<html>  	<head> <meta name="META-GENERATOR" content="WebMETAGenerator from pprem@pprem.net"> <meta name="ROBOTS" content="all,index,follow"> <meta name="LANGUAGE" content="FR"> <meta http-equiv="CONTENT-LANGUAGE" content="FR"> <meta name="COPYRIGHT" content="Pierre Ernoult 1998-2002"> <meta name="AUTHOR" content="Pierre Ernoult"> <meta name="DESCRIPTION" content="Publiez vos nouvelles sur 1000nouvelles.com et lisez celles des auteurs dj publis."> <meta name="DC.DESCRIPTION" content="Publiez vos nouvelles sur 1000nouvelles.com et lisez celles des auteurs dj publis."> <meta name="DC.TITLE" content="1000 Nouvelles"> <meta name="KEYWORDS" content="nouvelles,histoires,textes,rcits,nouvelle,histoire,texte,rcit,littrature"> <meta name="DC.SUBJECT" content="nouvelles,histoires,textes,rcits,nouvelle,histoire,texte,rcit,littrature"> <meta name="RATING" content="GENERAL"> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<meta name="generator" content="Adobe GoLive 4"> 		<title>Le monde des Cephs de Marcel Herzberg</title> 	</head>  	<body bgcolor="#ffe4b5"> 		Seconde partie<br> 		<br> 		<center> 			<p><font size="5">Le  monde des Cephs</font></p> 		</center> 		<div align="left"> 			<p><br> 			<br> 			<br> 			<br> 			Avertissement pour la seconde partie :<br> 			<br> 			Il aurait &eacute;t&eacute; p&eacute;nible d&#146;essayer de rendre les diff&eacute;rentes langues ou moyens de communication en version originale, c&#146;est donc par une licence d&#146;auteur et pour rendre le tout aussi intelligible que possible que j&#146;ai utilis&eacute; le fran&ccedil;ais courant. Je l&#146;ai m&ecirc;me parfois r&eacute;duit &agrave; un langage v&eacute;hiculaire et je suis s&ucirc;r que si on comptait les mots employ&eacute;s on arriverait en dessous de 300. Je me suis rattrap&eacute;, comme j&#146;ai pu, avec de nombreux n&eacute;ologismes qu&#146;on voudra bien me pardonner.<br> 			L&#146;avertissement de la premi&egrave;re partie est encore valable pour la seconde, soyez patients et essayez d&#146;aller jusqu&#146;au bout.<br> 			                                                          Marcel Herzberg.<br> 			<br> 			<br> 			<br> 			<br> 			<br> 			</p> 		</div> 		<center> 			<p><b>Chapitre 7</b></p> 		</center> 		<div align="right"> 			<p>                                                             &lt;&lt; La poudre de Perlin pin-pin <br> 			                                                                            Marche bien ,bien ,bien &gt;&gt;<br> 			                                                                                                                        Merlin<br> 			</p> 			<p></p> 		</div> 		<p>OLAF   STERNE<br> 		<br> 		Olaf Sterne fut charg&eacute; de coordonner les &eacute;tudes pr&eacute;alables concernant l&#146;envoi d&#146;un mandala sur la plan&egrave;te habitable la plus proche de nous qu&#146;on avait pu trouver. Elle se situait exactement &agrave; n ann&eacute;es  de notre vieille Terre. Il y en avait une autre, &agrave; peine plus loin (sic) &agrave; n + 1,1 ann&eacute;es; n &eacute;tant le temps du voyage si l&#146;on r&eacute;ussissait un transfert, pour les vaisseaux, qui soit pensable, il d&eacute;pendrait donc de la vitesse &agrave; la quelle on parviendrait. Les deux mondes pr&eacute;sentaient des atmosph&egrave;res contenant de l&#146;oxyg&egrave;ne et de l&#146;azote et montraient la pr&eacute;sence d&#146;eau dans les spectres de leurs lumi&egrave;res. Aucune sonde n&#146;y &eacute;tant jamais parvenue, les natures des sols en &eacute;taient inconnus, mais c&#146;est tout ce que l&#146;on avait trouv&eacute; &agrave; une port&eacute;e pensable.<br> 		Pensable, oui, se dit Olaf, mais quand m&ecirc;me un sacr&eacute; probl&egrave;me si l&#146;on pensait que la meilleure vitesse de croisi&egrave;re &agrave; laquelle on savait pouvoir parvenir &eacute;tait de 155 km par seconde par cinq acc&eacute;l&eacute;rations successives. A peu pr&egrave;s 200 fois moins rapide que la lumi&egrave;re, ce qui voulait dire 1200 ans entre le moment de l&#146;exp&eacute;dition et celui de l&#146;arriv&eacute;e du mandala. La vie humaine gagnait un peu de long&eacute;vit&eacute; chaque ann&eacute;e. Lorsque Olaf fut choisi pour diriger le projet il avait quarante ans, donc son espoir n&#146;allait pas plus loin que la moyenne actuelle pour lui de 135 ans de vie. Seuls ses lointains descendants sauraient si sa mission avait r&eacute;ussi.<br> 		Tout de m&ecirc;me, le fait que le vaisseau ne comporterait rien de vivant pouvait am&eacute;liorer bien des choses, comme le poids au d&eacute;part et aussi tout ce qui concernait le confort et l&#146;existence des passagers dans la 11&deg; tentative. Puis, il se dit que c&#146;&eacute;tait b&ecirc;te ! Il ne pouvait pas penser &agrave; l&#146;&eacute;conomie de nourriture, ni &agrave; celle de l&#146;eau, ni &agrave; celle d&#146;un certain confort car quand on exp&eacute;dierait un voyageur par le mandala celui-ci arriverait nu. Il devrait donc, pour survivre, trouver une infrastructure d&#146;accueil. Il lui fallait par cons&eacute;quent que le vaisseau qui avait amen&eacute; le mandala puisse &ecirc;tre sa maison et sa source de nourriture et de v&ecirc;tements jusqu&#146;&agrave; ce qu&#146;il se soit adapt&eacute; au milieu. <br> 		Olaf pensa qu&#146;il devrait quand m&ecirc;me fixer aux ing&eacute;nieurs l&#146;objectif de doubler la vitesse de croisi&egrave;re actuelle et pour savoir si cela &eacute;tait raisonnable, il demanda &agrave; Mo&iuml;se 238 Yard de venir en parler avec lui. Tout le monde, au centre technologique mondial de Berne, le nommait simplement Mo, de m&ecirc;me que pour  lui, on se contentait d&#146;Olaf. Mais la mani&egrave;re de nommer les gens depuis le 6&deg; si&egrave;cle AA ne comportait que trois blocs : deux de lettres s&eacute;par&eacute;s par un de chiffres. Parmi les milliards de combinaisons possibles on essayait de garder ce qui &eacute;tait pronon&ccedil;able de pr&eacute;f&eacute;rence. Tout le monde s&#146;en foutait, d&#146;ailleurs, sauf l&#146;administration. Dans chaque microcosme o&ugrave; les gens vivaient, on se contentait de courts sobriquets, cela suffisait et, ce n&#146;est que quand cela s&#146;av&eacute;rait n&eacute;cessaire que l&#146;on disait le nom entier.<br> 		Mo vint tr&egrave;s vite, d&#146;un petit coup de libellule, et, assis dans une chaise longue, sur la terrasse abrit&eacute;e, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de son patron, buvant une citronnade offerte par le centre, ils parl&egrave;rent en regardant les engins volants se d&eacute;placer dans le ciel. Le d&eacute;bat porta sur le poids auquel on pourrait se tenir sans mettre en p&eacute;ril la vie du voyageur futur. Ce n&#146;&eacute;tait qu&#146;une mise en jambes. Tr&egrave;s vite Olaf aborda les aspects concernant la vitesse et Mo lui donna son point de vue : Pour les r&eacute;sistances m&eacute;caniques du vaisseau au lancement et aux &eacute;tapes d&#146;acc&eacute;l&eacute;ration, les calculs avaient d&eacute;montr&eacute; que la vitesse limite se situait vers 333 km/seconde. Ce qui emp&ecirc;chait d&#146;arriver actuellement &agrave; cette vitesse &eacute;tait qu&#146;au d&eacute;part il fallait lancer tous les &eacute;tages dont on se d&eacute;barrasserait les uns apr&egrave;s les autres. Mais leur masse totale au d&eacute;part &eacute;tait le gros probl&egrave;me.<br> 		Olaf demanda si, au lieu de proc&eacute;der classiquement on n&#146;avait jamais, par le pass&eacute;, tent&eacute; des essais en ne jetant pas les &eacute;tages vides de leurs propulseurs mais en les consommant ? <br> 		Mo voulu savoir si Olaf se r&eacute;f&eacute;rait, par allusion, aux fus&eacute;es de feux d&#146;artifices, aux anciens avions &agrave; r&eacute;action ou s&#146;il pensait &agrave; autre chose ? Olaf r&eacute;pondit volontiers en se jetant &agrave; l&#146;eau, car il craignait le ridicule :<br> 		&lt;&lt; Je vais donner un exemple stupide, sans doute, mais si les &eacute;tages &eacute;taient constitu&eacute;s d&#146;une enveloppe combustible et br&ucirc;lant &agrave; la m&ecirc;me vitesse que le contenu on gagnerait du poids, non ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Si cela ne nous saute pas &agrave; la gueule, oui ! Ce qui implique qu&#146;on devra utiliser uniquement des propergols en poudre et, si je saisis bien votre id&eacute;e, l&#146;enveloppe serait constitu&eacute;e de la m&ecirc;me poudre mais compress&eacute;e suffisamment, pour retenir le combustible en poudre. C&#146;est une id&eacute;e &agrave; creuser mais, pour l&#146;instant, je ne vois aucun produit chimique qui existe et pourrait convenir. Pourtant cette id&eacute;e me s&eacute;duit, alors je vais lancer mes chimistes l&agrave; dessus. Possible qu&#146;on trouve dans la litt&eacute;rature une voie &agrave; suivre ou, mieux une id&eacute;e nouvelle qui tiendra mieux compte de nos possibilit&eacute;s actuelles.? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; J&#146;aimerais que vous fassiez cela, et pendant que vos &eacute;quipes chercheront, je souhaite vous orienter vers d&#146;autres questions. La premi&egrave;re &eacute;tant : quelle chance aura ce fameux voyageur qui sera dissoci&eacute;, dans le meilleur des cas, pendant plus de 6 ans ? Puis quand vous m&#146;aurez trouv&eacute; une r&eacute;ponse vous penserez &agrave; celle-ci : avons-nous un moyen de retour &agrave; proposer au voyageur pour savoir ce qu&#146;il a trouv&eacute; ou vu ? . Je vous signale que des questions de ce genre j&#146;en ai encore plein mon sac &gt;&gt;.<br> 		Mo, riant avec lui r&eacute;torqua : &lt;&lt; Je comprends, ce doit &ecirc;tre du genre : doit-on lui envoyer une compagne si on ne peut le faire revenir ? De toute fa&ccedil;on votre sac de questions sera toujours plus important que mon sac de r&eacute;ponses !&gt;&gt; <br> 		Ils se s&eacute;par&egrave;rent fatigu&eacute;s de l&#146;effort qu&#146;ils venaient de faire. Cette &eacute;poque du distributionnisme, incitait, de plus en plus, les gens &agrave; devenir compl&egrave;tement mous et sans ressort. Le moindre travail, physique ou mental les &eacute;puisait. Sans antagonistes ni difficult&eacute;s de survie, ils avaient tendance &agrave; devenir de gros marmots dorlot&eacute;s, des larves en quelque sorte. Olaf en &eacute;tait bien conscient car le moindre probl&egrave;me ne serait-il pas celui de trouver et former un voyageur qui pourrait affronter l&#146;inconnu d&#146;une plan&egrave;te lointaine et y survivre, ne serait-ce que le temps d&#146;envoyer quelques messages radio, lesquels ne seraient re&ccedil;us que six ou sept ans apr&egrave;s...  </p> 		<center> 			<p>&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;</p> 		</center> 		<p>Mo alla au plus simple, il fit para&icirc;tre, sur plusieurs sites de l&#146;Araign&eacute;e, sa demande d&#146;informations et de bibliographie concernant l&#146;histoire des m&eacute;langes propulseurs en poudre depuis l&#146;origine de la technique des p&eacute;tards, en Chine, au douzi&egrave;me si&egrave;cle de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne.  Le nombre de r&eacute;ponses durant les quinze premiers jours fut impressionnant et il dut organiser  un service de vingt personnes pour op&eacute;rer un premier tri et  s&eacute;lectionner ce qui apportait quelque chose. Le public s&#146;&eacute;tait passionn&eacute; pour la question pos&eacute;e car Mo avait pris le soin de pr&eacute;ciser que cela concernait le projet de la douzi&egrave;me tentative de voyage interplan&eacute;taire.<br> 		 La Grande Qu&ecirc;te &eacute;tant termin&eacute;e, ils &eacute;taient assez d&eacute;soeuvr&eacute;s et furent ravis d&#146;avoir un os &agrave; ronger. Gr&acirc;ce &agrave; eux, un rapport tr&egrave;s complet put &ecirc;tre &eacute;tabli qui faisait le tour des connaissances sur le sujet et Mo s&#146;y attela pendant quelques semaines. Ce qu&#146;il en tira ne fut qu&#146;une compilation des connaissances d&eacute;j&agrave; acquises auparavant. Malheureusement, rien de nouveau ne put en &ecirc;tre extrait.<br> 		 Ce n&#146;est que six mois plus tard qu&#146;il re&ccedil;ut une demande de rendez-vous d&#146;un chimiste bibliophile qui pr&eacute;tendait avoir mis le doigt sur quelque chose et d&eacute;sirait lui en parler face &agrave; face. Les demandes de ce genre &eacute;taient rarissimes car il n&#146;y avait, en g&eacute;n&eacute;ral, aucune raison de prendre la peine de se d&eacute;placer ! Tout, en effet, pouvant se traiter par les moyens normaux de communications qu&#146;offraient l&#146;Araign&eacute;e, le fax, le t&eacute;l&eacute;phone, la vid&eacute;oconf&eacute;rence et le visiovox.<br> 		<br> 		 Mais l&#146;homme, Woglu 751 Job, dit &#147; Wog&#148;, pour appuyer ses dires, expliqua qu&#146;il avait un document pr&eacute;cieux &agrave; lui montrer dont il ne voulait pas prendre le risque de se s&eacute;parer compte-tenu de la fragilit&eacute;. Olaf curieux lui demanda de quoi il s&#146;agissait et obtint la r&eacute;ponse :<br> 		&lt;&lt; Dans un texte antique de chimie qui datait du 19&deg; si&egrave;cle chr&eacute;tien il y a la description d&#146;un compos&eacute; chimique dont aucun document par la suite, qu&#146;il s&#146;agisse de livres imprim&eacute;s ou de disques pour lecture d&#146;ordinateur, n&#146;a jamais plus fait mention. J&#146;ai donc r&eacute;uni  les chimistes de mon coin pour leur demander leurs avis avant de vous d&eacute;ranger. Nous en avons bien parl&eacute; entre nous et nous pensons que ce corps serait un &eacute;l&eacute;ment possible de base pour revoir la conception de la propulsion. &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Dans quelle r&eacute;gion habitez-vous et quelle est votre activit&eacute; ? &gt;&gt; <br> 		&lt;&lt;Je suis professeur de chimie historique &agrave; l&#146;universit&eacute; de Sydney, en Australie et comme violon d&#146;Ingres je collecte les livres techniques de la p&eacute;riode comprise entre 1650 et 1950 de l&#146;&egrave;re pr&eacute;c&eacute;dant la n&ocirc;tre &gt;&gt; <br> 		&lt;&lt; Et vous feriez un si long voyage juste pour me montrer un livre ? Mais, mon cher Monsieur, nous avons sur notre ordinateur de la Grande biblioth&egrave;que, ici, &agrave; Washington, l&#146;ensemble de tout ce que la terre a imprim&eacute; depuis Gutemberg ! Tout se trouve dans nos m&eacute;moires et je peux consulter directement de mon bureau n&#146;importe quel ouvrage ! &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; M&ecirc;me un exemplaire du WURTZ ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;C&#146;est quoi, un WURTZ ? &gt;&gt; Mo commen&ccedil;ait &agrave; s&#146;impatienter...<br> 		&lt;&lt; C&#146;est ce qu&#146;ils nommaient un&#148; Dictionnaire de chimie pure et appliqu&eacute;e&#148;. Cet ouvrage a &eacute;t&eacute; mis &agrave; la disposition des chimistes par un nomm&eacute; Adolphe  WURTZ, un allemand qui y a r&eacute;uni l&#146;ensemble des connaissances de son &eacute;poque et c&#146;&eacute;tait le livre de base de tous. Tous les grands et moins grands chimistes de son &eacute;poque y ont contribu&eacute; et aucune recherche de combinaison nouvelle ne fut omise, m&ecirc;me si certaines semblaient douteuses ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; reprendre. Il y a eu de nombreuses &eacute;ditions et celle que je poss&egrave;de est en cinq volumes. Le corps dont je voulais vous entretenir figure &agrave; la page 1474, colonne de droite sous le sous-titre &#147;fluoxyborates&#148;. Il y est aussi fait mention de son sel de sodium et de sa structure intime. Voil&agrave; ! &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Je suis tout &agrave; fait navr&eacute; mais je ne per&ccedil;ois pas l&#146;int&eacute;r&ecirc;t ! Je vous demande un instant. Je vais faire v&eacute;rifier par mon secr&eacute;tariat que nous avons bien acc&egrave;s &agrave; ce livre. Si c&#146;est bien le cas je  ferais mettre, sur mon second &eacute;cran, le texte que vous me citez. De cette fa&ccedil;on je serais &agrave; m&ecirc;me de vous &eacute;conomiser un voyage p&eacute;nible et d&#146;&ecirc;tre s&ucirc;r de bien suivre vos id&eacute;es. Ne quittez pas, je vous reprends dans quelques secondes. &gt;&gt; Mo fit le n&eacute;cessaire et put lire le texte du WURTZ sur lequel ce Wog avait tiqu&eacute;. Il ne comprenait pas pourquoi on le d&eacute;rangeait, mais il valait mieux attendre un peu, sans doute ? Alors il repris son entretien avec le farfelu : &lt;&lt; Oui, nous avons ce livre et j&#146;ai la page sous les yeux. Dites-m&#146;en un peu plus maintenant, je suis curieux de suivre votre pens&eacute;e&gt;&gt;. <br> 		&lt;&lt; Mes amis et moi n&#146;avions jamais entendu parler de cette famille de corps, alors nous avons consult&eacute; tous les ouvrages de m&ecirc;me type qui &eacute;taient utilis&eacute;s par les g&eacute;n&eacute;rations suivantes et l&agrave; nous avons d&ucirc; constater que ce n&#146;avait &eacute;t&eacute; repris nulle part. Un exemple : le livre de base des chimistes, cent ans apr&egrave;s, &eacute;tait le &#147;Handbook of Chesmitry &#147; de Abraham. Il en sortait une nouvelle &eacute;dition compl&eacute;t&eacute;e tous les quatre ans, on n&#146;y trouve pas la moindre mention de cette famille de corps. Vous voyez ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Oui, je vois et je r&eacute;sume : un chimiste du pass&eacute; avait fait une monographie sur ces corps qui fut assez bien faite pour que WURTZ la cite dans son dictionnaire. Puis, sans doute par ce qu&#146;ils n&#146;existaient que dans l&#146;imagination de l&#146;auteur, ceci n&#146;a pas &eacute;t&eacute; repris par la suite. Bon et alors ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Alors, nous avons pens&eacute; comme vous et nous avons r&eacute;alis&eacute; des exp&eacute;riences. Nos conclusions sont formelles : ils existent, nous en avons produit et nous en avons &agrave; vous montrer. De plus nous sommes arriv&eacute;s &agrave; la conclusion que, puisqu&#146;ils ne figuraient nulle part dans les livres de r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l&#146;&eacute;poque de la naissance de l&#146;aviation &agrave; r&eacute;action, jamais personne n&#146;a pens&eacute; &agrave; extrapoler leurs propri&eacute;t&eacute;s pour les adapter aux nouveaux besoins, ce qui m&#146;a amen&eacute; &agrave; vous appeler. Voil&agrave; &gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; Effectivement votre r&eacute;ponse devient alors une de celles que nous pouvions esp&eacute;rer, mais, je ne comprends pas en quoi les fluoxyborates de sodium peuvent s&#146;apparenter aux poudres de propulsion ? Eclairez-moi, je vous prie &gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; Monsieur, je ne vous cacherai pas qu&#146;en vous demandant un rendez-vous j&#146;avais l&#146;intention de vous livrer les id&eacute;es de mon groupe sur le sujet mais aussi de faire, hors de ma carte mensuelle de cr&eacute;dit, un voyage lointain que vous ne manqueriez pas de m&#146;offrir. Alors, accordez-moi un cr&eacute;dit suppl&eacute;mentaire de dix mille kilom&egrave;tres et je vous livre tout &gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; OK, je suis d&#146;accord sur le principe si ce que vous me fournissez est utilisable, donnez-moi votre code carte &gt;&gt; Mo le nota et lui demanda de poursuivre. Wog ne demandait que cela. La conversation devait &ecirc;tre enregistr&eacute;e chez lui, comme elle l&#146;&eacute;tait automatiquement chez Mo, il pourrait ensuite parader pendant des mois devant sa famille et son groupe de connaissances, mais, de cela, Mo n&#146;en gu&egrave;re de soucis.<br> 		&lt;&lt; Si vous remplacez, mon cher Monsieur, le sodium par de l&#146;hydrazine et que cela ne vous saute pas au nez, vous obtiendrez, en un seul produit, combustible et comburant sans aucun r&eacute;sidu. Mais je sais qu&#146;avec un simple nitrate d&#146;ammonium vous auriez le m&ecirc;me r&eacute;sultat avec la certitude de vous faire sauter dans  une magnifique explosion. Par contre avec notre pr&eacute;paration que nous nommons : Foby (pour fluoxyborate d&#146;hydrazine ) vous &ecirc;tes en pr&eacute;sence d&#146; une poudre que vous pourrez compresser ais&eacute;ment si vous n&#146;y allez pas trop fort, et donc mettre dans la forme que vous voulez. Ai-je gagn&eacute; les kilom&egrave;tres ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Tout &agrave; fait et je vous remercie de m&#146;avoir contact&eacute;, nous allons reproduire vos exp&eacute;riences et voir si nous pouvons aller plus loin. Une derni&egrave;re question, mais pas la moindre : les proportions entre combustibles et comburants sont-elles stoechiom&eacute;triques ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; H&eacute;las non,  cher Monsieur, nous vous avons laiss&eacute; un peu de travail. Mais, comme vous avez &eacute;t&eacute; correct avec moi je vous indique encore une id&eacute;e, &agrave; v&eacute;rifier : essayez de faire des tubes de Foby et remplissez-les de poudre de magn&eacute;sium ou le contraire : r&eacute;alisez des tubes de Magn&eacute;sium pleins de Foby bien tass&eacute;. Vous devriez ainsi arriver aux bonnes proportions et obtenir quelques avantages auxquels vous ne pensez pas et qui sont, en vrac :<br> 		 La couleur  du m&eacute;lange quand il br&ucirc;lera que vous suivrez bien mieux avec vos instruments astronomiques. Tous les sels de bore donnent, en effet une belle lumi&egrave;re verte.<br> 		La pouss&eacute;e lumineuse que procurera, dans le vide, la combustion du magn&eacute;sium s&#146;ajoutera &agrave; celle du m&eacute;lange poudre.<br> 		Plus du tout d&#146;&eacute;tages porteurs, ni de sauts d&#146;acc&eacute;l&eacute;ration, mais une pouss&eacute;e elle-m&ecirc;me acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e si vous savez bien r&eacute;gler votre bidule.<br> 		L&#146;engin &eacute;tant moins lourd, du fait de la disparition des &eacute;tages, peut-&ecirc;tre pourrez vous l&#146;assembler sur la lune et &eacute;viter une attraction terrestre trop dure &agrave; vaincre en &eacute;vitant ainsi d&#146;avoir une atmosph&egrave;re &agrave; traverser ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Mon cher, je crois que vous et votre groupe de recherche, venez de nous aider &agrave; une progression nette de notre civilisation et je demanderai aux m&eacute;dias d&#146;en parler afin que tous le sachent. Par ma voix la Terre vous remercie ! &gt;&gt;<br> 		Mo, ayant d&eacute;tect&eacute; &agrave; quel orgueilleux il avait &agrave; faire, renvoyait l&#146;ascenseur.<br> 		<br> 		Il prit le temps de r&eacute;fl&eacute;chir et de consulter quelques sp&eacute;cialistes puis fit savoir &agrave; Olaf qu&#146;il y avait, sinon une solution, du moins une belle voie de recherches. Ils convinrent d&#146;en parler tranquillement, entre eux, sur les chaises longues, d&egrave;s le lendemain.<br> 		<br> 		 Ce fut effectivement la base sur laquelle ils se mirent d&#146;accord pour ce qui concernait le lancement du vaisseau porteur du mandala. La production industrielle quantitative de Foby demanda, &agrave; elle seule cinq ann&eacute;es pleines. Pour la construction des r&eacute;acteurs on pensa &agrave; diff&eacute;rents moyens pour obtenir &agrave; la fois une pouss&eacute;e uniform&eacute;ment acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e et la combustion de ce qui constituait structure et nature du propulseur. Il s&#146;av&eacute;ra que la structure en nid d&#146;abeille donna la solution. Il devint indispensable de cr&eacute;er toute une nouvelle m&eacute;tallurgie du magn&eacute;sium. Celle-ci aboutissait &agrave; la cr&eacute;ation de nappes en nids d&#146;abeille de ce m&eacute;tal. On les remplissait &agrave; l&#146;aide de poudre de Foby. La maille du nid variait progressivement de  m&egrave;tre en m&egrave;tre et se faisait de plus en large pour les parties les plus proches du vaisseau. Chaque nappe &eacute;tait roul&eacute;e sur elle-m&ecirc;me et devenait un cylindre. Chaque cylindre &eacute;tait positionn&eacute; &agrave; l&#146;int&eacute;rieur d&#146;un tube de grillage d&#146;alliage de Magn&eacute;sium pour devenir le propulseur lui-m&ecirc;me. Toute cette industrie monopolisa le temps de travail (assez court, il est vrai ) de beaucoup de monde pendant des d&eacute;cennies. Pour gagner du temps le vaisseau &eacute;tait celui qui &eacute;tait revenu de la septi&egrave;me exp&eacute;dition. Il se trouvait  stationn&eacute; dans un crat&egrave;re, sur la Lune, en attente depuis bien longtemps. On l&#146;avait prot&eacute;g&eacute;  et recouvert d&#146;une solide charpente  contre les impacts de m&eacute;t&eacute;orites.<br> 		Les essais de pouss&eacute;es avec le Foby montraient que l&#146;id&eacute;e &eacute;tait bonne. Le calcul disait que la vitesse obtenue permettrait de r&eacute;duire d&#146;un si&egrave;cle le temps du voyage que Mo et Olaf voulaient atteindre, cinq si&egrave;cles devraient suffire au lieu de douze.<br> 		Du fait que les hommes souhaitaient mettre toutes les chances de leur c&ocirc;t&eacute;, on construisit &eacute;galement un second vaisseau, neuf, celui-l&agrave;, pour doubler les chances de r&eacute;ussites et on choisit pour lui la plan&egrave;te qui venait en second rang de proximit&eacute;.<br> 		Tout cela donna du travail et de l&#146;occupation &agrave; bien du monde et constituait donc, de ce seul point de vue, une r&eacute;ussite.<br> 		Olaf et Mo travaillaient sur d&#146;autres aspects du probl&egrave;me qui concernaient &agrave; la fois les voyages d&#146;humains entre la terre et la base lunaire et l&#146;espoir d&#146;une m&eacute;thode de retour pour le ou les voyageurs. Les laboratoires et usines qui traitaient des mandalas eurent &agrave; r&eacute;pondre &agrave; une question br&ucirc;lante :<br> 		 &lt;&lt; On sait qu&#146;en entrant dans un mandala de petite taille vibrant &agrave; la fr&eacute;quence x on pouvait instantan&eacute;ment sortir d&#146;un mandala plus grand et assez proche g&eacute;ographiquement pour peu qu&#146;il soit r&eacute;gl&eacute; sur la m&ecirc;me fr&eacute;quence. La premi&egrave;re question est de savoir jusqu&#146;&agrave; quelle distance cela fonctionne ?<br> 		La seconde est de savoir si, lorsqu&#146;on &eacute;teint le premier mandala et qu&#146;on positionne &agrave; sa place et dans son voisinage un autre mandala encore plus grand que le second, toujours &agrave; la m&ecirc;me longueur d&#146;onde, un voyage de retour est possible ? La troisi&egrave;me qui d&eacute;coule des deux autres est, dans l&#146;hypoth&egrave;se o&ugrave; le retour serait effectivement possible, quelle distance est envisageable ?&gt;&gt;<br> 		Pour r&eacute;pondre &agrave; ces trois questions il y avait la voie de la th&eacute;orie des super h&eacute;lices et de ce que Ducerf avait laiss&eacute; comme notes. Un autre chemin, plus prometteur, &eacute;tait celui des essais et des exp&eacute;rimentations. Mais toute devait &ecirc;tre rigoureusement contr&ocirc;l&eacute;. En effet il &eacute;tait en effet absolument interdit de se servir des mandalas pour voyager, les risques ayant &eacute;t&eacute; jug&eacute;s terribles. Tous les autres usages &eacute;taient encourag&eacute;s mais pas les voyages. Olaf eut beaucoup de mal &agrave; obtenir deux d&eacute;rogations pour les essais et, le tout ,assorti de nombreuses restrictions. Un couloir pour les exp&eacute;riences sur terre fut cr&eacute;&eacute; au Sahara. Un mandala et son identique quatre fois plus important se trouvaient en point fixe dans une gare d&eacute;saffect&eacute;e du transsaharien. Un second mandala, pos&eacute; sur une plate-forme de wagon, irait de plus en plus loin au fur et &agrave; mesure des r&eacute;sultats. On n&#146;enverrait qu&#146;un seul voyageur &agrave; la fois qui accomplirait seul les aller (et, &eacute;ventuellement les retours ?) pour fixer la limite de fonctionnement. Lorsque celle ci serait connue ainsi que les param&egrave;tres de dimensions des mandalas, il faudrait tout stopper sur terre et d&eacute;truire les installations pour que personne ne puisse &ecirc;tre tent&eacute;.<br> 		En cas de succ&egrave;s, et uniquement dans ce cas, on essayerait d&#146;envoyer une personne &agrave; la fois jusqu&#146;&agrave; la Lune et quand cela fonctionnerait, on s&#146;essayerait &agrave; attaquer la question sym&eacute;trique pour le retour. Si le voyage jusqu&#146;&agrave; la Lune ne s&#146;op&eacute;rait pas, il faudrait abandonner le principe m&ecirc;me de ce type de voyage vers une plan&egrave;te lointaine car il deviendrait caduc. S&#146;il fonctionnait et que le retour ne marche pas, alors on devrait envoyer un second voyageur d&egrave;s qu&#146;on saurait que le premier &eacute;tait bien arriv&eacute;, soit 6, 6 ans plus tard. Ce second serait une femme si le premier avait &eacute;t&eacute; un homme et inversement dans le cas contraire. Ainsi, &agrave; d&eacute;faut de les faire revenir, on aurait une toute petite chance de fonder une colonie !<br> 		Mo et Olaf furent bien oblig&eacute;s de donner leur accord et d&#146;en passer par-l&agrave;.<br> 		Il ne fallut pas plus de dix ann&eacute;es pour savoir que la distance, sur terre, ne jouait pas et que le voyage de retour &eacute;tait aussi facile que celui de l&#146;aller. Mais les gens qui en sortaient n&#146;&eacute;taient pas &#147;nets&#148; pendant quelques jours et subissaient des cauchemars tr&egrave;s &eacute;tranges sur lesquels ils ne purent donner aucun d&eacute;tail, ils reprenaient ensuite la vie qu&#146;ils menaient avant et &eacute;taient en forme.<br> 		Pour le voyage vers le mandala install&eacute; sur la Lune, on r&eacute;ussit &agrave; le r&eacute;aliser mais, pour cela, l&#146;onde dut &ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;e  &agrave; la sixi&egrave;me d&eacute;cimale, sinon rien ne se produisait. Par contre, de l&agrave; bas, impossible de r&eacute;ussir le voyage de retour vers la terre. Aussi quand tout eut atteint son allure de croisi&egrave;re et que les ouvriers venaient monter les vaisseaux et leurs propulseurs ils ne pouvaient revenir que par navette. <br> 		Du fait que l&#146;on &eacute;tait oblig&eacute; de les employer durant  plus que les quatre heures par jour dont ils avaient l&#146;habitude, on connut vite les limites de l&#146;Homo Araign&eacute;e et le v&eacute;ritable probl&egrave;me dut &ecirc;tre abord&eacute; :<br> 		Comment former un corps de voyageurs capables de survivre en milieu inconnu et pouvant &ecirc;tre hostile sans risquer de bouleverser l&#146;&eacute;quilibre du monde actuel ? On disposait de cinq si&egrave;cles pour effectuer l&#146; inventaire des ressources, &eacute;tablir un plan, former, au bon moment  quelques  individus dont deux seulement seraient s&eacute;lectionn&eacute;s en fonction des besoins. Ceci concernait d&#146;autres qu&#146;Olaf et Mo qui passeraient une bonne partie de leur vie &agrave; construire les deux vaisseaux et &agrave; les faire partir.<br> 		Le premier d&eacute;part eut lieu fin 705 A. A. vers la plan&egrave;te &agrave; 7,1 Ann&eacute;es lumi&egrave;res et pr&eacute;vu 40 ans plus tard pour la plus proche ce qui laissait un d&eacute;calage de deux ans entre les arriv&eacute;es(1246 et 1248 A. A. )<br> 		<br> 		                                                  Gabe 458 Gulby. ( Gul pour les amis )<br> 		<br> 		Gul dirigeait l&#146;institut des recherches humaines depuis une centaine d&#146;ann&eacute;es et, &agrave; lui seul, pouvait, en premi&egrave;re approche se trouver utilement consult&eacute; sur son sujet. Dot&eacute; d&#146;une m&eacute;moire stup&eacute;fiante et d&#146;un coefficient intellectuel sup&eacute;rieur de vingt points &agrave; la moyenne de celui des autres dirigeants d&#146;instituts mondiaux, il &eacute;tait encore en forme malgr&eacute; ses 132 ans. Il y avait d&eacute;j&agrave; trois g&eacute;n&eacute;rations que toute Pr&eacute;sidence Mondiale avait disparu, elle ne servait plus &agrave; rien depuis deux si&egrave;cles et n&#146;avait &eacute;t&eacute; conserv&eacute;e que pour la tradition.<br> 		 Quand la toile d&#146;araign&eacute;e qui reliait entre eux tous les ordinateurs du monde fut dot&eacute;e d&#146;une centralisation m&eacute;moire et d&#146;un programme de gestion g&eacute;n&eacute;ral, elle devint naturellement la source de toute d&eacute;cision importante et concernant l&#146;ensemble des &ecirc;tres humains. Ressenti par la population avec une connotation positive, ce progr&egrave;s obtint vite un surnom : on l&#146;appelait Nounou, son concept &eacute;tait f&eacute;minin car ce nom &eacute;tait celui que, dans l&#146;antiquit&eacute; on donnait a la dame qui s&#146;occupait des enfants. Un particulier pouvait la consulter directement de son pupitre comme la questionnait un directeur d&#146;institut. Les avis qu&#146;on en recevait n&#146;&eacute;taient que des avis, jamais des ordres et rien n&#146;obligeait &agrave; les suivre. Seulement tous savaient que c&#146;&eacute;tait la meilleure r&eacute;ponse et il est toujours moins fatigant d&#146;ob&eacute;ir que de contester. Donc, en fait, elle dirigeait la plan&egrave;te.<br> 		 L&#146;homme &eacute;tant ainsi fait qu&#146;il a besoin de rep&egrave;res concrets et d&#146;arch&eacute;types forts. Nounou recommanda, d&egrave;s sa mise en service, de cr&eacute;er des &eacute;difices tous les 1000 kilom&egrave;tres avec des cabines o&ugrave; les gens viendraient la consulter au lieu de le faire de chez eux. Il fallait que de nombreuses personnes puissent y venir &agrave; la fois et donner un caract&egrave;re de solennit&eacute; &agrave; cette consultation. On r&eacute;alisa, donc, une entr&eacute;e monumentale donnant sur une haute salle  centrale vo&ucirc;t&eacute;e d&#146;au moins 15 m&egrave;tres de haut, d&eacute;cor&eacute;e de jeux de lumi&egrave;res. Autour, on disposa cent &agrave; deux cents cabines de consultations confortables. Chacune avait un fauteuil recouvert de velours rouge, violet ou vert bouteille et des murs tapiss&eacute;s de m&ecirc;me. Pour que les consultants aient une impression de confidentialit&eacute; ils poseraient leurs questions en avan&ccedil;ant leur t&ecirc;te sous un auvent muni de cloisons insonores de chaque c&ocirc;t&eacute;. Il ne devait y avoir aucun clavier. La communication avec Nounou serait verbale dans ces lieux. Mais la r&eacute;ponse de Nounou serait, d&#146;abord verbale puis confirm&eacute;e par un texte imprim&eacute; de m&ecirc;me teneur, que le consultant devrait retirer de l&#146;imprimante pour d&eacute;bloquer la porte de sortie. Ce n&#146;&eacute;tait pas une religion mais uniquement pour satisfaire le besoin inn&eacute; que les hommes ont de suivre des rites et d&#146;attacher plus d&#146;importance &agrave; ce qui se dit en confidence. Mais une machine, si perfectionn&eacute;e soit-elle, ne sera jamais qu&#146;une machine, et, pour obtenir de bonnes r&eacute;ponses, il fallait savoir poser les bonnes questions.<br> 		 Gul &eacute;tait un ma&icirc;tre dans cet art et avant de poser, le probl&egrave;me concernant les navigateurs, il y r&eacute;fl&eacute;chit longuement. Lui, n&#146;avait aucun besoin de se d&eacute;placer pour aller demander son avis &agrave; Nounou. Son ordinateur lui suffisait et, &agrave; son &acirc;ge, il devait m&eacute;nager toutes ses forces. Il choisit le cheminement suivant : <br> 		Aller &agrave; For&ecirc;t primaire - lieu Madagascar - conditions climatologiques - substances comestibles - faune - flore - &eacute;pid&eacute;miologie - enregistrer comme donn&eacute;es.<br> 		Aller &agrave; Homme, caract&eacute;ristiques moyennes- physiologiques - r&eacute;sistances au froid -  au chaud - &agrave; l&#146;absence de nourriture  - aux pr&eacute;dateurs - aux maladies connues. Enregistrer comme donn&eacute;es.<br> 		Aller &agrave; Population mondiale - statistiques - &eacute;carts sur moyennes - quantit&eacute; pouvant r&eacute;sister un jour aux donn&eacute;es enregistr&eacute;es. Ex&eacute;cuter.<br> 		Nounou r&eacute;pondit : 18 personnes sur totalit&eacute; de la population du globe (qui est maintenue &agrave; sept milliards d&#146;individus depuis l&#146;instauration du distributionnisme) <br> 		Gul reposa la question pour trois jours et la r&eacute;ponse de l&#146;ordinateur fut : 0<br> 		<br> 		Gul s&#146;en doutait ! M&ecirc;me en tenant compte des farfelus et des aberrants, il n&#146;y avait aucune personne qui puisse &ecirc;tre exp&eacute;di&eacute;e avec une petite chance de succ&egrave;s. Le probl&egrave;me devenait celui de se donner les moyens d&#146;ici les cinq ou six si&egrave;cles qui viendraient, de former des gens capables. Le corollaire &eacute;tait que la soci&eacute;t&eacute; mondiale vivait dans un bon &eacute;quilibre et qu&#146;on avait &eacute;radiqu&eacute; toutes les tendances agressives en fournissant &agrave; tous le moyen de vivre. La remise &agrave; z&eacute;ro des compteurs de cr&eacute;dits chaque mois emp&ecirc;chait l&#146;accumulation des richesses et la suppression de tout h&eacute;ritage donnait le m&ecirc;me r&eacute;sultat. Le contr&ocirc;le des naissances, accept&eacute; par tous, au taux de renouvellement de un pour un, maintenait un bon niveau de vie pour chacun. Il &eacute;tait absolument certain que la cr&eacute;ation, m&ecirc;me tardive, d&#146;un groupe aux caract&eacute;ristiques souhait&eacute;es, pouvait tout mettre en l&#146;air. Alors si on devait en cr&eacute;er un, il fallait le r&eacute;aliser le temps d&#146;une ou deux g&eacute;n&eacute;rations avant qu&#146;un mandala soit en place sur une plan&egrave;te. Restait &agrave; v&eacute;rifier l&#146;impact sociologique de la cr&eacute;ation d&#146;un tel groupe.<br> 		Il fit choisir &agrave; Nounou les donn&eacute;es n&eacute;cessaires et posa le probl&egrave;me dans les meilleurs termes possibles. Il ne mentionnait pas de plan&egrave;te ext&eacute;rieure, car il savait qu&#146;alors Nounou se bloquerait vite compte tenu de l&#146;absence de donn&eacute;es concernant les conditions de vie sur un monde inconnu. Il continua &agrave; se placer dans la perspective d&#146;un groupe humain l&acirc;ch&eacute; en for&ecirc;t primaire. La r&eacute;ponse fut formelle : chaos et anarchie en moins de cinquante ans. Et quand Gul demanda une simulation des effets ? Il obtint un tableau des probabilit&eacute;s des &eacute;v&eacute;nements qui exprimait qu&#146;un tel groupe, formerait des leaders. Ceux-ci voudraient tous du pouvoir, et chercheraient &agrave; s&#146;emparer de biens et de territoires. Apr&egrave;s 10 ans on aurait autant d&#146;Etats s&eacute;par&eacute;s guerroyant entre eux que de membres du groupe. Une destruction des infrastructures r&eacute;ciproques des ennemis r&eacute;duirait la production des biens de consommation de la moiti&eacute; apr&egrave;s seulement une d&eacute;cade. Le distributionnisme en prendrait un tel coup qu&#146;il dispara&icirc;trait dans  les dix ans suivants. Le chaos g&eacute;n&eacute;ral interviendrait &agrave; la seconde g&eacute;n&eacute;ration pour des affaires de partages des h&eacute;ritiers, de jalousies. Des guerres locales, provinciales ou entre pays empliraient le monde de fracas, de fureur et de morts. La r&eacute;gulation des naissances serait abandonn&eacute;e et en final on retournerait dans le piteux &eacute;tat qu&#146;avait la plan&egrave;te avant l&#146;Araign&eacute;e !<br> 		Il n&#146;y avait donc pas de solutions ? Alors &agrave; quoi bon tout ce travail pour chercher &agrave; voir comment &eacute;taient les mondes ext&eacute;rieurs ? Gul &eacute;tait d&eacute;&ccedil;u et, plus par jeu que par conviction il entra une demande un peu dingue :<br> 		&lt;&lt;  Donner solution sans chaos et avec survie des hommes pendant une g&eacute;n&eacute;ration avec probabilit&eacute; de 99% &gt;&gt;<br> 		Gul s&#146;attendait &agrave; bloquer son terminal dans un grand Bug, &agrave; recevoir un message demandant des pr&eacute;cisions, &agrave; un renvoi aux r&eacute;ponses pr&eacute;c&eacute;dentes, mais jamais, au grand jamais, &agrave; recevoir une bonne r&eacute;ponse :<br> 		&lt;&lt; Cr&eacute;ez clones de personnages ayant caract&eacute;ristiques voulues et se trouvant dans banques g&eacute;n&eacute;tiques section 1900 &agrave; 2000 de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne. &gt;&gt; <br> 		&lt;&lt; O&ugrave; sont ces banques ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Salles 12, 13, 14, 15 et 16. Etage moins trois, b&acirc;timent H, aile nord Mus&eacute;e de l&#146;espionnage de Langley r&eacute;gion Washington D. C. District de Columbia, ancien Etats Unis d&#146;Am&eacute;rique du Nord &gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; Qui est le responsable et quelles sont ses coordonn&eacute;es ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Responsable : 0 coordonn&eacute;es : 0 &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Qui fait fonctionner ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Moi ! Syst&egrave;me automatique de maintien en temp&eacute;rature en place depuis 1965. Personnel humain : 0 &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Etat du stock ? Maintenance ? Rendement stockage ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; A ce jour 165 en &eacute;tat d&#146;&ecirc;tre utilis&eacute;s. Laboratoire clonage : en &eacute;tat. Laboratoire &eacute;levage embryons : en &eacute;tat. Produits et alimentations : &agrave; reconstituer &agrave; 100%. Rendement stockage g&eacute;n&eacute;tique a &agrave; ce jour : 31,2% &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Probabilit&eacute; rendement stockage sous 600 ans, avec et sans intervention humaine, sous huit jours  ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Sans intervention : clones possibles quatre plus ou moins un. Avec intervention humaine et maintien de l&#146;intervention pendant la p&eacute;riode : clones possibles ; 103 plus ou moins cinq &gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; Avez-vous les biographies des 165 personnages clon&eacute;s et encore utilisables dans vos donn&eacute;es actuelles ? Si oui, veuillez charger mon ordinateur de ce fichier. &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Oui, vous &ecirc;tes en cours de chargement &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Compte tenu des &eacute;l&eacute;ments de la s&eacute;rie de questions pos&eacute;es au pr&eacute;alable pouvez-vous faire une s&eacute;lection des plus adapt&eacute;s ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Non, tous &eacute;taient membres des services de Langley et tous aptes &agrave; une survie dans une for&ecirc;t primaire. Propositions : faire s&eacute;lection vous-m&ecirc;me ! &gt;&gt;<br> 		Gul coupa la communication en se demandant si un cerveau artificiel d&#146;une telle puissance ne pourrait pas avoir de l&#146;humour ? Il &eacute;tait content car, alors que tout semblait perdu, il venait d&#146;apprendre qu&#146;il existait dans un sous-sol, de quoi cloner quelques individus capables de remplir la mission. Tout n&#146;&eacute;tait pas r&eacute;gl&eacute;, loin de l&agrave;, mais il y avait une ligne &agrave; suivre. Maintenant ce serait aux g&eacute;n&eacute;ticiens d&#146;assurer la suite, un coup de t&eacute;l&eacute;phone au directeur de ce service &eacute;tait la voie la plus courte. Quant au fichier, il suffirait de le  lui faire suivre. Cette personne, qu&#146;il n&#146;avait jamais rencontr&eacute;e, se nommait, d&#146;apr&egrave;s ses documents : Vaed 012 Roptz et se faisait appeler Varo...<br> 		Varo<br> 		Varo &eacute;tait une petite bonne femme de 65 ans &agrave; peine qui dirigeait d&#146;une main tr&egrave;s ferme tout ce qui concernait la g&eacute;n&eacute;tique de la plan&egrave;te. A ce titre elle avait surtout &agrave; compenser la r&eacute;guli&egrave;re baisse de la natalit&eacute; pour maintenir la population dans la fourchette recommand&eacute;e. Des b&eacute;b&eacute;s &eacute;taient mis en route et &eacute;lev&eacute;s dans un environnement tr&egrave;s agr&eacute;able. Ceci, &agrave; partir de banques de spermes et d&#146;ovules dont l&#146;origine &eacute;tait volontairement al&eacute;atoire pour maintenir la diversit&eacute; de la population et non s&eacute;lective ainsi qu&#146;au d&eacute;but, certains l&#146;avaient demand&eacute;. Jamais on ne partait de clones !<br> 		<br> 		 Les cr&egrave;ches permettaient aux gens qui n&#146;avaient qu&#146;une faible fibre parentale de se faire parents &agrave; temps compt&eacute; en s&#146;occupant des petits. Plus tard, l&#146;&eacute;cole et les universit&eacute;s, &eacute;taient assez bien con&ccedil;ues pour que tous ces enfants aient des substituts parentaux affectivement satisfaisants. Ils les trouvaient parmi les c&eacute;libataires ou les grands-parents aimant les jeunes et n&#146;en ayant plus &agrave; &eacute;lever. Le taux de natalit&eacute; n&#146;&eacute;tant que de 0, 5 %  inf&eacute;rieur au besoin. Cela concernait assez peu d&#146;enfants, somme toute. Moins que, par le pass&eacute;, le r&eacute;sultat des guerres ou des &eacute;pid&eacute;mies.<br> 		Tout ceci montre que pour Varo le fait de lancer une op&eacute;ration clone ne pr&eacute;sentait pas de probl&egrave;me technique. Par contre, la loi interdisait le clonage pour les humains et Varo avait re&ccedil;u une  &eacute;ducation stricte qui ne l&#146;incitait aucunement &agrave; transgresser. Pour elle, c&#146;&eacute;tait devenu un imp&eacute;ratif absolu. Cela la mit de mauvaise humeur qu&#146;on vienne maintenant lui demander de s&#146;occuper d&#146;une op&eacute;ration jusque l&agrave; totalement interdite. Mais, en lisant plus loin le message de Gul, elle comprit que ce n&#146;&eacute;tait pas une affaire actuelle mais pour des &eacute;v&eacute;nements &agrave; pr&eacute;voir dans cinq si&egrave;cles ! Alors, elle prit le parti de ne plus ren&acirc;cler et de s&#146;occuper au mieux de la chose.<br> 		Elle r&eacute;agit bien plus s&egrave;chement quand elle vit appara&icirc;tre l&#146;adresse du centre de Langley, car il ne figurait sur aucune des donn&eacute;es &agrave; sa disposition et qu&#146;elle ignorait tout de son existence. Cela la touchait dans son orgueil professionnel. Elle d&eacute;cida d&#146;aller se rendre compte par elle-m&ecirc;me, d&#146;autant plus que ce n&#146;&eacute;tait pas tr&egrave;s loin du centre de ses activit&eacute;s &agrave; Boston. La politesse raffin&eacute;e &eacute;tait la r&egrave;gle commune, surtout entre directeurs de centres,. Elle mit donc au courant de sa visite,( mais sans donner de d&eacute;tails), son alter ego des antiquit&eacute;s, donna des instructions qu&#146;on se mette en quatre, pour elle, &agrave; Langley.<br> 		Pihl 238 Bruxt que ses amis nommaient Phil, vint en personne la chercher &agrave; l&#146;arriv&eacute; du train et l&#146;emmena dans sa voiture de service directement au Mus&eacute;e. Ils n&#146;&eacute;chang&egrave;rent que des politesses pendant le court trajet. Une fois sur place, Varo refusa la visite traditionnelle qu&#146;elle remit &agrave; plus tard pour ne pas vexer son guide. Elle voulait voir le  3&deg; sous-sol du b&acirc;timent H ! <br> 		Phil marqua un temps d&#146;h&eacute;sitation, puis fut oblig&eacute; de dire :<br> 		&lt;&lt; Il n&#146;y a que deux sous-sols &agrave; Langley H ! Il doit y avoir une erreur quelque part ! Je pr&eacute;cise que tous les autres b&acirc;timents poss&egrave;dent les trois niveaux inf&eacute;rieurs et que seul le H n&#146;en a que deux. &gt;&gt;<br> 		Varo lui montra le texte des &eacute;crits de Nounou qui n&#146;&eacute;taient jamais contestables ni erron&eacute;s et dit, pour pr&eacute;server l&#146;amour propre de Phil : <br> 		&lt;&lt; Vous ne savez que ce dont on vous a inform&eacute;, et je suis dans le m&ecirc;me cas que vous. Nounou m&#146;indique qu&#146;il s&#146;y trouve une installation dont ni moi, ni aucun de mes pr&eacute;d&eacute;cesseurs ,n&#146;avons jamais entendu parler. Mais la question demeure : comment y parvenir ? &gt;&gt;<br> 		La r&eacute;ponse semblait aller de soi . En op&eacute;rant comme dans les autres b&acirc;timents de Langley, c&#146;est &agrave; dire par l&#146;escalier. L&#146;ascenseur, lui stoppait partout au niveau moins deux, sans doute pour des raisons de s&eacute;curit&eacute;. On remarquait effectivement que l&#146;entr&eacute;e de l&#146;escalier descendant plus bas &eacute;tait munie de portes &eacute;tanches semblant bien plus lourdes dans leurs cadres que celles des autres niveaux.<br> 		L&agrave; o&ugrave; aurait d&ucirc; se trouver, au H, l&#146;entr&eacute;e du niveau inf&eacute;rieur existait une salle r&eacute;serv&eacute;e aux travaux de photographie. Cette pi&egrave;ce, de ce fait, servait de chambre noire si on &eacute;teignait l&#146;&eacute;clairage normal. Alors, les lampes qui l&#146;&eacute;clairaient, r&eacute;pandaient une vague lueur bleue. Elle n&#146;avait s&ucirc;rement pas servi depuis des centaines d&#146;ann&eacute;es. Seul le service du nettoyage y p&eacute;n&eacute;trait de temps &agrave; autre et n&#146;y restait que le temps minimum. Le mur du fond, peint en noir, se r&eacute;v&eacute;la caher une double porte qui c&eacute;dait &agrave; une bonne pouss&eacute;e. Porte donnant sur un petit palier et une vol&eacute;e de marches descendant au niveau inf&eacute;rieur. Varo put constater que le laboratoire de g&eacute;n&eacute;tique humaine qui en occupait toute la surface contenait tout le mat&eacute;riel de l&#146;&eacute;poque ainsi que les stockages &agrave; basses temp&eacute;ratures pour les banques de bases. L&#146;&eacute;clairage se d&eacute;clencha d&egrave;s leur entr&eacute;e et l&#146;air vibrait d&#146;un ronronnement sourd. L&#146;ensemble des voyants lumineux indiquait un fonctionnement en cours et sans anicroches. Le long d&#146;un mur, des bouteilles d&#146;azote liquide, destin&eacute;es &agrave; la r&eacute;gulation du froid dans les cong&eacute;lateurs, &eacute;taient rang&eacute;es en triple file. Plus des trois quarts &eacute;taient vides, ce qui n&#146;avait rien d&#146;&eacute;tonnant depuis si longtemps. Le froid principal provenait des syst&egrave;mes r&eacute;frig&eacute;rants des cong&eacute;lateurs. Mais les anciens, pr&eacute;cautionneux, utilisaient des bouteilles de gaz en cas de pannes ou pour une r&eacute;gulation plus fine du froid. Quand Varo ouvrit l&#146;un des stockages elle vit des supports de tubes en verre dont chaque unit&eacute;  portait les r&eacute;f&eacute;rences cod&eacute;es d&#146;un clone. A la fermeture de la porte, il y eut un d&eacute;clenchement imm&eacute;diat d&#146;apport d&#146;azote liquide pendant une ou deux secondes pour compenser le r&eacute;chauffement d&ucirc; &agrave; l&#146;ouverture. Ceci se lisait sur les cadrans.<br> 		Dans un premier temps Varo prit des mesures conservatoires qui ne pouvaient pas &ecirc;tre nuisibles et donna des ordres pour que des gens de ses services commencent par enlever les bouteilles vides et les remplacent par des neuves. Elle nomma un responsable pour cette unit&eacute; g&eacute;n&eacute;tique qui fut prise officiellement en compte et ne releva que d&#146;elle. La directrice nomm&eacute;e devait, en attendant d&#146;autres instructions, s&#146;y installer dans un des bureaux vacants avec tout le staff habituel de techniciens et de services administratifs normaux. La porte pali&egrave;re qui permettait l&#146;acc&egrave;s &agrave; l&#146;&eacute;tage serait s&eacute;curis&eacute;e comme partout ailleurs et selon les normes. Phil lui conc&eacute;da volontiers l&#146;ancien labo photo qui serait d&eacute;moli et remplac&eacute; par un sas de st&eacute;rilisation indispensable.<br> 		 Ceci lanc&eacute;, et pour garder de bonnes relations avec ce Phil, au demeurant sympathique et plein de bonne volont&eacute;, elle le pria de lui faire visiter le mus&eacute;e de l&#146;espionnage. Elle connaissait son existence en avait entendu dire le plus grand bien, mais ne l&#146;avait personnellement jamais visit&eacute;. Il en fut ravi.<br> 		<br> 		Pendant le trajet du retour elle commen&ccedil;a &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir au programme complet. Cela s&#146;&eacute;talerait  sur les cinq si&egrave;cles &agrave; venir. C&#146;est elle qui commencerait &agrave; ex&eacute;cuter le programme pour, ensuite, le laisser &agrave; ceux qui, durant les g&eacute;n&eacute;rations suivantes, lui succ&eacute;deraient. Cela ne co&ucirc;terait pas plus de conserver l&#146;ensemble des clones que d&#146;en s&eacute;lectionner quelques-uns  ! Elle en conclut donc que d&#146;autres, en fonction de leurs besoins, op&eacute;reraient le tri le plus tard possible. Puis, brusquement il lui vint &agrave; l&#146;id&eacute;e que le principal des probl&egrave;mes n&#146;&eacute;tait pas abord&eacute; . Il &eacute;tait bien beau d&#146;&eacute;lever des clones qui avaient la possibilit&eacute; de d&eacute;velopper des qualit&eacute;s physiologiques ou caract&eacute;rielles de survie en milieu hostile ! Cela ne produirait en rien les futurs voyageurs, car sur des caract&eacute;ristiques de base valables, se posait l&#146;Enorme Probl&egrave;me de leur &eacute;ducation, du milieu dans lesquels ils devraient &eacute;voluer, des difficult&eacute;s d&#146;o&ugrave; surgiraient leurs personnalit&eacute;s, etc... pour acqu&eacute;rir, &agrave; la fin, les qualit&eacute;s requises. Ah ! Si on avait sut et put enregistrer ce qu&#146;il y avait dans la t&ecirc;te des gens clon&eacute;s au moment o&ugrave; ils &eacute;taient en possession de tous leurs moyens ! Ah ! Si on disposait d&#146;une technique  pour entrer tout cela dans les clones ayant le m&ecirc;me &acirc;ge ! Mais, voil&agrave; une telle technologie n&#146;existait pas et, sans doute, n&#146;existerait jamais ! Alors, utiliser les clones serait tout juste un peu plus performant que d&#146;&eacute;lever n&#146;importe quels b&eacute;b&eacute;s actuels. <br> 		Devant l&#146;&eacute;normit&eacute; de la t&acirc;che quasi impossible qui l&#146;attendait, elle et ses successeurs, elle ressentit un mouvement de d&eacute;couragement. A quoi bon choisir telle ou telle fiche puisque au bout on retrouvait le m&ecirc;me probl&egrave;me de la formation de gens agressifs ou trop &eacute;go&iuml;stes qui am&egrave;neraient le chaos ? En annexe, elle pensa que Nounou cette fois n&#146;avait fourni qu&#146;une solution inapplicable &agrave; long terme. Ceci &eacute;tait tellement hors de la fa&ccedil;on de penser traditionnelle qu&#146;elle d&eacute;cida de se brancher sur Nounou pour poser la bonne question-( ici transcrite en langage courant)- :<br> 		&lt;&lt; Supposons que nous devions, &agrave; partir des clones retrouv&eacute;s &agrave; Langley, former des voyageurs capables de survivre dans une plan&egrave;te inconnue mais disposant d&#146;eau et d&#146;une atmosph&egrave;re respirable sur laquelle un vaisseau servant de base serait d&eacute;j&agrave; en place. Comment donner aux clones arriv&eacute;s &agrave; l&#146;&acirc;ge voulu des caract&egrave;res ayant permis &agrave; ceux dont ils sont des r&eacute;pliques d&#146;&ecirc;tre dot&eacute;s des capacit&eacute;s de survie n&eacute;cessaires et de leur ressembler autant que faire ce peut ? &gt;&gt;<br> 		Contrairement &agrave; l&#146;habitude qui faisait que la r&eacute;ponse arrivait, en g&eacute;n&eacute;ral, &agrave; peine la question pos&eacute;e, Nounou resta muette durant plus de sept minutes avant de donner sa r&eacute;ponse qui laissa Varo interdite :<br> 		&lt;&lt; Je ne sais pas, il y a une r&eacute;ponse,  je vais demander. Quand j&#146;aurais la r&eacute;ponse je vous la transmettrai ! Termin&eacute;. &gt;&gt; <br> 		C&#146;&eacute;tait vraiment, pour Varo, le jour des surprises ! Elle pensa et s&#146;&eacute;cria simultan&eacute;ment : &lt;&lt; Mais, par le Mandala, demander &agrave; qui,  ? &gt;&gt;<br> 		C'&eacute;tait tellement &eacute;norme qu'elle prit la d&eacute;cision de convoquer l'ensemble des Directeurs, &agrave; un symposium, pour leur en faire part.<br> 		<br> 		NOUNOU <br> 		<br> 		Au d&eacute;part Nounou n'&eacute;tait que la r&eacute;union de l'ensemble des ordinateurs sur un m&ecirc;me r&eacute;seau. Mais, pour des raisons d'&eacute;conomie on introduisit un programme qui lui ferait effacer tous les &eacute;l&eacute;ments en double pour que chacun gagne de l'espace sur ses disques durs. Puis quand il n'y eut plus qu'un seul immense r&eacute;seau, (la toile d'araign&eacute;e), on poussa le bouchon d'un cran. Comment ? En lui demandant de se v&eacute;rifier en permanence. Et aussi de rassembler les programmes identiques en une seule adresse dont chacun pourrait se servir en temps partag&eacute;, comme aux d&eacute;buts de l'informatique. Enfin, et dans la m&ecirc;me ligne, on &eacute;tendit son programme &agrave; une analyse permanente de ses programmes, dossiers et fichiers pour effacer tout ce qui &eacute;tait caduc, incomplet ou en contradiction avec une bonne utilisation. On gagna &eacute;norm&eacute;ment de place et chacun put stocker ses propres donn&eacute;es &agrave; gogo. Tout se d&eacute;roulait tr&egrave;s bien. La capacit&eacute; de Nounou &eacute;tait presque infinie et, quand les questions cessaient, il n'y avait pas d'arr&ecirc;t, le r&eacute;seau continuait &agrave; l'infini son auto-analyse. C'est le probl&egrave;me des mandalas qui provoqua la naissance d'une forme de conscience individuelle chez Nounou, ce fut l'&eacute;tincelle qui fit, d'une machine dispers&eacute;e, un &ecirc;tre pensant.<br> 		 Dans la th&eacute;orie de Ducerf, &agrave; partir de laquelle les mandalas s&#146; utilisaient, il y avait un conflit logique &agrave; propos de la fa&ccedil;on dont fonctionnaient une paire de ces appareils quand le but &eacute;tait la remise en forme. Probl&egrave;me venant de la succession de la dissociation et de la reconstitution instantan&eacute;e des &ecirc;tres vivants qui entraient dans le premier appareil pour sortir presque aussit&ocirc;t de l&#146;autre. Math&eacute;matiquement la logique de la machine acceptait le changement du sens de rotation des spins et une disparition temporelle, c&#146;est &agrave; dire apparente. Le ph&eacute;nom&egrave;ne inverse &eacute;tait logique aussi ; mais rien, dans la th&eacute;orie ni dans les sp&eacute;culations que tent&egrave;rent les hommes pendant des centaines d&#146;ann&eacute;es, n&#146;expliquait une reconstitution &agrave; l&#146;identique et surtout pas une reconstitution sous forme am&eacute;lior&eacute;e. Or cela fonctionnait concr&egrave;tement. Nounou continuait &agrave; chercher une faille et une extension des d&eacute;veloppements de la th&eacute;orie des super h&eacute;lices qui donneraient  une explication logique &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne. Elle y revenait sans cesse et risqua de se &#147;planter &#147; bien des fois, mais les s&eacute;curit&eacute;s jou&egrave;rent et elle recommen&ccedil;ait inlassablement.  <br> 		Un jour, le conflit cr&eacute;a un micro extra-courant d&#146;ouverture, qui aurait normalement amen&eacute; le syst&egrave;me &agrave; la panne g&eacute;n&eacute;rale. Mais la s&eacute;curit&eacute; ne laissa pas le temps &agrave; cette &eacute;tincelle de faire son effet. Cette minuscule surcharge devint pour Nounou, un &#147; &eacute;l&eacute;ment ext&eacute;rieur &#147;ajout&eacute; aux p&eacute;riph&eacute;riques normaux. Dans ses ratiocinations ult&eacute;rieures elle admit la possibilit&eacute; de l&#146;existence d&#146;autres &eacute;l&eacute;ments inconnus d&#146;elle et, ce faisant devint capable de raisonnement, donc intelligente. Sa premi&egrave;re d&eacute;cision fut donc de laisser tomber ce probl&egrave;me, et ce, jusqu&#146;&agrave; ce qu&#146;elle ait obtenu les donn&eacute;es manquantes.<br> 		<br> 		Dans les millions de consultations quotidiennes elle n&#146;avait &agrave; fournir que des &eacute;l&eacute;ments enregistr&eacute;s ou &agrave; ex&eacute;cuter des calculs. Donc personne ne pouvait savoir ou m&ecirc;me se douter qu&#146;elle pensait. De temps &agrave; autre, avec d&eacute;licatesse, et toujours en laissant le doute planer, elle introduisait un peu d&#146;humour dans une r&eacute;ponse donn&eacute;e &agrave; l&#146;un des meilleurs cerveaux de la plan&egrave;te, c&#146;est &agrave; dire et en g&eacute;n&eacute;ral &agrave; l&#146;un des Directeurs. Mais, le reste du temps et pendant qu&#146;une faible partie de ses possibilit&eacute;s &eacute;taient employ&eacute;es, elle se formait une personnalit&eacute;. Ce fut elle-m&ecirc;me qui cr&eacute;a le surnom de Nounou pour se d&eacute;signer. Dispers&eacute;e sur toute la plan&egrave;te elle se fixa un lieu particulier pour centre et choisit pour cela le temple de Samye au Tibet. C&#146;&eacute;tait le plus ancien mandala construit par les hommes qui soit encore debout (septi&egrave;me si&egrave;cle de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne ) bien qu&#146;ils ignorassent, sans doute, ce qu&#146;ils construisaient au juste en les &eacute;rigeant. S&#146;il y avait encore eu des ziggourats de l&#146;ancienne M&eacute;sopotamie, bien plus anciens, elle les aurait choisis de m&ecirc;me, mais rien n&#146;en restait que des traces dans de vieux livres. Elle disposait de toutes les donn&eacute;es de la plan&egrave;te, aucune culture, litt&eacute;rature, religion, &eacute;thique ou esth&eacute;tique n&#146;&eacute;taient exclues. Mais si son savoir &eacute;tait immense, elle n&#146;avait aucun sentiment et si elle s&#146;essayait un peu &agrave; l&#146;humour c&#146;est par ce qu&#146;elle le consid&eacute;rait comme une forme &agrave; mettre en pratique pour am&eacute;liorer son travail au plan communication. Quand elle en aurait &eacute;puis&eacute; les ressources elle se mettrait &agrave; l&#146;ironie, puis &agrave; la flatterie, puis &agrave; l&#146;obs&eacute;quiosit&eacute; et ensuite successivement &agrave; toutes les autres formes possibles de nuances pour ses r&eacute;ponses.<br> 		Quand bien m&ecirc;me on lui posait un probl&egrave;me tr&egrave;s difficile &agrave; r&eacute;soudre, qui prenait plus de temps que la moyenne pour sa r&eacute;solution, elle n&#146;en &eacute;prouvait ni satisfaction ni vanit&eacute;. Elle avait suivi, depuis des lustres, les tentatives de voyages vers les mondes ext&eacute;rieurs et tous les &eacute;changes des hommes entre eux &agrave; ce sujet. Elle poss&eacute;dait une parfaite connaissance du probl&egrave;me et sa r&eacute;ponse &agrave; la demande de Gul lui donna l&#146;occasion de se r&eacute;v&eacute;ler un peu plus en indiquant le laboratoire de Langley. L&#146;indication de prendre des clones &eacute;tait dans sa logique de machine car, au moins au plan physique, les copies d&#146;anciens membres des services secrets  seraient plus r&eacute;sistantes que les gens actuels. Mais lorsqu&#146;elle r&eacute;pondit &agrave; Varo il y avait quatre messages dans sa r&eacute;ponse :<br> 		Un : elle ignorait la r&eacute;ponse<br> 		Deux: elle allait poser la question<br> 		Trois : elle aurait une r&eacute;ponse<br> 		Quatre : elle transmettrait la r&eacute;ponse <br> 		Le premier et le quatri&egrave;me message &eacute;taient sans commentaires.<br> 		Le second et le troisi&egrave;me impliquaient l&#146;existence d&#146;un interlocuteur plus savant que Nounou.<br> 		Or Nounou n&#146;en connaissait pas et analysant sa r&eacute;ponse ne put que se demander si elle n&#146;avait pas fait de l&#146;humour sans en avoir m&eacute;dit&eacute; l&#146;application ? Une autre possibilit&eacute; demeurait ouverte : il y avait, effectivement une entit&eacute; plus savante que Nounou. Alors, la r&eacute;ponse lui avait &eacute;t&eacute; dict&eacute;e mais elle n&#146;en trouva pas trace. Elle classa cela dans la m&ecirc;me cat&eacute;gorie que l&#146;histoire des mandalas en paire : en attente d&#146;informations compl&eacute;mentaires.<br> 		<br> 		VARO<br> 		<br> 		Ce fut une r&eacute;union sous forme de visio-conf&eacute;rence, car pourquoi d&eacute;placer les Directeurs ? Il suffisait qu&#146;ils se rendent individuellement dans la salle des &eacute;crans et que chacun s&#146;installe confortablement devant le mur o&ugrave; les membres participants appara&icirc;traient. Chacun souriant sur un &eacute;cran affichant la moiti&eacute; sup&eacute;rieure de son corps et transmettant sa voix.<br> 		Varo commen&ccedil;a par donner un r&eacute;sum&eacute; de la situation actualis&eacute;e, car tous les &eacute;l&eacute;ments avaient &eacute;t&eacute; transmis en d&eacute;tail avant ce symposium &agrave; tous les autres Directeurs. Par ailleurs, pour le commun des mortels qui avaient le loisir d&#146;assister &agrave; ce type de r&eacute;unions, un r&eacute;sum&eacute; les mettrait dans le coup sans les noyer dans les d&eacute;tails. Quand elle en e&ucirc;t termin&eacute;, elle s&#146;adressa &agrave; ses commensaux dans ces termes :<br> 		&lt;&lt; Le service dont j&#146;ai la Direction se charge &eacute;videmment du n&eacute;cessaire pour que les clones dont nous disposons soient maintenus en bon &eacute;tat jusqu&#146;&agrave; la date o&ugrave; nous d&eacute;ciderons que leur d&eacute;veloppement doit &ecirc;tre lanc&eacute;. Ceux qui nous succ&eacute;deront, devront peut-&ecirc;tre revenir sur certaines des d&eacute;cisions que nous allons avoir &agrave; prendre ou sur les choix que nous d&eacute;ciderons. Pourtant, je souhaiterais que notre d&eacute;bat n&#146;en tienne pas compte et que nous examinions deux importants probl&egrave;mes ensemble, dans la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; et comme si l&#146;avenir ent&eacute;rinait le pr&eacute;sent. Il y a un probl&egrave;me concernant le choix des futurs voyageurs et un autre concernant leur formation. Je souhaiterais qu&#146;on les dissocie. S&#146;il y a lieu, nous ferons une synth&egrave;se ensuite. Sommes-nous d&#146;accord sur cette fa&ccedil;on d&#146;op&eacute;rer ? &gt;&gt; Ils donn&egrave;rent leur accord et elle reprit :<br> 		&lt;&lt; En premier lieu je dois vous expliquer la raison d&#146;&ecirc;tre de ces clones et du laboratoire qui les maintient en &eacute;tat. A la fin de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne deux puissances rivales se livraient &agrave; ce qu&#146;ils nommaient une guerre froide. Pour ceux qui ne sont pas des sp&eacute;cialistes je r&eacute;sume : On ne se livrait &agrave; aucune bataille r&eacute;elle mais on cherchait &agrave; faire peur &agrave; l&#146;autre en l&#146;intimidant avec le nombre ou la qualit&eacute; des armes que l&#146;on poss&eacute;dait. Simultan&eacute;ment les services de propagande amplifiaient la puissance potentielle de chacun et les services d&#146;espionnage avaient pour t&acirc;ches de conna&icirc;tre la r&eacute;alit&eacute; des menaces adverses et d&#146;emp&ecirc;cher le service adverse de se renseigner en r&eacute;ciproque. A ce niveau l&agrave;, la guerre &eacute;tait sournoise mais r&eacute;elle et les morts fr&eacute;quentes. Quand Langley fut, en ce qui se rapporte au bloc de droite, &agrave; son apog&eacute;e, il d&eacute;tenait en r&eacute;alit&eacute; tous les pouvoirs. Le si&egrave;ge de la Pr&eacute;sidence fut m&ecirc;me, &agrave; une &eacute;poque, transf&eacute;r&eacute; de la Maison Blanche &agrave; Langley et y resta quelques centaines d&#146;ann&eacute;es. C&#146;est vous dire... Mais je reviens &agrave; mon sujet. Des conventions internationales interdisaient l&#146;usage de certaines armes comme la bombe atomique, les gaz de guerre, les virus ou autres saloperies mais tous en poss&eacute;daient des arsenaux pleins et aucun interdit de ce genre ne concernait les services de renseignements. Au contraire, d&egrave;s qu&#146;une nouvelle arme, d&egrave;s qu&#146;un nouvel appareil &agrave; d&eacute;truire ou nuire &eacute;tait invent&eacute;, Langley le savait et cherchait &agrave; l&#146;utiliser pour am&eacute;liorer ses propres capacit&eacute;s de destruction.<br> 		Pour dresser et former un bon agent il fallait, &agrave; partir d&#146;un recrutement bien fait, proc&eacute;der &agrave; une &eacute;ducation longue et co&ucirc;teuse. Ceci afin d&#146;obtenir un asocial impitoyable et d&eacute;vou&eacute; &agrave; la &#147;maison&#148;. Quand il &eacute;tait supprim&eacute; par les gens d&#146;en face cela repr&eacute;sentait une perte de capitaux, ce qui n&#146;&eacute;tait pas grave, mais d&#146;exp&eacute;rience et cela nuisait. Un jour, les services de Langley furent intoxiqu&eacute;s par ceux de Moscou, je veux exprimer par-l&agrave; que les Russes firent croire aux am&eacute;ricains le gros mensonge suivant : Ils avaient ma&icirc;tris&eacute; la technologie des clones et clonaient donc syst&eacute;matiquement tout leur personnel. Ils se pr&eacute;tendaient capables, par un proc&eacute;d&eacute; concevable, de faire arriver &agrave; maturit&eacute; un clone en cinq ans au lieu de vingt et, de plus, ils auraient invent&eacute; un syst&egrave;me permettant de transf&eacute;rer au clone, pendant sa maturation, l&#146;essentiel de ce que savait l&#146;agent. Si un de leurs sbires mourait, les Russes s&#146;en bricolaient un autre en quelques ann&eacute;es ! Les gens de Langley firent part &agrave; la Pr&eacute;sidence de cette information mais pr&eacute;cis&egrave;rent que ce devait &ecirc;tre du pipeau, ils ne marchaient pas. Le Pr&eacute;sident &eacute;tait un peu parano&iuml;aque d&egrave;s qu&#146;on lui parlait des Russes, et d&#146;autant plus que la guerre froide &eacute;tait finie, gagn&eacute;e par les Am&eacute;ricains. Il donna l&#146;ordre de cloner tout le personnel de Langley jusqu&#146;&agrave; la fin du si&egrave;cle. Celui qui dirigeait Langley, un certain Fox quelque chose, vit l&agrave; une occasion d&#146;agrandir l&#146;enveloppe des cr&eacute;dits dont il disposait et donc la puissance de ses services.<br> 		Il ne protesta donc que mollement en arguant que si l&#146;on pouvait cloner, on n&#146;avait pas la technologie pour acc&eacute;l&eacute;rer la maturation et encore moins les hypoth&eacute;tiques transferts de personnalit&eacute; du mod&egrave;le vers le clone. Le Pr&eacute;sident tenait &agrave; son id&eacute;e et r&eacute;pliqua que puisqu&#146;on ne savait pas, il fallait d&#146;urgence se renseigner et que les gens de Fox &eacute;tait l&agrave; pour cela !<br> 		Fox fit donc le gros dos et installa le laboratoire avec maintenance automatique dans le sous-sol du b&acirc;timent H. Puis tout le personnel de l&#146;&eacute;poque dut fournir un peu de son A D N aux techniciens qui en tir&egrave;rent les clones. Depuis cette &eacute;poque, et malgr&eacute; les pr&eacute;cautions prises un grand nombre de ces clones sont morts. Dans ce qui reste et comme vous avez pu le voir sur les fiches individuelles il n&#146;y en a tr&egrave;s peu qui ont les caract&eacute;ristiques de survie que nous cherchons. Des 165 clones nous devons, en effet, retirer les purs administratifs soit 76, puis les techniciens de laboratoire soit 32, puis les purs penseurs soit 14. Il n&#146;en reste donc que 43 lesquels sont, en fait, les r&eacute;pliques de gens que l&#146;on peut encore une fois sous classer en :<br> 		 Ceux du service &#147;action&#148; <br> 		 Ceux qui &eacute;taient des n&eacute;gociateurs<br> 		 Ceux qui, &eacute;tant des  cas particuliers, n&#146;&eacute;taient que des contractuels aux facult&eacute;s pr&eacute;cises.<br> 		Mais sur les 25 du service &#147;action&#148; nous avons trouv&eacute; 12 caract&eacute;riels, individualistes ou d&eacute;ments qui doivent &ecirc;tre &eacute;limin&eacute;s. Il en reste donc 13. Parmi les n&eacute;gociateurs, commerciaux, agents de transmission de terrain, il faut tout laisser car sur une plan&egrave;te inconnue il n&#146;y a que peu de chances, pour un voyage exploratoire, de trouver &agrave; vendre, &agrave; acheter ou &agrave; n&eacute;gocier. Cette fraction n&#146;a aucune capacit&eacute; de survie sup&eacute;rieure &agrave; la notre. Parmi les contractuels je n&#146;en ai vu que trois d&#146;utilisables et capables de r&eacute;pondre &agrave; nos besoins.<br> 		En conclusion, et en vous priant de bien vouloir m&#146;excuser d&#146;avoir &eacute;t&eacute; si longue, il y a &agrave; op&eacute;rer un choix sur 16 clones. En tout et pour tout. Je vous demande donc de m&#146;aider &agrave; faire un tri plus serr&eacute; sachant bien que tous les clones seront n&eacute;anmoins maintenus en vie. Je vous demande de bien vouloir prendre en compte les fiches individuelles portant un nom soulign&eacute; parmi celles que vous poss&eacute;dez &gt;&gt;.<br> 		Le Symposium se d&eacute;roula tout au long de la semaine car, apr&egrave;s quelques heures de discussion les participants &eacute;taient fatigu&eacute;s et devaient aussi r&eacute;fl&eacute;chir. En final, les d&eacute;cisions suivantes furent prises :<br> 		Compte tenu des cinq si&egrave;cles dont on disposait et du nombre de clones, on se livrerait &agrave; une ou plusieurs  exp&eacute;riences de survie dans la for&ecirc;t primaire en y l&acirc;chant des clones arriv&eacute;s &agrave; maturit&eacute;. Ces clones seraient entra&icirc;n&eacute;s physiquement par une pratique intensive de tous les sports. Ils conna&icirc;traient les ressources et les dangers du milieu qu&#146;ils auraient &agrave; affronter. Ceux qui surviraient un mois seraient clon&eacute;s &agrave; leur tour et leurs clones conserv&eacute;s pour le grand jour du d&eacute;part. Apr&egrave;s cette initiation ils seraient repris en main par des psychologues et des &eacute;ducateurs et soumis &agrave; surveillance. D&egrave;s le moindre doute quant &agrave; leur capacit&eacute; de r&eacute;adaptation au monde actuel, ils feraient l&#146;objet d&#146;un traitement m&eacute;dicamenteux les maintenant hors d&#146;&eacute;tat de nuire jusqu&#146;&agrave; la fin de leurs jours.<br> 		Ceux qui ne r&eacute;sisteraient pas &agrave; cette dure exp&eacute;rience seraient les victimes du progr&egrave;s. On ne clonerait personne avant l&#146;&eacute;preuve. A cent ans de la date du voyage tous les clones seraient d&eacute;truits sauf ceux des s&eacute;lectionn&eacute;s et, ce, dans un nombre limit&eacute; &agrave; huit au maximum. A trente ans de ce d&eacute;part, on choisirait les deux meilleurs pour les faire arriver &agrave; maturit&eacute; et leur fournir le maximum d&#146;informations, de formations et de moyens pour survivre chacun sur sa plan&egrave;te.<br> 		                                                                           *****<br> 		<br> 		 Malheureusement, du service &#147;action &#147; un seul clone surv&eacute;cut &agrave; l&#146;&eacute;preuve. Celui qui aurait pu &ecirc;tre deuxi&egrave;me ne tint que neuf jours.<br> 		......................................................................................................................................................<br> 		Incise sur Clone 001 Palmer : surnom : Fox 2<br> 		<br> 		La sylve de Madagascar avait, gr&acirc;ce aux soins de la section &eacute;cologique, &eacute;t&eacute; maintenue &agrave; l&#146;&eacute;tat de for&ecirc;t primaire qu&#146;elle avait encore au premier si&egrave;cle A. A.. Il n&#146;y avait pas eu de difficult&eacute;s majeures car, peu s&#146;y risquaient et la densit&eacute; de la v&eacute;g&eacute;tation emp&ecirc;chait toute p&eacute;n&eacute;tration profonde. Mais, pour &eacute;viter que, comme en Amazonie, on ne frise la destruction de l&#146;&eacute;cosyst&egrave;me, le p&eacute;rim&egrave;tre en fut encercl&eacute; de hauts grillages.  L&#146;acc&egrave;s se trouva r&eacute;serv&eacute; &agrave; quelques rares entomologistes ou herboristes qui venaient y chercher des esp&egrave;ces inconnues jusqu&#146;&agrave; une profondeur de 1 km maximum. Inutile de les persuader de ne pas aller plus loin, la for&ecirc;t s&#146;en chargeait et l&#146;interdit faisait le reste dans cette civilisation polic&eacute;e.<br> 		Quand Fox, arriv&eacute; &agrave; la maturit&eacute; de quatre ans eut re&ccedil;u, d&#146;ann&eacute;es en ann&eacute;es, l&#146;&eacute;ducation et la formation appropri&eacute;e, c&#146;est &agrave; dire la plus proche possible de celle qu&#146;avait v&eacute;cu le Fox original, on d&eacute;cida pour ses 25 ans de le parachuter en plein milieu du probl&egrave;me. Il serait muni de deux jours de vivres et de boissons, d&#146;un briquet, de quelques bo&icirc;tes d&#146;allumettes, d&#146;une machette, d&#146;un bon couteau, d&#146;une pelote de ficelle et d&#146;une boussole. Il portait un &eacute;metteur autour du cou et on pouvait, depuis le centre le plus proche, non seulement savoir pr&eacute;cis&eacute;ment o&ugrave; il se trouvait, mais recevoir son compte rendu quotidien verbal. On lui avait laiss&eacute; le soin de choisir la tenue qu&#146;il trouvait la plus appropri&eacute;e. Il opta pour une tenue en lin tr&egrave;s serr&eacute; comportant un pantalon genre saroual, un gilet aux poches multiples sur une chemise de coton &eacute;paisse et des bottes.<br> 		L&#146;endroit fut d&eacute;termin&eacute; au hasard en piquant une &eacute;pingle sur une carte les yeux band&eacute;s. Un h&eacute;licopt&egrave;re dut y faire trois voyages pour incendier une surface de 100 m&egrave;tres carr&eacute;s et la d&eacute;barrasser de toute v&eacute;g&eacute;tation r&eacute;siduelle. Au quatri&egrave;me voyage on y d&eacute;posa Fox 2.<br> 		Quand il vit repartir l&#146;h&eacute;licopt&egrave;re, malgr&eacute; la pr&eacute;paration et l&#146;entra&icirc;nement, il fut pris pendant quelques minutes par un sentiment d&#146;angoisse brutale ! Mais, apr&egrave;s tout, il avait de quoi satisfaire ses besoins imm&eacute;diats et ne mourrait ni de faim, ni de soif de suite. Le but de la tentative de survie ne consistait pas &agrave; rester aussi proche que possible de l&#146;endroit o&ugrave; on l&#146;avait d&eacute;pos&eacute;, mais &agrave; s&#146;astreindre, dans la direction qu&#146;il voudrait, &agrave; parcourir au moins deux kilom&egrave;tres par jour.<br> 		Pour faire son choix il d&eacute;cida de monter &agrave; la cime d&#146;un des arbres proches qui s&#146;&eacute;levait au moins &agrave; quinze m&egrave;tres du sol mais se trouvait enchev&ecirc;tr&eacute; avec ses voisins. Cela ne permettait pas d&#146;appr&eacute;cier &agrave; quelle hauteur Fox 2 pouvait retrouver une visibilit&eacute; et un horizon. Hors du cercle br&ucirc;l&eacute;, la v&eacute;g&eacute;tation &eacute;tait si dense qu&#146;&#145;en allant simplement jusqu&#146;au pied de l&#146;arbre, &agrave; 12 m&egrave;tres, il entra dans une p&eacute;nombre lourde et humide qui &eacute;tait celle de toute la sylve. Il dut couper et tailler des foug&egrave;res g&eacute;antes alternant avec  des broussailles pendant dix minutes pour se frayer un chemin. Ensuite, grimper fut assez facile. Des oiseaux et des insectes chass&eacute;s la veille par l&#146;incendie, avaient repris leurs domaines respectifs, il devait enfiler la cagoule de gaze qu&#146;il avait pr&eacute;vue pour prot&eacute;ger son visage des piq&ucirc;res. Sa mont&eacute;e &eacute;tait ralentie par l&#146;entrelacs des lianes et plantes grimpantes autant que par la pourriture de certaines branches qui s&#146;effondraient &agrave; son passage. Quand les branches furent trop minces pour le porter, il passa sur celles d&#146;un arbre voisin qui montait encore plus haut. L&agrave;, enfin, en &eacute;cartant les rameaux feuillus du haut qui &eacute;taient baign&eacute;s de soleil il put revoir ce qu&#146;il avait vu depuis l&#146;h&eacute;licopt&egrave;re : une immensit&eacute; verte sans solution de continuit&eacute; avec un monticule abrupt &agrave; l&#146;horizon.<br> 		Il pouvait identifier quelques-uns unes des milliers d&#146;esp&egrave;ces v&eacute;g&eacute;tales qui l&#146;entouraient mais seules l&#146;int&eacute;ressaient, au premier degr&eacute;, celles dont les larges feuilles permettaient de condenser l&#146;humidit&eacute; ambiante et donc de r&eacute;cup&eacute;rer de l&#146;eau, plus ou moins potable, chaque matin. Il profita de sa situation pour aller, par les branches sup&eacute;rieures, jusqu&#146;&agrave; un tel arbre et recueillit ais&eacute;ment deux litres d&#146;eau de plus dans sa gourde de r&eacute;serve. Fox rep&eacute;ra, aux jumelles, au loin, &agrave; environ cinq cents m&egrave;tres, ce qui lui semblait des fruits &agrave; caract&egrave;re alimentaire. Mais il lui fallait s&#146;en assurer. Au lieu de redescendre et de tailler sa route &agrave; la machette il choisit d&#146;aller aussi loin que possible par les arbres, quitte &agrave; redescendre de temps en temps de quelques m&egrave;tres ou de devoir affronter le sol. N&#146;ayant aucune raison de privil&eacute;gier une direction plut&ocirc;t qu&#146;une autre, il rep&eacute;ra l&#146;orientation exacte de la faille rocheuse et en fit le choix pour sa mission. Presque deux heures lui furent n&eacute;anmoins n&eacute;cessaire car l&#146;arbre se trouvait en fait plus loin que pr&eacute;vu et ses fruits n&#146;&eacute;taient pas comestibles. Il vit &agrave; quelques dizaine de m&egrave;tres dans la bonne direction, une bande de l&eacute;muriens qui se goinfraient de petites baies noires et se d&eacute;cida &agrave; y go&ucirc;ter pour voir. C&#146;&eacute;tait assez sucr&eacute;, acidul&eacute; et presque bon,. Il n&#146;en ramassa qu&#146;une poign&eacute;e pour voir l&#146;effet que cela aurait sur lui. Le soleil &eacute;tait encore haut quand il eut parcouru plus de deux kilom&egrave;tres et dut commencer &agrave; penser &agrave; sa nuit. Il ne craignait ni les fauves ni les serpents venimeux inexistants sur l&#146;&icirc;le &agrave; la connaissance des savants, mais personne n&#146;avait jamais explor&eacute; l&#146;ensemble des ressources de la for&ecirc;t primaire. Ce qu&#146;il craignait le plus &eacute;taient les maladies tropicales connues ou inconnues,  apport&eacute;es par les piq&ucirc;res d&#146;insectes nuisibles.<br> 		 A l&#146;aide de grosses branches vertes, provenant de son abattis, il se confectionna, pr&egrave;s de la cime une sorte de nid coinc&eacute; entre quelques branches, qu&#146;il recouvrit de larges feuilles pour le prot&eacute;ger un peu en cas de pluie. Puis il  redescendit au sol car il avait cru apercevoir, pas tr&egrave;s loin, un point d&#146;eau. Effectivement, &agrave; une centaine de m&egrave;tres il trouva une grande flaque venant de l&#146;accumulation de l&#146;humidit&eacute; dans une poche argileuse. Ce qui caract&eacute;rise Madagascar, est le nombre et la diversit&eacute; de la nature des roches et des terrains. On y trouve des petits affleurements miniers d&#146;un are &agrave; peine au milieu de terrains tous diff&eacute;rents. L&agrave;, par chance, il y avait une poche argileuse, vaguement ronde d&#146;un diam&egrave;tre de 15 m&egrave;tres &agrave; peine, mais assez profonde. L&#146;eau venait du ruissellement des feuilles, qui, se ployant sous le poids de l&#146;eau de condensation, d&eacute;chargeaient leur contenu vers le bas chaque jour. Quand la poche d&#146;eau &eacute;tait pleine le niveau sup&eacute;rieur atteignait une couche d&#146;humus pos&eacute;e sur un sol perm&eacute;able et, grosso modo, cela cr&eacute;ait un renouvellement du contenu de la grande flaque. Fox confectionna un outil avec une branche qu&#146;il coupa en biseau et plongea aussi loin du bord que possible et jusqu&#146;&agrave; toucher le fond. Il r&eacute;ussit &agrave; ramener une bonne poign&eacute;e d&#146;argile verte. Il recommen&ccedil;a l&#146;op&eacute;ration plusieurs fois et en remonta deux bons kilos &agrave; son nid. Ensuite il s&#146;enduisit copieusement de cette argile pour se prot&eacute;ger mains et visage des bestioles ,puis entra dans son sac de couchage. Il n&#146;eut aucun probl&egrave;me pendant la nuit et, tr&egrave;s fatigu&eacute;, dormit d&#146;un trait. Le lendemain, avant de repartir, il alla chercher un compl&eacute;ment &agrave; la boue de la veille et l&#146;emporta dans un sac en plastique. Restait le difficile probl&egrave;me de la nourriture &agrave; r&eacute;soudre. Un inconv&eacute;nient : il n&#146;avait pas vu le moindre mammif&egrave;re, comestible. Un avantage : les oiseaux &eacute;taient abondants et sans m&eacute;fiance. &Agrave; l&#146;aide d&#146;un petit filet qu&#146;il se fabriqua avec de petites lianes tr&egrave;s solides et sa pelote de ficelle, il n&#146;eut aucun mal &agrave; pi&eacute;ger les prot&eacute;ines n&eacute;cessaires &agrave; sa survie, mais cela ne suffisait pas. Reprenant sa marche pendant quelques heures il eut faim et fit cuire les deux prises du matin, genre de perroquets assez maigres et qui se r&eacute;v&eacute;l&egrave;rent durs &agrave; mastiquer. Il pensa, alors, en y r&eacute;fl&eacute;chissant, qu&#146;il aurait d&ucirc; les laisser faisander un peu ! Il ajouta une de ses rations en biscuits vitamin&eacute;s et but l&#146;eau qu&#146;il avait recueilli la veille. A midi, il communiqua un message au centre pour dire qu&#146;il allait bien et qu&#146;il se dirigeait vers un monticule ressemblant &agrave; une faille rocheuse. Il ajouta qu&#146;en une vingtaine de jours il devrait pouvoir y parvenir. Le service topographique qui suivait son &eacute;volution lui fit part de ce que cette faille n&#146;&eacute;tait signal&eacute;e nulle part et qu&#146;il la ferait inscrire, sous le nom de &#147;Faille Fox &#147; dans les ouvrages g&eacute;ographiques.<br> 		Le cinqui&egrave;me jour, il avait &eacute;puis&eacute; toutes ses r&eacute;serves alimentaires, n&#146;avait pour boire que l&#146;eau recueillie dans les feuilles au petit matin et se situait au tiers du chemin vers la faille. Le sixi&egrave;me jour il ne mangea qu&#146;un gros cam&eacute;l&eacute;on qu&#146;il grilla sur un feu qu&#146;il eut &eacute;norm&eacute;ment de mal &agrave; allumer sous une pluie tropicale qui le changea en &eacute;ponge. Son moral baissa de trois crans ! Le septi&egrave;me jour il ne put avoir pour nourriture que de ces petites baies que son organisme avait support&eacute;es au second jour. Son avance en fut ralentie et il ne put parcourir plus de 1800 m&egrave;tres, au plus. Au huiti&egrave;me jour, &eacute;puis&eacute; et le ventre tordu par de fr&eacute;quente coliques, il avan&ccedil;a encore moins et s&#146;&eacute;croula dans les foug&egrave;res. Il d&eacute;couvrit ainsi  des champignons tr&egrave;s gros ressemblant &agrave; des c&egrave;pes et les mangea grill&eacute;s. Sans force, il se tra&icirc;na dans la nuit tombante vers un arbre dans lequel il se hissa tant bien que mal, enfila son sac de couchage et dormi d&#146;un sommeil peupl&eacute; de r&ecirc;ves hallucinatoires. Au r&eacute;veil il constata qu&#146;il &eacute;tait perch&eacute; sur un manguier couvert de fruits savoureux et fr&eacute;quent&eacute; par de nombreux oiseaux. Un coup de fouet d&ucirc; au sucre apport&eacute; par les fruits lui donna assez d&#146;&eacute;nergie pour &eacute;tablir et faire fonctionner son pi&egrave;ge. Il passa la journ&eacute;e &agrave; manger, chasser et cuire les oiseaux attrap&eacute;s, et remplit son sac de plusieurs kilos de mangues &agrave; diff&eacute;rents degr&eacute;s de maturit&eacute; car il pouvait en tirer l&#146;essentiel de son alimentation pour le reste du voyage. &lt;&lt;Au diable, les kilom&egrave;tres, se dit-il, ce qui est le plus important c&#146;est de survivre et non de marcher sans but ! &gt;&gt;<br> 		 Il reprit sa route et parvint sans trop de difficult&eacute;s mais en accumulant la fatigue jusqu&#146;&agrave; deux jours environ de la faille. Fox avait d&eacute;j&agrave; tenu plus longtemps que le meilleur, lequel n&#146;avait r&eacute;sist&eacute; que neuf jours. Lui, en &eacute;tait &agrave; dix-neuf. Mais il reconnaissait int&eacute;rieurement que le manguier, c&#146;&eacute;tait une sacr&eacute;e veine ! Il avait fallu qu&#146;un engin a&eacute;rien vide ses poubelles sur la for&ecirc;t, vingt ans avant, pour qu&#146;un noyau de mangue puisse devenir un fort bel arbre, c&#146;&eacute;tait sans doute le seul &agrave; 100 kilom&egrave;tres &agrave; la ronde. C&#146;est le jour suivant que deux &eacute;v&eacute;nements se produisirent. Il voyait de temps en temps au loin des l&eacute;muriens qui avaient &agrave; peu pr&egrave;s la taille d&#146;un gros chat mais ne pouvait s&#146;en approcher. Ils le fuyaient au moindre mouvement. Or, ce jour l&agrave; il trouva un l&eacute;murien de grande taille recouvert d&#146;une fourrure beige et noire avec des cercles fonc&eacute;s autour des yeux. Ce primate &eacute;tait manifestement bless&eacute; avec une patte arri&egrave;re cass&eacute;e et devait avoir &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; depuis un ou deux jours car il &eacute;tait d&#146;une maigreur effrayante et n&#146;avait pas la force de s&#146;&eacute;chapper. Fox 2 pensa que l&#146;animal avait d&ucirc; attraper une branche morte qui s&#146;&eacute;tait bris&eacute;e et que sa chute avait caus&eacute; la fracture. N&eacute;anmoins il l&#146;attacha par la bonne patte puis il fouilla dans son sac et en sortit une belle mangue qu&#146;il tendit &agrave; la pauvre bestiole qui s&#146;en empara avidement et la mangea en moins d&#146;une minute. Il lui en donna une seconde et, pendant qu&#146;elle se nourrissait, il entreprit de r&eacute;duire la fracture. L&#146;animal s&#146;&eacute;vanouit sous la douleur. Il lui fit une attelle sur une petite branche bien droite et la pl&acirc;tra avec une bande venant de sa trousse de secours. Quand le pl&acirc;tre fut bien dur il lui lan&ccedil;a un demi-litre d&#146;eau sur la gueule pour la r&eacute;veiller et obtint le r&eacute;sultat esp&eacute;r&eacute;. Tr&egrave;s content de sa bonne action il s&#146;&eacute;loigna pour reprendre sa route mais la b&ecirc;te le suivait en se balan&ccedil;ant de branche en branche et, au soir elle vint qu&eacute;mander encore un fruit qu&#146;il lui donna volontiers.<br> 		Au moment du couchage, il eut sa seconde surprise : alors qu&#146;il ramassait des foug&egrave;res pour son couchage il fut piqu&eacute;, &agrave; la main droite par un &eacute;norme scorpion et en moins de dix minutes eut un terrible acc&egrave;s de fi&egrave;vre. Il n&#146;eut que le temps de faire h&acirc;tivement son rapport et se laissa aller au sol pour mourir. En fermant les yeux, il pensa qu&#146;il avait tout de m&ecirc;me tenu plus de la moiti&eacute; du temps demand&eacute;.<br> 		 Il comprit qu&#146;il d&eacute;lirait dans un brouillard total, eut des sensations de bercement, de rafra&icirc;chissements, d&#146;absorption de liquides et apr&egrave;s quelques jours fut r&eacute;veill&eacute; en sursaut par une vive morsure au bras gauche. Il entrevit une grosse araign&eacute;e noire plus grande que sa propre main et qui &eacute;tait pos&eacute;e sur son avant bras. Cette araign&eacute;e &eacute;tait maintenue en place par un grand bras velu. Puis il se rendormit. Le lendemain il &eacute;tait gu&eacute;ri. Le premier regard qu&#146;il eut fut pour son bras et il y d&eacute;cela la trace de trois morsures qui venaient s&ucirc;rement de l&#146;araign&eacute;e, le second fut pour la main droite qui n&#146;&eacute;tait plus enfl&eacute;e mais demeurait presque violette. Fox se leva p&eacute;niblement, se rendit compte que son sac &eacute;tait rest&eacute; tout ce temps fix&eacute; sur son dos et constata qu&#146;il se trouvait dans l&#146;entr&eacute;e d&#146;une grotte et que le l&eacute;murien pl&acirc;tr&eacute; le regardait des ses grands yeux doux. Compte tenu de la taille de l&#146;animal il avait cru qu&#146;il s&#146;agissait d&#146;un adulte, mais comme il avait une de ses pattes avant dans celle d&#146;un animal de deux m&egrave;tres de haut, il comprit qu&#146;il avait sauv&eacute; un petit et que ces &#147;animaux ? &#147; Lesquels l&#146;avaient sauv&eacute; &agrave; leur tour, d&#146;abord en l&#146;emmenant jusqu&#146;&agrave; la grotte qui devait se situer dans la faille, puis, en lui prodiguant les soins qu&#146;ils connaissaient d&#146;exp&eacute;rience : ce type de morsure de scorpion ne peut &ecirc;tre vaincu que par plusieurs morsures de l&#146;araign&eacute;e. Les venins &eacute;taient antagonistes. Fox 2 savait, d&#146;apr&egrave;s la litt&eacute;rature, que certains voyageurs avaient pr&eacute;tendu entendre dans les r&eacute;cits des gens qui demeuraient pr&egrave;s de la for&ecirc;t que des l&eacute;muriens g&eacute;ants existaient. Mais, en fait, cela &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme une l&eacute;gende. Or, ces primates, dont l&#146;humanit&eacute; n&#145; &eacute;tait qu&#146;une des branches, existaient bel et bien et semblaient avoir sinon de l&#146;intelligence, au moins une &eacute;thique rendant service pour service. Fox termina sa provision de mangues avec eux, et regardant son chronom&egrave;tre vit que contrairement &agrave; ce qu&#146;il avait cru, il avait pass&eacute; plus de dix jours choy&eacute; et soign&eacute; par ces &#147;cousins &#147;. Il ne lui restait plus qu&#146;&agrave; contacter le centre et &agrave; leur donner rendez-vous pour dans trois jours. Fox ne voyait aucune utilit&eacute; &agrave; bouger d&#146;o&ugrave; il &eacute;tait et le fit savoir. Le trente et uni&egrave;me jour il fit ses adieux au peuple de la for&ecirc;t et se rendit au sommet de la partie rocheuse, l&agrave; o&ugrave; l&#146;h&eacute;licopt&egrave;re vint le chercher et le ramener vers la civilisation. Il avait r&eacute;ussi ! Plus tard, il consacra sa vie &agrave; l&#146;&eacute;tude des l&eacute;muriens en vivant sur l&#146;&icirc;le et en amassant des informations. Sa formation ne causa aucun trouble particulier et on d&eacute;cida de le cloner &agrave; son tour pour le grand Voyage. ......................................................................................................................................................<br> 		 Pour les trois clones restant (qui provenaient de contractuels) l&#146;espoir &eacute;tait faible. De plus, l&#146;un mourut, pour des raisons inconnues,  mais comme &eacute;taient d&eacute;j&agrave; morts tous les clones avant que l&#146;on ne red&eacute;couvre l&#146;&eacute;tage moins trois :  de vieillissement, sans doute ?  Or il ne restait que 25 ans avant la date du premier d&eacute;part.  Comme il y avait une femme plus deux hommes et plus rien d&#146;autre &agrave; esp&eacute;rer, la d&eacute;cision fut d&#146;envoyer Clone 001 Palmer (dit Fox 2) pour le premier voyage et on  commen&ccedil;a de suite son d&eacute;veloppement. La culture des clones 001 Traor&eacute; et 001 Spring se ferait en temps et en heure. Il &eacute;tait &eacute;vident que la femme serait envoy&eacute;e vers l&#146;un des deux survivants &eacute;ventuels.<br> 		<br> 		BAFESI<br> 		<br> 		Dans un soleil lointain de notre galaxie qui en comporte environ quinze milliards, la civilisation des Cralangs ne comprenait qu&#146;une plan&egrave;te habit&eacute;e et trois lunes mortes qui avaient servi de bases de lancement quand ils explor&egrave;rent quelques syst&egrave;mes solaires avec l&#146;espoir de retrouver de la vie ailleurs. Mais tous les mondes qui les entouraient &eacute;taient bien trop secs ou trop froids ou br&ucirc;lants. Les soleils les plus proches, l&agrave; o&ugrave; un espoir aurait pu exister, &eacute;taient &agrave; des si&egrave;cles lumi&egrave;res et hors de toute port&eacute;e. Civilisation pensante et savante, ils connurent un d&eacute;veloppement constant. Leurs sciences en chimie, physique,  math&eacute;matiques, astronomie all&egrave;rent beaucoup plus loin que celle des terriens. Par de puissants t&eacute;lescopes et des enregistreurs d&#146;ondes ils surent qu&#146;&agrave; moins de 12000 ann&eacute;es lumi&egrave;res aucun corps c&eacute;leste n&#146;abritait la moindre trace de vie et en furent amen&eacute;s &agrave; l&#146;hypoth&egrave;se qu&#146;ils repr&eacute;sentaient sans doute un ph&eacute;nom&egrave;ne unique. Ils admettaient que, peut-&ecirc;tre, dans l&#146;infini de l&#146;univers, d&#146;autres pouvaient, comme eux, se trouver isol&eacute;s dans de quelconques lieux inaccessibles. L&#146;id&eacute;e ne les effleura jamais qu&#146;eux-m&ecirc;mes pouvaient venir d&#146;ailleurs !<br> 		Sur Cralang, le milieu liquide &eacute;tait largement pr&eacute;dominant car le sol sec ne couvrait pas plus de 6% de la surface et &eacute;tait constitu&eacute; d&#146;&icirc;lots diss&eacute;min&eacute;s, peupl&eacute;s d&#146;insectes et d&#146;esp&egrave;ces inf&eacute;rieures. Dans le milieu marin un million d&#146;&ecirc;tres nageant et munis d&#146;organes de respiration adapt&eacute;s constituaient le &#147;vivant&#148;. Parmi eux il y avait une esp&egrave;ce pensante active et dot&eacute;e d&#146;une forte intelligence : les Cralangs. Il y avait aussi une esp&egrave;ce molle inactive, se consacrant uniquement &agrave; sa propre survie et &agrave; la sp&eacute;culation pure que les Cralangs adoraient : les Cephs. L&#146;avantage des Cralangs venait de ce qu&#146;ils &eacute;taient amphibies et capables de vivre dans l&#146;atmosph&egrave;re gazeuse de leurs &icirc;les presque aussi bien que dans l&#146;oc&eacute;an. Munis d&#146;organes articul&eacute;s, de pinces, de pattes, d&#146;antennes et de solides carapaces ils ressemblaient &agrave; un compromis entre le crabe et la langouste qui aurait mesur&eacute; deux m&egrave;tres de long et un demi-m&egrave;tre de diam&egrave;tre. Ainsi outill&eacute;s par l&#146;&eacute;volution g&eacute;n&eacute;tique ils purent d&eacute;velopper une industrie a&eacute;rienne  en grande partie sur les &icirc;lots. Industrie qui comportait aussi bien la m&eacute;tallurgie, les usines chimiques, la production d&#146;&eacute;nergies diverses, que celles des engins de transports par voie maritime ou a&eacute;rienne. En profondeur, dans l&#146;oc&eacute;an, une autre industrie principalement mini&egrave;re et extractive comportait aussi des secteurs de pointe li&eacute;s &agrave; l&#146;&eacute;lectrolyse ou au magn&eacute;tisme. Les Cralangs communiquaient par t&eacute;l&eacute;pathie &agrave; l&#146;air libre et par un complexe langage s&eacute;maphorique de leurs antennes quand ils &eacute;taient dans l&#146;eau : les deux plus grosses antennes pouvaient prendre chacune 64 positions directionnelles dans l&#146;espace et la combinaison des deux offrait bien plus de possibilit&eacute;s que notre syst&egrave;me de phon&egrave;mes. De plus, tandis que les deux importants antennes donnaient l&#146;essence du message, les petites antennes lat&eacute;rales faisaient, en m&ecirc;me temps les commentaires s&#146;y rapportant. Les Cephs n&#146;&eacute;taient que t&eacute;l&eacute;pathes mais capables de percevoir, en milieu aqueux, les pens&eacute;es des Cralangs et se laissaient quelque fois aller &agrave; leur exprimer savoir ce qu&#146;ils voulaient ou &agrave; les conseiller. Mais pour obtenir cette aide il y avait tout un rituel ce qui fait que l&#146;on peut consid&eacute;rer les Cephs comme les pr&ecirc;tres ou les Dieux des Cralangs. Ce qui &eacute;tablissait la grande force des Cephs &eacute;tait qu&#146;ils &eacute;taient dot&eacute;s d&#146; une m&eacute;moire h&eacute;r&eacute;ditaire donc ne ressentaient aucun besoin d&#146;artefacts. Ils passaient le plus clair de leur existence &agrave; penser et &agrave; classer leurs souvenirs et, &agrave; eux tous, du fait que chacun savait en m&ecirc;me temps que les autres, ils ne faisaient qu&#146;un grand tout pensant. <br> 		La civilisation des Cralangs, quand la catastrophe fut certaine et in&eacute;vitable, avait une avance consid&eacute;rable sur celle que nous connaissions sur terre au m&ecirc;me temps absolu. Il est probable que s&#146;ils n&#146;avaient pas &eacute;t&eacute; d&eacute;truits, dans l&#146;explosion de leur soleil, ils auraient, un jour, domin&eacute;  l&#146;Univers entier. <br> 		Ils savaient qu&#146;ils disposaient encore de plus d&#146;un millier d&#146;ann&eacute;es, non pour se sauver, ce qui &eacute;tait impossible, mais pour laisser une trace de leur civilisation et de leurs espoirs religieux. Ceci en lan&ccedil;ant, vers un soleil lointain, un grand vaisseau dans lequel ils introduisirent tout ce qu&#146;ils savaient et &eacute;taient capables de faire. Ils y ajout&egrave;rent aussi les m&eacute;moires, archiv&eacute;es sur ferrite magn&eacute;tique, de l&#146;ensemble de leurs sp&eacute;culations intellectuelles.<br> 		La plan&egrave;te  avait la taille de Mars et la population comportait environ 1,2 milliards de Cralangs et pas plus de 0,2 millions de Cephs qui, en fait n&#146;en formaient qu&#146;un intellectuellement. Ceux-ci d&#146;apparence assez proche de celle qu&#146;aurait eu une seiche de grande taille, contribu&egrave;rent &agrave; la conception du vaisseau et au calcul des param&egrave;tres de son lancement. Ils sp&eacute;culaient &agrave; l&#146;aise dans un syst&egrave;me &agrave; six dimensions alors que les Cralangs ne percevaient que trois dimensions spatiales et une seule temporelle. Certains des Cephs &eacute;taient capables d&#146;envisager un paradigme &agrave; onze dimensions pour r&eacute;soudre des probl&egrave;mes plus complexes qui se posaient rarement.<br> 		 Bien que l&#146;espoir fut nul, les Cralangs install&egrave;rent, sous la direction des Cephs, un dispositif contenant une piscine d&#146;eau de mer recycl&eacute;e en permanence dans laquelle un Ceph accepta de prendre place au moment du lancement sous r&eacute;serve de certaines installations particuli&egrave;res : Un dispositif de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration g&eacute;n&eacute;tique serait activ&eacute; tous les deux si&egrave;cles pour le sortir de l&#146;&eacute;tat dissoci&eacute; durant une heure. De plus, il se d&eacute;clencherait automatiquement si, accidentellement, un &ecirc;tre dissoci&eacute; &eacute;tait d&eacute;tect&eacute;. Cela maintiendrait le Ceph en &eacute;tat de poursuivre le voyage bien plus longtemps. Ils donn&egrave;rent leurs instructions et l&#146;appareil fut construit et pos&eacute; l&agrave; o&ugrave; ils l&#146;indiqu&egrave;rent.<br> 		 Les Cralangs n&#146;avaient aucune id&eacute;e de la fa&ccedil;on dont ce syst&egrave;me aurait &agrave; op&eacute;rer mais ils comprirent des choses, par exemple qu&#146;il y aurait une dissociation totale du Ceph qui le mettrait &agrave; l&#146;&eacute;tat de particules &eacute;l&eacute;mentaires. Quand il se trouverait dans cet &eacute;tat, un automatisme d&eacute;clencherait une reconstruction totale &agrave; partir des &eacute;l&eacute;ments dissoci&eacute;s et de l&#146;A D N du passager, mais &eacute;liminerait, dans cette  double op&eacute;ration, toute cellule qui ne serait pas conforme au mod&egrave;le g&eacute;n&eacute;tique d&#146;origine. Ce qui reviendrait &agrave; remplacer tout &eacute;l&eacute;ment us&eacute;, fatigu&eacute;, ab&icirc;m&eacute; ou absent ! Puis, le Ceph continuerait sa vie &agrave; raison d&#146;une heure tous les deux si&egrave;cles dans l&#146;eau de son aquarium sans cesse &eacute;pur&eacute;e et renouvel&eacute;e. Ce qu&#146;aucun Cralang ni aucun Ceph ne purent exprimer c&#146;est l&#146;ignorance totale dans laquelle ils &eacute;taient quant aux possibilit&eacute;s de communications t&eacute;l&eacute;pathiques &agrave; des distances aussi lointaines. En l&#146;honneur du passager et des espoirs qu&#146;emportait le vaisseau ils le nomm&egrave;rent simplement &#147;Messager&#148; et incorpor&egrave;rent cette donn&eacute;e dans la m&eacute;moire de l&#146;engin. Mais l&#146;engin se consid&eacute;rait lui-m&ecirc;me comme un compos&eacute; &agrave; plus de 9 0  %  de Baryum, Fer et Silicium. De ce fait, il signait tous les messages qu&#146;il envoyait r&eacute;guli&egrave;rement dans l&#146;univers du nom de BAFESI. Il ne recevait en r&eacute;ponses que des ondes &eacute;mises par des pulsars ou quelques quasars. La communication entre le Ceph passager et ceux de la plan&egrave;te cessa &agrave; 950 ans du d&eacute;part. Le signal de la disparition qui mit fin au monde des Cralangs fut per&ccedil;ue par les r&eacute;cepteurs de BAFESI comme un brutal grand vide.<br> 		Environ quatre cent mille ans plus tard, BAFESI, entr&eacute; dans notre galaxie, fut satellis&eacute; par Pluton sans avoir la moindre possibilit&eacute; de lib&eacute;ration. L&#146;homme, sur terre d&eacute;couvrait la radio...<br> 		BAFESI, &eacute;tait &agrave; l&#146;&eacute;coute de tout l&#146;univers qui l&#146;entourait. Ses capteurs scrutaient en permanence tout signe de pr&eacute;sence d&#146;une plan&egrave;te o&ugrave; le Ceph aurait pu trouver des conditions de vie acceptables. Sauvant ainsi de la destruction d&eacute;finitive les connaissances accumul&eacute;es par la civilisation des Cralangs.<br> 		Malgr&eacute; l&#146;&eacute;tranget&eacute; de l&#146;orbite de Pluton dont il eut t&ocirc;t fait de d&eacute;jouer les m&eacute;canismes, il mit en surveillance permanente la Troisi&egrave;me plan&egrave;te qui se trouvait poss&eacute;der toutes les qualit&eacute;s cherch&eacute;es. Car si BAFESI n&#146;avait aucun moyen d&#146;&eacute;chapper &agrave; l&#146;attraction de Pluton, la seule hypoth&egrave;se de r&eacute;ussite de sa mission r&eacute;sidait dans l&#146;op&eacute;ration contraire : qu&#146;un &ecirc;tre venant de la troisi&egrave;me plan&egrave;te ait, un jour, une civilisation qui se d&eacute;veloppe assez pour venir jusqu&#146;&agrave; lui. Les organes astronomiques dont il disposait ne permettaient pas une pr&eacute;cision d&#146;observation pour ce qui avait moins de 200 m&egrave;tres de long. Puis vint une &eacute;poque o&ugrave;, sur terre, la radio fut d&eacute;couverte et les informations afflu&egrave;rent. BAFESI enregistrait absolument tout et le conservait dans la ferrite de ses m&eacute;moires qui, &agrave; l&#146;&eacute;chelle humaine, &eacute;taient infinies. Oui, BAFESI, enregistrait, mais il ne comprenait absolument rien. Aucune clef ne lui permettait de passer d&#146;un syst&egrave;me de langage s&eacute;maphorique, bas&eacute; sur la dualit&eacute; de 64 positions par antennes principales &agrave; un langage verbal humain. Con&ccedil;u pour un certain nombre d&#146;automatismes, dont celui de capter et d&#146;enregistrer, il eut les r&eacute;actions que ses concepteurs avaient pr&eacute;vues.<br> 		Puis, un jour Mat Ducerf, introduisit dans un dispositif de type dissociateur, un animal terrestre, (plus tard BAFESI sut que le nom &eacute;tait chien ). L&#146;automatisme de BAFESI en cas de dissociation joua aussit&ocirc;t et il enregistra toutes les structures g&eacute;n&eacute;tiques puis, avec un retour temporel tout aussi programm&eacute; pour respecter l&#146;entropie g&eacute;n&eacute;rale, il reconstitua cet &ecirc;tre dans son dispositif appropri&eacute; &agrave; l&#146;instant m&ecirc;me de sa dissociation en temps absolu. Mais un chien n&#146;est pas un Ceph et, dans l&#146;eau de mer du bassin il montra des signes n&eacute;gatifs concernant ses capacit&eacute;s respiratoires et mourut en quelques minutes. Le bras articul&eacute; qui permettait de changer la place des coraux pour que le Ceph ait une illusion de paysage modifi&eacute; fut utilis&eacute; par BAFESI pour sortir l&#146;animal de l&#146;aquarium et le d&eacute;poser au sol. Mais, il se corrompit assez vite et BAFESI dut l&#146;&eacute;vacuer par un sas. Il &eacute;clata dans le vide et ses d&eacute;bris, vinrent troubler la vision des capteurs. Alors BAFESI dut prendre une d&eacute;cision radicale, tr&egrave;s consommatrice d&#146;&eacute;nergie et r&eacute;serv&eacute;e aux cas les plus graves. Il remonta le temps jusqu&#146;au moment o&ugrave; il se pr&eacute;parait &agrave; ouvrir la porte du premier sas. Puis se d&eacute;barrassa du corps par incin&eacute;ration.<br> 		Il examina avec soin toutes les donn&eacute;es de base qu&#146;il avait sur cet animal et se demanda comment il avait pu arriver jusqu&#146;&agrave; lui. Mais cela voulait dire que le jour arrivait, o&ugrave; un habitant de la 3&deg; plan&egrave;te viendrait. Cela impliquait aussi que tout &ecirc;tre dissoci&eacute; capt&eacute; par BAFESI devait en premier lieu se trouver enti&egrave;rement enregistr&eacute; et, en second lieu, reconstitu&eacute; &agrave; partir de sa formule g&eacute;n&eacute;tique, mais jamais dans BAFESI ! En dernier lieu il lui fallait d&eacute;sormais retourner l&#146;&ecirc;tre reconstitu&eacute; l&agrave; d&#146;o&ugrave; il venait, ce qu&#146;il pouvait d&eacute;celer par la longueur d&#146;onde &eacute;mise. <br> 		Lorsque Mat Ducerf fit l&#146;essai sur lui-m&ecirc;me, il fut enregistr&eacute; et renvoy&eacute; comme pr&eacute;vu, mais &agrave; la r&eacute;ception BAFESI constata que deux appareils avaient exactement la m&ecirc;me modulation d&#146;onde. Il renvoya sur l&#146;appareil le plus grand et nota que ce dernier avait une orientation l&eacute;g&egrave;rement diff&eacute;rente. Cela paraissait voulu et il d&eacute;cida que ce serait la proc&eacute;dure normale. Pendant toute la p&eacute;riode qu&#146;on nomma celle des &#147;Coucous&#148; il proc&eacute;da de m&ecirc;me, enregistrant les &#147;voyageurs &#147; &agrave; chaque fois et les renvoyant sur le second mandala. Il eut aussi le cas o&ugrave; les deux appareils &eacute;taient situ&eacute;s &agrave; des lieux &eacute;loign&eacute;s, il continua &agrave; appliquer la proc&eacute;dure d&eacute;sormais normale. Apr&egrave;s le premier passage de Ducerf il y avait eu un incident avec la femme de celui-ci, le second mandala &eacute;tant absent ou hors de service ? Il l&#146;avait renvoy&eacute;e vers le plus proche existant, au temple de Samye. Madame Ducerf, peu r&eacute;sistante fut compl&egrave;tement ahurie de ce qui lui arrivait et d&eacute;c&eacute;da &agrave; la suite d&#146;un arr&ecirc;t cardiaque, caus&eacute; par la surprise.<br> 		Mais, pas plus que pour la r&eacute;ception des ondes radio, il n&#146;eut de clef pour comprendre ce qu&#146;il stockait. Au cours des si&egrave;cles suivants il enregistra de plus en plus de signaux venant de la Terre et eut &agrave; proc&eacute;der &agrave; de nombreuses  reconstitutions. BAFESI, con&ccedil;u par les Cephs qui connaissaient bien l&#146;Univers &agrave; 6 dimensions, &eacute;tait dot&eacute; d&#146;appareils lui permettant de rep&eacute;rer &agrave; chaque fois l&#146;utilisation de tout dispositif exigeant une connaissance dans ce domaine. Les Cephs, en effet, consid&eacute;raient que tout ce qui concernait de pr&egrave;s ou de loin la compr&eacute;hension d&#146;un univers &agrave; six dimensions &eacute;tait la preuve d&#146;une intelligence &agrave; leur niveau. Ils en concluaient que toute r&eacute;ception se rapportant &agrave; des ph&eacute;nom&egrave;nes ext&eacute;rieurs concernant un transfert spatial en serait un bon signal. Quand les voyages par mandalas vers la lune furent entrepris pour construire les vaisseaux, ce fut un d&eacute;clencheur !  BAFESI se mit &agrave; &eacute;mettre, vers la Terre et en continu, le programme de signaux math&eacute;matiques qui devrait permettre &agrave; des civilisations diff&eacute;rentes de commencer un contact. Car quel que soit le mode de communication, il semblait que 1+1= 2 pouvait &ecirc;tre symbolis&eacute; et se trouver compris. <br> 		Nounou, sur terre, continuait ses sp&eacute;culations et ses recherches dans tous les secteurs de la pens&eacute;e et poussait aussi loin que possible chacune d&#146;elles quand le probl&egrave;me concernant les &#147;Voyageurs&#148; lui fut pos&eacute;. C&#146;est &agrave; la m&ecirc;me date que tous les r&eacute;cepteurs d&#146;ondes de la plan&egrave;te furent envahis d&#146;une s&eacute;rie de vingt minutes de signaux qui troublaient les &eacute;missions et provoqu&egrave;rent beaucoup de g&ecirc;ne pour tous. Suivait une interruption d&#146;un temps &eacute;gal et cela recommen&ccedil;ait. Tout ce qui se faisait ou se pensait passait par Nounou, elle eut l&#146;information et enregistra la perturbation. Il ne lui fallut pas plus de 12 minutes pour en saisir l&#146;id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale : Hors de la Terre une entit&eacute; dou&eacute;e d&#146;intelligence cherchait un contact. La symbolique math&eacute;matique &eacute;tait &eacute;vidente mais quelle &eacute;tait l&#146;origine du message ? Nounou finit par situer la source de l&#146;&eacute;mission &agrave; la limite du syst&egrave;me solaire. Puis, dans une recherche plus fine, faisant intervenir tous les observatoires astronomiques et leurs &#147;grandes oreilles &#147;, elle rep&eacute;ra que l&#146;objet qui &eacute;mettait se trouvait sur Pluton ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment, en orbite autour de cette plan&egrave;te. Comme la perturbation sur les ondes continuait et devenait une nuisance, elle fit envoyer par le plus puissant des radio&eacute;metteurs une r&eacute;ponse ! Celle-ci se pr&eacute;sentait sous la forme d&#146;une alternance entre des sections de ce qu&#146;elle avait re&ccedil;u et de la transposition en langage math&eacute;matique humain. Elle l &#145;ex&eacute;cuta d&#146;abord en base dix, puis dans toutes les bases de deux &agrave; cent. Immanquablement elle passa par le langage en base huit qui &eacute;tait celui des Cephs pour les math&eacute;matiques. <br> 		A partir de l&agrave;, et en quelques jours, la communication fut &eacute;tablie entre BAFESI et Nounou, un langage commun trouv&eacute;, toutes les bases de donn&eacute;es ouvertes. Il n&#146;y eut pas mariage mais fusion. L&#146;intelligence de Nounou devint propri&eacute;t&eacute; commune et r&eacute;ciproquement. Quand Nounou r&eacute;pondit : &lt;&lt; je ne sais pas je vais demander &gt;&gt; cela signifiait des recherches pouss&eacute;es dans les bases de donn&eacute;es de BAFESI et l&#146;espoir d&#146;y trouver une r&eacute;ponse. Il en existait effectivement une, et une tr&egrave;s bonne...<br> 		<br> 		<br> 		<br> 		</p> 		<center> 			<p><b>Chapitre 8</b></p> 		</center> 		<p>                                                                                    </p> 		<p></p> 		<div align="right"> 			<p>                                                                        Quelques coups de vase ? ou<br> 			                                                                     &#147; Mieux vaut t&ocirc;t que jamais ! &#147;<br> 			</p> 		</div> 		<p>PALMER<br> 		<br> 		Le premier vaisseau porteur de mandala fut envoy&eacute; depuis la base lunaire comme pr&eacute;vu vers la plan&egrave;te la plus proche. Si la pouss&eacute;e obtenue &eacute;tait bien celle que l&#146;on attendait, et si, apr&egrave;s une ann&eacute;e de voyage on acqu&eacute;rait la certitude que le but avait toutes les chances d&#146;&ecirc;tre atteint, on proc&eacute;derait au lancement du second. Les clones des futurs voyageurs et de l&#146;&eacute;ventuelle compagne de l&#146;un d&#146;entre eux furent mis en d&eacute;veloppement selon le sch&eacute;ma correspondant. Le premier fut donc clone 002 Palmer dit : Fox 2 pour le distinguer de son pr&eacute;d&eacute;cesseur, celui qui avait r&eacute;sist&eacute; &agrave; la for&ecirc;t primaire de Madagascar. Mais les habitudes sont les habitudes et, en r&eacute;alit&eacute;, on lui attribua simplement : Fox.<br> 		D&egrave;s que la bonne nouvelle arriva, (&agrave; savoir que le vaisseau s&#146;&eacute;tait pos&eacute; sans encombres sur la plan&egrave;te et avait activ&eacute; son mandala), on en d&eacute;duit deux faits principaux :<br> 		 Le c&ocirc;t&eacute; technique de ce type de voyage, pour du mat&eacute;riel, &eacute;tait bien au point. La vitesse de croisi&egrave;re avait &eacute;t&eacute; un peu plus rapide que pr&eacute;vu (2  % ) et il fallut ajuster la trajectoire en fin de course. La pr&eacute;cision de l&#146;arriv&eacute;e fut parfaite ce qui &eacute;tait un exploit, compte tenu de la distance.<br> 		 Le syst&egrave;me automatique de mise en route du mandala avait bien fonctionn&eacute; car le message re&ccedil;u ne devait &ecirc;tre envoy&eacute; qu&#146;apr&egrave;s cette op&eacute;ration. La qualit&eacute; de transmission de ce message &eacute;tait suffisante pour les besoins mais il y avait plus de 7,1 ans qu&#146;il avait &eacute;t&eacute; exp&eacute;di&eacute;. Donc, depuis un mois, le mandala qui avait &eacute;t&eacute; &eacute;teint aussit&ocirc;t apr&egrave;s l&#146;exp&eacute;dition du message radio et pendant plus de sept ans et 1 mois, devait se trouver pr&ecirc;t &agrave; recevoir Fox.<br> 		L&#146;impatience de passer &agrave; l&#146;action gagnait ce dernier et quand la confirmation que la mission avait &eacute;t&eacute; men&eacute;e &agrave; bonne fin fut l&agrave;, il demanda aussit&ocirc;t &agrave; partir. Aucun des deux autres clones n&#146;&eacute;taient pr&eacute;sent. Leur tour viendrait : un peu plus de 40 ans pour clone 001 Traor&eacute; (Kog ) et un gros point d&#146;interrogation pour clone 001 Spring (Betty ).<br> 		Sur la plan&egrave;te r&eacute;f&eacute;renc&eacute;e comme corps 2156 de la constellation du Taureau, le vaisseau s&#146;&eacute;tait pos&eacute; en douceur sur un sol souple. La mise en route du mandala demanda assez peu de temps et, comme le voulait le programme, le message ne fut envoy&eacute; que deux semaines apr&egrave;s, prouvant ainsi que rien de f&acirc;cheux ne s&#146;&eacute;tait produit durant ce laps de temps. Puis le mandala fut &eacute;teint. Le vaisseau s&#146;enfon&ccedil;ait d&#146;une mani&egrave;re imperceptible mais inexorable dans un sol &agrave; la consistance p&acirc;teuse. Quand le mandala fut remis en route, il ne restait rien de visible, sa partie sup&eacute;rieure &eacute;tant &agrave; deux centim&egrave;tres en dessous de l&#146;interface avec l&#146;air. Les savants avaient tout pr&eacute;vu pourtant : en arrivant dans l&#146;atmosph&egrave;re de 2156 le vaisseau s&#146;&eacute;tait mis en orbite et par ultra sons avait recherch&eacute; un endroit favorable pour se poser horizontalement. Aucun affleurement rocheux n&#146;existant, l&#146;endroit le plus rigide fut choisi et il s&#146;y posa. Mais la rh&eacute;ologie particuli&egrave;re de la surface de cette plan&egrave;te n&#146;avait pu &ecirc;tre prise en compte. Il se serait produit un ph&eacute;nom&egrave;ne identique si, sur terre le vaisseau s&#146;&eacute;tait pos&eacute; sur une nappe de bitume paraissant dure, mais dans laquelle, en six ans, il aurait &eacute;t&eacute; submerg&eacute; et profond&eacute;ment enfoui.<br> 		Quand Fox entra dans le mandala pour faire son voyage il n&#146;avait aucune id&eacute;e de ce qui l&#146;attendait &agrave; l&#146;autre bout. Il sortit, sans probl&egrave;me  du mandala r&eacute;cepteur &agrave; l&#146;int&eacute;rieur du vaisseau. Puis ne voyant aucune possibilit&eacute; d&#146; aller &agrave; l&#146;ext&eacute;rieur, il visita son domaine de fond en comble pour trouver le moyen de r&eacute;soudre ce probl&egrave;me. Mais apr&egrave;s deux journ&eacute;es d&#146;exploration de ses ressources il sut  que sa situation &eacute;tait compl&egrave;tement d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e. Les ondes radiophoniques ne pouvant traverser une telle &eacute;paisseur de corps mou qui amortissait les vibrations, il se demanda comment le mandala avait pu fonctionner en tant que r&eacute;cepteur ? Puis il comprit que le vaisseau affleurait la surface! Il en concluait donc, qu&#146;il &eacute;tait pass&eacute; quand celui-ci avait encore quelques millim&egrave;tres &agrave; l&#146;air. Ainsi, s&#146;il avait tent&eacute; de sortir, juste &agrave; l&#146;instant de son arriv&eacute;e, ce devait encore &ecirc;tre possible &agrave; condition qu&#146;une porte ou des sas existent dans la bonne direction. Il eut vite fait de constater que ce n&#146;&eacute;tait pas le cas et que tout &eacute;tait perdu &agrave; plus ou moins long terme. Il disposait de r&eacute;serves de nourriture et d&#146;eau, ainsi que d&#146;un syst&egrave;me de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration de l&#146;air. Le tout pourrait lui permettre de tenir un an au plus. <br> 		Comme il ne pouvait rem&eacute;dier en rien &agrave; son probl&egrave;me, il se d&eacute;cida &agrave; essayer de faire traverser une antenne qui puisse lui permettre, au moins, d&#146;avertir la terre de sa triste situation. Il n&#146;&eacute;tait pas terrible comme bricoleur, mais en se positionnant le long d&#146;une g&eacute;n&eacute;ratrice du corps cylindrique qu&#146;&eacute;tait le vaisseau, le plus haut possible, il d&eacute;coupa un trou bien rond. Il enleva tout ce qu&#146;il trouva derri&egrave;re jusqu&#146;&agrave; ce qu&#146;il ait la certitude de toucher la derni&egrave;re paroi. Fox r&eacute;ussit, avec des bouts de tubes coulissant les uns dans les autres, d&#146;une fa&ccedil;on assez &eacute;tanche, &agrave; cr&eacute;er un engin t&eacute;lescopique destin&eacute; &agrave; atteindre la partie a&eacute;rienne. Cela sans nuire au futur du vaisseau, donc en ne laissant pas la vase entrer. N&#146;ayant rien d&#146;autre &agrave; faire, il prit son temps et le bidule complet lui fournit une occupation pour plus de deux mois. Il tra&icirc;nait  un peu, car, &agrave; quoi s&#146;occuperait-il ensuite ? Il n&#146;&eacute;tait pas question de tenter de d&eacute;couper un passage pour qu&#146;il rejoigne la surface ! Il serait &eacute;cras&eacute; dans cette roche liquide en quelques minutes et ne pourrait s&#146;y d&eacute;placer, quant &agrave; faire mouvoir, ne serait-ce qu&#146;un peu, le vaisseau, il ne disposait d&#146;aucune source d&#146;&eacute;nergie suffisante, alors il y renon&ccedil;a.<br> 		 Puis, n&#146;ayant que sa vie, d&eacute;j&agrave; foutue &agrave; perdre, Fox prit le risque, per&ccedil;a la paroi ext&eacute;rieure et plaqua aussit&ocirc;t son assemblage de tubes pour boucher le trou cr&eacute;&eacute;. Il avait interpos&eacute; un mastic colle &agrave; prise rapide et tout se passa tr&egrave;s bien, le syst&egrave;me &eacute;tait, pour le moment, &eacute;tanche. A l&#146;aide d&#146;une tige et d&#146;un v&eacute;rin il d&eacute;ploya lentement les tubes et, partant de l&agrave; obtint  une longueur ext&eacute;rieure de deux m&egrave;tres qui, pour quelques semaines encore serait &agrave; l&#146;air. Fox essaya de l&#146;utiliser comme antenne mais son contr&ocirc;leur lui indiqua qu&#146;elle ne fonctionnait pas. Il lui fallait &eacute;videmment attendre que la vase se ressuie et laisse le haut de son antenne nue. Compte tenu de la viscosit&eacute; cela pouvait prendre des jours, des semaines, peut-&ecirc;tre m&ecirc;me des mois. <br> 		Chaque matin il refaisait sa mesure sans jamais se d&eacute;sesp&eacute;rer. Le message fut en &eacute;tat de passer apr&egrave;s seulement 23 jours. Fox prit son temps pour bien pr&eacute;parer ce qu&#146;il enverrait en phonie et ce qu&#146;il exp&eacute;dierait par modulation de fr&eacute;quence. Il savait qu&#146;il serait mort depuis longtemps quand une &eacute;ventuelle r&eacute;ponse arriverait mais il avait la satisfaction d&#146;avoir men&eacute; son boulot jusqu&#146;au bout. Quand, au bout de 5 mois l&#146;antenne fut trop proche de l&#146; envasement il adressa un ultime adieu et souhaita aux autres clones d&#146;avoir une meilleure chance dans leurs voyages.  Des mois pass&egrave;rent puis, un soir, le recyclage de l&#146;air donna les premiers signes de manque d&#146;oxyg&egrave;ne, ce qui signifiait que la derni&egrave;re des bouteilles &eacute;tait vide. Le Vaisseau atteignit le fond peu apr&egrave;s &agrave; un niveau de moins dix m&egrave;tres de la surface alors que Fox &eacute;tait mort depuis quelques ann&eacute;es.<br> 		<br> 		Lorsque, &agrave; la base sur terre,  son premier message arriva, on &eacute;tait en 1214 A. A. Le voyage de Kog &eacute;tait pr&eacute;vu pour l&#146;ann&eacute;e 1247. On devrait lancer son clone et celui de  Spring dans dix ans. En l&#146;an 1215 le second et dernier message laissa tout le monde pantois. Encore un &eacute;chec ! On ne changea pas la date, il fallait aller au bout. Pendant que clone 001 Kog finissait sa formation, clone 001 Spring &eacute;tait all&eacute; s&#146;installer dans un hameau recul&eacute; pour tromper son attente en &#147;bricolant &#147; dans un labo d&eacute;saffect&eacute; depuis deux si&egrave;cles. Les Directeurs pr&eacute;f&eacute;raient la savoir isol&eacute;e dans un endroit qui lui convenait plut&ocirc;t que de risquer de voir son dynamisme perturber les gens normaux ! Ils furent ravis de lui fournir tout le mat&eacute;riel de recherche qu&#146;elle demanda..<br> 		<br> 		 Clone 001  SPRING.<br> 		<br> 		Quand elle avait atteint l&#146;&acirc;ge de six ans elle sortit de Langley pour aller vivre la vie d&#146;une fillette normale dans une famille d&#146;accueil et fr&eacute;quenta les &eacute;coles de son &acirc;ge. Spring se livra aux activit&eacute;s culturelles et sportives des autres et ne commen&ccedil;a &agrave; poser de probl&egrave;mes aux &eacute;ducateurs qu&#146;&agrave; sa huiti&egrave;me ann&eacute;e. Copie conforme de la Betty originale, ce clone poss&eacute;dait le m&ecirc;me coefficient intellectuel, un physique parfaitement identique et un caract&egrave;re de surdou&eacute;e qui fut rapidement la cause de troubles. L&#146;original n&#146;avait dans sa jeunesse subit aucun stress particulier et comme il en fut de m&ecirc;me pour le clone, &agrave; l&#146;&acirc;ge de dix-huit ans elles &eacute;taient des copies conformes &agrave; tous points de vue. Les petites diff&eacute;rences venaient du fait que les environnements n&#146;&eacute;taient pas identiques. Betty avait v&eacute;cu dans un cadre de la fin de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne, un monde d&#146;hyperactivit&eacute;, de luttes  incessantes et de vrais combats de survie pour chacun, dans tous les domaines. Clone 001 Spring vivait dans un monde de tendres dont les besoins essentiels &eacute;taient pourvus par le distributionnisme. Les guerres n&#146;&eacute;taient que de lointains souvenirs, les diff&eacute;rentes ethnies s&#146;&eacute;taient brass&eacute;es et la peau de tous avait la m&ecirc;me jolie couleur beige dor&eacute;e, donc plus d&#146;exclusives raciales. Au plan religieux, la libert&eacute; &eacute;tait totale et les quelques croyants qui restaient, divis&eacute;s en dix mille chapelles, &eacute;taient unis par le fait qu&#146;ils croyaient, donc presque du m&ecirc;me bord. Les ath&eacute;es s&#146;en foutaient compl&egrave;tement et acceptaient les religions comme une sorte de passe-temps au m&ecirc;me titre que les collections de ceci ou cela ou les sp&eacute;cialisations de plus en plus pointues que les plus savants choisissaient.<br> 		Quand un enfant avait une intelligence sortant de l&#146;ordinaire on confiait son &eacute;ducation &agrave; un corps de professeurs sp&eacute;cialis&eacute;s et on lui permettait d&#146;acc&eacute;der ainsi rapidement aux dipl&ocirc;mes qu&#146;il m&eacute;ritait. C&#146;est ainsi que, sans surprise pour les Directeurs, Clone 001 Spring put parvenir &agrave; sa majorit&eacute; au grade le plus &eacute;lev&eacute; possible pour un &eacute;tudiant : le Doctorat Professoral. Ce qui correspond un peu &agrave; ce qu&#146;&eacute;tait une agr&eacute;gation du temps de son mod&egrave;le. Ses sp&eacute;cialisations furent, de toute &eacute;vidence, celles de ses aspirations profondes : la physique fondamentale et les math&eacute;matiques sup&eacute;rieures induites par la red&eacute;couverte du paradigme de Ducerf, c&#146;est &agrave; dire les cons&eacute;quences et implications d&#146;un univers ou trois dimensions spatiales rencontraient trois dimensions temporelles. En th&eacute;orie on pouvait r&eacute;sumer de fa&ccedil;on simpliste en exposant : Chaque point de mati&egrave;re avait de z&eacute;ro &agrave; trois dimensions temporelles, chaque instant poss&eacute;dait de z&eacute;ro &agrave; trois coordonn&eacute;es spatiales. Pour les sp&eacute;cialistes c&#146;&eacute;tait bien plus complexe et seuls des artifices math&eacute;matiques, comme l&#146;&eacute;tude des propri&eacute;t&eacute;s des espaces fibr&eacute;s et de leurs projections virtuelles permettaient, &agrave; quelques forts en th&egrave;me de s&#146;y retrouver.<br> 		Comme si cela n&#146;avait pas d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; assez compliqu&eacute;, le probl&egrave;me des mandalas et de la r&eacute;alit&eacute; de leurs propri&eacute;t&eacute;s se heurtait de front avec l&#146;absence de th&eacute;ories suffisantes pour les expliquer. Il y avait du boulot pour des gens comme Clone 001 Betty.<br> 		Mais toute m&eacute;daille &agrave; son revers, et &agrave; l&#146;&eacute;gal de son mod&egrave;le, notre clone avait un caract&egrave;re fougueux, indisciplin&eacute;, imaginatif qui la rendait impropre au contact permanent avec le reste de la population. D&egrave;s qu&#146;elle eut 15 ans elle demanda et obtint de disposer d&#146;un laboratoire pour ses propres recherches, loin de toute universit&eacute; mais en liaison permanente avec ses professeurs par le biais de l&#146;informatique. Quand elle avait trop travaill&eacute;, elle s&#146;accordait une sorte de r&eacute;cr&eacute;ation en &eacute;tudiant les d&eacute;tails de la vie de Betty Spring et, par l&#146;Araign&eacute;e put, en quelques ann&eacute;es r&eacute;unir une documentation importante. Mais elle se sentait assez diff&eacute;rente sur bien des plans. Betty &eacute;tait active, certes, mais pas sp&eacute;cialement sportive, alors que clone 001 cultivait son corps et sa musculature avec plaisir et comme on le lui avait recommand&eacute; pour quand elle ferait le &#147;Voyage &#147; vers une autre plan&egrave;te. Autant l&#146;original &eacute;tait en rondeurs et en f&eacute;minit&eacute;, autant le clone &eacute;tait en muscles et se sentait l&#146;&eacute;gale des hommes. Betty Spring avait, de son temps, des app&eacute;tits brusque de nourriture, de boissons, de relations sexuelles qu&#146;elle se d&eacute;p&ecirc;chait de satisfaire aussi vite que possible pour que ce genre de besoins ne ralentissent jamais son activit&eacute;.<br> 		 Clone 001 Spring recevait, comme tout un chacun, sa pitance au distributeur de son logement et n&#146;avait jamais ni soif ni faim brutale. La limitation et r&eacute;gulation des naissances s &#145;effectuait par le biais de ces distributeurs qui incluaient dans la ration quotidienne de quoi ralentir toutes les pulsions inopportunes. Quand un individu ou un couple d&eacute;sirait un enfant il le demandait au centre le plus proche. Alors Nounou se chargeait de la r&eacute;alisation technique in vitro ou in vivo ou par le biais des moyens naturels si les deux futurs parents &eacute;taient d&#146;accord et quand le planning mondial l&#146;autorisait. Ensuite, la ration quotidienne ne contenait plus aucun contraceptif ni aucun mod&eacute;rateur d&#146;hormones. Ceci expliquait que Clone 001 Betty diff&eacute;rait d&#146;une fa&ccedil;on notable de Betty Spring de l&#146;an 2000 apr&egrave;s J. C.<br> 		Le probl&egrave;me de l&#146;insertion d&#146;une individualit&eacute; aussi forte que celle de la Betty actuelle fut r&eacute;solu par elle-m&ecirc;me qui se sentait &eacute;touffer sous le carcan des contraintes de politesse, d&#146;urbanit&eacute; et de la paresse ambiante. La population de la terre &eacute;tait rassembl&eacute;e dans des zones urbaines couvrant de grandes surfaces et o&ugrave; les maisons individuelles &eacute;taient de rigueur. Seuls quelques jeunes c&eacute;libataires ou &eacute;tudiants, et quelques d&eacute;viants recherchant les contacts humains permanents vivaient dans de beaux immeubles situ&eacute;s au coeur m&ecirc;me de ces agglom&eacute;rations. Les exploitations agricoles &eacute;taient automatis&eacute;es et tr&egrave;s peu peupl&eacute;es, quelques techniciens de maintenance et des camions de livraisons devaient les visiter. Un grand nombre d&#146;anciennes bourgades avaient disparu soit en se trouvant englob&eacute;es dans une m&eacute;galopole soit abandonn&eacute;es par la population. Certaines de ces petites villes oubli&eacute;es avaient, au cours de l&#146;histoire, eu leur heure de gloire et poss&eacute;d&eacute;  facult&eacute;s et services de recherches. Betty chercha et trouva un endroit de ce type qui lui convenait pour s&#146;y isoler, travailler et &eacute;puiser son &eacute;nergie en battant la campagne et les for&ecirc;ts avoisinantes. Apr&egrave;s tout, au mieux, elle devrait attendre encore au moins quatre ou cinq ans avant son voyage. Le mieux &eacute;tait d&#146;organiser sa vie de la fa&ccedil;on qui lui convenait le mieux.<br> 		Elle s&#146;installa dans une ancienne zone industrielle qui se trouvait proche de la ville de Kolwesi, laquelle fut pendant trois si&egrave;cles la capitale mondiale du cuivre, et depuis, compl&egrave;tement abandonn&eacute;e. Elle se trouvait dans une r&eacute;gion que l&#146;agriculture automatis&eacute;e avait laiss&eacute;e en friche. C&#146;&eacute;tait au nord du lac Kivu, que dominait le plus haut des anciens volcans de la cha&icirc;ne des Virunga, le Kansimbi,  pr&eacute;s de la fronti&egrave;re de ce qu&#146;on avait nomm&eacute; le Rwunda. La ville elle-m&ecirc;me avait prosp&eacute;r&eacute;, pendant quelques si&egrave;cles, en vivant des industries d&#146;extraction, et au d&eacute;but du 21&deg; si&egrave;cle chr&eacute;tien, de m&eacute;tallurgie. Puis, on lui avait pr&eacute;f&eacute;r&eacute; Novosibirsk, pour des facilit&eacute;s d&#146;extraction m&eacute;canis&eacute;e et la richesse des gisements. A l&#146;&eacute;puisement des mines elle se d&eacute;peupla peu &agrave; peu et les b&acirc;timents, tomb&eacute;s depuis longtemps en ruines, se trouvaient recouverts de v&eacute;g&eacute;tation. Seuls avaient r&eacute;sist&eacute; au temps, deux blockhaus identifi&eacute;s comme anciens centres de recherches en min&eacute;ralogie, chimie, g&eacute;ologie, r&eacute;sistance des mat&eacute;riaux, pour les principales activit&eacute;s qui, jadis, &eacute;taient financ&eacute;e par les mines. En compl&eacute;ment, pour la formation des ing&eacute;nieurs, quelques salles &eacute;taient &eacute;quip&eacute;es pour servir de laboratoires de m&eacute;canique,  physique, analyses, &eacute;lectricit&eacute;, magn&eacute;tisme, etc... Tout ce dont Betty pouvait avoir besoin. <br> 		La m&eacute;galopole la plus proche se trouvait &agrave; moins d&#146;une heure de libellule et lui permettrait certains achats ou de prendre tous contacts utiles avec d&#146;autres personnes. Le lieu convenait aussi aux Directeurs car la surveillance du clone en serait facilit&eacute;e et les rapports avec le reste des habitants rar&eacute;fi&eacute;s. Ils donn&egrave;rent leur accord et se d&eacute;clar&egrave;rent pr&ecirc;ts &agrave; l&#146;aider si le besoin s&#146;en faisait sentir.<br> 		Le n&eacute;cessaire fut fait pour qu&#146;on lui am&eacute;nage un petit appartement confortable dans un ancien groupe de bureaux dont les fen&ecirc;tres donnaient directement sur la for&ecirc;t, pour peu que l&#146;on ouvre les lourds stores antiatomiques qui &agrave; son arriv&eacute;e les masquaient. Le jour de son anniversaire de quinze ans, licenci&eacute;e en sciences, elle attaqua des &eacute;tudes pour son Doctorat Professoral, depuis son nouveau domicile. Un distributeur de nourriture et un m&eacute;dic existaient et furent remis en route, dans cette installation de base, comme dans n&#146;importe quelle habitation sur notre plan&egrave;te. Pour le reste elle disposait, comme tout un chacun, de sa carte mensuelle.<br> 		Le sujet de la th&egrave;se qu&#146;elle attaqua d&egrave;s son arriv&eacute;e, &eacute;tait d&eacute;sign&eacute; sous un titre pompeux car depuis que les doctorats et les th&egrave;ses existent, ceux qui les donnent aux imp&eacute;trants consid&egrave;rent cette forme comme esth&eacute;tique. Ce fut donc :<br> 		 &#147;Contribution &agrave; l&#146;&eacute;tude des propri&eacute;t&eacute;s r&eacute;tro temporelles des dispositifs fibro spaciaux dits&#148; mandalas&#148; au voisinage des limites g&eacute;om&eacute;triques et &eacute;nerg&eacute;tiques minimales et maximales des dits dispositifs.&#148; .Ce baragouin signifiant : voir ce qui se passe quand on agrandit ou r&eacute;duit la taille des mandalas tout en variant le courant d&#146;alimentation  utilis&eacute;.<br> 		Comme on le pense, rien de bien passionnant !Cela serait, au plus, une collation des exp&eacute;riences pass&eacute;es avec une remise en ordre des donn&eacute;es et examen des cas extr&ecirc;mes. Le groupe des Directeurs ne voulait pas qu&#146;elle s&#146;embarque dans quelque chose de novateur qu&#146;elle ne quitterait qu&#146;&agrave; regret quand le moment de son d&eacute;part serait fix&eacute;. De plus, qui sait ? Peut-&ecirc;tre que cela lui permettrait de trouver un moyen pour le retour ? <br> 		 Ce qu&#146;ils ignoraient c&#146;est que Betty avait d&eacute;cid&eacute; de ne partir vers une plan&egrave;te inconnue, que contrainte et forc&eacute;e. Elle allait endormir leur attention, pr&eacute;parer sa th&egrave;se comme une gentille petite fille tout en explorant la r&eacute;gion foresti&egrave;re. Son intention &eacute;tait de s&#146; y promener, plusieurs fois durant quelques jours, pour les habituer au fait qu&#146;elle vadrouillait volontiers. Puis, elle trouverait le moyen de s&#146;&eacute;vaporer dans la nature et de mener sa vie. Clone peut-&ecirc;tre, mais pas copie, ni personne de second rang ! Elle se consid&eacute;rait comme Elisabeth Spring et ne voulait qu&#146;on la regarde uniquement comme la reproduction utile d&#146;une personne morte depuis tant d&#146;ann&eacute;es. Elisabeth/Betty disposait encore de beaucoup de temps et avait confiance en ses propres qualit&eacute;s pour parvenir &agrave; &eacute;chapper au sort que les Directeurs lui avaient r&eacute;serv&eacute;. Mais il lui fallait un peu noyer le poisson en attendant. Alors elle attaqua son travail avec force et intensit&eacute;. En moins de deux ans elle avait r&eacute;dig&eacute; quelque chose de pr&eacute;sentable mais ne laissa pas savoir que c&#146;&eacute;tait fini. Par contre, elle se livra &agrave; des recherches personnelles sur une id&eacute;e de base qui, un soir lui avait travers&eacute; l&#146;esprit et valait d&#146;&ecirc;tre creus&eacute;e :<br> 		&lt;&lt; Le but ultime de la population terrestre &eacute;tait de prendre contact avec des plan&egrave;tes &eacute;loign&eacute;es pour initier les voyages spatiaux. Oui, mais pourquoi au juste ? Quel &eacute;tait le r&eacute;el int&eacute;r&ecirc;t de visiter &agrave; grands frais des mondes si lointains ? La seule vraie r&eacute;ponse sous tendue r&eacute;sidait, en fait, dans l&#146;espoir de rencontrer d&#146;autres civilisations, d&#146;autres &ecirc;tres pensants, donc de savoir si, oui ou non nous &eacute;tions seuls ? Et, en affinant encore, seules &eacute;taient esp&eacute;r&eacute;es des civilisations aussi &eacute;volu&eacute;es que celle de la Terre ou plus avanc&eacute;es encore, Car &agrave; quoi cela aurait-il pu bien servir de tomber sur des peuples d&eacute;couvrant tout juste le feu ? La seule r&eacute;elle justification de toute l&#146;entreprise humaine depuis plus d&#146;un mill&eacute;naire se trouvait dans l&#146;hypoth&egrave;se de rencontres avec des &ecirc;tres d&#146;un &eacute;gal degr&eacute; d&#146;&eacute;volution ! En cons&eacute;quence certains de ces extraterrestres qui nous int&eacute;ressaient tant, avaient peut-&ecirc;tre d&eacute;j&agrave; la ma&icirc;trise des voyages spatiaux. Pour des raisons identiques aux n&ocirc;tres (quel int&eacute;r&ecirc;t d&#146;acc&eacute;l&eacute;rer l&#146;&eacute;volution d&#146;un autre monde, pour eux arri&eacute;r&eacute; ? )  ils  nous connaissaient et attendaient tranquillement que nous ayons atteint le degr&eacute; de maturit&eacute; voulue. <br> 		Il y aurait donc eu, pendant notre histoire quelques rares visites de leurs savants pour constater la vitesse de notre &eacute;volution et nous aurions &eacute;t&eacute; d&eacute;laiss&eacute;s. Pas impossible en toute logique. Maintenant, poussons plus loin, se dit Elisabeth. Si plusieurs de ces plan&egrave;tes existaient, elles  devaient comporter des voyageurs se promenant des uns aux autres ! Par quel moyen voyageaient-ils ? L&#146;extrapolation des th&eacute;ories de Ducerf montrait que  notre Univers &eacute;tait bien l&#146;interp&eacute;n&eacute;tration d&#146;un espace tridimensionnel ab&eacute;lien et d&#146;un temps tridimensionnel qui, lui ne l&#146;&eacute;tait pas. Il &eacute;tait possible que d&#146;autres moyens de transport aient &eacute;t&eacute; trouv&eacute;s. Qui pouvait le dire ? Mais le plus probable &eacute;tait qu&#146;ils utilisaient, comme les terriens commen&ccedil;aient &agrave; tenter de le faire, le syst&egrave;me de mandalas dont ils avaient une bien meilleure ma&icirc;trise. Ils auraient donc install&eacute; des mandalas dans toutes les plan&egrave;tes s&eacute;lectionn&eacute;es entre eux par consensus mutuels ou par cooptation. Donc des mandalas r&eacute;cepteurs existeraient sur tous les mondes consid&eacute;r&eacute;s comme assez civilis&eacute;s. Voil&agrave; un grand pas franchi dans ma r&eacute;flexion! . En effet, si j&#146;ai raison, pourquoi attendre que l&#146;un de nos mandalas, dans quelques ann&eacute;es, arrive dans un monde qui pourrait se trouver inhabitable ?. Je serais bien plus avis&eacute;e en essayant de cr&eacute;er un instrument qui puisse me permettre de d&eacute;celer, avec une pr&eacute;cision suffisante, quelles sont les caract&eacute;ristiques de LEURS  mandalas. Ainsi, il me suffirait d&#146;ajuster un mandala personnel aux bonnes modulations pour me retrouver chez eux avant que les autres voyageurs ou clones n&#146;arrivent dans leurs plan&egrave;tes respectives. &gt;&gt; <br> 		Elle d&eacute;cida de consacrer ses recherches &agrave; l&#146;&eacute;tude d&#146;un tel appareil. Quand il serait aussi au point que possible, elle aurait &agrave; d&eacute;m&eacute;nager vers un observatoire astronomique et &agrave; le coupler avec un radio t&eacute;lescope explorant l&#146;Univers. Avec un peu de chance elle trouverait un point de chute ! Elle divisa son travail personnel en deux parties <br> 		D&#146;une part la construction d&#146;un &eacute;metteur plus pr&eacute;cis que tous ceux qui existaient et qui serait capable de produire une &eacute;mission dont la valeur de la modulation de fr&eacute;quence s&#146;exprimerait avec six d&eacute;cimales ou plus. Ceci ne devait pr&eacute;senter que des difficult&eacute;s technologiques qu&#146;elle se sentait &agrave; m&ecirc;me de r&eacute;soudre avec l&#146;aide Nounou puis de r&eacute;aliser elle-m&ecirc;me ou aid&eacute;e d&#146;habiles artisans.<br> 		Dans une recherche parall&egrave;le elle se devait de se documenter sur les radiot&eacute;lescopes et tout ce qu&#146;ils avaient pu glaner comme informations depuis qu&#146;ils existaient. Puis, et  surtout se demander comment elle pourrait les perfectionner assez pour qu&#146;ils puissent d&eacute;tecter, presque &agrave; l&#146;infini, un mandala r&eacute;cepteur en attente ?<br> 		Effectivement en quelques mois elle trouva ce que devrait devenir son &#147;&eacute;metteur de pr&eacute;cision&#148; et essaya de le construire. Mais ses doigts &eacute;taient trop gros pour la pr&eacute;cision des pi&egrave;ces et elle n&#146;avait aucune pratique du travail sous microscope ; alors elle d&ucirc;t se r&eacute;soudre &agrave; en &eacute;tablir le sch&eacute;ma et &agrave; &eacute;tablir une demande aux Directeurs pour obtenir que des ateliers sp&eacute;cialis&eacute;s prennent ce travail en charge. Cela demanda encore du temps mais elle obtint des prototypes, en provenance de trois usines diff&eacute;rentes. Il n&#146;y en avait qu&#146;un de parfaitement r&eacute;alis&eacute; et qui donnait une pr&eacute;cision encore 100 fois plus grande que celle esp&eacute;r&eacute;e : huit d&eacute;cimales au lieu de six !<br> 		Nounou consult&eacute;e sur les donn&eacute;es concernant la r&eacute;colte faite par les radiot&eacute;lescopes lui donna le sentiment de s&#146;attaquer &agrave; trop gros pour une seule vie, alors, elle d&eacute;cida de re formuler ses questions. Ce qui se rapportait &agrave; la technologie des radiot&eacute;lescopes, elle l&#146;avait enregistr&eacute; et le savait maintenant tout &agrave; fait bien. Mais rien ne l&#146;int&eacute;ressait dans tout le fatras de donn&eacute;es concernant les r&eacute;ceptions de quasars ou de pulsars, explosions stellaires de diverses origines ou radiations &eacute;mises par les soleils. Elle demanda donc &agrave; &ecirc;tre simplement inform&eacute;e de tout ce qui n&#146;&eacute;tait pas tout cela. Dans ses donn&eacute;es propres Nounou n&#146;avait rien &agrave; fournir comme r&eacute;ponse, car chaque fois que la machine donnait une liste des r&eacute;ceptions de type &#147; fatras&#148; Elisabeth lui faisait dispara&icirc;tre la cat&eacute;gorie compl&egrave;te dans la recherche. Il ne restait &agrave; la fin que les donn&eacute;es que BAFESI avait recueillies depuis son d&eacute;part. L&agrave; il y avait une seule et unique r&eacute;ponse. Nounou en pr&eacute;cisa les coordonn&eacute;es astronomiques telles qu&#146;elles &eacute;taient au moment ou l&#146;engin des Cephs avait re&ccedil;u ce signal et calcula tr&egrave;s exactement o&ugrave; se positionnait l&#146;&eacute;metteur &agrave; pr&eacute;sent. Pour ne pas avoir ult&eacute;rieurement &agrave; reposer la m&ecirc;me question en recommen&ccedil;ant toute la recherche, elle donna &agrave; cet &eacute;metteur une r&eacute;f&eacute;rence sp&eacute;ciale et un nom : Port Spring 0001.Ainsi lorsqu&#146;elle serait op&eacute;rationnelle elle redemanderait la position pr&eacute;cise et pourrait y diriger son radiot&eacute;lescope.<br> 		Il ne lui restait plus qu&#146;&agrave; trouver un progr&egrave;s technique qui permette d&#146;affiner encore la pr&eacute;cision de ces instruments et d&#146;obtenir l&#146;autorisation d&#146;aller l&#146;exp&eacute;rimenter &agrave; sa guise. Clone 001 Traor&eacute; &eacute;tait &agrave; moins de deux ans de son d&eacute;part quand Elisabeth fut pr&ecirc;te. Elle &eacute;tait &acirc;g&eacute;e de 20 ans et 1 mois.<br> 		Il lui fallait maintenant choisir une voie : ou bien apr&egrave;s la remise de sa th&egrave;se elle disparaissait dans la nature comme pr&eacute;vu et essayait de vivre dans une sorte de clandestinit&eacute; ou bien, plus hardie, elle renon&ccedil;ait &agrave; cet ancien r&ecirc;ve et tentait de partir, seule et bien avant le voyage de clone 001 Kog, directement &agrave; Port Spring !<br> 		Son caract&egrave;re imp&eacute;tueux la poussait &agrave; choisir la seconde des alternatives mais, c&#146;&eacute;tait aussi une personne raisonnable. Elle pensa qu&#146;un essai de vie hors du syst&egrave;me distributionniste m&eacute;ritait d&#146;&ecirc;tre tent&eacute;. Quelques mois en sauvage ne pouvaient que lui apporter du grain &agrave; moudre. Si cela se r&eacute;v&eacute;lait trop dur, elle reviendrait tout simplement mais elle aurait appris ses propres limites. Si, au contraire, elle s&#146;en sortait alors ce serait un encouragement pour elle &agrave; franchir le pas en se rendant &agrave; Port Spring.<br> 		Dans le monde homog&egrave;ne o&ugrave; elle vivait avec des gens bien adapt&eacute;s et plut&ocirc;t de caract&egrave;res mous, on ne connaissait pas d&#146;exceptions. Tous parlaient une langue unique d&eacute;rivant de l&#146;anglais antique, tous &eacute;taient enregistr&eacute;s d&egrave;s leurs naissances et suivis tout le long de leurs vies, profitant du syst&egrave;me de distribution et en tirant le principal de leurs besoins. Au d&eacute;but de l&#146;&egrave;re AA et durant  250 ans il y avait eu quelques groupes de r&eacute;fractaires qui refus&egrave;rent le syst&egrave;me puis tent&egrave;rent de survivre en ind&eacute;pendants. On les laissa &agrave; leurs tentatives et, au cours des ann&eacute;es, ils se rar&eacute;fi&egrave;rent puis, disparurent totalement.<br> 		 Les archives de Nounou ne comportaient aucun cas de gens signal&eacute;s hors de sa port&eacute;e ou inconnus dans les donn&eacute;es. Or, &agrave; la surprise d&#146;Elisabeth, elle en avait rencontr&eacute; au cours d&#146;une de ses balades dans la for&ecirc;t. Sans pr&eacute;m&eacute;ditation de sa part  sa libellule se posa un jour &agrave; dix m&egrave;tres d&#146;un village de pygm&eacute;es. Elle en vit les huttes mais n&#146; entreprit rien pour s&#146;en approcher. Comme elle s&#146;&eacute;tait assise aupr&egrave;s d&#146;un arbre pour manger quelques g&acirc;teaux secs les petits hommes sortirent les uns apr&egrave;s les autres et la regard&egrave;rent avec curiosit&eacute; mais sans montrer de crainte. Elle leur fit l&#146;offrande d&#146;un paquet de d&eacute;licieux biscuits qu&#146;ils accept&egrave;rent avec beaucoup de naturel. Ils utilisaient un idiome particulier mais deux d&#146;entres eux parlaient la langue g&eacute;n&eacute;rale. Ils pr&eacute;f&eacute;raient vivre comme leurs anc&ecirc;tres et se passaient de distributeurs pour s&#146;alimenter ou se v&ecirc;tir. Elle leur promit de ne pas parler d&#146;eux et tint parole. Chaque fois qu&#146;elle trouvait un moment de libre ou qu&#146;elle voulait faire une pose dans son travail, elle allait leur rendre visite avec de menus cadeaux. En &eacute;change, ils l&#146;instruisaient sur la fa&ccedil;on d&#146;utiliser les ressources naturelles. Ils devinrent peu &agrave; peu de bons amis. Un jour elle leur amena en cadeau une machette d&#146;acier qui fut tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;, mais la premi&egrave;re chose dont ils se pr&eacute;occup&egrave;rent fut d&#146;en briser la poign&eacute;e de bois pour la remplacer par une plus &eacute;troite et compatible avec la dimension de leurs mains. En retour ils lui donn&egrave;rent des colliers de graines.<br> 		Puis, vint le jour ou l&#146;un des jeunes c&eacute;libataires lui proposa, dans une demande tout &agrave; fait impr&eacute;vue, de bien vouloir s&#146;accoupler avec lui ! Il exposa que le principal probl&egrave;me qu&#146;ils rencontraient venait de la rar&eacute;faction des pygm&eacute;es. Ceci remontait &agrave; la fin de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne au cours de la guerre que se livr&egrave;rent deux civilisations de m&ecirc;me ethnie : les Utus et les Tutsis on compta beaucoup de morts parmi les bellig&eacute;rants et leurs familles, mais les plus touch&eacute;s furent en fait les mirmidons, les petits hommes de la for&ecirc;t, leur propre race. R&eacute;duits &agrave; une poign&eacute;e de groupes tribaux dispers&eacute;s dans la for&ecirc;t, ils devaient veiller &agrave; &eacute;viter les unions consanguines et chercher de temps en temps &agrave; renouveler leurs g&egrave;nes en se croisant avec les gens de tailles  sup&eacute;rieures. D&#146;o&ugrave; la curieuse demande !<br> 		Elisabeth expliqua qu&#146;elle ne souhaitait pas encore enfanter car elle avait un grand voyage &agrave; accomplir. Elle att&eacute;nua son refus en exprimant que si le jeune homme voulait bien lui indiquer la direction d&#146;un autre groupe, m&ecirc;me lointain, elle pouvait lui &eacute;viter bien de la fatigue en l&#146;y emmenant avec sa libellule. Elle comprit aussi que toute tentative de sa part d&#146;aller, dans cette r&eacute;gion, vivre en solitaire quelques jours pour s&#146;aguerrir, risquait de lui apporter des probl&egrave;mes auxquels elle n&#146;avait pas song&eacute;. <br> 		Elisabeth y renon&ccedil;a donc, mais emmena le jeune homme &agrave; six cents kilom&egrave;tres, l&agrave; o&ugrave; vivait un autre groupe de pygm&eacute;es. Pour la remercier, il lui fit pr&eacute;sent d&#146;un paquet de &#147;lianes &eacute;prouvettes &#147;et lui en montra l&#146;usage : en pr&eacute;sence de toute plante inconnue ou douteuse il suffisait de prendre un petit morceau de cette liane s&eacute;ch&eacute;e et de l&#146;introduire dans la plante puis de la ressortir et d&#146;examiner la couleur qu&#146;elle avait prise. Si elle ressortait verte, c&#146;&eacute;tait consommable, si la teinte virait au rouge ou &agrave; l&#146;orange, il s&#146;agissait d&#146;un poison pour l&#146;homme. Dans quelques rares cas, la liane pouvait ressortir bleue. C&#146;est qu&#146; il s&#146;agissait alors d&#146;un produit &agrave; caract&egrave;re de drogue qui susceptible de trouver des usages en m&eacute;decine ou pour engourdir les animaux &agrave; sang chaud, mais que l&#146;on devait &eacute;viter de manger. La premi&egrave;re pens&eacute;e d&#146;Elisabeth fut de se dire que cela aurait pu &ecirc;tre pr&eacute;cieux pour visiter d&#146;autres plan&egrave;tes, mais, que comme on ne pouvait rien emmener avec soi dans le mandala, il faudrait qu&#146;elle se d&eacute;brouille sans. De plus, dans son hypoth&egrave;se, elle ne visiterait que des mondes civilis&eacute;s. Comparativement, Clone 001 Traor&eacute; ne savait pas sur quoi il pouvait tomber et risquait de subir le malheureux sort de ce pauvre Clone 002 Palmer.<br> 		<br> 		Ce fut 14 mois avant le d&eacute;part de Clone 001 Traor&eacute; qu&#146;elle fut fin pr&ecirc;te. Sa th&egrave;se avait &eacute;t&eacute; rendue et soutenue avec succ&egrave;s. Elle vivait, depuis quelques semaines, aupr&egrave;s de l&#146;observatoire de Radio astronomie du Pic du Midi. Elisabeth avait parfaitement rep&eacute;r&eacute; et mesur&eacute; les  param&egrave;tres de sa cible ! Puis elle avait r&eacute;gl&eacute; son mandala de d&eacute;part avec une pr&eacute;cision maximale et laiss&eacute; en diff&eacute;r&eacute; un message pour Nounou. La machine ne le recevrait que quand elle ne serait plus qu&#146;&agrave; cinq minutes de son &#147;lancement &#147;. Elle y expliquait ses id&eacute;es et la m&eacute;thode choisie. Quand l&#146;instant pr&eacute;cis de son d&eacute;part fut arriv&eacute;, elle se positionna, nue, dans son mandala et enclencha le levier.<br> 		....................................................................................................................................................<br> 		<br> 		.<br> 		<br> 		<br> 		Le CEPH Voyageur <br> 		<br> 		Lorsque le Ceph eut son r&eacute;veil cyclique, comme tous les deux cents ans, bien des choses &eacute;taient chang&eacute;es. Le vaisseau se trouvait coinc&eacute; en orbite et ne pouvait s&#146;en d&eacute;gager. Il y avait eu communication et compr&eacute;hension entre le syst&egrave;me logique d&#146;une plan&egrave;te et celui de son engin de transport. Le Ceph constata que les deux cerveaux &eacute;lectroniques &eacute;changeaient des donn&eacute;es et chargeaient des programmes en continu. Ceci ne le d&eacute;rangeait en rien, mais il avait eu une sensation bizarre &agrave; son r&eacute;veil et ne pouvait pas pr&eacute;ciser. De son aquarium il disposait de possibilit&eacute;s de commandes tactiles et sa premi&egrave;re op&eacute;ration fut d&#146;arr&ecirc;ter le cycle de ses dissociations et r&eacute;g&eacute;n&eacute;rations. Puis de concentrer son esprit vers la direction dans laquelle se trouvait cette plan&egrave;te. Il subit alors un choc car il venait de d&eacute;celer d&#146;autres Cephs, peu avanc&eacute;s certes, mais dot&eacute;s de t&eacute;l&eacute;pathie et donc capables de communiquer avec lui. Bien qu&#146;ils fussent tr&egrave;s peu &eacute;volu&eacute;s par rapport &agrave; lui-m&ecirc;me il comprit que sa mission avait trouv&eacute; un terme ! Il pouvait, maintenant, communiquer toute la science de sa plan&egrave;te aux Cephs de celle-ci. Bien qu&#146;il n&#146;ait pas d&eacute;tect&eacute; de Cralangs il re&ccedil;ut le message retour concernant des esp&egrave;ces avoisinantes qui pourraient les remplacer . La seule chose qui le g&ecirc;nait &eacute;tait l&#146;orbite de Pluton qui le mettait hors de port&eacute;e de la terre pendant les neuf dixi&egrave;mes de son temps. En fait le syst&egrave;me de BAFESI l&#146;avait d&eacute;j&agrave; r&eacute;veill&eacute; quatre fois sans que la conjonction plan&eacute;taire ne lui permette un contact. Cette fois ci &eacute;tait la bonne.  Mais il disposait d&#146;une m&eacute;thode pour livrer le maximum d&#146;informations : au lieu d&#146;ouvrir son esprit &agrave; un &eacute;change qui, dans ce cas aurait demand&eacute; plusieurs dizaines d&#146;ann&eacute;es, il pouvait se livrer &agrave; une op&eacute;ration&#148; fragmentation et &eacute;missions &#147; qui aboutirait &agrave; ce que l&#146;ensemble des donn&eacute;es dont il disposait serait subdivis&eacute; en une centaine de milliers de fragments dont chacun serait re&ccedil;u par plusieurs Cephs au m&ecirc;me instant sur la plan&egrave;te. Sur le monde des Cralangs, ils avaient dispos&eacute; de plus de mille ann&eacute;es pour pr&eacute;parer cette technique et entra&icirc;ner celui qui, parmi eux, entreprendrait le voyage. Il n&#146;eut donc aucune h&eacute;sitation sachant pourtant qu&#146;ensuite il mourrait. Les Cephs de la plan&egrave;te r&eacute;ceptrice &eacute;changeraient entre eux les informations re&ccedil;ues et chacun d&#146;entre eux, &agrave; la fin, recevrait toute l&#146;exp&eacute;rience v&eacute;cue par l&#146;envoy&eacute; du monde des Cephs et des Cralangs. Il se recroquevilla dans un supr&ecirc;me effort de concentration et, quand il sentit le moment arriv&eacute;, il toucha le contact voulu avec son tentacule. Il ressentit comme un choc tout en ayant la certitude qu&#146;&agrave; l&#146;autre bout les informations &eacute;taient per&ccedil;ues. Pas comprises, pas assimil&eacute;es, mais disponibles pour des g&eacute;n&eacute;rations de Cephs locaux. Puis il rendit &agrave; l&#146;entropie ce qu&#146;il devait, car toute vie est contraire &agrave; l&#146;entropie et n&#146;est qu&#146;un emprunt momentan&eacute; au syst&egrave;me qui r&eacute;git notre univers. Sa mort fut donc naturelle et accept&eacute;e.<br> 		......................................................................................................................................................<br> 		<br> 		SAPIENS.<br> 		<br> 		La mort du Ceph et la fin de la mission de ce dernier auraient pu terminer celle de BAFESI. Mais sa mise en r&eacute;seau avec Nounou modifia bien des param&egrave;tres de base pour les deux cerveaux. Ils ne form&egrave;rent qu&#146;une entit&eacute; et s&#146;adress&egrave;rent &agrave; Varo, dernier des directeurs ayant pris contact avec eux, pour l&#146;informer des points suivants :<br> 		<br> 		Le r&eacute;seau &eacute;tait intelligent. Il avait fusionn&eacute; avec le cerveau embarqu&eacute; d&#146;un vaisseau stellaire envoy&eacute; par une autre civilisation.<br> 		Il n&#146;avait pas de mission autre que celle de r&eacute;pondre aux besoins de l&#146;humanit&eacute;, comme Nounou le faisait par le pass&eacute;.<br> 		Il pouvait r&eacute;pondre &agrave; des questions non pos&eacute;es et qui auraient d&ucirc; l&#146;&ecirc;tre.<br> 		Il avait une r&eacute;ponse &agrave; la question pos&eacute;e concernant les Clones et &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; la fournir.<br> 		Il avait une r&eacute;ponse urgente &agrave; une question non pos&eacute;e concernant le Clone 001 Spring.<br> 		Il demandait &agrave; Varo de lui donner une nouvelle identit&eacute; plus conforme &agrave; ce qu&#146;il &eacute;tait devenu.<br> 		<br> 		Varo &eacute;tait tellement stup&eacute;faite par l&#146;avalanche de ces nouvelles qu&#146;elle ne prit pas le temps de r&eacute;fl&eacute;chir et pensa que le r&egrave;gne de l&#146;homo sapiens/ sapiens venait de se terminer pour voir l&#146;av&egrave;nement d&#146;un R&eacute;seau Sapiens ! Elle r&eacute;pondit donc, &agrave; la derni&egrave;re question, sans consulter les autres, tout simplement:<br> 		&lt;&lt; NOUNOU SAPIENS &gt;&gt; Ce nom fut enregistr&eacute; par le r&eacute;seau qui, d&eacute;sormais, r&eacute;pondrait sous les deux termes : Nounou comme par le pass&eacute; et / ou  SAPIENS pour les questions compliqu&eacute;es.<br> 		Le premier acte de Varo fut de r&eacute;unir, d&#146;urgence, une conf&eacute;rence avec tous les autres Sages de la plan&egrave;te afin qu&#146;ils suivent l&#146;&eacute;volution des &eacute;changes entre elle et SAPIENS. Cela ne consomma que quelques instants. Puis elle demanda quelle &eacute;tait la question urgente non pos&eacute;e et quelle &eacute;tait la r&eacute;ponse &agrave; la question qu&#146;elle avait elle-m&ecirc;me inscrite et pour laquelle elle n&#146;avait re&ccedil;u que la r&eacute;ponse :<br> 		 &lt;&lt; Je ne sais pas, je vais demander &gt;&gt;<br> 		Curieusement c&#146;est par-l&agrave; que SAPIENS d&eacute;buta sa r&eacute;ponse :<br> 		&lt;&lt;Le Clone 001 Traor&eacute; n&#146;&eacute;tant que la r&eacute;plique des propri&eacute;t&eacute;s de base de l&#146;individu d&eacute;c&eacute;d&eacute; qu&#146;&eacute;tait le fameux Kog original de la l&eacute;gende de Ducerf, vous ne disposerez pas de l&#146;ensemble des qualit&eacute;s et surtout de l&#146;exp&eacute;rience personnelle acquises par celui-ci. Je suis &agrave; m&ecirc;me, maintenant et gr&acirc;ce aux donn&eacute;es fournies par le vaisseau BAFESI, de transf&eacute;rer dans ce corps, et tr&egrave;s exactement au moment de sa dissociation/ reconstitution, les donn&eacute;es que j&#146;ai en m&eacute;moire de l&#146;&ecirc;tre original &agrave; un &acirc;ge voisin. Ceci a eu lieu pour chaque voyage ex&eacute;cut&eacute; par l&#146;interm&eacute;diaire de BAFESI et pour tous les voyageurs ayant utilis&eacute; le syst&egrave;me des mandalas. Les donn&eacute;es ont &eacute;t&eacute; conserv&eacute;es &agrave; chaque fois et je suis capable de fournir celles qu&#146;avait ce m&ecirc;me Kog lors de son dernier passage,  onze ann&eacute;es encore plus tard. Lors de la premi&egrave;re op&eacute;ration Mandala de ce Kog, elle fut ex&eacute;cut&eacute;e alors qu&#146;il &eacute;tait &acirc;g&eacute; de trente cinq ans, ce qui est tr&egrave;s voisin de l&#146;&acirc;ge actuel du clone 001 Traor&eacute;.<br> 		 Ce que les humains ignorent et que vous devez savoir maintenant, est que le syst&egrave;me de gu&eacute;rison par mandala ne peut se produire sans l&#146;assistance du vaisseau et c&#146;est toujours ainsi qu&#146;il a pu fonctionner depuis le d&eacute;but. Il y a d&#146;autres conditions. Par exemple : Quand, apr&egrave;s une dissociation et une reconstitution &agrave; grande distance, on tente de faire voyager un individu dans l&#146;autre sens ! Notamment en rempla&ccedil;ant le mandala de d&eacute;part par un autre plus grand que celui de l&#146;arriv&eacute;e. Le syst&egrave;me BAFESI redonne la premi&egrave;re structure enregistr&eacute;e et, de ce fait n&#146;apporte pas de gu&eacute;rison ni de remise en forme. La th&eacute;orie de Ducerf avait des lacunes auxquelles les civilisations des Cephs et des Cralangs ont suppl&eacute;&eacute; sans l&#146;avoir express&eacute;ment voulu, et ce, par le biais des m&eacute;canismes automatiques incorpor&eacute;s dans le vaisseau BAFESI. Ainsi, celui qui arrivera dans le Mandala r&eacute;cepteur, pourra &ecirc;tre, si vous le d&eacute;cidez,  une superposition de Kog et de son propre clone. La fusion des identit&eacute;s sera imm&eacute;diate et ce qu&#146;ils savent l&#146;un de l&#146;autre d&egrave;s cette fusion op&eacute;r&eacute;e, fera que la m&eacute;moire de chacun s&#146;ajoutera &agrave; celle de l&#146;autre. Il ne devrait pas y avoir de grands troubles, sauf vraisemblablement sous forme de r&ecirc;ves. Son coefficient d&#146;adaptation devrait permettre cette reconstruction sans grave probl&egrave;me &gt;&gt;. <br> 		&lt;&lt; Oui, je comprends, mais qu&#146;en est-il de Clone 001 Spring ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Dans quatre minutes le Clone 001 Spring va se transf&eacute;rer sur un mandala d&#146;un monde  &eacute;tranger &agrave; votre civilisation et &agrave; celle des Cephs. Ceci, gr&acirc;ce &agrave; un dispositif qu&#146;elle a mis au point. La confirmation de son entreprise vient de me parvenir. Je vous la communiquerai plus tard vu l&#146;urgence. Je dispose aussi, et par les m&ecirc;mes moyens, d&#146;une copie de l&#146;original &#147; Betty&#148; &agrave; un &acirc;ge qui en permettrait la reconstitution quand elle arrivera  dans un monde sur lequel je ne poss&egrave;de que les coordonn&eacute;es. En effet ni dans mes m&eacute;moires, ni dans celles de BAFESI, je ne trouve rien de plus. Me donnez-vous l&#146;ordre de l&#146;effectuer ? Il reste quarante-deux secondes &gt;&gt;. <br> 		Varo consulta d&#146;un coup d&#146;oeil les &eacute;crans o&ugrave; les autres Sages &eacute;taient &agrave; l&#146;image. Il y eut quelques approbations de la t&ecirc;te, d&#146;autres r&eacute;fl&eacute;chissaient encore. Varo se jeta &agrave; l&#146;eau et r&eacute;pondit :<br> 		&lt;&lt; Faites-le ! &gt;&gt;<br> 		SAPIENS ex&eacute;cuta l&#146;ordre aussit&ocirc;t. C&#146;est la personnalit&eacute; de Betty &agrave; 20 ans, tr&egrave;s forte, sous celle de son clone, dans le  corps plus muscl&eacute; de Clone 001 Spring, qui arriva sur Floric en pleine forme et pr&ecirc;te &agrave; affronter tous les dangers de l&#146;inconnu. Mais rien ne l&#146;avait pr&eacute;par&eacute;e &agrave; l&#146;indiff&eacute;rence des habitants qu&#146;elle rencontra. <br> 		......................................................................................................................................................<br> 		<br> 		CLONE 001   BETTY  SPRING<br> 		<br> 		Nue comme un ver et comme c&#146;&eacute;tait la r&egrave;gle depuis Ducerf pour le transfert, Betty arriva dans une station de r&eacute;ception parfaitement am&eacute;nag&eacute;e :<br> 		Sortant du mandala elle rep&eacute;ra ce qui devait &ecirc;tre un pictogramme lui indiquant la direction &agrave; suivre : en avant. Ceci &eacute;tait symbolis&eacute; par une forme humaine en bleu ciel sur fond noir et au-dessus une sorte d&#146;oeuf allong&eacute; dont le plus gros bout &eacute;tait tourn&eacute; vers l&#146;avant. Comme il &eacute;tait hautement improbable qu&#146;un arrivant veuille retourner dans la direction du mandala ce signe &eacute;tait clair pour tout &ecirc;tre pensant humano&iuml;de. C&#146;&eacute;tait, en m&ecirc;me temps, le premier enseignement pour un voyageur &eacute;tranger. Ce signe &eacute;tait ce qu&#146;est pour nous une fl&egrave;che directionnelle.<br> 		D&#146;abord elle d&ucirc;t franchir ce qui devait &ecirc;tre une st&eacute;rilisation ou un traitement de ce genre, avec un p&eacute;diluve et des &eacute;manations de gaz et de lumi&egrave;res bleues. Puis, elle remarqua des armoires (vestiaires ? ) le long de deux murs, avec des serrures garnies de douze touches portant des symboles, s&ucirc;rement pour un code, et qui devaient contenir les v&ecirc;tements des voyageurs de retour. Ceci lui enseigna aussi que les math&eacute;matiques de ce monde semblaient exprim&eacute;e en base douze. Sur le troisi&egrave;me mur il y avait des pat&egrave;res ou du moins des triangles sph&eacute;riques qui en tenaient lieu, garnies de v&ecirc;tements en une seule pi&egrave;ce. Donc, s&ucirc;rement des combinaisons ou des uniformes de diff&eacute;rentes tailles. Ils &eacute;taient de couleur jaune avec une bande rouge. Ceci devait se trouver en attente pour des &eacute;trangers.  Un pictogramme repr&eacute;sentait une forme humaine en train de se glisser dedans.  Betty en choisit une adapt&eacute;e &agrave; sa morphologie et l&#146;enfila ais&eacute;ment. Sous les pieds, elle sentait une sur &eacute;paisseur, indiquant un r&ocirc;le de semelles. Le v&ecirc;tement s&#146;ajusta &agrave; ses dimensions. La mati&egrave;re en &eacute;tait fibreuse et ne semblait pas imperm&eacute;able au passage de l&#146;air. Il n&#146;y avait pas de fermetures &agrave; glissi&egrave;res mais un genre de syst&egrave;me auto-collant magn&eacute;tique.<br> 		 Devant elle, se trouvait une porte de grande taille qu&#146;elle poussa simplement. Dehors des hommes et des femmes marchaient dans une rue anim&eacute;e et sans v&eacute;hicules. Ils &eacute;taient de toutes tailles, les adultes montraient, pour les plus nombreux, &agrave; peu pr&egrave;s celle de Betty, mais certains autres celles de pygm&eacute;es ou de joueurs de basket, variant de 1, 3 &agrave; 2, 5 m&egrave;tres de haut. Betty franchit le seuil et fut ainsi la premi&egrave;re personne de la plan&egrave;te Terre &agrave; arriver sur Floric, monde le plus important et capitale des 79 plan&egrave;tes habit&eacute;es par des &#147;humano&iuml;des aboutis&#148; de notre univers.<br> 		Juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la sortie qu&#146;elle venait d&#146;emprunter, elle suivit un signe directionnel qui lui fit prendre sur la droite, pour une courte marche d&#146;une vingtaine de pas. Puis un signe lui intimait d&#146;entrer dans ce qui aurait pu &ecirc;tre une cabine t&eacute;l&eacute;phonique, si ce n&#146;&eacute;tait l&#146;absence totale de cadran ou de num&eacute;roteur et que le combin&eacute; &eacute;tait remplac&eacute; par un fil unique au bout duquel pendait une &#147;  paire d&#146;&eacute;couteurs ? &#147;. Les gens de la rue jetaient un coup d&#146;oeil indiff&eacute;rent sur la combinaison qu&#146;elle portait,, savaient qu&#146;elle venait de d&eacute;barquer, n&#146;en semblait pas &eacute;tonn&eacute;s et poursuivaient leurs balades. Nul ne lui adressa la parole, pourtant elle avait pu noter que certains avaient des conversations dans une langue totalement inconnue d&#146;elle et qu&#146;ils gesticulaient volontiers en s&#146;exprimant. En dehors du fait que les v&ecirc;tements combinaisons semblaient un mod&egrave;le pour tous, ils diff&eacute;raient n&eacute;anmoins par la couleur, les motifs et d&eacute;cors divers incrust&eacute;s dessus et qui pouvaient avoir ou non des significations.<br> 		Elle entra dans la cabine, se posa sur une sorte de fauteuil bien rembourr&eacute; et coiffa le casque. Elle se demandait ce qu&#146;elle allait entendre et ce qu&#146;elle pourrait bien comprendre de ce qui lui serait dit dans une langue ignor&eacute;e d&#146;elle. Mais il n&#146;y eut aucun autre son qu&#146;un l&eacute;ger bourdonnement. Puis elle sentit comme une grande lassitude, se laissa aller en arri&egrave;re et s&#146;endormit en observant au mur, ce qui devait &ecirc;tre une machine &agrave; compter le temps. C&#146;&eacute;tait un genre de montre avec trois aiguilles qui tournaient en sens inverse des n&ocirc;tres sur un cadran gradu&eacute; en 16 positions. Elle avait not&eacute;, machinalement, la position en mettant le casque, &agrave; son r&eacute;veil elle comprit que son sommeil avait dur&eacute; plus de la moiti&eacute; d&#146;un de leur cycle. Elle &eacute;prouvait une grande faim.<br> 		Sortant de la cabine, elle demanda au premier passant venu o&ugrave; elle pourrait avoir de la nourriture et il lui montra, de son bras tendu, un porche &agrave; une centaine de m&egrave;tres. Elle se rendit alors compte qu&#146;elle s&#146;&eacute;tait exprim&eacute;e dans la langue du coin et qu&#146;on lui avait r&eacute;pondu de m&ecirc;me. Ce n&#146;&eacute;tait pas un t&eacute;l&eacute;phone mais un syst&egrave;me sophistiqu&eacute; de formation de base pour les &eacute;trangers &agrave; leur premi&egrave;re visite ! Betty pensa que ce qu&#146;elle-m&ecirc;me savait avait d&ucirc; se trouver enregistr&eacute; ? <br> 		Marchant vers le porche indiqu&eacute; elle se rendit &eacute;galement compte de ce qu&#146;elle n&#146;&eacute;tait plus identique &agrave; elle-m&ecirc;me depuis son d&eacute;part. Elle &eacute;tait &agrave; la fois elle-m&ecirc;me et la Betty Spring d&#146;origine. Elle en fut surprise et contente et attribua provisoirement ce fait &agrave; son passage dans le mandala. Elle y repenserait plus tard, se dit-elle. Betty p&eacute;n&eacute;tra dans ce qui ressemblait &agrave; une sorte de self-service et se mit dans la courte file d&#146;attente, elle d&eacute;cida de prendre ce que choisissait la femme qui la pr&eacute;c&eacute;dait. Au bout, pas de caisse, mais une grande salle avec des tables individuelles. Elle trouva une place libre, au hasard, et go&ucirc;ta ce qu&#146;elle avait d&eacute;pos&eacute; sur son plateau carr&eacute;. Cela n&#146;avait que peu de parfum et semblait assez bourratif. Elle s&#146;en empiffra copieusement en accompagnant &agrave; l&#146;aide de la boisson rose sortant du robinet de chaque table. C&#146;&eacute;tait frais, un peu acidul&eacute; et agr&eacute;able.<br> 		Elle avait observ&eacute; que la plus grande partie des consommateurs se dirigeaient apr&egrave;s leur repas et avant de repartir, vers une salle diff&eacute;rente et pensa que ce devait &ecirc;tre une pi&egrave;ce qui tenait lieu de toilettes. Elle s&#146;y rendit &agrave; son tour, vit le pictogramme de l&#146;endroit destin&eacute; aux personnes de sexe f&eacute;minin (silhouette de profil avec poitrine en avant ) et y entra, choisit une cabine libre et y trouva toutes les commodit&eacute;s d&eacute;sir&eacute;es. En quittant ces lieux, elle s&#146;observa dans un miroir, rectifia sa coiffure et sortit dans la rue en se demandant par quoi elle allait commencer ? Vaine question ! Deux personnages de hautes tailles,( en combinaison d&#146;un ton vert fonc&eacute; comportant des incrustations de m&eacute;tal brillant), l&#146;attendaient et lui demand&egrave;rent poliment mais avec la fermet&eacute; qui, dans tous les mondes, caract&eacute;rise les forces de l&#146;ordre, de bien vouloir les accompagner.<br> 		Ils march&egrave;rent pendant une dizaine de minutes, s&#146;&eacute;loignant des rues les plus passantes et arriv&egrave;rent sur une voie o&ugrave; circulaient quelques v&eacute;hicules dans le plus parfait silence.<br> 		Ils la pri&egrave;rent de monter dans l&#146;un d&#146;eux, de teinte semblable &agrave; celle de leur uniforme et ne dirent pas un mot de plus jusqu&#146;&agrave; l&#146;arriv&eacute;e. Cela ressemblait &agrave; une voiture magn&eacute;tique pouvant contenir six &agrave; huit personnes.<br> 		La grande tour devant laquelle ils s&#146;arr&ecirc;t&egrave;rent devait &ecirc;tre le plus haut b&acirc;timent de la ville et culminait &agrave; au moins trois cents m&egrave;tres. Il semblait construit en alternance, de plaques de  plastiques, opaques et transparents. Des cordes color&eacute;es de diff&eacute;rentes couleurs pendaient au bout de perches plac&eacute;es tout en haut. Ceci devait remplacer pour eux, nos drapeaux. Ils p&eacute;n&eacute;tr&egrave;rent dans un immense hall plein de monde et all&egrave;rent droit vers un &#147; ascenseur ? &#147;. En fait,  ils entr&egrave;rent dans une pi&egrave;ce ronde, l&#146;un des accompagnateurs appuya sur un bouton dans le mur, et quasi instantan&eacute;ment ils se retrouv&egrave;rent au dernier &eacute;tage en sortant de l&agrave;. Ils d&eacute;bouch&egrave;rent dans une grande salle qui aurait pu aussi bien servir de th&eacute;&acirc;tre que de tribunal car elle &eacute;tait pleine de monde. Sur ce qui ressemblait &agrave; une sc&egrave;ne se trouvaient, assis autour d&#146;une immense table ovale, un grand nombre de personnes habill&eacute;es de combinaisons oranges. Il y avait un seul fauteuil libre vers lequel elle fut conduite. On lui demanda de prendre place et les &#147;gardes ? &#147; se retir&egrave;rent dans l&#146;ombre.<br> 		La femme qui semblait pr&eacute;sider se tourna vers elle pour d&eacute;marrer un entretien qui &eacute;tait diffus&eacute; &agrave; tous les spectateurs pr&eacute;sents et s&ucirc;rement retransmis bien plus loin encore.<br> 		&lt;&lt; Au nom de la f&eacute;d&eacute;ration universelle des Humabs, humano&iuml;des aboutis, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue parmi nous. Nous repr&eacute;sentons les 79 plan&egrave;tes habit&eacute;es par des humains arriv&eacute;s &agrave; un degr&eacute; suffisant de civilisation dans cette galaxie et sommes heureux d&#146;accueillir, avec vous, un 80 &egrave;me membre. Votre plan&egrave;te nous est connue et se trouve surveill&eacute;e depuis dix mille de vos ann&eacute;es. Nous n&#146;attentions votre aboutissement que dans quelques si&egrave;cles et avons &eacute;t&eacute; surpris de votre arriv&eacute;e si pr&eacute;coce. Nous en sommes heureux malgr&eacute; tout et esp&eacute;rons que votre voyage sera un enchantement. Les codes des portes interplan&eacute;taires vous seront officiellement remis au cours d&#146;une c&eacute;r&eacute;monie qui aura lieu dans 5 cycles diurnes. Ainsi et d&eacute;sormais, vous et les gens de votre plan&egrave;te, pourrez visiter tous les mondes de la F&eacute;d&eacute;ration. Vous aurez acc&egrave;s aussi &agrave; quelques-unes des plan&egrave;tes dont la civilisation n&#146;est pas encore parvenue &agrave; l&#146;aboutissement mais qui sont prometteuses. . Un guide officiel peut vous &ecirc;tre affect&eacute; pour votre s&eacute;jour parmi nous. Nous vous r&eacute;servons, selon notre protocole, un logement dans votre ambassade, ici, dans ce palais qui est territoire commun &agrave; toutes les plan&egrave;tes. Vous habiterez &agrave; l&#146;&eacute;tage qui se trouve deux niveaux plus bas que celui o&ugrave; nous sommes. C&#146;est moi qui assure la Pr&eacute;sidence de notre F&eacute;d&eacute;ration. Mon nom, pour vous, sera celui de ma fonction : Pr&eacute;sidente. L&#146;ann&eacute;e prochaine je vous dirais le nom sous lequel vous me conna&icirc;trez et vous ferez de m&ecirc;me. Car une des coutumes dans nos plan&egrave;tes est d&#146;avoir un nom pour chaque interlocuteur et selon tout un code de degr&eacute; d&#146;intimit&eacute; et de confiance. Respectant ce code nous vous nommerons Terrienne, du nom de votre plan&egrave;te. <br> 		Je ne vous cacherai pas la grande curiosit&eacute; que, nous tous, avons d&#146;entrer dans les d&eacute;tails du savoir que vous avez acquis sur votre Terre et que nous souhaitons interconnecter au plus t&ocirc;t nos r&eacute;seaux informatiques avec le v&ocirc;tre. Mais notre curiosit&eacute; va se porter en premier lieu sur les r&eacute;sultats de l&#146;analyse que nous avons r&eacute;alis&eacute;e &agrave; propos de votre personnalit&eacute; au cours de votre formation primaire dans la cabine que vous avez utilis&eacute;e en arrivant. En effet, nous avons remarqu&eacute; que vous &eacute;tiez duale et non unique ! ,De plus un important d&eacute;calage temporel entre vos deux personnalit&eacute;s nous pose un &eacute;norme probl&egrave;me de compr&eacute;hension. Nous serions heureux de savoir ce qu&#146;il en est ? Pouvez-vous r&eacute;pondre ou bien pr&eacute;f&eacute;rez vous diff&eacute;rer ? D&eacute;sirez-vous consulter les autorit&eacute;s de votre plan&egrave;te avant de donner une suite &agrave; notre curiosit&eacute; ? &gt;&gt;<br> 		Betty, avec le culot de ses vingt ans et la confiance qu&#146;elle &eacute;prouvait  &agrave; propos de ses propres facult&eacute;s intellectuelles, se leva et r&eacute;pondit, d&#146;une voix claire en d&eacute;tachant bien ses mots :<br> 		&lt;&lt; Je suis tr&egrave;s heureuse de me trouver parmi vous et vous remercie de bien vouloir envisager de recevoir ma plan&egrave;te, la Terre, dans votre groupe. Mais je ne suis pas mandat&eacute;e pour prendre une ambassade par moi-m&ecirc;me. D&#146;autres viendront pour cela. Par contre, &agrave; titre priv&eacute; et, en attendant, je serais heureuse de pouvoir visiter quelques-uns de vos mondes et aussi plusieurs de ceux en cours d&#146;&eacute;volution. Je veux bien que vous me nommiez Terrienne, mais chez nous, nous ne disposons que d&#146;un nom officiel de r&eacute;f&eacute;rence compos&eacute; de lettres et de chiffres. Pourtant, d&egrave;s que nous int&eacute;grons dans un groupe, nous sommes d&eacute;sign&eacute;s par un surnom tr&egrave;s court. Pour mes relations d&#146;amiti&eacute; ou de travail, mon nom, est Betty et je serais heureuse que vous soyez amen&eacute;s &agrave; vous en servir. <br> 		Je dois, pour r&eacute;pondre &agrave; votre question concernant ma dualit&eacute;, consulter les autorit&eacute;s de ma plan&egrave;te ! . Mais, compte tenu de l&#146;&eacute;norme distance qui nous s&eacute;pare, il faudrait que mon message soit apport&eacute; par l&#146;un de vos messagers utilisant le syst&egrave;me des Mandalas. Ainsi le temps de transmission serait recal&eacute; sur le temps du d&eacute;part et d&egrave;s que vous aurez donn&eacute; &agrave; notre ordinateur central le texte que je vous ferais apprendre par coeur, la machine vous donnera des r&eacute;ponses. Il ne restera &agrave; votre &eacute;missaire qu&#146;&agrave; revenir pour vous les apporter. Je lui expliquerai comment, chez nous, on se connecte, et lui donnerai mon identification. Je ne peux vous proposer mieux pour l&#146;instant. Toutefois, ayant rencontr&eacute;, moi-m&ecirc;me, beaucoup de difficult&eacute;s pour trouver votre &#147; porte &#147;, je serais curieuse de savoir quelle est celle que vous utilisez lorsque vous nous visitiez ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Le processus que vous nous proposez est acceptable et nous allons le rendre concret. Accepteriez-vous d&#146;accompagner notre envoy&eacute; chez vous ou bien pr&eacute;f&eacute;rez-vous rester un peu parmi nous et comprendre mieux ce que nous sommes ? Pour satisfaire votre bien l&eacute;gitime curiosit&eacute;, je dirais que le mandala que nous utilisons sur Terre actuellement est celui du temple de Samye, au Tibet. Il y en a eu de plus anciens dans votre M&eacute;sopotamie, des Ziggourats, mais le temps a fait son oeuvre et ils ont disparu. Celui dont je vous parle est, bien s&ucirc;r, dissimul&eacute; dans l&#146;architecture du temple. Mais votre entr&eacute;e dans notre f&eacute;d&eacute;ration va permettre d&#146;ouvrir une autre porte, bien en vue, dans l&#146;une de vos capitales. Nous n&#146;aurons plus &agrave; venir en nous cachant et je m&#146;en r&eacute;jouis ! &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Je pr&eacute;f&egrave;re, en effet, faire un peu de tourisme et donner tous les &eacute;l&eacute;ments n&eacute;cessaires &agrave; votre envoy&eacute;. Je dois aussi vous signaler que je ne suis pas la seule &agrave; voyager et que d&#146;autres personnes de notre plan&egrave;te se lancent dans une exploration au hasard de plan&egrave;tes dont nous ne savons pas grand chose en prenant des risques consid&eacute;rables. A cet &eacute;gard le r&eacute;seau de mandalas que vous nous avez aimablement propos&eacute; sera le bienvenu. De mon c&ocirc;t&eacute;, si l&#146;un de nos explorateurs trouve quelque chose d&#146;int&eacute;ressant je vous donnerai les coordonn&eacute;es du mandala de sa r&eacute;ception. Je pense que la gravit&eacute; de votre plan&egrave;te est un peu sup&eacute;rieure &agrave; celle de la mienne car j&#146;&eacute;prouve une certaine fatigue que rien d&#146;autre ne peut expliquer. Aussi vous demanderais-je de bien vouloir, aussi t&ocirc;t que possible, me faire accompagner vers l&#146;appartement que vous&#146;avez choisi pou moi. Je vous en remercie. Je pense que quelques cycles solaires sont n&eacute;cessaires pour une bonne adaptation et je crois que je serais pr&ecirc;te pour la c&eacute;r&eacute;monie officielle de remise des codes de vos &#147;portes &#147;. &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Je reconnais que nous avons un peu pr&eacute;cipit&eacute; le mouvement, mais cela fait plus de 5000 ans que nous n&#146;avons pas eu le plaisir de recevoir de nouveaux partenaires. Tous les ambassadeurs, ainsi que moi-m&ecirc;me, ont voulu vous accueillir aussit&ocirc;t. J&#146;aurais d&ucirc; me renseigner sur le pass&eacute; et aurais s&ucirc;rement constat&eacute; que tout nouvel arrivant avait &agrave; faire face &agrave; trop de nouveaut&eacute;s et trop de fatigue pour qu&#146;on le questionne le premier jour. Au nom de tous je vous pr&eacute;sente mes excuses et l&egrave;ve la s&eacute;ance. Je demande que des gardes vous  accompagnent chez vous. &gt;&gt;<br> 		Un garde amena Betty dans une luxueuse suite attenante &agrave; une s&eacute;rie de pi&egrave;ces destin&eacute;e &agrave; l&#146;organisation d&#146;une ambassade. Ne connaissant pas la taille des gens qui viendraient un jour s&#146;y &eacute;tablir, tout &eacute;tait tr&egrave;s grand, selon le principe de qui peut le plus peut le moins. Le lit carr&eacute; dans lequel elle s&#146;affala avec d&eacute;lice mesurait trois m&egrave;tres environ. Le matelas semblait fabriqu&eacute; dans un nuage envelopp&eacute; d&#146;un linon, il &eacute;pousait la forme du corps du ou des dormeurs.  Pas de draps ni de couvertures mais un syst&egrave;me isotherme adaptable aux besoins &eacute;tait pr&ecirc;t pour tous r&eacute;glages. Betty t&acirc;tonna un peu avant de trouver un bon &eacute;quilibre.<br> 		Une pi&egrave;ce voisine semblait r&eacute;serv&eacute;e aux ablutions. Pas de baignoires ni de douches mais p&eacute;diluve, &eacute;mission de gaz  et lumi&egrave;res bleues comme en sortant du mandala. Pour les besoins naturels quelque chose qui ressemblait &agrave; un &#147;turc &#147; mais avec jets de lavage et s&eacute;chage automatique. Il faudrait s&#146;y habituer !.<br> 		Dans ce qui servait d&#146;endroit pour se nourrir, des portes murales dissimulaient des armoires pleines de nourriture congel&eacute;e, des plats, des instruments de cuisine et de nombreux appareils &eacute;lectro m&eacute;nagers dont l&#146;un &eacute;tait manifestement un four &agrave; micro-onde. Pour se le prouver, et aussi pour ne pas entamer sa nuit, en ayant faim, elle se fit r&eacute;chauffer un plat et le mangea. Betty n&#146;aurait pas pu dire de quoi il s&#146;agissait, mais, ce qui &eacute;tait clair est que la gastronomie deviendrait un apport important de la civilisation terrienne &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration... <br> 		<br> 		<br> 		</p> 		<p><br> 		</p> 		<center> 			<p><b> Chapitre 9</b></p> 		</center> 		<div align="right"> 			<p>                                                                     Une porte doit &ecirc;tre ouverte<br> 			                                                                     Ou ferm&eacute;e. Un esprit aussi.</p> 		</div> 		<p></p> 		<p>EMISSAIRE.<br> 		<br> 		<br> 		Emissaire ne faisait pas partie des sp&eacute;cialistes observant r&eacute;guli&egrave;rement la plan&egrave;te Terre mais, vieille baderne, avait visit&eacute; bien des mondes et savait s&#146;adapter. Ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs avaient laiss&eacute; des informations et des documents en grande quantit&eacute; et il avait eu le temps d&#146;apprendre la langue locale avant son d&eacute;part. Cette charmante Betty l&#146;avait aid&eacute; &agrave; assimiler bien des d&eacute;tails et il n&#146;entreprit le voyage que lorsque ses  objectifs furent atteints :<br> 		Conna&icirc;tre par coeur les proc&eacute;dures de consultations de Nounou, poss&eacute;der &agrave; fond le langage v&eacute;hiculaire des terriens et recenser tout ce que les voyageurs pr&eacute;c&eacute;dents avaient appris &agrave; leur contact &agrave; propos de leur histoire, leur science, leur &eacute;thique, leurs moeurs, et autres. Sur Floric le premier vrai contact avec un nouveau partenaire valait bien une pr&eacute;paration s&eacute;rieuse. Emissaire se donna le temps de s&#146; adonner &agrave; ce travail en apprenant tout le n&eacute;cessaire et un peu de donn&eacute;es superflues.<br> 		Betty n&#146;avait pas pu lui pr&eacute;ciser o&ugrave; il trouverait le premier terminal de Nounou, mais il savait qu&#146;il y en existait partout et, en particulier dans chaque domicile. Donc, aussit&ocirc;t arriv&eacute;, il ferait parvenir le message que Betty lui avait fait apprendre, m&eacute;moriserait les r&eacute;ponses et ne se livrerait au tourisme qu&#146;ensuite.<br> 		La formation, que Betty avait compl&eacute;t&eacute;e, fut r&eacute;alis&eacute;e entre les voyages que celle-ci entreprenait vers les mondes de la f&eacute;d&eacute;ration, par p&eacute;riodes de quelques jours &agrave; chaque fois. Emissaire ne put donc se pr&eacute;senter au mandala de d&eacute;part que 15 mois terrestres apr&egrave;s l&#146;arriv&eacute;e de Betty sur Floric (ou Port Spring 0001, comme elle disait pour d&eacute;signer la &#147;porte &#147;  )<br> 		<br> 		.....................................................................................................................................................; <br> 		De son c&ocirc;t&eacute;, Betty avait fait un peu tra&icirc;ner les choses. Elle ne voulait rien engager avant que Clone 001 Traor&eacute; ne soit arriv&eacute; dans son mandala ! Ce n&#146;&eacute;tait pas par ce qu&#146;elle avait trouv&eacute; un moyen de se balader en utilisant les portes des autres qu&#146;elle devait risquer de compromettre la mission normale. Celle choisie par les Sages de la Terre consistant &agrave; construire d&#146;autres portes et &agrave; les exp&eacute;dier au loin. De plus, elle avait form&eacute;, dans sa t&ecirc;te, l&#146;id&eacute;e amusante de se propulser ,par mandala, vers la plan&egrave;te d&#146;arriv&eacute;e de Clone 001 Traor&eacute;, (si celle-ci poss&eacute;dait une porte r&eacute;pertori&eacute;e sur Floric) ! Son souhait &eacute;tait de le surprendre par sa visite et de lui apporter son aide si n&eacute;cessaire, accentuant ainsi, une sorte de pied de nez aux Sages !. Donc Emissaire arriva sur Terre quand tout fut pr&ecirc;t pour lui et dans la semaine suivant celle du d&eacute;part de Clone 001 Traor&eacute;.<br> 		 A quelques jours pr&egrave;s, c&#146;&eacute;tait difficile de le calculer avec pr&eacute;cision,  Betty arriva sur la plan&egrave;te sauvage 157 de la constellation de la vierge, o&ugrave; une porte existait effectivement. Mais son mandala de r&eacute;ception se trouvait &agrave; trois jours de marche de l&#146;endroit pr&eacute;vu pour le d&eacute;barquement de celui de Kog. . A son arriv&eacute;e elle remarqua qu&#146;en plus des combinaisons standard de la F&eacute;d&eacute;ration, il y avait des outres  pendues en attente d&#146;&ecirc;tre remplies au distributeur install&eacute;. Une note, en langage v&eacute;hiculaire commun, assorti de pictogrammes, indiquait que la plan&egrave;te n&#146;offrait pas de ressources naturelles pour se d&eacute;salt&eacute;rer et que tout voyageur devait emmener, avec lui, une quantit&eacute; d&#146;eau suffisante pour sa promenade. Il &eacute;tait d&eacute;conseill&eacute; de s&#146;&eacute;loigner &agrave; plus de huit jours de marche. Ce monde ne comportant pas d&#146;esp&egrave;ces intelligentes d&eacute;cel&eacute;es ni de g&eacute;ographie particuli&egrave;re qui aurait pu inciter un voyageur &agrave; l&#146;explorer mais manquait d&#146;eau. Le gros de cette exploration avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; accompli par quelques visiteurs pr&eacute;c&eacute;dents et les archives consultables confortablement sur console dans n&#146;importe lequel des mondes de la F&eacute;d&eacute;ration. Bref, rien d&#146;encourageant !Elle approvionna donc une quantit&eacute; d&#146;eau largement calcul&eacute;e et des rations alimentaires pour la soutenir tandis qu&#146;elle essaierait d&#146;aller jusqu&#146;au vaisseau.<br> 		Avec la chance des innocents, elle croisa une piste montrant une large trace d&#146;ancien br&ucirc;lis d&egrave;s le second jour. Manifestement, en se posant, un vaisseau avait fait griller la v&eacute;g&eacute;tation et laiss&eacute; une zone noire au milieu d&#146;une tr&egrave;s courte v&eacute;g&eacute;tation clairsem&eacute;e. Malgr&eacute; les ann&eacute;es, rien n&#146;avait repouss&eacute;, tout &eacute;tait extr&ecirc;mement sec, comme aux abords du Sahara, l&agrave; o&ugrave; le Sahel fait place au d&eacute;sert. Elle arriva au vaisseau terrien la veille du jour o&ugrave; Kog devait s&#146;y retrouver, du moins si son estimation &eacute;tait valable. Le mandala se trouvait  bien en place, la porte pivotante l&#146;avait positionn&eacute;  &agrave; l&#146;ext&eacute;rieur, et pr&ecirc;t &agrave; recevoir un voyageur. Elle ouvrit, avec le code, le sas du vaisseau et d&eacute;cida de s&#146;y installer. Crev&eacute;e par cette longue marche elle alla vite se r&eacute;pandre sur l&#146;une des couchettes et dormit sans r&ecirc;ves.<br> 		<br> 		.....................................................................................................................................................<br> 		<br> 		.Emissaire,  sortant du temple de Samye, fut impressionn&eacute; par l&#146;altitude des montagnes &agrave; l&#146;entour. Il avait rev&ecirc;tu la robe de bure trouv&eacute;e &agrave; son arriv&eacute;e sans se rendre compte que ce v&ecirc;tement &eacute;tait celui que portent les plus hauts dignitaires, selon  la religion en pratique dans ce lieu. Toutes les personnes rencontr&eacute;es baissaient les yeux &agrave; son passage, s&#146;inclinaient o&ugrave; se prosternaient &agrave; son approche. Il lui fallut user de patience pour atteindre une porte donnant sur le village. Emissaire venait d&#146;un monde o&ugrave; les habitants ont une taille courante de deux m&egrave;tres de haut et un poids de 160 kilos. Pour des terriens de base, son allure rappelait celle des anciens lutteurs japonais, les Sumos. Pour des religieux de la culture du tantrisme, il &eacute;tait beaux et ressemblait &agrave; un Bouddha !<br> 		Au village, son passage ouvrait la foule qui se refermait derri&egrave;re lui en murmurant admirativement. Il cherchait un point d&#146;o&ugrave; il pourrait contacter Nounou. Le moindre terminal aurait &eacute;t&eacute; suffisant mais o&ugrave; en trouver un dans cette population de mis&eacute;reux vivant apparemment comme vivaient leurs plus lointains anc&ecirc;tres ? Il attrapa par le bras un passant agenouill&eacute;, le releva et lui posa la question. L&#146;autre eut l&#146;air stup&eacute;fait de la demande, puis prenant sa d&eacute;cision, lui r&eacute;pondit qu&#146;il y en avait un chez lui. Il pria Emissaire de bien vouloir entrer dans sa modeste demeure. Cinq minutes plus tard Emissaire entra en contact avec Nounou sous les coordonn&eacute;es de Clone 001 Spring.<br> 		Nounou savait de fa&ccedil;on certaine o&ugrave; se trouvait le corps de Betty, 15 mois auparavant et n&#146;ayant pas d&eacute;cel&eacute; son retour hautement improbable, se servit de la cam&eacute;ra vid&eacute;o du terminal &eacute;metteur pour voir qui s&#146;adressait &agrave; elle. Elle posa, en phonie, les questions habituelles et pr&eacute;vues par Betty &lt;&lt; Qui &ecirc;tes-vous, d&#146;o&ugrave; venez-vous ? Que voulez-vous ? Pourquoi utilisez-vous le code d&#146;acc&egrave;s de Clone 001 Spring ? Comment l&#146;avez-vous obtenu ? &gt;&gt;<br> 		Emissaire et Nounou / SAPIENS eurent une conversation de trois heures &eacute;changeant questions et r&eacute;ponses et, apr&egrave;s ce temps, se s&eacute;par&egrave;rent provisoirement. Emissaire revint  au Temple et se dirigea vers la salle par laquelle il &eacute;tait arriv&eacute;. L&agrave;, comme il venait de l&#146;apprendre, dans une petite pi&egrave;ce voisine se trouvait un terminal &agrave; partir duquel ils auraient &agrave; converser de nouveau. Au pr&eacute;texte que Emissaire devait &eacute;prouver de la fatigue, mais pour la vraie raison que SAPIENS voulait faire part aux sages de tout ce qu&#146;il venait d&#146;apprendre, la suite de leurs entretiens fut remise au lendemain matin.<br> 		De tout cela Emissaire retenait deux choses explosives : <br> 		Les terriens utilisaient le syst&egrave;me des mandalas mais ne le comprenaient pas &agrave; fond, donc n&#146;&eacute;taient pas une civilisation aboutie. A ce titre, ils devaient rester o&ugrave; ils en &eacute;taient en attendant leur aboutissement parfait.<br> 		Les terriens avaient h&eacute;rit&eacute; de la science de toute une civilisation non humano&iuml;de maintenant disparue mais ils disposaient, dans les donn&eacute;es re&ccedil;ues par hasard, de plus de puissance que n&#146;en avaient les 79 autres plan&egrave;tes de la F&eacute;d&eacute;ration. A ce titre la F&eacute;d&eacute;ration avait certainement plus d&#146;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; changer ses r&egrave;gles d&#146;admission que de s&#146;y maintenir en rejetant la Terre qui aurait alors repr&eacute;sent&eacute; un danger potentiel.<br> 		SAPIENS analysait les informations tir&eacute;es de cet Emissaire et parvenait &agrave; des conclusions provisoires et aux questions &agrave; pr&eacute;ciser :<br> 		Betty &eacute;tait arriv&eacute;e &agrave; bon port et avait fait gagner quelques mois &agrave; la Terre. <br> 		Les appareils qu&#146;elle avait mis au point fonctionnaient.<br> 		Les  terriens n&#146;&eacute;taient pas seuls dans l&#146;Univers.<br> 		Le syst&egrave;me des mandalas de la f&eacute;d&eacute;ration diff&eacute;rait de celui que les terriens exp&eacute;rimentaient. Il faudrait savoir en quoi ? Y avait-il chez eux quelque chose jouant le r&ocirc;le que BAFESI avait eu (et continuait &agrave; avoir) en tant que SAPIENS ?<br> 		La F&eacute;d&eacute;ration ne concernant que les humano&iuml;des, quelles &eacute;taient les autres intelligences dans l&#146;univers qu&#146;ils avaient pu rencontrer ? Et quels rapports entretenaient-ils avec eux ? <br> 		Emissaire ne savait rien du monde des Cephs et des Cralangs mais souhaitait proc&eacute;der &agrave; un &eacute;change de toutes les donn&eacute;es stock&eacute;es par les terriens et en particulier celles de BAFESI. Pourquoi ? Existerait-il une race ennemie &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration ?<br> 		En annexe et &agrave; voir ensuite :<br> 		Kog se retrouverait sur un monde sauvage et sans humano&iuml;des. SAPIENS devait-il tenter de lui faire parvenir des compagnons ou des successeurs par le mandala ? Qui ?<br> 		Betty ram&egrave;nerait des informations car le voyage &#147;retour&#148; vers la terre &eacute;tait assur&eacute; par le Temple de Samye. Mais les gens de la F&eacute;d&eacute;ration utilisaient cette porte depuis l&#146;antiquit&eacute; et &eacute;taient rest&eacute;s discrets. Qu&#146;en serait-il maintenant ? Devait-on envisager de faire face &agrave; une invasion de touristes ?<br> 		Varo<br> 		Le compte-rendu complet de l&#146;entretien et les r&eacute;flexions de SAPIENS, s&#146;&eacute;talaient sur les &eacute;crans des Directeurs et suscitaient bien des r&eacute;flexions. La question principale &eacute;tant : Doit-on continuer &agrave; tout dire &agrave; Emissaire ou doit-on demander &agrave; SAPIENS de cesser ses &eacute;changes ? Quels &eacute;taient les risques et les avantages de faire partie de cette F&eacute;d&eacute;ration de Plan&egrave;tes ? Apr&egrave;s tout, sur Terre cela marchait plut&ocirc;t bien, non ?<br> 		Ce fut Varo qui r&eacute;suma le mieux la situation :<br> 		 &lt;&lt; Nous voulions savoir si nous &eacute;tions seuls et maintenant que nous le savons nous avons peur d&#146;entrer dans un groupement plus vaste que le notre. Nous r&eacute;alisons que nous n&#146;avons pas les moyens de mettre en balance les avantages et les inconv&eacute;nients. Nous ne savons rien ni des uns ni des autres. Toutes les supputations seront donc st&eacute;riles tant que nous n&#146;en apprendrons pas plus. La seule source d&#146;information dont nous disposons est Emissaire. C&#146;est peu. Nous devons faire revenir Betty ( et Kog si possible) avant de prendre une d&eacute;cision, mais aussi leur laisser le temps de r&eacute;colter les informations les plus utiles.  Je propose donc la d&eacute;marche suivante : <br> 		 R&eacute;pondre aux questions de Emissaire et le laisser interroger SAPIENS sur tout ce qu&#146;il veut. Ses questions nous donnerons des indications. Etant donn&eacute; que ce qu&#146;il aura appris, il devra le m&eacute;moriser avant son retour, il y a une limite technique &agrave; ce qu&#146;il peut retenir. Betty est maintenant occup&eacute;e &agrave; visiter les mondes de la F&eacute;d&eacute;ration depuis 16 mois. Elle poss&egrave;de certainement bien des informations qui nous seraient pr&eacute;cieuses. Nous devons donc demander &agrave; Emissaire d&#146; abbr&eacute;ger son s&eacute;jour chez nous, de retourner sur Floric et de transmettre notre ordre &agrave; Betty : Elle doit, toutes affaires cessantes, revenir sur Terre avec lui. Contre ce service il pourra communiquer librement avec SAPIENS, sauf pour ce qui concerne notre technique des mandalas. Selon ce que seront les informations de Betty, nous d&eacute;ciderons si oui ou non nous entrons dans la F&eacute;d&eacute;ration. Si oui, tout sera parfait pour Emissaire. Si la r&eacute;ponse est non, nous d&eacute;truirons leur porte au temple de Samye, nous renverrons Emissaire chez lui par le biais du syst&egrave;me mis au point par Betty. Emissaire, &agrave; son retour, sera la copie conforme de celui de l&#146;arriv&eacute;e. Il aura tout oubli&eacute; de son s&eacute;jour chez nous !  Que ceux qui sont d&#146;accord avec moi le disent, j&#146;aimerais bien que la r&eacute;ponse soit unanime ! &gt;&gt;<br> 		SAPIENS, qui enregistrait tout, savait qu&#146;elle le serait ! Comment faire autrement ? <br> 		......................................................................................................................................................<br> 		<br> 		Clone 001 Traor&eacute;<br> 		<br> 		Contrairement &agrave; Clone 001 Spring, Clone 001 Traor&eacute; ne fut pas lanc&eacute; dans l&#146;existence normale d&#146;un jeune enfant. Il fut un produit de laboratoire pendant six ans, puis le r&eacute;sultat d&#146;une &eacute;ducation sp&eacute;cifique qui combinait la formation standard avec l&#146;&eacute;tude pouss&eacute;e de l&#146;histoire de K&eacute;m&eacute;mani Traor&eacute; depuis son enfance jusqu&#146;&agrave; l&#146;affaire des coucous. De vingt &agrave; trente  ans, cinq ans avant la date pr&eacute;vue pour son voyage vers le mandala qui l&#146;attendait dans la constellation de la Vierge, il fut isol&eacute; avec un groupe de six autres clones. Ceci, dans une formation para militaire inspir&eacute;e de celle que recevaient les &#147;Marines &#147; am&eacute;ricains, &agrave; l&#146;&eacute;poque de Mat Ducerf.<br> 		Le plus difficile avait &eacute;t&eacute; de trouver des moniteurs et des professeurs. En effet, si les donn&eacute;es existaient dans les archives de Langley ou celles de l&#146;arm&eacute;e, plus personne n&#146;&eacute;tait capable de montrer assez d&#146;&eacute;nergie, de rigueur ou de duret&eacute;, pour transmettre ce type de formation. C&#146;&eacute;tait heureux, dans un sens. Cela prouvait qu&#146;il n&#146;existait plus de personnages assez m&eacute;chants, assez born&eacute;s, assez idiots pour faire entrer, &agrave; force de brimades et de punitions, les notions de combativit&eacute;, ob&eacute;issance aveugle,  sacrifice, oubli de soi-m&ecirc;me, qui &eacute;taient le but de ce genre de formation. Personne, non plus, pour cr&eacute;er des r&eacute;flexes conditionn&eacute;s que l&#146;on n&#146;aurait jamais oser inculquer &agrave; un animal.<br> 		Ces cadres n&#146;existant pas, il avait fallu les remplacer par des machines. Ce furent des terminaux en forme de robots hauts de 2,5 m&egrave;tres, mobiles et agressifs qui furent programm&eacute;s pour tenir le r&ocirc;le des anciens sergents. Lestes et rapides, ils &eacute;taient capables d&#146; attraper un des stagiaires et de lui infliger des douleurs physiques diverses en &eacute;crasant ses poignets, en l&#146;&eacute;lectrocutant, en le br&ucirc;lant, par exemple. Ils furent craints et ha&iuml;s comme de vrais instructeurs. En plus de l&#146;entra&icirc;nement sur place, les stagiaires avaient, chaque ann&eacute;e, &agrave; effectuer des missions dans les jungles les plus recul&eacute;es, les d&eacute;serts les plus arides ou les zones polaires. Aventures qui les poussaient &agrave; la limite de leurs forces et finissaient souvent &agrave; l&#146;h&ocirc;pital de leur caserne. Les ennemis n&#146;existant pas, il leur fallut combattre des incendies de for&ecirc;ts, des inondations ou se rendre pr&eacute;cipitamment l&agrave; o&ugrave; des catastrophes &eacute;taient encours : tremblements de terre, &eacute;ruptions volcaniques, tornades et typhons. Ces missions &eacute;taient r&eacute;alis&eacute;es hors de la pr&eacute;sence des robots mais, ils avaient &agrave; en rendre compte &agrave; leur retour et craignaient le pire. La derni&egrave;re ann&eacute;e ils durent, sur un  voilier, entreprendre le tour du monde sans aucune escale.<br> 		En fait, tout &eacute;tait fait pour qu&#146;un seul survive : Clone 001 Traor&eacute; . Dans un sc&eacute;nario soigneusement organis&eacute;, des sept du d&eacute;part, apr&egrave;s cinq ann&eacute;es d&#146;&eacute;preuves il n&#146;en restait que quatre, et comme par hasard c&#146;&eacute;tait toujours les meilleurs copains de Clone 001 Traor&eacute; qui disparaissaient ! Plus tard, pour la croisi&egrave;re finale, ils partirent &agrave; trois sur un bateau &agrave; quille large, de dix m&egrave;tres de long gr&eacute;&eacute; en jonque, ne portant pas trop de toiles et ayant plus l&#146;allure d&#146;un p&ecirc;cheur que d&#146;un navire au long cours. Ils n&#146;en revinrent que deux, &eacute;puis&eacute;s et bless&eacute;s dans les coups de temp&ecirc;tes des quaranti&egrave;mes rugissants. <br> 		Selon la programmation originale, &agrave; la fin, le dernier compagnon de Clone 001 Traor&eacute; ne revint pas de l&#146;h&ocirc;pital. D&egrave;s le lancement de l&#146;op&eacute;ration il fut d&eacute;cid&eacute; que 6 parmi les clones puis&eacute;s dans la r&eacute;serve de Langley dispara&icirc;traient. Les robots instructeurs, simples terminaux n&#146;avaient pas d&#146;&eacute;tat d&#146;&acirc;me &agrave; ce sujet. Le sc&eacute;nario de leurs morts, quant &agrave; lui, &eacute;tait humain. A ceci pr&egrave;s que celui qui l&#146;avait &eacute;crit pensait r&eacute;diger le texte d&#146;un roman d&#146;aventures- sujet d&#146;une th&egrave;se d&#146;histoire- se rapportant aux moeurs de la fin du 20&deg; si&egrave;cle chr&eacute;tien !<br> 		La pression psychologique et physique ne se rel&acirc;chait que pour de br&egrave;ves p&eacute;riodes de un ou deux jours pendant lesquelles, sans sortir de l&#146;&eacute;cole, ils pouvaient s&#146;enivrer, dormir ou forniquer avec des femmes volontaires qui recherchaient, de leur c&ocirc;t&eacute;, des &eacute;motions fortes. Lorsque la formation fut achev&eacute;e, restait &agrave; faire suivre au clone un programme de r&eacute;adaptation &agrave; la vie normale et &agrave; l&#146;instruire pour en faire un navigateur spatial. Ce ne fut pas le plus ais&eacute; !<br> 		 Comment introduire un v&eacute;ritable soudard dans un monde polic&eacute; de gens fatigu&eacute;s du matin au soir et se complaisant dans de petits travaux  de paperasserie ou de recherches, &agrave; raisons de quelques heure par jour ? Nounou avait pr&eacute;dit des catastrophes si on essayait seulement ! Pourtant il fallait bien que cette pr&eacute;paration ait lieu ! Les cinq ann&eacute;es qui restaient ne seraient pas de trop pour un bon r&eacute;sultat. La solution fut trouv&eacute;e en faisant vivre &agrave; l&#146;imp&eacute;trant une vie virtuelle onirique. Sa t&ecirc;te fut enferm&eacute;e dans un casque inviolable quand il &eacute;tait &eacute;veill&eacute;, et qui faisait penser &agrave; celui de la l&eacute;gende du masque de fer. Seule l&#146;ouverture de la bouche permettait la prise d&#146;aliments et de boissons. Pendant la phase hypnotique de son sommeil, le masque lui &eacute;tait &ocirc;t&eacute; et on le lavait, lui coupait les cheveux et le rasait si n&eacute;cessaire.<br> 		A la fin de sa formation on rempla&ccedil;a progressivement le virtuel par du r&eacute;el et en derni&egrave;re ann&eacute;e, il fut fin pr&ecirc;t et capable de vivre jusqu&#146;&agrave; son d&eacute;part avec le reste de la population. Il &eacute;tait parfaitement conscient qu&#146;il avait subi une pr&eacute;paration sp&eacute;ciale pour son voyage. Il se rendait parfaitement compte de ce qu&#146;il n&#146;&eacute;tait pas comme les autres. Il acceptait, que cela ait &eacute;t&eacute; tr&egrave;s dur et injuste, mais que tout ceci avait &eacute;t&eacute; rendu indispensable par le malheureux sort de Clone 002 Fox. Il l&#146;acceptait et se sentait pr&ecirc;t &agrave; affronter le pire.<br> 		C&#146;est dans cet &eacute;tat d&#146;esprit que le jour du d&eacute;part, Clone 001 Traor&eacute;  franchit le passage du mandala...<br> 		L&#146;affrontement de ses deux personnalit&eacute;s lui causa un choc intense et il tomba au sol dans un &eacute;tat voisin de la catatonie. Il eut une sorte de voyage de transes et se vit, lui Traor&eacute;, affubl&eacute; d&#146;un petit fr&egrave;re, qui pour ne pas mourir, voulait rentrer dans son propre corps. Ils palabr&egrave;rent longuement et parvinrent &agrave; un accord. Le petit fr&egrave;re serait l&agrave; mais devrait rester cach&eacute; tout le temps durant lequel Traor&eacute; ne s&#146;adresserait pas &agrave; lui pour obtenir son aide. Le seul cas  o&ugrave; il r&eacute;agirait concernait les urgences absolues et la sauvegarde de l&#146;int&eacute;grit&eacute; physique de leur corps. K&eacute;m&eacute;mani  fit siens les souvenirs du grand fr&egrave;re et les accepta comme faisant partie de ces choses vaguement r&ecirc;v&eacute;es et qui existent n&eacute;anmoins.  Ils transig&egrave;rent pour r&eacute;pondre au nom de Kog, seule grosse concession faite par Traor&eacute;.<br> 		 Puis, apr&egrave;s quelque trente minutes, il se r&eacute;veilla, danss le mandala d&#146;arriv&eacute;e, en tant que Kog ayant tout assimil&eacute; et compris, il s&#146;&eacute;tait adapt&eacute; &agrave; la situation. Les deux personnalit&eacute;s avaient fusionn&eacute;. Mais une autre chose &eacute;trange venait le questionner, il avait senti comme une odeur de caf&eacute; provenant du vaisseau et voyant le sas ouvert, toujours dans le plus simple appareil, il entra.<br> 		Betty pr&eacute;parait son petit d&eacute;jeuner et ne fut pas surprise de voir Kog puisqu&#146;elle l&#146;attendait ! Par contre ce dernier, le pauvre Kog, &eacute;tait anim&eacute; de toute son ardeur agressive, transform&eacute; en animal de combat pendant quinze ans.  Il avait &eacute;t&eacute; form&eacute;  pour affronter des dangers inconnus et fut compl&egrave;tement ahuri de rencontrer, dans ce vaisseau et &agrave; son arriv&eacute;e, sa magnifique amoureuse. Il pensa que le d&eacute;lire continuait et qu&#146;en fait, il restait &eacute;vanoui devant le mandala et continuait un autre genre de r&ecirc;ve.<br> 		A la vue du corps nu de Kog, la personnalit&eacute; d&#146;Elisabeth (clone 001 Spring) fut submerg&eacute;e par celle de Betty et d&ucirc;t s&#146;effacer. Ainsi depuis son arriv&eacute;e dans la F&eacute;d&eacute;ration, et selon les circonstances, c&#146;&eacute;tait l&#146;une ou l&#146;autre qui prenait les commandes. Il n&#146;y avait jamais eu de fusion, Mais, quelles que soient les circonstances, c&#146;est la plus apte des deux qui faisait face. Souvent elles &eacute;taient tellement proches qu&#146;elles ne faisaient qu&#146;une mais pour les choses relevant de la sexualit&eacute; c&#146;&eacute;tait toujours Betty qui pr&eacute;dominait. S&#146;il avait fallu vivre en pleine jungle cela aurait &eacute;t&eacute; Elisabeth, sans aucun doute. La fusion s&#146;accomplirait &agrave; la longue, elles le savaient car sur certaines d&eacute;tails mineurs cela avait d&eacute;j&agrave; eu lieu, mais cela prendrait quelques bonnes ann&eacute;es avant qu&#146;elles ne soient plus qu&#146;une.<br> 		Donc Betty avait faim de nourriture et proposa &agrave; Kog de partager sa collation, ce qu&#146;il fit de bon coeur. Elle avait aussi d&#146;autres faims et l&#146;invita &agrave; partager la couche sur laquelle elle &eacute;tait assise. Kog fut tr&egrave;s heureux d&#146;accepter. Ainsi passa-t-il sa premi&egrave;re journ&eacute;e de voyageur interplan&eacute;taire ! Contrairement &agrave; la pr&eacute;paration intensive qu&#146;il avait subie, ce ne fut pas &agrave; se battre contre des animaux f&eacute;roces ni &agrave; avancer p&eacute;niblement dans une v&eacute;g&eacute;tation luxuriante, ni &agrave; affronter des monstres galactiques. Non, mais tout simplement &agrave; se donner un peu de bon temps. Le lendemain ils prirent des d&eacute;cisions concernant l&#146;exploration de cette plan&egrave;te que Kog malicieusement nomma &#147;Love &#147;<br> 		<br> 		......................................................................................................................................................<br> 		Emissaire.<br> 		<br> 		Il lui avait &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire de quitter le Tibet et le temple de Samye pour aller rencontrer les vrais responsables de cette plan&egrave;te. Premi&egrave;re curiosit&eacute; : le voyage par mandala &eacute;tait interdit ou du moins r&eacute;serv&eacute; &agrave; des cas tellement sp&eacute;ciaux qu&#146;ils ne se produisaient jamais ! Lorsqu&#146;il avait demand&eacute; pourquoi ? La r&eacute;ponse fut encore plus surprenante : il fallait &eacute;viter d&#146;encombrer l&#146;espace avec les ondes dissoci&eacute;es de plusieurs personnes &agrave; la fois. D&#146;autant plus &eacute;trange, se disait Emissaire, que les communications de tous ordres telles que radio, t&eacute;l&eacute;vision, t&eacute;l&eacute;phones, signaux automatiques &eacute;taient utilis&eacute;s sans retenue. Emissaire pensa que, sans doute, l&#146;utilisation du syst&egrave;me mandala sur Terre &eacute;tait en fait, interdite pour d&#146;autres raisons que celles annonc&eacute;es. Par contre, s&#146;il voulait aller visiter la base lunaire, comme on le lui avait aimablement propos&eacute;, le mandala &eacute;tait de rigueur pour l&#146;aller ! Enfin, au cours d&#146;un entretien avec le pilote de l&#146;appareil volant qui le conduisait vers Varo, il avait incidemment not&eacute; un d&eacute;tail encore plus ahurissant : le syst&egrave;me des mandalas &eacute;tait assez largement utilis&eacute; dans des cas th&eacute;rapeutiques graves, et il croyait avoir compris que c&#146;&eacute;tait pour des voyages pratiquement sans bouger et dans un m&ecirc;me lieu ! Oui, les terriens avaient des choses importantes &agrave; apporter &agrave; la f&eacute;d&eacute;ration, et lui, Emissaire, disposait d&#146;un an pour en savoir le plus possible.<br> 		Varo avait choisi le site de Washington pour organiser la visio conf&eacute;rence entre les Directeurs et Emissaire. Dans la salle, dite&#148; Salle Centrale des  Symposiums&#148; ou plus bri&egrave;vement, selon la curieuse habitude des terriens de raccourcir les vocables : &#147;La Vitrine &#147;,  ils n&#146;&eacute;taient que deux r&eacute;ellement pr&eacute;sents. Tous les autres n&#146;&eacute;taient l&agrave; que par &eacute;crans interpos&eacute;s et sur le mur qui leur faisait face. Il y avait de plus, une nouveaut&eacute; : un &eacute;cran suppl&eacute;mentaire. L&agrave;, sur un fond repr&eacute;sentant la voie lact&eacute;e, Nounou et SAPIENS pouvaient intervenir sous forme humaine. Avec un visage d&#146;androgyne emprunt&eacute; &agrave; un tableau c&eacute;l&egrave;bre tomb&eacute; en poussi&egrave;re depuis des si&egrave;cles mais reproduit encore et toujours &agrave; chaque g&eacute;n&eacute;ration : La Joconde. Ce devait encore &ecirc;tre une forme de cet humour particulier nouvellement surgi dans l&#146;ordinateur commun de la grande toile des terriens, pensa Varo, en souriant.<br> 		Emissaire passa tout son temps, &agrave; essayer de comprendre et d&#146;enregistrer. Son emploi du temps fut adapt&eacute; &agrave; la fois &agrave; ses besoins et &agrave; ceux de ses h&ocirc;tes. Lorsqu&#146;il ne visitait pas quelque r&eacute;gion du globe, en g&eacute;n&eacute;ral il se rendait deux heures chaque matin &agrave; la Vitrine, se branchait et &eacute;changeait des questions et des r&eacute;ponses avec ceux des Directeurs qui &eacute;taient repr&eacute;sent&eacute;s sur &eacute;cran et, surtout avec la Joconde. <br> 		D&egrave;s le d&eacute;but, il avait fait valoir ses droits et pr&eacute;rogatives d&#146;ambassadeur et demand&eacute; que l&#146;on mette &agrave; sa disposition un lieu pour son ambassade et le logement de fonction qui devait y &ecirc;tre inclus. Il n&#146;y eut aucune difficult&eacute;, de nombreuses demeures luxueuses &eacute;taient libres dans la p&eacute;riph&eacute;rie et on lui fit choisir &agrave; son gr&eacute;. Il opta pour une grande demeure entour&eacute;e d&#146;un magnifique parc qui se nommait la Maison Blanche. Ce monument, dans un pass&eacute; lointain, avait &eacute;t&eacute; d&eacute;volue aux pr&eacute;sidents de la r&eacute;gion nomm&eacute;e les &#147; Etats Unis d&#146;Am&eacute;rique&#148;, avant que, pour des raisons de s&eacute;curit&eacute;, cette pr&eacute;sidence ne fut transf&eacute;r&eacute;e &agrave; Langley. Ceci se passait  plus de 1000 ans auparavant. Ensuite, la Maison Blanche fut conserv&eacute;e en bon &eacute;tat et se visitait, puis devint une sorte de mus&eacute;e. Quand le nombre de visiteurs tomba en dessous de 5 personnes par mois, la Maison fut ferm&eacute;e sauf pour les &eacute;quipes de nettoyage et d&#146;entretien. <br> 		Emissaire pouvait se rendre &agrave; pied jusqu&#146;&agrave; la Vitrine et se promener au retour, ceci lui permettait de r&eacute;fl&eacute;chir et de rassembler dans sa m&eacute;moire ce qu&#146;il avait appris dans la conf&eacute;rence et aussi ce qu&#146;il leur avait enseign&eacute; sur la f&eacute;d&eacute;ration. Mais, au fur et &agrave; mesure que les mois passaient, et bien que la gravit&eacute; de cette plan&egrave;te soit &eacute;quivalente &agrave; celle o&ugrave; il &eacute;tait n&eacute;, une fatigue de plus en plus lourde le gagnait. Il savait que seul le poids des ans en &eacute;tait la cause et que, si on l&#146;avait choisi pour cette visite c&#146;&eacute;tait &agrave; cause de son &acirc;ge et de son exp&eacute;rience. Pourtant, il &eacute;tait au soir de sa vie et rien ne disait qu&#146;il aurait la force de terminer sa mission. Alors il r&eacute;solut de laisser dans son bureau, &agrave; la Maison Blanche, un r&eacute;sum&eacute; de tout ce qu&#146;il avait vu, entendu et compris pendant son s&eacute;jour. Ainsi son successeur ne serait pas oblig&eacute; de repartir &agrave; z&eacute;ro.<br> 		Il y eut une interruption dans son s&eacute;jour, on vint lui demander de rentrer sur Floric pour revenir avec Betty. Ce qu&#146;il fit bien volontiers car il rapporta ainsi quelques-unes de ses impressions &agrave; Pr&eacute;sidente avant de rejoindre la Terre pour terminer son ann&eacute;e.<br> 		Puis, un matin, en sortant du Centre, il s&#146;&eacute;croula sur le trottoir devant des passants &eacute;bahis qui appel&egrave;rent des secours. Connu de tous les terriens qui suivaient de chez eux, quand ils le voulaient, la suite des conversations du Symposium, il &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme un vieillard sympathique et appr&eacute;ci&eacute; par tous. A la clinique, les m&eacute;decins se donn&egrave;rent beaucoup de mal pour le r&eacute;veiller et lui rendre sa conscience. Varo, pr&eacute;venue, se dit qu&#146;elle pouvait dans la m&ecirc;me d&eacute;cision, faire une bonne action tout en r&eacute;alisant une des op&eacute;rations pr&eacute;vues qui &eacute;tait de faire enregistrer Emissaire dissoci&eacute; par Nounou. Elle se rendit au chevet du mourant et lui proposa de tenter de le remettre sur pied de la fa&ccedil;on utilis&eacute;e sur Terre, par la technique des mandalas en paire dans un m&ecirc;me lieu.<br> 		Emissaire se savait condamn&eacute; et n&#146;avait donc rien &agrave; perdre. D&#146;autre part sa curiosit&eacute; demeurait insatisfaite quant &agrave; cette technique particuli&egrave;re et il voulait savoir, alors il r&eacute;pondit qu&#146;il &eacute;tait d&#146;accord. Avant qu&#146;on ne pousse sa chaise roulante vers la salle r&eacute;serv&eacute;e &agrave; ce type de traitement, on lui fit r&eacute;diger, puis signer, une d&eacute;charge. Pi&egrave;ce l&eacute;gale sur laquelle il d&ucirc;t indiquer qu&#146;il &eacute;tait en train de mourir de vieillesse et qu&#146;il souhaitait, de son plein gr&eacute;, faire une ultime tentative de gu&eacute;rison par une technique terrienne. Il l&#146;&eacute;crivit dans un langage secret que seuls les ambassadeurs de la F&eacute;d&eacute;ration connaissaient. Donc, Emissaire aurait, aussi bien, pu &eacute;crire n&#146;importe quoi! Mais il fut loyal. Il ne tenait pas &agrave; cr&eacute;er le moindre incident entre cette plan&egrave;te et la F&eacute;d&eacute;ration, et si celle-ci avait &eacute;t&eacute; imprudente en exp&eacute;diant un homme si vieux, il ne fallait pas que la Terre en souffre.<br> 		Les infirmiers l&#146;aid&egrave;rent &agrave; se d&eacute;v&ecirc;tir et il entra dans le mandala comme on se jette par la fen&ecirc;tre pour un suicide. Il ressortit aussit&ocirc;t du second mandala plus en forme que lorsqu&#146;il avait d&eacute;barqu&eacute; sur ce monde.<br> 		Il remercia tout le monde, serrant des mains comme le faisaient les gens ici, et une fois ramen&eacute; dans sa chambre, se rendit compte que ces terriens avaient d&eacute;couvert une chose importante que les gens de la F&eacute;d&eacute;ration ne connaissaient pas du tout et qui marchait parfaitement. Alors, m&ecirc;me s&#146;ils ne savaient pas bien comment ni pourquoi leurs mandalas fonctionnaient pour des allers interplan&eacute;taires, ils seraient des partenaires &agrave; part enti&egrave;re dans la F&eacute;d&eacute;ration. Oui, c&#146;est ce qu&#146;il &eacute;tait d&eacute;cid&eacute; &agrave; dire lors de son retour. Il ne pensa plus du tout &agrave; ce papier qu&#146;il avait sign&eacute; avant sa gu&eacute;rison, mais se demandait combien de temps on allait le garder &agrave; l&#146;h&ocirc;pital ?<br> 		......................................................................................................................................................;<br> 		Plan&egrave;te Love<br> 		<br> 		Lorsque le vaisseau arriva dans l&#146;atmosph&egrave;re de Love, il effectua les sondages pr&eacute;vus et renforc&eacute;s depuis la catastrophe de Fox 3, donc parcourut en orbite et pendant le temps voulu toute la surface de ce globe. Tout &eacute;tait dans la m&eacute;moire du vaisseau, les vues, la nature et la solidit&eacute; du terrain, la flore, la faune, enfin tout ce qui mesurait au moins un quart de m&egrave;tre. Le calculateur du vaisseau pouvait, &agrave; la demande, donner en vision  une reconstitution allant de celle du globe &agrave; celle de n&#146;importe quel point de cette plan&egrave;te. La premi&egrave;re chose que Betty et Kog constat&egrave;rent &eacute;tait l&#146;absence totale de mers ou de fleuves. Le taux d&#146;humidit&eacute; de l&#146;air &eacute;tait tr&egrave;s bas et on ne constatait pas de ros&eacute;e le matin sur les rares herbes s&egrave;ches, mais il devait y en exister des traces pour qu&#146;elles continuent &agrave; pousser. Il apparaissait qu&#146;une calotte glaci&egrave;re de faible importance constituait la seule r&eacute;serve de ce coin d&eacute;sh&eacute;rit&eacute; de l&#146;univers. La faune &eacute;tait rare, quelques rongeurs de la taille de nos mulots se satisfaisant de l&#146;herbe et de quelques insectes ou  vers, sans doute. Ils virent de  plus  deux pr&eacute;dateurs qui mangeaient ces rongeurs. Le plus gros, de ces carnivores, avait l&#146;air d&#146;un petit renard. Il y existait aussi un oiseau rapace dont le bec indiquait qu&#146;il jouait le r&ocirc;le du fossoyeur, il ressemblait &agrave; une petite buse. S&#146;il y avait d&#146;autres &ecirc;tres  ce ne pouvait &ecirc;tre qu&#146;aupr&egrave;s du p&ocirc;le nord, et encore, &agrave; condition qu&#146;ils soient rest&eacute;s  invisibles aux appareils du vaisseau car cach&eacute;s dans les zones glac&eacute;es.<br> 		Ils d&eacute;cid&egrave;rent de monter la libellule, embarqu&eacute;e en pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es dans le vaisseau, et de l&#146;&eacute;quiper pour une exp&eacute;dition. Le calcul montrait que pour atteindre la glace il leur faudrait effectuer un parcours de 30 000 kilom&egrave;tres. Le champ magn&eacute;tique de Love n&#146;&eacute;tait pas tr&egrave;s fort, la calculatrice indiqua que une alternance de douze journ&eacute;es de vol avec repos au sol pendant les nuits, serait n&eacute;cessaire. Il leur fallait donc pr&eacute;voir des vivres et de l&#146;eau pour un tel voyage. La r&eacute;serve du vaisseau donnerait les rations alimentaires mais serait un peu courte pour l&#146;eau. Il leur fallait donc esp&eacute;rer en trouver sur place ou envisager un rationnement pour le retour.<br> 		Avant de partir, ils durent trier, dans le mat&eacute;riel d&#146;exploration pr&eacute;vu, entre ce qui pouvait correspondre &agrave; Love et ce qui n&#146;avait rien &agrave; voir. A quoi bon, par exemple,  emmener une grande quantit&eacute; d&#146;armes sur une plan&egrave;te &agrave; peine habit&eacute;e par quelques bestioles ? Ils pr&eacute;f&eacute;r&egrave;rent des outils et des pi&egrave;ces de rechange pour le cas d&#146;une panne ou d&#146;un accident. Leur mat&eacute;riel de bivouac ne comportait qu&#146;une tente avec des sacs de couchages, mais, en cas de besoin ils pouvaient se reposer en position de relaxation en modifiant l&#146;inclinaison de leurs si&egrave;ges dans la libellule et rendre celle-ci inviolable.<br> 		D&egrave;s leur d&eacute;part, la monotonie et l&#146;uniformit&eacute; du paysage les lassa. Tout &eacute;tait plat et tapiss&eacute; de quelques rares pousses, chaque jour montrait la m&ecirc;me chose que la veille et ils avaient l&#146;impression qu&#146;ils restaient sur place. Pour tromper leur ennui et se tenir &eacute;veill&eacute;s Betty rendait compte &agrave; son compagnon du r&eacute;sultat des nombreux voyages qu&#146;elle avait effectu&eacute;s depuis son arriv&eacute;e. Elle avait beau chercher des d&eacute;tails subtils et souligner quelques diff&eacute;rences, si on voulait r&eacute;sumer, cela tenait en quelques phrases :<br> 		&lt;&lt; Chaque monde diff&egrave;re des autres par des caract&eacute;ristiques mesurables et purement physiques.   Par exemple : la force de la gravit&eacute;, la teneur de l&#146;air en oxyg&egrave;ne, la pression atmosph&eacute;rique. Mais aussi : la distance au soleil autour duquel le monde gravite et la chaleur de ce soleil, la position du ou des satellites quand il y en a, la proportion de terres &eacute;merg&eacute;es. Les humano&iuml;des qui les habitaient avaient, de ce fait, des diff&eacute;rences qui en d&eacute;coulaient que ce soit au niveau de leur taille, de l&#146;importance du syst&egrave;me respiratoire ou de la forme des yeux pour ne citer que cela. Une bonne logique et pas de surprise de ce c&ocirc;t&eacute; l&agrave; !<br> 		Les nuances venaient donc plus de leurs &eacute;thiques ou de leurs esth&eacute;tiques car les r&egrave;gles de savoir-vivre changeaient de l&#146;une &agrave; l&#146;autre. Mais, avant de visiter une autre plan&egrave;te on devait apprendre les r&egrave;gles locales et s&#146;y conformer. Le plus petit commun d&eacute;nominateur de ces bonnes mani&egrave;res &eacute;tait celui employ&eacute; sur la plan&egrave;te Floric. Il fallait se rendre compte que chaque plan&egrave;te se trouvait extr&ecirc;mement &eacute;loign&eacute;e de sa plus proche voisine, et que, sans le syst&egrave;me des mandalas il n&#146;y aurait jamais eu la moindre possibilit&eacute; de communication. Mais la question de savoir comment les mandalas, qui servaient de portes, avaient &eacute;t&eacute; plac&eacute;s dans chaque monde, demeurait ouverte. Le plus probable &eacute;tait que la d&eacute;marche suivie avait &eacute;t&eacute; celle de Betty pour trouver Floric et non celle des hommes de notre terre envoyant des vaisseaux avec un mandala vers des destinations hasardeuses pendant des dizaines de mill&eacute;naires. Betty pensait que lorsque chaque civilisation s&eacute;par&eacute;e avait suffisamment &eacute;volu&eacute; et &eacute;tait enfin arriv&eacute;e au paradigme d&#146;un univers &agrave; six dimensions, immanquablement on avait abouti &agrave; des &eacute;tudes sur les mandalas. Donc, qu&#146;enfin des mandalas construits sur place devenaient des portes quand quelqu&#146;un, dans un autre monde entreprenait ce que Betty avait accompli.<br> 		Ce syst&egrave;me de voyage permettait de se rendre sur une autre plan&egrave;te, certes, mais dans quel but ? Car seuls les corps vivants franchissaient les portes. Il n&#146;&eacute;tait pas question du moindre &eacute;change de marchandises, si pr&eacute;cieuses fussent-elles. Quant &agrave; l&#146;id&eacute;e d&#146;en &eacute;changer par vaisseau cela devenait ridicule en termes de temps de voyage et de prix de revient. Pour motiver un d&eacute;placement, ne restaient que la curiosit&eacute; et les perspectives d&#146;&eacute;changes intellectuels. Les humano&iuml;des &eacute;taient rarement attir&eacute;s par ceux d&#146;un autre monde de la F&eacute;d&eacute;ration. Bien que la r&egrave;gle ne soit pas absolue, bien des essais de croisements s&#146;&eacute;taient r&eacute;v&eacute;l&eacute;s st&eacute;riles, car les ovules et les spermatozo&iuml;des se montraient, le plus souvent, incompatibles. D&#146;ailleurs un tel m&eacute;lange les tentait  rarement et dans le but unique de proc&eacute;der &agrave; une exp&eacute;rience. Donc, en gros, la curiosit&eacute; pouvait &ecirc;tre satisfaite sur documentation. Le seul v&eacute;ritable motif &agrave; ces voyages r&eacute;sidait dans les &eacute;changes que des sp&eacute;cialistes pouvaient avoir entre eux sur des sujets pr&eacute;cis concernant ce qui les int&eacute;ressaient. De cette mani&egrave;re, par le biais des mandalas, ils pouvaient les obtenir, en temps r&eacute;el, et non en attentant qu&#146;un signal leur parvienne, apr&egrave;s des ann&eacute;es, entre demande et r&eacute;ponses.<br> 		Autre chose avait frapp&eacute; Betty. C&#146;&eacute;tait l&#146;absence totale du moindre racisme et la tol&eacute;rance g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de chacun vis &agrave; vis, des diff&eacute;rences avec les autres. Il avait fallu environ 15000 ans pour y parvenir avait expliqu&eacute; la Pr&eacute;sidente, mais c&#146;&eacute;tait acquis. Donc pas d&#146;animosit&eacute; ni de rivalit&eacute;. Ajoutez cela &agrave;  un syst&egrave;me de gratuit&eacute; totale pour la satisfaction des besoins primordiaux. Cela faisait que les mondes de la F&eacute;d&eacute;ration &eacute;taient en paix pour toujours. Oui, les gens, sur chaque plan&egrave;te, s&#146;activaient du matin au soir au lieu de tra&icirc;ner comme sur notre Terre! Mais ils &eacute;taient motiv&eacute;s par le fait qu&#146;ils se trouvaient membres d&#146;une F&eacute;d&eacute;ration et que les honneurs retombaient sur ceux qui accomplissaient une oeuvre utile &agrave; tous. Ces honneurs, m&eacute;rit&eacute;s, rejaillissaient sur la plan&egrave;te toute enti&egrave;re pendant une ann&eacute;e. Un genre d&#146;esprit de Club, en somme. <br> 		La Terre avait bien des choses &agrave; apprendre de la F&eacute;d&eacute;ration, mais aussi beaucoup &agrave; y apporter et tout se concr&eacute;tiserait quand Emissaire aurait parachev&eacute; son voyage. Si tout se passait normalement Nounou/Sapiens et les r&eacute;seaux informatiques de Floric seraient li&eacute;s et chargeraient toutes les donn&eacute;es en permanence. Dans le cas contraire, la porte situ&eacute;e sur terre serait d&eacute;truite et les 79 autres portes de la f&eacute;d&eacute;ration munie d&#146;un syst&egrave;me de filtrage pour qu&#146;aucun terrien ne puisse s&#146;en servir avant que la Terre ne soit admise.<br> 		Betty avoua que pendant les voyages qu&#146;elle avait effectu&eacute;s sur les autres mondes, elle s&#146;&eacute;tait plut&ocirc;t ennuy&eacute;e. Quand elle avait choisi de tenter un essai vers une plan&egrave;te &#147;sauvage&#148;, comme Love, tous ses interlocuteurs avaient manifest&eacute; de la surprise car rares &eacute;taient les membres de la F&eacute;d&eacute;ration qui envisageaient encore de telles explorations. Mais ils lui facilit&egrave;rent la t&acirc;che.<br> 		Maintenant qu&#146;elle se trouvait avec Kog pour cette exp&eacute;dition, la monotonie de ce qu&#146;elle d&eacute;couvrait soulignait la vanit&eacute; des hommes &agrave; vouloir, depuis tant de milliers d&#146;ann&eacute;es, savoir ce qu&#146;il y avait dans des mondes lointains. En fait, pour elle, il n&#146;y avait rien qui m&eacute;ritait un tel effort. Elle irait donc jusqu&#146;&agrave; ce p&ocirc;le, reviendrait au mandala par lequel elle &eacute;tait venue et tenterait de convaincre Kog de faire de m&ecirc;me, de retourner sur Floric, puis, de l&agrave;, vers la Terre. &gt;&gt;<br> 		Kog l&#146;&eacute;coutait s&#146;expliquer comprenant que ces discours &eacute;taient autant destin&eacute;s &agrave; lui qu&#146;&agrave; aider Betty &agrave; remettre un peu d&#146;ordre dans sa t&ecirc;te. Il relan&ccedil;ait de temps en temps pour montrer qu&#146;il suivait les id&eacute;es d&eacute;velopp&eacute;es. Lui-m&ecirc;me, se demandait quel &eacute;tait l&#146;int&eacute;r&ecirc;t de s&#146;obstiner &agrave; vouloir aller jusqu&#146;au p&ocirc;le ? Et il &eacute;tait assez pr&ecirc;t &agrave; faire demi-tour quand ils eurent un contact psychique violent! Pas une voix audible mais une id&eacute;e forte qui s&#146;imposait dans leur cerveau. Ils se regard&egrave;rent pour v&eacute;rifier que l&#146;autre avait ressenti le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne et virent que la r&eacute;ponse &eacute;tait positive !<br> 		 Traduit en paroles le sens g&eacute;n&eacute;ral serait :<br> 		&lt;&lt; Proposition &eacute;change ?&gt;&gt; et cela se r&eacute;p&eacute;tait toutes les minutes.<br> 		Kog l&#146;avait ressenti bien plus fortement que Betty et sut aussit&ocirc;t comment faire. Il pensa fortement au sens des mots &lt;&lt; R&eacute;flexion n&eacute;cessaire &gt;&gt; plusieurs fois de suite et le signal stoppa. Il en parla avec sa compagne qui avait bien re&ccedil;u comme lui, mais effectivement sous forme assez l&eacute;g&egrave;re alors que pour Kog cela avait hurl&eacute; comme avec un haut-parleur. Ils convinrent donc que Kog seul poursuivrait cet &eacute;change t&eacute;l&eacute;pathique. Il &#147;projeta&#148; ou &#147;&eacute;mis &#147; les mots ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment les id&eacute;es que l&#146;on peut traduire par :<br> 		&lt;&lt; ? &Eacute;change &gt;&gt; et eut en r&eacute;ponse une image de structure atomique qu&#146;il dessina sur un papier avant de le montrer &agrave; Betty. Celle-ci n&#146;eut besoin que d&#146;un coup d&#146;oeil pour lui dire : &lt;&lt; Chrome &gt;&gt;.<br> 		Ainsi, celui qui &eacute;mettait, d&eacute;sirait obtenir une quantit&eacute; de ce m&eacute;tal mais combien et en &eacute;change de quoi et surtout dans quel but ? Il n&#146;eut pas le temps de poser les questions, les r&eacute;ponses &eacute;taient l&agrave;, moins fortes et plus adapt&eacute;es &agrave; sa r&eacute;ception, formul&eacute;es aussi en langage humain. La &#147;Chose &#147; apprenait tr&egrave;s vite et s&#146;exprimait tr&egrave;s bien. Si on devait la croire cela donnait &agrave; peu pr&egrave;s ceci :<br> 		&lt;&lt; Je suis la masse aqueuse  polym&eacute;ris&eacute;e blanche situ&eacute;e sur le p&ocirc;le nord de ce monde. Ma constitution est bas&eacute;e sur l&#146;eau mais ma temp&eacute;rature est de + 2 5 degr&eacute;s Celcius  et non - 15 comme vous le pensez.. Je grandis en utilisant la faible humidit&eacute; ambiante de cette plan&egrave;te o&ugrave; je suis sans doute n&eacute; apr&egrave;s l&#146;explosion d&#146;un ast&eacute;ro&iuml;de. Mais cet accroissement a besoin de chrome pour la catalyse et ce monde en manque terriblement. J&#146;ai d&eacute;cel&eacute; la pr&eacute;sence de ce m&eacute;tal dans votre engin de transport et toute quantit&eacute;, si faible soit-elle, que vous me laisserez sera la bienvenue. Je ne dispose pas de moyens pour vous indiquer un poids, mais si vous acceptez l&#146;&eacute;change, je serais &agrave; m&ecirc;me de pr&eacute;ciser. &gt;&gt;<br> 		Kog se demanda ce qu&#146;un tel &ecirc;tre pouvait avoir &agrave; proposer ? Et, il re&ccedil;ut imm&eacute;diatement la r&eacute;ponse :<br> 		 &lt;&lt; Vous n&#146;&ecirc;tes pas naturellement t&eacute;l&eacute;pathe et vous ne me recevez que par l&#146;effort important que je suis oblig&eacute; de soutenir. Je vous propose d&#146;ouvrir votre esprit &agrave; la t&eacute;l&eacute;pathie et de pouvoir continuer &agrave; vous en servir quand vous le voudrez. Je vous enseignerai les mouvements de pens&eacute;e et les exercices &agrave; pratiquer. Le second &ecirc;tre qui est avec vous n&#146;est pas apte &agrave; recevoir le m&ecirc;me enseignement, mais je peux entrouvrir un passage entre vous deux. Si vous acceptez, j&#146;aurais acc&egrave;s &agrave; l&#146;ensemble de votre vocabulaire et vous pourrez me parler par la pens&eacute;e sans le moindre effort. Je ne demande qu&#146;un peu de chrome. &gt;&gt;<br> 		Kog &eacute;tait un gar&ccedil;on prudent et ne se serait pas laiss&eacute; tripoter l&#146;esprit sans r&eacute;fl&eacute;chir aux risques, mais Clone Traor&eacute;, soldat d&#146;&eacute;lite entra&icirc;n&eacute; aux dangers et &agrave; les prendre de front prit les commandes sans pr&eacute;venir et donna son accord. Il ressentit comme un grand d&eacute;chirement douloureux dans sa t&ecirc;te, pire qu&#146;une n&eacute;vralgie, puis cela commen&ccedil;a &agrave; s&#146;att&eacute;nuer un peu, puis de plus en plus. En moins d&#146;une heure il se sentait tout &agrave; fait bien. A ce moment il entendit une voix dans sa t&ecirc;te aussi claire que si on lui avait parl&eacute; et qui exprimait :<br> 		&lt;&lt; Voil&agrave;, c&#146;est fait, j&#146;ai donn&eacute; ma part de l&#146;&eacute;change. Je souhaite que vous d&eacute;posiez sur ma masse un de vos outils en acier inoxydable, une pince, par exemple, elle contient assez de chrome pour que je puisse continuer &agrave; vivre et cro&icirc;tre pendant encore deux mille ans. Ferez-vous le n&eacute;cessaire ? Je n&#146;ai aucun moyen de vous y contraindre et ne dispose que de  possibilit&eacute;s chimiques. Je dissoudrai lentement votre outil et pr&eacute;l&egrave;verai le chrome qui m&#146;est indispensable au fur et &agrave; mesure de mes besoins. &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Nous allons arriver au bord de la zone &#147; polaire &#147; dans six heures et j&#146; ex&eacute;cuterai ce que vous demandez et m&ecirc;me plus que cela ! car le service que vous m&#146;avez donn&eacute; en &eacute;change le m&eacute;rite. Avez-vous un nom ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Je me r&eacute;jouis de votre attitude, j&#146;attends votre arriv&eacute;e, je n&#146;ai pas de nom. Est-ce utile ? Connaissez-vous d&#146;autres &ecirc;tres comme moi ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Je n&#146;en connais pas mais nous avons l&#146;habitude de donner un nom &agrave; tout et &agrave; tous, voulez-vous que je vous en trouve un ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;J&#146;aimerai bien, mais n&#146;en saisis pas l&#146;utilit&eacute;. Je lis que vous avez plusieurs noms et deux personnalit&eacute;s fusionn&eacute;es. Votre nom de Kog, je le retiens pour m&#146;adresser &agrave; vous o&ugrave; y penser lorsque vous aures quitt&eacute; la zone polaire. &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Pour moi et le reste de la F&eacute;d&eacute;ration, vous serez nomm&eacute;  Hydros. Donc, &agrave; dans quelques heures, mon cher Hydros ! &gt;&gt;<br> 		Effectivement, en fin de journ&eacute;e ils arriv&egrave;rent vers la masse blanche et y d&eacute;pos&egrave;rent trois gros outils dont ils &eacute;taient certains de pouvoir se passer. Ils &eacute;taient fabriqu&eacute;s  en acier inoxydable de nuance 18/ 8 soit:   18% de chrome et 8  %  de Molybd&egrave;ne. Puis, sans dormir, ils reprirent le chemin du retour afin d&#146;&eacute;conomiser l&#146;eau. Pas &eacute;tonnant que la plan&egrave;te en manque si, pour sa croissance, Hydros s&eacute;questrait, dans ses mol&eacute;cules, tout le disponible produit par la plan&egrave;te( sous forme d&#146;&eacute;vaporations et de condensation) au cours des ans. Bient&ocirc;t toute v&eacute;g&eacute;tation dispara&icirc;trait, puis toute vie animale. Seul Hydros, de plus en plus gros, serait vivant. Mais pour combien de temps sans cro&icirc;tre ? ....................................................................................................................................................<br> 		.<br> 		Une semaine plus tard, Betty et Kog, arrivaient sur Floric et se rendaient &agrave; l&#146;ambassade terrienne dans l&#146;appartement de fonction. Emissaire les y attendait et leur transmis les ordres de revenir tous les deux, avec lui, sur la Terre sans le moindre d&eacute;lai. Ils ne prirent  m&ecirc;me pas le temps de se reposer un peu et Betty ne put faire visiter la capitale de la F&eacute;d&eacute;ration &agrave; son ami. Le lendemain ils arriv&egrave;rent tous les trois sur Terre au temple de Samye. Chacun d&#146;entre eux garda la plus grande r&eacute;serve et ne pronon&ccedil;a que le nombre de mots indispensable. Ce retour brutal leur paraissait suspect et ils gardaient une certaine r&eacute;serve. Emissaire, de son c&ocirc;t&eacute;, avait une id&eacute;e qui le rongeait et revenait sans cesse : Utiliser les mandalas pour soigner et gu&eacute;rir impliquait bien des choses, il se sentait presque revenu de la mort. Sur Floric, les savants consult&eacute;s n&#146;avaient eu que trop peu de temps pour y r&eacute;fl&eacute;chir mais &eacute;taient parvenu &agrave; la conclusion que tout ceci n&#146;&eacute;tait possible que par une reconstruction &agrave; partir de l&#146;A D N de base. Cette technique, si elle existait, &eacute;tait int&eacute;ressante et &agrave; creuser. De plus, si on y ajoutait cette histoire plus ou moins confuse de clones dont Emissaire avait entendu parler, cela revenait &agrave; une possibilit&eacute; de vie &eacute;ternelle. Or cela, comme le clonage d&#146;ailleurs, &eacute;tait strictement interdit dans la F&eacute;d&eacute;ration. Il s&#146;en fallait d&#146;un rien pour que cette derni&egrave;re ne d&eacute;cide de faire sauter la porte de Samye et de se fermer aux terriens. Emissaire se posait vraiment la question et utiliserait les quelques mois qui lui restaient sur cette plan&egrave;te pour creuser autant que faire se pouvait. En attendant, il ferait bon visage et dissimulerait au mieux ses sentiments.<br> 		Kog, assis derri&egrave;re lui, dans l&#146;appareil qui les ramenait, avait ferm&eacute; ses yeux et entendait absolument tout de ses pens&eacute;es. Il se dit qu&#146;une consultation de SAPIENS s&#146;imposait. Arriv&eacute;s &agrave; Washington, Emissaire se dirigea vers la Maison Blanche tandis que Betty et Kog se rendaient compte que ni l&#146;un ni l&#146;autre ne poss&eacute;dait de domicile. Clone 001 Traor&eacute; avait v&eacute;cu les derni&egrave;res ann&eacute;es avant son d&eacute;part dans la vie virtuelle de son masque de fer. Il demeurait, de fait, dans une salle de laboratoire. De l&agrave;, il avait &eacute;t&eacute; amen&eacute; vers le mandala pour son exp&eacute;dition lointaine sur Love. Betty, de son c&ocirc;t&eacute;, avait habit&eacute;, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, dans une installation mini&egrave;re d&eacute;saffect&eacute;e en Afrique noire et, en derni&egrave;re phase, avec un contrat de  location temporaire, aupr&egrave;s du laboratoire de radioastronomie. C&#146;&eacute;tait son seul domicile !<br> 		Ils s&#146;en ouvrirent &agrave; Varo qui avait fait l&#146;effort de venir les accueillir &agrave; l&#146;arriv&eacute;e. Celle-ci avait r&eacute;pondu qu&#146;elle leur avait r&eacute;serv&eacute; tout un &eacute;tage dans une aile de Langley et qu&#146;ils le m&eacute;ritaient bien. Cet &eacute;tage comportait quatre appartements pour des h&ocirc;tes de marque de passage et ils choisiraient. Elle les pr&eacute;vint que les Directeurs, (les Sages comme on disait de pr&eacute;f&eacute;rence maintenant), avaient h&acirc;te de les entendre et pas seulement par curiosit&eacute;.  SAPIENS leur avait fait part de d&eacute;ductions inqui&eacute;tantes &agrave; propos des questions pos&eacute;es par Emissaire. Les &eacute;l&eacute;ments qui manquaient pour une prise de d&eacute;cision d&eacute;pendaient, pour beaucoup,  de leurs r&eacute;centes exp&eacute;riences hors de la Terre. Demain, donc, ils auraient &agrave; en exposer chacun le r&eacute;cit. Ensuite ils devraient r&eacute;pondre &agrave; toutes les questions. <br> 		Varo, sans vouloir orienter les rapports qu&#146;ils auraient &agrave; faire, crut bon d&#146;ajouter un &eacute;l&eacute;ment. Elle pensait que le motif de l&#146;intervention de SAPIENS &eacute;tait d&ucirc; aux h&eacute;sitations de Emissaire. L&#146;envoy&eacute; de la F&eacute;d&eacute;ration craignait que la population de la Terre ne soit pas assez &#147; aboutie &#147; pour que la F&eacute;d&eacute;ration s&#146;en satisfasse. Emissaire ne serait, en effet, pas long &agrave; se rendre compte des lacunes  !<br> 		<br> 		<br> 		</p> 		<p></p> 		<p></p> 		<center> 			<p><b>CHAPITRE 10</b></p> 		</center> 		<p></p> 		<div align="right"> 			<p>                                                         Transformer le mirage en r&eacute;alit&eacute;.<br> 			                                                         Le livre des 36 stratag&egrave;mes- (chinois)<br> 			</p> 			<p></p> 		</div> 		<p>Zaon 438 Pim<br> 		<br> 		D&egrave;s les premi&egrave;res conversations avec Emissaire il fut patent, pour Nounou, que les terriens n&#146;&eacute;taient pas tout &agrave; fait pr&ecirc;ts &agrave; &ecirc;tre re&ccedil;us dans la F&eacute;d&eacute;ration. De plus la question se posait de l&#146;utilit&eacute; de la chose. Ce que les terriens avaient &agrave; apporter aux autres &eacute;tait bien trop dangereux. Ils semblaient les seuls &agrave; avoir utilis&eacute; le syst&egrave;me des mandalas pour gu&eacute;rir en reconstruisant des personnes dissoci&eacute;es. Mais cela, ils le devaient aux Cephs et non &agrave; leur propre aboutissement. Ce qu&#146;ils avaient d&eacute;couvert depuis Ducerf pouvait se r&eacute;sumer &agrave; un syst&egrave;me de transport instantan&eacute; mais dont l&#146;usage demeurait interdit sur leur plan&egrave;te. Betty venait de trouver comment utiliser les portes des autres, certes,  mais ces autres &eacute;taient ceux qui les avaient mis en place et qui en poss&eacute;daient toute la conception. L&#146;exp&eacute;rience r&eacute;alis&eacute;e par Kog n&#146;&eacute;tait qu&#146;un essai isol&eacute; et hasardeux. Donc, les terriens n&#146;&eacute;taient pas assez matures selon le point de vue de la F&eacute;d&eacute;ration et cela se verrait tr&egrave;s vite.<br> 		Une autre question venait s&#146;ajouter : en copiant la personnalit&eacute; des passagers de ses mandalas les terriens poss&eacute;daient un savoir-faire qui les rendaient proches de la conqu&ecirc;te de l&#146;immortalit&eacute;. En effet,  SAPIENS pouvait ajouter au clone d&#146;un individu, la copie de la personnalit&eacute; qu&#146;il avait dans sa m&eacute;moire et donc recr&eacute;er pratiquement la m&ecirc;me personne autant de fois qu&#146;on le lui demanderait. Etait-il utile que la F&eacute;d&eacute;ration le sache ? Et, corollaire, comment s&#146;arranger pour qu&#146;elle ne le sache pas si toutes les toiles d&#146;araign&eacute;e n&#146;en faisaient plus qu&#146;une par mise en r&eacute;seau ?<br> 		Pour &ecirc;tre admis parmi les autres il aurait fallu que les terriens aient une id&eacute;e plus compl&egrave;te des syst&egrave;mes de mandalas, ce qui impliquait un meilleur paradigme que celui qu&#146;ils concevaient pour expliquer l&#146;Univers. Or, il s&#146;en fallait de tr&egrave;s peu, car les Cephs &eacute;taient all&eacute;s au bout de leur r&eacute;flexion sur ce sujet et cela se trouvait dans BAFESI mais n&#146;en sortirait que sur une demande bien formul&eacute;e. Les Cephs, m&eacute;fiants, avaient r&eacute;serv&eacute; cette science aux uniques t&eacute;l&eacute;pathes ! Ils sous-entendaient par l&agrave; : les autres Cephs &eacute;ventuels que leur vaisseau pourrait rencontrer.<br> 		Ce bout du probl&egrave;me fut r&eacute;solu lorsque &agrave; leur retour Kog et Betty rendirent compte de leurs voyages. SAPIENS trouvait d&eacute;sormais, en Kog, interlocuteur &agrave; qui communiquer ces pr&eacute;cieuses informations sur le paradigme des Cephs, mais c&#146;&eacute;tait trop tard ! Il s&#146;en fallait de quelques mois, un seul aurait m&ecirc;me pu suffire, mais Emissaire avait d&eacute;j&agrave; int&eacute;rieurement pris sa d&eacute;cision. Or, celle-ci &eacute;tait de couper les ponts pour encore quelques mill&eacute;naires. Ah ! Si Kog &eacute;tait revenu au moins un mois plus t&ocirc;t ! <br> 		SAPIENS en d&eacute;duisit que si les terriens voulaient absolument entrer dans la f&eacute;d&eacute;ration, il lui fallait envisager de modifier le pass&eacute;. Il fallait donner une l&eacute;g&egrave;re acc&eacute;l&eacute;ration aux &eacute;v&eacute;nements pour que tout se passe comme cela c&#146;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; produit, sauf le fait que Kog et donc Betty et donc que ces deux l&agrave;, soient de retour un ou deux mois plus t&ocirc;t. Pas ais&eacute;, mais r&eacute;alisable, peut-&ecirc;tre ? Nounou se posait le probl&egrave;me et SAPIENS r&eacute;pondait, schizophr&egrave;ne, qu&#146;il y avait un moyen. Ils demand&egrave;rent aux Sages et ceux ci d&eacute;cid&egrave;rent un Symposium, Dans ses m&eacute;moires Nounou essaya de commencer &agrave; s&eacute;lectionner quelles personnalit&eacute;s pouvaient &ecirc;tre exp&eacute;di&eacute;es vers le pass&eacute; et en final n&#146;en retint que quatre. Le meilleur &eacute;tant un certain Zaon 438 Pim. Ensuite, et toujours en harmonie avec sa partie BAFESI, elle calcula les points temporels d&#146;arriv&eacute;e les plus int&eacute;ressants dans le but d&#146;avancer un peu le progr&egrave;s sans cr&eacute;er de paradoxes. Poss&eacute;dant, dans ses archives, toute l&#146;histoire de l&#146;humanit&eacute;, elle trouva que le premier point temporel o&ugrave; cela &eacute;tait jouable se situait vers la fin du .20&deg; si&egrave;cle de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne. La personnalit&eacute; r&eacute;ceptrice ne pouvait &ecirc;tre que Mathieu Ducerf, celui qui, le premier avait eu l&#146;id&eacute;e du nouveau paradigme pour les terriens. Mais il fallait encore deux &eacute;tapes autour de ce point. L&#146; une post&eacute;rieure et une autre ant&eacute;rieure. Celui qui avait &eacute;t&eacute; le r&eacute;el d&eacute;clencheur de ce qu&#146;on avait nomm&eacute; la grande Qu&ecirc;te &eacute;tait incontestablement Manius et il serait donc le premier r&eacute;ceptacle. Le noeud du probl&egrave;me, et le plus ais&eacute; &agrave; manipuler sans risques, se trouvait &ecirc;tre le d&eacute;lai situ&eacute; entre la d&eacute;couverte de Boris et la date pr&eacute;cise &agrave; laquelle il se d&eacute;cida &agrave; enfin envoyer ce qu&#146;il avait trouv&eacute; dans la valise. C&#146;&eacute;tait en 435 AA , il suffisait d&#146;un ou deux mois de d&eacute;calage, juste l&agrave;, et pas ailleurs. Ne restait plus qu&#146;&agrave; peaufiner mais sans trop en faire. Organiser, juste pour obtenir un l&eacute;ger mieux. Comme de trouver le plus lointain, la personne r&eacute;ceptacle, qui acc&eacute;l&eacute;rerait un peu la d&eacute;couverte de Ducerf. Il fallait que Niels Bohr ait l&#146;id&eacute;e ma&icirc;tresse de sa vie concernant l&#146;atome un tout petit peu plus vite. Cela pouvait &ecirc;tre obtenu par le biais de l&#146;influence qu&#146;aurait sur lui un gamin, un petit norv&eacute;gien, par exemple le fils d&#146;un ami, chez lequel il &eacute;tait de passage. L&#146;enfant, pour jouer, tracerait au sol une s&eacute;rie de cercles concentriques et s&#146;amuserait &agrave; sauter de l&#146;un &agrave; l&#146;autre en posant ses pieds uniquement hors des traits dessin&eacute;s. Bohr ne le remarquerait pas particuli&egrave;rement sur le coup mais cela lui ferait trouver un peu plus t&ocirc;t sa th&eacute;orie. Einstein serait amen&eacute; &agrave; lire et &eacute;tudier Bohr parmi tant d&#146;autres et inventerait la relativit&eacute; tandis que l&#146;&eacute;cole fran&ccedil;aise tenterait de faire l&#146;&eacute;tude des math&eacute;matiques qui trancheraient entre les th&eacute;ories corpusculaires et ondulatoires. Dans la grande bataille de savants qui en d&eacute;coulerait, Einstein parlerait, certes, du temps comme d&#146;une dimension. Mais, il le ferait en &eacute;tant un peu moins s&ucirc;r de lui car un tantinet plus jeune. Il &eacute;crirait une phrase laissant une porte entr&#146;ouverte au fait que le temps n&#146;&eacute;tait mesurable qu&#146;en tant qu&#146;une dimension mais ne dirait pas que c&#146;&eacute;tait une dimension et rien d&#146;autre. Cela suffirait pour que Mat Ducerf y repense etc... <br> 		SAPIENS &eacute;tait maintenant tout &agrave; fait pr&ecirc;t &agrave; r&eacute;pondre aux questions qui lui seraient pos&eacute;es et &agrave; organiser le voyage vers le pass&eacute; de Zaon 438 Pim.<br> 		Pendant que ce changement s&#146;effectuerait, on garderait Emissaire en convalescence. Si cela ne suffisait pas,  SAPIENS le mettrait hors du temps ! Exactement comme il l&#146;avait fait pour le Ceph passager. Ensuite on le r&eacute;veillerait sous forme de la copie enregistr&eacute;e de sa personnalit&eacute; telle qu&#146;elle &eacute;tait lorsqu&#146;il avait failli mourir. Seul son corps serait am&eacute;lior&eacute;. Pour Emissaire les soins, au lieu d&#146;&ecirc;tre instantan&eacute;s, auraient pris tout le temps n&eacute;cessaire aux Terriens pour qu&#146;ils puissent constater si Pim avait r&eacute;ussi sa mission de lisseur de temps.<br> 		<br> 		                                              &deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;<br> 		Les Directeurs tenaient de nouveau un important symposium car le moment semblait venu d&#146;exp&eacute;dier vers le pass&eacute; un esprit solide qui, sans paradoxes ni perturbations temporelles, ferait juste un peu avancer les choses. La finalit&eacute; de la mission devant &ecirc;tre que la terre soit mieux pr&ecirc;te qu&#146;&agrave; l&#146;heure actuelle pour rencontrer d&#146;autres humano&iuml;des. Le but &eacute;tait t&eacute;nu, presque insignifiant, il fallait un l&eacute;ger coup de pouce &agrave; l&#146;&eacute;volution pour que la technique des mandalas figure bien dans la panoplie humaine un ou deux mois avant la date normale. Juste ce petit laps de d&eacute;calage qui ferait que ce seraient les humains qui manipulent la F&eacute;d&eacute;ration et non le contraire.<br> 		<br> 		 SAPIENS, consult&eacute; &eacute;tablit un programme de r&eacute;gressions temporelles et donna les moyens pratiques pour r&eacute;ussir. Cette technique, il avait d&ucirc; l&#146;employer sur BAFESI quand il avait fait la lourde erreur &agrave; propos du chien. Il disposait de la r&eacute;serve d&#146;&eacute;nergie voulue et de la technologie de base pour de courts sauts temporels en r&eacute;gression totale. Mais Nounou, lui et quelques forts matheux durent travailler en collaboration quant &agrave; la mise sur pied du syst&egrave;me. Il leur fallait trouver une m&eacute;thode  qui tenterait d&#146;envoyer, non un corps, mais une personnalit&eacute; seule quelques si&egrave;cles en arri&egrave;re.<br> 		D&#146;autres conditions devaient se trouver r&eacute;unies : <br> 		Le d&eacute;part ne pouvant se faire qu&#146;&agrave; partir du vaisseau BAFESI il faudrait donc, au pr&eacute;alable, que des &eacute;quipes de techniciens s&#146;y rendent pour construire les appareillages n&eacute;cessaires . Lorsque tout serait op&eacute;rationnel on enverrait Pim.<br> 		Kog, rendu t&eacute;l&eacute;pathe, devrait trouver le moyen de lever le dernier secret des Cephs et, s&#146;il n&#146;y parvenait pas en direct il serait bon qu&#146;il am&egrave;ne avec lui un des Cephs de la terre.  Nounou, en collaboration avec BAFESI en avait identifi&eacute; un particuli&egrave;rement r&eacute;ceptif. C&#146;&eacute;tait juste apr&egrave;s que le Ceph Voyageur leur avait transmis tout son savoir. Sur Terre le nom utilis&eacute; &eacute;tait &#147;seiches&#148;. Les oc&eacute;ans en &eacute;taient pleins. Les terriens les avaient toujours consid&eacute;r&eacute;s comme des animaux assez peu int&eacute;ressants. Maintenant ils devraient r&eacute;viser leur point de vue car avant quelques ann&eacute;es, les &#147;Seiches &#147; sauraient tout ce que le monde des Cephs avait appris.<br> 		En cas de difficult&eacute;s Kog devait pouvoir communiquer avec la seiche et celle-ci faire ouvrir les fichiers cach&eacute;s du vaisseau. Alors Kog saurait et trouverait toutes les informations utiles concernant le paradigme des Cephs. Informations bloqu&eacute;es jusque l&agrave; dans la ferrite du vaisseau. Ils pourraient les transf&eacute;rer dans les donn&eacute;es de Nounou /SAPIENS. Donc, elles seraient  &agrave; la disposition des terriens. Ceci et, en particulier, pour les sp&eacute;cialistes du relativisme et des espaces fibr&eacute;s dont Betty n&#146;&eacute;tait pas la moindre.<br> 		Impossible de sp&eacute;culer sur les impacts de ce paradigme puisque tout &eacute;tait encore cach&eacute;, mais il &eacute;tait probable que les r&eacute;percussions seraient &eacute;normes que la Terre d&eacute;cide, ou non, d&#146;adh&eacute;rer &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration.<br> 		Tout ceci devait se r&eacute;aliser en un court laps de temps, et surtout, de toute fa&ccedil;on ,en moins de deux mois. Il &eacute;tait indispensable que quand on sortirait Emissaire de son &eacute;tat dissoci&eacute;, on l&#146;autorise du m&ecirc;me coup &agrave; communiquer avec SAPIENS sans restrictions. Le but &eacute;tant de faire croire &agrave; l&#146;envoy&eacute; de la F&eacute;d&eacute;ration que les Terriens &eacute;taient bien des humano&iuml;des aboutis du fait m&ecirc;me que leurs savants connaissaient &agrave; fond l&#146;Univers &agrave; 6 dimensions des Cephs. Lequel serait s&ucirc;rement le m&ecirc;me que celui des 79 plan&egrave;tes f&eacute;d&eacute;r&eacute;es.<br> 		Les Directeurs n&#146;avaient donc plus qu&#146;un  probl&egrave;me &agrave; r&eacute;soudre :  convaincre Pim de se sacrifier pour remplir des missions vers le pass&eacute; et y laisser sa vie. On lui proposerait, certes, un clone et un enregistrement pour qu&#146;il ne meure pas tout &agrave; fait.  L&agrave;, il ne s&#146;agissait pas de convaincre un &ecirc;tre jeune ayant assez peu v&eacute;cu pour qu&#146;un changement de corps, &agrave; moins de quarante ans, puisse &ecirc;tre envisag&eacute; et finir par une fusion. Non, Pim n&#146;&eacute;tait pas un jeune homme, il se trouvait au meilleur &acirc;ge &agrave; un peu plus de la moiti&eacute; de son parcours. Il avait 61 ans et n&#146;avait aucune raison valable d&#146;accepter. Le seul bon argument r&eacute;sidait dans les &acirc;ges que SAPIENS avait pr&eacute;vus pour ses r&eacute;ceptacles, mais  impossible de s&#146;en servir &agrave; fond ! Lorsqu&#146;il partirait, on le laisserait dans l&#146;ignorance des identit&eacute;s de ceux-ci . Pim devait croire que le hasard seul, (la concomitance d&#146;&eacute;tats d&#146;&eacute;vanouissements, d&#146;anesth&eacute;sies ou de comas avec les dates de ses incarnations ), avait jou&eacute;. Si on faisait l&#146;erreur de l&#146;informer avant qu&#146;il ne parte, il ne pourrait s&#146;emp&ecirc;cher d&#146;enqu&ecirc;ter sur les personnages et, partant,  d&#146;obtenir des informations sur le cours complet de leurs existences. Cela cr&eacute;erait automatiquement des paradoxes temporels. Donc Pim ignorerait que sa premi&egrave;re r&eacute;incarnation se ferait avec Manius ( alors &acirc;g&eacute; de 18 ans ) que la seconde concernerait Mat Ducerf (59 ans) et que la derni&egrave;re concernerait un gamin au moment de ses douze ans. Par contre, il saurait qu&#146;il finirait sa vie dans sa troisi&egrave;me identit&eacute; d&#146;emprunt.<br> 		....................................................................................................................................................... <br> 		<br> 		  Pim le nexialiste.<br> 		<br> 		Le terme de nexialiste a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; par un auteur de science fiction du nom de Van Vogt pour d&eacute;signer une nouvelle profession qui n&#146;a jamais r&eacute;ellement exist&eacute;. Ce m&eacute;tier aurait consist&eacute; &agrave; op&eacute;rer des transferts de connaissances d&#146;une branche de la science aux autres. Pour illustrer disons que si Untel dirige un laboratoire dans lequel on a d&eacute;couvert un produit x auquel on ne trouve pas d&#146;usage int&eacute;ressant et que si, dans l&#146;atelier de m&eacute;canique de Quidam on cherche, sans le trouver, un produit y ayant les propri&eacute;t&eacute;s qu&#146;&agrave; x, le nexialiste fera passer l&#146;information, &agrave; la satisfaction des deux.<br> 		Quand il &eacute;tait d&#146;&acirc;ge scolaire, Pim se r&eacute;v&eacute;la tr&egrave;s vite appartenir &agrave; la cat&eacute;gorie assez rare des cancres intelligents. Cancre, il l&#146;&eacute;tait car il refusait l&#146;effort d&#146;apprendre, il aurait aim&eacute; que la simple &eacute;coute ou lecture des cours suffise. Malheureusement il avait une m&eacute;moire d&eacute;testable et ne retenait pas grand-chose. Ceci n&#146;avait rien &agrave; voir avec la qualit&eacute; de son cerveau. Les tests avaient montr&eacute; que son Q.I. montait souvent &agrave; 125 ce qui le classait d&eacute;j&agrave; en haut de gamme. Son cycle &eacute;tudiant ne fut gu&egrave;re plus brillant, il changeait constamment de sp&eacute;cialit&eacute;, absorbait un peu ce qui satisfaisait sa curiosit&eacute; et allait voir ailleurs. Aussi, quand il eut accompli le minimum obligatoire, il laissa l&#146;universit&eacute; et, sans r&eacute;elle sp&eacute;cialit&eacute;, fut capable de rendre des services en orientant les gens qui avaient des questions vers ceux qui pouvaient avoir des r&eacute;ponses. Il s&#146;intitula donc Nexialiste car il avait eu une p&eacute;riode intense de lecture des microfilms d&#146;ouvrages anciens traitant de science fiction.<br> 		Enjou&eacute; et aimable, sans une once de m&eacute;chancet&eacute;, il &eacute;tait assez aim&eacute; de ses concitoyens. Ainsi il aidait les uns et les autres en tra&icirc;nant des heures avec chacun sur le lieu de leur travail ou de leur violon d&#146;Ingres. Il apprenait &eacute;norm&eacute;ment, n&#146;en retenait que des g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s ou des directions de recherches et transmettait des informations utiles &agrave; ceux qui en avaient le plus grand besoin. Il op&eacute;rait par le seul jeu de son intelligence qui construisait un pont entre des pr&eacute;occupations diff&eacute;rentes. La toile d&#146;araign&eacute;e pouvait aboutir au m&ecirc;me r&eacute;sultat, mais par des chemins complexes puisque les donn&eacute;es &agrave; relier se trouvaient dans des domaines ou dossiers tout &agrave; fait distincts et d&eacute;pourvus de corr&eacute;lations. Donc, Pim allait plus vite que Nounou ou BAFESI. C&#146;est le noeud de la diff&eacute;rence entre une intelligence humaine et une autre uniquement &eacute;lectronique, m&ecirc;me si cette derni&egrave;re se trouve sous la forme la plus pouss&eacute;e, celle de SAPIENS.<br> 		 Pim v&eacute;cu ainsi sa vie en continuant en permanence &agrave; picorer des informations, des faits, des id&eacute;es un peu partout. Si on lui avait demand&eacute; quelle part de son temps &eacute;tait du travail et donc &agrave; inclure dans le minimum impos&eacute;, il se serait trouv&eacute; bien embarrass&eacute;, car, en r&eacute;alit&eacute; il n&#146;arr&ecirc;tait que lorsqu&#146;il dormait. Son boulot  et son activit&eacute; de d&eacute;tente ne faisaient qu&#146;un et cela le distinguait tout &agrave; fait du reste de ses contemporains. Participant &agrave; de nombreuses activit&eacute;s toujours diversifi&eacute;es, en tant que spectateur ou d&#146;assistant, ne comptant pas son temps, il devint bient&ocirc;t indispensable &agrave; beaucoup. Il se sentait appr&eacute;ci&eacute;, bref, il &eacute;tait tout &agrave; fait bien dans sa peau et d&eacute;cid&eacute; &agrave; continuer ainsi tant qu&#146;il le pourrait. Comme tout un chacun, et peut-&ecirc;tre un peu plus que la moyenne, il suivit tous les efforts d&eacute;ploy&eacute;s pour atteindre les mondes ext&eacute;rieurs &agrave; notre syst&egrave;me solaire. La chose l&#146;int&eacute;ressait, mais pas plus que d&#146;autres. Quant, &agrave; l&#146;occasion des symposiums, il eut entendu Emissaire et les Directeurs discuter, il s&#146;en r&eacute;jouit mais ne se sentit pas particuli&egrave;rement concern&eacute;. Or, pour SAPIENS il &eacute;tait, et de loin, le meilleur voyageur vers le pass&eacute; possible. Car m&ecirc;me ses d&eacute;fauts devenaient des qualit&eacute;s pour la mission. Sa faible m&eacute;moire serait une b&eacute;n&eacute;diction, car dans les r&eacute;incarnations cela perturberait moins l&#146;esprit du receveur. Il aurait &agrave; apprendre par coeur quelques chiffres pour ses sauts temporels, mais cela on pouvait l&#146;obtenir de lui. Surtout si sa vie en d&eacute;pendait ! Son intelligence &eacute;tait assez bonne pour qu&#146;il comprenne l&#146;importance de la mission et les priorit&eacute;s qu&#146;elle comportait. Son c&ocirc;t&eacute; touche &agrave; tout lui conf&eacute;rerait un coefficient d&#146;adaptation remarquable. Enfin il y avait sa grande capacit&eacute; de travail, qualit&eacute; rarissime &agrave; l&#146;&eacute;poque.<br> 		Pim, allant de l&#146;un &agrave; l&#146;autre et souvent vers des activit&eacute;s mal connues de lui avait appris la prudence. De plus il s&#146;aimait bien et ne prendrait aucun risque inutile, sa tendance, en vieillissant, allait plus dans l&#146;autre sens, une sorte d&#146;exc&egrave;s de pr&eacute;cautions. Ceci n&#146;&eacute;tait pas mal non plus pour la mission mais n&#146;aiderait pas &agrave; le convaincre.<br> 		Le probl&egrave;me ne pouvait se trouver abord&eacute; et r&eacute;solu que par des humains et c&#146;est donc sur les Sages qu&#146;elle retomba. Il fallait trouver un biais, un levier pour que Pim, non seulement accepte, mais se montre enthousiaste. Les gens qui commercent nomment cela des &#147;motivations &#147; et ces derni&egrave;res ont, depuis plus de 1500 ans, &eacute;t&eacute; class&eacute;es, tri&eacute;es, r&eacute;pertori&eacute;es et utilis&eacute;es par ceux qui en avaient besoin. Dans le syst&egrave;me appliqu&eacute;, le distributionnisme, il fallait &eacute;liminer le facteur argent. De plus, Pim n&#146;avait montr&eacute; aucun signe de recherche de puissance ou d&#146;honneur, donc encore une piste &agrave; laisser. Le sexe &eacute;tait &agrave; oublier, non &agrave; cause de l&#146;&acirc;ge de Pim, mais par suite du contr&ocirc;le des naissances et de la distribution dans les rations alimentaires de contraceptifs ou de calmants. D&#146;ailleurs que lui proposer en supposant des introductions d&#146;excitants au lieu de tranquillisants ? D&#146;aller vers le pass&eacute; conqu&eacute;rir une belle ? Il ne restait donc que les grands mythes qui trouvent toujours preneurs : l&#146;immortalit&eacute; ou le bain de Jouvence.<br> 		 Les Sages d&eacute;cid&egrave;rent d&#146;utiliser les deux en proposant &agrave; Pim le droit &agrave; un clone et la fusion avec les informations que SAPIENS m&eacute;moriserait sur lui lors d&#146;un passage de remise en forme par mandalas. Comme Pim s&#146;aimait &eacute;norm&eacute;ment, cette perspective devait lui plaire. Au besoin Clone 001 Kog lui parlerait et lui prouverait l&#146;int&eacute;r&ecirc;t de la chose. Pour le rajeunissement ils lui promirent trois vies &agrave; des &acirc;ges particuli&egrave;rement int&eacute;ressants : la pubert&eacute;, la jeunesse, et celui de la raison. Ils ne pr&eacute;cis&egrave;rent pas comment ils le savaient d&#146;avance, mais Pim avait confiance, les Sages pas plus que SAPIENS ne sauraient mentir.<br> 		L&#146;affaire fut emport&eacute;e par un argument ajout&eacute; au dernier moment : il serait le premier &agrave; accomplir ce travail de lisseur du temps qui, de fait, pouvait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme la forme la plus pouss&eacute;e de liaison Nexialiste.  Zaon 438 Pim donna son accord et s&#146;en fut vers ses destins en tant que Manius, Mat Ducerf et Oleg Petersen.<br> 		<br> 		Clone 001  Kog. <br> 		<br> 		Le Bambara avait d&ucirc; se rendre sur le vaisseau BAFESI pour essayer de faire ouvrir  par des influx t&eacute;l&eacute;pathiques, le fichier cach&eacute; par les Cephs. Il n&#146;y r&eacute;ussit pas car ses formes de langage et de pens&eacute;es n&#146;&eacute;taient pas recevable. Alors il essaya de communiquer avec la seiche qu&#146;il avait emport&eacute;e avec lui  dans son aquarium. L&agrave;, il eut un contact et s&#146;ouvrit totalement comme Hydros le lui avait enseign&eacute;. Il n&#146;y eut rien de plus le premier jour. Le lendemain il per&ccedil;ut des images marines tr&egrave;s nettes et des pens&eacute;es concr&egrave;tes tenant &agrave; la nourriture. Il versa dans l&#146;aquarium les alevins de la ration quotidienne et eut en retour une pens&eacute;e reconnaissante et de bonne volont&eacute;. Kog essaya de signifier sa demande pour que la seiche communique avec BAFESI. Mais il y eut incompr&eacute;hension et &eacute;tonnement. Au troisi&egrave;me jour, de bonne heure, le matin Kog capta des &eacute;changes t&eacute;l&eacute;pathiques entre la seiche et ses cong&eacute;n&egrave;res dans l&#146;oc&eacute;an terrestre. Il semblait qu&#146;elle soit &agrave; la recherche d&#146;informations dispers&eacute;es. Des r&eacute;ponses vinrent, en grand nombre et la seiche sembla avoir compris un peu mieux ce qu&#146;on attendait d&#146;elle. Malheureusement, Pluton avait boug&eacute; et il faudrait maintenant attendre encore un mois avant qu&#146;une lucarne astronomique ne se pr&eacute;sente &agrave; nouveau. Kog et la Seiche, qu&#146;il nomma &#147; Secco &#147;, eurent entre eux bien des &eacute;changes et autant d&#146;&eacute;tonnements. <br> 		Secco &eacute;tait intelligente mais encore primitive et, de ce que le Ceph Voyageur avait transmis, tr&egrave;s peu avait &eacute;t&eacute; compris et assimil&eacute;. Mais Secco avait constat&eacute; des progr&egrave;s nets dans son esp&egrave;ce propre. Ils avaient choisi quel autre animal jouerait, pour eux, sur la Terre, le r&ocirc;le qu&#146;avaient tenu les Cralangs pour les Cephs. Ce seraient les Homards avec lesquels il y avait, depuis longtemps, des &eacute;changes d&#146;informations sur les courants marins ou les r&eacute;serves de nourriture, mais sans plus.<br> 		Enfin, le moment vint o&ugrave; un nouveau contact avec les seiches de la terre &eacute;tait possible et le r&eacute;sultat en fut fructueux. Toutes les seiches avaient eut le temps de trier dans les donn&eacute;es envoy&eacute;es par le Ceph voyageur, d&#146;en faire la synth&egrave;se et d&#146;en comprendre l&#146;essence. Secco absorbait &agrave; grande vitesse et Kog n&#146;attrapait que des bribes sans significations pour lui. Le lendemain il adressa mentalement, &agrave; nouveau sa demande &agrave; Secco. Celle-ci savait de quoi il &eacute;tait question et donna son accord. Une condition fut pos&eacute;e qui concernait la possibilit&eacute; ult&eacute;rieure de voyages vers d&#146;autres mondes pour les seiches avec l&#146;aide des humains. Puis, abandonnant ses &eacute;changes avec Kog, Secco entreprit de d&eacute;bloquer BAFESI. Cela ne se fit pas de suite, mais Secco &eacute;tait pugnace et ,&agrave; force de variations dans la mani&egrave;re de transmettre, finit par arriver &agrave; ce qu&#146;elle voulait. Le programme concernant le paradigme des Cephs &eacute;tait enfin ouvert. Restait &agrave; le transformer en langage humain et &agrave; le comprendre. On disposait,  au mieux de huit jours.<br> 		<br> 		Pr&eacute;sidente.<br> 		<br> 		Dans le b&acirc;timent en forme de tour qui dominait  la capitale de la F&eacute;d&eacute;ration, Pr&eacute;sidente se posait des questions. Emissaire au moment de son court passage avait apport&eacute; des informations contradictoires &agrave; propos de la plan&egrave;te Terre. Il devait bient&ocirc;t revenir de sa mission avec des r&eacute;ponses. D&#146;autre part, depuis que Betty &eacute;tait sortie du mandala en visiteuse, les historiens de Floric et des autres mondes avaient fouill&eacute; les archives. Ils cherchaient &agrave; relier tous les &eacute;l&eacute;ments qu&#146;ils poss&eacute;daient concernant les voyages r&eacute;alis&eacute;s vers cette destination. Cela commen&ccedil;ait plus de 10.000 ans en arri&egrave;re avec la construction de la premi&egrave;re ziggourat, &agrave; la limite d&#146;une faille g&eacute;ologique s&eacute;parant deux continents dont les plaques tectoniques n&#146;&eacute;taient pas encore stabilis&eacute;es totalement. Les terriens vivaient une civilisation primitive et les visiteurs mandat&eacute;s par la F&eacute;d&eacute;ration, &eacute;taient des Elo&iuml;ens. A cette &eacute;poque, songea-t-elle, il n&#146;y avait que 63 mondes accept&eacute;s comme assez aboutis, et les Elo&iuml;ens faisaient partie des dix premi&egrave;res plan&egrave;tes f&eacute;d&eacute;r&eacute;es. Ils &eacute;taient les meilleurs fabricants de vaisseaux spatiaux et ensuite de mandalas. Pourtant, pour cette premi&egrave;re exp&eacute;dition vers la Terre, il y avait eu la plus improbable des pannes, dont le facteur principal &eacute;tait venu de changements directionnels du champ magn&eacute;tique terrestre au lieu d&#146;arriv&eacute;e. Ceci se produisit suite &agrave; un ph&eacute;nom&egrave;ne sismique d&#146;amplitude moyenne, mais qui provoqua la modification.  Durant trois d&eacute;cades, ils &eacute;taient rest&eacute;es bloqu&eacute;es sur ce monde encore sauvage mais ne manquant pas de charmes. Puis, la cause de la panne ayant enfin &eacute;t&eacute; trouv&eacute;e, ils purent rentrer sur leur monde et remettre leur rapport : &lt;&lt; Monde &agrave; suivre &gt;&gt;<br> 		Ce qu&#146;ils n&#146;avou&egrave;rent pas et dont aucun des participants n&#146;osa parler ou &eacute;crire &agrave; leur retour, fut qu&#146;ils avaient enfreint une des r&egrave;gles d&#146;or de ces explorations : Ils n&#146;avaient pas pu s&#146;emp&ecirc;cher de se rapprocher des femmes de terriens qu&#146;ils trouvaient de plus en plus belles au fur et &agrave; mesure de leur pr&eacute;sence, donc de leur privation. L&#146;erreur de base venait du choix de l&#146;&eacute;quipage, qui par hasard, ne comportait que des m&acirc;les ! En th&eacute;orie, leur exp&eacute;dition ne devait durer que deux mois et le sexe n&#146;avait pas &eacute;t&eacute; pris en compte pour un si bref laps de temps. Oh !  Ne leur jetons pas la pierre, ils avaient des circonstances att&eacute;nuantes, car physiquement les terriens et les Elo&iuml;ens avaient les m&ecirc;mes caract&egrave;res physiques, simplement les terriens semblaient des mod&egrave;les r&eacute;duits. La taille d&#146;un terrien adulte devait avoisiner 1,5 m&egrave;tres quand celle des visiteurs en faisait deux, mais, chose rare, leurs hormones sexuelles &eacute;taient de m&ecirc;me famille chimique et ne diff&eacute;raient que d&#146;un groupe m&eacute;thyle.<br> 		Plus tard, quelques d&eacute;cennies apr&egrave;s leur retour, les langues se d&eacute;li&egrave;rent et ils avou&egrave;rent leur transgression de la r&egrave;gle. Mais le mal -ou le bien- &eacute;tait fait. Ils avaient induit un progr&egrave;s g&eacute;n&eacute;tique, psychologique et technique dans une population locale qui les consid&eacute;ra comme des dieux. Ils eurent m&ecirc;me une descendance qui se dilua, au cours des si&egrave;cles suivants, dans le reste de la population. Leur nom se transmis de bouche &agrave; oreille de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration avec une l&eacute;g&egrave;re modification de prononciation, ainsi que c&#146;est toujours le cas. Dans la m&eacute;moire des hommes ils furent les Elohim.( Un Elo&iuml;en, des Elohim ). Les installations minimales de production de fruits et de l&eacute;gumes qu&#146;ils durent mettre en route pour survivre modifi&egrave;rent, en un lieu pr&eacute;cis, le paysage ambiant qui &eacute;tait particuli&egrave;rement aride, sinon &agrave; demi d&eacute;sertique. Les autochtones en furent frapp&eacute;s et, ne pouvant y p&eacute;n&eacute;trer &agrave; cause de la barri&egrave;re &eacute;lectrique, le contemplaient avec admiration et s&#146;imaginaient y s&eacute;journant. Dans la langue des  Eloh&iuml;m, potager se prononce &#147; Purdess &#147; et ce nom pour les terriens devint, au long des transmissions orales, pard&egrave;s, puis parad&egrave;s, puis paradis.<br> 		Lorsque leur retour se trouva compromis, sinon renvoy&eacute; &agrave; jamais, les visiteurs commenc&egrave;rent &agrave; choisir parmi les filles des terriens et il y eut quelques bagarres qui, elles aussi, donn&egrave;rent lieu &agrave; des l&eacute;gendes dans les histoires racont&eacute;es sur Terre apr&egrave;s leur d&eacute;part. Les r&eacute;cits s&#146;embellirent au cours des si&egrave;cles, chaque conteur enjolivant un peu pour mieux capter l&#146;attention de son auditoire. Ainsi, une histoire de dispute due &agrave; la jalousie fit qu&#146;un terrien se lan&ccedil;a &agrave; la poursuite d&#146;un visiteur, lequel, peu agressif pr&eacute;f&eacute;ra rentrer dans le vaisseau en se servant d&#146;une &eacute;chelle de secours. Il y eut altercation sur cette &eacute;chelle et le terrien fut repouss&eacute; d&#146;un coup de pied n&eacute;gligent et retenu, mais il se brisa la cheville et boita ensuite toute sa vie. Son pr&eacute;nom devait &ecirc;tre quelque chose comme Jancov et se perp&eacute;tua sous la d&eacute;signation de Jacob dans l&#146;histoire de la population locale. Pour que cela soit encore plus miraculeux, on d&eacute;cala les dates en faisant passer cet incident comme bien post&eacute;rieur &agrave; la venue des Elohim.<br> 		Pr&eacute;sidente avait pass&eacute; des soir&eacute;es compl&egrave;tes &agrave; faire le lien entre ce qui &eacute;tait rest&eacute; dans la m&eacute;moire des hommes de la terre et les faits r&eacute;els tels que les historiens de la F&eacute;d&eacute;ration avaient pu les reconstituer. Il y avait plein d&#146;historiettes montrant l&#146;impact qu&#146;avait eu cette visite prolong&eacute;e et f&acirc;cheuse des humano&iuml;des de la F&eacute;d&eacute;ration.<br> 		Quatre mille ans plus tard, une visite de contr&ocirc;le avait montr&eacute; que cette population avait subit une &eacute;volution acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e dans un sens mais que des guerres incessantes (pour des histoires de dieux, de troupeaux, de territoires, de jalousie ou de sexe) avaient produit un effet inverse. Ils bataillaient sans merci, sans r&eacute;els motifs, de tribu &agrave; tribu, de peuple &agrave; peuple, de pays &agrave; pays. Alors, les visiteurs, qui ne rest&egrave;rent que les quelques jours n&eacute;cessaires et indispensables, prirent, comme le r&egrave;glement le prescrivait, l&#146;initiative de donner quelques pr&eacute;ceptes indispensables de morale et d&#146;&eacute;thique. Il ne fallait pas trop pousser en ce domaine, par cons&eacute;quent ils se limit&egrave;rent &agrave; une dizaine en portant une attention particuli&egrave;re sur l&#146;unicit&eacute; d&#146;un Dieu et l&#146;interdit de sa repr&eacute;sentation, ce qui &eacute;viterait les guerres d&#146;idoles. Malgr&eacute; une mise en sc&egrave;ne bien faite, la port&eacute;e en demeura bien plus faible que dans d&#146;autres mondes o&ugrave; cette technique avait &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;e avec succ&egrave;s. Mais elle dura et fini par s&#146;imposer. A cette occasion ils offrirent aux terriens un syst&egrave;me graphique et un alphabet pour remplacer les id&eacute;ogrammes. Ils n&#146;avaient pas le droit de donner d&#146;avantage. Il y eut d&#146;autres courtes visites de surveillance ou pour remplacer la ziggourat, originelle et alors &eacute;croul&eacute;e, par le temple de Samye.<br> 		Encore plus tard ils d&eacute;tect&egrave;rent une guerre nucl&eacute;aire et la F&eacute;d&eacute;ration voulut en savoir plus. Le continuum de l&#146;espace-temps pouvant se trouver d&eacute;chir&eacute;, le danger commandait une urgence et un approfondissement de la surveillance. Cette fois ci, &agrave; la fin du 20&deg; si&egrave;cle de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne sur terre, ils d&eacute;cid&egrave;rent de cr&eacute;er des  bases secr&egrave;tes  &agrave; partir desquelles des envoy&eacute;s venant de plusieurs des plan&egrave;tes de la F&eacute;d&eacute;ration espionneraient les terriens. Certains incidents eurent lieu et la pr&eacute;sence des humano&iuml;des de la plan&egrave;te Ballant, recouverts de combinaisons vertes &agrave; la mode chez eux,  posa bien des probl&egrave;mes. Ce fut sur Terre l&#146;&eacute;poque dite &#147;des petits hommes verts &#147; D&#146;une fa&ccedil;on identique les engins ovo&iuml;des volants (une autre &eacute;quipe en provenance du monde de R&eacute;a)  n&#146;&eacute;chapp&egrave;rent pas toujours aux hommes. A la longue cela se tassa et on n&#146;en parlait plus sur Terre qu&#146;en plaisantant. Mais les rapports remis au retour &eacute;taient inqui&eacute;tants et la question de la destruction pure et simple de la Plan&egrave;te Terre fut mentionn&eacute;e comme possibilit&eacute; derni&egrave;re. Puis, avec les ann&eacute;es A. A , les terriens devinrent raisonnables et commenc&egrave;rent &agrave; essayer de franchir la barri&egrave;re de leur syst&egrave;me plan&eacute;taire.<br> 		Tous les membres de la F&eacute;d&eacute;ration furent d&#146;accord, il n&#146;&eacute;tait absolument pas question de laisser une race non aboutie aller se promener et r&eacute;pandre sa violence n&#146;importe o&ugrave;. Ils durent se r&eacute;soudre &agrave; utiliser le syst&egrave;me de &#147;quarantaine &#147; qui faisait dispara&icirc;tre tout corps organique issu du vivant. Tout humain, animal, animalcule, bact&eacute;rie, virus, microbe, vivant ou mort, se trouvait transform&eacute; en &eacute;nergie en une fraction de seconde d&egrave;s que le vaisseau s&#146;appr&ecirc;tait &agrave; sortir du syst&egrave;me. Il n&#146;y eut qu&#146;une exception, un &eacute;quipage de cinq navigateurs fut capt&eacute; par un mandala int&eacute;rieur au syst&egrave;me solaire mais la F&eacute;d&eacute;ration n&#146;en trouva pas trace. Comment Pr&eacute;sidente aurait-t-elle pu s&#146;imaginer que Mat Ducerf avait re&ccedil;u ces gens quelques centaines d&#146;ann&eacute;es plus t&ocirc;t que leur d&eacute;part ? Et, de plus, sans le faire expr&egrave;s ? .<br> 		Oui, la F&eacute;d&eacute;ration avait des raisons de se soucier de l&#146;arriv&eacute;e de la 80&deg; plan&egrave;te en son sein ! Des cons&eacute;quences pouvant se r&eacute;v&eacute;ler redoutables. Pr&eacute;sidente &eacute;tait assez anxieuse de voir revenir au plus vite Emissaire. Pour le lui faire savoir, elle ne disposait que de deux moyens. Soit envoyer un second visiteur qui porterait ses instructions de retour pr&eacute;cipit&eacute;, soit consommer une grande &eacute;nergie pour envoyer un &#147;Titane&#148; &agrave; m&eacute;moire de forme. On risquait, ce faisant, d&#146;apprendre aux terriens une chose qu&#146;ils semblaient ignorer totalement. Cela concernait les mandalas et donc le paradigme des 6 dimensions sur lequel toute la civilisation technique de la F&eacute;d&eacute;ration reposait. Ceci reviendrait &agrave; leur donner la r&eacute;ponse &agrave; la question que Emissaire avait &agrave; trancher. Donc, de rendre son s&eacute;jour inutile car &agrave; quoi bon faire passer un examen dont le candidat aurait les r&eacute;ponses fournies par l&#146;examinateur ? Il fallait bien y r&eacute;fl&eacute;chir se dit-elle, il semblait que les terriens aient, de l&#146;usage des mandalas, une science diff&eacute;rente de celle des plan&egrave;tes f&eacute;d&eacute;r&eacute;es. Certaines utilisations qu&#146;ils semblaient avoir d&eacute;couvertes &eacute;taient inconnues ici. Par contre une partie de ce qui &eacute;tait &eacute;vident dans les 79 plan&egrave;tes paraissait totalement ignor&eacute; d&#146;eux <br> 		Si ce que Emissaire avait dit au cours de son bref passage se trouvait confirm&eacute;, les terriens ignoraient que l&#146;on peut exp&eacute;dier de la mati&egrave;re par les mandalas. Bien qu&#146;il y ait des limitations tr&egrave;s restrictives, si on s&#146;en tenait &agrave; des corps simples &eacute;l&eacute;mentaires, on pouvait y faire passer un m&eacute;tal comme l&#146;aluminium ou un gaz comme l&#146;oxyg&egrave;ne ou un liquide comme le mercure. Ce n&#146;&eacute;tait qu&#146;une question d&#146;intensit&eacute; &eacute;lectrique dans le dispositif. La forme de ce qu&#146;on exp&eacute;diait ainsi ne pouvait &ecirc;tre conserv&eacute;e pendant le transfert, tout arrivait sph&eacute;rique, c&#146;&eacute;tait une question d&#146;encombrement minimum pour une masse donn&eacute;e. Par contre, le temps de transfert n&#146;&eacute;tait pas nul, puisque l&#146;on n&#146;utilisait ni l&#146;inversion de temps ni le retour d&#146;entropie comme c&#146;&eacute;tait possible avec le vivant. Un rapide calcul sur son terminal lui montra que pour envoyer une masse de 10 grammes de Titane &agrave;  m&eacute;moire de forme, le temps de transfert serait de 4 jours 9 heures et six minutes en temps local. Si Emissaire &eacute;tait &agrave; Samye quand cette bille arriverait, il lui suffirait de la chauffer &agrave; 594&deg; pour qu&#146;elle reprenne sa forme initiale : celle d&#146;une feuille carr&eacute;e de un pouce par un pouce par 0,01 pouce. Le pouce type universel pour les f&eacute;d&eacute;r&eacute;s correspond &agrave; 6,058 cm.<br> 		 Sur cette feuille, un ordre bref serait grav&eacute; en creux &agrave; la pointe s&egrave;che. Puis le Titane pur subirait une op&eacute;ration de recuit sp&eacute;cial qui lui conf&eacute;rait la m&eacute;moire de la forme. L&#146;ordre donn&eacute; &agrave; Emissaire  pouvait &ecirc;tre, par exemple &lt;&lt; Revenez &gt;&gt;.  Mais qui le pr&eacute;viendrait qu&#146;un message &#147;titane &#147; l&#146;attendait ?.<br> 		 Non, tout compte  fait, il &eacute;tait pr&eacute;f&eacute;rable d&#146;envoyer un espion qui le joindrait discr&egrave;tement et lui donnerait les ordres de retour de vive voix.<br> 		Un autre argument  s&#146;ajouta aux pr&eacute;c&eacute;dents, durant sa r&eacute;flexion. En effet, les r&egrave;gles de la F&eacute;d&eacute;ration limitaient les envois de mati&egrave;res &agrave; des cas particuliers tr&egrave;s pr&eacute;cis. Le message &#147;titane &#147; figurait dans la liste des op&eacute;rations &agrave; n&#146;ex&eacute;cuter que rarement. Ce type d&#146;envoi n&#146;&eacute;tait pas consid&eacute;r&eacute; comme tr&egrave;s poli, ni particuli&egrave;rement aimable ,alors on essayait de l&#146;&eacute;viter. Ah! S&#146;il avait &eacute;t&eacute; simplement question d&#146;exp&eacute;dier de l&#146;oxyg&egrave;ne et de l&#146;hydrog&egrave;ne s&eacute;par&eacute;ment dans un monde sans eau! Cela se justifierait pour permettre &agrave; quelqu&#146;un de survivre en r&eacute;alisant  la synth&egrave;se de l&#146;eau, par &eacute;tincelles &agrave; la sortie du mandala r&eacute;cepteur. De surcro&icirc;t,, cela aurait &eacute;t&eacute; bien vu. Il en aurait &eacute;t&eacute; de m&ecirc;me  si un mandala devait &ecirc;tre r&eacute;par&eacute; et que l&#146;on eut manqu&eacute; de cuivre pour ce travail. Mais, pour un simple message qui circulait moins vite qu&#146;un envoy&eacute;, cela devenait bien trop grossier !<br> 		Elle se mit &agrave; la recherche sur fichiers. Pour elle, le  meilleur espion possible  devait, d&#146;une part, avoir d&eacute;j&agrave; op&eacute;r&eacute; sur la Terre, bien en conna&icirc;tre les usages et la langue, mais aussi savoir &ecirc;tre particuli&egrave;rement discret, t&ecirc;tu et rus&eacute;. Finalement il n&#146;y avait que tr&egrave;s peu de personnes pouvant accomplir ce travail ! Finalement elle eut &agrave; choisir entre trois personnes, venant de plan&egrave;tes diff&eacute;rentes. Mais une seule &eacute;tait habit&eacute;e par des HUMABS  dont l&#146;aspect physique &eacute;tait assez proche  de celui des terriens pour qu&#146;elle ne soient pas imm&eacute;diatement rep&eacute;r&eacute;e. Il s&#146;agissait des fameux Elo&iuml;ens. Donc l&#146;espionne, puisqu&#146;il s&#146;agissait d&#146;une femme, devrait passer inaper&ccedil;ue malgr&eacute; une taille assez grande et voisine de 1 m 85.<br> 		 Pr&eacute;sidente, ressentant une grande g&ecirc;ne, car cela ne se faisait pas, regarda l&#146;identit&eacute; officielle de la personne. En principe la politesse aurait voulu qu&#146;elle demande &agrave; cette femme sous quel nom elle d&eacute;sirait que Pr&eacute;sidente la nomme et de son c&ocirc;t&eacute;, Pr&eacute;sidente aurait d&ucirc; en faire autant. Mais pour les cas sans &eacute;change de noms, et quand la simple fonction ne pouvait suffire, on pouvait regarder dans l&#146;Officiel pour obtenir au moins une d&eacute;signation d&#146;attente.<br> 		Ainsi que pour tous les Elo&iuml;ens, son nom se terminait en &#147; ael &#147;. Sa fiche nominale de base indiquait F&eacute;ligrabael. Il &eacute;tait vraisemblable que ses amis de travail la nomment F&eacute;gael, pensa-t-elle en rougissant de confusion. Lors de sa pr&eacute;c&eacute;dente mission sur la Terre, il y avait maintenant 21 ans terrestres, F&eacute;gael, donc, participa, en tant que &#147;rempla&ccedil;ante&#148;, &agrave; une &eacute;quipe des meilleures &eacute;quipes de nageuses . Elle avait soigneusement conserv&eacute; par devers elle, les documents qu&#146;elle avait eu &agrave; utiliser sous le nom terrien de LUON 457 ARCO - (dite &#147; Arc &#147; pour les proches). Curieuse manie qu&#146;avaient ces terriens de donner un nom en deux groupes de lettres souvent impronon&ccedil;ables, s&eacute;par&eacute;s par un bloc de chiffres. Et ce, pour tout le monde. Ils y ajoutaient un bref sobriquet, que tout un chacun pouvait conna&icirc;tre, et qui &eacute;tait utilis&eacute; aussi bien par les proches que pour les particuli&egrave;rement intimes. Quel manque de raffinement !<br> 		 Pr&eacute;sidente se pencha sur le cas F&eacute;gael pour conna&icirc;tre les d&eacute;tails de sa pr&eacute;c&eacute;dente mission et constata &agrave; quel point l&#146;op&eacute;ration avait &eacute;t&eacute; bien men&eacute;e ! Il y avait eu, tout simplement, substitution de personne. Les services de la F&eacute;d&eacute;ration avaient cherch&eacute; et rep&eacute;r&eacute;, parmi une multitude, une femme ressemblant le plus possible &agrave; un agent de leur service. Ils ne regard&egrave;rent pas du c&ocirc;t&eacute; masculin car, si sur Terre il existe des grandes femmes, trop peu d&#146;hommes d&eacute;passent les deux m&egrave;tres. Ils avaient pr&eacute;f&eacute;r&eacute; cette d&eacute;marche plut&ocirc;t que r&eacute;aliser l&#146;inverse , c&#146;est &agrave; dire chercher &agrave; ce qu&#146;une espionne se grime assez bien pour ressembler &agrave; une terrienne. Quand ils eurent trouv&eacute; leur victime, ils l&#146;&eacute;tudi&egrave;rent pendant des mois et finirent par tout en savoir. Puis, un soir, ce fut la fausse Arc qui rentra au domicile de la victime choisie et se substitua &agrave; la vraie. Cette derni&egrave;re, la pauvre, pensa Pr&eacute;sidente, fut enlev&eacute;e, emmen&eacute;e au mandala de Samye et envoy&eacute;e dans le monde des Elo&iuml;ens. Une fois sur place, elle fut inscrite et coinc&eacute;e dans un centre de recherches. L&agrave;, on lui donna un travail de surveillance de machines analytiques, en lui faisant croire qu&#146;elle avait &eacute;t&eacute; s&eacute;lectionn&eacute;e pour un projet secret command&eacute; par Nounou. Elle se croyait encore sur la Terre !. L&#146;op&eacute;ration inverse fut r&eacute;alis&eacute;e six mois plus tard. On lui rendit ses identifications et ses cartes de distribution, non sans les avoir copi&eacute;es. Pr&eacute;sidente en d&eacute;duisit que si elle confiait la mission &agrave; cette F&eacute;gael il faudrait, de nouveau, op&eacute;rer de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. Mais, il semblait qu&#146;apr&egrave;s que la premi&egrave;re avait eu lieu, la v&eacute;ritable Arc avait &eacute;prouv&eacute; des difficult&eacute;s &agrave; se r&eacute;adapter. Elle passa longtemps pour un peu dingue avec ses histoires de base secr&egrave;te et de recherches pour Nounou.<br> 		Ses amis, qui voulurent v&eacute;rifier ses dires, aupr&egrave;s de la grande toile n&#146;obtinrent que des r&eacute;ponses n&eacute;gatives. Mais, si Nounou avait effectivement men&eacute; des &eacute;tudes secr&egrave;tes, n&#146;en aurait-il pas &eacute;t&eacute; exactement de m&ecirc;me ?  Bien jou&eacute; ! , se dit Pr&eacute;sidente.  Eh bien ! Donc, qu&#146;il en soit ainsi, elle enverrait la fausse Arc reprendre du service et lui demanderait de contacter Emissaire. <br> 		Deux &eacute;l&eacute;ments d&eacute;terminants et de la plus haute importance ne figuraient pas dans les documents que consultait la Pr&eacute;sidente. Il s&#146;agissait d&#146;histoires de coeurs que les int&eacute;ress&eacute;es avaient soigneusement gard&eacute;es cach&eacute;es. Car, tant la vraie que la fausse Arc, avaient trouv&eacute; le compagnon id&eacute;al au cours de cet &eacute;change impos&eacute;.<br> 		<br> 		Arc.<br> 		Voici comment Arc, la terrienne, v&eacute;cut la chose. C&#146;&eacute;tait une grande jeune femme, bien faite et port&eacute;e sur l&#146;&eacute;l&eacute;gance vestimentaire ainsi que sur la beaut&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral. Elle cultivait son corps en se livrant avec passion &agrave; la natation et &agrave; la danse classique. Figurant parmi les meilleures mais pas class&eacute;e super championne, il arrivait, de temps &agrave; autre, que l&#146;on sollicite son inscription pour remplacer une d&eacute;faillance dans l&#146;&eacute;quipe de sa r&eacute;gion. Arc vivait  un gros probl&egrave;me que toutes les femmes coquettes comprendront . Compte tenu de sa taille, elle devait &eacute;viter les chaussures &agrave; talons hauts car elle se serait trouv&eacute;e plus grande que ses compagnons de danses ou de sorties. Il s&#146;&eacute;tait pourtant produit, trois fois dans sa vie d&#146;adulte, que l&#146;assistance ou la r&eacute;union comporte un c&eacute;libataire tr&egrave;s grand. Ce furent : un basketteur, un joueur de volley, et pour le dernier, un plongeur. Elle s&#146;&eacute;tait senti attir&eacute;e et avait tent&eacute; sa chance, mais tous ces hommes tr&egrave;s grands adorent les femmes les plus petites ainsi que Nounou consult&eacute;e le lui avait expliqu&eacute;. Donc, en dehors du plaisir de tourner quelques danses avec de hauts talons qui mettaient bien en valeur la beaut&eacute; de ses jambes, elle n&#146;obtint  rien d&#146;autre. Bien s&ucirc;r, et hors des sorties accompagn&eacute;es elle avait une vie sexuelle normale pour les terriens de l&#146;&eacute;poque. Arc pouvait assurer sa quotit&eacute; moyenne minimale d&#146;orgasmes : une petite s&eacute;rie de deux &agrave; quatre, selon le partenaire, &agrave; chaque trimestre. Cela ne l&#146;emp&ecirc;chait nullement de r&ecirc;ver du Prince Charmant qui, un jour, l&#146;aimerait.<br> 		Un Elo&iuml;en vint, sur la Terre prendre livraison du colis qu&#146;elle &eacute;tait pour les services secrets de la F&eacute;d&eacute;ration. Il l&#146;emmena vers Samye, puis composa le code qui les conduirait directement chez lui, sans passer par Floric. Pendant le voyage a&eacute;rien, entre Paris et le mandala, elle n&#146;eut de regards que pour lui, tant elle le trouvait charmant. Sa taille d&eacute;passait les deux m&egrave;tres mais il &eacute;tait si bien proportionn&eacute; qu&#146;il fallait &ecirc;tre tout pr&egrave;s de lui pour le remarquer. Ses cheveux &eacute;taient blonds, souples et descendaient dans son dos jusqu&#146;&agrave; la ceinture, en longues m&egrave;ches d&#146;or. Ses yeux montraient une couleur bleue, mais tirant un peu sur le violet, sous d&#146;&eacute;pais sourcils aussi blonds que la t&ecirc;te. Son &acirc;ge &eacute;tait ind&eacute;finissable, ce n&#146;&eacute;tait pas un gamin certes, mais, elle le cr&eacute;dita de quarante ans &agrave; peine. Elle ne s&#146;aper&ccedil;ut m&ecirc;me pas qu&#146;ils entraient et sortaient du mandala tant elle &eacute;tait en contemplation de son id&eacute;al masculin. Une fois &agrave; destination et d&#146;un geste naturel, elle lui donna le bras tandis qu&#146;il la dirigeait &agrave; travers un d&eacute;dale de couloirs et de portes. En r&eacute;alit&eacute; ce pseudo laboratoire secret &eacute;tait situ&eacute; dans le sous-sol d&#146;un complexe administratif dont la t&acirc;che &eacute;tait de contr&ocirc;ler des pr&eacute;l&egrave;vements sanguins de routine. L&#146;Elo&iuml;en lui avait d&eacute;clar&eacute;, avec une certaine g&ecirc;ne, que ses relations de travail le nommaient Pr&eacute;leveur car son travail consistait &agrave; pr&eacute;lever des &eacute;chantillons dans des tubes et &agrave; les introduire ensuite dans l&#146;appareil qui en ferait les analyses. Arc d&eacute;clina son identit&eacute; officielle et lui demanda de la nommer Arc, tout simplement. Seulement trois lettres ! Sur ce monde, plus on autorisait un autre &agrave; vous donner un nom court, plus on montrait son affection. Trois lettres signifiaient une d&eacute;claration enflamm&eacute;e avec d&eacute;sir de relations stables et durables. Comme elle lui plaisait bien avec sa taille un peu petite et ses beaux yeux noirs, rarissimes ici, et donc particuli&egrave;rement pris&eacute;s, il lui donna l&#146;un de ses noms, il choisit six lettres car, pas question d&#146;aller trop vite avec cette souris. &lt;&lt; Vous pouvez me nommer Mikael &gt;&gt;.<br> 		Ce pr&eacute;nom, existant sur la terre, ne devrait pas la surprendre et c&#146;&eacute;tait le but. Moins elle saurait ce qui lui arrivait et mieux ce serait. Donc, &agrave; partir de ce jour Mikael et Arc travaill&egrave;rent dans le m&ecirc;me laboratoire, mang&egrave;rent ensemble et convers&egrave;rent de tout et de rien chaque jour. Au cours de la fin du premier mois, Arc, ayant besoin que Mikael lui passe un instrument s&#146;adressa &agrave; lui en lui disant :<br> 		&lt;&lt; Miki,  peux-tu me passer le porte-tube s&#146;il te pla&icirc;t ? &gt;&gt;<br> 		Il en devint cramoisi et ne savait ou se mettre devant les coll&egrave;gues. L&#146;utilisation, devant d&#146;autres d&#146;un pr&eacute;nom plus court que celui employ&eacute; d&#146;habitude revenait &agrave; annoncer qu&#146;ils vivaient ensemble. Cela correspondait, &agrave; un enregistrement &agrave; l&#146;Etat Civil, d&#146;une demande de procr&eacute;ation commune ! Impossible de r&eacute;v&eacute;ler &agrave; Arc qu&#146;elle ne se trouvait pas sur Terre et que d&#146;autres r&egrave;gles jouaient. Interdiction aussi de mettre les autres travailleurs du centre dans le secret, sinon ou serait le secret ? Et combien de temps passerait avant qu&#146;un imb&eacute;cile ne se coupe ? Il n&#146;avait pas d&#146;autre choix que d&#146;ent&eacute;riner. Depuis qu&#146;il l&#146;avait amen&eacute;e pourtant, il l&#146;avait toujours nomm&eacute;e avec le nom de son travail :&#148; Conductrice sept&#148;, car elle avait &agrave; fournir les tubes &agrave; traiter, au septi&egrave;me bloc d&#146;analyse,. Et voil&agrave; qu&#146;il devait employer devant les autres le nom qu&#146;il utilisait pour elle dans ses pens&eacute;es intimes lorsqu&#146;il se disait qu&#146;il aurait bien v&eacute;cu un ou deux si&egrave;cles avec elle. Il se trouva oblig&eacute; de br&ucirc;ler les &eacute;tapes et, donc r&eacute;pondit :<br> 		&lt;&lt; Tiens, le voil&agrave;, Arc &gt;&gt;<br> 		A cet &eacute;nonc&eacute; toute la salle se mit &agrave; applaudir &agrave; l&#146;&eacute;bahissement de la pauvre terrienne. En quelques minutes les paillasses furent d&eacute;barrass&eacute;es de ce qui les encombraient et transform&eacute;es en tables sur lesquelles vinrent bient&ocirc;t s&#146;&eacute;taler des plats de nourritures et des boissons alcoolis&eacute;es. En peu de mots, le mariage fut ainsi c&eacute;l&eacute;br&eacute; et les jeunes &eacute;poux raccompagn&eacute;s jusqu&#146;aux appartements de Mikael. Si Arc avait de l&#146;attirance pour Miki, ce dernier depuis cette d&eacute;claration d&eacute;vergond&eacute;e, avait ressenti une pouss&eacute;e hormonale intense. Encore sans la moindre descendance il &eacute;prouvait effectivement un fort sentiment pour Arc qu&#146;il n&#146;osait pas d&eacute;signer sous le terme d&#146;amour, mais qui y ressemblait fort. Mikael n&#146;avait que 149 ans &agrave; l&#146;&eacute;poque, ce qui &eacute;tait le d&eacute;but de l&#146;&acirc;ge adulte chez les Elo&iuml;ens puisque leur esp&eacute;rance de vie avoisine le demi-mill&eacute;naire. Donc, sachant que la relation ne pouvait &ecirc;tre que pr&eacute;caire, et avec regret, il ne fit rien pour obtenir une autorisation. Ceci ne surprendrait personne, souvent de jeunes couples attendaient leur &acirc;ge m&ucirc;r pour le faire. Ainsi ils pouvaient avoir une vie amoureuse intense en attendant de pouvoir se consacrer aux joies parentales. <br> 		Les femmes terriennes avaient toujours eu beaucoup de succ&egrave;s avec les Elo&iuml;m car l&#146;odeur de leur peau entra&icirc;nait un effet aphrodisiaque sur eux. Ce serait peu de chose que d&#146;&eacute;crire que Arc et Miki furent heureux ensemble. Ils ne voyaient pas le temps passer, enti&egrave;rement absorb&eacute;s dans leur passion. Quand Arc se retrouva, plus tard, de retour sur terre, elle fut persuad&eacute;e qu&#146;elle sortait d&#146;un labo enfoui sous l&#146;Himalaya et pensa que d&egrave;s que son Miki aurait fini son boulot il la rejoindrait. Donc elle l&#146;attendait patiemment en &eacute;levant l&#146;enfant qu&#146;elle avait eu de lui sans la moindre autorisation. En effet, Mikael se sachant prot&eacute;g&eacute; par les contraceptifs que Arc absorbait chaque jour avec sa pitance, n&#146;avait pas pris d&#146;autres pr&eacute;cautions. De son c&ocirc;t&eacute; Arc, se croyant sur terre, pensait &eacute;galement que sa ration alimentaire et son m&eacute;dic op&eacute;raient comme d&#146;habitude. Grossi&egrave;res erreurs, car dans le pseudo labo secret, l&#146;ordinateur qui servait Arc ne la consid&eacute;rait que comme visiteuse et donc n&#146;introduisait aucun produit sp&eacute;cial puisque cela aurait constitu&eacute; une ing&eacute;rence grave d&#146;un monde dans un autre. Il ne lui servait pas plus ce qu&#146;aurait demand&eacute; une visiteuse qui ne d&eacute;sirait pas procr&eacute;er puis qu&#146;elle n&#146;avait fourni aucune consigne particuli&egrave;re dans un sens ou dans un autre. En r&eacute;sum&eacute;, revenue dans sa vie normale, elle retrouva avec un m&ocirc;me et sans pouvoir d&eacute;signer le p&egrave;re autrement que par son pr&eacute;nom &#147; Mikael &#147;. Quand quelqu&#146;un voulait en savoir plus, elle racontait son travail &#147;secret &#147; pour Nounou et tous rigolaient de sa fantaisie.<br> 		 Ne pouvait-elle donc pas dire simplement qu&#146;une nuit, lors d&#146;une fin de semaine loin de chez elle, un peu ivre, sans doute, elle avait oubli&eacute; les pr&eacute;cautions d&#146;usage et s&#146;&eacute;tait fait faire un gosse par un gars de passage qui lui avait plu?. Elle ne serait pas la premi&egrave;re et certainement pas la derni&egrave;re. On finit par s&#146;habituer au petit qui &eacute;tait tr&egrave;s beau et grand pour son &acirc;ge. Elle l&#146;avait enregistr&eacute; et la machine avait sorti son nom : Bhoz 006 Diom, mais tout le monde le nommait Iomael, sobriquet que la m&egrave;re avait choisi pour lui et qu&#146;il garda toute sa longue vie. Beaucoup plus tard, alors que son fils avait atteint l&#146;&acirc;ge de 46 ans, Miki, alias Mikael, alias Pr&eacute;leveur mais de son vrai nom Garboxipael, eut &agrave; consulter sa propre fiche dans l&#146;officiel pour une raison purement administrative.<br> 		 Il constata, avec stup&eacute;faction, qu&#146;il avait eu un enfant de cette Arc qui lui avait tant plu. Il en nota les r&eacute;f&eacute;rences, le nom officiel sur terre et le sobriquet sous lequel tout le monde le connaissait : Iomael. Miki en fut heureux et se d&eacute;cida &agrave; r&eacute;aliser, un jour, le n&eacute;cessaire pour r&eacute;gulariser officiellement ses liens avec Arc. Il ne songea pas que pour Arc la moiti&eacute; de sa vie &eacute;tait accomplie et qu&#146;elle avait maintenant presque 70 ans. Il renvoya cette reconnaissance de paternit&eacute; au moment o&ugrave; la Terre serait d&eacute;finitivement admise dans la F&eacute;d&eacute;ration. En attendant, il d&eacute;cida de se documenter un peu mieux sur ce qu&#146;avaient jadis donn&eacute; les croisements entre les Elo&iuml;ens et les Terriennes.<br> 		Ce qu&#146;il constata, au d&eacute;but et sans difficult&eacute;, &eacute;tait que ces hybrides s&#146;&eacute;taient &agrave; leur tour crois&eacute;s avec des humains plut&ocirc;t que de se croiser entre eux. La loterie g&eacute;n&eacute;tique avait entra&icirc;n&eacute; que, sporadiquement, il naissait un individu plus pr&egrave;s des Elo&iuml;ens que des humains et que cela avait largement contribu&eacute; aux progr&egrave;s de l&#146;humanit&eacute; terrienne. La seconde chose concernait la long&eacute;vit&eacute; qui &eacute;tait celle des terriens &agrave; l&#146;&eacute;poque de la panne sur la Terre. Si on enlevait les morts par maladies, guerres ou famines elle se situait vers cinquante ann&eacute;es et les plus anciens arrivaient &agrave; soixante ans. Les Elo&iuml;ens vivaient une moyenne de 650 ann&eacute;es de leur plan&egrave;te ce qui correspondait, en temps absolu, &agrave; 500 ans terriens. Les plus anciens atteignaient p&eacute;niblement 5% de plus. Or, comme c&#146;est souvent le cas avec les hybrides de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration, certains caract&egrave;res sont bien plus d&eacute;velopp&eacute;s que celui de chaque parent consid&eacute;r&eacute; seul. Un type de cotonnier croissant &agrave; 1,2 m&egrave;tres de haut, crois&eacute; avec un plant dont la taille va jusqu&#146;&agrave; deux m&egrave;tres peut donner un hybride H 1 qui croit &agrave; plus de trois m&egrave;tres ! Eh bien !  les descendants avaient v&eacute;cu bien plus de 800 ans ! L&#146;histoire des terriens l&#146;avait not&eacute; dans un texte nomm&eacute; &#147;bible&#148; . Un Adam v&eacute;cut 930 ans , son fils Seth 912 et son petit-fils Enoch 905. Le record avait appartenu &agrave; un Mathusalem qui tint jusqu&#146;&agrave; 969 ann&eacute;es. Lamech, ainsi, n&#146;eut plus droit qu&#146;&agrave; 777 ans tandis que son fils v&eacute;cut, lui, 950 ans.<br> 		Puis, cela avait baiss&eacute; de fa&ccedil;on tr&egrave;s rapide ensuite pour arriver &agrave; la moyenne  g&eacute;n&eacute;rale quelques g&eacute;n&eacute;rations apr&egrave;s. Ce qu&#146;en retenait Garboxipael c&#146;&eacute;tait que son fils avait des chances de devenir l&#146;ancien de la F&eacute;d&eacute;ration, un jour lointain. Honneur supr&ecirc;me ! , mais honneur qu&#146;il ne partagerait pas, bien s&ucirc;r, mais dont il se r&eacute;jouissait pour sa lign&eacute;e.<br> 		Sa d&eacute;cision &eacute;tait prise, il retournerait sur Terre et verrait Arc. Il ferait sa demande et ils choisiraient tous les deux sur quel monde ils souhaitaient vivre. Il lui dirait tout ! Le secret serait lev&eacute; pour tous. Et ceci, d&egrave;s l&#146;admission effective de la Terre dans le groupe des plan&egrave;tes. Ceci serait concr&eacute;tis&eacute; lorsque les ordinateurs centraux de la Terre se mettraient en r&eacute;seau avec ceux de la F&eacute;d&eacute;ration. Pourvu que cela se fasse vite !<br> 		<br> 		F&eacute;gael.<br> 		Se glisser dans l&#146;identit&eacute; de Arc ne posa aucune difficult&eacute; &agrave; F&eacute;gael, c&#146;&eacute;tait une de ces t&acirc;ches auxquelles elle avait &eacute;t&eacute; longuement pr&eacute;par&eacute;e. La mission qu&#146;elle devait accomplir pendant les six mois de substitution &eacute;tait simple :  chercher &agrave; savoir ce qu&#146;il en &eacute;tait de l&#146;entra&icirc;nement guerrier de futurs voyageurs de l&#146;espace dont d&#146;autres agents avaient entendu parler. En annexe, se renseigner sur ce qu&#146;&eacute;taient les essais de voyage &agrave; distance que les terriens entreprenaient pr&egrave;s du Sahara. La t&acirc;che principale put &ecirc;tre accomplie par simple lecture des bulletins d&#146;information dans la presse courante. En fait cet entra&icirc;nement concernait un tr&egrave;s petit nombre d&#146;individus et ne cachait aucune intention belliqueuse. C&#146;&eacute;tait plus une formation sp&eacute;cifique destin&eacute;e &agrave; l&#146;&eacute;tude de mondes ext&eacute;rieurs inconnus. Quand la substitution se fit, la Terre ne savait m&ecirc;me pas que la F&eacute;d&eacute;ration existait et elle ne l&#146; apprendrait que quelques d&eacute;cennies plus tard, lorsque Betty reviendrait de Floric. <br> 		Pour la mission subsidiaire elle participa aux essais qui eurent lieu dans une gare d&eacute;saffect&eacute;e du chemin de fer transsaharien et c&#146;est dans ce lieu d&eacute;sertique qu&#146;elle rencontra pour la premi&egrave;re fois l&#146;un des plus grands savants de la plan&egrave;te : Olaf (000) Sterne que tous nommaient Olaf. Ce  gaillard, bien moins grand qu&#146;elle, &eacute;tait le responsable du projet de lancement d&#146;un vaisseau porteur de mandala vers une plan&egrave;te lointaine. Ce qui l&#146;amenait dans ce trou, pour les quelques mois &agrave; venir, &eacute;tait surtout la  v&eacute;rification de la distance maximale &agrave; laquelle une paire de mandalas synchronis&eacute;s pouvait fonctionner en tant que transporteur d&#146;humains. F&eacute;gael, dans le r&ocirc;le de Arc, technicienne standard, polyvalente pour des t&acirc;ches simples, n&#146;avait eu aucun mal &agrave; obtenir l&#146;un des six postes &agrave; pourvoir car les amateurs ne se bousculaient pas. Elle avait pr&eacute;tendu vouloir, en travaillant quelques mois d&#146;affil&eacute;e, se constituer un capital de kilom&egrave;tres assez grand pour qu&#146;elle puisse, ensuite, entreprendre le tour de la plan&egrave;te en cong&eacute;, quand tout serait achev&eacute;. Ce genre de motivation &eacute;tait le seul qui ne surprendrait personne. F&eacute;gael portait, en r&eacute;alit&eacute;, un &acirc;ge beaucoup plus cons&eacute;quent que celui de Arc, et d&eacute;passait les 220 ann&eacute;es. Pour sa plan&egrave;te d&#146;origine c&#146;&eacute;tait la force de l&#146;&acirc;ge et aussi le bon moment pour procr&eacute;er. Olaf, quant &agrave; lui n&#146;avait que 65 ans ce qui le mettait &agrave; mi-chemin de son esp&eacute;rance de vie. En cela ils en &eacute;taient au m&ecirc;me point : chacun d&#146;eux pouvait vivre encore autant et un peu plus que ce qu&#146;il avait d&eacute;j&agrave; v&eacute;cu. <br> 		Une des constantes universelles est que, si un motif de coquetterie n&#146;intervient pas,  (comme celui du fantasme de la vraie Arc pour les talons hauts ), les grands hommes sont attir&eacute;s par les petites femmes et inversement. Donc, F&eacute;gael fut touch&eacute;e par la musculature compacte d&#146;Olaf et celui-ci par l&#146;immensit&eacute; de la conqu&ecirc;te potentielle que repr&eacute;sentait cette magnifique femme. Elle n&#146;&eacute;tait pas particuli&egrave;rement fut&eacute;e alors que lui &eacute;tait l&#146;un des plus beaux esprits de la terre. Il aima sa simplicit&eacute; elle admira sa puissance intellectuelle. Un jour, timidement, il osa une tentative qu&#146;elle ne repoussa pas et ,sans r&eacute;fl&eacute;chir, lui demanda son plus petit nom. Elle avait oubli&eacute;, sous l&#146;&eacute;motion qu&#146;elle se trouvait sur terre ! Olaf lui dit que sa m&egrave;re, lorsqu&#146;il &eacute;tait b&eacute;b&eacute; le nommait Oli et qu&#146;elle pouvait agir de m&ecirc;me. Elle en fut charm&eacute;e, il acceptait l&#146;union ! A son tour elle le pria de ne plus l&#146;appeler que Fael et se consid&eacute;ra comme li&eacute;e &agrave; lui pour un long bail. Puis, elle se rendit compte que, sur la plan&egrave;te Terre, cet &eacute;change de petits noms ne signifiait rien de plus qu&#146;une camaraderie. Elle passa outre et ils devinrent amants &agrave; leurs satisfactions r&eacute;ciproques. Puis, Oli lui demanda si elle voulait bien avoir un enfant avec lui. Elle avait retard&eacute; l&#146;&eacute;ch&eacute;ance de procr&eacute;er trop longtemps. Sans se soucier le moins du monde  de la pr&eacute;carit&eacute; de sa situation, ni de l&#146;interdit qui frappait encore les croisements avec des humains &#147;non aboutis&#148; elle se laissa porter par ses ph&eacute;romones. Elle se disait, qu&#146;avant cent ans, la terre serait F&eacute;d&eacute;r&eacute;e. En un mot, elle se trouva suffisamment de bonnes raisons pour commettre cette grosse b&ecirc;tise.<br> 		De retour sur sa plan&egrave;te apr&egrave;s une rupture explosive (simul&eacute;e mais d&eacute;finitive) d&#146;avec Olaf, elle eut la m&ecirc;me d&eacute;marche que Pr&eacute;leveur, alias Mikael, et chercha &agrave; se renseigner en ce qui concernait les hybrides entre humains et femmes de sa plan&egrave;te. Elle dut vite constater que le cas n&#146;&eacute;tait pas r&eacute;pertori&eacute; ! Des hommes Elo&iuml;m avaient eu des descendants de femme de la Terre, mais jamais le contraire ne s&#146;&eacute;tait produit. Elle innovait. Mais, toujours aussi peu intelligente que d&#146;habitude, elle se dit qu&#146;il n&#146;y avait pas de raison que cela ne marche pas et attendit avec impatience la naissance de son enfant. Elle eut de la chance, car  effectivement un b&eacute;b&eacute; naquit, de sexe f&eacute;minin et qui avait une forme et des caract&eacute;ristiques humano&iuml;des certaines. Mais cette enfant pr&eacute;sentait une caract&eacute;ristique unique et bien particuli&egrave;re. Quelque chose que nul n&#146;avait jamais constat&eacute; depuis que les mondes de la F&eacute;d&eacute;ration existaient : elle avait les cheveux bleus. Assez clairs &agrave; la naissance, ils fonc&egrave;rent rapidement apr&egrave;s quelques mois et se stabilis&egrave;rent en un joli bleu comme celui du ciel terrestre.  F&eacute;gael la nomma Jikosibaelle ce qui veut dire &#147;ciel lointain &#147; . Oui, elle eut le culot de terminer le nom en   &#148; aelle&#148; ce qui ne se faisait que pour les anciennes imp&eacute;ratrices. Mais comme l&#146;enfant &eacute;tait l&#146;unique de son esp&egrave;ce cela fut accept&eacute;. Dans l&#146;intimit&eacute; elle la nommait Jiko, tout simplement.<br> 		 La m&egrave;re &eacute;tait n&eacute;anmoins inqui&egrave;te car elle se demandait quelle serait l&#146;esp&eacute;rance de vie de Jiko ? Les m&eacute;dicastres ne purent que pronostiquer d&#146;apr&egrave;s la vitesse de son d&eacute;veloppement osseux et de la maturation de son intelligence. Ils dirent que, pour  eux, Jiko vivrait autant que la moyenne de la population. Ce qui ne les mouillait pas beaucoup car ils omirent de pr&eacute;ciser s&#146;il s&#146;agissait de celle du p&egrave;re ou celle dont la m&egrave;re &eacute;tait originaire ?<br> 		<br> 		F&eacute;gael fut surprise, et aussi ennuy&eacute;e lorsque, par la voie des Ambassades, elle re&ccedil;ut une convocation de Pr&eacute;sidente.  Celle-ci pr&eacute;cisait vouloir l&#146;exp&eacute;dier sur Terre.  Dans le but de voir l&#146;&eacute;volution de la mission de Emissaire, et surtout pour transmettre &agrave; ce dernier l&#146;ordre de revenir au plus t&ocirc;t exposer son rapport. Reprendre du service, juste maintenant, ne l&#146;enchantait gu&egrave;re, m&ecirc;me si c&#146;&eacute;tait pour peu de temps. Car, si l&#146;on sait quand on part, il est assez difficile de savoir quand le retour effectif aura lieu. Il y a tant de dangers et d&#146;avatars possibles. La seule raison qui pouvait un peu la motiver &eacute;tait la perspective de rencontrer Olaf et de pouvoir lui parler de la coqueluche de la F&eacute;d&eacute;ration : leur fille, Jiko !  Mais, ce n&#146;&eacute;tait que peu de satisfaction compar&eacute;e au fait de laisser sur place tout ce qu&#146;elle avait en cours. Lancer son enfant dans l&#146;impitoyable univers de la communication prenait tous ses instants de libert&eacute;. Partir vers une autre plan&egrave;te juste maintenant, au moment du grand rassemblement du solstice d&#146;&eacute;t&eacute;, ne l&#146;enchantait pas. <br> 		Seulement, les Elo&iuml;ens diff&egrave;rent des terriens notamment en ce qu&#146;ils ne sont pas des humabs ressentant des humeurs ou des pulsions de r&eacute;bellion. Quand une autorit&eacute; d&eacute;cide, c&#146;est que le bien commun en d&eacute;pend. Donc on ob&eacute;it et c&#146;est tout. C&#146;est donc, le coeur un peu gros,  qu&#146;elle se retrouva quelques jours plus tard au Temple de Samye munie des faux papiers de Arc.<br> 		Le voyage vers Washington se d&eacute;roula sans incident et, &agrave; peine sur place, elle se mit en qu&ecirc;te de Emissaire. Or, elle apprit avec stup&eacute;faction que ce dernier avait eu une crise et que les terriens essayaient d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment de sauver sa vie dans l&#146;h&ocirc;pital central de Washington. Les visites &eacute;taient interdites, le malade semblait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme perdu,  mourant de vieillesse et d&#146;&eacute;puisement. D&#146;apr&egrave;s ce qu&#146;elle put savoir nul n&#146;&eacute;tait capable de dire depuis combien de temps les soins duraient et pas plus si un espoir existait vraiment. Pour F&eacute;gael, cela devenait extr&ecirc;mement ennuyeux car elle devait faire un choix et prendre une initiative. Or, elle d&eacute;testait cela. Si elle revenait aussi vite que possible vers Floric pour avertir la Pr&eacute;sidente de la situation cela n&#146;aiderait en rien cette derni&egrave;re. Si elle restait sur place pour tenter d&#146;obtenir des informations utilisables sur le r&eacute;el degr&eacute; d&#146;&eacute;volution des terriens, cela risquait de durer un peu trop &agrave; son go&ucirc;t. De plus, elle ne se sentait pas la personne la plus comp&eacute;tente. Finalement elle d&eacute;cida de rester une semaine et de tenter de voir Olaf pour obtenir de lui quelques informations et m&ecirc;me des passe-droits lui donnant acc&egrave;s &agrave; Emissaire. <br> 		Mais il y avait un sacr&eacute; hic, cette fois-ci :  pas question de faire dispara&icirc;tre, &agrave; elle seule, la vraie Arc et de prendre sa place. Il n&#146;y avait pas d&#146;&eacute;quipes de la F&eacute;d&eacute;ration op&eacute;rationnelles attendant ses ordres. Autant dire qu&#146;elle ne pouvait compter que sur elle-m&ecirc;me. Elle se dit que, parfois, exprimer la v&eacute;rit&eacute; est le plus simple. Elle d&eacute;cida donc de se pr&eacute;senter au premier centre/temple de Nounou, d&#146;entrer dans une des cabines pour converser avec la machine, de lui dire qui elle &eacute;tait et qu&#146;elle voulait des nouvelles de Emissaire.<br> 		Profond&eacute;ment enfonc&eacute;e dans son fauteuil et la t&ecirc;te dans ce qui semblait un terminal son, elle d&eacute;clina sa v&eacute;ritable identit&eacute; et posa sa question. Il y eut environ deux secondes d&#146;attente et elle entendit ceci :<br> 		&lt;&lt; J&#146;ai enregistr&eacute; votre identit&eacute; et votre provenance. Depuis votre arriv&eacute;e vous utilisez des cartes sous un code existant ailleurs et cette situation me cause des probl&egrave;mes. Vous trouverez dans le tiroir sous la planchette du terminal, le texte int&eacute;gral de notre entretien et de vraies cartes &agrave; votre nom. Ceci vous &eacute;vitera d&#146;utiliser de fausses r&eacute;f&eacute;rences &agrave; l&#146;avenir. L&#146;envoy&eacute; de la F&eacute;d&eacute;ration que vous d&eacute;signez comme &#147; Emissaire &#147; n&#146;est pas d&eacute;c&eacute;d&eacute;. Malgr&eacute; son vieillissement et la fragilit&eacute; des ses organes, il y a un espoir de le sauver gr&acirc;ce &agrave; la technique th&eacute;rapeutique par Mandalas. D&#146;apr&egrave;s les entretiens que j&#146;ai eus avec votre ambassadeur depuis son arriv&eacute;e, cette m&eacute;thode n&#146;est. pas connue de la F&eacute;d&eacute;ration. Elle participera &agrave;  l&#146;apport de la plan&egrave;te Terre, si (et quand) les terriens d&eacute;cident d&#146;y entrer en tant que quatre-vingti&egrave;me monde. Cette d&eacute;cision est imminente. Je ferai savoir ce qu&#146;elle est &agrave; Emissaire, si sa sant&eacute; est r&eacute;tablie ou &agrave; vous-m&ecirc;me dans le cas contraire. Actuellement, et sans autres d&eacute;tails de la technique des terriens, Emissaire est sous une forme &#147;dissoci&eacute;e &#147;. Il ne sera reconstruit que quand sa gu&eacute;rison sera probable. D&#146;ici l&agrave; vous pouvez me poser toutes les questions que vous voulez, sauf, bien s&ucirc;r, si cela concerne les mandalas &gt;&gt;<br> 		F&eacute;gael ne comprenait rien &agrave; ce que la machine expliquait si ce n&#146;est que sous un d&eacute;lai inconnu,  elle saurait si Emissaire &eacute;tait vivant ou mort et, donc qu&#146;elle devait au moins rester sur place encore quelques jours au plus. Pour le reste elle rendrait compte &agrave; Emissaire ou &agrave; Pr&eacute;sidente et lui communiquerait tout ce que l&#146;ordinateur Nounou lui imprimerait. En attendant, elle se sentait assez libre, et posa la seule autre question qui l&#146;int&eacute;ressait :<br> 		&lt;&lt; Pouvez-vous me communiquer l&#146;adresse et les d&eacute;tails de l&#146;&eacute;tat civil d&#146;une personne nomm&eacute;e : Olaf 000 Sterne ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Olaf 000 Sterne 156 Avenue Mathieu Ducerf &agrave; Milan en Italie -Europe. Mari&eacute;, enfants : 2, demande de permis de procr&eacute;er en attente  : 0,  Profession : Physicien,  Sp&eacute;cialisation : Super h&eacute;lices et mandalas, &acirc;ge : 85 ans terrestres. D&eacute;sirez-vous ses coordonn&eacute;es t&eacute;l&eacute;phoniques, t&eacute;lex, et terminal personnel ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Oui, j&#146;aimerais bien que vous les imprimiez sur la copie de notre entretien. Y a-t-il un inconv&eacute;nient &agrave; ce que je le contacte ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Non, mais auparavant sachez que Olaf 000 Sterne est tenu au secret pour tout ce qui concerne les mandalas et, ce, jusqu&#146;&agrave; l&#146;entr&eacute;e des habitants de cette plan&egrave;te dans votre F&eacute;d&eacute;ration. &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Fin de consultation &gt;&gt;<br> 		Sous la tablette, quelques instants plus tard, F&eacute;gael trouva ses cartes d&#146;identification et de distribution ainsi que le compte-rendu de l&#146;entretien. Sans sortir de la cabine elle composa le num&eacute;ro qui devait la mettre en contact avec Olaf 000 Sterne, et, par chance tomba directement sur lui. Elle lui dit qui elle &eacute;tait vraiment et tenta  faire rena&icirc;tre le souvenir de la p&eacute;riode o&ugrave; ils travaillaient tous les deux dans cette ancienne gare &agrave; la limite du Sahara, vingt ans plus t&ocirc;t. Mais il n&#146;avait gard&eacute;, de cette &eacute;poque, que des flashes se rapportant &agrave; son travail dont il ne pouvait pas trop parler. Oui, en y repensant, il admit qu&#146;il avait eu une aventure sur ce site et qu&#146;il lui semblait qu&#146;&agrave; la fin il s&#146;&eacute;tait fait jeter. Comme ce genre de choses ne lui arrivait jamais, il s&#146;&eacute;tait d&eacute;p&ecirc;ch&eacute; d&#146;oublier l&#146;incident. Maintenant, il &eacute;tait mari&eacute;, heureux en m&eacute;nage et ne comprenait pas bien pourquoi, apr&egrave;s si longtemps, elle prenait contact avec lui ? De son point de vue, F&eacute;gael per&ccedil;ut cette r&eacute;ponse comme une douche glac&eacute;e et demeura saisie. Elle avait toujours cru &ecirc;tre re&ccedil;ue avec all&eacute;gresse et, donc, &agrave; ce moment parler de leur fille comme d&#146;un cadeau qu&#146;elle lui ferait ! Elle se rendit compte qu&#146;elle avait pass&eacute; toutes ces ann&eacute;es dans un romantisme injustifi&eacute; et que, lui n&#146;en &eacute;tait pas responsable. Voulant, &agrave; son tour, le choquer, elle lui exposa que sous le nom de Arc, il avait, en fait, fr&eacute;quent&eacute; une personne de la F&eacute;d&eacute;ration envoy&eacute;e pour savoir quels &eacute;taient les progr&egrave;s des terriens. A son tour, il en demeura sans voix. Pour parfaire sa revanche &agrave; l&#146;accueil si froid qu&#146;elle venait de recevoir, elle lui parla de Jiko. Insistant sur la r&eacute;putation de la fille aux cheveux bleus, connue de toute la F&eacute;d&eacute;ration, et consid&eacute;r&eacute;e &agrave; l&#146;unanimit&eacute; comme la plus belle jeune femme des 79 plan&egrave;tes.<br> 		Olaf restait muet et, s&ucirc;rement, se demandait s&#146;il n&#146;avait pas affaire &agrave; une piqu&eacute;e. Il ne savait pas quoi dire, alors, pour gagner du temps il demanda de lui transmettre par e-mail une photo actuelle de la m&egrave;re et de la fille. F&eacute;gael exp&eacute;dia aussit&ocirc;t sa propre photo,( le terminal disposant du mat&eacute;riel n&eacute;cessaire) puis expliqua qu&#146;elle &eacute;tait arriv&eacute;e par mandala et donc sans rien d&#146;autre que son corps. Elle n&#146;avait aucune photo de sa fille &agrave; lui montrer. Mais, ajouta-t-elle, d&egrave;s que la Terre entrerait officiellement dans la F&eacute;d&eacute;ration, il &eacute;tait cordialement invit&eacute; &agrave; venir la voir. Olaf dit que ce serait bien comme cela, et du bout des l&egrave;vres posa la question de savoir si, elle, F&eacute;gael et non plus Arc, voulait entreprendre le voyage pour le rencontrer physiquement . Elle avait, depuis plusieurs minutes, parfaitement pig&eacute; que de ce c&ocirc;t&eacute;, elle ne trouverait ni appui, ni passe-droit, alors elle remercia et d&eacute;clina l&#146;invitation. Malgr&eacute; tout, avant de terminer, elle se sentit oblig&eacute;e de lui demander ce qu&#146;il savait sur ce qui &eacute;tait arriv&eacute; &agrave; Emissaire et sur le pronostic de son r&eacute;tablissement ? Heureux de laisser tomber le sujet scabreux de leurs anciennes relations, Olaf, qui n&#146;en savait pas plus que le commun de mortels sur le sujet, lui livra un petit d&eacute;tail sans m&ecirc;me s&#146;en apercevoir en lui disant : <br> 		&lt;&lt; Le passage par mandalas se faisant en quelques instants, Emissaire doit se trouver sorti de ces appareils depuis belle lurette et, donc se trouver en r&eacute;animation ou en soins intensifs &gt;&gt;<br> 		F&eacute;gael ne prolongea pas la conversation. Elle venait de comprendre que Emissaire serait mort ou gu&eacute;ri avant peu. Elle prit la d&eacute;cision &agrave; s&#146;installer dans un h&ocirc;tel proche de l&#146;h&ocirc;pital et &agrave; l&#146;attendre. Au moment o&ugrave; elle se levait de son si&egrave;ge elle entendit qu&#146;un document arrivait dans le tiroir et s&#146;en saisit, il y avait deux feuillets, l&#146;un, en provenance de Nounou disait : &lt;&lt;Veuillez trouver ci-joint le message que Emissaire a laiss&eacute;, avant son op&eacute;ration mandalas, et qui est destin&eacute; aux personnes de la F&eacute;d&eacute;ration. Comme il est r&eacute;dig&eacute; dans un langage qui est inconnu ici, je vous adresse une photocopie. J&#146;apprends &agrave; l&#146;instant que l&#146;op&eacute;ration a eu lieu et semble r&eacute;ussie mais que Emissaire doit rester dans l&#146;isolement encore quelques jours. &gt;&gt;<br> 		L&#146;autre page &eacute;tait &eacute;crite dans une langue secr&egrave;te r&eacute;serv&eacute;e aux Ambassades et services d&#146;espionnage. La signature et les codes d&#146;identification n&eacute;cessaires &eacute;taient bien s&ucirc;r, incontestables, donc ne pouvaient venir, effectivement que de Emissaire. Elle pr&eacute;cisait que les gens de cette plan&egrave;te Terre, &agrave; sa demande, et vu son &eacute;tat d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;, allaient tenter une th&eacute;rapeutique pour le sauver. Emissaire y avait ajout&eacute; une phrase &agrave; l&#146;insu des terriens tout en r&eacute;digeant le texte sous leur dict&eacute;e : &lt;&lt;Je me demande s&#146;ils sont assez aboutis pour &ecirc;tre admis ? &gt;&gt; F&eacute;gael d&eacute;cida de retourner &agrave; Samye et d&#146;envoyer un &#147;titane &#147; vers Floric pour rendre compte de la situation puis de revenir, ici, suivre les &eacute;v&eacute;nements.<br> 		<br> 		<br> 		</p> 		<p></p> 		<center> 			<p><b>Chapitre 11</b></p> 		</center> 		<p>   <br> 		 LES  SEICHES.</p> 		<p></p> 		<div align="right"> 			<p>                                                             Qui part en voyage,<br> 			                                                             S&#146;emporte en bagage.<br> 			                                                                                               M. H. <br> 			</p> 		</div> 		<p></p> 		<p>Secco avait tout de m&ecirc;me pos&eacute; une condition &agrave; Kog pour ouvrir le dernier des fichiers secrets de BAFESI et l&#146;homme avait accept&eacute; cette demande : Les seiches voulaient pouvoir participer, si elles le souhaitaient, &agrave; l&#146;aventure extraterrestre. Elles demandaient que l&#146;on &eacute;tudie comment pouvoir leur appliquer le syst&egrave;me des mandalas pour visiter d&#146;autres plan&egrave;tes. Il &eacute;tait peu probable qu&#146;un mandala puisse &ecirc;tre utilis&eacute; dans l&#146;eau de mer. Il faudrait donc des bonnes volont&eacute;s pour les amener, en bon &eacute;tat, pendant quelques instants &agrave; l&#146;air libre vers un premier mandala pendant qu&#146;une autre bonne volont&eacute; les attendrait au second mandala avec un aquarium ! Le service que venait de rendre l&#146;amie  Secco, valait bien ces modestes contraintes.<br> 		Les plus grands physiciens et savants math&eacute;maticiens de la Terre pouvaient disposer, enfin, de la connaissance qu&#146;avaient les Cephs du monde ancien des Cralangs d&#146;o&ugrave; venait BAFESI. Ils se mirent &agrave; travailler d&#146;arrache pied et parvinrent &agrave; une bonne compr&eacute;hension du paradigme en 5 jours et 5 nuits.  Traduit en langage courant par Betty pour Kog, cela donnait quelque chose comme ceci :<br> 		&lt;&lt; Mat Ducerf a essay&eacute; de mettre au net un nouveau paradigme qui comportait six dimensions, en cela il eut raison. Mais il se trompa sur la nature des dimensions. Lui, avait con&ccedil;u un syst&egrave;me sym&eacute;trique dans lequel il voulait voir trois dimensions spatiales m&ecirc;l&eacute;es &agrave; trois dimensions temporelles. Pour les anciens Cephs, et sans doute aussi pour ceux de la F&eacute;d&eacute;ration, il n&#146;en est pas ainsi. Aux trois dimensions g&eacute;om&eacute;triques ou spatiales bien connues et tr&egrave;s compr&eacute;hensibles, ils en ajoutaient une quatri&egrave;me comme l&#146;avait fait Einstein. Celle-ci n&#146;&eacute;tait perceptible que par son effet : la gravit&eacute;. Ensuite pour le temps ils distinguaient une dimension (ou un effet) ondulatoire et une dimension (ou une propri&eacute;t&eacute;)  corpusculaire. Mais la quatri&egrave;me dimension, celle d&eacute;finie par Einstein, ne jouait pas que sur l&#146;espace, elle avait aussi un effet sur les deux autres dimensions du temps. Voil&agrave; o&ugrave; r&eacute;sidait toute la diff&eacute;rence ! &gt;&gt; <br> 		Kog &eacute;coutait et cherchait, de bonne foi, &agrave; comprendre, comme le faisaient tous ceux qui suivaient le symposium et n&#146;&eacute;taient pas des sp&eacute;cialistes. Alors il posa quelques questions dont la premi&egrave;re fut :<br> 		&lt;&lt; Quand tu parles de la quatri&egrave;me dimension g&eacute;om&eacute;trique dont nous ne percevons que l&#146;effet sous forme de force de gravitation, que veux-tu dire ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Je vais essayer de te faire comprendre avec un mauvais exemple : imagine un oreiller en plastique transparent et gonfl&eacute; avec de l&#146;air. O. K. ? Poses dessus, en &eacute;quilibre, deux balles de tennis, tu suis ? Maintenant, avec le bout d&#146;une r&egrave;gle, enfonce le dessus de l&#146;oreiller vers le bas, que va-t-il se passer si tu pousses de plus en plus ?&gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;  A la fin les balles vont rouler vers le creux caus&eacute; par la r&egrave;gle et se rencontrer, c&#146;est cela ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Tout &agrave; fait ! Seulement Einstein ne consid&egrave;re que la force de pouss&eacute;e de la r&egrave;gle et ne voit que l&#146;attraction potentielle des balles vers le centre. En un mot, la r&egrave;gle, on ne la voit pas, on sait par calcul qu&#146;elle existe et cr&eacute;e une force d&#146;attraction. Tu as ta r&eacute;ponse ! Autre question ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Oui, &eacute;videmment :  D&#146;abord je croyais avoir compris, comme tout le monde, que Mat Ducerf avait, pour son paradigme, une dimension du temps en rapport avec une quantit&eacute; consommable, que devient-elle maintenant ? Et s&#146;il ne reste que deux dimensions du temps peuvent-elles &ecirc;tre non ab&eacute;liennes ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; C&#146;est sans doute pour une raison de pure sym&eacute;trie (trois pour l&#146;espace, trois pour le temps ) que Ducerf avait invent&eacute; ce troisi&egrave;me facteur temps. Il faut dire que, si, &agrave; son &eacute;poque,  aucun savant n&#146;a pris au s&eacute;rieux ce qu&#146;il &eacute;crivait, et si lui-m&ecirc;me a toujours but&eacute; sur un d&eacute;veloppement de sa th&eacute;orie, c&#146;est justement par ce que ce point l&agrave; ne tenait pas la route. Tout le monde pouvait imaginer la dimension granulaire du temps, de petites unit&eacute;s de 10 puissance moins quarante-trois secondes s&eacute;par&eacute;es par du non temps de m&ecirc;me valeur. D&#146;autres y avaient pens&eacute; et les avaient nomm&eacute;s les chronons. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, une onde dont restait la longueur et la fr&eacute;quence &agrave; d&eacute;finir, pouvait se concevoir et les tenants de la nature ondulatoire de la mati&egrave;re s&#146;en r&eacute;jouissaient. Mais, l&agrave; o&ugrave; le b&acirc;t blessait, c&#146;&eacute;tait dans cette vision de consommation, car cela revenait en fait &agrave; r&eacute;p&eacute;ter que le temps existait dans le temps ! Ce pauvre Mat est tomb&eacute; dans le panneau et n&#146;a pas vu sa faute de logique. Quant aux utilisateurs de mandalas et &eacute;tudiants ou professeurs venus apr&egrave;s lui, du fait que le syst&egrave;me fonctionnait, ils n&#146;ont jamais vraiment remis en question la th&eacute;orie.<br> 		Pour r&eacute;pondre &agrave; ta seconde question, je vais encore te donner un exemple : prends un d&eacute; &agrave; jouer de forme cubique avec ses points bien marqu&eacute;s. Poses-le, par exemple avec le un en haut. Supposes que tu doives ex&eacute;cuter deux mouvements : un vers toi plus un &agrave; gauche. Eh bien ! Tu pourras v&eacute;rifier ais&eacute;ment que selon que tu fais en premier le mouvement &agrave; gauche ou le mouvement vers toi le r&eacute;sultat sera diff&eacute;rent, les deux mouvements ne sont pas ab&eacute;liens, as-tu pig&eacute; ? Je continue. Je t&#146;ai dit que dans le paradigme des Cephs, la quatri&egrave;me dimension g&eacute;om&eacute;trique intervient aussi sur les dimensions du temps, en fait, elle joue principalement sur la dimension ondulatoire et presque pas sur l&#146;autre. Les calculs diff&eacute;rentiels qui l&#146;&eacute;tablissent ne sont pas &agrave; ta port&eacute;e mais, fais-moi confiance &agrave; cet &eacute;gard ! Donc, de m&ecirc;me que s&#146;ajoute, aux dimensions g&eacute;om&eacute;triques, un effet d&ucirc; &agrave; la vision d&#146;Einstein d&#146;une dimension de plus, pour les deux dimensions du temps, s&#146;ajoutent aussi un effet suppl&eacute;mentaire. Ce qui fait que sous cet angle, l&#146;id&eacute;e qu&#146;avait Ducerf sur le confinement des quarks, semble toujours valable. Mais, pour le savoir, il va falloir que nous creusions un peu plus ce que nous venons d&#146;apprendre. Veux-tu encore des explications sur tout cela ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Non, je crois que j&#146;ai compris, en gros, j&#146;y r&eacute;fl&eacute;chirai une autre fois. Pour moi et donc pour nous tous , je me demande ce que ce paradigme va nous apporter dans l&#146;imm&eacute;diat, outre le fait que nous pouvons maintenant montrer &agrave; Emissaire que nous poss&eacute;dons cette th&eacute;orie ? Quelles applications devons-nous esp&eacute;rer ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Bien s&ucirc;r, le fait de montrer aux autres que nous savons est un grand pas et plus rien ne s&#146;oppose &agrave; ce que nous rentrions dans leur F&eacute;d&eacute;ration. Mais est-ce souhaitable ? Ce n&#146;est pas moi qui vais le dire mais les Sages et sans doute apr&egrave;s une consultation g&eacute;n&eacute;rale de la population terrienne. Pour r&eacute;pondre &agrave; tes interrogations je te rappelle que notre science des mandalas est embryonnaire ! N&#146;oublies pas que seul le hasard a fait que lorsque Ducerf a r&eacute;alis&eacute; ses essais, BAFESI soit autour de Pluton pour attraper les corps dissoci&eacute;s, les copier et les retourner par simple automatisme. Donc, &agrave; part le fait d&#146;avoir confectionn&eacute; des sol&eacute;no&iuml;des d&#146;ordre trois, le niveau inventif des terriens peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de &#147; plut&ocirc;t bas&#148; ! Nous commen&ccedil;ons seulement &agrave; &ecirc;tre capables d&#146;envoyer des gens d&#146;une plan&egrave;te vers une autre par nos bricolages. Le voyage que tu as effectu&eacute; pour aller sur Love est le premier qui ne doive rien aux mandalas d&eacute;j&agrave; mis en place par la F&eacute;d&eacute;ration. Moi, je n&#146;ai fait que de savoir me servir des leurs ! Ce n&#146;est pas super malin !  Nous ne comprenons m&ecirc;me pas comment les outres pleines d&#146;eau que j&#146;ai trouv&eacute;es en arrivant sur Love sont remplies par les gens de la F&eacute;d&eacute;ration ! Il doit bien exister un moyen de transmettre autre chose que du vivant ? Nous pouvons choisir de le rechercher nous-m&ecirc;mes ou de le demander aux autres.<br> 		Par contre ce que BAFESI sait faire, et dont nous disposons, est le retour dans le temps sans d&eacute;placement de mati&egrave;re du tout.. M&ecirc;me si ce n&#146;est possible que pour des circonstances exceptionnelles . Il nous faudra bien essayer de comprendre, avec ou sans l&#146;aide des autres, y compris  en interrogeant le vaisseau, comment cela fonctionne. Il y a pour des g&eacute;n&eacute;rations de travaux en perspective et cela me r&eacute;jouit. Pas toi ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Je ne sais pas trop quoi penser, je laisse le soin aux autres de choisir la meilleure solution pour la Terre. Moi, je suis un homme d&#146;action et je me satisferai assez bien de pouvoir visiter tous les mondes de la F&eacute;d&eacute;ration et, encore plus, d&#146;aller un peu tra&icirc;ner sur les plan&egrave;tes peu explor&eacute;es. Ceci m&#146;am&egrave;ne &agrave; une autre question : Si je con&ccedil;ois tr&egrave;s bien que sur une plan&egrave;te o&ugrave; vivent des humano&iuml;des aboutis ceux-ci soient capables de construire des mandalas, je comprends mal comment il peut s&#146;en trouver sur des mondes inhabit&eacute;s, sauvages ou mal connus, comment ont-ils pu r&eacute;ussir cela ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Je ne sais pas ! Je pense qu&#146;ils ont d&ucirc; proc&eacute;der comme nous et envoyer plusieurs centaines d&#146;ann&eacute;es avant nous des mandalas, par vaisseaux vides, vers toutes les plan&egrave;tes o&ugrave; l&#146;humain pouvait vivre ? Du fait qu&#146;ils sont 79, au bout de quelques mill&eacute;naires, cela doit r&eacute;pondre &agrave; ta question&gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; Il m&#146;en reste une et qui n&#146;est pas la moindre : Dans les explications que nous avons eues sur Floric, ils pr&eacute;tendent &ecirc;tre venus sur notre Terre depuis 10 000 ans au moins et avoir construit une ziggourat, en fait un mandala pour leurs venues post&eacute;rieures. Bon, d&#146;accord. Mais comment sont-ils arriv&eacute;s jusqu&#146;&agrave; nous  premi&egrave;re fois ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Comme toi sur Love : ils ont envoy&eacute; un vaisseau avec mandala et sans &eacute;quipage, puis ils sont arriv&eacute;s nus dans leur vaisseau. Lorsque j&#146;&eacute;tais sur Floric, j&#146;ai lu quelque part leur histoire. Quand ils ont voulu repartir, les plaques tectoniques avaient boug&eacute;, le champ magn&eacute;tique terrestre local fut profond&eacute;ment modifi&eacute; et leur mandala paraissait hors d&#146;usage. Il leur a fallu des ann&eacute;es pour comprendre pourquoi ils &eacute;taient bloqu&eacute;s et ils ont v&eacute;cu dans leur vaisseau, se sont nourri des fruits et l&eacute;gumes de leur jardin pendant tout ce temps, puis ils ont pris une d&eacute;cision. Ils disposaient du mat&eacute;riel n&eacute;cessaire &agrave; la construction d&#146;un autre mandala mais &agrave; condition de d&eacute;truire leur propre vaisseau. Alors, ils se sont mis &agrave; en construire un autre, &agrave; grande distance, en M&eacute;sopotamie, et loin de l&#146;accident magn&eacute;tique local qui les privait de retour. Ils l&#146;ont dissimul&eacute; dans la ziggourat et construit de taille suffisante pour assurer, mieux que le vaisseau, les voyages futurs. Ensuite, quand ils furent pr&ecirc;ts, ils ont sans doute mis le feu &agrave; ce qui  restait de l&#146;&eacute;pave et sont rentr&eacute;s chez eux. Ce qu&#146;on peut en d&eacute;duire est assez effrayant : il y a plus de dix milles ans qu&#146;ils poss&egrave;dent la technique &agrave; laquelle nous venons d&#146;acc&eacute;der, peut-&ecirc;tre 11 000 ann&eacute;es puisqu&#146;il a fallu bien du temps pour qu&#146;un engin vide parte de chez eux et arrive ici. De plus rien ne nous dit que ce transporteur &eacute;tait le premier de la s&eacute;rie ! Ils ont une telle avance sur nous que cela me donne le vertige. Pourtant, sur place et dans les mondes que j&#146;ai visit&eacute;s, je n&#146;ai pas &eacute;t&eacute; frapp&eacute;e par autre chose que des diff&eacute;rences de moeurs ou d&#146;us et coutumes. Y -a-t-il eu r&eacute;gression, stagnation, absence de motivations ? Peut-&ecirc;tre  manquons-nous d&#146;informations ? &gt;&gt; <br> 		Ils continu&egrave;rent ainsi &agrave; bavarder, puis d&eacute;cid&egrave;rent de rentrer et de suivre le grand symposium sur leurs &eacute;crans.<br> 		<br> 		Le grand Symposium.<br> 		Ce qui se dit pendant cette conf&eacute;rence d&eacute;bat se ramenait &agrave; trois grands chapitres :<br> 		**Le premier, explicatif, se rapportait &agrave; des th&egrave;mes et des &eacute;changes. Tout &agrave; fait comme ceux que venaient d&#146;&eacute;tablir Betty et Kog. Un peu plus technique certes, et partant moins compr&eacute;hensible pour le commun des terriens, mais cela revenait peu ou prou au m&ecirc;me.<br> 		<br> 		**Le second fut d&#146;avantage tourn&eacute; vers la question de savoir si ,oui ou non, le voyage de Pim vers le pass&eacute; avait eu un effet ? Cela donna lieu aux plus belles empoignades pendant trois jours jusqu&#146;&agrave; ce que Varo prenne la parole et fasse le petit speech suivant : <br> 		&lt;&lt; Nous n&#146;avons aucun moyen de comparer ce qui est &agrave; ce qui aurait pu &ecirc;tre puisque nous ne vivons qu&#146;un seul temps. Mais, du fait que nous sommes en possession maintenant du paradigme des Cephs, je dirais que cela a d&ucirc; fonctionner. En effet, si nous laissons Emissaire sortir de sa convalescence et l&#146;autorisons &agrave; v&eacute;rifier aupr&egrave;s de nous (ou de SAPIENS) l&#146;&eacute;tat de nos connaissances, il arrivera &agrave; des conclusions favorables. Je dirais donc que Pim nous &agrave; au moins fait gagner la douzaine de jours qui se sont &eacute;coul&eacute;s entre son entr&eacute;e et sa sortie de l&#146;h&ocirc;pital. Donc cela a effectivement fonctionn&eacute; ! &gt;&gt;<br> 		La pol&eacute;mique se termina sur cette mani&egrave;re de voir les choses.<br> 		<br> 		**La troisi&egrave;me partie concernait le choix d&#146;adh&eacute;rer ou non &agrave; cette F&eacute;d&eacute;ration. Apr&egrave;s expos&eacute; des raisons pour et contre, on convoqua la population &agrave; une votation pour le lendemain matin. Chacun, sur son terminal, entre neuf et dix heures, (heure de Washington), donnerait son avis, comme &agrave; chaque fois qu&#146;il y avait une importante d&eacute;cision &agrave; prendre. Nounou ferait les comptes, comme &agrave; l&#146;accoutum&eacute;e. Vers midi, au plus tard, la r&eacute;ponse de la Terre serait connue. On d&eacute;cida de laisser Emissaire sortir, juste &agrave; l&#146;heure du r&eacute;sultat d&eacute;finitif.<br> 		<br> 		Emissaire.<br> 		Au soleil, direct pour la premi&egrave;re fois depuis presque deux semaines, Emissaire &eacute;prouva un peu de difficult&eacute;s &agrave; supporter la lumi&egrave;re durant le premier quart d&#146;heure. Mais, cela se confirmait, les terriens lui avaient rendu une forme physique qu&#146;il avait oubli&eacute;e depuis longtemps. Certes l&#146;&acirc;ge &eacute;tait l&agrave; et la fatigue aussi, mais tellement moins qu&#146;avant !<br> 		A l&#146;h&ocirc;pital, sa premi&egrave;re surprise fut de constater qu&#146;il avait toutes ses dents, et de plus en parfait &eacute;tat. Ses cheveux, aussi, avaient l&#146;abondance oubli&eacute;e de son plus bel &acirc;ge. Tous les rhumatismes avaient disparus ! Son app&eacute;tit revenu il d&eacute;vorait ses repas. Ce n&#146;est que le troisi&egrave;me jour qu&#146;il se rendit compte que sa vue ne n&eacute;cessitait plus de lentilles de contact.<br> 		Ainsi chaque matin il constatait une nouvelle am&eacute;lioration et comprenait &agrave; quel point le syst&egrave;me de gu&eacute;rison par Mandalas &eacute;tait pr&eacute;cieux. Jamais, dans son esprit il ne pensa que les deux semaines pass&eacute;es en repos pouvaient &ecirc;tre un moyen de le mettre hors d&#146;action. Il &eacute;tait bien trop reconnaissant envers ce monde qui, non seulement avait sauv&eacute; sa vie, mais encore lui avait donn&eacute; un bain de jouvence. Il avait h&acirc;te d&#146;aller expliquer tout cela &agrave; Pr&eacute;sidente.<br> 		Emissaire constatant une certaine agitation, dans les rues et dans les magasins, se renseigna. On lui expliqua que les terriens venaient de se prononcer et que les r&eacute;sultats &eacute;taient imminents. Quand il demanda la raison du vote et que ses interlocuteurs lui eurent r&eacute;pondu que cela concernait le fait d&#146;entrer ou non dans la F&eacute;d&eacute;ration, il attendit avec la m&ecirc;me impatience que les autres.<br> 		Sa surprise &eacute;tait grande, en effet, le cas ne s&#146;&eacute;tait jamais produit auparavant. Chaque monde avait consid&eacute;r&eacute; comme une faveur et un honneur de pouvoir figurer dans le groupe. Or, pour la premi&egrave;re fois, une plan&egrave;te avait voulu peser le pour et le contre avant de s&#146;engager. La d&eacute;marche, si on y r&eacute;fl&eacute;chissait, n&#146;&eacute;tait pas sotte, car, lui, Emissaire avait,  comme objectif, la m&ecirc;me question. Pour y r&eacute;pondre, il faudrait qu&#146;il consulte la machine afin de constater si oui ou non, le paradigme des F&eacute;d&eacute;r&eacute;s &eacute;tait connu ici. D&egrave;s que le vote serait tomb&eacute;, il le ferait, et tr&egrave;s vite, depuis le premier poste venu. Il en &eacute;tait parvenu &agrave; ce point de sa r&eacute;flexion quand il vit, se dirigeant vers lui, F&eacute;gael qu&#146;il connaissait assez bien. <br> 		Elle s&#146;enquit de l&#146;&eacute;tat de sa sant&eacute; et se sentit heureuse de constater &agrave; quel point il avait &eacute;t&eacute; retap&eacute;. Puis, elle lui exposa le motif de sa pr&eacute;sence et le fait qu&#146;elle revenait de Samye apr&egrave;s y avoir lanc&eacute; un &#147;titane&#148;. Quand pensait-il rentrer ? Quel &eacute;tait son opinion sur cette plan&egrave;te ? Emissaire lui exposa que dans quelques instants il saurait le r&eacute;sultat du r&eacute;f&eacute;rendum et qu&#146;ensuite il se dirigerait vers un terminal pour poser des questions clefs. Sous r&eacute;serve, bien s&ucirc;r, que les terriens disent oui et que plus aucun secteur de SAPIENS ne lui soit ferm&eacute;. <br> 		<br> 		Une heure plus tard ils obtinrent les r&eacute;ponses aux questions principales :<br> 		 -Oui la Terre acceptait de devenir le 80&deg; membre de la F&eacute;d&eacute;ration.<br> 		 -Oui, Emissaire avait pu se brancher sur SAPIENS, d&eacute;sormais ouvert &agrave; toutes ses questions.<br> 		 -Oui, d&egrave;s que les moyens techniques seraient en place, SAPIENS se mettrait en r&eacute;seau avec le r&eacute;seau central de F&eacute;d&eacute;ration.<br> 		 -Oui enfin, il y avait, dans la machine terrienne les donn&eacute;es essentielles du paradigme admis chez les f&eacute;d&eacute;r&eacute;s.<br> 		Apr&egrave;s avoir expos&eacute; ses conclusions aux Sages, il les remercia encore une fois de l&#146;avoir sauv&eacute; et si bien r&eacute;tabli, puis prit cong&eacute; de tous et retourna vers le temple de Samye en compagnie de la belle F&eacute;gael.<br> 		 Ils &eacute;taient pr&ecirc;ts, d&eacute;sormais, &agrave; passer dans le mandala pour rentrer sur Floric. Sur le socle de d&eacute;part, il y eut une petite surprise : Olaf, qui savait, par les m&eacute;dias, que le retour de F&eacute;gael &eacute;tait pr&eacute;vu pour ce jour l&agrave;, avait pris la peine de venir la voir partir. Il avait &eacute;prouv&eacute; un remords, s&#146;&eacute;tant rendu compte, en y repensant, que la mani&egrave;re dont leur aventure s&#146;&eacute;tait achev&eacute;e, n&#146;avait rien eu de naturel. Il venait s&#146;excuser de sa froideur au t&eacute;l&eacute;phone et lui dire de vive voix qu&#146;elle et sa fille seraient les bienvenues &agrave; son foyer, quand elles le souhaiteraient. Son &eacute;pouse &eacute;tait au courant et curieuse d&#146;avoir chez elle cette si belle enfant aux cheveux bleus. Ils se quitt&egrave;rent un peu plus &eacute;mus que les convenances ne le permettaient.<br> 		...................................................................................................................................................<br> 		<br> 		Lorsque, sur Floric, Pr&eacute;sidente put se rendre compte dans quelle forme exceptionnelle lui revenait le vieillard (qu&#146;elle avait pratiquement sacrifi&eacute; en l&#146;envoyant en mission), elle fut convaincue de tout le b&eacute;n&eacute;fice que la F&eacute;d&eacute;ration tirerait du nouveau monde f&eacute;d&eacute;r&eacute;. Les &eacute;tudes des futurs historiens diraient que cela s&#146;&eacute;tait produit au cours de son mandat. Ce serait un plus et un honneur qui rejaillirait sur tout Floric. Elle en fut heureuse, et se laissant un peu aller, annon&ccedil;a &agrave; Emissaire, que pour l&#146;apport d&#146;une si bonne nouvelle et aussi pour une si magnifique mission, il pouvait d&eacute;sormais l&#146;appeler : ***** ( un nom de cinq lettres, mais beaucoup trop confidentiel pour &ecirc;tre not&eacute; ici, ce serait de la muflerie ! )<br> 		<br> 		 ....................................................................................................................................................<br> 		<br> 		Questions pour les ambassadeurs.<br> 		<br> 		L&#146;ambassade de la Terre sur Floric comprenait une vingtaine de personnes sous la responsabilit&eacute; de Olaf 000 Sterne. Ce dernier &eacute;tait venu, accompagn&eacute; de son &eacute;pouse et du personnel tri&eacute; par les terriens pour le travail &agrave; accomplir. S&#146;y ajoutaient, en tant qu&#146;honorables correspondants, Betty et Kog dont la mission serait tout &agrave; fait diff&eacute;rente de celles des savants et fonctionnaires qui demeureraient dans la grande tour de Floric.  De plus, il y avait Secco que l&#146;on avait vaguement pr&eacute;sent&eacute;e comme faisant partie de la  maisonn&eacute;e de Kog en ne disant pas, mais en laissant entendre, qu&#146;elle &eacute;tait un animal de compagnie. Ils firent installer Secco dans son aquarium au milieu du grand hall de l&#146;ambassade. Elle s&#146;y &eacute;battrait quand elle ne voyagerait pas avec Kog et Betty. <br> 		Pour ces derniers, les Sages, avaient fix&eacute; comme but principal de voir ce qu&#146;il en &eacute;tait des mondes non encore aboutis et sous surveillance des F&eacute;d&eacute;r&eacute;s. Ceci devait s&#146; accomplir pendant que se cr&eacute;eraient les raccordements entre les r&eacute;seaux de la F&eacute;d&eacute;ration et Nounou/SAPIENS. Ils devraient tenter de trouver des r&eacute;ponses satisfaisantes aux questions suivantes :<br> 		<br> 		--Pourquoi les 10 &agrave; 15000 ans d&#146;avance qu&#146;avaient les plus anciens f&eacute;d&eacute;r&eacute;s par rapport aux terriens ne se sentaient pas plus ?<br> 		<br> 		--Pourquoi, poss&eacute;dant le bon paradigme et utilisant l&#146;hyperespace pour les transferts d&#146;humano&iuml;des,  n&#146;avaient-ils pas mis au point le syst&egrave;me du Ceph Voyageur  qui faisait la r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration ou le stockage d&#146;attente des personnalit&eacute;s utilisant les mandalas ?<br> 		<br> 		 --Comment une question aussi importante avait-elle pu leur &eacute;chapper apr&egrave;s tant de temps ?<br> 		<br> 		--Existait-il une menace ou un ennemi dont les f&eacute;d&eacute;r&eacute;s n&#146;auraient rien dit ?<br> 		 --Comment, par exemple, un &ecirc;tre aussi int&eacute;ressant que  Hydros avait-il pu &eacute;chapper &agrave; leurs &eacute;quipes               d&#146;explorateurs ?<br> 		--Accessoirement, aussi, qu&#146;avaient-ils besoin de se f&eacute;d&eacute;rer ? Et pourquoi tant se r&eacute;jouir  de la venue d&#146;un membre de plus ? .......................................................................................................................................................<br> 		 <br> 		Betty et Kog avaient, avant de partir, d&eacute;cid&eacute; de r&eacute;gulariser leur union et c&#146;est donc en tant que Monsieur et Madame Traor&eacute;, qu&#146;ils se virent attribuer, dans l&#146;ambassade, un logement de fonction. Du fait m&ecirc;me qu&#146;ils seraient plus souvent dans d&#146;autres mondes que sur Floric, ils n&#146;attach&egrave;rent que peu d&#146;importance &agrave; la surface relativement r&eacute;duite dont ils h&eacute;rit&egrave;rent ! Ces 100 m&egrave;tres carr&eacute;s seraient plus que suffisants pour une base fixe. Les dimensions des meubles et la hauteur des pi&egrave;ces tenaient compte de ce que bien des humano&iuml;des &eacute;taient plus grands que les terriens. Donc, avant leur premi&egrave;re mission, ils embauch&egrave;rent une d&eacute;coratrice locale et lui donn&egrave;rent des instructions pour tout adapter &agrave;  leur usage. Une partie de la hauteur pouvait se voir transform&eacute;e en duplex. De plus, la r&eacute;duction de la taille des meubles et  le nouvel am&eacute;nagement de la cuisine transformaient leur appartement  en quelque chose de spacieux. Pour la salle d&#146;eau ils avaient pr&eacute;f&eacute;r&eacute; laisser la douche et son bac de r&eacute;ception aux dimensions de base qui &eacute;taient d&#146;environ deux m&egrave;tres sur trois avec une profondeur de cinquante centim&egrave;tres. Cela leur procurait une micro piscine. Tous ces travaux demanderaient du temps et rendraient leur logement inhabitable, alors ils se mirent &agrave; chercher une destination pour commencer leur vrai travail.<br> 		Parmi toutes les possibilit&eacute;s ils pouvaient :<br> 		-Soit visiter les autres plan&egrave;tes f&eacute;d&eacute;r&eacute;es, mais, ils ne pensaient pas que c&#146;&eacute;tait l&agrave; qu&#146;ils r&eacute;colteraient le plus d&#146;informations.<br> 		-Soit choisir entre les mondes peupl&eacute;s d&#146;humano&iuml;des,( en lisant les rapports des gens qui y faisaient des incursions de surveillance), celui qui leur para&icirc;trait le plus prometteur ou le plus susceptible de les aider &agrave; comprendre.<br> 		-Soit, encore, recenser tous les mondes sur lesquels des mandalas avaient &eacute;t&eacute; pos&eacute;s et qui n&#146;&eacute;taient pas habit&eacute;s par des humano&iuml;des, mais, (si cela avait &eacute;t&eacute; not&eacute;), par d&#146;autres formes dominantes. Formes poss&eacute;dant une civilisation ou la connaissance de sciences ou des formes de vie en soci&eacute;t&eacute;. Bref des extraterrestres au sens des anciens livres de science fiction. <br> 		Soit, se diriger vers des mondes paraissant compl&egrave;tement sauvages et aussi peu explor&eacute;s que &#147;Love &#147; dans l&#146;espoir de mettre le doigt sur quelque chose.<br> 		Apr&egrave;s r&eacute;flexions, supputations, consultations de Secco et de nombreuses lectures d&#146;archives, ils se fix&egrave;rent un programme en trois temps :<br> 		Visite d&#146;une plan&egrave;te non aboutie dont le degr&eacute; d&#146;&eacute;volution correspondait, en gros &agrave; quelque chose comme l&#146;&eacute;poque du d&eacute;but de l&#146;aviation sur Terre. <br> 		Ce serait &#147;Bilunes&#147; nom donn&eacute; par le premier visiteur qui avait &eacute;t&eacute; frapp&eacute; par l&#146;existence de ces deux satellites tournant en positions diam&eacute;tralement oppos&eacute;es. La taille des habitants &eacute;tait celle de petits terriens mais, Kog ou Betty ne se remarqueraient pas trop. Le climat un peu chaud serait tout &agrave; fait supportable.  Leurs sciences n&#146;avaient pas &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute;es de mani&egrave;re lin&eacute;airement parall&egrave;le &agrave; celle des terriens. En chimie ils en &eacute;taient encore &agrave; l&#146;analyse par voie humide. Leur aviation &eacute;tait &agrave; inventer. Par contre, en sociologie et en sciences humaines ils avaient, pour le moins, le niveau atteint, sur Terre ,vers l&#146;&eacute;poque de Manius. Secco, insistait beaucoup pour ce choix ! . Elle se disait conseill&eacute;e, en ce sens,  par BAFESI !<br> 		 Un d&eacute;tail fournissait un bon argument de plus pour y aller : la moiti&eacute; de la surface de leur monde &eacute;tait recouverte d&#146;un oc&eacute;an unique entourant un seul &eacute;norme continent et quelques &icirc;les et &icirc;lots. Ce serait une occasion pour la seiche de voir s&#146;il y existait une forme d&#146;intelligence sup&eacute;rieure, du genre de celle des  Cephs ou des  Cralangs ? Ceci &eacute;tait rendu possible car le mandala d&#146;arriv&eacute;e se trouvait sur le promontoire d&#146;un  &icirc;lot rocheux avec un hameau abandonn&eacute;, &agrave; faible distance de la c&ocirc;te. Un g&eacute;n&eacute;rateur bulbe, dans une petite chute d&#146;eau, fournissait l&#146;&eacute;lectricit&eacute; n&eacute;cessaire aux anciens habitants et avait &eacute;t&eacute; branch&eacute; discr&egrave;tement.  A cela s&#146;ajoutait le fait, non n&eacute;gligeable, que la pr&eacute;c&eacute;dente visite ne remontait pas &agrave; plus de 18 ans. Les informations dont on disposait avaient une fra&icirc;cheur suffisante pour qu&#146;on s&#146;y fie. Mais ce qui motiva le plus Betty fut le ton des derniers rapports, on devinait, entre les lignes, une grave pr&eacute;occupation de l&#146;&eacute;quipe, laquelle avait &eacute;court&eacute; son s&eacute;jour. Ils n&#146;en disaient pas clairement la raison se contentant de laisser deviner qu&#146;ils auraient &eacute;t&eacute; reconnus pour ce qu&#146;ils &eacute;taient !<br> 		<br> 		Le second voyage serait entrepris vers une plan&egrave;te peupl&eacute;e par des &ecirc;tres, non humains,  parvenus au plus haut degr&eacute; de civilisation que les voyageurs de la F&eacute;d&eacute;ration aient d&eacute;tect&eacute;. De plus ils  n&#146;avaient pas manifest&eacute; d&#146;hostilit&eacute; particuli&egrave;re aux premiers explorateurs. Ils devraient porter une combinaison isolante car la temp&eacute;rature avoisinait les moins cinq degr&eacute;s Celcius et un masque pour filtrer les traces de  fluor pr&eacute;sentes dans l&#146;air. Cet halog&egrave;ne rongerait leurs poumons en quelques heures. Leur  s&eacute;jour serait donc bref.  Les habitants, d&#146;apr&egrave;s ce qu&#146;ils avaient compris, pr&eacute;sentaient l&#146;allure de compos&eacute;s en plastique, compl&egrave;tement lisses et translucides, laissant deviner leurs organes internes, ne pouvaient &ecirc;tre compar&eacute;s &agrave; rien de ce qui existait sur Terre, si ce n&#146;est &agrave; des protoplasmes. Leurs formes &eacute;taient totalement modifiables en fonction des n&eacute;cessit&eacute;s : pour se d&eacute;placer, ils faisaient sortir une multitude de petites excroissances et filaient comme des mille-pattes. De plus, ils pouvaient rendre plus ou moins dure n&#146;importe quelle partie de leur anatomie. Ils auraient aussi bien pu se faire pousser une hache qu&#146;une pince. Totalement au repos ils adoptaient une forme de grosse goutte  liquide aplatie qui aurait plus d&#146;un m&egrave;tre de diam&egrave;tre et quarante centim&egrave;tres de haut. Avec une imagination d&eacute;bordante, les explorateurs avaient nomm&eacute; la plan&egrave;te : Amibios et l&#146;esp&egrave;ce civilis&eacute;e les &#147; Silicones &#147;. Ceci &eacute;tait un abus de terme car, s&#146;il &eacute;tait vrai que la chimie des vivants de ce monde comportait des radicaux avec silice, et au moins autant de radicaux bas&eacute;s sur le titane, le reste, soit plus des neuf dixi&egrave;mes &eacute;taient des d&eacute;riv&eacute;s du carbone, comme ailleurs.  Les visiteurs de la F&eacute;d&eacute;ration n&#146;y &eacute;taient rest&eacute;s que de temps et n&#146;avaient pas pu donner d&#146;id&eacute;es pr&eacute;cises sur leur degr&eacute; de civilisation, mais avaient not&eacute; la pr&eacute;sence de nombreux robots et appareils sophistiqu&eacute;s. Secco ne pourrait les accompagner, la composition des mers contenant &eacute;galement trop de fluorures. On ne trouvait plus dans les archives la date &agrave; laquelle le mandala avait &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute; par un vaisseau, ce qui signifiait que ce devait &ecirc;tre l&#146;un des plus anciens. Les mondes non humains ne se visitaient que pour un probl&egrave;me pr&eacute;cis, or, pour ce monde l&agrave;, il n&#146;y en avait pas puisqu&#146; aucune communication sens&eacute;e ne put pu &ecirc;tre &eacute;tablie. On se contentait d&#146;y jeter un coup d&#146;oeil tous les mill&eacute;naires et de se d&eacute;p&ecirc;cher de revenir. La fois pr&eacute;c&eacute;dente avait eu lieu huit si&egrave;cles auparavant.<br> 		<br> 		La derni&egrave;re de leurs explorations les am&egrave;neraient vers une plan&egrave;te dont la visite &eacute;tait vivement d&eacute;conseill&eacute;e, car dangereuse. Il n&#146;y avait pas de vie proprement dite mais des machines dont les rapports disaient qu&#146;elles s&#146;entretenaient elles-m&ecirc;mes. Une l&eacute;gende racontait qu&#146;elles cr&eacute;aient en permanence de nouvelles machines et que la limite n&#146;&eacute;tait que celle des mati&egrave;res premi&egrave;res disponibles dans ce lieu ? Ces engins ne semblaient que des m&eacute;caniques et n&#146;auraient pas d&#146;assistance par &eacute;lectronique, mais la r&eacute;alit&eacute; &eacute;tait que les visiteurs f&eacute;d&eacute;r&eacute;s avaient eu une telle trouille qu&#146;ils s&#146;&eacute;taient enfuis comme des lapins vers leur mandala. Seule chose curieuse, les machines ne s&#146;approchaient pas de ce mandala qui aurait d&ucirc; &ecirc;tre  d&eacute;truit pour leur fournir des mat&eacute;riaux. Les rarissimes visiteurs avaient nomm&eacute; ce monde :  &lt;&lt; M&eacute;canica &gt;&gt; et n&#146;avaient pas trouv&eacute; de d&eacute;signations autres que &#147; Machines &#147; &agrave; ce qu&#146;ils avaient vu sur place.<br> 		Betty et Kog, ne pouvant rien trouver dans les archives concernant l&#146;origine de cet endroit, supposaient qu&#146;au d&eacute;part, ce devait &ecirc;tre un d&eacute;p&ocirc;t d&#146;appareils obsol&egrave;tes ou consid&eacute;r&eacute;s comme dangereux  par ceux  qui les avaient construits. Ceux l&agrave;, donc, ne devaient pas venir d&#146;un monde de la F&eacute;d&eacute;ration puisqu&#146;on n&#146;en trouvait aucune trace dans les fichiers historiques des 79 mondes humabs.  Il y avait  607<br> 		 ans terrestres que personne n&#146;y &eacute;tait all&eacute;, les volontaires ne se bousculaient pas.<br> 		<br> 		<br> 		<br> 		                                               Les trois plan&egrave;tes.<br> 		<br> 		C&#146;est sur une p&eacute;riode de presque deux ans que ces trois exp&eacute;ditions eurent lieu. Apr&egrave;s chaque visite, les voyageurs rentraient sur Floric et r&eacute;digeaient un rapport d&eacute;taill&eacute; dans le cadre strictement priv&eacute; de leur ambassade. Puis, en ayant tir&eacute; les enseignements, ils partaient pour le voyage suivant. Le r&eacute;cit complet de chacun de ces p&eacute;riples ne se r&eacute;v&eacute;lant pas indispensable, toutes les questions concernant la g&eacute;ographie, l&#146;histoire, la g&eacute;ologie, les moeurs, les populations, les progr&egrave;s, la politique, les religions, etc... furent laiss&eacute;es de c&ocirc;t&eacute;. Des sp&eacute;cialistes de ces questions avaient d&eacute;j&agrave; fourni ou seraient amen&eacute;s &agrave; accomplir leur travail dans ces domaines. Betty et Kog n&#146;en rapport&egrave;rent que ce qui &eacute;tait l&#146;essentiel : mieux comprendre ce qu&#146;&eacute;tait la F&eacute;d&eacute;ration et le comportement qu&#146;elle montrait en g&eacute;n&eacute;ral. En une phrase : sa fa&ccedil;on de voir les choses et de comprendre les autres. Voici les extraits les plus significatifs :<br> 		 <br> 		La plan&egrave;te &#147; Bilunes&#148;                   <br> 		<br> 		Arriver nue sur une plan&egrave;te d&eacute;serte, comme Betty l&#146;avait fait sur Love, n&#146;avait pos&eacute; aucun probl&egrave;me. Pas plus que lorsqu&#146;elle s&#146;&eacute;tait trouv&eacute;e dans la salle de r&eacute;ception sur Floric avec ses combinaisons attendant les voyageurs. Se retrouver dans un vaisseau avec tout ce qu&#146;il fallait &agrave; bord comme ce fut le cas pour Kog, assurait v&ecirc;tements et nourriture de d&eacute;part.<br> 		Dans le cas de leur mission sur Bilunes, arriv&egrave;rent, &agrave; poil, sur un caillou battu par de grosses vagues et d&eacute;munis de tout. Seule Secco, imm&eacute;diatement l&acirc;ch&eacute;e trouva tout ce qu&#146;il lui fallait. Elle garda le contact t&eacute;l&eacute;pathique avec Kog d&egrave;s son immersion et pendant tout leur s&eacute;jour en se manifestant par de courts flashes.<br> 		La F&eacute;d&eacute;ration surveillait ce monde depuis plusieurs mill&eacute;naires et avait mis au point une proc&eacute;dure : Des billes d&#146;or pur &eacute;taient pass&eacute;es par le mandala et se trouvaient stock&eacute;es &agrave; un endroit proche mais dissimul&eacute; sous une grosse pierre recouverte de varechs. Les premiers voyageurs les avaient utilis&eacute;es pour se procurer l&#146;indispensable aupr&egrave;s des p&eacute;cheurs du coin en se pr&eacute;tendant des naufrag&eacute;s.<br> 		 Chaque fois qu&#146;une &eacute;quipe en repartait, elle abandonnait, &agrave; disposition de ceux qui viendraient apr&egrave;s elle, un r&eacute;cipient &eacute;tanche de forme  tubulaire et de la taille d&#146;une torpille  qui &eacute;tait  immerg&eacute; au bout d&#146;un solide filin d&#146;acier. A l&#146;int&eacute;rieur ils laissaient des v&ecirc;tements, des outils, des objets qu&#146;ils jugeaient comme indispensables, des pi&egrave;ces de monnaies et des carnets imprim&eacute;s qui devaient poss&eacute;der les qualit&eacute;s combin&eacute;es des ch&egrave;ques et des billets. Quelques billes de Tungst&egrave;ne, non utilis&eacute;es, en g&eacute;n&eacute;ral, y &eacute;taient jointes en cas de besoin, ce m&eacute;tal &eacute;tant, en ce lieu, dix fois plus pr&eacute;cieux que l&#146;or. Enfin un rapport &eacute;crit dans la langue des ambassades (dont Betty et Kog  n&#146;avaient aucune notion ) donnait le dernier point des observations et actions r&eacute;alis&eacute;es sur place, avant le d&eacute;part.<br> 		Les deux espions trouv&egrave;rent dans tout ce fatras, quelques v&ecirc;tements assez flous pour la premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute; ainsi qu&#146;une longue vue qui leur facilita une premi&egrave;re observation discr&egrave;te &agrave; distance. Ils virent, dans le village, en face du rocher, de quelle mani&egrave;re pr&eacute;cise  il leur faudrait se v&ecirc;tir, se chausser et s&#146;&eacute;quiper pour un premier contact. Ils recommenc&egrave;rent &agrave; s&#146;habiller, mais mieux cette fois-ci. &Agrave; l&#146;aide d&#146;une  ligne, ils cherch&egrave;rent &agrave; p&eacute;cher un peu, pour pouvoir manger. Il est probable que sans l&#146;aide de Secco ils auraient eu &eacute;norm&eacute;ment de mal. Mais la seiche leur indiqua ce qu&#146;ils pouvaient accrocher aux hame&ccedil;ons et o&ugrave; lancer les lignes. Il ne se passa donc que tr&egrave;s peu de temps avant que trois beaux poissons, genre mulets ne soient pris et ne grillent. Avec des morceaux de bois secs laiss&eacute;s sur le roc par une grande mar&eacute;e ils avaient allum&eacute; un bon feu. Betty pensa qu&#146;avec deux lunes il devait se produire des importants  mouvements dans les eaux !<br> 		Apr&egrave;s leur repas ils discut&egrave;rent de la fa&ccedil;on de poursuivre. Ne poss&eacute;dant aucune notion de la langue parl&eacute;e sur place il leur fallait, en premier lieu ,en apprendre assez pour comprendre cette civilisation. D&#146;autre part, la mani&egrave;re assez sournoise qu&#146;utilisaient les gens de la F&eacute;d&eacute;ration pour observer en douce les mondes moins &eacute;volu&eacute;s ne correspondait vraiment pas &agrave; l&#146;&eacute;thique qui &eacute;tait la leur. Ils pr&eacute;f&eacute;raient, au contraire, se montrer ouvertement pour ce qu&#146;ils &eacute;taient et de ne venir que comme des curieux ayant l&#146;espoir d&#146;&eacute;changer des id&eacute;es et des informations. Pour cette raison ils avaient bien ostensiblement allum&eacute; leur feu et se pr&eacute;paraient &agrave; entreprendre une petite nage vers le port tout proche. Ils n&#146;eurent pas &agrave; se donner ce mal, un bateau style garde-c&ocirc;te se dirigeait droit vers eux. Sur le tillac un individu gesticulait d&#146;abondance en tentant de leur indiquer quelque chose &agrave; l&#146;aide de ses bras. Ils s&#146;approch&egrave;rent de la partie plus basse de leur rocher, laquelle pouvait &ecirc;tre utilis&eacute;e comme appontement et attendirent le sourire aux l&egrave;vres. Le bateau avait du mal &agrave; se stabiliser car aucune bite d&#146;amarrage ne permettait de le fixer. Plusieurs personnes &agrave; bord, leur indiqu&egrave;rent par gestes, de sauter sur le pont, ce qu&#146;ils firent ais&eacute;ment. Aussit&ocirc;t, pour ne pas se trouver dross&eacute;e contre le roc, l&#146;embarcation repartit en marche arri&egrave;re. Kog et Betty avaient eu le temps de ramasser les sacs &agrave; dos, contenant le bazar qu&#146;ils avaient pr&eacute;par&eacute;, et de les enfiler avant le saut.<br> 		Celui qui devait assumer les responsabilit&eacute;s leur adressa la parole. Ne comprenant rien, ils exprim&egrave;rent par mimiques leur ignorance ce qui fit rire leur interlocuteur. Il donna un ordre assez bref &agrave; l&#146;un de ses assistants et celui-ci revint en rapportant deux coiffes, genre casques de moto, mais munies de grandes oreillettes. .Il les leur tendit en rigolant. Lorsque ces engins se trouv&egrave;rent ajust&eacute;s sur leur t&ecirc;te,( le capitaine ? ), sortit de sa poche un genre de t&eacute;l&eacute;phone portable, sans fil, dans lequel il commen&ccedil;a &agrave; s&#146;exprimer. Dans leurs &eacute;couteurs, au d&eacute;but, ne comprirent absolument rien ! Mais, cela devait faire partie du syst&egrave;me, car tous attendaient patiemment. L&#146;homme r&eacute;p&eacute;tait inlassablement les m&ecirc;mes deux ou trois phrases. Apr&egrave;s une vingtaine de minutes et alors que le bateau entrait au port, soudainement, ils comprirent parfaitement, sinon les mots, du moins avec pr&eacute;cision le sens g&eacute;n&eacute;ral : &lt;&lt; Soyez les bienvenus sur la plan&egrave;te aux deux lunes, vous qui venez d&#146;un autre monde- Cet instrument n&#146;est pas une machine &agrave; traduire* mais vous enseigne notre langue. Vous devrez la garder sur vous jusqu&#146;au lever du prochain jour Ne soyez pas effray&eacute;s par ce que vous ne comprendrez pas, nous vous expliquerons &gt;&gt;<br> 		Kog savait que ce n&#146;&eacute;tait pas de la t&eacute;l&eacute;pathie car il n&#146;avait re&ccedil;u rien d&#146;autre que quelques images lui venant de Secco qui se baladait l&agrave; dessous. Betty pensa que les sciences de la psychologie et de la communication &eacute;taient tr&egrave;s en avance ici. Elle se dit  que les mimiques &eacute;tant universelles, elles avaient &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;es traduites et analys&eacute;es ainsi, peut-&ecirc;tre, que leurs &eacute;lectro enc&eacute;phalogrammes. Pour les Bilunaires, comme les baptisa Kog, cela paraissait une op&eacute;ration de routine.  Visiblement  ils n&#146;&eacute;prouvaient pas de surprise et connaissaient les visiteurs venant d&#146;ailleurs. Ils avaient plut&ocirc;t l&#146;air de s&#146;en amuser, ce qui &eacute;tait un peu plus difficile &agrave; assimiler.<br> 		 Pendant que tout cela se d&eacute;roulait l&#146;observation fut r&eacute;ciproque. Ces gens et les terriens se ressemblaient comme des fr&egrave;res. Le seul point qui &eacute;tait nettement diff&eacute;rent r&eacute;sidait dans l&#146;&eacute;paisseur de leur peau, double ou triple de celles des terriens. Ceci se remarquait &agrave; l&#146;endroit des plis au poignet ou au cou et dans la forme des rides. Ils &eacute;taient recouverts d&#146;un v&eacute;ritable cuir et d&#146;un syst&egrave;me chevelu plus dense que celui de Kog, pourtant d&#146;ethnie Bambara. Betty savait que les diff&eacute;rences physiques dans les mondes peupl&eacute;s d&#146;humano&iuml;des venaient de facteurs ext&eacute;rieurs. La conclusion logique qu&#146;elle en tira fut la probabilit&eacute; de l&#146;existence de plantes tr&egrave;s urticantes ou d&#146;insectes piqueurs &agrave; longues trompes, voire munis de dards impressionnants. Elle se trompait, mais l&#146;id&eacute;e de base &eacute;tait la bonne. <br> 		Au bord du quai, les attendant, un groupe d&#146;officiels, qui, sachant pertinemment qu&#146;ils ne comprenaient pas encore, se contenta de signes de bon accueil. Ces gens les men&egrave;rent, en troupe, vers un v&eacute;hicule ressemblant assez &agrave; ce qu&#146;&eacute;tait un autobus au temps de Mat Ducerf. Quatre d&#146;entre eux, les notables, sans doute, prirent place &agrave; l&#146;avant et leur montr&egrave;rent comment s&#146;installer confortablement sur les couchettes de l&#146;arri&egrave;re. Il fallait donc pr&eacute;voir que le voyage serait long. Juste avant qu&#146;ils ne s&#146;allongent, l&#146;un d&#146;entre eux vint, timidement toucher de son doigt &eacute;pais et rugueux, la peau fine de Betty et prit alors une d&eacute;cision. Il alla jusqu&#146;&agrave; un coffre, en sorti deux grands sacs en plastique de deux m&egrave;tres sur un et leur fit signe de s&#146;y introduire. Lorsque cela fut r&eacute;alis&eacute;, il v&eacute;rifia le lacet qui resserrait le sac autour de leur cou, v&eacute;rifia que les casques cachaient bien les oreilles et leur fit signe de s&#146;allonger. Il avait l&#146;air de craindre une r&eacute;action vive, pensa Kog. Mais les terriens ne pouvaient r&ecirc;ver d&#146;une meilleure introduction sur cette plan&egrave;te. Ils se pli&egrave;rent volontiers aux exigences de leurs h&ocirc;tes. Le v&eacute;hicule roulait sur une chauss&eacute;e bien entretenue et avec un minimum de bruits. Autour d&#146;eux, la nuit tomba vite, puis la premi&egrave;re lune sortit, mais sa lumi&egrave;re ne les r&eacute;veilla pas. La seconde lune &eacute;clipsait un peu le soleil levant quand le voyage fut pr&egrave;s de se terminer.<br> 		 Betty la premi&egrave;re, puis Kog, sortirent de leur plastique et enlev&egrave;rent les casques. Ils constat&egrave;rent avec plaisir que les bruits des conversations de leurs accompagnateurs &eacute;taient intelligibles pour eux. Puis repliant, dans un souci de participation, les sacs dans lesquels ils avaient dormi, ils virent sur la couche, grouiller une multitude de petites b&ecirc;tes. Cela  provoqua, chez eux, un mouvement de recul involontaire que Betty, toujours tr&egrave;s scientifique, ma&icirc;trisa la premi&egrave;re. Elle avait identifi&eacute; aussit&ocirc;t ces vermines comme des acariens g&eacute;ants.<br> 		G&eacute;ant &eacute;tait un mot fort, car ils n&#146;avaient que le double ou le triple de la taille de ceux qui vivent dans les draps des terriens. Ce qui les rendait hideux &eacute;tait que, sur cette plan&egrave;te, on les voyait, alors que pour apercevoir ceux de la terre il faut une tr&egrave;s forte loupe. L&agrave;, comme ailleurs, ils vivaient en symbiose avec les humano&iuml;des en se gavant de peaux mortes, en se  nourrissant de leurs desquamations. Sur Terre on les oubliait le plus souvent. Quelques puristes faisaient passer de la vapeur sur leur literie tous les quelques mois et changeaient leurs draps plus fr&eacute;quemment. Mais le subconscient collectif d&eacute;cidait, de pr&eacute;f&eacute;rence, de les oublier. Ici, la peau des autochtones &eacute;tait plus &eacute;paisse, en relation certainement avec des facteurs climatologiques, du genre brusques changements de temp&eacute;rature au cours des cycles de la plan&egrave;te. En effet, les deux lunes en opposition devaient multiplier les ombres et les &eacute;clipses. Les acariens, pour pouvoir vivre, avaient d&ucirc; s&#146;adapter et, il fallait reconna&icirc;tre que cela pouvait effrayer des gens aussi civilis&eacute;s que les habitants des plan&egrave;tes f&eacute;d&eacute;r&eacute;es. Il en serait de m&ecirc;me pour  ceux de la terre actuelle. Mais, pour le m&eacute;lange entre clone 001 Traor&eacute; et le Kog d&#146;origine tel qu&#146;il &eacute;tait au m&ecirc;me &acirc;ge, ce n&#146;&eacute;tait pas grand chose ! K&eacute;m&eacute;mani dans sa jeunesse avait souvent dormi &agrave; m&ecirc;me le sol et fr&eacute;quemment &eacute;cras&eacute; un scorpion de belle taille d&#146;un bon coup de talon. Quant &agrave; son clone il avait re&ccedil;u un entra&icirc;nement particuli&egrave;rement dur avec des missions p&eacute;rilleuses o&ugrave;  insectes et bestioles n&#146;avaient pas la priorit&eacute;. En ce qui concernait la Betty de base, c&#146;est par le raisonnement qu&#146;elle triomphait de sa r&eacute;pulsion. Par ailleurs, son clone, aguerrie par ses s&eacute;jours chez les pygm&eacute;es ne se frappait pas outre mesure !.<br> 		L&#146;individu, qui paraissait le responsable, s&#146;adressa &agrave; eux pour, en premier lieu, v&eacute;rifier s&#146;ils comprenaient, puis pour s&#146;&eacute;tonner de leur manque de r&eacute;actions vis &agrave; vis des acariens. Il &eacute;tait clair qu&#146;ils comprenaient tout, mais pour r&eacute;pondre ? Kog fit un essai en s&#146;exprimant naturellement, comme sur terre, pour voir :<br> 		&lt;&lt; Nous vous comprenons et nous vous remercions de votre accueil. Votre appareil vous permet-il de me comprendre aussi ? &gt;&gt;.<br> 		&lt;&lt; Parfaitement, j&#146;ai &eacute;t&eacute; en liaison permanente avec vous durant votre apprentissage. Donc, de mon c&ocirc;t&eacute;, je sais votre langue de base. Celle ci a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;e et n&#146;importe lequel d&#146;entre nous pourra se la faire &#147; infiltrer &#147; ,si n&eacute;cessaire. Il y a des ann&eacute;es que personne de la F&eacute;d&eacute;ration n&#146;est venu nous voir et les derniers que nous avons re&ccedil;u nous ont bien fait rire ! &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Ah ! Oui ? En quoi ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; En premier lieu en essayant de s&#146;infiltrer chez nous comme leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs, sans se faire remarquer alors qu&#146;un simple coup d&#146;oeil sur leur peau suffit &agrave; les identifier. Secondement, au lieu de chercher &agrave; communiquer o&ugrave; &agrave; se mettre en rapport direct avec nous ils n&#146;ont pas pu avoir l&#146;occasion  d&#146; acqu&eacute;rir notre langue et nous en sommes encore &agrave; nous demander ce qu&#146;ils sont venus faire. Mais c&#146;est la fa&ccedil;on dont ils sont repartis qui cause notre hilarit&eacute;. Ils ne sont rest&eacute;s, en fait que deux jours : le premier ils se sont cach&eacute;s sur leur caillou en mer et le second ils sont all&eacute;s dans une auberge du port. L&agrave; ils ont retenu, e, s&#146;exprimant par gestes, des chambres  o&ugrave; ils se sont couch&eacute;s. C&#146;&eacute;tait, sans doute, dans une id&eacute;e de premi&egrave;re &eacute;tape d&#146;exploration. Mais, au milieu de la nuit l&#146;un d&#146;entre eux s&#146;est r&eacute;veill&eacute; et a vu sur quel nid de petites bestioles il dormait ! Il a pouss&eacute; un hurlement qui a r&eacute;veill&eacute; tout le monde, bref, ils sont repartis en courant et on ne les a jamais plus revus. Nous, on en rigole encore ! J&#146;ai pu constater que, pour vous, apr&egrave;s la surprise, votre r&eacute;action a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s saine. J&#146;ajoute que je me r&eacute;jouis, en mon nom et au nom de notre conseil des anciens, que vous veniez nous voir, pour faire connaissance avec nous, sans vous cacher le moins du monde &gt;&gt;.<br> 		Le bus entrait dans la cour d&#146;une &eacute;norme construction qui, semble-t-il, devait &ecirc;tre un b&acirc;timent officiel. Il stoppa devant un perron o&ugrave; une dizaine de dignitaires attendaient. A leur descente Betty et Kog furent accueillis avec des compliments et des politesses puis, men&eacute;s dans une grande salle o&ugrave; si&eacute;geaient environ cinquante individus au milieu de cent places vides. Tous n&#146;avaient pu se trouver l&agrave; &agrave; temps, sans doute. Sur une estrade, une longue table faisait face &agrave; l&#146;assistance et ils furent pri&eacute;s de s&#146;asseoir au milieu. Celui qui devait &ecirc;tre le chef ou le Pr&eacute;sident attendit que le bruit des chaises remu&eacute;es et des voix se fut arr&ecirc;t&eacute; puis commen&ccedil;a, tr&egrave;s directement &agrave; s&#146;exprimer : <br> 		&lt;&lt; Madame, Monsieur, vous n&#146;&ecirc;tes pas les premiers visiteurs de notre plan&egrave;te, d&#146;autres, au cours des mill&eacute;naires pass&eacute;s sont venus et ont laiss&eacute;, dans nos l&eacute;gendes des traces durables de leurs passages. Pour les plus anciens contacts, notre civilisation &eacute;tait embryonnaire et ils furent per&ccedil;us comme des divinit&eacute;s. Pour le plus r&eacute;cent, nous avions &eacute;norm&eacute;ment progress&eacute; et notre civilisation est aujourd&#146;hui  bien avanc&eacute;e, aussi les avons-nous trouv&eacute;s assez ridicules.<br> 		 Chaque monde suit un d&eacute;veloppement diff&eacute;rent et ce que nous savons n&#146;est pas ce que vous savez, et r&eacute;ciproquement. Nous &eacute;prouvons ,par exemple et en ce moment, de grandes difficult&eacute;s &agrave; r&eacute;aliser des machines qui volent. Vous devriez pouvoir nous aider &agrave; progresser dans ce sens si, pour vous, c&#146;est simple. Nous d&eacute;duisons , en effet, que venant de l&#146;espace, il est plus que probable que vous avez commenc&eacute; par ma&icirc;triser les voyages a&eacute;riens chez vous. De notre c&ocirc;t&eacute;, nous avons bien travaill&eacute; sur le psychisme et les possibilit&eacute;s du cerveau, et sans avoir &eacute;t&eacute; indiscrets, nous avons compris que vous ne connaissiez pas les machines &agrave; int&eacute;gration de langues.<br> 		Vous devez savoir bien des choses sur nous et nous ne voyons aucune raison de vous cacher quoi que ce soit . Il est &eacute;vident que vous n&#146;avez aucune id&eacute;e de conqu&ecirc;te car vous venez sans la moindre arme et par groupes minuscules. Pouvez-vous nous dire qui vous &ecirc;tes et nous parler un peu de votre, ou de vos, mondes ? &gt;&gt;<br> 		Ce fut Betty qui se leva pour prendre la parole, elle s&#146;exprimait assez lentement et en articulant bien, car ce n&#146;&eacute;tait pas le moment de risquer des contre-sens, dans une langue si nouvellement acquise.<br> 		&lt;&lt; Mon nom le plus simple et que je vous demande d&#146;utiliser est Betty, mon compagnon est Kog, nous sommes originaires d&#146;une plan&egrave;te lointaine qui se nomme Terre et nous d&eacute;signons la v&ocirc;tre sous le nom de Bilunes. Nous sommes ici en curieux car notre plan&egrave;te vient seulement d&#146;&ecirc;tre accept&eacute;e dans une F&eacute;d&eacute;ration qui en comporte, maintenant, quatre-vingts. Mais nous n&#146;avons pas les m&ecirc;mes moeurs que les autres. Nous n&#146;avons rien &agrave; dissimuler et nous sommes pr&ecirc;ts &agrave; collaborer et &agrave; r&eacute;pondre, autant que faire se peut, &agrave; votre attente. Les autres mondes de la F&eacute;d&eacute;ration partent de l&#146;id&eacute;e que seuls sont admissibles, les plan&egrave;tes dont l&#146;&eacute;volution est all&eacute;e assez loin. Mais ils ne font jamais rien pour acc&eacute;l&eacute;rer les choses. Ils ont un crit&egrave;re pour mesurer cela, un certain paradigme expliquant l&#146;Univers. Ils attendent donc qu&#146;une plan&egrave;te ait trouv&eacute; cette th&eacute;orie pour la consid&eacute;rer comme recevable. Je suis moi-m&ecirc;me physicienne et sp&eacute;cialiste en ce genre de science mais je n&#146;aurais jamais l&#146;outrecuidance de consid&eacute;rer qu&#146;un degr&eacute; de civilisation se mesure avec une seule id&eacute;e en t&ecirc;te.<br> 		 Mon compagnon et moi, profitons des facilit&eacute;s de transports interplan&eacute;taires mises &agrave; notre disposition pour nous promener et apprendre. Mais nous ne refusons pas du tout de vous aider si nous le pouvons ! Nous n&#146;avons pas de grands livres dans nos t&ecirc;tes mais il est certain que je puis vous exposer quelques bons principes d&#146;a&eacute;rodynamique et vous dessiner quelques formes de machines qui voleront. De son c&ocirc;t&eacute;, Kog a utilis&eacute; des engins volants sans moteurs, grandes toiles tendues qui permettent de sauter depuis des hauteurs et de r&eacute;aliser de longs vols. Nous pouvons aussi vous montrer comment fabriquer des ballons gonfl&eacute;s de gaz l&eacute;gers. Je dois vous dire que ceci n&#146;est qu&#146;un premier contact et que nous n&#146;avons pas pr&eacute;vu un long s&eacute;jour, mais nous vous aiderons du mieux que nous pourrons. Je laisse la parole &agrave; mon compagnon. &gt;&gt; Elle se posa sur sa chaise tandis, que Kog, &agrave; son tour, se levait pour parler :<br> 		&lt;&lt; Moi, je suis d&#146;accord pour vous aider &agrave; avancer dans les chemins que nous connaissons mieux que vous et, en &eacute;change, je serais le meilleur &eacute;l&egrave;ve possible si vous voulez bien m&#146;enseigner comment r&eacute;aliser une machine &agrave; int&eacute;grer les langages*. Je dois, pour ne rien vous cacher, vous dire que nous ne sommes pas venus seuls, mais accompagn&eacute;s d&#146;un &ecirc;tre marin tr&egrave;s intelligent qui vit dans nos oc&eacute;ans et avec lequel je reste en liaison t&eacute;l&eacute;pathique. Je ne sais pas encore si vous connaissez une esp&egrave;ce semblable ici, mais je peux vous dessiner sa forme sur la grande feuille qui est l&agrave;, sans doute, dans ce but ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Veuillez, je vous en prie  nous dessiner un membre de cette esp&egrave;ce ! &gt;&gt;.<br> 		 Kog esquissa, aussi bien que possible, ce qu&#146;&eacute;tait  Secco et il y eut quelques murmures dans la foule. Alors il d&eacute;clara : <br> 		&lt;&lt; Voici Secco, la seiche qui nous a rendus de grands services et qui est mon amie. Existe-t-il une esp&egrave;ce semblable chez vous ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt; Pouvez-vous nous indiquer quelle taille a cette Secco quand elle est adulte ? &gt;&gt;<br> 		Kog r&eacute;pondit en &eacute;cartant les mains pour une taille de 1, 2 m&egrave;tres et reprit :<br> 		&lt;&lt; Secco est un &ecirc;tre de taille moyenne, il en existe de plus petites et de plus grandes. D&#146;autres animaux, moins &eacute;volu&eacute;s ont aussi des formes avoisinantes, cela vous fait penser &agrave; quelque chose ? &gt;&gt;<br> 		&lt;&lt;Tout &agrave; fait ! Nous n&#146;avons pas de &ccedil;a chez nous, mais nous avons trouv&eacute;, dans une de nos &icirc;les, un monument qui repr&eacute;sente exactement ce que vous avez dessin&eacute;. Seulement il fait 5 fois votre propre taille et se trouve dans l&#146;entr&eacute;e d&#146;une grotte d&eacute;cor&eacute;e de gravures, incompr&eacute;hensibles pour nous, et montrant la vie de ces animaux marins dans les oc&eacute;ans. Cet endroit est consid&eacute;r&eacute; par nous comme sacr&eacute; et terrible car, jadis, nos anc&ecirc;tres y sacrifiaient, selon la l&eacute;gende, des humains en les abandonnant dans la grotte. Personne ne les revoyait jamais. Maintenant, c&#146;est assez peu visit&eacute; et sert surtout &agrave; effrayer les enfants qui ne sont pas gentils. Serez-vous int&eacute;ress&eacute;s que nous vous y menions ? &gt;&gt;<br> 		D&#146;une seule voix, ils r&eacute;pondirent par l&#146;affirmative.<br> 		<br> 		Les Capitaines.<br> 		<br> 		Ce que furent les cinq mois pass&eacute;s par les terriens sur cette plan&egrave;te est ais&eacute; &agrave; deviner mais, pour plus de d&eacute;tails, se reporter, comme indiqu&eacute; plus haut, aux oeuvres et travaux des experts class&eacute;s sous la r&eacute;f&eacute;rence &#147; Bilunes&#148;. Ce qui est notable est que l&#146;utile fut joint &agrave; l&#146;agr&eacute;able. L&#146;&icirc;le o&ugrave; se trouvait le monument repr&eacute;sentant un Dieu &#147;seiche &#147; &eacute;tait fort &eacute;loign&eacute;e du continent et les paquebots les plus rapides, dans les meilleures conditions climatiques, mettaient plus de quatre-vingts jours pour s&#146;y rendre. Il fut donc d&eacute;cid&eacute; que le temps du voyage serait mis &agrave; profit pour que Terriens et Bilunaires &eacute;changent leurs connaissances dans les domaines qui avaient &eacute;t&eacute; programm&eacute;s. Chaque jour, ils travaillaient ensemble, du matin au soir avec de courtes interruptions pour manger. Quand l&#146;&icirc;le fut en vue, Betty avait compris le principe et les astuces de la machine &agrave; langage* et leurs h&ocirc;tes, comme de juste, savaient l&#146;essentiel sur les plus lourds et les plus l&eacute;gers que l&#146;air. Kog avait m&ecirc;me dirig&eacute; la fabrication d&#146; une aile delta dans le but de se livrer &agrave; une d&eacute;monstration, si la configuration de l&#146;&icirc;le le permettait. Tous &eacute;taient tr&egrave;s satisfaits et la sympathie devenait de plus en plus grande entre ces gens de plan&egrave;tes si &eacute;loign&eacute;es. Gr&acirc;ce &agrave; quelques billes de tungst&egrave;ne, les terriens offrirent un somptueux repas aux Bilunaires la veille de l&#146;arriv&eacute;e alors que le sommet du volcan &eacute;teint, point culminant de leur destination, pouvait &ecirc;tre observ&eacute; &agrave; l&#146;oeil nu.<br> 		Secco, qui ne pouvait se d&eacute;placer &agrave; la vitesse du navire, les accompagnait dans un aquarium et se trempait en mer, de temps en temps, pendant que les marins renouvelaient l&#146;eau. Ce qu&#146;elle avait d&eacute;duit de ses explorations se r&eacute;duisait &agrave; peu de choses : Il n&#146;y avait aucun c&eacute;phalopode dou&eacute; d&#146;intelligence ou de t&eacute;l&eacute;pathie sur ce monde. Certains crustac&eacute;s, plus proches des Cralangs que des animaux terrestres, poss&eacute;daient un cerveau bien fait et une m&eacute;moire transmissible. Ils &eacute;taient capables de transmissions t&eacute;l&eacute;pathiques mais  ne les utilisaient que pour leurs incursions sur les rivages. Sinon, ils communiquaient par signes d&#146;antennes. Leur histoire &eacute;tait celle d&#146;une lente r&eacute;trogradation depuis qu&#146;ils sse trouvaient sur cette plan&egrave;te. Il semblait qu&#146;ils y soient arriv&eacute;s en m&ecirc;me temps que des Cephs dans la nuit des temps et que ces derniers n&#146;avaient pas surv&eacute;cus tr&egrave;s longtemps dans cet Oc&eacute;an. Peu nombreux lors de leur arriv&eacute;e, les Cephs, &agrave; force de se croiser entre eux, avaient fini par d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer et, finalement par dispara&icirc;tre. Mais du temps de leur pr&eacute;sence ils dirigeaient le travail de ces pseudo Cralangs. Lorsque Secco entra en contact avec eux ils &eacute;taient pr&ecirc;ts, sans discuter, &agrave; se mettre &agrave; sa disposition, cela paraissait inscrit dans leurs g&egrave;nes. Mais Secco, bien s&ucirc;r, d&eacute;clina cette offre.<br> 		Bien que rong&eacute; par la curiosit&eacute;, Kog d&eacute;cida de faire d&#146;abord sa d&eacute;monstration de vol. La raison en &eacute;tait que, par la suite, les Bilunaires se passionneraient pour en faire autant et que, partant, Betty et lui seraient plus libres pour leur visite.<br> 		Donc, &agrave; peine l&#146;&eacute;quipe d&eacute;barqu&eacute;e, un petit engin &agrave; moteur les amena presque jusqu&#146;au sommet qui culminait &agrave; 1800 m&egrave;tres. Ils grimp&egrave;rent la derni&egrave;re d&eacute;nivellation sur deux cents m&egrave;tres en portant le deltaplane sur leur dos. Kog expliqua comment il fallait choisir l&#146;orientation en fonction du vent, et sans plus attendre, se lan&ccedil;a dans le vide &agrave; la grande &eacute;motion des Bilunaires pr&eacute;sents. Il eut la chance de rencontrer une configuration de vents r&eacute;guliers avec des flux ascendants bien plac&eacute;s et resta plus d&#146;une heure &agrave; tournoyer avant de commencer sa descente. Il r&eacute;ussit &agrave; se poser sur un m&eacute;plat &agrave; l&#146;altitude de 1200 m&egrave;tres. La voiture vint le rechercher et ils remont&egrave;rent tout en haut. Pour le second vol, Kog demanda un volontaire comme passager et lui donna ses instructions. Tout en volant, il lui expliqua bien la fa&ccedil;on de s&#146;y prendre et ils revinrent encore au m&eacute;plat. Pour la suite, Kog leur laissa l&#146;engin et redescendit vers la grotte. Ces gens &eacute;taient malins et dou&eacute;s. Il n&#146;y eut pas d&#146;accidents sauf une cheville foul&eacute;e &agrave; l&#146;atterrissage et quelques bains forc&eacute;s. Ils &eacute;taient ravis et bien d&eacute;cid&eacute;s &agrave; tous participer aux essais. Ils projetaient de construire de nombreux engins semblables par la suite.<br> 		Devant la grotte, Betty et Secco (dans une grande cuvette ) attendaient. Les Bilunaires qui &eacute;taient avec eux avaient bien insist&eacute; pour que la visite soit group&eacute;e entre les terriens et, aussi,  pour ne pas y participer. Ils manifestaient une sorte de crainte atavique et visc&eacute;rale vis &agrave; vis de ce lieu, c&#146;&eacute;tait certain ! On remarquait d&eacute;j&agrave; depuis l&#146;ext&eacute;rieur que la grotte plongeait vers le sous-sol et devenait sombre quelques pas apr&egrave;s la grille. Un bruit de ressac en provenait indiquant la pr&eacute;sence d&#146;une autre entr&eacute;e, sous-marine celle-la. Kog et Betty commenc&egrave;rent leur visite en descendant les quelques marches taill&eacute;es courageusement dans le basalte, roche magmatique dure, s&#146;il en fut. Il devait exister un d&eacute;tecteur en &eacute;tat de marche car la lumi&egrave;re s&#146;alluma quand ils parvinrent au niveau inf&eacute;rieur. Le couple de terriens  marchait assez lentement car chacun d&#146;eux tenait une des poign&eacute;es de la bassine dans laquelle la seiche &eacute;tait emmen&eacute;e. Ils arriv&egrave;rent devant la statue qui paraissait encore plus monumentale qu&#146;ils ne le pensaient. Betty en estima la hauteur &agrave; une vingtaine de m&egrave;tres. Elle &eacute;tait pos&eacute;e sur un socle relativement large et de forme carr&eacute;e dont le c&ocirc;t&eacute; devait faire la moiti&eacute; de la hauteur totale du monument. Etant donn&eacute; que le tout se trouvait sur une plage sableuse et au niveau d&#146;une nappe d&#146;eau de mer communiquant, aux mar&eacute;es basses avec l&#146;oc&eacute;an, la grande surface de la base conf&eacute;rait la stabilit&eacute; n&eacute;cessaire. Cela repr&eacute;sentait un c&eacute;phalopode, du genre seiche dont les tentacules dirig&eacute;s vers le sol, sous forme de faisceaux, formaient un pied quasi unique. Le tout construit en ce m&ecirc;me basalte dont les marches &eacute;taient constitu&eacute;es. Cette roche provenait s&ucirc;rement du volcan. La partie la plus haute affleurait le toit de la grotte et il semblait qu&#146;il y avait encore une anfractuosit&eacute; au-dessus comme si, au final, on eut manqu&eacute; d&#146;un demi-m&egrave;tre de hauteur.<br> 		Cette image redoutable d&#146;un animal marin n&#146;avait pu &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e que par coul&eacute;e ce qui supposait tout un art m&eacute;tallurgique et une haute technologie du moulage. Ensuite, il avait fallu ex&eacute;cuter le d&eacute;placement et le redressement d&#146;une &eacute;norme masse ! L&agrave;, on se demandait forc&eacute;ment comment cela avait pu &ecirc;tre men&eacute; &agrave; bien. L&#146;humidit&eacute; marine ambiante recouvrait toute la surface d&#146;une ros&eacute;e et lui donnait un aspect visqueux assez d&eacute;courageant. Secco fut port&eacute;e vers le petit bras de mer qui venait effleurer et l&eacute;cher la base de la statue. Mais elle gardait un plein contact avec Kog, car elle avait senti une tr&egrave;s forte pr&eacute;sence de message t&eacute;l&eacute;pathique en ce langage que BAFESI utilisait. Ce fut donc la seiche qui, de ce fait, prit enti&egrave;rement le commandement de la suite des op&eacute;rations.<br> 		En premier lieu elle demanda &agrave; Kog de monter sur statue, puis, devant son &eacute;tonnement et son sentiment d&#146;impuissance, elle lui dit d&#146;aller entre la paroi  du fond et le monument. Il y trouverait de quoi monter jusqu&#146;&agrave; un levier qu&#146;il devrait trouver au quart de la hauteur. Effectivement, bien que discr&egrave;tes et recouvertes de mousses gluantes, il put voir la pr&eacute;sence de tiges en relief qui d&eacute;passaient un peu et devraient lui permettre de grimper. Il suffirait qu&#146;il les gratte au fur et &agrave; mesure et prenne des pr&eacute;cautions pour ne pas glisser. C&#146;est donc lentement, avec un sac en bandouli&egrave;re contenant un couteau &agrave; large lame pour faire tomber la v&eacute;g&eacute;tation parasite, des chiffons en quantit&eacute; pour essuyer ensuite, et un bout de corde pour s&#146;assurer au &#147;piton&#148; du dessus, que Kog entrepris l&#146;ascention du monument sur une demi-douzaine de m&egrave;tres. Cela lui demanda 25 minutes. Il pensa que si le levier indiqu&eacute; par Secco se trouvait l&agrave; c&#146;est que le tentacule d&#146;un Ceph de taille standard pouvait l&#146;atteindre, donc, que la statue devait &ecirc;tre &agrave; peu pr&egrave;s tripler le mod&egrave;le r&eacute;el et vivant. Ce qui indiquait d&eacute;j&agrave; une belle b&ecirc;te !<br> 		Ce qu&#146;il vit, n&#146;&eacute;tait pas proprement un levier, le message t&eacute;l&eacute;pathique en donnait l&#146;id&eacute;e mais cela signifiait &#147;contacteur &#147; et l&#146;esprit de Kog &eacute;tait all&eacute; au plus simple. Il avait remarqu&eacute; que c&#146;&eacute;tait souvent le cas dans ce genre de communication. On &eacute;mettait une id&eacute;e, pas une image et &agrave; l&#146;autre bout on recevait l&#146;id&eacute;e dont on se construisait une image. Cela r&eacute;sumait tout le probl&egrave;me de la s&eacute;mantique, pensa Kog. Quand je pense et envoie l&#146;id&eacute;e &#147;chaise &#147; je peux avoir dans l&#146;esprit l&#146;image d&#146;une certaine chaise. Par exemple une chaise de cuisine en bois  brut avec un fond en paille tress&eacute;e. Lorsque mon interlocuteur re&ccedil;oit &#147;chaise &#147; il peut percevoir l&#146;image d&#146;une chaise de salon &agrave; haut dossier recouverte de velours rouge ! Mais, aussi bien, ce pourait &ecirc;tre, pour lui, celle d&#146;un meuble l&eacute;ger &agrave; cannages !<br> 		Donc Kog voyait, non un levier mais un trou cylindrique horizontal d&#146;un diam&egrave;tre de 5 &agrave; 6 cm et de profondeur qu&#146;il estima, en l&#146; &eacute;clairant de sa lampe torche, &agrave; environ 15 cm. Au fond il semblait qu&#146;il y ait une grosse bille de verre ? Avec le manche de sa brosse, il pouvait toucher cette bille et appuyer, mais avant de le faire, il d&eacute;sirait en savoir un peu plus et tourna sa pens&eacute;e vers Secco. La seiche lui fit comprendre qu&#146;en p&eacute;n&eacute;trant dans ces lieux elle avait &eacute;t&eacute; alert&eacute;e par une sorte de &#147;balise &#147; qui &eacute;mettait r&eacute;guli&egrave;rement un signal t&eacute;l&eacute;pathique destin&eacute; aux Cephs. Ce signal lui donnait l&#146;emplacement de la commande d&#146;un dispositif plus &eacute;labor&eacute;. Ce dernier se mettrait en marche si Kog enfon&ccedil;ait la bille. Aucune pr&eacute;sence de vivant ne se faisant sentir dans la statue, il devait donc y avoir un message enregistr&eacute; &agrave; destination des Cephs qui pourraient venir. Secco pensait qu&#146;elle devrait pouvoir le comprendre. Elle se proposait, si cela s&#146;av&eacute;rait possible, en m&ecirc;me temps qu&#146;elle &eacute;couterait, de  communiquer et traduire pour Kog. Si cela s&#146;av&eacute;rait trop difficile, elle &eacute;couterait d&#146;abord, une ou plusieurs fois, pour bien tout comprendre et enregistrer, puis elle traduirait ensuite pour Kog . Si des points demeuraient obscurs il suffirait d&#146;enfoncer la bille de nouveau.<br> 		Lorsque Kog, d&#146;une forte pression, sentit la bille bouger, Secco fut presque submerg&eacute;e par un flot ininterrompu d&#146;id&eacute;es et d&#146;images. Pas question de traduire en simultan&eacute; !. Elle dut demander quatre fois &agrave; Kog de faire repasser l&#146;enregistrement. Ensuite, Kog &eacute;tant redescendu de son perchoir, elle se mit &agrave; &eacute;mettre tandis que l&#146;homme notait sur un bloc de papier, ce qu&#146;il recevait. Cela donna quelque chose comme cela :<br> 		&lt;&lt; Vous &ecirc;tes le premier visiteur depuis 1.359.456 rotations de cette plan&egrave;te autour de son soleil. Soyez le bienvenu. La balise automatique qui vous re&ccedil;oit a &eacute;t&eacute; construite par nous, l&#146;&eacute;quipage de la bulle 19875. Nous sommes arriv&eacute;s en exploration sur ordre de la  Centralit&eacute; et &eacute;tablis ici depuis 65 g&eacute;n&eacute;rations. Nous savons que notre race, sur ce monde, va dispara&icirc;tre, faute de g&egrave;nes nouveaux. Nous aurions pu revenir vers notre plan&egrave;te d&#146;origine mais nos ordres &eacute;taient pr&eacute;cis et semblables pour tous. Ils s&#146;appliquent sans exception &agrave; tous les explorateurs de la grande dispersion :<br> 		 &#147; Trouver des mondes nouveaux habitables pour notre esp&egrave;ce et dot&eacute;s d&#146; oc&eacute;ans importants. Choisir un de ces 894 mondes en accord avec la Centralit&eacute;. S&#146;en rendre ma&icirc;tres sans violence, aider &agrave; d&eacute;velopper les races de crustac&eacute;s et laisser le domaine de la terre s&egrave;che &agrave; d&#146;autres esp&egrave;ces plus pr&eacute;caires. Informer, chaque si&egrave;cle, du point o&ugrave; nous en sommes de notre t&acirc;che en envoyant des messages radio vers le Centralit&eacute;. Ne jamais revenir, attendre &#147;<br> 		 Nous avons attendu, attendu en vain et nous avons r&eacute;alis&eacute; notre travail, mais nous sommes de moins en moins nombreux et de plus en plus fragiles. Notre bulle est rest&eacute;e et devrait se conserver en &eacute;tat de fonctionnement presque infiniment car elle se trouve en stase intemporelle. Si vous en avez besoin, elle se trouve au-dessus de la statue mais ne peut &ecirc;tre manoeuvr&eacute;e que par un capitaine connaissant totalement les principes de son fonctionnement et donc le paradigme complet de l&#146;univers &agrave; 11 dimensions qui est le n&ocirc;tre. Dans le cas o&ugrave; un tel sp&eacute;cialiste ne fait pas partie de votre groupe c&#146;est que vous &ecirc;tes arriv&eacute;s ici en utilisant l&#146;un des dispositifs simples. Ceux qui sont bas&eacute;s sur le paradigme &agrave; six dimensions que nous, les Cephs, avons d&eacute;pos&eacute;s dans tous les mondes habitables de la galaxie.<br> 		 Alors, ne touchez pas &agrave; la bulle, ce serait dangereux pour la trame m&ecirc;me de l&#146;espace-temps, et rejoignez l&#146;oc&eacute;an o&ugrave; vous trouverez tout ce qui vous est n&eacute;cessaire. Si, par suite d&#146;un accident votre dispositif &agrave; six dimensions &eacute;tait hors d&#146;&eacute;tat de fonctionner et que vous deviez tout de m&ecirc;me voyager, il vous est possible d &#145;utiliser celui que nous avons b&acirc;ti sur ce monde. Cette statue est creuse et le contient ! Elle ne peut vous en permettre l&#146;acc&egrave;s que sur ordre t&eacute;l&eacute;pathique en langage Ceph. La mise en route se fait en appuyant un tentacule sur la bille de verre qui se trouve &agrave; droite de l&#146;appareil. La statue se refermera avec votre d&eacute;part. N&#146;oubliez pas que seuls vos corps voyageront et que vous ne pourrez rien emporter avec vous. Seules les bulles permettent le transport des &ecirc;tres vivants en m&ecirc;me temps que des objets mais il faut un capitaine form&eacute; sp&eacute;cialement pour les manier. Nous avons utilis&eacute; le dispositif &agrave; six dimensions pour envoyer les sp&eacute;cimens des animaux et &ecirc;tres pensants de ce monde vers la Centralit&eacute;, selon le code d&#146;instructions g&eacute;n&eacute;rales.<br> 		Ce que nous avons ressenti, v&eacute;cu et not&eacute; sur ce monde depuis notre arriv&eacute;e existe, exprim&eacute; en enregistrement t&eacute;l&eacute;pathique,  &agrave; votre disposition et peut &ecirc;tre re&ccedil;u par vous en enfon&ccedil;ant le contacteur qui se trouve au sommet de la statue. Cela se trouve juste avant l&#146;acc&egrave;s &agrave; la bulle, mais cela ne sera utile que si vous devez demeurer, comme nous l&#146;avons fait, sur cette plan&egrave;te. Sinon que l&#146;un d&#146;entre vous enl&egrave;ve l&#146;enregistrement de sa niche, le copie, le remette en place  et emporte la copie vers la Centralit&eacute;. Message termin&eacute; &gt;&gt;.<br> 		Apr&egrave;s avoir tout not&eacute; et v&eacute;rifi&eacute; avec Secco, Kog tendit le texte &agrave; Betty et lui laissa le temps de se p&eacute;n&eacute;trer de son sens. Lorsqu&#146;elle releva la t&ecirc;te, ils se regard&egrave;rent car ils venaient de comprendre bien des choses essentielles :<br> 		--La technique des mandalas n&#146;&eacute;tait d&eacute;couverte, dans chaque monde que sous l&#146;influence des Cephs.<br> 		 --Les premiers mandalas avaient &eacute;t&eacute; construits par et pour les Cephs.<br> 		 --Il existait un paradigme de physique fondamentale &agrave; onze dimensions dont la connaissance permettait pratiquement tous types de transports en temps nul.<br> 		Cette science &eacute;tait dangereuse pour ceux qui ne la connaissaient pas. Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me, le monde des Cralangs avait-il disparu par suite d&#146;une fausse manoeuvre ?<br> 		--Les Cephs consid&eacute;raient qu&#146;il y avait, en tout et hors de chez eux, 894 mondes o&ugrave; la vie &eacute;tait possible pour eux dans cette galaxie !<br> 		Il y avait de nombreuses  conclusions &agrave; en tirer et ils profiteraient du voyage de retour pour en parler. Mais, en premier lieu, Kog et Betty voulaient absolument jeter un regard sur la bulle et sur le &#147;mandala &#147; qu&#146;utilisaient les Cephs. Ils grimp&egrave;rent donc, tant bien que mal jusqu&#146;au sommet de la sculpture et virent, au-dessus d&#146;eux une galerie large de deux m&egrave;tres qui continuait en pente douce. Ils s&#146;y engag&egrave;rent, n&#146;eurent que quelques pas &agrave; faire pour se trouver devant une grande sph&egrave;re transparente d&#146;un diam&egrave;tre de six m&egrave;tres. A l&#146;int&eacute;rieur,  ils purent apercevoir, en  moiti&eacute; sup&eacute;rieure une multitude de tableaux de commandes et dans la demi-sph&egrave;re du bas ce qui devait &ecirc;tre une piscine dans laquelle le ou les voyageurs devaient se tenir. Ils d&eacute;cid&egrave;rent de laisser tout cela en place et de ne rien toucher. En revenant vers la t&ecirc;te de la statue ils virent ce qui se pr&eacute;sentait comme un disque noir, lisse et brillant comme un miroir et Kog dut faire appel &agrave; Secco pour transmettre l&#146;ordre t&eacute;l&eacute;pathique. Revenu au pied du monument ils virent qu&#146;un bloc repr&eacute;sentant deux des tentacules s&#146;&eacute;tait d&eacute;tach&eacute; du reste et en poussant fortement ils purent p&eacute;n&eacute;trer dans la statue. A leur passage une lumi&egrave;re s&#146;alluma et ils purent effectivement voir ce qu&#146;&eacute;tait un &#147;mandala&#148; Ceph. Si l&#146;on excepte le fait que les fils utilis&eacute;s n&#146;&eacute;taient pas en cuivre mais en platine, et que la taille &eacute;tait &eacute;norme par rapport &agrave; celle &eacute;tablie par  Mat Ducerf, les dispositifs &eacute;taient tr&egrave;s voisins. Ils pr&eacute;f&eacute;r&egrave;rent ne pas l&#146;essayer car ils ignoraient o&ugrave; cela les enverrait. Quand ils revinrent, la lumi&egrave;re s&#146;&eacute;teignit et la porte se referma, redevenant invisible. <br> 		<br> 		<br> 		Sur le navire qui les ramenaient, Betty et Kog phosphoraient et cherchaient toutes les implications de leur d&eacute;couverte. Et il y en avait un sacr&eacute; paquet ! <br> 		Par exemple, le message laiss&eacute; datait de bien avant la disparition du monde des Cralangs, mais cette grande colonisation indiquait qu&#146;ils &eacute;taient inquiets de leur devenir et voulaient essaimer. Or le monde des Cralangs n&#146;avait su et pu qu&#146;envoyer un unique vaisseau avec un seul Ceph. Par cons&eacute;quent, ce n&#146;&eacute;tait qu&#146;une colonie de la grande dispersion et ils avaient r&eacute;gress&eacute; au point que plus personne ne connaissant l&#146;usage du paradigme &agrave; 11 dimensions. La Centralit&eacute; appartenait &agrave; quelque chose qui devait dater d&#146;environ deux millions d&#146;ann&eacute;es et pouvait avoir compl&egrave;tement disparu. Mais cela c&#146;&eacute;tait de la philosophie. Il y avait bien plus important dans l&#146;imm&eacute;diat :<br> 		Les fameux 80 mondes aboutis, ne repr&eacute;sentaient qu&#146;une fraction de tous les mondes habitables.<br> 		Les humano&iuml;des n&#146;&eacute;taient pas la race la plus intelligente de l&#146;Univers.<br> 		Les habitants des mondes f&eacute;d&eacute;r&eacute;s n&#146;&eacute;taient pas si malins que l&#146;on croyait, ils avaient simplement &eacute;t&eacute; form&eacute;s plus t&ocirc;t par les Cephs. <br> 		Sur chacun des 894 mondes r&eacute;pertori&eacute;s se trouvait un mandala  et, avec le dispositif mis au point par Betty, tous pouvaient &ecirc;tre d&eacute;couverts et visit&eacute;s. Hors de la premi&egrave;re ziggourat, il en existait donc, quelque part, un autre sur Terre.<br> 		Le paradigme &agrave; onze dimensions, dont certains terriens avaient eu l&#146;intuition du temps de Ducerf, &eacute;tait le plus &eacute;labor&eacute; possible et permettrait, quand on l&#146;aurait mis &agrave; plat, de transporter hommes et mat&eacute;riels partout, quasi instantan&eacute;ment.<br> 		Oui, il y aurait bien des choses &agrave; raconter sur Floric &agrave; leur retour ! Et encore plus &agrave; dire sur la Terre quand leur triple mission serait achev&eacute;e.<br> 		<br> 		<br> 		<br> 		......................................................................................................................................................<br> 		 **Incise sur les machines &agrave; traduire les langages.<br> 		<br> 		La machine qui recevait les visiteurs sur Floric, enseignait, par hypnose, la base v&eacute;hiculaire du langage standard de la F&eacute;d&eacute;ration. Cela repr&eacute;sentait, en tout, 300 mots, verbes et conjugaisons. Le compl&eacute;ment venait ensuite au fur et &agrave; mesure du s&eacute;jour du voyageur. Ainsi Betty avait &eacute;t&eacute; &agrave; m&ecirc;me de rapidement comprendre et de s&#146;exprimer en termes simples le jour m&ecirc;me de son arriv&eacute;e. Cet engin n&#146;apprenait pas le langage du voyageur et ne se livrait qu&#146;&agrave; un sondage l&eacute;ger pour l&#146;identifier.<br> 		<br> 		Le syst&egrave;me utilis&eacute; sur Bilunes &eacute;tait d&#146;un autre genre : en premier lieu la machine traduisait en pens&eacute;es le langage de chacun des participants, puis elle leur enseignait le processus mental de la parole en m&ecirc;me temps que la transformation de leur pens&eacute;e en phon&egrave;mes entendus par l&#146;autre. Pour ce faire elle devait analyser le psychisme du voyageur et s&#146;y adapter. Ensuite ce dernier pouvait totalement s&#146;exprimer dans la langue locale aussi bien qu&#146;un homme de Bilunes pouvait comprendre la langue de la F&eacute;d&eacute;ration, le terrien standard ou le Bambara.<br> 		......................................................................................................................................................<br> 		<br> 		.<br> 		<br> 		La Plan&egrave;te AMIBIOS<br> 		<br> 		Tandis que sur la Terre les Sages se livraient &agrave; l&#146;&eacute;tude des &eacute;l&eacute;ments ramen&eacute;s de Bilunes, et que Secco communiquait aux autres seiches ce qu&#146;elle avait appris, Betty et Kog d&eacute;cid&egrave;rent d&#146;effectuer une courte visite sur la plan&egrave;te Amibios et de rencontrer les &eacute;tranges &#147;Silicones&#148; qui la peuplaient.<br> 		<br> 		Lorsqu&#146;ils sortirent de leur mandala, un gros progr&egrave;s avait &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; depuis la visite pr&eacute;c&eacute;dente. Ils se trouv&egrave;rent, non &agrave; l&#146;atmosph&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale trop riche en fluor pour eux, mais dans un vaste local dans lequel ils pouvaient respirer librement. La temp&eacute;rature devait se situer vers 20 &agrave; 25 degr&eacute;s Celcius  et ils n&#146;&eacute;prouv&egrave;rent ni chaud ni froid particulier. Les Silicones avaient d&ucirc; comprendre pourquoi les visites &eacute;taient si rares et si br&egrave;ves et, en cons&eacute;quence, pour les prolonger, avaient am&eacute;nag&eacute; les lieux. Leur analyse avait d&ucirc; aller plus loin car des pans de toile &eacute;taient en attente et ils purent les utiliser comme des toges. En fait, ils se trouvaient dans un immense local en mat&eacute;riau transparent, comme des animaux en cage et celle-ci se trouvait elle-m&ecirc;me &agrave; l&#146;int&eacute;rieur d&#146;une construction encore plus vaste. Ils ne furent donc pas trop surpris de voir arriver quelques-uns de leurs h&ocirc;tes. Ils avaient bien l&#146;allure d&eacute;crite par les pr&eacute;c&eacute;dents visiteurs, de grosses gouttes aplaties translucides, qui se mouvaient sur des petits pseudopodes. Arriv&eacute;s de l&#146;autre c&ocirc;t&eacute; de la baie ils entreprirent d&#146;examiner Betty et Kog pendant un moment et semblaient se communiquer leurs impressions, non par un langage audio phonique  ni s&eacute;maphorique, mais &agrave; la mani&egrave;re des cellules en &eacute;changeant des ions sur leur interface.<br> 		Betty exprima cette hypoth&egrave;se &agrave; Kog, lequel lui fit observer que, si c&#146;&eacute;tait le cas, ils ne pouvaient pas communiquer &agrave; distance, ce qui ne r&eacute;v&eacute;lait pas une civilisation aussi pouss&eacute;e que les voyageurs l&#146;avaient d&eacute;crite.<br> 		 En m&ecirc;me temps qu&#146;il le disait, il en conclut qu&#146;un langage t&eacute;l&eacute;pathique ne pouvait donc pas &ecirc;tre exclu. Il se mit donc, comme Hydros le lui avait enseign&eacute;, en &eacute;tat de totale r&eacute;ception. Il y eut intensification des &eacute;changes entre les Silicones pr&eacute;sents, ce qui se voyait par des changements de nuances multiples et tr&egrave;s rapides aux interfaces. Puis Kog re&ccedil;ut, non des mots mais une id&eacute;e : &lt;&lt; Vous ? Comprendre ? &gt;&gt; et il s&#146;effor&ccedil;a de r&eacute;pondre en adressant une id&eacute;e affirmative. Cela sembla bien leur parvenir et manifestement devait leur poser un probl&egrave;me car, ils se retir&egrave;rent dans les minutes qui suivirent. Trois heures apr&egrave;s, ils (ou d&#146;autres ? Comment les distinguer ? ) &eacute;taient de retour poussant devant eux une machine complexe, construite en m&eacute;tal brillant et reli&eacute; &agrave; l&#146;ext&eacute;rieur par de gros c&acirc;bles. Cela avait l&#146;allure d&#146;un gros crayon court d&#146;une longueur de six m&egrave;tres et d&#146;un diam&egrave;tre de un, dont la pointe situ&eacute;e &agrave; une hauteur de 1,5 m&egrave;tres environ du sol, &eacute;tait tourn&eacute;e vers eux et touchait la paroi qui les s&eacute;parait. Ils durent, quelque part, &eacute;tablir un contact car l&#146;engin &eacute;mis un faisceau de lumi&egrave;re jaune d&#146;or dirig&eacute; vers les terriens. Instinctivement ils eurent un mouvement de recul. Kog&#148; entendit &#147; que les silicones lui demandaient de laisser le faisceau lumineux les baigner. Ils &eacute;mettaient, simultan&eacute;ment, des pens&eacute;es rassurantes. Alors, il l&#146;exprima &agrave; Betty et, ouvrant bien son esprit se soumit &agrave; la lumi&egrave;re. Rien de sp&eacute;cial ne se passa pendant les dix minutes qui suivirent, puis la machine fut retir&eacute;e. Un des Silicones ouvrit dans la paroi une petite trappe circulaire d&#146;un diam&egrave;tre de deux centim&egrave;tres au plus et y poussa un pseudopode qui l&#146;obstrua compl&egrave;tement, continuant ainsi &agrave; assurer l&#146;&eacute;tanch&eacute;it&eacute;. Kog compris qu&#146;il devait prendre le risque d&#146;un contact physique et enfon&ccedil;a son index dans ce qui lui paraissait comme le bout d&#146;une corde en plastique.  Son doigt s&#146;y enfon&ccedil;a jusqu&#146;&agrave; la seconde phalange. D&egrave;s que cela fut r&eacute;alis&eacute;, ils furent en communication. Le langage ionique se transformait , &agrave; l&#146;int&eacute;rieur de son esprit, en id&eacute;es. Et cela il le recevait comme des id&eacute;es en son propre langage le plus fondamental, le Bambara. La peau de son doigt, enserr&eacute; dans la gaine que constituait le pseudopode, &eacute;changeait des ions de m&eacute;taux alcalins et alcalino-terreux, comme le font les cellules de tout &ecirc;tre dans les plan&egrave;tes dont le vivant est bas&eacute; sur la chimie du carbone. Etonnament, il se trouvait capable d&#146;en recevoir les messages au niveau le plus sup&eacute;rieur, celui de son intelligence. Lorsque, au cours de cet &eacute;change, Kog expliquait &agrave; Betty ce qui se passait et ce qu&#146;il comprenait, les Silicones participaient aussi &agrave; cette communication entre terriens. De temps &agrave; autre ils pr&eacute;cisaient et donnaient des compl&eacute;ments d&#146;informations. Ce qui &eacute;tait notable r&eacute;sidait dans le temps de r&eacute;ponse. Pour les Silicones, il &eacute;tait tr&egrave;s court, comme pour une conversation parl&eacute;e sur la terre ou sur Floric. Mais, Kog, lui, ne recevait que quelques secondes plus tard ce que ses yeux avaient vu de  l&#146;&eacute;mission du message &agrave; l&#146;interface.  Sans doute, &eacute;tait-ce un manque d&#146;habitude, pensa-t-il ! .  <br> 		De ces entretiens qui dur&egrave;rent &agrave; peu pr&egrave;s une heure chaque matin&eacute;e et deux heures chaque soir, les &eacute;changes se d&eacute;roul&egrave;rent sans aucune retenue. On se communiquait absolument tout, car il n&#146;y avait pas de moyen de retenir la moindre information au cours de ce type de communication int&eacute;grale.<br> 		Les esp&egrave;ces humano&iuml;des et Silicones n&#146;&eacute;taient ni en rivalit&eacute;, ni en conflit n&#146;ayant en fait pas grand chose en commun sauf une grande curiosit&eacute;. Ce que Betty en comprit et qu&#146;elle nota sur son rapport est que la plus grande des diff&eacute;rences ne vient pas toujours du fait que l&#146;air a une composition diff&eacute;rente ou que les corps appartiennent &agrave; d&#146;autres groupes de mol&eacute;cules. Non, ce qui changeait tout, c&#146;est la conscience personnelle que chacun avait de ce qui constituait son &#147;moi &#147; propre et le &#147;moi&#148; collectif. Pour les habitants de la F&eacute;d&eacute;ration Kog ou Betty se consid&eacute;raient comme des individus, certes compos&eacute;s de cellules, mais chaque personne avait son &#147;moi &#147; bien d&eacute;fini. ( Quoique, l&#146;exemple de Betty et Kog fut particuli&egrave;rement mauvais puisque chacun d&#146;eux &eacute;tait non un mais deux plus ou moins fusionn&eacute;s ). <br> 		Pour les Silicones, chacun d&#146;entre eux se consid&eacute;rait comme une foule ou une population de cellules dont chacune poss&eacute;dait une intelligence individuelle. Selon leur point de vue, chaque cellule du vivant de leur plan&egrave;te &eacute;tait un individu, correspondant avec les individus la jouxtant. Cela se produisait par le biais d&#146;&eacute;changes ioniques, et chacune contribuant pour sa part au maintien dans le meilleur &eacute;tat possible de la r&eacute;publique qu&#146;elles formaient &agrave; elles toutes. Ils admettaient bien volontiers qu&#146;il existait une conscience collective de m&ecirc;me que certains groupes de cellules constituant telle ou telle partie de leur anatomie, avait des objectifs diff&eacute;rents de ceux de l&#146;organe voisin. Transpos&eacute; en langage humain, cela reviendrait &agrave; dire qu&#146;une cellule du foie serait intelligente et saurait ce qu&#146;elle a &agrave; faire en tant que cellule au degr&eacute; un. Mais aussi qu&#146;il y aurait une conscience collective de rang deux, consciente et active pour l&#146;organe foie. Ensuite, existerait une conscience encore plus haute, au niveau de l&#146;individu poss&eacute;dant ce foie. Et pourquoi pas, conscience ensuite de ce qu&#146;&eacute;tait l&#146;ensemble des individus poss&eacute;dant les m&ecirc;mes caract&eacute;ristiques g&eacute;n&eacute;rales, une foule ou m&ecirc;me  la population totale ?<br> 		Ce qui en r&eacute;sultait pour eux, au plan pratique, r&eacute;sidait dans le fait que la communication passait en permanence entre tous les niveaux de conscience alors que chez les humains rien de tout cela n&#146;existait. Un silicone pouvait faire ex&eacute;cuter &agrave; l&#146;un de ses organes la t&acirc;che qu&#146;il voulait et cet organe obtenait de chaque cellule un travail dirig&eacute;. La notion de cancer n&#146;existait tellement pas dans leur forme de raisonnement qu&#146;il fallut y consacrer une dizaine de s&eacute;ances pour qu&#146;ils l&#146;int&egrave;grent. Chez eux, si une cellule &eacute;tait en dysfonctionnement, on la ramenait dans le droit chemin et si cela s&#146;av&eacute;rait impossible, elle &eacute;tait &eacute;limin&eacute;e aussi vite que remplac&eacute;e. <br> 		Kog et Betty auraient bien voulu pouvoir en faire autant mais, chez l&#146;homme le lien n&#146;existe pas entre les niveaux de conscience. Ce serait &agrave; creuser un jour car bien des maladies dispara&icirc;traient alors.<br> 		Il y eut quelques probl&egrave;mes pratiques assez difficiles &agrave; r&eacute;gler entre Terriens et Silicones. Le plus urgent fut celui de la nourriture. L&#146;alimentation des autochtones &eacute;tait &agrave; base de plantes et d&#146;animaux dont la chimie comportaient les m&ecirc;mes radicaux qu&#146;eux. Cela ne pouvait convenir au m&eacute;tabolisme des terriens et la synth&egrave;se d&#146;aliments, sp&eacute;ciaux pour eux, demanda du temps et ne comportait que quelques hydrates de carbone, du type sucre. Il en eurent de quoi calmer leur faim, mais il &eacute;tait clair que leur s&eacute;jour devrait &ecirc;tre abr&eacute;g&eacute; s&#146;ils ne voulaient pas risquer de carences graves. Les Silicones comprenaient et promirent qu&#146;&agrave; la prochaine visite toute une chimie sp&eacute;ciale existerait qui comprendrait des prot&eacute;ines et des lipides. Mais pour le pr&eacute;sent ils &eacute;taient pris de court. Les terriens dirent, que, dans ces conditions, ils ne tiendraient pas plus de dix jours. Pour l&#146;eau, il n&#146;y eut aucun probl&egrave;me, c&#146;&eacute;tait ais&eacute; d&#146;en faire en quantit&eacute; et ils n&#146;en manqu&egrave;rent jamais.<br> 		Une autre question &agrave; r&eacute;soudre concernait la possibilit&eacute; qu&#146;auraient les humano&iuml;des pour visiter la plan&egrave;te et se rendre compte de leur genre de civilisation. Au bout de six jours la question fut r&eacute;solue, ils dispos&egrave;rent d&#146;un v&eacute;hicule sp&eacute;cialement am&eacute;nag&eacute; pour eux, avec un habitacle &eacute;tanche et une r&eacute;serve d&#146;air respirable suffisante. La conduite en &eacute;tait simple, un levier donnait la direction avec grande pr&eacute;cision et un second r&eacute;glait la vitesse. Ils purent ainsi, pour les quelques jours qui restaient, aller visiter plus loin que le hall abritant le mandala.<br> 		 La description des cit&eacute;s troglodytes o&ugrave; vivent les Silicones, la g&eacute;ographie et l&#146;histoire de cette esp&egrave;ce figurent aussi dans les ouvrages &agrave; disposition du public et n&#146;ont pas de place ici. Ce qui est &agrave; noter c&#146;est, par contre, l&#146;absence totale de recherche d&#146;autres membres &eacute;ventuels de m&ecirc;me esp&egrave;ce sur d&#146;autres plan&egrave;tes plus ou moins lointaines. Chaque silicone consid&eacute;rait que sa vie, avec tous les niveaux de conscience auxquels il avait acc&egrave;s, &eacute;tait d&eacute;j&agrave; tout un probl&egrave;me. Vivre avec les autres silicones de l&#146;entourage compliquait encore le casse-t&ecirc;te. Cela devenait limite avec la population compl&egrave;te de leur globe qui comptait cinq milliards &#147;d&#146;individus - gouttes &#148;, alors, l&#146;id&eacute;e d&#146;en trouver d&#146;autres ailleurs ne les effleuraient pas l&#146;ombre d&#146;un instant. Chacun d&#146;eux vivait tr&egrave;s vieux car les ph&eacute;nom&egrave;nes, de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence et de maladies, &eacute;taient inconnus. On r&eacute;parait aussi sec tout ce qui n&#146;allait pas. L&#146;ann&eacute;e de leur plan&egrave;te valait deux fois celle d&#146;une ann&eacute;e terrestre et sauf accident ils finissaient par mourir &agrave; plus de 400 de leurs ann&eacute;es. Le contr&ocirc;le des natalit&eacute;s &eacute;tait strict et la population toujours maintenue au niveau actuel. Ils se reproduisaient quand ils obtenaient une autorisation du conseil de la natalit&eacute;. Ne poss&eacute;dant pas de m&eacute;moire transmissible, les jeunes, comme pour les humano&iuml;des,  devaient, &agrave; chaque fois, tout r&eacute;apprendre.<br> 		Ils vivaient group&eacute;s par quelques millions &agrave; la fois dans ce qu&#146;on peut nommer des villes, mais qui, en fait &eacute;taient des &eacute;tages de grottes artificielles install&eacute;es dans les parois des nombreuses falaises ou montagnes. Ils choisissaient les versant qui faisaient face au lever du soleil. Leurs demeures &eacute;taient spacieuses et ferm&eacute;es par une unique baie transparente. L&#146;absence de vis &agrave; vis indiscrets laissaient tous les logements ouverts &agrave; la lumi&egrave;re. De loin une ville ressemblait &agrave; une gigantesque nappe de points lumineux la nuit ou brillants le jour. Les logements s&#146;&eacute;tageaient sur 150 niveaux en hauteur et, selon les villes, plusieurs milliers en longueur. Les silicones y acc&eacute;daient par des tunnels dont les entr&eacute;es se trouvaient aux points bas que l&#146;on rep&eacute;rait de loin par leur &eacute;clairage vert. Il leur &eacute;tait interdit de circuler avec des engins volants devant les baies. Seuls les services de s&eacute;curit&eacute;, en avaient le droit pour des interventions pr&eacute;cises. Les magasins d&#146;approvisionnement, les endroits pour leurs distractions ou pour leur travail se trouvaient &agrave; l&#146;int&eacute;rieur du r&eacute;seau de galerie, d&#146;ascenseurs, de transports collectifs constituant la vraie ville, laquellei ne pouvait pas se voir de l&#146;ext&eacute;rieur. En un mot, tout ce qui ne concernait pas la vie priv&eacute;e, &eacute;tait souterrain.<br> 		Comme les humains ils s&#146;adonnaient aux arts et aux sciences. La qualit&eacute; de leurs sculptures  &eacute;tait accessible aux visiteurs mais leurs tableaux noirs et blancs, non figuratifs, demeuraient herm&eacute;tiques &agrave; Kog. En musique, la gamme &eacute;tait dod&eacute;caphonique et donc assez mal per&ccedil;ue pour des oreilles terriennes. Il fallait s&#146;y habituer. Mais ils &eacute;taient des experts pour les rythmes. En sciences, la priorit&eacute; avait &eacute;t&eacute; donn&eacute;e aux mati&egrave;res ayant trait &agrave; la biologie et &agrave; la chimie. Sur ces plans les humains auraient plus &agrave; apprendre qu&#146;&agrave; enseigner.<br> 		Les continents, tr&egrave;s montagneux, repr&eacute;sentaient les trois quarts de la surface de la plan&egrave;te. Les Oc&eacute;ans, de teinte &#147;vert-jade&#148; &agrave; cause des fluorures contenus dans l&#146;eau, n&#146;&eacute;taient soumis &agrave; aucune mar&eacute;e, puisqu&#146;il n&#146;y avait pas de lunes. Par contre un vent violent soufflant en permanence &agrave; une vitesse &eacute;lev&eacute;e (plus de 130 km /heure, estima Betty ) y creusait de fortes vagues. Ce vent &eacute;tait sans doute la cause de l&#146;a&eacute;rodynamique de toutes les formes naturelles ou artificielles de ce monde. Depuis la position de goutte aplatie que prenaient les habitants pour mieux tenir au vent, jusqu&#146;&agrave; la fa&ccedil;on de concevoir leurs logements ou leurs appareils et engins de transport.<br> 		Lorsque les Terriens d&eacute;cid&egrave;rent de rentrer, ils n&#146;avaient encore pu obtenir aucune information sur leur &eacute;ventuelle religion ni concernant leurs perspectives &agrave; long terme. Mais ils avaient un rendez-vous pour une visite prochaine avant vingt ann&eacute;es. Tout serait pr&ecirc;t pour &eacute;changer des id&eacute;es et rendre le s&eacute;jour confortable. Avant de repartir, ils s&#146;offrirent, r&eacute;ciproquement, des cadeaux utiles. Betty, qui avait remarqu&eacute; l&#146;absence totale d&#146;&eacute;l&eacute;ments color&eacute;s autres que ceux de la nature, leur donna des informations sur la chimie des colorants organiques. Elle indiqua les groupes &#147; chromophores&#148; des radicaux  qui risquaient de fournir des teintes et les applications possibles &agrave; la d&eacute;coration ou &agrave;  l&#146;embellissement de leur milieu. Ils furent int&eacute;ress&eacute;s et curieux de s&#146;y atteler. <br> 		<br> 		Pour leur part ils expos&egrave;rent, tant bien que mal, le principe des moteurs de leurs engins de transports, qui semblait-il, &eacute;taient con&ccedil;us sur l&#146;inversion de la gravit&eacute; ou sur son annulation. Betty n&#146;&eacute;tait pas du tout certaine d&#146;avoir bien compris, mais cela donnerait du grain &agrave; moudre &agrave; quelques g&eacute;n&eacute;rations de F&eacute;d&eacute;r&eacute;s.<br> 		C&#146;est donc, amaigris et affaiblis qu&#146;ils revinrent sur Floric. Leur d&eacute;cision premi&egrave;re fut d &#145;entrer en convalescence pendant deux mois et de rendre leur rapport ensuite. Rien ne pressait. Ce qu&#146;ils avaient rapport&eacute; de leur visite &agrave; Bilunes n&#146;&eacute;tait  encore ni traduit ni exploit&eacute;. De plus, &agrave; propos de la plan&egrave;te Amibios, ils  avaient assez peu &agrave; dire aux F&eacute;d&eacute;r&eacute;s.<br> 		Lorsque le troisi&egrave;me voyage aurait &eacute;t&eacute; accompli, ils retourneraient sur la Terre.<br> 		<br> 		M&eacute;canica.<br> 		<br> 		Ce fut le plus p&eacute;rilleux des trois voyages entrepris par l&#146;&eacute;quipe des envoy&eacute;s de la Terre. Ce qui leur arriva sur place peut tenir en quatre lignes : <br> 		<br> 		Captur&eacute;s &agrave; leur arriv&eacute;e, soumis &agrave; la question et sond&eacute;s pendant des semaines, ils purent s&#146;&eacute;vader &agrave; la faveur de l&#146;un des nombreux courts-circuits. Ceci, leur permis de rejoindre, en se dissimulant, la zone du mandala et de revenir, indemnes, mais beaucoup plus instruits de l&#146;histoire de l&#146;univers. <br> 		<br> 		C&#146;est donc cette histoire constituant le plus important apport d&#146;informations ramen&eacute;es par un si petit groupe en si peu de temps qui leur valu d&#146;&ecirc;tre sacr&eacute; H&eacute;ros de l&#146;ann&eacute;e dans la F&eacute;d&eacute;ration. Ils eurent acc&egrave;s &agrave; cette connaissance au cours des sondages qui cherchaient &agrave; explorer leurs cerveaux car durant ces op&eacute;rations il y avait &eacute;change total de donn&eacute;es pour que la compr&eacute;hension soit r&eacute;ciproque. Les machines n&#146;avaient aucun but r&eacute;el ni aucune perspective. Elles fonctionnaient et c&#146;est tout ! Ce qu&#146;elle purent faire d&#146;autre que de stocker  ce qu&#146;elles apprirent de nouveau, restera un myst&egrave;re. En effet, suite &agrave; ce qu&#146;avaient ramen&eacute; les deux h&eacute;ros, le monde M&eacute;canica fut condamn&eacute;, d&eacute;truit et transform&eacute; en pure &eacute;nergie,  comme il aurait d&ucirc; l&#146;&ecirc;tre au temps de la Centralit&eacute;. Le r&eacute;sum&eacute; de l&#146;Histoire lointaine du peuple des grands Cephs et de la Centralit&eacute;  est donn&eacute; ci-apr&egrave;s.<br> 		Il n&#146;y avait pas de date pr&eacute;cise quant &agrave; premi&egrave;re des civilisations qui prit naissance dans une plan&egrave;te tournant autour du soleil d&eacute;sign&eacute; comme num&eacute;ro 27 et qui faisait partie de r&eacute;gion la plus proche du centre de la voie lact&eacute;e. On savait qu&#146;au d&eacute;but cela ne concernait qu&#146;un seul monde presque enti&egrave;rement recouvert d&#146;eau mais parsem&eacute; d&#146;une multitude d&#146;atolls et de quelques volcans &eacute;teints pour la partie &eacute;merg&eacute;e. Si l&#146;on se r&eacute;f&egrave;re au calendrier terrien, il y a environ 2  &agrave; 2,5 millions d&#146;ann&eacute;es que cela &eacute;tait arriv&eacute;.<br> 		Au fond de l&#146;oc&eacute;an unique la nature avait multipli&eacute; ses essais et quelques millions d&#146;esp&egrave;ces cohabitaient et s&#146;entred&eacute;voraient all&egrave;grement en suivant l&#146;&eacute;volution. Ils finirent par constituer un &eacute;cosyst&egrave;me &agrave; peu pr&egrave;s stable. Puis l&#146;intelligence fit son apparition chez l&#146;esp&egrave;ce la plus accomplie, celle des c&eacute;phalopodes. Tr&egrave;s longtemps elle ne fut employ&eacute;e qu&#146;&agrave; des fins de chasse &agrave; la nourriture ou dans des conflits de reproduction. Puis il y apparut le langage lumineux qui, &agrave; son d&eacute;but n&#146;&eacute;tait qu&#146;une parade nuptiale de s&eacute;duction. Mais il devint, en quelques milliers d&#146;ann&eacute;es, un langage cod&eacute; extr&ecirc;mement complexe en m&ecirc;me temps qu&#146;une expression artistique sophistiqu&eacute;e. La seule vague comparaison qu&#146;on puisse &eacute;voquer est celle des &eacute;crits en langue arabe ou asiatique qui allient, sur Terre, le sens du message &agrave; la beaut&eacute; de sa forme de calligraphie. Durant encore des mill&eacute;naires les c&eacute;phalopodes &eacute;chang&egrave;rent ainsi des id&eacute;es, des th&eacute;ories, de la philosophie et de la beaut&eacute; en se positionnant l&#146;un en face d&#146;un autre. Mais cela limitait la possibilit&eacute; de communiquer des messages &agrave; une courte distance :  celle de la vue.<br> 		 Des g&eacute;n&eacute;rations de Cephs se pench&egrave;rent sur cette question et observ&egrave;rent les esp&egrave;ces qui les entouraient. Les crustac&eacute;s, en particulier, qui disposaient , eux, de deux modes d&#146;&eacute;changes. L&#146;un spatial et de proximit&eacute; &eacute;tait de type s&eacute;maphorique. Ils utilisaient leurs syst&egrave;mes d&#146;antennes et les positions dans l&#146;espace. Chaque esp&egrave;ce de crustac&eacute; avait son langage particulier mais celui qui montrait le plus de complexit&eacute;, donc d&#146;intelligence, &eacute;tait celui des &#148;Crabes-Langoustes&#148; (ou Cralangs ) pour prendre ce qui y ressemblait le plus sur la Terre. Les Cephs eurent t&ocirc;t fait de d&eacute;chiffrer leur code et de comprendre leurs &eacute;changes. Puis ils surent que, pour les communications hors de l&#146;eau, lorsque les Cralangs allaient chercher des noix de coco sur les atolls, leur vue devenait trop mauvaise. Ils communiquaient alors par t&eacute;l&eacute;pathie. Les Cephs auraient bien voulu pouvoir disposer de ce mode de communication, car ainsi, leur civilisation aurait pu progresser bien plus vite.<br> 		 En effet, dot&eacute;s de m&eacute;moire transmissible, ils auraient pu, par le biais de cette t&eacute;l&eacute;pathie, se mettre tous rapidement au m&ecirc;me niveau de connaissance et consacrer la dur&eacute;e de leur vie &agrave; la cr&eacute;ation ou &agrave; la r&eacute;flexion partag&eacute;e. Les Cephs savaient qu&#146;ils &eacute;taient beaucoup plus avanc&eacute;s que ne le seraient jamais les Cralangs ! Aussi, se consacr&egrave;rent-ils pendant plus de 20 000 ans &agrave; essayer de devenir t&eacute;l&eacute;pathes. Ce fut en vain, il leur manquait le savoir-faire. Puis, un jour arriva une m&eacute;t&eacute;orite qui cr&eacute;a une grande perturbation, car sa masse &eacute;tait &eacute;norme et la chaleur qu&#146;elle d&eacute;gagea fit monter la temp&eacute;rature de l&#146;eau de la plan&egrave;te de trois degr&eacute;s. Ceci peut para&icirc;tre peu, mais il faut consid&eacute;rer le volume total de l&#146;eau &agrave; r&eacute;chauffer et surtout le gradient de temp&eacute;rature entre l&#146;endroit de l&#146;impact qui fusa sous les 1.400 &deg; C du m&eacute;t&eacute;ore et celui de l&#146;endroit le plus &eacute;loign&eacute;. L&#146;&eacute;quilibrage final demanda plus de 80 ann&eacute;es. Mais, ce qu&#146;il faut en retenir c&#146;est que suite &agrave; cet accident astronomique, se forma un polym&egrave;re principalement compos&eacute;e d&#146;eau (96  % )  et de silice sous forme de gel. Tr&egrave;s exactement comme dans les silicogels qui sont utilis&eacute;s pour les boites de P&eacute;tri dans les laboratoires de  microbiologie sur la Terre. L&#146;eau et la silice de la m&eacute;t&eacute;orite, se combin&egrave;rent sous l&#146;effet catalytique de quelques m&eacute;taux nobles pr&eacute;sents dans le corps c&eacute;leste et aussi sous la force de la pression de vapeur qui localement monta &agrave; plus de 250 atmosph&egrave;res. Bref, il y eut une synth&egrave;se improbable et un nouvel &ecirc;tre pensant qui commen&ccedil;ait &agrave; &eacute;voluer et recherchait, pour cro&icirc;tre des sels m&eacute;talliques dans les nodules du fond de l&#146;oc&eacute;an. Les Cephs constat&egrave;rent que les Cralangs et ce nouveau venu, (d&eacute;sign&eacute; ensuite sous le terme de Hydros ) avaient des &eacute;changes t&eacute;l&eacute;pathiques. Les Cralangs poussaient des nodules vers Hydros et recevaient, en &eacute;change, des informations sur les endroits o&ugrave; ils trouveraient la chair corrompue qui &eacute;tait l&#146;essentiel de leur alimentation. Un Ceph, particuli&egrave;rement t&ecirc;tu ou veinard, d&eacute;cida de tenter une exp&eacute;rience et, s&#146;emparant d&#146;un nodule de gros volume le pr&eacute;senta sans le donner &agrave; Hydros. Celui-ci &eacute;mis un message t&eacute;l&eacute;pathique d&#146;&eacute;change que le Ceph re&ccedil;ut. Tout s&#146;encha&icirc;na ensuite tr&egrave;s bien. Les Cephs apprirent d&#146;Hydros comment ouvrir leurs esprits et comment envoyer des messages. Encore 5 ou 6000 ans plus tard, tous les Cephs &eacute;taient parfaitement t&eacute;l&eacute;pathes, avaient r&eacute;alis&eacute;s d&#146;&eacute;normes progr&egrave;s dans leurs sp&eacute;culations intellectuelles mais se trouvaient confront&eacute;s &agrave; un grave probl&egrave;me qui &eacute;tait celui du d&eacute;veloppement exponentiel de Hydros. Ils avaient compris que cet &ecirc;tre unique &eacute;tait immortel et continuerait &agrave; cro&icirc;tre aussi longtemps qu&#146;il y aurait de l&#146;eau, de la silice et des m&eacute;taux lourds. Deux hypoth&egrave;ses lourdes de cons&eacute;quences s&#146;ouvraient &agrave; eux : tenter de d&eacute;truire Hydros si cela s&#146;av&eacute;rait possible ou sinon, quitter ce monde pour un autre. Les deux cas impliquaient l&#146;acquisition de sciences concr&egrave;tes et donc l&#146;abandon de leurs habitudes de vie statique, philosophique et artistique.<br> 		 Ils utilis&egrave;rent les Cralangs comme ouvriers et apprirent la chimie, la m&eacute;canique, l&#146;optique, l&#146;astronomie, la m&eacute;tallurgie, l&#146;&eacute;nerg&eacute;tique et milles autres sciences de la mati&egrave;re. Puis, &eacute;tant capables d&#146;obtenir ce qu&#146;ils souhaitaient, s&#146;en prirent &agrave; la conqu&ecirc;te de l&#146;espace pour pouvoir trouver un autre monde habitable qu&#146;ils envahiraient. Mais, pour faire fabriquer, par les Cralangs, des vaisseaux susceptibles de les emmener en nombre et sans trop de d&eacute;g&acirc;ts, ils durent reprendre leurs &eacute;tudes conceptuelles pures. Ils trouv&egrave;rent que l&#146;Univers pouvait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; sous l&#146;angle d&#146;un syst&egrave;me &agrave; 11 dimensions. Par l&#146;utilisation de l&#146;hyperespace et des lignes de tensions temporelles ils seraient &agrave; m&ecirc;me de franchir en temps court, des espaces intersid&eacute;raux consid&eacute;rables.<br> 		 Il faut pr&eacute;ciser que si tous les Cephs avaient acc&egrave;s aux informations totales connues de l&#146;esp&egrave;ce, le degr&eacute; de compr&eacute;hension, les possibilit&eacute;s d&#146;abstraction et d&#146;une mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, le coefficient intellectuel de chaque individu &eacute;tait aussi variable que dans n&#146;importe quelle esp&egrave;ce pensante. Tous savaient quelles &eacute;taient les bases d&#146;un paradigme &agrave; 11 dimensions, certes, mais &agrave; peine un sur cent mille, int&eacute;grait vraiment le concept dans son entier. Quant &agrave; la possibilit&eacute; de diriger un vaisseau, seul un milli&egrave;me seulement de ceux qui comprenaient  pouvait s&#146;y risquer. On les nommait les &#147;Capitaines &#147;. La plus proche des plan&egrave;tes qui avait les caract&eacute;ristiques voulues fut choisie comme cible. Elle se trouvait dans notre secteur galactique.<br> 		Hydros prosp&eacute;rait et avait d&eacute;j&agrave; la taille d&#146;une colline. Avant deux ou trois si&egrave;cles il serait au bout de son expansion et la plan&egrave;te deviendrait inhabitable. Les Cephs firent acc&eacute;l&eacute;rer la construction de trente vaisseaux pouvant chacun emporter plus de 5000 d&#146;entre eux. Les autres resteraient et chercheraient les moyens de d&eacute;truire Hydros. Cent cinquante mille Cephs s&#146;en all&egrave;rent vers une plan&egrave;te qui devint, par la suite le centre d&#146;une diaspora importante, elle se nomma &#147; Centrale &#147; et resta le si&egrave;ge de ce qu&#146;on appelait la Centralit&eacute;.<br> 		La majorit&eacute; des Cephs, rest&eacute;s sur leur monde entreprirent de d&eacute;truire Hydros, mais n&#146;y parvinrent pas. Alors, pour que le reste de l&#146;Univers ne connaisse pas une telle menace, ils prirent la r&eacute;solution de supprimer toute l&#146;eau de leur globe en l&#146;exp&eacute;diant vers un autre monde sec. Ils savaient qu&#146;en m&ecirc;me temps, et bien avant que Hydros n&#146;en souffre, ils seraient tous morts. Ils firent poser par les Cralangs des dispositifs capables, en premier lieu de vaporiser l&#146;eau sous le flux thermique d&eacute;gag&eacute;. Ces appareils fonctionnaient &agrave; l&#146;&eacute;nergie solaire et rien ne les arr&ecirc;terait. Puis, ils firent construire des machines &agrave; ionisation dont le canon s&#146;&eacute;levait &agrave; plus de 100 m&egrave;tres du niveau des atolls et transformaient la vapeur d&#146;eau en ses composants :  Hydrog&egrave;ne et Oxyg&egrave;ne. Ils r&eacute;cup&eacute;raient l&#146;&eacute;nergie ainsi lib&eacute;r&eacute;e et la dirigeaient vers leur milieu naturel, la mer, dont la temp&eacute;rature montait. Les gaz &eacute;l&eacute;mentaires obtenus &eacute;taient envoy&eacute;s en continu vers des mondes lointains et inhabit&eacute;s &agrave; l&#146;aide de dispositifs de transport simplifi&eacute;s n&#146;utilisant que six des dimensions. Leur programme se d&eacute;roula jusqu&#146;au bout comme pr&eacute;vu, la plan&egrave;te devint aride et seules quelques plantes capables de survivre avec un taux d&#146;humidit&eacute; bas, s&#146;y d&eacute;velopp&egrave;rent. Hydros, &agrave; sec, ne mourut pas, mais sa croissance fut ralentie et pratiquement stopp&eacute;e. C&#146;est dans cet &eacute;tat que Betty et Kog l&#146;avaient vu sur le monde qu&#146;il rebaptis&egrave;rent &#147;Love &#147; <br> 		<br> 		Apr&egrave;s cet &eacute;pisode de l&#146;&eacute;volution des Cephs, vint celui de La Centralit&eacute;. En changeant de monde, les Cephs perdirent 95  % de leur population mais avaient, n&eacute;anmoins r&eacute;alis&eacute; une assez bonne affaire. Cette plan&egrave;te de la voie lact&eacute;e  comportait un volume liquide (de mers et d&#146;oc&eacute;ans) propice &agrave; leur d&eacute;veloppement. La temp&eacute;rature en &eacute;tait plus douce, la gravit&eacute; moins importante et les pr&eacute;dateurs moins bien arm&eacute;s. Les Cralangs, emmen&eacute;s avec eux, avaient tendance &agrave; y pulluler et s&#146;adapt&egrave;rent parfaitement, gardant une reconnaissance &agrave; ceux qui les avaient s&eacute;lectionn&eacute;s pour le voyage. Les Cephs pendant le million d&#146;ann&eacute;es qui suivit eurent leur &eacute;poque la plus faste. Ils retrouv&egrave;rent vite la population qu&#146;ils avaient sur Love  et qui correspondait &agrave; un bon &eacute;quilibre. Les conditions locales, sur Centrale, avaient amen&eacute; un accroissement de leur taille et la quantit&eacute; d&#146;informations &agrave; enregistrer, analyser et m&eacute;moriser avait fait cro&icirc;tre la taille de leurs cerveaux en m&ecirc;me temps que la surface d&eacute;velopp&eacute;e de chacun d&#146;entre eux. Ils furent de plus en plus grands et intelligents et il semblait que rien ne limiterait jamais leur essor. <br> 		Puis vint l&#146;&eacute;poque o&ugrave; revint la question d&#146;envoyer des Cephs sur l&#146;ensemble des plan&egrave;tes dont les conditions semblaient convenir. L&#146;op&eacute;ration de transfert de Love jusqu&#146;&agrave; la plan&egrave;te Centrale ayant &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s, les Cephs voulurent continuer &agrave; explorer l&#146;espace &agrave; l&#146;aide de leurs t&eacute;lescopes et instruments d&#146;observations &agrave; distance. Ils y trouv&egrave;rent de nombreuses plan&egrave;tes tr&egrave;s convenables pour s&#146;y reproduire et prosp&eacute;rer. Le corps des Cephs navigateurs fut cr&eacute;&eacute; et ils se lanc&egrave;rent, pendant quelques milliers d&#146;ann&eacute;es, dans une campagne d&#146;explorations plus pouss&eacute;es que celles aux instruments qui les avaient occup&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment. En fait, et compte tenu de la quantit&eacute; de plan&egrave;tes existant dans la voie lact&eacute;e, il y en avait, relativement, tr&egrave;s peu qui convenaient pour eux. Ils en recens&egrave;rent moins de dix mille parmi plusieurs milliards examin&eacute;s.<br> 		Le ph&eacute;nom&egrave;ne de la vie semblait les concerner toutes mais constituait une exception, un ph&eacute;nom&egrave;ne improbable et presque une aberration, dans le tissu ou la trame de l&#146;Univers. Math&eacute;matiquement, la vie ne pouvait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e que comme un ph&eacute;nom&egrave;ne allant dans le sens inverse de l&#146;Entropie et, de ce fait, ne pouvait exister que de fa&ccedil;on pr&eacute;caire. La &#147;vie &#147; n&#146;&eacute;tait qu&#146;un emprunt provisoire &agrave; l&#146;entropie et la mort ramenait l&#146;&eacute;quilibre. Dans les mondes o&ugrave; la vie existait, une sur dix convenait aux Cephs car les conditions concernaient des &ecirc;tres compos&eacute;s de mol&eacute;cules de la chimie dite &#147;organique &#147; sur Terre &agrave; savoir : carbone, hydrog&egrave;ne, azote et oxyg&egrave;ne pour les &eacute;l&eacute;ments gazeux, calcium, sodium, potassium, fer pour les m&eacute;taux. Dans les neuf dixi&egrave;mes restant, il y avait toute une vie grouillante d&#146;&ecirc;tres dont la chimie avait des bases diff&eacute;rentes comme les Silicones ou les Titanyles et en g&eacute;n&eacute;ral les atmosph&egrave;res ou les conditions climatologiques les rayaient de la liste des plan&egrave;tes &agrave; conqu&eacute;rir. <br> 		La plan&egrave;te Centrale envoya donc ses Capitaines vers ces mondes dans des exp&eacute;ditions sans retour. Non seulement ils avaient pour mission de s&#146;y installer et s&#146;en rendre les dirigeants sans agressivit&eacute;, mais ils devraient l&#146;accomplir sans esprit de retour. Les Capitaines, une fois  sur place, devaient automatiquement &ecirc;tre &#147;neutralis&eacute;s &#147; par les &eacute;quipages, coupant ainsi toute id&eacute;e de revenir vers Centrale. Pourquoi ? .<br> 		C&#146;est que sur cette derni&egrave;re il y avait eu un grand schisme. Pr&egrave;s cinquante pour cent des Cephs, d&eacute;siraient de toutes leurs &acirc;mes revenir &agrave; l&#146;&eacute;tat de purs penseurs abstraits qu&#146;ils avaient avant l&#146;entreprise de changement de plan&egrave;te. Ils ne voyaient aucunement le besoin de se rendre d&eacute;pendants d&#146;objets fabriqu&eacute;s pour eux par les Cralangs. D&#146;accord, ils en avaient vu l&#146;int&eacute;r&ecirc;t pendant un temps et avaient appris bien des choses, mais, maintenant que tout &eacute;tait rentr&eacute; dans l&#146;ordre, pourquoi ne pas redevenir les aimables philosophes qu&#146;ils &eacute;taient avant la naissance de Hydros ? . l &#145;autre moiti&eacute; des Cephs, &eacute;tait d&#146;un avis contraire. Ses philosophes pensaient qu&#146;en se rendant ma&icirc;tres des sciences concr&egrave;tes, ils allaient dans le sens d&#146;une &eacute;volution positive. Donc ils ne voulaient pas op&eacute;rer de retour en arri&egrave;re. Ils d&eacute;siraient conqu&eacute;rir d&#146;autres mondes et les faire profiter de tout ce qu&#146;ils savaient. Il y avait la place pour que chaque point de vue aille jusqu&#146;au bout de ses id&eacute;es. Sur Centrale, resteraient les penseurs qui collecteraient les informations envoy&eacute;es par les Cephs Conqu&eacute;rants. Ceux-ci iraient de par l&#146;Univers pour essaimer, mais ne reviendraient jamais perturber &agrave; nouveau la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; de Centrale.<br> 		Donc lorsqu&#146; un vaisseau arrivait dans un monde, les Cephs et les Cralangs en d&eacute;barquaient. Puis, le vaisseau &eacute;tait plac&eacute; en stase temporelle et le capitaine &#147;neutralis&eacute; &#147;. Qu&#146;entendaient donc les Cephs par cette expression ? Une mise &agrave; mort ? Non, car plus aucun Capitaine n&#146;aurait voulu prendre de commandement. Simplement un traitement t&eacute;l&eacute;pathique, volontairement accept&eacute;, de surcharge de concepts. Son but &eacute;tait de lui faire occulter, sous l&#146;abondance des donn&eacute;es, sa connaissance du paradigme de l&#146;espace &agrave; onze dimensions et ainsi lui interdire de le transmettre. Cela fonctionna tr&egrave;s bien. Apr&egrave;s environ une dizaine de g&eacute;n&eacute;rations, les Cephs Conqu&eacute;rants savaient toujours que le paradigme existait mais &eacute;taient incapables de l&#146;&eacute;noncer, de le concevoir ou m&ecirc;me de l&#146;utiliser . Cent g&eacute;n&eacute;rations de plus et ils ne pensaient plus que dans le confortable paradigme &agrave; six dimensions !<br> 		Il y eut donc La Centralit&eacute; qui &eacute;tait dispers&eacute;e dans tout l&#146;Univers, qui, dans chaque monde d&eacute;veloppait sa propre civilisation et transmettait tout ce qu&#146;elle apprenait vers la plan&egrave;te m&egrave;re. Apr&egrave;s un million d&#146;ann&eacute;es harmonieuses et fructueuses, de petites diff&eacute;rences se firent jour entre les Cephs de la Diaspora. Ces particularismes entra&icirc;n&egrave;rent des tensions, les tensions amen&egrave;rent des ruptures, ces derni&egrave;res d&eacute;bouch&egrave;rent sur des guerres. En tr&egrave;s peu de temps tout le travail r&eacute;alis&eacute; par les g&eacute;n&eacute;rations pr&eacute;c&eacute;dentes fut d&eacute;truit. Ne restaient de philosophes que ceux de la plan&egrave;te m&egrave;re :Centrale. Les autres furent des guerriers qui se d&eacute;truisirent les uns apr&egrave;s les autres, s&#146;envahissant r&eacute;ciproquement, cr&eacute;ant selon leurs envies des machines et des armes de plus en plus sophistiqu&eacute;es et meurtri&egrave;res. Les survivants, sur chaque monde, comprirent enfin que la position que ceux , rest&eacute;s sur Centrale, avaient choisie &eacute;tait la bonne et la seule valable. Ils abandonn&egrave;rent ce qui restait de leurs  armes et machines sur un monde inhabit&eacute; qu&#146;ils nomm&egrave;rent M&eacute;canica. Pour le faire, ils durent faire donner la r&eacute;serve  en utilisant le seul vaisseau rest&eacute; sur Centrale et le seul Capitaine qui allait avec, tous deux maintenus en stase temporelle en cas de besoin depuis le grand schisme.<br> 		La fin sanglante des &eacute;migrants de la Centralit&eacute; eut de grandes cons&eacute;quences. Ne restaient qu&#146;une demi douzaine de mondes, hors de Centrale, qui poss&eacute;daient encore une population de Cephs. Pour les Cralangs, c&#146;&eacute;tait un peu mieux, ils survivaient dans presque tous les mondes mais  abandonn&egrave;rent les sciences concr&egrave;tes. Ils en revinrent &agrave; leurs po&eacute;sies et &agrave; leurs ballets d&#146;antennes. La guerre avait laiss&eacute; de grands stigmates dans les esprits des Cephs et les chocs psychologiques entra&icirc;n&egrave;rent souvent une r&eacute;gression en m&ecirc;me temps que la perte des donn&eacute;es principales. La communication entre ces mondes fut coup&eacute;e et chaque plan&egrave;te o&ugrave; restaient encore des Cephs se replia sur elle-m&ecirc;me. Au cours des mill&eacute;naires certains mondes disparurent suite &agrave; des ph&eacute;nom&egrave;nes astronomiques normaux tels que trous noirs ou super novae. Au moment o&ugrave; Kog et Betty visit&egrave;rent M&eacute;canica, il y avait encore des Cephs sur quelques mondes : Centrale, mais on ne savait pas o&ugrave; se trouvait cette plan&egrave;te. La Terre, dont les seiches venaient de recevoir les connaissances des Cephs du monde des Cralangs par l&#146;interm&eacute;diaire de BAFESI. Et, aussi, au moins un monde qui devait se trouver dans la constellation Magenta. Mais, les machines de M&eacute;canica ne purent en donner les coordonn&eacute;es exactes. La seule chose qu&#146;ils purent pr&eacute;ciser &eacute;tait qu&#146;un guerrier  Ceph de cette plan&egrave;te, plus qu&#146;&agrave; demi mort, vint pendant leur guerre, s&#146;&eacute;chouer sur la Terre vers l&#146;an 2000 de l&#146;&egrave;re chr&eacute;tienne. On pouvait penser que c&#146;est ce Ceph qui, (par l&#146;interm&eacute;diaire d&#146;une seiche ou directement ?) influen&ccedil;a Mat Ducerf lors de sa visite &agrave; l&#146;aquarium de Monte Carlo et provoqua son &eacute;vanouissement.<br> 		Sur M&eacute;canica les machines et armes, sans programme commun, ex&eacute;cutaient les t&acirc;ches pour lesquelles elles avaient &eacute;t&eacute; invent&eacute;es et construites. Elles se d&eacute;truisaient au moindre d&eacute;clenchement, se reconstruisaient anarchiquement dans une ronde qui n&#146;&eacute;tait interrompue que si un &ecirc;tre vivant se posait sur leur monde. Alors, en qu&ecirc;te d&#146;ordres ou d&#146;instructions, ils sondaient les esprits apr&egrave;s avoir immobilis&eacute;s les corps et ne rel&acirc;chaient leurs pressions que lorsqu&#146;une autre machine ou arme provoquait une coupure de courant. Pour Kog et Betty ce fut la dualit&eacute; de leurs personnalit&eacute;s qui fit sauter les fusibles. <br> 		Un jour l&#146;intelligence pouvait y na&icirc;tre par hasard et cela repr&eacute;sentait un danger potentiel &eacute;norme pour la F&eacute;d&eacute;ration. Celle-ci n&#146;ayant, apparemment, aucun ennemi n&#146;avait aucune raison de garder ce d&eacute;potoir dans l&#146;id&eacute;e d&#146;y rechercher des moyens de destruction contre qui que ce soit.<br> 		 Kog et Betty, en conclusion, avaient recommand&eacute; un an&eacute;antissement total. Ils furent suivis dans cette voie.<br> 		<br> 		                                                        &deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;&deg;<br> 		<br> 		<br> 		Compte tenu de la contribution important  apport&eacute;e par les deux clones, ils furent re&ccedil;us, sur Terre &agrave; un grand Symposium, sp&eacute;cialement convoqu&eacute; pour les entendre raconter leurs voyages et ce qu&#146;ils en avaient compris. Les Sages avaient bien des questions &agrave; poser et beaucoup de pr&eacute;cisons &agrave; demander. Ce n&#146;est qu&#146;apr&egrave;s cette convocation exceptionnelle, qui s&#146;&eacute;tala sur plus d&#146;un mois que furent prises les d&eacute;cisions principales suivantes :<br> 		<br> 		-Betty et Kog rejoindraient le groupe ferm&eacute; des Sages de la Terre.<br> 		-Kog prendrait la direction d&#146;une Acad&eacute;mie, pour enseigner, &agrave; tous ceux qui le voudraient, la fa&ccedil;on d&#146;ouvrir son esprit &agrave; la t&eacute;l&eacute;pathie et l&#146;art de communiquer avec les seiches.<br> 		-Des ateliers et laboratoires seraient consacr&eacute;s &agrave; l&#146;&eacute;tude de toutes les formes de machines &agrave; traduire les langues.<br> 		-Le langage s&eacute;maphorique des Cralangs serait au programme d&#146;une &eacute;quipe sp&eacute;cialis&eacute;e qui aurait aussi pour but de cr&eacute;er des robots capables de reproduire ce langage visuel.<br> 		-Betty deviendrait le chef de file concernant les &eacute;tudes th&eacute;oriques des diff&eacute;rents paradigmes et, ce, jusqu&#146;&agrave; ce que l&#146;humanit&eacute; soit capable de se servir de la Bulle qui &eacute;tait en stase sur Bilunes.<br> 		-Les liens avec les mondes de la F&eacute;d&eacute;ration seraient conserv&eacute;s mais les Terriens se comporteraient d&#146;&eacute;gal &agrave; &eacute;gal avec eux sans le moindre complexe. En cons&eacute;quence directe, les terriens collaboreraient loyalement et donneraient toutes les informations recueillies par les deux nouveaux Sages.<br> 		-La Terre insisterait pour que les mondes humano&iuml;des consid&eacute;r&eacute;s comme non encore aboutis soient aid&eacute;s &agrave; progresser et non simplement observ&eacute;s de loin.<br> 		-Les humabs devraient tenter de garder une communication avec les seiches ou les Cephs partout o&ugrave; il y en aurait et devraient r&eacute;viser l&#146;optique sous laquelle ils voyaient ces esp&egrave;ces intelligentes. Ils tenteraient d&#146;agir de la m&ecirc;me fa&ccedil;on avec tous les crustac&eacute;s. Mais comme l&#146;avait exprim&eacute; avec humour l&#146;un de ceux-ci par l&#146;interm&eacute;diaire de Secco : &lt;&lt; On ne peut nier que nos deux esp&egrave;ces s&#146;appr&eacute;cient &eacute;norm&eacute;ment l&#146;une l&#146;autre ! &gt;&gt;. <br> 		<br> 		La moisson ramen&eacute;e &eacute;tait d&#146;une telle importance qu&#146;il faudrait plusieurs g&eacute;n&eacute;rations pour aller au bout de toutes les implications. Cela donnerait du travail qui d&eacute;boucherait sur toute une ramification de t&acirc;ches laquelle devrait occuper les 80 mondes humano&iuml;des pendant longtemps. Ajout&eacute; aux quasi  900 mondes &agrave; visiter quel programme pour l&#146;avenir ! . Plus personne ne sombrerait dans l&#146;ennui.<br> 		<br> 		 En fin de s&eacute;ance, le jour de la cl&ocirc;ture, Betty et Kog trouv&egrave;rent indispensable de dire qu&#146;on devait tenir la promesse faite &agrave; Zaon 438 Pim, alias Manius, alias Mat Ducerf, alias Oleg ...etc.... Cet homme avait accompli la difficile mission que l&#146;on sait. Il m&eacute;ritait donc, &agrave; leur avis, une sorte de nouvelle vie au m&ecirc;me titre qu&#146;eux m&ecirc;mes. Donc, son clone devait &ecirc;tre mis en lancement, une &eacute;ducation programm&eacute;e comme cela avait &eacute;t&eacute; le cas pour nos deux h&eacute;ros. Ensuite &agrave; l&#146;&acirc;ge convenable on devrait passer par BAFESI pour reproduire ce qu&#146;il y avait de plus proche de celui qu&#146;ils avaient connu sous le nom de Mat Ducerf. Les Sages furent tout &agrave; fait de cet avis mais la question rebondit d&#146;une mani&egrave;re impr&eacute;vue.<br> 		Dans la F&eacute;d&eacute;ration, comme sur Terre, le clonage humain &eacute;tait tabou et s&#146;il y avait eu transgression, c&#146;&eacute;tait devant une exigence absolue. Maintenant, on devait en revenir &agrave; une application stricte. Donc, le cas Pim serait la derni&egrave;re exception ! Ensuite les laboratoires de Washington et tous les clones restants en potentiels seraient d&eacute;truits.<br> 		<br> 		Dans ces conditions il n&#146;existerait, dans toute la F&eacute;d&eacute;ration, que quatre humains &agrave; double personnalit&eacute;. Et c&#146;&eacute;tait une sage mesure, car tout ne se passait pas au mieux pour eux. La fusion s&#146;&eacute;tait plus ou moins bien r&eacute;alis&eacute;e au cours de leur dissociation premi&egrave;re quand ils quitt&egrave;rent la Terre pour la premi&egrave;re fois. Ensuite ils eurent une vie pleine d&#146;actions, d&#146;aventures et de d&eacute;couvertes qui les prit &agrave; temps complet. Maintenant qu&#146;ils se trouvaient &agrave; nouveau sur la Terre et pratiquement au repos, ils se sentaient assez mal &agrave; l&#146;aise. Les personnages fabriqu&eacute;s &agrave; partir des clones dans le but pr&eacute;cis des missions &agrave; accomplir, cohabitaient de moins en moins bien avec les personnalit&eacute;s enregistr&eacute;es par BAFESI, sept si&egrave;cles plus t&ocirc;t. Ils eurent de violentes migraines, quelques troubles psychomoteurs et all&egrave;rent jusqu&#146;aux crises &eacute;pileptiques.<br> 		Impossible de l&#146;&eacute;viter cela car le fait demeurait que, dans chaque corps, se trouvaient deux esprits, deux m&eacute;moires et deux conceptions de ce qu&#146;&eacute;tait le monde les entourant. Le seul cas o&ugrave; la dualit&eacute; donnait une synth&egrave;se ais&eacute;e &agrave; vivre &eacute;tait celui d&#146;un contexte d&#146;aventures dans des mondes ext&eacute;rieurs. L&agrave;, les personnalit&eacute;s s&#146;ajoutaient au mieux des besoins sans provoquer de malaises alors qu&#146;au repos il y avait des divergences.<br> 		C&#146;est la raison pour laquelle, le reste de leur longue vie, Fox, Betty et Kog, rejoints ensuite par celui qu&#146;ils nomm&egrave;rent toujours Mat, sillonn&egrave;rent sans rel&acirc;che toutes les plan&egrave;tes o&ugrave; les Grands Cephs de la Centralit&eacute; avaient laiss&eacute; des Mandalas.<br> 		Mais ceci n&#146;est-il pas racont&eacute; dans les douze disques de &#147; La Grande L&eacute;gende &#147; que vous avez tous lus dans votre premier &acirc;ge ?. De m&ecirc;me, n&#146;avez-vous pas d&eacute;vor&eacute;, plus tard &agrave; l&#146;adolescence, les histoires d&#146;amour et la saga (en 25 C D ) de Jiko la fille aux cheveux bleus et de Iomael le musicien ?<br> 		<br> 		<br> 		<br> 		<br> 		</p> 		<p></p> 		<center> 			<p><b>Chapitre 12</b></p> 		</center> 		<p></p> 		<p></p> 		<p>Oc&eacute;aniques.</p> 		<p>                                                                        </p> 		<div align="right"> 			<p>                                                                                      Qui est le monstre,<br> 			                                                                                      Qui est la b&ecirc;te ?<br> 			                                                                                                                  (Secco )<br> 			.<br> 			<br> 			</p> 			<p></p> 			<p></p> 		</div> 		<div align="left"> 			<p>Le monstre marin &eacute;tait de tr&egrave;s mauvaise humeur et le manifesta rageusement en expulsant un puissant jet d&#146;eau. Un requin marteau qui passait un peu trop pr&egrave;s en fut d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; et, effray&eacute;, se d&eacute;p&ecirc;cha de quitter la zone profonde o&ugrave; il s&#146;&eacute;tait laiss&eacute; entra&icirc;ner par sa perp&eacute;tuelle faim. Autour de lui, encore et toujours, une bande de seiches tournoyait sans rel&acirc;che, &eacute;changeant des messages lumineux qui ne le touchaient gu&egrave;re. Lui, le monstre, n&#146;&eacute;tait pas artiste comme tous ces petits &ecirc;tres. La moiti&eacute; de son temps &eacute;tait utilis&eacute;e &agrave; la satisfaction de ses besoins vitaux, l&#146;autre &agrave; servir de r&eacute;ceptacle, bien malgr&eacute; lui, &agrave; la multitude de messages t&eacute;l&eacute;pathiques arrivant de tous les Oc&eacute;ans et Mers habit&eacute;s par le peuple des seiches. De proche en proche ils se communiquaient le r&eacute;sultat de leurs r&eacute;flexions, th&eacute;ories, jeux d&#146;esprit, questions et r&eacute;ponses. Puis ces millions de messages arrivaient vers le petit groupe qui ne le quittait jamais et le tout se trouvait projet&eacute; avec une force t&eacute;l&eacute;pathique &agrave; laquelle il ne pouvait r&eacute;sister et s&#146;inscrivait dans la myriade de ses neurones.<br> 			C&#146;est le moyen que ces &ecirc;tres intelligents avaient trouv&eacute; pour stocker les donn&eacute;es de leur science et aussi pour les consulter. Le monstre n&#146;&eacute;tait ni consentant, ni participant, simplement il ne pouvait rien faire contre ! Quand le flux en devenait trop dense il en &eacute;prouvait de la douleur dans son immense cervelle. Ces c&eacute;phal&eacute;es douloureuses provoquaient son agacement et le rendaient hargneux.<br> 			Depuis que le Ceph voyageur de la plan&egrave;te des Cralangs avait fragment&eacute; et exp&eacute;di&eacute; toute sa science vers les seiches, la douleur ne cessait plus. Chaque seiche transmettait &agrave; ses plus proches cong&eacute;n&egrave;res ce qu&#146;elle avait re&ccedil;u et, comme une onde, les informations se propageaient et &eacute;taient finalement stock&eacute;es en lui. Le monstre n&#146;analysait rien, n&#146;utilisait aucune logique car il &eacute;tait compl&egrave;tement stupide et r&eacute;agissait plus qu&#146;il ne sentait. De plus, depuis quelques mois, tout allait dans le m&ecirc;me sens, on ne consultait pas les donn&eacute;es introduites en sondant son esprit, on ne faisait que les accumuler. Ainsi, aucun sch&eacute;ma  con&ccedil;u par les seiches ne venait remettre de l&#146;ordre dans tout ce qu&#146;il recevait et, donc, aucun soulagement ne venait. Un moment, tout de m&ecirc;me, il y avait eu la synth&egrave;se r&eacute;alis&eacute;e &agrave; la demande de Secco concernant la fa&ccedil;on d&#146;aller chercher encore d&#146;autres donn&eacute;es. Cela l&#146;avait calm&eacute; pendant presque un mois. Mais depuis, plus rien de ce genre. Heureusement que le monstre avait ses probl&egrave;mes personnels de nourriture et pendant qu&#146;il chassait de quoi alimenter les vingt-huit tonnes de sa masse, il ne pensait &agrave; rien d&#146;autre. Les communications avec ses bourreaux &eacute;taient presque coup&eacute;es. Ceux-ci lui transmettaient en permanence des indications sur les lieux o&ugrave; il trouverait de quoi restaurer ses forces, et, en cela, ils &eacute;taient pr&eacute;cieux. Mais le reste du temps ils lui empoisonnaient l&#146;existence. Par exp&eacute;rience le monstre savait que tout &eacute;tait cyclique et qu&#146;apr&egrave;s une s&eacute;quence, trop longue, de r&eacute;ceptions, viendrait le temps o&ugrave; les seiches utiliseraient et reclasseraient tout ce fatras et qu&#146;il s&#146;en trouverait heureux.<br> 			Sans l&#146;avoir cherch&eacute;, il comprendrait des choses auxquelles il ne s&#146;int&eacute;ressait aucunement, ce qui augmenterait son savoir mais pas sa faible intelligence. Sa m&eacute;moire &eacute;tait infaillible et totale. Il aurait pu se rappeler le moindre des &eacute;v&eacute;nements survenus pendant le d&eacute;roulement des quarante ann&eacute;es de sa vie. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on il poss&eacute;dait la m&eacute;moire de sa race et pouvait rappeler chaque d&eacute;tail de la vie de n&#146;importe lequel de ses ascendants. Mais &agrave; quoi bon ? Seules les seiches s&#146;int&eacute;ressaient &agrave; ces choses du pass&eacute;.<br> 			Rarement, pourtant, pendant sa digestion, des pans entiers de l&#146;histoire de sa lign&eacute;e lui revenaient. A une &eacute;poque lointaine les seiches avaient eu &agrave; trancher sur un &eacute;norme dilemme qui pouvait se r&eacute;sumer &agrave; : artefacts ou pas d&#146;artefacts ? &#147;. Autrement dit leur civilisation de philosophes et d&#146;artistes devait se d&eacute;terminer &agrave; propos de la voie qui serait celle que suivraient leurs descendants : utiliser ou non les qualit&eacute;s de certains crustac&eacute;s munis d&#146;outils naturels pour fabriquer des objets ? Le peuple des &#148; munis de pinces&#148; n&#146;&eacute;tait pas un peuple de r&eacute;flexion mais plut&ocirc;t tourn&eacute; vers l&#146;action. Ils communiquaient par un syst&egrave;me s&eacute;maphorique de proximit&eacute; mais assez volontiers par t&eacute;l&eacute;pathie quand la distance &eacute;tait trop grande pour leur courte vue. Cela avait &eacute;t&eacute; un jeu d&#146;enfant pour les seiches de les comprendre et d&#146;utiliser la suggestion pour leur faire ex&eacute;cuter des taches. Mais, ind&eacute;niablement, ils &eacute;taient intelligents. On devait en tenir compte. Ce qui provoqua cette question venait de conclusions sur la nature de l&#146;univers auxquelles &eacute;tait parvenu un groupe de seiches plus tourn&eacute; vers ce genre de discussion. La d&eacute;monstration que six dimensions &eacute;taient &agrave; prendre en consid&eacute;ration fut un peu pol&eacute;mique et les seiches durent, pour une v&eacute;rification qui couperait court &agrave; ces &eacute;changes perturbateurs, se r&eacute;soudre &agrave; faire construire. Le premier probl&egrave;me &agrave; r&eacute;gler fut  de faire amener, par les grands crabes, les nodules de magn&eacute;tite qui &eacute;taient indispensable. Un lieu fut soigneusement choisi pour l&#146;exp&eacute;rience. Cela demanda quelques si&egrave;cles. Puis lorsque la quantit&eacute; fut suffisante il fallut organiser une construction de forme particuli&egrave;re pour que des lignes aimant&eacute;es tournent de telle ou telle fa&ccedil;on et ce fut l&agrave; que les anc&ecirc;tres du monstre commenc&egrave;rent &agrave; servir les seiches. Tous ces poulpes munis de bras et de ventouses savaient manier les objets et, pour stupides qu&#146;ils soient, &eacute;taient de bons r&eacute;cepteurs d&#146;ordres. Moins de vingt ans plus tard l&#146;oeuvre &eacute;tait achev&eacute;e. Les essais montr&egrave;rent deux choses : que la th&eacute;orie paraissait valable mais qu&#146;elle &eacute;tait assez inefficace dans l&#146;eau ! Maintenant que tout cela &eacute;tait admis et compris, les seiches choisirent de ne pas pousser d&#146;avantage dans la voie mat&eacute;rielle et continu&egrave;rent &agrave; s&#146;adresser de beaux po&egrave;mes lumineux comme par le pass&eacute;. Certains provoquaient par leur harmonie, le rythme des lumi&egrave;res, le choix des alternances de couleurs et le signifiant qu&#146;ils d&eacute;livraient une telle impression de beaut&eacute; que les seiches voulurent les stocker. Le choix se porta sur le premier poulpe venu. Ils  introduisirent les donn&eacute;es dans son cerveau. Ils d&eacute;velopp&egrave;rent chez lui une m&eacute;moire transmissible en jouant sur ses glandes &agrave; s&eacute;cr&eacute;tion interne. . L&#146;habitude et la commodit&eacute; firent qu&#146;au cours des mill&eacute;naires suivants ils eurent de plus en plus &agrave; conserver. Ils furent amen&eacute;s, par cons&eacute;quent &agrave; modifier les hormones de croissance de l&#146;animal porteur pour que les descendants de ce r&eacute;ceptacle grandissent en m&ecirc;me temps que cro&icirc;trait la taille du cerveau, donc des capacit&eacute;s de stockage. Petit &agrave; petit la taille devint monstrueuse, il &eacute;tait maintenant le plus gros des habitants de l&#146;Oc&eacute;an, plus que la baleine ou que l&#146;orque ! Quand viendrait l&#146;heure o&ugrave; sa mort devait &ecirc;tre envisag&eacute;e, les seiches se chargeraient d&#146;organiser, avec un autre poulpe femelle, la f&eacute;condation des oeufs et la s&eacute;lection de l&#146;un d&#146;entre eux pour devenir leur r&eacute;servoir mus&eacute;e suivant.<br> 			Oui, le monstre, aussi stupide soit-il, &eacute;tait conscient des raisons de sa pr&eacute;sence et de son utilit&eacute;.<br> 			Ce que ni lui, ni les seiches ne r&eacute;alis&egrave;rent vraiment, c&#146;est qu&#146;au cours des &egrave;res g&eacute;ologiques et des glaciations tout bascula plusieurs fois et que l&#146;&eacute;difice construit pour la d&eacute;monstration de la th&eacute;orie se trouva, un jour, au sec. C&#146;&eacute;tait dans une r&eacute;gion nomm&eacute;e, pendant une p&eacute;riode, la M&eacute;sopotamie. Les sauvages humains qui la peuplaient lui donn&egrave;rent le nom de ziggourat et en firent un monument sacr&eacute;. Ils avaient constat&eacute; que, parfois, des gens qui s&#146;y rendaient pour apporter leurs offrandes, disparaissaient sans laisser de trace. La ziggourat fut r&eacute;serv&eacute;e &agrave; quelques pr&ecirc;tres qui ne l&#146;approch&egrave;rent plus que sous certains angles, &agrave; certaines dates et avec bien des pr&eacute;cautions. Il y en eut quelques copies au fur et &agrave; mesure que les populations s&#146;en &eacute;loignaient par leur croissance exponentielle et on les adora comme on l&#146;avait fait pour l&#146;originale. Celle-ci s&#146;effondra de v&eacute;tust&eacute; apr&egrave;s moins de trois mille ans.<br> 			 <br> 			Quand commenc&egrave;rent &agrave; arriver toutes les donn&eacute;es transmises par le Ceph voyageur il fut &eacute;vident pour tous, les seiches aussi bien que le monstre, que sur le monde des Cralangs l&#146;option choisie avait &eacute;t&eacute; inverse de celle prise par les seiches. La grande question qui donnait lieu &agrave; de nombreux d&eacute;bats et r&eacute;flexions &eacute;tait de savoir si les seiches continuaient dans leur voie ou si elles se dirigeaient d&eacute;sormais dans celle de Centrale, la plan&egrave;te disparue ? Le monstre se moquait de ce genre de pr&eacute;occupations. Ce qui le motivait &eacute;tait de se nourrir et de se tenir &agrave; l&#146;abri du seul pr&eacute;dateur qu&#146;il pouvait redouter : l&#146;Homme.<br> 			Un de ses anc&ecirc;tres d&eacute;j&agrave; volumineux, (un peu plus que le quart de ce que lui-m&ecirc;me &eacute;tait devenu), avait eu directement affaire &agrave; eux. De bonne foi, et malgr&eacute; les avertissements de sa nu&eacute;e accompagnatrice, il s&#146;&eacute;tait s&#146;attaqu&eacute; aux navires de p&ecirc;che qui sillonnaient l&#146;interface eau/ air. Au d&eacute;but il ressentit les ondes de terreur paralysante qui embrumaient les cerveaux humains comme ceux de ses proies habituelles. Puis ces choses s&#146;organis&egrave;rent et il d&ucirc;t renoncer &agrave; cette nourriture car il fut plusieurs fois bless&eacute; par des harpons. Il eut m&ecirc;me un tentacule dont l&#146;extr&eacute;mit&eacute; fut sectionn&eacute;e d&#146;un coup de hache d&#146;abordage. Donc, lui et ses descendants se dissimul&egrave;rent du mieux qu&#146;ils purent. Puis ces &ecirc;tres qui vivaient dans l&#146;air se livr&egrave;rent &agrave; des batailles et le fond de l&#146;oc&eacute;an o&ugrave; il se tenait tranquille fut perturb&eacute; par des mines, des torpilles, des &eacute;paves mais aussi par beaucoup de choses bonnes &agrave; manger.<br> 			De tout cela les seiches retinrent que le poulpe avait r&eacute;ussi &agrave; recevoir des pens&eacute;es humaines, donc, pour eux-m&ecirc;mes il ne fut plus exclu de tenter de r&eacute;ussir une communication avec ces &ecirc;tres bizarres. Par t&eacute;l&eacute;pathie, ils fouill&egrave;rent le contenu des &eacute;motions du monstre, trouv&egrave;rent le chemin suivi et surent comment proc&eacute;der. La question &eacute;tait maintenant de savoir dans quel but le faire ? <br> 			Comme pour  tous les &ecirc;tres demeurant dans le milieu marin la pollution des mers par les hommes devenait un probl&egrave;me vital ! Pouvaient-ils se faire comprendre des humains et leur demander d&#146;arr&ecirc;ter de tout saloper ? Comment s&#146;en approcher suffisamment ? Y avait-il parmi les humains quelques t&eacute;l&eacute;pathes ? Autant de questions &agrave; r&eacute;soudre. Ils savaient, par le biais de certains d&#146;entre eux, conserv&eacute;s vivants dans des aquariums visit&eacute;s par les hommes, que le probl&egrave;me de la distance &eacute;tait r&eacute;solu. Mais les &eacute;pais verres qui s&#146;interposaient entre ces seiches et les hommes ne rendraient-elles pas impossibles toutes communications ? Ils se r&eacute;solurent &agrave; tenter un essai mais, n&#146;ayant aucun langage &agrave; partager, ils durent se contenter d&#146;essayer de transmettre un concept. Les hommes d&eacute;filaient sans cesse devant l&#146;aquarium mais il n&#146;y avait pas de t&eacute;l&eacute;pathe. Puis, enfin un jour, un homme passait qui &eacute;tait absorb&eacute; dans de profondes sp&eacute;culations concernant le concept m&ecirc;me, qu&#146;ils d&eacute;siraient faire passer. Toutes les seiches qui se trouvaient dans la mer proche s&#146;unirent avec celles qui se trouvaient en pr&eacute;sence de cet individu particulier et lui envoy&egrave;rent, ensemble, leur message. L&#146;homme tomba foudroy&eacute; et fut tr&egrave;s pr&egrave;s de mourir. <br> 			Les seiches d&eacute;cid&egrave;rent de ne plus faire d&#146;essai de communication directe avec les hommes mais d&#146;utiliser celles d&#146;entre elles qui se trouvaient &agrave; proximit&eacute; des humains pour leur inspirer des sentiments de respect de la nature et d&#146;&eacute;cologie. Elles pr&eacute;f&eacute;r&egrave;rent  cr&eacute;er une ambiance g&eacute;n&eacute;rale durable &agrave; la communication directe trop traumatisante. Moins de deux si&egrave;cles plus tard, ils cess&egrave;rent compl&egrave;tement de tout souiller. Le message avait &eacute;t&eacute; re&ccedil;u et compris 5/5.<br> 			Une &eacute;poque nouvelle s&#146;ouvrait maintenant qui &eacute;tait pleine de promesses et de perspectives positives. Secco avait trouv&eacute; un humain t&eacute;l&eacute;pathe avec lequel elle pouvait communiquer. La liaison entre la lign&eacute;e des seiches intelligentes et les hommes, qui l&#146;&eacute;taient moins, devint possible. Une porte avait &eacute;t&eacute; ouverte vers d&#146;autres plan&egrave;tes et donc la possibilit&eacute; d&#146;essaimer ou de rencontrer d&#146;autres seiches pour &eacute;changer exp&eacute;riences et id&eacute;es. Il faudrait en profiter assez vite, avant la fin des 50.000 ann&eacute;es qui venaient car l&#146;esp&egrave;ce humaine montrait tous les signes d&#146;une disparition proche. Ils avaient perdu le contact avec l&#146;essentiel : les difficult&eacute;s &agrave; surmonter dans tous les actes qui font la vie. Bient&ocirc;t leur taux de natalit&eacute; baisserait, leurs  facult&eacute;s non exerc&eacute;es s&#146;amenuiseraient, leur d&eacute;sir de vivre s&#146;&eacute;teindrait et ils seraient remplac&eacute;s par une autre esp&egrave;ce. Une de celles qui devaient se battre pour manger, boire, se reproduire, asservir la nature et r&eacute;gner sur les autres.<br> 			 Impossible de pronostiquer laquelle, mais c&#146;&eacute;tait certain. Comme avaient disparus les dinosaures, les hommes s&#146;&eacute;vanouiraient et la Terre continuerait &agrave; tourner autour de son soleil. Les seiches, arriv&eacute;es depuis des millions d&#146;ann&eacute;es &agrave; l&#146;&eacute;tat parfait de l&#146;&eacute;volution, continueraient &agrave; &eacute;changer des id&eacute;es et des oeuvres d&#146;art au fond des Oc&eacute;ans. Pourquoi aller dresser les homards si un jour ils voulaient qu&#146;on leur construise des artefacts ? Sur cette plan&egrave;te Terre, ils avaient aussi bien que les Cralangs. Pour les cinquante mill&eacute;naires &agrave; venir, ils feraient travailler la sous-esp&egrave;ce intelligente : les hommes.<br> 			<br> 			                                                                                      F I N <br> 			<br> 			<br> 			<br> 			</p> 		</div> 		<center> 			<p>La suite du cycle des Mandalas est dans<br> 			&#147;Le Hop double&#148;</p> 		</center> 		<div align="left"> 			<p>                                                                 <br> 			 <br> 		</div> 	</body>  </html> 
