<HTML> <HEAD> <TITLE>Quatre Pages - mythologie de l'enseignement</TITLE>  </HEAD> <BODY TEXT="#OOOO66" BGCOLOR="#FFFFCC" LINK="#000099"  VLINK="#CC00FF" ALINK="#000066">  <!-- remplacer  par '  par &laquo;&nbsp;  par &nbsp;&raquo; ; par  &nbsp;; : par &nbsp;:  par - -->  <CENTER>  <TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="600" >  <TR> <TD> <H1><IMG SRC="allegr2.gif" WIDTH="31" HEIGHT="18" border="0">  Mythologie de l'enseignement</H1>  </TD></TR>  </TABLE>  <TABLE BORDER=0 CELLSPACING=20 CELLPADDING=0 WIDTH="600" >  <TR>  <!-- les citations -->  <TD VALIGN=CENTER ALIGN=RIGHT WIDTH="190">  <FONT SIZE=-1> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;    <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  </FONT> </TD>  <!-- le texte -->  <TD VALIGN=TOP WIDTH="390">  <H2>De l'&eacute;cole capitaliste</H2>  <P> L'&eacute;cole telle que nous la connaissons aujourd'hui n'a  gu&egrave;re plus de cent ans d'existence.  Elle est apparue &agrave; la  fin du XIXe si&egrave;cle et au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle dans un  contexte historique bien particulier.  &Agrave; cette &eacute;poque, en  effet, l'&Eacute;tat-nation, qui &eacute;tait de cr&eacute;ation  r&eacute;cente et qui &eacute;tait compos&eacute; d'une multiplicit&eacute;  de cultures et de parlers diff&eacute;rents, avait besoin de s'affirmer  dans le &laquo;&nbsp;concert des nations&nbsp;&raquo; du ciment unificateur  d'une langue commune.  La capitalisme, avec l'&eacute;mergence de  l'industrialisation, avait besoin d'une main d'oeuvre ma&icirc;trisant les  rudiments de la langue et du calcul.  De plus, la bourgeoisie  r&eacute;publicaine, dans son combat au couteau contre l'&Eacute;glise,  avait besoin d'un &eacute;lectorat affranchi de certains obscurantismes.   </P>  <P> L'&Eacute;cole la&iuml;que, gratuite et obligatoire est n&eacute;e de  ces trois besoins et elle s'est parfaitement acquitt&eacute;e des missions  qui lui &eacute;taient imparties.  Les hussards noirs de la  r&eacute;publique ont francis&eacute; les campagnes bretonnantes,  basquisantes,...  &agrave; grands coups de r&egrave;gles sur les doigts et  d'obligation scolaire.  Ils ont la&iuml;cis&eacute; l'obscurantisme  populaire &agrave; grands coups de cours de morale r&eacute;publicaine, et  via un r&eacute;seau d'&eacute;coles primaires ils se sont attach&eacute;s  &agrave; alphab&eacute;tiser juste ce qu'il fallait les enfants des classes  ouvri&egrave;res (les lyc&eacute;es et les universit&eacute;s restant la  chasse gard&eacute;e des enfants de la bourgeoisie).  </P>  <P> Mieux, au fil du temps, gr&acirc;ce &agrave; d'&acirc;pres luttes  syndicales, certaines &eacute;volutions importantes ont eu lieux pouvant  laisser croire &agrave; l'existence d'un service public d'enseignement  fonctionnant &agrave; l'&eacute;galit&eacute; des chances et permettant aux  &laquo;&nbsp;gueux&nbsp;&raquo; (s'ils &eacute;taient m&eacute;ritants) de  r&eacute;ussir &agrave; l'&eacute;cole et de s'extraire de leur condition  sociale.  Ce fut le cas lors de la p&eacute;riode dite des trente  glorieuses pendant laquelle les effectifs de l'enseignement secondaire et  sup&eacute;rieur s'accrurent dans des proportions consid&eacute;rables.   </P>  <P> Bien s&ucirc;r, ce furent essentiellement les classes moyennes qui  profit&egrave;rent de cette  &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratisation&nbsp;&raquo; de l'&eacute;cole, les  enfants des classe ouvri&egrave;res quant &agrave; eux (aux quelques  exceptions pr&egrave;s qui confirmeront toujours toutes les r&egrave;gles)  grossissant les rangs des classes de transition, de l'enseignement  technique et de l'apprentissage.  </P>  <P> Mais, n'emp&ecirc;che, le mythe de l'&eacute;cole pour tous  fonctionnant comme ascenseur social &eacute;tait n&eacute; et aujourd'hui  encore l'imaginaire populaire y croit dur comme fer.  </P>  </TD> </TR>  <TR>  <!-- les citations -->  <TD VALIGN=CENTER ALIGN=RIGHT WIDTH="190">  <FONT SIZE=-1> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;    <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  </FONT> </TD>  <!-- le texte -->  <TD VALIGN=TOP WIDTH="390">  <H2>Du mythe de l'&eacute;cole pour tous fonctionnant comme ascenseur  social</H2>  <P> Pendant quelques d&eacute;cennies, c'est vrai, l'&eacute;cole a  fonctionn&eacute; comme ascenseur social.  Pendant quelques  d&eacute;cennies, c'est vrai, les enfants d'instits, de profs, de  dentistes, de toubibs, d'ing&eacute;nieurs...  et m&ecirc;me parfois de  facteurs ont pu obtenir des bacs, des licences...  et trouver &agrave; la  sortie de l'&eacute;cole des jobs de cadres ou de professions  lib&eacute;rales avec reconnaissance sociale et pas mal de sous &agrave; la  clef.  </P>  <P> C'&eacute;tait donc une &eacute;cole pour certains mais sans doute que  le nombre de ces certains &eacute;tait-il plus important qu'auparavant  puisqu'on s'&eacute;tait pris &agrave; croire que c'&eacute;tait une  &eacute;cole pour tous.  </P>  <P> Pour l'heure, l'&eacute;cole est tout autant pour certains (les  m&ecirc;mes) et mieux, elle n'a jamais autant scolaris&eacute; d'enfants,  le niveau scolaire n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi &eacute;lev&eacute;  et elle n'a jamais b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'autant de moyens.  Et  pourtant elle est en crise.  </P>  <P> Aujourd'hui, en effet, et c'est nouveau (pour les classes moyennes,  bien s&ucirc;r), on peut &ecirc;tre fils de bonne famille et ch&ocirc;meur,  pr&eacute;caire ou smicard avec bac +2,3,4,5,6...  </P>  </TD> </TR>  <TR>  <!-- les citations -->  <TD VALIGN=CENTER ALIGN=RIGHT WIDTH="190">  <FONT SIZE=-1> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  <P> <B>&laquo;&nbsp;R&eacute;former adroitement l'&eacute;cole et  d&eacute;penser toujours plus ne permettra pas de r&eacute;soudre les  probl&egrave;mes que provoquent, au sein de l'&Eacute;ducation nationale,  la crise de notre soci&eacute;t&eacute;.  [...]  La question centrale  demeure bien de r&eacute;duire le ch&ocirc;mage et la mont&eacute;e des  in&eacute;galit&eacute;s qui l'accompagne.  C'est ainsi qu'on diminuera  l'angoisse des parents des classes moyennes [...]  et qu'on pemettra  &agrave; tous les autres [...]d'avoir un pr&eacute;sent pour  eux-m&ecirc;mes qui leur permette de penser un futur pour leurs  enfants&nbsp;&raquo;.</B>  <BR> L'&eacute;cole malade du ch&ocirc;mage, Alternatives  &eacute;conomiques, n&#176;168, mars 1999.  </P>  <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  </FONT> </TD>  <!-- le texte -->  <TD VALIGN=TOP WIDTH="390">  <H2>De la crise de l'&eacute;cole</H2>  <P>  La crise qu'elle conna&icirc;t se r&eacute;sume &agrave; ce que les enfants  des classes moyennes qui constituent la majorit&eacute; de ceux qui  r&eacute;ussissent &agrave; l'&eacute;cole ne trouvent plus de boulot  &agrave; la sortie de celle-ci.  </P>  <P> En clair, alors que la machine &eacute;cole n'a jamais produit autant  et aussi bien, l'&eacute;conomie capitaliste, elle, n'a jamais eut aussi  peu besoin de classes moyennes.  </P>  <P> Certains (les clowns de droite et de gauche) en sont donc  arriv&eacute;s &agrave; proposer que l'on adapte la machine scolaire  &agrave; l'&eacute;conomique et que l'on renforce la s&eacute;lection  (c'est par exemple la trouvaille de All&egrave;gre), ce qui signifie mettre  en place une &eacute;cole &agrave; deux vitesses sociales.  Une  &eacute;cole de haut niveau (priv&eacute;e et payante) pour les riches et  une &eacute;cole de type garderie (de bas niveau mais gratuite) pour les  pauvres (la question se pose diff&eacute;remment pour l'universit&eacute;.   L'&eacute;cole n'&eacute;tant plus obligatoire, le projet All&egrave;gre  est alors un projet de privatisation compl&egrave;te des  universit&eacute;s).  Ceux-l&agrave; passent &agrave; juste titre pour les  fossoyeurs de l'&eacute;cole pour tous.  </P>  <P> D'autres, (les clowns de gauche et de droite) en sont, a contrario,  arriv&eacute;s &agrave; essayer de nous faire croire qu'il &eacute;tait  possible d'adapter (en la dopant par la croissance) l'&eacute;conomie  &agrave; l'&eacute;cole.  Ceux-l&agrave; passent pour les d&eacute;fenseurs  de l'&eacute;cole pour tous, alors que...  Tous ceux-l&agrave; ne voient  pas ou ne veulent pas voir que la logique actuelle du capitalisme, de sa  mondialisation et de son lib&eacute;ralisme est de se passer de plus en  plus des travailleurs salari&eacute;s (on voit ici la  n&eacute;cessit&eacute; d'une r&eacute;elle r&eacute;duction du temps de  travail sans flexibilit&eacute; et sans perte de salaire).  Tous  ceux-l&agrave; ne veulent pas voir que, d&eacute;sormais, la  r&eacute;ussite &agrave; l'&eacute;cole ne signifie plus la possession d'un  passeport pour la &laquo;&nbsp;r&eacute;ussite&nbsp;&raquo; sociale.  </P>  </TD> </TR>  <TR>  <!-- les citations -->  <TD VALIGN=CENTER ALIGN=RIGHT WIDTH="190">  <FONT SIZE=-1> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  <P> <B>&laquo;&nbsp;L'apprentissage &agrave; vie ne saurait se fonder sur  la pr&eacute;sence permanente d'enseignants.  [...]  [Les pouvoirs publics  devront] assurer l'acc&egrave;s &agrave; l'apprentissage de ceux qui ne  constitueront jamais un march&eacute; rentable et dont l'exclusion de la  soci&eacute;t&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral s'accentuera &agrave; mesure  que d'autres vont continuer &agrave; progresser&nbsp;&raquo;.</B>  <BR> Adult learning and technology in OECD countries, OCDE, Paris, 1996.   </P>  <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  </FONT> </TD>  <!-- le texte -->  <TD VALIGN=TOP WIDTH="390">  <H2>Vive la crise de l'&eacute;cole</H2>  <P>  Pour l'heure, les classes moyennes qui prennent de plein fouet la  restructuration du capitalisme essayent de nous faire croire que la crise  de leur &eacute;cole et de son mythe rel&egrave;ve de la crise de  l'&eacute;cole pour tous.  </P>  <P> Reste que l'&eacute;cole n'a jamais &eacute;t&eacute; pour tous et que  sa mythification fonctionnelle comme ascenseur social est aujourd'hui au  pied du mur de la f&eacute;rocit&eacute; capitaliste.  </P>  <P> Dans ces conditions, on se doit de s'interroger sur le r&ocirc;le de  l'&eacute;cole.  Doit-elle &ecirc;tre une usine &agrave; produire des  travailleurs ou bien doit-elle &ecirc;tre un espace d'instruction,  d'&eacute;ducation et de culture pour le plus grand nombre ?  </P>  <P> Nous pensons qu'il est fondamental que tous et toutes puissent savoir  lire, &eacute;crire et compter.  Que ces apprentissages puissent avoir lieu  dans le cadre d'un service public, la&iuml;que et gratuit.  Que l'important  n'est pas tant l'insertion &eacute;conomique des &eacute;coliers que  l'&eacute;veil du plus grand nombre de ces &eacute;coliers &agrave; la  culture et &agrave; l'autonomie.  </P>  <P> L'&eacute;conomie nous le permet.  &Agrave; condition que nous la  mettions r&eacute;ellement au service de l'&eacute;cole.  &Agrave;  condition qu'une r&eacute;volution sociale la mette au service de  l'instruction et de l'&eacute;ducation du plus grand nombre.  </P>  </TD> </TR>  <TR>  <!-- les citations -->  <TD VALIGN=CENTER ALIGN=RIGHT WIDTH="190">  <FONT SIZE=-1> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;    <BR>&nbsp; <BR>&nbsp;  </FONT> </TD>  <!-- le texte -->  <TD VALIGN=TOP WIDTH="390">  <P><B> La crise actuelle de l'&eacute;cole a cet avantage de fracturer un  mythe.  Celui de l'&eacute;cole des classes moyennes estampill&eacute;e  &eacute;cole pour tous.  Et une r&eacute;alit&eacute;, celle d'une  &eacute;cole inf&eacute;od&eacute;e &agrave; l'&eacute;conomie capitaliste  jusque dans les valeurs qu'elle transmet.  Dans ces conditions, la crise de  l'&eacute;cole, dont il est clair qu'elle n'est qu'un aspect de la  politique &eacute;conomique mise en oeuvre dans tout le service public,  ouvre une petite fen&ecirc;tre sur un retour au sens premier des  choses&nbsp;: une &eacute;cole pour quoi faire ?  </B></P>  </TD> </TR>  </TABLE>  <TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="600" > <TR> <TD ALIGN=LEFT>  <HR><FONT SIZE=+2>  <P><A HREF="reforme.html" NAME="la r&eacute;forme"><IMG SRC="allegr1.gif"  ALIGN="TEXTTOP" WIDTH="31" border="0" HEIGHT="18"> La r&eacute;forme  All&egrave;gre de l'enseignement sup&eacute;rieur</A> <BR></P>  </FONT>  </TD> </TR>  <TR> <TD ALIGN=RIGHT> <MAP NAME=refs> <AREA SHAPE=rect COORDS= "0%,0%,100%,100%" HREF="refs.html#edu" TITLE="R&eacute;f&eacute;rences">  </MAP> <MAP NAME=edu> <AREA SHAPE=rect COORDS= "0%,0%,100%,100%" HREF="sameduc.html" TITLE="accueil sam-&eacute;ducation">  </MAP>  <IMG  SRC="edu.gif" WIDTH="60" HEIGHT="35" border="1" USEMAP="#edu" alt="sam &eacute;duc."></A>  <IMG  SRC="refs.gif" WIDTH="60" HEIGHT="35" border="1" USEMAP="#refs" alt="WWW"></A> </TD> </TR> </TABLE>   </CENTER> </BODY> </HTML>  
