<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 transitional//EN"> <html>  <!-- 08 janvier 1998 - Gilles Karmasyn  -->  <head>  <title>Comme quoi Napol&eacute;on n'a jamais exist&eacute;</title>  <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=ISO-8859-1">  <LINK rel="stylesheet" type="text/css" HREF="../../phdnstyle.css"> <SCRIPT type="text/javascript" language="JavaScript" SRC="../../notes-script.js"></SCRIPT> <SCRIPT type="text/javascript" language="JavaScript" SRC="../../bulles-icones.js"></SCRIPT>  </HEAD>   <BODY onLoad="reload('napoleon.html', true)">  <SCRIPT type="text/javascript" language="JavaScript"> <!--     ecrireSpanIcones(); --> </SCRIPT>  <BLOCKQUOTE> <hr />  <h3 class="aligncentre"><A HREF="avertissement.html" TARGET="_top">LIRE L'AVERTISSEMENT</A></h3>  <hr /> </BLOCKQUOTE>  <br />   <P>  <center>COMME QUOI  <br />  <H1>NAPOL&Eacute;ON</H1>   <H2><b>N'A JAMAIS EXIST&Eacute;</b></H2>  ou  <H2><b>GRAND ERRATUM</b></H2>  <b>SOURCE D UN NOMBRE INFINI D'ERRATA</b>  <p CLASS="aligncentre">  &agrave; noter dans l'histoire du XIX<SUP STYLE="font-size:smaller">e</SUP> si&egrave;cle  </P><p CLASS="aligncentre">  PAR  </P><p CLASS="aligncentre">  <H3><b>M. J.-B. P&Eacute;RES, A. O. A. M.</b></H3>  </P><p CLASS="aligncentre">  Biblioth&eacute;caire de la ville d'Agen.  </P><p CLASS="aligncentre"> <br /> ------ </P><p CLASS="aligncentre"> <br />  Publi&eacute; pour la premi&egrave;re fois en 1827  </center> <p><br />  <BLOCKQUOTE><P>  <hr />  <br />  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Napol&eacute;on Bonaparte, dont on a dit et &eacute;crit tant de choses, n'a pas m&ecirc;me exist&eacute;. Ce n'est qu'un personnage all&eacute;gorique. C'est le soleil personnifi&eacute;; et notre assertion sera prouv&eacute;e si nous faisons voir que tout ce qu'on publie de Napol&eacute;on-le-Grand est emprunt&eacute; du grand astre.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Voyons donc sommairement ce qu'on nous dit de cet homme merveilleux.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  On nous dit:  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il s'appelait Napol&eacute;on Bonaparte;  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il &eacute;tait n&eacute; dans une &icirc;le de la M&eacute;diterran&eacute;e;  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Que sa m&egrave;re se nommait <i>Letitia;</i>  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il avait trois soeurs et quatre fr&egrave;res, dont trois furent rois;  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il eut deux femmes, dont une lui donna un fils;  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il mit fin &agrave; une grande r&eacute;volution;  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il avait sous lui seize mar&eacute;chaux de son empire, dont douze &eacute;taient en activit&eacute; de service;  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'il triompha dans le Midi, et qu'il succomba dans le Nord  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Qu'enfin, apr&egrave;s un r&egrave;gne de douze ans, qu'il avait commenc&eacute; en venant de l'Orient, il s'en alla dispara&icirc;tre dans les mers occidentales.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Reste donc &agrave; savoir si ces diff&eacute;rentes particularit&eacute;s sont emprunt&eacute;es du soleil, et nous esp&eacute;rons que quiconque lira cet &eacute;crit en sera convaincu.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Et d'abord, tout le monde sait que le soleil est nomm&eacute; Apollon par les po&egrave;tes; or la diff&eacute;rence entre Apollon et Napol&eacute;on n'est pas grande, et elle para&icirc;tra encore bien moindre si on remonte &agrave; la signification de ces noms ou &agrave; leur origine.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Il est constant que le mot <i>Apollon </i>signifie exterminateur: et il parait que ce nom fut donn&eacute; au soleil par les Grecs, &agrave; cause du mal qu'il leur fit devant Troie o&ugrave; une partie de leur arm&eacute;e p&eacute;rit par les chaleurs excessives et par la contagion qui en r&eacute;sulta, lors de l'outrage fait par Agamemnon &agrave; Chrys&egrave;s, pr&ecirc;tre du Soleil, comme on le voit au commencement de <i>l'Iliade </i>d'Hom&egrave;re; et la brillante imagination des po&egrave;tes grecs transforma les rayons de l'astre en fl&egrave;ches enflamm&eacute;es que le dieu irrit&eacute; lan&ccedil;ait de toutes parts, et qui auraient tout extermin&eacute; si, pour apaiser sa col&egrave;re, on n'e&ucirc;t rendu la libert&eacute; &agrave; Chrys&eacute;is, fille du sacrificateur Chrys&egrave;s.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  C'est vraisemblablement alors et pour cette raison que le soleil fut nomm&eacute; Apollon. Mais, quelle que soit la circonstance ou la cause gui a fait donner &agrave; cet astre un tel nom, il est certain qu'il veut dire exterminateur.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Or <i>Apollon </i>est le m&ecirc;me mot qu'Apol&eacute;on. Ils d&eacute;rivent de <i>Apolly&ocirc;, </i>ou <i>Apol&eacute;&ocirc;, </i>deux verbes grecs qui n'en font qu'un, et qui signifient perdre, tuer, exterminer. De sorte que, si le pr&eacute;tendu h&eacute;ros de notre si&egrave;cle s'appelait <i>Apol&eacute;on, </i>il aurait le m&ecirc;me nom que le soleil et il remplirait d'ailleurs toute la signification de ce nom; car on nous le d&eacute;peint comme le plus grand exterminateur d'hommes qui ait jamais exist&eacute;. Mais ce personnage est nomm&eacute; Napol&eacute;on et cons&eacute;quemment il y a dans son nom une lettre initiale qui n'est pas dans le nom du soleil. Oui. il y a une lettre de plus, et m&ecirc;me une syllabe; car, suivant les inscriptions qu'on a grav&eacute;es de toutes parts dans la capitale, le vrai nom de ce pr&eacute;tendu h&eacute;ros &eacute;tait <i>N&eacute;apol&eacute;on ou N&eacute;apolion.  </i>C'est ce que l'on voit notamment sur la colonne de la place Vend&ocirc;me.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Or, cette syllabe de plus n'y met aucune diff&eacute;rence. Cette syllabe est grecque, sans doute, comme le reste du nom, et, en grec, <i>n&eacute;, ou nai , </i>est une des plus grandes affirmations, que nous pouvons rendre par le mot <i>v&eacute;ritablement. </i>D'o&ugrave; il suit que Napol&eacute;on signifie: v&eacute;ritable exterminateur, v&eacute;ritable Apollon. C'est donc v&eacute;ritablement le soleil.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Mais que dire de son autre nom? Quel rapport le <i>mot Bonaparte </i>peut-il avoir avec l'astre du jour ? On ne le voit point d'abord; mais on comprend au moins que, comme <i>bona parte </i>signifie bonne partie, il s'agit sans doute l&agrave; de quelque chose qui a deux parties l'une bonne et l'autre mauvaise; de quelque chose qui, en outre, se rapporte au soleil Napol&eacute;on. Or rien ne se rapporte plus directement au soleil que les effets de sa r&eacute;volution diurne, et ces effets sont le jour et la nuit, la lumi&egrave;re et les t&eacute;n&egrave;bres, la lumi&egrave;re que sa pr&eacute;sence produit, et les t&eacute;n&egrave;bres qui pr&eacute;valent dans son absence; c'est une all&eacute;gorie emprunt&eacute;e des Perses. C'est l'empire d'Oromaze et celui d'Arimane, l'empire de la lumi&egrave;re et des t&eacute;n&egrave;bres, l'empire des bons et des mauvais g&eacute;nies. Et c'est &agrave; ces derniers c'est aux g&eacute;nies du mal et des t&eacute;n&egrave;bres que l'on d&eacute;vouait autrefois par cette expression impr&eacute;catoire: <i>Abi in malam partem. </i>Et si par <i>mala parte </i>on entendait les t&eacute;n&egrave;bres, nul doute que par <i>bona parte </i>on ne doive entendre la lumi&egrave;re; c'est le jour, par opposition &agrave; la nuit. Ainsi on ne saurait douter que ce nom n'ait des rapports avec le soleil, surtout quand on le voit assorti avec Napol&eacute;on, qui est le soleil lui-m&ecirc;me, comme nous venons de le prouver.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  2&#176; Apollon, suivant la mythologie grecque, &eacute;tait n&eacute; dans une &icirc;le de la M&eacute;diterran&eacute;e (dans l'&icirc;le de D&eacute;los) aussi a-t-on fait na&icirc;tre Napol&eacute;on dans une &icirc;le de la M&eacute;diterran&eacute;e, et de pr&eacute;f&eacute;rence on a choisi la Corse parce que la situation de la Corse relativement &agrave; la France, o&ugrave; on a voulu le faire r&eacute;gner, est la plus conforme &agrave; la situation de D&eacute;los relativement &agrave; la Gr&egrave;ce, o&ugrave; Apollon avait ses temples principaux et ses oracles.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Pausanias, il est vrai, donne &agrave; Apollon le titre de divinit&eacute; &eacute;gyptienne; mais, pour &ecirc;tre divinit&eacute; &eacute;gyptienne, il n'&eacute;tait pas n&eacute;cessaire qu'il f&ucirc;t n&eacute; en &Eacute;gypte il suffisait qu'il y f&ucirc;t regard&eacute; comme un dieu, et c'est ce que Pausanias a voulu nous dire; il a voulu nous dire que les &Eacute;gyptiens l'adoraient, et cela encore &eacute;tablit un rapport de plus entre Napol&eacute;on et le soleil; car on dit qu'en &Eacute;gypte Napol&eacute;on fut regard&eacute; comme rev&ecirc;tu d'un caract&egrave;re surnaturel, comme l'ami de Mahomet, et qu'il y re&ccedil;ut des hommages qui tenaient de l'adoration.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  3&#176; On pr&eacute;tend que sa m&egrave;re se nommait Letitia. Mais sous le nom de <i>Letitia, </i>qui veut dire <i>la joie, </i>on a voulu d&eacute;signer l'aurore, dont la lumi&egrave;re naissante r&eacute;pand la joie dans toute la nature; l'aurore qui enfante au monde le soleil, comme disent les po&egrave;tes, en lui ouvrant, avec ses doigts de rose, les portes de I Orient.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Encore est-il bien remarquable que, suivant la mythologie grecque, la m&egrave;re d'Apollon s'appelait <i>Leto, </i>ou L&egrave;t&ocirc;. Mais si de <i>Leto </i>les Romains firent <i>Latone, </i>m&egrave;re d'Apollon, on a mieux aim&eacute;, dans notre si&egrave;cle, en faire <i>Letitia, </i>parce que <i>loetitia </i>est le substantif du verbe <i>loetor ou </i>de l'inusit&eacute; <i>loeto </i>qui voulait dire inspirer la joie.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Il est donc certain que cette <i>Letitia </i>est prise. comme son fils, dans la mythologie grecque.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  4&#176; D'apr&egrave;s ce qu'on en raconte, ce fils de Letitia avait trois soeurs, et il est indubitable que ces trois soeurs sont les trois Gr&acirc;ces, qui, avec les Muses, leurs compagnes faisaient l'ornement et les charmes de la cour d'Apollon, leur fr&egrave;re.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  5&#176; On dit que ce moderne Apollon avait quatre fr&egrave;res. Or, ces quatre fr&egrave;res sont les quatre saisons de l'ann&eacute;e, comme nous allons le prouver. Mais d'abord qu'on ne s'effarouche point en voyant les saisons repr&eacute;sent&eacute;es par des hommes plut&ocirc;t que par des femmes. Cela ne doit pas m&ecirc;me para&icirc;tre nouveau, car, en fran&ccedil;ais, des quatre saisons de l'ann&eacute;e une seule est f&eacute;minine, c'est l'automne, et encore nos grammairiens sont peu d'accord &agrave; cet &eacute;gard. Mais en latin <i>autumnus </i>n'est pas plus f&eacute;minin que les trois autres saisons, ainsi, point de difficult&eacute; l&agrave;-dessus. Les quatre fr&egrave;res de Napol&eacute;on peuvent repr&eacute;senter les quatre saisons de l'ann&eacute;e; et ce qui suit va prouver qu'ils les repr&eacute;sentent r&eacute;ellement.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Des quatre fr&egrave;res de Napol&eacute;on, trois, dit-on, furent rois, et ces trois rois sont le Printemps, qui r&egrave;gne sur les fleurs; l'&Eacute;t&eacute;, qui r&egrave;gne sur les moissons; et l'Automne, qui r&egrave;gne sur les fruits. Et comme ces trois saisons tiennent tout de la puissante influence du soleil, on nous dit que les trois fr&egrave;res de Napol&eacute;on tenaient de lui leur royaut&eacute; et ne r&eacute;gnaient que par lui. Et quand on ajoute que, des quatre fr&egrave;res de Napol&eacute;on, il y en eut un qui ne fut point roi, c'est que des quatre saisons de l'ann&eacute;e, il en est une qui ne r&egrave;gne sur rien: c'est l'Hiver.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Mais si, pour infirmer notre parall&egrave;le, on pr&eacute;tendait que l'hiver n'est pas sans empire, et qu'on voul&ucirc;t lui attribuer la triste <i>principaut&eacute; </i>des neiges et des frimas, qui, dans cette f&acirc;cheuse saison, blanchissent nos campagnes, notre r&eacute;ponse serait toute pr&ecirc;te; c'est, dirions-nous, ce qu'on a voulu nous indiquer par la vaine et ridicule principaut&eacute; dont on pr&eacute;tend que ce fr&egrave;re de Napol&eacute;on a &eacute;t&eacute; rev&ecirc;tu apr&egrave;s la d&eacute;cadence de toute sa famille, principaut&eacute; qu'on a attach&eacute;e au village de <i>Canino, </i>de pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; tout autre, parce que <i>canine </i>vient de <i>cani, </i>qui veut dire les cheveux blancs de la froide vieillesse, ce qui rappelle l'hiver. Car, aux yeux des po&egrave;tes, les for&ecirc;ts qui couronnent nos coteaux en sont la chevelure, et quand l'hiver les couvre de ses frimas, ce sont les cheveux blancs de la nature d&eacute;faillante, dans la vieillesse de l'ann&eacute;e:  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <i>Cum gelidus crescit canis in montibus humor.</i>  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Ainsi, le pr&eacute;tendu prince de <i>Canino </i>n'est que l'hiver personnifi&eacute;; l'hiver qui commence quand il ne reste plus rien des trois belles saisons, et que le soleil est dans le plus grand &eacute;loignement de nos contr&eacute;es envahies par les fougueux <i>enfants du Nord, </i>nom que les po&egrave;tes donnent aux vents qui, venant de ces contr&eacute;es, d&eacute;colorent nos campagnes et les couvrent d'une odieuse blancheur; ce qui a fourni le sujet de la fabuleuse invasion des peuples du Nord dans la France, o&ugrave; ils auraient fait dispara&icirc;tre un drapeau de diverses couleurs, dont elle &eacute;tait embellie, pour y substituer un drapeau blanc qui l'aurait couverte tout enti&egrave;re, apr&egrave;s l'&eacute;loignement du fabuleux Napol&eacute;on. Mais il serait inutile de r&eacute;p&eacute;ter que ce n'est qu'un embl&egrave;me des frimas que les vents du Nord nous apportent durant l'hiver, &agrave; la place des <i>aimables </i>couleurs que le soleil maintenait dans nos contr&eacute;es, avant que par son d&eacute;clin il se f&ucirc;t &eacute;loign&eacute; de nous; toutes choses dont il est facile de voir l'analogie avec les fables ing&eacute;nieuses que l'on a imagin&eacute;es dans notre si&egrave;cle.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  6&#176; Selon les m&ecirc;mes fables, Napol&eacute;on eut deux femmes; aussi en avait-on attribu&eacute; deux au soleil. Ces deux femmes du soleil &eacute;taient la Lune et la Terre: la Lune, selon les Grecs (c'est Plutarque qui l'atteste), et la Terre, selon les &Eacute;gyptiens; avec cette diff&eacute;rence bien remarquable que, de l'une (c'est-&agrave;-dire de la Lune), le Soleil n'eut point de post&eacute;rit&eacute;, et que de l'autre il eut un fils, <i>un fils unique; </i>c'est le petit <i>Horus, </i>fils d'Osiris et d'Isis, c'est-&agrave;-dire du Soleil et de la Terre, comme on le voit dans <i>l'Histoire du ciel, </i>T. 1, page 61 et suivantes. C'est une all&eacute;gorie &eacute;gyptienne, dans laquelle le petit <i>Horus, </i>n&eacute; de la terre f&eacute;cond&eacute;e par le soleil, repr&eacute;sente les fruits de l'agriculture; et pr&eacute;cis&eacute;ment on a plac&eacute; la naissance du pr&eacute;tendu fils de Napol&eacute;on au 20 mars, &agrave; l'&eacute;quinoxe du printemps, parce que c'est au printemps que les productions de l'agriculture prennent leur grand d&eacute;veloppement.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  7&#176; On dit que Napol&eacute;on mit fin &agrave; un fl&eacute;au d&eacute;vastateur qui <i>terrorisait </i>toute la France, et qu'on nomma l'hydre de la R&eacute;volution. Or, une hydre est un serpent, et peu importe l'esp&egrave;ce, surtout quand il s'agit d'une fable. C'est le serpent Python, reptile &eacute;norme qui &eacute;tait pour la Gr&egrave;ce l'objet d'une extr&ecirc;me terreur, qu'Apollon dissipa en tuant ce monstre, ce qui fut son premier exploit; et c'est pour cela qu'on nous dit que Napol&eacute;on commen&ccedil;a son r&egrave;gne en &eacute;touffant la r&eacute;volution fran&ccedil;aise, aussi chim&eacute;rique que tout le reste; car on voit bien que <i>r&eacute;volution </i>est emprunt&eacute; du mot latin <i>revolutus, </i>qui signale un serpent enroul&eacute; sur lui- m&ecirc;me. C'est Python, et rien de plus.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  8&#176; Le c&eacute;l&egrave;bre guerrier du XIX<SUP STYLE="font-size:smaller">e</SUP> si&egrave;cle avait, dit-on, douze mar&eacute;chaux de son empire &agrave; la t&ecirc;te de ses arm&eacute;es, et quatre en non activit&eacute;. Or, les douze premiers (comme bien entendu) sont les douze signes du zodiaque, marchant sous les ordres du soleil Napol&eacute;on, et commandant chacun une division de l'innombrable arm&eacute;e des &eacute;toiles, qui est appel&eacute;e <i>milice c&eacute;leste </i>dans la Bible, et se trouve partag&eacute;e en douze parties, correspondant aux douze signes du zodiaque. Tels sont les douze mar&eacute;chaux qui, suivant nos fabuleuses chroniques, &eacute;taient en activit&eacute; de service sous l'empereur Napol&eacute;on; et les quatre autres, vraisemblablement, sont les quatre points cardinaux, qui, immobiles au milieu du mouvement g&eacute;n&eacute;ral, sont fort bien repr&eacute;sent&eacute;s par la non-activit&eacute; dont il s'agit.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Ainsi, tous ces mar&eacute;chaux, tant actifs qu'inactifs, sont des &ecirc;tres purement symboliques, qui n'ont pas eu plus de r&eacute;alit&eacute; que leur chef.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  9&#176; On nous dit que ce chef de tant de brillantes arm&eacute;es avait parcouru glorieusement les contr&eacute;es du Midi; mais qu'ayant trop p&eacute;n&eacute;tr&eacute; dans le Nord, il ne put s'y maintenir. Or, tout cela caract&eacute;rise parfaitement la marche du soleil.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Le soleil, on le sait bien, domine en souverain dans le Midi comme on le dit de l'empereur Napol&eacute;on. Mais ce qu'il y a de bien remarquable, c'est qu'apr&egrave;s l'&eacute;quinoxe du printemps le soleil cherche &agrave; gagner les r&eacute;gions septentrionales, en s'&eacute;loignant de l'&eacute;quateur. Mais au bout de <i>trois mois </i>de marche vers ces contr&eacute;es, il rencontre le tropique bor&eacute;al qui le force &agrave; reculer et &agrave; revenir sur ses pas vers le Midi, en suivant le signe du Cancer, c'est-&agrave;-dire de <i>l'&Eacute;crevisse, </i>signe auquel on a donn&eacute; ce nom (dit Macrobe) pour exprimer la marche r&eacute;trograde du soleil dans cet endroit de la sph&egrave;re. Et c'est l&agrave;-dessus qu'on a calqu&eacute; l'imaginaire exp&eacute;dition de Napol&eacute;on vers le Nord, vers Moscow, et la retraite humiliante dont on dit qu'elle fut suivie.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Ainsi, tout ce qu'on nous raconte des succ&egrave;s ou des revers de cet &eacute;trange guerrier, ne sont que des allusions diverses relatives au cours du soleil.  </P><P><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  10&#176; Enfin, et ceci n'a besoin d'aucune explication, le soleil se l&egrave;ve &agrave; l'Orient et se couche &agrave; l'Occident, comme tout le monde le sait. Mais pour des spectateurs situ&eacute;s aux extr&eacute;mit&eacute;s des terres, le soleil para&icirc;t sortir, le matin, des mers orientales, et se plonger, le soir, dans les mers occidentales. C'est ainsi, d'ailleurs, que tous les po&egrave;tes nous d&eacute;peignent son lever et son coucher. Et c'est l&agrave; tout ce que nous devons entendre quand on nous dit que Napol&eacute;on vint par mer de l'orient (de l'&Eacute;gypte), pour r&eacute;gner sur la France, et qu'il a &eacute;t&eacute; dispara&icirc;tre dans les mers occidentales, apr&egrave;s un r&egrave;gne de douze ans, qui ne sont autre chose que les douze heures du jour pendant lesquelles le soleil brille sur l'horizon.  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <i>Il n'a r&eacute;gn&eacute; qu'un jour, </i>dit l'auteur des <i>Nouvelles Mess&eacute;niennes </i>en parlant de Napol&eacute;on; et la mani&egrave;re dont il d&eacute;crit son &eacute;l&eacute;vation, son d&eacute;clin et sa chute, prouve que ce charmant po&egrave;te n'a vu, comme nous, dans Napol&eacute;on, qu'une image du soleil; et il n'est pas autre chose; c'est prouv&eacute; par son nom, par le nom de sa m&egrave;re, par ses trois soeurs, ses quatre fr&egrave;res, ses deux femmes, son fils, ses mar&eacute;chaux et ses exploits; c'est prouv&eacute; par le lieu de sa naissance, par la r&eacute;gion d'o&ugrave; on nous dit qu'il vint, en entrant dans la carri&egrave;re de sa domination, par le temps qu'il employa &agrave; la parcourir, par les contr&eacute;es o&ugrave; il domina, par celles o&ugrave; il &eacute;choua, et par la r&eacute;gion o&ugrave; il disparut, p&acirc;le et <i>d&eacute;couronn&eacute;, </i>apr&egrave;s sa brillante course, comme le dit le po&egrave;te <i>Casimir Delavigne.</i>  </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Il est donc prouv&eacute; que le pr&eacute;tendu h&eacute;ros de notre si&egrave;cle n'est qu'un personnage all&eacute;gorique dont tous les attributs sont emprunt&eacute;s du soleil. Et par cons&eacute;quent Napol&eacute;on Bonaparte, dont on a dit et &eacute;crit tant de choses, n'a pas m&ecirc;me exist&eacute;, et l'erreur o&ugrave; tant de gens ont donn&eacute; t&ecirc;te baiss&eacute;e vient d'un <i>quiproquo, </i>c'est qu'ils ont pris la mythologie du XIX<SUP STYLE="font-size:smaller">e</SUP> si&egrave;cle pour une histoire.  </P><P><br /><br /><br /> </P><P>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <i>P. S.</i> -- Nous aurions encore pu invoquer, &agrave; l'appui de notre th&egrave;se, un grand nombre d'ordonnances royales dont les dates certaines sont &eacute;videmment contradictoires au r&egrave;gne du pr&eacute;tendu Napol&eacute;on; mais nous avons eu nos motifs pour n'en pas faire usage. </P>  </BLOCKQUOTE>  <p class="aligncentre">  <span class="trespetit">[ <A HREF="index.html" TARGET= "_top">N&eacute;gations en folie</A>&nbsp; | &nbsp;<A HREF="../index.html" TARGET= "_top">N&eacute;gationnisme et r&eacute;futations</A>&nbsp; | &nbsp;<AHREF="../../index.html" TARGET= "_top">Toutes les rubriques</A> ]</span>  </p>  <hr />  <A HREF="../../recherche.html" TARGET="_top" onMouseOver="ouvrirCommentaire(event, 'affcomRech')" onMouseOut="fermerNote(true)"><IMG class="adroite" SRC="../../images/chercher.gif" ALT=""></A> <A HREF="../../ousuisje.html" TARGET="_top" onMouseOver="ouvrirCommentaire(event, 'affcomOu')" onMouseOut="fermerNote(true)"><IMG class="adroite" SRC="../../images/ousuisje.gif" ALT="Ou Suis-Je?"></A> <A HREF="../../aiderphdn.html" TARGET="_top" onMouseOver="ouvrirCommentaire(event, 'affcomAide')" onMouseOut="fermerNote(true)"><IMG class="adroite" SRC="../../images/aider.gif" ALT="Aidez PHDN..."></A> <A HREF="../../index.html" TARGET="_top" onMouseOver="ouvrirCommentaire(event, 'affaccueil')" onMouseOut="fermerNote(true)"><IMG class="adroite" SRC="../../images/maisong.gif" ALT="Accueil PHDN..."></A> <span class="gillescopy">Copyright &copy; PHDN 2000</span><br /> <span class="trespetit"><A HREF="../../ecrire.html" TARGET= "_top">Vos r&eacute;actions</A><br />  08/01/98</span>  <SCRIPT type="text/javascript" language="JavaScript"> <!--    ecrireSpanPalette(2, "N&eacute;gations en folie", "index.html"); --> </SCRIPT>  </BODY> </html> 
