<html> <head><title>Toxic Mag 13 : Piece of Life</title></head> <body> <center> <h1><b>Piece of Life</b></h1> <font size="4"><i>(Suivi de Piece of Mind)</i></font> </center> <pre>                                                          C&eacute;dric/QueST   (PS : NdMM = Note de moi-m&ecirc;me)   Pens&eacute;e du jour : "L'Eternit&eacute; c'est long... surtout vers la fin..."                                                    Alphonse Allais        Les  lecteurs  observateurs n'auront pas manquer de remarquer (NdMM : &agrave; r&eacute;p&eacute;ter tr&egrave;s vite !) que ce titre leur est familier : je l'avoue, je l'aime beaucoup et nombre de mes textes portent un nom similaire  ("Piece of Mind" en particulier [2 textes que vous pou- vez  vous  procurez  chez The Beast/Typhoon collection "Toxic Mag" (N&#176; 12 et 13...)]) [NdTB : j'ai inclus le texte "PIECE OF MIND" de Quest &agrave; la fin de celui-ci].  Tout  a commenc&eacute; un samedi soir vers 19h30, lorsqu'une lueur... bon OK ! on s'en cogne! Donc revenons &agrave; nos  moutons : le sujet de ce n-i&egrave;me "Piece of..." : les conneries que l'on nous innocule &agrave; l'&eacute;cole, et ce &agrave; tous les  niveaux.  Ceux qui  me  connaissent  un peu savent (ou se doutent) que je d&eacute;teste les Maths. Si, si! I fuck maths! C'est physique... Et cela remonte &agrave; la nuit des temps...                               ... enfin presque   Tout a commenc&eacute; au CP quand je me faisais r&eacute;guli&egrave;rement battre par un petit merdeux (qu'il est toujours, du reste...) du nom de T. S. Oui, je sais! Mais non, je ne mettrai pas son nom ici! Par contre, si  vous  tenez  vraiment &agrave; le conna&icirc;tre [j'en vois qui commence &agrave; douter : "Et  si  c' &eacute;tait moi le pisseux du CP?", "J'&eacute;tais bon en maths  au  CP...  Peut-&ecirc;tre &eacute;tait-ce moi qui le s&eacute;chait r&eacute;guli&egrave;re- ment ?"],  &eacute;crivez-moi (The Beast a mon adresse [NdTB  :  elle  se trouve  dans  la rubrique "LIBRE EXPRESSION"]) et je vous communi- querai son nom (que je maudis sur trois g&eacute;n&eacute;ration) [ne riez pas : j'ai  fait  du  vaudou et des rites occultes, en vain...]. En tout cas  il est toujours rest&eacute; demi nain, aussi je ne me suis pas man- qu&eacute; totalement... Non mais...  Mon probl&egrave;me, en fait, c'est que je d&eacute;teste perdre... Je suis tr&egrave;s mauvais joueur, c'est pourquoi seul l'ordinateur veut encore jouer avec moi (et encore!). D'o&ugrave; mon surnom: "la poisse" (Backlash): je reviens toujours quand on ne m'attend pas. Aussi, beaucoup d'entre vous,  en  lisant cela [NdMM : je veux pas &ecirc;tre pessimiste mais je pense que tous les lecteurs se sont d&eacute;j&agrave; tir&eacute;s pour aller lire les last  news  musicales  de St Survivor ou la rubrique humour de The Beast...  Enfin,  pour les irr&eacute;ductibles (et mes fans!?), je pour- suis...],  se disent que j'ai sans doute essay&eacute; de me surpasser en maths pour le battre (ou que je me suis arrang&eacute; pour lui casser la t&ecirc;te  en sport)...  En  fait les deux... Tout  d'abord, j'ai pens&eacute; l'&eacute;clater  discr&egrave;tement  mais  en  vain... j'ai toujours &eacute;chou&eacute;... Alors  je me suis r&eacute;sign&eacute; &agrave; essayer de comprendre les maths et l&agrave;, j'ai eu une r&eacute;v&eacute;lation (en lisant Pyta-gore) : les maths &eacute;tait une ali&eacute;nation  de  l'esprit,  une perversion mentale, Jordy (avant sa naissance)... bref: le Chaos cosmoplan&eacute;taire r&eacute;incarn&eacute;! Je sais ce que vous pensez: j'&eacute;tais pr&eacute;coce en terme de r&eacute;flexions m&eacute;taphysi- ques... Dommage que cela ne fut pas le cas en maths...  A  partir  de ce moment l&agrave;, il fallait approfondir ma r&eacute;flexion et avertir le monde du danger encouru par les cerveaux au contact des maths. Ce fut ma croisade pendant les ann&eacute;es qui suivirent...  Il  y  eut une pause en 6&egrave;me et en 5&egrave;me, mes notes en maths remon- tant... Mais l'embellie fut de courte dur&eacute;e : d&egrave;s la 4&egrave;me, le cau- chemard recommenca de plus belle... Ma croisade aussi...  A partir de la 1&egrave;re (en 2nde, j'&eacute;tais parti pour faire une section S : j'a- vais &eacute;t&eacute; contamin&eacute;... Mais j'ai r&eacute;ussi &agrave; m'en sortir), j'ai eu ac- c&egrave;s  &agrave; ma mati&egrave;re pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e : la macro&eacute;conomie.  A partir de l&agrave;, ma moyenne g&eacute;n&eacute;rale remonta et je r&eacute;ussis &agrave; narguer mes coll&egrave;gues ma- theux...  Je  leur  assurais que j'irais plus loin qu'eux...  Pour combler  mon  handicap en maths, j'ai du me surpasser partout ail- leurs  (ce qui s'est av&eacute;r&eacute; b&eacute;n&eacute;fique par la suite)... Jusqu'au Bac o&ugrave;,  malgr&eacute;  un 9 de merde en maths, je r&eacute;ussi &agrave; passer tranquille (gr&acirc;ce &agrave; un 15 en &eacute;conomie, surtout...).  Je  r&eacute;ussis, malgr&eacute; un avis r&eacute;serv&eacute; en maths (tu parles...), &agrave; en- trer en Pr&eacute;pa H.E.C.  Exactement ce que je voulais...  Restait, of course, le probl&egrave;me des maths...Mais j'avais une lueur d'espoir... Peut-&ecirc;tre que le programme et les profs &eacute;taient meilleurs &agrave; ce ni- veau-l&agrave;...  La rentr&eacute;e scolaire arriva...  C'est  alors  que  je l'ai vu, son cr&acirc;ne lisse brillant dans l'in- tense clart&eacute; du soleil de septembre, ses lunettes  d'&eacute;cailles  sur son regard vicieux : c'&eacute;tait lui... Etienne Marache, surnomm&eacute; plus tard "Creutzfeld-Jacob" [NdTB: juste un mot pour dire que la mala- die  de Creutzfeld-Jacob est l'&eacute;quivalent chez l'homme de la mala- die de la vache folle],  "bijector"...  Le Monstre aux Mille th&eacute;o- r&egrave;mes: "&Ccedil;a"...                   ... Le Cauchemar des Maths Sp&eacute;...  D&egrave;s les premiers instant, j'ai compris que cela allait chier...  Et la proph&eacute;tie s'est r&eacute;alis&eacute;e...  M&ecirc;me  les  meilleurs en maths se sont fait exploser la tronche par le tueur...  Depuis  septembre, je stationne &agrave; 6 de moyenne (mon record &eacute;tant 6 2/3, le pire &eacute;tant 2,213...).  Oui, je sais, il y a trois chiffres apr&egrave;s la virgule...  Ce type est fou...  Pour information, il note les D.S sur 50 3/4... Imaginez quand il veut revenir sur 20...  En  plus  de  cela, comble de l'horreur, il nous file des cours de math&eacute;matiques en Turbo Pascal sur PC... La triple horreur...  En fait, le gros probl&egrave;me de ce type, c'est son Q.I (qui doit &ecirc;tre redoutable !) : ses bras (et nos cerveaux) ne peuvent  suivre  son cerveau :  d'o&ugrave;  des couilles dans nos copies et nombres "bugs" au tableau...  Je  tiens &agrave; ajouter que notre cher Etienne est dingue : il a coll&eacute; des 1/20 &agrave; des maths Sp&eacute; (Math Sup 2&egrave;me ann&eacute;e)!!!!!  C'est l&agrave;, dans ce combat redoutable opposant le Bien et le Mal, et dans lequel l'avenir du monde est en jeu, que la haute technologie repr&eacute;sente un alli&eacute; d&eacute;cisif : la calculatrice est obligatoire pour survivre!  Le  constructeur  Texas  Instrument a cr&eacute;&eacute; la machine de r&ecirc;ve : la TI-92 !  Eh oui !  Pour ceux qui ne la conna&icirc;traient, ce "monstre" permet de faire des graphs en 3D, de calculer des d&eacute;riv&eacute;es, primi- tives...  avec menus d&eacute;roulants etc...  Et pour les pompes, pas de probl&egrave;mes non plus : 65000 pas de libre...  Mais,  le prof de maths, tel un l&eacute;murien visqueux et pervers, con- na&icirc;t  les  combines  pour  la faire planter.  Le  bon vieux 0 &agrave; la puissance 0 est redoutable, par exemple.  Certes, la 92 ne se fait pas avoir mais elle a des faiblesses...  Et le prof ne cesse d'es- sayer de les d&eacute;couvrir pour nous claquer la tronche...  Bref,  en  plus  des 2 ans de joie et de la cohabitation difficile avec  les maths, il reste les concours.  Le probl&egrave;me vient du fait que  quelques monstres bic&eacute;phales &agrave; tentacules (= les admis &agrave; HEC, ESSEC...) se prom&egrave;nent et se battent contre nous.  En  plus de nous faire chier, les maths nous discr&eacute;ditent aux con- cours... Et nous font rater les meilleures places.  Les  &eacute;coles,  du  moins les meilleures, se servent des maths comme mati&egrave;res de distinction intellectuelle : ok pour les maths sup/sp&eacute; mais pourquoi nous faire chier alors que notre sp&eacute;cialit&eacute; c'est le capitalisme,  le  management, le marketing, l'exploitation des pe- tits  enfants asiatiques dans les mines de sel... euh... je m'&eacute;ga- re... A trop privil&eacute;gier les maths (qui ne nous serviront &agrave; rien), on uniformise nos futurs managers et hommes d'affaires...  Tout ce que  l'on va gagner, c'est continuer &agrave; se faire s&eacute;cher par les ja- ponais  et  les am&eacute;ricains...  Je  ne  pr&ecirc;che  pas  pour ma paroisse, mais pour 95% des &eacute;l&egrave;ves de pr&eacute;pas...  Les  maths sont une science "ferm&eacute;e", "toujours vraie", elle  emp&ecirc;che la fantaisie (propre de l'homme), tout devient alors logique  et  probable,  sans saveur ni piment... On deviendra tous des Pentium ambulants...  NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNN!!!!!!  Il faut arr&ecirc;ter cela ! Apr&egrave;s la m&eacute;taphore du Pentium, je pense que tout  le  monde adh&egrave;re &agrave; ma croisade... Sauf Etienne...  Mais bon, lui  il  est  irr&eacute;cup&eacute;rable...  Un beau cas d'&eacute;tude pour Scully et Mulder : apr&egrave;s Tooms : Marache...  Voil&agrave;,  je vous laisse m&eacute;diter sur ce texte hautement important et philosophique : j'ai un D.M. de maths &agrave; faire sur le  th&eacute;or&egrave;me  de Bienaym&eacute;-Tch&eacute;bichev (yo !) et je suis &agrave; la bourre...  En tout cas, ce texte m'a mis de bonne humeur.  Je  suppose  que,  dans la masse des lecteurs du Toxic-Mag, il y a bien quelques matheux : qu'ils se d&eacute;noncent ! Il faut les torturer et les faire expier leur p&ecirc;ch&eacute;... On mettra les restes dans un b&ucirc;- cher et on les br&ucirc;lera comme h&eacute;r&eacute;tiques... R&eacute;jouissant non ?  Non, sans d&eacute;conner, y a bien une part de v&eacute;rit&eacute; dans ce texte.  J'en  profite  donc  pour  passer  un  message  &agrave;  monsieur Gordon Shenton, directeur de ESC Lyon : s'il vous plait, M. Shenton, fa&icirc;- tes tomber les coefficients de maths : maths III &agrave; 2 et maths II &agrave; 2 ce serait d&eacute;j&agrave; bien ! Vous &ecirc;tes le premier &agrave; parler de diversit&eacute; dans  les promotions de ESCL alors agissez : je veux bien faire un effort pour vivre avec des matheux... Si, si...  Au  fait,  si  quelqu'un est un ami personnel de M. Shenton, ou un parent, je lui serais &eacute;ternellement reconnaissant s'il pouvait in- terc&eacute;der  en  ma  faveur...  Je  serais m&ecirc;me pr&ecirc;t &agrave; lui donner des cours de maths...  It's a piece of life...     ============&gt; CONSEILS LECTURE:   Pour  redevenir un peu plus s&eacute;rieux (quoi que...), voici quelques petits conseils de lecture:  - "Fondation" (Asimov) [Cf STSurvivor dans un pr&eacute;c&eacute;dent Toxic Mag]  - "Le Cycle d'ELRIC" (Moorcock)  [9 tomes!! Ed. Presse Pocket]  - "Le meilleur des mondes" (Aldous Huxley) [Presse Pocket]  - "Les fourmis" (Bernard Werber) [Le Livre de Poche]  - "Chroniques martiennes" (Ray Bradbury) [Denoel]  - "&Ccedil;a" (Stephen King) [J'ai Lu]  - "Simetierre" (S. King) [J'ai Lu]  - "L'appel de Cthulhu" (H.P lovecraft) [Presse Pocket]  - "Dans l'ab&icirc;me du temps" (Lovecraft)  - "Celui qui chuchotait dans les t&eacute;n&egrave;bres" (Lovecraft)  - "L'&eacute;thique protestante et l'esprit du capitalisme" (Max Weber)  - "Aspect du Mythe" (Mirc&eacute;a Eliade) [Folio/Essai]  - "Le mythe de Sysiphe" (A. Camus) [Folio/Essai]  - "De la libert&eacute;" (John Stuart Mill) [Folio/Essai]  - "Chasse &agrave; Mort" (Koontz) [J'ai Lu]   Voil&agrave;,  ce  n'est  pas  exhaustif  mais  il  y  a  d&eacute;j&agrave;  de  quoi s'amuser...  et  pour tous les gouts... Au fait, pour ceux qui ne connaitrait  pas Lovecraft, ils vous faut lire "Appel de Cthulhu" et  "Dans l'ab&icirc;me du temps": c'est purement g&eacute;nial... A ce propos on  peut  se procurer chez Robert Laffont 3 tomes de plus de 1200 pages  chacun  avec  la  totalit&eacute;.  Toutefois,  ne prennez que le premier  tome,  il  contient tous les textes de Lovecraft himself sur le "mythe de Cthulhu", avec ceux de la liste, of course... De plus cela n'est pas tr&egrave;s cher: 149FF pour plus de 1200 pages...                                              C&eacute;dric/QueST                                             (le 1/6/96)    </pre> <hr> <p><br> <center> <h1><b>Piece of Mind</b></h1> </center> <pre>        Voici donc des extraits d'oeuvres litt&eacute;raires et des citations. En  esp&eacute;rant  que cela plaira &agrave; tous (chacun devrait y trouver son compte), je vous laisse en compagnie de... Barbey d'Aurevilly pour le premier texte...    L'ETANG DU QUESNAY: -------------------      Cet &eacute;tang qui se prolongeait bien au-del&agrave; de ce ch&acirc;teau, assis et  oubli&eacute;  dans  son bouquet de saules, mouill&eacute; et entortill&eacute; par les  cr&ecirc;pes blancs d'un brouillard &eacute;ternel, cet &eacute;tang qui s'enfon- &ccedil;ait dans l'espace comme une avenue liquide -&agrave; perte de vue- frap- pait le Quesnay de toute une physionomie!      Les  mendiants du pays disaient avec m&eacute;lancolie que cet &eacute;tang- l&agrave;  &eacute;tait long et triste comme un jour sans pain. Et de fait, avec sa  couleur d'un vert mordor&eacute; comme le dos de ses grenouilles, ses plaques  de  n&eacute;nuphars jaun&acirc;tres, sa bordure h&eacute;riss&eacute;e de joncs, sa solitude  hant&eacute;e  seulement  par  quelques  sarcelles, sa barque &agrave; moiti&eacute; submerg&eacute;e et pourrie, il avait pour tout le monde un aspect sinistre,  et m&ecirc;me pour moi, qui suis n&eacute; entre deux marais typho&iuml;- des,  par  un  temps de pluie, et qui tiens du canard sauvage pour l'amour  des  profondes rivi&egrave;res, au miroir glauque des ciels gris et des petites pluies qui n'en finissent pas, au fond des horizons brumeux.      J'ai  vu  pas mal d'eau dans ma vie, mais la physionomie qu'a- vait  cette  esp&egrave;ce de lac m'est rest&eacute;e, et jamais, depuis que les &eacute;v&egrave;nements  m'ont roul&eacute;, ici et l&agrave;, je n'ai retrouv&eacute;, aux endroits les plus terribles d'aspect ou de souvenir pour l'imagination pr&eacute;- venue, l'air qu'avait cet &eacute;tang obscur, cette place d'eau ignor&eacute;e, et  dont certainement, apr&egrave;s moi, personne ne parlera jamais! Non! Nulle  part je n'ai revu place d'eau plus tragique, ni dans la mer o&ugrave; Byron fait jeter, sous un p&acirc;le rayon de lune, le sac cousu dans lequel Le&iuml;la palpite et va mourir pour le giaour, ni dans le canal Orfano, &agrave; Venise, cette affreuse oubliette, une horreur distingu&eacute;e entre  toutes  cependant pour ceux qui, comme Macbeth, aiment &agrave; se rassasier d'horreurs!      Du  reste, ainsi que le canal Orfano, l'&eacute;tang du Quesnay avait ses myst&egrave;res. On s'y noyait tr&egrave;s bien, et tr&egrave;s souvent &agrave; la brune. Etaient-ce des assassinats, ou des accidents, ou des suicides, que ces  morts fr&eacute;quentes?... Qui le savait et qui s'en inqui&eacute;tait?... L'eau  silencieuse  et morne venait jusqu'&agrave; la route. Y pousser un homme  qui  passait  au  bord  &eacute;tait  ais&eacute;.  Y tomber, plus facile encore. Avant mon &acirc;ge de douze ans, j'en avais vu retirer bien des cadavres...                                Barbey d'Aurevilly                           ("Un pr&ecirc;tre mari&eacute;" [1865])   SHAKESPEARE: ------------      "La vie est un conte racont&eacute; par un idiot"   LE PONT MIRABEAU: -----------------  Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nous amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours apr&egrave;s la peine  Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure  Les mains dans les mains restons face &agrave; face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des &eacute;ternels regards l'onde si lasse  Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure  L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Esp&eacute;rance est violente  Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure  Passent les jours et passent les semaines Ni temps pass&eacute; Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine  Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure                               Guillaume Apollinaire                                   ("Alcools")    NIETZSCHE: ----------      "Dieu est mort."   MA BOHEME (Fantaisie): ----------------------  Je m'en allais, les poings dans mes poches crev&eacute;es. Mon paletot aussi devenait id&eacute;al. J'allais sous le ciel, Muse, et j'&eacute;tais ton f&eacute;al: Oh l&agrave; l&agrave;, que d'amours splendides j'ai r&ecirc;v&eacute;es!  Mon unique culotte avait un large trou. Petit-Poucet r&ecirc;veur, j'&eacute;grenais dans ma course Des rimes. Mon auberge &eacute;tait &agrave; la Grande-Ourse. Mes &eacute;toiles au ciel avaient un doux frou-frou.  Et je les &eacute;coutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre o&ugrave; je sentais des gouttes De ros&eacute;e &agrave; mon front, comme un vin de vigueur;  O&ugrave;, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les &eacute;lastiques De mes souliers bless&eacute;s, un pied contre mon coeur!                                   Arthur Rimbaud                                   ("Po&eacute;sies")    MALRAUX: --------      "L'art est un anti-destin"    CHANSON D'AUTOMNE: ------------------  Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon coeur D'une langueur Monotone.  Tout suffocant Et bl&ecirc;me quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure;  Et je m'en vais Au vent mauvais Qui m'emporte, de c&agrave;, de l&agrave;, Pareil &agrave; la Feuille morte.                     Paul Verlaine                 ("Po&egrave;mes saturniens")    MARCEL PROUST: --------------      "Le  v&eacute;ritable  &eacute;crivain est celui qui nous restitue des frag- ments  disjoints, &eacute;clats aux cassures &eacute;carlates de l'univers qu'il porte en lui".   BLAISE PASCAL: --------------      "L'homme  n'est  ni  ange  ni b&ecirc;te, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la b&ecirc;te".   LE MYTHE DE SISYPHE: --------------------      On  ne d&eacute;couvre pas l'absurde sans &ecirc;tre tent&eacute; d'&eacute;crire quelque manuel  du bonheur. "Eh! quoi, par des voies si &eacute;troites...?" Mais il n'y a qu'un monde. Le bonheur et l'absurde sont deux fils de la m&ecirc;me  terre. Ils sont ins&eacute;parables. L'erreur serait de dire que le bonheur  na&icirc;t  forc&eacute;ment de la d&eacute;couverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l'absurde naisse du bonheur. "Je juge que tout  est  bien"  dit  Oedipe  et  cette  parole  est sacr&eacute;e. Elle retentit dans l'univers farouche et limit&eacute; de l'homme. Elle ensei- gne  que  tout  n'est  pas,  n'a pas &eacute;t&eacute; &eacute;puis&eacute;. Elle chasse de ce monde  un  dieu qui y &eacute;tait entr&eacute; avec l'insatisfaction et le go&ucirc;t des  douleurs  inutiles.  Elle fait du destin une affaire d'homme, qui doit &ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;e entre les hommes.      Toute  la  joie  silencieuse de Sisyphe est l&agrave;. Son destin lui appartient.  Son  rocher  est  sa chose. De m&ecirc;me, l'homme absurde, quand  il  contemple  son  tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu &agrave; son silence, les mille petites voix &eacute;merveill&eacute;es  de  la  terre  s'&eacute;l&egrave;vent. Appels inconscients et se- crets,  invitations  de tous les visages, ils sont l'envers n&eacute;ces- saire  et  le  prix  de  la  victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre,  et  il  faut conna&icirc;tre la nuit. L'homme absurde dit oui et son  effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y  a  point de destin&eacute; sup&eacute;rieure ou du moins il n'en est qu'une dont  il  juge qu'elle est fatale et m&eacute;prisable. Pour le reste, il se sait le ma&icirc;tre de ses jours. A cet instant subtil o&ugrave; l'homme se retourne  sur sa vie, Sisyphe, revenant vers son rocher, contemple cette  suite  d'actions sans lien qui devient son destin, cr&eacute;&eacute; par lui,  uni  sous  le  regard de sa m&eacute;moire et bient&ocirc;t scell&eacute; par sa mort. Ainsi, persuad&eacute; de l'origine tout humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui d&eacute;sire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.      Je  laisse Sisyphe au bas de la montagne! On retrouve toujours son  fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fid&eacute;lit&eacute; sup&eacute;rieure qui nie les  dieux  et  soul&egrave;ve  les  rochers. Lui aussi juge que tout est bien.  Cet  univers d&eacute;sormais sans ma&icirc;tre ne lui para&icirc;t ni st&eacute;rile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque &eacute;clat min&eacute;ral de  cette  montagne  pleine de nuit, &agrave; lui seul forme un monde. La lutte  elle-m&ecirc;me vers les sommets suffit &agrave; remplir un coeur d'hom- me. Il faut imaginer Sisyphe heureux.                                   Albert Camus                            ("Le mythe de Sisyphe")    PENSEES (Blaise Pascal): ------------------------      Car,  enfin,  qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un n&eacute;ant &agrave; l'&eacute;gard  de  l'infini, un tout &agrave; l'&eacute;gard du n&eacute;ant, un milieu entre rien  et  tout.  Infiniment &eacute;loign&eacute; de comprendre les extr&ecirc;mes, la fin  des  choses et leur principe sont pour lui invinciblement ca- ch&eacute;s  dans  un secret imp&eacute;n&eacute;trable, &eacute;galement incapable de voir le n&eacute;ant d'o&ugrave; il est tir&eacute; et l'infini o&ugrave; il est englouti.   L'ETAT (Nietzsche): -------------------      "L'Etat est le plus froid des monstres froids"   LA LIBERTE: -----------      "Donner une preuve de la libert&eacute;, c'est tuer la libert&eacute;"                                               Alain   LA CHARGE DES CUIRASSIERS A WATERLOO: -------------------------------------      Les  cuirassiers  se  ru&egrave;rent sur les carr&eacute;s anglais. Ventre &agrave; terre,  brides l&acirc;ch&eacute;es, sabre aux dents, pistolets au poing, telle fut  l'attaque.  Il  y  a  des moments dans les batailles o&ugrave; l'&acirc;me durcit  l'homme  jusqu'&agrave;  changer le soldat en statue, et o&ugrave; toute cette  chair  se  fait  granit. Les bataillons anglais, &eacute;perdument assaillis, ne boug&egrave;rent pas. Alors ce fut effrayant.      Toutes  les  faces  des  carr&eacute;s  anglais furent attaqu&eacute;es &agrave; la fois.  Un  tournoiement fr&eacute;n&eacute;tique les enveloppa. Cette froide in- fanterie  demeura impassible. Le premier rang, genou en terre, re- cevait  les  cuirassiers  sur  les bayonnettes, le second rang les fusillait;  derri&egrave;re le second rang les canonniers chargeaient les pi&egrave;ces,  le front du carr&eacute; s'ouvrait, laissait passer une &eacute;ruption de  mitraille  et  se  refermait.  Les cuirassiers r&eacute;pondaient par l'&eacute;crasement.  Leurs  grands chevaux se cabraient, enjambaient les rangs,  sautaient  par-dessus les bayonnettes et tombaient, gigan- tesques,  au  milieu  de ces quatre murs vivants. Les boulets fai- saient  des  trou&eacute;es  dans  les  cuirassiers, les cuirassiers fai- saient  des br&egrave;ches dans les carr&eacute;s. Des files d'hommes disparais- saient  broy&eacute;es  sous  les  chevaux. Les bayonnettes s'enfon&ccedil;aient dans  les  ventres  de  ces  centaures.  De  l&agrave;  une difformit&eacute; de blessures qu'on n'a pas vue peut-&ecirc;tre ailleurs. Les carr&eacute;s, rong&eacute;s par  cette  cavalerie  forcen&eacute;e,  se r&eacute;tr&eacute;cissaient sans broncher. In&eacute;puisables  en  mitraille, ils faisaient explosion au milieu des assaillants.  La figure de ce combat &eacute;tait monstrueuse. Ces carr&eacute;s n'&eacute;taient plus des bataillons, c'&eacute;taient des crat&egrave;res; ces cuiras- siers  n'&eacute;taient  plus  une cavalerie, c'&eacute;tait une temp&ecirc;te. Chaque carr&eacute;  &eacute;tait un volcan attaqu&eacute; par un nuage; la lave combattait la foudre.                                   Victor Hugo   ANTOINE DE ST-EXUPERY: ----------------------      "Ce  pourquoi  tu  acceptes de mourir, c'est cela seul dont tu peux vivre".   DESCARTES: ----------      "Je pense donc je suis (donc Dieu est)".     "Cogito ergo sum"   LE DORMEUR DU VAL: ------------------  C'est un trou de verdure o&ugrave; chante une rivi&egrave;re Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent, o&ugrave; le soleil, de la montagne fi&egrave;re, Luit; c'est un petit val qui mousse de rayons.  Un soldat jeune, bouche ouverte, t&ecirc;te nue Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort: il est &eacute;tendu dans l'herbe, sous la nue, P&acirc;le dans son lit vert o&ugrave; la lumi&egrave;re pleut.  Les pieds dans les gla&iuml;euls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme. Nature, berce-le chaudement: il a froid!  Les parfums ne font pas frissonner sa narine; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au c&ocirc;t&eacute; droit.                                   Arthur Rimbaud                                  ("Po&eacute;sies")   HOBBES: -------      "L'homme est un loup pour l'homme."    AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA: ---------------------------      "L'homme  est  une corde tendue entre la b&ecirc;te et le surhumain, une corde au dessus d'un ab&icirc;me. Danger de franchir l'ab&icirc;me, danger de  suivre  cette  route,  danger  de  regarder en arri&egrave;re, danger d'&ecirc;tre saisi d'effroi et de s'arr&ecirc;ter court!     La grandeur de l'Homme, c'est qu'il est un pont et non un ter- me;  ce  qu'on peut aimer chez l'Homme, c'est qu'il est transition et perdition."                                      Nietzsche                          ("Ainsi parlait Zarathoustra")   RICARDOU: ---------      "Le  r&eacute;cit n'est plus l'&eacute;criture d'une aventure mais l'aventu- re d'une &eacute;criture."   PASQUA (??): ------------      "Les promesses n'engagent que ceux qui y croient"   FORCE/VIOLENCE: ---------------      "D&egrave;s que la force est contest&eacute;e na&icirc;t la violence"                                          Freund       "La force contraint quand la violence opprime"       "La violence est la forme forte de la force"       "La force est rarement nue: pure violence"                                     Michel Dufrenne       "Violence: rupture de l'ordre du monde"       "La  faiblesse  provoque  &agrave; son tour la violence parce qu'elle est  incapable  de  saisir  le v&eacute;ritable rapport des forces et s'y adapter".   VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT: --------------------------  - Oh! Vous &ecirc;tes donc tout &agrave; fait l&acirc;che, Ferdinand! Vous &ecirc;tes r&eacute;pu- gnant comme un rat... - Oui,  tout &agrave; fait l&acirc;che, Lola, je refuse la guerre et ce qu'il y a  dedans...  Je  ne  la d&eacute;plore pas, moi... Je ne me r&eacute;signe pas, moi...  Je ne pleurniche pas dessus, moi... Je la refuse tout net, avec  tous  les  hommes  qu'elle contient, je ne veux rien avoir &agrave; faire  avec  eux,  avec  elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul &agrave; savoir ce que je veux: je ne veux plus mourir.                               Louis-Ferdinand C&eacute;line    RABELAIS: ---------      "Science sans conscience n'est que ruine de l'&acirc;me".   LA BOETIE: ----------      "La seule libert&eacute;, les hommes ne la d&eacute;sirent point"    L'INVENTION DE L'ECRITURE...: -----------------------------      C'est  une  &eacute;trange  chose  que l'&eacute;criture. [...] Si l'on veut mettre  en  corr&eacute;lation  l'apparition  de l'&eacute;criture avec certains traits  caract&eacute;ristiques de la civilisation, il faut chercher dans une autre direction. Le seul ph&eacute;nom&egrave;ne qui l'ait fid&egrave;lement accom- pagn&eacute;e  est  la  formation  des cit&eacute;s et des empires, c'est-&agrave;-dire l'int&eacute;gration  dans  un syst&egrave;me politique d'un nombre consid&eacute;rable d'individus et leur hi&eacute;rarchisation en castes et en classes. Telle est,  en  tout  cas,  l'&eacute;volution  typique  &agrave; laquelle on assiste, depuis  l'Egypte  jusqu'&agrave;  la  Chine, au moment o&ugrave; l'&eacute;criture fait son  d&eacute;but : elle para&icirc;t favoriser l'exploitation des hommes avant leur  illumination.  Cette exploitation, qui permettait de rassem- bler des milliers de travailleurs pour les astreindre &agrave; des t&acirc;ches ext&eacute;nuantes,  rend  mieux compte de la naissance de l'architecture que  la  relation  directe  envisag&eacute;e tout &agrave; l'heure. Si mon hypo- th&egrave;se  est exacte, il faut admettre que la fonction primaire de la communication  &eacute;crite  est de faciliter l'asservissement. L'emploi de  l'&eacute;criture  &agrave;  des  fins  d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;es,  en vue de tirer des satisfactions  intellectuelles  et  esth&eacute;tiques,  est  un r&eacute;sultat secondaire,  si  m&ecirc;me  il  ne  se  r&eacute;duit pas le plus souvent &agrave; un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l'autre.                                 Claude Levi-Strauss                               ("Tristes tropiques")   BLAISE PASCAL: --------------      "L'homme est un roseau pensant"   STENDHAL: ---------      "Un roman, c'est un miroir qu'on prom&egrave;ne le long du chemin"   </pre> <hr> <center> [<a href="../toxic_13.htm"> Retour au sommaire </a>] </center> </body> </html> 
