<!-- -----BEGIN PGP SIGNED MESSAGE-----  - --> <HTML><HEAD><TITLE> LA TROISI&Egrave;ME CONF&Eacute;RENCE SUR LE CYBERSPACE </TITLE></HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#5C3317"> <img src="../slogo.jpg"> <br> <br> <br> <FONT SIZE=5> <P><B>LA TROISI&Egrave;ME CONF&Eacute;RENCE <BR>SUR LE CYBERSPACE</B></P> <P><B>COMPTE RENDU D'UNE CONF&Eacute;RENCE</B></P></FONT> <P><B></B><U></U></P> <FONT SIZE=4><P><U>Ollivier Dyens<B></B></U></P> <br> <br> <br> <br> <P><B>Compte-rendu de LA TROISIEME CONF&Eacute;RENCE SUR LE CYBERSPACE. Organis&eacute;e par Michael Benedikt et par le D&eacute;partement d'architecture de l'Universit&eacute; du Texas &agrave; Austin, la conf&eacute;rence a eu lieu les 14 et 15 mai 1993.</B></P> <br> <br> <br> <br> <P>	Le cyberspace, cet espace informatique de la r&eacute;alit&eacute; virtuelle et de l'Internet, cristallis&eacute; par l'&eacute;crivain am&eacute;ricain William Gibson, a connu depuis quelques ann&eacute;es un essor remarquable. De v&eacute;ritables &eacute;tudes existent maintenant sur le sujet, et ce ph&eacute;nom&egrave;ne poss&egrave;de aujourd'hui ses &eacute;crivains, ses penseurs et ses conf&eacute;rences. </P> <P></P> <P>	Organis&eacute;e, comme les deux pr&eacute;c&eacute;dentes, par Michael Benedikt et son &eacute;quipe, la troisi&egrave;me conf&eacute;rence sur le cyberspace, qui s'est tenue &agrave; Austin les 14-15 mai de cette ann&eacute;e, a permis d'accro&icirc;tre les fondations &eacute;pist&eacute;mologiques de cette nouvelle humanit&eacute;. Et il est de plus en plus juste de parler ici d'humanit&eacute;, puisque cette forme de communication qui n'&eacute;tait, il n'y a pas si longtemps, qu'une simple technologie, se dote aujourd'hui d'une structure ph&eacute;nom&eacute;nologique importante. Le cyberspace, cet oc&eacute;an "habitable" de r&eacute;seaux et de signes, devient rapidement un alter-r&eacute;el complexe et infini. </P> <P></P> <P>	Quelques lignes de pens&eacute;e principales, pour la plupart construites justement autour de cette id&eacute;e d'alter-r&eacute;el, ont &eacute;merg&eacute; lors de cette troisi&egrave;me conf&eacute;rence. La relation cyberspace/mythologie/oralit&eacute;, par exemple, est une voie ph&eacute;nom&eacute;nologique souvent emprunt&eacute;e. Alors que Walter Ong proposait, il y a de &ccedil;a d&eacute;j&agrave; quelques ann&eacute;es, le concept de seconde oralit&eacute; pour l'espace m&eacute;diatique contemporain, il est int&eacute;ressant de relever les nombreuses r&eacute;f&eacute;rences (conscientes ou inconscientes) qui lui ont &eacute;t&eacute; faites au cours de la conf&eacute;rence. Soulignons en particulier la pr&eacute;sentation de David Sewell intitul&eacute;:"The USENET Oracle". Cette pr&eacute;sentation, qui tentait de souligner la difficult&eacute; inh&eacute;rente &agrave; la notion d'auteur dans l'Internet, a aussi prouv&eacute; combien l'absence d'identification au texte (courante dans nombre de regroupements cyberspatiaux) /pp. 4-5/ attribue &agrave; l'Internet une structure m&eacute;ta-fictive, puisque existe, parall&egrave;lement, le sentiment de manipuler et d'&ecirc;tre manipul&eacute; par la fiction. Bien s&ucirc;r, la pr&eacute;sence souvent sous-jacente d'un "narrateur" (contr&ocirc;leur, mod&eacute;rateur, etc.) omniscient et omnipr&eacute;sent qui s'ins&egrave;re dans nombre de communications joue pour beaucoup, mais d'autres &eacute;l&eacute;ments proposent &agrave; leur tour une explication. Il arrive souvent que le cyberspace semble poss&eacute;der une volont&eacute; qui lui est propre; volont&eacute; marqu&eacute;e par les exigences techniques, mais aussi typographiques et cognitives qu'impose cet espace-temps. Si, comme le souligne David Porush, il est possible de percevoir le texte litt&eacute;raire comme un r&eacute;seau intelligent, il n'est alors pas impossible de concevoir que l'oc&eacute;an de textes liquides et mouvants que constitue le cyberspace impose &agrave; l'utilisateur qui le navigue un v&eacute;ritable dialogue &ecirc;tre vivant/machine. </P> <P></P> <P>	La perception du cyberspace comme signe d'un m&eacute;ta-lieu dans lequel une symbiose vivant/non-vivant est concevable, semble constituer une pens&eacute;e charni&egrave;re, commune &agrave; nombre de chercheurs. Plusieurs conf&eacute;renciers ont d'ailleurs not&eacute; l'&eacute;mergence, dans cet espace, d'organisations (signes, langues, intelligences) qui sembleraient organiques (ou, pour &ecirc;tre plus juste, cyborganiques). Ainsi Michael Benedikt, en introduisant ces deux jours de d&eacute;bats, a pr&eacute;sent&eacute; le terme de <I>Community of Worldmaking</I>, concept qui sous-entend la pr&eacute;sence de toute une s&eacute;rie de cr&eacute;ations articul&eacute;es et organis&eacute;es. Ces cr&eacute;ations, partag&eacute;es entre l'&ecirc;tre vivant et la machine, sugg&egrave;rent donc une pr&eacute;sence andro&iuml;de. Mais il s'agit ici d'une pr&eacute;sence andro&iuml;de diff&eacute;rente, dont le point de convergence est la transformation de tout corps (physique, cognitif, &eacute;lectromagn&eacute;tique, algorithmique) en matrice informationelle. Ce concept sera d'ailleurs repris par Marcos Novak qui le consid&egrave;re m&ecirc;me comme la m&eacute;taphore principale de l'expression artistique contemporaine. Pour Novak le tout peut d'ailleurs se r&eacute;sumer par le terme de <I>Liquid Architectures</I> (d&eacute;velopp&eacute; il y a d&eacute;j&agrave; deux ans lors de la premi&egrave;re conf&eacute;rence sur le cyberspace). Pour ce professeur de l'Universit&eacute; du Texas, le concept d'architecture liquide repr&eacute;sente une "danse" de d&eacute;sincarnation, par laquelle le corps sans organe de l'utilisateur se distribue dans le monde cyberspatial (o&ugrave; il peut donc &ecirc;tre "happ&eacute;", int&eacute;gr&eacute;, assimil&eacute; &agrave; la pr&eacute;sence machine). /pp. 5-6/</P> <P>	D'autres conf&eacute;renciers, en particulier Eliot Handelman (<I>Cybersemiosis</I>) et Mark Pesce (<I>Holisthetic Medium</I>), se lanceront &agrave; corps perdu dans l'exploration d'une organicit&eacute; cyberspatiale. Pour ces deux conf&eacute;renciers, la possibilit&eacute; de se fondre cognitivement mais aussi physiquement dans ce m&eacute;ta-lieu est tout &agrave; fait r&eacute;elle. D'ailleurs, bien que poursuivant des buts divergeants (Handelman consid&eacute;rant cette possibilit&eacute; comme un plus, Pesce comme un moins), ces auteurs s'accordent sur les cons&eacute;quences possibles de cette mutation: tous deux soulignent la probable apparition de pathologies (donc de transformations) caus&eacute;es par la "liqu&eacute;faction" cyberspatiale de l'&ecirc;tre humain.</P> <P></P> <P>	Enfin plusieurs chercheurs ont pr&eacute;sent&eacute; des id&eacute;es qui, bien que d'une parent&eacute; plus &eacute;loign&eacute;e, sugg&egrave;rent aussi la possibilit&eacute; d'un rapprochement entre l'&ecirc;tre humain et la machine. Parmi ces derniers mentionnons les pr&eacute;sentations de Thomas Mical (<I>The Stealth Landscape</I>), et de Mark C. Taylor (<I> Rhizomic Folds of Interstating</I>). Pour Mical, l'espace cyberspatial est un espace belliqueux et militaire, essentiellement cach&eacute; et absent, construit sur le mode de l'observation r&eacute;pressive. Pour Mark Taylor, le cyberspace, qui repr&eacute;sente la culture du simulacre (<I>simcult</I>) dans l'espace noy&eacute; des m&eacute;dias (<I>mediatrix</I>), en r&eacute;alisant le r&ecirc;ve post-moderne d'une esth&eacute;tisation compl&egrave;te de notre soci&eacute;t&eacute;, se d&eacute;ploit dans d'innombrables plis de significations, tant au niveau r&eacute;el que virtuel. Pour Thomas Mical autant que pour Mark Taylor, la p&eacute;n&eacute;tration du cyberspace dans divers corps et diverses organisations humaines (sociales, politiques, physiques, intellectuelles, etc.) non seulement ne fait pas de doute, mais serait aussi propre &agrave; d&eacute;clencher certaines transformations et mutations. </P> <P></P> <P>	Si ce ph&eacute;nom&egrave;ne de symbiose est souvent abord&eacute;,<A HREF="#fn0" NAME="0" >[1]</A> c'est qu'il sugg&egrave;re l'&eacute;mergence d'une "identit&eacute;" nouvelle (mi-vivant, mi-machine: espace m&eacute;diatique). Mais tandis que plusieurs chercheurs en font mention implicitement, d'autres, tel Jim Letwich (<I>Infospace)</I> font carr&eacute;ment le saut. Pour cet informaticien l'Internet est /pp. 6-7/ un univers d'intelligences dont la somme produit une conscience plan&eacute;taire nouvelle. </P> <P></P> <P>	Enfin je m'en voudrais de ne pas souligner les pr&eacute;sentations de Sherry Turkle, de Amy Bruckman-Mitchell Resnick et de Pavel Curtis-David Nichols, car ces trois groupes de chercheurs nous ont propos&eacute; d'importantes r&eacute;fl&eacute;xions sur le ph&eacute;nom&egrave;ne des MUDs.<A HREF="#fn1" NAME="1">[2]</A> Peu connu en dehors d'un groupe tr&egrave;s cibl&eacute; de jeunes utilisateurs, ce ph&eacute;nom&egrave;ne est important car, de par sa structure m&ecirc;me, il permet le plongeon dans une m&eacute;ta-fiction organique exclusive &agrave; l'Internet (le jeu non seulement sur la fiction propre &agrave; chaque MUD, mais aussi sur la fiction psychologique et physiologique de chaque utilisateur). Il repr&eacute;sente l'&eacute;mergence de ce que l'on pourrait appeler la "troisi&egrave;me" oralit&eacute;, c'est-&agrave;-dire une oralit&eacute; &agrave; la fois mythologique et technologique o&ugrave; une exploration d'espaces "sacr&eacute;s" (psy-chologique, technique, social) s'entreprend au moyen de fictions aux structures "liquides". D'ailleurs, lorsque Amy Bruckman souligne les propri&eacute;t&eacute;s psycho-sociales des MUDs, elle rejoint certaines observations d&eacute;j&agrave; &eacute;mises par K&eacute;r&eacute;nyi sur les effets de miroir et de mise en abyme de la mythologie.</P> <P></P> <P>	Ainsi, f&eacute;conde en chim&egrave;res architecturales et mythologiques qui offrent aux "plongeurs" explorateurs, coup&eacute;s des interf&eacute;rences du monde ext&eacute;rieur, un sentiment d'apesanteur et d'immortalit&eacute;, la structure fractale du cyberspace est essentiellement une /pp. 7-8/ mat&eacute;rialisation fluide de l'imaginaire. Car le cyberspace est une typographie qui se constitue comme un palimpseste de langues et de langages (algorithmes, code binaire, pixels, voxels, logiciels, interfaces, etc.), et dont les signes proposent l'existence d'un lieu fascinant, teint&eacute; de fantasmes. Dans ses manifestations les plus vari&eacute;es, le cyberspace est bariol&eacute; de "surnaturel" construit au moyen de temps, d'espaces et de mat&eacute;rialit&eacute;s autres. Ce lieu dans lequel nous nous conduisons en demi-dieux, en refaisant sans cesse des "gestes originels", poss&egrave;de en fait une structure cosmogonique. Il est un lieu cr&eacute;ateur de corps andro&iuml;des intelligents, au travers desquels l'&ecirc;tre humain et la machine entrent en symbiose. Nous voici confront&eacute;s &agrave; une carte qui est &agrave; elle-m&ecirc;me son univers. </P> <P></P> <P>	Mais il s'agit d'un univers sans r&eacute;f&eacute;rent, puisque le cyberspace n'est qu'un  ab&icirc;me de simulacres<A HREF="#fn2" NAME="2"> [3]</A> o&ugrave; toute fronti&egrave;re dispara&icirc;t. Car si, dans ce lieu, tout est langues et typographies, alors tout "objet" ou tout "&ecirc;tre", nomm&eacute; et construit par les signes de ces langues, y poss&egrave;de une valeur identique et peut ainsi &ecirc;tre &eacute;chang&eacute; ou manipul&eacute; &agrave; volont&eacute;. Les corps pr&eacute;sents dans cet espace n'ont aucune hi&eacute;rarchie. Ainsi, dans cet oc&eacute;an d'absence (absence de r&eacute;f&eacute;rents, absence de r&eacute;el, absence de physicalit&eacute;, etc.), il est possible de concevoir qu'un partenariat liquide existe entre tous les &eacute;l&eacute;ments qui s'y pr&eacute;sentent. Une fois encod&eacute;e dans le cyberspace, toute organisation devient la parcelle holographique d'un r&eacute;seau cognitif.</P> <P></P> <P>	Mais si cette pr&eacute;sence est r&eacute;elle, que repr&eacute;sente alors le plongeon dans l'oc&eacute;an cyberspatial? Ou si cet oc&eacute;an est un m&eacute;ta-lieu, un palimpseste vivant, quelles sont alors les cons&eacute;quences d'une telle pr&eacute;sence? Si, de plus, nous sommes &agrave; la fois cr&eacute;ateurs, spectateurs et les cr&eacute;ations de cet "organisme", comment se pose la question de notre interaction avec ce dernier? /pp. 8-9/ </P> <P>	Car nous abordons aujourd'hui, &agrave; travers l'&eacute;mergence du cyberspace (ce "quelque chose" qui est &agrave; la fois monde-oc&eacute;an, typographie et andro&iuml;de), la question, &agrave; la fois utopique et dystopique, de la mutation des corps (corps physiques, cognitifs et m&eacute;caniques). Evidemment, &agrave; ce point de jonction, les outils philosophiques que nous poss&eacute;dons deviennent obsol&egrave;tes puisque de nouvelles associations s'av&egrave;rent n&eacute;cessaires, sinon pour structurer une &eacute;pist&eacute;mologie du cyberspace, du moins pour tenter une observation ad&eacute;quate. </P> <P></P> <P>	D&eacute;j&agrave; cet article et cette revue ne sont disponibles qu'&agrave; travers l'Internet. Quelle est donc la cons&eacute;quence du partage, de l'&eacute;change ET DE LA SOUMISSION non seulement d'une r&eacute;flexion, mais aussi d'une typographie, &agrave; la mat&eacute;rialit&eacute; cyberspatiale? Sommes-nous, pour emprunter l'expression de Katherine Hayles, entr&eacute;s dans une &eacute;poque du post-humain? Et ce "post-humain" est-il enfant de notre civilisation techno-litt&eacute;raire, r&eacute;sultat de l'hyper-litt&eacute;rarit&eacute; qui nous forge depuis plusieurs si&egrave;cles? </P> <P></P> <P>	Pierre L&eacute;vy, Walter Ong et George Landow, parmi d'autres, soulignent avec beaucoup d'&agrave;-propos combien d&eacute;j&agrave; andro&iuml;des nous sommes par l'int&eacute;gration psychologique et physique de la "machine" litt&eacute;raire en nous. Nous pensons, nous communiquons, nous percevons le monde au moyen de cette machine litt&eacute;raire, profond&eacute;ment imbriqu&eacute;e dans notre fibre cognitive m&ecirc;me. Est-il possible alors de postuler que le cyberspace serait cet andro&iuml;de issu de la pr&eacute;sence, dans nos structures cognitives, de la machine litt&eacute;raire? Et si l'on consid&egrave;re le cyberspace comme un palimpseste liquide et vivant, serait-il concevable de supposer la pr&eacute;sence d'un cordon ombilical entre lui et nous? Sommes-nous joints cognitivement au cyberspace? Ressentons-nous le d&eacute;sir profond d'y p&eacute;n&eacute;trer et de nous y noyer parce que ce dernier est le fruit d'une robotisation de l'&ecirc;tre humain par la machine litt&eacute;raire? </P> <P></P> <P>	Pourrions-nous, enfin, proposer un terme tel que <I>in-humain</I> (plut&ocirc;t que post-humain) pour d&eacute;finir ce changement? C'est-&agrave;-dire que loin d'&ecirc;tre un r&eacute;seau de machines, le cyberspace serait beaucoup plus un r&eacute;seau de <I>typographies vivantes </I>et ces typographies, le r&eacute;sultat de la lente transformation de l'&ecirc;tre humain par les /pp.9-10/ m&eacute;canismes et les technologies de la litt&eacute;rarit&eacute;. Notre corps poss&egrave;de ses propres fronti&egrave;res. La "d&eacute;sincarnation" cyberspatiale ne peut s'accomplir qu'au niveau cognitif, c'est-&agrave;-dire, dans notre cas, au niveau litt&eacute;raire. Lorsque nous p&eacute;n&eacute;trons dans le cyberspace, que ce soit au moyen de la r&eacute;alit&eacute; virtuelle ou de l'Internet, lorsque nous nous laissons encoder par son espace-temps, nous ne faisons que plonger en abyme dans notre propre transformation andro&iuml;de. Le cyberspace est ce m&eacute;ta-lieu construit par la naissance d'une conscience de la machine-litt&eacute;raire enfouie dans le corps humain. Il annonce un temps et un espace profond&eacute;ment langagier: l'&eacute;veil intelligent de l'osmose de l'humain et de la litt&eacute;rarit&eacute;. L'intelligence artificielle est la premi&egrave;re mat&eacute;rialit&eacute; de cet &eacute;veil. Le cyberspace fera probablement &eacute;merger les premi&egrave;res r&eacute;alit&eacute;s de ce monde nouveau.</P> <P></P> <P>	Nous sommes au seuil d'une profonde r&eacute;volution. Elle sera, j'ose croire, aussi importante que celle d&eacute;clench&eacute;e par l'imprimerie. Nombre de questions, et surtout nombre d'oppositions (r&eacute;el/irr&eacute;el, mat&eacute;riel/immat&eacute;riel, cognition/computation, etc.) sont r&eacute;&eacute;valu&eacute;es et surtout repositionn&eacute;es. La pr&eacute;sence de l'ordinateur et de ses r&eacute;seaux implique, &agrave; nos c&ocirc;t&eacute;s, l'existence de partenaires &eacute;gaux. Nous sommes &agrave; ce point de jonction, qui revient &agrave; chaque &eacute;poque, o&ugrave; la coh&eacute;rence des perceptions s'alt&egrave;re et mue.<A HREF="#fn3" NAME="3">[4]</A> Notre structure cognitive, &agrave; l'aube d'une &egrave;re &eacute;pist&eacute;mologique et ph&eacute;nom&eacute;nologique nouvelle, est aujourd'hui appel&eacute;e &agrave; changer. </P> <P></P> <P><B>Ollivier Dyens</B></P> <P><B>Universit&eacute; St. Anne</B></P> <P><B>Weynouth, Nova Scotia</B></P></FONT> <P><B></B></P> <P>/p. 10/</P> <br> <br> <a href=".."><img src="../slogo.jpg" border=0><b>Surface</b> Page d'Acceuil/Home Page</a></FONT> <br> <br> <br> <br> <P><A HREF="#0" NAME="fn0">[1]</A>Par plusieurs tenant de l'intelligence artificielle mais aussi par des auteurs tels Pierre L&eacute;vy, Roger Malina et Gregory Bateson.</P> <P><A HREF="#1" NAME="fn1">[2]</A>Les "Mud"s (Multi-Users Dungeons ou Dimensions), sont des jeux interactifs cr&eacute;&eacute;s sur l'Internet &agrave; partir du mod&egrave;le "Dungeons and Dragons", c'est-&agrave;-dire que tous les participants s'y "habillent" d'une personnalit&eacute; et d'un sexe quelconque. Ouverts &agrave; tous, ces v&eacute;ritables communaut&eacute;s entra&icirc;nent la cr&eacute;ation d'une sous-culture compl&egrave;te &agrave; l'int&eacute;rieur m&ecirc;me du cyberspace. On peut s'imaginer les MUDs comme une premi&egrave;re v&eacute;ritable r&eacute;alit&eacute; virtuelle accessible sur l'Internet. Ce qui est int&eacute;ressant de noter ici est que toute l'interaction, la construction, la mod&eacute;lisation de ces environnements se fait au moyen de l'ECRIT. En entrant dans un des ces jeux une description de l'espace qui vous entoure appara&icirc;t &agrave; l'&eacute;cran. Vous interagissez avec cette espace et avec les autres personnages qui l'habitent au moyen de divers commandes et instructions. En fait ces MUDs, &agrave; l'architecture souple et profond&eacute;ment cr&eacute;ative, sont l'expression de la liquidit&eacute; du palimpseste cyberspatial.</P> <P><A HREF="#2" NAME="fn2">[3]</A>Le mot "simulacre" n'&eacute;tant pas ici le plus appropri&eacute;. Puisque la relation r&eacute;f&eacute;rent-r&eacute;el/simulacre n'est plus la m&ecirc;me dans cet espace-temps, la fonction m&ecirc;me du simulacre change elle aussi. Le simulacre devient un r&eacute;el, puisqu'il renvoie constamment &agrave; un autre simulacre. La relation au r&eacute;el et au r&eacute;f&eacute;rent est coup&eacute;e.</P> <P><A HREF="#3" NAME="fn3">[4]</A>Pour paraphraser ici Jacob Bronowski. </P></BODY></HTML>   <!--  -----BEGIN PGP SIGNATURE----- Version: 2.6.2  iQEVAwUBMynnjPL/N66hMljlAQFNwQf8C3HmXk1dwyRPo7ACXADy1INaUxe7CGWe 1Nj/WCkJS3/oXvY+sJIlRQo/Pm1/Fe9qI/n+uw+D3APs1tiaGL753QTxyBnRl64f QqV9CbMNuoxrrNfza/mBLwuivkkJIfCKMswRjNI7q6/TEK5gZChUUnPkKpTbN6kM HfRVBIVLdT+xxW5tAvIjNHxwxNUMheEcWdQckBdhayLrBCFf0x9e1uIYp4VTx+/6 8uJWQCg5s9WiGP1SlH+Y1d9AHtM0xzo158Lke+nSoxz2hOCmt4ajmary7X/OxzSd QhxoRfqx9QcLXZwh7opH1LN0Adf2rPCXEJ9ZZ2SGKh3YxIe2dr6ruA== =5MkX -----END PGP SIGNATURE-----  --> 
