<HTML> <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Win">   <META HTTP-EQUIV="content-type" CONTENT="text/html;charset=iso-8859-1">   <TITLE>Le Livre de la Jungle, 3</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#fffaf0">  <P><B><FONT FACE="Arial">De: VinZ<BR> Objet: Le Livre de la Jungle, 3&egrave;me volet.<BR> Date&nbsp;: samedi 22 juillet 2000 21:58</FONT></B></P>  <P><FONT FACE="Arial">NB : Apr&egrave;s avoir laiss&eacute; ma hache et mon gourdin plant&eacute;s dans un ordinateur du mus&eacute;e Ariane (toujours la m&ecirc;me histoire - aga&ccedil;ante ! - de panne d'&eacute;lectricit&eacute; au moment de poser la signature finale et de r&eacute;aliser que, bien s&ucirc;r, je n'ai pas sauvegard&eacute; depuis une heure...), apr&egrave;s avoir patient&eacute; toute une journ&eacute;e en attendant le retour du courant au 3&egrave;me REI ('pas la m&ecirc;me panne !) - puis la remise en &eacute;tat du r&eacute;seau ethernet local -, je vous livre enfin l'ultime &eacute;pisode de mes m&eacute;moires d'outre-mer. L'acc&egrave;s au net est ici r&eacute;serv&eacute; aux seuls initi&eacute;s les plus pers&eacute;v&eacute;rants !</FONT></P>  <P><I><U><FONT FACE="Arial">R&eacute;sum&eacute; du chapitre pr&eacute;c&eacute;dent :</FONT></U></I><FONT FACE="Arial"> <I>Apr&egrave;s leur performance au raid, les petits alpins s'en vont monter leur bivouac sous les applaudissements enthousiastes de leur chef-instructeur, (et sous une pluie torrentielle quasi-glaciale). Ils vont aussi noyer leurs mycoses dans des bains de permanganate (rose), ce qui donne lieu &agrave; des s&eacute;ances de bains de pieds collectifs absolument charmantes ! Le raid &eacute;tant termin&eacute;, la derni&egrave;re partie - et de loin la plus path&eacute;tique - a lieu sur les trois derniers jours : les parcours d'obstacles.</I></FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Chaque parcours n&eacute;cessite d'abord un &quot;&eacute;chauffement&quot; renforc&eacute;, qui aurait valu un chapitre &agrave; lui tout seul. Le premier parcours - le parcours ma&iuml;pouri - se passe par groupe de 10, ce qui veut dire que l'entraide est fortement conseill&eacute;e. Lest&eacute;s de faux fusils en bois et de sacs de gravier (comme dans Ast&eacute;rix !), le chef Mohar nous rassemble dans la clairi&egrave;re pour nous expliquer les subtilit&eacute;s de l'&eacute;preuve : &quot;Bon, vous avez trois heures pour boucler le bazar, tout le monde doit passer, interdiction d'abandonner !&quot;. Et sans demander leur reste, les petits alpins foncent t&ecirc;te baiss&eacute;e vers... l'enfer !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">L'originalit&eacute; de ce parcours du combattant r&eacute;side dans le fait que tous les obstacles se trouvent au milieu de la mangrove, et qu'il faut patouiller - ou nager ! - dans la boue entre chaque obstacle, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps pour se reposer. Traduit en langage journalistique, &ccedil;a donne ceci : &quot;L'&eacute;preuve de la piste collective commence par une progression chronom&eacute;tr&eacute;e &agrave; travers une &eacute;troite rivi&egrave;re boueuse. Sangsues, moustiques, glissades, chutes t&ecirc;te la premi&egrave;re dans un bouillon aussi putride que naus&eacute;abond ajoutent une bonne dose de d&eacute;sagr&eacute;ments &agrave; un parcours d&eacute;j&agrave; &eacute;pouvantable. Non seulement les hommes s'&eacute;puisent &agrave; marcher dans la boue jusqu'au ventre, les pieds emm&ecirc;l&eacute;s dans les racines, mais ils doivent aussi franchir un arbre abattu tous les 10 m&egrave;tres.&quot;<BR> Authentique.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le premier obstacle consiste en un franchissement &quot;a&eacute;rien&quot; de rivi&egrave;re, ce qui veut dire qu'au lieu d'&ecirc;tre dans l'eau et de se tracter &agrave; la corde, on passe SUR le fil... en rampant dessus (m&eacute;thode commando) ou en se balan&ccedil;ant dessous (m&eacute;thode du paresseux). Au cours de la travers&eacute;e, le chasseur A&iuml;ello - avec son l&eacute;gendaire &quot;2 de tension&quot;- commence par tomber &agrave; l'eau, manque de se noyer (puisque c'est - comme par hasard - le seul &agrave; nager comme un fer &agrave; repasser, et recommence sous les encouragements l&eacute;g&egrave;rement tendus du reste du groupe (qui abandonne d&eacute;j&agrave; tout espoir de faire un chrono...).</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">L'obstacle suivant est le &quot;chapeau chinois&quot;. Il faut escalader une planche inclin&eacute;e &agrave; 60&deg;, bien glissante de pr&eacute;f&eacute;rence, &agrave; l'aide d'une corde (tremp&eacute;e). La difficult&eacute; est de s'agripper &agrave; l'arr&ecirc;te sommitale avec les pieds, sans l&acirc;cher la corde des mains. De l'autre cot&eacute;, un toboggan se charge de nous renvoyer tout droit dans 2m de boue. Heureusement que c'est bon pour la peau ! Sur cet obstacle, A&iuml;ello - encore lui !- prend le vertige et reste 5 mn fig&eacute; au sommet avant d'admettre de se jeter au jus, sous les encouragements de moins en moins enthousiastes de la part du reste du groupe.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Les obstacles suivants d&eacute;filent : marcher sur des troncs d'arbres cach&eacute;s sous 20 cm de boue - tout au toucher !-, passer sous un tronc immerg&eacute;, ramper dans la boue sous des barbel&eacute;s qui affleurent la surface, se jeter dans un filet depuis un plot sur&eacute;lev&eacute; au milieu du mar&eacute;cage... Si on nous avait pr&eacute;dit, &agrave; Chamb&eacute;ry, qu'on nous ferait faire tout &ccedil;a, on ne l'aurait pas cru !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le jeu comporte m&ecirc;me des obstacles en kit, &quot;&agrave; monter soi-m&ecirc;me&quot; : utiliser quelques sangles et une corde pour confectionner une &eacute;chelle de corde, qui sert &agrave; hisser une poutre &agrave; 4m de haut, la fixer &agrave; cheval sur deux branches d'arbres, et s'en servir pour passer d'un arbre &agrave; l'autre. Ca me faisait penser &agrave; un vieux jeu sur PC : nous &eacute;tions les &quot;lemmings&quot;... Les amateurs comprendrons !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Enfin, la derni&egrave;re &eacute;preuve. Le journaliste fou &eacute;crit &agrave; ce sujet : &quot;Le mur. L'&eacute;preuve mythique par excellence. L'&eacute;preuve la plus crevante du parcours parce que situ&eacute;e en fin de parcours, au moment o&ugrave; les commandos n'en peuvent plus. Le franchir demande une &eacute;nergie surhumaine. Un premier l&eacute;gionnaire doit gravir la paroi en se hissant sur le reste de la troupe qui forme une pyramide humaine. A lui de r&eacute;cup&eacute;rer les armes de ses camarades et de leur tendre la main pour qu'ils ach&egrave;vent leur ascension. Chacun &agrave; son tour se hisse au sommet, mais les chutes sont fr&eacute;quentes, et un gar&ccedil;on qui tombe &agrave; l'eau entra&icirc;ne avec lui deux ou trois de ses compagnons.&quot;<BR> Ma foi... si on aime le style apocalyptique, c'est assez bien d&eacute;crit.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Ce qu'il y a d'int&eacute;ressant dans cette s&eacute;rie d'obstacles, c'est qu'il n'existe pas de mani&egrave;re unique pour les franchir. C'est &agrave; chaque groupe de se concerter avant chaque obstacle pour d&eacute;cider de la meilleure solution pour passer le plus vite possible, en utilisant au mieux le mat&eacute;riel dont il dispose&nbsp;: une sangle et un mousqueton par personne.<BR> Scoop : au risque d'en surprendre plus d'un, il faut donc AUSSI r&eacute;fl&eacute;chir !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le lendemain, apr&egrave;s le traditionnel &quot;&eacute;chauffement-debrieffing&quot;, on passe &agrave; la piste-liane, la bien nomm&eacute;e. Imaginez un parcours taill&eacute; pour Tarzan, o&ugrave; tous les obstacles sont entre 2 et 5m de haut, et o&ugrave; on ne pose plus pied &agrave; terre pendant une dizaine de minutes. Planches inclin&eacute;es, cordes horizontales ou verticales, lianes auxquelles s'accrocher, filets &agrave; escalader, plots &agrave; sauter, troncs d'arbres pour funambules, ponts de cordes &agrave; franchir &quot;sans les mains&quot;... Un r&eacute;gal pour chimpanz&eacute;s (o&ugrave; j'ai d'ailleurs trahi ma v&eacute;ritable identit&eacute; !).</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le &quot;hic&quot; c'est que pendant que les premiers se lancent &agrave; l'assaut des hauteurs, la rinc&eacute;e-du-jour s'approche (on voit m&ecirc;me le mur d'eau arriver vers nous !) et inonde tous les obstacles, rendant ainsi le parcours encore plus spectaculaire... pour ceux qui sont rest&eacute;s au sol, h&eacute; ! h&eacute; ! h&eacute; !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">A&iuml;ello - hasard !- en profite pour piquer une crise de vertige sur un pont en corde &quot;je n'bougerai pas d'ici !&quot; &agrave; tel point qu'on se demande s'il ne va pas falloir fermer le parcours avec un panneau &quot;en d&eacute;rangement&quot;.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">L'apr&egrave;s-midi, retour dans le cloaque : sensiblement identique au premier, le dernier parcours se passe individuellement (donc sans aide) et est chronom&eacute;tr&eacute;. L&agrave; encore, succession de sauts, agr&egrave;s divers, troncs, ramp&eacute;s, etc... L&agrave; encore, l'A&iuml;ello reste coinc&eacute; au sommet d'une &eacute;chelle de 4m de haut de laquelle il faut sauter dans une piscine de boue. Jusque l&agrave; tr&egrave;s ma&icirc;tre de lui, le chef commence &agrave; craquer. Il hurle des choses incompr&eacute;hensibles, traite le pauvre l&eacute;thargique de tous les noms, vire au rouge, puis au violet, &agrave; tel point qu'on finit par se demander si ce n'est pas le chef qu'il va falloir ramener dans un brancard de fortune !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le dernier jour, c'est l'&eacute;preuve de synth&egrave;se : restitution en temps limit&eacute; de tout ce qu'on a tent&eacute; de nous inculquer pendant ces deux semaines. On encha&icirc;ne donc un parcours d'obstacle collectif, un franchissement de rivi&egrave;re (pour se laver de la boue du parcours d'obstacle !), une course de pirogues, un brancardage long, une interro sur les techniques de survie en jungle (allumage d'un feu sans allumettes, r&eacute;colte et identification des fruits, confection du &quot;sac &agrave; dos pr&eacute;historique&quot;, etc...) et finalement 2 km de marche (enfin... course !) topographique, que je parcoure la bouche pleine, histoire de vider mes poches des provisions que j'y avais entass&eacute;es, en cas de coup dur...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Voil&agrave; - en gros - le traitement inhumain qu'ils nous ont fait endurer pour acc&eacute;der au brevet (convoit&eacute; !) de &quot;commando en jungle&quot;. Le plus important, dans ce genre de situation, reste de garder un bon moral au niveau collectif. J'ai pu v&eacute;rifier une fois de plus &agrave; quel point on arrive &agrave; repousser ses propres limites physiques, pourvu qu'on ait la motivation et que le moral tienne bon.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Pour ce qui est de garder le moral, il faut avouer qu'on est une section de champions, et notre quotidien a &eacute;t&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement macul&eacute; de gags et gaffes qui nous ont emp&ecirc;ch&eacute; de nous ennuyer : L'un qui perd ses deux rangers dans la rivi&egrave;re 10 mn avant le d&eacute;part pour le raid, un autre qui trouve le moyen de se payer un arbre apr&egrave;s s'&ecirc;tre endormi en marchant (je vous laisse deviner de qui il s'agit...).</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Il y avait aussi les rencontres amicales avec la faune locale, comme le beau scorpion de 7 cm de long qui se promenait sur le chemin entre le camp et la rivi&egrave;re, ou bien le grage grands carreaux sur lequel j'ai failli marcher, toujours entre le bain et le hamac. Autant vous dire qu'apr&egrave;s &ccedil;a on ne posait plus un pied au sol dans le noir !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le retour au camp de base s'est apparent&eacute; &agrave; une arriv&eacute;e au paradis, au nirvana ou que sais-je encore : jamais on n'avait &eacute;t&eacute; aussi heureux de revoir des tables, des chaises, des lits, un toit, de la lumi&egrave;re &eacute;lectrique, du pain frais aux repas (un fantasme permanent pendant les 15 jours !)... Et puis il y avait l'accueil chaleureux de &quot;Mike&quot;, le tapir-poubelle de la cantine, qui venait mettre son groin dans les assiettes pendant le d&icirc;ner...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le soir, on a eu la surprise de recevoir les f&eacute;licitations du chef-instructeur et du capitaine du camp : on avait obtenu une note de 13,5/20, ce qui est excellent - jamais vu pour des appel&eacute;s - et nous hissait largement au niveau de troupes professionnelles aguerries... Depuis, on se pose de s&eacute;rieuses questions au sujet des troupes professionnelles !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Fini?</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Je vous rassure tout de suite : l'aventure ne s'arr&ecirc;te pas au CEFE pour autant. En Guyane, l'aventure fait partie du quotidien.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Pas plus tard qu'avant-hier, alors que je note sur le papier quelques id&eacute;es pour ce mail, une mygale d'une dizaine de centim&egrave;tres vient se promener sur ma feuille... Aglp ? Pas de panique, c'est normal. C'est la matoutou (une esp&egrave;ce de mygale inoffensive) de mon voisin de chambre qui prend l'air. (Photos &agrave; l'appui !). On lui apporte dans sa cage tous les l&eacute;zards et cafards qui tra&icirc;nent dans la chambre...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Il y a trois semaines, alors que j'&eacute;tais de corv&eacute;e de cuisine et que j'astiquais consciencieusement les plats, mon coll&egrave;gue me fixe soudain avec des yeux de merlan frit : &quot;qu'est ce que &ccedil;a fait l&agrave;, &ccedil;a? !&quot;. &quot;Ca&quot;, c'&eacute;tait &quot;Arthur&quot;, l'anaconda du r&eacute;giment, dont la cage avait &eacute;t&eacute; mal referm&eacute;e et qui &eacute;tait parti d&eacute;couvrir le vaste monde. Au moment o&ugrave; on l'a vu, il se promenait sur l'&eacute;tag&egrave;re parmi les casseroles, juste derri&egrave;re moi.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Ce sont tous ces petits d&eacute;tails qui font le piquant de la vie en outre-mer, qui font que m&ecirc;me si on parle fran&ccedil;ais, avec des fran&ccedil;ais, on se sent bel et bien dans un autre monde. Et ce monde on est pas pr&egrave;s de l'oublier.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Sur ce, bonnes vacances &agrave; tous (ou presque, d&eacute;sol&eacute; pour les trois qui...).<BR> Je vous les souhaite plus reposantes que les n&ocirc;tres en jungle !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">A bient&ocirc;t pour certains,<BR> Vincent, l'Alpin-des-tropiques</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">PS : Extrait d'une conversation r&eacute;cente avec le chef :<BR> &quot;- Retour en France le 11/08 confirm&eacute;-officiellement, cette fois c'est s&ucirc;r.<BR> - C'est &agrave; dire que &ccedil;a ne changera plus que deux ou trois fois...<BR> - Encore du mauvais esprit toi ?<BR> - Mais non.<BR> - Mais si !<BR> - 1... 2... 3... 4...&quot;</FONT></P>  <ADDRESS><CENTER><FONT COLOR="#fffaf0" FACE="Arial">Color</FONT><FONT  FACE="Arial"> <A HREF="../index.html">(Retour...)</A></FONT></CENTER></ADDRESS>  </BODY> </HTML> <script language="JavaScript" type="text/javascript"> WEBO_ZONE=122; WEBO_PAGE=2; weboplus_ok=0; </script> <script language="JavaScript" src="http://js.tiscali.fr/jstiscali/chez/weborama/weboscopeplus_cheztiscalifr.js" type="text/javascript"></script> <script language="JavaScript" type="text/javascript">if(weboplus_ok==1){weboplus_zp(WEBO_ZONE,WEBO_PAGE);} </script> 
