<html> <head> <title>Andr&eacute; Velter</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF"> <p align="center"><b><font face="Garamond" size="5" color="#000099"><i><font size="6"><u>CHRONIQUES</u></font></i></font></b></p> <p align="right"><b><i><font face="Book Antiqua, Bookman Old Style, Dauphin, Lithograph, LithographLight, Matisse ITC" size="5">*    2002 *</font></i></b> </p> <table width="755" border="0" height="326" bgcolor="#CCCCFF" align="center">   <tr>     <td>        <p><font color="#003399"><i><b><font face="Times New Roman, Times, serif" size="4">LA          MORTE DU BOMBAY EXPRESS</font></b></i></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><br>         <font color="#6666FF" size="3">Sarah Dars </font><br>         ditions Picquier poche </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Clbrant          Robert Van Gulik, auteur  la fois d'impeccables travaux de sinologie          et d'une magnifique srie de romans policiers consacrs au juge Ti *,          Simon Leys notait que " sa science allait de pair, comme on le voit dans          ses crits, avec le plaisir ". Cette alliance trs rare, jubilante et          tonique, qui conjugue rudition et suspense, se trouve  nouveau  l'uvre,          avec le mme lan et la mme matrise, mais sur un autre territoire et          en un autre temps, dans les <i>enqutes du brahmane Doc </i>que Sarah          Dars publie ponctuellement depuis deux ans chez Philippe Picquier. Aprs          <i>Nuit blanche  Madras</i>, <i>Coup bas  Hyderbd</i>, <i>Ramdam           Mahbalipuram</i>, la quatrime livraison se dirige,  la vitesse alatoire          des trains en Inde, vers la mgapole de Bombay. Comme les prcdents,          ce livre tmoigne d'une connaissance approfondie des lieux, des modes          de vie et de pense, mais aussi d'une affectueuse connivence avec les          infinies subtilits des usages et des codes qui rgissent l'univers indien.          </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Sanskritiste          ayant longtemps sjourne dans le sous-continent, aprs de grands priples          en Asie, d'Oulan-Bator  Pkin, de Kaboul  Lhassa, d'Istanbul  Tokyo,          Sarah Dars russit le prodige, sous couvert d'nigmes criminelles  rsoudre,          de rvler bien d'autres mystres, notamment ceux qui tissent et structurent,          somme toute assez efficacement, la ralit la plus cahotique qui soit.          Son hros n'est pas un policier ni un dtective de mtier, c'est un brahmane          qui exerce  Madras la profession de mdecin, d'o ce surnom de " Doc          " qui le dsigne familirement et suggre en toutes circonstances une          qualit d'observation hors du commun. Qu'il s'occupe de la sant de ses          malades ou qu'il tente de dcouvrir le coupable d'un meurtre que le hasard          a mis sur sa route, Doc n'oublie aucun dtail, n'carte aucune hypothse.          En outre, toujours imprgn par l'ducation traditionnelle qu'il a reue,          il ne cesse de stimuler sa rflexion en citant les traits de l'Inde ancienne,          notamment le <i>Panchatantra</i> ou <i>l'Arthashstra</i>. Loin d'tre          peru comme une coquetterie ou un anachronisme, ce dcryptage d'actions          trs contemporaines en usant d'indications venues du plus lointain pass          se rvle plein d'imprvu et de charme. Doc ne mprise pas les mthodes          actuelles d'investigation, mais il n'a  sa disposition que son " ordinateur          crbral " et, surtout, ne se sentant investi d'aucune mission officielle          qui l'obligerait  changer sa faon d'tre ou de penser, il mobilise ses          facults mentales en toute libert, pouss par le got purement intellectuel          de l'lucidation. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Car il n'a          rien d'un justicier ni d'un dfenseur rsolu de la loi. Souvent, le coupable          qu'il vient de confondre lui apparat sous les traits d'une victime d'un          autre genre, comme si dans la loterie o se jouent les actions humaines          ne se comptait quasiment que des perdants. Au cours de chacune de ses          enqutes fortuites, arrive l'instant du doute radical, le moment o Doc          au comble de l'indcision fait le portrait des acteurs du drame en tenant          compte de tout ce qu'il a rcemment dcouvert sur chacun d'eux. Ces petits          croquis, rapides et prcis, s'ils prouvent, comme il est de convention          dans les romans policiers, que tous les protagonistes peuvent tre suspects,          se distinguent par la lucidit mais aussi la bienveillance dont fait preuve          celui qui est cens dcrire et observer pour mieux dmasquer. Pourtant,          dans <i>La morte du Bombay Express</i>, les " acteurs du drame " tant          prcisment des acteurs, l'univers factice et futile dans lequel ils voluent          ne devrait gure inspirer de sympathie. La compassion de Doc, qui tient          pour partie  sa vocation de thrapeute et pour partie  sa personnalit          propre, suffit donc  changer le climat pesant d'une intrigue aux ressorts          ncessairement tragiques en exploration perspicace, toujours lgrement          distancie, voire amuse. Ce personnage conjugue  l'vidence les qualits          d'intelligence et de cur, de sduction et d'humour, de courage et de          modestie qui faonnent pour Sarah Dars une sorte d'Indien idal. C'est          un lettr, grand amateur de musique, expert dans l'art martial du <i>kalaripayatt</i>          et qui, pour tre brahmane, n'en est pas moins tolrant et sensible aux          plaisirs de la vie. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Avec lui,          on traverse tous les cercles, infernaux, quotidiens ou sublimes, d'une          " Comdie " qui, humaine trop humaine, ne cesse jamais pourtant d'tre          divine. Il est, partout, le guide rv, celui qui dvoile et fait partager,          celui qui parle d'abondance et sait se taire quand le temps qui passe          semble avoir accs  une motion plus vaste, peut-tre sacre. Alors,          en plus du fin mot de l'histoire de la-jeune-femme-retrouve-carbonise-dans-un-compartiment-de-premire-classe          ferm-de-l'intrieur, le lecteur voit son plaisir dcupler en suivant          les innombrables et marginales prgrinations de Doc. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">On retrouve          en effet celui-ci, escort du fidle Arjun, son ami et confident, en train          aussi bien de soigner l'obsit d'un beau-frre, que de franchir les portes          des studios de cinma de Bollywood, d'affronter des voyous avec son parapluie          pour seule arme imparable, de se laisser aller  manger trop pic, de          participer aux ftes de Gokulshtam ou de Ganesha Chaturthi, d'couter          avec ferveur les chants qawwali des Sabri Brothers, d'arpenter Bombay          en tous sens, comme de disputer de l'actualit d'un trait sur l'art de          gouverner datant de quatre sicles avant notre re... S'il est un dtective          de raccroc, Doc est  coup sr l'enquteur le plus vloce et le plus inspir          des faits et gestes, croyances, modes, survivances et ralisations de          l'Inde d'aujourd'hui. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Grce  lui,          Sarah Dars peut livrer l'essentiel de ce qui l'a passionne dans l'tude          de la mythologie et des philosophies indiennes, tout en clbrant le pays          rel qu'elle connat intimement, tout en entretenant le feu d'une action          soutenue. Elle n'hsite d'ailleurs pas  augmenter ses romans d'un glossaire,          afin de n'garer aucun de ceux qui voudront  sa suite partir  la dcouverte          des textes fondateurs, voire des villes de Madras, Hyderbd, Mahbalipuram          ou Bombay. Car ses rcits sont  la fois des invitations au dpart,           l'aventure, et des viatiques. Ils s'affranchissent de la distinction confortable          dicte par Andr Breton entre " les livres de voyage et les livres qui          font voyager ". Avec Sarah Dars et son brahmane Doc, le dsir de vivre          ailleurs, dans une ralit autre, s'accomplit autant sur la terre des          hommes que dans les fantasmagories ou les rves. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Quelques uns          des premiers chapitres de <i>La morte du Bombay Express</i> sont  cet          gard des plus impressionnants : la canicule, la nuit tombe, la lente          progression du train entre des paysages devenus fantomatiques, favorisent          de lourdes et angoissantes visions, comme si derrire la vitre du compartiment          les <i>Contes du vampire</i>, grand classique de la littrature indienne,          s'animaient soudain : " <i>Dans cette obscurit de poix, on ne distinguait          rien, si ce n'est, ici ou l, le flamboiement d'un bcher funraire qui          finissait de se consumer, petite fume, escarbilles, ombre mouvante d'un          homme ou d'une grande chauve-souris. La vue du brasier, pourtant trs          loign, ajoutait encore  l'impression de fournaise. Il n'tait pas difficile          d'imaginer les mes des trpasss voletant au-dessus des sables encore          chauds, les spectres allant et venant en leurs effroyables voyages de          l'enfer de Yama au monde des vivants</i>. " Satur d'aussi terribles prsages,          l'espace du dehors ne pouvait qu'entrer par effraction dans l'un des wagons          ferm littralement  double tour. Pour passer du cauchemar lgendaire           l'intrigue policire, il ne suffisait plus alors que d'une allumette.          </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">* srie publie          en 10/18 </font></p>       <p align="right"><i><b><font face="Garamond" size="3">Le Monde des Livres          </font></b></i><font face="Garamond"><br>         <font size="3">Vendredi 12 juillet 2002</font></font></p>       </td>   </tr> </table> <br> <table width="757" border="0" height="70" align="center" bgcolor="#FFFF99">   <tr>     <td>        <p align="left"><font face="Times New Roman, Times, serif"><b><i><font size="4" color="#003399">Va          o</font></i></b><br>         <font size="3" color="#6666FF">Valrie Rouzeau</font> <br>         Le temps qu'il fait </font></p>       <p align="right"><font face="Times New Roman, Times, serif"><br>         </font></p>       <p align="center"><font face="Times New Roman, Times, serif"><b><i><font size="4" face="Book Antiqua, Bookman Old Style, Dauphin, Lithograph, LithographLight, Matisse ITC" color="#003399">Une          m&eacute;lodie ent&ecirc;tante</font></i></b></font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">En posie, une          voix nouvelle, ce n'est pas rien. Une voix vraiment nouvelle qui ne ressemble           aucune autre. Une voix qui se reconnat au premier signe, au premier          souffle, que l'on entend une fois pour toutes, et  chaque fois une fois          pour toutes, comme personne. Depuis quelques temps ce prodige a un nom          : Valrie Rouzeau. Et c'est un prodige qui dure. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">La publication          en 1999 de <i>Pas revoir</i> * avait aussitt fait vnement, alert plusieurs          milliers de lecteurs, multipli les rcitals de l'auteur. Un an plus tard,          <i>Neige rien</i> ** avait laiss la marque indlbile de textes crits          au rouge,  fleur de peau et de sang. Aujourd'hui, avec <i>Va o</i>,          recueil matris jusque dans ses hsitations, navets et maladresses          contrles, Valrie Rouzeau s'impose puissamment, bien que tout en fragilit          et lgret sonore. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Cette nouvelle          suite de pomes s'apparente d'ailleurs  une composition. Elle s'coute          autant qu'elle se lit. Il y a l un long lamento qui dit un amour impossible,          mais sans durablement se lamenter. Un cri de solitude qui rit de se voir          si seul en son dsespoir. Un lan obstin  transcrire de la douleur de          femme avec les mots incertains et dmunis des chagrins d'enfant. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif"><i>Si j'avais          les jours  compter je marquerais soir aprs soir mes petites croix de          rcompense Je tiendrais des mois des saisons mon calendrier de forat          mon agenda de pnlope a ne me ferait ni chaud ni froid juillet janvier          en solitaire je traverserais les annes Si grand d'amour tait en vue          ou  revenir quel beau jour je l'appellerais mon cher Ulysse et puis je          choisirais la danse plutt que la tapisserie </i></font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Mais soudain          " <i>l'ancienne gaiet se met  mugir</i> ", la joie dferle sans prvenir,          la litanie s'envole : la passion est l, l'amour s'incarne, les mmes          rythmes passent par le tamis du plaisir comme si la vie accdait  la          vraie vie, avec en prime un tour dans le lexique de Rimbaud (<i>Gaie de          la vie m'en va de flache en flache et n'en rate pas une a mne  l'infini</i>).          </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif"> l'infini vraiment          ? Alors on se demande : elle va o Valrie Rouzeau avec ce titre qui vole          deux syllabes  son nom ?  l'vidence trs loin, trs haut et pour longtemps          : une voix comme celle-l ne peut que s'inventer mille chos, y compris          chez les anges (les bons et les mauvais) et chez les oiseaux ( quelques          rapaces prs). </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Car de ce livre          mane un charme subtil, tonique, presque enttant. Un envotement qui          tient  ce vocabulaire bouscul, <i>jazz</i> en douceur, jusqu' crer          une ligne mlodique impossible  oublier. Chaque vers se dploie comme          une phrase musicale qui, en plus de ses syllabes, n'en finit pas de compter          ses rsonances. C'est par l que cette posie, profondment originale          et singulire, en vient  croiser le chant de la grande tradition qui          va de Louise Lab  Catherine Pozzi via Marceline Desbordes-Valmore. Ironie          et dsinvolture en plus : " <i>J'aurai termin ma complainte mis mes bons          points dessus mes i le temps et le hola l-haut</i> ". </font></p>       <p align="left"><font face="Times New Roman, Times, serif">* ditions Le          D bleu <br>         ** ditions Unes</font></p>       <p align="center"><font face="Times New Roman, Times, serif"><img src="couvertures/Va%20o%F9%20Val%E9rie%20Rouzeau.jpg" width="146" height="200">          </font></p>       <p align="right"><i><b><font face="Garamond" size="3">Le Monde des Livres          </font></b></i><font face="Garamond"><br>         <font size="3"> Vendredi 5 avril 2002</font></font></p>       <p align="left"><font face="Garamond"><font size="3"><a href="lfaq.htm">LA          FAUTE &Agrave; QUI</a><br>         </font></font></p>     </td>   </tr> </table> <br> <table width="760" border="0" height="158" align="center" bgcolor="#CCCCCC">   <tr>     <td>       <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="4" color="#0033CC"><i><b><font color="#003399">CHASSE           L'AIGLE CHEZ LES KAZAKHS </font></b></i></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><br>         <font size="3" color="#6666FF">Roland Michaud</font> <br>         ditions Philippe Picquier </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Aprs avoir t          le photographe emblmatique de la Haute-Asie, notamment celui d'un Afghanistan          de lgende, Roland Michaud poursuit,  soixante-dix ans passs, son inlassable          et fabuleuse qute de la beaut. Par del violences et ruines, dgradations          et avilissements de toutes sortes, il s'acharne  parcourir,  capter          et  restituer les quelques clairires d'harmonie qui perdurent dans le          chaos du monde, l o le temps est comme suspendu aux reflets dun hypothtique          ge d'or. Somptueusement dit par Philippe Picquier, sa <i>Chasse  l'aigle          chez les Kazakhs</i> se rvle, de ce point de vue, tout  fait exemplaire.          Dans une zone perdue de Mongolie,  2000 kilomtres d'Ulan Bator, aux          confins du Kazakhstan, des aigles et des hommes traquent le renard, le          livre ou le loup comme il y a mille ans. L'accord entre la nature et          les activits humaines semble  la fois simple, vident et garant d'une          indniable noblesse. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Alternance de          paysages immenses, de scnes de chasse, de portraits et de tableaux de          la vie quotidienne, ce livre est plus qu'un album peupl de trs belles          images, voire d'images sublimes, c'est un viatique, un prodige qui dbusque          la vraie vie au cur mme de ce que l'on nomme souvent avec une aveugle          condescendance des " survivances ". L'art de Roland Michaud est celui          d'un guetteur de lumire qui rend grce et grandeur aux tres et aux choses.          </font></p>       <p align="right"><i><b><font face="Garamond" size="3">Le Monde des Livres          </font></b></i><font face="Garamond"><br>         <font size="3"> 28 novembre 2002</font></font></p>     </td>   </tr> </table> <br> <table width="762" border="0" height="58" align="center" bgcolor="#FF3333">   <tr>     <td height="53">       <p><font face="Times New Roman, Times, serif"><b><i><font size="4">L'UNIQUE          TRAIT DE PINCEAU </font></i></b><br>         Calligraphie, peinture et pense chinoise de <b>Fabienne Verdier </b><br>         Prfaces de Cyrille J-D Javary et Jacques Dars <br>         Albin Michel </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Peu de livres,          au premier coup d'il, ont un pouvoir de rvlation comparable  celui          de l'ouvrage de Fabienne Verdier, <i>L'unique trait de pinceau</i>. Ds          l'abord, toute anecdote se trouve bannie. Une force est ici  l'uvre.          Elle s'accomplit avec une tmrit sereine, un lan souverain qui ordonne          visible et invisible, gouverne le vide, transcende toute reprsentation.          </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">L'aventure de          Fabienne Verdier est unique. Franaise ayant pass dix ans en Chine           tudier avec les plus grands matres calligraphes, non seulement l'art          du trait mais aussi l'ascse et la mditation taostes, elle est aujourd'hui          l'artiste qui peut lgitimement inscrire sa cration personnelle, avec          la grande part de novation que cela implique, dans le mouvement dune          tradition millnaire ne  l'autre bout du monde. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Quelques publications          avaient dj attir l'attention sur cette entreprise singulire, mais          c'est avec ce livre, qui suit une magnifique exposition  l'cole des          Beaux-Arts de Paris, qu'elle s'impose magistralement. Car c'est de matrise          qu'il s'agit et d'infinie patience soudain libre en un seul geste sans          repentir. Fabienne Verdier possde au plus haut point la technique et          la connaissance profonde, elle a, dans le souffle et les muscles, cette          attitude " martiale " qui allie concentration extrme et total engagement.          Les sommets et les -pics qui, d'un bloc, jaillissent de son pinceau affirment          ce que les mots ne font que suggrer : il est une voie d'accs  l'inaccessible.          C'est une effraction bouleversante, brutale, et pourtant infiniment apaise.          </font></p>       <p align="right"><i><b><font face="Garamond" size="3">Le Monde des Livres          </font></b></i><font face="Garamond"><br>         <font size="3"> 28 novembre 2002</font></font> </p>     </td>   </tr> </table> <div align="right"><b><i><font face="Book Antiqua, Bookman Old Style, Dauphin, Lithograph, LithographLight, Matisse ITC" size="5">*    2001 *</font></i></b> <br> </div> <table width="763" border="0" height="63" bgcolor="#99FF99">   <tr bgcolor="#99FF99">      <td>        <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="4"><b><i><font color="#339900">DICTIONNAIRE          AMOUREUX DE LA GRCE</font> </i></b></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><br>         <font size="3" color="#009933">Jacques Lacarrire </font><br>         ditions Plon </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Autant le          dire tout de suite : il est heureux, et hautement rjouissant, que Jacques          Lacarrire ait accept de se parjurer. Aprs plusieurs livres majeurs          consacrs  la Grce, dinnombrables traductions, confrences, causeries,          rcitals, il avait fait le serment, "devant tous les dieux olympiens rassembls          et quelques saints orthodoxes runis en concile," de ne plus crire un          mot sur ce pays, cette civilisation, mythologie, histoire et rsonances          contemporaines comprises. Il n'a pas tenu parole, parce qu'il n'est pas          possible de taire une passion que rien ne saurait teindre, pas possible          de renoncer  cette exploration sans cesse ravive,  ce plaisir quasi          vertigineux du conteur qui allie gourmandise et fascination, tragdie          et factie, tmoignage et lgende. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">On sait qu'Andr          Breton recommandait de ne "pas confondre les livres qu'on lit en voyage          et ceux qui font voyager", recommandation que Lacarrire avait reprise           son compte en ouverture de L't grec et  laquelle il reste plus que          jamais fidle avec ce Dictionnaire amoureux de la Grce qui, par sa nature          encyclopdique comme par les hasards objectifs de l'alphabet, jette sur          toutes les routes  la fois, bouscule les sicles, conjugue mille rfrences          rudites avec mille souvenirs personnels. " l'inverse de l'essai, du          rcit ou du roman, note l'auteur, le dictionnaire n'implique aucune continuit          dans son parcours et l'on peut parfaitement - ce qui fut mon cas - rdiger          un texte sur Pgase sans tre oblig pour autant de continuer par Pricls          ! Ce type de livre procure donc une libert  la fois totale et rvlatrice.          Totale dans la mesure o l'on est seul juge des mots  dire - ou en l'occurrence           crire - et libratrice en cela qu'il permet de s'attarder sur des mots          inconnus, oublis, voire intimes et d'viter, de refuser tout sujet strotyp,          tout guide acadmique ou parcours universitaire." </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Il s'agit          donc d'un inventaire subjectif, d'une remmoration amoureuse qui procde          par squences, rebonds et drives, inventant des approches indites, des          courts-circuits imprvus, des rencontres fortuites.  revisiter la Grce          lettre  lettre, Lacarrire s'en donne littralement  coeur joie, offrant          ses dcouvertes, ses merveillements, ses rvoltes, ses amitis, composant          un recueil, c'est--dire un bouquet, de ses enchantements, et cultivant          cette ironie charmeuse qui n'appartient qu' lui. Ainsi, s'interrogeant          pour savoir si l'amour peut vraiment s'peler de A  Z, ou, en version          grecque, d'alpha  omga : "Qu'auraient dit en leur temps Artmise, Aphrodite,          Cloptre, Ismne et Thodora si je leur avais murmur : vous tes l'alpha          ou vous tes l'omga de ma vie ?"</font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif"> Des questions,          des digressions ou des incises de ce genre donnent une saveur singulire           l'ouvrage, piment parfois, parfois cho de confidence amuse, de complicit          affectueuse, voire de gravit soudaine quand surgit un thme qui ne prte          pas du tout  rire. La notice consacre  Robert Brasillach est  cet          gard exemplaire et d'une grande acuit. "Pourquoi Brasillach dans ce          Dictionnaire ? Parce qu'il fut galement un hllniste indiscutable, auteur,          juste avant sa mort en 1945, d'une Anthologie de la posie grecque tout           fait remarquable. Je la dcouvris lors de sa parution en 1950, l'anne          o je sortais de mes tudes de grec ancien  la Sorbonne, et je fus frapp          par la libert, l'originalit du ton adopt par l'auteur pour parler des          potes anciens. Restait pourtant une question cruciale,  laquelle je          ne trouvais pas de rponse : comment et pourquoi un homme ainsi passionn          par le grec ancien avait-il pu  ce point ignorer la leon de libert          et de dmocratie de la Grce ?" Et Lacarrire de poursuivre : "comment          le mme homme pouvait-il par exemple prsenter le pote Eschyle en disant          que "ses plaintes sur les prisonniers, sur les vaincus, sur la jeunesse          jete au combat rsonnent encore d'un accent ternellement fraternel et          rvolutionnaire" et crire dans le mme temps - ou peu de temps plus tt          - dans Je suis partout,  propos des rsistants franais, "C'est sans          remords mais pleins d'une immense esprance que nous vouons ces derniers          au camp de concentration sinon au poteau" ? " Aprs une analyse prcise          et subtile, Lacarrire montre comment, pendant l'Occupation, une lecture          totalitaire et une lecture dmocratique des Grecs anciens se dvelopprent          de faon parallles et radicalement opposes, "selon que l'on prfrait          Sparte ou Athnes, l'Iliade ou l'Odysse"; avant de conclure : "Brasillach          eut beau faire au lyce ses "humanits", il n'a pas su, par elles, se          garantir de l'inhumain." </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">On voit que          le propos peut tre des plus sombres, et l'histoire de la Grce l'exige          souvent - de la guerre civile au coup d'tat des colonels, pour n'voquer          que des pisodes du tout nouveau sicle dernier -, mais l'ensemble du          Dictionnaire amoureux semble port par une allgresse tonique, allgresse          qui tient autant au "gai savoir" de l'auteur qu' l'lan renaissant qui          l'exalte quand il remet ses pas dans ceux du jeune homme qui avait compris          que les vraies "humanits" sont celles qui s'exprimentent sac au dos,          se vivent et s'affirment chemin faisant. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Avec Lacarrire,          la connaissance ne reste jamais calfeutre dans les livres, elle va sur          le terrain. Ainsi, aprs avoir traduit le roman de Prvlakis, Le Crtois,          il part retrouver dans la rgion de Sphakia le rocher sur lequel un aigle          de mauvais augure avait vers des larmes; se souvenant du rcit de Thramne          dans la Phdre de Racine, il se rend  Trzne et confronte "les foules          bruyantes et impulsives de sa mmoire avec la solitude et le silence de          ce lieu";  Phaistos, sur les gradins du plus vieux thtre du monde,          il ressent ce que fut ds l'origine "la ncessit du thtre, d'un lieu          d'o l'on pouvait voir - c'est le sens mme de ce mot : ce qu'on voit          et ce qui est vu - l'image de sa propre vie, de sa propre cit, de sa          propre histoire et mme, quelquefois, de ses propres dieux..."</font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif"> Il faudrait          bien sr citer tout le livre puisque Jacques Lacarrire ne cesse de mener          le jeu, tour  tour, historien, tymologiste, traducteur, conteur, sociologue,          danseur de zbkiko, vagabond, acteur dguis en Cassandre (oui, vous          avez bien lu, Lacarrire en Cassandre dans l'Agamemnon d'Eschyle), metteur          en scne, portraitiste, et avant tout pote, passeur de textes, passeur          d'amitis, passeur de passions. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Son Dictionnaire          amoureux s'apparente en fait  ce chapelet traditionnel nomm combologue,          en cela qu'il est constitu d'une succession de perles, de merveilles          alignes les unes au bout des autres, et que le feuilleter, le parcourir,          voire le butiner, met instantanment dans un tat d'intense jubilation.          "Le combologue, prcise d'ailleurs notre auteur, possde un indiscutable          pouvoir d'apaisement, caresser ses grains dodus et lisses calme indiscutablement          le stress, l'nervement, voire l'ennui quand on ne sait quoi faire de          ses dix doigts. Il offre une solution immdiate et peu onreuse  tous          les dsoeuvrs, c'est un vritable tranquillisant  la porte de toutes          les bourses, un lasso miniature pour dompter nos lans impulsifs et nos          htes fbriles. Je trouve ses vertus calmantes si videntes qu' mon avis,          on devrait en Grce le dlivrer sur ordonnance !" Voil donc pour la bonne          sant des Grecs, quand aux Franais quelque peu rtifs au rosaire, il          suffit de leur prescrire la lecture, chaque matin au rveil, de quelques          pages du Dictionnaire amoureux de la Grce. </font> </p>       <p align="right"><i><b><font face="Garamond" size="3">Le Monde des Livres<br>         </font></b></i><font face="Garamond" size="3">29 juin 2001</font> </p>     </td>   </tr> </table> <br> <table width="761" border="0" height="79">   <tr bgcolor="#FFCCCC">      <td>        <p><font face="Times New Roman, Times, serif"><b><i><font size="4" color="#FF66CC">DICTIONNAIRE          AMOUREUX DE L'INDE</font><font size="4"> </font></i></b><br>         <font size="3" color="#FF00FF">Jean-Claude Carrire</font><font size="3">          </font><br>         ditions Plon </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Aprs le magnifique          abcdaire compos par Jacques Lacarrire en l'honneur de la Grce*, la          formule du Dictionnaire amoureux embrasse dsormais les immenses territoires          de l'Inde avec Jean-Claude Carrire en claireur avis, matre d'oeuvre          vagabond, puisqu'il s'agit toujours d'obir au seul principe de plaisir          sans prtendre  aucune exhaustivit. D'ailleurs, la relation entre la          Grce et l'Inde qui aurait pu surgir par exemple d'une vocation des figures          jumelles de Shiva et Dyonysos, se dcouvre, et trs plaisamment, en conclusion          de l'article "jouissance"; deux lgendes, l'une indienne, l'autre grecque,          s'accordant pour juger l'orgasme fminin d'une amplitude sans gale :          "Il est si vif et si intense que mme les dieux nous l'envient..." </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Jean-Claude          Carrire le sait, tous les amoureux de l'Inde aiment un pays diffrent,          tous tiennent  leur approche singulire, tous ont des raisons, des motions,          des expriences qui ne cessent de renforcer un lien unique, si fort, si          envotant mme, qu'il apparat souvent comme l'une des trs rares chances          vraiment donne de se changer la vie. Pour Carrire, c'est le Mahabharata,          le grand pome pique, qui joua  la fois le rle de premier guide et          celui de viatique permanent. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Afin de prparer          avec Peter Brook l'adaptation thtrale de cette pope fondatrice, immense          rservoir de la mmoire collective indienne, Carrire aborda l'Inde d'aujourdui          muni d'une sorte de passe-partout universel. Ce pome, crit-il, "nous          entrana dans toutes les coles de thtre et de danse, il nous conduisit          de village en village, et d'individu  individu. Il nous permit d'ouvrir          immdiatement toute conversation, n'importe o, avec un chauffeur de taxi          ou un professeur d'universit. Il nous fit rencontrer des marxistes et          des saints." </font></p>       <p align="right"><font face="Times New Roman, Times, serif">* <i>Le Monde          des Livres</i>, 29 juin 2001</font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif"> Pendant une          vingtaine d'annes, Carrire a sillonn le sous-continent, non pas en          tous sens car il s'y rendait toujours pour un travail ou un projet prcis,          et sa prsence dans des universits, des temples, des studios, des ftes,          des meetings politiques n'tait pas le fait du hasard. D'o ce livre fait          de "zigzags dans le continent de la multitude" qui tmoigne d'une acuit          de perception chaleureuse, mais lucide, robuste, mais subtile, loin des          clichs et des caricatures. Carrire n'est pas de ceux qui prennent le          premier saddhu venu pour un tre ralis; il n'est pas non plus de ceux          qui restent  distance d'une ralit qui submerge, stupfie, enchante          ou destabilise. Il transmet "cette disponibilit insatiable, cette avidit          de voir et de savoir qui nous tient constamment veills, aux aguets,          dans le pays le moins ennuyeux du monde. O l'ennui, comme l'indiffrence          qui l'accompagne, sont inconcevables, ne relvent pas de ce monde. L'Inde          nous arrache hors de nous-mmes, soit par rpulsion soit par attraction,          ou par la plus forte des curiosits, celle qui ne sait ni ce qu'elle cherche,          ni ce qu'elle peut esprer, ou craindre. Une surprise  chaque battement          de paupire. Une provocation incessante du regard et de la pense." Ce          dictionnaire est donc cela : battement de paupire quand  Omkaresvar,          redescendant du petit temple blanc de Shiva vers la rivire, "on peut          s'asseoir  la terrasse d'un caf, dominant  pic les barques et le mouvement          des plerins, et y boire un th au coucher du soleil. L'esprit, qui n'a          rien  contempler et tout  sentir, se perd dans un autre temps, enfoui          en nous-mmes. Il n'y a rien  dire  ce moment-l. C'est l'Inde et rien          d'autre." </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Ou bien provocation          calme, par mgarde, quand la rplique d'un inconnu ouvre une brche dans          la touffeur du jour. Ou bien complicit quand surgit une Ambassador justement          clbre comme "une voiture d'ternit". Ou bien merveillement quand          la danseuse et chorgraphe Rukmini Devi demeure,  quatre-vingt-un ans,          pareille  "une lumire entrant dans la pice". Ou bien partage quand          la musique indienne est voque en termes physiques, comme s'il s'agissait          autant pour l'artiste que pour l'auditeur-spectateur d'un art du toucher.          </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Ou bien mditation          quand rsonnent ces vers du Mahabharata : "<i>Ce monde est une roue qui          tourne, / un passage dans le grand ocan du temps / o nagent deux requins,          la vieillesse et la mort. / Rien ne dure, pas mme ton corps. / Plaisir,          douleur, tout est fix. / Nul ne reste, nul ne revient. / Ce que tu dsires,          tu l'as, / ce que tu ne dsires pas, tu l'as, / personne ne comprend pourquoi.          Rien ne garantit le bonheur de l'homme. / O suis-je ? O irai-je ? /          Qui suis-je ? Pourquoi ? / Et sur quoi devrais-je pleurer ?</i>" Mais          en citant ce consolamentum qui, sous une forme trs dense, dvoile un          aspect majeur de la pense indienne, Jean-Claude Carrire n'omet pas de          prciser que "la vie humaine tant une illusion, nous pourrions penser          qu'en Inde il est moins difficile de la perdre qu'ailleurs. Et c'est vrai          : la mort est ordinaire, banale (...) Cela ne signifie pas que la disparition          d'un tre aim n'apporte pas un chagrin vritable, l-bas comme ici."          C'est dans ces notations-l, sans complaisance, que Carrire tablit au          mieux son rapport fait de fascination, de tendresse, d'ironie aussi, avec          le pays de tous les possibles et de toutes les mtamorphoses. Relisant          la Vie d'Alexandre de Plutarque, il se rjouit du dialogue des philosophes          grecs et des sages indiens ou chacun joue si exactement son jeu. Aux premiers          les questions, aux seconds les rponses, toujours ruses ou surprenantes,          jusqu' l'change le plus frappant : "- Pourquoi les hommes se rvoltent-ils          ? demande le Grec. - Pour trouver la beaut, rpond l'Indien. Soit dans          la vie, soit dans la mort." </font></p>       <p align="right"><font face="Garamond"><b><i>Le Monde des Livres</i></b><br>         2001 </font></p>     </td>   </tr> </table> <div align="right"><b><i><font face="Book Antiqua, Bookman Old Style, Dauphin, Lithograph, LithographLight, Matisse ITC" size="5">*    1999 *</font></i></b> <br> </div> <table width="763" border="0" height="87" bgcolor="#FFFF99">   <tr>     <td> <font face="Times New Roman, Times, serif" size="4"><b><i><font color="#003399">Pas        revoir</font></i></b></font><font face="Times New Roman, Times, serif"><br>       <font face="Times New Roman, Times, serif"><font size="3" color="#6666FF">Valrie        Rouzeau</font></font><font size="3" color="#FFFF99">Val&eacute;rie Rouzeau</font><br>       Le d&eacute; bleu<br>       </font>        <p align="center"><font face="Times New Roman, Times, serif" size="4"><i><font face="Book Antiqua, Bookman Old Style, Dauphin, Lithograph, LithographLight, Matisse ITC"><b><font color="#003399">Ferrailler          dans l'or du temps </font></b></font></i></font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">La posie, quand          elle tient parole, est  l'vidence un mdium violent,  la fois le plus          exaltant et le plus drangeant. C'est pourquoi la posie est absente des          recueils sans risques, sans ferveur, o les pomes ne tmoignent ni d'un          engagement total de l'tre ni d'un chant  corps perdu. C'est pourquoi          la posie s'impose par effraction. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Une rencontre          aussi soudaine, qui mle reconnaissance brutale et fragile complicit,          attend ceux qui aborderont <i>Pas revoir</i> de Valrie Rouzeau. D'emble,          il y a ce ton en rupture, cette adresse bouscule, ce langage prcipit.          D'emble, il y a ce murmure qui se prend de vitesse pour lutter contre          un destin qui n'attendra pas : une fille dit l'amour d'un pre qui se          meurt, et cette douleur de femme conjugue tous les chagrins d'enfant.</font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif"> <i>Tu n'coutes          plus rien si je parle plus bas. / Ni tu n'entends plus rien des gupes          qui s'occupent de piquer les lilas. / Ni n'en vois la couleur ni celles          que j'ai sur moi. / Ces bottes sont faites pour marcher tu ne chantes          plus a. / C'est de la haute fidlit ton silence m'arrte l</i>. </font></p>       <p align="justify"><font face="Times New Roman, Times, serif">Pome par squences,          thrne dchir, <i>Pas revoir</i> se lit d'un seul souffle toujours           bout de souffle. Il n'est nullement question ici de produire l'habituel          discours du deuil. Ce livre bouleverse d'autant plus fort qu'il invente          la voix de ceux qui ne sont pas ns avec une cuiller d'argent dans la          bouche, ou le dictionnaire. Comme son pre qui rcuprait cartons, casseroles,          cuivre rouge, aluminium ou nickel, Valrie Rouzeau recycle par bribes          des lambeaux de mlodies, des miettes de souvenirs, des bris d'motions          : elle ferraille dans l'or du temps. </font></p>       <p align="right"><i><b><font face="Garamond" size="3">Le Monde des Livres          </font></b></i><font face="Garamond"><br>         <font size="3"> 18 juin 1999</font></font></p>       <p align="left"><a href="lfaq.htm">LA FAUTE &Agrave; QUI</a></p>     </td>   </tr> </table> <br> <p align="center"><font size="+2" face="Garamond"><img src="Velickovic/Gamme3.jpg" width="566" height="107" usemap="#Map" border="0"><map name="Map"><area shape="rect" coords="12,36,44,98" href="bio.html" alt="BIO" title="BIO"><area shape="rect" coords="45,31,83,99" href="biblio.htm" alt="BIBLIO" title="BIBLIO"><area shape="rect" coords="52,43,56,45" href="#"><area shape="rect" coords="53,40,56,45" href="biblio.htm" target="BIBLIO"><area shape="rect" coords="84,28,130,99" href="parcri.htm" alt="PARCOURS CRITIQUE" title="PARCOURS CRITIQUE"><area shape="rect" coords="131,29,175,99" href="actu.htm" alt="ACTUALIT&Eacute;" title="ACTUALIT&Eacute;"><area shape="rect" coords="176,30,223,100" href="chro.htm" alt="CHRONIQUES" title="CHRONIQUES"><area shape="rect" coords="11,1,83,24" href="som.htm" alt="SOMMAIRE" title="SOMMAIRE"><area shape="rect" coords="479,1,550,24" href="som.htm" alt="SOMMAIRE" title="SOMMAIRE"></map></font></p> <p align="center"><a href="som.htm"><img src="photos/chevalgansu.jpg" width="115" height="92" border="0" alt="SOMMAIRE"></a></p> <p>&nbsp;</p><p>&nbsp; </p> </body> </html> 
