<html>  	<!--This file created 1/22/02 4:14 PM by Claris Home Page version 3.0-->  	<head> 		<title>Reviews</title> 		<meta name="GENERATOR" content="Claris Home Page 3.0"> 		<x-claris-window top="42" bottom="757" left="4" right="534"><x-claris-tagview mode="minimal"> 		<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> 	</head>  	<body bgcolor="#FFFFFF" background="../grey.gif"> 		<p></p> 		<div align="center"> 			<p></P> 			   <p><a href="../../index.htm"><img src="../header.gif" width="480" height="79" align="bottom" border="0"></a></p> 			<p></p> 			<table border="0" width="83%" height="280"> 				<tr> 					       <td width="22%" height="400"> <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><a href="../reviews.html">Back            to Book Reviews </a></strong></font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font size="2"><br>           <a href="../../index.html"><br>           Back to <em>Cercles</em> </a></font></strong></font></p> 				  </td> 					       <td width="66%" height="400"><p></p>         <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">           <tr>              <td><div align="left"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><a href="../reviews.html">Back                  to Book Reviews</a></strong></font></div></td>             <td><div align="right"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong><font size="2"><a href="http://www.cercles.com">Back                  to <em>Cercles</em> </a></font></strong></font></div></td>           </tr>         </table>         <p></p>         <div class="Section1">            <p></P>           <h1>              <center>               <img src="../typewriter.gif" width="88" height="70" align="bottom" usemap="#Map" border="0">              </center>           </h1>           <P align="center"><FONT SIZE=2 face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Figures               de la marge&nbsp;: Marginalit&eacute; et               identit&eacute; dans le monde contemporain</em><BR>             H&eacute;l&egrave;ne Menegaldo, dir.<BR>             Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 2002.<BR> 14 euros, 193 pages, ISBN 2-86847-686-4.<BR> <BR> H&eacute;l&egrave;ne P&eacute;cot<BR> <em>Universit&eacute; de Rouen</em></FONT></P>           <P align="justify"><FONT SIZE=2 face="Arial, Helvetica, sans-serif"><BR>             <BR>             L&#146;&eacute;quipe de recherche MIMMOC (M&eacute;moire, Identit&eacute;(s),   Marginalit&eacute;(s) dans le Monde Occidental Contemporain) regroupe des chercheurs   en civilisation de l&#146;UFR des Lettres et Langues de l&#146;Universit&eacute; de   Poitiers. La th&eacute;matique principale autour de laquelle s&#146;articulent   les travaux de ce groupe est la notion d&#146;identit&eacute;. Le pr&eacute;sent   volume, deuxi&egrave;me publi&eacute; par MIMMOC (collection Des Soci&eacute;t&eacute;s),   s&#146;int&eacute;resse &agrave; la marginalit&eacute; et &agrave; ses figures   dans le monde contemporain. Il est compos&eacute; de huit articles, r&eacute;partis   en trois parties&nbsp;:</FONT></P>         </div>         <blockquote>           <div align="justify" class="Section1"><FONT SIZE=2 face="Arial, Helvetica, sans-serif">1).                   Th&eacute;orie et terminologie.<BR>             H&eacute;l&egrave;ne Menegaldo (dir. de l&#146;&eacute;quipe)&nbsp;: R&eacute;flexion(s)         dans les marges.<BR>         Guillaume Marche&nbsp;: Marginalit&eacute;, exclusion, d&eacute;viance&nbsp;:         Tentative de conceptualisation sociologique.<BR>         Christ&egrave;le Le Bihan&nbsp;: Marginalit&eacute; et marginalisation dans         le mouvement politiquement correct.<br>         <BR>         2). Marginalit&eacute; politique et institutionnelle.<BR>         Salah Oueslati&nbsp;: Les Arabes am&eacute;ricains&nbsp;: La marginalisation         politique d&#146;une communaut&eacute;.<BR>         Isabelle Million-Micalaudy&nbsp;: Une marginalit&eacute; au c&#156;ur du processus         politique&nbsp;: L&#146;exemple contemporain du tiers parti britannique dans         un syst&egrave;me bipartite.<BR>         Brendan Prendiville&nbsp;: La question de l&#146;environnement en Grande-Bretagne&nbsp;:         La sortie du bois&nbsp;?<br>         <BR>         3). Les marginalit&eacute;s et leurs repr&eacute;sentations.<BR>         Sanja Boskovic&nbsp;: Les Slaves du Sud&nbsp;: Une mythologie marginalis&eacute;e.<BR>         Elvire Diaz&nbsp;: Un R&eacute;publicain chez les Augustins&nbsp;: Le jardin         des fr&egrave;res de Manuel Aza&ntilde;a, &eacute;criture d&#146;une marginalit&eacute; politique.</FONT></div>         </blockquote>         <div class="Section1">           <P align="justify"><FONT SIZE=2 face="Arial, Helvetica, sans-serif">H&eacute;l&egrave;ne             Menegaldo met en exergue du premier article de cet ouvrage l&#146;&eacute;pigraphe             suivante&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous sommes n&eacute;s             en marge et sommes rest&eacute;s et nous resterons en marge. C&#146;est bien             cela, en marge. Et d&#146;ailleurs, quel meilleur poste pour observer, sentir             et juger&nbsp;!&nbsp;&raquo; (L&eacute;autaud,             <em>Journal litt&eacute;raire</em>, 27 oct. 1906).<BR>             <BR>             Partir de cette id&eacute;e de la marge, comme un ailleurs o&ugrave; l&#146;on             pourrait se sentir sup&eacute;rieur, dans la peau d&#146;un observateur ou d&#146;un             juge, lui permet de se livrer ensuite &agrave; une analyse socio-historique de             la marge en montrant qu&#146;elle est depuis toujours institutionnalis&eacute;e             et en s&#146;int&eacute;ressant tout particuli&egrave;rement aux marges de notre             soci&eacute;t&eacute;.<BR>             <BR>             Au d&eacute;but de cet article, H&eacute;l&egrave;ne Menegaldo propose une d&eacute;finition             de la marge tout &agrave; fait pertinente, en insistant sur l&#146;id&eacute;e             de limite, de fronti&egrave;re l&eacute;gale. En effet, qu&#146;il s&#146;agisse             de la soci&eacute;t&eacute; contemporaine ou d&#146;un cahier d&#146;&eacute;colier,             la marge marque toujours la limite entre le contr&ocirc;lable et l&#146;incontr&ocirc;lable,             ce que l&#146;on est autoris&eacute; &agrave; faire, &agrave; &ecirc;tre&#133; et             ce qu&#146;il vaut mieux ne pas faire, ne pas &ecirc;tre&#133; Elle &eacute;crit&nbsp;: &laquo;[&#133;]             la marge, en tant que limite, fronti&egrave;re, marque la norme et sa transgression&nbsp;:             le franchissement ill&eacute;gal des fronti&egrave;res, le d&eacute;passement             des limites admises. Elle a trait &agrave; l&#146;&eacute;thique. En ce sens,             le marginal, c&#146;est celui qui refuse les conventions et les coutumes d&#146;une             soci&eacute;t&eacute;, viole ses lois et brave ses interdits&nbsp;: dans l&#146;espace             social, l&#146;amplitude de la marge oscille entre le dandy, l&#146;h&eacute;r&eacute;tique,             l&#146;opposant &agrave; l&#146;une de ses extr&eacute;mit&eacute;s, et le &laquo;&nbsp;routard&nbsp;&raquo;,             le clandestin de l&#146;autre. [&#133;] La marge, c&#146;est aussi l&#146;espace             blanc o&ugrave; l&#146;on peut noter son commentaire, dessiner, r&ecirc;ver &#150; l&#146;espace             de libert&eacute; laiss&eacute; &agrave; l&#146;&eacute;colier ou au lecteur.             De plus, la marge a deux bords&nbsp;: on peut circuler de l&#146;un &agrave; l&#146;autre,             franchir d&#146;un c&ocirc;t&eacute; la d&eacute;marcation extr&ecirc;me et dispara&icirc;tre             totalement du champ social ou, en sens inverse, le r&eacute;int&eacute;grer en             se r&eacute;adaptant &agrave; ce que l&#146;on refusait.&nbsp;&raquo;<BR>             <BR>             Il s&#146;ensuit une analyse assez g&eacute;n&eacute;raliste, suivant une perspective             historique, abordant la marginalit&eacute; selon divers points de vue, allant             de l&#146;ethnographie &agrave; la psychanalyse, en passant par la litt&eacute;rature             ou encore la biologie. L&#146;analyse historique se termine avec la perspective             d&#146;un avenir sombre, o&ugrave; les hommes, bioniques, &laquo;&nbsp;g&eacute;notypement&nbsp;&raquo;&nbsp;modifi&eacute;s,             auraient la tristesse de ne plus pouvoir choisir d&#146;&ecirc;tre des             marginaux.<BR>             <BR>             L&#146;approche de la marginalit&eacute; par Guillaume Marche, dans le deuxi&egrave;me             article de ce recueil, est sociologique. Son &eacute;tude, essentiellement terminologique,             tente de faire le point sur les notions, proches, mais pas identiques, de marginalit&eacute;,             d&#146;exclusion et de d&eacute;viance. Elle est divis&eacute;e en deux parties&nbsp;:             en premier lieu une &eacute;tude sociologique de ces trois termes, et en second             lieu l&#146;approche d&#146;un exemple particulier, celui de la mobilisation             de la communaut&eacute; gay et lesbienne nord-am&eacute;ricaine.<BR>             <BR>             Il s&#146;int&eacute;resse donc tout d&#146;abord &agrave; ces notions d&#146;une             mani&egrave;re au premier abord d&eacute;sordonn&eacute;e, mais qui se r&eacute;v&egrave;le             en fait anachronique&nbsp;: il part d&#146;une conception des termes &laquo;&nbsp;marginalit&eacute;&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;exclusion&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;d&eacute;viance&nbsp;&raquo; tels             qu&#146;ils sont per&ccedil;us dans la soci&eacute;t&eacute; contemporaine, pour             finir sur l&#146;exemple, tr&egrave;s pertinent, de l&#146;organisation de la             Cit&eacute; dans la Gr&egrave;ce Antique, en passant par la France du XIXe si&egrave;cle.<BR>             <BR>             La seconde partie de son article aurait gagn&eacute; &agrave; &ecirc;tre plus             longue. L&#146;auteur ne semble pas vraiment assumer l&#146;adjectif &laquo;&nbsp;postmoderne&nbsp;&raquo; malgr&eacute; les             r&eacute;f&eacute;rences dont il agr&eacute;mente son texte (il cite en effet             Judith Butler&nbsp;: &laquo;&nbsp;si l&#146;homosexualit&eacute; n&#146;&eacute;tait             pas pr&eacute;sent&eacute;e comme d&eacute;riv&eacute;e de l&#146;h&eacute;t&eacute;rosexualit&eacute;,             l&#146;h&eacute;t&eacute;rosexualit&eacute; ne pourrait se construire comme une             origine.&raquo;). L&#146;id&eacute;e essentielle de cet article est celle d&#146;un             continuum entre normalit&eacute; et anormalit&eacute;, la scission &eacute;tant             obligatoirement amen&eacute;e par le processus de stigmatisation. Cette remarque             est le fruit d&#146;une r&eacute;flexion &agrave; partir d&#146;une citation             de Goffman&nbsp;: &laquo;&nbsp;[Tout homme am&eacute;ricain n&#146;est pas en             permanence]&nbsp;un jeune p&egrave;re de famille mari&eacute;, blanc, h&eacute;t&eacute;rosexuel             et protestant, habitant une ville du nord, ayant un dipl&ocirc;me de l&#146;enseignement             sup&eacute;rieur, un emploi stable, un teint, une taille et une corpulence convenables,             qui a r&eacute;cemment battu un record sportif.&nbsp;&raquo;<BR>             <BR>             C&#146;est &eacute;galement aux Etats-Unis que se situe le terrain d&#146;observation             et de recherche de Christ&egrave;le Le Bihan, auteure du troisi&egrave;me et             dernier article de cette partie. Elle propose une analyse tr&egrave;s int&eacute;ressante             du mouvement politiquement correct en Am&eacute;rique du Nord, &eacute;tudi&eacute; ici &agrave; travers             ses multiples paradoxes.<BR>             <BR>             Pour ses partisans, l&#146;identit&eacute; nationale est int&eacute;gralement             fond&eacute;e sur la culture anglo-saxonne, les Am&eacute;ricains &eacute;tant             format&eacute;s d&egrave;s la naissance pour agir selon des principes pr&eacute;tendus             universels. Ils pensent donc que cette &eacute;ducation et ce mode de fonctionnement             de la soci&eacute;t&eacute; contemporaine visent &agrave; exclure les minorit&eacute;s             sexuelles, raciales, ou &agrave; les marginaliser. Dans son article, Christ&egrave;le             Le Bihan rappelle la naissance de ce mouvement, de fa&ccedil;on assez br&egrave;ve,             ce qui permet de comprendre les paradoxes qu&#146;on peut lui reprocher aujourd&#146;hui.             Pour elle, l&#146;un des principaux paradoxes de ce mouvement est qu&#146;en             favorisant un enseignement multiculturel, qui tienne compte des religions, des             sexes, des couleurs de peaux, des origines, des orientations sexuels&#133; de             tous les habitants des Etats-Unis &agrave; la place d&#146;un enseignement masculin,             blanc&#133; il a produit l&#146;effet inverse de celui escompt&eacute; au d&eacute;part             en imposant un nouveau conformisme, et par l&agrave;-m&ecirc;me une nouvelle &laquo;&nbsp;normalit&eacute;&nbsp;&raquo;.             Au-del&agrave; de cette id&eacute;e, d&eacute;j&agrave; souvent trait&eacute;e             dans des recherches nord-am&eacute;ricaines, Christ&egrave;le Le Bihan &eacute;voque             un autre point paradoxal&nbsp;: en privil&eacute;giant les cultures des minorit&eacute;s,             le mouvement politiquement correct a rejet&eacute; la notion, selon elle essentielle             au bien-&ecirc;tre d&#146;une communaut&eacute;, voire d&#146;un pays, de culture             commune. En effet, les partisans de ce mouvement mettent l&#146;accent sur les             diff&eacute;rences et n&#146;encouragent pas le rapprochement des minorit&eacute;s             comme ils pourraient le faire s&#146;ils insistaient sur les points communs et             sur les ressemblances entre chacune d&#146;elles. &Agrave; cause de cela, le             mouvement aboutit &agrave; un r&eacute;sultat en compl&egrave;te opposition avec             sa qu&ecirc;te initiale&nbsp;: tous ces groupes, toutes ces minorit&eacute;s             qui ne supportaient pas leur exclusion ont tendance &agrave; se remarginaliser, &agrave; s&#146;exclure             de leur propre chef.<BR>             <BR>             Comme nous l&#146;avons vu, la premi&egrave;re partie de ce livre portait sur             une conception, ou une conceptualisation th&eacute;orique et terminologique.             La deuxi&egrave;me partie, quant &agrave; elle, aborde trois exemples concrets             ayant trait &agrave; la marginalit&eacute; politique et institutionnelle.<BR>             <BR>             Dans le premier chapitre de cette partie, Salah Oueslati explique, ou plus             simplement relate, la marginalisation politique de la communaut&eacute; arabe &eacute;tablie             en Am&eacute;rique. Pour lui, &laquo;&nbsp;l&#146;exemple de la communaut&eacute; arabe             am&eacute;ricaine montre que le niveau &eacute;conomique d&#146;un groupe, aussi &eacute;lev&eacute; soit-il,             ne garantit pas &agrave; lui tout seul un acc&egrave;s facile aux institutions.&nbsp;&raquo; Salah             Oueslati nous d&eacute;crit l&#146;histoire d&#146;une communaut&eacute; arriv&eacute;e             aux Etats-Unis &agrave; partir de 1870 et qui a connu d&egrave;s cette &eacute;poque             une grande r&eacute;ussite &eacute;conomique, mais aussi sociale, en s&#146;int&eacute;grant             sans grande difficult&eacute;. Aujourd&#146;hui encore, cette minorit&eacute; peut             appara&icirc;tre comme privil&eacute;gi&eacute;e &#150; si on la compare, par             exemple, avec la communaut&eacute; Afro-am&eacute;ricaine &#150; puisque &laquo;&nbsp;les             Am&eacute;ricains d&#146;origine arabe sont plus jeunes, plus instruits et plus             fortun&eacute;s que la moyenne de l&#146;ensemble des Am&eacute;ricains&nbsp;.&raquo; Cependant,             la communaut&eacute; arabe reste marginalis&eacute;e aux Etats-Unis, pour d&#146;autres             raisons que le racisme primaire dont sont victimes entre autres les Afro-am&eacute;ricains. <BR>             <BR>             Cette marginalisation, n&eacute;e dans les discours politiques et administratifs             a &eacute;t&eacute; lourdement agr&eacute;ment&eacute;e par les m&eacute;dias.             Elle rev&ecirc;t, aujourd&#146;hui encore, un caract&egrave;re essentiellement             politique et institutionnel. Malgr&eacute; une certaine reconnaissance, les discriminations &agrave; l&#146;&eacute;gard             de cette communaut&eacute; persistent. Salah Oueslati signe ici un article int&eacute;ressant,             ancr&eacute; dans une intime conviction, et qui s&#146;inscrit dans l&#146;actualit&eacute;.             Il &eacute;crit dans sa conclusion une forme de plaidoyer pour que cesse l&#146;amalgame             Arabe/terroriste&nbsp;: &laquo;&nbsp;Des journaux t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s             aux fictions hollywoodiennes, tout converge pour pr&eacute;senter l&#146;Arabe             ou le Musulman comme synonyme de terroriste. La population arabe am&eacute;ricaine             est l&#146;otage d&#146;&eacute;v&eacute;nements ext&eacute;rieurs sur lesquels             elle n&#146;a aucune prise. Chaque attentat contre les int&eacute;r&ecirc;ts             am&eacute;ricains dans le monde a des r&eacute;percussions syst&eacute;matiques             sur la vie quotidienne des membres de cette communaut&eacute;, entra&icirc;nant             diff&eacute;rentes formes d&#146;intimidations, de menaces et d&#146;agressions &agrave; caract&egrave;re             raciste, comme le prouvent les cons&eacute;quences des attentats du 11 septembre.&nbsp;&raquo;<BR>             <BR>             Isabelle Million-Micalaudy s&#146;&eacute;carte du sujet am&eacute;ricain pour             traiter d&#146;une autre marginalit&eacute;, celle du tiers parti britannique.             Dans son introduction, elle expose clairement les probl&egrave;mes auxquels elle             r&eacute;pondra par la suite, sous la forme des questions suivantes&nbsp;: &laquo;&nbsp;Quelle             peut bien &ecirc;tre l&#146;identit&eacute; d&#146;un parti qui n&#146;a pas             de place officielle sur l&#146;&eacute;chiquier politique&nbsp;? Existe-t-il             un lien de cause &agrave; effet entre le statut &agrave; premi&egrave;re vue             marginal du tiers parti et sa marginalisation aupr&egrave;s de l&#146;&eacute;lectorat&nbsp;?             Cette marginalit&eacute; est-elle v&eacute;ritablement un handicap ou, &agrave; l&#146;inverse,             plut&ocirc;t un atout&nbsp;? Est-elle une fatalit&eacute; ou un anachronisme             vou&eacute; &agrave; dispara&icirc;tre&nbsp;?&nbsp;&raquo;<BR>             <BR>             Elle explique par la suite sa conviction&nbsp;: le fait que le tiers parti britannique             soit un parti marginal lui permet &agrave; la fois de &laquo;&nbsp;sauver sa             face&nbsp;&raquo;, autrement dit de garder son identit&eacute; et de camper sur             ses positions, et de peser sur les d&eacute;cisions politiques prises par l&#146;institution             que forme le bipartisme. Ce syst&egrave;me, le bipartisme, est la source m&ecirc;me             du statut marginal accord&eacute; au tiers parti. Malgr&eacute; tout, ce dernier,             n&#146;&eacute;tant pas situ&eacute; officiellement dans les partis politiques             d&eacute;cisionnels, peut jouer un r&ocirc;le d&#146;arbitre tr&egrave;s int&eacute;ressant.             Cet article prend des exemples expliquant tr&egrave;s bien l&#146;id&eacute;e             d&eacute;velopp&eacute;e par Isabelle Million-Micalaudy, entre autres la r&eacute;cup&eacute;ration,             par le New Labour de Tony Blair, d&#146;une partie du programme social-d&eacute;mocrate             des Lib&eacute;raux-D&eacute;mocrates.<BR>             <BR>             Dans son article, Brendan Prendiville reste dans les probl&egrave;mes de politique             interne des Anglais pour s&#146;int&eacute;resser de plus pr&egrave;s &agrave; l&#146;environnement.             Ce mouvement suit un cheminement assez proche du mouvement &eacute;cologique             fran&ccedil;ais, quant &agrave; son &eacute;volution historique&nbsp;: en effet,             tr&egrave;s peu connu au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, il s&#146;est rapidement             d&eacute;velopp&eacute; pour atteindre son heure de gloire dans les ann&eacute;es             1990. Au fil du temps, il s&#146;est divis&eacute; en trois branches distinctes&nbsp;:             le protectionnisme naturel, l&#146;environnementalisme et l&#146;&eacute;cologisme.             Si la premi&egrave;re branche reste volontairement en marge du syst&egrave;me             politique, pour garder sa libert&eacute; d&#146;action, la deuxi&egrave;me branche             est plus proche des questions gouvernementales&nbsp;: elle est en fait n&eacute;e             de la politisation des questions environnementales, dont le but est d&#146;appliquer             des r&eacute;formes sur les normes sociales dans un sens plus &eacute;cologique.             La troisi&egrave;me branche, &agrave; savoir l&#146;&eacute;cologisme, subit             une marginalisation due &agrave; son discours radical et &agrave; son projet             politique de transformation totale de la soci&eacute;t&eacute;. Cette marginalisation             n&#146;est pas subie par les deux autres partis. Est-elle si importante que cela&nbsp;?             Pas vraiment aux yeux de Brendan Prendiville, qui explique dans la conclusion             de son article que cette marginalit&eacute; &laquo;&nbsp;semble &ecirc;tre bien             v&eacute;cue par les militants et les sympathisants car elle est le reflet d&#146;une             volont&eacute; de coh&eacute;rence culturelle et d&#146;un choix strat&eacute;gique             dans ce contexte de relative fermeture politique institutionnelle.&nbsp;&raquo;<BR>             <BR>             La troisi&egrave;me partie de cet ouvrage collectif porte sur les marginalit&eacute;s             et leurs repr&eacute;sentations. Sanja Boskovic commence ainsi son article&nbsp;: &laquo;&nbsp;L&#146;importance             de l&#146;exp&eacute;rience mythique dans le processus de constitution de l&#146;identit&eacute; spirituelle             d&#146;un peuple se confirme aussi dans le cas des peuples slaves.&nbsp;&raquo; L&#146;objet             de sa recherche est dons le peuple slave, et en particulier l&#146;histoire de             la mythologie des Slaves du Sud, marginalis&eacute;e d&egrave;s l&#146;Antiquit&eacute;.             L&#146;article de Sanja Boskovic est tr&egrave;s int&eacute;ressant &agrave; lire             comme premi&egrave;re approche de cette mythologie, tr&egrave;s peu connue si             on la compare aux mythologies grecques et romaines&nbsp;; il est vraiment riche,             tr&egrave;s document&eacute; et pr&eacute;cis. L&#146;auteur y explique les marginalisations             de cette culture au fil de l&#146;histoire, tout d&#146;abord dans l&#146;Antiquit&eacute;,             puis lors de la p&eacute;riode de christianisation de sa r&eacute;gion d&#146;origine, &eacute;poque &agrave; laquelle             cette mythologie sombrera dans l&#146;inconscient. Cependant, cet h&eacute;ritage             slave fut sauvegard&eacute; dans la po&eacute;sie orale &eacute;pique et dans             le folklore traditionnel, aujourd&#146;hui champs d&#146;&eacute;tudes             de quelques recherches parfois passionnantes.<BR>             <BR>             Le dernier article du livre est &eacute;crit par Elvire Diaz, et a pour sujet             Le jardin des fr&egrave;res, livre &eacute;crit par Manuel Aza&ntilde;a en 1927,             avant qu&#146;il ne devienne Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique Espagnole.             Il s&#146;agit de son premier roman, et sans doute aussi du plus &laquo;&nbsp;marginal&nbsp;&raquo; de             ses livres, d&#146;apr&egrave;s ce qu&#146;en &eacute;crit Elvire Diaz&nbsp;: &laquo;&nbsp;Sa             cr&eacute;ation litt&eacute;raire est bien marqu&eacute;e du sceau de la marginalit&eacute; et             m&ecirc;me d&#146;une convergence de marginalit&eacute;s, si l&#146;on d&eacute;finit             cette derni&egrave;re comme &eacute;tant un &eacute;cart, une transgression ou             un non respect de la norme, sociale, politique, religieuse ou ici litt&eacute;raire.             En effet, ce qui est marginal d&#146;un point de vue biographique l&#146;est             aussi d&#146;un point de vue g&eacute;n&eacute;rique, th&eacute;matique et politique.&nbsp;&raquo;.             Aza&ntilde;a raconte en effet dans ce livre comment, dans cet univers religieux             o&ugrave; les interdits &eacute;taient nombreux et l&#146;enseignement ultra-contr&ocirc;l&eacute;,             il a r&eacute;ussi &agrave; se constituer une telle conscience politique (qui             l&#146;entra&icirc;nera &agrave; la plus haute place de l&#146;&eacute;chiquier             politique espagnol).<BR>             <BR>             Apr&egrave;s la lecture de l&#146;int&eacute;gralit&eacute; de cet ouvrage, malgr&eacute; le             probl&egrave;me que peut poser ce type de publication en ce qui concerne l&#146;exhaustivit&eacute; de             ses articles, on a r&eacute;ellement le sentiment d&#146;avoir appris certaines             choses, ou, dans une moindre mesure, d&#146;avoir r&eacute;fl&eacute;chi &agrave; une             notion peu habituelle. Ceci est d&ucirc; en partie &agrave; la grande qualit&eacute; des &eacute;tudes             expos&eacute;es, &agrave; la diversit&eacute; des sujets dont ils traitent et &agrave; la           richesse des exemples qu&#146;ils mettent en sc&egrave;ne</FONT><FONT SIZE=2>.</FONT></P>         </div>        <div class="Section1"><P align="justify">&nbsp;</P>         <P align="center"><FONT SIZE=2 face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="1"><em>Cercles</em>&copy;2003<br>             All rights are reserved and no reproduction                                                 from this site for whatever purpose               is permitted without the&nbsp;permission&nbsp;of&nbsp;the                        copyright&nbsp;owner. 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