<html>  	<head> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<title>Maki - Les Amateurs de Remy de Gourmont</title> 		<meta name="keywords" content="Gourmont, maki, Madagascar, Jardin des Plantes"> 		<meta name="description" content="Bestiaire de Remy de Gourmont : Maki."> 		<link rel="stylesheet" href="../../gourmont.css" type="text/css"> 	</head>  	<body> 		<center> 			<table border="0" cellpadding="6" cellspacing="3" width="700"> 				<tr> 					<td width="100" bgcolor="#9966cc">&nbsp;</td> 					<td width="600" bgcolor="#ccccff"> 						<p class="logo">Maki</td> 				</tr> 				<tr> 					<td width="100">&nbsp;</td> 					<td width="600"> 						<div align="center"> 							<b>Le bel animal. </b></div> 						<div class="paragraphe"> 							<p>Je me suis arr&ecirc;t&eacute; longtemps, l'autre jour, au Jardin des Plantes, devant un maki, de Madagascar, tout v&ecirc;tu de velours noir brod&eacute; de blanc. Le bel animal ! Et s'il &eacute;tait parmi nos anc&ecirc;tres, par hasard, que nous serions d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;s, avec notre peau au jaune ros&acirc;tre, maigrement couverte de poils rudes ! Il est vraiment heureux que nous ayons invent&eacute; l'art du v&ecirc;tement car nous ferions tout nus triste figure parmi la nature aux formes et aux couleurs harmonieuses. Certes, la femelle de l'homme est g&eacute;n&eacute;ralement, dans sa jeunesse du moins, plus pr&eacute;sentable que le m&acirc;le, mais outre que cela est bien fugitif, il ne faut pas douter que cette beaut&eacute; ne soit en grande partie la cr&eacute;ature de notre d&eacute;sir, tandis que la beaut&eacute; de certains animaux frappe directement notre sens esth&eacute;tique. Les Grecs, qui avaient ce sens beaucoup plus d&eacute;velopp&eacute; que nous ne l'aurons jamais, avaient travaill&eacute; la forme humaine pour lui donner un rang honorable parmi les formes animales et ils avaient commenc&eacute; par la r&acirc;cler de son vilain poil, par la frotter d'huile, par la rendre d'une couleur luisante et homog&egrave;ne. C'est ainsi qu'il faut se repr&eacute;senter les athl&egrave;tes grecs. Je doute que les hommes nus de nos coll&egrave;ges d'athl&egrave;tes donnent un spectacle tr&egrave;s satisfaisant. Nous n'avons emprunt&eacute; aux Grecs que leurs exercices musculaires : cela ne suffit pas au point de vue esth&eacute;tique : un homme en cale&ccedil;on et qui saute n'est pas n&eacute;cessairement un bel animal. Le Maki me s&eacute;duit davantage, bien qu'en sa qualit&eacute; de l&eacute;murien il marche &agrave; quatre pattes. La sup&eacute;riorit&eacute; de l'animal sera toujours qu'il n'a qu'&agrave; se pr&eacute;senter pour &ecirc;tre beau. Il n'a besoin pour cela de nul effort, de nul travail. Pauvre homme, quel mal il se donne pour n'&ecirc;tre pas digne de beaucoup d'admiration ! (<i>Dissociations</i>, 1925)</p> 						</div> 					</td> 				</tr> 				<tr> 					<td width="100"></td> 					<td width="600"><a href="javascript:history.back()"><img src="../../img/index.gif" border="0"></a></td> 				</tr> 			</table> 		</center> 	</body>  </html> 
