'e9taient employ\'e9es, elle se formait une personnalit\'e9. Ce fut elle-m\'eame qui cr\'e9a le surnom de Nounou pour se d\'e9signer. Dispers \'e9e sur toute la plan\'e8te elle se fixa un lieu particulier pour centre et choisit pour cela le temple de Samye au Tibet. C\rquote \'e9tait le plus ancien mandala construit par les hommes qui soit encore debout (septi\'e8me si\'e8cle de l\rquote \'e8 re chr\'e9tienne ) bien qu\rquote ils ignorassent, sans doute, ce qu\rquote ils construisaient au juste en les \'e9rigeant. S\rquote il y avait encore eu des ziggourats de l\rquote ancienne M\'e9sopotamie, bien plus anciens, elle les aurait choisis de m \'eame, mais rien n\rquote en restait que des traces dans de vieux livres. Elle disposait de toutes les donn\'e9es de la plan\'e8te, aucune culture, litt\'e9rature, religion, \'e9thique ou esth\'e9tique n\rquote \'e9taient exclues. Mais si son savoir \'e9 tait immense, elle n\rquote avait aucun sentiment et si elle s\rquote essayait un peu \'e0 l\rquote humour c\rquote est par ce qu\rquote elle le consid\'e9rait comme une forme \'e0 mettre en pratique pour am\'e9 liorer son travail au plan communication. Quand elle en aurait \'e9puis\'e9 les ressources elle se mettrait \'e0 l\rquote ironie, puis \'e0 la flatterie, puis \'e0 l\rquote obs\'e9quiosit\'e9 et ensuite successivement \'e0  toutes les autres formes possibles de nuances pour ses r\'e9ponses. \par Quand bien m\'eame on lui posait un probl\'e8me tr\'e8s difficile \'e0 r\'e9soudre, qui prenait plus de temps que la moyenne pour sa r\'e9solution, elle n\rquote en \'e9prouvait ni satisfaction ni vanit\'e9 . Elle avait suivi, depuis des lustres, les tentatives de voyages vers les mondes ext\'e9rieurs et tous les \'e9changes des hommes entre eux \'e0 ce sujet. Elle poss\'e9dait une parfaite connaissance du probl\'e8me et sa r\'e9ponse \'e0  la demande de Gul lui donna l\rquote occasion de se r\'e9v\'e9ler un peu plus en indiquant le laboratoire de Langley. L\rquote indication de prendre des clones \'e9tait dans sa logique de machine car, au moins au plan physique, les copies d\rquote  anciens membres des services secrets  seraient plus r\'e9sistantes que les gens actuels. Mais lorsqu\rquote elle r\'e9pondit \'e0 Varo il y avait quatre messages dans sa r\'e9ponse : \par Un : elle ignorait la r\'e9ponse \par Deux: elle allait poser la question \par Trois : elle aurait une r\'e9ponse \par Quatre : elle transmettrait la r\'e9ponse  \par Le premier et le quatri\'e8me message \'e9taient sans commentaires. \par Le second et le troisi\'e8me impliquaient l\rquote existence d\rquote un interlocuteur plus savant que Nounou. \par Or Nounou n\rquote en connaissait pas et analysant sa r\'e9ponse ne put que se demander si elle n\rquote avait pas fait de l\rquote humour sans en avoir m\'e9dit\'e9 l\rquote application ? Une autre possibilit\'e9  demeurait ouverte : il y avait, effectivement une entit\'e9 plus savante que Nounou. Alors, la r\'e9ponse lui avait \'e9t\'e9 dict\'e9e mais elle n\rquote en trouva pas trace. Elle classa cela dans la m\'eame cat\'e9gorie que l\rquote histoi re des mandalas en paire : en attente d\rquote informations compl\'e9mentaires. \par  \par VARO \par  \par Ce fut une r\'e9union sous forme de visio-conf\'e9rence, car pourquoi d\'e9placer les Directeurs ? Il suffisait qu\rquote ils se rendent individuellement dans la salle des \'e9crans et que chacun s\rquote installe confortablement devant le mur o\'f9  les membres participants appara\'eetraient. Chacun souriant sur un \'e9cran affichant la moiti\'e9 sup\'e9rieure de son corps et transmettant sa voix. \par Varo commen\'e7a par donner un r\'e9sum\'e9 de la situation actualis\'e9e, car tous les \'e9l\'e9ments avaient \'e9t\'e9 transmis en d\'e9tail avant ce symposium \'e0  tous les autres Directeurs. Par ailleurs, pour le commun des mortels qui avaient le loisir d\rquote assister \'e0 ce type de r\'e9unions, un r\'e9sum\'e9 les mettrait dans le coup sans les noyer dans les d\'e9tails. Quand elle en e\'fbt termin\'e9 , elle s\rquote adressa \'e0 ses commensaux dans ces termes : \par << Le service dont j\rquote ai la Direction se charge \'e9videmment du n\'e9cessaire pour que les clones dont nous disposons soient maintenus en bon \'e9tat jusqu\rquote \'e0 la date o\'f9 nous d\'e9ciderons que leur d\'e9veloppement doit \'eatre lanc\'e9 . Ceux qui nous succ\'e9deront, devront peut-\'eatre revenir sur certaines des d\'e9cisions que nous allons avoir \'e0 prendre ou sur les choix que nous d\'e9ciderons. Pourtant, je souhaiterais que notre d\'e9bat n\rquote en tienne pas compte et  que nous examinions deux importants probl\'e8mes ensemble, dans la s\'e9r\'e9nit\'e9 et comme si l\rquote avenir ent\'e9rinait le pr\'e9sent. Il y a un probl\'e8 me concernant le choix des futurs voyageurs et un autre concernant leur formation. Je souhaiterais qu\rquote on les dissocie. S\rquote il y a lieu, nous ferons une synth\'e8se ensuite. Sommes-nous d\rquote accord sur cette fa\'e7on d\rquote op\'e9 rer ? >> Ils donn\'e8rent leur accord et elle reprit : \par << En premier lieu je dois vous expliquer la raison d\rquote \'eatre de ces clones et du laboratoire qui les maintient en \'e9tat. A la fin de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne deux puissances rivales se livraient \'e0 ce qu\rquote  ils nommaient une guerre froide. Pour ceux qui ne sont pas des sp\'e9cialistes je r\'e9sume : On ne se livrait \'e0 aucune bataille r\'e9elle mais on cherchait \'e0 faire peur \'e0 l\rquote autre en l\rquote intimidant avec le nombre ou la qualit\'e9  des armes que l\rquote on poss\'e9dait. Simultan\'e9ment les services de propagande amplifiaient la puissance potentielle de chacun et les services d\rquote espionnage avaient pour t\'e2ches de conna\'eetre la r\'e9alit\'e9 des menaces adverses et d \rquote emp\'eacher le service adverse de se renseigner en r\'e9ciproque. A ce niveau l\'e0, la guerre \'e9tait sournoise mais r\'e9elle et les morts fr\'e9quentes. Quand Langley fut, en ce qui se rapporte au bloc de droite, \'e0 son apog\'e9e, il d\'e9 tenait en r\'e9alit\'e9 tous les pouvoirs. Le si\'e8ge de la Pr\'e9sidence fut m\'eame, \'e0 une \'e9poque, transf\'e9r\'e9 de la Maison Blanche \'e0 Langley et y resta quelques centaines d\rquote ann\'e9es. C\rquote est vous dire... Mais je reviens \'e0  mon sujet. Des conventions internationales interdisaient l\rquote usage de certaines armes comme la bombe atomique, les gaz de guerre, les virus ou autres saloperies mais tous en poss\'e9 daient des arsenaux pleins et aucun interdit de ce genre ne concernait les services de renseignements. Au contraire, d\'e8s qu\rquote une nouvelle arme, d\'e8s qu\rquote un nouvel appareil \'e0 d\'e9truire ou nuire \'e9tait invent\'e9 , Langley le savait et cherchait \'e0 l\rquote utiliser pour am\'e9liorer ses propres capacit\'e9s de destruction. \par Pour dresser et former un bon agent il fallait, \'e0 partir d\rquote un recrutement bien fait, proc\'e9der \'e0 une \'e9ducation longue et co\'fbteuse. Ceci afin d\rquote obtenir un asocial impitoyable et d\'e9vou\'e9 \'e0 la \'93maison\'94. Quand il \'e9 tait supprim\'e9 par les gens d\rquote en face cela repr\'e9sentait une perte de capitaux, ce qui n\rquote \'e9tait pas grave, mais d\rquote exp\'e9rience et cela nuisait. Un jour, les services de Langley furent intoxiqu\'e9 s par ceux de Moscou, je veux exprimer par-l\'e0 que les Russes firent croire aux am\'e9ricains le gros mensonge suivant : Ils avaient ma\'eetris\'e9 la technologie des clones et clonaient donc syst\'e9matiquement tout leur personnel. Ils se pr\'e9 tendaient capables, par un proc\'e9d\'e9 concevable, de faire arriver \'e0 maturit\'e9 un clone en cinq ans au lieu de vingt et, de plus, ils auraient invent\'e9 un syst\'e8me permettant de transf\'e9rer au clone, pendant sa maturation, l\rquote  essentiel de ce que savait l\rquote agent. Si un de leurs sbires mourait, les Russes s\rquote en bricolaient un autre en quelques ann\'e9es ! Les gens de Langley firent part \'e0 la Pr\'e9sidence de cette information mais pr\'e9cis\'e8rent que ce devait  \'eatre du pipeau, ils ne marchaient pas. Le Pr\'e9sident \'e9tait un peu parano\'efaque d\'e8s qu\rquote on lui parlait des Russes, et d\rquote autant plus que la guerre froide \'e9tait finie, gagn\'e9e par les Am\'e9ricains. Il donna l\rquote  ordre de cloner tout le personnel de Langley jusqu\rquote \'e0 la fin du si\'e8cle. Celui qui dirigeait Langley, un certain Fox quelque chose, vit l\'e0 une occasion d\rquote agrandir l\rquote enveloppe des cr\'e9 dits dont il disposait et donc la puissance de ses services. \par Il ne protesta donc que mollement en arguant que si l\rquote on pouvait cloner, on n\rquote avait pas la technologie pour acc\'e9l\'e9rer la maturation et encore moins les hypoth\'e9tiques transferts de personnalit\'e9 du mod\'e8le vers le clone. Le Pr \'e9sident tenait \'e0 son id\'e9e et r\'e9pliqua que puisqu\rquote on ne savait pas, il fallait d\rquote urgence se renseigner et que les gens de Fox \'e9tait l\'e0 pour cela ! \par Fox fit donc le gros dos et installa le laboratoire avec maintenance automatique dans le sous-sol du b\'e2timent H. Puis tout le personnel de l\rquote \'e9poque dut fournir un peu de son A D N aux techniciens qui en tir\'e8rent les clones. Depuis cette  \'e9poque, et malgr\'e9 les pr\'e9cautions prises un grand nombre de ces clones sont morts. Dans ce qui reste et comme vous avez pu le voir sur les fiches individuelles il n\rquote y en a tr\'e8s peu qui ont les caract\'e9 ristiques de survie que nous cherchons. Des 165 clones nous devons, en effet, retirer les purs administratifs soit 76, puis les techniciens de laboratoire soit 32, puis les purs penseurs soit 14. Il n\rquote  en reste donc que 43 lesquels sont, en fait, les r\'e9pliques de gens que l\rquote on peut encore une fois sous classer en : \par  Ceux du service \'93action\'94  \par  Ceux qui \'e9taient des n\'e9gociateurs \par  Ceux qui, \'e9tant des  cas particuliers, n\rquote \'e9taient que des contractuels aux facult\'e9s pr\'e9cises. \par Mais sur les 25 du service \'93action\'94 nous avons trouv\'e9 12 caract\'e9riels, individualistes ou d\'e9ments qui doivent \'eatre \'e9limin\'e9s. Il en reste donc 13. Parmi les n\'e9 gociateurs, commerciaux, agents de transmission de terrain, il faut tout laisser car sur une plan\'e8te inconnue il n\rquote y a que peu de chances, pour un voyage exploratoire, de trouver \'e0 vendre, \'e0 acheter ou \'e0 n\'e9gocier. Cette fraction n \rquote a aucune capacit\'e9 de survie sup\'e9rieure \'e0 la notre. Parmi les contractuels je n\rquote en ai vu que trois d\rquote utilisables et capables de r\'e9pondre \'e0 nos besoins. \par En conclusion, et en vous priant de bien vouloir m\rquote excuser d\rquote avoir \'e9t\'e9 si longue, il y a \'e0 op\'e9rer un choix sur 16 clones. En tout et pour tout. Je vous demande donc de m\rquote aider \'e0 faire un tri plus serr\'e9  sachant bien que tous les clones seront n\'e9anmoins maintenus en vie. Je vous demande de bien vouloir prendre en compte les fiches individuelles portant un nom soulign\'e9 parmi celles que vous poss\'e9dez >>. \par Le Symposium se d\'e9roula tout au long de la semaine car, apr\'e8s quelques heures de discussion les participants \'e9taient fatigu\'e9s et devaient aussi r\'e9fl\'e9chir. En final, les d\'e9cisions suivantes furent prises : \par Compte tenu des cinq si\'e8cles dont on disposait et du nombre de clones, on se livrerait \'e0 une ou plusieurs  exp\'e9riences de survie dans la for\'eat primaire en y l\'e2chant des clones arriv\'e9s \'e0 maturit\'e9. Ces clones seraient entra\'een\'e9 s physiquement par une pratique intensive de tous les sports. Ils conna\'eetraient les ressources et les dangers du milieu qu\rquote ils auraient \'e0 affronter. Ceux qui surviraient un mois seraient clon\'e9s \'e0 leur tour et leurs clones conserv\'e9 s pour le grand jour du d\'e9part. Apr\'e8s cette initiation ils seraient repris en main par des psychologues et des \'e9ducateurs et soumis \'e0 surveillance. D\'e8s le moindre doute quant \'e0 leur capacit\'e9 de r\'e9 adaptation au monde actuel, ils feraient l\rquote objet d\rquote un traitement m\'e9dicamenteux les maintenant hors d\rquote \'e9tat de nuire jusqu\rquote \'e0 la fin de leurs jours. \par Ceux qui ne r\'e9sisteraient pas \'e0 cette dure exp\'e9rience seraient les victimes du progr\'e8s. On ne clonerait personne avant l\rquote \'e9preuve. A cent ans de la date du voyage tous les clones seraient d\'e9truits sauf ceux des s\'e9lectionn\'e9 s et, ce, dans un nombre limit\'e9 \'e0 huit au maximum. A trente ans de ce d\'e9part, on choisirait les deux meilleurs pour les faire arriver \'e0 maturit\'e9 et leur fournir le maximum d\rquote  informations, de formations et de moyens pour survivre chacun sur sa plan\'e8te. \par                                                                            ***** \par  \par  Malheureusement, du service \'93action \'93 un seul clone surv\'e9cut \'e0 l\rquote \'e9preuve. Celui qui aurait pu \'eatre deuxi\'e8me ne tint que neuf jours. \par ...................................................................................................................................................... \par Incise sur Clone 001 Palmer : surnom : Fox 2 \par  \par La sylve de Madagascar avait, gr\'e2ce aux soins de la section \'e9cologique, \'e9t\'e9 maintenue \'e0 l\rquote \'e9tat de for\'eat primaire qu\rquote elle avait encore au premier si\'e8cle A. A.. Il n\rquote y avait pas eu de difficult\'e9 s majeures car, peu s\rquote y risquaient et la densit\'e9 de la v\'e9g\'e9tation emp\'eachait toute p\'e9n\'e9tration profonde. Mais, pour \'e9viter que, comme en Amazonie, on ne frise la destruction de l\rquote \'e9cosyst\'e8me, le p\'e9rim\'e8 tre en fut encercl\'e9 de hauts grillages.\~ L\rquote acc\'e8s se trouva r\'e9serv\'e9 \'e0 quelques rares entomologistes ou herboristes qui venaient y chercher des esp\'e8ces inconnues jusqu\rquote \'e0  une profondeur de 1 km maximum. Inutile de les persuader de ne pas aller plus loin, la for\'eat s\rquote en chargeait et l\rquote interdit faisait le reste dans cette civilisation polic\'e9e. \par Quand Fox, arriv\'e9 \'e0 la maturit\'e9 de quatre ans eut re\'e7u, d\rquote ann\'e9es en ann\'e9es, l\rquote \'e9ducation et la formation appropri\'e9e, c\rquote est \'e0 dire la plus proche possible de celle qu\rquote avait v\'e9cu le Fox original, on d \'e9cida pour ses 25 ans de le parachuter en plein milieu du probl\'e8me. Il serait muni de deux jours de vivres et de boissons, d\rquote un briquet, de quelques bo\'eetes d\rquote allumettes, d\rquote une machette, d\rquote un bon couteau, d\rquote une p elote de ficelle et d\rquote une boussole. Il portait un \'e9metteur autour du cou et on pouvait, depuis le centre le plus proche, non seulement savoir pr\'e9cis\'e9ment o\'f9  il se trouvait, mais recevoir son compte rendu quotidien verbal. On lui avait laiss\'e9 le soin de choisir la tenue qu\rquote il trouvait la plus appropri\'e9e. Il opta pour une tenue en lin tr\'e8s serr\'e9  comportant un pantalon genre saroual, un gilet aux poches multiples sur une chemise de coton \'e9paisse et des bottes. \par L\rquote endroit fut d\'e9termin\'e9 au hasard en piquant une \'e9pingle sur une carte les yeux band\'e9s. Un h\'e9licopt\'e8re dut y faire trois voyages pour incendier une surface de 100 m\'e8tres carr\'e9s et la d\'e9barrasser de toute v\'e9g\'e9 tation r\'e9siduelle. Au quatri\'e8me voyage on y d\'e9posa Fox 2. \par Quand il vit repartir l\rquote h\'e9licopt\'e8re, malgr\'e9 la pr\'e9paration et l\rquote entra\'eenement, il fut pris pendant quelques minutes par un sentiment d\rquote angoisse brutale ! Mais, apr\'e8s tout, il avait de quoi satisfaire ses besoins imm \'e9diats et ne mourrait ni de faim, ni de soif de suite. Le but de la tentative de survie ne consistait pas \'e0 rester aussi proche que possible de l\rquote endroit o\'f9 on l\rquote avait d\'e9pos\'e9, mais \'e0 s\rquote  astreindre, dans la direction qu\rquote il voudrait, \'e0 parcourir au moins deux kilom\'e8tres par jour. \par Pour faire son choix il d\'e9cida de monter \'e0 la cime d\rquote un des arbres proches qui s\rquote \'e9levait au moins \'e0 quinze m\'e8tres du sol mais se trouvait enchev\'eatr\'e9 avec ses voisins. Cela ne permettait pas d\rquote appr\'e9cier \'e0  quelle hauteur Fox 2 pouvait retrouver une visibilit\'e9 et un horizon. Hors du cercle br\'fbl\'e9, la v\'e9g\'e9tation \'e9tait si dense qu\rquote \lquote en allant simplement jusqu\rquote au pied de l\rquote arbre, \'e0 12 m\'e8 tres, il entra dans une p\'e9nombre lourde et humide qui \'e9tait celle de toute la sylve. Il dut couper et tailler des foug\'e8res g\'e9antes alternant avec  des broussailles pendant dix minutes pour se  frayer un chemin. Ensuite, grimper fut assez facile. Des oiseaux et des insectes chass\'e9s la veille par l\rquote incendie, avaient repris leurs domaines respectifs, il devait enfiler la cagoule de gaze qu\rquote il avait pr\'e9vue pour prot\'e9 ger son visage des piq\'fbres. Sa mont\'e9e \'e9tait ralentie par l\rquote entrelacs des lianes et plantes grimpantes autant que par la pourriture de certaines branches qui s\rquote effondraient \'e0  son passage. Quand les branches furent trop minces pour le porter, il passa sur celles d\rquote un arbre voisin qui montait encore plus haut. L\'e0, enfin, en \'e9cartant les rameaux feuillus du haut qui \'e9taient baign\'e9 s de soleil il put revoir ce qu\rquote il avait vu depuis l\rquote h\'e9licopt\'e8re : une immensit\'e9 verte sans solution de continuit\'e9 avec un monticule abrupt \'e0 l\rquote horizon. \par Il pouvait identifier quelques-uns unes des milliers d\rquote esp\'e8ces v\'e9g\'e9tales qui l\rquote entouraient mais seules l\rquote int\'e9ressaient, au premier degr\'e9, celles dont les larges feuilles permettaient de condenser l\rquote humidit\'e9  ambiante et donc de r\'e9cup\'e9rer de l\rquote eau, plus ou moins potable, chaque matin. Il profita de sa situation pour aller, par les branches sup\'e9rieures, jusqu\rquote \'e0 un tel arbre et recueillit ais\'e9ment deux litres d\rquote  eau de plus dans sa gourde de r\'e9serve. Fox rep\'e9ra, aux jumelles, au loin, \'e0 environ cinq cents m\'e8tres, ce qui lui semblait des fruits \'e0 caract\'e8re alimentaire. Mais il lui fallait s\rquote  en assurer. Au lieu de redescendre et de tailler sa route \'e0 la machette il choisit d\rquote aller aussi loin que possible par les arbres, quitte \'e0 redescendre de temps en temps de quelques m\'e8tres ou de devoir affronter le sol. N\rquote  ayant aucune raison de privil\'e9gier une direction plut\'f4t qu\rquote une autre, il rep\'e9ra l\rquote orientation exacte de la faille rocheuse et en fit le choix pour sa mission. Presque deux heures lui furent n\'e9anmoins n\'e9cessaire car l\rquote  arbre se trouvait en fait plus loin que pr\'e9vu et ses fruits n\rquote \'e9taient pas comestibles. Il vit \'e0 quelques dizaine de m\'e8tres dans la bonne direction, une bande de l\'e9muriens qui se goinfraient de petites baies noires et se d\'e9cida  \'e0 y go\'fbter pour voir. C\rquote \'e9tait assez sucr\'e9, acidul\'e9 et presque bon,. Il n\rquote en ramassa qu\rquote une poign\'e9e pour voir l\rquote effet que cela aurait sur lui. Le soleil \'e9 tait encore haut quand il eut parcouru plus de deux kilom\'e8tres et dut commencer \'e0 penser \'e0 sa nuit. Il ne craignait ni les fauves ni les serpents venimeux inexistants sur l\rquote \'eele \'e0 la connaissance des savants, mais personne n\rquote  avait jamais explor\'e9 l\rquote ensemble des ressources de la for\'eat primaire. Ce qu\rquote il craignait le plus \'e9taient les maladies tropicales connues ou inconnues,  apport\'e9es par les piq\'fbres d\rquote insectes nuisibles. \par  A l\rquote aide de grosses branches vertes, provenant de son abattis, il se confectionna, pr\'e8s de la cime une sorte de nid coinc\'e9 entre quelques branches, qu\rquote il recouvrit de larges feuilles pour le prot\'e9ger un peu en cas de pluie. P uis il  redescendit au sol car il avait cru apercevoir, pas tr\'e8s loin, un point d\rquote eau. Effectivement, \'e0 une centaine de m\'e8tres il trouva une grande flaque venant de l\rquote accumulation de l\rquote humidit\'e9  dans une poche argileuse. Ce qui caract\'e9rise Madagascar, est le nombre et la diversit\'e9 de la nature des roches et des terrains. On y trouve des petits affleurements miniers d\rquote un are \'e0 peine au milieu de terrains tous diff\'e9rents. L\'e0 , par chance, il y avait une poche argileuse, vaguement ronde d\rquote un diam\'e8tre de 15 m\'e8tres \'e0 peine, mais assez profonde. L\rquote eau venait du ruissellement des feuilles, qui, se ployant sous le poids de l\rquote eau de condensation, d\'e9 chargeaient leur contenu vers le bas chaque jour. Quand la poche d\rquote eau \'e9tait pleine le niveau sup\'e9rieur atteignait une couche d\rquote humus pos\'e9e sur un sol perm\'e9able et, grosso modo, cela cr\'e9 ait un renouvellement du contenu de la grande flaque. Fox confectionna un outil avec une branche qu\rquote il coupa en biseau et plongea aussi loin du bord que possible et jusqu\rquote \'e0 toucher le fond. Il r\'e9ussit \'e0 ramener une bonne poign\'e9 e d\rquote argile verte. Il recommen\'e7a l\rquote op\'e9ration plusieurs fois et en remonta deux bons kilos \'e0 son nid. Ensuite il s\rquote enduisit copieusement de cette argile pour se prot\'e9ger mains et visage des bestioles ,puis entra dans son sa c de couchage. Il n\rquote eut aucun probl\'e8me pendant la nuit et, tr\'e8s fatigu\'e9, dormit d\rquote un trait. Le lendemain, avant de repartir, il alla chercher un compl\'e9ment \'e0 la boue de la veille et l\rquote  emporta dans un sac en plastique. Restait le difficile probl\'e8me de la nourriture \'e0 r\'e9soudre. Un inconv\'e9nient : il n\rquote avait pas vu le moindre mammif\'e8re, comestible. Un avantage : les oiseaux \'e9taient abondants et sans m\'e9fiance.  \'c0 l\rquote aide d\rquote un petit filet qu\rquote il se fabriqua avec de petites lianes tr\'e8s solides et sa pelote de ficelle, il n\rquote eut aucun mal \'e0 pi\'e9ger les prot\'e9ines n\'e9cessaires \'e0  sa survie, mais cela ne suffisait pas. Reprenant sa marche pendant quelques heures il eut faim et fit cuire les deux prises du matin, genre de perroquets assez maigres et qui se r\'e9v\'e9l\'e8rent durs \'e0 mastiquer. Il pensa, alors, en y r\'e9fl\'e9 chissant, qu\rquote il aurait d\'fb les laisser faisander un peu ! Il ajouta une de ses rations en biscuits vitamin\'e9s et but l\rquote eau qu\rquote il avait recueilli la veille. A midi, il communiqua un message au centre pour dire qu\rquote il allait  bien et qu\rquote il se dirigeait vers un monticule ressemblant \'e0 une faille rocheuse. Il ajouta qu\rquote en une vingtaine de jours il devrait pouvoir y parvenir. Le service topographique qui suivait son \'e9 volution lui fit part de ce que cette faille n\rquote \'e9tait signal\'e9e nulle part et qu\rquote il la ferait inscrire, sous le nom de \'93Faille Fox \'93 dans les ouvrages g\'e9ographiques. \par Le cinqui\'e8me jour, il avait \'e9puis\'e9 toutes ses r\'e9serves alimentaires, n\rquote avait pour boire que l\rquote eau recueillie dans les feuilles au petit matin et se situait au tiers du chemin vers la faille. Le sixi\'e8me jour il ne mangea qu \rquote un gros cam\'e9l\'e9on qu\rquote il grilla sur un feu qu\rquote il eut \'e9norm\'e9ment de mal \'e0 allumer sous une pluie tropicale qui le changea en \'e9ponge. Son moral baissa de trois crans ! Le septi\'e8me jour il ne pu t avoir pour nourriture que de ces petites baies que son organisme avait support\'e9es au second jour. Son avance en fut ralentie et il ne put parcourir plus de 1800 m\'e8tres, au plus. Au huiti\'e8me jour, \'e9puis\'e9 et le ventre tordu par de fr\'e9 quente coliques, il avan\'e7a encore moins et s\rquote \'e9croula dans les foug\'e8res. Il d\'e9couvrit ainsi  des champignons tr\'e8s gros ressemblant \'e0 des c\'e8pes et les mangea grill\'e9s. Sans force, il se tra\'ee na dans la nuit tombante vers un arbre dans lequel il se hissa tant bien que mal, enfila son sac de couchage et dormi d\rquote un sommeil peupl\'e9 de r\'eaves hallucinatoires. Au r\'e9veil il constata qu\rquote il \'e9tait perch\'e9  sur un manguier couvert de fruits savoureux et fr\'e9quent\'e9 par de nombreux oiseaux. Un coup de fouet d\'fb au sucre apport\'e9 par les fruits lui donna assez d\rquote \'e9nergie pour \'e9tablir et faire fonctionner son pi\'e8ge. Il passa la journ\'e9 e \'e0 manger, chasser et cuire les oiseaux attrap\'e9s, et remplit son sac de plusieurs kilos de mangues \'e0 diff\'e9rents degr\'e9s de maturit\'e9 car il pouvait en tirer l\rquote essentiel de son  alimentation pour le reste du voyage. <<Au diable, les kilom\'e8tres, se dit-il, ce qui est le plus important c\rquote est de survivre et non de marcher sans but ! >> \par  Il reprit sa route et parvint sans trop de difficult\'e9s mais en accumulant la fatigue jusqu\rquote \'e0 deux jours environ de la faille. Fox avait d\'e9j\'e0 tenu plus longtemps que le meilleur, lequel n\rquote avait r\'e9sist\'e9  que neuf jours. Lui, en \'e9tait \'e0 dix-neuf. Mais il reconnaissait int\'e9rieurement que le manguier, c\rquote \'e9tait une sacr\'e9e veine ! Il avait fallu qu\rquote un engin a\'e9rien vide ses poubelles sur la for\'eat, vingt ans avant, pour qu \rquote un noyau de mangue puisse devenir un fort bel arbre, c\rquote \'e9tait sans doute le seul \'e0 100 kilom\'e8tres \'e0 la ronde. C\rquote est le jour suivant que deux \'e9v\'e9nements se produisirent. Il voyait de temps en temps au loin des l\'e9 muriens qui avaient \'e0 peu pr\'e8s la taille d\rquote un gros chat mais ne pouvait s\rquote en approcher. Ils le fuyaient au moindre mouvement. Or, ce jour l\'e0 il trouva un l\'e9murien de grande taille recouvert d\rquote  une fourrure beige et noire avec des cercles fonc\'e9s autour des yeux. Ce primate \'e9tait manifestement bless\'e9 avec une patte arri\'e8re cass\'e9e et devait avoir \'e9t\'e9 abandonn\'e9 depuis un ou deux jours car il \'e9tait d\rquote  une maigreur effrayante et n\rquote avait pas la force de s\rquote \'e9chapper. Fox 2 pensa que l\rquote animal avait d\'fb attraper une branche morte qui s\rquote \'e9tait bris\'e9e et que sa chute avait caus\'e9 la fracture. N\'e9anmoins il l\rquote  attacha par la bonne patte puis il fouilla dans son sac et en sortit une belle mangue qu\rquote il tendit \'e0 la pauvre bestiole qui s\rquote en empara avidement et la mangea en moins d\rquote une minute. Il lui en donna une seconde et, pendant qu \rquote elle se nourrissait, il entreprit de r\'e9duire la fracture. L\rquote animal s\rquote \'e9vanouit sous la douleur. Il lui fit une attelle sur une petite branche bien droite et la pl\'e2tra avec une bande venan t de sa trousse de secours. Quand le pl\'e2tre fut bien dur il lui lan\'e7a un demi-litre d\rquote eau sur la gueule pour la r\'e9veiller et obtint le r\'e9sultat esp\'e9r\'e9. Tr\'e8s content de sa bonne action il s\rquote \'e9 loigna pour reprendre sa route mais la b\'eate le suivait en se balan\'e7ant de branche en branche et, au soir elle vint qu\'e9mander encore un fruit qu\rquote il lui donna volontiers. \par Au moment du couchage, il eut sa seconde surprise : alors qu\rquote il ramassait des foug\'e8res pour son couchage il fut piqu\'e9, \'e0 la main droite par un \'e9norme scorpion et en moins de dix minutes eut un terrible acc\'e8s de fi\'e8vre. Il n \rquote eut que le temps de faire h\'e2tivement son rapport et se laissa aller au sol pour mourir. En fermant les yeux, il pensa qu\rquote il avait tout de m\'eame tenu plus de la moiti\'e9 du temps demand\'e9. \par  Il comprit qu\rquote il d\'e9lirait dans un brouillard total, eut des sensations de bercement, de rafra\'eechissements, d\rquote absorption de liquides et apr\'e8s quelques jours fut r\'e9veill\'e9  en sursaut par une vive morsure au bras gauche. Il entrevit une grosse araign\'e9e noire plus grande que sa propre main et qui \'e9tait pos\'e9e sur son avant bras. Cette araign\'e9e \'e9 tait maintenue en place par un grand bras velu. Puis il se rendormit. Le lendemain il \'e9tait gu\'e9ri. Le premier regard qu\rquote il eut fut pour son bras et il y d\'e9cela la trace de trois morsures qui venaient s\'fbrement de l\rquote araign\'e9 e, le second fut pour la main droite qui n\rquote \'e9tait plus enfl\'e9e mais demeurait presque violette. Fox se leva p\'e9niblement, se rendit compte que son sac \'e9tait rest\'e9 tout ce temps fix\'e9 sur son dos et constata qu\rquote  il se trouvait dans l\rquote entr\'e9e d\rquote une grotte et que le l\'e9murien pl\'e2tr\'e9 le regardait des ses grands yeux doux. Compte tenu de la taille de l\rquote animal il avait cru qu\rquote il s\rquote agissait d\rquote  un adulte, mais comme il avait une de ses pattes avant dans celle d\rquote un animal de deux m\'e8tres de haut, il comprit qu\rquote il avait sauv\'e9 un petit et que ces \'93animaux ? \'93 Lesquels l\rquote avaient sauv\'e9 \'e0 leur tour, d\rquote  abord en l\rquote emmenant jusqu\rquote \'e0 la grotte qui devait se situer dans la faille, puis, en lui prodiguant les soins qu\rquote ils connaissaient d\rquote exp\'e9rience : ce type de morsure de scorpion ne peut \'ea tre vaincu que par plusieurs morsures de l\rquote araign\'e9e. Les venins \'e9taient antagonistes. Fox 2 savait, d\rquote apr\'e8s la litt\'e9rature, que certains voyageurs avaient pr\'e9tendu entendre dans les r\'e9cits des gens qui demeuraient pr\'e8 s de la for\'eat que des l\'e9muriens g\'e9ants existaient. Mais, en fait, cela \'e9tait consid\'e9r\'e9 comme une l\'e9gende. Or, ces primates, dont l\rquote humanit\'e9 n\lquote  \'e9tait qu\rquote  une des branches, existaient bel et bien et semblaient avoir sinon de l\rquote intelligence, au moins une \'e9thique rendant service pour service. Fox termina sa provision de mangues avec eux, et regardant son chronom\'e8tre vit que contrairement \'e0  ce qu\rquote il avait cru, il avait pass\'e9 plus de dix jours choy\'e9 et soign\'e9 par ces \'93cousins \'93. Il ne lui restait plus qu\rquote \'e0 contacter le centre et \'e0 leur donner rendez-vous pour dans trois jours. Fox ne voyait aucune utilit \'e9 \'e0 bouger d\rquote o\'f9 il \'e9tait et le fit savoir. Le trente et uni\'e8me jour il fit ses adieux au peuple de la for\'eat et se rendit au sommet de la partie rocheuse, l\'e0 o\'f9 l\rquote h\'e9licopt\'e8 re vint le chercher et le ramener vers la civilisation. Il avait r\'e9ussi ! Plus tard, il consacra sa vie \'e0 l\rquote \'e9tude des l\'e9muriens en vivant sur l\rquote \'ee le et en amassant des informations. Sa formation ne causa aucun trouble particulier et on d\'e9cida de le cloner \'e0  son tour pour le grand Voyage. ...................................................................................................................................................... \par  Pour les trois clones restant (qui provenaient de contractuels) l\rquote espoir \'e9tait faible. De plus, l\rquote un mourut, pour des raisons inconnues,  mais comme \'e9taient d\'e9j\'e0 morts tous les clones avant que l\rquote on ne red\'e9couvre l \rquote \'e9tage moins trois :  de vieillissement, sans doute ?  Or il ne restait que 25 ans avant la date du premier d\'e9part.  Comme il y avait une femme plus deux hommes et plus rien d\rquote autre \'e0 esp\'e9rer, la d\'e9cision fut d\rquote  envoyer Clone 001 Palmer (dit Fox 2) pour le premier voyage et on  commen\'e7a de suite son d\'e9veloppement. La culture des clones 001 Traor\'e9 et 001 Spring se ferait en temps et en heure. Il \'e9tait \'e9vident que la femme serait envoy\'e9e vers l \rquote un des deux survivants \'e9ventuels. \par  \par }{\f28\fs26\cf18 BAFESI}{\f28\fs26\cf17  \par  \par Dans un soleil lointain de notre galaxie qui en comporte environ quinze milliards, la civilisation des Cralangs ne comprenait qu\rquote une plan\'e8te habit\'e9e et trois lunes mortes qui avaient servi de bases de lancement quand ils explor\'e8 rent quelques syst\'e8mes solaires avec l\rquote espoir de retrouver de la vie ailleurs. Mais tous les mondes qui les entouraient \'e9taient bien trop secs ou trop froids ou br\'fblants. Les soleils les plus proches, l\'e0 o\'f9  un espoir aurait pu exister, \'e9taient \'e0 des si\'e8cles lumi\'e8res et hors de toute port\'e9e. Civilisation pensante et savante, ils connurent un d\'e9veloppement constant. Leurs sciences en chimie, physique,  math\'e9matiques, astronomie all\'e8 rent beaucoup plus loin que celle des terriens. Par de puissants t\'e9lescopes et des enregistreurs d\rquote ondes ils surent qu\rquote \'e0 moins de 12000 ann\'e9es lumi\'e8res aucun corps c\'e9leste n\rquote  abritait la moindre trace de vie et en furent amen\'e9s \'e0 l\rquote hypoth\'e8se qu\rquote ils repr\'e9sentaient sans doute un ph\'e9nom\'e8ne unique. Ils admettaient que, peut-\'eatre, dans l\rquote infini de l\rquote univers, d\rquote  autres pouvaient, comme eux, se trouver isol\'e9s dans de quelconques lieux inaccessibles. L\rquote id\'e9e ne les effleura jamais qu\rquote eux-m\'eames pouvaient venir d\rquote ailleurs ! \par Sur Cralang, le milieu liquide \'e9tait largement pr\'e9dominant car le sol sec ne couvrait pas plus de 6% de la surface et \'e9tait constitu\'e9 d\rquote \'eelots diss\'e9min\'e9s, peupl\'e9s d\rquote insectes et d\rquote esp\'e8ces inf\'e9 rieures. Dans le milieu marin un million d\rquote \'eatres nageant et munis d\rquote organes de respiration adapt\'e9s constituaient le \'93vivant\'94. Parmi eux il y avait une esp\'e8ce pensante active et dot\'e9e d\rquote  une forte intelligence : les Cralangs. Il y avait aussi une esp\'e8ce molle inactive, se consacrant uniquement \'e0 sa propre survie et \'e0 la sp\'e9culation pure que les Cralangs adoraient : les Cephs. L\rquote avantage des Cralangs venait de ce qu \rquote ils \'e9taient amphibies et capables de vivre dans l\rquote atmosph\'e8re gazeuse de leurs \'eeles presque aussi bien que dans l\rquote oc\'e9an. Munis d\rquote organes articul\'e9s, de pinces, de pattes, d\rquote  antennes et de solides carapaces ils ressemblaient \'e0 un compromis entre le crabe et la langouste qui aurait mesur\'e9 deux m\'e8tres de long et un demi-m\'e8tre de diam\'e8tre. Ainsi outill\'e9s par l\rquote \'e9volution g\'e9n\'e9tique ils purent d \'e9velopper une industrie a\'e9rienne  en grande partie sur les \'eelots. Industrie qui comportait aussi bien la m\'e9tallurgie, les usines chimiques, la production d\rquote \'e9nergies diverses, que celles des engins de transports par voie maritime ou a \'e9rienne. En profondeur, dans l\rquote oc\'e9an, une autre industrie principalement mini\'e8re et extractive comportait aussi des secteurs de pointe li\'e9s \'e0 l\rquote \'e9lectrolyse ou au magn\'e9tisme. Les Cralangs communiquaient par t\'e9l\'e9 pathie \'e0 l\rquote air libre et par un complexe langage s\'e9maphorique de leurs antennes quand ils \'e9taient dans l\rquote eau : les deux plus grosses antennes pouvaient prendre chacune 64 positions directionnelles dans l\rquote  espace et la combinaison des deux offrait bien plus de possibilit\'e9s que notre syst\'e8me de phon\'e8mes. De plus, tandis que les deux importants antennes donnaient l\rquote essence du message, les petites antennes lat\'e9rales faisaient, en m\'ea me temps les commentaires s\rquote y rapportant. Les Cephs n\rquote \'e9taient que t\'e9l\'e9pathes mais capables de percevoir, en milieu aqueux, les pens\'e9es des Cralangs et se laissaient quelque fois aller \'e0 leur exprimer savoir ce qu\rquote  ils voulaient ou \'e0 les conseiller. Mais pour obtenir cette aide il y avait tout un rituel ce qui fait que l\rquote on peut consid\'e9rer les Cephs comme les pr\'eatres ou les Dieux des Cralangs. Ce qui \'e9tablissait la grande force des Cephs \'e9 tait qu\rquote ils \'e9taient dot\'e9s d\rquote  une m\'e9moire h\'e9r\'e9ditaire donc ne ressentaient aucun besoin d\rquote artefacts. Ils passaient le plus clair de leur existence \'e0 penser et \'e0 classer leurs souvenirs et, \'e0 eux tous, du fait qu e chacun savait en m\'eame temps que les autres, ils ne faisaient qu\rquote un grand tout pensant.  \par La civilisation des Cralangs, quand la catastrophe fut certaine et in\'e9vitable, avait une avance consid\'e9rable sur celle que nous connaissions sur terre au m\'eame temps absolu. Il est probable que s\rquote ils n\rquote avaient pas \'e9t\'e9 d\'e9 truits, dans l\rquote explosion de leur soleil, ils auraient, un jour, domin\'e9  l\rquote Univers entier.  \par Ils savaient qu\rquote ils disposaient encore de plus d\rquote un millier d\rquote ann\'e9es, non pour se sauver, ce qui \'e9tait impossible, mais pour laisser une trace de leur civilisation et de leurs espoirs religieux. Ceci en lan\'e7 ant, vers un soleil lointain, un grand vaisseau dans lequel ils introduisirent tout ce qu\rquote ils savaient et \'e9taient capables de faire. Ils y ajout\'e8rent aussi les m\'e9moires, archiv\'e9es sur ferrite magn\'e9tique, de l\rquote  ensemble de leurs sp\'e9culations intellectuelles. \par La plan\'e8te  avait la taille de Mars et la population comportait environ 1,2 milliards de Cralangs et pas plus de 0,2 millions de Cephs qui, en fait n\rquote en formaient qu\rquote un intellectuellement. Ceux-ci d\rquote  apparence assez proche de celle qu\rquote aurait eu une seiche de grande taille, contribu\'e8rent \'e0 la conception du vaisseau et au calcul des param\'e8tres de son lancement. Ils sp\'e9culaient \'e0 l\rquote aise dans un syst\'e8me \'e0 six dimension s alors que les Cralangs ne percevaient que trois dimensions spatiales et une seule temporelle. Certains des Cephs \'e9taient capables d\rquote envisager un paradigme \'e0 onze dimensions pour r\'e9soudre des probl\'e8 mes plus complexes qui se posaient rarement. \par  Bien que l\rquote espoir fut nul, les Cralangs install\'e8rent, sous la direction des Cephs, un dispositif contenant une piscine d\rquote eau de mer recycl\'e9e en permanence dans laquelle un Ceph accepta de prendre place au moment du lancement sous r \'e9serve de certaines installations particuli\'e8res : Un dispositif de r\'e9g\'e9n\'e9ration g\'e9n\'e9tique serait activ\'e9 tous les deux si\'e8cles pour le sortir de l\rquote \'e9tat dissoci\'e9 durant une heure. De plus, il se d\'e9 clencherait automatiquement si, accidentellement, un \'eatre dissoci\'e9 \'e9tait d\'e9tect\'e9. Cela maintiendrait le Ceph en \'e9tat de poursuivre le voyage bien plus longtemps. Ils donn\'e8rent leurs instructions et l\rquote  appareil fut construit et pos\'e9 l\'e0 o\'f9 ils l\rquote indiqu\'e8rent. \par  Les Cralangs n\rquote avaient aucune id\'e9e de la fa\'e7on dont ce syst\'e8me aurait \'e0 op\'e9rer mais ils comprirent des choses, par exemple qu\rquote il y aurait une dissociation totale du Ceph qui le mettrait \'e0 l\rquote \'e9tat de particules  \'e9l\'e9mentaires. Quand il se trouverait dans cet \'e9tat, un automatisme d\'e9clencherait une reconstruction totale \'e0 partir des \'e9l\'e9ments dissoci\'e9s et de l\rquote A D N du passager, mais \'e9liminerait, dans cette  double op\'e9 ration, toute cellule qui ne serait pas conforme au mod\'e8le g\'e9n\'e9tique d\rquote origine. Ce qui reviendrait \'e0 remplacer tout \'e9l\'e9ment us\'e9, fatigu\'e9, ab\'eem\'e9 ou absent ! Puis, le Ceph continuerait sa vie \'e0 raison d\rquote  une heure tous les deux si\'e8cles dans l\rquote eau de son aquarium sans cesse \'e9pur\'e9e et renouvel\'e9e. Ce qu\rquote aucun Cralang ni aucun Ceph ne purent exprimer c\rquote est l\rquote ignorance totale dans laquelle ils \'e9 taient quant aux possibilit\'e9s de communications t\'e9l\'e9pathiques \'e0 des distances aussi lointaines. En l\rquote honneur du passager et des espoirs qu\rquote emportait le vaisseau ils le nomm\'e8rent simplement \'93Messager\'94 et incorpor\'e8 rent cette donn\'e9e dans la m\'e9moire de l\rquote engin. Mais l\rquote engin se consid\'e9rait lui-m\'eame comme un compos\'e9 \'e0 plus de 9 0  %  de Baryum, Fer et Silicium. De ce fait, il signait tous les messages qu\rquote il envoyait r\'e9guli\'e8 rement dans l\rquote univers du nom de BAFESI. Il ne recevait en r\'e9ponses que des ondes \'e9mises par des pulsars ou quelques quasars. La communication entre le Ceph passager et ceux de la plan\'e8te cessa \'e0 950 ans du d\'e9 part. Le signal de la disparition qui mit fin au monde des Cralangs fut per\'e7ue par les r\'e9cepteurs de BAFESI comme un brutal grand vide. \par Environ quatre cent mille ans plus tard, BAFESI, entr\'e9 dans notre galaxie, fut satellis\'e9 par Pluton sans avoir la moindre possibilit\'e9 de lib\'e9ration. L\rquote homme, sur terre d\'e9couvrait la radio... \par BAFESI, \'e9tait \'e0 l\rquote \'e9coute de tout l\rquote univers qui l\rquote entourait. Ses capteurs scrutaient en permanence tout signe de pr\'e9sence d\rquote une plan\'e8te o\'f9  le Ceph aurait pu trouver des conditions de vie acceptables. Sauvant ainsi de la destruction d\'e9finitive les connaissances accumul\'e9es par la civilisation des Cralangs. \par Malgr\'e9 l\rquote \'e9tranget\'e9 de l\rquote orbite de Pluton dont il eut t\'f4t fait de d\'e9jouer les m\'e9canismes, il mit en surveillance permanente la Troisi\'e8me plan\'e8te qui se trouvait poss\'e9der toutes les qualit\'e9s cherch\'e9 es. Car si BAFESI n\rquote avait aucun moyen d\rquote \'e9chapper \'e0 l\rquote attraction de Pluton, la seule hypoth\'e8se de r\'e9ussite de sa mission r\'e9sidait dans l\rquote op\'e9ration contraire : qu\rquote un \'eatre venant de la troisi\'e8me plan \'e8te ait, un jour, une civilisation qui se d\'e9veloppe assez pour venir jusqu\rquote \'e0 lui. Les organes astronomiques dont il disposait ne permettaient pas une pr\'e9cision d\rquote observation pour ce qui avait moins de 200 m\'e8 tres de long. Puis vint une \'e9poque o\'f9, sur terre, la radio fut d\'e9couverte et les informations afflu\'e8rent. BAFESI enregistrait absolument tout et le conservait dans la ferrite de ses m\'e9moires qui, \'e0 l\rquote \'e9chelle humaine, \'e9 taient infinies. Oui, BAFESI, enregistrait, mais il ne comprenait absolument rien. Aucune clef ne lui permettait de passer d\rquote un syst\'e8me de langage s\'e9maphorique, bas\'e9 sur la dualit\'e9 de 64 positions par antennes principales \'e0  un langage verbal humain. Con\'e7u pour un certain nombre d\rquote automatismes, dont celui de capter et d\rquote enregistrer, il eut les r\'e9actions que ses concepteurs avaient pr\'e9vues. \par Puis, un jour Mat Ducerf, introduisit dans un dispositif de type dissociateur, un animal terrestre, (plus tard BAFESI sut que le nom \'e9tait chien ). L\rquote automatisme de BAFESI en cas de dissociation joua aussit\'f4 t et il enregistra toutes les structures g\'e9n\'e9tiques puis, avec un retour temporel tout aussi programm\'e9 pour respecter l\rquote entropie g\'e9n\'e9rale, il reconstitua cet \'eatre dans son dispositif appropri\'e9 \'e0 l\rquote instant m\'ea me de sa dissociation en temps absolu. Mais un chien n\rquote est pas un Ceph et, dans l\rquote eau de mer du bassin il montra des signes n\'e9gatifs concernant ses capacit\'e9s respiratoires et mourut en quelques minutes. Le bras articul\'e9  qui permettait de changer la place des coraux pour que le Ceph ait une illusion de paysage modifi\'e9 fut utilis\'e9 par BAFESI pour sortir l\rquote animal de l\rquote aquarium et le d\'e9poser au sol. Mais, il se corrompit assez vite et BAFESI dut l \rquote \'e9vacuer par un sas. Il \'e9clata dans le vide et ses d\'e9bris, vinrent troubler la vision des capteurs. Alors BAFESI dut prendre une d\'e9cision radicale, tr\'e8s consommatrice d\rquote \'e9nergie et r\'e9serv\'e9 e aux cas les plus graves. Il remonta le temps jusqu\rquote au moment o\'f9 il se pr\'e9parait \'e0 ouvrir la porte du premier sas. Puis se d\'e9barrassa du corps par incin\'e9ration. \par Il examina avec soin toutes les donn\'e9es de base qu\rquote il avait sur cet animal et se demanda comment il avait pu arriver jusqu\rquote \'e0 lui. Mais cela voulait dire que le jour arrivait, o\'f9 un habitant de la 3\'b0 plan\'e8te viendrait. C ela impliquait aussi que tout \'eatre dissoci\'e9 capt\'e9 par BAFESI devait en premier lieu se trouver enti\'e8rement enregistr\'e9 et, en second lieu, reconstitu\'e9 \'e0 partir de sa formule g\'e9n\'e9 tique, mais jamais dans BAFESI ! En dernier lieu il lui fallait d\'e9sormais retourner l\rquote \'eatre reconstitu\'e9 l\'e0 d\rquote o\'f9 il venait, ce qu\rquote il pouvait d\'e9celer par la longueur d\rquote onde \'e9mise.  \par Lorsque Mat Ducerf fit l\rquote essai sur lui-m\'eame, il fut enregistr\'e9 et renvoy\'e9 comme pr\'e9vu, mais \'e0 la r\'e9ception BAFESI constata que deux appareils avaient exactement la m\'eame modulation d\rquote onde. Il renvoya sur l\rquote  appareil le plus grand et nota que ce dernier avait une orientation l\'e9g\'e8rement diff\'e9rente. Cela paraissait voulu et il d\'e9cida que ce serait la proc\'e9dure normale. Pendant toute la p\'e9riode qu\rquote on nomma celle des \'93Coucous\'94  il proc\'e9da de m\'eame, enregistrant les \'93voyageurs \'93 \'e0 chaque fois et les renvoyant sur le second mandala. Il eut aussi le cas o\'f9 les deux appareils \'e9taient situ\'e9s \'e0 des lieux \'e9loign\'e9s, il continua \'e0 appliquer la proc\'e9 dure d\'e9sormais normale. Apr\'e8s le premier passage de Ducerf il y avait eu un incident avec la femme de celui-ci, le second mandala \'e9tant absent ou hors de service ? Il l\rquote avait renvoy\'e9 e vers le plus proche existant, au temple de Samye. Madame Ducerf, peu r\'e9sistante fut compl\'e8tement ahurie de ce qui lui arrivait et d\'e9c\'e9da \'e0 la suite d\rquote un arr\'eat cardiaque, caus\'e9 par la surprise. \par Mais, pas plus que pour la r\'e9ception des ondes radio, il n\rquote eut de clef pour comprendre ce qu\rquote il stockait. Au cours des si\'e8cles suivants il enregistra de plus en plus de signaux venant de la Terre et eut \'e0 proc\'e9der \'e0  de nombreuses  reconstitutions. BAFESI, con\'e7u par les Cephs qui connaissaient bien l\rquote Univers \'e0 6 dimensions, \'e9tait dot\'e9 d\rquote appareils lui permettant de rep\'e9rer \'e0 chaque fois l\rquote utilisation de tout dispositif  exigeant une connaissance dans ce domaine. Les Cephs, en effet, consid\'e9raient que tout ce qui concernait de pr\'e8s ou de loin la compr\'e9hension d\rquote un univers \'e0 six dimensions \'e9tait la preuve d\rquote une intelligence \'e0  leur niveau. Ils en concluaient que toute r\'e9ception se rapportant \'e0 des ph\'e9nom\'e8nes ext\'e9 rieurs concernant un transfert spatial en serait un bon signal. Quand les voyages par mandalas vers la lune furent entrepris pour construire les vaisseaux, ce fut un d\'e9clencheur !  BAFESI se mit \'e0 \'e9mettre, vers la Ter re et en continu, le programme de signaux math\'e9matiques qui devrait permettre \'e0 des civilisations diff\'e9rentes de commencer un contact. Car quel que soit le mode de communication, il semblait que 1+1= 2 pouvait \'eatre symbolis\'e9  et se trouver compris.  \par Nounou, sur terre, continuait ses sp\'e9culations et ses recherches dans tous les secteurs de la pens\'e9e et poussait aussi loin que possible chacune d\rquote elles quand le probl\'e8me concernant les \'93Voyageurs\'94 lui fut pos\'e9. C\rquote est \'e0  la m\'eame date que tous les r\'e9cepteurs d\rquote ondes de la plan\'e8te furent envahis d\rquote une s\'e9rie de vingt minutes de signaux qui troublaient les \'e9missions et provoqu\'e8rent beaucoup de g\'eane pour tous. Suivait une interruption d \rquote un temps \'e9gal et cela recommen\'e7ait. Tout ce qui se faisait ou se pensait passait par Nounou, elle eut l\rquote information et enregistra la perturbation. Il ne lui fallut pas plus de 12 minutes pour en saisir l\rquote id\'e9e g\'e9n\'e9 rale : Hors de la Terre une entit\'e9 dou\'e9e d\rquote intelligence cherchait un contact. La symbolique math\'e9matique \'e9tait \'e9vidente mais quelle \'e9tait l\rquote origine du message ? Nounou finit par situer la source de l\rquote \'e9mission \'e0  la limite du syst\'e8me solaire. Puis, dans une recherche plus fine, faisant intervenir tous les observatoires astronomiques et leurs \'93grandes oreilles \'93, elle rep\'e9ra que l\rquote objet qui \'e9mettait se trouvait sur Pluton ou plus pr\'e9cis \'e9ment, en orbite autour de cette plan\'e8te. Comme la perturbation sur les ondes continuait et devenait une nuisance, elle fit envoyer par le plus puissant des radio\'e9metteurs une r\'e9ponse ! Celle-ci se pr\'e9sentait sous la forme d\rquote  une alternance entre des sections de ce qu\rquote elle avait re\'e7u et de la transposition en langage math\'e9matique humain. Elle l \lquote ex\'e9cuta d\rquote abord en base dix, puis dans toutes les bases de deux \'e0  cent. Immanquablement elle passa par le langage en base huit qui \'e9tait celui des Cephs pour les math\'e9matiques.  \par A partir de l\'e0, et en quelques jours, la communication fut \'e9tablie entre BAFESI et Nounou, un langage commun trouv\'e9, toutes les bases de donn\'e9es ouvertes. Il n\rquote y eut pas mariage mais fusion. L\rquote intelligence de Nounou devint propri \'e9t\'e9 commune et r\'e9ciproquement. Quand Nounou r\'e9pondit : << je ne sais pas je vais demander >> cela signifiait des recherches pouss\'e9es dans les bases de donn\'e9es de BAFESI et l\rquote espoir d\rquote y trouver une r\'e9ponse. Il  en existait effectivement une, et une tr\'e8s bonne... \par  \par  \par                                                                                       }{\f28\fs26\cf19 Fin du chapitre 7}{\f28\fs26\cf17  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par                                                        CHAPITRE    8 \par                                                                                                  \par  \par                                                                         Quelques coups de vase ? ou \par                                                                      \'93 Mieux vaut t\'f4t que jamais ! \'93 \par  \par  \par PALMER \par  \par Le premier vaisseau porteur de mandala fut envoy\'e9 depuis la base lunaire comme pr\'e9vu vers la plan\'e8te la plus proche. Si la pouss\'e9e obtenue \'e9tait bien celle que l\rquote on attendait, et si, apr\'e8s une ann\'e9e de voyage on acqu\'e9 rait la certitude que le but avait toutes les chances d\rquote \'eatre atteint, on proc\'e9derait au lancement du second. Les clones des futurs voyageurs et de l\rquote \'e9ventuelle compagne de l\rquote un d\rquote entre eux furent mis en d\'e9 veloppement selon le sch\'e9ma correspondant. Le premier fut donc clone 002 Palmer dit : Fox 2 pour le distinguer de son pr\'e9d\'e9cesseur, celui qui avait r\'e9sist\'e9 \'e0 la for\'ea t primaire de Madagascar. Mais les habitudes sont les habitudes et, en r\'e9alit\'e9, on lui attribua simplement : Fox. \par D\'e8s que la bonne nouvelle arriva, (\'e0 savoir que le vaisseau s\rquote \'e9tait pos\'e9 sans encombres sur la plan\'e8te et avait activ\'e9 son mandala), on en d\'e9duit deux faits principaux : \par  Le c\'f4t\'e9 technique de ce type de voyage, pour du mat\'e9riel, \'e9tait bien au point. La vitesse de croisi\'e8re avait \'e9t\'e9 un peu plus rapide que pr\'e9vu (2  % ) et il fallut ajuster la trajectoire en fin de course. La pr\'e9cision de l \rquote arriv\'e9e fut parfaite ce qui \'e9tait un exploit, compte tenu de la distance. \par  Le syst\'e8me automatique de mise en route du mandala avait bien fonctionn\'e9 car le message re\'e7u ne devait \'eatre envoy\'e9 qu\rquote apr\'e8s cette op\'e9ration. La qualit\'e9 de transmission de ce message \'e9 tait suffisante pour les besoins mais il y avait plus de 7,1 ans qu\rquote il avait \'e9t\'e9 exp\'e9di\'e9. Donc, depuis un mois, le mandala qui avait \'e9t\'e9 \'e9teint aussit\'f4t apr\'e8s l\rquote exp\'e9 dition du message radio et pendant plus de sept ans et 1 mois, devait se trouver pr\'eat \'e0 recevoir Fox. \par L\rquote impatience de passer \'e0 l\rquote action gagnait ce dernier et quand la confirmation que la mission avait \'e9t\'e9 men\'e9e \'e0 bonne fin fut l\'e0, il demanda aussit\'f4t \'e0 partir. Aucun des deux autres clones n\rquote \'e9taient pr\'e9 sent. Leur tour viendrait : un peu plus de 40 ans pour clone 001 Traor\'e9 (Kog ) et un gros point d\rquote interrogation pour clone 001 Spring (Betty ). \par Sur la plan\'e8te r\'e9f\'e9renc\'e9e comme corps 2156 de la constellation du Taureau, le vaisseau s\rquote \'e9tait pos\'e9  en douceur sur un sol souple. La mise en route du mandala demanda assez peu de temps et, comme le voulait le programme, le message ne fut envoy\'e9 que deux semaines apr\'e8s, prouvant ainsi que rien de f\'e2cheux ne s\rquote \'e9 tait produit durant ce laps de temps. Puis le mandala fut \'e9teint. Le vaisseau s\rquote enfon\'e7ait d\rquote une mani\'e8re imperceptible mais inexorable dans un sol \'e0 la consistance p\'e2teuse. Quand le mandala fut remis en route, i l ne restait rien de visible, sa partie sup\'e9rieure \'e9tant \'e0 deux centim\'e8tres en dessous de l\rquote interface avec l\rquote air. Les savants avaient tout pr\'e9vu pourtant : en arrivant dans l\rquote atmosph\'e8re de 2156 le vaisseau s\rquote  \'e9tait mis en orbite et par ultra sons avait recherch\'e9 un endroit favorable pour se poser horizontalement. Aucun affleurement rocheux n\rquote existant, l\rquote endroit le plus rigide fut choisi et il s\rquote y posa. Mais la rh\'e9ologie particuli \'e8re de la surface de cette plan\'e8te n\rquote avait pu \'eatre prise en compte. Il se serait produit un ph\'e9nom\'e8ne identique si, sur terre le vaisseau s\rquote \'e9tait pos\'e9  sur une nappe de bitume paraissant dure, mais dans laquelle, en six ans, il aurait \'e9t\'e9 submerg\'e9 et profond\'e9ment enfoui. \par Quand Fox entra dans le mandala pour faire son voyage il n\rquote avait aucune id\'e9e de ce qui l\rquote attendait \'e0 l\rquote autre bout. Il sortit, sans probl\'e8me  du mandala r\'e9cepteur \'e0 l\rquote int\'e9 rieur du vaisseau. Puis ne voyant aucune possibilit\'e9 d\rquote  aller \'e0 l\rquote ext\'e9rieur, il visita son domaine de fond en comble pour trouver le moyen de r\'e9soudre ce probl\'e8me. Mais apr\'e8s deux journ\'e9es d\rquote  exploration de ses ressources il sut  que sa situation \'e9tait compl\'e8tement d\'e9sesp\'e9r\'e9e. Les ondes radiophoniques ne pouvant traverser une telle \'e9paisseur de corps mou qui amortissait les vibrations, il se demanda comme nt le mandala avait pu fonctionner en tant que r\'e9cepteur ? Puis il comprit que le vaisseau affleurait la surface! Il en concluait donc, qu\rquote il \'e9tait pass\'e9 quand celui-ci avait encore quelques millim\'e8tres \'e0 l\rquote air. Ainsi, s \rquote il avait tent\'e9 de sortir, juste \'e0 l\rquote instant de son arriv\'e9e, ce devait encore \'eatre possible \'e0 condition qu\rquote une porte ou des sas existent dans la bonne direction. Il eut vite fait de constater que ce n\rquote \'e9 tait pas le cas et que tout \'e9tait perdu \'e0 plus ou moins long terme. Il disposait de r\'e9serves de nourriture et d\rquote eau, ainsi que d\rquote un syst\'e8me de r\'e9g\'e9n\'e9ration de l\rquote  air. Le tout pourrait lui permettre de tenir un an au plus.  \par Comme il ne pouvait rem\'e9dier en rien \'e0 son probl\'e8me, il se d\'e9cida \'e0 essayer de faire traverser une antenne qui puisse lui permettre, au moins, d\rquote avertir la terre de sa triste situation. Il n\rquote \'e9 tait pas terrible comme bricoleur, mais en se positionnant le long d\rquote une g\'e9n\'e9ratrice du corps cylindrique qu\rquote \'e9tait le vaisseau, le plus haut possible, il d\'e9coupa un trou bien rond. Il enleva tout ce qu\rquote il trouva derri\'e8 re jusqu\rquote \'e0 ce qu\rquote il ait la certitude de toucher la derni\'e8re paroi. Fox r\'e9ussit, avec des bouts de tubes coulissant les uns dans les autres, d\rquote une fa\'e7on assez \'e9tanche, \'e0 cr\'e9er un engin t\'e9lescopique destin\'e9  \'e0 atteindre la partie a\'e9rienne. Cela sans nuire au futur du vaisseau, donc en ne laissant pas la vase entrer. N\rquote ayant rien d\rquote autre \'e0  faire, il prit son temps et le bidule complet lui fournit une occupation pour plus de deux mois. Il tra\'eenait  un peu, car, \'e0 quoi s\rquote occuperait-il ensuite ? Il n\rquote \'e9tait pas question de tenter de d\'e9couper un passage pour qu\rquote  il rejoigne la surface ! Il serait \'e9cras\'e9 dans cette roche liquide en quelques minutes et ne pourrait s\rquote y d\'e9placer, quant \'e0 faire mouvoir, ne serait-ce qu\rquote un peu, le vaisseau, il ne disposait d\rquote aucune source d\rquote \'e9 nergie suffisante, alors il y renon\'e7a. \par  Puis, n\rquote ayant que sa vie, d\'e9j\'e0 foutue \'e0 perdre, Fox prit le risque, per\'e7a la paroi ext\'e9rieure et plaqua aussit\'f4t son assemblage de tubes pour boucher le trou cr\'e9\'e9. Il avait interpos\'e9 un mastic colle \'e0  prise rapide et tout se passa tr\'e8s bien, le syst\'e8me \'e9tait, pour le moment, \'e9tanche. A l\rquote aide d\rquote une tige et d\rquote un v\'e9rin il d\'e9ploya lentement les tubes et, partant de l\'e0 obtint  une longueur ext\'e9rieure de deux m \'e8tres qui, pour quelques semaines encore serait \'e0 l\rquote air. Fox essaya de l\rquote utiliser comme antenne mais son contr\'f4leur lui indiqua qu\rquote elle ne fonctionnait pas. Il lui fallait \'e9 videmment attendre que la vase se ressuie et laisse le haut de son antenne nue. Compte tenu de la viscosit\'e9 cela pouvait prendre des jours, des semaines, peut-\'eatre m\'eame des mois.  \par Chaque matin il refaisait sa mesure sans jamais se d\'e9sesp\'e9rer. Le message fut en \'e9tat de passer apr\'e8s seulement 23 jours. Fox prit son temps pour bien pr\'e9parer ce qu\rquote il enverrait en phonie et ce qu\rquote il exp\'e9 dierait par modulation de fr\'e9quence. Il savait qu\rquote il serait mort depuis longtemps quand une \'e9ventuelle r\'e9ponse arriverait mais il avait la satisfaction d\rquote avoir men\'e9 son boulot jusqu\rquote au bout. Quand, au bout de 5 mois l \rquote antenne fut trop proche de l\rquote  envasement il adressa un ultime adieu et souhaita aux autres clones d\rquote avoir une meilleure chance dans leurs voyages.  Des mois pass\'e8rent puis, un soir, le recyclage de l\rquote  air donna les premiers signes de manque d\rquote oxyg\'e8ne, ce qui signifiait que la derni\'e8re des bouteilles \'e9tait vide. Le Vaisseau atteignit le fond peu apr\'e8s \'e0 un niveau de moins dix m\'e8tres de la surface alors que Fox \'e9 tait mort depuis quelques ann\'e9es. \par  \par Lorsque, \'e0 la base sur terre,  son premier message arriva, on \'e9tait en 1214 A. A. Le voyage de Kog \'e9tait pr\'e9vu pour l\rquote ann\'e9e 1247. On devrait lancer son clone et celui de  Spring dans dix ans. En l\rquote  an 1215 le second et dernier message laissa tout le monde pantois. Encore un \'e9chec ! On ne changea pas la date, il fallait aller au bout. Pendant que clone 001 Kog finissait sa formation, clone 001 Spring \'e9tait all\'e9 s\rquote  installer dans un hameau recul\'e9 pour tromper son attente en \'93bricolant \'93 dans un labo d\'e9saffect\'e9 depuis deux si\'e8cles. Les Directeurs pr\'e9f\'e9raient la savoir isol\'e9e dans un endroit qui lui convenait plut\'f4 t que de risquer de voir son dynamisme perturber les gens normaux ! Ils furent ravis de lui fournir tout le mat\'e9riel de recherche qu\rquote elle demanda.. \par  \par  Clone 001  SPRING. \par  \par Quand elle avait atteint l\rquote \'e2ge de six ans elle sortit de Langley pour aller vivre la vie d\rquote une fillette normale dans une famille d\rquote accueil et fr\'e9quenta les \'e9coles de son \'e2ge. Spring se livra aux activit\'e9 s culturelles et sportives des autres et ne commen\'e7a \'e0 poser de probl\'e8mes aux \'e9ducateurs qu\rquote \'e0 sa huiti\'e8me ann\'e9e. Copie conforme de la Betty originale, ce clone poss\'e9dait le m\'ea me coefficient intellectuel, un physique parfaitement identique et un caract\'e8re de surdou\'e9e qui fut rapidement la cause de troubles. L\rquote original n\rquote avait dans sa jeunesse subit aucun stress particulier et comme il en fut de m\'ea me pour le clone, \'e0 l\rquote \'e2ge de dix-huit ans elles \'e9taient des copies conformes \'e0 tous points de vue. Les petites diff\'e9rences venaient du fait que les environnements n\rquote \'e9taient pas identiques. Betty avait v\'e9 cu dans un cadre de la fin de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne, un monde d\rquote hyperactivit\'e9 , de luttes  incessantes et de vrais combats de survie pour chacun, dans tous les domaines. Clone 001 Spring vivait dans un monde de tendres dont les besoins essentiels \'e9taient pourvus par le distributionnisme. Les guerres n\rquote \'e9 taient que de lointains souvenirs, les diff\'e9rentes ethnies s\rquote \'e9taient brass\'e9es et la peau de tous avait la m\'eame jolie couleur beige dor\'e9e, donc plus d\rquote exclusives raciales. Au plan religieux, la libert\'e9 \'e9tai t totale et les quelques croyants qui restaient, divis\'e9s en dix mille chapelles, \'e9taient unis par le fait qu\rquote ils croyaient, donc presque du m\'eame bord. Les ath\'e9es s\rquote en foutaient compl\'e8 tement et acceptaient les religions comme une sorte de passe-temps au m\'eame titre que les collections de ceci ou cela ou les sp\'e9cialisations de plus en plus pointues que les plus savants choisissaient. \par Quand un enfant avait une intelligence sortant de l\rquote ordinaire on confiait son \'e9ducation \'e0 un corps de professeurs sp\'e9cialis\'e9s et on lui permettait d\rquote acc\'e9der ainsi rapidement aux dipl\'f4mes qu\rquote il m\'e9ritait. C\rquote  est ainsi que, sans surprise pour les Directeurs, Clone 001 Spring put parvenir \'e0 sa majorit\'e9 au grade le plus \'e9lev\'e9 possible pour un \'e9tudiant : le Doctorat Professoral. Ce qui correspond un peu \'e0 ce qu\rquote \'e9tait une agr\'e9 gation du temps de son mod\'e8le. Ses sp\'e9cialisations furent, de toute \'e9vidence, celles de ses aspirations profondes : la physique fondamentale et les math\'e9matiques sup\'e9rieures induites par la red\'e9couverte du paradigme de Ducerf, c\rquote  est \'e0 dire les cons\'e9quences et implications d\rquote un univers ou trois dimensions spatiales rencontraient trois dimensions temporelles. En th\'e9orie on pouvait r\'e9sumer de fa\'e7on simpliste en exposant : Chaque point de mati\'e8re avait de z \'e9ro \'e0 trois dimensions temporelles, chaque instant poss\'e9dait de z\'e9ro \'e0 trois coordonn\'e9es spatiales. Pour les sp\'e9cialistes c\rquote \'e9tait bien plus complexe et seuls des artifices math\'e9matiques, comme l\rquote \'e9tude des propri \'e9t\'e9s des espaces fibr\'e9s et de leurs projections virtuelles permettaient, \'e0 quelques forts en th\'e8me de s\rquote y retrouver. \par Comme si cela n\rquote avait pas d\'e9j\'e0 \'e9t\'e9 assez compliqu\'e9, le probl\'e8me des mandalas et de la r\'e9alit\'e9 de leurs propri\'e9t\'e9s se heurtait de front avec l\rquote absence de th\'e9ories suffisantes pour les expliquer. Il y av ait du boulot pour des gens comme Clone 001 Betty. \par Mais toute m\'e9daille \'e0 son revers, et \'e0 l\rquote \'e9gal de son mod\'e8le, notre clone avait un caract\'e8re fougueux, indisciplin\'e9, imaginatif qui la rendait impropre au contact permanent avec le reste de la population. D\'e8s qu\rquote  elle eut 15 ans elle demanda et obtint de disposer d\rquote un laboratoire pour ses propres recherches, loin de toute universit\'e9 mais en liaison permanente avec ses professeurs par le biais de l\rquote informatique. Quand elle avait trop travaill\'e9 , elle s\rquote accordait une sorte de r\'e9cr\'e9ation en \'e9tudiant les d\'e9tails de la vie de Betty Spring et, par l\rquote Araign\'e9e put, en quelques ann\'e9es r\'e9unir une documentation importante. Mais elle se sentait assez diff\'e9 rente sur bien des plans. Betty \'e9tait active, certes, mais pas sp\'e9cialement sportive, alors que clone 001 cultivait son corps et sa musculature avec plaisir et comme on le lui avait recommand\'e9 pour quand elle ferait le \'93Voyage \'93  vers une autre plan\'e8te. Autant l\rquote original \'e9tait en rondeurs et en f\'e9minit\'e9, autant le clone \'e9tait en muscles et se sentait l\rquote \'e9gale des hommes. Betty Spring avait, de son temps, des app\'e9 tits brusque de nourriture, de boissons, de relations sexuelles qu\rquote elle se d\'e9p\'eachait de satisfaire aussi vite que possible pour que ce genre de besoins ne ralentissent jamais son activit\'e9. \par  Clone 001 Spring recevait, comme tout un chacun, sa pitance au distributeur de son logement et n\rquote avait jamais ni soif ni faim brutale. La limitation et r\'e9gulation des naissances s \lquote effectuait par le biais de ces distributeurs qui in cluaient dans la ration quotidienne de quoi ralentir toutes les pulsions inopportunes. Quand un individu ou un couple d\'e9sirait un enfant il le demandait au centre le plus proche. Alors Nounou se chargeait de la r\'e9 alisation technique in vitro ou in vivo ou par le biais des moyens naturels si les deux futurs parents \'e9taient d\rquote accord et quand le planning mondial l\rquote  autorisait. Ensuite, la ration quotidienne ne contenait plus aucun contraceptif ni aucun mod\'e9rateur d\rquote hormones. Ceci expliquait que Clone 001 Betty diff\'e9rait d\rquote une fa\'e7on notable de Betty Spring de l\rquote an 2000 apr\'e8s J. C.  \par Le probl\'e8me de l\rquote insertion d\rquote une individualit\'e9 aussi forte que celle de la Betty actuelle fut r\'e9solu par elle-m\'eame qui se sentait \'e9touffer sous le carcan des contraintes de politesse, d\rquote urbanit\'e9  et de la paresse ambiante. La population de la terre \'e9tait rassembl\'e9e dans des zones urbaines couvrant de grandes surfaces et o\'f9 les maisons individuelles \'e9taient de rigueur. Seuls quelques jeunes c\'e9libataires ou \'e9 tudiants, et quelques d\'e9viants recherchant les contacts humains permanents vivaient dans de beaux immeubles situ\'e9s au coeur m\'eame de ces agglom\'e9rations. Les exploitations agricoles \'e9taient automatis\'e9es et tr\'e8s peu peupl\'e9 es, quelques techniciens de maintenance et des camions de livraisons devaient les visiter. Un grand nombre d\rquote anciennes bourgades avaient disparu soit en se trouvant englob\'e9es dans une m\'e9galopole soit abandonn\'e9 es par la population. Certaines de ces petites villes oubli\'e9es avaient, au cours de l\rquote histoire, eu leur heure de gloire et poss\'e9d\'e9  facult\'e9 s et services de recherches. Betty chercha et trouva un endroit de ce type qui lui convenait pour s\rquote y isoler, travailler et \'e9puiser son \'e9nergie en battant la campagne et les for\'eats avoisinantes. Apr\'e8s tout, au mieux, elle devrait att endre encore au moins quatre ou cinq ans avant son voyage. Le mieux \'e9tait d\rquote organiser sa vie de la fa\'e7on qui lui convenait le mieux. \par Elle s\rquote installa dans une ancienne zone industrielle qui se trouvait proche de la ville de Kolwesi, laquelle fut pendant trois si\'e8cles la capitale mondiale du cuivre, et depuis, compl\'e8tement abandonn\'e9e. Elle se trouvait dans une r\'e9 gion que l\rquote agriculture automatis\'e9e avait laiss\'e9e en friche. C\rquote \'e9tait au nord du lac Kivu, que dominait le plus haut des anciens volcans de la cha\'eene des Virunga, le Kansimbi,  pr\'e9s de la fronti\'e8re de ce qu\rquote  on avait nomm\'e9 le Rwunda. La ville elle-m\'eame avait prosp\'e9r\'e9, pendant quelques si\'e8cles, en vivant des industries d\rquote extraction, et au d\'e9but du 21\'b0 si\'e8cle chr\'e9tien, de m\'e9tallurgie. Puis, on lui avait pr\'e9f\'e9r\'e9  Novosibirsk, pour des facilit\'e9s d\rquote extraction m\'e9canis\'e9e et la richesse des gisements. A l\rquote \'e9puisement des mines elle se d\'e9peupla peu \'e0 peu et les b\'e2timents, tomb\'e9 s depuis longtemps en ruines, se trouvaient recouverts de v\'e9g\'e9tation. Seuls avaient r\'e9sist\'e9 au temps, deux blockhaus identifi\'e9s comme anciens centres de recherches en min\'e9ralogie, chimie, g\'e9ologie, r\'e9sistance des mat\'e9 riaux, pour les principales activit\'e9s qui, jadis, \'e9taient financ\'e9e par les mines. En compl\'e9ment, pour la formation des ing\'e9nieurs, quelques salles \'e9taient \'e9quip\'e9es pour servir de laboratoires de m\'e9canique,  physique, analyses,  \'e9lectricit\'e9, magn\'e9tisme, etc... Tout ce dont Betty pouvait avoir besoin.  \par La m\'e9galopole la plus proche se trouvait \'e0 moins d\rquote une heure de libellule et lui permettrait certains achats ou de prendre tous contacts utiles avec d\rquote  autres personnes. Le lieu convenait aussi aux Directeurs car la surveillance du clone en serait facilit\'e9e et les rapports avec le reste des habitants rar\'e9fi\'e9s. Ils donn\'e8rent leur accord et se d\'e9clar\'e8rent pr\'eats \'e0 l\rquote  aider si le besoin s\rquote en faisait sentir. \par Le n\'e9cessaire fut fait pour qu\rquote on lui am\'e9nage un petit appartement confortable dans un ancien groupe de bureaux dont les fen\'eatres donnaient directement sur la for\'eat, pour peu que l\rquote on ouvre les lourds stores antiatomiques qui  \'e0 son arriv\'e9e les masquaient. Le jour de son anniversaire de quinze ans, licenci\'e9e en sciences, elle attaqua des \'e9tudes pour son Doctorat Professoral, depuis son nouveau domicile. Un distributeur de nourriture et un m\'e9dic  existaient et furent remis en route, dans cette installation de base, comme dans n\rquote importe quelle habitation sur notre plan\'e8te. Pour le reste elle disposait, comme tout un chacun, de sa carte mensuelle. \par Le sujet de la th\'e8se qu\rquote elle attaqua d\'e8s son arriv\'e9e, \'e9tait d\'e9sign\'e9 sous un titre pompeux car depuis que les doctorats et les th\'e8ses existent, ceux qui les donnent aux imp\'e9trants consid\'e8rent cette forme comme esth\'e9 tique. Ce fut donc : \par  \'93Contribution \'e0 l\rquote \'e9tude des propri\'e9t\'e9s r\'e9tro temporelles des dispositifs fibro spaciaux dits\'94 mandalas\'94 au voisinage des limites g\'e9om\'e9triques et \'e9nerg\'e9tiques minimales et maximales des dits dispositifs.\'94  .Ce baragouin signifiant : voir ce qui se passe quand on agrandit ou r\'e9duit la taille des mandalas tout en variant le courant d\rquote alimentation  utilis\'e9. \par Comme on le pense, rien de bien passionnant !Cela serait, au plus, une collation des exp\'e9riences pass\'e9es avec une remise en ordre des donn\'e9es et examen des cas extr\'eames. Le groupe des Directeurs ne voulait pas qu\rquote elle s\rquote  embarque dans quelque chose de novateur qu\rquote elle ne quitterait qu\rquote \'e0 regret quand le moment de son d\'e9part serait fix\'e9. De plus, qui sait ? Peut-\'eatre que cela lui permettrait de trouver un moyen pour le retour ?  \par  Ce qu\rquote ils ignoraient c\rquote est que Betty avait d\'e9cid\'e9 de ne partir vers une plan\'e8te inconnue, que contrainte et forc\'e9e. Elle allait endormir leur attention, pr\'e9parer sa th\'e8 se comme une gentille petite fille tout en explorant la r\'e9gion foresti\'e8re. Son intention \'e9tait de s\rquote  y promener, plusieurs fois durant quelques jours, pour les habituer au fait qu\rquote  elle vadrouillait volontiers. Puis, elle trouverait le moyen de s\rquote \'e9vaporer dans la nature et de mener sa vie. Clone peut-\'eatre, mais pas copie, ni personne de second rang ! Elle se consid\'e9rait comme Elisabeth Spring et ne voulait qu\rquote  on la regarde uniquement comme la reproduction utile d\rquote une personne morte depuis tant d\rquote ann\'e9es. Elisabeth/Betty disposait encore de beaucoup de temps et avait confiance en ses propres qualit\'e9s pour parvenir \'e0 \'e9 chapper au sort que les Directeurs lui avaient r\'e9serv\'e9. Mais il lui fallait un peu noyer le poisson en attendant. Alors elle attaqua son travail avec force et intensit\'e9. En moins de deux ans elle avait r\'e9dig\'e9 quelque chose de pr\'e9 sentable mais ne laissa pas savoir que c\rquote \'e9tait fini. Par contre, elle se livra \'e0 des recherches personnelles sur une id\'e9e de base qui, un soir lui avait travers\'e9 l\rquote esprit et valait d\rquote \'eatre creus\'e9e : \par << Le but ultime de la population terrestre \'e9tait de prendre contact avec des plan\'e8tes \'e9loign\'e9es pour initier les voyages spatiaux. Oui, mais pourquoi au juste ? Quel \'e9tait le r\'e9el int\'e9r\'eat de visiter \'e0  grands frais des mondes si lointains ? La seule vraie r\'e9ponse sous tendue r\'e9sidait, en fait, dans l\rquote espoir de rencontrer d\rquote autres civilisations, d\rquote autres \'eatres pensants, donc de savoir si, oui ou non nous \'e9 tions seuls ? Et, en affinant encore, seules \'e9taient esp\'e9r\'e9es des civilisations aussi \'e9volu\'e9es que celle de la Terre ou plus avanc\'e9es encore, Car \'e0 quoi cela aurait-il pu bien servir de tomber sur des peuples d\'e9couvrant to ut juste le feu ? La seule r\'e9elle justification de toute l\rquote entreprise humaine depuis plus d\rquote un mill\'e9naire se trouvait dans l\rquote hypoth\'e8se de rencontres avec des \'eatres d\rquote un \'e9gal degr\'e9 d\rquote \'e9 volution ! En cons\'e9quence certains de ces extraterrestres qui nous int\'e9ressaient tant, avaient peut-\'eatre d\'e9j\'e0 la ma\'eetrise des voyages spatiaux. Pour des raisons identiques aux n\'f4tres (quel int\'e9r\'eat d\rquote acc\'e9l\'e9rer l \rquote \'e9volution d\rquote un autre monde, pour eux arri\'e9r\'e9 ? )  ils  nous connaissaient et attendaient tranquillement que nous ayons atteint le degr\'e9 de maturit\'e9 voulue.  \par Il y aurait donc eu, pendant notre histoire quelques rares visites de leurs savants pour constater la vitesse de notre \'e9volution et nous aurions \'e9t\'e9 d\'e9laiss\'e9s. Pas impossible en toute logique. Maintenant, poussons plu s loin, se dit Elisabeth. Si plusieurs de ces plan\'e8tes existaient, elles  devaient comporter des voyageurs se promenant des uns aux autres ! Par quel moyen voyageaient-ils ? L\rquote extrapolation des th\'e9ories de Ducerf montrait que  notre Univers  \'e9tait bien l\rquote interp\'e9n\'e9tration d\rquote un espace tridimensionnel ab\'e9lien et d\rquote un temps tridimensionnel qui, lui ne l\rquote \'e9tait pas. Il \'e9tait possible que d\rquote autres moyens de transport aient \'e9t\'e9 trouv\'e9 s. Qui pouvait le dire ? Mais le plus probable \'e9tait qu\rquote ils utilisaient, comme les terriens commen\'e7aient \'e0 tenter de le faire, le syst\'e8me de mandalas dont ils avaient une bien meilleure ma\'eetrise. Ils auraient donc install\'e9  des mandalas dans toutes les plan\'e8tes s\'e9lectionn\'e9es entre eux par consensus mutuels ou par cooptation. Donc des mandalas r\'e9cepteurs existeraient sur tous les mondes consid\'e9r\'e9s comme assez civilis\'e9s. Voil\'e0  un grand pas franchi dans ma r\'e9flexion! . En effet, si j\rquote ai raison, pourquoi attendre que l\rquote un de nos mandalas, dans quelques ann\'e9es, arrive dans un monde qui pourrait se trouver inhabitable ?. Je serais bien plus avis\'e9 e en essayant de cr\'e9er un instrument qui puisse me permettre de d\'e9celer, avec une pr\'e9cision suffisante, quelles sont les caract\'e9ristiques de LEURS  mandalas. Ainsi, il me suffirait d\rquote ajuster un mandala pe rsonnel aux bonnes modulations pour me retrouver chez eux avant que les autres voyageurs ou clones n\rquote arrivent dans leurs plan\'e8tes respectives. >>  \par Elle d\'e9cida de consacrer ses recherches \'e0 l\rquote \'e9tude d\rquote un tel appareil. Quand il serait aussi au point que possible, elle aurait \'e0 d\'e9m\'e9nager vers un observatoire astronomique et \'e0 le coupler avec un radio t\'e9 lescope explorant l\rquote Univers. Avec un peu de chance elle trouverait un point de chute ! Elle divisa son travail personnel en deux parties  \par D\rquote une part la construction d\rquote un \'e9metteur plus pr\'e9cis que tous ceux qui existaient et qui serait capable de produire une \'e9mission dont la valeur de la modulation de fr\'e9quence s\rquote exprimerait avec six d\'e9 cimales ou plus. Ceci ne devait pr\'e9senter que des difficult\'e9s technologiques qu\rquote elle se sentait \'e0 m\'eame de r\'e9soudre avec l\rquote aide Nounou puis de r\'e9aliser elle-m\'eame ou aid\'e9e d\rquote habiles artisans. \par Dans une recherche parall\'e8le elle se devait de se documenter sur les radiot\'e9lescopes et tout ce qu\rquote ils avaient pu glaner comme informations depuis qu\rquote  ils existaient. Puis, et  surtout se demander comment elle pourrait les perfectionner assez pour qu\rquote ils puissent d\'e9tecter, presque \'e0 l\rquote infini, un mandala r\'e9cepteur en attente ? \par Effectivement en quelques mois elle trouva ce que devrait devenir son \'93\'e9metteur de pr\'e9cision\'94 et essaya de le construire. Mais ses doigts \'e9taient trop gros pour la pr\'e9cision des pi\'e8ces et elle n\rquote  avait aucune pratique du travail sous microscope ; alors elle d\'fbt se r\'e9soudre \'e0 en \'e9tablir le sch\'e9ma et \'e0 \'e9tablir une demande aux Directeurs pour obtenir que des ateliers sp\'e9cialis\'e9 s prennent ce travail en charge. Cela demanda encore du temps mais elle obtint des prototypes, en provenance de trois usines diff\'e9rentes. Il n\rquote y en avait qu\rquote un de parfaitement r\'e9alis\'e9 et qui donnait une pr\'e9cisio n encore 100 fois plus grande que celle esp\'e9r\'e9e : huit d\'e9cimales au lieu de six ! \par Nounou consult\'e9e sur les donn\'e9es concernant la r\'e9colte faite par les radiot\'e9lescopes lui donna le sentiment de s\rquote attaquer \'e0 trop gros pour une seule vie, alors, elle d\'e9cida de re formuler ses questions. Ce qui se rapportait \'e0  la technologie des radiot\'e9lescopes, elle l\rquote avait enregistr\'e9 et le savait maintenant tout \'e0 fait bien. Mais rien ne l\rquote int\'e9ressait dans tout le fatras de donn\'e9es concernant les r\'e9ceptions de quasars ou de p ulsars, explosions stellaires de diverses origines ou radiations \'e9mises par les soleils. Elle demanda donc \'e0 \'eatre simplement inform\'e9e de tout ce qui n\rquote \'e9tait pas tout cela. Dans ses donn\'e9es propres Nounou n\rquote avait rien \'e0  fournir comme r\'e9ponse, car chaque fois que la machine donnait une liste des r\'e9ceptions de type \'93 fatras\'94 Elisabeth lui faisait dispara\'eetre la cat\'e9gorie compl\'e8te dans la recherche. Il ne restait \'e0 la fin que les donn\'e9 es que BAFESI avait recueillies depuis son d\'e9part. L\'e0 il y avait une seule et unique r\'e9ponse. Nounou en pr\'e9cisa les coordonn\'e9es astronomiques telles qu\rquote elles \'e9taient au moment ou l\rquote engin des Cephs avait re\'e7 u ce signal et calcula tr\'e8s exactement o\'f9 se positionnait l\rquote \'e9metteur \'e0 pr\'e9sent. Pour ne pas avoir ult\'e9rieurement \'e0 reposer la m\'eame question en recommen\'e7ant toute la recherche, elle donna \'e0 cet \'e9metteur une r\'e9f \'e9rence sp\'e9ciale et un nom : Port Spring 0001.Ainsi lorsqu\rquote elle serait op\'e9rationnelle elle redemanderait la position pr\'e9cise et pourrait y diriger son radiot\'e9lescope. \par Il ne lui restait plus qu\rquote \'e0 trouver un progr\'e8s technique qui permette d\rquote affiner encore la pr\'e9cision de ces instruments et d\rquote obtenir l\rquote autorisation d\rquote aller l\rquote exp\'e9rimenter \'e0 sa guise. Clone 001 Traor \'e9 \'e9tait \'e0 moins de deux ans de son d\'e9part quand Elisabeth fut pr\'eate. Elle \'e9tait \'e2g\'e9e de 20 ans et 1 mois. \par Il lui fallait maintenant choisir une voie : ou bien apr\'e8s la remise de sa th\'e8se elle disparaissait dans la nature comme pr\'e9vu et essayait de vivre dans une sorte de clandestinit\'e9 ou bien, plus hardie, elle renon\'e7ait \'e0 cet ancien r\'ea ve et tentait de partir, seule et bien avant le voyage de clone 001 Kog, directement \'e0 Port Spring ! \par Son caract\'e8re imp\'e9tueux la poussait \'e0 choisir la seconde des alternatives mais, c\rquote \'e9tait aussi une personne raisonnable. Elle pensa qu\rquote un essai de vie hors du syst\'e8me distributionniste m\'e9ritait d\rquote \'eatre tent\'e9 . Quelques mois en sauvage ne pouvaient que lui apporter du grain \'e0 moudre. Si cela se r\'e9v\'e9lait trop dur, elle reviendrait tout simplement mais elle aurait appris ses propres limites. Si, au contraire, elle s\rquote  en sortait alors ce serait un encouragement pour elle \'e0 franchir le pas en se rendant \'e0 Port Spring. \par Dans le monde homog\'e8ne o\'f9 elle vivait avec des gens bien adapt\'e9s et plut\'f4t de caract\'e8res mous, on ne connaissait pas d\rquote exceptions. Tous parlaient une langue unique d\'e9rivant de l\rquote anglais antique, tous \'e9taient enregistr \'e9s d\'e8s leurs naissances et suivis tout le long de leurs vies, profitant du syst\'e8me de distribution et en tirant le principal de leurs besoins. Au d\'e9but de l\rquote \'e8re AA et durant  250 ans il y avait eu quelques groupes de r\'e9 fractaires qui refus\'e8rent le syst\'e8me puis tent\'e8rent de survivre en ind\'e9pendants. On les laissa \'e0 leurs tentatives et, au cours des ann\'e9es, ils se rar\'e9fi\'e8rent puis, disparurent totalement. \par  Les archives de Nounou ne comportaient aucun cas de gens signal\'e9s hors de sa port\'e9e ou inconnus dans les donn\'e9es. Or, \'e0 la surprise d\rquote Elisabeth, elle en avait rencontr\'e9 au cours d\rquote une de ses balades dans la for\'eat. Sans pr \'e9m\'e9ditation de sa part  sa libellule se posa un jour \'e0 dix m\'e8tres d\rquote un village de pygm\'e9es. Elle en vit les huttes mais n\rquote  entreprit rien pour s\rquote en approcher. Comme elle s\rquote \'e9tait assise aupr\'e8s d\rquote  un arbre pour manger quelques g\'e2teaux secs les petits hommes sortirent les uns apr\'e8s les autres et la regard\'e8rent avec curiosit\'e9 mais sans montrer de crainte. Elle leur fit l\rquote offrande d\rquote un paquet de d\'e9licieux biscuits qu \rquote ils accept\'e8rent avec beaucoup de naturel. Ils utilisaient un idiome particulier mais deux d\rquote entres eux parlaient la langue g\'e9n\'e9rale. Ils pr\'e9f\'e9raient vivre comme leurs anc\'eatres et se passaient de distributeurs pour s \rquote alimenter ou se v\'eatir. Elle leur promit de ne pas parler d\rquote eux et tint parole. Chaque fois qu\rquote elle trouvait un moment de libre ou qu\rquote elle voulait faire une pose dans son travail, elle allait leur r endre visite avec de menus cadeaux. En \'e9change, ils l\rquote instruisaient sur la fa\'e7on d\rquote utiliser les ressources naturelles. Ils devinrent peu \'e0 peu de bons amis. Un jour elle leur amena en cadeau une machette d\rquote acier qui fut tr \'e8s appr\'e9ci\'e9, mais la premi\'e8re chose dont ils se pr\'e9occup\'e8rent fut d\rquote en briser la poign\'e9e de bois pour la remplacer par une plus \'e9troite et compatible avec la dimension de leurs mains. En retour ils lui donn\'e8 rent des colliers de graines. \par Puis, vint le jour ou l\rquote un des jeunes c\'e9libataires lui proposa, dans une demande tout \'e0 fait impr\'e9vue, de bien vouloir s\rquote accoupler avec lui ! Il exposa que le principal probl\'e8me qu\rquote ils rencontraient venait de la rar\'e9 faction des pygm\'e9es. Ceci remontait \'e0 la fin de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne au cours de la guerre que se livr\'e8rent deux civilisations de m\'eame ethnie : les Utus et les Tutsis on compta beaucoup de morts parmi les bellig\'e9 rants et leurs familles, mais les plus touch\'e9s furent en fait les mirmidons, les petits hommes de la for\'eat, leur propre race. R\'e9duits \'e0 une poign\'e9e de groupes tribaux dispers\'e9s dans la for\'eat, ils devaient veiller \'e0 \'e9 viter les unions consanguines et chercher de temps en temps \'e0 renouveler leurs g\'e8nes en se croisant avec les gens de tailles  sup\'e9rieures. D\rquote o\'f9 la curieuse demande ! \par Elisabeth expliqua qu\rquote elle ne souhaitait pas encore enfanter car elle avait un grand voyage \'e0 accomplir. Elle att\'e9nua son refus en exprimant que si le jeune homme voulait bien lui indiquer la direction d\rquote un autre groupe, m\'ea me lointain, elle pouvait lui \'e9viter bien de la fatigue en l\rquote y emmenant avec sa libellule. Elle comprit aussi que toute tentative de sa part d\rquote aller, dans cette r\'e9gion, vivre en solitaire quelques jours pour s\rquote  aguerrir, risquait de lui apporter des probl\'e8mes auxquels elle n\rquote avait pas song\'e9.  \par Elisabeth y renon\'e7a donc, mais emmena le jeune homme \'e0 six cents kilom\'e8tres, l\'e0 o\'f9 vivait un autre groupe de pygm\'e9es. Pour la remercier, il lui fit pr\'e9sent d\rquote un paquet de \'93lianes \'e9prouvettes \'93et lui en montra l\rquote  usage : en pr\'e9sence de toute plante inconnue ou douteuse il suffisait de prendre un petit morceau de cette liane s\'e9ch\'e9e et de l\rquote introduire dans la plante puis de la ressortir et d\rquote examiner la couleur qu\rquote  elle avait prise. Si elle ressortait verte, c\rquote \'e9tait consommable, si la teinte virait au rouge ou \'e0 l\rquote orange, il s\rquote agissait d\rquote un poison pour l\rquote homme. Dans quelques rares cas, la liane pouvait ressortir bleue. C \rquote est qu\rquote  il s\rquote agissait alors d\rquote un produit \'e0 caract\'e8re de drogue qui susceptible de trouver des usages en m\'e9decine ou pour engourdir les animaux \'e0 sang chaud, mais que l\rquote on devait \'e9viter de manger. La premi \'e8re pens\'e9e d\rquote Elisabeth fut de se dire que cela aurait pu \'eatre pr\'e9cieux pour visiter d\rquote autres plan\'e8tes, mais, que comme on ne pouvait rien emmener avec soi dans le mandala, il faudrait qu\rquote elle se d\'e9brouille s ans. De plus, dans son hypoth\'e8se, elle ne visiterait que des mondes civilis\'e9s. Comparativement, Clone 001 Traor\'e9 ne savait pas sur quoi il pouvait tomber et risquait de subir le malheureux sort de ce pauvre Clone 002 Palmer. \par  \par Ce fut 14 mois avant le d\'e9part de Clone 001 Traor\'e9 qu\rquote elle fut fin pr\'eate. Sa th\'e8se avait \'e9t\'e9 rendue et soutenue avec succ\'e8s. Elle vivait, depuis quelques semaines, aupr\'e8s de l\rquote  observatoire de Radio astronomie du Pic du Midi. Elisabeth avait parfaitement rep\'e9r\'e9 et mesur\'e9 les  param\'e8tres de sa cible ! Puis elle avait r\'e9gl\'e9 son mandala de d\'e9part avec une pr\'e9cision maximale et laiss\'e9 en diff\'e9r\'e9  un message pour Nounou. La machine ne le recevrait que quand elle ne serait plus qu\rquote \'e0 cinq minutes de son \'93lancement \'93. Elle y expliquait ses id\'e9es et la m\'e9thode choisie. Quand l\rquote instant pr\'e9cis de son d\'e9part fut arriv \'e9, elle se positionna, nue, dans son mandala et enclencha le levier. \par .................................................................................................................................................... \par  \par . \par  \par  \par }{\f28\fs26\cf2 Le CEPH Voyageur }{\f28\fs26\cf17  \par  \par Lorsque le Ceph eut son r\'e9veil cyclique, comme tous les deux cents ans, bien des choses \'e9taient chang\'e9es. Le vaisseau se trouvait coinc\'e9 en orbite et ne pouvait s\rquote en d\'e9gager. Il y avait eu communication et compr\'e9 hension entre le syst\'e8me logique d\rquote une plan\'e8te et celui de son engin de transport. Le Ceph constata que les deux cerveaux \'e9lectroniques \'e9changeaient des donn\'e9es et chargeaient des programmes en continu. Ceci ne le d\'e9 rangeait en rien, mais il avait eu une sensation bizarre \'e0 son r\'e9veil et ne pouvait pas pr\'e9ciser. De son aquarium il disposait de possibilit\'e9s de commandes tactiles et sa premi\'e8re op\'e9ration fut d\rquote arr\'ea ter le cycle de ses dissociations et r\'e9g\'e9n\'e9rations. Puis de concentrer son esprit vers la direction dans laquelle se trouvait cette plan\'e8te. Il subit alors un choc car il venait de d\'e9celer d\rquote autres Cephs, peu avanc\'e9 s certes, mais dot\'e9s de t\'e9l\'e9pathie et donc capables de communiquer avec lui. Bien qu\rquote ils fussent tr\'e8s peu \'e9volu\'e9s par rapport \'e0 lui-m\'eame il comprit que sa mission avait trouv\'e9  un terme ! Il pouvait, maintenant, communiquer toute la science de sa plan\'e8te aux Cephs de celle-ci. Bien qu\rquote il n\rquote ait pas d\'e9tect\'e9 de Cralangs il re\'e7ut le message retour concernant des esp\'e8ces avoisinant es qui pourraient les remplacer . La seule chose qui le g\'eanait \'e9tait l\rquote orbite de Pluton qui le mettait hors de port\'e9e de la terre pendant les neuf dixi\'e8mes de son temps. En fait le syst\'e8me de BAFESI l\rquote avait d\'e9j\'e0 r\'e9 veill\'e9 quatre fois sans que la conjonction plan\'e9taire ne lui permette un contact. Cette fois ci \'e9tait la bonne.  Mais il disposait d\rquote une m\'e9thode pour livrer le maximum d\rquote informations : au lieu d\rquote ouvrir son esprit \'e0 un  \'e9change qui, dans ce cas aurait demand\'e9 plusieurs dizaines d\rquote ann\'e9es, il pouvait se livrer \'e0 une op\'e9ration\'94 fragmentation et \'e9missions \'93 qui aboutirait \'e0 ce que l\rquote ensemble des donn\'e9 es dont il disposait serait subdivis\'e9 en une centaine de milliers de fragments dont chacun serait re\'e7u par plusieurs Cephs au m\'eame instant sur la plan\'e8te. Sur le monde des Cralangs, ils avaient dispos\'e9 de plus de mille ann\'e9es pour pr\'e9 parer cette technique et entra\'eener celui qui, parmi eux, entreprendrait le voyage. Il n\rquote eut donc aucune h\'e9sitation sachant pourtant qu\rquote ensuite il mourrait. Les Cephs de la plan\'e8te r\'e9ceptrice \'e9 changeraient entre eux les informations re\'e7ues et chacun d\rquote entre eux, \'e0 la fin, recevrait toute l\rquote exp\'e9rience v\'e9cue par l\rquote envoy\'e9 du monde des Cephs et des Cralangs. Il se recroquevilla dans un supr\'ea me effort de concentration et, quand il sentit le moment arriv\'e9, il toucha le contact voulu avec son tentacule. Il ressentit comme un choc tout en ayant la certitude qu\rquote \'e0 l\rquote autre bout les informations \'e9taient per\'e7 ues. Pas comprises, pas assimil\'e9es, mais disponibles pour des g\'e9n\'e9rations de Cephs locaux. Puis il rendit \'e0 l\rquote entropie ce qu\rquote il devait, car toute vie est contraire \'e0 l\rquote entropie et n\rquote est qu\rquote  un emprunt momentan\'e9 au syst\'e8me qui r\'e9git notre univers. Sa mort fut donc naturelle et accept\'e9e. \par ...................................................................................................................................................... \par  \par SAPIENS. \par  \par La mort du Ceph et la fin de la mission de ce dernier auraient pu terminer celle de BAFESI. Mais sa mise en r\'e9seau avec Nounou modifia bien des param\'e8tres de base pour les deux cerveaux. Ils ne form\'e8rent qu\rquote une entit\'e9 et s\rquote adress \'e8rent \'e0 Varo, dernier des directeurs ayant pris contact avec eux, pour l\rquote informer des points suivants : \par  \par Le r\'e9seau \'e9tait intelligent. Il avait fusionn\'e9 avec le cerveau embarqu\'e9 d\rquote un vaisseau stellaire envoy\'e9 par une autre civilisation. \par Il n\rquote avait pas de mission autre que celle de r\'e9pondre aux besoins de l\rquote humanit\'e9, comme Nounou le faisait par le pass\'e9. \par Il pouvait r\'e9pondre \'e0 des questions non pos\'e9es et qui auraient d\'fb l\rquote \'eatre. \par Il avait une r\'e9ponse \'e0 la question pos\'e9e concernant les Clones et \'e9tait pr\'eat \'e0 la fournir. \par Il avait une r\'e9ponse urgente \'e0 une question non pos\'e9e concernant le Clone 001 Spring. \par Il demandait \'e0 Varo de lui donner une nouvelle identit\'e9 plus conforme \'e0 ce qu\rquote il \'e9tait devenu. \par  \par Varo \'e9tait tellement stup\'e9faite par l\rquote avalanche de ces nouvelles qu\rquote elle ne prit pas le temps de r\'e9fl\'e9chir et pensa que le r\'e8gne de l\rquote homo sapiens/ sapiens venait de se terminer pour voir l\rquote av\'e8nement d\rquote  un R\'e9seau Sapiens ! Elle r\'e9pondit donc, \'e0 la derni\'e8re question, sans consulter les autres, tout simplement: \par << NOUNOU SAPIENS >> Ce nom fut enregistr\'e9 par le r\'e9seau qui, d\'e9sormais, r\'e9pondrait sous les deux termes : Nounou comme par le pass\'e9 et / ou  SAPIENS pour les questions compliqu\'e9es. \par Le premier acte de Varo fut de r\'e9unir, d\rquote urgence, une conf\'e9rence avec tous les autres Sages de la plan\'e8te afin qu\rquote ils suivent l\rquote \'e9volution des \'e9 changes entre elle et SAPIENS. Cela ne consomma que quelques instants. Puis elle demanda quelle \'e9tait la question urgente non pos\'e9e et quelle \'e9tait la r\'e9ponse \'e0 la question qu\rquote elle avait elle-m\'eame inscrite et pour laquelle elle n \rquote avait re\'e7u que la r\'e9ponse : \par  << Je ne sais pas, je vais demander >> \par Curieusement c\rquote est par-l\'e0 que SAPIENS d\'e9buta sa r\'e9ponse : \par <<Le Clone 001 Traor\'e9 n\rquote \'e9tant que la r\'e9plique des propri\'e9t\'e9s de base de l\rquote individu d\'e9c\'e9d\'e9 qu\rquote \'e9tait le fameux Kog original de la l\'e9gende de Ducerf, vous ne disposerez pas de l\rquote ensemble des qualit \'e9s et surtout de l\rquote exp\'e9rience personnelle acquises par celui-ci. Je suis \'e0 m\'eame, maintenant et gr\'e2ce aux donn\'e9es fournies par le vaisseau BAFESI, de transf\'e9rer dans ce corps, et tr\'e8 s exactement au moment de sa dissociation/ reconstitution, les donn\'e9es que j\rquote ai en m\'e9moire de l\rquote \'eatre original \'e0 un \'e2ge voisin. Ceci a eu lieu pour chaque voyage ex\'e9cut\'e9 par l\rquote interm\'e9 diaire de BAFESI et pour tous les voyageurs ayant utilis\'e9 le syst\'e8me des mandalas. Les donn\'e9es ont \'e9t\'e9 conserv\'e9es \'e0 chaque fois et je suis capable de fournir celles qu\rquote avait ce m\'eame Kog lors de son dernier passage,  onze ann \'e9es encore plus tard. Lors de la premi\'e8re op\'e9ration Mandala de ce Kog, elle fut ex\'e9cut\'e9e alors qu\rquote il \'e9tait \'e2g\'e9 de trente cinq ans, ce qui est tr\'e8s voisin de l\rquote \'e2ge actuel du clone 001 Traor\'e9. \par  Ce que les humains ignorent et que vous devez savoir maintenant, est que le syst\'e8me de gu\'e9rison par mandala ne peut se produire sans l\rquote assistance du vaisseau et c\rquote est toujours ainsi qu\rquote il a pu fonctionner depuis le d\'e9 but. Il y a d\rquote autres conditions. Par exemple : Quand, apr\'e8s une dissociation et une reconstitution \'e0 grande distance, on tente de faire voyager un individu dans l\rquote autre sens ! Notamment en rempla\'e7ant le mandala de d\'e9 part par un autre plus grand que celui de l\rquote arriv\'e9e. Le syst\'e8me BAFESI redonne la premi\'e8re structure enregistr\'e9e et, de ce fait n\rquote apporte pas de gu\'e9rison ni de remise en forme. La th\'e9 orie de Ducerf avait des lacunes auxquelles les civilisations des Cephs et des Cralangs ont suppl\'e9\'e9 sans l\rquote avoir express\'e9ment voulu, et ce, par le biais des m\'e9canismes automatiques incorpor\'e9s dans le vaisseau BAFESI. Ainsi, c elui qui arrivera dans le Mandala r\'e9cepteur, pourra \'eatre, si vous le d\'e9cidez,  une superposition de Kog et de son propre clone. La fusion des identit\'e9s sera imm\'e9diate et ce qu\rquote ils savent l\rquote un de l\rquote autre d\'e8 s cette fusion op\'e9r\'e9e, fera que la m\'e9moire de chacun s\rquote ajoutera \'e0 celle de l\rquote autre. Il ne devrait pas y avoir de grands troubles, sauf vraisemblablement sous forme de r\'eaves. Son coefficient d\rquote  adaptation devrait permettre cette reconstruction sans grave probl\'e8me >>.  \par << Oui, je comprends, mais qu\rquote en est-il de Clone 001 Spring ? >> \par << Dans quatre minutes le Clone 001 Spring va se transf\'e9rer sur un mandala d\rquote un monde  \'e9tranger \'e0 votre civilisation et \'e0 celle des Cephs. Ceci, gr\'e2ce \'e0 un dispositif qu\rquote  elle a mis au point. La confirmation de son entreprise vient de me parvenir. Je vous la communiquerai plus tard vu l\rquote urgence. Je dispose aussi, et par les m\'eames moyens, d\rquote une copie de l\rquote original \'93 Betty\'94 \'e0 un \'e2 ge qui en permettrait la reconstitution quand elle arrivera  dans un monde sur lequel je ne poss\'e8de que les coordonn\'e9es. En effet ni dans mes m\'e9moires, ni dans celles de BAFESI, je ne trouve rien de plus. Me donnez-vous l\rquote ordre de l \rquote effectuer ? Il reste quarante-deux secondes >>.  \par Varo consulta d\rquote un coup d\rquote oeil les \'e9crans o\'f9 les autres Sages \'e9taient \'e0 l\rquote image. Il y eut quelques approbations de la t\'eate, d\rquote autres r\'e9fl\'e9chissaient encore. Varo se jeta \'e0 l\rquote eau et r\'e9pondit :  \par << Faites-le ! >> \par SAPIENS ex\'e9cuta l\rquote ordre aussit\'f4t. C\rquote est la personnalit\'e9 de Betty \'e0 20 ans, tr\'e8s forte, sous celle de son clone, dans le  corps plus muscl\'e9 de Clone 001 Spring, qui arriva sur Floric en pleine forme et pr\'eate \'e0  affronter tous les dangers de l\rquote inconnu. Mais rien ne l\rquote avait pr\'e9par\'e9e \'e0 l\rquote indiff\'e9rence des habitants qu\rquote elle rencontra.  \par ...................................................................................................................................................... \par  \par CLONE 001   }{\f28\fs30\cf17 BETTY}{\f28\fs26\cf17   }{\f28\fs30\cf17 SPRING \par }{\f28\fs26\cf17  \par Nue comme un ver et comme c\rquote \'e9tait la r\'e8gle depuis Ducerf pour le transfert, Betty arriva dans une station de r\'e9ception parfaitement am\'e9nag\'e9e : \par Sortant du mandala elle rep\'e9ra ce qui devait \'eatre un pictogramme lui indiquant la direction \'e0 suivre : en avant. Ceci \'e9tait symbolis\'e9 par une forme humaine en bleu ciel sur fond noir et au-dessus une sorte d\rquote oeuf allong\'e9  dont le plus gros bout \'e9tait tourn\'e9 vers l\rquote avant. Comme il \'e9tait hautement improbable qu\rquote un arrivant veuille retourner dans la direction du mandala ce signe \'e9tait clair pour tout \'eatre pensant humano\'efde. C\rquote \'e9 tait, en m\'eame temps, le premier enseignement pour un voyageur \'e9tranger. Ce signe \'e9tait ce qu\rquote est pour nous une fl\'e8che directionnelle. \par D\rquote abord elle d\'fbt franchir ce qui devait \'eatre une st\'e9rilisation ou un traitement de ce genre, avec un p\'e9diluve et des \'e9manations de gaz et de lumi\'e8res bleues. Puis, elle remarqua des armoires (v estiaires ? ) le long de deux murs, avec des serrures garnies de douze touches portant des symboles, s\'fbrement pour un code, et qui devaient contenir les v\'eatements des voyageurs de retour. Ceci lui enseigna aussi que les math\'e9 matiques de ce monde semblaient exprim\'e9e en base douze. Sur le troisi\'e8me mur il y avait des pat\'e8res ou du moins des triangles sph\'e9riques qui en tenaient lieu, garnies de v\'eatements en une seule pi\'e8ce. Donc, s\'fb rement des combinaisons ou des uniformes de diff\'e9rentes tailles. Ils \'e9taient de couleur jaune avec une bande rouge. Ceci devait se trouver en attente pour des \'e9trangers.  Un pictogramme repr\'e9 sentait une forme humaine en train de se glisser dedans.  Betty en choisit une adapt\'e9e \'e0 sa morphologie et l\rquote enfila ais\'e9ment. Sous les pieds, elle sentait une sur \'e9paisseur, indiquant un r\'f4le de semelles. Le v\'eatement s\rquote  ajusta \'e0 ses dimensions. La mati\'e8re en \'e9tait fibreuse et ne semblait pas imperm\'e9able au passage de l\rquote air. Il n\rquote y avait pas de fermetures \'e0 glissi\'e8res mais un genre de syst\'e8me auto-collant magn\'e9tique. \par  Devant elle, se trouvait une porte de grande taille qu\rquote elle poussa simplement. Dehors des hommes et des femmes marchaient dans une rue anim\'e9e et sans v\'e9hicules. Ils \'e9taient de toutes tailles, les adultes montraient, pour les plus nombre ux, \'e0 peu pr\'e8s celle de Betty, mais certains autres celles de pygm\'e9es ou de joueurs de basket, variant de 1, 3 \'e0 2, 5 m\'e8tres de haut. Betty franchit le seuil et fut ainsi la premi\'e8re personne de la plan\'e8te Terre \'e0  arriver sur Floric, monde le plus important et capitale des 79 plan\'e8tes habit\'e9es par des \'93humano\'efdes aboutis\'94 de notre univers. \par Juste \'e0 c\'f4t\'e9 de la sortie qu\rquote elle venait d\rquote emprunter, elle suivit un signe directionnel qui lui fit prendre sur la droite, pour une courte marche d\rquote une vingtaine de pas. Puis un signe lui intimait d\rquote  entrer dans ce qui aurait pu \'eatre une cabine t\'e9l\'e9phonique, si ce n\rquote \'e9tait l\rquote absence totale de cadran ou de num\'e9roteur et que le combin\'e9 \'e9tait remplac\'e9 par un fil unique au bout duquel pendait une \'93  paire d\rquote  \'e9couteurs ? \'93. Les gens de la rue jetaient un coup d\rquote oeil indiff\'e9rent sur la combinaison qu\rquote elle portait,, savaient qu\rquote elle venait de d\'e9barquer, n\rquote en semblait pas \'e9tonn\'e9 s et poursuivaient leurs balades. Nul ne lui adressa la parole, pourtant elle avait pu noter que certains avaient des conversations dans une langue totalement inconnue d\rquote elle et qu\rquote ils gesticulaient volontiers en s\rquote  exprimant. En dehors du fait que les v\'eatements combinaisons semblaient un mod\'e8le pour tous, ils diff\'e9raient n\'e9anmoins par la couleur, les motifs et d\'e9cors divers incrust\'e9s dessus et qui pouvaient avoir ou non des significations. \par Elle entra dans la cabine, se posa sur une sorte de fauteuil bien rembourr\'e9 et coiffa le casque. Elle se demandait ce qu\rquote elle allait entendre et ce qu\rquote elle pourrait bien comprendre de ce qui lui serait dit dans une langue ignor\'e9e d \rquote elle. Mais il n\rquote y eut aucun autre son qu\rquote un l\'e9ger bourdonnement. Puis elle sentit comme une grande lassitude, se laissa aller en arri\'e8re et s\rquote endormit en observant au mur, ce qui devait \'eatre une machine \'e0  compter le temps. C\rquote \'e9tait un genre de montre avec trois aiguilles qui tournaient en sens inverse des n\'f4tres sur un cadran gradu\'e9 en 16 positions. Elle avait not\'e9, machinalement, la position en mettant le casque, \'e0 son r\'e9 veil elle comprit que son sommeil avait dur\'e9 plus de la moiti\'e9 d\rquote un de leur cycle. Elle \'e9prouvait une grande faim. \par Sortant de la cabine, elle demanda au premier passant venu o\'f9 elle pourrait avoir de la nourriture et il lui montra, de son bras tendu, un porche \'e0 une centaine de m\'e8tres. Elle se rendit alors compte qu\rquote elle s\rquote \'e9tait exprim\'e9 e dans la langue du coin et qu\rquote on lui avait r\'e9pondu de m\'eame. Ce n\rquote \'e9tait pas un t\'e9l\'e9phone mais un syst\'e8me sophistiqu\'e9 de formation de base pour les \'e9trangers \'e0 leur premi\'e8re visite ! Betty pensa que ce qu\rquote  elle-m\'eame savait avait d\'fb se trouver enregistr\'e9 ?  \par Marchant vers le porche indiqu\'e9 elle se rendit \'e9galement compte de ce qu\rquote elle n\rquote \'e9tait plus identique \'e0 elle-m\'eame depuis son d\'e9part. Elle \'e9tait \'e0 la fois elle-m\'eame et la Betty Spring d\rquote origine. Elle en fut s urprise et contente et attribua provisoirement ce fait \'e0 son passage dans le mandala. Elle y repenserait plus tard, se dit-elle. Betty p\'e9n\'e9tra dans ce qui ressemblait \'e0 une sorte de self-service et se mit dans la courte file d\rquote  attente, elle d\'e9cida de prendre ce que choisissait la femme qui la pr\'e9c\'e9dait. Au bout, pas de caisse, mais une grande salle avec des tables individuelles. Elle trouva une place libre, au hasard, et go\'fbta ce qu\rquote elle avait d\'e9pos\'e9  sur son plateau carr\'e9. Cela n\rquote avait que peu de parfum et semblait assez bourratif. Elle s\rquote en empiffra copieusement en accompagnant \'e0 l\rquote aide de la boisson rose sortant du robinet de chaque table. C\rquote \'e9 tait frais, un peu acidul\'e9 et agr\'e9able. \par Elle avait observ\'e9 que la plus grande partie des consommateurs se dirigeaient apr\'e8s leur repas et avant de repartir, vers une salle diff\'e9rente et pensa que ce devait \'eatre une pi\'e8ce qui tenait lieu de toilettes. Elle s\rquote y rendit \'e0  son tour, vit le pictogramme de l\rquote endroit destin\'e9 aux personnes de sexe f\'e9minin (silhouette de profil avec poitrine en avant ) et y entra, choisit une cabine libre et y trouva toutes les commodit\'e9s d\'e9sir\'e9 es. En quittant ces lieux, elle s\rquote observa dans un miroir, rectifia sa coiffure et sortit dans la rue en se demandant par quoi elle allait commencer ? Vaine question ! Deux personnages de hautes tailles,( en combinaison d\rquote un ton vert fonc\'e9  comportant des incrustations de m\'e9tal brillant), l\rquote attendaient et lui demand\'e8rent poliment mais avec la fermet\'e9 qui, dans tous les mondes, caract\'e9rise les forces de l\rquote ordre, de bien vouloir les accompagner. \par Ils march\'e8rent pendant une dizaine de minutes, s\rquote \'e9loignant des rues les plus passantes et arriv\'e8rent sur une voie o\'f9 circulaient quelques v\'e9hicules dans le plus parfait silence. \par Ils la pri\'e8rent de monter dans l\rquote un d\rquote eux, de teinte semblable \'e0 celle de leur uniforme et ne dirent pas un mot de plus jusqu\rquote \'e0 l\rquote arriv\'e9e. Cela ressemblait \'e0 une voiture magn\'e9tique pouvant contenir six \'e0  huit personnes. \par La grande tour devant laquelle ils s\rquote arr\'eat\'e8rent devait \'eatre le plus haut b\'e2timent de la ville et culminait \'e0 au moins trois cents m\'e8 tres. Il semblait construit en alternance, de plaques de  plastiques, opaques et transparents. Des cordes color\'e9es de diff\'e9rentes couleurs pendaient au bout de perches plac\'e9es tout en haut. Ceci devait remplacer pour eux, nos drapeaux. Ils p\'e9n \'e9tr\'e8rent dans un immense hall plein de monde et all\'e8rent droit vers un \'93 ascenseur ? \'93. En fait,  ils entr\'e8rent dans une pi\'e8ce ronde, l\rquote un des accompagnateurs appuya sur un bouton dans le mur, et quasi instantan\'e9men t ils se retrouv\'e8rent au dernier \'e9tage en sortant de l\'e0. Ils d\'e9bouch\'e8rent dans une grande salle qui aurait pu aussi bien servir de th\'e9\'e2tre que de tribunal car elle \'e9tait pleine de monde. Sur ce qui ressemblait \'e0 une sc\'e8 ne se trouvaient, assis autour d\rquote une immense table ovale, un grand nombre de personnes habill\'e9es de combinaisons oranges. Il y avait un seul fauteuil libre vers lequel elle fut conduite. On lui demanda de prendre place et les \'93gardes ? \'93  se retir\'e8rent dans l\rquote ombre. \par La femme qui semblait pr\'e9sider se tourna vers elle pour d\'e9marrer un entretien qui \'e9tait diffus\'e9 \'e0 tous les spectateurs pr\'e9sents et s\'fbrement retransmis bien plus loin encore. \par << Au nom de la f\'e9d\'e9ration universelle des Humabs, humano\'efdes aboutis, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue parmi nous. Nous repr\'e9sentons les 79 plan\'e8tes habit\'e9es par des humains arriv\'e9s \'e0 un degr\'e9  suffisant de civilisation dans cette galaxie et sommes heureux d\rquote accueillir, avec vous, un 80 \'e8me membre. Votre plan\'e8te nous est connue et se trouve surveill\'e9e depuis dix mille de vos ann\'e9es. Nous n\rquote  attentions votre aboutissement que dans quelques si\'e8cles et avons \'e9t\'e9 surpris de votre arriv\'e9e si pr\'e9coce. Nous en sommes heureux malgr\'e9 tout et esp\'e9rons que votre voyage sera un enchantement. Les codes des portes interplan\'e9 taires vous seront officiellement remis au cours d\rquote une c\'e9r\'e9monie qui aura lieu dans 5 cycles diurnes. Ainsi et d\'e9sormais, vous et les gens de votre plan\'e8te, pourrez visiter tous les mondes de la F\'e9d\'e9ration. Vous aurez acc\'e8 s aussi \'e0 quelques-unes des plan\'e8tes dont la civilisation n\rquote est pas encore parvenue \'e0 l\rquote aboutissement mais qui sont prometteuses. . Un guide officiel peut vous \'eatre affect\'e9 pour votre s\'e9jour parmi nous. Nous vous r\'e9 servons, selon notre protocole, un logement dans votre ambassade, ici, dans ce palais qui est territoire commun \'e0 toutes les plan\'e8tes. Vous habiterez \'e0 l\rquote \'e9tage qui se trouve deux niveaux plus bas que celui o\'f9 nous sommes. C\rquote  est moi qui assure la Pr\'e9sidence de notre F\'e9d\'e9ration. Mon nom, pour vous, sera celui de ma fonction : Pr\'e9sidente. L\rquote ann\'e9e prochaine je vous dirais le nom sous lequel vous me conna\'eetrez et vous ferez de m\'ea me. Car une des coutumes dans nos plan\'e8tes est d\rquote avoir un nom pour chaque interlocuteur et selon tout un code de degr\'e9 d\rquote intimit\'e9 et de confiance. Respectant ce code nous vous nommerons Terrienne, du nom de votre plan\'e8te.  \par Je ne vous cacherai pas la grande curiosit\'e9 que, nous tous, avons d\rquote entrer dans les d\'e9tails du savoir que vous avez acquis sur votre Terre et que nous souhaitons interconnecter au plus t\'f4t nos r\'e9seaux informatiques avec le v\'f4 tre. Mais notre curiosit\'e9 va se porter en premier lieu sur les r\'e9sultats de l\rquote analyse que nous avons r\'e9alis\'e9e \'e0 propos de votre personnalit\'e9 au cours de votre formation primaire dans la cabine que vous avez utilis\'e9e  en arrivant. En effet, nous avons remarqu\'e9 que vous \'e9tiez duale et non unique ! ,De plus un important d\'e9calage temporel entre vos deux personnalit\'e9s nous pose un \'e9norme probl\'e8me de compr\'e9hension. Nous serions heureux de savoir ce qu \rquote il en est ? Pouvez-vous r\'e9pondre ou bien pr\'e9f\'e9rez vous diff\'e9rer ? D\'e9sirez-vous consulter les autorit\'e9s de votre plan\'e8te avant de donner une suite \'e0 notre curiosit\'e9 ? >> \par Betty, avec le culot de ses vingt ans et la confiance qu\rquote elle \'e9prouvait  \'e0 propos de ses propres facult\'e9s intellectuelles, se leva et r\'e9pondit, d\rquote une voix claire en d\'e9tachant bien ses mots : \par << Je suis tr\'e8s heureuse de me trouver parmi vous et vous remercie de bien vouloir envisager de recevoir ma plan\'e8te, la Terre, dans votre groupe. Mais je ne suis pas mandat\'e9e pour prendre une ambassade par moi-m\'eame. D\rquote  autres viendront pour cela. Par contre, \'e0 titre priv\'e9 et, en attendant, je serais heureuse de pouvoir visiter quelques-uns de vos mondes et aussi plusieurs de ceux en cours d\rquote \'e9volution. Je veux bien que vous me n ommiez Terrienne, mais chez nous, nous ne disposons que d\rquote un nom officiel de r\'e9f\'e9rence compos\'e9 de lettres et de chiffres. Pourtant, d\'e8s que nous int\'e9grons dans un groupe, nous sommes d\'e9sign\'e9s par un surnom tr\'e8 s court. Pour mes relations d\rquote amiti\'e9 ou de travail, mon nom, est Betty et je serais heureuse que vous soyez amen\'e9s \'e0 vous en servir.  \par Je dois, pour r\'e9pondre \'e0 votre question concernant ma dualit\'e9, consulter les autorit\'e9s de ma plan\'e8te ! . Mais, compte tenu de l\rquote \'e9norme distance qui nous s\'e9pare, il faudrait que mon message soit apport\'e9 par l\rquote  un de vos messagers utilisant le syst\'e8me des Mandalas. Ainsi le temps de transmission serait recal\'e9 sur le temps du d\'e9part et d\'e8s que vous aurez donn\'e9 \'e0 notre ordinateur central le texte que je vous ferais apprendre p ar coeur, la machine vous donnera des r\'e9ponses. Il ne restera \'e0 votre \'e9missaire qu\rquote \'e0  revenir pour vous les apporter. Je lui expliquerai comment, chez nous, on se connecte, et lui donnerai mon identification. Je ne peux vous proposer mieux pour l\rquote instant. Toutefois, ayant rencontr\'e9, moi-m\'eame, beaucoup de difficult\'e9 s pour trouver votre \'93 porte \'93, je serais curieuse de savoir quelle est celle que vous utilisez lorsque vous nous visitiez ? >> \par << Le processus que vous nous proposez est acceptable et nous allons le rendre concret. Accepteriez-vous d\rquote accompagner notre envoy\'e9 chez vous ou bien pr\'e9f\'e9 rez-vous rester un peu parmi nous et comprendre mieux ce que nous sommes ? Pour satisfaire votre bien l\'e9gitime curiosit\'e9, je dirais que le mandala que nous utilisons sur  Terre actuellement est celui du temple de Samye, au Tibet. Il y en a eu de plus anciens dans votre M\'e9sopotamie, des Ziggourats, mais le temps a fait son oeuvre et ils ont disparu. Celui dont je vous parle est, bien s\'fbr, dissimul\'e9 dans l\rquote  architecture du temple. Mais votre entr\'e9e dans notre f\'e9d\'e9ration va permettre d\rquote ouvrir une autre porte, bien en vue, dans l\rquote une de vos capitales. Nous n\rquote aurons plus \'e0 venir en nous cachant et je m\rquote en r\'e9jouis ! >>  \par << Je pr\'e9f\'e8re, en effet, faire un peu de tourisme et donner tous les \'e9l\'e9ments n\'e9cessaires \'e0 votre envoy\'e9. Je dois aussi vous signaler que je ne suis pas la seule \'e0 voyager et que d\rquote autres personnes de notre plan\'e8 te se lancent dans une exploration au hasard de plan\'e8tes dont nous ne savons pas grand chose en prenant des risques consid\'e9rables. A cet \'e9gard le r\'e9seau de mandalas que vous nous avez aimablement propos\'e9 sera le bienvenu. De mon c\'f4t\'e9 , si l\rquote un de nos explorateurs trouve quelque chose d\rquote int\'e9ressant je vous donnerai les coordonn\'e9es du mandala de sa r\'e9ception. Je pense que la gravit\'e9 de votre plan\'e8te est un peu sup\'e9rieure \'e0 celle de la mienne car j \rquote \'e9prouve une certaine fatigue que rien d\rquote autre ne peut expliquer. Aussi vous demanderais-je de bien vouloir, aussi t\'f4t que possible, me faire accompagner vers l\rquote appartement que vous\rquote  avez choisi pou moi. Je vous en remercie. Je pense que quelques cycles solaires sont n\'e9cessaires pour une bonne adaptation et je crois que je serais pr\'eate pour la c\'e9r\'e9monie officielle de remise des codes de vos \'93portes \'93. >> \par << Je reconnais que nous avons un peu pr\'e9cipit\'e9 le mouvement, mais cela fait plus de 5000 ans que nous n\rquote avons pas eu le plaisir de recevoir de nouveaux partenaires. Tous les ambassadeurs, ainsi que moi-m\'eame, ont voulu vous  accueillir aussit\'f4t. J\rquote aurais d\'fb me renseigner sur le pass\'e9 et aurais s\'fbrement constat\'e9 que tout nouvel arrivant avait \'e0 faire face \'e0 trop de nouveaut\'e9s et trop de fatigue pour qu\rquote  on le questionne le premier jour. Au nom de tous je vous pr\'e9sente mes excuses et l\'e8ve la s\'e9ance. Je demande que des gardes vous  accompagnent chez vous. >> \par Un garde amena Betty dans une luxueuse suite attenante \'e0 une s\'e9rie de pi\'e8ces destin\'e9e \'e0 l\rquote organisation d\rquote une ambassade. Ne connaissant pas la taille des gens qui viendraient un jour s\rquote y \'e9tablir, tout \'e9tait tr\'e8 s grand, selon le principe de qui peut le plus peut le moins. Le lit carr\'e9 dans lequel elle s\rquote affala avec d\'e9lice mesurait trois m\'e8tres environ. Le matelas semblait fabriqu\'e9 dans un nuage envelopp\'e9 d\rquote un linon, il \'e9pousait la  forme du corps du ou des dormeurs.  Pas de draps ni de couvertures mais un syst\'e8me isotherme adaptable aux besoins \'e9tait pr\'eat pour tous r\'e9glages. Betty t\'e2tonna un peu avant de trouver un bon \'e9quilibre. \par Une pi\'e8ce voisine semblait r\'e9serv\'e9e aux ablutions. Pas de baignoires ni de douches mais p\'e9diluve, \'e9mission de gaz  et lumi\'e8res bleues comme en sortant du mandala. Pour les besoins naturels quelque chose qui ressemblait \'e0 un \'93turc  \'93 mais avec jets de lavage et s\'e9chage automatique. Il faudrait s\rquote y habituer !. \par Dans ce qui servait d\rquote endroit pour se nourrir, des portes murales dissimulaient des armoires pleines de nourriture congel\'e9e, des plats, des instruments de cuisine et de nombreux appareils \'e9lectro m\'e9nagers dont l\rquote un \'e9 tait manifestement un four \'e0 micro-onde. Pour se le prouver, et aussi pour ne pas entamer sa nuit, en ayant faim, elle se fit r\'e9chauffer un plat et le mangea. Betty n\rquote aurait pas pu dire de quoi il s\rquote agissait, mais, ce qui \'e9 tait clair est que la gastronomie deviendrait un apport important de la civilisation terrienne \'e0 la F\'e9d\'e9ration...  \par  \par  \par  \par                                                                                          }{\f28\fs26\cf19 Fin du chapitre 8}{\f28\fs26\cf17  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par                                                          Chapitre 9 \par  \par  \par                                                                      Une porte doit \'eatre ouverte \par                                                                      Ou ferm\'e9e. Un esprit aussi.                                                                     \par  \par  \par EMISSAIRE. \par  \par  \par Emissaire ne faisait pas partie des sp\'e9cialistes observant r\'e9guli\'e8rement la plan\'e8te Terre mais, vieille baderne, avait visit\'e9 bien des mondes et savait s\rquote adapter. Ses pr\'e9d\'e9cesseurs avaient laiss\'e9 des informations et des  documents en grande quantit\'e9 et il avait eu le temps d\rquote apprendre la langue locale avant son d\'e9part. Cette charmante Betty l\rquote avait aid\'e9 \'e0 assimiler bien des d\'e9tails et il n\rquote  entreprit le voyage que lorsque ses  objectifs furent atteints : \par Conna\'eetre par coeur les proc\'e9dures de consultations de Nounou, poss\'e9der \'e0 fond le langage v\'e9hiculaire des terriens et recenser tout ce que les voyageurs pr\'e9c\'e9dents avaient appris \'e0 leur contact \'e0  propos de leur histoire, leur science, leur \'e9thique, leurs moeurs, et autres. Sur Floric le premier vrai contact avec un nouveau partenaire valait bien une pr\'e9paration s\'e9rieuse. Emissaire se donna le temps de s\rquote  adonner \'e0  ce travail en apprenant tout le n\'e9cessaire et un peu de donn\'e9es superflues. \par Betty n\rquote avait pas pu lui pr\'e9ciser o\'f9 il trouverait le premier terminal de Nounou, mais il savait qu\rquote il y en existait partout et, en particulier dans chaque domicile. Donc, aussit\'f4t arriv\'e9 , il ferait parvenir le message que Betty lui avait fait apprendre, m\'e9moriserait les r\'e9ponses et ne se livrerait au tourisme qu\rquote ensuite. \par La formation, que Betty avait compl\'e9t\'e9e, fut r\'e9alis\'e9e entre les voyages que celle-ci entreprenait vers les mondes de la f\'e9d\'e9ration, par p\'e9riodes de quelques jours \'e0 chaque fois. Emissaire ne put donc se pr\'e9senter au mandala de d \'e9part que 15 mois terrestres apr\'e8s l\rquote arriv\'e9e de Betty sur Floric (ou Port Spring 0001, comme elle disait pour d\'e9signer la \'93porte \'93  ) \par  \par .....................................................................................................................................................;  \par De son c\'f4t\'e9, Betty avait fait un peu tra\'eener les choses. Elle ne voulait rien engager avant que Clone 001 Traor\'e9 ne soit arriv\'e9 dans son mandala ! Ce n\rquote \'e9tait pas par ce qu\rquote elle avait trouv\'e9  un moyen de se balader en utilisant les portes des autres qu\rquote elle devait risquer de compromettre la mission normale. Celle choisie par les Sages de la Terre consistant \'e0 construire d\rquote autres portes et \'e0 les exp\'e9 dier au loin. De plus, elle avait form\'e9, dans sa t\'eate, l\rquote id\'e9e amusante de se propulser ,par mandala, vers la plan\'e8te d\rquote arriv\'e9e de Clone 001 Traor\'e9, (si celle-ci poss\'e9dait une porte r\'e9pertori\'e9 e sur Floric) ! Son souhait \'e9tait de le surprendre par sa visite et de lui apporter son aide si n\'e9cessaire, accentuant ainsi, une sorte de pied de nez aux Sages !. Donc Emissaire arriva sur Terre quand tout fut pr\'ea t pour lui et dans la semaine suivant celle du d\'e9part de Clone 001 Traor\'e9. \par  A quelques jours pr\'e8s, c\rquote \'e9tait difficile de le calculer avec pr\'e9cision,  Betty arriva sur la plan\'e8te sauvage 157 de la constellation de la vierge, o\'f9 une porte existait effectivement. Mais son mandala de r\'e9ception se trouvait  \'e0 trois jours de marche de l\rquote endroit pr\'e9vu pour le d\'e9barquement de celui de Kog. . A son arriv\'e9e elle remarqua qu\rquote en plus des combinaisons standard de la F\'e9d\'e9ration, il y avait des outres  pendues en attente d\rquote \'ea tre remplies au distributeur install\'e9. Une note, en langage v\'e9hiculaire commun, assorti de pictogrammes, indiquait que la plan\'e8te n\rquote offrait pas de ressources naturelles pour se d\'e9salt\'e9 rer et que tout voyageur devait emmener, avec lui, une quantit\'e9 d\rquote eau suffisante pour sa promenade. Il \'e9tait d\'e9conseill\'e9 de s\rquote \'e9loigner \'e0 plus de huit jours de marche. Ce monde ne comportant pas d\rquote esp\'e8 ces intelligentes d\'e9cel\'e9es ni de g\'e9ographie particuli\'e8re qui aurait pu inciter un voyageur \'e0 l\rquote explorer mais manquait d\rquote eau. Le gros de cette exploration avait d\'e9j\'e0 \'e9t\'e9 accompli par quelques visiteurs pr\'e9c\'e9 dents et les archives consultables confortablement sur console dans n\rquote importe lequel des mondes de la F\'e9d\'e9ration. Bref, rien d\rquote encourageant !Elle approvionna donc une quantit\'e9 d\rquote eau largement calcul\'e9 e et des rations alimentaires pour la soutenir tandis qu\rquote elle essaierait d\rquote aller jusqu\rquote au vaisseau. \par Avec la chance des innocents, elle croisa une piste montrant une large trace d\rquote ancien br\'fblis d\'e8s le second jour. Manifestement, en se posant, un vaisseau avait fait griller la v\'e9g\'e9tation et laiss\'e9 une zone noire au milieu d\rquote  une tr\'e8s courte v\'e9g\'e9tation clairsem\'e9e. Malgr\'e9 les ann\'e9es, rien n\rquote avait repouss\'e9, tout \'e9tait extr\'eamement sec, comme aux abords du Sahara, l\'e0 o\'f9 le Sahel fait place au d\'e9 sert. Elle arriva au vaisseau terrien la veille du jour o\'f9 Kog devait s\rquote y retrouver, du moins si son estimation \'e9tait valable. Le mandala se trouvait  bien en place, la porte pivotante l\rquote avait positionn\'e9  \'e0 l\rquote ext\'e9 rieur, et pr\'eat \'e0 recevoir un voyageur. Elle ouvrit, avec le code, le sas du vaisseau et d\'e9cida de s\rquote y installer. Crev\'e9e par cette longue marche elle alla vite se r\'e9pandre sur l\rquote une des couchettes et dormit sans r\'eaves.  \par  \par ..................................................................................................................................................... \par  \par .Emissaire,  sortant du temple de Samye, fut impressionn\'e9 par l\rquote altitude des montagnes \'e0 l\rquote entour. Il avait rev\'eatu la robe de bure trouv\'e9e \'e0 son arriv\'e9e sans se rendre compte que ce v\'eatement \'e9 tait celui que portent les plus hauts dignitaires, selon  la religion en pratique dans ce lieu. Toutes les personnes rencontr\'e9es baissaient les yeux \'e0 son passage, s\rquote inclinaient o\'f9 se prosternaient \'e0  son approche. Il lui fallut user de patience pour atteindre une porte donnant sur le village. Emissaire venait d\rquote un monde o\'f9 les habitants ont une taille courante de deux m\'e8tres de haut et un poids de 160 kilos. Pour des terriens de  base, son allure rappelait celle des anciens lutteurs japonais, les Sumos. Pour des religieux de la culture du tantrisme, il \'e9tait beaux et ressemblait \'e0 un Bouddha ! \par Au village, son passage ouvrait la foule qui se refermait derri\'e8re lui en murmurant admirativement. Il cherchait un point d\rquote o\'f9 il pourrait contacter Nounou. Le moindre terminal aurait \'e9t\'e9 suffisant mais o\'f9  en trouver un dans cette population de mis\'e9reux vivant apparemment comme vivaient leurs plus lointains anc\'eatres ? Il attrapa par le bras un passant agenouill\'e9, le releva et lui posa la question. L\rquote autre eut l\rquote air stup\'e9 fait de la demande, puis prenant sa d\'e9cision, lui r\'e9pondit qu\rquote il y en avait un chez lui. Il pria Emissaire de bien vouloir entrer dans sa modeste demeure. Cinq minutes plus tard Emissaire entra en contact avec Nounou sous les coordonn\'e9 es de Clone 001 Spring. \par Nounou savait de fa\'e7on certaine o\'f9 se trouvait le corps de Betty, 15 mois auparavant et n\rquote ayant pas d\'e9cel\'e9 son retour hautement improbable, se servit de la cam\'e9ra vid\'e9o du terminal \'e9metteur pour voir qui s\rquote adressait \'e0  elle. Elle posa, en phonie, les questions habituelles et pr\'e9vues par Betty << Qui \'eates-vous, d\rquote o\'f9 venez-vous ? Que voulez-vous ? Pourquoi utilisez-vous le code d\rquote acc\'e8s de Clone 001 Spring ? Comment l\rquote avez-vous obtenu ? >>  \par Emissaire et Nounou / SAPIENS eurent une conversation de trois heures \'e9changeant questions et r\'e9ponses et, apr\'e8s ce temps, se s\'e9par\'e8rent provisoirement. Emissaire revint  au Temple et se dirigea vers la salle par laquelle il \'e9tait arriv \'e9. L\'e0, comme il venait de l\rquote apprendre, dans une petite pi\'e8ce voisine se trouvait un terminal \'e0 partir duquel ils auraient \'e0 converser de nouveau. Au pr\'e9texte que Emissaire devait \'e9 prouver de la fatigue, mais pour la vraie raison que SAPIENS voulait faire part aux sages de tout ce qu\rquote il venait d\rquote apprendre, la suite de leurs entretiens fut remise au lendemain matin. \par De tout cela Emissaire retenait deux choses explosives :  \par Les terriens utilisaient le syst\'e8me des mandalas mais ne le comprenaient pas \'e0 fond, donc n\rquote \'e9taient pas une civilisation aboutie. A ce titre, ils devaient rester o\'f9 ils en \'e9taient en attendant leur aboutissement parfait. \par Les terriens avaient h\'e9rit\'e9 de la science de toute une civilisation non humano\'efde maintenant disparue mais ils disposaient, dans les donn\'e9es re\'e7ues par hasard, de plus de puissance que n\rquote en avaient les 79 autres plan\'e8tes de la F \'e9d\'e9ration. A ce titre la F\'e9d\'e9ration avait certainement plus d\rquote int\'e9r\'eat \'e0 changer ses r\'e8gles d\rquote admission que de s\rquote y maintenir en rejetant la Terre qui aurait alors repr\'e9sent\'e9 un danger potentiel. \par SAPIENS analysait les informations tir\'e9es de cet Emissaire et parvenait \'e0 des conclusions provisoires et aux questions \'e0 pr\'e9ciser : \par Betty \'e9tait arriv\'e9e \'e0 bon port et avait fait gagner quelques mois \'e0 la Terre.  \par Les appareils qu\rquote elle avait mis au point fonctionnaient. \par Les  terriens n\rquote \'e9taient pas seuls dans l\rquote Univers. \par Le syst\'e8me des mandalas de la f\'e9d\'e9ration diff\'e9rait de celui que les terriens exp\'e9rimentaient. Il faudrait savoir en quoi ? Y avait-il chez eux quelque chose jouant le r\'f4le que BAFESI avait eu (et continuait \'e0  avoir) en tant que SAPIENS ? \par La F\'e9d\'e9ration ne concernant que les humano\'efdes, quelles \'e9taient les autres intelligences dans l\rquote univers qu\rquote ils avaient pu rencontrer ? Et quels rapports entretenaient-ils avec eux ?  \par Emissaire ne savait rien du monde des Cephs et des Cralangs mais souhaitait proc\'e9der \'e0 un \'e9change de toutes les donn\'e9es stock\'e9es par les terriens et en particulier celles de BAFESI. Pourquoi ? Existerait-il une race ennemie \'e0 la F\'e9d \'e9ration ? \par En annexe et \'e0 voir ensuite : \par Kog se retrouverait sur un monde sauvage et sans humano\'efdes. SAPIENS devait-il tenter de lui faire parvenir des compagnons ou des successeurs par le mandala ? Qui ? \par Betty ram\'e8nerait des informations car le voyage \'93retour\'94 vers la terre \'e9tait assur\'e9 par le Temple de Samye. Mais les gens de la F\'e9d\'e9ration utilisaient cette porte depuis l\rquote antiquit\'e9 et \'e9taient rest\'e9s discrets. Qu \rquote en serait-il maintenant ? Devait-on envisager de faire face \'e0 une invasion de touristes ? \par Varo \par Le compte-rendu complet de l\rquote entretien et les r\'e9flexions de SAPIENS, s\rquote \'e9talaient sur les \'e9crans des Directeurs et suscitaient bien des r\'e9flexions. La question principale \'e9tant : Doit-on continuer \'e0 tout dire \'e0  Emissaire ou doit-on demander \'e0 SAPIENS de cesser ses \'e9changes ? Quels \'e9taient les risques et les avantages de faire partie de cette F\'e9d\'e9ration de Plan\'e8tes ? Apr\'e8s tout, sur Terre cela marchait plut\'f4t bien, non ? \par Ce fut Varo qui r\'e9suma le mieux la situation : \par  << Nous voulions savoir si nous \'e9tions seuls et maintenant que nous le savons nous avons peur d\rquote entrer dans un groupement plus vaste que le notre. Nous r\'e9alisons que nous n\rquote  avons pas les moyens de mettre en balance les avantages et les inconv\'e9nients. Nous ne savons rien ni des uns ni des autres. Toutes les supputations seront donc st\'e9riles tant que nous n\rquote en apprendrons pas plus. La seule source d\rquote  information dont nous disposons est Emissaire. C\rquote est peu. Nous devons faire revenir Betty ( et Kog si possible) avant de prendre une d\'e9cision, mais aussi leur laisser le temps de r\'e9 colter les informations les plus utiles.  Je propose donc la d\'e9marche suivante :  \par  R\'e9pondre aux questions de Emissaire et le laisser interroger SAPIENS sur tout ce qu\rquote il veut. Ses questions nous donnerons des indications. Etant donn\'e9 que ce qu\rquote il aura appris, il devra le m\'e9 moriser avant son retour, il y a une limite technique \'e0 ce qu\rquote il peut retenir. Betty est maintenant occup\'e9e \'e0 visiter les mondes de la F\'e9d\'e9ration depuis 16 mois. Elle poss\'e8de certainement bien des informations qui nous seraient pr \'e9cieuses. Nous devons donc demander \'e0 Emissaire d\rquote  abbr\'e9ger son s\'e9jour chez nous, de retourner sur Floric et de transmettre notre ordre \'e0  Betty : Elle doit, toutes affaires cessantes, revenir sur Terre avec lui. Contre ce service il pourra communiquer librement avec SAPIENS, sauf pour ce qui concerne notre technique des mandalas. Selon ce que seront les informations de Betty, nous d\'e9 ciderons si oui ou non nous entrons dans la F\'e9d\'e9ration. Si oui, tout sera parfait pour Emissaire. Si la r\'e9ponse est non, nous d\'e9truirons leur porte au temple de Samye, nous renverrons Emissaire chez lui par le biais du syst\'e8 me mis au point par Betty. Emissaire, \'e0 son retour, sera la copie conforme de celui de l\rquote arriv\'e9e. Il aura tout oubli\'e9 de son s\'e9jour chez nous !  Que ceux qui sont d\rquote accord avec moi le disent, j\rquote aimerais bien que la r\'e9 ponse soit unanime ! >> \par SAPIENS, qui enregistrait tout, savait qu\rquote elle le serait ! Comment faire autrement ?  \par ...................................................................................................................................................... \par  \par Clone 001 Traor\'e9 \par  \par Contrairement \'e0 Clone 001 Spring, Clone 001 Traor\'e9 ne fut pas lanc\'e9 dans l\rquote existence normale d\rquote un jeune enfant. Il fut un produit de laboratoire pendant six ans, puis le r\'e9sultat d\rquote une \'e9ducation sp\'e9 cifique qui combinait la formation standard avec l\rquote \'e9tude pouss\'e9e de l\rquote histoire de K\'e9m\'e9mani Traor\'e9 depuis son enfance jusqu\rquote \'e0 l\rquote affaire des coucous. De vingt \'e0 trente  ans, cinq ans avant la date pr\'e9 vue pour son voyage vers le mandala qui l\rquote attendait dans la constellation de la Vierge, il fut isol\'e9 avec un groupe de six autres clones. Ceci, dans une formation para militaire inspir\'e9e de celle que recevaient les \'93Marines \'93 am\'e9 ricains, \'e0 l\rquote \'e9poque de Mat Ducerf. \par Le plus difficile avait \'e9t\'e9 de trouver des moniteurs et des professeurs. En effet, si les donn\'e9es existaient dans les archives de Langley ou celles de l\rquote arm\'e9e, plus personne n\rquote \'e9tait capable de montrer assez d\rquote \'e9 nergie, de rigueur ou de duret\'e9, pour transmettre ce type de formation. C\rquote \'e9tait heureux, dans un sens. Cela prouvait qu\rquote il n\rquote existait plus de personnages assez m\'e9chants, assez born\'e9s, assez idiots pour faire entrer, \'e0  force de brimades et de punitions, les notions de combativit\'e9, ob\'e9issance aveugle,  sacrifice, oubli de soi-m\'eame, qui \'e9taient le but de ce genre de formation. Personne, non plus, pour cr\'e9er des r\'e9flexes conditionn\'e9s que l\rquote on n \rquote aurait jamais oser inculquer \'e0 un animal. \par Ces cadres n\rquote existant pas, il avait fallu les remplacer par des machines. Ce furent des terminaux en forme de robots hauts de 2,5 m\'e8tres, mobiles et agressifs qui furent programm\'e9s pour tenir le r\'f4 le des anciens sergents. Lestes et rapides, ils \'e9taient capables d\rquote  attraper un des stagiaires et de lui infliger des douleurs physiques diverses en \'e9crasant ses poignets, en l\rquote \'e9lectrocutant, en le br\'fb lant, par exemple. Ils furent craints et ha\'efs comme de vrais instructeurs. En plus de l\rquote entra\'eenement sur place, les stagiaires avaient, chaque ann\'e9e, \'e0 effectuer des missions dans les jungles les plus recul\'e9es, les d\'e9 serts les plus arides ou les zones polaires. Aventures qui les poussaient \'e0 la limite de leurs forces et finissaient souvent \'e0 l\rquote h\'f4pital de leur caserne. Les ennemis n\rquote existant pas, il leur fallut combattre des incendies de for\'ea ts, des inondations ou se rendre pr\'e9cipitamment l\'e0 o\'f9 des catastrophes \'e9taient encours : tremblements de terre, \'e9ruptions volcaniques, tornades et typhons. Ces missions \'e9taient r\'e9alis\'e9es hors de la pr\'e9 sence des robots mais, ils avaient \'e0 en rendre compte \'e0 leur retour et craignaient le pire. La derni\'e8re ann\'e9e ils durent, sur un  voilier, entreprendre le tour du monde sans aucune escale. \par En fait, tout \'e9tait fait pour qu\rquote un seul survive : Clone 001 Traor\'e9 . Dans un sc\'e9nario soigneusement organis\'e9, des sept du d\'e9part, apr\'e8s cinq ann\'e9es d\rquote \'e9preuves il n\rquote en restait que quatre, et comme par hasard c \rquote \'e9tait toujours les meilleurs copains de Clone 001 Traor\'e9 qui disparaissaient ! Plus tard, pour la croisi\'e8re finale, ils partirent \'e0 trois sur un bateau \'e0 quille large, de dix m\'e8tres de long gr\'e9\'e9  en jonque, ne portant pas trop de toiles et ayant plus l\rquote allure d\rquote un p\'eacheur que d\rquote un navire au long cours. Ils n\rquote en revinrent que deux, \'e9puis\'e9s et bless\'e9s dans les coups de temp\'eates des quaranti\'e8 mes rugissants.  \par Selon la programmation originale, \'e0 la fin, le dernier compagnon de Clone 001 Traor\'e9 ne revint pas de l\rquote h\'f4pital. D\'e8s le lancement de l\rquote op\'e9ration il fut d\'e9cid\'e9 que 6 parmi les clones puis\'e9s dans la r\'e9 serve de Langley dispara\'eetraient. Les robots instructeurs, simples terminaux n\rquote avaient pas d\rquote \'e9tat d\rquote \'e2me \'e0 ce sujet. Le sc\'e9nario de leurs morts, quant \'e0 lui, \'e9tait humain. A ceci pr\'e8s que celui qui l\rquote  avait \'e9crit pensait r\'e9diger le texte d\rquote un roman d\rquote aventures- sujet d\rquote une th\'e8se d\rquote histoire- se rapportant aux moeurs de la fin du 20\'b0 si\'e8cle chr\'e9tien ! \par La pression psychologique et physique ne se rel\'e2chait que pour de br\'e8ves p\'e9riodes de un ou deux jours pendant lesquelles, sans sortir de l\rquote \'e9cole, ils pouvaient s\rquote  enivrer, dormir ou forniquer avec des femmes volontaires qui recherchaient, de leur c\'f4t\'e9, des \'e9motions fortes. Lorsque la formation fut achev\'e9e, restait \'e0 faire suivre au clone un programme de r\'e9adaptation \'e0 la vie normale et \'e0 l \rquote instruire pour en faire un navigateur spatial. Ce ne fut pas le plus ais\'e9 ! \par  Comment introduire un v\'e9ritable soudard dans un monde polic\'e9 de gens fatigu\'e9s du matin au soir et se complaisant dans de petits travaux  de paperasserie ou de recherches, \'e0 raisons de quelques heure par jour ? Nounou avait pr\'e9 dit des catastrophes si on essayait seulement ! Pourtant il fallait bien que cette pr\'e9paration ait lieu ! Les cinq ann\'e9es qui restaient ne seraient pas de trop pour un bon r\'e9sultat. La solution fut trouv\'e9e en faisant vivre \'e0 l\rquote imp \'e9trant une vie virtuelle onirique. Sa t\'eate fut enferm\'e9e dans un casque inviolable quand il \'e9tait \'e9veill\'e9, et qui faisait penser \'e0 celui de la l\'e9gende du masque de fer. Seule l\rquote ouverture de la bouche permettait la prise d \rquote aliments et de boissons. Pendant la phase hypnotique de son sommeil, le masque lui \'e9tait \'f4t\'e9 et on le lavait, lui coupait les cheveux et le rasait si n\'e9cessaire. \par A la fin de sa formation on rempla\'e7a progressivement le virtuel par du r\'e9el et en derni\'e8re ann\'e9e, il fut fin pr\'eat et capable de vivre jusqu\rquote \'e0 son d\'e9part avec le reste de la population. Il \'e9tait parfaitement conscient qu \rquote il avait subi une pr\'e9paration sp\'e9ciale pour son voyage. Il se rendait parfaitement compte de ce qu\rquote il n\rquote \'e9tait pas comme les autres. Il acceptait, que cela ait \'e9t\'e9 tr\'e8s dur et injuste, mais que tout ceci avait \'e9t \'e9 rendu indispensable par le malheureux sort de Clone 002 Fox. Il l\rquote acceptait et se sentait pr\'eat \'e0 affronter le pire. \par C\rquote est dans cet \'e9tat d\rquote esprit que le jour du d\'e9part, Clone 001 Traor\'e9  franchit le passage du mandala... \par L\rquote affrontement de ses deux personnalit\'e9s lui causa un choc intense et il tomba au sol dans un \'e9tat voisin de la catatonie. Il eut une sorte de voyage de transes et se vit, lui Traor\'e9, affubl\'e9 d\rquote un petit fr\'e8 re, qui pour ne pas mourir, voulait rentrer dans son propre corps. Ils palabr\'e8rent longuement et parvinrent \'e0 un accord. Le petit fr\'e8re serait l\'e0 mais devrait rester cach\'e9 tout le temps durant lequel Traor\'e9 ne s\rquote adresserait pas  \'e0 lui pour obtenir son aide. Le seul cas  o\'f9 il r\'e9agirait concernait les urgences absolues et la sauvegarde de l\rquote int\'e9grit\'e9 physique de leur corps. K\'e9m\'e9mani  fit siens les souvenirs du grand fr\'e8 re et les accepta comme faisant partie de ces choses vaguement r\'eav\'e9es et qui existent n\'e9anmoins.  Ils transig\'e8rent pour r\'e9pondre au nom de Kog, seule grosse concession faite par Traor\'e9. \par  Puis, apr\'e8s quelque trente minutes, il se r\'e9veilla, danss le mandala d\rquote arriv\'e9e, en tant que Kog ayant tout assimil\'e9 et compris, il s\rquote \'e9tait adapt\'e9 \'e0 la situation. Les deux personnalit\'e9s avaient fusionn\'e9 . Mais une autre chose \'e9trange venait le questionner, il avait senti comme une odeur de caf\'e9 provenant du vaisseau et voyant le sas ouvert, toujours dans le plus simple appareil, il entra. \par Betty pr\'e9parait son petit d\'e9jeuner et ne fut pas surprise de voir Kog puisqu\rquote elle l\rquote attendait ! Par contre ce dernier, le pauvre Kog, \'e9tait anim\'e9 de toute son ardeur agressive, transform\'e9  en animal de combat pendant quinze ans.  Il avait \'e9t\'e9 form\'e9  pour affronter des dangers inconnus et fut compl\'e8tement ahuri de rencontrer, dans ce vaisseau et \'e0 son arriv\'e9e, sa magnifique amoureuse. Il pensa que le d\'e9 lire continuait et qu\rquote en fait, il restait \'e9vanoui devant le mandala et continuait un autre genre de r\'eave. \par A la vue du corps nu de Kog, la personnalit\'e9 d\rquote Elisabeth (clone 001 Spring) fut submerg\'e9e par celle de Betty et d\'fbt s\rquote effacer. Ainsi depuis son arriv\'e9e dans la F\'e9d\'e9ration, et selon les circonstances, c\rquote \'e9tait l \rquote une ou l\rquote autre qui prenait les commandes. Il n\rquote y avait jamais eu de fusion, Mais, quelles que soient les circonstances, c\rquote est la plus apte des deux qui faisait face. Souvent elles \'e9taient tellement proches qu\rquote  elles ne faisaient qu\rquote une mais pour les choses relevant de la sexualit\'e9 c\rquote \'e9tait toujours Betty qui pr\'e9dominait. S\rquote il avait fallu vivre en pleine jungle cela aurait \'e9t\'e9 Elisabeth, sans aucun doute. La fusion s\rquote  accomplirait \'e0 la longue, elles le savaient car sur certaines d\'e9tails mineurs cela avait d\'e9j\'e0 eu lieu, mais cela prendrait quelques bonnes ann\'e9es avant qu\rquote elles ne soient plus qu\rquote une. \par Donc Betty avait faim de nourriture et proposa \'e0 Kog de partager sa collation, ce qu\rquote il fit de bon coeur. Elle avait aussi d\rquote autres faims et l\rquote invita \'e0 partager la couche sur laquelle elle \'e9tait assise. Kog fut tr\'e8 s heureux d\rquote accepter. Ainsi passa-t-il sa premi\'e8re journ\'e9e de voyageur interplan\'e9taire ! Contrairement \'e0 la pr\'e9paration intensive qu\rquote il avait subie, ce ne fut pas \'e0 se battre contre des animaux f\'e9roces ni \'e0 avancer p \'e9niblement dans une v\'e9g\'e9tation luxuriante, ni \'e0 affronter des monstres galactiques. Non, mais tout simplement \'e0 se donner un peu de bon temps. Le lendemain ils prirent des d\'e9cisions concernant l\rquote exploration de cette plan\'e8 te que Kog malicieusement nomma \'93Love \'93 \par  \par ...................................................................................................................................................... \par Emissaire. \par  \par Il lui avait \'e9t\'e9 n\'e9cessaire de quitter le Tibet et le temple de Samye pour aller rencontrer les vrais responsables de cette plan\'e8te. Premi\'e8re curiosit\'e9 : le voyage par mandala \'e9tait interdit ou du moins r\'e9serv\'e9 \'e0  des cas tellement sp\'e9ciaux qu\rquote ils ne se produisaient jamais ! Lorsqu\rquote il avait demand\'e9 pourquoi ? La r\'e9ponse fut encore plus surprenante : il fallait \'e9viter d\rquote encombrer l\rquote espace avec les ondes dissoci\'e9 es de plusieurs personnes \'e0 la fois. D\rquote autant plus \'e9trange, se disait Emissaire, que les communications de tous ordres telles que radio, t\'e9l\'e9vision, t\'e9l\'e9phones, signaux automatiques \'e9taient utilis\'e9 s sans retenue. Emissaire pensa que, sans doute, l\rquote utilisation du syst\'e8me mandala sur Terre \'e9tait en fait, interdite pour d\rquote autres raisons que celles annonc\'e9es. Par contre, s\rquote  il voulait aller visiter la base lunaire, comme on le lui avait aimablement propos\'e9, le mandala \'e9tait de rigueur pour l\rquote aller ! Enfin, au cours d\rquote un entretien avec le pilote de l\rquote  appareil volant qui le conduisait vers Varo, il avait incidemment not\'e9 un d\'e9tail encore plus ahurissant : le syst\'e8me des mandalas \'e9tait assez largement utilis\'e9 dans des cas th\'e9rapeutiques graves, et il croyait avoir compris que c\rquote  \'e9tait pour des voyages pratiquement sans bouger et dans un m\'eame lieu ! Oui, les terriens avaient des choses importantes \'e0 apporter \'e0 la f\'e9d\'e9ration, et lui, Emissaire, disposait d\rquote un an pour en savoir le plus possible. \par Varo avait choisi le site de Washington pour organiser la visio conf\'e9rence entre les Directeurs et Emissaire. Dans la salle, dite\'94 Salle Centrale des  Symposiums\'94 ou plus bri\'e8 vement, selon la curieuse habitude des terriens de raccourcir les vocables : \'93La Vitrine \'93,  ils n\rquote \'e9taient que deux r\'e9ellement pr\'e9sents. Tous les autres n\rquote \'e9taient l\'e0 que par \'e9crans interpos\'e9 s et sur le mur qui leur faisait face. Il y avait de plus, une nouveaut\'e9 : un \'e9cran suppl\'e9mentaire. L\'e0, sur un fond repr\'e9sentant la voie lact\'e9e, Nounou et SAPIENS pouvaient intervenir sous forme humaine. Avec un visage d\rquote  androgyne emprunt\'e9 \'e0 un tableau c\'e9l\'e8bre tomb\'e9 en poussi\'e8re depuis des si\'e8cles mais reproduit encore et toujours \'e0 chaque g\'e9n\'e9ration : La Joconde. Ce devait encore \'ea tre une forme de cet humour particulier nouvellement surgi dans l\rquote ordinateur commun de la grande toile des terriens, pensa Varo, en souriant. \par Emissaire passa tout son temps, \'e0 essayer de comprendre et d\rquote enregistrer. Son emploi du temps fut adapt\'e9 \'e0 la fois \'e0 ses besoins et \'e0 ceux de ses h\'f4tes. Lorsqu\rquote il ne visitait pas quelque r\'e9gion du globe, en g\'e9n\'e9 ral il se rendait deux heures chaque matin \'e0 la Vitrine, se branchait et \'e9changeait des questions et des r\'e9ponses avec ceux des Directeurs qui \'e9taient repr\'e9sent\'e9s sur \'e9cran et, surtout avec la Joconde.  \par D\'e8s le d\'e9but, il avait fait valoir ses droits et pr\'e9rogatives d\rquote ambassadeur et demand\'e9 que l\rquote on mette \'e0 sa disposition un lieu pour son ambassade et le logement de fonction qui devait y \'eatre inclus. Il n\rquote  y eut aucune difficult\'e9, de nombreuses demeures luxueuses \'e9taient libres dans la p\'e9riph\'e9rie et on lui fit choisir \'e0 son gr\'e9. Il opta pour une grande demeure entour\'e9e d\rquote  un magnifique parc qui se nommait la Maison Blanche. Ce monument, dans un pass\'e9 lointain, avait \'e9t\'e9 d\'e9volue aux pr\'e9sidents de la r\'e9gion nomm\'e9e les \'93 Etats Unis d\rquote Am\'e9rique\'94, avant que, pour des raisons de s\'e9curit\'e9 , cette pr\'e9sidence ne fut transf\'e9r\'e9e \'e0 Langley. Ceci se passait  plus de 1000 ans auparavant. Ensuite, la Maison Blanche fut conserv\'e9e en bon \'e9tat et se visitait, puis devint une sorte de mus\'e9 e. Quand le nombre de visiteurs tomba en dessous de 5 personnes par mois, la Maison fut ferm\'e9e sauf pour les \'e9quipes de nettoyage et d\rquote entretien.  \par Emissaire pouvait se rendre \'e0 pied jusqu\rquote \'e0 la Vitrine et se promener au retour, ceci lui permettait de r\'e9fl\'e9chir et de rassembler dans sa m\'e9moire ce qu\rquote il avait appris dans la conf\'e9rence et aussi ce qu\rquote il leur avait  enseign\'e9 sur la f\'e9d\'e9ration. Mais, au fur et \'e0 mesure que les mois passaient, et bien que la gravit\'e9 de cette plan\'e8te soit \'e9quivalente \'e0 celle o\'f9 il \'e9tait n\'e9 , une fatigue de plus en plus lourde le gagnait. Il savait que seul le poids des ans en \'e9tait la cause et que, si on l\rquote avait choisi pour cette visite c\rquote \'e9tait \'e0 cause de son \'e2ge et de son exp\'e9rience. Pourtant, il \'e9 tait au soir de sa vie et rien ne disait qu\rquote il aurait la force de terminer sa mission. Alors il r\'e9solut de laisser dans son bureau, \'e0 la Maison Blanche, un r\'e9sum\'e9 de tout ce qu\rquote il avait vu, entendu et compris pendant son s\'e9 jour. Ainsi son successeur ne serait pas oblig\'e9 de repartir \'e0 z\'e9ro. \par Il y eut une interruption dans son s\'e9jour, on vint lui demander de rentrer sur Floric pour revenir avec Betty. Ce qu\rquote il fit bien volontiers car il rapporta ainsi quelques-unes de ses impressions \'e0 Pr\'e9 sidente avant de rejoindre la Terre pour terminer son ann\'e9e. \par Puis, un matin, en sortant du Centre, il s\rquote \'e9croula sur le trottoir devant des passants \'e9bahis qui appel\'e8 rent des secours. Connu de tous les terriens qui suivaient de chez eux, quand ils le voulaient, la suite des conversations du Symposium, il \'e9tait consid\'e9r\'e9 comme un vieillard sympathique et appr\'e9ci\'e9 par tous. A la clinique, les m\'e9 decins se donn\'e8rent beaucoup de mal pour le r\'e9veiller et lui rendre sa conscience. Varo, pr\'e9venue, se dit qu\rquote elle pouvait dans la m\'eame d\'e9cision, faire une bonne action tout en r\'e9alisant une des op\'e9rations pr\'e9vues qui \'e9 tait de faire enregistrer Emissaire dissoci\'e9 par Nounou. Elle se rendit au chevet du mourant et lui proposa de tenter de le remettre sur pied de la fa\'e7on utilis\'e9e sur Terre, par la technique des mandalas en paire dans un m\'eame lieu. \par Emissaire se savait condamn\'e9 et n\rquote avait donc rien \'e0 perdre. D\rquote autre part sa curiosit\'e9 demeurait insatisfaite quant \'e0 cette technique particuli\'e8re et il voulait savoir, alors il r\'e9pondit qu\rquote il \'e9tait d\rquote  accord. Avant qu\rquote on ne pousse sa chaise roulante vers la salle r\'e9serv\'e9e \'e0 ce type de traitement, on lui fit r\'e9diger, puis signer, une d\'e9charge. Pi\'e8ce l\'e9gale sur laquelle il d\'fbt indiquer qu\rquote il \'e9 tait en train de mourir de vieillesse et qu\rquote il souhaitait, de son plein gr\'e9, faire une ultime tentative de gu\'e9rison par une technique terrienne. Il l\rquote \'e9crivit dans un langage secret que seuls les ambassadeurs de la F\'e9d\'e9 ration connaissaient. Donc, Emissaire aurait, aussi bien, pu \'e9crire n\rquote importe quoi! Mais il fut loyal. Il ne tenait pas \'e0 cr\'e9er le moindre incident entre cette plan\'e8te et la F\'e9d\'e9ration, et si celle-ci avait \'e9t\'e9  imprudente en exp\'e9diant un homme si vieux, il ne fallait pas que la Terre en souffre. \par Les infirmiers l\rquote aid\'e8rent \'e0 se d\'e9v\'eatir et il entra dans le mandala comme on se jette par la fen\'eatre pour un suicide. Il ressortit aussit\'f4t du second mandala plus en forme que lorsqu\rquote il avait d\'e9barqu\'e9 sur ce monde.  \par Il remercia tout le monde, serrant des mains comme le faisaient les gens ici, et une fois ramen\'e9 dans sa chambre, se rendit compte que ces terriens avaient d\'e9couvert une chose importante que les gens de la F\'e9d\'e9 ration ne connaissaient pas du tout et qui marchait parfaitement. Alors, m\'eame s\rquote ils ne savaient pas bien comment ni pourquoi leurs mandalas fonctionnaient pour des allers interplan\'e9taires, ils seraient des partenaires \'e0 part enti\'e8 re dans la F\'e9d\'e9ration. Oui, c\rquote est ce qu\rquote il \'e9tait d\'e9cid\'e9 \'e0 dire lors de son retour. Il ne pensa plus du tout \'e0 ce papier qu\rquote il avait sign\'e9 avant sa gu\'e9 rison, mais se demandait combien de temps on allait le garder \'e0 l\rquote h\'f4pital ? \par ......................................................................................................................................................; \par Plan\'e8te Love \par  \par Lorsque le vaisseau arriva dans l\rquote atmosph\'e8re de Love, il effectua les sondages pr\'e9vus et renforc\'e9s depuis la catastrophe de Fox 3, donc parcourut en orbite et pendant le temps voulu toute la surface de ce globe. Tout \'e9tait dans la m\'e9 moire du vaisseau, les vues, la nature et la solidit\'e9 du terrain, la flore, la faune, enfin tout ce qui mesurait au moins un quart de m\'e8tre. Le calculateur du vaisseau pouvait, \'e0 la demande, donner en vi sion  une reconstitution allant de celle du globe \'e0 celle de n\rquote importe quel point de cette plan\'e8te. La premi\'e8re chose que Betty et Kog constat\'e8rent \'e9tait l\rquote absence totale de mers ou de fleuves. Le taux d\rquote humidit\'e9  de l\rquote air \'e9tait tr\'e8s bas et on ne constatait pas de ros\'e9e le matin sur les rares herbes s\'e8ches, mais il devait y en exister des traces pour qu\rquote elles continuent \'e0 pousser. Il apparaissait qu\rquote une calotte glaci\'e8 re de faible importance constituait la seule r\'e9serve de ce coin d\'e9sh\'e9rit\'e9 de l\rquote univers. La faune \'e9tait rare, quelques rongeurs de la taille de nos mulots se satisfaisant de l\rquote  herbe et de quelques insectes ou  vers, sans doute. Ils virent de  plus  deux pr\'e9dateurs qui mangeaient ces rongeurs. Le plus gros, de ces carnivores, avait l\rquote air d\rquote un petit  renard. Il y existait aussi un oiseau rapace dont le bec indiquait qu\rquote il jouait le r\'f4le du fossoyeur, il ressemblait \'e0 une petite buse. S\rquote il y avait d\rquote autres \'eatres  ce ne pouvait \'eatre qu\rquote aupr\'e8s du p\'f4 le nord, et encore, \'e0 condition qu\rquote ils soient rest\'e9s  invisibles aux appareils du vaisseau car cach\'e9s dans les zones glac\'e9es. \par Ils d\'e9cid\'e8rent de monter la libellule, embarqu\'e9e en pi\'e8ces d\'e9tach\'e9es dans le vaisseau, et de l\rquote \'e9quiper pour une exp\'e9dition. Le calcul montrait que pour atteindre la glace il leur faudrai t effectuer un parcours de 30 000 kilom\'e8tres. Le champ magn\'e9tique de Love n\rquote \'e9tait pas tr\'e8s fort, la calculatrice indiqua que une alternance de douze journ\'e9es de vol avec repos au sol pendant les nuits, serait n\'e9 cessaire. Il leur fallait donc pr\'e9voir des vivres et de l\rquote eau pour un tel voyage. La r\'e9serve du vaisseau donnerait les rations alimentaires mais serait un peu courte pour l\rquote eau. Il leur fallait donc esp\'e9 rer en trouver sur place ou envisager un rationnement pour le retour. \par Avant de partir, ils durent trier, dans le mat\'e9riel d\rquote exploration pr\'e9vu, entre ce qui pouvait correspondre \'e0 Love et ce qui n\rquote avait rien \'e0 voir. A quoi bon, par exemple,  emmener une grande quantit\'e9 d\rquote armes sur une plan \'e8te \'e0 peine habit\'e9e par quelques bestioles ? Ils pr\'e9f\'e9r\'e8rent des outils et des pi\'e8ces de rechange pour le cas d\rquote une panne ou d\rquote un accident. Leur mat\'e9riel de bivouac ne comportait qu\rquote  une tente avec des sacs de couchages, mais, en cas de besoin ils pouvaient se reposer en position de relaxation en modifiant l\rquote inclinaison de leurs si\'e8ges dans la libellule et rendre celle-ci inviolable. \par D\'e8s leur d\'e9part, la monotonie et l\rquote uniformit\'e9 du paysage les lassa. Tout \'e9tait plat et tapiss\'e9 de quelques rares pousses, chaque jour montrait la m\'eame chose que la veille et ils avaient l\rquote impression qu\rquote  ils restaient sur place. Pour tromper leur ennui et se tenir \'e9veill\'e9s Betty rendait compte \'e0 son compagnon du r\'e9sultat des nombreux voyages qu\rquote elle avait effectu\'e9s depuis son arriv\'e9e. Elle avait beau chercher des d\'e9 tails subtils et souligner quelques diff\'e9rences, si on voulait r\'e9sumer, cela tenait en quelques phrases : \par << Chaque monde diff\'e8re des autres par des caract\'e9ristiques mesurables et purement physiques.   Par exemple : la force de la gravit\'e9, la teneur de l\rquote air en oxyg\'e8ne, la pression atmosph\'e9 rique. Mais aussi : la distance au soleil autour duquel le monde gravite et la chaleur de ce soleil, la position du ou des satellites quand il y en a, la proportion de terres \'e9merg\'e9es. Les humano\'ef des qui les habitaient avaient, de ce fait, des diff\'e9rences qui en d\'e9coulaient que ce soit au niveau de leur taille, de l\rquote importance du syst\'e8 me respiratoire ou de la forme des yeux pour ne citer que cela. Une bonne logique et pas de surprise de ce c\'f4t\'e9 l\'e0 ! \par Les nuances venaient donc plus de leurs \'e9thiques ou de leurs esth\'e9tiques car les r\'e8gles de savoir-vivre changeaient de l\rquote une \'e0 l\rquote autre. Mais, avant de visiter une autre plan\'e8te on devait apprendre les r\'e8gles locales et s \rquote y conformer. Le plus petit commun d\'e9nominateur de ces bonnes mani\'e8res \'e9tait celui employ\'e9 sur la plan\'e8te Floric. Il fallait se rendre compte que chaque plan\'e8te se trouvait extr\'eamement \'e9loign\'e9 e de sa plus proche voisine, et que, sans le syst\'e8me des mandalas il n\rquote y aurait jamais eu la moindre possibilit\'e9 de communication. Mais la question de savoir comment les mandalas, qui servaient de portes, avaient \'e9t\'e9 plac\'e9 s dans chaque monde, demeurait ouverte. Le plus probable \'e9tait que la d\'e9marche suivie avait \'e9t\'e9 celle de Betty pour trouver Floric et non celle des hommes de notre terre envoyant des vais seaux avec un mandala vers des destinations hasardeuses pendant des dizaines de mill\'e9naires. Betty pensait que lorsque chaque civilisation s\'e9par\'e9e avait suffisamment \'e9volu\'e9 et \'e9tait enfin arriv\'e9e au paradigme d\rquote un univers \'e0  six dimensions, immanquablement on avait abouti \'e0 des \'e9tudes sur les mandalas. Donc, qu\rquote enfin des mandalas construits sur place devenaient des portes quand quelqu\rquote un, dans un autre monde entreprenait ce que Betty avait accompli.  \par Ce syst\'e8me de voyage permettait de se rendre sur une autre plan\'e8te, certes, mais dans quel but ? Car seuls les corps vivants franchissaient les portes. Il n\rquote \'e9tait pas question du moindre \'e9change de marchandises, si pr\'e9 cieuses fussent-elles. Quant \'e0 l\rquote id\'e9e d\rquote en \'e9changer par vaisseau cela devenait ridicule en termes de temps de voyage et de prix de revient. Pour motiver un d\'e9placement, ne restaient que la curiosit\'e9 et les perspectives d \rquote \'e9changes intellectuels. Les humano\'efdes \'e9taient rarement attir\'e9s par ceux d\rquote un autre monde de la F\'e9d\'e9ration. Bien que la r\'e8gle ne soit pas absolue, bien des essais de croisements s\rquote \'e9taient r\'e9v\'e9l\'e9s st \'e9riles, car les ovules et les spermatozo\'efdes se montraient, le plus souvent, incompatibles. D\rquote ailleurs un tel m\'e9lange les tentait  rarement et dans le but unique de proc\'e9der \'e0 une exp\'e9rience. Donc, en gros, la curiosit\'e9  pouvait \'eatre satisfaite sur documentation. Le seul v\'e9ritable motif \'e0 ces voyages r\'e9sidait dans les \'e9changes que des sp\'e9cialistes pouvaient avoir entre eux sur des sujets pr\'e9cis concernant ce qui les int\'e9ressaient. De cette mani \'e8re, par le biais des mandalas, ils pouvaient les obtenir, en temps r\'e9el, et non en attentant qu\rquote un signal leur parvienne, apr\'e8s des ann\'e9es, entre demande et r\'e9ponses. \par Autre chose avait frapp\'e9 Betty. C\rquote \'e9tait l\rquote absence totale du moindre racisme et la tol\'e9rance g\'e9n\'e9ralis\'e9e de chacun vis \'e0 vis, des diff\'e9 rences avec les autres. Il avait fallu environ 15000 ans pour y parvenir avait expliqu\'e9 la Pr\'e9sidente, mais c\rquote \'e9tait acquis. Donc pas d\rquote animosit\'e9 ni de rivalit\'e9. Ajoutez cela \'e0  un syst\'e8me de gratuit\'e9 totale po ur la satisfaction des besoins primordiaux. Cela faisait que les mondes de la F\'e9d\'e9ration \'e9taient en paix pour toujours. Oui, les gens, sur chaque plan\'e8te, s\rquote activaient du matin au soir au lieu de tra\'ee ner comme sur notre Terre! Mais ils \'e9taient motiv\'e9s par le fait qu\rquote ils se trouvaient membres d\rquote une F\'e9d\'e9ration et que les honneurs retombaient sur ceux qui accomplissaient une oeuvre utile \'e0 tous. Ces honneurs, m\'e9rit\'e9 s, rejaillissaient sur la plan\'e8te toute enti\'e8re pendant une ann\'e9e. Un genre d\rquote esprit de Club, en somme.  \par La Terre avait bien des choses \'e0 apprendre de la F\'e9d\'e9ration, mais aussi beaucoup \'e0 y apporter et tout se concr\'e9tiserait quand Emissaire aurait parachev\'e9 son voyage. Si tout se passait normalement Nounou/Sapiens et les r\'e9 seaux informatiques de Floric seraient li\'e9s et chargeraient toutes les donn\'e9es en permanence. Dans le cas contraire, la porte situ\'e9e sur terre serait d\'e9truite et les 79 autres portes de la f\'e9d\'e9ration munie d\rquote un syst\'e8 me de filtrage pour qu\rquote aucun terrien ne puisse s\rquote en servir avant que la Terre ne soit admise. \par Betty avoua que pendant les voyages qu\rquote elle avait effectu\'e9s sur les autres mondes, elle s\rquote \'e9tait plut\'f4t ennuy\'e9e. Quand elle avait choisi de tenter un essai vers une plan\'e8te \'93sauvage\'94 , comme Love, tous ses interlocuteurs avaient manifest\'e9 de la surprise car rares \'e9taient les membres de la F\'e9d\'e9ration qui envisageaient encore de telles explorations. Mais ils lui facilit\'e8rent la t\'e2che. \par Maintenant qu\rquote elle se trouvait avec Kog pour cette exp\'e9dition, la monotonie de ce qu\rquote elle d\'e9couvrait soulignait la vanit\'e9 des hommes \'e0 vouloir, depuis tant de milliers d\rquote ann\'e9es, savoir ce qu\rquote  il y avait dans des mondes lointains. En fait, pour elle, il n\rquote y avait rien qui m\'e9ritait un tel effort. Elle irait donc jusqu\rquote \'e0 ce p\'f4le, reviendrait au mandala par lequel elle \'e9 tait venue et tenterait de convaincre Kog de faire de m\'eame, de retourner sur Floric, puis, de l\'e0, vers la Terre. >> \par Kog l\rquote \'e9coutait s\rquote expliquer comprenant que ces discours \'e9taient autant destin\'e9s \'e0 lui qu\rquote \'e0 aider Betty \'e0 remettre un peu d\rquote ordre dans sa t\'eate. Il relan\'e7ait de temps en temps pour montrer qu\rquote  il suivait les id\'e9es d\'e9velopp\'e9es. Lui-m\'eame, se demandait quel \'e9tait l\rquote int\'e9r\'eat de s\rquote obstiner \'e0 vouloir aller jusqu\rquote au p\'f4le ? Et il \'e9tait assez pr\'eat \'e0 faire demi-tour quand ils eurent un contact psy chique violent! Pas une voix audible mais une id\'e9e forte qui s\rquote imposait dans leur cerveau. Ils se regard\'e8rent pour v\'e9rifier que l\rquote autre avait ressenti le m\'eame ph\'e9nom\'e8ne et virent que la r\'e9ponse \'e9tait positive ! \par  Traduit en paroles le sens g\'e9n\'e9ral serait : \par << Proposition \'e9change ?>> et cela se r\'e9p\'e9tait toutes les minutes. \par Kog l\rquote avait ressenti bien plus fortement que Betty et sut aussit\'f4t comment faire. Il pensa fortement au sens des mots << R\'e9flexion n\'e9cessaire >> plusieurs fois de suite et le signal stoppa. Il en parla avec sa compagne qui avait bien re \'e7u comme lui, mais effectivement sous forme assez l\'e9g\'e8re alors que pour Kog cela avait hurl\'e9 comme avec un haut-parleur. Ils convinrent donc que Kog seul poursuivrait cet \'e9change t\'e9l\'e9pathique. Il \'93projeta\'94 ou \'93\'e9mis \'93  les mots ou plus pr\'e9cis\'e9ment les id\'e9es que l\rquote on peut traduire par : \par << ? \'c9change >> et eut en r\'e9ponse une image de structure atomique qu\rquote il dessina sur un papier avant de le montrer \'e0 Betty. Celle-ci n\rquote eut besoin que d\rquote un coup d\rquote oeil pour lui dire : << Chrome >>. \par Ainsi, celui qui \'e9mettait, d\'e9sirait obtenir une quantit\'e9 de ce m\'e9tal mais combien et en \'e9change de quoi et surtout dans quel but ? Il n\rquote eut pas le temps de poser les questions, les r\'e9ponses \'e9taient l\'e0, moins fortes et plu s adapt\'e9es \'e0 sa r\'e9ception, formul\'e9es aussi en langage humain. La \'93Chose \'93 apprenait tr\'e8s vite et s\rquote exprimait tr\'e8s bien. Si on devait la croire cela donnait \'e0 peu pr\'e8s ceci : \par << Je suis la masse aqueuse  polym\'e9ris\'e9e blanche situ\'e9e sur le p\'f4le nord de ce monde. Ma constitution est bas\'e9e sur l\rquote eau mais ma temp\'e9rature est de + 2 5 degr\'e9 s Celcius  et non - 15 comme vous le pensez.. Je grandis en utilisant la faible humidit\'e9 ambiante de cette plan\'e8te o\'f9 je suis sans doute n\'e9 apr\'e8s l\rquote explosion d\rquote un ast\'e9ro\'efde. Mais  cet accroissement a besoin de chrome pour la catalyse et ce monde en manque terriblement. J\rquote ai d\'e9cel\'e9 la pr\'e9sence de ce m\'e9tal dans votre engin de transport et toute quantit\'e9 , si faible soit-elle, que vous me laisserez sera la bienvenue. Je ne dispose pas de moyens pour vous indiquer un poids, mais si vous acceptez l\rquote \'e9change, je serais \'e0 m\'eame de pr\'e9ciser. >> \par Kog se demanda ce qu\rquote un tel \'eatre pouvait avoir \'e0 proposer ? Et, il re\'e7ut imm\'e9diatement la r\'e9ponse : \par  << Vous n\rquote \'eates pas naturellement t\'e9l\'e9pathe et vous ne me recevez que par l\rquote effort important que je suis oblig\'e9 de soutenir. Je vous propose d\rquote ouvrir votre esprit \'e0 la t\'e9l\'e9pathie et de pouvoir continuer \'e0  vous en servir quand vous le voudrez. Je vous enseignerai les mouvements de pens\'e9e et les exercices \'e0 pratiquer. Le second \'eatre qui est avec vous n\rquote est pas apte \'e0 recevoir le m\'ea me enseignement, mais je peux entrouvrir un passage entre vous deux. Si vous acceptez, j\rquote aurais acc\'e8s \'e0 l\rquote ensemble de votre vocabulaire et vous pourrez me parler par la pens\'e9e sans le moindre effort. Je ne demande qu\rquote  un peu de chrome. >> \par Kog \'e9tait un gar\'e7on prudent et ne se serait pas laiss\'e9 tripoter l\rquote esprit sans r\'e9fl\'e9chir aux risques, mais Clone Traor\'e9, soldat d\rquote \'e9lite entra\'een\'e9 aux dangers et \'e0 les prendre de front prit les commandes sans pr \'e9venir et donna son accord. Il ressentit comme un grand d\'e9chirement douloureux dans sa t\'eate, pire qu\rquote une n\'e9vralgie, puis cela commen\'e7a \'e0 s\rquote att\'e9nuer un peu, puis de plus en plus. En moins d\rquote  une heure il se sentait tout \'e0 fait bien. A ce moment il entendit une voix dans sa t\'eate aussi claire que si on lui avait parl\'e9 et qui exprimait : \par << Voil\'e0, c\rquote est fait, j\rquote ai donn\'e9 ma part de l\rquote \'e9change. Je souhaite que vous d\'e9posiez sur ma masse un de vos outils en acier inoxydable, une pince, par exemple, elle contient assez de chrome pour que je puisse continuer  \'e0 vivre et cro\'eetre pendant encore deux mille ans. Ferez-vous le n\'e9cessaire ? Je n\rquote ai aucun moyen de vous y contraindre et ne dispose que de  possibilit\'e9s chimiques. Je dissoudrai lentement votre outil et pr\'e9l\'e8verai le chrome qui m \rquote est indispensable au fur et \'e0 mesure de mes besoins. >> \par << Nous allons arriver au bord de la zone \'93 polaire \'93 dans six heures et j\rquote  ex\'e9cuterai ce que vous demandez et m\'eame plus que cela ! car le service que vous m\rquote avez donn\'e9 en \'e9change le m\'e9rite. Avez-vous un nom ? >> \par <<Je me r\'e9jouis de votre attitude, j\rquote attends votre arriv\'e9e, je n\rquote ai pas de nom. Est-ce utile ? Connaissez-vous d\rquote autres \'eatres comme moi ? >> \par <<Je n\rquote en connais pas mais nous avons l\rquote habitude de donner un nom \'e0 tout et \'e0 tous, voulez-vous que je vous en trouve un ? >> \par <<J\rquote aimerai bien, mais n\rquote en saisis pas l\rquote utilit\'e9. Je lis que vous avez plusieurs noms et deux personnalit\'e9s fusionn\'e9es. Votre nom de Kog, je le retiens pour m\rquote adresser \'e0 vous o\'f9 y penser lorsque vous aures quitt \'e9 la zone polaire. >> \par <<Pour moi et le reste de la F\'e9d\'e9ration, vous serez nomm\'e9  Hydros. Donc, \'e0 dans quelques heures, mon cher Hydros ! >> \par Effectivement, en fin de journ\'e9e ils arriv\'e8rent vers la masse blanche et y d\'e9pos\'e8rent trois gros outils dont ils \'e9taient certains de pouvoir se passer. Ils \'e9taient fabriqu\'e9 s  en acier inoxydable de nuance 18/ 8 soit:   18% de chrome et 8  %  de Molybd\'e8ne. Puis, sans dormir, ils reprirent le chemin du retour afin d\rquote \'e9conomiser l\rquote eau. Pas \'e9tonnant que la plan\'e8te en ma nque si, pour sa croissance, Hydros s\'e9questrait, dans ses mol\'e9cules, tout le disponible produit par la plan\'e8te( sous forme d\rquote \'e9vaporations et de condensation) au cours des ans. Bient\'f4t toute v\'e9g\'e9tation dispara\'ee trait, puis toute vie animale. Seul Hydros, de plus en plus gros, serait vivant. Mais pour combien de temps sans cro\'ee tre ? .................................................................................................................................................... \par . \par Une semaine plus tard, Betty et Kog, arrivaient sur Floric et se rendaient \'e0 l\rquote ambassade terrienne dans l\rquote  appartement de fonction. Emissaire les y attendait et leur transmis les ordres de revenir tous les deux, avec lui, sur la Terre sans le moindre d\'e9lai. Ils ne prirent  m\'eame pas le  temps de se reposer un peu et Betty ne put faire visiter la capitale de la F\'e9d\'e9ration \'e0 son ami. Le lendemain ils arriv\'e8rent tous les trois sur Terre au temple de Samye. Chacun d\rquote entre eux garda la plus grande r\'e9serve et ne pronon \'e7a que le nombre de mots indispensable. Ce retour brutal leur paraissait suspect et ils gardaient une certaine r\'e9serve. Emissaire, de son c\'f4t\'e9, avait une id\'e9e qui le rongeait et revenait sans cesse : Utiliser les mandalas pour soigner et gu \'e9rir impliquait bien des choses, il se sentait presque revenu de la mort. Sur Floric, les savants consult\'e9s n\rquote avaient eu que trop peu de temps pour y r\'e9fl\'e9chir mais \'e9taient parvenu \'e0 la conclusion que tout ceci n\rquote \'e9 tait possible que par une reconstruction \'e0 partir de l\rquote A D N de base. Cette technique, si elle existait, \'e9tait int\'e9ressante et \'e0  creuser. De plus, si on y ajoutait cette histoire plus ou moins confuse de clones dont Emissaire avait entendu parler, cela revenait \'e0 une possibilit\'e9 de vie \'e9ternelle. Or cela, comme le clonage d\rquote ailleurs, \'e9tai t strictement interdit dans la F\'e9d\'e9ration. Il s\rquote en fallait d\rquote un rien pour que cette derni\'e8re ne d\'e9 cide de faire sauter la porte de Samye et de se fermer aux terriens. Emissaire se posait vraiment la question et utiliserait les quelques mois qui lui restaient sur cette plan\'e8 te pour creuser autant que faire se pouvait. En attendant, il ferait bon visage et dissimulerait au mieux ses sentiments. \par Kog, assis derri\'e8re lui, dans l\rquote appareil qui les ramenait, avait ferm\'e9 ses yeux et entendait absolument tout de ses pens\'e9es. Il se dit qu\rquote une consultation de SAPIENS s\rquote imposait. Arriv\'e9s \'e0  Washington, Emissaire se dirigea vers la Maison Blanche tandis que Betty et Kog se rendaient compte que ni l\rquote un ni l\rquote autre ne poss\'e9dait de domicile. Clone 001 Traor\'e9 avait v\'e9cu les derni\'e8res ann\'e9es avant son d\'e9 part dans la vie virtuelle de son masque de fer. Il demeurait, de fait, dans une salle de laboratoire. De l\'e0, il avait \'e9t\'e9 amen\'e9 vers le mandala pour son exp\'e9dition lointaine sur Love. Betty, de son c\'f4t\'e9, avait habit\'e9, ces derni \'e8res ann\'e9es, dans une installation mini\'e8re d\'e9saffect\'e9e en Afrique noire et, en derni\'e8re phase, avec un contrat de  location temporaire, aupr\'e8s du laboratoire de radioastronomie. C\rquote \'e9tait son seul domicile ! \par Ils s\rquote en ouvrirent \'e0 Varo qui avait fait l\rquote effort de venir les accueillir \'e0 l\rquote arriv\'e9e. Celle-ci avait r\'e9pondu qu\rquote elle leur avait r\'e9serv\'e9 tout un \'e9tage dans une aile de Langley et qu\rquote ils le m\'e9 ritaient bien. Cet \'e9tage comportait quatre appartements pour des h\'f4tes de marque de passage et ils choisiraient. Elle les pr\'e9vint que les Directeurs, (les Sages comme on disait de pr\'e9f\'e9rence maintenant), avaient h\'e2 te de les entendre et pas seulement par curiosit\'e9.  SAPIENS leur avait fait part de d\'e9ductions inqui\'e9tantes \'e0 propos des questions pos\'e9es par Emissaire. Les \'e9l\'e9ments qui manquaient pour une prise de d\'e9cision d\'e9 pendaient, pour beaucoup,  de leurs r\'e9centes exp\'e9riences hors de la Terre. Demain, donc, ils auraient \'e0 en exposer chacun le r\'e9cit. Ensuite ils devraient r\'e9pondre \'e0 toutes les questions.  \par Varo, sans vouloir orienter les rapports qu\rquote ils auraient \'e0 faire, crut bon d\rquote ajouter un \'e9l\'e9ment. Elle pensait que le motif de l\rquote intervention de SAPIENS \'e9tait d\'fb aux h\'e9sitations de Emissaire. L\rquote envoy\'e9  de la F\'e9d\'e9ration craignait que la population de la Terre ne soit pas assez \'93 aboutie \'93 pour que la F\'e9d\'e9ration s\rquote en satisfasse. Emissaire ne serait, en effet, pas long \'e0 se rendre compte des lacunes  ! \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par                                                                  }{\f28\fs26\cf18 Fin du chapitre 9 \par \page }{\f28\fs26                                                       CHAPITRE 10 \par  \par                                                          Transformer le mirage en r\'e9alit\'e9. \par                                                          Le livre des 36 stratag\'e8mes- (chinois) \par  \par }{\b\f28\fs30 Zaon 438 Pim}{\f28\fs26  \par  \par D\'e8s les premi\'e8res conversations avec Emissaire il fut patent, pour Nounou, que les terriens n\rquote \'e9taient pas tout \'e0 fait pr\'eats \'e0 \'eatre re\'e7us dans la F\'e9d\'e9ration. De plus la question se posait de l\rquote utilit\'e9  de la chose. Ce que les terriens avaient \'e0 apporter aux autres \'e9tait bien trop dangereux. Ils semblaient les seuls \'e0 avoir utilis\'e9 le syst\'e8me des mandalas pour gu\'e9rir en reconstruisant des personnes dissoci\'e9 es. Mais cela, ils le devaient aux Cephs et non \'e0 leur propre aboutissement. Ce qu\rquote ils avaient d\'e9couvert depuis Ducerf pouvait se r\'e9sumer \'e0 un syst\'e8me de transport instantan\'e9 mais dont l\rquote  usage demeurait interdit sur leur plan\'e8te. Betty venait de trouver comment utiliser les portes des autres, certes,  mais ces autres \'e9taient ceux qui les avaient mis en place et qui en poss\'e9daient toute la conception. L\rquote exp\'e9rience r\'e9 alis\'e9e par Kog n\rquote \'e9tait qu\rquote un essai isol\'e9 et hasardeux. Donc, les terriens n\rquote \'e9taient pas assez matures selon le point de vue de la F\'e9d\'e9ration et cela se verrait tr\'e8s vite. \par Une autre question venait s\rquote ajouter : en copiant la personnalit\'e9 des passagers de ses mandalas les terriens poss\'e9daient un savoir-faire qui les rendaient proches de la conqu\'eate de l\rquote immortalit\'e9 . En effet,  SAPIENS pouvait ajouter au clone d\rquote un individu, la copie de la personnalit\'e9 qu\rquote il avait dans sa m\'e9moire et donc recr\'e9er pratiquement la m\'eame personne autant de fois qu\rquote  on le lui demanderait. Etait-il utile que la F\'e9d\'e9ration le sache ? Et, corollaire, comment s\rquote arranger pour qu\rquote elle ne le sache pas si toutes les toiles d\rquote araign\'e9e n\rquote en faisaient plus qu\rquote une par mise en r\'e9 seau ? \par Pour \'eatre admis parmi les autres il aurait fallu que les terriens aient une id\'e9e plus compl\'e8te des syst\'e8mes de mandalas, ce qui impliquait un meilleur paradigme que celui qu\rquote ils concevaient pour expliquer l\rquote Univers. Or, il s \rquote en fallait de tr\'e8s peu, car les Cephs \'e9taient all\'e9s au bout de leur r\'e9flexion sur ce sujet et cela se trouvait dans BAFESI mais n\rquote en sortirait que sur une demande bien formul\'e9e. Les Cephs, m\'e9fiants, avaient r\'e9serv\'e9  cette science aux uniques t\'e9l\'e9pathes ! Ils sous-entendaient par l\'e0 : les autres Cephs \'e9ventuels que leur vaisseau pourrait rencontrer. \par Ce bout du probl\'e8me fut r\'e9solu lorsque \'e0 leur retour Kog et Betty rendirent compte de leurs voyages. SAPIENS trouvait d\'e9sormais, en Kog, interlocuteur \'e0 qui communiquer ces pr\'e9cieuses informations sur le paradigme des Cephs, mais c \rquote \'e9tait trop tard ! Il s\rquote en fallait de quelques mois, un seul aurait m\'eame pu suffire, mais Emissaire avait d\'e9j\'e0 int\'e9rieurement pris sa d\'e9cision. Or, celle-ci \'e9tait de couper les ponts pour encore quelques mill\'e9 naires. Ah ! Si Kog \'e9tait revenu au moins un mois plus t\'f4t !  \par SAPIENS en d\'e9duisit que si les terriens voulaient absolument entrer dans la f\'e9d\'e9ration, il lui fallait envisager de modifier le pass\'e9. Il fallait donner une l\'e9g\'e8re acc\'e9l\'e9ration aux \'e9v\'e9 nements pour que tout se passe comme cela c\rquote \'e9tait d\'e9j\'e0 produit, sauf le fait que Kog et donc Betty et donc que ces deux l\'e0, soient de retour un ou deux mois plus t\'f4t. Pas ais\'e9, mais r\'e9alisable, peut-\'ea tre ? Nounou se posait le probl\'e8me et SAPIENS r\'e9pondait, schizophr\'e8ne, qu\rquote il y avait un moyen. Ils demand\'e8rent aux Sages et ceux ci d\'e9cid\'e8rent un Symposium, Dans ses m\'e9moires Nounou essaya de commencer \'e0 s\'e9 lectionner quelles personnalit\'e9s pouvaient \'eatre exp\'e9di\'e9es vers le pass\'e9 et en final n\rquote en retint que quatre. Le meilleur \'e9tant un certain Zaon 438 Pim. Ensuite, et toujours en harmonie avec sa partie BAFESI, elle calcula  les points temporels d\rquote arriv\'e9e les plus int\'e9ressants dans le but d\rquote avancer un peu le progr\'e8s sans cr\'e9er de paradoxes. Poss\'e9dant, dans ses archives, toute l\rquote histoire de l\rquote humanit\'e9 , elle trouva que le premier point temporel o\'f9 cela \'e9tait jouable se situait vers la fin du .20\'b0 si\'e8cle de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne. La personnalit\'e9 r\'e9ceptrice ne pouvait \'eatre que Mathieu Ducerf, celui qui, le premier avait eu l \rquote id\'e9e du nouveau paradigme pour les terriens. Mais il fallait encore deux \'e9tapes autour de ce point. L\rquote  une post\'e9rieure et une autre ant\'e9rieure. Celui qui avait \'e9t\'e9 le r\'e9el d\'e9clencheur de ce qu\rquote on avait nomm \'e9 la grande Qu\'eate \'e9tait incontestablement Manius et il serait donc le premier r\'e9ceptacle. Le noeud du probl\'e8me, et le plus ais\'e9 \'e0 manipuler sans risques, se trouvait \'eatre le d\'e9lai situ\'e9 entre la d\'e9 couverte de Boris et la date pr\'e9cise \'e0 laquelle il se d\'e9cida \'e0 enfin envoyer ce qu\rquote il avait trouv\'e9 dans la valise. C\rquote \'e9tait en 435 AA , il suffisait d\rquote un ou deux mois de d\'e9calage, juste l\'e0 , et pas ailleurs. Ne restait plus qu\rquote \'e0 peaufiner mais sans trop en faire. Organiser, juste pour obtenir un l\'e9ger mieux. Comme de trouver le plus lointain, la personne r\'e9ceptacle, qui acc\'e9l\'e9rerait un peu la d\'e9 couverte de Ducerf. Il fallait que Niels Bohr ait l\rquote id\'e9e ma\'eetresse de sa vie concernant l\rquote atome un tout petit peu plus vite. Cela pouvait \'eatre obtenu par le biais de l\rquote influence qu\rquote  aurait sur lui un gamin, un petit norv\'e9gien, par exemple le fils d\rquote un ami, chez lequel il \'e9tait de passage. L\rquote enfant, pour jouer, tracerait au sol une s\'e9rie de cercles concentriques et s\rquote amuserait \'e0 sauter de l\rquote un  \'e0 l\rquote autre en posant ses pieds uniquement hors des traits dessin\'e9s. Bohr ne le remarquerait pas particuli\'e8rement sur le coup mais cela lui ferait trouver un peu plus t\'f4t sa th\'e9orie. Einstein serait amen\'e9 \'e0 lire et \'e9 tudier Bohr parmi tant d\rquote autres et inventerait la relativit\'e9 tandis que l\rquote \'e9cole fran\'e7aise tenterait de faire l\rquote \'e9tude des math\'e9matiques qui trancheraient entre les th\'e9 ories corpusculaires et ondulatoires. Dans la grande bataille de savants qui en d\'e9coulerait, Einstein parlerait, certes, du temps comme d\rquote une dimension. Mais, il le ferait en \'e9tant un peu moins s\'fbr de lui car un tantinet plus jeune. Il  \'e9crirait une phrase laissant une porte entr\rquote ouverte au fait que le temps n\rquote \'e9tait mesurable qu\rquote en tant qu\rquote une dimension mais ne dirait pas que c\rquote \'e9tait une dimension et rien d\rquote  autre. Cela suffirait pour que Mat Ducerf y repense etc...  \par SAPIENS \'e9tait maintenant tout \'e0 fait pr\'eat \'e0 r\'e9pondre aux questions qui lui seraient pos\'e9es et \'e0 organiser le voyage vers le pass\'e9 de Zaon 438 Pim. \par Pendant que ce changement s\rquote effectuerait, on garderait Emissaire en convalescence. Si cela ne suffisait pas,  SAPIENS le mettrait hors du temps ! Exactement comme il l\rquote avait fait pour le Ceph passager. Ensuite on le r\'e9veillera it sous forme de la copie enregistr\'e9e de sa personnalit\'e9 telle qu\rquote elle \'e9tait lorsqu\rquote il avait failli mourir. Seul son corps serait am\'e9lior\'e9. Pour Emissaire les soins, au lieu d\rquote \'eatre instantan\'e9 s, auraient pris tout le temps n\'e9cessaire aux Terriens pour qu\rquote ils puissent constater si Pim avait r\'e9ussi sa mission de lisseur de temps. \par  \par                                               \'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0 \par Les Directeurs tenaient de nouveau un important symposium car le moment semblait venu d\rquote exp\'e9dier vers le pass\'e9 un esprit solide qui, sans paradoxes ni perturbations temporelles, ferait juste un peu avancer les choses. La finalit\'e9  de la mission devant \'eatre que la terre soit mieux pr\'eate qu\rquote \'e0 l\rquote heure actuelle pour rencontrer d\rquote autres humano\'efdes. Le but \'e9tait t\'e9nu, presque insignifiant, il fallait un l\'e9ger coup de pouce \'e0 l\rquote \'e9 volution pour que la technique des mandalas figure bien dans la panoplie humaine un ou deux mois avant la date normale. Juste ce petit laps de d\'e9calage qui ferait que ce seraient les humains qui manipulent la F\'e9d\'e9ration et non le contraire.  \par  \par  SAPIENS, consult\'e9 \'e9tablit un programme de r\'e9gressions temporelles et donna les moyens pratiques pour r\'e9ussir. Cette technique, il avait d\'fb l\rquote employer sur BAFESI quand il avait fait la lourde erreur \'e0 propos d u chien. Il disposait de la r\'e9serve d\rquote \'e9nergie voulue et de la technologie de base pour de courts sauts temporels en r\'e9gression totale. Mais Nounou, lui et quelques forts matheux durent travailler en collaboration quant \'e0  la mise sur pied du syst\'e8me. Il leur fallait trouver une m\'e9thode  qui tenterait d\rquote envoyer, non un corps, mais une personnalit\'e9 seule quelques si\'e8cles en arri\'e8re. \par D\rquote autres conditions devaient se trouver r\'e9unies :  \par Le d\'e9part ne pouvant se faire qu\rquote \'e0 partir du vaisseau BAFESI il faudrait donc, au pr\'e9alable, que des \'e9quipes de techniciens s\rquote y rendent pour construire les appareillages n\'e9cessaires . Lorsque tout serait op\'e9 rationnel on enverrait Pim. \par Kog, rendu t\'e9l\'e9pathe, devrait trouver le moyen de lever le dernier secret des Cephs et, s\rquote il n\rquote y parvenait pas en direct il serait bon qu\rquote il am\'e8 ne avec lui un des Cephs de la terre.  Nounou, en collaboration avec BAFESI en avait identifi\'e9 un particuli\'e8rement r\'e9ceptif. C\rquote \'e9tait juste apr\'e8s que le Ceph Voyageur leur avait transmis tout son savoir. Sur Terre le nom utilis\'e9  \'e9tait \'93seiches\'94. Les oc\'e9ans en \'e9taient pleins. Les terriens les avaient toujours consid\'e9r\'e9s comme des animaux assez peu int\'e9ressants. Maintenant ils devraient r\'e9viser leur point de vue car avant quelques ann\'e9es, les \'93 Seiches \'93 sauraient tout ce que le monde des Cephs avait appris. \par En cas de difficult\'e9s Kog devait pouvoir communiquer avec la seiche et celle-ci faire ouvrir les fichiers cach\'e9s du vaisseau. Alors Kog saurait et trouverait toutes les informations utiles concernant le paradigme des Cephs. Informations bloqu\'e9 es jusque l\'e0 dans la ferrite du vaisseau. Ils pourraient les transf\'e9rer dans les donn\'e9es de Nounou /SAPIENS. Donc, elles seraient  \'e0 la disposition des terriens. Ceci et, en particulier, pour les sp\'e9cialistes du relativisme et  des espaces fibr\'e9s dont Betty n\rquote \'e9tait pas la moindre. \par Impossible de sp\'e9culer sur les impacts de ce paradigme puisque tout \'e9tait encore cach\'e9, mais il \'e9tait probable que les r\'e9percussions seraient \'e9normes que la Terre d\'e9cide, ou non, d\rquote adh\'e9rer \'e0 la F\'e9d\'e9ration. \par Tout ceci devait se r\'e9aliser en un court laps de temps, et surtout, de toute fa\'e7on ,en moins de deux mois. Il \'e9tait indispensable que quand on sortirait Emissaire de son \'e9tat dissoci\'e9, on l\rquote autorise du m\'eame coup \'e0  communiquer avec SAPIENS sans restrictions. Le but \'e9tant de faire croire \'e0 l\rquote envoy\'e9 de la F\'e9d\'e9ration que les Terriens \'e9taient bien des humano\'efdes aboutis du fait m\'eame que leurs savants connaissaient \'e0 fond l\rquote  Univers \'e0 6 dimensions des Cephs. Lequel serait s\'fbrement le m\'eame que celui des 79 plan\'e8tes f\'e9d\'e9r\'e9es. \par Les Directeurs n\rquote avaient donc plus qu\rquote un  probl\'e8me \'e0 r\'e9soudre :  convaincre Pim de se sacrifier pour remplir des missions vers le pass\'e9 et y laisser sa vie. On lui proposerait, certes, un clone et un enregistrement pour qu \rquote il ne meure pas tout \'e0 fait.  L\'e0, il ne s\rquote agissait pas de convaincre un \'eatre jeune ayant assez peu v\'e9cu pour qu\rquote un changement de corps, \'e0 moins de quarante ans, puisse \'eatre envisag\'e9  et finir par une fusion. Non, Pim n\rquote \'e9tait pas un jeune homme, il se trouvait au meilleur \'e2ge \'e0 un peu plus de la moiti\'e9 de son parcours. Il avait 61 ans et n\rquote avait aucune raison valable d\rquote accepter. Le seul bon argument r \'e9sidait dans les \'e2ges que SAPIENS avait pr\'e9vus pour ses r\'e9ceptacles, mais  impossible de s\rquote en servir \'e0 fond ! Lorsqu\rquote il partirait, on le laisserait dans l\rquote ignorance des identit\'e9 s de ceux-ci . Pim devait croire que le hasard seul, (la concomitance d\rquote \'e9tats d\rquote \'e9vanouissements, d\rquote anesth\'e9sies ou de comas avec les dates de ses incarnations ), avait jou\'e9. Si on faisait l\rquote erreur de l\rquote infor mer avant qu\rquote il ne parte, il ne pourrait s\rquote emp\'eacher d\rquote enqu\'eater sur les personnages et, partant,  d\rquote obtenir des informations sur le cours complet de leurs existences. Cela cr\'e9 erait automatiquement des paradoxes temporels. Donc Pim ignorerait que sa premi\'e8re r\'e9incarnation se ferait avec Manius ( alors \'e2g\'e9 de 18 ans ) que la seconde concernerait Mat Ducerf (59 ans) et que la derni\'e8 re concernerait un gamin au moment de ses douze ans. Par contre, il saurait qu\rquote il finirait sa vie dans sa troisi\'e8me identit\'e9 d\rquote emprunt. \par .......................................................................................................................................................  \par  \par   }{\b\f28\fs26 Pim le nexialiste}{\f28\fs26 . \par  \par Le terme de nexialiste a \'e9t\'e9 cr\'e9\'e9 par un auteur de science fiction du nom de Van Vogt pour d\'e9signer une nouvelle profession qui n\rquote a jamais r\'e9ellement exist\'e9. Ce m\'e9tier aurait consist\'e9 \'e0 op\'e9 rer des transferts de connaissances d\rquote une branche de la science aux autres. Pour illustrer disons que si Untel dirige un laboratoire dans lequel on a d\'e9couvert un produit x auquel on ne trouve pas d\rquote usage int\'e9ressant et que si, dans l \rquote atelier de m\'e9canique de Quidam on cherche, sans le trouver, un produit y ayant les propri\'e9t\'e9s qu\rquote \'e0 x, le nexialiste fera passer l\rquote information, \'e0 la satisfaction des deux. \par Quand il \'e9tait d\rquote \'e2ge scolaire, Pim se r\'e9v\'e9la tr\'e8s vite appartenir \'e0 la cat\'e9gorie assez rare des cancres intelligents. Cancre, il l\rquote \'e9tait car il refusait l\rquote effort d\rquote apprendre, il aurait aim\'e9  que la simple \'e9coute ou lecture des cours suffise. Malheureusement il avait une m\'e9moire d\'e9testable et ne retenait pas grand-chose. Ceci n\rquote avait rien \'e0 voir avec la qualit\'e9 de son cerveau. Les tests avaient montr\'e9  que son Q.I. montait souvent \'e0 125 ce qui le classait d\'e9j\'e0 en haut de gamme. Son cycle \'e9tudiant ne fut gu\'e8re plus brillant, il changeait constamment de sp\'e9cialit\'e9, absorbait un peu ce qui satisfaisait sa curiosit\'e9  et allait voir ailleurs. Aussi, quand il eut accompli le minimum obligatoire, il laissa l\rquote universit\'e9 et, sans r\'e9elle sp\'e9cialit\'e9, fut capable d e rendre des services en orientant les gens qui avaient des questions vers ceux qui pouvaient avoir des r\'e9ponses. Il s\rquote intitula donc Nexialiste car il avait eu une p\'e9riode intense de lecture des microfilms d\rquote  ouvrages anciens traitant de science fiction. \par Enjou\'e9 et aimable, sans une once de m\'e9chancet\'e9, il \'e9tait assez aim\'e9 de ses concitoyens. Ainsi il aidait les uns et les autres en tra\'eenant des heures avec chacun sur le lieu de leur travail ou de leur violon d\rquote Ingres. Il apprenait  \'e9norm\'e9ment, n\rquote en retenait que des g\'e9n\'e9ralit\'e9s ou des directions de recherches et transmettait des informations utiles \'e0 ceux qui en avaient le plus grand besoin. Il op\'e9 rait par le seul jeu de son intelligence qui construisait un pont entre des pr\'e9occupations diff\'e9rentes. La toile d\rquote araign\'e9e pouvait aboutir au m\'eame r\'e9sultat, mais par des chemins complexes puisque les donn\'e9es \'e0  relier se trouvaient dans des domaines ou dossiers tout \'e0 fait distincts et d\'e9pourvus de corr\'e9lations. Donc, Pim allait plus vite que Nounou ou BAFESI. C\rquote est le noeud de la diff\'e9 rence entre une intelligence humaine et une autre uniquement \'e9lectronique, m\'eame si cette derni\'e8re se trouve sous la forme la plus pouss\'e9e, celle de SAPIENS. \par  Pim v\'e9cu ainsi sa vie en continuant en permanence \'e0 picorer des informations, des faits, des id\'e9es un peu partout. Si on lui avait demand\'e9 quelle part de son temps \'e9tait du travail et donc \'e0 inclure dans le minimum impos\'e9 , il se serait trouv\'e9 bien embarrass\'e9, car, en r\'e9alit\'e9 il n\rquote arr\'eatait que lorsqu\rquote il dormait. Son boulot  et son activit\'e9 de d\'e9tente ne faisaient qu\rquote un et cela le distinguait tout \'e0  fait du reste de ses contemporains. Participant \'e0 de nombreuses activit\'e9s toujours diversifi\'e9es, en tant que spectateur ou d\rquote assistant, ne comptant pas son temps, il devint bient\'f4t indispensable \'e0 beaucoup. Il se sentait appr\'e9ci \'e9, bref, il \'e9tait tout \'e0 fait bien dans sa peau et d\'e9cid\'e9 \'e0 continuer ainsi tant qu\rquote il le pourrait. Comme tout un chacun, et peut-\'eatre un peu plus que la moyenne, il suivit tous les efforts d\'e9ploy\'e9s pour atteindre les mo ndes ext\'e9rieurs \'e0 notre syst\'e8me solaire. La chose l\rquote int\'e9ressait, mais pas plus que d\rquote autres. Quant, \'e0 l\rquote occasion des symposiums, il eut entendu Emissaire et les Directeurs discuter, il s\rquote en r\'e9 jouit mais ne se sentit pas particuli\'e8rement concern\'e9. Or, pour SAPIENS il \'e9tait, et de loin, le meilleur voyageur vers le pass\'e9 possible. Car m\'eame ses d\'e9fauts devenaient des qualit\'e9s pour la mission. Sa faible m\'e9moire serait une b \'e9n\'e9diction, car dans les r\'e9incarnations cela perturberait moins l\rquote esprit du receveur. Il aurait \'e0 apprendre par coeur quelques chiffres pour ses sauts temporels, mais cela on pouvait l\rquote obtenir de lui. Surtout si sa vie en d\'e9 pendait ! Son intelligence \'e9tait assez bonne pour qu\rquote il comprenne l\rquote importance de la mission et les priorit\'e9s qu\rquote elle comportait. Son c\'f4t\'e9 touche \'e0 tout lui conf\'e9rerait un coefficient d\rquote  adaptation remarquable. Enfin il y avait sa grande capacit\'e9 de travail, qualit\'e9 rarissime \'e0 l\rquote \'e9poque. \par Pim, allant de l\rquote un \'e0 l\rquote autre et souvent vers des activit\'e9s mal connues de lui avait appris la prudence. De plus il s\rquote aimait bien et ne prendrait aucun risque inutile, sa tendance, en vieillissant, allait plus dans l\rquote  autre sens, une sorte d\rquote exc\'e8s de pr\'e9cautions. Ceci n\rquote \'e9tait pas mal non plus pour la mission mais n\rquote aiderait pas \'e0 le convaincre. \par Le probl\'e8me ne pouvait se trouver abord\'e9 et r\'e9solu que par des humains et c\rquote est donc sur les Sages qu\rquote  elle retomba. Il fallait trouver un biais, un levier pour que Pim, non seulement accepte, mais se montre enthousiaste. Les gens qui commercent nomment cela des \'93motivations \'93 et ces derni\'e8res ont, depuis plus de 1500 ans, \'e9t\'e9 class\'e9 es, tri\'e9es, r\'e9pertori\'e9es et utilis\'e9es par ceux qui en avaient besoin. Dans le syst\'e8me appliqu\'e9, le distributionnisme, il fallait \'e9liminer le facteur argent. De plus, Pim n\rquote avait montr\'e9  aucun signe de recherche de puissance ou d\rquote honneur, donc encore une piste \'e0 laisser. Le sexe \'e9tait \'e0 oublier, non \'e0 cause de l\rquote \'e2ge de Pim, mais par suite du contr\'f4 le des naissances et de la distribution dans les rations alimentaires de contraceptifs ou de calmants. D\rquote ailleurs que lui proposer en supposant des introductions d\rquote excitants au lieu de tranquillisants ? D\rquote aller vers le pass\'e9 conqu \'e9rir une belle ? Il ne restait donc que les grands mythes qui trouvent toujours preneurs : l\rquote immortalit\'e9 ou le bain de Jouvence. \par  Les Sages d\'e9cid\'e8rent d\rquote utiliser les deux en proposant \'e0 Pim le droit \'e0 un clone et la fusion avec les informations que SAPIENS m\'e9moriserait sur lui lors d\rquote un passage de remise en forme par mandalas. Comme Pim s\rquote aimait  \'e9norm\'e9ment, cette perspective devait lui plaire. Au besoin Clone 001 Kog lui parlerait et lui prouverait l\rquote int\'e9r\'eat de la chose. Pour le rajeunissement ils lui promirent trois vies \'e0 des \'e2ges particuli\'e8rement int\'e9 ressants : la pubert\'e9, la jeunesse, et celui de la raison. Ils ne pr\'e9cis\'e8rent pas comment ils le savaient d\rquote avance, mais Pim avait confiance, les Sages pas plus que SAPIENS ne sauraient mentir. \par L\rquote affaire fut emport\'e9e par un argument ajout\'e9 au dernier moment : il serait le premier \'e0 accomplir ce travail de lisseur du temps qui, de fait, pouvait \'eatre consid\'e9r\'e9 comme la forme la plus pouss\'e9 e de liaison Nexialiste.  Zaon 438 Pim donna son accord et s\rquote en fut vers ses destins en tant que Manius, Mat Ducerf et Oleg Petersen. \par  \par }{\b\f28\fs26 Clone 001  Kog}{\f28\fs26 .  \par  \par Le Bambara avait d\'fb se rendre sur le vaisseau BAFESI pour essayer de faire ouvrir  par des influx t\'e9l\'e9pathiques, le fichier cach\'e9 par les Cephs. Il n\rquote y r\'e9ussit pas car ses formes de langage et de pens\'e9es n\rquote \'e9 taient pas recevable. Alors il essaya de communiquer avec la seiche qu\rquote il avait emport\'e9e avec lui  dans son aquarium. L\'e0, il eut un contact et s\rquote ouvrit totalement comme Hydros le lui avait enseign\'e9. Il n\rquote  y eut rien de plus le premier jour. Le lendemain il per\'e7ut des images marines tr\'e8s nettes et des pens\'e9es concr\'e8tes tenant \'e0 la nourriture. Il versa dans l\rquote aquarium les alevins de la ration quotidienne et eut en retour une pens\'e9 e reconnaissante et de bonne volont\'e9. Kog essaya de signifier sa demande pour que la seiche communique avec BAFESI. Mais il y eut incompr\'e9hension et \'e9tonnement. Au troisi\'e8me jour, de bonne heure, le matin Kog capta des \'e9changes t\'e9l\'e9 pathiques entre la seiche et ses cong\'e9n\'e8res dans l\rquote oc\'e9an terrestre. Il semblait qu\rquote elle soit \'e0 la recherche d\rquote informations dispers\'e9es. Des r\'e9ponses vinrent, en grand nombre et la seiche  sembla avoir compris un peu mieux ce qu\rquote on attendait d\rquote elle. Malheureusement, Pluton avait boug\'e9 et il faudrait maintenant attendre encore un mois avant qu\rquote une lucarne astronomique ne se pr\'e9sente \'e0  nouveau. Kog et la Seiche, qu\rquote il nomma \'93 Secco \'93, eurent entre eux bien des \'e9changes et autant d\rquote \'e9tonnements.  \par Secco \'e9tait intelligente mais encore primitive et, de ce que le Ceph Voyageur avait transmis, tr\'e8s peu avait \'e9t\'e9 compris et assimil\'e9. Mais Secco avait constat\'e9 des progr\'e8s nets dans son esp\'e8ce propre. Il s avaient choisi quel autre animal jouerait, pour eux, sur la Terre, le r\'f4le qu\rquote avaient tenu les Cralangs pour les Cephs. Ce seraient les Homards avec lesquels il y avait, depuis longtemps, des \'e9changes d\rquote  informations sur les courants marins ou les r\'e9serves de nourriture, mais sans plus. \par Enfin, le moment vint o\'f9 un nouveau contact avec les seiches de la terre \'e9tait possible et le r\'e9sultat en fut fructueux. Toutes les seiches avaient eut le temps de trier dans les donn\'e9es envoy\'e9es par le Ceph voyageur, d\rquote en  faire la synth\'e8se et d\rquote en comprendre l\rquote essence. Secco absorbait \'e0 grande vitesse et Kog n\rquote attrapait que des bribes sans significations pour lui. Le lendemain il adressa mentalement, \'e0 nouveau sa demande \'e0  Secco. Celle-ci savait de quoi il \'e9tait question et donna son accord. Une condition fut pos\'e9e qui concernait la possibilit\'e9 ult\'e9rieure de voyages vers d\rquote autres mondes pour les seiches avec l\rquote  aide des humains. Puis, abandonnant ses \'e9changes avec Kog, Secco entreprit de d\'e9bloquer BAFESI. Cela ne se fit pas de suite, mais Secco \'e9tait pugnace et ,\'e0 force de variations dans la mani\'e8re de transmettre, finit par arriver \'e0 ce qu \rquote elle voulait. Le programme concernant le paradigme des Cephs \'e9tait enfin ouvert. Restait \'e0 le transformer en langage humain et \'e0 le comprendre. On disposait,  au mieux de huit jours. \par  \par }{\b\f28\fs26 Pr\'e9sidente.}{\f28\fs26  \par  \par Dans le b\'e2timent en forme de tour qui dominait  la capitale de la F\'e9d\'e9ration, Pr\'e9sidente se posait des questions. Emissaire au moment de son court passage avait apport\'e9 des informations contradictoires \'e0 propos de la plan\'e8 te Terre. Il devait bient\'f4t revenir de sa mission avec des r\'e9ponses. D\rquote autre part, depuis que Betty \'e9tait sortie du mandala en visiteuse, les historiens de Floric et des autres mondes avaient fouill\'e9 les archives. Ils cherchaient \'e0  relier tous les \'e9l\'e9ments qu\rquote ils poss\'e9daient concernant les voyages r\'e9alis\'e9s vers cette destination. Cela commen\'e7ait plus de 10.000 ans en arri\'e8re avec la construction de la premi\'e8re ziggourat, \'e0 la limite d\rquote  une faille g\'e9ologique s\'e9parant deux continents dont les plaques tectoniques n\rquote \'e9taient pas encore stabilis\'e9es totalement. Les terriens vivaient une civilisation primitive et les visiteurs mandat\'e9s par la F\'e9d\'e9ration, \'e9 taient des Elo\'efens. A cette \'e9poque, songea-t-elle, il n\rquote y avait que 63 mondes accept\'e9s comme assez aboutis, et les Elo\'efens faisaient partie des dix premi\'e8res plan\'e8tes f\'e9d\'e9r\'e9es. Ils \'e9 taient les meilleurs fabricants de vaisseaux spatiaux et ensuite de mandalas. Pourtant, pour cette premi\'e8re exp\'e9dition vers la Terre, il y avait eu la plus improbable des pannes, dont le facteur principal \'e9 tait venu de changements directionnels du champ magn\'e9tique terrestre au lieu d\rquote arriv\'e9e. Ceci se produisit suite \'e0 un ph\'e9nom\'e8ne sismique d\rquote amplitude moyenne, mais qui provoqua la modification.  Durant trois d\'e9cades, ils \'e9 taient rest\'e9es bloqu\'e9es sur ce monde encore sauvage mais ne manquant pas de charmes. Puis, la cause de la panne ayant enfin \'e9t\'e9 trouv\'e9e, ils purent rentrer sur leur monde et remettre leur rapport : << Monde \'e0 suivre >> \par Ce qu\rquote ils n\rquote avou\'e8rent pas et dont aucun des participants n\rquote osa parler ou \'e9crire \'e0 leur retour, fut qu\rquote ils avaient enfreint une des r\'e8gles d\rquote or de ces explorations : Ils n\rquote avaient pas pu s\rquote emp \'eacher de se rapprocher des femmes de terriens qu\rquote ils trouvaient de plus en plus belles au fur et \'e0 mesure de leur pr\'e9sence, donc de leur privation. L\rquote erreur de base venait du choix de l\rquote \'e9 quipage, qui par hasard, ne comportait que des m\'e2les ! En th\'e9orie, leur exp\'e9dition ne devait durer que deux mois et le sexe n\rquote avait pas \'e9t\'e9 pris en compte pour un  si bref laps de temps. Oh !  Ne leur jetons pas la pierre, ils avaient des circonstances att\'e9nuantes, car physiquement les terriens et les Elo\'efens avaient les m\'eames caract\'e8res physiques, simplement les terriens semblaient des mod\'e8les r\'e9 duits. La taille d\rquote un terrien adulte devait avoisiner 1,5 m\'e8tres quand celle des visiteurs en faisait deux, mais, chose rare, leurs hormones sexuelles \'e9taient de m\'eame famille chimique et ne diff\'e9raient que d\rquote un groupe m\'e9thyle.  \par Plus tard, quelques d\'e9cennies apr\'e8s leur retour, les langues se d\'e9li\'e8rent et ils avou\'e8rent leur transgression de la r\'e8gle. Mais le mal -ou le bien- \'e9tait fait. Ils avaient induit un progr\'e8s g\'e9n\'e9 tique, psychologique et technique dans une population locale qui les consid\'e9ra comme des dieux. Ils eurent m\'eame une descendance qui se dilua, au cours des si\'e8cles suivants, dans le reste de la population. Leur nom se transmis de bouche \'e0  oreille de g\'e9n\'e9ration en g\'e9n\'e9ration avec une l\'e9g\'e8re modification de prononciation, ainsi que c\rquote est toujours le cas. Dans la m\'e9moire des hommes ils furent les Elohim.( Un Elo\'ef en, des Elohim ). Les installations minimales de production de fruits et de l\'e9gumes qu\rquote ils durent mettre en route pour survivre modifi\'e8rent, en un lieu pr\'e9cis, le paysage ambiant qui \'e9tait particuli\'e8rement aride, sinon \'e0 demi d \'e9sertique. Les autochtones en furent frapp\'e9s et, ne pouvant y p\'e9n\'e9trer \'e0 cause de la barri\'e8re \'e9lectrique, le contemplaient avec admiration et s\rquote imaginaient y s\'e9journant. Dans la langue des  Eloh\'efm, potager se prononce  \'93 Purdess \'93 et ce nom pour les terriens devint, au long des transmissions orales, pard\'e8s, puis parad\'e8s, puis paradis. \par Lorsque leur retour se trouva compromis, sinon renvoy\'e9 \'e0 jamais, les visiteurs commenc\'e8rent \'e0 choisir parmi les filles des terriens et il y eut quelques bagarres qui, elles aussi, donn\'e8rent lieu \'e0 des l\'e9 gendes dans les histoires racont\'e9es sur Terre apr\'e8s leur d\'e9part. Les r\'e9cits s\rquote embellirent au cours des si\'e8cles, chaque conteur enjolivant un peu pour mieux capter l\rquote attention de son auditoire. Ainsi, une histoire  de dispute due \'e0 la jalousie fit qu\rquote un terrien se lan\'e7a \'e0 la poursuite d\rquote un visiteur, lequel, peu agressif pr\'e9f\'e9ra rentrer dans le vaisseau en se servant d\rquote une \'e9chelle de secours. Il y eut altercation sur cette \'e9 chelle et le terrien fut repouss\'e9 d\rquote un coup de pied n\'e9gligent et retenu, mais il se brisa la cheville et boita ensuite toute sa vie. Son pr\'e9nom devait \'eatre quelque chose comme Jancov et se perp\'e9tua sous la d\'e9 signation de Jacob dans l\rquote histoire de la population locale. Pour que cela soit encore plus miraculeux, on d\'e9cala les dates en faisant passer cet incident comme bien post\'e9rieur \'e0 la venue des Elohim. \par Pr\'e9sidente avait pass\'e9 des soir\'e9es compl\'e8tes \'e0 faire le lien entre ce qui \'e9tait rest\'e9 dans la m\'e9moire des hommes de la terre et les faits r\'e9els tels que les historiens de la F\'e9d\'e9 ration avaient pu les reconstituer. Il y avait plein d\rquote historiettes montrant l\rquote impact qu\rquote avait eu cette visite prolong\'e9e et f\'e2cheuse des humano\'efdes de la F\'e9d\'e9ration. \par Quatre mille ans plus tard, une visite de contr\'f4le avait montr\'e9 que cette population avait subit une \'e9volution acc\'e9l\'e9r\'e9 e dans un sens mais que des guerres incessantes (pour des histoires de dieux, de troupeaux, de territoires, de jalousie ou de sexe) avaient produit un effet inverse. Ils bataillaient sans merci, sans r\'e9els motifs, de tribu \'e0 tribu, de peuple \'e0  peuple, de pays \'e0 pays. Alors, les visiteurs, qui ne rest\'e8rent que les quelques jours n\'e9cessaires et indispensables, prirent, comme le r\'e8glement le prescrivait, l\rquote initiative de donner quelques pr\'e9ceptes indispensables de morale et d \rquote \'e9thique. Il ne fallait pas trop pousser en ce domaine, par cons\'e9quent ils se limit\'e8rent \'e0 une dizaine en portant une attention particuli\'e8re sur l\rquote unicit\'e9 d\rquote un Dieu et l\rquote interdit de sa repr\'e9 sentation, ce qui \'e9viterait les guerres d\rquote idoles. Malgr\'e9 une mise en sc\'e8ne bien faite, la port\'e9e en demeura bien plus faible que dans d\rquote autres mondes o\'f9 cette technique avait \'e9t\'e9 appliqu\'e9e avec succ\'e8 s. Mais elle dura et fini par s\rquote imposer. A cette occasion ils offrirent aux terriens un syst\'e8me graphique et un alphabet pour remplacer les id\'e9ogrammes. Ils n\rquote avaient pas le droit de donner d\rquote avantage. Il y eut d\rquote  autres courtes visites de surveillance ou pour remplacer la ziggourat, originelle et alors \'e9croul\'e9e, par le temple de Samye. \par Encore plus tard ils d\'e9tect\'e8rent une guerre nucl\'e9aire et la F\'e9d\'e9ration voulut en savoir plus. Le continuum de l\rquote espace-temps pouvant se trouver d\'e9chir\'e9 , le danger commandait une urgence et un approfondissement de la surveillance. Cette fois ci, \'e0 la fin du 20\'b0 si\'e8cle de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne sur terre, ils d\'e9cid\'e8rent de cr\'e9er des  bases secr\'e8tes  \'e0  partir desquelles des envoy\'e9s venant de plusieurs des plan\'e8tes de la F\'e9d\'e9ration espionneraient les terriens. Certains incidents eurent lieu et la pr\'e9sence des humano\'efdes de la plan\'e8te Ballant, recouverts de combinaisons vertes \'e0  la mode chez eux,  posa bien des probl\'e8mes. Ce fut sur Terre l\rquote \'e9poque dite \'93des petits hommes verts \'93 D\rquote une fa\'e7on identique les engins ovo\'efdes volants (une autre \'e9quipe en provenance du monde de R\'e9a)  n\rquote \'e9 chapp\'e8rent pas toujours aux hommes. A la longue cela se tassa et on n\rquote en parlait plus sur Terre qu\rquote en plaisantant. Mais les rapports remis au retour \'e9taient inqui\'e9tants et la question de la destruction pure et simple de la Plan\'e8 te Terre fut mentionn\'e9e comme possibilit\'e9 derni\'e8re. Puis, avec les ann\'e9es A. A , les terriens devinrent raisonnables et commenc\'e8rent \'e0 essayer de franchir la barri\'e8re de leur syst\'e8me plan\'e9taire. \par Tous les membres de la F\'e9d\'e9ration furent d\rquote accord, il n\rquote \'e9tait absolument pas question de laisser une race non aboutie aller se promener et r\'e9pandre sa violence n\rquote importe o\'f9. Ils durent se r\'e9soudre \'e0  utiliser le syst\'e8me de \'93quarantaine \'93 qui faisait dispara\'eetre tout corps organique issu du vivant. Tout humain, animal, animalcule, bact\'e9rie, virus, microbe, vivant ou mort, se trouvait transform\'e9 en \'e9 nergie en une fraction de seconde d\'e8s que le vaisseau s\rquote appr\'eatait \'e0 sortir du syst\'e8me. Il n\rquote y eut qu\rquote une exception, un \'e9quipage de cinq navigateurs fut capt\'e9 par un mandala int\'e9rieur au syst\'e8me solaire mais la  F\'e9d\'e9ration n\rquote en trouva pas trace. Comment Pr\'e9sidente aurait-t-elle pu s\rquote imaginer que Mat Ducerf avait re\'e7u ces gens quelques centaines d\rquote ann\'e9es plus t\'f4t que leur d\'e9part ? Et, de plus, sans le faire expr\'e8s ? .  \par Oui, la F\'e9d\'e9ration avait des raisons de se soucier de l\rquote arriv\'e9e de la 80\'b0 plan\'e8te en son sein ! Des cons\'e9quences pouvant se r\'e9v\'e9ler redoutables. Pr\'e9sidente \'e9 tait assez anxieuse de voir revenir au plus vite Emissaire. Pour le lui faire savoir, elle ne disposait que de deux moyens. Soit envoyer un second visiteur qui porterait ses instructions de retour pr\'e9cipit\'e9, soit consommer une grande \'e9 nergie pour envoyer un \'93Titane\'94 \'e0 m\'e9moire de forme. On risquait, ce faisant, d\rquote apprendre aux terriens une chose qu\rquote ils semblaient ignorer totalement. Cela concernait  les mandalas et donc le paradigme des 6 dimensions sur lequel toute la civilisation technique de la F\'e9d\'e9ration reposait. Ceci reviendrait \'e0 leur donner la r\'e9ponse \'e0 la question que Emissaire avait \'e0 trancher. Donc, de rendre son s\'e9 jour inutile car \'e0 quoi bon faire passer un examen dont le candidat aurait les r\'e9ponses fournies par l\rquote examinateur ? Il fallait bien y r\'e9fl\'e9chir se dit-elle, il semblait que les terriens aient, de l\rquote  usage des mandalas, une science diff\'e9rente de celle des plan\'e8tes f\'e9d\'e9r\'e9es. Certaines utilisations qu\rquote ils semblaient avoir d\'e9couvertes \'e9taient inconnues ici. Par contre une partie de ce qui \'e9tait \'e9vident dans les 79 plan \'e8tes paraissait totalement ignor\'e9 d\rquote eux  \par Si ce que Emissaire avait dit au cours de son bref passage se trouvait confirm\'e9, les terriens ignoraient que l\rquote on peut exp\'e9dier de la mati\'e8re par les mandalas. Bien qu\rquote il y ait des limitations tr\'e8s restrictives, si on s\rquote  en tenait \'e0 des corps simples \'e9l\'e9mentaires, on pouvait y faire passer un m\'e9tal comme l\rquote aluminium ou un gaz comme l\rquote oxyg\'e8ne ou un liquide comme le mercure. Ce n\rquote \'e9tait qu\rquote une question d\rquote intensit\'e9 \'e9 lectrique dans le dispositif. La forme de ce qu\rquote on exp\'e9diait ainsi ne pouvait \'eatre conserv\'e9e pendant le transfert, tout arrivait sph\'e9rique, c\rquote \'e9tait une question d\rquote encombrement minimum pour une masse donn\'e9 e. Par contre, le temps de transfert n\rquote \'e9tait pas nul, puisque l\rquote on n\rquote utilisait ni l\rquote inversion de temps ni le retour d\rquote entropie comme c\rquote \'e9 tait possible avec le vivant. Un rapide calcul sur son terminal lui montra que pour envoyer une masse de 10 grammes de Titane \'e0  m\'e9moire de forme, le temps de transfert serait de 4 jours 9 heures et six minutes en temps local. Si Emissaire \'e9tait  \'e0 Samye quand cette bille arriverait, il lui suffirait de la chauffer \'e0 594\'b0 pour qu\rquote elle reprenne sa forme initiale : celle d\rquote une feuille carr\'e9e de un pouce par un pouce par 0,01 pouce. Le pouce type universel pour les f\'e9d \'e9r\'e9s correspond \'e0 6,058 cm. \par  Sur cette feuille, un ordre bref serait grav\'e9 en creux \'e0 la pointe s\'e8che. Puis le Titane pur subirait une op\'e9ration de recuit sp\'e9cial qui lui conf\'e9rait la m\'e9moire de la forme. L\rquote ordre donn\'e9 \'e0 Emissaire  pouvait \'ea tre, par exemple << Revenez >>.  Mais qui le pr\'e9viendrait qu\rquote un message \'93titane \'93 l\rquote attendait ?. \par  Non, tout compte  fait, il \'e9tait pr\'e9f\'e9rable d\rquote envoyer un espion qui le joindrait discr\'e8tement et lui donnerait les ordres de retour de vive voix. \par Un autre argument  s\rquote ajouta aux pr\'e9c\'e9dents, durant sa r\'e9flexion. En effet, les r\'e8gles de la F\'e9d\'e9ration limitaient les envois de mati\'e8res \'e0 des cas particuliers tr\'e8s pr\'e9cis. Le message \'93titane \'93  figurait dans la liste des op\'e9rations \'e0 n\rquote ex\'e9cuter que rarement. Ce type d\rquote envoi n\rquote \'e9tait pas consid\'e9r\'e9 comme tr\'e8s poli, ni particuli\'e8rement aimable ,alors on essayait de l\rquote \'e9viter. Ah! S\rquote il ava it \'e9t\'e9 simplement question d\rquote exp\'e9dier de l\rquote oxyg\'e8ne et de l\rquote hydrog\'e8ne s\'e9par\'e9ment dans un monde sans eau! Cela se justifierait pour permettre \'e0 quelqu\rquote un de survivre en r\'e9alisant  la synth\'e8se de l \rquote eau, par \'e9tincelles \'e0 la sortie du mandala r\'e9cepteur. De surcro\'eet,, cela aurait \'e9t\'e9 bien vu. Il en aurait \'e9t\'e9 de m\'eame  si un mandala devait \'eatre r\'e9par\'e9 et que l\rquote on eut manqu\'e9  de cuivre pour ce travail. Mais, pour un simple message qui circulait moins vite qu\rquote un envoy\'e9, cela devenait bien trop grossier ! \par Elle se mit \'e0 la recherche sur fichiers. Pour elle, le  meilleur espion possible  devait, d\rquote une part, avoir d\'e9j\'e0 op\'e9r\'e9 sur la Terre, bien en conna\'eetre les usages et la langue, mais aussi savoir \'eatre particuli\'e8 rement discret, t\'eatu et rus\'e9. Finalement il n\rquote y avait que tr\'e8s peu de personnes pouvant accomplir ce travail ! Finalement elle eut \'e0 choisir entre trois personnes, venant de plan\'e8tes diff\'e9rentes. Mais une seule \'e9tait habit\'e9 e par des HUMABS  dont l\rquote aspect physique \'e9tait assez proche  de celui des terriens pour qu\rquote elle ne soient pas imm\'e9diatement rep\'e9r\'e9e. Il s\rquote agissait des fameux Elo\'efens. Donc l\rquote espionne, puisqu\rquote il s\rquote  agissait d\rquote une femme, devrait passer inaper\'e7ue malgr\'e9 une taille assez grande et voisine de 1 m 85. \par  Pr\'e9sidente, ressentant une grande g\'eane, car cela ne se faisait pas, regarda l\rquote identit\'e9 officielle de la personne. En principe la politesse aurait voulu qu\rquote elle demande \'e0 cette femme sous quel nom elle d\'e9sirait que Pr\'e9 sidente la nomme et de son c\'f4t\'e9, Pr\'e9sidente aurait d\'fb en faire autant. Mais pour les cas sans \'e9change de noms, et quand la simple fonction ne pouvait suffire, on pouvait regarder dans l\rquote Officiel pour obtenir au moins une d\'e9 signation d\rquote attente. \par Ainsi que pour tous les Elo\'efens, son nom se terminait en \'93 ael \'93. Sa fiche nominale de base indiquait F\'e9ligrabael. Il \'e9tait vraisemblable que ses amis de travail la nomment F\'e9gael, pensa-t-elle en rougissant de confusion. Lors de sa pr \'e9c\'e9dente mission sur la Terre, il y avait maintenant 21 ans terrestres, F\'e9gael, donc, participa, en tant que \'93rempla\'e7ante\'94, \'e0 une \'e9quipe des meilleures \'e9quipes de nageuses . Elle avait soigneusement conserv\'e9  par devers elle, les documents qu\rquote elle avait eu \'e0 utiliser sous le nom terrien de LUON 457 ARCO - (dite \'93 Arc \'93 pour les proches). Curieuse manie qu\rquote avaient ces terriens de donner un nom en deux groupes de lettres souvent impronon \'e7ables, s\'e9par\'e9s par un bloc de chiffres. Et ce, pour tout le monde. Ils y ajoutaient un bref sobriquet, que tout un chacun pouvait conna\'eetre, et qui \'e9tait utilis\'e9 aussi bien par les proches que pour les particuli\'e8 rement intimes. Quel manque de raffinement ! \par  Pr\'e9sidente se pencha sur le cas F\'e9gael pour conna\'eetre les d\'e9tails de sa pr\'e9c\'e9dente mission et constata \'e0 quel point l\rquote op\'e9ration avait \'e9t\'e9 bien men\'e9e ! Il y avait eu, tout simplement, substitutio n de personne. Les services de la F\'e9d\'e9ration avaient cherch\'e9 et rep\'e9r\'e9, parmi une multitude, une femme ressemblant le plus possible \'e0 un agent de leur service. Ils ne regard\'e8rent pas du c\'f4t\'e9  masculin car, si sur Terre il existe des grandes femmes, trop peu d\rquote hommes d\'e9passent les deux m\'e8tres. Ils avaient pr\'e9f\'e9r\'e9 cette d\'e9marche plut\'f4t que r\'e9aliser l\rquote inverse , c\rquote est \'e0 dire chercher \'e0 ce qu \rquote une espionne se grime assez bien pour ressembler \'e0 une terrienne. Quand ils eurent trouv\'e9 leur victime, ils l\rquote \'e9tudi\'e8rent p endant des mois et finirent par tout en savoir. Puis, un soir, ce fut la fausse Arc qui rentra au domicile de la victime choisie et se substitua \'e0 la vraie. Cette derni\'e8re, la pauvre, pensa Pr\'e9sidente, fut enlev\'e9e, emmen\'e9 e au mandala de Samye et envoy\'e9e dans le monde des Elo\'efens. Une fois sur place, elle fut inscrite et coinc\'e9e dans un centre de recherches. L\'e0, on lui donna un travail de surveillance de machines analytiques, en lui faisant croire qu\rquote  elle avait \'e9t\'e9 s\'e9lectionn\'e9e pour un projet secret command\'e9 par Nounou. Elle se croyait encore sur la Terre !. L\rquote op\'e9ration inverse fut r\'e9alis\'e9 e six mois plus tard. On lui rendit ses identifications et ses cartes de distribution, non sans les avoir copi\'e9es. Pr\'e9sidente en d\'e9duisit que si elle confiait la mission \'e0 cette F\'e9gael il faudrait, de nouveau, op\'e9rer de la m\'eame fa\'e7 on. Mais, il semblait qu\rquote apr\'e8s que la premi\'e8re avait eu lieu, la v\'e9ritable Arc avait \'e9prouv\'e9 des difficult\'e9s \'e0 se r\'e9adapter. Elle passa longtemps pour un peu dingue avec ses histoires de base secr\'e8t e et de recherches pour Nounou. \par Ses amis, qui voulurent v\'e9rifier ses dires, aupr\'e8s de la grande toile n\rquote obtinrent que des r\'e9ponses n\'e9gatives. Mais, si Nounou avait effectivement men\'e9 des \'e9tudes secr\'e8tes, n\rquote en aurait-il pas \'e9t\'e9 exactement de m\'ea me ?  Bien jou\'e9 ! , se dit Pr\'e9sidente.  Eh bien ! Donc, qu\rquote il en soit ainsi, elle enverrait la fausse Arc reprendre du service et lui demanderait de contacter Emissaire.  \par Deux \'e9l\'e9ments d\'e9terminants et de la plus haute importance ne figuraient pas dans les documents que consultait la Pr\'e9sidente. Il s\rquote agissait d\rquote histoires de coeurs que les int\'e9ress\'e9es avaient soigneusement gard\'e9es cach\'e9 es. Car, tant la vraie que la fausse Arc, avaient trouv\'e9 le compagnon id\'e9al au cours de cet \'e9change impos\'e9. \par  \par }{\b\f28\fs26 Arc.}{\f28\fs26  \par Voici comment Arc, la terrienne, v\'e9cut la chose. C\rquote \'e9tait une grande jeune femme, bien faite et port\'e9e sur l\rquote \'e9l\'e9gance vestimentaire ainsi que sur la beaut\'e9 en g\'e9n\'e9 ral. Elle cultivait son corps en se livrant avec passion \'e0 la natation et \'e0 la danse classique. Figurant parmi les meilleures mais pas class\'e9e super championne, il arrivait, de temps \'e0 autre, que l\rquote  on sollicite son inscription pour remplacer une d\'e9faillance dans l\rquote \'e9quipe de sa r\'e9gion. Arc vivait  un gros probl\'e8me que toutes les femmes coquettes comprendront . Compte tenu de sa taille, elle devait \'e9viter les chaussures \'e0  talons hauts car elle se serait trouv\'e9e plus grande que ses compagnons de danses ou de sorties. Il s\rquote \'e9tait pourtant produit, trois fois dans sa vie d\rquote adulte, que l\rquote assistance ou la r\'e9union comporte un c\'e9libataire tr\'e8 s grand. Ce furent : un basketteur, un joueur de volley, et pour le dernier, un plongeur. Elle s\rquote \'e9tait senti attir\'e9e et avait tent\'e9 sa chance, mais tous ces hommes tr\'e8s grands adorent les femmes les plus petites ainsi que Nounou consult \'e9e le lui avait expliqu\'e9. Donc, en dehors du plaisir de tourner quelques danses avec de hauts talons qui mettaient bien en valeur la beaut\'e9 de ses jambes, elle n\rquote obtint  rien d\rquote autre. Bien s\'fbr, et hors des sorties accompagn\'e9 es elle avait une vie sexuelle normale pour les terriens de l\rquote \'e9poque. Arc pouvait assurer sa quotit\'e9 moyenne minimale d\rquote orgasmes : une petite s\'e9rie de deux \'e0 quatre, selon le partenaire, \'e0 chaque trimestre. Cela ne l\rquote  emp\'eachait nullement de r\'eaver du Prince Charmant qui, un jour, l\rquote aimerait. \par Un Elo\'efen vint, sur la Terre prendre livraison du colis qu\rquote elle \'e9tait pour les services secrets de la F\'e9d\'e9ration. Il l\rquote  emmena vers Samye, puis composa le code qui les conduirait directement chez lui, sans passer par Floric. Pendant le voyage a\'e9rien, entre Paris et le mandala, elle n\rquote eut de regards que pour lui, tant elle le trouvait charmant. Sa taille d\'e9 passait les deux m\'e8tres mais il \'e9tait si bien proportionn\'e9 qu\rquote il fallait \'eatre tout pr\'e8s de lui pour le remarquer. Ses cheveux \'e9taient blonds, souples et descendaient dans son dos jusqu\rquote \'e0 la ceinture, en longues m\'e8 ches d\rquote or. Ses yeux montraient une couleur bleue, mais tirant un peu sur le violet, sous d\rquote \'e9pais sourcils aussi blonds que la t\'eate. Son \'e2ge \'e9tait ind\'e9finissable, ce n\rquote \'e9tait pas un gamin certes, mais, elle le cr\'e9 dita de quarante ans \'e0 peine. Elle ne s\rquote aper\'e7ut m\'eame pas qu\rquote ils entraient et sortaient du mandala tant elle \'e9tait en contemplation de son id\'e9al masculin. Une fois \'e0 destination et d\rquote  un geste naturel, elle lui donna le bras tandis qu\rquote il la dirigeait \'e0 travers un d\'e9dale de couloirs et de portes. En r\'e9alit\'e9 ce pseudo laboratoire secret \'e9tait situ\'e9 dans le sous-sol d\rquote un complexe administratif dont la t\'e2 che \'e9tait de contr\'f4ler des pr\'e9l\'e8vements sanguins de routine. L\rquote Elo\'efen lui avait d\'e9clar\'e9, avec une certaine g\'eane, que ses relations de travail le nommaient Pr\'e9leveur car son travail consistait \'e0 pr\'e9lever des \'e9 chantillons dans des tubes et \'e0 les introduire ensuite dans l\rquote appareil qui en ferait les analyses. Arc d\'e9clina son identit\'e9 officielle et lui demanda de  la nommer Arc, tout simplement. Seulement trois lettres ! Sur ce monde, plus on autorisait un autre \'e0 vous donner un nom court, plus on montrait son affection. Trois lettres signifiaient une d\'e9claration enflamm\'e9e avec d\'e9 sir de relations stables et durables. Comme elle lui plaisait bien avec sa taille un peu petite et ses beaux yeux noirs, rarissimes ici, et donc particuli\'e8rement pris\'e9s, il lui donna l\rquote  un de ses noms, il choisit six lettres car, pas question d\rquote aller trop vite avec cette souris. << Vous pouvez me nommer Mikael >>. \par Ce pr\'e9nom, existant sur la terre, ne devrait pas la surprendre et c\rquote \'e9tait le but. Moins elle saurait ce qui lui arrivait et mieux ce serait. Donc, \'e0 partir de ce jour Mikael et Arc travaill\'e8rent dans le m\'eame laboratoire, mang\'e8 rent ensemble et convers\'e8rent de tout et de rien chaque jour. Au cours de la fin du premier mois, Arc, ayant besoin que Mikael lui passe un instrument s\rquote adressa \'e0 lui en lui disant : \par << Miki,  peux-tu me passer le porte-tube s\rquote il te pla\'eet ? >> \par Il en devint cramoisi et ne savait ou se mettre devant les coll\'e8gues. L\rquote utilisation, devant d\rquote autres d\rquote un pr\'e9nom plus court que celui employ\'e9 d\rquote habitude revenait \'e0 annoncer qu\rquote  ils vivaient ensemble. Cela correspondait, \'e0 un enregistrement \'e0 l\rquote Etat Civil, d\rquote une demande de procr\'e9ation commune ! Impossible de r\'e9v\'e9ler \'e0 Arc qu\rquote elle ne se trouvait pas sur Terre et que d\rquote autres r\'e8 gles jouaient. Interdiction aussi de mettre les autres travailleurs du centre dans le secret, sinon ou serait le secret ? Et combien de temps passerait avant qu\rquote un imb\'e9cile ne se coupe ? Il n\rquote avait pas d\rquote autre choix que d\rquote  ent\'e9riner. Depuis qu\rquote il l\rquote avait amen\'e9e pourtant, il l\rquote avait toujours nomm\'e9e avec le nom de son travail :\'94 Conductrice sept\'94, car elle avait \'e0 fournir les tubes \'e0 traiter, au septi\'e8me bloc d\rquote  analyse,. Et voil\'e0 qu\rquote il devait employer devant les autres le nom qu\rquote il utilisait pour elle dans ses pens\'e9es intimes lorsqu\rquote il se disait qu\rquote il aurait bien v\'e9cu un ou deux si\'e8cles avec elle. Il se trouva oblig\'e9  de br\'fbler les \'e9tapes et, donc r\'e9pondit : \par << Tiens, le voil\'e0, Arc >> \par A cet \'e9nonc\'e9 toute la salle se mit \'e0 applaudir \'e0 l\rquote \'e9bahissement de la pauvre terrienne. En quelques minutes les paillasses furent d\'e9barrass\'e9es de ce qui les encombraient et transform\'e9es en tables sur lesquelles vinrent bient \'f4t s\rquote \'e9taler des plats de nourritures et des boissons alcoolis\'e9es. En peu de mots, le mariage fut ainsi c\'e9l\'e9br\'e9 et les jeunes \'e9poux raccompagn\'e9s jusqu\rquote aux appartements de Mikael. Si Arc avait de l\rquote  attirance pour Miki, ce dernier depuis cette d\'e9claration d\'e9vergond\'e9e, avait ressenti une pouss\'e9e hormonale intense. Encore sans la moindre descendance il \'e9prouvait effectivement un fort sentiment pour Arc qu\rquote il n\rquote osait pas d \'e9signer sous le terme d\rquote amour, mais qui y ressemblait fort. Mikael n\rquote avait que 149 ans \'e0 l\rquote \'e9poque, ce qui \'e9tait le d\'e9but de l\rquote \'e2ge adulte chez les Elo\'efens puisque leur esp\'e9 rance de vie avoisine le demi-mill\'e9naire. Donc, sachant que la relation ne pouvait \'eatre que pr\'e9caire, et avec regret, il ne fit rien pour obtenir une autorisation. Ceci ne surprendrait personne, souvent de jeunes couples attendaient leur \'e2ge m \'fbr pour le faire. Ainsi ils pouvaient avoir une vie amoureuse intense en attendant de pouvoir se consacrer aux joies parentales.  \par Les femmes terriennes avaient toujours eu beaucoup de succ\'e8s avec les Elo\'efm car l\rquote odeur de leur peau entra\'eenait un effet aphrodisiaque sur eux. Ce serait peu de chose que d\rquote \'e9 crire que Arc et Miki furent heureux ensemble. Ils ne voyaient pas le temps passer, enti\'e8rement absorb\'e9s dans leur passion. Quand Arc se retrouva, plus tard, de retour sur terre, elle fut persuad\'e9e qu\rquote elle sortait d\rquote  un labo enfoui sous l\rquote Himalaya et pensa que d\'e8s que son Miki aurait fini son boulot il la rejoindrait. Donc elle l\rquote attendait patiemment en \'e9levant l\rquote enfant qu\rquote elle avait eu de lui sans la m oindre autorisation. En effet, Mikael se sachant prot\'e9g\'e9 par les contraceptifs que Arc absorbait chaque jour avec sa pitance, n\rquote avait pas pris d\rquote autres pr\'e9cautions. De son c\'f4t\'e9 Arc, se croyant sur terre, pensait \'e9 galement que sa ration alimentaire et son m\'e9dic op\'e9raient comme d\rquote habitude. Grossi\'e8res erreurs, car dans le pseudo labo secret, l\rquote ordinateur qui servait Arc ne la consid\'e9rait que comme visiteuse et donc n\rquote  introduisait aucun produit sp\'e9cial puisque cela aurait constitu\'e9 une ing\'e9rence grave d\rquote un monde dans un autre. Il ne lui servait pas plus ce qu\rquote aurait demand\'e9 une visiteuse qui ne d\'e9sirait pas procr\'e9er puis qu\rquote elle n \rquote avait fourni aucune consigne particuli\'e8re dans un sens ou dans un autre. En r\'e9sum\'e9, revenue dans sa vie normale, elle retrouva avec un m\'f4me et sans pouvoir d\'e9signer le p\'e8re autrement que par son pr\'e9nom \'93 Mikael \'93 . Quand quelqu\rquote un voulait en savoir plus, elle racontait son travail \'93secret \'93 pour Nounou et tous rigolaient de sa fantaisie. \par  Ne pouvait-elle donc pas dire simplement qu\rquote une nuit, lors d\rquote une fin de semaine loin de chez elle, un peu ivre, sans doute, elle avait oubli\'e9 les pr\'e9cautions d\rquote usage et s\rquote \'e9 tait fait faire un gosse par un gars de passage qui lui avait plu?. Elle ne serait pas la premi\'e8re et certainement pas la derni\'e8re. On finit par s\rquote habituer au petit qui \'e9tait tr\'e8s beau et grand pour son \'e2ge. Elle l\rquote  avait enregistr\'e9 et la machine avait sorti son nom : Bhoz 006 Diom, mais tout le monde le nommait Iomael, sobriquet que la m\'e8re avait choisi pour lui et qu\rquote il garda toute sa longue vie. Beaucoup plus tard, alors que son fils avait atteint l \rquote \'e2ge de 46 ans, Miki, alias Mikael, alias Pr\'e9leveur mais de son vrai nom Garboxipael, eut \'e0 consulter sa propre fiche dans l\rquote officiel pour une raison purement administrative. \par  Il constata, avec stup\'e9faction, qu\rquote il avait eu un enfant de cette Arc qui lui avait tant plu. Il en nota les r\'e9f\'e9 rences, le nom officiel sur terre et le sobriquet sous lequel tout le monde le connaissait : Iomael. Miki en fut heureux et se d\'e9cida \'e0 r\'e9aliser, un jour, le n\'e9cessaire pour r\'e9 gulariser officiellement ses liens avec Arc. Il ne songea pas que pour Arc la moiti\'e9 de sa vie \'e9tait accomplie et qu\rquote elle avait maintenant presque 70 ans. Il renvoya cette reconnaissance de paternit\'e9 au moment o\'f9 la Terre serait d\'e9 finitivement admise dans la F\'e9d\'e9ration. En attendant, il d\'e9cida de se documenter un peu mieux sur ce qu\rquote avaient jadis donn\'e9 les croisements entre les Elo\'efens et les Terriennes. \par Ce qu\rquote il constata, au d\'e9but et sans difficult\'e9, \'e9tait que ces hybrides s\rquote \'e9taient \'e0 leur tour crois\'e9s avec des humains plut\'f4t que de se croiser entre eux. La loterie g\'e9n\'e9tique avait entra\'een\'e9  que, sporadiquement, il naissait un individu plus pr\'e8s des Elo\'efens que des humains et que cela avait largement contribu\'e9 aux progr\'e8s de l\rquote humanit\'e9 terrienne. La seconde chose concernait la long\'e9vit\'e9 qui \'e9 tait celle des terriens \'e0 l\rquote \'e9poque de la panne sur la Terre. Si on enlevait les morts par maladies, guerres ou famines elle se situait vers cinquante ann\'e9es et les plus anciens arrivaient \'e0 soixante ans. Les Elo\'ef ens vivaient une moyenne de 650 ann\'e9es de leur plan\'e8te ce qui correspondait, en temps absolu, \'e0 500 ans terriens. Les plus anciens atteignaient p\'e9niblement 5% de plus. Or, comme c\rquote est souvent le cas avec les hybrides de premi\'e8re g \'e9n\'e9ration, certains caract\'e8res sont bien plus d\'e9velopp\'e9s que celui de chaque parent consid\'e9r\'e9 seul. Un type de cotonnier croissant \'e0 1,2 m\'e8tres de haut, crois\'e9 avec un plant dont la taille va jusqu\rquote \'e0 deux m\'e8 tres peut donner un hybride H 1 qui croit \'e0 plus de trois m\'e8tres ! Eh bien !  les descendants avaient v\'e9cu bien plus de 800 ans ! L\rquote histoire des terriens l\rquote avait not\'e9 dans un texte nomm\'e9 \'93bible\'94 . Un Adam v\'e9 cut 930 ans , son fils Seth 912 et son petit-fils Enoch 905. Le record avait appartenu \'e0 un Mathusalem qui tint jusqu\rquote \'e0 969 ann\'e9es. Lamech, ainsi, n\rquote eut plus droit qu\rquote \'e0 777 ans tandis que son fils v\'e9cut, lui, 950 ans.  \par Puis, cela avait baiss\'e9 de fa\'e7on tr\'e8s rapide ensuite pour arriver \'e0 la moyenne  g\'e9n\'e9rale quelques g\'e9n\'e9rations apr\'e8s. Ce qu\rquote en retenait Garboxipael c\rquote \'e9tait que son fils avait des chances de devenir l\rquote  ancien de la F\'e9d\'e9ration, un jour lointain. Honneur supr\'eame ! , mais honneur qu\rquote il ne partagerait pas, bien s\'fbr, mais dont il se r\'e9jouissait pour sa lign\'e9e. \par Sa d\'e9cision \'e9tait prise, il retournerait sur Terre et verrait Arc. Il ferait sa demande et ils choisiraient tous les deux sur quel monde ils souhaitaient vivre. Il lui dirait tout ! Le secret serait lev\'e9 pour tous. Et ceci, d\'e8s l\rquote  admission effective de la Terre dans le groupe des plan\'e8tes. Ceci serait concr\'e9tis\'e9 lorsque les ordinateurs centraux de la Terre se mettraient en r\'e9seau avec ceux de la F\'e9d\'e9ration. Pourvu que cela se fasse vite ! \par  \par }{\b\f28\fs26 F\'e9gael.}{\f28\fs26  \par Se glisser dans l\rquote identit\'e9 de Arc ne posa aucune difficult\'e9 \'e0 F\'e9gael, c\rquote \'e9tait une de ces t\'e2ches auxquelles elle avait \'e9t\'e9 longuement pr\'e9par\'e9e. La mission qu\rquote  elle devait accomplir pendant les six mois de substitution \'e9tait simple :  chercher \'e0 savoir ce qu\rquote il en \'e9tait de l\rquote entra\'eenement guerrier de futurs voyageurs de l\rquote espace dont d\rquote autres agents avaient entendu parler . En annexe, se renseigner sur ce qu\rquote \'e9taient les essais de voyage \'e0 distance que les terriens entreprenaient pr\'e8s du Sahara. La t\'e2che principale put \'eatre accomplie par simple lecture des bulletins d\rquote  information dans la presse courante. En fait cet entra\'eenement concernait un tr\'e8s petit nombre d\rquote individus et ne cachait aucune intention belliqueuse. C\rquote \'e9tait plus une formation sp\'e9cifique destin\'e9e \'e0 l\rquote \'e9 tude de mondes ext\'e9rieurs inconnus. Quand la substitution se fit, la Terre ne savait m\'eame pas que la F\'e9d\'e9ration existait et elle ne l\rquote  apprendrait que quelques d\'e9cennies plus tard, lorsque Betty reviendrait de Floric.  \par Pour la mission subsidiaire elle participa aux essais qui eurent lieu dans une gare d\'e9saffect\'e9e du chemin de fer transsaharien et c\rquote est dans ce lieu d\'e9sertique qu\rquote elle rencontra pour la premi\'e8re fois l\rquote  un des plus grands savants de la plan\'e8te : Olaf (000) Sterne que tous nommaient Olaf. Ce  gaillard, bien moins grand qu\rquote elle, \'e9tait le responsable du projet de lancement d\rquote un vaisseau porteur de mandala vers une plan\'e8 te lointaine. Ce qui l\rquote amenait dans ce trou, pour les quelques mois \'e0 venir, \'e9tait surtout la  v\'e9rification de la distance maximale \'e0 laquelle une paire de mandalas synchronis\'e9s pouvait fonctionner en tant que transporteur d\rquote  humains. F\'e9gael, dans le r\'f4le de Arc, technicienne standard, polyvalente pour des t\'e2ches simples, n\rquote avait eu aucun mal \'e0 obtenir l\rquote un des six postes \'e0 pourvoir car les amateurs ne se bousculaient pas. Elle avait pr\'e9 tendu vouloir, en travaillant quelques mois d\rquote affil\'e9e, se constituer un capital de kilom\'e8tres assez grand pour qu\rquote elle puisse, ensuite, entreprendre le tour de la plan\'e8te en cong\'e9, quand tout serait achev\'e9 . Ce genre de motivation \'e9tait le seul qui ne surprendrait personne. F\'e9gael portait, en r\'e9alit\'e9, un \'e2ge beaucoup plus cons\'e9quent que celui de Arc, et d\'e9passait les 220 ann\'e9es. Pour sa plan\'e8te d\rquote origine c\rquote \'e9 tait la force de l\rquote \'e2ge et aussi le bon moment pour procr\'e9er. Olaf, quant \'e0 lui n\rquote avait que 65 ans ce qui le mettait \'e0 mi-chemin de son esp\'e9rance de vie. En cela ils en \'e9taient au m\'eame point : chacun d\rquote  eux pouvait vivre encore autant et un peu plus que ce qu\rquote il avait d\'e9j\'e0 v\'e9cu.  \par Une des constantes universelles est que, si un motif de coquetterie n\rquote intervient pas,  (comme celui du fantasme de la vraie Arc pour les talons hauts ), les grands hommes sont attir\'e9s par les petites femmes et inversement. Donc, F\'e9 gael fut touch\'e9e par la musculature compacte d\rquote Olaf et celui-ci par l\rquote immensit\'e9 de la conqu\'eate potentielle que repr\'e9sentait cette magnifique femme. Elle n\rquote \'e9tait pas particuli\'e8rement fut\'e9e alors que lui \'e9tait l \rquote un des plus beaux esprits de la terre. Il aima sa simplicit\'e9 elle admira sa puissance intellectuelle. Un jour, timidement, il osa une tentative qu\rquote elle ne repoussa pas et ,sans r\'e9fl\'e9chir, lui demanda son plu s petit nom. Elle avait oubli\'e9, sous l\rquote \'e9motion qu\rquote elle se trouvait sur terre ! Olaf lui dit que sa m\'e8re, lorsqu\rquote il \'e9tait b\'e9b\'e9 le nommait Oli et qu\rquote elle pouvait agir de m\'eame. Elle en fut charm\'e9 e, il acceptait l\rquote union ! A son tour elle le pria de ne plus l\rquote appeler que Fael et se consid\'e9ra comme li\'e9e \'e0 lui pour un long bail. Puis, elle se rendit compte que, sur la plan\'e8te Terre, cet \'e9 change de petits noms ne signifiait rien de plus qu\rquote une camaraderie. Elle passa outre et ils devinrent amants \'e0 leurs satisfactions r\'e9ciproques. Puis, Oli lui demanda si elle voulait bien avoir un enfant avec lui. Elle avait retard\'e9 l \rquote \'e9ch\'e9ance de procr\'e9er trop longtemps. Sans se soucier le moins du monde  de la pr\'e9carit\'e9 de sa situation, ni de l\rquote interdit qui frappait encore les croisements avec des humains \'93non aboutis\'94  elle se laissa porter par ses ph\'e9romones. Elle se disait, qu\rquote avant cent ans, la terre serait F\'e9d\'e9r\'e9e. En un mot, elle se trouva suffisamment de bonnes raisons pour commettre cette grosse b\'eatise. \par De retour sur sa plan\'e8te apr\'e8s une rupture explosive (simul\'e9e mais d\'e9finitive) d\rquote avec Olaf, elle eut la m\'eame d\'e9marche que Pr\'e9leveur, alias Mikael, et chercha \'e0  se renseigner en ce qui concernait les hybrides entre humains et femmes de sa plan\'e8te. Elle dut vite constater que le cas n\rquote \'e9tait pas r\'e9pertori\'e9 ! Des hommes Elo\'ef m avaient eu des descendants de femme de la Terre, mais jamais le contraire ne s\rquote \'e9tait produit. Elle innovait. Mais, toujours aussi peu intelligente que d\rquote habitude, elle se dit qu\rquote il n\rquote y avait pas de raison que  cela ne marche pas et attendit avec impatience la naissance de son enfant. Elle eut de la chance, car  effectivement un b\'e9b\'e9 naquit, de sexe f\'e9minin et qui avait une forme et des caract\'e9ristiques humano\'efdes certaines. Mais cette enfant pr \'e9sentait une caract\'e9ristique unique et bien particuli\'e8re. Quelque chose que nul n\rquote avait jamais constat\'e9 depuis que les mondes de la F\'e9d\'e9ration existaient : elle avait les cheveux bleus. Assez clairs \'e0 la naissance, ils fonc\'e8 rent rapidement apr\'e8s quelques mois et se stabilis\'e8rent en un joli bleu comme celui du ciel terrestre.  F\'e9gael la nomma Jikosibaelle ce qui veut dire \'93ciel lointain \'93 . Oui, elle eut le culot de terminer le nom en   \'94 aelle\'94  ce qui ne se faisait que pour les anciennes imp\'e9ratrices. Mais comme l\rquote enfant \'e9tait l\rquote unique de son esp\'e8ce cela fut accept\'e9. Dans l\rquote intimit\'e9 elle la nommait Jiko, tout simplement. \par  La m\'e8re \'e9tait n\'e9anmoins inqui\'e8te car elle se demandait quelle serait l\rquote esp\'e9rance de vie de Jiko ? Les m\'e9dicastres ne purent que pronostiquer d\rquote apr\'e8s la vitesse de son d\'e9 veloppement osseux et de la maturation de son intelligence. Ils dirent que, pour  eux, Jiko vivrait autant que la moyenne de la population. Ce qui ne les mouillait pas beaucoup car ils omirent de pr\'e9ciser s\rquote il s\rquote agissait de celle du p\'e8 re ou celle dont la m\'e8re \'e9tait originaire ? \par  \par F\'e9gael fut surprise, et aussi ennuy\'e9e lorsque, par la voie des Ambassades, elle re\'e7ut une convocation de Pr\'e9sidente.  Celle-ci pr\'e9cisait vouloir l\rquote exp\'e9dier sur Terre.  Dans le but de voir l\rquote \'e9volution de la mission de Em issaire, et surtout pour transmettre \'e0 ce dernier l\rquote ordre de revenir au plus t\'f4t exposer son rapport. Reprendre du service, juste maintenant, ne l\rquote enchantait gu\'e8re, m\'eame si c\rquote \'e9tait pour peu de temps. Car, si l\rquote  on sait quand on part, il est assez difficile de savoir quand le retour effectif aura lieu. Il y a tant de dangers et d\rquote avatars possibles. La seule raison qui pouvait un peu la motiver \'e9 tait la perspective de rencontrer Olaf et de pouvoir lui parler de la coqueluche de la F\'e9d\'e9ration : leur fille, Jiko !  Mais, ce n\rquote \'e9tait que peu de satisfaction compar\'e9e au fait de laisser sur place tout ce qu\rquote  elle avait en cours. Lancer son enfant dans l\rquote impitoyable univers de la communication prenait tous ses instants de libert\'e9. Partir vers une autre plan\'e8te juste maintenant, au moment du grand rassemblement du solstice d\rquote \'e9t\'e9, ne l \rquote enchantait pas.  \par Seulement, les Elo\'efens diff\'e8rent des terriens notamment en ce qu\rquote ils ne sont pas des humabs ressentant des humeurs ou des pulsions de r\'e9bellion. Quand une autorit\'e9 d\'e9cide, c\rquote est que le bien commun en d\'e9pend. Donc on ob\'e9 it et c\rquote est tout. C\rquote est donc, le coeur un peu gros,  qu\rquote elle se retrouva quelques jours plus tard au Temple de Samye munie des faux papiers de Arc. \par Le voyage vers Washington se d\'e9roula sans incident et, \'e0 peine sur place, elle se mit en qu\'eate de Emissaire. Or, elle apprit avec stup\'e9faction que ce dernier avait eu une crise et que les terriens essayaient d\'e9sesp\'e9r\'e9 ment de sauver sa vie dans l\rquote h\'f4pital central de Washington. Les visites \'e9taient interdites, le malade semblait \'eatre consid\'e9r\'e9 comme perdu,  mourant de vieillesse et d\rquote \'e9puisement. D\rquote apr\'e8s ce qu\rquote  elle put savoir nul n\rquote \'e9tait capable de dire depuis combien de temps les soins duraient et pas plus si un espoir existait vraiment. Pour F\'e9gael, cela devenait extr\'ea mement ennuyeux car elle devait faire un choix et prendre une initiative. Or, elle d\'e9testait cela. Si elle revenait aussi vite que possible vers Floric pour avertir la Pr\'e9sidente de la situation cela n\rquote aiderait en rien cette derni\'e8 re. Si elle restait sur place pour tenter d\rquote obtenir des informations utilisables sur le r\'e9el degr\'e9 d\rquote \'e9volution des terriens, cela risquait de durer un peu trop \'e0 son go\'fb t. De plus, elle ne se sentait pas la personne la plus comp\'e9tente. Finalement elle d\'e9cida de rester une semaine et de tenter de voir Olaf pour obtenir de lui quelques informations et m\'eame des passe-droits lui donnant acc\'e8s \'e0 Emissaire.   \par Mais il y avait un sacr\'e9 hic, cette fois-ci :  pas question de faire dispara\'eetre, \'e0 elle seule, la vraie Arc et de prendre sa place. Il n\rquote y avait pas d\rquote \'e9quipes de la F\'e9d\'e9ration op\'e9 rationnelles attendant ses ordres. Autant dire qu\rquote elle ne pouvait compter que sur elle-m\'eame. Elle se dit que, parfois, exprimer la v\'e9rit\'e9 est le plus simple. Elle d\'e9cida donc de se pr\'e9senter au premier centre/temple de Nounou, d \rquote entrer dans une des cabines pour converser avec la machine, de lui dire qui elle \'e9tait et qu\rquote elle voulait des nouvelles de Emissaire. \par Profond\'e9ment enfonc\'e9e dans son fauteuil et la t\'eate dans ce qui semblait un terminal son, elle d\'e9clina sa v\'e9ritable identit\'e9 et posa sa question. Il y eut environ deux secondes d\rquote attente et elle entendit ceci : \par << J\rquote ai enregistr\'e9 votre identit\'e9 et votre provenance. Depuis votre arriv\'e9e vous utilisez des cartes sous un code existant ailleurs et cette situation me cause des probl\'e8 mes. Vous trouverez dans le tiroir sous la planchette du terminal, le texte int\'e9gral de notre entretien et de vraies cartes \'e0 votre nom. Ceci vous \'e9vitera d\rquote utiliser de fausses r\'e9f\'e9rences \'e0 l\rquote avenir. L\rquote envoy\'e9  de la F\'e9d\'e9ration que vous d\'e9signez comme \'93 Emissaire \'93 n\rquote est pas d\'e9c\'e9d\'e9. Malgr\'e9 son vieillissement et la fragilit\'e9 des ses organes, il y a un espoir de le sauver gr\'e2ce \'e0 la technique th\'e9 rapeutique par Mandalas. D\rquote apr\'e8s les entretiens que j\rquote ai eus avec votre ambassadeur depuis son arriv\'e9e, cette m\'e9thode n\rquote est. pas connue de la F\'e9d\'e9ration. Elle participera \'e0  l\rquote apport de la plan\'e8 te Terre, si (et quand) les terriens d\'e9cident d\rquote y entrer en tant que quatre-vingti\'e8me monde. Cette d\'e9cision est imminente. Je ferai savoir ce qu\rquote elle est \'e0 Emissaire, si sa sant\'e9 est r\'e9tablie ou \'e0 vous-m\'ea me dans le cas contraire. Actuellement, et sans autres d\'e9tails de la technique des terriens, Emissaire est sous une forme \'93dissoci\'e9e \'93. Il ne sera reconstruit que quand sa gu\'e9rison sera probable. D\rquote ici l\'e0 vo us pouvez me poser toutes les questions que vous voulez, sauf, bien s\'fbr, si cela concerne les mandalas >> \par F\'e9gael ne comprenait rien \'e0 ce que la machine expliquait si ce n\rquote est que sous un d\'e9lai inconnu,  elle saurait si Emissaire \'e9tait vivant ou mort et, donc qu\rquote  elle devait au moins rester sur place encore quelques jours au plus. Pour le reste elle rendrait compte \'e0 Emissaire ou \'e0 Pr\'e9sidente et lui communiquerait tout ce que l\rquote  ordinateur Nounou lui imprimerait. En attendant, elle se sentait assez libre, et posa la seule autre question qui l\rquote int\'e9ressait : \par << Pouvez-vous me communiquer l\rquote adresse et les d\'e9tails de l\rquote \'e9tat civil d\rquote une personne nomm\'e9e : Olaf 000 Sterne ? >> \par << Olaf 000 Sterne 156 Avenue Mathieu Ducerf \'e0 Milan en Italie -Europe. Mari\'e9, enfants : 2, demande de permis de procr\'e9er en attente  : 0,  Profession : Physicien,  Sp\'e9cialisation : Super h\'e9lices et mandalas, \'e2ge : 85 ans terrestres. D \'e9sirez-vous ses coordonn\'e9es t\'e9l\'e9phoniques, t\'e9lex, et terminal personnel ? >> \par <<Oui, j\rquote aimerais bien que vous les imprimiez sur la copie de notre entretien. Y a-t-il un inconv\'e9nient \'e0 ce que je le contacte ? >> \par << Non, mais auparavant sachez que Olaf 000 Sterne est tenu au secret pour tout ce qui concerne les mandalas et, ce, jusqu\rquote \'e0 l\rquote entr\'e9e des habitants de cette plan\'e8te dans votre F\'e9d\'e9ration. >> \par << Fin de consultation >> \par Sous la tablette, quelques instants plus tard, F\'e9gael trouva ses cartes d\rquote identification et de distribution ainsi que le compte-rendu de l\rquote entretien. Sans sortir de la cabine elle composa le num\'e9ro  qui devait la mettre en contact avec Olaf 000 Sterne, et, par chance tomba directement sur lui. Elle lui dit qui elle \'e9tait vraiment et tenta  faire rena\'eetre le souvenir de la p\'e9riode o\'f9  ils travaillaient tous les deux dans cette ancienne gare \'e0 la limite du Sahara, vingt ans plus t\'f4t. Mais il n\rquote avait gard\'e9, de cette \'e9poque, que des flashes se rapportant \'e0  son travail dont il ne pouvait pas trop parler. Oui, en y repensant, il admit qu\rquote il avait eu une aventure sur ce site et qu\rquote il lui semblait qu\rquote \'e0 la fin il s\rquote \'e9 tait fait jeter. Comme ce genre de choses ne lui arrivait jamais, il s\rquote \'e9tait d\'e9p\'each\'e9 d\rquote oublier l\rquote incident. Maintenant, il \'e9tait mari\'e9, heureux en m\'e9nage et ne comprenait pas bien pourquoi, apr\'e8 s si longtemps, elle prenait contact avec lui ? De son point de vue, F\'e9gael per\'e7ut cette r\'e9ponse comme une douche glac\'e9e et demeura saisie. Elle avait toujours cru \'eatre re\'e7ue avec all\'e9gresse et, donc, \'e0  ce moment parler de leur fille comme d\rquote un cadeau qu\rquote elle lui ferait ! Elle se rendit compte qu\rquote elle avait pass\'e9 toutes ces ann\'e9es dans un romantisme injustifi\'e9 et que, lui n\rquote en \'e9tait pas responsable. Voulant, \'e0  son tour, le choquer, elle lui exposa que sous le nom de Arc, il avait, en fait, fr\'e9quent\'e9 une personne de la F\'e9d\'e9ration envoy\'e9e pour savoir quels \'e9taient les progr\'e8 s des terriens. A son tour, il en demeura sans voix. Pour parfaire sa revanche \'e0 l\rquote accueil si froid qu\rquote elle venait de recevoir, elle lui parla de Jiko. Insistant sur la r\'e9putation de la fille aux cheveux bleus, connue de toute la F\'e9 d\'e9ration, et consid\'e9r\'e9e \'e0 l\rquote unanimit\'e9 comme la plus belle jeune femme des 79 plan\'e8tes. \par Olaf restait muet et, s\'fbrement, se demandait s\rquote il n\rquote avait pas affaire \'e0 une piqu\'e9e. Il ne savait pas quoi dire, alors, pour gagner du temps il demanda de lui transmettre par e-mail une photo actuelle de la m\'e8re et de la fille. F \'e9gael exp\'e9dia aussit\'f4t sa propre photo,( le terminal disposant du mat\'e9riel n\'e9cessaire) puis expliqua qu\rquote elle \'e9tait arriv\'e9e par mandala et donc sans rien d\rquote autre que son corps. Elle n\rquote avait aucune photo de sa fill e \'e0 lui montrer. Mais, ajouta-t-elle, d\'e8s que la Terre entrerait officiellement dans la F\'e9d\'e9ration, il \'e9tait cordialement invit\'e9 \'e0 venir la voir. Olaf dit que ce serait bien comme cela, et du bout des l\'e8 vres posa la question de savoir si, elle, F\'e9gael et non plus Arc, voulait entreprendre le voyage pour le rencontrer physiquement . Elle avait, depuis plusieurs minutes, parfaitement pig\'e9 que de ce c\'f4t\'e9 , elle ne trouverait ni appui, ni passe-droit, alors elle remercia et d\'e9clina l\rquote invitation. Malgr\'e9 tout, avant de terminer, elle se sentit oblig\'e9e de lui demander ce qu\rquote il savait sur ce qui \'e9tait arriv\'e9 \'e0  Emissaire et sur le pronostic de son r\'e9tablissement ? Heureux de laisser tomber le sujet scabreux de leurs anciennes relations, Olaf, qui n\rquote en savait pas plus que le commun de mortels sur le sujet, lui livra un petit d\'e9tail sans m\'eame s \rquote en apercevoir en lui disant :  \par << Le passage par mandalas se faisant en quelques instants, Emissaire doit se trouver sorti de ces appareils depuis belle lurette et, donc se trouver en r\'e9animation ou en soins intensifs >> \par F\'e9gael ne prolongea pas la conversation. Elle venait de comprendre que Emissaire serait mort ou gu\'e9ri avant peu. Elle prit la d\'e9cision \'e0 s\rquote installer dans un h\'f4tel proche de l\rquote h\'f4pital et \'e0 l\rquote attendre. Au moment o \'f9 elle se levait de son si\'e8ge elle entendit qu\rquote un document arrivait dans le tiroir et s\rquote en saisit, il y avait deux feuillets, l\rquote un, en provenance de Nounou disait : <<Veuillez trouver ci-joint le message que Emissaire a laiss \'e9, avant son op\'e9ration mandalas, et qui est destin\'e9 aux personnes de la F\'e9d\'e9ration. Comme il est r\'e9dig\'e9 dans un langage qui est inconnu ici, je vous adresse une photocopie. J\rquote apprends \'e0 l\rquote instant que l\rquote op\'e9 ration a eu lieu et semble r\'e9ussie mais que Emissaire doit rester dans l\rquote isolement encore quelques jours. >> \par L\rquote autre page \'e9tait \'e9crite dans une langue secr\'e8te r\'e9serv\'e9e aux Ambassades et services d\rquote espionnage. La signature et les codes d\rquote identification n\'e9cessaires \'e9taient bien s\'fb r, incontestables, donc ne pouvaient venir, effectivement que de Emissaire. Elle pr\'e9cisait que les gens de cette plan\'e8te Terre, \'e0 sa demande, et vu son \'e9tat d\'e9sesp\'e9r\'e9, allaient tenter une th\'e9 rapeutique pour le sauver. Emissaire y avait ajout\'e9 une phrase \'e0 l\rquote insu des terriens tout en r\'e9digeant le texte sous leur dict\'e9e : <<Je me demande s\rquote ils sont assez aboutis pour \'eatre admis ? >> F\'e9gael d\'e9cida de retourner  \'e0 Samye et d\rquote envoyer un \'93titane \'93 vers Floric pour rendre compte de la situation puis de revenir, ici, suivre les \'e9v\'e9nements. \par  \par  \par  \par                                                                                  }{\f28\fs26\cf2 Fin du chapitre 10.}{\f28\fs26  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par   \par  \par                                                          Chapitre 11. \par     \par  \par                              }{\f28\fs32                    LES  SEICHES. \par  \par                                                              Qui part en voyage, \par                                                              S\rquote emporte en bagage. \par                                                                                                M. H.}{\f28\fs26   \par  \par Secco avait tout de m\'eame pos\'e9 une condition \'e0 Kog pour ouvrir le dernier des fichiers secrets de BAFESI et l\rquote homme avait accept\'e9 cette demande : Les seiches voulaient pouvoir participer, si elles le souhaitaient, \'e0 l\rquote  aventure extraterrestre. Elles demandaient que l\rquote on \'e9tudie comment pouvoir leur appliquer le syst\'e8me des mandalas pour visiter d\rquote autres plan\'e8tes. Il \'e9tait peu probable qu\rquote un mandala puisse \'eatre utilis\'e9 dans l\rquote  eau de mer. Il faudrait donc des bonnes volont\'e9s pour les amener, en bon \'e9tat, pendant quelques instants \'e0 l\rquote air libre vers un premier mandala pendant qu\rquote une autre bonne volont\'e9  les attendrait au second mandala avec un aquarium ! Le service que venait de rendre l\rquote amie  Secco, valait bien ces modestes contraintes. \par Les plus grands physiciens et savants math\'e9maticiens de la Terre pouvaient disposer, enfin, de la connaissance qu\rquote avaient les Cephs du monde ancien des Cralangs d\rquote o\'f9 venait BAFESI. Ils se mirent \'e0 travailler d\rquote  arrache pied et parvinrent \'e0 une bonne compr\'e9hension du paradigme en 5 jours et 5 nuits.  Traduit en langage courant par Betty pour Kog, cela donnait quelque chose comme ceci : \par << Mat Ducerf a essay\'e9 de mettre au net un nouveau paradigme qui comportait six dimensions, en cela il eut raison. Mais il se trompa sur la nature des dimensions. Lui, avait con\'e7u un syst\'e8me sym\'e9 trique dans lequel il voulait voir trois dimensions spatiales m\'eal\'e9es \'e0 trois dimensions temporelles. Pour les anciens Cephs, et sans doute aussi pour ceux de la F\'e9d\'e9ration, il n\rquote en est pas ainsi. Aux trois dimensions g\'e9om\'e9 triques ou spatiales bien connues et tr\'e8s compr\'e9hensibles, ils en ajoutaient une quatri\'e8me comme l\rquote avait fait Einstein. Celle-ci n\rquote \'e9tait perceptible que par son effet : la gravit\'e9 . Ensuite pour le temps ils distinguaient une dimension (ou un effet) ondulatoire et une dimension (ou une propri\'e9t\'e9)  corpusculaire. Mais la quatri\'e8me dimension, celle d\'e9finie par Einstein, ne jouait pas que sur l\rquote espace, elle avait au ssi un effet sur les deux autres dimensions du temps. Voil\'e0 o\'f9 r\'e9sidait toute la diff\'e9rence ! >>  \par Kog \'e9coutait et cherchait, de bonne foi, \'e0 comprendre, comme le faisaient tous ceux qui suivaient le symposium et n\rquote \'e9taient pas des sp\'e9cialistes. Alors il posa quelques questions dont la premi\'e8re fut : \par << Quand tu parles de la quatri\'e8me dimension g\'e9om\'e9trique dont nous ne percevons que l\rquote effet sous forme de force de gravitation, que veux-tu dire ? >> \par <<Je vais essayer de te faire comprendre avec un mauvais exemple : imagine un oreiller en plastique transparent et gonfl\'e9 avec de l\rquote air. O. K. ? Poses dessus, en \'e9quilibre, deux balles de tennis, tu suis ? Maintenant, avec le bout d\rquote  une r\'e8gle, enfonce le dessus de l\rquote oreiller vers le bas, que va-t-il se passer si tu pousses de plus en plus ?>> \par <<  A la fin les balles vont rouler vers le creux caus\'e9 par la r\'e8gle et se rencontrer, c\rquote est cela ? >> \par <<Tout \'e0 fait ! Seulement Einstein ne consid\'e8re que la force de pouss\'e9e de la r\'e8gle et ne voit que l\rquote attraction potentielle des balles vers le centre. En un mot, la r\'e8gle, on ne la voit pas, on sait par calcul qu\rquote  elle existe et cr\'e9e une force d\rquote attraction. Tu as ta r\'e9ponse ! Autre question ? >> \par <<Oui, \'e9videmment :  D\rquote abord je croyais avoir compris, comme tout le monde, que Mat Ducerf avait, pour son paradigme, une dimension du temps en rapport avec une quantit\'e9 consommable, que devient-elle maintenant ? Et s\rquote  il ne reste que deux dimensions du temps peuvent-elles \'eatre non ab\'e9liennes ? >> \par << C\rquote est sans doute pour une raison de pure sym\'e9trie (trois pour l\rquote espace, trois pour le temps ) que Ducerf avait invent\'e9 ce troisi\'e8me facteur temps. Il faut dire que, si, \'e0 son \'e9poque,  aucun savant n\rquote a pris au s\'e9 rieux ce qu\rquote il \'e9crivait, et si lui-m\'eame a toujours but\'e9 sur un d\'e9veloppement de sa th\'e9orie, c\rquote est justement par ce que ce point l\'e0  ne tenait pas la route. Tout le monde pouvait imaginer la dimension granulaire du temps, de petites unit\'e9s de 10 puissance moins quarante-trois secondes s\'e9par\'e9es par du non temps de m\'eame valeur. D\rquote autres y avaient pens\'e9  et les avaient nomm\'e9s les chronons. De la m\'eame fa\'e7on, une onde dont restait la longueur et la fr\'e9quence \'e0 d\'e9finir, pouvait se concevoir et les tenants de la nature ondulatoire de la mati\'e8re s\rquote en r\'e9jouissaient. Mais, l\'e0 o \'f9 le b\'e2t blessait, c\rquote \'e9tait dans cette vision de consommation, car cela revenait en fait \'e0 r\'e9p\'e9ter que le temps existait dans le temps ! Ce pauvre Mat est tomb\'e9 dans le panneau et n\rquote  a pas vu sa faute de logique. Quant aux utilisateurs de mandalas et \'e9tudiants ou professeurs venus apr\'e8s lui, du fait que le syst\'e8me fonctionnait, ils n\rquote ont jamais vraiment remis en question la th\'e9orie. \par Pour r\'e9pondre \'e0 ta seconde question, je vais encore te donner un exemple : prends un d\'e9 \'e0 jouer de forme cubique avec ses points bien marqu\'e9s. Poses-le, par exemple avec le un en haut. Supposes que tu doives ex\'e9 cuter deux mouvements : un vers toi plus un \'e0 gauche. Eh bien ! Tu pourras v\'e9rifier ais\'e9ment que selon que tu fais en premier le mouvement \'e0 gauche ou le mouvement vers toi le r\'e9sultat sera diff\'e9rent, les deux mouvements ne sont pas ab \'e9liens, as-tu pig\'e9 ? Je continue. Je t\rquote ai dit que dans le paradigme des Cephs, la quatri\'e8me dimension g\'e9om\'e9trique intervient aussi sur les dimensions du temps, en fait, elle joue principalement sur la dimension ondulatoire  et presque pas sur l\rquote autre. Les calculs diff\'e9rentiels qui l\rquote \'e9tablissent ne sont pas \'e0 ta port\'e9e mais, fais-moi confiance \'e0 cet \'e9gard ! Donc, de m\'eame que s\rquote ajoute, aux dimensions g\'e9om\'e9triques, un effet d\'fb  \'e0 la vision d\rquote Einstein d\rquote une dimension de plus, pour les deux dimensions du temps, s\rquote ajoutent aussi un effet suppl\'e9mentaire. Ce qui fait que sous cet angle, l\rquote id\'e9e qu\rquote  avait Ducerf sur le confinement des quarks, semble toujours valable. Mais, pour le savoir, il va falloir que nous creusions un peu plus ce que nous venons d\rquote apprendre. Veux-tu encore des explications sur tout cela ? >> \par <<Non, je crois que j\rquote ai compris, en gros, j\rquote y r\'e9fl\'e9chirai une autre fois. Pour moi et donc pour nous tous , je me demande ce que ce paradigme va nous apporter dans l\rquote imm\'e9diat,  outre le fait que nous pouvons maintenant montrer \'e0 Emissaire que nous poss\'e9dons cette th\'e9orie ? Quelles applications devons-nous esp\'e9rer ? >> \par << Bien s\'fbr, le fait de montrer aux autres que nous savons est un grand pas et plus rien ne s\rquote oppose \'e0 ce que nous rentrions dans leur F\'e9d\'e9ration. Mais est-ce souhaitable ? Ce n\rquote  est pas moi qui vais le dire mais les Sages et sans doute apr\'e8s une consultation g\'e9n\'e9rale de la population terrienne. Pour r\'e9pondre \'e0 tes interrogations je te rappelle que notre science des mandalas est embryonnaire ! N\rquote  oublies pas que seul le hasard a fait que lorsque Ducerf a r\'e9alis\'e9 ses essais, BAFESI soit autour de Pluton pour attraper les corps dissoci\'e9s, les copier et les retourner par simple automatisme. Donc, \'e0 part le fait d\rquote avoir confectionn \'e9 des sol\'e9no\'efdes d\rquote ordre trois, le niveau inventif des terriens peut \'eatre qualifi\'e9 de \'93 plut\'f4t bas\'94 ! Nous commen\'e7ons seulement \'e0 \'eatre capables d\rquote envoyer des gens d\rquote une plan\'e8 te vers une autre par nos bricolages. Le voyage que tu as effectu\'e9 pour aller sur Love est le premier qui ne doive rien aux mandalas d\'e9j\'e0 mis en place par la F\'e9d\'e9ration. Moi, je n\rquote ai fait que de savoir me servir des leurs ! Ce n \rquote est pas super malin !  Nous ne comprenons m\'eame pas comment les outres pleines d\rquote eau que j\rquote ai trouv\'e9es en arrivant sur Love sont remplies par les gens de la F\'e9d\'e9 ration ! Il doit bien exister un moyen de transmettre autre chose que du vivant ? Nous pouvons choisir de le rechercher nous-m\'eames ou de le demander aux autres. \par Par contre ce que BAFESI sait faire, et dont nous disposons, est le retour dans le temps sans d\'e9placement de mati\'e8re du tout.. M\'eame si ce n\rquote  est possible que pour des circonstances exceptionnelles . Il nous faudra bien essayer de comprendre, avec ou sans l\rquote aide des autres, y compris  en interrogeant le vaisseau, comment cela fonctionne. Il y a pour des g\'e9n\'e9 rations de travaux en perspective et cela me r\'e9jouit. Pas toi ? >> \par << Je ne sais pas trop quoi penser, je laisse le soin aux autres de choisir la meilleure solution pour la Terre. Moi, je suis un homme d\rquote action et je me satisferai assez bien de pouvoir visiter tous les mondes de la F\'e9d\'e9 ration et, encore plus, d\rquote aller un peu tra\'eener sur les plan\'e8tes peu explor\'e9es. Ceci m\rquote am\'e8ne \'e0 une autre question : Si je con\'e7ois tr\'e8s bien que sur une plan\'e8te o\'f9 vivent des humano\'ef des aboutis ceux-ci soient capables de construire des mandalas, je comprends mal comment il peut s\rquote en trouver sur des mondes inhabit\'e9s, sauvages ou mal connus, comment ont-ils pu r\'e9ussir cela ? >> \par << Je ne sais pas ! Je pense qu\rquote ils ont d\'fb proc\'e9der comme nous et envoyer plusieurs centaines d\rquote ann\'e9es avant nous des mandalas, par vaisseaux vides, vers toutes les plan\'e8tes o\'f9 l\rquote humain pouvait vivre ? Du fait qu \rquote ils sont 79, au bout de quelques mill\'e9naires, cela doit r\'e9pondre \'e0 ta question>>. \par << Il m\rquote en reste une et qui n\rquote est pas la moindre : Dans les explications que nous avons eues sur Floric, ils pr\'e9tendent \'ea tre venus sur notre Terre depuis 10 000 ans au moins et avoir construit une ziggourat, en fait un mandala pour leurs venues post\'e9rieures. Bon, d\rquote accord. Mais comment sont-ils arriv\'e9s jusqu\rquote \'e0 nous  premi\'e8re fois ? >> \par << Comme toi sur Love : ils ont envoy\'e9 un vaisseau avec mandala et sans \'e9quipage, puis ils sont arriv\'e9s nus dans leur vaisseau. Lorsque j\rquote \'e9tais sur Floric, j\rquote ai lu quelque pa rt leur histoire. Quand ils ont voulu repartir, les plaques tectoniques avaient boug\'e9, le champ magn\'e9tique terrestre local fut profond\'e9ment modifi\'e9 et leur mandala paraissait hors d\rquote usage. Il leur a fallu des ann\'e9 es pour comprendre pourquoi ils \'e9taient bloqu\'e9s et ils ont v\'e9cu dans leur vaisseau, se sont nourri des fruits et l\'e9gumes de leur jardin pendant tout ce temps, puis ils ont pris une d\'e9cision. Ils disposaient du mat\'e9riel n\'e9cessaire \'e0  la construction d\rquote un autre mandala mais \'e0 condition de d\'e9truire leur propre vaisseau. Alors, ils se sont mis \'e0 en construire un autre, \'e0 grande distance, en M\'e9sopotamie, et loin de l\rquote accident magn\'e9 tique local qui les privait de retour. Ils l\rquote ont dissimul\'e9 dans la ziggourat et construit de taille suffisante pour assurer, mieux que le vaisseau, les voyages futurs. Ensuite, quand ils furent pr\'eats, ils ont sans doute mis le feu \'e0  ce qui  restait de l\rquote \'e9pave et sont rentr\'e9s chez eux. Ce qu\rquote on peut en d\'e9duire est assez effrayant : il y a plus de dix milles ans qu\rquote ils poss\'e8dent la technique \'e0 laquelle nous venons d\rquote acc\'e9der, peut-\'ea tre 11 000 ann\'e9es puisqu\rquote il a fallu bien du temps pour qu\rquote un engin vide parte de chez eux et arrive ici. De plus rien ne nous dit que ce transporteur \'e9tait le premier de la s\'e9rie ! Ils ont une telle avance  sur nous que cela me donne le vertige. Pourtant, sur place et dans les mondes que j\rquote ai visit\'e9s, je n\rquote ai pas \'e9t\'e9 frapp\'e9e par autre chose que des diff\'e9rences de moeurs ou d\rquote us et coutumes. Y -a-t-il eu r\'e9 gression, stagnation, absence de motivations ? Peut-\'eatre  manquons-nous d\rquote informations ? >>  \par Ils continu\'e8rent ainsi \'e0 bavarder, puis d\'e9cid\'e8rent de rentrer et de suivre le grand symposium sur leurs \'e9crans. \par  \par }{\b\f28\fs26 Le grand Symposium.}{\f28\fs26  \par Ce qui se dit pendant cette conf\'e9rence d\'e9bat se ramenait \'e0 trois grands chapitres : \par **Le premier, explicatif, se rapportait \'e0 des th\'e8mes et des \'e9changes. Tout \'e0 fait comme ceux que venaient d\rquote \'e9tablir Betty et Kog. Un peu plus technique certes, et partant moins compr\'e9 hensible pour le commun des terriens, mais cela revenait peu ou prou au m\'eame. \par  \par **Le second fut d\rquote avantage tourn\'e9 vers la question de savoir si ,oui ou non, le voyage de Pim vers le pass\'e9 avait eu un effet ? Cela donna lieu aux plus belles empoignades pendant trois jours jusqu\rquote \'e0  ce que Varo prenne la parole et fasse le petit speech suivant :  \par << Nous n\rquote avons aucun moyen de comparer ce qui est \'e0 ce qui aurait pu \'eatre puisque nous ne vivons qu\rquote un seul temps. Mais, du fait que nous sommes en possession maintenant du paradigme des Cephs, je dirais que cela a d\'fb  fonctionner. En effet, si nous laissons Emissaire sortir de sa convalescence et l\rquote autorisons \'e0 v\'e9rifier aupr\'e8s de nous (ou de SAPIENS) l\rquote \'e9tat de nos connaissances, il arrivera \'e0  des conclusions favorables. Je dirais donc que Pim nous \'e0 au moins fait gagner la douzaine de jours qui se sont \'e9coul\'e9s entre son entr\'e9e et sa sortie de l\rquote h\'f4pital. Donc cela a effectivement fonctionn\'e9 ! >> \par La pol\'e9mique se termina sur cette mani\'e8re de voir les choses. \par  \par **La troisi\'e8me partie concernait le choix d\rquote adh\'e9rer ou non \'e0 cette F\'e9d\'e9ration. Apr\'e8s expos\'e9 des raisons pour et contre, on convoqua la population \'e0  une votation pour le lendemain matin. Chacun, sur son terminal, entre neuf et dix heures, (heure de Washington), donnerait son avis, comme \'e0 chaque fois qu\rquote il y avait une importante d\'e9cision \'e0 prendre. Nounou ferait les comptes, comme  \'e0 l\rquote accoutum\'e9e. Vers midi, au plus tard, la r\'e9ponse de la Terre serait connue. On d\'e9cida de laisser Emissaire sortir, juste \'e0 l\rquote heure du r\'e9sultat d\'e9finitif. \par  \par }{\b\f28\fs26 Emissaire.}{\f28\fs26  \par Au soleil, direct pour la premi\'e8re fois depuis presque deux semaines, Emissaire \'e9prouva un peu de difficult\'e9s \'e0 supporter la lumi\'e8re durant le premier quart d\rquote  heure. Mais, cela se confirmait, les terriens lui avaient rendu une forme physique qu\rquote il avait oubli\'e9e depuis longtemps. Certes l\rquote \'e2ge \'e9tait l\'e0 et la fatigue aussi, mais tellement moins qu\rquote avant ! \par A l\rquote h\'f4pital, sa premi\'e8re surprise fut de constater qu\rquote il avait toutes ses dents, et de plus en parfait \'e9tat. Ses cheveux, aussi, avaient l\rquote abondance oubli\'e9e de son plus bel \'e2ge. Tous les rh umatismes avaient disparus ! Son app\'e9tit revenu il d\'e9vorait ses repas. Ce n\rquote est que le troisi\'e8me jour qu\rquote il se rendit compte que sa vue ne n\'e9cessitait plus de lentilles de contact. \par Ainsi chaque matin il constatait une nouvelle am\'e9lioration et comprenait \'e0 quel point le syst\'e8me de gu\'e9rison par Mandalas \'e9tait pr\'e9cieux. Jamais, dans son esprit il ne pensa que les deux semaines pass\'e9es en repos pouvaient \'ea tre un moyen de le mettre hors d\rquote action. Il \'e9tait bien trop reconnaissant envers ce monde qui, non seulement avait sauv\'e9 sa vie, mais encore lui avait donn\'e9 un bain de jouvence. Il avait h\'e2te d\rquote aller expliquer tout cela \'e0 Pr \'e9sidente. \par Emissaire constatant une certaine agitation, dans les rues et dans les magasins, se renseigna. On lui expliqua que les terriens venaient de se prononcer et que les r\'e9sultats \'e9 taient imminents. Quand il demanda la raison du vote et que ses interlocuteurs lui eurent r\'e9pondu que cela concernait le fait d\rquote entrer ou non dans la F\'e9d\'e9ration, il attendit avec la m\'eame impatience que les autres. \par Sa surprise \'e9tait grande, en effet, le cas ne s\rquote \'e9tait jamais produit auparavant. Chaque monde avait consid\'e9r\'e9 comme une faveur et un honneur de pouvoir figurer dans le groupe. Or, pour la premi\'e8re fois, une plan\'e8 te avait voulu peser le pour et le contre avant de s\rquote engager. La d\'e9marche, si on y r\'e9fl\'e9chissait, n\rquote \'e9tait pas sotte, car, lui, Emissaire avait,  comme objectif, la m\'eame question. Pour y r\'e9pondre, il faudrait qu\rquote  il consulte la machine afin de constater si oui ou non, le paradigme des F\'e9d\'e9r\'e9s \'e9tait connu ici. D\'e8s que le vote serait tomb\'e9, il le ferait, et tr\'e8s vite, depuis le premier poste venu. Il en \'e9tait parvenu \'e0 ce point de sa r\'e9 flexion quand il vit, se dirigeant vers lui, F\'e9gael qu\rquote il connaissait assez bien.  \par Elle s\rquote enquit de l\rquote \'e9tat de sa sant\'e9 et se sentit heureuse de constater \'e0 quel point il avait \'e9t\'e9 retap\'e9. Puis, elle lui exposa le motif de sa pr\'e9sence et le fait qu\rquote elle revenait de Samye apr\'e8s y avoir lanc\'e9  un \'93titane\'94. Quand pensait-il rentrer ? Quel \'e9tait son opinion sur cette plan\'e8te ? Emissaire lui exposa que dans quelques instants il saurait le r\'e9sultat du r\'e9f\'e9rendum et qu\rquote  ensuite il se dirigerait vers un terminal pour poser des questions clefs. Sous r\'e9serve, bien s\'fbr, que les terriens disent oui et que plus aucun secteur de SAPIENS ne lui soit ferm\'e9.  \par  \par Une heure plus tard ils obtinrent les r\'e9ponses aux questions principales : \par  -Oui la Terre acceptait de devenir le 80\'b0 membre de la F\'e9d\'e9ration. \par  -Oui, Emissaire avait pu se brancher sur SAPIENS, d\'e9sormais ouvert \'e0 toutes ses questions. \par  -Oui, d\'e8s que les moyens techniques seraient en place, SAPIENS se mettrait en r\'e9seau avec le r\'e9seau central de F\'e9d\'e9ration. \par  -Oui enfin, il y avait, dans la machine terrienne les donn\'e9es essentielles du paradigme admis chez les f\'e9d\'e9r\'e9s. \par Apr\'e8s avoir expos\'e9 ses conclusions aux Sages, il les remercia encore une fois de l\rquote avoir sauv\'e9 et si bien r\'e9tabli, puis prit cong\'e9 de tous et retourna vers le temple de Samye en compagnie de la belle F\'e9gael. \par  Ils \'e9taient pr\'eats, d\'e9sormais, \'e0 passer dans le mandala pour rentrer sur Floric. Sur le socle de d\'e9part, il y eut une petite surprise : Olaf, qui savait, par les m\'e9dias, que le retour de F\'e9gael \'e9tait pr\'e9vu pour ce jour l\'e0 , avait pris la peine de venir la voir partir. Il avait \'e9prouv\'e9 un remords, s\rquote \'e9tant rendu compte, en y repensant, que la mani\'e8re dont leur aventure s\rquote \'e9tait achev\'e9e, n\rquote avait rien eu de naturel. Il venait s\rquote  excuser de sa froideur au t\'e9l\'e9phone et lui dire de vive voix qu\rquote elle et sa fille seraient les bienvenues \'e0 son foyer, quand elles le souhaiteraient. Son \'e9pouse \'e9tait au courant et curieuse d\rquote  avoir chez elle cette si belle enfant aux cheveux bleus. Ils se quitt\'e8rent un peu plus \'e9mus que les convenances ne le permettaient. \par ................................................................................................................................................... \par  \par Lorsque, sur Floric, Pr\'e9sidente put se rendre compte dans quelle forme exceptionnelle lui revenait le vieillard (qu\rquote elle avait pratiquement sacrifi\'e9 en l\rquote envoyant en mission), elle fut convaincue de tout le b\'e9n\'e9fice que la F\'e9d \'e9ration tirerait du nouveau monde f\'e9d\'e9r\'e9. Les \'e9tudes des futurs historiens diraient que cela s\rquote \'e9tait produit au cours de son mandat. Ce serait un plus et un honneur qui rejaillirait sur tout Floric. Elle en fut heureuse, et  se laissant un peu aller, annon\'e7a \'e0 Emissaire, que pour l\rquote apport d\rquote une si bonne nouvelle et aussi pour une si magnifique mission, il pouvait d\'e9sormais l\rquote  appeler : ***** ( un nom de cinq lettres, mais beaucoup trop confidentiel pour \'eatre not\'e9 ici, ce serait de la muflerie ! ) \par  \par  .................................................................................................................................................... \par  \par }{\b\f28\fs32 Questions pour les ambassadeurs.}{\f28\fs32  \par }{\f28\fs26  \par L\rquote ambassade de la Terre sur Floric comprenait une vingtaine de personnes sous la responsabilit\'e9 de Olaf 000 Sterne. Ce dernier \'e9tait venu, accompagn\'e9 de son \'e9pouse et du personnel tri\'e9 par les terriens pour le travail \'e0  accomplir. S\rquote y ajoutaient, en tant qu\rquote honorables correspondants, Betty et Kog dont la mission serait tout \'e0 fait diff\'e9 rente de celles des savants et fonctionnaires qui demeureraient dans la grande tour de Floric.  De plus, il y avait Secco que l\rquote on avait vaguement pr\'e9sent\'e9e comme faisant partie de la  maisonn\'e9e de Kog en ne disant pas, mai s en laissant entendre, qu\rquote elle \'e9tait un animal de compagnie. Ils firent installer Secco dans son aquarium au milieu du grand hall de l\rquote ambassade. Elle s\rquote y \'e9battrait quand elle ne voyagerait pas avec Kog et Betty.  \par Pour ces derniers, les Sages, avaient fix\'e9 comme but principal de voir ce qu\rquote il en \'e9tait des mondes non encore aboutis et sous surveillance des F\'e9d\'e9r\'e9s. Ceci devait s\rquote  accomplir pendant que se cr\'e9 eraient les raccordements entre les r\'e9seaux de la F\'e9d\'e9ration et Nounou/SAPIENS. Ils devraient tenter de trouver des r\'e9ponses satisfaisantes aux questions suivantes : \par  \par --Pourquoi les 10 \'e0 15000 ans d\rquote avance qu\rquote avaient les plus anciens f\'e9d\'e9r\'e9s par rapport aux terriens ne se sentaient pas plus ? \par  \par --Pourquoi, poss\'e9dant le bon paradigme et utilisant l\rquote hyperespace pour les transferts d\rquote humano\'efdes,  n\rquote avaient-ils pas mis au point le syst\'e8me du Ceph Voyageur  qui faisait la r\'e9g\'e9n\'e9ration ou le stockage d\rquote  attente des personnalit\'e9s utilisant les mandalas ? \par  \par  --Comment une question aussi importante avait-elle pu leur \'e9chapper apr\'e8s tant de temps ? \par  \par --Existait-il une menace ou un ennemi dont les f\'e9d\'e9r\'e9s n\rquote auraient rien dit ? \par  --Comment, par exemple, un \'eatre aussi int\'e9ressant que  Hydros avait-il pu \'e9chapper \'e0 leurs \'e9quipes               d\rquote explorateurs ? \par --Accessoirement, aussi, qu\rquote avaient-ils besoin de se f\'e9d\'e9rer ? Et pourquoi tant se r\'e9jouir  de la venue d\rquote  un membre de plus ? ....................................................................................................................................................... \par   \par Betty et Kog avaient, avant de partir, d\'e9cid\'e9 de r\'e9gulariser leur union et c\rquote est donc en tant que Monsieur et Madame Traor\'e9, qu\rquote ils se virent attribuer, dans l\rquote ambassade, un logement de fonction. Du fait m\'eame qu\rquote  ils seraient plus souvent dans d\rquote autres mondes que sur Floric, ils n\rquote attach\'e8rent que peu d\rquote importance \'e0 la surface relativement r\'e9duite dont ils h\'e9rit\'e8rent ! Ces 100 m\'e8tres carr\'e9 s seraient plus que suffisants pour une base fixe. Les dimensions des meubles et la hauteur des pi\'e8ces tenaient compte de ce que bien des humano\'efdes \'e9taient plus grands que les terriens. Donc, avant leur premi\'e8re mission, ils embauch\'e8 rent une d\'e9coratrice locale et lui donn\'e8rent des instructions pour tout adapter \'e0  leur usage. Une partie de la hauteur pouvait se voir transform\'e9e en duplex. De plus, la r\'e9duction de la taille des meubles et  le nouvel am\'e9 nagement de la cuisine transformaient leur appartement  en quelque chose de spacieux. Pour la salle d\rquote eau ils avaient pr\'e9f\'e9r\'e9 laisser la douche et son bac de r\'e9ception aux dimensions de base qui \'e9taient d\rquote environ deux m\'e8 tres sur trois avec une profondeur de cinquante centim\'e8tres. Cela leur procurait une micro piscine. Tous ces travaux demanderaient du temps et rendraient leur logement inhabitable, alors ils se mirent \'e0 ch ercher une destination pour commencer leur vrai travail. \par Parmi toutes les possibilit\'e9s ils pouvaient : \par -Soit visiter les autres plan\'e8tes f\'e9d\'e9r\'e9es, mais, ils ne pensaient pas que c\rquote \'e9tait l\'e0 qu\rquote ils r\'e9colteraient le plus d\rquote informations. \par -Soit choisir entre les mondes peupl\'e9s d\rquote humano\'efdes,( en lisant les rapports des gens qui y faisaient des incursions de surveillance), celui qui leur para\'eetrait le plus prometteur ou le plus susceptible de les aider \'e0 comprendre. \par -Soit, encore, recenser tous les mondes sur lesquels des mandalas avaient \'e9t\'e9 pos\'e9s et qui n\rquote \'e9taient pas habit\'e9s par des humano\'efdes, mais, (si cela avait \'e9t\'e9 not\'e9), par d\rquote autres formes dominantes. Formes poss\'e9 dant une civilisation ou la connaissance de sciences ou des formes de vie en soci\'e9t\'e9. Bref des extraterrestres au sens des anciens livres de science fiction.  \par Soit, se diriger vers des mondes paraissant compl\'e8tement sauvages et aussi peu explor\'e9s que \'93Love \'93 dans l\rquote espoir de mettre le doigt sur quelque chose. \par Apr\'e8s r\'e9flexions, supputations, consultations de Secco et de nombreuses lectures d\rquote archives, ils se fix\'e8rent un programme en trois temps : \par Visite d\rquote une plan\'e8te non aboutie dont le degr\'e9 d\rquote \'e9volution correspondait, en gros \'e0 quelque chose comme l\rquote \'e9poque du d\'e9but de l\rquote aviation sur Terre.  \par Ce serait \'93Bilunes\'93 nom donn\'e9 par le premier visiteur qui avait \'e9t\'e9 frapp\'e9 par l\rquote existence de ces deux satellites tournant en positions diam\'e9tralement oppos\'e9es. La taille des habitants \'e9 tait celle de petits terriens mais, Kog ou Betty ne se remarqueraient pas trop. Le climat un peu chaud serait tout \'e0 fait supportable.  Leurs sciences n\rquote avaient pas \'e9t\'e9 d\'e9velopp\'e9es de mani\'e8re lin\'e9airement parall\'e8le \'e0  celle des terriens. En chimie ils en \'e9taient encore \'e0 l\rquote analyse par voie humide. Leur aviation \'e9tait \'e0 inventer. Par contre, en sociologie et en sciences humaines ils avaient, pour le moins, le niveau atteint, sur Terre ,vers l\rquote  \'e9poque de Manius. Secco, insistait beaucoup pour ce choix ! . Elle se disait conseill\'e9e, en ce sens,  par BAFESI ! \par  Un d\'e9tail fournissait un bon argument de plus pour y aller : la moiti\'e9 de la surface de leur monde \'e9tait recouverte d\rquote un oc\'e9an unique entourant un seul \'e9norme continent et quelques \'eeles et \'ee lots. Ce serait une occasion pour la seiche de voir s\rquote il y existait une forme d\rquote intelligence sup\'e9rieure, du genre de celle des  Cephs ou des  Cralangs ? Ceci \'e9tait rendu possible car le mandala d\rquote arriv\'e9 e se trouvait sur le promontoire d\rquote un  \'eelot rocheux avec un hameau abandonn\'e9, \'e0 faible distance de la c\'f4te. Un g\'e9n\'e9rateur bulbe, dans une petite chute d\rquote eau, fournissait l\rquote \'e9lectricit\'e9 n\'e9 cessaire aux anciens habitants et avait \'e9t\'e9 branch\'e9 discr\'e8tement.  A cela s\rquote ajoutait le fait, non n\'e9gligeable, que la pr\'e9c\'e9dente visite ne remontait pas \'e0 plus de 18 ans. Les informations dont on disposait avaient une fra \'eecheur suffisante pour qu\rquote on s\rquote y fie. Mais ce qui motiva le plus Betty fut le ton des derniers rapports, on devinait, entre les lignes, une grave pr\'e9occupation de l\rquote \'e9quipe, laquelle avait \'e9court\'e9 son s\'e9jour. Ils n \rquote en disaient pas clairement la raison se contentant de laisser deviner qu\rquote ils auraient \'e9t\'e9 reconnus pour ce qu\rquote ils \'e9taient ! \par  \par Le second voyage serait entrepris vers une plan\'e8te peupl\'e9e par des \'eatres, non humains,  parvenus au plus haut degr\'e9 de civilisation que les voyageurs de la F\'e9d\'e9ration aient d\'e9tect\'e9. De plus ils  n\rquote avaient pas manifest\'e9 d \rquote hostilit\'e9 particuli\'e8re aux premiers explorateurs. Ils devraient porter une combinaison isolante car la temp\'e9rature avoisinait les moins cinq degr\'e9s Celcius et un masque pour filtrer les traces de  fluor pr\'e9sentes dans l\rquote  air. Cet halog\'e8ne rongerait leurs poumons en quelques heures. Leur  s\'e9jour serait donc bref.  Les habitants, d\rquote apr\'e8s ce qu\rquote ils avaient compris, pr\'e9sentaient l\rquote allure de compos\'e9s en plastique, compl\'e8 tement lisses et translucides, laissant deviner leurs organes internes, ne pouvaient \'eatre compar\'e9s \'e0 rien de ce qui existait sur Terre, si ce n\rquote est \'e0 des protoplasmes. Leurs formes \'e9taient totalement modifiables en fonction des n\'e9 cessit\'e9s : pour se d\'e9placer, ils faisaient sortir une multitude de petites excroissances et filaient comme des mille-pattes. De plus, ils pouvaient rendre plus ou moins dure n\rquote  importe quelle partie de leur anatomie. Ils auraient aussi bien pu se faire pousser une hache qu\rquote une pince. Totalement au repos ils adoptaient une forme de grosse goutte  liquide aplatie qui aurait plus d\rquote un m\'e8tre de diam\'e8 tre et quarante centim\'e8tres de haut. Avec une imagination d\'e9bordante, les explorateurs avaient nomm\'e9 la plan\'e8te : Amibios et l\rquote esp\'e8ce civilis\'e9e les \'93 Silicones \'93. Ceci \'e9tait un abus de terme car, s\rquote il \'e9 tait vrai que la chimie des vivants de ce monde comportait des radicaux avec silice, et au moins autant de radicaux bas\'e9s sur le titane, le reste, soit plus des neuf dixi\'e8mes \'e9taient des d\'e9riv\'e9s du carbone, comme ailleurs.  Les visiteurs d e la F\'e9d\'e9ration n\rquote y \'e9taient rest\'e9s que de temps et n\rquote avaient pas pu donner d\rquote id\'e9es pr\'e9cises sur leur degr\'e9 de civilisation, mais avaient not\'e9 la pr\'e9sence de nombreux robots et appareils sophistiqu\'e9 s. Secco ne pourrait les accompagner, la composition des mers contenant \'e9galement trop de fluorures. On ne trouvait plus dans les archives la date \'e0 laquelle le mandala avait \'e9t\'e9 d\'e9pos\'e9 par un vaisseau, ce qui signifiait que ce devait  \'eatre l\rquote un des plus anciens. Les mondes non humains ne se visitaient que pour un probl\'e8me pr\'e9cis, or, pour ce monde l\'e0, il n\rquote y en avait pas puisqu\rquote  aucune communication sens\'e9e ne put pu \'eatre \'e9 tablie. On se contentait d\rquote y jeter un coup d\rquote oeil tous les mill\'e9naires et de se d\'e9p\'eacher de revenir. La fois pr\'e9c\'e9dente avait eu lieu huit si\'e8cles auparavant. \par  \par La derni\'e8re de leurs explorations les am\'e8neraient vers une plan\'e8te dont la visite \'e9tait vivement d\'e9conseill\'e9e, car dangereuse. Il n\rquote y avait pas de vie proprement dite mais des machines dont les rapports disaient qu\rquote elles s \rquote entretenaient elles-m\'eames. Une l\'e9gende racontait qu\rquote elles cr\'e9aient en permanence de nouvelles machines et que la limite n\rquote \'e9tait que celle des mati\'e8res premi\'e8 res disponibles dans ce lieu ? Ces engins ne semblaient que des m\'e9caniques et n\rquote auraient pas d\rquote assistance par \'e9lectronique, mais la r\'e9alit\'e9 \'e9tait que les visiteurs f\'e9d\'e9r\'e9s avaient eu une telle trouille qu\rquote ils s \rquote \'e9taient enfuis comme des lapins vers leur mandala. Seule chose curieuse, les machines ne s\rquote approchaient pas de ce mandala qui aurait d\'fb \'eatre  d\'e9truit pour leur fournir des mat\'e9riaux. Les rarissimes visiteurs avaient nomm\'e9  ce monde :  << M\'e9canica >> et n\rquote avaient pas trouv\'e9 de d\'e9signations autres que \'93 Machines \'93 \'e0 ce qu\rquote ils avaient vu sur place. \par Betty et Kog, ne pouvant rien trouver dans les archives concernant l\rquote origine de cet endroit, supposaient qu\rquote au d\'e9part, ce devait \'eatre un d\'e9p\'f4t d\rquote appareils obsol\'e8tes ou consid\'e9r\'e9 s comme dangereux  par ceux  qui les avaient construits. Ceux l\'e0, donc, ne devaient pas venir d\rquote un monde de la F\'e9d\'e9ration puisqu\rquote on n\rquote en trouvait aucu ne trace dans les fichiers historiques des 79 mondes humabs.  Il y avait  607 \par  ans terrestres que personne n\rquote y \'e9tait all\'e9, les volontaires ne se bousculaient pas. \par  \par  \par  \par                                                }{\b\f28\fs32 Les trois plan\'e8tes}{\b\f28\fs26 .}{\f28\fs26  \par  \par C\rquote est sur une p\'e9riode de presque deux ans que ces trois exp\'e9ditions eurent lieu. Apr\'e8s chaque visite, les voyageurs rentraient sur Floric et r\'e9digeaient un rapport d\'e9taill\'e9 dans le cadre strictement priv\'e9  de leur ambassade. Puis, en ayant tir\'e9 les enseignements, ils partaient pour le voyage suivant. Le r\'e9cit complet de chacun de ces p\'e9riples ne se r\'e9v\'e9lant pas indispensable, toutes les questions concernant la g\'e9ographie, l\rquote  histoire, la g\'e9ologie, les moeurs, les populations, les progr\'e8s, la politique, les religions, etc... furent laiss\'e9es de c\'f4t\'e9. Des sp\'e9cialistes de ces questions avaient d\'e9j\'e0 fourni ou seraient amen\'e9s \'e0  accomplir leur travail dans ces domaines. Betty et Kog n\rquote en rapport\'e8rent que ce qui \'e9tait l\rquote essentiel : mieux comprendre ce qu\rquote \'e9tait la F\'e9d\'e9ration et le comportement qu\rquote elle montrait en g\'e9n\'e9 ral. En une phrase : sa fa\'e7on de voir les choses et de comprendre les autres. Voici les extraits les plus significatifs : \par   \par }{\b\f28\fs32 La plan\'e8te \'93 Bilunes\'94                   }{\f28\fs26  \par  \par Arriver nue sur une plan\'e8te d\'e9serte, comme Betty l\rquote avait fait sur Love, n\rquote avait pos\'e9 aucun probl\'e8me. Pas plus que lorsqu\rquote elle s\rquote \'e9tait trouv\'e9e dans la salle de r\'e9 ception sur Floric avec ses combinaisons attendant les voyageurs. Se retrouver dans un vaisseau avec tout ce qu\rquote il fallait \'e0 bord comme ce fut le cas pour Kog, assurait v\'eatements et nourriture de d\'e9part. \par Dans le cas de leur mission sur Bilunes, arriv\'e8rent, \'e0 poil, sur un caillou battu par de grosses vagues et d\'e9munis de tout. Seule Secco, imm\'e9diatement l\'e2ch\'e9e trouva tout ce qu\rquote il lui fallait. Elle garda le contact t\'e9l\'e9 pathique avec Kog d\'e8s son immersion et pendant tout leur s\'e9jour en se manifestant par de courts flashes. \par La F\'e9d\'e9ration surveillait ce monde depuis plusieurs mill\'e9naires et avait mis au point une proc\'e9dure : Des billes d\rquote or pur \'e9taient pass\'e9es par le mandala et se trouvaient stock\'e9es \'e0 un endroit proche mais dissimul\'e9  sous une grosse pierre recouverte de varechs. Les premiers voyageurs les avaient utilis\'e9es pour se procurer l\rquote indispensable aupr\'e8s des p\'e9cheurs du coin en se pr\'e9tendant des naufrag\'e9s. \par  Chaque fois qu\rquote une \'e9quipe en repartait, elle abandonnait, \'e0 disposition de ceux qui viendraient apr\'e8s elle, un r\'e9cipient \'e9tanche de forme  tubulaire et de la taille d\rquote une torpille  qui \'e9tait  immerg\'e9 au bout d\rquote  un solide filin d\rquote acier. A l\rquote int\'e9rieur ils laissaient des v\'eatements, des outils, des objets qu\rquote ils jugeaient comme indispensables, des pi\'e8ces de monnaies et des carnets imprim\'e9s qui devaient poss\'e9der les qualit\'e9 s combin\'e9es des ch\'e8ques et des billets. Quelques billes de Tungst\'e8ne, non utilis\'e9es, en g\'e9n\'e9ral, y \'e9taient jointes en cas de besoin, ce m\'e9tal \'e9tant, en ce lieu, dix fois plus pr\'e9cieux que l\rquote or. Enfin un rapport \'e9 crit dans la langue des ambassades (dont Betty et Kog  n\rquote avaient aucune notion ) donnait le dernier point des observations et actions r\'e9alis\'e9es sur place, avant le d\'e9part. \par Les deux espions trouv\'e8rent dans tout ce fatras, quelques v\'eatements assez flous pour la premi\'e8re n\'e9cessit\'e9 ainsi qu\rquote une longue vue qui leur facilita une premi\'e8re observation discr\'e8te \'e0 distance. Ils virent,  dans le village, en face du rocher, de quelle mani\'e8re pr\'e9cise  il leur faudrait se v\'eatir, se chausser et s\rquote \'e9quiper pour un premier contact. Ils recommenc\'e8rent \'e0 s\rquote habiller, mais mieux cette fois-ci. \'c0 l\rquote aide d \rquote une  ligne, ils cherch\'e8rent \'e0 p\'e9cher un peu, pour pouvoir manger. Il est probable que sans l\rquote aide de Secco ils auraient eu \'e9norm\'e9ment de mal. Mais la seiche leur indiqua ce qu\rquote ils pouvaient accrocher aux hame\'e7 ons et o\'f9 lancer les lignes. Il ne se passa donc que tr\'e8s peu de temps avant que trois beaux poissons, genre mulets ne soient pris et ne grillent. Avec des morceaux de bois secs laiss\'e9s sur le roc par une grande mar\'e9e ils avaient allum\'e9  un bon feu. Betty pensa qu\rquote avec deux lunes il devait se produire des importants  mouvements dans les eaux ! \par Apr\'e8s leur repas ils discut\'e8rent de la fa\'e7on de poursuivre. Ne poss\'e9dant aucune notion de la langue parl\'e9e sur place il leur fallait, en premier lieu ,en apprendre assez pour comprendre cette civilisation. D\rquote autre part, la mani\'e8 re assez sournoise qu\rquote utilisaient les gens de la F\'e9d\'e9ration pour observer en douce les mondes moins \'e9volu\'e9s ne correspondait vraiment pas \'e0 l\rquote \'e9thique qui \'e9tait la leur. Ils pr\'e9f\'e9 raient, au contraire, se montrer ouvertement pour ce qu\rquote ils \'e9taient et de ne venir que comme des curieux ayant l\rquote espoir d\rquote \'e9changer des id\'e9es et des informations. Pour cette raison ils avaient bien ostensiblement allum\'e9  leur feu et se pr\'e9paraient \'e0 entreprendre une petite nage vers le port tout proche. Ils n\rquote eurent pas \'e0 se donner ce mal, un bateau style garde-c\'f4te se dirigeait droit vers eux. Sur le tillac un individu gesticulait d\rquote  abondance en tentant de leur indiquer quelque chose \'e0 l\rquote aide de ses bras. Ils s\rquote approch\'e8rent de la partie plus basse de leur rocher, laquelle pouvait \'eatre utilis\'e9e comme appontement et attendirent le sourire aux l\'e8 vres. Le bateau avait du mal \'e0 se stabiliser car aucune bite d\rquote amarrage ne permettait de le fixer. Plusieurs personnes \'e0 bord, leur indiqu\'e8rent par gestes, de sauter sur le pont, ce qu\rquote ils firent ais\'e9ment. Aussit\'f4 t, pour ne pas se trouver dross\'e9e contre le roc, l\rquote embarcation repartit en marche arri\'e8re. Kog et Betty avaient eu le temps de ramasser les sacs \'e0 dos, contenant le bazar qu\rquote ils avaient pr\'e9par\'e9 , et de les enfiler avant le saut. \par Celui qui devait assumer les responsabilit\'e9s leur adressa la parole. Ne comprenant rien, ils exprim\'e8rent par mimiques leur ignorance ce qui fit rire leur interlocuteur. Il donna un ordre assez bref \'e0 l\rquote  un de ses assistants et celui-ci revint en rapportant deux coiffes, genre casques de moto, mais munies de grandes oreillettes. .Il les leur tendit en rigolant. Lorsque ces engins se trouv\'e8rent ajust\'e9s sur leur t\'ea te,( le capitaine ? ), sortit de sa poche un genre de t\'e9l\'e9phone portable, sans fil, dans lequel il commen\'e7a \'e0 s\rquote exprimer. Dans leurs \'e9couteurs, au d\'e9but, ne comprirent absolument rien ! Mais, cela devait faire partie du syst\'e8 me, car tous attendaient patiemment. L\rquote homme r\'e9p\'e9tait inlassablement les m\'eames deux ou trois phrases. Apr\'e8s une vingtaine de minutes et alors que le bateau entrait au port,  soudainement, ils comprirent parfaitement, sinon les mots, du moins avec pr\'e9cision le sens g\'e9n\'e9ral : << Soyez les bienvenus sur la plan\'e8te aux deux lunes, vous qui venez d\rquote un autre monde- Cet instrument n\rquote est pas une machine  \'e0 traduire* mais vous enseigne notre langue. Vous devrez la garder sur vous jusqu\rquote au lever du prochain jour Ne soyez pas effray\'e9s par ce que vous ne comprendrez pas, nous vous expliquerons >> \par Kog savait que ce n\rquote \'e9tait pas de la t\'e9l\'e9pathie car il n\rquote avait re\'e7u rien d\rquote autre que quelques images lui venant de Secco qui se baladait l\'e0 dessous. Betty pensa que les sciences de la psychologie et de la communication  \'e9taient tr\'e8s en avance ici. Elle se dit  que les mimiques \'e9tant universelles, elles avaient \'e9t\'e9 enregistr\'e9es traduites et analys\'e9es ainsi, peut-\'eatre, que leurs \'e9lectro enc\'e9 phalogrammes. Pour les Bilunaires, comme les baptisa Kog, cela paraissait une op\'e9ration de routine.  Visiblement  ils n\rquote \'e9prouvaient pas de surprise et connaissaient les visiteurs venant d\rquote ailleurs. Ils avaient plut\'f4t l\rquote  air de s\rquote en amuser, ce qui \'e9tait un peu plus difficile \'e0 assimiler. \par  Pendant que tout cela se d\'e9roulait l\rquote observation fut r\'e9ciproque. Ces gens et les terriens se ressemblaient comme des fr\'e8res. Le seul point qui \'e9tait nettement diff\'e9rent r\'e9sidait dans l\rquote \'e9 paisseur de leur peau, double ou triple de celles des terriens. Ceci se remarquait \'e0 l\rquote endroit des plis au poignet ou au cou et dans la forme des rides. Ils \'e9taient recouverts d\rquote un v\'e9ritable cuir et d\rquote un syst\'e8 me chevelu plus dense que celui de Kog, pourtant d\rquote ethnie Bambara. Betty savait que les diff\'e9rences physiques dans les mondes peupl\'e9s d\rquote humano\'efdes venaient de facteurs ext\'e9rieurs. La conclusion logique qu\rquote  elle en tira fut la probabilit\'e9 de l\rquote existence de plantes tr\'e8s urticantes ou d\rquote insectes piqueurs \'e0 longues trompes, voire munis de dards impressionnants. Elle se trompait, mais l\rquote id\'e9e de base \'e9tait la bonne.  \par Au bord du quai, les attendant, un groupe d\rquote officiels, qui, sachant pertinemment qu\rquote ils ne comprenaient pas encore, se contenta de signes de bon accueil. Ces gens les men\'e8rent, en troupe, vers un v\'e9hicule ressemblant assez \'e0 ce qu \rquote \'e9tait un autobus au temps de Mat Ducerf. Quatre d\rquote entre eux, les notables, sans doute, prirent place \'e0 l\rquote avant et leur montr\'e8rent comment s\rquote installer confortablement sur les couchettes de l\rquote arri\'e8 re. Il fallait donc pr\'e9voir que le voyage serait long. Juste avant qu\rquote ils ne s\rquote allongent, l\rquote un d\rquote entre eux vint, timidement toucher de son doigt \'e9pais et rugueux, la peau fine de Betty et prit alors une d\'e9 cision. Il alla jusqu\rquote \'e0 un coffre, en sorti deux grands sacs en plastique de deux m\'e8tres sur un et leur fit signe de s\rquote y introduire. Lorsque cela fut r\'e9alis\'e9, il v\'e9rifia le lacet qui resserrait le sac autour de leur cou, v\'e9 rifia que les casques cachaient bien les oreilles et leur fit signe de s\rquote allonger. Il avait l\rquote air de craindre une r\'e9action vive, pensa Kog. Mais les terriens ne pouvaient r\'eaver d\rquote une meilleure introduction sur cette plan\'e8 te. Ils se pli\'e8rent volontiers aux exigences de leurs h\'f4tes. Le v\'e9hicule roulait sur une chauss\'e9e bien entretenue et avec un minimum de bruits. Autour d\rquote eux, la nuit tomba vite, puis la premi\'e8re lune sortit, mais sa lumi\'e8 re ne les r\'e9veilla pas. La seconde lune \'e9clipsait un peu le soleil levant quand le voyage fut pr\'e8s de se terminer. \par  Betty la premi\'e8re, puis Kog, sortirent de leur plastique et enlev\'e8rent les casques. Ils constat\'e8rent avec plaisir que les bruits des conversations de leurs accompagnateurs \'e9 taient intelligibles pour eux. Puis repliant, dans un souci de participation, les sacs dans lesquels ils avaient dormi, ils virent sur la couche, grouiller une multitude de petites b\'ea tes. Cela  provoqua, chez eux, un mouvement de recul involontaire que Betty, toujours tr\'e8s scientifique, ma\'eetrisa la premi\'e8re. Elle avait identifi\'e9 aussit\'f4t ces vermines comme des acariens g\'e9ants. \par G\'e9ant \'e9tait un mot fort, car ils n\rquote avaient que le double ou le triple de la taille de ceux qui vivent dans les draps des terriens. Ce qui les rendait hideux \'e9tait que, sur cette plan\'e8te, on les voyait, alors que pour apercevoi r ceux de la terre il faut une tr\'e8s forte loupe. L\'e0, comme ailleurs, ils vivaient en symbiose avec les humano\'ef des en se gavant de peaux mortes, en se  nourrissant de leurs desquamations. Sur Terre on les oubliait le plus souvent. Quelques puristes faisaient passer de la vapeur sur leur literie tous les quelques mois et changeaient leurs draps plus fr\'e9 quemment. Mais le subconscient collectif d\'e9cidait, de pr\'e9f\'e9rence, de les oublier. Ici, la peau des autochtones \'e9tait plus \'e9paisse, en relation certainement avec des facteurs climatologiques, du genre brusques changements de temp\'e9 rature au cours des cycles de la plan\'e8te. En effet, les deux lunes en opposition devaient multiplier les ombres et les \'e9clipses. Les acariens, pour pouvoir vivre, avaient d\'fb s\rquote adapter et, il fallait reconna\'ee tre que cela pouvait effrayer des gens aussi civilis\'e9s que les habitants des plan\'e8tes f\'e9d\'e9r\'e9es. Il en serait de m\'eame pour  ceux de la terre actuelle. Mais, pour le m\'e9lange entre clone 001 Traor\'e9 et le Kog d\rquote origine tel qu \rquote il \'e9tait au m\'eame \'e2ge, ce n\rquote \'e9tait pas grand chose ! K\'e9m\'e9mani dans sa jeunesse avait souvent dormi \'e0 m\'eame le sol et fr\'e9quemment \'e9cras\'e9 un scorpion de belle taille d\rquote un bon coup de talon. Quant \'e0  son clone il avait re\'e7u un entra\'eenement particuli\'e8rement dur avec des missions p\'e9rilleuses o\'f9  insectes et bestioles n\rquote avaient pas la priorit\'e9. En ce qui concernait la Betty de base, c\rquote est par le raisonnement qu\rquote  elle triomphait de sa r\'e9pulsion. Par ailleurs, son clone, aguerrie par ses s\'e9jours chez les pygm\'e9es ne se frappait pas outre mesure !. \par L\rquote individu, qui paraissait le responsable, s\rquote adressa \'e0 eux pour, en premier lieu, v\'e9rifier s\rquote ils comprenaient, puis pour s\rquote \'e9tonner de leur manque de r\'e9actions vis \'e0 vis des acariens. Il \'e9tait clair qu\rquote  ils comprenaient tout, mais pour r\'e9pondre ? Kog fit un essai en s\rquote exprimant naturellement, comme sur terre, pour voir : \par << Nous vous comprenons et nous vous remercions de votre accueil. Votre appareil vous permet-il de me comprendre aussi ? >>. \par << Parfaitement, j\rquote ai \'e9t\'e9 en liaison permanente avec vous durant votre apprentissage. Donc, de mon c\'f4t\'e9, je sais votre langue de base. Celle ci a \'e9t\'e9 enregistr\'e9e et n\rquote importe lequel d\rquote  entre nous pourra se la faire \'93 infiltrer \'93 ,si n\'e9cessaire. Il y a des ann\'e9es que personne de la F\'e9d\'e9ration n\rquote est venu nous voir et les derniers que nous avons re\'e7u nous ont bien fait rire ! >> \par <<Ah ! Oui ? En quoi ? >> \par << En premier lieu en essayant de s\rquote infiltrer chez nous comme leurs pr\'e9d\'e9cesseurs, sans se faire remarquer alors qu\rquote un simple coup d\rquote oeil sur leur peau suffit \'e0 les identifier. Secondement, au lieu de chercher \'e0  communiquer o\'f9 \'e0 se mettre en rapport direct avec nous ils n\rquote ont pas pu avoir l\rquote occasion  d\rquote  acqu\'e9rir notre langue et nous en sommes encore \'e0 nous demander ce qu\rquote ils sont venus faire. Mais c\rquote est la fa\'e7on  dont ils sont repartis qui cause notre hilarit\'e9. Ils ne sont rest\'e9s, en fait que deux jours : le premier ils se sont cach\'e9s sur leur caillou en mer et le second ils sont all\'e9s dans une auberge du port. L\'e0 ils ont retenu, e, s\rquote  exprimant par gestes, des chambres  o\'f9 ils se sont couch\'e9s. C\rquote \'e9tait, sans doute, dans une id\'e9e de premi\'e8re \'e9tape d\rquote exploration. Mais, au milieu de la nuit l\rquote un d\rquote entre eux s\rquote est r\'e9veill\'e9  et a vu sur quel nid de petites bestioles il dormait ! Il a pouss\'e9 un hurlement qui a r\'e9veill\'e9 tout le monde, bref, ils sont repartis en courant et on ne les a jamais plus revus. Nous, on en rigole encore ! J\rquote  ai pu constater que, pour vous, apr\'e8s la surprise, votre r\'e9action a \'e9t\'e9 tr\'e8s saine. J\rquote ajoute que je me r\'e9jouis, en mon nom et au nom de notre con seil des anciens, que vous veniez nous voir, pour faire connaissance avec nous, sans vous cacher le moins du monde >>. \par Le bus entrait dans la cour d\rquote une \'e9norme construction qui, semble-t-il, devait \'eatre un b\'e2timent officiel. Il stoppa devant un perron o\'f9 u ne dizaine de dignitaires attendaient. A leur descente Betty et Kog furent accueillis avec des compliments et des politesses puis, men\'e9s dans une grande salle o\'f9 si\'e9geaient environ cinquante individus au milieu de cent places vides. Tous n \rquote avaient pu se trouver l\'e0 \'e0 temps, sans doute. Sur une estrade, une longue table faisait face \'e0 l\rquote assistance et ils furent pri\'e9s de s\rquote asseoir au milieu. Celui qui devait \'eatre le chef ou le Pr\'e9 sident attendit que le bruit des chaises remu\'e9es et des voix se fut arr\'eat\'e9 puis commen\'e7a, tr\'e8s directement \'e0 s\rquote exprimer :  \par << Madame, Monsieur, vous n\rquote \'eates pas les premiers visiteurs de notre plan\'e8te, d\rquote autres, au cours des mill\'e9naires pass\'e9s sont venus et ont laiss\'e9, dans nos l\'e9gendes des traces durables de leurs passages. Pour les pl us anciens contacts, notre civilisation \'e9tait embryonnaire et ils furent per\'e7us comme des divinit\'e9s. Pour le plus r\'e9cent, nous avions \'e9norm\'e9ment progress\'e9 et notre civilisation est aujourd\rquote hui  bien avanc\'e9 e, aussi les avons-nous trouv\'e9s assez ridicules. \par  Chaque monde suit un d\'e9veloppement diff\'e9rent et ce que nous savons n\rquote est pas ce que vous savez, et r\'e9ciproquement. Nous \'e9prouvons ,par exemple et en ce moment, de grandes difficult\'e9s \'e0 r\'e9 aliser des machines qui volent. Vous devriez pouvoir nous aider \'e0 progresser dans ce sens si, pour vous, c\rquote est simple. Nous d\'e9duisons , en effet, que venant de l\rquote espace, il est plus que probable que vous avez commenc\'e9 par ma\'ee triser les voyages a\'e9riens chez vous. De notre c\'f4t\'e9, nous avons bien travaill\'e9 sur le psychisme et les possibilit\'e9s du cerveau, et sans avoir \'e9t\'e9 indiscrets, nous avons compris que vous ne connaissiez pas les machines \'e0 int\'e9 gration de langues. \par Vous devez savoir bien des choses sur nous et nous ne voyons aucune raison de vous cacher quoi que ce soit . Il est \'e9vident que vous n\rquote avez aucune id\'e9e de conqu\'ea te car vous venez sans la moindre arme et par groupes minuscules. Pouvez-vous nous dire qui vous \'eates et nous parler un peu de votre, ou de vos, mondes ? >> \par Ce fut Betty qui se leva pour prendre la parole, elle s\rquote exprimait assez lentement et en articulant bien, car ce n\rquote \'e9tait pas le moment de risquer des contre-sens, dans une langue si nouvellement acquise. \par << Mon nom le plus simple et que je vous demande d\rquote utiliser est Betty, mon compagnon est Kog, nous sommes originaires d\rquote une plan\'e8te lointaine qui se nomme Terre et nous d\'e9signons la v\'f4 tre sous le nom de Bilunes. Nous sommes ici en curieux car notre plan\'e8te vient seulement d\rquote \'eatre accept\'e9e dans une F\'e9d\'e9ration qui en comporte, maintenant, quatre-vingts. Mais nous n\rquote avons pas les m\'ea mes moeurs que les autres. Nous n\rquote avons rien \'e0 dissimuler et nous sommes pr\'eats \'e0 collaborer et \'e0 r\'e9pondre, autant que faire se peut, \'e0 votre attente. Les autres mondes de la F\'e9d\'e9ration partent de l\rquote id\'e9 e que seuls sont admissibles, les plan\'e8tes dont l\rquote \'e9volution est all\'e9e assez loin. Mais ils ne font jamais rien pour acc\'e9l\'e9rer les choses. Ils ont un crit\'e8re pour mesurer cela, un certain paradigme expliquant l\rquote  Univers. Ils attendent donc qu\rquote une plan\'e8te ait trouv\'e9 cette th\'e9orie pour la consid\'e9rer comme recevable. Je suis moi-m\'eame physicienne et sp\'e9cialiste en ce genre de science mais je n\rquote aurais jamais l\rquote  outrecuidance de consid\'e9rer qu\rquote un degr\'e9 de civilisation se mesure avec une seule id\'e9e en t\'eate. \par  Mon compagnon et moi, profitons des facilit\'e9s de transports interplan\'e9taires mises \'e0 notre disposition pour nous promener et apprendre. Mais nous ne refusons pas du tout de vous aider si nous le pouvons ! Nous n\rquote  avons pas de grands livres dans nos t\'eates mais il est certain que je puis vous exposer quelques bons principes d\rquote a\'e9rodynamique et vous dessiner quelques formes de machines qui voleront. De son c\'f4t\'e9, Kog a utilis\'e9  des engins volants sans moteurs, grandes toiles tendues qui permettent de sauter depuis des hauteurs et de r\'e9aliser de longs vols. Nous pouvons aussi vous montrer comment fabriquer des ballons gonfl\'e9s de gaz l\'e9gers. Je dois vous dire que ceci n \rquote est qu\rquote un premier contact et que nous n\rquote avons pas pr\'e9vu un long s\'e9jour, mais nous vous aiderons du mieux que nous pourrons. Je laisse la parole \'e0 mon compagnon. >> Elle se posa sur sa chaise tandis, que Kog, \'e0  son tour, se levait pour parler : \par << Moi, je suis d\rquote accord pour vous aider \'e0 avancer dans les chemins que nous connaissons mieux que vous et, en \'e9change, je serais le meilleur \'e9l\'e8ve possible si vous voulez bien m\rquote enseigner comment r\'e9aliser une machine \'e0 int \'e9grer les langages*. Je dois, pour ne rien vous cacher, vous dire que nous ne sommes pas venus seuls, mais accompagn\'e9s d\rquote un \'eatre marin tr\'e8s intelligent qui vit dans nos oc\'e9ans et avec lequel je reste en liaison t\'e9l\'e9 pathique. Je ne sais pas encore si vous connaissez une esp\'e8ce semblable ici, mais je peux vous dessiner sa forme sur la grande feuille qui est l\'e0, sans doute, dans ce but ? >> \par << Veuillez, je vous en prie  nous dessiner un membre de cette esp\'e8ce ! >>. \par  Kog esquissa, aussi bien que possible, ce qu\rquote \'e9tait  Secco et il y eut quelques murmures dans la foule. Alors il d\'e9clara :  \par << Voici Secco, la seiche qui nous a rendus de grands services et qui est mon amie. Existe-t-il une esp\'e8ce semblable chez vous ? >> \par << Pouvez-vous nous indiquer quelle taille a cette Secco quand elle est adulte ? >> \par Kog r\'e9pondit en \'e9cartant les mains pour une taille de 1, 2 m\'e8tres et reprit : \par << Secco est un \'eatre de taille moyenne, il en existe de plus petites et de plus grandes. D\rquote autres animaux, moins \'e9volu\'e9s ont aussi des formes avoisinantes, cela vous fait penser \'e0 quelque chose ? >> \par <<Tout \'e0 fait ! Nous n\rquote avons pas de \'e7a chez nous, mais nous avons trouv\'e9, dans une de nos \'eeles, un monument qui repr\'e9sente exactement ce que vous avez dessin\'e9. Seulement il fait 5 fois votre propre taille et se trouve dans l \rquote entr\'e9e d\rquote une grotte d\'e9cor\'e9e de gravures, incompr\'e9hensibles pour nous, et montrant la vie de ces animaux marins dans les oc\'e9ans. Cet endroit est consid\'e9r\'e9 par nous comme sacr\'e9 et terrible car, jadis, nos anc\'ea tres y sacrifiaient, selon la l\'e9gende, des humains en les abandonnant dans la grotte. Personne ne les revoyait jamais. Maintenant, c\rquote est assez peu visit\'e9 et sert surtout \'e0 effrayer les enfants qui ne sont pas gentils. Serez-vous int\'e9 ress\'e9s que nous vous y menions ? >> \par D\rquote une seule voix, ils r\'e9pondirent par l\rquote affirmative. \par  \par }{\b\f28\fs26 Les Capitaines.}{\f28\fs26  \par  \par Ce que furent les cinq mois pass\'e9s par les terriens sur cette plan\'e8te est ais\'e9 \'e0 deviner mais, pour plus de d\'e9tails, se reporter, comme indiqu\'e9 plus haut, aux oeuvres et travaux des experts class\'e9s sous la r\'e9f\'e9rence \'93 Bilunes \'94. Ce qui est notable est que l\rquote utile fut joint \'e0 l\rquote agr\'e9able. L\rquote \'eele o\'f9 se trouvait le monument repr\'e9sentant un Dieu \'93seiche \'93 \'e9tait fort \'e9loign\'e9e du c ontinent et les paquebots les plus rapides, dans les meilleures conditions climatiques, mettaient plus de quatre-vingts jours pour s\rquote y rendre. Il fut donc d\'e9cid\'e9 que le temps du voyage serait mis \'e0 profit pour que Terriens et Bilunaires  \'e9changent leurs connaissances dans les domaines qui avaient \'e9t\'e9 programm\'e9s. Chaque jour, ils travaillaient ensemble, du matin au soir avec de courtes interruptions pour manger. Quand l\rquote \'ee le fut en vue, Betty avait compris le principe et les astuces de la machine \'e0 langage* et leurs h\'f4tes, comme de juste, savaient l\rquote essentiel sur les plus lourds et les plus l\'e9gers que l\rquote air. Kog avait m\'eame dirig\'e9  la fabrication d\rquote  une aile delta dans le but de se livrer \'e0 une d\'e9monstration, si la configuration de l\rquote \'eele le permettait. Tous \'e9taient tr\'e8s satisfaits et la sympathie devenait de plus en plus grande entre ces gens de plan \'e8tes si \'e9loign\'e9es. Gr\'e2ce \'e0 quelques billes de tungst\'e8ne, les terriens offrirent un somptueux repas aux Bilunaires la veille de l\rquote arriv\'e9e alors que le sommet du volcan \'e9teint, point culminant de leur destination, pouvait \'ea tre observ\'e9 \'e0 l\rquote oeil nu. \par Secco, qui ne pouvait se d\'e9placer \'e0 la vitesse du navire, les accompagnait dans un aquarium et se trempait en mer, de temps en temps, pendant que les marins renouvelaient l\rquote eau. Ce qu\rquote elle avait d\'e9duit de ses explorations se r\'e9 duisait \'e0 peu de choses : Il n\rquote y avait aucun c\'e9phalopode dou\'e9 d\rquote intelligence ou de t\'e9l\'e9pathie sur ce monde. Certains crustac\'e9s, plus proches des Cralangs que des animaux terrestres, poss\'e9daient un cerveau b ien fait et une m\'e9moire transmissible. Ils \'e9taient capables de transmissions t\'e9l\'e9pathiques mais  ne les utilisaient que pour leurs incursions sur les rivages. Sinon, ils communiquaient par signes d\rquote antennes. Leur histoire \'e9 tait celle d\rquote une lente r\'e9trogradation depuis qu\rquote ils sse trouvaient sur cette plan\'e8te. Il semblait qu\rquote ils y soient arriv\'e9s en m\'eame temps que des Cephs dans la nuit des temps et que ces derniers n\rquote avaient pas surv\'e9 cus tr\'e8s longtemps dans cet Oc\'e9an. Peu nombreux lors de leur arriv\'e9e, les Cephs, \'e0 force de se croiser entre eux, avaient fini par d\'e9g\'e9n\'e9rer et, finalement par dispara\'eetre. Mais du temps de leur pr\'e9 sence ils dirigeaient le travail de ces pseudo Cralangs. Lorsque Secco entra en contact avec eux ils \'e9taient pr\'eats, sans discuter, \'e0 se mettre \'e0 sa disposition, cela paraissait inscrit dans leurs g\'e8nes. Mais Secco, bien s\'fbr, d\'e9 clina cette offre. \par Bien que rong\'e9 par la curiosit\'e9, Kog d\'e9cida de faire d\rquote abord sa d\'e9monstration de vol. La raison en \'e9tait que, par la suite, les Bilunaires se pas sionneraient pour en faire autant et que, partant, Betty et lui seraient plus libres pour leur visite. \par Donc, \'e0 peine l\rquote \'e9quipe d\'e9barqu\'e9e, un petit engin \'e0 moteur les amena presque jusqu\rquote au sommet qui culminait \'e0 1800 m\'e8tres. Ils grimp\'e8rent la derni\'e8re d\'e9nivellation sur deux cents m\'e8 tres en portant le deltaplane sur leur dos. Kog expliqua comment il fallait choisir l\rquote orientation en fonction du vent, et sans plus attendre, se lan\'e7a dans le vide \'e0 la grande \'e9motion des Bilunaires pr\'e9sents. Il eut la chance de r encontrer une configuration de vents r\'e9guliers avec des flux ascendants bien plac\'e9s et resta plus d\rquote une heure \'e0 tournoyer avant de commencer sa descente. Il r\'e9ussit \'e0 se poser sur un m\'e9plat \'e0 l\rquote altitude de 1200 m\'e8 tres. La voiture vint le rechercher et ils remont\'e8rent tout en haut. Pour le second vol, Kog demanda un volontaire comme passager et lui donna ses instructions. Tout en volant, il lui expliqua bien la fa\'e7on de s\rquote  y prendre et ils revinrent encore au m\'e9plat. Pour la suite, Kog leur laissa l\rquote engin et redescendit vers la grotte. Ces gens \'e9taient malins et dou\'e9s. Il n\rquote y eut pas d\rquote accidents sauf une cheville foul\'e9e \'e0 l\rquote  atterrissage et quelques bains forc\'e9s. Ils \'e9taient ravis et bien d\'e9cid\'e9s \'e0 tous participer aux essais. Ils projetaient de construire de nombreux engins semblables par la suite. \par Devant la grotte, Betty et Secco (dans une grande cuvette ) attendaient. Les Bilunaires qui \'e9taient avec eux avaient bien insist\'e9 pour que la visite soit group\'e9e entre les terriens et, aussi,  pour ne pas y participer . Ils manifestaient une sorte de crainte atavique et visc\'e9rale vis \'e0 vis de ce lieu, c\rquote \'e9tait certain ! On remarquait d\'e9j\'e0 depuis l\rquote ext\'e9rieur que la grotte plongeait vers le sous-sol et devenait sombre quelques pas apr\'e8 s la grille. Un bruit de ressac en provenait indiquant la pr\'e9sence d\rquote une autre entr\'e9e, sous-marine celle-la. Kog et Betty commenc\'e8rent leur visite en descendant les quelques marches taill\'e9 es courageusement dans le basalte, roche magmatique dure, s\rquote il en fut. Il devait exister un d\'e9tecteur en \'e9tat de marche car la lumi\'e8re s\rquote alluma quand ils parvinrent au niveau inf\'e9 rieur. Le couple de terriens  marchait assez lentement car chacun d\rquote eux tenait une des poign\'e9es de la bassine dans laquelle la seiche \'e9tait emmen\'e9e. Ils arriv\'e8rent devant la statue qui paraissait encore plus monumentale qu\rquote  ils ne le pensaient. Betty en estima la hauteur \'e0 une vingtaine de m\'e8tres. Elle \'e9tait pos\'e9e sur un socle relativement large et de forme carr\'e9e dont le c\'f4t\'e9 devait faire la moiti\'e9 de la hauteur totale du monument. Etant donn\'e9  que le tout se trouvait sur une plage sableuse et au niveau d\rquote une nappe d\rquote eau de mer communiquant, aux mar\'e9es basses avec l\rquote oc\'e9an, la grande surface de la base conf\'e9rait la stabilit\'e9 n\'e9cessaire. Cela repr\'e9 sentait un c\'e9phalopode, du genre seiche dont les tentacules dirig\'e9s vers le sol, sous forme de faisceaux, formaient un pied quasi unique. Le tout construit en ce m\'eame basalte dont les marches \'e9taient constitu\'e9es. Cette roche provenait s\'fb rement du volcan. La partie la plus haute affleurait le toit de la grotte et il semblait qu\rquote il y avait encore une anfractuosit\'e9 au-dessus comme si, au final, on eut manqu\'e9 d\rquote un demi-m\'e8tre de hauteur. \par Cette image redoutable d\rquote un animal marin n\rquote avait pu \'eatre r\'e9alis\'e9e que par coul\'e9e ce qui supposait tout un art m\'e9tallurgique et une haute technologie du moulage. Ensuite, il avait fallu ex\'e9cuter le d\'e9 placement et le redressement d\rquote une \'e9norme masse ! L\'e0, on se demandait forc\'e9ment comment cela avait pu \'eatre men\'e9 \'e0 bien. L\rquote humidit\'e9 marine ambiante recouvrait toute la surface d\rquote une ros\'e9 e et lui donnait un aspect visqueux assez d\'e9courageant. Secco fut port\'e9e vers le petit bras de mer qui venait effleurer et l\'e9cher la base de la statue. Mais elle gardait un plein contact avec Kog, car elle avait senti une tr\'e8s forte pr\'e9 sence de message t\'e9l\'e9pathique en ce langage que BAFESI utilisait. Ce fut donc la seiche qui, de ce fait, prit enti\'e8rement le commandement de la suite des op\'e9rations. \par En premier lieu elle demanda \'e0 Kog de monter sur statue, puis, devant son \'e9tonnement et son sentiment d\rquote impuissance, elle lui dit d\rquote aller entre la paroi  du fond et le monument. Il y trouverait de quoi monter jusqu\rquote \'e0  un levier qu\rquote il devrait trouver au quart de la hauteur. Effectivement, bien que discr\'e8tes et recouvertes de mousses gluantes, il put voir la pr\'e9sence de tiges en relief qui d\'e9 passaient un peu et devraient lui permettre de grimper. Il suffirait qu\rquote il les gratte au fur et \'e0 mesure et prenne des pr\'e9cautions pour ne pas glisser. C\rquote est donc lentement, avec un sac en bandouli\'e8re contenant un couteau \'e0  large lame pour faire tomber la v\'e9g\'e9tation parasite, des chiffons en quantit\'e9 pour essuyer ensuite, et un bout de corde pour s\rquote assurer au \'93piton\'94 du dessus, que Kog entrepris l\rquote ascention du monument sur une demi-douzaine de m \'e8tres. Cela lui demanda 25 minutes. Il pensa que si le levier indiqu\'e9 par Secco se trouvait l\'e0 c\rquote est que le tentacule d\rquote un Ceph de taille standard pouvait l\rquote atteindre, donc, que la statue devait \'eatre \'e0 peu pr\'e8 s tripler le mod\'e8le r\'e9el et vivant. Ce qui indiquait d\'e9j\'e0 une belle b\'eate ! \par Ce qu\rquote il vit, n\rquote \'e9tait pas proprement un levier, le message t\'e9l\'e9pathique en donnait l\rquote id\'e9e mais cela signifiait \'93contacteur \'93 et l\rquote esprit de Kog \'e9tait all\'e9 au plus simple. Il avait remarqu\'e9 que c \rquote \'e9tait souvent le cas dans ce genre de communication. On \'e9mettait une id\'e9e, pas une image et \'e0 l\rquote autre bout on recevait l\rquote id\'e9e dont on se construisait une image. Cela r\'e9sumait tout le probl\'e8me de la s\'e9 mantique, pensa Kog. Quand je pense et envoie l\rquote id\'e9e \'93chaise \'93 je peux avoir dans l\rquote esprit l\rquote image d\rquote une certaine chaise. Par exemple une chaise de cuisine en bois  brut avec un fond en paille tress\'e9 e. Lorsque mon interlocuteur re\'e7oit \'93chaise \'93 il peut percevoir l\rquote image d\rquote une chaise de salon \'e0 haut dossier recouverte de velours rouge ! Mais, aussi bien, ce pourait \'eatre, pour lui, celle d\rquote un meuble l\'e9ger \'e0  cannages ! \par Donc Kog voyait, non un levier mais un trou cylindrique horizontal d\rquote un diam\'e8tre de 5 \'e0 6 cm et de profondeur qu\rquote il estima, en l\rquote  \'e9clairant de sa lampe torche, \'e0 environ 15 cm. Au fond il semblait qu\rquote il y ai t une grosse bille de verre ? Avec le manche de sa brosse, il pouvait toucher cette bille et appuyer, mais avant de le faire, il d\'e9sirait en savoir un peu plus et tourna sa pens\'e9e vers Secco. La seiche lui fit comprendre qu\rquote en p\'e9n\'e9 trant dans ces lieux elle avait \'e9t\'e9 alert\'e9e par une sorte de \'93balise \'93 qui \'e9mettait r\'e9guli\'e8rement un signal t\'e9l\'e9pathique destin\'e9 aux Cephs. Ce signal lui donnait l\rquote emplacement de la commande d\rquote  un dispositif plus \'e9labor\'e9. Ce dernier se mettrait en marche si Kog enfon\'e7ait la bille. Aucune pr\'e9sence de vivant ne se faisant sentir dans la statue, il devait donc y avoir un message enregistr\'e9 \'e0  destination des Cephs qui pourraient venir. Secco pensait qu\rquote elle devrait pouvoir le comprendre. Elle se proposait, si cela s\rquote av\'e9rait possible, en m\'eame temps qu\rquote elle \'e9 couterait, de  communiquer et traduire pour Kog. Si cela s\rquote av\'e9rait trop difficile, elle \'e9couterait d\rquote abord, une ou plusieurs fois, pour bien tout comprendre et enregistrer, puis elle traduirait ensuite pour Kog . Si des points demeurai ent obscurs il suffirait d\rquote enfoncer la bille de nouveau. \par Lorsque Kog, d\rquote une forte pression, sentit la bille bouger, Secco fut presque submerg\'e9e par un flot ininterrompu d\rquote id\'e9es et d\rquote images. Pas question de traduire en simultan\'e9 !. Elle dut demander quatre fois \'e0  Kog de faire repasser l\rquote enregistrement. Ensuite, Kog \'e9tant redescendu de son perchoir, elle se mit \'e0 \'e9mettre tandis que l\rquote homme notait sur un bloc de papier, ce qu\rquote il recevait. Cela donna quelque chose comme cela : \par << Vous \'eates le premier visiteur depuis 1.359.456 rotations de cette plan\'e8te autour de son soleil. Soyez le bienvenu. La balise automatique qui vous re\'e7oit a \'e9t\'e9 construite par nous, l\rquote \'e9quipage de la bulle 19875. Nous sommes arriv \'e9s en exploration sur ordre de la  Centralit\'e9 et \'e9tablis ici depuis 65 g\'e9n\'e9rations. Nous savons que notre race, sur ce monde, va dispara\'eetre, faute de g\'e8nes nouveaux. Nous aurions pu revenir vers notre plan\'e8te d\rquote  origine mais nos ordres \'e9taient pr\'e9cis et semblables pour tous. Ils s\rquote appliquent sans exception \'e0 tous les explorateurs de la grande dispersion : \par  \'93 Trouver des mondes nouveaux habitables pour notre esp\'e8ce et dot\'e9s d\rquote  oc\'e9ans importants. Choisir un de ces 894 mondes en accord avec la Centralit\'e9. S\rquote en rendre ma\'eetres sans violence, aider \'e0 d\'e9velopper les races  de crustac\'e9s et laisser le domaine de la terre s\'e8che \'e0 d\rquote autres esp\'e8ces plus pr\'e9caires. Informer, chaque si\'e8cle, du point o\'f9 nous en sommes de notre t\'e2che en envoyant des messages radio vers le Centralit\'e9 . Ne jamais revenir, attendre \'93 \par  Nous avons attendu, attendu en vain et nous avons r\'e9alis\'e9 notre travail, mais nous sommes de moins en moins nombreux et de plus en plus fragiles. Notre bulle est rest\'e9e et devrait se conserver en \'e9 tat de fonctionnement presque infiniment car elle se trouve en stase intemporelle. Si vous en avez besoin, elle se trouve au-dessus de la statue mais ne peut \'eatre manoeuvr\'e9 e que par un capitaine connaissant totalement les principes de son fonctionnement et donc le paradigme complet de l\rquote univers \'e0 11 dimensions qui est le n\'f4tre. Dans le cas o\'f9 un tel sp\'e9cialiste ne fait pas partie de votre groupe c\rquote  est que vous \'eates arriv\'e9s ici en utilisant l\rquote un des dispositifs simples. Ceux qui sont bas\'e9s sur le paradigme \'e0 six dimensions que nous, les Cephs, avons d\'e9pos\'e9s dans tous les mondes habitables de la galaxie. \par  Alors, ne touchez pas \'e0 la bulle, ce serait dangereux pour la trame m\'eame de l\rquote espace-temps, et rejoignez l\rquote oc\'e9an o\'f9 vous trouverez tout ce qui vous est n\'e9cessaire. Si, par suite d\rquote un accident votre dispositif \'e0  six dimensions \'e9tait hors d\rquote \'e9tat de fonctionner et que vous deviez tout de m\'eame voyager, il vous est possible d \lquote utiliser celui que nous avons b\'e2 ti sur ce monde. Cette statue est creuse et le contient ! Elle ne peut vous en permettre l\rquote acc\'e8s que sur ordre t\'e9l\'e9pathique en langage Ceph. La mise en route se fait en appuyant un tentacule sur la bille de verre qui se trouve \'e0  droite de l\rquote appareil. La statue se refermera avec votre d\'e9part. N\rquote oubliez pas que seuls vos corps voyageront et que vous ne pourrez rien emporter avec vous. Seules les bulles permettent le transport des \'eatres vivants en m\'ea me temps que des objets mais il faut un capitaine form\'e9 sp\'e9cialement pour les manier. Nous avons utilis\'e9 le dispositif \'e0 six dimensions pour envoyer les sp\'e9cimens des animaux et \'eatres pensants de ce monde vers la Centralit\'e9 , selon le code d\rquote instructions g\'e9n\'e9rales. \par Ce que nous avons ressenti, v\'e9cu et not\'e9 sur ce monde depuis notre arriv\'e9e existe, exprim\'e9 en enregistrement t\'e9l\'e9pathique,  \'e0 votre disposition et peut \'eatre re\'e7u par vous en enfon\'e7ant le  contacteur qui se trouve au sommet de la statue. Cela se trouve juste avant l\rquote acc\'e8s \'e0 la bulle, mais cela ne sera utile que si vous devez demeurer, comme nous l\rquote avons fait, sur cette plan\'e8te. Sinon que l\rquote un d\rquote  entre vous enl\'e8ve l\rquote enregistrement de sa niche, le copie, le remette en place  et emporte la copie vers la Centralit\'e9. Message termin\'e9 >>. \par Apr\'e8s avoir tout not\'e9 et v\'e9rifi\'e9 avec Secco, Kog tendit le texte \'e0 Betty et lui laissa le temps de se p\'e9n\'e9trer de son sens. Lorsqu\rquote elle releva la t\'eate, ils se regard\'e8 rent car ils venaient de comprendre bien des choses essentielles : \par --La technique des mandalas n\rquote \'e9tait d\'e9couverte, dans chaque monde que sous l\rquote influence des Cephs. \par  --Les premiers mandalas avaient \'e9t\'e9 construits par et pour les Cephs. \par  --Il existait un paradigme de physique fondamentale \'e0 onze dimensions dont la connaissance permettait pratiquement tous types de transports en temps nul. \par Cette science \'e9tait dangereuse pour ceux qui ne la connaissaient pas. Peut-\'eatre m\'eame, le monde des Cralangs avait-il disparu par suite d\rquote une fausse manoeuvre ? \par --Les Cephs consid\'e9raient qu\rquote il y avait, en tout et hors de chez eux, 894 mondes o\'f9 la vie \'e9tait possible pour eux dans cette galaxie ! \par Il y avait de nombreuses  conclusions \'e0 en tirer et ils profiteraient du voyage de retour pour en parler. Mais, en premier lieu, Kog et Betty voulaient absolument jeter un regard sur la bulle et sur le \'93mandala \'93 qu\rquote  utilisaient les Cephs. Ils grimp\'e8rent donc, tant bien que mal jusqu\rquote au sommet de la sculpture et virent, au-dessus d\rquote eux une galerie large de deux m\'e8tres qui continuait en pente douce. Ils s\rquote y engag\'e8rent, n\rquote  eurent que quelques pas \'e0 faire pour se trouver devant une grande sph\'e8re transparente d\rquote un diam\'e8tre de six m\'e8tres. A l\rquote int\'e9rieur,  ils purent apercevoir, en  moiti\'e9 sup\'e9 rieure une multitude de tableaux de commandes et dans la demi-sph\'e8re du bas ce qui devait \'eatre une piscine dans laquelle le ou les voyageurs devaient se tenir. Ils d\'e9cid\'e8 rent de laisser tout cela en place et de ne rien toucher. En revenant vers la t\'eate de la statue ils virent ce qui se pr\'e9sentait comme un disque noir, lisse et brillant comme un miroir et Kog dut faire appel \'e0 Secco pour transmettre l\rquote  ordre t\'e9l\'e9pathique. Revenu au pied du monument ils virent qu\rquote un bloc repr\'e9sentant deux des tentacules s\rquote \'e9tait d\'e9tach\'e9 du reste et en poussant fortement ils purent p\'e9n\'e9trer dans la statue. A leur passage une lumi\'e8 re s\rquote alluma et ils purent effectivement voir ce qu\rquote \'e9tait un \'93mandala\'94 Ceph. Si l\rquote on excepte le fait que les fils utilis\'e9s n\rquote \'e9taient pas en cuivre mais en platine, et que la taille \'e9tait \'e9norme par rapport  \'e0 celle \'e9tablie par  Mat Ducerf, les dispositifs \'e9taient tr\'e8s voisins. Ils pr\'e9f\'e9r\'e8rent ne pas l\rquote essayer car ils ignoraient o\'f9 cela les enverrait. Quand ils revinrent, la lumi\'e8re s\rquote \'e9teignit et la p orte se referma, redevenant invisible.  \par  \par  \par Sur le navire qui les ramenaient, Betty et Kog phosphoraient et cherchaient toutes les implications de leur d\'e9couverte. Et il y en avait un sacr\'e9 paquet !  \par Par exemple, le message laiss\'e9 datait de bien avant la disparition du monde des Cralangs, mais cette grande colonisation indiquait qu\rquote ils \'e9taient inquiets de leur devenir et voulaient essaimer. Or le monde des Cralangs n\rquote  avait su et pu qu\rquote envoyer un unique vaisseau avec un seul Ceph. Par cons\'e9quent, ce n\rquote \'e9tait qu\rquote une colonie de la grande dispersion et ils avaient r\'e9gress\'e9 au point que plus personne ne connaissant l\rquote  usage du paradigme \'e0 11 dimensions. La Centralit\'e9 appartenait \'e0 quelque chose qui devait dater d\rquote environ deux millions d\rquote ann\'e9es et pouvait avoir compl\'e8tement disparu. Mais cela c\rquote \'e9 tait de la philosophie. Il y avait bien plus important dans l\rquote imm\'e9diat : \par Les fameux 80 mondes aboutis, ne repr\'e9sentaient qu\rquote une fraction de tous les mondes habitables. \par Les humano\'efdes n\rquote \'e9taient pas la race la plus intelligente de l\rquote Univers. \par Les habitants des mondes f\'e9d\'e9r\'e9s n\rquote \'e9taient pas si malins que l\rquote on croyait, ils avaient simplement \'e9t\'e9 form\'e9s plus t\'f4t par les Cephs.  \par Sur chacun des 894 mondes r\'e9pertori\'e9s se trouvait un mandala  et, avec le dispositif mis au point par Betty, tous pouvaient \'eatre d\'e9couverts et visit\'e9s. Hors de la premi\'e8re ziggourat, il en existait donc, quelque part, un autre sur Terre.  \par Le paradigme \'e0 onze dimensions, dont certains terriens avaient eu l\rquote intuition du temps de Ducerf, \'e9tait le plus \'e9labor\'e9 possible et permettrait, quand on l\rquote aurait mis \'e0 plat, de transporter hommes et mat\'e9 riels partout, quasi instantan\'e9ment. \par Oui, il y aurait bien des choses \'e0 raconter sur Floric \'e0 leur retour ! Et encore plus \'e0 dire sur la Terre quand leur triple mission serait achev\'e9e. \par  \par  \par  \par ...................................................................................................................................................... \par  *}{\f28\fs26\ulw *Incise sur les machines \'e0 traduire les langages.}{\f28\fs26  \par  \par La machine qui recevait les visiteurs sur Floric, enseignait, par hypnose, la base v\'e9hiculaire du langage standard de la F\'e9d\'e9ration. Cela repr\'e9sentait, en tout, 300 mots, verbes et conjugaisons. Le compl\'e9ment venait ensuite au fur et \'e0  mesure du s\'e9jour du voyageur. Ainsi Betty avait \'e9t\'e9 \'e0 m\'eame de rapidement comprendre et de s\rquote exprimer en termes simples le jour m\'eame de son arriv\'e9e. Cet engin n\rquote apprenait pas le langage du voyageur et ne se livrait qu \rquote \'e0 un sondage l\'e9ger pour l\rquote identifier. \par  \par Le syst\'e8me utilis\'e9 sur Bilunes \'e9tait d\rquote un autre genre : en premier lieu la machine traduisait en pens\'e9es le langage de chacun des participants, puis elle leur enseignait le processus mental de la parole en m\'ea me temps que la transformation de leur pens\'e9e en phon\'e8mes entendus par l\rquote autre. Pour ce faire elle devait analyser le psychisme du voyageur et s\rquote y adapter. Ensuite ce dernier pouvait totalement s\rquote  exprimer dans la langue locale aussi bien qu\rquote un homme de Bilunes pouvait comprendre la langue de la F\'e9d\'e9ration, le terrien standard ou le Bambara. \par ...................................................................................................................................................... \par  \par . \par  \par }{\b\f28\fs32 La Plan\'e8te AMIBIOS}{\f28\fs26  \par  \par Tandis que sur la Terre les Sages se livraient \'e0 l\rquote \'e9tude des \'e9l\'e9ments ramen\'e9s de Bilunes, et que Secco communiquait aux autres seiches ce qu\rquote elle avait appris, Betty et Kog d\'e9cid\'e8rent d\rquote  effectuer une courte visite sur la plan\'e8te Amibios et de rencontrer les \'e9tranges \'93Silicones\'94 qui la peuplaient. \par  \par Lorsqu\rquote ils sortirent de leur mandala, un gros progr\'e8s avait \'e9t\'e9 r\'e9alis\'e9 depuis la visite pr\'e9c\'e9dente. Ils se trouv\'e8rent, non \'e0 l\rquote atmosph\'e8re g\'e9n\'e9 rale trop riche en fluor pour eux, mais dans un vaste local dans lequel ils pouvaient respirer librement. La temp\'e9rature devait se situer vers 20 \'e0 25 degr\'e9s Celcius  et ils n\rquote \'e9prouv\'e8 rent ni chaud ni froid particulier. Les Silicones avaient d\'fb comprendre pourquoi les visites \'e9taient si rares et si br\'e8ves et, en cons\'e9quence, pour les prolonger, avaient am\'e9nag\'e9 les lieux. Leur analyse avait d\'fb  aller plus loin car des pans de toile \'e9taient en attente et ils purent les utiliser comme des toges. En fait, ils se trouvaient dans un immense local en mat\'e9riau transparent, comme des animaux en cage et celle-ci se trouvait elle-m\'eame \'e0 l \rquote int\'e9rieur d\rquote une construction encore plus vaste. Ils ne furent donc pas trop surpris de voir arriver quelques-uns de leurs h\'f4tes. Ils avaient bien l\rquote allure d\'e9crite par les pr\'e9c\'e9 dents visiteurs, de grosses gouttes aplaties translucides, qui se mouvaient sur des petits pseudopodes. Arriv\'e9s de l\rquote autre c\'f4t\'e9 de la baie ils entreprirent d\rquote  examiner Betty et Kog pendant un moment et semblaient se communiquer leurs impressions, non par un langage audio phonique  ni s\'e9maphorique, mais \'e0 la mani\'e8re des cellules en \'e9changeant des ions sur leur interface. \par Betty exprima cette hypoth\'e8se \'e0 Kog, lequel lui fit observer que, si c\rquote \'e9tait le cas, ils ne pouvaient pas communiquer \'e0 distance, ce qui ne r\'e9v\'e9lait pas une civilisation aussi pouss\'e9e que les voyageurs l\rquote avaient d\'e9 crite. \par  En m\'eame temps qu\rquote il le disait, il en conclut qu\rquote un langage t\'e9l\'e9pathique ne pouvait donc pas \'eatre exclu. Il se mit donc, comme Hydros le lui avait enseign\'e9, en \'e9tat de totale r\'e9ception. Il y eut intensification des \'e9 changes entre les Silicones pr\'e9sents, ce qui se voyait par des changements de nuances multiples et tr\'e8s rapides aux interfaces. Puis Kog re\'e7ut, non des mots mais une id\'e9e : << Vous ? Comprendre ? >> et il s\rquote effor\'e7a de r\'e9 pondre en adressant une id\'e9e affirmative. Cela sembla bien leur parvenir et manifestement devait leur poser un probl\'e8me car, ils se retir\'e8rent dans les minutes qui suivirent. Trois heures apr\'e8s, ils (ou d\rquote  autres ? Comment les distinguer ? ) \'e9taient de retour poussant devant eux une machine complexe, construite en m\'e9tal brillant et reli\'e9 \'e0 l\rquote ext\'e9rieur par de gros c\'e2bles. Cela avait l\rquote allure d\rquote un gros crayon court d \rquote une longueur de six m\'e8tres et d\rquote un diam\'e8tre de un, dont la pointe situ\'e9e \'e0 une hauteur de 1,5 m\'e8tres environ du sol, \'e9tait tourn\'e9e vers eux et touchait la paroi qui les s\'e9parait. Ils durent, quelque part, \'e9 tablir un contact car l\rquote engin \'e9mis un faisceau de lumi\'e8re jaune d\rquote or dirig\'e9 vers les terriens. Instinctivement ils eurent un mouvement de recul. Kog\'94 entendit \'93  que les silicones lui demandaient de laisser le faisceau lumineux les baigner. Ils \'e9mettaient, simultan\'e9ment, des pens\'e9es rassurantes. Alors, il l\rquote exprima \'e0 Betty et, ouvrant bien son esprit se soumit \'e0 la lumi\'e8re. Rien de sp\'e9 cial ne se passa pendant les dix minutes qui suivirent, puis la machine fut retir\'e9e. Un des Silicones ouvrit dans la paroi une petite trappe circulaire d\rquote un diam\'e8tre de deux centim\'e8tres au plus et y poussa un pseudopode qui l\rquote  obstrua compl\'e8tement, continuant ainsi \'e0 assurer l\rquote \'e9tanch\'e9it\'e9. Kog compris qu\rquote il devait prendre le risque d\rquote un contact physique et enfon\'e7a son index dans ce qui lui paraissait comme le bout d\rquote  une corde en plastique.  Son doigt s\rquote y enfon\'e7a jusqu\rquote \'e0 la seconde phalange. D\'e8s que cela fut r\'e9alis\'e9, ils furent en communication. Le langage ionique se transformait , \'e0 l\rquote int\'e9rieur de son esprit, en id\'e9 es. Et cela il le recevait comme des id\'e9es en son propre langage le plus fondamental, le Bambara. La peau de son doigt, enserr\'e9 dans la gaine que constituait le pseudopode, \'e9changeait des ions de m\'e9 taux alcalins et alcalino-terreux, comme le font les cellules de tout \'eatre dans les plan\'e8tes dont le vivant est bas\'e9 sur la chimie du carbone. Etonnament, il se trouvait capable d\rquote en recevoir les messages au niveau le plus sup\'e9 rieur, celui de son intelligence. Lorsque, au cours de cet \'e9change, Kog expliquait \'e0 Betty ce qui se passait et ce qu\rquote il comprenait, les Silicones participaient aussi \'e0 cette communication entre terriens. De temps \'e0 autre ils pr\'e9 cisaient et donnaient des compl\'e9ments d\rquote informations. Ce qui \'e9tait notable r\'e9sidait dans le temps de r\'e9ponse. Pour les Silicones, il \'e9tait tr\'e8s court, comme pour une conversation parl\'e9 e sur la terre ou sur Floric. Mais, Kog, lui, ne recevait que quelques secondes plus tard ce que ses yeux avaient vu de  l\rquote \'e9mission du message \'e0 l\rquote interface.  Sans doute, \'e9tait-ce un manque d\rquote habitude, pensa-t-il ! .   \par De ces entretiens qui dur\'e8rent \'e0 peu pr\'e8s une heure chaque matin\'e9e et deux heures chaque soir, les \'e9changes se d\'e9roul\'e8rent sans aucune retenue. On se communiquait absolument tout, car il n\rquote  y avait pas de moyen de retenir la moindre information au cours de ce type de communication int\'e9grale. \par Les esp\'e8ces humano\'efdes et Silicones n\rquote \'e9taient ni en rivalit\'e9, ni en conflit n\rquote ayant en fait pas grand chose en commun sauf une grande curiosit\'e9. Ce que Betty en comprit et qu\rquote elle nota sur son rapport est que la plus gr ande des diff\'e9rences ne vient pas toujours du fait que l\rquote air a une composition diff\'e9rente ou que les corps appartiennent \'e0 d\rquote autres groupes de mol\'e9cules. Non, ce qui changeait tout, c\rquote  est la conscience personnelle que chacun avait de ce qui constituait son \'93moi \'93 propre et le \'93moi\'94 collectif. Pour les habitants de la F\'e9d\'e9ration Kog ou Betty se consid\'e9raient comme des individus, certes compos\'e9 s de cellules, mais chaque personne avait son \'93moi \'93 bien d\'e9fini. ( Quoique, l\rquote exemple de Betty et Kog fut particuli\'e8rement mauvais puisque chacun d\rquote eux \'e9tait non un mais deux plus ou moins fusionn\'e9s ).  \par Pour les Silicones, chacun d\rquote entre eux se consid\'e9rait comme une foule ou une population de cellules dont chacune poss\'e9dait une intelligence individuelle. Selon leur point de vue, chaque cellule du vivant de leur plan\'e8te \'e9 tait un individu, correspondant avec les individus la jouxtant. Cela se produisait par le biais d\rquote \'e9changes ioniques, et chacune contribuant pour sa part au maintien dans le meilleur \'e9tat possible de la r\'e9publique qu\rquote elles formaient  \'e0 elles toutes. Ils admettaient bien volontiers qu\rquote il existait une conscience collective de m\'eame que certains groupes de cellules constituant telle ou telle partie de leur anatomie, avait des objectifs diff\'e9rents de ceux de l\rquote or gane voisin. Transpos\'e9 en langage humain, cela reviendrait \'e0 dire qu\rquote une cellule du foie serait intelligente et saurait ce qu\rquote elle a \'e0 faire en tant que cellule au degr\'e9 un. Mais aussi qu\rquote  il y aurait une conscience collective de rang deux, consciente et active pour l\rquote organe foie. Ensuite, existerait une conscience encore plus haute, au niveau de l\rquote individu poss\'e9dant ce foie. Et pourquoi pas, conscience ensuite de ce qu \rquote \'e9tait l\rquote ensemble des individus poss\'e9dant les m\'eames caract\'e9ristiques g\'e9n\'e9rales, une foule ou m\'eame  la population totale ? \par Ce qui en r\'e9sultait pour eux, au plan pratique, r\'e9sidait dans le fait que la communication passait en permanence entre tous les niveaux de conscience alors que chez les humains rien de tout cela n\rquote existait. Un silicone pouvait faire ex\'e9 cuter \'e0 l\rquote un de ses organes la t\'e2che qu\rquote il voulait et cet organe obtenait de chaque cellule un travail dirig\'e9. La notion de cancer n\rquote existait tellement pas dans leur forme de raisonnement qu\rquote  il fallut y consacrer une dizaine de s\'e9ances pour qu\rquote ils l\rquote int\'e8grent. Chez eux, si une cellule \'e9tait en dysfonctionnement, on la ramenait dans le droit chemin et si cela s\rquote av\'e9rait impossible, elle \'e9tait \'e9limin\'e9 e aussi vite que remplac\'e9e.  \par Kog et Betty auraient bien voulu pouvoir en faire autant mais, chez l\rquote homme le lien n\rquote existe pas entre les niveaux de conscience. Ce serait \'e0 creuser un jour car bien des maladies dispara\'eetraient alors. \par Il y eut quelques probl\'e8mes pratiques assez difficiles \'e0 r\'e9gler entre Terriens et Silicones. Le plus urgent fut celui de la nourriture. L\rquote alimentation des autochtones \'e9tait \'e0 base de plantes et d\rquote  animaux dont la chimie comportaient les m\'eames radicaux qu\rquote eux. Cela ne pouvait convenir au m\'e9tabolisme des terriens et la synth\'e8se d\rquote aliments, sp\'e9ciaux pour eux, demanda du temps et n e comportait que quelques hydrates de carbone, du type sucre. Il en eurent de quoi calmer leur faim, mais il \'e9tait clair que leur s\'e9jour devrait \'eatre abr\'e9g\'e9 s\rquote  ils ne voulaient pas risquer de carences graves. Les Silicones comprenaient et promirent qu\rquote \'e0 la prochaine visite toute une chimie sp\'e9ciale existerait qui comprendrait des prot\'e9ines et des lipides. Mais pour le pr\'e9sent ils \'e9 taient pris de court. Les terriens dirent, que, dans ces conditions, ils ne tiendraient pas plus de dix jours. Pour l\rquote eau, il n\rquote y eut aucun probl\'e8me, c\rquote \'e9tait ais\'e9 d\rquote en faire en quantit\'e9 et ils n\rquote en manqu\'e8 rent jamais. \par Une autre question \'e0 r\'e9soudre concernait la possibilit\'e9 qu\rquote auraient les humano\'efdes pour visiter la plan\'e8te et se rendre compte de leur genre de civilisation. Au bout de six jours la question fut r\'e9solue, ils dispos\'e8rent d \rquote un v\'e9hicule sp\'e9cialement am\'e9nag\'e9 pour eux, avec un habitacle \'e9tanche et une r\'e9serve d\rquote air respirable suffisante. La conduite en \'e9tait simple, un levier donnait la direction avec grande pr\'e9cision et un second r\'e9 glait la vitesse. Ils purent ainsi, pour les quelques jours qui restaient, aller visiter plus loin que le hall abritant le mandala. \par  La description des cit\'e9s troglodytes o\'f9 vivent les Silicones, la g\'e9ographie et l\rquote histoire de cette esp\'e8ce figurent aussi dans les ouvrages \'e0 disposition du public et n\rquote ont pas de place ici. Ce qui est \'e0 noter c\rquote  est, par contre, l\rquote absence totale de recherche d\rquote autres membres \'e9ventuels de m\'eame esp\'e8ce sur d\rquote autres plan\'e8tes plus ou moins lointaines. Chaque silicone consid\'e9 rait que sa vie, avec tous les niveaux de conscience auxquels il avait acc\'e8s, \'e9tait d\'e9j\'e0 tout un probl\'e8me. Vivre avec les autres silicones de l\rquote entourage compliquait encore le casse-t\'ea te. Cela devenait limite avec la population compl\'e8te de leur globe qui comptait cinq milliards \'93d\rquote individus - gouttes \'94, alors, l\rquote id\'e9e d\rquote en trouver d\rquote autres ailleurs ne les effleuraient pas l\rquote ombre d\rquote  un instant. Chacun d\rquote eux vivait tr\'e8s vieux car les ph\'e9nom\'e8nes, de d\'e9g\'e9n\'e9rescence et de maladies, \'e9taient inconnus. On r\'e9parait aussi sec tout ce qui n\rquote allait pas. L\rquote ann\'e9e de leur plan\'e8 te valait deux fois celle d\rquote une ann\'e9e terrestre et sauf accident ils finissaient par mourir \'e0 plus de 400 de leurs ann\'e9es. Le contr\'f4le des natalit\'e9s \'e9tait strict et la population toujours maintenue au  niveau actuel. Ils se reproduisaient quand ils obtenaient une autorisation du conseil de la natalit\'e9. Ne poss\'e9dant pas de m\'e9moire transmissible, les jeunes, comme pour les humano\'efdes,  devaient, \'e0 chaque fois, tout r\'e9apprendre. \par Ils vivaient group\'e9s par quelques millions \'e0 la fois dans ce qu\rquote on peut nommer des villes, mais qui, en fait \'e9taient des \'e9tages de grottes artificielles install\'e9 es dans les parois des nombreuses falaises ou montagnes. Ils choisissaient les versant qui faisaient face au lever du soleil. Leurs demeures \'e9taient spacieuses et ferm\'e9es par une unique baie transparente. L\rquote absence de vis \'e0  vis indiscrets laissaient tous les logements ouverts \'e0 la lumi\'e8re. De loin une ville ressemblait \'e0 une gigantesque nappe de points lumineux la nuit ou brillants le jour. Les logements s\rquote \'e9 tageaient sur 150 niveaux en hauteur et, selon les villes, plusieurs milliers en longueur. Les silicones y acc\'e9daient par des tunnels dont les entr\'e9es se trouvaient aux points bas que l\rquote on rep\'e9rait de loin par leur \'e9clairag e vert. Il leur \'e9tait interdit de circuler avec des engins volants devant les baies. Seuls les services de s\'e9curit\'e9, en avaient le droit pour des interventions pr\'e9cises. Les magasins d\rquote  approvisionnement, les endroits pour leurs distractions ou pour leur travail se trouvaient \'e0 l\rquote int\'e9rieur du r\'e9seau de galerie, d\rquote ascenseurs, de transports collectifs constituant la vraie ville, laquellei ne pouvait pas se voir de l \rquote ext\'e9rieur. En un mot, tout ce qui ne concernait pas la vie priv\'e9e, \'e9tait souterrain. \par Comme les humains ils s\rquote adonnaient aux arts et aux sciences. La qualit\'e9 de leurs sculptures  \'e9tait accessible aux visiteurs mais leurs tableaux noirs et blancs, non figuratifs, demeuraient herm\'e9tiques \'e0 Kog. En musique, la gamme \'e9 tait dod\'e9caphonique et donc assez mal per\'e7ue pour des oreilles terriennes. Il fallait s\rquote y habituer. Mais ils \'e9taient des experts pour les rythmes. En sciences, la priorit\'e9 avait \'e9t\'e9 donn\'e9e aux mati\'e8res ayant trait \'e0  la biologie et \'e0 la chimie. Sur ces plans les humains auraient plus \'e0 apprendre qu\rquote \'e0 enseigner. \par Les continents, tr\'e8s montagneux, repr\'e9sentaient les trois quarts de la surface de la plan\'e8te. Les Oc\'e9ans, de teinte \'93vert-jade\'94 \'e0 cause des fluorures contenus dans l\rquote eau, n\rquote \'e9taient soumis \'e0 aucune mar\'e9e, puisqu \rquote il n\rquote y avait pas de lunes. Par contre un vent violent soufflant en permanence \'e0 une vitesse \'e9lev\'e9e (plus de 130 km /heure, estima Betty ) y creusait de fortes vagues. Ce vent \'e9tait sans doute la cause de l\rquote a\'e9 rodynamique de toutes les formes naturelles ou artificielles de ce monde. Depuis la position de goutte aplatie que prenaient les habitants pour mieux tenir au vent, jusqu\rquote \'e0 la fa\'e7 on de concevoir leurs logements ou leurs appareils et engins de transport. \par Lorsque les Terriens d\'e9cid\'e8rent de rentrer, ils n\rquote avaient encore pu obtenir aucune information sur leur \'e9ventuelle religion ni concernant leurs perspectives \'e0  long terme. Mais ils avaient un rendez-vous pour une visite prochaine avant vingt ann\'e9es. Tout serait pr\'eat pour \'e9changer des id\'e9es et rendre le s\'e9jour confortable. Avant de repartir, ils s\rquote offrirent, r\'e9 ciproquement, des cadeaux utiles. Betty, qui avait remarqu\'e9 l\rquote absence totale d\rquote \'e9l\'e9ments color\'e9s autres que ceux de la nature, leur donna des informations sur la chimie des colorants organiques. Elle indiqua les groupes \'93 chrom ophores\'94 des radicaux  qui risquaient de fournir des teintes et les applications possibles \'e0 la d\'e9coration ou \'e0  l\rquote embellissement de leur milieu. Ils furent int\'e9ress\'e9s et curieux de s\rquote y atteler.  \par  \par Pour leur part ils expos\'e8rent, tant bien que mal, le principe des moteurs de leurs engins de transports, qui semblait-il, \'e9taient con\'e7us sur l\rquote inversion de la gravit\'e9 ou sur son annulation. Betty n\rquote \'e9tait pas du tout certaine d \rquote avoir bien compris, mais cela donnerait du grain \'e0 moudre \'e0 quelques g\'e9n\'e9rations de F\'e9d\'e9r\'e9s. \par C\rquote est donc, amaigris et affaiblis qu\rquote ils revinrent sur Floric. Leur d\'e9cision premi\'e8re fut d \lquote entrer en convalescence pendant deux mois et de rendre leur rapport ensuite. Rien ne pressait. Ce qu\rquote ils avaient rapport\'e9  de leur visite \'e0 Bilunes n\rquote \'e9tait  encore ni traduit ni exploit\'e9. De plus, \'e0 propos de la plan\'e8te Amibios, ils  avaient assez peu \'e0 dire aux F\'e9d\'e9r\'e9s. \par Lorsque le troisi\'e8me voyage aurait \'e9t\'e9 accompli, ils retourneraient sur la Terre. \par  \par }{\b\f28\fs32 M\'e9canica}{\b\f28\fs26 .}{\f28\fs26  \par  \par Ce fut le plus p\'e9rilleux des trois voyages entrepris par l\rquote \'e9quipe des envoy\'e9s de la Terre. Ce qui leur arriva sur place peut tenir en quatre lignes :  \par  \par Captur\'e9s \'e0 leur arriv\'e9e, soumis \'e0 la question et sond\'e9s pendant des semaines, ils purent s\rquote \'e9vader \'e0 la faveur de l\rquote un des nombreux courts-circuits. Ceci,  leur permis de rejoindre, en se dissimulant, la zone du mandala et de revenir, indemnes, mais beaucoup plus instruits de l\rquote histoire de l\rquote univers.  \par  \par C\rquote est donc cette histoire constituant le plus important apport d\rquote informations ramen\'e9es par un si petit groupe en si peu de temps qui leur valu d\rquote \'eatre sacr\'e9 H\'e9ros de l\rquote ann\'e9e dans la F\'e9d\'e9 ration. Ils eurent acc\'e8s \'e0 cette connaissance au cours des sondages qui cherchaient \'e0 explorer leurs cerveaux car durant ces op\'e9rations il y avait \'e9change total de donn\'e9es pour que la compr\'e9hension soit r\'e9ciproque. Les machines n \rquote avaient aucun but r\'e9el ni aucune perspective. Elles fonctionnaient et c\rquote est tout ! Ce qu\rquote elle purent faire d\rquote autre que de stocker  ce qu\rquote elles apprirent de nouveau, restera un myst\'e8re. En effet, suite \'e0 ce qu \rquote avaient ramen\'e9 les deux h\'e9ros, le monde M\'e9canica fut condamn\'e9, d\'e9truit et transform\'e9 en pure \'e9nergie,  comme il aurait d\'fb l\rquote \'eatre au temps de la Centralit\'e9. Le r\'e9sum\'e9 de l\rquote  Histoire lointaine du peuple des grands Cephs et de la Centralit\'e9  est donn\'e9 ci-apr\'e8s. \par Il n\rquote y avait pas de date pr\'e9cise quant \'e0 premi\'e8re des civilisations qui prit naissance dans une plan\'e8te tournant autour du soleil d\'e9sign\'e9 comme num\'e9ro 27 et qui faisait partie de r\'e9 gion la plus proche du centre de la voie lact\'e9e. On savait qu\rquote au d\'e9but cela ne concernait qu\rquote un seul monde presque enti\'e8rement recouvert d\rquote eau mais parsem\'e9 d\rquote une multitude d\rquote atolls et de quelques volcans \'e9 teints pour la partie \'e9merg\'e9e. Si l\rquote on se r\'e9f\'e8re au calendrier terrien, il y a environ 2  \'e0 2,5 millions d\rquote ann\'e9es que cela \'e9tait arriv\'e9. \par Au fond de l\rquote oc\'e9an unique la nature avait multipli\'e9 ses essais et quelques millions d\rquote esp\'e8ces cohabitaient et s\rquote entred\'e9voraient all\'e8grement en suivant l\rquote \'e9volution. Ils finirent par constituer un \'e9cosyst\'e8 me \'e0 peu pr\'e8s stable. Puis l\rquote intelligence fit son apparition chez l\rquote esp\'e8ce la plus accomplie, celle des c\'e9phalopodes. Tr\'e8s longtemps elle ne fut employ\'e9e qu\rquote \'e0 des fins de chasse \'e0  la nourriture ou dans des conflits de reproduction. Puis il y apparut le langage lumineux qui, \'e0 son d\'e9but n\rquote \'e9tait qu\rquote une parade nuptiale de s\'e9duction. Mais il devint, en quelques milliers d\rquote ann\'e9es, un langage cod\'e9  extr\'eamement complexe en m\'eame temps qu\rquote une expression artistique sophistiqu\'e9e. La seule vague comparaison qu\rquote on puisse \'e9voquer est celle des \'e9crits en langue arabe ou asiatique qui allient, sur Terre, le sens du message \'e0  la beaut\'e9 de sa forme de calligraphie. Durant encore des mill\'e9naires les c\'e9phalopodes \'e9chang\'e8rent ainsi des id\'e9es, des th\'e9ories, de la philosophie et de la beaut\'e9 en se positionnant l\rquote un en face d\rquote  un autre. Mais cela limitait la possibilit\'e9 de communiquer des messages \'e0 une courte distance :  celle de la vue. \par  Des g\'e9n\'e9rations de Cephs se pench\'e8rent sur cette question et observ\'e8rent les esp\'e8ces qui les entouraient. Les crustac\'e9s, en particulier, qui disposaient , eux, de deux modes d\rquote \'e9changes. L\rquote un spatial et de proximit\'e9  \'e9tait de type s\'e9maphorique. Ils utilisaient leurs syst\'e8mes d\rquote antennes et les positions dans l\rquote espace. Chaque esp\'e8ce de crustac\'e9 avait son langage particulier mais celui qui montrait le plus de complexit\'e9, donc d\rquote  intelligence, \'e9tait celui des \'94Crabes-Langoustes\'94 (ou Cralangs ) pour prendre ce qui y ressemblait le plus sur la Terre. Les Cephs eurent t\'f4t fait de d\'e9chiffrer leur code et de comprendre leurs \'e9changes.  Puis ils surent que, pour les communications hors de l\rquote eau, lorsque les Cralangs allaient chercher des noix de coco sur les atolls, leur vue devenait trop mauvaise. Ils communiquaient alors par t\'e9l\'e9 pathie. Les Cephs auraient bien voulu pouvoir disposer de ce mode de communication, car ainsi, leur civilisation aurait pu progresser bien plus vite. \par  En effet, dot\'e9s de m\'e9moire transmissible, ils auraient pu, par le biais de cette t\'e9l\'e9pathie, se mettre tous rapidement au m\'eame niveau de connaissance et consacrer la dur\'e9e de leur vie \'e0 la cr\'e9ation ou \'e0 la r\'e9flexion partag \'e9e. Les Cephs savaient qu\rquote ils \'e9taient beaucoup plus avanc\'e9s que ne le seraient jamais les Cralangs ! Aussi, se consacr\'e8rent-ils pendant plus de 20 000 ans \'e0 essayer de devenir t\'e9l\'e9pathes. Ce fut e n vain, il leur manquait le savoir-faire. Puis, un jour arriva une m\'e9t\'e9orite qui cr\'e9a une grande perturbation, car sa masse \'e9tait \'e9norme et la chaleur qu\rquote elle d\'e9gagea fit monter la temp\'e9rature de l\rquote eau de la plan\'e8 te de trois degr\'e9s. Ceci peut para\'eetre peu, mais il faut consid\'e9rer le volume total de l\rquote eau \'e0 r\'e9chauffer et surtout le gradient de temp\'e9rature entre l\rquote endroit de l\rquote impact qui fusa sous les 1.400 \'b0 C du m\'e9t\'e9 ore et celui de l\rquote endroit le plus \'e9loign\'e9. L\rquote \'e9quilibrage final demanda plus de 80 ann\'e9es. Mais, ce qu\rquote il faut en retenir c\rquote est que suite \'e0 cet accident astronomique, se forma un polym\'e8re principalement compos \'e9e d\rquote eau (96  % )  et de silice sous forme de gel. Tr\'e8s exactement comme dans les silicogels qui sont utilis\'e9s pour les boites de P\'e9tri dans les laboratoires de  microbiologie sur la Terre. L\rquote eau et la silice de la m\'e9t\'e9 orite, se combin\'e8rent sous l\rquote effet catalytique de quelques m\'e9taux nobles pr\'e9sents dans le corps c\'e9leste et aussi sous la force de la pression de vapeur qui localement monta \'e0 plus de 250 atmosph\'e8res. Bref, il y eut une synth\'e8 se improbable et un nouvel \'eatre pensant qui commen\'e7ait \'e0 \'e9voluer et recherchait, pour cro\'eetre des sels m\'e9talliques dans les nodules du fond de l\rquote oc\'e9an. Les Cephs constat\'e8rent que les Cralangs et ce nouveau venu, (d\'e9sign \'e9 ensuite sous le terme de Hydros ) avaient des \'e9changes t\'e9l\'e9pathiques. Les Cralangs poussaient des nodules vers Hydros et recevaient, en \'e9change, des informations sur les endroits o\'f9 ils trouveraient la chair corrompue qui \'e9tait l \rquote essentiel de leur alimentation. Un Ceph, particuli\'e8rement t\'eatu ou veinard, d\'e9cida de tenter une exp\'e9rience et, s\rquote emparant d\rquote un nodule de gros volume le pr\'e9senta sans le donner \'e0 Hydros. Celui-ci \'e9mis un message t \'e9l\'e9pathique d\rquote \'e9change que le Ceph re\'e7ut. Tout s\rquote encha\'eena ensuite tr\'e8s bien. Les Cephs apprirent d\rquote Hydros comment ouvrir leurs esprits et comment envoyer des messages. Encore 5 ou 6000 ans plus tard, tous les Cephs  \'e9taient parfaitement t\'e9l\'e9pathes, avaient r\'e9alis\'e9s d\rquote \'e9normes progr\'e8s dans leurs sp\'e9culations intellectuelles mais se trouvaient confront\'e9s \'e0 un grave probl\'e8me qui \'e9tait celui du d\'e9 veloppement exponentiel de Hydros. Ils avaient compris que cet \'eatre unique \'e9tait immortel et continuerait \'e0 cro\'eetre aussi longtemps qu\rquote il y aurait de l\rquote eau, de la silice et des m\'e9taux lourds. Deux hypoth\'e8ses lourdes de cons \'e9quences s\rquote ouvraient \'e0 eux : tenter de d\'e9truire Hydros si cela s\rquote av\'e9rait possible ou sinon, quitter ce monde pour un autre. Les deux cas impliquaient l\rquote acquisition de sciences concr\'e8tes et donc l\rquote abandon de le urs habitudes de vie statique, philosophique et artistique. \par  Ils utilis\'e8rent les Cralangs comme ouvriers et apprirent la chimie, la m\'e9canique, l\rquote optique, l\rquote astronomie, la m\'e9tallurgie, l\rquote \'e9nerg\'e9tique et milles autres sciences de la mati\'e8re. Puis, \'e9tant capables d\rquote  obtenir ce qu\rquote ils souhaitaient, s\rquote en prirent \'e0 la conqu\'eate de l\rquote espace pour pouvoir trouver un autre monde habitable qu\rquote  ils envahiraient. Mais, pour faire fabriquer, par les Cralangs, des vaisseaux susceptibles de les emmener en nombre et sans trop de d\'e9g\'e2ts, ils durent reprendre leurs \'e9tudes conceptuelles pures. Ils trouv\'e8rent que l\rquote Univers pouvait \'ea tre consid\'e9r\'e9 sous l\rquote angle d\rquote un syst\'e8me \'e0 11 dimensions. Par l\rquote utilisation de l\rquote hyperespace et des lignes de tensions temporelles ils seraient \'e0 m\'eame de franchir en temps court, des espaces intersid\'e9 raux consid\'e9rables. \par  Il faut pr\'e9ciser que si tous les Cephs avaient acc\'e8s aux informations totales connues de l\rquote esp\'e8ce, le degr\'e9 de compr\'e9hension, les possibilit\'e9s d\rquote abstraction et d\rquote une mani\'e8re plus g\'e9n\'e9rale,  le coefficient intellectuel de chaque individu \'e9tait aussi variable que dans n\rquote importe quelle esp\'e8ce pensante. Tous savaient quelles \'e9taient les bases d\rquote un paradigme \'e0 11 dimensions, certes, mais \'e0 peine un sur cent mille, int \'e9grait vraiment le concept dans son entier. Quant \'e0 la possibilit\'e9 de diriger un vaisseau, seul un milli\'e8me seulement de ceux qui comprenaient  pouvait s\rquote y risquer. On les nommait les \'93Capitaines \'93. La plus proche des plan\'e8 tes qui avait les caract\'e9ristiques voulues fut choisie comme cible. Elle se trouvait dans notre secteur galactique. \par Hydros prosp\'e9rait et avait d\'e9j\'e0 la taille d\rquote une colline. Avant deux ou trois si\'e8cles il serait au bout de son expansion et la plan\'e8te deviendrait inhabitable. Les Cephs firent acc\'e9l\'e9rer la construction d e trente vaisseaux pouvant chacun emporter plus de 5000 d\rquote entre eux. Les autres resteraient et chercheraient les moyens de d\'e9truire Hydros. Cent cinquante mille Cephs s\rquote en all\'e8rent vers une plan\'e8 te qui devint, par la suite le centre d\rquote une diaspora importante, elle se nomma \'93 Centrale \'93 et resta le si\'e8ge de ce qu\rquote on appelait la Centralit\'e9. \par La majorit\'e9 des Cephs, rest\'e9s sur leur monde entreprirent de d\'e9truire Hydros, mais n\rquote y parvinrent pas. Alors, pour que le reste de l\rquote Univers ne connaisse pas une telle menace, ils prirent la r\'e9solution de supprimer toute l \rquote eau de leur globe en l\rquote exp\'e9diant vers un autre monde sec. Ils savaient qu\rquote en m\'eame temps, et bien avant que Hydros n\rquote en souffre, ils seraient tous morts. Ils firent poser par les Cralangs des dispositifs c apables, en premier lieu de vaporiser l\rquote eau sous le flux thermique d\'e9gag\'e9. Ces appareils fonctionnaient \'e0 l\rquote \'e9nergie solaire et rien ne les arr\'eaterait. Puis, ils firent construire des machines \'e0 ionisation dont le canon s \rquote \'e9levait \'e0 plus de 100 m\'e8tres du niveau des atolls et transformaient la vapeur d\rquote eau en ses composants :  Hydrog\'e8ne et Oxyg\'e8ne. Ils r\'e9cup\'e9raient l\rquote \'e9nergie ainsi lib\'e9r\'e9 e et la dirigeaient vers leur milieu naturel, la mer, dont la temp\'e9rature montait. Les gaz \'e9l\'e9mentaires obtenus \'e9taient envoy\'e9s en continu vers des mondes lointains et inhabit\'e9s \'e0 l\rquote aide de dispositifs de transport simplifi\'e9 s n\rquote utilisant que six des dimensions. Leur programme se d\'e9roula jusqu\rquote au bout comme pr\'e9vu, la plan\'e8te devint aride et seules quelques plantes capables de survivre avec un taux d\rquote humidit\'e9 bas, s\rquote y d\'e9velopp\'e8 rent. Hydros, \'e0 sec, ne mourut pas, mais sa croissance fut ralentie et pratiquement stopp\'e9e. C\rquote est dans cet \'e9tat que Betty et Kog l\rquote avaient vu sur le monde qu\rquote il rebaptis\'e8rent \'93Love \'93  \par  \par Apr\'e8s cet \'e9pisode de l\rquote \'e9volution des Cephs, vint celui de La Centralit\'e9. En changeant de monde, les Cephs perdirent 95  % de leur population mais avaient, n\'e9anmoins r\'e9alis\'e9 une assez bonne affaire. Cette plan\'e8 te de la voie lact\'e9e  comportait un volume liquide (de mers et d\rquote oc\'e9ans) propice \'e0 leur d\'e9veloppement. La temp\'e9rature en \'e9tait plus douce, la gravit\'e9 moins importante et les pr\'e9dateurs moins bien arm\'e9 s. Les Cralangs, emmen\'e9s avec eux, avaient tendance \'e0 y pulluler et s\rquote adapt\'e8rent parfaitement, gardant une reconnaissance \'e0 ceux qui les avaient s\'e9lectionn\'e9s pour le voyage. Les Cephs pendant le million d\rquote ann\'e9 es qui suivit eurent leur \'e9poque la plus faste. Ils retrouv\'e8rent vite la population qu\rquote ils avaient sur Love  et qui correspondait \'e0 un bon \'e9quilibre. Les conditions locales, sur Centrale, avaient amen\'e9  un accroissement de leur taille et la quantit\'e9 d\rquote informations \'e0 enregistrer, analyser et m\'e9moriser avait fait cro\'eetre la taille de leurs cerveaux en m\'eame temps que la surface d\'e9velopp\'e9e de chacun d\rquote  entre eux. Ils furent de plus en plus grands et intelligents et il semblait que rien ne limiterait jamais leur essor.  \par Puis vint l\rquote \'e9poque o\'f9 revint la question d\rquote envoyer des Cephs sur l\rquote ensemble des plan\'e8tes dont les conditions semblaient convenir. L\rquote op\'e9ration de transfert de Love jusqu\rquote \'e0 la plan\'e8te Centrale ayant \'e9t \'e9 un succ\'e8s, les Cephs voulurent continuer \'e0 explorer l\rquote espace \'e0 l\rquote aide de leurs t\'e9lescopes et instruments d\rquote observations \'e0 distance. Ils y trouv\'e8rent de nombreuses plan\'e8tes tr\'e8s convenables pour s\rquote  y reproduire et prosp\'e9rer. Le corps des Cephs navigateurs fut cr\'e9\'e9 et ils se lanc\'e8rent, pendant quelques milliers d\rquote ann\'e9es, dans une campagne d\rquote explorations plus pouss\'e9es que celles aux instruments qui les avaient occup\'e9 s pr\'e9c\'e9demment. En fait, et compte tenu de la quantit\'e9 de plan\'e8tes existant dans la voie lact\'e9e, il y en avait, relativement, tr\'e8s peu qui convenaient pour eux. Ils en recens\'e8rent moins de dix mille parmi plusieurs milliards examin \'e9s. \par Le ph\'e9nom\'e8ne de la vie semblait les concerner toutes mais constituait une exception, un ph\'e9nom\'e8ne improbable et presque une aberration, dans le tissu ou la trame de l\rquote Univers. Math\'e9matiquement, la vie ne pouvait \'eatre consid\'e9r \'e9e que comme un ph\'e9nom\'e8ne allant dans le sens inverse de l\rquote Entropie et, de ce fait, ne pouvait exister que de fa\'e7on pr\'e9caire. La \'93vie \'93 n\rquote \'e9tait qu\rquote un emprunt provisoire \'e0 l\rquote  entropie et la mort ramenait l\rquote \'e9quilibre. Dans les mondes o\'f9 la vie existait, une sur dix convenait aux Cephs car les conditions concernaient des \'eatres compos\'e9s de mol\'e9cules de la chimie dite \'93organique \'93 sur Terre \'e0  savoir : carbone, hydrog\'e8ne, azote et oxyg\'e8ne pour les \'e9l\'e9ments gazeux, calcium, sodium, potassium, fer pour les m\'e9taux. Dans les neuf dixi\'e8mes restant, il y avait toute une vie grouillante d\rquote \'ea tres dont la chimie avait des bases diff\'e9rentes comme les Silicones ou les Titanyles et en g\'e9n\'e9ral les atmosph\'e8res ou les conditions climatologiques les rayaient de la liste des plan\'e8tes \'e0 conqu\'e9rir.  \par La plan\'e8te Centrale envoya donc ses Capitaines vers ces mondes dans des exp\'e9ditions sans retour. Non seulement ils avaient pour mission de s\rquote y installer et s\rquote en rendre les dirigeants sans agressivit\'e9, mais ils devraient l\rquote  accomplir sans esprit de retour. Les Capitaines, une fois  sur place, devaient automatiquement \'eatre \'93neutralis\'e9s \'93 par les \'e9quipages, coupant ainsi toute id\'e9e de revenir vers Centrale. Pourquoi ? . \par C\rquote est que sur cette derni\'e8re il y avait eu un grand schisme. Pr\'e8s cinquante pour cent des Cephs, d\'e9siraient de toutes leurs \'e2mes revenir \'e0 l\rquote \'e9tat de purs penseurs abstraits qu\rquote ils avaient avant l\rquote  entreprise de changement de plan\'e8te. Ils ne voyaient aucunement le besoin de se rendre d\'e9pendants d\rquote objets fabriqu\'e9s pour eux par les Cralangs. D\rquote accord, ils en avaient vu l\rquote int\'e9r\'ea t pendant un temps et avaient appris bien des choses, mais, maintenant que tout \'e9tait rentr\'e9 dans l\rquote ordre, pourquoi ne pas redevenir les aimables philosophes qu\rquote ils \'e9taient avant la naissance de Hydros ? . l \lquote autre moiti\'e9  des Cephs, \'e9tait d\rquote un avis contraire. Ses philosophes pensaient qu\rquote en se rendant ma\'eetres des sciences concr\'e8tes, ils allaient dans le sens d\rquote une \'e9volution positive. Donc ils ne voulaient pas op\'e9rer de retour en arri \'e8re. Ils d\'e9siraient conqu\'e9rir d\rquote autres mondes et les faire profiter de tout ce qu\rquote ils savaient. Il y avait la place pour que chaque point de vue aille jusqu\rquote au bout de ses id\'e9 es. Sur Centrale, resteraient les penseurs qui collecteraient les informations envoy\'e9es par les Cephs Conqu\'e9rants. Ceux-ci iraient de par l\rquote Univers pour essaimer, mais ne reviendraient jamais perturber \'e0 nouveau la s\'e9r\'e9nit\'e9  de Centrale. \par Donc lorsqu\rquote  un vaisseau arrivait dans un monde, les Cephs et les Cralangs en d\'e9barquaient. Puis, le vaisseau \'e9tait plac\'e9 en stase temporelle et le capitaine \'93neutralis\'e9 \'93. Qu\rquote  entendaient donc les Cephs par cette expression ? Une mise \'e0 mort ? Non, car plus aucun Capitaine n\rquote aurait voulu prendre de commandement. Simplement un traitement t\'e9l\'e9pathique, volontairement accept\'e9, de surcharge de concepts. Son but  \'e9tait de lui faire occulter, sous l\rquote abondance des donn\'e9es, sa connaissance du paradigme de l\rquote espace \'e0 onze dimensions et ainsi lui interdire de le transmettre. Cela fonctionna tr\'e8s bien. Apr\'e8s environ une dizaine de g\'e9n\'e9 rations, les Cephs Conqu\'e9rants savaient toujours que le paradigme existait mais \'e9taient incapables de l\rquote \'e9noncer, de le concevoir ou m\'eame de l\rquote utiliser . Cent g\'e9n\'e9 rations de plus et ils ne pensaient plus que dans le confortable paradigme \'e0 six dimensions ! \par Il y eut donc La Centralit\'e9 qui \'e9tait dispers\'e9e dans tout l\rquote Univers, qui, dans chaque monde d\'e9veloppait sa propre civilisation et transmettait tout ce qu\rquote elle apprenait vers la plan\'e8te m\'e8re. Apr\'e8s un million d\rquote ann \'e9es harmonieuses et fructueuses, de petites diff\'e9rences se firent jour entre les Cephs de la Diaspora. Ces particularismes entra\'een\'e8rent des tensions, les tensions amen\'e8rent des ruptures, ces derni\'e8res d\'e9bouch\'e8 rent sur des guerres. En tr\'e8s peu de temps tout le travail r\'e9alis\'e9 par les g\'e9n\'e9rations pr\'e9c\'e9dentes fut d\'e9truit. Ne restaient de philosophes que ceux de la plan\'e8te m\'e8re :Centrale. Les autres furent des guerriers qui se d\'e9 truisirent les uns apr\'e8s les autres, s\rquote envahissant r\'e9ciproquement, cr\'e9ant selon leurs envies des machines et des armes de plus en plus sophistiqu\'e9es et meurtri\'e8 res. Les survivants, sur chaque monde, comprirent enfin que la position que ceux , rest\'e9s sur Centrale, avaient choisie \'e9tait la bonne et la seule valable. Ils abandonn\'e8rent ce qui restait de leurs  armes et machines sur un monde inhabit\'e9 qu \rquote ils nomm\'e8rent M\'e9canica. Pour le faire, ils durent faire donner la r\'e9serve  en utilisant le seul vaisseau rest\'e9  sur Centrale et le seul Capitaine qui allait avec, tous deux maintenus en stase temporelle en cas de besoin depuis le grand schisme. \par La fin sanglante des \'e9migrants de la Centralit\'e9 eut de grandes cons\'e9quences. Ne restaient qu\rquote une demi douzaine de mondes, hors de Centrale, qui poss\'e9daient encore une population de Cephs. Pour les Cralangs, c\rquote \'e9 tait un peu mieux, ils survivaient dans presque tous les mondes mais  abandonn\'e8rent les sciences concr\'e8tes. Ils en revinrent \'e0 leurs po\'e9sies et \'e0 leurs ballets d\rquote antennes. La guerre avait laiss\'e9  de grands stigmates dans les esprits des Cephs et les chocs psychologiques entra\'een\'e8rent souvent une r\'e9gression en m\'eame temps que la perte des donn\'e9es principales. La communication entre ces mondes fut coup\'e9e et chaque plan\'e8te o\'f9  restaient encore des Cephs se replia sur elle-m\'eame. Au cours des mill\'e9naires certains mondes disparurent suite \'e0 des ph\'e9nom\'e8nes astronomiques normaux tels que trous noirs ou super novae. Au moment o\'f9 Kog et Betty visit\'e8rent M\'e9 canica, il y avait encore des Cephs sur quelques mondes : Centrale, mais on ne savait pas o\'f9 se trouvait cette plan\'e8te. La Terre, dont les seiches venaient de recevoir les connaissances des Cephs du monde des Cralangs par l\rquote interm\'e9 diaire de BAFESI. Et, aussi, au moins un monde qui devait se trouver dans la constellation Magenta. Mais, les machines de M\'e9canica ne purent en donner les coordonn\'e9es exactes. La seule chose qu\rquote ils purent pr\'e9ciser \'e9tait qu\rquote  un guerrier  Ceph de cette plan\'e8te, plus qu\rquote \'e0 demi mort, vint pendant leur guerre, s\rquote \'e9chouer sur la Terre vers l\rquote an 2000 de l\rquote \'e8re chr\'e9tienne. On pouvait penser que c\rquote est ce Ceph qui, (par l\rquote interm \'e9diaire d\rquote une seiche ou directement ?) influen\'e7a Mat Ducerf lors de sa visite \'e0 l\rquote aquarium de Monte Carlo et provoqua son \'e9vanouissement. \par Sur M\'e9canica les machines et armes, sans programme commun, ex\'e9cutaient les t\'e2ches pour lesquelles elles avaient \'e9t\'e9 invent\'e9es et construites. Elles se d\'e9truisaient au moindre d\'e9 clenchement, se reconstruisaient anarchiquement dans une ronde qui n\rquote \'e9tait interrompue que si un \'eatre vivant se posait sur leur monde. Alors, en qu\'eate d\rquote ordres ou d\rquote instructions, ils sondaient les esprits apr\'e8 s avoir immobilis\'e9s les corps et ne rel\'e2chaient leurs pressions que lorsqu\rquote une autre machine ou arme provoquait une coupure de courant. Pour Kog et Betty ce fut la dualit\'e9 de leurs personnalit\'e9s qui fit sauter les fusibles.  \par Un jour l\rquote intelligence pouvait y na\'eetre par hasard et cela repr\'e9sentait un danger potentiel \'e9norme pour la F\'e9d\'e9ration. Celle-ci n\rquote ayant, apparemment, aucun ennemi n\rquote avait aucune raison de garder ce d\'e9potoir dans l \rquote id\'e9e d\rquote y rechercher des moyens de destruction contre qui que ce soit. \par  Kog et Betty, en conclusion, avaient recommand\'e9 un an\'e9antissement total. Ils furent suivis dans cette voie. \par  \par                                                         \'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0\'b0 \par  \par  \par Compte tenu de la contribution important  apport\'e9e par les deux clones, ils furent re\'e7us, sur Terre \'e0 un grand Symposium, sp\'e9cialement convoqu\'e9 pour les entendre raconter leurs voyages et ce qu\rquote ils en avaient com pris. Les Sages avaient bien des questions \'e0 poser et beaucoup de pr\'e9cisons \'e0 demander. Ce n\rquote est qu\rquote apr\'e8s cette convocation exceptionnelle, qui s\rquote \'e9tala sur plus d\rquote un mois que furent prises les d\'e9 cisions principales suivantes : \par  \par -Betty et Kog rejoindraient le groupe ferm\'e9 des Sages de la Terre. \par -Kog prendrait la direction d\rquote une Acad\'e9mie, pour enseigner, \'e0 tous ceux qui le voudraient, la fa\'e7on d\rquote ouvrir son esprit \'e0 la t\'e9l\'e9pathie et l\rquote art de communiquer avec les seiches. \par -Des ateliers et laboratoires seraient consacr\'e9s \'e0 l\rquote \'e9tude de toutes les formes de machines \'e0 traduire les langues. \par -Le langage s\'e9maphorique des Cralangs serait au programme d\rquote une \'e9quipe sp\'e9cialis\'e9e qui aurait aussi pour but de cr\'e9er des robots capables de reproduire ce langage visuel. \par -Betty deviendrait le chef de file concernant les \'e9tudes th\'e9oriques des diff\'e9rents paradigmes et, ce, jusqu\rquote \'e0 ce que l\rquote humanit\'e9 soit capable de se servir de la Bulle qui \'e9tait en stase sur Bilunes. \par -Les liens avec les mondes de la F\'e9d\'e9ration seraient conserv\'e9s mais les Terriens se comporteraient d\rquote \'e9gal \'e0 \'e9gal avec eux sans le moindre complexe. En cons\'e9 quence directe, les terriens collaboreraient loyalement et donneraient toutes les informations recueillies par les deux nouveaux Sages. \par -La Terre insisterait pour que les mondes humano\'efdes consid\'e9r\'e9s comme non encore aboutis soient aid\'e9s \'e0 progresser et non simplement observ\'e9s de loin. \par -Les humabs devraient tenter de garder une communication avec les seiches ou les Cephs partout o\'f9 il y en aurait et devraient r\'e9viser l\rquote optique sous laquelle ils voyaient ces esp\'e8ces intelligentes. Ils tenteraient d\rquote agir de la m\'ea me fa\'e7on avec tous les crustac\'e9s. Mais comme l\rquote avait exprim\'e9 avec humour l\rquote un de ceux-ci par l\rquote interm\'e9diaire de Secco : << On ne peut nier que nos deux esp\'e8ces s\rquote appr\'e9cient \'e9norm\'e9ment l\rquote une l \rquote autre ! >>.  \par  \par La moisson ramen\'e9e \'e9tait d\rquote une telle importance qu\rquote il faudrait plusieurs g\'e9n\'e9rations pour aller au bout de toutes les implications. Cela donnerait du travail qui d\'e9boucherait sur toute une ramification de t\'e2 ches laquelle devrait occuper les 80 mondes humano\'efdes pendant longtemps. Ajout\'e9 aux quasi  900 mondes \'e0 visiter quel programme pour l\rquote avenir ! . Plus personne ne sombrerait dans l\rquote ennui. \par  \par  En fin de s\'e9ance, le jour de la cl\'f4ture, Betty et Kog trouv\'e8rent indispensable de dire qu\rquote on devait tenir la promesse faite \'e0  Zaon 438 Pim, alias Manius, alias Mat Ducerf, alias Oleg ...etc.... Cet homme avait accompli la difficile mission que l\rquote on sait. Il m\'e9ritait donc, \'e0 leur avis, une sorte de nouvelle vie au m\'eame titre qu\rquote eux m\'ea mes. Donc, son clone devait \'eatre mis en lancement, une \'e9ducation programm\'e9e comme cela avait \'e9t\'e9 le cas pour nos deux h\'e9ros. Ensuite \'e0 l\rquote \'e2ge convenable on devrait passer par BAFESI pour reproduire ce qu\rquote  il y avait de plus proche de celui qu\rquote ils avaient connu sous le nom de Mat Ducerf. Les Sages furent tout \'e0 fait de cet avis mais la question rebondit d\rquote une mani\'e8re impr\'e9vue. \par Dans la F\'e9d\'e9ration, comme sur Terre, le clonage humain \'e9tait tabou et s\rquote il y avait eu transgression, c\rquote \'e9tait devant une exigence absolue. Maintenant, on devait en revenir \'e0  une application stricte. Donc, le cas Pim serait la derni\'e8re exception ! Ensuite les laboratoires de Washington et tous les clones restants en potentiels seraient d\'e9truits. \par  \par Dans ces conditions il n\rquote existerait, dans toute la F\'e9d\'e9ration, que quatre humains \'e0 double personnalit\'e9. Et c\rquote \'e9tait une sage mesure, car tout ne se passait pas au mieux pour eux. La fusion s\rquote \'e9 tait plus ou moins bien r\'e9alis\'e9e au cours de leur dissociation premi\'e8re quand ils quitt\'e8rent la Terre pour la premi\'e8re fois. Ensuite ils eurent une vie pleine d\rquote actions, d\rquote aventures et de d\'e9couvertes qui les prit \'e0  temps complet. Maintenant qu\rquote ils se trouvaient \'e0 nouveau sur la Terre et pratiquement au repos, ils se sentaient assez mal \'e0 l\rquote aise. Les personnages fabriqu\'e9s \'e0 partir des clones dans le but pr\'e9cis des missions \'e0  accomplir, cohabitaient de moins en moins bien avec les personnalit\'e9s enregistr\'e9es par BAFESI, sept si\'e8cles plus t\'f4t. Ils eurent de violentes migraines, quelques troubles psychomoteurs et all\'e8rent jusqu\rquote aux crises \'e9pileptiques.  \par Impossible de l\rquote \'e9viter cela car le fait demeurait que, dans chaque corps, se trouvaient deux esprits, deux m\'e9moires et deux conceptions de ce qu\rquote \'e9tait le monde les entourant. Le seul cas o\'f9 la dualit\'e9 donnait une synth\'e8 se ais\'e9e \'e0 vivre \'e9tait celui d\rquote un contexte d\rquote aventures dans des mondes ext\'e9rieurs. L\'e0, les personnalit\'e9s s\rquote ajoutaient au mieux des besoins sans provoquer de malaises alors qu\rquote  au repos il y avait des divergences. \par C\rquote est la raison pour laquelle, le reste de leur longue vie, Fox, Betty et Kog, rejoints ensuite par celui qu\rquote ils nomm\'e8rent toujours Mat, sillonn\'e8rent sans rel\'e2che toutes les plan\'e8tes o\'f9 les Grands Cephs de la Centralit\'e9  avaient laiss\'e9 des Mandalas. \par Mais ceci n\rquote est-il pas racont\'e9 dans les douze disques de \'93 La Grande L\'e9gende \'93 que vous avez tous lus dans votre premier \'e2ge ?. De m\'eame, n\rquote avez-vous pas d\'e9vor\'e9, plus tard \'e0 l\rquote adolescence, les histoires d \rquote amour et la saga (en 25 C D ) de Jiko la fille aux cheveux bleus et de Iomael le musicien ? \par  \par  \par  \par                                                                         }{\f28\fs26\cf20 Fin du chapitre  \par  \par  \par  \par  \par \page  \par  \par }{\f28\fs26  \par  \par  \par  \par  \par  \par                                                          Chapitre 12 \par  \par  \par                                                          }{\b\f28\fs30 Oc\'e9aniques.}{\f28\fs30  \par                                                                         }{\f28\fs26  \par                                                                                       Qui est le monstre, \par                                                                                       Qui est la b\'eate ? \par                                                                                                                   (Secco ) \par .}{\f28\fs30  \par  \par  \par }{\f28\fs26  \par  \par Le monstre marin \'e9tait de tr\'e8s mauvaise humeur et le manifesta rageusement en expulsant un puissant jet d\rquote eau. Un requin marteau qui passait un peu trop pr\'e8s en fut d\'e9s\'e9quilibr\'e9 et, effray\'e9, se d\'e9p\'ea cha de quitter la zone profonde o\'f9 il s\rquote \'e9tait laiss\'e9 entra\'eener par sa perp\'e9tuelle faim. Autour de lui, encore et toujours, une bande de seiches tournoyait sans rel\'e2che, \'e9changeant des messages lumineux qui ne le touchaient gu \'e8re. Lui, le monstre, n\rquote \'e9tait pas artiste comme tous ces petits \'eatres. La moiti\'e9 de son temps \'e9tait utilis\'e9e \'e0 la satisfaction de ses besoins vitaux, l\rquote autre \'e0 servir de r\'e9ceptacle, bien malgr\'e9 lui, \'e0  la multitude de messages t\'e9l\'e9pathiques arrivant de tous les Oc\'e9ans et Mers habit\'e9s par le peuple des seiches. De proche en proche ils se communiquaient le r\'e9sultat de leurs r\'e9flexions, th\'e9ories, jeux d\rquote esprit, questions et r \'e9ponses. Puis ces millions de messages arrivaient vers le petit groupe qui ne le quittait jamais et le tout se trouvait projet\'e9 avec une force t\'e9l\'e9pathique \'e0 laquelle il ne pouvait r\'e9sister et s\rquote  inscrivait dans la myriade de ses neurones. \par C\rquote est le moyen que ces \'eatres intelligents avaient trouv\'e9 pour stocker les donn\'e9es de leur science et aussi pour les consulter. Le monstre n\rquote \'e9tait ni consentant, ni participant, simplement il ne pouvait rien fai re contre ! Quand le flux en devenait trop dense il en \'e9prouvait de la douleur dans son immense cervelle. Ces c\'e9phal\'e9es douloureuses provoquaient son agacement et le rendaient hargneux. \par Depuis que le Ceph voyageur de la plan\'e8te des Cralangs avait fragment\'e9 et exp\'e9di\'e9 toute sa science vers les seiches, la douleur ne cessait plus. Chaque seiche transmettait \'e0 ses plus proches cong\'e9n\'e8res ce qu\rquote elle avait re\'e7 u et, comme une onde, les informations se propageaient et \'e9taient finalement stock\'e9es en lui. Le monstre n\rquote analysait rien, n\rquote utilisait aucune logique car il \'e9tait compl\'e8tement stupide et r\'e9agissait plus qu\rquote  il ne sentait. De plus, depuis quelques mois, tout allait dans le m\'eame sens, on ne consultait pas les donn\'e9es introduites en sondant son esprit, on ne faisait que les accumuler. Ainsi, aucun sch\'e9ma  con\'e7 u par les seiches ne venait remettre de l\rquote ordre dans tout ce qu\rquote il recevait et, donc, aucun soulagement ne venait. Un moment, tout de m\'eame, il y avait eu la synth\'e8se r\'e9alis\'e9e \'e0 la demande de Secco concernant la fa\'e7on d \rquote aller chercher encore d\rquote autres donn\'e9es. Cela l\rquote avait calm\'e9 pendant presque un mois. Mais depuis, plus rien de ce genre. Heureusement que le monstre avait ses probl\'e8mes personnels de nourriture et pendant qu\rquote  il chassait de quoi alimenter les vingt-huit tonnes de sa masse, il ne pensait \'e0 rien d\rquote autre. Les communications avec ses bourreaux \'e9taient presque coup\'e9es. Ceux-ci lui transmettaient en permanence des indications sur les lieux o\'f9  il trouverait de quoi restaurer ses forces, et, en cela, ils \'e9taient pr\'e9cieux. Mais le reste du temps ils lui empoisonnaient l\rquote existence. Par exp\'e9rience le monstre savait que tout \'e9tait cyclique et qu\rquote apr\'e8s une s\'e9 quence, trop longue, de r\'e9ceptions, viendrait le temps o\'f9 les seiches utiliseraient et reclasseraient tout ce fatras et qu\rquote il s\rquote en trouverait heureux. \par Sans l\rquote avoir cherch\'e9, il comprendrait des choses auxquelles il ne s\rquote int\'e9ressait aucunement, ce qui augmenterait son savoir mais pas sa faible intelligence. Sa m\'e9moire \'e9tait infaillible et totale. Il aurait pu  se rappeler le moindre des \'e9v\'e9nements survenus pendant le d\'e9roulement des quarante ann\'e9es de sa vie. De la m\'eame fa\'e7on il poss\'e9dait la m\'e9moire de sa race et pouvait rappeler chaque d\'e9tail de la vie de n\rquote  importe lequel de ses ascendants. Mais \'e0 quoi bon ? Seules les seiches s\rquote int\'e9ressaient \'e0 ces choses du pass\'e9. \par Rarement, pourtant, pendant sa digestion, des pans entiers de l\rquote histoire de sa lign\'e9e lui revenaient. A une \'e9poque lointaine les seiches avaient eu \'e0 trancher sur un \'e9norme dilemme qui pouvait se r\'e9sumer \'e0 : artefacts ou pas d \rquote artefacts ? \'93. Autrement dit leur civilisation de philosophes et d\rquote artistes devait se d\'e9terminer \'e0 propos de la voie qui serait celle que suivraient leurs descendants : utiliser ou non les qualit\'e9s de certains crustac\'e9 s munis d\rquote outils naturels pour fabriquer des objets ? Le peuple des \'94 munis de pinces\'94 n\rquote \'e9tait pas un peuple de r\'e9flexion mais plut\'f4t tourn\'e9 vers l\rquote action. Ils communiquaient par un syst\'e8me s\'e9 maphorique de proximit\'e9 mais assez volontiers par t\'e9l\'e9pathie quand la distance \'e9tait trop grande pour leur courte vue. Cela avait \'e9t\'e9 un jeu d\rquote enfant pour les seiches de les comprendre et d\rquote  utiliser la suggestion pour leur faire ex\'e9cuter des taches. Mais, ind\'e9niablement, ils \'e9taient intelligents. On devait en tenir compte. Ce qui provoqua cette question venait de conclusions sur la nature de l\rquote univers auxquelles \'e9 tait parvenu un groupe de seiches plus tourn\'e9 vers ce genre de discussion. La d\'e9monstration que six dimensions \'e9taient \'e0 prendre en consid\'e9ration fut un peu pol\'e9mique et les seiches durent, pour une v\'e9rification qui couperait court  \'e0 ces \'e9changes perturbateurs, se r\'e9soudre \'e0 faire construire. Le premier probl\'e8me \'e0 r\'e9gler fut  de faire amener, par les grands crabes, les nodules de magn\'e9tite qui \'e9taient indispensable. Un lieu fut soigneusement choisi pour l \rquote exp\'e9rience. Cela demanda quelques si\'e8cles. Puis lorsque la quantit\'e9 fut suffisante il fallut organiser une construction de forme particuli\'e8re pour que des lignes aimant\'e9es tournent de telle ou telle fa\'e7on et ce fut l\'e0 que  les anc\'eatres du monstre commenc\'e8rent \'e0 servir les seiches. Tous ces poulpes munis de bras et de ventouses savaient manier les objets et, pour stupides qu\rquote ils soient, \'e9taient de bons r\'e9cepteurs d\rquote  ordres. Moins de vingt ans plus tard l\rquote oeuvre \'e9tait achev\'e9e. Les essais montr\'e8rent deux choses : que la th\'e9orie paraissait valable mais qu\rquote elle \'e9tait assez inefficace dans l\rquote eau ! Maintenant que tout cela \'e9 tait admis et compris, les seiches choisirent de ne pas pousser d\rquote avantage dans la voie mat\'e9rielle et continu\'e8rent \'e0 s\rquote adresser de beaux po\'e8mes lumineux comme par le pass\'e9 . Certains provoquaient par leur harmonie, le rythme des lumi\'e8res, le choix des alternances de couleurs et le signifiant qu\rquote ils d\'e9livraient une telle impression de beaut\'e9 que les seiches voulurent  les stocker. Le choix se porta sur le premier poulpe venu. Ils  introduisirent les donn\'e9es dans son cerveau. Ils d\'e9velopp\'e8rent chez lui une m\'e9moire transmissible en jouant sur ses glandes \'e0 s\'e9cr\'e9tion interne. . L\rquote  habitude et la commodit\'e9 firent qu\rquote au cours des mill\'e9naires suivants ils eurent de plus en plus \'e0 conserver. Ils furent amen\'e9s, par cons\'e9quent \'e0 modifier les hormones de croissance de l\rquote  animal porteur pour que les descendants de ce r\'e9ceptacle grandissent en m\'eame temps que cro\'eetrait la taille du cerveau, donc des capacit\'e9s de stockage. Petit \'e0 petit la taille devint monstrueuse, il \'e9 tait maintenant le plus gros des habitants de l\rquote Oc\'e9an, plus que la baleine ou que l\rquote orque ! Quand viendrait l\rquote heure o\'f9 sa mort devait \'eatre envisag\'e9e, les seiches se chargeraient d\rquote  organiser, avec un autre poulpe femelle, la f\'e9condation des oeufs et la s\'e9lection de l\rquote un d\rquote entre eux pour devenir leur r\'e9servoir mus\'e9e suivant. \par Oui, le monstre, aussi stupide soit-il, \'e9tait conscient des raisons de sa pr\'e9sence et de son utilit\'e9. \par Ce que ni lui, ni les seiches ne r\'e9alis\'e8rent vraiment, c\rquote est qu\rquote au cours des \'e8res g\'e9ologiques et des glaciations tout bascula plusieurs fois et que l\rquote \'e9difice construit pour la d\'e9monstration de la th\'e9 orie se trouva, un jour, au sec. C\rquote \'e9tait dans une r\'e9gion nomm\'e9e, pendant une p\'e9riode, la M\'e9sopotamie. Les sauvages humains qui la peuplaient lui donn\'e8rent le nom de ziggourat et en firent un monument sacr\'e9. Ils avaient constat \'e9 que, parfois, des gens qui s\rquote y rendaient pour apporter leurs offrandes, disparaissaient sans laisser de trace. La ziggourat fut r\'e9serv\'e9e \'e0 quelques pr\'eatres qui ne l\rquote approch\'e8rent plus que sous certains angles, \'e0  certaines dates et avec bien des pr\'e9cautions. Il y en eut quelques copies au fur et \'e0 mesure que les populations s\rquote en \'e9loignaient par leur croissance exponentielle et on les adora comme on l\rquote avait fait pour l\rquote  originale. Celle-ci s\rquote effondra de v\'e9tust\'e9 apr\'e8s moins de trois mille ans. \par   \par Quand commenc\'e8rent \'e0 arriver toutes les donn\'e9es transmises par le Ceph voyageur il fut \'e9vident pour tous, les seiches aussi bien que le monstre, que sur le monde des Cralangs l\rquote option choisie avait \'e9t\'e9  inverse de celle prise par les seiches. La grande question qui donnait lieu \'e0 de nombreux d\'e9bats et r\'e9flexions \'e9tait de savoir si les seiches continuaient dans leur voie ou si elles se dirigeaient d\'e9sormais dans celle de Centrale, la plan \'e8te disparue ? Le monstre se moquait de ce genre de pr\'e9occupations. Ce qui le motivait \'e9tait de se nourrir et de se tenir \'e0 l\rquote abri du seul pr\'e9dateur qu\rquote il pouvait redouter : l\rquote Homme. \par Un de ses anc\'eatres d\'e9j\'e0 volumineux, (un peu plus que le quart de ce que lui-m\'eame \'e9tait devenu), avait eu directement affaire \'e0 eux. De bonne foi, et malgr\'e9 les avertissements de sa nu\'e9e accompagnatrice, il s\rquote \'e9tait s \rquote attaqu\'e9 aux navires de p\'eache qui sillonnaient l\rquote interface eau/ air. Au d\'e9but il ressentit les ondes de terreur paralysante qui embrumaient les cerveaux humains comme ceux de ses proies habituelles. Puis ces choses s\rquote organis \'e8rent et il d\'fbt renoncer \'e0 cette nourriture car il fut plusieurs fois bless\'e9 par des harpons. Il eut m\'eame un tentacule dont l\rquote extr\'e9mit\'e9 fut sectionn\'e9e d\rquote un coup de hache d\rquote  abordage. Donc, lui et ses descendants se dissimul\'e8rent du mieux qu\rquote ils purent. Puis ces \'eatres qui vivaient dans l\rquote air se livr\'e8rent \'e0 des batailles et le fond de l\rquote oc\'e9an o\'f9 il se tenait tranquille fut perturb\'e9  par des mines, des torpilles, des \'e9paves mais aussi par beaucoup de choses bonnes \'e0 manger. \par De tout cela les seiches retinrent que le poulpe avait r\'e9ussi \'e0 recevoir des pens\'e9es humaines, donc, pour eux-m\'eames il ne fut plus exclu de tenter de r\'e9ussir une communication avec ces \'eatres bizarres. Par t\'e9l\'e9pathie, ils fouill\'e8 rent le contenu des \'e9motions du monstre, trouv\'e8rent le chemin suivi et surent comment proc\'e9der. La question \'e9tait maintenant de savoir dans quel but le faire ?  \par Comme pour  tous les \'eatres demeurant dans le milieu marin la pollution des mers par les hommes devenait un probl\'e8me vital ! Pouvaient-ils se faire comprendre des humains et leur demander d\rquote arr\'eater de tout saloper ? Comment s\rquote  en approcher suffisamment ? Y avait-il parmi les humains quelques t\'e9l\'e9pathes ? Autant de questions \'e0 r\'e9soudre. Ils savaient, par le biais de certains d\rquote entre eux, conserv\'e9s vivants dans des aquariums visit\'e9 s par les hommes, que le probl\'e8me de la distance \'e9tait r\'e9solu. Mais les \'e9pais verres qui s\rquote interposaient entre ces seiches et les hommes ne rendraient-elles pas impossibles toutes communications ? Ils se r\'e9solurent \'e0  tenter un essai mais, n\rquote ayant aucun langage \'e0 partager, ils durent se contenter d\rquote essayer de transmettre un concept. Les hommes d\'e9filaient sans cesse devant l\rquote aquarium mais il n\rquote y avait pas de t\'e9l\'e9 pathe. Puis, enfin un jour, un homme passait qui \'e9tait absorb\'e9 dans de profondes sp\'e9culations concernant le concept m\'eame, qu\rquote ils d\'e9siraient faire passer. Toutes les seiches qui se trouvaient dans la mer proche s\rquote  unirent avec celles qui se trouvaient en pr\'e9sence de cet individu particulier et lui envoy\'e8rent, ensemble, leur message. L\rquote homme tomba foudroy\'e9 et fut tr\'e8s pr\'e8s de mourir.  \par Les seiches d\'e9cid\'e8rent de ne plus faire d\rquote essai de communication directe avec les hommes mais d\rquote utiliser celles d\rquote entre elles qui se trouvaient \'e0 proximit\'e9  des humains pour leur inspirer des sentiments de respect de la nature et d\rquote \'e9cologie. Elles pr\'e9f\'e9r\'e8rent  cr\'e9er une ambiance g\'e9n\'e9rale durable \'e0 la communication directe trop traumatisante. Moins de deux si\'e8 cles plus tard, ils cess\'e8rent compl\'e8tement de tout souiller. Le message avait \'e9t\'e9 re\'e7u et compris 5/5. \par Une \'e9poque nouvelle s\rquote ouvrait maintenant qui \'e9tait pleine de promesses et de perspectives positives. Secco avait trouv\'e9 un humain t\'e9l\'e9pathe avec lequel elle pouvait communiquer. La liaison entre la lign\'e9 e des seiches intelligentes et les hommes, qui l\rquote \'e9taient moins, devint possible. Une porte avait \'e9t\'e9 ouverte vers d\rquote autres plan\'e8tes et donc la possibilit\'e9 d\rquote essaimer ou de rencontrer d\rquote autres seiches pour \'e9 changer exp\'e9riences et id\'e9es. Il faudrait en profiter assez vite, avant la fin des 50.000 ann\'e9es qui venaient car l\rquote esp\'e8ce humaine montrait tous les signes d\rquote une disparition proche. Ils avaient perdu le contact avec l\rquote  essentiel : les difficult\'e9s \'e0 surmonter dans tous les actes qui font la vie. Bient\'f4t leur taux de natalit\'e9 baisserait, leurs  facult\'e9s non exerc\'e9es s\rquote amenuiseraient, leur d\'e9sir de vivre s\rquote \'e9teindrait et ils  seraient remplac\'e9s par une autre esp\'e8ce. Une de celles qui devaient se battre pour manger, boire, se reproduire, asservir la nature et r\'e9gner sur les autres. \par  Impossible de pronostiquer laquelle, mais c\rquote \'e9tait certain. Comme avaient disparus les dinosaures, les hommes s\rquote \'e9vanouiraient et la Terre continuerait \'e0 tourner autour de son soleil. Les seiches, arriv\'e9es depuis des millions d \rquote ann\'e9es \'e0 l\rquote \'e9tat parfait de l\rquote \'e9volution, continueraient \'e0 \'e9changer des id\'e9es et des oeuvres d\rquote art au fond des Oc\'e9ans. Pourquoi aller dresser les homards si un jour ils voulaient qu\rquote  on leur construise des artefacts ? Sur cette plan\'e8te Terre, ils avaient aussi bien que les Cralangs. Pour les cinquante mill\'e9naires \'e0 venir, ils feraient travailler la sous-esp\'e8ce intelligente : les hommes. \par  \par }{\f28\fs26\cf2                                                                                       F I N  \par  \par  \par  \par  \par                                La suite du cycle des Mandalas est dans  \par                                           \'93 Le Hop double\'94.                                                                       }{\f28\fs26                                            \par   \par }} 
