<HTML> <HEAD>    <TITLE>, J. R. R. Tolkien,Le Seigneur des Anneaux ou la Tentation    du mal, par Isabelle Smadja.Litt&amp;eacute;ratures de    l'imaginaire,    note de lecture de Roland Ernould</TITLE>    <X-SAS-WINDOW TOP=125 BOTTOM=593 LEFT=82 RIGHT=717> <META NAME=DESCRIPTION CONTENT="J. R. R. Tolkien,Le Seigneur des Anneaux ou la Tentation du mal, par Isabelle Smadja.Litt&amp;eacute;ratures de l'imaginaire,    note de lecture de Roland Ernould" <META NAME=KEYWORD CONTENT="J. R. R. Tolkien,Le Seigneur des Anneaux ou la Tentation du mal, par Isabelle Smadja.Litt&amp;eacute;ratures de l'imaginaire,    note de lecture de Roland Ernould" <META NAME=AUTHOR CONTENT="Roland ERNOULD"              </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFC7">  <P><CENTER><FONT FACE="Arial"><IMG SRC="../a0bullet/Perspect.gif" WIDTH=522 HEIGHT=69 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial"><IMG SRC="../aa0.html.GIF" WIDTH=12 HEIGHT=13 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Isabelle </FONT><FONT SIZE="+2" FACE="Arial">Smadja,</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="+2" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux ou la Tentation du mal</FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><IMG SRC="../_Im-auteur2/SmaTolk.gif" WIDTH=101 HEIGHT=162 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></FONT> </CENTER></P>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial">PUF (Sociologie d'aujourd'hui), 2002, 112 pages</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">.</FONT></CENTER></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">&nbsp;</FONT></P>  <P ALIGN=RIGHT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><BR>  Un Anneau pour les gouverner tous.<BR>  Un Anneau pour les trouver,<BR>  Un Anneau pour les amener tous<BR>  Et dans les t&eacute;n&egrave;bres les lier.<BR>  </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Isabelle Smadja s'est fait remarquer par le remarquable travail de fond qu'elle a r&eacute;alis&eacute;, il y a deux ans, sur Harry Potter. Agr&eacute;g&eacute;e de philosophie, docteur es-esth&eacute;tique, elle enseigne &agrave; l'universit&eacute; de Nancy. Son exp&eacute;rience d'enseignante, mais aussi celle de m&egrave;re de 4 enfants, lui avait permis d'entrer dans son sujet de mani&egrave;re personnelle et de nous apporter des vues originales. La plus pertinente de ses analyses concernait la mise au jour de nombreuses allusions de J. K. Rowling &agrave; une situation politique r&eacute;cente, qui peut se reproduire. Dans le monde des sorciers, la mont&eacute;e en puissance du mal&eacute;fique Voldemort correspondait, selon elle, &agrave; l'accession au pouvoir d'Hitler, accompagn&eacute;e de la mise en place de forces destin&eacute;es &agrave; assurer la solidit&eacute; de son r&eacute;gime fond&eacute; sur la terreur. Les initiales du nom du fondateur de la Maison Serpentard sont celles du dictateur portugais Salazar, un des supporters du r&eacute;gime nazi. Le monde des sorciers est divis&eacute; en deux depuis la premi&egrave;re &#171;mort&#187; de Voldemort (la d&eacute;faite d'Hitler), comme l'a &eacute;t&eacute; longtemps l'Occident lors de la disparition du dictateur et de son r&eacute;gime. Le danger d'un p&eacute;ril aussi grand nous menace toujours. Voldemort pr&eacute;sente de nombreux traits propres &agrave; Hitler, et d'abord la haine des juifs (transpos&eacute;e sur les Moldus) attribu&eacute;e selon certains historiens aux doutes qu'avait Hitler sur la &#171;puret&eacute;&#187; de son ascendance. Soutenue par le sage Dumbledore, la lutte de Harry contre Voldemort est en cons&eacute;quence celle des lumi&egrave;res contre les t&eacute;n&egrave;bres, de l'esprit de libert&eacute; contre celui de l'asservissement. Smadja concluait que la magie et son merveilleux apportaient chez J. K. Rowling des le&ccedil;ons positives solides, passant facilement gr&acirc;ce &agrave; la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; des propos et &agrave; l'humour du ton. Bref, la s&eacute;rie des Potter pouvait &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;e, ind&eacute;pendamment de ses qualit&eacute;s narratives, comme une oeuvre formatrice pour les jeunes enfants.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">La th&egrave;se qu'elle expose dans l'analyse du </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Seigneur des Anneaux</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> se pr&eacute;sente r&eacute;solument contraire, et en opposition avec l'opinion qu'on se fait habituellement de Tolkien. L'intention de Smadja est de nous r&eacute;v&eacute;ler les vraies raisons de notre engouement pour la mythologie de Tolkien cr&eacute;e il y a un demi-si&egrave;cle. Bri&egrave;vement r&eacute;sum&eacute; : Tolkien nous fascine, affirme Smadja, parce qu'il nous propose insidieusement le mal pour ce qu'il est, pour le plaisir qu'il procure. Tolkien est dangereux parce qu'il l&eacute;gitime la violence et le jeu de guerre, les universalise en montrant que l'esprit de conqu&ecirc;te, le go&ucirc;t de la destruction, l'attirance vers la mort sont des &eacute;l&eacute;ments s&eacute;duisants de l'essence humaine. Voyons dans le d&eacute;tail la d&eacute;monstration de l'auteur, &eacute;tay&eacute;e par de nombreuses justifications et citations.<BR>  <BR>  Elle rappelle d'abord la situation actuelle : devant la menace grandissante des guerres, les images de souffrance et de mort qui nous viennent de la plan&egrave;te enti&egrave;re, nous nous sentons submerg&eacute;s par le mal. Or trois oeuvres litt&eacute;raires b&eacute;n&eacute;ficient en m&ecirc;me temps de l'engouement des adolescents et des adultes (Le Seigneur des Anneaux, de J. R. Tolkien; Harry Potter, de J. K. Rowling, &Agrave; la crois&eacute;e des mondes, de P. Pullman), qui exercent sur eux une forte emprise. Elles sont toutes trois des t&eacute;moignages de l'impression qu'ont les contemporains d'&ecirc;tre d&eacute;sarm&eacute;s devant l'&eacute;tendue du mal. Et dans ces oeuvres, ce sont des enfants ou des demi-hommes, qui combattent les forces du mal, symboles &eacute;vidents d'une tradition qui remonte bien avant le combat biblique de David et Goliath, &agrave; la lutte des hommes contre les g&eacute;ants. L'identification va de soi pour les jeunes, de m&ecirc;me que pour la plupart des hommes qui se sentent bien ordinaires.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Le choix de l'anneau est essentiel, car l'Anneau poss&egrave;de un sens symbolique d'une ambivalence particuli&egrave;re. Dans les mythes et la litt&eacute;rature, elle concentre des significations oppos&eacute;es : mort et immortalit&eacute;, pouvoir et asservissement, possession et d&eacute;possession. On fait ordinairement de l'Anneau du livre de Tolkien un symbole de pouvoir et de puissance en g&eacute;n&eacute;ral</FONT><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote1">1</A></FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, comme il l'a propos&eacute; lui-m&ecirc;me dans des vers c&eacute;l&egrave;bres, plusieurs fois repris. Au terme d'une analyse serr&eacute;e de plusieurs pages, utilisant aussi bien la symbolique que l'explication de texte, Smadja conclut diff&eacute;remment. Tolkien nous propose insidieusement autre chose. Contrairement aux apparences, l'Anneau conf&egrave;re en fait un pouvoir sur la mort, assurant certes la force et la puissance, mais li&eacute;es &agrave; l'oppression, &agrave; l'asservissement, dans un r&eacute;gime mortif&egrave;re. Sauron, cr&eacute;ateur de l'Anneau, ne songe "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">qu'&agrave; r&eacute;gner sur un royaume d'ombres et de morts", </FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">serait</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> "l'antith&egrave;se de Dieu, cr&eacute;ant la vie tout en &eacute;tant soucieux de laisser aux hommes leur libre-arbitre."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(25)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Sauron se prend d'ailleurs pour Dieu, et interdit, comme Jahv&eacute;, de prononcer son nom</FONT><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote2">2</A></FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">. Mais ce Dieu du mal ne veut que des esclaves, pas des cr&eacute;atures ayant leur libre arbitre. </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">La fascination de l'Anneau vient ainsi de ce que, chez Tolkien, le Bien et le Mal sont confondus en une seule unit&eacute;, "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">que le Mal</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> [est]</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> beau"</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> dans le cadre d'une "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">esth&eacute;tique de la mort"</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(28)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">.<BR>  Reprenant les mythes de s&eacute;duction et de tentation, Smadja rappelle que pour exorciser leur peur de la mort qui les fascine, les hommes ont cr&eacute;&eacute; quantit&eacute; d'images autour d'elle. L'oeuvre de Tolkien suit cette r&egrave;gle et permet, comme l'ont fait ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, de combler le vide de la sp&eacute;culation sur le n&eacute;ant en d&eacute;crivant un univers de destruction. Si, dans une qu&ecirc;te identique, Ulysse, symbole de la libert&eacute; humaine, a r&eacute;sist&eacute; au chant des sir&egrave;nes, Frodon ne peut que difficilement repousser le charme de l'Anneau, et, &agrave; certains moments, y c&egrave;de. L&agrave; o&ugrave; la tentation du mal ne s'explique que par la s&eacute;duction (le m&eacute;lodieux chant des sir&egrave;nes), c'est "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">la certitude de toucher le fond, d'aller dans l'ab&icirc;me, que cet ab&icirc;me soit le gouffre de la m&eacute;chancet&eacute; qui encha&icirc;ne et qui asservit, ou qu'il soit le n&eacute;ant de la mort et de la destruction." </FONT></I><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(39)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> L'Anneau r&eacute;v&egrave;le &agrave; Frodon son affinit&eacute; avec le mal et la mort. Le lien qui attache &agrave; l'Anneau tient du pacte avec le Diable. Tolkien attirerait ainsi ses lecteurs par la reconnaissance qu'il leur donne que l'attrait pour le mal "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">n'est pas r&eacute;serv&eacute; &agrave; une minorit&eacute; d'hommes aux instincts plus sadiques que d'autres." </FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Tolkien rassure tous ses partisans amateurs des jeux de r&ocirc;le, les d&eacute;culpabilise de jouer avec la mort en leur sugg&eacute;rant que le propre de l'homme est de consid&eacute;rer le jeu avec la mort comme int&eacute;ressant et s&eacute;duisant. Depuis la tentation biblique, on attribue au malin les mauvais penchants humains.<BR>  <BR>  Dans Le Seigneur des Anneaux, l'homme, tent&eacute; par le mal en toute connaissance de cause, est conduit &agrave; des conduites r&eacute;gressives. &Agrave; la place de homme tromp&eacute; par le mal lors de la tentation biblique, devenu une sorte de victime, Tolkien met au premier plan le go&ucirc;t humain du plaisir du mal et des t&eacute;n&egrave;bres, la s&eacute;duction de la mort et de l'asservissement, l'attirance du message du d&eacute;mon. Cette vision d&eacute;faitiste d'un homme recherchant le mal pour le plaisir du mal est le produit d'un homme marqu&eacute; par les horreurs de la seconde guerre mondiale, sugg&egrave;re Smadja. Son pessimisme l'a conduit &agrave; d&eacute;sesp&eacute;rer de l'homme. La conviction de Tolkien serait que les hommes sont irr&eacute;m&eacute;diablement mauvais, que le mal les attire irr&eacute;sistiblement et qu'ils ne sont susceptibles d'aucun progr&egrave;s. Elle le conduit &agrave; une autre attitude qui n'est pas si &eacute;loign&eacute;e de la pr&eacute;c&eacute;dente : l'exhortation &agrave; d&eacute;truire, par le symbole de l'Anneau, les techniques dont souffrent actuellement les hommes. Car le pouvoir mortif&egrave;re de la technologie d&eacute;coule de la possession de l'Anneau. Cette interpr&eacute;tation exhorte &agrave; ruiner ce que l'humanit&eacute; a durement construit au fil des si&egrave;cles et le conduit &agrave; une "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">qu&ecirc;te nostalgique et r&eacute;gressive d'un retour &agrave; l'&eacute;tat originel, d'une destruction des techniques et des inventions humaines."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(50)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Car s'il n'y a pas de progression possible de l'humanit&eacute;, la solution est dans un retour &agrave; la nature, les produits de la Terre et les charmes de la for&ecirc;t, pr&eacute;f&eacute;rables aux productions mal&eacute;fiques des &eacute;mules de Sauron.<BR>  <BR>  "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Peut-on encore, au XX&egrave;me si&egrave;cle, se d&eacute;lecter d'un livre construit sur ce qui para&icirc;t &ecirc;tre du racisme?"</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, se demande Smadja </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(96)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">. Car elle insiste &eacute;galement sur le racisme de Tolkien. Les conflits qu'il met en sc&egrave;ne ne sont pas des conflits de voisinage, mais de race. La race des orques est d&eacute;consid&eacute;r&eacute;e, "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">vici&eacute;e comme l'air qu'ils respirent, comme la langue qu'ils utilisent, comme la nourriture qu'ils mangent."</FONT></I><FONT SIZE="-1" FACE="Arial"> (96)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> &Eacute;tait-il bien n&eacute;cessaire, de noircir ainsi le tableau? de d&eacute;crire de fa&ccedil;on aussi infamante une race de perfides? &Agrave; moins qu'il ne soit n&eacute;cessaire d'exalter le racisme pour amener les hommes &agrave; l'utilisation de la violence : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">En inventant les Orques, Tolkien expulse hors de l'humanit&eacute; de mani&egrave;re assez brutale et sans &eacute;quivoque ni culpabilit&eacute;, toutes les irr&eacute;gularit&eacute;s et les monstruosit&eacute;s dont l'homme pourrait &ecirc;tre l'auteur."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(103)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Ce qui permet aux membres de la Communaut&eacute; d'occire les orques par dizaines sans en &eacute;prouver trouble ou remords. N'y a-t-il pas danger &agrave; proposer aux jeunes comme important et formateur un ouvrage tendu par un racisme entra&icirc;nant de telles cons&eacute;quences?<BR>  <BR>  L'oeuvre enfin pr&ocirc;nerait l'irrationnel. D'abord par une expression concr&egrave;te, qui agit par la puissance des sensations et des images : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Une litt&eacute;rature qui s'&eacute;tablit autour d'une correspondance parfaite entre la nature et l'id&eacute;e, et qui s'appuie sur un refus des id&eacute;es qui ne pourraient pas s'exprimer &agrave; travers une forme symbolique ou une incarnation physique ou mat&eacute;rielle."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(109)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Dans le r&eacute;cit, on n'&eacute;chappe au danger que par instinct ou par sixi&egrave;me sens, mais non gr&acirc;ce &agrave; la raison et l'intelligence. Tolkien pratique un mode de pens&eacute;e archa&iuml;que "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">o&ugrave; la forme adh&egrave;re au contenu, en ce sens que la nostalgie de Tolkien pour la paysannerie et le &#171;bon sens&#187; paysan, fait de pressentiments, de certitudes plus intuitives que r&eacute;fl&eacute;chies, s'inscrit dans la structure m&ecirc;me de son &eacute;criture."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(109)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Cette pens&eacute;e fait une grande place &agrave; l'irrationnel. Mieux vaut donc se fier aux sentiments, au coeur, qu'&agrave; l'esprit. Smadja rappelle que Dumbledore, le directeur de Poudlard (qui conduit aussi l'apprentissage de la rationalit&eacute;), conseille &agrave; Harry qui ne sait comment nommer le mal&eacute;fique Voldemort : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Nomme toujours les choses par leur nom. La peur du nom ne fait qu'accro&icirc;tre la peur de la chose elle-m&ecirc;me."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote3">3</A></FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Au contraire, le magicien Gandalf se montre superstitieux : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Ne le nommez pas!" </FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Quand dans Harry Potter est pr&ocirc;n&eacute;e la r&eacute;flexion personnelle</FONT><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote4">4</A></FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> et l'&eacute;change, dans </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des anneau</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">x on trouve l'inverse : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Surtout ne pas chercher &agrave; conna&icirc;tre ou &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir, y compris sur sa propre peur et ses angoisses pass&eacute;es : &#171;parler n'arrangera rien&#187;"</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, r&eacute;p&egrave;te Frodon. Tolkien, dit Smadja, rejette la th&eacute;orie psychanalytique suivant laquelle la parole et la r&eacute;flexion ont une valeur curative. Seule compte l'action. La m&eacute;fiance &agrave; l'&eacute;gard du savoir para&icirc;t s'appuyer sur la volont&eacute; d'accorder une grande place aux vieilles l&eacute;gendes et aux v&eacute;rit&eacute;s qu'elles apportent par la r&eacute;v&eacute;lation. Une pens&eacute;e r&eacute;actionnaire, ce que n'&eacute;crit quand m&ecirc;me pas Smadja, si elle le sugg&egrave;re (elle utilise le terme conservateur).<BR>  <BR>  D'autres analyses doivent &ecirc;tre signal&eacute;es concernant l'oeil, le regard et l'invisibilit&eacute;, la possession et la d&eacute;possession, les rapports entre </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> et la seconde guerre mondiale (des suggestions : l'Anneau serait la bombe atomique, les cr&eacute;atures ail&eacute;es des Nazgul des avions) contrairement &agrave; ce qu'a soutenu Tolkien dans la pr&eacute;face &agrave; l'&eacute;dition de 1967. Une int&eacute;ressante interpr&eacute;tation de la nature du Golum occupe un chapitre entier. Un passage est consacr&eacute; &agrave; l'homosexualit&eacute; latente entre Sam et Frodon. La place des femmes, rares chez Tolkien, est mal appr&eacute;ci&eacute;e par l'auteur, r&eacute;duites qu'elles sont &agrave; la cuisine et aux enfants : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Qu'aujourd'hui tant d'hommes se sentent attir&eacute;s, soit par Le Seigneur des Anneaux, soit les nombreux jeux de r&ocirc;le qui le prennent pour mod&egrave;le, pourrait s'expliquer par la tension que cr&eacute;e actuellement la perspective d'une &eacute;galit&eacute; entre homme et femmes, ainsi que par la r&eacute;solution tr&egrave;s ferme que Tolkien semble donner de ce probl&egrave;me : le destin des femmes est, pour la majorit&eacute; d'entre elles, de rester &agrave; la maison et de ne pas prendre part aux initiatives et aux d&eacute;cisions politiques."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(123)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><BR>  <BR>  Que dire de cette v&eacute;ritable charge? Je ne peux renier ce que j'ai &eacute;crit par </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="../e9Tolk.html">ailleurs sur ce site</A></FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> : "Outre la modernit&eacute; du th&egrave;me de la qu&ecirc;te, c'est la lutte entreprise gr&acirc;ce &agrave; l'alliance des hobbits, des elfes, des nains et des magiciens, et d'autres &ecirc;tres, contre le mal&eacute;fique Sauron de Mordor, qui a augmente l'int&eacute;r&ecirc;t port&eacute; &agrave; l'oeuvre. Que le Mordor soit &agrave; l'est, comme l'&eacute;tait &agrave; l'&eacute;poque le danger militaire pour l'Angleterre importe peu. Ce combat contre le mal, la "mont&eacute;e de l'ombre" qui revient comme une obsession, est &agrave; relier aux convictions religieuses de Tolkien. Aucun culte n'est rendu &agrave; un Dieu jud&eacute;o-chr&eacute;tien dans cette l&eacute;gende, qui aurait pu fort bien rester pa&iuml;enne, mais l'esprit du christianisme r&egrave;gne. "L'Unique" n'est que cit&eacute;, avec sa hi&eacute;rarchie ang&eacute;lique des Valars, les gardiens du monde : mais il impr&egrave;gne de ses valeurs l'univers de Tolkien m&ecirc;me s'il reste hors-champ." C'est dire que je suis loin de partager les vues de Smadja sur Tolkien, qui ne para&icirc;t conna&icirc;tre de Tolkien que </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">- il faut reconna&icirc;tre d'ailleurs qu'elle conna&icirc;t bien l'oeuvre. Toutefois les ambivalences de Tolkien </FONT><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote5">5</A></FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> me paraissent personnellement pertinentes, car ce sont celles de la nature humaine, la "d&eacute;nature" </FONT><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote6">6</A></FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> d'un animal qui peine &agrave; devenir homme. Smadja part d'une vision rousseauiste des choses, l'homme bon de nature que l'on peut pervertir. N'est-il pas l'inverse, un homme animal et pr&eacute;dateur de nature qui s'efforce de conqu&eacute;rir p&eacute;niblement une nouvelle dignit&eacute; qui ne se trouve pas dans le r&egrave;gne animal, que seuls la raison et le contr&ocirc;le de soi peuvent lui donner? Un auteur doit-il syst&eacute;matiquement pr&eacute;senter le Bien et le Mal dans une dualit&eacute; simple, avec des &eacute;l&eacute;ments faciles &agrave; distinguer? Ou doit-il pr&eacute;senter le probl&egrave;me du mal dans sa diversit&eacute; et sous ses multiples facettes? Que Sam soit sauv&eacute; des Cavaliers Servants de l'anneau par une irruption providentielle signifie-t-il qu'il &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; succomber, en incitant le lecteur &agrave; en faire autant? Ou au contraire que le lecteur doit r&eacute;fl&eacute;chir sur la faiblesse humaine repr&eacute;sent&eacute;e par Sam, et sur la n&eacute;cessit&eacute; pour lui d'y r&eacute;sister en temps utile dans un cas semblable, puisqu'il ne sera peut-&ecirc;tre pas pr&eacute;serv&eacute; par une intervention romanesque &#171;deus ex machina&#187;?<BR>  Plus g&ecirc;nant, le livre lu, relu et annot&eacute;, je trouve que les conclusions de Smadja auraient pu avoir une certaine port&eacute;e si elles avaient &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;es de mani&egrave;re plus relativiste, comme &eacute;tant possibles en m&ecirc;me temps que d'autres interpr&eacute;tations non pr&eacute;sent&eacute;es pas, bien que figurant dans le roman. Car d&egrave;s l'instant o&ugrave; l'on se r&eacute;f&egrave;re &agrave; l'ensemble de l'oeuvre de Tolkien, son argumentation ne tient pas. Tolkien a lui-m&ecirc;me longuement explicit&eacute; dans d'autres textes que </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Seigneur des Anneaux</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> la signification qu'il donnait &agrave; ses cr&eacute;ations. Qu'un auteur puisse se tromper partiellement sur ce qu'il fait, soit. Mais pas du tout au tout, et surtout pour une oeuvre &eacute;labor&eacute;s sur des dizaines d'ann&eacute;es.<BR>  </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Isabelle Smadja, qui pr&eacute;tend faire oeuvre d'interpr&eacute;tation litt&eacute;raire, n'a pas, semble-t-il, lu </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Silmarillion</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Les Contes et L&eacute;gendes Inachev&eacute;s</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">L'Histoire de la Terre du Milieu</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, les</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Lettres</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT></I><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="#footnote7">7</A></FONT></SUP><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">et la biographie publi&eacute;es par </FONT><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Carpenter</FONT></B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, qu'elle ne cite ni dans les notes, ni dans sa bibliographie. La plupart de ses affirmations, par exemple sur la nature de l'Anneau, les orques, ou la destin&eacute;e de l'humanit&eacute; ont un &eacute;clairage ou une r&eacute;ponse dans ces textes. </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">peut-il notamment pas &ecirc;tre s&eacute;par&eacute; du </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Silmarillion</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, qui le pr&eacute;c&egrave;de chronologiquement, et que Tolkien a vainement essay&eacute; de faire &eacute;diter en m&ecirc;me temps? Faute de conna&icirc;tre ces diff&eacute;rents &eacute;clairages, Smadja a utilis&eacute; un cadre universitaire plut&ocirc;t arbitraire, en ne retenant que ce qui pouvait y entrer et illustrer sa d&eacute;monstration. </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> n'est pas un livre pour les enfants, m&ecirc;me s'ils peuvent le lire. Elle &eacute;voque un moment l'ambivalence du livre, tout en l'oubliant lors de ses d&eacute;monstrations. Il est curieux qu'elle n'ait pas rencontr&eacute; dans sa lecture des assertions contraires &agrave; celles qu'elle a retenues, qu'elle a omises. Pour Tolkien, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> n'est pas une incitation &agrave; la tentation du mal. Il veut au contraire y d&eacute;noncer la tentation du Bien, auquel on essaie de parvenir en utilisant les pires moyens. Dans ses lettres, Tolkien dit clairement qu'il faut se d&eacute;fier de la tentation de l'absolu,et que Gandalf a peur de poss&eacute;der l'Anneau, car il sait que, conduit par sa volont&eacute; d'imposer un Bien id&eacute;al et impossibble, son comportement aurait &eacute;t&eacute; pire que celui de Sauron (il n'y a pas que l'Allemagne nazie qui a effray&eacute; Tolkien, il ne faut pas oublier aussi le r&eacute;gime sovi&eacute;tique). Hormis Sauron, nul ne veut l'Anneau pour le mal qu'il repr&eacute;sente. Par contre, tous veulent l'Anneau comme un moyen. C'est la tentation d'un Bien &agrave; tout prix que d&eacute;nonce Tolkien, non l'attrait du Mal. Tolkien a affirm&eacute; aussi que le sujet principal du livre est &#171;&nbsp;</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">le d&eacute;sir d'immortalit&eacute;</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">&nbsp;&#187;. Il n'en est nulle part question dans l'essai.<BR>  <BR>  Sur des points particuliers ayant fait l'objet d'un d&eacute;veloppement, m&ecirc;me n&eacute;gligence de l'apport des autres oeuvres. Selon </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Silmarillion</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, les orques, sur lesquels Smadja s'appuie pour d&eacute;noncer le racisme de Tolkien, sont des elfes pervertis, d&eacute;form&eacute;s par Morgoth, qui, comme le Diable, ne peut rien cr&eacute;er, seulement corrompre. Ils ne constituent donc pas une race &agrave; part. Tolkien a condamn&eacute; &agrave; plusieurs reprises le racisme biologique nazi comme celui de l'Apartheid.avec une autre lecture, </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme porteur de le&ccedil;ons de tol&eacute;rance et d'amiti&eacute; pour l'&eacute;tranger, comme le montrent les relations entre l'Elfe Legolas et le Nain Gimli. Les pr&eacute;jug&eacute;s d'Eomer et de Boromir sur l'Elfe Galadriel dispara&icirc;tront &agrave; la suite de leurs relations. Une autre le&ccedil;on ignor&eacute;e&nbsp;: &#171;</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Voyage, d&eacute;couvre le monde, il s'y trouve des merveilles, n'ait crainte des gens diff&eacute;rents de toi</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">&#187;. Nulle part Smadja ne se pose la question de la r&eacute;ception de Tolkien par la g&eacute;n&eacute;ration soixante, notamment des hippies : comment de fervents partisans de la paix et de la tol&eacute;rance auraient-ils pu se tromper &agrave; ce point? Smadja aurait affirm&eacute; qu'il n'ont pas vu le pi&egrave;ge que nous tend Tolkien : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Le roman parvient &agrave; nous faire croire que ce qu'il met en sc&egrave;ne, ce n'est pas un monde o&ugrave; on trouve plaisir &agrave; combattre, mais au contraire un monde o&ugrave; l'on essaie par tous les moyens d'emp&ecirc;cher le mal de se r&eacute;aliser."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(54)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Tous ces admirateurs se serait tromp&eacute;s de bonne foi...<BR>  Un dernier argument : Smadja affirme que malgr&eacute; les apparences cr&eacute;&eacute;es par le discours de Frodon et Gandalf, nous sommes loin d'un "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">message purement progressiste. Tout au long du roman, les tra&icirc;tres et les &#171;m&eacute;chants&#187; que Tolkien imagine et propose &agrave; notre appr&eacute;ciation le sont par essence et il ne sert &agrave; rien de vouloir les changer." </FONT></I><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(60)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Faut-il faire remarquer &agrave; Smadja qu'elle aurait pu faire la m&ecirc;me remarque avec par exemple les Malefoy, p&egrave;re et fils, dans</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000"> Harry Potter</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, qui paraissent bien &ecirc;tre du m&ecirc;me genre de malfaisants irr&eacute;cup&eacute;rables... Ce qui est accept&eacute; dans Harry Potter ne l'est plus dans </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#FF0000">Le Seigneur des Anneaux</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">?<BR>  <BR>  Quelques remarques annexes, mais importantes parce qu'elles g&ecirc;nent la lecture. Smadja conna&icirc;t ses classiques. Malheureusement, rompant sans cesse sa d&eacute;monstration, elle la pars&egrave;me de consid&eacute;rations &eacute;rudites qui, int&eacute;ressantes en soi, donnent la d&eacute;sagr&eacute;able impression d'&eacute;taler son savoir au d&eacute;triment de la progression. Qu'aurait-il fallu faire? Mettre des notes, qui auraient &eacute;t&eacute; fort longues, en fin de chapitre? Un exemple : de la page 8 &agrave; la page 10, les consid&eacute;rations g&eacute;n&eacute;rales sur l'anneau tiennent une grande place (encore une fois, ce n'est pas leur int&eacute;r&ecirc;t en soi, mais leur d&eacute;veloppement et l'opportunit&eacute; de les mettre &agrave; cette place), prennent trois pages, qui nous font passer de Bachelard &agrave; un tableau de Clouet comment&eacute; par L&eacute;vi-Strauss pour nous faire aboutir &agrave; Ricoeur. Elles donnent l'impression inverse de ce qui &eacute;tait probablement reherch&eacute; : non pas de donner une explication de Tolkien, mais de faire de Tolkien un cas particulier, appliqu&eacute;, justifi&eacute; par des hypoth&egrave;ses sociologiques ou litt&eacute;raires, comme si une caution sup&eacute;rieure &eacute;tait n&eacute;cessaire, une l&eacute;gitimation l&agrave; o&ugrave; on attendait une explication. Il en est ainsi tout le long du volume.<BR>  <BR>  Les amateurs de jeux de r&ocirc;le sont particuli&egrave;rement vis&eacute;s : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">En opposant les r&eacute;cits traditionnels des origines o&ugrave; l'homme, tromp&eacute;, s&eacute;duit par de fausses promesses, prenait le mal pour le bien et le mythe forg&eacute; par Tolkien o&ugrave; l'homme est tent&eacute; sciemment par le mal pour le mal, nous avons voulu montrer que l'int&eacute;r&ecirc;t du Seigneur des Anneaux r&eacute;sidait essentiellement dans sa capacit&eacute; &agrave; justifier qu'on puisse trouver plaisir et beaut&eacute; dans les jeux de guerre. Pour les adeptes des jeux de r&ocirc;le et autres jeux violents, Tolkien appara&icirc;t alors comme celui qui peut l&eacute;gitimer, en l'universalisant, en la montrant comme un &eacute;l&eacute;ment constitutif de l'essence humaine, toute l'attirance pour la mort, la destruction et les conqu&ecirc;tes." </FONT></I><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(128)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><BR>  <BR>  Dans les derni&egrave;res lignes, Smadja l&eacute;nifie quelque peu sa position en sugg&eacute;rant qu'il vaut mieux finalement que l'agressivit&eacute; se maintienne dans la fiction plut&ocirc;t que de s'ext&eacute;rioriser dans la vie. Tout en d&eacute;plorant qu'il y ait des &acirc;mes assez viles pour aimer cette "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">po&eacute;sie de la guerre et de la dictature, les quartiers de noblesse de l'attrait pour le mal."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">(128)</FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">. Retournons &agrave; Harry Potter...<BR>  <BR>  Humphrey </FONT><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Carpenter</FONT></B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">J.R.R. Tolkien , Une biographie</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, Paris, Christian Bourgois &eacute;diteur, 1980, traduit par P. Alien.<BR>  -&nbsp;J.R.R </FONT><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Tolkien</FONT></B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">The Letters of J.R.R. Tolkien</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, London, Harper Collins Publishers, 1999, &eacute;dit&eacute; par H. Carpenter, avec Ch. Tolkien.<BR>  </FONT></P>  <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial" COLOR="#AF0000">Notes</FONT></B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> : </FONT></P>  <P><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A NAME="footnote1"></A>1</FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> R&eacute;cemment encore Vincent Ferr&eacute;, professeur &agrave; l'Universit&eacute; de Rennes, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Sur les rivages de la Terre du Milieu</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, Pocket Agora 2002.</FONT></P>  <P><SUP><FONT SIZE="+2" FACE="Arial"><A NAME="footnote2"></A>2</FONT></SUP><FONT SIZE="+2" FACE="Arial"> </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Dans l'Ancien Testament, Yahv&eacute; est celui qui n'a pas de nom. Il est, c'est tout. Quand Mo&iuml;se demande le nom de la nouvelle divinit&eacute; pour le signifier &agrave; son peuple, la r&eacute;ponse est elliptique : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Dieu dit &agrave; Mo&iuml;se: &#171; Je suis qui Je suis &#187;. Il dit: &#171; Tu parleras ainsi aux fils d'Isra&euml;l ; Je Suis m'a envoy&eacute; vers vous &#187;"</FONT></I><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">. Les H&eacute;breux diront naturellement: Il &#171; Est &#187;, soit en h&eacute;breu </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">yahav&egrave;h</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, ou Yahv&eacute;, pour d&eacute;signer Dieu.</FONT></P>  <P><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A NAME="footnote3"></A>3</FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> J. K. Rowling, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Harry Potter &agrave; l'&eacute;cole des sorciers</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, 291.</FONT></P>  <P><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A NAME="footnote4"></A>4</FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Le p&egrave;re Weasley reproche &agrave; sa fille Ginny, d'avoir utilis&eacute;, avec des cons&eacute;quences qu'elle ne soup&ccedil;onnait pas, un journal intime abandonn&eacute; : "</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Qu'est-ce que je t'ai toujours dit ? De ne pas te fier &agrave; quelque chose capable d'agir et de penser tout seul si tu ne vois pas o&ugrave; se trouve son cerveau."</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> (2.346)</FONT> </P>  <P><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A NAME="footnote5"></A>5</FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Reproch&eacute;e &agrave; Tolkien, alors que Smadja trouvait int&eacute;ressante l'&eacute;volution des personnages de J. K. Rowling vers plus d'ambivalence...</FONT></P>  <P><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A NAME="footnote6"></A>6</FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> Voir le roman de </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="VercoSil.html">Vercors</A></FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Les animaux d&eacute;natur&eacute;s</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">.</FONT></P>  <P><SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A NAME="footnote7"></A>7</FONT></SUP><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"> </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">The Letters of J. R. R. Tolkien</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">, rassembl&eacute;es et &eacute;dit&eacute;es par Carpenter, Harper Collins, 1999.</FONT></P>  <P><CENTER><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Ce que pense de Tolkien un autre universitaire, Vincent </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><A HREF="FerrTolk.html">Ferr&eacute;</A></FONT> </CENTER></P>  <P><CENTER><TABLE BORDER=1>    <TR>       <TD WIDTH=170>          <P><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><IMG          SRC="../_Im-auteur/SmadjaPh.gif" WIDTH=162 HEIGHT=150          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></FONT>       </TD><TD>          <P><B><FONT FACE="Arial"><IMG SRC="../a0bullet/lookLivV.gif"          WIDTH=57 HEIGHT=42 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Arial">Isabelle Smadja est docteure en          esth&eacute;tique et agr&eacute;g&eacute;e en philosophie.          Elle enseigne &agrave; l'universit&eacute; de Nancy. Elle a          4 enfants. Elle a &eacute;galement publi&eacute; un livre          sur J. K. </FONT><FONT SIZE="+1"          FACE="Arial"><A HREF="SmPotter.html">Rowling</A></FONT><FONT          SIZE="+1" FACE="Arial"> :</FONT></P>                    <P><CENTER><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"          COLOR="#FF0000">Harry Potter, les raisons d'un          succ&egrave;s</FONT></CENTER>       </TD><TD WIDTH=111>          <P><CENTER><FONT SIZE="+1" FACE="Arial"><IMG          SRC="../_Im-auteur/SmadjPot.gif" WIDTH=101 HEIGHT=162          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></FONT></CENTER>       </TD></TR> </TABLE></CENTER></P>  <P>&nbsp;<B><FONT FACE="Arial"><IMG SRC="../a0bullet/lookLivV.gif" WIDTH=57 HEIGHT=42 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></FONT></B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Roland Ernould </FONT><B><FONT SIZE="+2" FACE="Arial" COLOR="#AF0000">&copy; </FONT></B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">2003</FONT></P>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">..</FONT><FONT FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF"><A HREF="../xdico.html"><IMG SRC="../a0bullet/dico-ann" WIDTH=269 HEIGHT=20 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></A></FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial"><IMG SRC="../aa0.html.GIF" WIDTH=12 HEIGHT=13 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT><B><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#0000AF"><A HREF="../imaginaire.html"><IMG SRC="../a0bullet/index.gif" WIDTH=57 HEIGHT=23 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></A></FONT></B><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">.. </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#000000">du site </FONT><B><FONT FACE="Arial" COLOR="#0000AF">Imaginaire : liste des auteurs</FONT></B> </CENTER></P>  <P><CENTER><B><FONT FACE="Arial" COLOR="#0000AF"><A HREF="../xsai.html"><IMG SRC="../a0bullet/index.gif" WIDTH=57 HEIGHT=23 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></A></FONT></B><FONT FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">..</FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#000000">du site </FONT><B><FONT FACE="Arial" COLOR="#0000AF">Diff&eacute;rentes Saisons</FONT></B><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#000000">, revue trimestrielle</FONT> </CENTER></P>  <P><CENTER><B><FONT FACE="Arial" COLOR="#0000AF">&nbsp;</FONT></B> </CENTER></P>  <P><CENTER><B><FONT FACE="Arial" COLOR="#0000AF"><A HREF="../index.html"><IMG SRC="../a0bullet/index.gif" WIDTH=57 HEIGHT=23 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></A></FONT></B><FONT FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">..</FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF"> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Arial" COLOR="#000000">g&eacute;n&eacute;ral</FONT></CENTER></P>  <P><CENTER><TABLE BORDER=1 WIDTH="100%">    <TR>       <TD WIDTH=488>          <P><CENTER><FONT FACE="Arial" COLOR="#000000">mes dossiers          </FONT><B><FONT FACE="Arial" COLOR="#000000"><IMG          SRC="../a0bullet/a0_liv.GIF" WIDTH=33 HEIGHT=26          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></FONT></B><FONT FACE="Arial" COLOR="#000000">          sur les auteurs</FONT></CENTER></P>                    <P><CENTER><FONT FACE="Arial"          COLOR="#000000"><A HREF="../__Brite.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oBrite.gif" WIDTH=100 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT><B><FONT FACE="Arial"          COLOR="#FFFFFF">. . </FONT></B><FONT FACE="Arial"          COLOR="#000000"><A HREF="../zz.Delbe.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oDelbe.gif" WIDTH=83 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT><B><FONT FACE="Arial"> </FONT><FONT          FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">.. .</FONT></B><FONT          FACE="Arial"          COLOR="#000000"><A HREF="../Evangelisti.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oEvang.gif" WIDTH=115 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT><B><FONT FACE="Arial"> </FONT><FONT          FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">.</FONT><FONT          FACE="Arial"><A HREF="../King.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oKingPag.gif" WIDTH=88 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT><FONT FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">.          </FONT><FONT FACE="Arial"          COLOR="#FFFFFF"><A HREF="../Potter.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oRowlPag.gif" WIDTH=86 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT><FONT FACE="Arial" COLOR="#FFFFFF">.          </FONT></B><FONT FACE="Arial"          COLOR="#000000"><A HREF="../Seignolle.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oSeign.gif" WIDTH=105 HEIGHT=20          ALIGN=bottom></A></FONT><B><FONT FACE="Arial"          COLOR="#FFFFFF">. </FONT></B><FONT FACE="Arial"          COLOR="#000000"><A HREF="../Straub.html"><IMG          SRC="../zzStraub/Straub.gif" WIDTH=85 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT><B><FONT FACE="Arial"          COLOR="#FFFFFF"> .</FONT></B><FONT          FACE="Arial"><A HREF="../_Auteurs/Canadiens.html"><IMG          SRC="../a0bullet/oCanada.gif" WIDTH=113 HEIGHT=23          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></A></FONT></CENTER>       </TD></TR> </TABLE></CENTER></P>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT><FONT FACE="Arial"><A HREF="http://www.auteurs.net/public/guide.asp"><IMG SRC="../a0bullet/autjaune.gif" WIDTH=101 HEIGHT=103 X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom></A></FONT> </CENTER></P> </BODY> </HTML> <!-- DEBUT / Cybermonitor / START --> <script language="javascript"><!-- CM_RUBRIQUE = "edit_PagesPersos_abonnes"; CM_CLIENT = "clubv3"; CM_SECTION1 = "PagesPersos"; // --></script> <script language="javascript" src="http://js.cybermonitor.com/clubv3.js"> </script> <noscript> <img src="http://stat3.cybermonitor.com/clubv3_v?R=edit_PagesPersos_abonnes&S=total;PagesPersos"> </noscript> 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