<HTML> <HEAD> <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1"> <META NAME="Generator" CONTENT="Microsoft Word 98"> <TITLE>Le Serengeti ne doit pas mourir</TITLE> <script> Img1 = new Image(); Img2 = new Image();  Img1.src ="../../fr/img/arch3.gif"; Img2.src ="../../fr/img/arch3rol.gif";  function affiche (num) {  //Fonction appel&eacute;e par les evenements OnMouse...     if (num == "1") document.images['case1'].src = Img1.src;    else if (num == "2") document.images['case1'].src = Img2.src;    } </script> </head> <body bgcolor="#FFFFFF"><center><table><tr><td><a href="../liste.htm"><img src="../../img/3i.jpg" border="0" alt="Archives"></a></td><td><a href="../liste.htm" onMouseOver="affiche(2);return true" onMouseOut="affiche(1);return true"><img src="../../img/arch3.gif" border="0" name="case1"></a></tr></table></center><br><br><br>  <FONT FACE="Times" SIZE=2> </FONT><FONT FACE="Courier" SIZE=2><P>Le Serengeti ne doit pas mourir</P>  <P>&nbsp;</P> <P>02.16</P> <P>Me voici donc dans ce petit avion en compagnie de mon fils Michael, quelque part entre Francfort et le fin fond de l'Afrique. 10 000 kilom&egrave;tres..., presque le double de la distance qui s&eacute;pare Francfort de New York.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>02.34</P> <P>Un aussi petit engin ne vole pas &agrave; des milliers de m&egrave;tres au-dessus des nuages, comme un avion de ligne. On voit la Terre, comme un oiseau migrateur la verrait.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>03.06</P> <P>Je n'aurais m&ecirc;me pas os&eacute; en r&ecirc;ver il y a un an. Je n'&eacute;prouve en effet aucun enthousiasme pour la technique, et je ne suis pas tr&egrave;s sportif non plus. Mais voil&agrave; ce qui arrive quand on s'est mari&eacute; tr&egrave;s jeune, on se retrouve soudain avec des fils adultes.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>03.19</P> <P>Il y a quelques ann&eacute;es, Michael a termin&eacute; notre film "Pas de place pour les animaux sauvages" avec beaucoup de soucis et de dettes. Puis ce fut un succ&egrave;s inattendu. Tout cet argent nous tombait soudain du ciel et mon fils voulut que les animaux d'Afrique en b&eacute;n&eacute;ficient. Il proposa donc sa part au gouvernement britannique du Tanganika - pour acheter des terres afin d'agrandir les r&eacute;serves animales. Mais les sp&eacute;cialistes du gouvernement voyaient les choses autrement. Ils nous sugg&eacute;r&egrave;rent plut&ocirc;t d'essayer de recenser les animaux vivant dans le parc national du Serengeti et de d&eacute;terminer leurs migrations annuelles. Pour bien fixer les fronti&egrave;res d'un tel parc, encore faut-il savoir o&ugrave; les animaux s&eacute;journent aux diff&eacute;rentes p&eacute;riodes de l'ann&eacute;e. Or personne n'a jamais tent&eacute; d'&eacute;lucider la question. Dans des &eacute;tendues aussi vastes et inaccessibles, l'avion nous semblait une aide indispensable. Michael et moi-m&ecirc;me avons donc appris &agrave; piloter, et nous voici en route entre Francfort et l'Afrique &agrave; bord d'un appareil sp&eacute;cialement &eacute;quip&eacute;.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>04.20</P> <P>Nous esp&eacute;rons parvenir &agrave; r&eacute;soudre l'&eacute;nigme que nous posent les derniers grands troupeaux sauvages des steppes africaines. Michael a imagin&eacute; des m&eacute;thodes assez sp&eacute;ciales pour cela.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>04.38</P> <P>Pendant tout ce voyage, seul notre petit galago nous accompagnera.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>05.08</P> <P>Notre destination&nbsp;: un paysage que nous aimons particuli&egrave;rement, le Serengeti. 05,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>07.17</P> <P>Le Serengeti, dans la r&eacute;gion du Tanganika, ancienne colonie allemande d'Afrique orientale, est une &eacute;tendue sauvage d'environ 12 500 kilom&egrave;tres carr&eacute;s. C'est approximativement la surface de l'Ile-de-France &agrave; l'&eacute;chelle de l'immense continent africain et du Tanganika, on a donc r&eacute;serv&eacute; aux animaux une surface plut&ocirc;t r&eacute;duite. Pourtant, le Serengeti est bien l'une des sept merveilles de cette Terre. 07,39</P>  <P>&nbsp;</P> <P>07.53</P> <P>A l'est du Serengeti s'&eacute;tend le plateau des crat&egrave;res g&eacute;ants. Le plus grand est le Ngorongoro, le plus vaste crat&egrave;re de la plan&egrave;te. 20 km de diam&egrave;tre. On pourrait y loger Paris et sa proche banlieue. 08,11</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.17</P> <P>Le crat&egrave;re du Ngorongoro est le plus grand parc zoologique de notre plan&egrave;te. Dieu lui-m&ecirc;me l'a &eacute;difi&eacute; et en a prot&eacute;g&eacute; les occupants par des remparts montagneux de cinq cents m&egrave;tres de hauteur, sept cents m&egrave;tres en certains endroits. Ce zoo est situ&eacute; sur l'&eacute;quateur, &agrave; une altitude de 2000 m. Toute l'ann&eacute;e y r&egrave;gnent le printemps et l'&eacute;t&eacute;. Aucun zoo recr&eacute;&eacute; par l'homme ne pourrait s'enorgueillir d'occupants aussi magnifiques.O8,43</P>  <P>&nbsp;</P> <P>09.23</P> <P>A l'ext&eacute;rieur, en dehors du crat&egrave;re du Ngorongoro, sur les plaines infinies de la steppe du Serengeti, paissent les derniers grands troupeaux d'herbivores que compte l'Afrique. On les estime &agrave; plus d'un million de t&ecirc;tes, d'apr&egrave;s les sp&eacute;cialistes. 09,37</P>  <P>&nbsp;</P> <P>09.43</P> <P>Nous voulons recenser ces multitudes grouillantes nous sommes pris de vertige. 09,47</P>  <P>&nbsp;</P> <P>09.59</P> <P>Il faut bien commencer quelque part. Aussi divisons-nous la surface du parc national du Serengeti en plusieurs sections que nous &eacute;tudierons l'une apr&egrave;s l'autre. Chaque jour, nous survolerons l'une d'elles en bandes parall&egrave;les. 10,11</P>  <P>&nbsp;</P> <P>10.18</P> <P>Cette subdivision n'a rien d'ais&eacute;e, car il n'existe encore aucune v&eacute;ritable carte de ces &eacute;tendues sauvages. Nous devons chercher nous-m&ecirc;mes les rep&egrave;res qui nous serviront de fronti&egrave;res, le lit d'une rivi&egrave;re &agrave; sec ou un groupe d'arbres, ou des montagnes &agrave; l'horizon. 10,30</P>  <P>&nbsp;</P> <P>10.37</P> <P>Nous avons acquis un certain entra&icirc;nement pour compter en seul coup d'oeil des groupes entiers d'animaux. Chacun de nous compte silencieusement de son c&ocirc;t&eacute;, puis nous inscrivons imm&eacute;diatement les nombres dans des listes. Nous comparerons ensuite les r&eacute;sultats, &agrave; titre de contr&ocirc;le.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>10.53</P> <P>Ces immenses cohortes d'animaux peuplaient autrefois les steppes de toute l'Afrique. Aujourd'hui, ces r&eacute;gions ne sont plus que vide et d&eacute;solation.</P> <P>Seuls quelques parcs nationaux et les r&eacute;serves permettent encore de r&eacute;aliser de beaux films animaliers et de superbes photographies</P> <P>Lorsque le grouillement des animaux devient trop dense, nous pouvons ralentir notre vol jusqu'&agrave; une vitesse de 50 km/h. n nous suffit pour cela de sortir les volets. 11,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>11.17</P> <P>Chacun de ces points repr&eacute;sente des milliers d'animaux et indique o&ugrave; ils vivent actuellement. Mais tout aura chang&eacute; dans quinze jours. Nous avons travaill&eacute; ainsi pendant des jours et des semaines. R&eacute;sultat&nbsp;: il n'y a pas un million de grands animaux dans le parc du Serengeti, mais seulement 367 000. 11,33</P>  <P>&nbsp;</P> <P>11.36</P> <P>Au cours de l'un de nos atterrissages, nous rencontrons un z&egrave;bre m&acirc;le dans une situation d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e. Il deviendra un v&eacute;ritable ami pour nous. 11,43</P>  <P>&nbsp;</P> <P>11.48</P> <P>Le pauvre animal s'est pris la t&ecirc;te dans un collet pos&eacute; par des braconniers. Il a r&eacute;ussi &agrave; renverser l'arbre auquel &eacute;tait attach&eacute; le pi&egrave;ge, et il tra&icirc;ne maintenant ce fardeau derri&egrave;re lui depuis plusieurs jours. Nous mettons fin &agrave; son supplice.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.05</P> <P>Buschiri, comme le surnomme Michael, peut maintenant regagner son troupeau. 12,08</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.13</P> <P>Le fil du collet a p&eacute;n&eacute;tr&eacute; profond&eacute;ment dans le cou. 12,17</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.22</P> <P>Quel plaisir de se rouler de nouveau dans le sable ! 12,24</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.30</P> <P>Buschiri appr&eacute;cie visiblement d'avoir retrouv&eacute; son troupeau. Celui-ci le salue dans le langage des z&egrave;bres, qui pour nous ressemble &agrave; un aboiement.</P> <P>L'une des pouliches semble avoir un certain penchant pour lui. 12,40</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.47</P> <P>Cela ne pla&icirc;t pas &agrave; son demi-fr&egrave;re. En l'absence de Buschiri, il a d&eacute;j&agrave; pris sa place &agrave; la t&ecirc;te du troupeau. 12,53</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.58</P> <P>Il ne peut supporter le jeu amoureux de ses deux cong&eacute;n&egrave;res&nbsp;; cela le rend litt&eacute;ralement furieux. 13,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.05</P> <P>Jaloux et fou de col&egrave;re, il se jette sur Buschiri qui, apr&egrave;s des jours de martyre, n'a pas encore retrouv&eacute; toutes ses forces. 13,11</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.40 Buschiri est battu, il doit laisser sa place.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.43</P> <P>Mais le destin intervient une seconde fois en faveur de Buschiri. 13,45</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.49</P> <P>Dans son exultation, le vainqueur se montre imprudent un instant - et d&eacute;j&agrave; la mort le guette. 13,54</P>  <P>&nbsp;</P> <P>14.00</P> <P>Dans ce monde, joie et mort se c&ocirc;toient.14,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>14.24</P> <P>Buschiri peut rejoindre les siens. 14,26</P>  <P>&nbsp;</P> <P>14.30</P> <P>Si l'on doit venir au monde en lion, il faudrait s'arranger pour na&icirc;tre au Serengeti. C'est la r&eacute;gion la plus c&eacute;l&egrave;bre du monde pour ses lions. On y trouve les plus nombreux, et aussi les plus beaux. Ici, on peut dire que tout lionceau na&icirc;t coiff&eacute;. 14,44</P>  <P>&nbsp;</P> <P>14.57</P> <P>En cette saison notamment, les lions ont la vie belle. C'est la saison s&egrave;che. Les vastes steppes du Serengeti sont dess&eacute;ch&eacute;es et arides. Tous les herbivores se rassemblent ici, dans la pointe occidentale, au fond de la d&eacute;pression. 15,09</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.15</P> <P>Plusieurs centaines de milliers d'animaux viennent &eacute;tancher leur soif autour de quelques dizaines de points d'eau. 15,20</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.34</P> <P>Mais au bord de l'eau r&ocirc;de la mort. 15,35</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.36</P> <P>C'est la meilleure p&eacute;riode pour tous les fauves. 15,37</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.49</P> <P>La vision des paisibles herbivores n'est pas aussi pr&eacute;cise que celle du lion.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.54</P> <P>Une antilope impala ne voit pas le monde aussi nettement que nous.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.58</P> <P>Les yeux des herbivores sont con&ccedil;us pour englober en permanence tout leur environnement, y compris vers l'arri&egrave;re. 16,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.12</P> <P>D'ailleurs, ces animaux ne vivent pas dans la crainte perp&eacute;tuelle de leurs ennemis, ils ne c&egrave;dent pas non plus &agrave; une panique effr&eacute;n&eacute;e d&egrave;s qu'ils voient un lion, comme on le lit souvent dans les livres. En fait, presque tous les animaux domestiques sont un jour tu&eacute;s et d&eacute;vor&eacute;s par les hommes. Pourtant, ils s'habituent &agrave; notre pr&eacute;sence et ne s'enfuient pas imm&eacute;diatement dans les champs en nous voyant.</P> <P>Tant que les herbivores voient clairement le lion et que celui-ci ne se cache pas pour se faufiler - tant qu'il ne franchit pas le p&eacute;rim&egrave;tre de s&eacute;curit&eacute; dans lequel ils peuvent encore lui &eacute;chapper - ils n'ont aucune raison d'avoir peur. 16,42</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.45</P> <P>Les Massais prot&egrave;gent leurs campements contre les fauves par de hautes murailles d'&eacute;pineux. 16,55</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.55</P> <P>Ces bergers de grande taille forment un peuple fier. Pendant des si&egrave;cles, ils ont terroris&eacute; de vastes territoires, puis la puissance coloniale a fini par mettre un terme &agrave; leur domination. Ils se disent peuple &eacute;lu de Dieu et s'estiment largement sup&eacute;rieurs &agrave; tous les Noirs et aux Europ&eacute;ens, qu'ils consid&egrave;rent avec m&eacute;pris. C'est pourquoi ils rejettent &eacute;galement les v&ecirc;tements et les armes des Europ&eacute;ens. Ces bergers nomades ne tuent aucune b&ecirc;te sauvage, ils vivent de leurs propres troupeaux de boeufs. Mais en saison s&egrave;che, ils interdisent les derniers points d'eau aux grands troupeaux de gnous, abattent les rares arbres et d&eacute;truisent la brousse qui entoure les sources car, peuple nomade, il leur faut en permanence construire de hautes murailles d'&eacute;pineux autour de leurs campements. Ils provoquent ainsi l'ass&egrave;chement des derni&egrave;res sources et an&eacute;antissent leur propre avenir. Mais quel peuple de bergers noirs, ou europ&eacute;ens, s'est d&eacute;j&agrave; souci&eacute; du lointain avenir de son pays ? 17,48</P>  <P>&nbsp;</P> <P>17.57</P> <P>La m&egrave;re salue ses fils d'un signe de la main - ses soucis s'arr&ecirc;tent &agrave; sa propre vie.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.05</P> <P>Un Massa&iuml; n'aime pas abattre son b&eacute;tail. Mais il ne peut pas se nourrir longtemps que de lait, aussi il proc&egrave;de de temps &agrave; autre &agrave; une saign&eacute;e.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.14</P> <P>Pour cela, on pose une corde autour du cou d'un veau, pour retenir le sang dans les veines. 18,25</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.25</P> <P>Un homme tire alors &agrave; courte distance une fl&egrave;che &agrave; petite pointe large. 18,29</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.34 Le sang coule.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.45 Puis on arr&ecirc;te le saignement.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>19.03</P> <P>On bat le sang pour &eacute;viter qu'il ne coagule, puis on le boit.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>19.10 En saison s&egrave;che, la vie est dure dans les steppes.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>19.19</P> <P>La vaste steppe s'&eacute;tend, vide et dess&eacute;ch&eacute;e. Tous les animaux sont partis. 19,24</P>  <P>&nbsp;</P> <P>19.39</P> <P>Seul dans l'ombre de ces blocs de granit, quelques cr&eacute;atures &eacute;tonnantes tentent encore de survivre. Les damans ont tout juste la taille d'un lapin et, pourtant, par leur structure corporelle, ils sont apparent&eacute;s aux &eacute;l&eacute;phants. Ils sortent &agrave; peine une demi-heure par jour, juste apr&egrave;s le lever du soleil.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.00</P> <P>Sur les rochers, le grand python r&eacute;siste plus longtemps, jusqu'&agrave; ce que lui aussi fuie les rayons ardents du soleil. 20,06</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.11</P> <P>En cette mauvaise saison, m&ecirc;me les Wandorobo, peuple qui vit au bord du Serengeti, doivent partir et chercher leur nourriture ailleurs.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.25 Un petit oiseau les y aide.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.29</P> <P>Il a d&eacute;couvert un secret et l'annonce au monde entier. Que tous ceux qui comprennent sa langue l'&eacute;coutent !</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.40</P> <P>L'oiseau a d&eacute;couvert un tr&eacute;sor, mais il ne peut l'approcher, car il est trop petit et trop faible pour cela.</P> <P>Il cherche un animal puissant ou un homme qui suive son appel, et brise pour lui l'essaim des abeilles sauvages. 20,53</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.55</P> <P>Cet oiseau s'appelle l'indicateur. Il vole d'arbre en arbre au-devant de celui qui cherche, et le conduit de tr&egrave;s loin jusqu'&agrave; l'essaim d'abeilles. 21,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>21.08</P> <P>Pour chasser les abeilles et &eacute;viter leurs piq&ucirc;res, les Wandorobo allument un feu.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>21.15</P> <P>Le petit oiseau en a pour ainsi dire l'eau &agrave; la bouche. A peine peut-il patienter. Il sait qu'il y aura toujours des restes pour lui, qu'il ait attir&eacute; un ratel ou un homme. Les indig&egrave;nes veillent toujours &agrave; lui laisser une part du butin. Car l'homme esp&egrave;re bien profiter &agrave; nouveau de ses bons services, aussi il se montre toujours tr&egrave;s reconnaissant envers son bienfaiteur. 21,35</P>  <P>&nbsp;</P> <P>21.40</P> <P>Pour le petit indicateur, le repas se composera cette fois-ci de deux plats&nbsp;: avant le sucr&eacute;, il d&eacute;guste d'abord un plat de larves bien grasses. 21,47</P>  <P>&nbsp;</P> <P>22.05</P> <P>Allumer un feu dans la steppe en pleine saison s&egrave;che est dangereux. Il br&ucirc;le nuit et jour et s'&eacute;tend toujours plus, pendant des semaines ou des mois.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>22.19</P> <P>Les grands animaux ne s'enfuient pas devant ces herbes en feu. L'incendie sera dangereux seulement pour les insectes, les tortues et d'autres animaux petits et lents.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>22.34</P> <P>Chaque ann&eacute;e, &agrave; la fin de la saison s&egrave;che, ces feux s'&eacute;tendent sur toute la steppe et d&eacute;vastent le pays. Les herbes hautes disparaissent, et ainsi les derni&egrave;res traces d'ombre sur un sol d&eacute;j&agrave; compl&egrave;tement dess&eacute;ch&eacute;.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>23.09</P> <P>Tous les ans, quelques broussailles et quelques arbres sont la proie des flammes. Leurs cendres dessinent d'&eacute;tranges motifs blancs sur le sol noir.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>23.31</P> <P>Avec peine, les gazelles de Thomson recherchent les derni&egrave;res herbes. La steppe s'&eacute;tend, noire et d&eacute;sol&eacute;e.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>23.39</P> <P>Si un grand lac de 1 m&egrave;tre 70 de profondeur recouvrait le Serengeti, le soleil l'ass&eacute;cherait en une ann&eacute;e. 23,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>23.53</P> <P>Enfin, les premiers nuages noirs se rassemblent. Mais il faut attendre encore des jours et des semaines avant qu'ils donnent de la pluie. Le premier orage, au d&eacute;but de la saison des pluies, s'abat d'abord sur le nord du Serengeti. La pluie se d&eacute;place ensuite chaque jour un peu plus vers le sud. Tous les deux jours, les nuages &eacute;clatent vingt kilom&egrave;tres plus au sud. 24,13</P>  <P>&nbsp;</P> <P>24.19</P> <P>C'est d'abord la nouvelle fra&icirc;cheur du vert qui appara&icirc;t sur les anciens foyers d'incendie, car elle n'est pas dissimul&eacute;e sous les tiges s&egrave;ches des vieilles herbes. 24,26</P>  <P>&nbsp;</P> <P>24.28 Soudain, des moindres recoins, la vie resurgit.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>25.04</P> <P>Partout, l'eau s'accumule dans les d&eacute;pressions de la steppe. Avec elle reviennent &eacute;galement les oiseaux aquatiques. 25,10</P>  <P>&nbsp;</P> <P>25.29 Les hy&egrave;nes aussi savent appr&eacute;cier un bon bain.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>25.33</P> <P>Les perdrix trouvent enfin de quoi &eacute;tancher leur soif. Comme par magie, la steppe aride et d&eacute;sol&eacute;e se peuple &agrave; nouveau de milliers d'oiseaux. 25,41</P>  <P>&nbsp;</P> <P>26.04</P> <P>Il en va des hommes comme des animaux&nbsp;: eux aussi veulent offrir &agrave; leur corps les bienfaits de cette eau fra&icirc;che, si longtemps esp&eacute;r&eacute;e. 26,09</P>  <P>&nbsp;</P> <P>26.50</P> <P>Les immenses troupeaux de la steppe se mettent en mouvement. Depuis des mill&eacute;naires, chaque ann&eacute;e, les gnous se lancent en immenses troupeaux dans une vaste migration &agrave; travers le pays. Ils recherchent la verdure de la steppe. Personne ne conna&icirc;t leur itin&eacute;raire, personne ne sait o&ugrave; il les conduit. 27,06</P>  <P>&nbsp;</P> <P>27.30</P> <P>Nous ne connaissons que leur nombre - et encore, depuis quelques mois seulement - : 97 000 gnous vivent au Serengeti. 27,36</P>  <P>&nbsp;</P> <P>27.40 Quant aux z&egrave;bres, nous en avons recens&eacute; 54 000.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>27.46</P> <P>Jusqu'ici, personne n'a pu suivre les immenses cohortes, car &agrave; la saison des pluies, la nature est impraticable. En Afrique, les r&eacute;serves n'ont pas de grillages, leurs fronti&egrave;res n'existent que sur la carte. Le parc national du Serengeti est cens&eacute; englober enti&egrave;rement l'espace vital des derniers grands animaux de la steppe africaine, et les prot&eacute;ger. Il faut donc que les limites soient trac&eacute;es correctement pour inclure les parcours migratoires de ces immenses troupeaux. Il est encore temps, car les abords du Serengeti ne sont pratiquement pas habit&eacute;s. Mais la population d'Afrique commence elle aussi &agrave; doubler r&eacute;guli&egrave;rement, comme le reste de l'humanit&eacute;. Si on la laisse s'installer &agrave; proximit&eacute; des fronti&egrave;res actuelles du parc, et si ces fronti&egrave;res s'av&egrave;rent ensuite mal choisies, ce sera la fin de la faune sauvage. Car les b&ecirc;tes ont visiblement besoin de migrer, m&ecirc;me si nous en ignorons encore la raison. 28,41</P>  <P>&nbsp;</P> <P>28.56</P> <P>C'est &eacute;galement &agrave; la saison des pluies, saison des migrations, que les petits gnous viennent au monde. Dans ce troupeau, la premi&egrave;re naissance est un v&eacute;ritable &eacute;v&eacute;nement. Dans quinze jours, le groupe comptera des centaines de petits et personne ne leur pr&ecirc;tera plus attention. Mais d'ici l&agrave;, les oncles et les tantes se rassemblent et viennent admirer la petite merveille. 29,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>29.29 Les gazelles mettent elles aussi leurs petits au monde.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>30.30</P> <P>La m&egrave;re d&eacute;livre le nouveau-n&eacute; des r&eacute;sidus placentaires.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>30.36</P> <P>Les chacals attendent d&eacute;j&agrave; les naissances chez les gazelles. Furieuse, la m&egrave;re tente de les faire fuir. 30,41</P>  <P>&nbsp;</P> <P>30.57</P> <P>Le nouveau-n&eacute; ne conna&icirc;t pas l'emplacement de la mamelle. Son seul r&eacute;flexe consiste &agrave; rechercher dans tous les angles du corps de sa m&egrave;re, donc aussi vers les pattes ant&eacute;rieures. Seule l'exp&eacute;rience le rendra plus rus&eacute;. 31,06</P>  <P>&nbsp;</P> <P>31.17</P> <P>Malgr&eacute; son apparente fragilit&eacute;, il peut d&eacute;j&agrave; supporter des jeux assez rudes. 31,21</P>  <P>&nbsp;</P> <P>31.41</P> <P>Parmi tous ces petits, seuls quelques-uns atteindront l'&acirc;ge adulte. Avec les troupeaux, les hy&egrave;nes ont &eacute;galement fait leur apparition dans la steppe, en qu&ecirc;te d'un butin. 31,49</P>  <P>&nbsp;</P> <P>31.52</P> <P>Mais ce sont des hy&egrave;nes humaines que nous devons d&eacute;nicher aujourd'hui. Avec les gardiens du parc national, nous partons &agrave; la recherche de braconniers, qui barrent la route aux grands troupeaux et assassinent chaque ann&eacute;e des milliers d'animaux. 32,01</P>  <P>&nbsp;</P> <P>32.13</P> <P>Les voil&agrave; ! Ils se pr&eacute;cipitent sur les troupeaux et tirent sur les animaux au hasard avec des fl&egrave;ches empoisonn&eacute;es.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>32.20</P> <P>Par radio, nous indiquons leur position &agrave; nos camarades &agrave; terre.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>32.25</P> <P>Nous lan&ccedil;ons des bombes fumig&egrave;nes pour que les gardes puissent rep&eacute;rer les braconniers depuis leurs voitures, car ils doivent les intercepter rapidement, sinon ils s'&eacute;chapperont encore sans laisser la moindre trace. 32,45</P>  <P>&nbsp;</P> <P>32.55</P> <P>Les braconniers sont d'abord effray&eacute;s par notre bruyant z&egrave;bre volant, mais d&egrave;s notre deuxi&egrave;me passage, ils retrouvent leur audace et nous tirent m&ecirc;me dessus avec leurs fl&egrave;ches empoisonn&eacute;es.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>33.05</P> <P>Ils &eacute;taient habitu&eacute;s &agrave; pouvoir se cacher dans la steppe, mais notre avion a chang&eacute; la donne.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>33.38</P> <P>Vingt contrebandiers sont arr&ecirc;t&eacute;s aujourd'hui. Les gardes du parc national n'ont pas le droit de leur infliger une amende. Il faut les pr&eacute;senter au juge de Musoma, loin d'ici. 33,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>33.57</P> <P>Mais les collets qu'ils ont pos&eacute;s menacent encore les animaux. Il faut les trouver et les rendre inoffensifs. 34,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>34.10</P> <P>De ce z&egrave;bre mort, les braconniers ont seulement pris la queue pour s'en servir de chasse-mouches. Des dizaines, des centaines d'animaux agonisent ainsi lentement et inutilement. Une odeur de d&eacute;composition plane au-dessus de tout le paysage. 34,22</P>  <P>&nbsp;</P> <P>34.33</P> <P>Quelques animaux, les membres bris&eacute;s, parviennent encore &agrave; &eacute;chapper aux pi&egrave;ges. 34,38</P>  <P>&nbsp;</P> <P>34.47</P> <P>Au march&eacute; noir, un collet de ce type, en mince fil d'acier, co&ucirc;te de 10 &agrave; 15 francs. 34,53</P>  <P>&nbsp;</P> <P>35.01</P> <P>Les gardes recherchent les rep&egrave;res des braconniers, o&ugrave; ils cachent butin et mat&eacute;riel.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>35.09</P> <P>Par tonnes, la viande est suspendue en minces lambeaux &agrave; des barres de bois. Plusieurs milliers de magasins de ce genre alimentent un commerce clandestin dans tout le pays. Des r&eacute;gions enti&egrave;res ont &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement d&eacute;pouill&eacute;es de leurs animaux. 35,19</P>  <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>Nos camarades incendient tout ce qu'ils ne peuvent pas emporter.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>35.54</P> <P>Ces hommes se rendent-ils comptent qu'ils seront l&eacute;gitimement p&eacute;nalis&eacute;s ? Pour assurer l'avenir du Serengeti, nous devrons convaincre les indig&egrave;nes de prot&eacute;ger les animaux. 36,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>36.07 Nous devons rentrer nous aussi.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>36.25</P> <P>Une fl&egrave;che empoisonn&eacute;e s'est effectivement fich&eacute;e dans une fente de l'intrados. La tige se brise&nbsp;; la pointe reste coinc&eacute;e dans l'aile. Ces pointes m&eacute;talliques sont forg&eacute;es &agrave; partir de gros clous et pr&eacute;sentent des crochets lat&eacute;raux tr&egrave;s ac&eacute;r&eacute;s.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>36.41</P> <P>Avec ces fl&egrave;ches, il n'est pas indispensable de toucher correctement la cible. Il suffit d'une l&eacute;g&egrave;re blessure pour entra&icirc;ner &agrave; coup s&ucirc;r la mort de l'animal, ou de la personne. On ne conna&icirc;t encore aucun rem&egrave;de &agrave; ce poison. 36,53</P>  <P>&nbsp;</P> <P>37.02</P> <P>Lors de nos assauts contre les braconniers, nous avons r&eacute;colt&eacute; des milliers de collets.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>37.12</P> <P>Et des centaines d'arcs et de carquois remplis de fl&egrave;ches empoisonn&eacute;es. 37,15</P>  <P>&nbsp;</P> <P>37.30</P> <P>Les fl&egrave;ches pr&eacute;sentent &agrave; leur extr&eacute;mit&eacute; des plumes de diff&eacute;rentes couleurs. Ainsi, chaque propri&eacute;taire peut reconna&icirc;tre les siennes et les r&eacute;cup&eacute;rer facilement.</P> <P>Nous pouvons br&ucirc;ler les arcs et les fl&egrave;ches, mais comment &eacute;viter que les collets tant convoit&eacute;s regagnent le march&eacute; noir ? 37,43</P>  <P>&nbsp;</P> <P>37.47</P> <P>Nous connaissons un lieu s&ucirc;r o&ugrave; personne ne pourra les r&eacute;cup&eacute;rer. Non loin de la limite du parc national existe une ancienne mine d'or, datant de l'&eacute;poque coloniale allemande. Le puits d'extraction s'enfonce verticalement dans le sol jusqu'&agrave; 300 m de profondeur. 37,59</P>  <P>&nbsp;</P> <P>38.11</P> <P>Il y a six ans, la cage s'est d&eacute;tach&eacute;e du c&acirc;ble et 12 hommes ont disparu avec elle dans les profondeurs de la terre. L'Indien qui avait rachet&eacute; la mine &agrave; bas prix en a alors arr&ecirc;t&eacute; l'exploitation. Ce qui tombe au fond ne remontera jamais &agrave; la surface. 38,26</P>  <P>&nbsp;</P> <P>38.29</P> <P>Les indig&egrave;nes croient souvent qu'il faut sauvegarder les animaux sauvages des r&eacute;serves uniquement pour permettre &agrave; de riches Europ&eacute;ens ou Am&eacute;ricains d'organiser des safaris. 77 pieds d'&eacute;l&eacute;phants, victimes de ces touristes chasseurs de gros gibier, sont ici transform&eacute;s en corbeilles &agrave; papier. 38,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>38.56</P> <P>Si les touristes blancs emportent chez eux de tels troph&eacute;es, comment faire comprendre aux Africains qu'ils doivent renoncer &agrave; leurs tr&egrave;s vieilles traditions de chasse, et que les derni&egrave;res b&ecirc;tes sauvages de leur pays doivent &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;es en tant que patrimoine culturel de toute l'humanit&eacute; ? 39,11</P>  <P>&nbsp;</P> <P>39.18</P> <P>T&ocirc;t ou tard, les Africains administreront eux-m&ecirc;mes leurs pays. S'ils croient encore que les r&eacute;serves ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es pour les seuls Europ&eacute;ens, ils les feront dispara&icirc;tre rapidement. C'est pour &eacute;viter cela que nous travaillons ici.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>39.38</P> <P>Notre objectif&nbsp;: &eacute;tudier les voies migratoires des grands troupeaux. Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, on imaginait les choses de la mani&egrave;re suivante. A la saison des pluies, les animaux sortent du crat&egrave;re du Ngorongoro et arrivent jusqu'au milieu environ de la vaste steppe. Depuis la partie &eacute;troite du parc, la majeure partie des grands troupeaux vient &eacute;galement jusque-l&agrave;. On peut donc tracer une fronti&egrave;re passant par le milieu du parc, et r&eacute;server la partie droite aux Massais. En ajoutant au nord et au sud quelques terres o&ugrave; ces nomades ne se rendent jamais, on pr&eacute;servera l'espace vital de la grande majorit&eacute; des animaux. Ainsi, on a r&eacute;ellement s&eacute;par&eacute; du parc national la moiti&eacute; de la steppe du Serengeti et le fabuleux crat&egrave;re du Ngorongoro, et abandonn&eacute; les grands troupeaux herbivores aux nomades Massa&iuml;s. 40,20</P>  <P>&nbsp;</P> <P>40.21</P> <P>On ignore encore si les animaux migrent vraiment suivant ce sch&eacute;ma th&eacute;orique. C'est ce que nous voulons v&eacute;rifier. 40,27</P>  <P>&nbsp;</P> <P>40.29</P> <P>Nous peignons en jaune quelques z&egrave;bres. Ainsi, depuis l'avion, nous pourrons les reconna&icirc;tre au milieu de leurs troupeaux, m&ecirc;me apr&egrave;s plusieurs semaines.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>40.36</P> <P>Teindre des animaux nous paraissait simple, en pensant aux couleurs changeantes des cheveux des Europ&eacute;ennes. Mais les sp&eacute;cialistes nous apprendront que ce n'est pas le cas. Pour teindre les poils d'une mani&egrave;re qui r&eacute;siste vraiment aux intemp&eacute;ries, il faut les cuire, ou au moins les chauffer tr&egrave;s fortement. Mais il est difficile d'infliger un tel traitement &agrave; un z&egrave;bre vivant. Notre peinture jaune s'est rapidement estomp&eacute;e. Il nous faut trouver un autre moyen d'identifier nos animaux. 40,59</P>  <P>&nbsp;</P> <P>41.03</P> <P>Avant de pouvoir marquer les z&egrave;bres, encore faut-il les attraper. Au d&eacute;but, nous avons proc&eacute;d&eacute; de la mani&egrave;re suivante. Michael forme une large boucle &agrave; l'extr&eacute;mit&eacute; d'une tige de bambou, puis il se tient debout sur le toit du tout-terrain.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>41.27</P> <P>Conduire ainsi n'est pas sans risque. Le conducteur doit poss&eacute;der une certaine habilet&eacute;, car la steppe est pleine de trous de phacoch&egrave;res et de nids de termites &agrave; peine visibles. Si l'on freine brusquement, l'homme qui se tient sur le toit est projet&eacute; devant les roues, pardessus le radiateur. Si l'on tente de les contourner, il chute sur le c&ocirc;t&eacute;. La vitesse maximale d'un z&egrave;bre est de 50 km/h. Nous devons donc &ecirc;tre plus rapides pour le rattraper.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>41.57</P> <P>Le z&egrave;bre &eacute;vite la boucle avec sa t&ecirc;te. Il baisse le nez toujours plus bas en direction du sol. Michael le suit avec l'extr&eacute;mit&eacute; de la tige de bambou. La fi&egrave;vre de la chasse s'est empar&eacute;e de lui&nbsp;; il veut absolument capturer l'animal.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>42.19</P> <P>Il essaie sans rel&acirc;che, et en oublie le danger. 42,21</P>  <P>&nbsp;</P> <P>42.28</P> <P>Et le drame se produit ! La pointe de la tige s'est enfonc&eacute;e dans le sol, et son autre extr&eacute;mit&eacute; a but&eacute; violemment contre le cou de Michael et l'a projet&eacute; hors du v&eacute;hicule. 42,38</P>  <P>&nbsp;</P> <P>42.45</P> <P>Michael a perdu connaissance. Il n&eacute;cessite des soins d'urgence. Nous devons l'emmener imm&eacute;diatement en avion &agrave; l'h&ocirc;pital de Musoma, au bord du lac Victoria. 42,55</P>  <P>&nbsp;</P> <P>43.00 Notre travail marque donc une pause forc&eacute;e.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>43.11</P> <P>Quelques semaines apr&egrave;s, la malchance recommence. Au cours de l'un de nos nombreux atterrissages en pleine brousse, Michael tombe dans un trou de phacoch&egrave;re et le train d'atterrissage se brise. Notre "z&egrave;bre volant" est pos&eacute; sur le ventre.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>43.24</P> <P>Depuis l'ann&eacute;e derni&egrave;re, il est c&eacute;l&egrave;bre chez tous les indig&egrave;nes du Serengeti et des environs. En souah&eacute;li, il s'appelle simplement "Ndegge" - "oiseau". De jeunes Massa&iuml;s nous ont d&eacute;j&agrave; demand&eacute; s&eacute;rieusement o&ugrave; se trouvent les yeux et les oreilles de cet oiseau. Quand des indig&egrave;nes nous aident dans nos travaux, ils ne veulent jamais se faire payer. Mais tout le monde veut faire un tour d'avion. 43,43</P>  <P>&nbsp;</P> <P>44.02</P> <P>Dans l'imm&eacute;diat, l'important pour Michael, c'est d'&eacute;valuer les d&eacute;g&acirc;ts.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>44.11</P> <P>Heureusement, en dehors de l'h&eacute;lice et du train, le reste est quasiment intact.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>44.29</P> <P>Les camarades ignorent o&ugrave; Michael se trouve &agrave; cet instant. Retrouver quelqu'un dans cette immensit&eacute; n'est pas facile. Quelques jours plus t&ocirc;t, il nous a fallu 5 heures en avion pour retrouver notre tout-terrain, pourtant tr&egrave;s visible, &agrave; proximit&eacute; d'une colline o&ugrave; il nous attendait.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>44.54</P> <P>Michael a le temps de r&eacute;fl&eacute;chir.</P> <P>En plein milieu de la steppe, une telle panne constitue une perte de temps &eacute;norme. Impossible de trouver des pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es en Afrique, il faudra les faire venir d'Allemagne. Par avion... 45,04</P>  <P>&nbsp;</P> <P>45.08</P> <P>Passer la nuit en pleine steppe n'est pas aussi dangereux qu'on ne l'imagine habituellement. Les animaux sauvages, m&ecirc;me les lions, ne s'en prennent pas &agrave; l'homme s'ils ne se sentent pas menac&eacute;s ou attaqu&eacute;s. Nous ne comptons pas parmi leurs proies habituelles. 45,21</P>  <P>&nbsp;</P> <P>45.37</P> <P>Notre galago est encore tout secou&eacute; par le choc. Il faut encore un moment avant que le petit animal retrouve vie et confiance. En Europe, ce petit l&eacute;murien vit chez nous et, cette fois-ci, il nous a accompagn&eacute;s dans sa terre d'origine. 45,50</P>  <P>&nbsp;</P> <P>46.06</P> <P>On se sent tout de m&ecirc;me plus en s&eacute;curit&eacute; sous la chemise ! Et rien de tel qu'une sauterelle pour retrouver rapidement go&ucirc;t &agrave; la vie ! 46,13</P>  <P>&nbsp;</P> <P>46.30</P> <P>En Afrique aussi, nous laissons notre galago courir librement &agrave; droite et &agrave; gauche. Rien &agrave; craindre&nbsp;: il ne s'enfuira pas. 46,36</P>  <P>&nbsp;</P> <P>46.42</P> <P>La modeste r&eacute;serve d'eau ne durera pas longtemps. Comme Michael doit de toute mani&egrave;re attendre et n'a rien de mieux &agrave; faire, il part chercher de l'eau. 46,49</P>  <P>&nbsp;</P> <P>46.58</P> <P>Derri&egrave;re les arbres s'&eacute;tendent les lits de rivi&egrave;res ass&eacute;ch&eacute;es. Peut-&ecirc;tre s'y trouve-t-il encore un point d'eau. 47,03</P>  <P>&nbsp;</P> <P>47.55</P> <P>Les hy&egrave;nes sont les fauves les plus redout&eacute;s de toute l'Afrique. Elles pourchassent inlassablement chaque animal et sont tellement avides de sang qu'elles poursuivent parfois leurs proies &eacute;puis&eacute;es jusqu'au milieu des villages. M&ecirc;me le lion sera un jour leur proie quand, &agrave; quinze ou seize ans, il sera devenu un vieillard. 48,10</P>  <P>&nbsp;</P> <P>48.28</P> <P>Au milieu de l'herbe, une autruche couve paisiblement.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>48.33</P> <P>Un oeuf a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; sur le c&ocirc;t&eacute;. Peut-il encore &eacute;clore ? Dans le monde animal, les femelles sont inoffensives si on laisse leurs petits en paix. Pr&egrave;s de sa ponte, m&ecirc;me la paisible autruche attaque furieusement.48,43</P>  <P>&nbsp;</P> <P>48.58</P> <P>En pleine brousse, Michael fait une d&eacute;couverte &eacute;tonnante.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>49.03</P> <P>Sur une colline s'&eacute;l&egrave;ve un fort - une vraie forteresse comme dans la vall&eacute;e du Rhin.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>49.20</P> <P>Les troupes allemandes ont bien &eacute;rig&eacute; ce fort il y a soixante ans dans cette contr&eacute;e recul&eacute;e. A l'&eacute;poque passait &agrave; proximit&eacute; la fronti&egrave;re entre l'Afrique orientale allemande et le Kenya, alors colonie britannique. Les indig&egrave;nes ikoma &eacute;taient alors une tribu frontali&egrave;re, mais ils &eacute;taient d&eacute;j&agrave; aussi remuants qu'aujourd'hui. Sur cette colline vivaient un lieutenant allemand et un sous-officier. Comme on n'avait pas de v&eacute;hicule, il fallait marcher pendant des mois pour arriver jusqu'ici. Par beau temps, on communiquait en morse &agrave; l'aide de miroirs, par des signaux lumineux &eacute;chang&eacute;s avec le poste de garde le plus proche. C'&eacute;tait leur seul lien avec le monde ext&eacute;rieur. Qui pouvaient bien &ecirc;tre ces hommes, que pouvaient-ils ressentir ici au milieu de leurs askaris indig&egrave;nes ? Les murs sont faits de gros blocs de roche assembl&eacute;s avec du torchis, mais comme il ne g&egrave;le pas et que la pluie est rare, ils ont bien r&eacute;sist&eacute; &agrave; un demi-si&egrave;cle. 50,12</P>  <P>&nbsp;</P> <P>50.15</P> <P>Ce fort fut d&eacute;truit au cours de la Premi&egrave;re Guerre mondiale. Quelques soldats allemands et britanniques sont enterr&eacute;s quelque part dans les environs. Pendant des d&eacute;cennies, personne n'est plus revenu dans cette &eacute;tonnante forteresse. 50,26</P>  <P>&nbsp;</P> <P>50.49</P> <P>Dans les d&eacute;combres, Michael d&eacute;couvre quelques vieilles pi&egrave;ces de monnaie en cuivre. 50,53</P>  <P>&nbsp;</P> <P>50.58</P> <P>On y lit les initiales D O A - Afrique orientale allemande. Vingt deniers de 1916. Pour nous, ces pi&egrave;ces n'ont aucune valeur, mais &agrave; notre retour, les banques de Francfort nous en offriront 10 marks l'une. 51,09</P>  <P>&nbsp;</P> <P>51.21</P> <P>Soixante ans apr&egrave;s, on voit encore le niveau de l'eau dans cette ancienne citerne. Pendant la saison des pluies, les occupants des lieux y r&eacute;cup&eacute;raient l'eau. 51,29</P>  <P>&nbsp;</P> <P>51.33</P> <P>Quand l'eau venait &agrave; manquer, ils partaient en chercher avec des porteurs. Il doit donc y avoir de l'eau dans le voisinage.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>51.45 Il y a s&ucirc;rement un point d'eau dans la vall&eacute;e.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>51.50</P> <P>L&agrave; o&ugrave; les b&ecirc;tes et les arbres sont plus nombreux, l'eau ne peut &ecirc;tre loin. 51,54</P>  <P>&nbsp;</P> <P>52.05</P> <P>Pendant la saison des pluies, les eaux de cette rivi&egrave;re doivent &ecirc;tre impressionnantes. Elles ont mis &agrave; nu les racines des arbres, faisant tomber certains d'entre eux. La pluie tombe ici en orages d'une rare violence, et le moindre ruisseau se transforme alors pour quelques heures ou quelques jours en un torrent d&eacute;vastateur. 52,19</P>  <P>&nbsp;</P> <P>52.33</P> <P>Mais actuellement, le lit est &agrave; sec. Pas une seule empreinte animale qui pourrait indiquer o&ugrave; trouver une derni&egrave;re flaque. 52,39</P>  <P>&nbsp;</P> <P>52.44</P> <P>Nous faisons donc comme les &eacute;l&eacute;phants avec leur trompe&nbsp;: nous creusons le sable du lit de la rivi&egrave;re. 52,50</P>  <P>&nbsp;</P> <P>52.54</P> <P>A l'abri des rayons br&ucirc;lants du soleil, l'eau tient plus longtemps. 52,57</P>  <P>&nbsp;</P> <P>53.02</P> <P>Bien s&ucirc;r, il faudra ensuite la filtrer ou la faire bouillir. 53,04</P>  <P>&nbsp;</P> <P>53.09</P> <P>Michael ne remplit pas enti&egrave;rement le jerrycan, car une longue marche l'attend encore. 53,12</P>  <P>&nbsp;</P> <P>53.32</P> <P>Rhinoc&eacute;ros et lion - le roi des animaux doit donc s'allier &agrave; plus fort que lui. 53,36</P>  <P>&nbsp;</P> <P>53.54</P> <P>Michael tire une cartouche fumig&egrave;ne, dans l'espoir qu'une &eacute;quipe de recherche se trouve d&eacute;j&agrave; dans les environs. 53,59</P>  <P>&nbsp;</P> <P>54.21</P> <P>Le soir est tomb&eacute;. 54,26</P>  <P>&nbsp;</P> <P>54.36 Les animaux vont se reposer.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>56.07</P> <P>L'aide arrive plus vite que Michael ne l'esp&eacute;rait. Le lendemain matin, notre ami garde arrive avec son tout-terrain. Il vit depuis trente ans dans la brousse et poss&egrave;de le flair d'un animal sauvage.56,18</P>  <P>&nbsp;</P> <P>56.19</P> <P>Il &eacute;tablit la liaison avec le monde ext&eacute;rieur. Il lui faut t&eacute;l&eacute;graphier &agrave; Nairobi et en Europe pour faire venir ici les pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es, et surtout des m&eacute;caniciens.56,28</P>  <P>&nbsp;</P> <P>56.35</P> <P>Ah, revoil&agrave; ce trou de malheur ! Profond d'&agrave; peine un demi m&egrave;tre, mais il va nous co&ucirc;ter de nombreuses semaines.56,40</P>  <P>&nbsp;</P> <P>56.43</P> <P>Ici, en pleine nature, il n'y a pas d'&eacute;lectricit&eacute; pour une perceuse. Les m&eacute;caniciens devront percer &agrave; la main, un par un, plusieurs centaines de trous.65,50</P>  <P>&nbsp;</P> <P>56.55</P> <P>Il leur faut construire un grand tr&eacute;pied avec des arbres, et soulever avec des palans notre z&egrave;bre, d&eacute;sormais immobilis&eacute;.57,00</P>  <P>&nbsp;</P> <P>57.06</P> <P>Nos ailes sont coup&eacute;es pour un certain temps. Nous sommes contraints de rester sur la terre ferme, ce qui nous laisse du temps pour d'autres choses.57,11</P>  <P>&nbsp;</P> <P>57.15</P> <P>Pour marquer les animaux, nous voulons les attraper le plus doucement possible. Pour cela, nous remplissons une seringue en acier d'un anesth&eacute;siant. A l'arri&egrave;re vient se placer une pastille de carbure, qui se m&eacute;lange &agrave; de l'eau lors de l'impact et produit alors un d&eacute;gagement gazeux. Ce gaz pousse le piston de la seringue vers l'avant et injecte le m&eacute;dicament dans le corps de l'animal, &agrave; travers l'aiguille creuse. A Francfort, nous avons modifi&eacute; cette seringue pendant des semaines, jusqu'&agrave; ce qu'elle fonctionne enfin.57,43</P>  <P>&nbsp;</P> <P>58.02</P> <P>Nos lions du Serengeti se soucient peu des voitures. On peut s'approcher &agrave; quelques m&egrave;tres d'eux. Mais nous ne voulons pas attraper de lions. Les animaux qui nous int&eacute;ressent sont nettement plus m&eacute;fiants que les lions s&eacute;dentaires.58,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>58.30</P> <P>Au cours de leurs longues migrations, les z&egrave;bres et les gnous ont eu de f&acirc;cheuses exp&eacute;riences avec les braconniers et les chasseurs. Ils s'enfuient alors que nous sommes encore loin.58,38</P>  <P>&nbsp;</P> <P>58.42</P> <P>Notre fusil &agrave; air comprim&eacute; tire avec une pression de 50 atmosph&egrave;res. Mais les cartouches &agrave; injection sont lourdes. Elles contiennent cinquante centim&egrave;tres cube de liquide&nbsp;; si on r&eacute;duit la quantit&eacute; d'eau, on ne peut plus dissoudre assez d'anesth&eacute;siant pour une antilope de cette taille.58,56</P>  <P>&nbsp;</P> <P>59.13</P> <P>Il n'a pas &eacute;t&eacute; facile de trouver le bon m&eacute;dicament. Certains anesth&eacute;siants qui endorment paisiblement les chats, les chiens ou les hommes, d&eacute;clenchent juste une certaine excitation chez le boeuf. Ce qui marche bien avec les porcs peut &ecirc;tre dangereux pour les chevaux. Quel v&eacute;t&eacute;rinaire a d&eacute;j&agrave; essay&eacute; de soigner des gnous et des gazelles ? Il faut remplir chaque cartouche juste avant son utilisation, avec la bonne quantit&eacute; de m&eacute;dicament pour la victime pr&eacute;vue&nbsp;; il faut ensuite la graisser, la visser, puis la charger avec la pastille de carbure. Dans notre voiture, nous emportons une grande quantit&eacute; de pr&eacute;parations, un v&eacute;ritable laboratoire de chimie.59,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>59.55</P> <P>La m&egrave;re rhinoc&eacute;ros veut prot&eacute;ger son petit, elle attaque. Mais ce n'est pas aussi grave qu'il n'y para&icirc;t. Un rhinoc&eacute;ros ne fonce pas contre la voiture avec tout le poids de ses 2 tonnes&nbsp;; il s'arr&ecirc;te juste avant et frappe seulement avec sa corne.</P> <P>On en est quitte pour une t&ocirc;le caboss&eacute;e.00,09</P>  <P>&nbsp;</P> <P>00.13</P> <P>Ce travail demande de la patience.00,15</P>  <P>&nbsp;</P> <P>00.30 Touch&eacute; !</P> <P>Nous d&eacute;clenchons le chronom&egrave;tre&nbsp;: exactement 17 heures 44 secondes.00,35</P>  <P>&nbsp;</P> <P>00.38</P> <P>La seringue s'est fich&eacute;e dans l'&eacute;paule d'un gnou m&acirc;le. Le m&eacute;canisme va-t-il fonctionner ? Combien de temps devrons-nous attendre avant que le produit n'agisse ? 00,44</P>  <P>&nbsp;</P> <P>00.54</P> <P>L'animal s'agite, il se s&eacute;pare du troupeau. Nous le suivons. 00,59</P>  <P>&nbsp;</P> <P>01.10</P> <P>Enfin, le m&eacute;dicament commence &agrave; agir. 01,13</P>  <P>&nbsp;</P> <P>01.16</P> <P>Les autres se soucient peu de nous.01,18</P>  <P>&nbsp;</P> <P>01.20</P> <P>En Allemagne, nous avons test&eacute; nos m&eacute;dicaments seulement sur des ch&egrave;vres domestiques. Nous ignorons tout de son effet sur les gnous. Pour ne pas leur faire de mal, nous commen&ccedil;ons par des doses tr&egrave;s faibles. Aussi le gnou n'est qu'&agrave; moiti&eacute; endormi ; nous devons le ligoter. Un tel animal est d'une compagnie plut&ocirc;t dangereuse. Avec ses cornes pointues tourn&eacute;es vers le haut, il peut tr&egrave;s rapidement d&eacute;chirer les muscles ou la paroi abdominale d'un homme. Pris entre deux cordes, il ne peut plus rien, &agrave; moins que l'une des deux ne l&acirc;che.01,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>02.01 Le garde Gordon Poolman nous aide.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>02.07</P> <P>On fixe sur l'oreille du gnou une marque en aluminium. Elle porte une inscription qui promet 50 schillings &agrave; quiconque la remettra &agrave; l'administration du parc. Mais il y a peu de chances que ce gnou tombe &agrave; nouveau entre des mains humaines. Il sera probablement d&eacute;vor&eacute; par des fauves dans quelques ann&eacute;es. Nous devons trouver une meilleure m&eacute;thode de marquage, qui nous permette de reconna&icirc;tre nos animaux de loin, depuis l'avion, sans devoir les capturer une deuxi&egrave;me fois.02,32</P>  <P>&nbsp;</P> <P>02.39</P> <P>Contre toute attente, avec ce m&eacute;dicament, il faut un bon moment avant que le gnou retrouve compl&egrave;tement ses esprits. Nous devons rester pr&egrave;s de lui car, dans cet &eacute;tat, il fournirait une proie facile aux hy&egrave;nes ou aux lions.02,52</P>  <P>&nbsp;</P> <P>03.09</P> <P>A moiti&eacute; anesth&eacute;si&eacute;, il a perdu toute crainte envers les hommes. Il semble m&ecirc;me ne pas percevoir la pr&eacute;sence de Michael.03,26</P>  <P>&nbsp;</P> <P>03.36</P> <P>Nous devons de nouveau analyser toutes nos exp&eacute;riences et repenser notre m&eacute;thode pas &agrave; pas.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>03.36</P> <P>Alors, nous avons eu l'id&eacute;e d'identifier les animaux captur&eacute;s en leur mettant des colliers l&eacute;gers en nylon de couleur. Quelques dizaines d'animaux parcourent d&eacute;j&agrave; la steppe avec nos colliers.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>03.57</P> <P>Les animaux touch&eacute;s ne sont g&ecirc;n&eacute;s que pendant quelques minutes. Dans cet &eacute;tat, on peut s'approcher d'eux lentement et sans bruit, et m&ecirc;me les caresser sans qu'ils s'enfuient.04,06</P>  <P>&nbsp;</P> <P>04.28</P> <P>Lors de la capture des animaux, nous pouvons d&eacute;terminer tr&egrave;s pr&eacute;cis&eacute;ment leur vitesse de course un &eacute;lan du Cap arrive ainsi &agrave; 46 kilom&egrave;tres/heure.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>04.43</P> <P>Le gu&eacute;pard, le phacoch&egrave;re et d'autres animaux nous permettent d'admirer l'&eacute;l&eacute;gance des mouvements et le travail des muscles.04,50</P>  <P>&nbsp;</P> <P>05.43</P> <P>Les autruches sont les seuls animaux v&eacute;ritablement endurants &agrave; la course. Apr&egrave;s une demi-heure &agrave; 50 kilom&egrave;tres heure, elles ne manifestent pas le moindre signe d'&eacute;puisement.05,50</P>  <P>&nbsp;</P> <P>05.56</P> <P>En revanche, nous tirons parti de la faible endurance des z&egrave;bres. En effet, avec notre nouveau fusil, nous ne parvenons pas &agrave; en venir &agrave; bout. Ils ne nous laissent pas approcher suffisamment, s'enfuient pr&eacute;matur&eacute;ment et, &agrave; cette vitesse, il nous est impossible de les toucher.06,09</P>  <P>&nbsp;</P> <P>06.13</P> <P>Un z&egrave;bre s'&eacute;puise au bout de trois &agrave; cinq minutes. Sur un terrain plat, il est facile de le rattraper.06,17</P>  <P>&nbsp;</P> <P>06.22</P> <P>Il faut imm&eacute;diatement saisir fermement la queue, car sinon ses poils tr&egrave;s durs sont arrach&eacute;s par la paume. Et le z&egrave;bre ne doit pas avoir fient&eacute; juste avant, sinon la queue est glissante et impossible &agrave; tenir. Ce type de capture est nettement pr&eacute;f&eacute;rable &agrave; la m&eacute;thode de la corde, qui nous a valu ce malheureux accident.06,36</P>  <P>&nbsp;</P> <P>06.39</P> <P>Les sp&eacute;cialistes des chevaux se demanderont sans doute pourquoi ces chevaux sauvages ne ruent pas. Ils le font pourtant dans nos zoos. Ici, ils sont probablement trop &eacute;puis&eacute;s.06,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>06.50</P> <P>Nous ne posons nos colliers qu'&agrave; des animaux ayant compl&egrave;tement atteint la taille adulte, car ils risqueraient sinon de leur devenir trop &eacute;troits en grandissant.06,56</P>  <P>&nbsp;</P> <P>07.27</P> <P>Nous attrapons les z&egrave;bres exactement comme les chevaux domestiques, au niveau du menton, l&agrave; o&ugrave; ils ont un trou entre les dents.07,32</P>  <P>&nbsp;</P> <P>07.38</P> <P>Ce sport se joue &agrave; armes &eacute;gales, le z&egrave;bre a lui aussi ses chances. Une jument mord la main de Michael jusqu'&agrave; l'os. Il la gardera band&eacute;e pendant quinze jours.07,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.00</P> <P>La voiture doit freiner en douceur, sinon les bras ne r&eacute;sistent pas &agrave; la traction.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.07</P> <P>Les z&egrave;bres ont le c&#156;ur fragile. Lorsqu'au bout de cinq minutes, nous n'avons pas encore captur&eacute; l'animal, nous le laissons en paix pour ne pas le fatiguer dangereusement. Il y a suffisamment d'autres b&ecirc;tes autour.08,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.18</P> <P>Parfois, c'est le z&egrave;bre qui gagne.08,20</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.25</P> <P>Peu &agrave; peu, au milieu des troupeaux, nous retrouvons de temps &agrave; autre nos animaux et leurs colliers color&eacute;s.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.32</P> <P>Les autres animaux ne semblent pas pr&ecirc;ter attention &agrave; ce bel ornement.08,35</P>  <P>&nbsp;</P> <P>08.38</P> <P>Pierre apr&egrave;s pierre, les observations se suivent et s'enrichissent. Les voies de migration des grands troupeaux &agrave; travers le parc du Serengeti et ses environs commencent &agrave; nous appara&icirc;tre plus clairement. On est justement en train de modifier les limites du parc. La nouvelle fronti&egrave;re supprime toute la moiti&eacute; orientale, mais cela est compens&eacute; par l'ajout de nouvelles terres au nord et au sud.08,58</P>  <P>&nbsp;</P> <P>09.00</P> <P>Pendant la saison s&egrave;che, les animaux se rassemblent en tr&egrave;s grand nombre pr&egrave;s du lac Victoria, dans les d&eacute;pressions du parc national. Mais d&egrave;s que la pluie arrive et que les vastes &eacute;tendues des steppes centrales retrouvent leur verdure, les troupeaux se mettent en mouvement, se dispersent sur les steppes et reviennent toujours au m&ecirc;me endroit d&egrave;s que la pr&eacute;cieuse herbe commence juste &agrave; repousser. Leur migration va bien au-del&agrave; des nouvelles limites du parc et ils vivent donc pendant des semaines et des mois &agrave; l'ext&eacute;rieur de la r&eacute;serve.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>09.38</P> <P>A la saison s&egrave;che, ils reviennent dans les d&eacute;pressions et migrent de nouveau vers le nord, bien au-del&agrave; des limites du parc. Ils ne p&eacute;n&egrave;trent jamais dans la nouvelle zone septentrionale. Ce r&eacute;sultat est d&eacute;courageant.</P> <P>Peut-&ecirc;tre r&eacute;ussira-t-on un jour &agrave; retenir les grands troupeaux par des cl&ocirc;tures, pour imposer une autre direction &agrave; leur migration ? Ce serait &agrave; peine une lueur d'espoir. Pour mieux comprendre, nous balayons de nouveau en avion toute la surface du parc. Nous atterrissons &agrave; des dizaines d'endroits, partout dans la steppe, pour ramasser les plantes dont se nourrissent les grands troupeaux. Nous voulons d&eacute;couvrir pourquoi les animaux migrent aussi loin vers l'est dans le Serengeti.10,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>10.17</P> <P>Lors d'un atterrissage, Michael tombe sur une nu&eacute;e de vautours et sur le cadavre d'un z&egrave;bre qui a succomb&eacute; &agrave; un collet pos&eacute; par des braconniers. Comme notre tout-terrain est d&eacute;j&agrave; l&agrave;, Michael part imm&eacute;diatement pour rechercher d'autres collets dans les bois environnants.10,31</P>  <P>&nbsp;</P> <P>10.44</P> <P>Mais voici qu'arrivent d'autres convives. 10,53</P> <P>Les vautours n'osent plus approcher. 10,59</P> <P>Lorsqu'on vit, comme nous, depuis longtemps dans le Serengeti, il est impossible de ne pas c&eacute;der au charme des lions. Ils m&egrave;nent une vie de famille si sympathique. Et ils ne se disputent jamais - contrairement &agrave; nous les hommes, chez qui les m&egrave;res ou les enfants se querellent si facilement.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>11.15</P> <P>Les lions sont toujours gentils envers les lionceaux. Leur comportement ne permet pas de distinguer les oncles et tantes des parents.11,21</P>  <P>&nbsp;</P> <P>11.27</P> <P>Les lionnes s'int&eacute;ressent de pr&egrave;s &agrave; notre z&egrave;bre volant, mais plus encore au z&egrave;bre qui g&icirc;t au pied de l'appareil.11,32</P>  <P>&nbsp;</P> <P>11.47</P> <P>Pendant ce temps, les lions continuent de dormir sous les buissons. Nous avons observ&eacute; que, chaque jour, un lion dort profond&eacute;ment quinze heures, somnole deux &agrave; sept heures et est vraiment r&eacute;veill&eacute; et sur ses quatre pattes au maximum une &agrave; cinq heures. Les vies en libert&eacute; et au zoo ne sont donc pas si diff&eacute;rentes.12,01</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.04</P> <P>Le papa lion le plus digne ne rechignera pas non plus &agrave; jouer &agrave; la nounou.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>12.24</P> <P>Certes, les lions tuent de paisibles animaux pour les d&eacute;vorer - tout comme nous. Mais ils ne s'assassinent pas mutuellement et il n'y a pas de guerre meurtri&egrave;re entre eux - contrairement &agrave; nous. Le monde irait certainement mieux si les hommes se comportaient entre eux comme les lions. Nous avons observ&eacute; &agrave; plusieurs reprises que des lions bless&eacute;s ou paralys&eacute;s &eacute;taient accompagn&eacute;s par d'autres en pleine sant&eacute;. Les malades ne pouvaient certainement plus chasser eux-m&ecirc;mes, pourtant ils restaient bien nourris. Les autres devaient pourvoir &agrave; leur nourriture. De m&ecirc;me, les lionceaux orphelins sont imm&eacute;diatement adopt&eacute;s.12,56</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.05</P> <P>Chacun vient prendre sa part du butin, mais aucun ne frappe les autres d'un coup de griffes sur la gueule. Apr&egrave;s le repas, les lions cherchent volontiers de l'ombre. L'avion leur convient parfaitement. Nous avons d&eacute;j&agrave; trouv&eacute; toute une famille de lions confortablement endormie sous les ailes.13,17</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.26</P> <P>Nous revenons une heure plus tard. Les lions sont rassasi&eacute;s depuis longtemps.13,29</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.44</P> <P>Quand un lion passe devant un autre, il n'oubliera jamais de frotter tendrement sa joue contre la sienne pour lui t&eacute;moigner son affection.13,52</P>  <P>&nbsp;</P> <P>13.57</P> <P>Nous reprenons notre vol pour rechercher d'autres herbes.14,00</P>  <P>&nbsp;</P> <P>14.05 Les vautours peuvent venir chercher leur d&ucirc;.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>14.42</P> <P>Lors de nos vols de reconnaissance, nous avons remarqu&eacute; que les grands troupeaux se nourrissent uniquement de certaines herbes, alors qu'ils en boudent d'autres et les laissent intactes. Michael se rend donc en diff&eacute;rents points du Serengeti, y ramasse toutes sortes d'herbes pour les examiner au laboratoire, et se faire ainsi une id&eacute;e des zones dans lesquelles pousse la nourriture des grands troupeaux. Car ils pr&eacute;f&egrave;rent la saveur de certaines herbes.15,05</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.12</P> <P>Ces nombreux vols conduisent Michael jusqu'aux r&eacute;gions les plus &eacute;loign&eacute;es du Serengeti.15,16</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.19</P> <P>Effray&eacute;, le ratel, qui est en fait un animal nocturne, s'enfouit aussit&ocirc;t dans le sol.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.25</P> <P>Dans la steppe, d&eacute;pourvue d'arbres, les abeilles doivent construire leurs nids sous la terre. Tel un forcen&eacute;, ce petit animal les d&eacute;terre. Sa fourrure est si &eacute;paisse et sa peau si souple et l&acirc;che qu'il est insensible aux dards des abeilles.15,37</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.39</P> <P>Le calao, en revanche, de la taille d'une oie, est un pillard, qui collecte des insectes sans jamais rien perdre de son calme.15,44</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.47</P> <P>Si le scarab&eacute;e m&acirc;le lui &eacute;chappe et continue assid&ucirc;ment &agrave; rouler sa motte de bouse - sa femelle se laisse tranquillement emmener en promenade - le danger le guette cette fois-ci d'un tout autre c&ocirc;t&eacute;.15,56</P>  <P>&nbsp;</P> <P>15.59</P> <P>Pendant des mois, la mousson souffle jour apr&egrave;s jour dans la m&ecirc;me direction. Elle soul&egrave;ve le sable sombre entre les herbes clairsem&eacute;es et l'amoncelle en une haute dune. Inlassablement, il mod&egrave;le et pousse le sable au-del&agrave; de la ligne d'ar&ecirc;te. En une ann&eacute;e, la dune se d&eacute;place ainsi d'une vingtaine de m&egrave;tres.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.23</P> <P>Derri&egrave;re elle, les petites cr&eacute;atures enfouies refont surface.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.30</P> <P>Ce scarab&eacute;e, ou bousier, &eacute;tait v&eacute;n&eacute;r&eacute; des anciens &Eacute;gyptiens, qui voyaient en lui le messager du dieu soleil. Aujourd'hui encore, on trouve de nombreux bijoux &agrave; son effigie.16,37</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.47</P> <P>Les boules que les scarab&eacute;es ont model&eacute;es avec tant d'assiduit&eacute; ont s&eacute;ch&eacute; sous la dune de sable.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>16.56</P> <P>Le jeune col&eacute;opt&egrave;re n'a jamais pu se lib&eacute;rer de sa prison.17,00</P>  <P>&nbsp;</P> <P>17.05</P> <P>Pr&egrave;s de cette dune mouvante, les jeunes guerriers Massa&iuml;s encore c&eacute;libataires ont dress&eacute; leur campement. Apr&egrave;s la circoncision, qui a fait d'eux des hommes, ils quittent leurs parents et vivent tous ensemble avec les jeunes filles de la tribu qui ne sont pas encore mari&eacute;es, mais en compagnie de leurs m&egrave;res. Ils ne boivent pas d'alcool, ils ne fument pas, ils ne doivent pas travailler non plus. Toute leur vie est consacr&eacute;e &agrave; l'amour et &agrave; la guerre - une guerre qui leur est aujourd'hui interdite. Jusqu'&agrave; leur mariage vers l'&acirc;ge de 25 ans, les jeunes hommes portent une courte tresse. Les jeunes guerriers se montrent tr&egrave;s int&eacute;ress&eacute;s par notre &eacute;tude des plantes.17,39</P>  <P>&nbsp;</P> <P>17.44</P> <P>La carte de la v&eacute;g&eacute;tation du Serengeti que Michael a progressivement r&eacute;alis&eacute;e montre que les herbes les plus nourrissantes, celles que recherchent les animaux, poussent principalement hors des nouvelles limites du parc. Les grands troupeaux doivent donc quitter chaque ann&eacute;e la r&eacute;serve simplement pour survivre.</P> <P>Les r&eacute;sultats de notre &eacute;tude devront amener des d&eacute;cisions politiques. Ces troupeaux, la fiert&eacute; du Serengeti, mourront si on ne s'occupe pas d'eux &agrave; l'ext&eacute;rieur du parc &eacute;galement.18,09</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.39</P> <P>Depuis des mill&eacute;naires, le volcan Oldonio Lengai, que les Massa&iuml;s appellent la montagne de Dieu, veille sur ce paysage merveilleux.18,46</P>  <P>&nbsp;</P> <P>18.52</P> <P>Il faut que nos petits-enfants puissent eux aussi admirer le Serengeti, et imaginer de quelle vie multiple et d&eacute;bordante les vastes steppes africaines &eacute;taient remplies avant l'arriv&eacute;e des hommes&nbsp;; imaginer comment, il y a quelques si&egrave;cles, d'immenses troupeaux peuplaient les prairies d'Am&eacute;rique du Nord, et l'Europe grouillait aussi de merveilleux animaux.</P> <P>Autrefois, les hommes et les animaux vivaient en harmonie, une harmonie comme celle qui existe encore au Serengeti. Certes, les lions et les hy&egrave;nes exigent chaque ann&eacute;e leur tribut sanguinaire. Mais chaque ann&eacute;e &eacute;galement, des dizaines de milliers d'animaux naissent, et la vie se renouvelle, triomphante - depuis toujours.</P>  <P>&nbsp;</P> <P>19.35</P> <P>Nous sommes de plus en plus nombreux sur cette terre, notre nombre augmente chaque jour de 180 000 personnes. La population cro&icirc;t de 700 millions tous les dix ans, l'&eacute;quivalent de la population de la Chine. De plus en plus, nous nous retirons dans d'&eacute;troites cit&eacute;s en b&eacute;ton, et nos petits-enfants ne verront plus grand-chose de la splendeur de la nature.19,59</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.01</P> <P>Ces derniers restes de vie animale en Afrique font partie du patrimoine culturel de l'humanit&eacute; enti&egrave;re, au m&ecirc;me titre que nos cath&eacute;drales et les ruines antiques, l'Acropole, la basilique Saint-Pierre et le Louvre.20,14</P>  <P>&nbsp;</P> <P>20.16</P> <P>Il y a quelques si&egrave;cles, on a d&eacute;truit les temples romains pour construire des maisons avec leurs pierres. Si, aujourd'hui, un gouvernement, quel qu'en soit le r&eacute;gime, osait raser l'Acropole d'Ath&egrave;nes pour construire des logements, toute l'humanit&eacute; civilis&eacute;e pousserait un cri d'horreur. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, Noirs et Blancs doivent &agrave; tout prix pr&eacute;server ces derniers tr&eacute;sors vivants de l'Afrique.</P> <P>Dieu a mis la Terre au service des hommes, mais pas pour que nous d&eacute;truisions son &#156;uvre.20,49</P>  <P>&nbsp;</P> <P>22.24</P> <P>Le Serengeti, dernier refuge des grands troupeaux africains, ne devrait-il pas demeurer tel que Dieu l'a cr&eacute;&eacute; ? Pour les animaux, et pour ceux qui nous succ&eacute;deront.22,36</P>  <P>&nbsp;</P> <P>Adaptation&nbsp;: 3i TRADUCTIONS</P>  <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>Un film de Michael Grzimek, d&eacute;c&eacute;d&eacute; accidentellement lors de ses travaux de recherche sur le terrain</P></FONT><center><table><tr><td> <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#999999">Adaptation</font>&nbsp;&nbsp;<font size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><b> <a href="http://www.3itraductions.fr">3i Traductions</a></b></font></td></tr></table></center></body> </HTML> 
