<HTML> <HEAD>    <TITLE>Discours du Voyage de Constantinoble: Index de mythologie    et de religion</TITLE>    <X-CLARIS-WINDOW TOP=42 BOTTOM=536 LEFT=9 RIGHT=418>    <X-CLARIS-TAGVIEW MODE=minimal> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF"> <P><FONT SIZE="+2" COLOR="#AF0000">INDEX TH&Eacute;MATIQUE: RELIGION ET MYTHOLOGIE&nbsp;&nbsp;&nbsp;</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+2" COLOR="#AF0000"><IMG SRC="atwork01.gif" ALT="atwork.gif" WIDTH=48 HEIGHT=30 BORDER=0 ALIGN=middle></FONT><FONT COLOR="#000000"><B>Cette page est en construction</B></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000">  <HR SIZE=6 WIDTH="90%" ALIGN=left>  </FONT><FONT COLOR="#000000"><B>Les chiffres renvoient aux vers.</B></FONT></P>  <CENTER><A HREF="#A"><FONT COLOR="#947E80"><B>A</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#B"><FONT COLOR="#947E80"><B>B</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#C"><FONT COLOR="#947E80"><B>C</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#D"><FONT COLOR="#947E80"><B>D</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#E"><FONT COLOR="#947E80"><B>E</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#F"><FONT COLOR="#947E80"><B>F</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> G </B></FONT><A HREF="#H"><FONT COLOR="#947E80"><B>H</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> I </B></FONT><A HREF="#J"><FONT COLOR="#947E80"><B>J</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> K </B></FONT><A HREF="#L"><FONT COLOR="#947E80"><B>L</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#M"><FONT COLOR="#947E80"><B>M</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#N"><FONT COLOR="#947E80"><B>N</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#O"><FONT COLOR="#947E80"><B>O</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#P"><FONT COLOR="#947E80"><B>P</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> Q R </B></FONT><A HREF="#S"><FONT COLOR="#947E80"><B>S</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> </B></FONT><A HREF="#T"><FONT COLOR="#947E80"><B>T</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> U </B></FONT><A HREF="#V"><FONT COLOR="#947E80"><B>V</B></FONT></A><FONT COLOR="#947E80"><B> W X Y Z</B></FONT></CENTER>  <P><FONT SIZE="+2" COLOR="#003568"><B><A NAME=A></A></B></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>A</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Achilles></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Achilles</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="37.html#Achilles"><FONT COLOR="#000000">1451</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): H&eacute;ros de la guerre de Troie, fils de la nymphe Th&eacute;tis et de P&eacute;l&eacute;e, roi de Phthie en Thessalie, Achille &eacute;tait invuln&eacute;rable pour avoir &eacute;t&eacute; plong&eacute;, enfant, dans l'eau du Styx. Seul son talon, par lequel le tenait sa m&egrave;re, &eacute;tait rest&eacute; vuln&eacute;rable. Achille appara&icirc;t comme l'un des personnages les plus passionn&eacute;s de la guerre de Troie: furieux contre Agamemnon qui lui a pris Bris&eacute;is, il retient son arm&eacute;e loin du combat et permet aux Troyens de prendre l'avantage sur les Grecs; il perd son ami Patrocle qui s'est port&eacute; au secours des Argiens; puis, il venge brutalement la mort de Patrocle en tuant Hector et en refusant de rendre le corps qu'il fait tirer par un cheval autour de la ville. La Borderie, par hommage, sans doute, &agrave; "l'excellent premier po&egrave;te" Hom&egrave;re, n'en dit pas de mal (pour un Grec, mais voir Th&eacute;s&eacute;e), et se contente de rappeler ses combats avec Hector dans la plaine de Troie. Voir Hector.<BR> <BR> <A NAME=Eolus></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Aeolus, Eolus</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="10.html#Aeolus"><FONT COLOR="#000000">399</FONT></A><FONT COLOR="#000000">- </FONT><A HREF="19.html#Eolus"><FONT COLOR="#000000">722</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): Dieu du vent, Eole habitait l'&icirc;le d'Eolia o&ugrave; il retenait les vents encha&icirc;n&eacute;s. Sous l'ordre de Pos&eacute;idon, il pouvait lib&eacute;rer les vents et cr&eacute;er de violentes temp&ecirc;tes.<BR> </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B><A NAME=Aeneas></A>Aeneas</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="7.html#Aeneas"><FONT COLOR="#000000">272</FONT></A><FONT COLOR="#000000">- </FONT><A HREF="17.html#Aeneas"><FONT COLOR="#000000">644</FONT></A><FONT COLOR="#000000">-</FONT><A HREF="30.html#Aeneas"><FONT COLOR="#000000">1167</FONT></A><FONT COLOR="#000000">) ou <A NAME=Enee></A>&Eacute;n&eacute;e: h&eacute;ros troyen anc&ecirc;tre des Romains. Cette figure essentielle sert de point de comparaison &agrave; La Borderie, qui, &agrave; la fois s'identifie &agrave; elle, et s'en &eacute;carte. Le plus illustre des survivants de Troie, en effet, "porte la poisse" &agrave; la flottille fran&ccedil;aise, qui recoupe plusieurs points de son itin&eacute;raire. C'est d'abord Carthage, comme dans l'&Eacute;n&eacute;ide, o&ugrave; les Fran&ccedil;ais n'abordent pas (et pour cause, car trop proche de Tunis, tenue par les Imp&eacute;raux). Mais, bien que rien ne soit dit, l'&eacute;vocation des malheurs de la grande cit&eacute; semble r&eacute;veiller les puissances hostiles &agrave; tout ce qui descend de Troie, puisque les Fran&ccedil;ais, selon la l&eacute;gende m&eacute;di&eacute;vale revivifi&eacute;e par Lemaire de Belges, descendent du Troyen Francus. Et c'est le retour du golfe de Patras, et le passage par cette m&ecirc;me mer Tyrrh&eacute;nienne qu'emprunta &Eacute;n&eacute;e avant de subir la grande temp&ecirc;te qui allait le jeter sur les rives de Carthage. La r&eacute;f&eacute;rence (272), purement formelle en apparence, a valeur de pr&eacute;sage, car si Z&eacute;phyre pr&eacute;side avec douceur au d&eacute;but du voyage, la flottille fran&ccedil;aise ne tarde pas &agrave; subir la m&ecirc;me &eacute;preuve qu'&Eacute;n&eacute;e, une temp&ecirc;te &agrave; la fois d&eacute;marqu&eacute;e et distanci&eacute;e de l'&Eacute;n&eacute;ide. Aussi La Borderie n'h&eacute;site-t-il pas, au moment crucial, &agrave; invoquer V&eacute;nus et sa qualit&eacute; de m&egrave;re d'&Eacute;n&eacute;e, pour r&eacute;clamer son intervention: le cousinage des Fran&ccedil;ais avec le survivant de Troie est ainsi reconnu, et revendiqu&eacute;. Moment crucial que cette temp&ecirc;te, o&ugrave; La Borderie s'emploie &agrave; se d&eacute;marquer de son mod&egrave;le virgilien, tout en le suivant. Mais au sortir de l'&eacute;preuve, plut&ocirc;t que d'aborder &agrave; Carthage, la flottille fran&ccedil;aise d&eacute;cide de poursuivre jusqu'&agrave; Constantinople, refaisant en sens inverse le trajet &eacute;n&eacute;en, sans toutefois le suivre pas &agrave; pas. Rien d'&eacute;tonnant, alors, qu'au large de D&eacute;los (1167), son souvenir soit &eacute;voqu&eacute;, relativement &agrave; l'oracle de Phoebus: oracle v&eacute;ridique, que l'&eacute;v&eacute;nement a justifi&eacute; et o&ugrave; &Eacute;n&eacute;e "sut les lieux que depuis habita", sans que La Borderie tienne compte, apparemment, de la condamnation pass&eacute;e quelques centaines de vers plus haut, au large de Malvoisie, sur la cr&eacute;dulit&eacute; antique. Mais n'est-ce pas une fa&ccedil;on de se distancier, encore une fois, du mod&egrave;le virgilien, tout en se livrant aux douceurs d'un souvenir litt&eacute;raire? On notera enfin que, charitablement, La Borderie lui &eacute;pargne l'&eacute;vocation de Didon, sans doute par solidarit&eacute; franco-troyenne, et que c'est au Grec Th&eacute;s&eacute;e qu'il confiera le r&ocirc;le de l'amoureux inconstant.<BR> <A NAME=Allegories></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>All&eacute;gories</B></FONT><FONT COLOR="#000000">: Elles ont leur place dans ce lexique, o&ugrave; les figures mythologiques ne tiennent qu'en apparence le haut du pav&eacute;, &agrave; commencer par Amour (voir ce nom). On se contentera de mentionner les deux principales ennemies de La Borderie, <B>Fortune</B> et <B>Mort</B>. La premi&egrave;re est de culture antique (Fortuna chez les Romains, Tych&egrave; chez les Grecs), et a connu, en tant qu'<I>imperatrix mundi</I>, une grande vogue au Moyen Age, avec sa roue. Il en reste ici quelque chose dans le vers </FONT><A HREF="11.html#fortune"><FONT COLOR="#000000">432</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, o&ugrave; toujours elle "roule ou vole, comme instable". Elle appara&icirc;t comme l'ennemie personnelle de La Borderie, &agrave; qui elle a tram&eacute;, "d&egrave;s sa jeunesse tendre" (</FONT><A HREF="8.html#fortune"><FONT COLOR="#000000">289</FONT></A><FONT COLOR="#000000">) un sort plein d'emb&ucirc;ches, de concert avec la Mort. C'est donc elle qui a fait mourir ses parents avant qu'ils pussent l'aider &agrave; faire carri&egrave;re, dans le but que La Borderie reste &agrave; jamais son esclave (</FONT><A HREF="8.html#esclave"><FONT COLOR="#000000">299</FONT></A><FONT COLOR="#000000">). Celle qui est "de Vertu la contraire" (</FONT><A HREF="8.html#contraire"><FONT COLOR="#000000">309</FONT></A><FONT COLOR="#000000">) hait apparemment les desseins &eacute;lev&eacute;s, "non en terre adonn&eacute;s" (</FONT><A HREF="8.html#vouloirs"><FONT COLOR="#000000">307</FONT></A><FONT COLOR="#000000">). Elle est d&eacute;crite comme un arbre "portant fruits de douleur" (</FONT><A HREF="8.html#fruictz"><FONT COLOR="#000000">305</FONT></A><FONT COLOR="#000000">), et ses "branches d'angoisse" qui barrent la route aux ambitions l&eacute;gitimes ressemblent quelque peu au tr&eacute;pied du chevalet. Mais c'est une &eacute;trange image, ayant d&eacute;j&agrave; servi (quoique &agrave; un autre usage) dans <I>L'Amie de court</I>, qui se d&eacute;tache de cette comparaison: Fortune est comme l'orme par rapport &agrave; la vigne qui grimpe apr&egrave;s lui: il ne la laisse jamais voir le jour (</FONT><A HREF="8.html#subjecte"><FONT COLOR="#000000">299</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> sq). C'est encore elle qui a &eacute;loign&eacute; La Borderie de celle qu'il aime, l'exposant &agrave; perdre la vie dans une mission dangereuse. La preuve qu'elle est &agrave; l'&#156;uvre dans l'affaire d'Albanie: le d&eacute;c&egrave;s du dernier parent de La Borderie qui rest&acirc;t en mesure de lui rendre service, dans le camp turc, quelque temps avant l'arriv&eacute;e de celui-ci.<BR> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Elle s'est donc "accoint&eacute;e" de longue date avec Mort. La succession de trois &eacute;v&eacute;nements fait &eacute;clater leur entente: mort du parent de La Borderie, &eacute;chec devant Corfou, temp&ecirc;te en mer et retour impossible. Dans le dernier m&ecirc;me, on a l'impression qu'elles se partagent la t&acirc;che, Fortune amassant toute sorte de m&eacute;t&eacute;ores hostiles (gr&ecirc;le, bourrasques, etc), tandis que Mort op&egrave;re au sein de la mer. Cette derni&egrave;re, "tr&egrave;s infecte et puante" (</FONT><A HREF="10.html#puante"><FONT COLOR="#000000">387</FONT></A><FONT COLOR="#000000">), est venue des "bas enfers" et, un peu comme l'Ar&egrave;s hom&eacute;rique, ne choisit gu&egrave;re son camp, car elle "se pa&icirc;t de la plus faible part" (</FONT><A HREF="10.html#foible"><FONT COLOR="#000000">368</FONT></A><FONT COLOR="#000000">). Charognarde pr&eacute;levant son tribut sur le camp turc, elle avise l'escadre fran&ccedil;aise qui s'en revient par beau temps et, nageant entre deux eaux, suit sa proie. Elle n'est d'ailleurs pas discr&egrave;te dans sa poursuite, soulevant de grandes vagues, mais ce n'est pas elle qui &eacute;meut la temp&ecirc;te. Car dans cette position, elle est aper&ccedil;ue de Neptune, qui en tant que dieu ne peut souffrir pareil "monstre" en son royaume. Et la m&eacute;canique cathartique se met en route, quitte &agrave; &eacute;craser les humains: &Eacute;ole ex&eacute;cute l'ordre de l&acirc;cher les vents ; Apollon se retire, plongeant la sc&egrave;ne dans l'obscurit&eacute; avant l'heure; et Jupiter, furieux de ce que la Mort ait quitt&eacute; les ab&icirc;mes, tonne jusque chez Pluton. &Agrave; la Fortune d'exploiter le d&eacute;sordre, tandis que Mort, qui se confond alors avec </FONT><A HREF="#Atropos"><FONT COLOR="#000000">Atropos</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="12.html#Atropos"><FONT COLOR="#000000">441</FONT></A><FONT COLOR="#000000">), attend patiemment, tel un requin, que sa victime tombe &agrave; l'eau. Finalement, elle ne c&egrave;de que devant la menace d'Amour (de la rendre amoureuse: voir Amour), car qui voudrait d'elle, laide comme elle est ? L'issue serait comique, si ce n'est que Mort se venge sur les gal&egrave;res de Barberousse, dont elle engloutit vingt-deux. Trait&eacute;e &agrave; la limite du burlesque, l'all&eacute;gorie de la Mort a montr&eacute; cependant qu'elle se rit du fracas des dieux, et sait tirer parti de toutes les situations. Elle est, quant au fond, ind&eacute;modable! Quant &agrave; Fortune, le vers </FONT><A HREF="5.html#Dieu"><FONT COLOR="#000000">192</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> rappelle que "Dieu au bon droict donra bonne fortune", et ce n'est pas des dieux qu'elle d&eacute;pend, mais de Dieu m&ecirc;me. Du reste, pour &ecirc;tre un &eacute;lu de Sa gr&acirc;ce, ne faut-il pas quelque pers&eacute;cution? Seul l'annihilement de la volont&eacute; personnelle devant les desseins de Dieu permet de s'affranchir de l'esclavage de Fortune. Du Bellay ("Las ! o&ugrave; est maintenant ce m&eacute;pris de Fortune?") aurait d&ucirc; s'en souvenir. Autant la Fortune reste pure abstraction, puisssance instable au-dessus de nos t&ecirc;tes, autant la Mort est, sinon pr&eacute;cis&eacute;ment d&eacute;crite, du moins not&eacute;e de laideur monstrueuse et puissante, n'attendant qu'un retour de mode, peut-&ecirc;tre, pour se rem&eacute;tamorphoser en dragon . <A NAME=Amour></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Amour </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(</FONT><A HREF="10.html#Amour"><FONT COLOR="#000000">373</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, </FONT><A HREF="17.html#Amour"><FONT COLOR="#000000">669</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> </FONT><A HREF="17.html#Amour"><FONT COLOR="#000000">&agrave; 675</FONT></A><FONT COLOR="#000000">-</FONT><A HREF="18.html#Amour"><FONT COLOR="#000000">691</FONT></A><FONT COLOR="#000000">-</FONT><A HREF="18.html#Amour2"><FONT COLOR="#000000">696</FONT></A><FONT COLOR="#000000">-</FONT><A HREF="18.html#Amour3"><FONT COLOR="#000000">709 &agrave; 738</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): Amour, correspondant &agrave; la figure de Cupidon, fils de V&eacute;nus, se pose d&egrave;s le d&eacute;part comme protecteur de La Borderie. &Agrave; ce titre, il appara&icirc;t presque comme une all&eacute;gorie, une simple abstraction, s'opposant &agrave; Fortune et &agrave; Mort, dont il d&eacute;joue les emb&ucirc;ches. De fa&ccedil;on &agrave; peine plus figurative, on le voit &eacute;veiller par sa m&egrave;re V&eacute;nus au c&#156;ur du narrateur, o&ugrave; il dormait tout nu "secr&egrave;tement, de peur d'&ecirc;tre connu" (discr&eacute;tion assez inhabituelle, qui tire, de fa&ccedil;on paradoxale, la figure de Cupidon vers la conception m&eacute;di&eacute;vale de l'honn&ecirc;te amour), pour combattre la Mort. Il lui suffit de la menacer de ses fl&egrave;ches pour qu'elle abandonne la partie. De fait, son ardeur guerri&egrave;re est si grande, qu'il s'en mord (</FONT><A HREF="17.html#mord"><FONT COLOR="#000000">675</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, probablement les l&egrave;vres). D&eacute;pit&eacute; de n'avoir pas trouv&eacute; son adversaire, il passe sa col&egrave;re sur les vents (jouant ainsi le r&ocirc;le de Neptune chez Virgile), et menace leur ma&icirc;tre, &Eacute;ole, de repr&eacute;sailles. Puis il rentre, toujours aussi discr&egrave;tement, au c&#156;ur du narrateur, qui lui jure, apr&egrave;s ce bienfait, d'&ecirc;tre son "serf" pendant mille ans.<BR> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En lui faisant jouer les chevaliers vengeurs, La Borderie apprivoise tout ce qu'Amour peut avoir de mena&ccedil;ant et l'enr&ocirc;le dans ce que nous aurions envie de nommer l'&eacute;ternel combat d'&Eacute;ros contre Thanatos. Pour brosser son personnage, il a moins retouch&eacute; la vieille image m&eacute;di&eacute;vale de Cupidon, que r&eacute;appropri&eacute; celle de la Renaissance, plus "authentique ", &agrave; une conception de l'honn&ecirc;te amour qui, sous sa plume, porte encore trace de l'id&eacute;al courtois. Mais si le trac&eacute; est un peu plus Renaissance &endash; &agrave; peine &endash;, le fond reste m&eacute;di&eacute;val. Il faut par ailleurs faire la comparaison avec <I>L'Amie de court</I>, du m&ecirc;me auteur, pour mesurer la complexit&eacute; de la relation que La Borderie entretient avec cette figure. Dans cette &#156;uvre, elle inspire &agrave; l' h&eacute;ro&iuml;ne une verve satirique qui s'exerce sur les nombreux attributs de l'all&eacute;gorie: arc, torches, bandeau sur les yeux, etc, que l'Amie a beau jeu de bafouer en les prenant, un par un, au pied de la lettre. Tous ces accessoires sont absents du Voyage, sauf les fl&egrave;ches, seules garantes, finalement, de la ressemblance du personnage &agrave; son image, mais ici, jamais La Borderie ne l'appelle Cupidon, comme il le fait dans l'Amie de court. C'est presque tout dire. Nulle trace non plus, comme chez Almanque Papillon (auteur du <I>Nouvel amour</I>, l'un des textes rattach&eacute;s &agrave; la <I>Querelle des Amies</I>), d'un divorce entre lui et sa m&egrave;re, </FONT><A HREF="#Venus"><FONT COLOR="#000000">V&eacute;nus</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. Amour en est le fid&egrave;le ex&eacute;cuteur, le ministre, la d&eacute;esse restant, dans sa majest&eacute;, invisible.<BR> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Petit enfant rageur, furieux qu'on le d&eacute;range du for int&eacute;rieur des honn&ecirc;tes amants, o&ugrave; il demeure nu comme la v&eacute;rit&eacute; dans le puits, fid&egrave;le ex&eacute;cutant des ordres de sa m&egrave;re, cultivant une vertu &endash; la discr&eacute;tion &endash; qui lui est peu connue par ailleurs, l'Amour du Voyage de La Borderie est d&eacute;cid&eacute;ment une version originale et non-conformiste d'une figure fort &agrave; la mode en son temps. N'est-ce pas que son imaginaire se meut plus volontiers dans l'all&eacute;gorie, plus ductile &agrave; ses exigences &eacute;thiques, que dans la mythologie, trop pr&eacute;cise dans son pittoresque "historique"? <A NAME=Antoine></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Antoine, Sainct</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="12.html#Antoine"><FONT COLOR="#000000">479</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): voir </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000"><B>Saints</B></FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR> <A NAME=Apollo></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Apollo ou Appollo</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="11.html#Apollo"><FONT COLOR="#000000">419</FONT></A><FONT COLOR="#000000">-</FONT><A HREF="24.html#Appollo"><FONT COLOR="#000000">929</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): Dieu du ciel lumineux, du soleil, il se retire "dans son divin manoir", devant la temp&ecirc;te - transposition des vers 88-89 du chant I de l'<I>&Eacute;n&eacute;ide</I>, o&ugrave; Apollon n'a nulle part, les vents "arrachant" (<I>eripiunt</I>) la clart&eacute; du jour. Quatre vers ici lui donneraient une forte coloration mythologique, si ce n'est que le dieu, sans se contenter de regagner son "divin manoir", s'habille de noir, transposition du ph&eacute;nom&egrave;ne virgilien de la nuit en plein jour (<I>ponto nox incubat atra</I>). En </FONT><A HREF="24.html#Apollo"><FONT COLOR="#000000">929</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, ses pr&eacute;tendus pouvoirs oraculaires sont d&eacute;nonc&eacute;s par La Borderie, (aux sites d'&Eacute;pidaure Lim&eacute;ra et de Delphes), qui fait un retour &eacute;clatant &agrave; l'orthodoxie biblique, apr&egrave;s une longue p&eacute;riode de d&eacute;votion &agrave; </FONT><A HREF="#Venus"><FONT COLOR="#000000">V&eacute;nus</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. Voir </FONT><A HREF="#Phoebus"><FONT COLOR="#000000">Phoebus</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, dont l'oracle, &agrave; D&eacute;los, fut v&eacute;ridique pour &Eacute;n&eacute;e (quoique mal interpr&eacute;t&eacute;, dans un premier temps, par Anchise, qui dirigea les Troyens sur la Cr&egrave;te).<BR> <A NAME=Argus></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Argus</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><B> </B>(</FONT><A HREF="6.html#Argus"><FONT COLOR="#000000">234</FONT></A><FONT COLOR="#000000">)</FONT><FONT SIZE="-1" COLOR="#000000">: </FONT><FONT COLOR="#000000">le gardien aux cent yeux pr&eacute;pos&eacute; par </FONT><A HREF="#Juno"><FONT COLOR="#000000">Junon</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> &agrave; la conservation de la vertu d'Io, la g&eacute;nisse dont Jupiter &eacute;tait amoureux. Il fut tu&eacute; par Mercure, qui l'endormit auparavant en lui jouant des m&eacute;lodies rustiques. Ici, simple mention, hors de tout contexte mythique: la flotte turque a tant de m&acirc;ts qu'on a peine &agrave; les embrasser du regard, et qu'Argus n'y suffirait pas. Peut-&ecirc;tre l'image de la for&ecirc;t que suscite le grand nombre des m&acirc;ts appelle-t-elle ce souvenir du monde pastoral.<BR> <A NAME=Ariane></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Ariane</B> </FONT><FONT COLOR="#000000">(</FONT><A HREF="33.html#Ariane"><FONT COLOR="#000000">1319</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): Sujet d'une des premi&egrave;res variations sur <I>Ariane &agrave; Naxos</I> de la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise, l'h&eacute;ro&iuml;ne malheureuse est &eacute;voqu&eacute;e en quelques vers, qui r&eacute;sument le d&eacute;but de son aventure avec </FONT><A HREF="#Thesee"><FONT COLOR="#000000">Th&eacute;s&eacute;e</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, depuis l'&eacute;pisode du Minotaure jusqu'&agrave; son enl&egrave;vement et son abandon, de la Cr&egrave;te &agrave; Naxos. La Borderie semble ignorer la seconde partie de son histoire, lorsque Dionysos vint la consoler. Il la laisse seule, au milieu des b&ecirc;tes, qui malgr&eacute; tout ont plus de piti&eacute; d'elle que son s&eacute;ducteur. Ariane est la figure de la victime f&eacute;minine de l'amour, en lieu et place de </FONT><A HREF="#Didon"><FONT COLOR="#000000">Didon</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, et ce pour des raisons d'ordre id&eacute;ologico-mythique, Th&eacute;s&eacute;e &eacute;tant, puisque Grec, meilleur &agrave; fl&eacute;trir que le Troyen </FONT><A HREF="#Aeneas"><FONT COLOR="#000000">&Eacute;n&eacute;e</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. Par ailleurs, et puisque c'est elle qui enseigne &agrave; Th&eacute;s&eacute;e le moyen de d&eacute;truire le Minotaure, elle rejoint dans son mauvais destin les filles d'enchanteurs du folklore, qui aident le h&eacute;ros &agrave; triompher, mais perdent tous leurs pouvoirs devant l'amour, et finissent abandonn&eacute;es par un ingrat &endash; sortes d'anti-M&eacute;d&eacute;e.<BR> <A NAME=Athena></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Ath&eacute;na</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (989): Avec une prononciation moderne, non &eacute;rasmienne (Athina), cet autre nom, pour nous le premier, de la d&eacute;ese connue au Moyen Age sous le nom de </FONT><A HREF="#Pallas"><FONT COLOR="#000000">Pallas</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, fait une courte apparition l&agrave; o&ugrave; on l'attendait, devant Ath&egrave;nes, dont on nous dit qu'elle est la d&eacute;esse &eacute;ponyme. Sit&ocirc;t apr&egrave;s, La Borderie ajoute qu'on l'appelle encore </FONT><A HREF="#Minerve"><FONT COLOR="#000000">Minerve</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. La connaissance que La Borderie manifeste des rapports de la d&eacute;esse avec la cit&eacute; qui porte son nom masque mal le silence qui occulte tout le reste, par exemple le jugement de </FONT><A HREF="#Paris"><FONT COLOR="#000000">P&acirc;ris</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> (dont il est fait mention), et ses rapports privil&eacute;gi&eacute;s avec Ulysse (figure dont on ne parle jamais, bien que La Borderie ait fr&ocirc;l&eacute; Ithaque). Ce dernier point parce que La Borderie conna&icirc;t bien mieux l'<I>&Eacute;n&eacute;ide</I> que l'<I>Odyss&eacute;e</I>, assur&eacute;ment. Et Minerve ne joue pas un grand r&ocirc;le dans la geste d'&Eacute;n&eacute;e, &agrave; la diff&eacute;rence de </FONT><A HREF="#Juno"><FONT COLOR="#000000">Junon</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. Par ailleurs, comme La Borderie conna&icirc;t quand m&ecirc;me "l'excellent premier po&egrave;te Hom&egrave;re" (v. </FONT><A HREF="36.html#Homere"><FONT COLOR="#000000">1426</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> ; mais surtout l'<I>Iliade</I>, apparemment ), et qu'en tant que descendant de Francus, il est plut&ocirc;t pro-Troyen que pro-Grec, l'hommage qu'il rend &agrave; Pallas-Ath&eacute;na l'oblige &agrave; faire silence sur sa participation &agrave; la guerre de Troie. Il a d&eacute;j&agrave; bien assez de r&eacute;gler les comptes avec Junon!<BR> <A NAME=Atropos></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Atropos</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="12.html#Atropos"><FONT COLOR="#000000">441</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): la derni&egrave;re des trois Parques attend, tapie dans les flots, La Borderie, trop malade pendant la temp&ecirc;te pour se d&eacute;fendre. Serait-ce un autre nom de la </FONT><A HREF="#Allegories"><FONT COLOR="#000000">Mort</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, que les dieux outrag&eacute;s s'activent &agrave; chasser de leur domaine ? Interpr&eacute;tation qui serait confirm&eacute;e par son attitude sournoise. Jean Lemaire de Belges (1473-1525), propagateur de la l&eacute;gende de Francus, avait &eacute;crit des <I>Contes d'Atropos et de Cupidon</I>.<BR> <A NAME=Aurore></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Aurore </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(890, 1385, 1525): sans &ecirc;tre "aux doigts de rose", elle peut figurer dans l'essaim des souvenirs litt&eacute;raires, alors que, de mani&egrave;re un peu plate ("</FONT><A HREF="35.html#coustumiere"><FONT COLOR="#000000">&agrave; poindre coustumiere</FONT></A><FONT COLOR="#000000">") il est vrai, La Borderie la convoque &agrave; &eacute;clairer son passage en Asie, au d&eacute;part de Chio. Elle donne alors une l&eacute;g&egrave;re teinte &eacute;pique &agrave; ses p&eacute;r&eacute;grinations. </FONT></P>  <DL>    <DT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B><A NAME=B></A>B</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR>    <A NAME=Bacchus></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Bacchus    </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(</FONT><A HREF="32.html#Bacchus"><FONT COLOR="#000000">1274</FONT></A><FONT COLOR="#000000">):    dieu du vin.<BR>    <A NAME=Barbe></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Barbe,    Saincte</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="12.html#Barbe"><FONT COLOR="#000000">479</FONT></A><FONT COLOR="#000000">):    voir </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Saints</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR>    <BR>    <BR>    <A NAME=C></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>C</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR>    <A NAME=Castor></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Castor et    Pollux </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(658): les g&eacute;meaux    protecteurs des marins sont &eacute;voqu&eacute;s &agrave;    l'occasion d'un ph&eacute;nom&egrave;ne &eacute;lectrique,    celui-l&agrave; m&ecirc;me qu'on appelle aujourd'hui feu    Saint-Elme. Toutefois, ce n'est pas ce saint qui fait concurrence    aux Dioscures, mais le couple fraternel Saint C&ocirc;me et Saint    Damien, ce qui suscite une controverse sur le pont. Les partisans    de l'antiquit&eacute; sont probablement des lettr&eacute;s,    renseign&eacute;s par &Eacute;rasme dans son Naufrage de 1523. Les    pr&eacute;cisions qui manquaient sur cette tradition antique    seront fournies plus tard par Rabelais dans son &eacute;pisode de    la temp&ecirc;te du Quart livre. La Borderie, pour sa part,    renvoie dos &agrave; dos les uns et les autres,    pr&eacute;f&eacute;rant y voir, pour son compte, une    r&eacute;ponse &agrave; sa pri&egrave;re &agrave;    V&eacute;nus.<BR>    <A NAME=Ceres></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Ceres</B></FONT><FONT COLOR="#000000">    (967-1041): La mention de la d&eacute;esse philanthrope par    excellence intervient sans surprise avec celle d'&Eacute;leusis,    o&ugrave; l'on c&eacute;l&eacute;brait ses myst&egrave;res, les    plus prestigieux, peut-&ecirc;tre, de l'antiquit&eacute;. &Agrave;    cette occasion, elle est nomm&eacute;e en m&ecirc;me temps que    Pallas, ce qui est plus contestable du point de vue historique.    Mais rien de ce qui a trait au d&eacute;veloppement de    l'intelligence industrieuse de l'homme peut-il &eacute;chapper au    patronnage de cette derni&egrave;re ? Pourtant, quoique    qualifi&eacute;es de "vives" (970), ces deux divinit&eacute;s    voient leur culte d&eacute;nigr&eacute; par La Borderie, qui, dans    le m&ecirc;me vers tendant &agrave; l'oxymore, parle aussi de    leurs "portraits morts". Outre l'&eacute;vh&eacute;m&eacute;risme    qui affleure ici, une touche d'iconoclasme ne messied pas en    Gr&egrave;ce, surtout de la part d'un sympathisant des    id&eacute;es &eacute;vang&eacute;listes, qui a une    pr&eacute;dilection pour l'oraison int&eacute;rieure. Et quelques    vers plus loin (989), c'est &agrave; Triptol&egrave;me qu'est    attribu&eacute;e l'invention de l'agriculture, au lieu de    C&eacute;r&egrave;s, et ce sans la moindre allusion &agrave;    l'enseignement qu'il aurait, selon la tradition mythique,    re&ccedil;u d'elle. Cependant, dans ce vers o&ugrave; la dette de    l'humanit&eacute; lui est ainsi reconnue, le h&eacute;ros figure    en compagnie de Pallas, comme C&eacute;r&egrave;s en 967: ainsi se    renoue le lien avec &Eacute;leusis, et se cr&eacute;e un lien    confus et solide &agrave; la fois, entre trois personnages    (C&eacute;r&egrave;s - Pallas - Triptol&egrave;me) aussi peu    divinis&eacute;s que possible, dont le faisceau mystique converge    vers Ath&egrave;nes si proche, dont la premi&egrave;re gloire    s'av&egrave;re &ecirc;tre l'invention de l'agriculture. Pour    finir, croisant au large de l'Attique, et sur le point de quitter    ses parages, La Borderie croit voir les ruines d'un temple de    C&eacute;r&egrave;s (1041). Ainsi la boucle est-elle    boucl&eacute;e, et l'Attique enti&egrave;re plac&eacute;e,    dirait-on, sous le patronnage de la d&eacute;esse de    l'agriculture. On a envie de r&eacute;p&eacute;ter les paroles que    Baudelaire dit avoir entendues &agrave; l'approche de    Cyth&egrave;re: "Regardez, apr&egrave;s tout, c'est une pauvre    terre!"<BR>    <A NAME=Crete></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Cr&egrave;te</B></FONT><FONT COLOR="#000000">    (905): l'&icirc;le aux centum urbes d'<I>Aen.</I> III, 106,    appara&icirc;t un court instant pour dire ce que recouvre le nom    moderne de </FONT><A HREF="lieux.html#Candie"><FONT COLOR="#000000">Candie</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.    <I>Creta Jovis magni, </I>disait Virgile deux vers plus haut, et    c'est peut-&ecirc;tre cette expression qu'a glos&eacute;e La    Borderie en disant que ces cent villes &eacute;taient "&agrave;    Jupiter sujettes et serviles". La Borderie note que c'est sur    cette &icirc;le que fut d&eacute;velopp&eacute; la culture du    c&eacute;page du Malvoisie.<BR>    <A NAME=Cyre></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Cyre, Sainct    </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(483): voir </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Saints</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR>    <A NAME=Cythere></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Cyther&eacute;e</B></FONT><FONT COLOR="#000000">    (Cyth&egrave;re) (837): La Borderie signale que sur les cartes,    cette &icirc;le de V&eacute;nus est appel&eacute;e    </FONT><A HREF="lieux.html#Cypre"><FONT COLOR="#000000">Cypre</FONT></A><FONT COLOR="#000000">    (858). S&ucirc;rement &agrave; cause de Cypris, l'une des    &eacute;pith&egrave;tes de V&eacute;nus. Cette    &eacute;pith&egrave;te vient de Chypre, &icirc;le qui dispute    &agrave; Cyth&egrave;re l'honneur d'avoir vu na&icirc;tre la    d&eacute;esse. On voit donc se concentrer le souvenir    v&eacute;nusien sur Cyth&egrave;re, et se fondre les traditions.    Chypre est lointaine, renfonc&eacute;e sous la pointe que fait    l'Asie Mineure en s'avan&ccedil;ant dans la    M&eacute;diterran&eacute;e, tandis que Cyth&egrave;re, au bout du    P&eacute;loponn&egrave;se, est &agrave; la fronti&egrave;re de    l'Orient et de l'Occident.<BR>    <BR>    <A NAME=D></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>D</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR>    <A NAME=Damian></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Damian et    Cosme</B></FONT><FONT COLOR="#000000">, Sainct(s) (656): voir    </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Saints</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR>    <A NAME=Delos></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>D&eacute;los</B></FONT><FONT COLOR="#000000">:    voir </FONT><A HREF="#Ortygie"><FONT COLOR="#000000">Ortygie</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR>    <A NAME=Didon></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Didon</B></FONT><FONT COLOR="#000000">    (116): reine de Carthage, &agrave; qui ses amours avec    &Eacute;n&eacute;e furent fatales, &eacute;pisode largement    narr&eacute; par Virgile au d&eacute;but de    l'&Eacute;n&eacute;ide, surtout au livre IV. Carthage est son    "fameux h&eacute;ritage", dans le sens d'un legs de haine et de    vengeance qu'elle laissera &agrave; son peuple contre les Romains.    &Agrave; noter que ce qui ressortit pour nous &agrave; la    mythologie est pour un homme de la Renaissance de l'histoire,    puisque, en un raccourci saisissant, La Borderie conclut son    &eacute;vocation de la premi&egrave;re Carthage par Scipion    l'Africain (119-120). Pas un mot sur le triste destin de la    fondatrice de Carthage, ni sur la responsabilit&eacute;    d'&Eacute;n&eacute;e dans celui-ci, La Borderie ayant    pr&eacute;f&eacute;r&eacute; &eacute;voquer en    Th&eacute;s&eacute;e la figure du s&eacute;ducteur irresponsable,    car &Eacute;n&eacute;e est Troyen, donc apparent&eacute; aux    Fran&ccedil;ais.</FONT></DT> </DL>  <P><FONT COLOR="#000000"><A NAME=E></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>E</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Enee></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>&Eacute;n&eacute;e</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (272, 644, 1167): voir </FONT><A HREF="#Aeneas"><FONT COLOR="#000000">Aeneas</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR> <A NAME=Enfer></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Enfer, Enfers</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (358-532-539-541): plus pr&eacute;cis&eacute;ment "les bas Enfers", repaire de la Mort, all&eacute;gorie qui joue un r&ocirc;le moteur dans la temp&ecirc;te. On peut penser que ces enfers-l&agrave;, qui correspondraient plus ou moins au Cocyte, &agrave; cause des t&eacute;n&egrave;bres qui y r&egrave;gnent, ont plus &agrave; voir avec l'imaginaire pa&iuml;en que chr&eacute;tien. Mais peut-&ecirc;tre la popularit&eacute; des dialogues lucianiques a-t-elle contribu&eacute;, avec leurs entassements de squelettes dignes des catacombes chr&eacute;tiennes et des danses macabres du XVe si&egrave;cle, &agrave; cr&eacute;er une sorte de syncr&eacute;tisme entre les deux eschatologies, qui imbibe tout l'&eacute;pisode de la temp&ecirc;te. Quoi qu'il en soit, en 425, les Enfers sont bel et bien le domaine de Pluton, qui en a, en vertu d'un pacte originel, la garde; mais il faut croire que ce dernier est un gardien peu vigilant, ou malintentionn&eacute;, et Jupiter ne s'y trompe gu&egrave;re, et fulmine jusqu'en ces profondeurs. En 532, les "bas Enfers" sont &eacute;voqu&eacute;s relativement &agrave; l'exploit de Th&eacute;s&eacute;e qui, comme Hercule, osa p&eacute;n&eacute;trer en ces lieux obscurs, pleins de "dangers fun&egrave;bres". En 541, en revanche, on est pass&eacute;, avec le singulier (en Enfer), et l'allusion &agrave; Lucifer et aux &acirc;mes des damn&eacute;s, &agrave; l'imaginaire chr&eacute;tien, tournant du texte n&eacute;cessaire si l'on veut se sortir de cette temp&ecirc;te qui n'en finit pas et abuse autant des esquifs sur les flots qu'elle amuse l'esprit des po&egrave;tes avec ses vains jeux d'imagination pa&iuml;enne.<BR> <A NAME=Eole></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>&Eacute;ole </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(399, 722): Bien diff&eacute;rent de chez Virgile, le dieu gardien des vents qui n'attend pas l'algarade de Neptune, et de lui-m&ecirc;me s'active &agrave; calmer la temp&ecirc;te; mais il le fait de la m&ecirc;me fa&ccedil;on qu'il la d&eacute;cha&icirc;nerait, en l&acirc;chant les vents emprisonn&eacute;s dans leurs antres. Ce n'est pas pour soulever les flots, mais pour "courir sus" (404) &agrave; la Mort, ce qui, en l'occurrence, semble vouloir dire combattre le mal par le mal. Du reste, les pauvres matelots ne voient gu&egrave;re la diff&eacute;rence, tandis qu'Amour charge les vents qu'il a houspill&eacute;s de transmettre ses menaces &agrave; leur ma&icirc;tre &endash; &eacute;cho ironique de Virgile, o&ugrave; c'&eacute;tait Neptune qui tan&ccedil;ait les vents, sans compter que c'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; l'amour (la promesse d'&eacute;pouser une des nymphes de Junon) qui, chez le po&egrave;te latin, d&eacute;cidait &Eacute;ole &agrave; lib&eacute;rer les vents.<BR> <BR> <A NAME=F></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>F</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Fortune></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Fortune</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (287-299-320-376-431-439): voir </FONT><A HREF="#Allegories"><FONT COLOR="#000000">All&eacute;gories</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR> <BR> <BR> <A NAME=H></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>H</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Hector></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Hector</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1451): Associ&eacute; &agrave; Achille comme &eacute;tant "les plus forts" des deux camps, le h&eacute;ros troyen, p&egrave;re de Francus, est &eacute;voqu&eacute; lorsque La Borderie passe non loin du site de Troie. Il &eacute;vite de rappeler le r&eacute;sultat de l'affrontement entre les deux champions, les maintenant sur un pied d'&eacute;galit&eacute; dans leurs "belliqueux efforts", tels que la post&eacute;rit&eacute; les juge, finalement. Paire adverse, combattant pour l'&eacute;ternit&eacute;, autant que Castor et Pollux forment une paire amicale.<BR> <A NAME=Hero></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Hero</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1569): ): Selon la l&eacute;gende, </FONT><A HREF="#leander"><FONT COLOR="#000000">L&eacute;andre</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> traversait le Bosphore &agrave; la nage pendant la nuit pour aller retrouver H&eacute;ro. Celle-ci tenait une lampe allum&eacute;e au haut d'une tour pour guider son amant vers la c&ocirc;te. Une nuit, le vent &eacute;teignit la lampe et L&eacute;andre se noya. Le lendemain, lorsqu'elle vit le corps de son amant rejet&eacute; sur la rive, H&eacute;ro se pr&eacute;cipita dans la mer. La Borderie semble faire grief &agrave; la jeune fille de n'avoir pas su garder sa r&eacute;putation, car son suicide r&eacute;v&eacute;la la liaison coupable qu'elle avait avec L&eacute;andre. Or, la discr&eacute;tion est une des vertus essentielles de la conception courtoise de l'amour. D'autre part, si La Borderie ne peut pas plus que L&eacute;andre commander aux eaux, au moins n'est-il pas la victime consentante de Fol Amour, et il sait commander &agrave; lui-m&ecirc;me. H&eacute;ro est ainsi la seule h&eacute;ro&iuml;ne mythologique condamn&eacute;e dans le Discours pour avoir perdu "honneur et honte" en faisant se noyer L&eacute;andre, ch&acirc;timent de Fol Amour. Ce qui choque La Borderie, c'est moins qu'elle ait caus&eacute; la mort du jeune homme que le fait qu'elle ait expos&eacute; publiquement sa passion.<BR> <BR> <A NAME=J></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>J</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Jehan></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Jehan, Sainct </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(1422): voir </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Saints</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR> <A NAME=Jesuschrist></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Jesuschrist</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1419-1518)<BR> <A NAME=Juno></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Juno</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (620): Dans la droite ligne du mythe d'&Eacute;n&eacute;e, relay&eacute; par celui de Francus, La Borderie invoque la d&eacute;esse comme cause probable de l'&eacute;preuve qu'il traverse durant la temp&ecirc;te. Elle s'acharnerait ainsi sur les descendants lointains des Troyens, furieuse encore du jugement de P&acirc;ris. Mais, &agrave; lire l'invocation que La Borderie lui consacre, elle a droit &agrave; au moins autant de reproches que de v&eacute;n&eacute;ration, et m&ecirc;me &agrave; un d&eacute;fi plein d'un orgueil d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;: qu'elle cesse donc de s'acharner sur une poign&eacute;e de Fran&ccedil;ais, puisque d&eacute;sormais ceux-ci sont trop nombreux pour craindre leur extinction. Confirmation que le fil renou&eacute; avec l'&eacute;pisode de la temp&ecirc;te chez Virgile n'est en rien une plate r&eacute;p&eacute;tition, mais une v&eacute;ritable reprise et, ici, correction par le sens de l'histoire. D&eacute;esse froide, majestueuse (et tueuse), Junon est invoqu&eacute;e &agrave; la troisi&egrave;me personne, et ce par l'interm&eacute;diaire d'un pluriel collectif, les "dieux hautains" du vers 619, que La Borderie prend &agrave; t&eacute;moin. Peut-&ecirc;tre sauront-ils la mettre &agrave; la raison ?<BR> </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Juppiter</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (423-906-928): qualifi&eacute; de "dieu des dieux", il n'est gu&egrave;re pourtant que le porte-foudre, qui tonne jusqu'au fond des Enfers, pour se venger de Pluton, coupable d'en avoir laiss&eacute; sortir la Mort. Cependant, par rapport &agrave; la tradition mythologique, qui partageait le monde entre les trois fr&egrave;res, Jupiter, Neptune et Pluton, Jupiter est le dieu des dieux, qui a la haute main sur les Enfers, ainsi que sur la terre, sur les vivants et les morts (430), rel&eacute;guant ainsi Pluton au rang de simple gardien. En 906, La Borderie rappelle sa supr&eacute;matie sur la Cr&egrave;te et ses cent villes, sans pr&eacute;ciser que c'est en raison de son lieu de naissance que cette &icirc;le lui est consacr&eacute;e. Ou plut&ocirc;t, Jupiter appara&icirc;t comme un potentat moderne, le suzerain de villes qui lui sont "sujettes et serviles", sans doute par un reste d'&eacute;vh&eacute;m&eacute;risme dans les sources dont La Borderie s'est inspir&eacute;. Cette suzerainet&eacute; appara&icirc;t encore en 928, au sanctuaire d'&Eacute;pidaure Lim&eacute;ra, que le dieu "tresample" (traduction du m&eacute;gistos hom&eacute;rique, ou plut&ocirc;t du maximus latin) patronne, bien que ce soit Apollon qui rende les oracles &agrave; cet endroit, comme &agrave; Delphes. Notons &agrave; ce sujet que ce semble &ecirc;tre un besoin de l'esprit encore m&eacute;di&eacute;val de La Bordrie, que cette tendance &agrave; faire patronner un lieu de culte consacr&eacute; &agrave; une divinit&eacute; relativement secondaire (Apollon &agrave; &Eacute;pidaure Lim&eacute;ra, C&eacute;r&egrave;s &agrave; &Eacute;leusis) par un dieu d'un rang plus &eacute;lev&eacute;, comme le vassal par le suzerain (respectivement, Jupiter et Pallas).<BR> <BR> <BR> <A NAME=L></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>L</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Latona></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Latona</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (</FONT><A HREF="5.html#Latona"><FONT COLOR="#000000">198</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): d&eacute;esse aim&eacute;e de Jupiter, m&egrave;re d'Apollon et de Diane. Avant d'arriver &agrave; D&eacute;los, o&ugrave; elle accoucha, elle dut subir des errances que lui valut la haine de Junon. L'&eacute;pisode auquel fait allusion La Borderie se situe au cours de ces tribulations: mourant de soif, elle arriva &agrave; un village de Lycie, o&ugrave; elle demanda &agrave; boire aux paysans. Ayant essuy&eacute; un refus, elle les transforma en grenouilles. On peut se demander pourquoi La Borderie l'appelle "d&eacute;esse sans vice" (v. 202). Tautologie? Ou excuse de ce que Vigny appellera "sa divine faute", aux yeux d'un public habitu&eacute; &agrave; ce genre de faute &agrave; la cour?<BR> <A NAME=leander></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Leander</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1569): L&eacute;andre. Victime de Fol Amour, il se noya dans le Bosphore en essayant de rejoindre H&eacute;ro, qui habitait sur le rivage oppos&eacute;. La Borderie l'exp&eacute;die tout aussi s&egrave;chement qu'H&eacute;ro, en disant qu'il "Ne put &agrave; soi ni aux eaux commander". Le seul point commun que La Borderie se reconna&icirc;trait avec lui, c'est de ne pouvoir commander aux eaux. Mais au moins sait-il rester ma&icirc;tre de lui.<BR> <A NAME=Lucifer></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Lucifer</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (540)<BR> <BR> <BR> <A NAME=M></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>M</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Machomet</B></FONT><FONT COLOR="#000000">, proph&egrave;te (1517-1735)<BR> </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Minerve </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(990): synonyme latin de Pallas, ce surnom vient en troisi&egrave;me lieu, apr&egrave;s Pallas et Ath&eacute;na. Le tout fait "tir group&eacute;", en l'espace de trois vers. De fait, Pallas est le nom m&eacute;di&eacute;val; Minerve, le nom latin, connu des lecteurs de Virgile; et Ath&eacute;na le nom grec, et bien s&ucirc;r ath&eacute;nien. Sous ces trois appellations, La Borderie nous invite &agrave; reconna&icirc;tre la personnification de l'intelligence, perceptible &agrave; qui de droit &agrave; travers tous les si&egrave;cles. Voir aussi </FONT><A HREF="#Pallas"><FONT COLOR="#000000">Pallas</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> et </FONT><A HREF="#Athena"><FONT COLOR="#000000">Athena</FONT></A><FONT COLOR="#000000"><BR> </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Minotaure</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1331 sq): c'est gr&acirc;ce &agrave; </FONT><A HREF="#Ariane"><FONT COLOR="#000000">Ariane</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> que </FONT><A HREF="#Thesee"><FONT COLOR="#000000">Th&eacute;s&eacute;e</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> sut comment "destruire / Ce monstre horrible", ce qui constitue un &eacute;cart par rapport &agrave; la vulgate du mythe, o&ugrave; si Ariane sauva Th&eacute;s&eacute;e par son fil, c'est &agrave; son seul courage que le h&eacute;ros dut de tuer l'h&ocirc;te du labyrinthe. Mais ici, sans l'intervention (probablement magique) d'Ariane, le monstre aurait inflig&eacute; &agrave; Th&eacute;s&eacute;e le sort qu'il m&eacute;ritait.<BR> <BR> <BR> <A NAME=N></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>N</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Neptune</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (394): intervient pendant la temp&ecirc;te, pour y mettre fin et chasser la Mort de son domaine marin; apr&egrave;s tout, c'est un dieu, et y "souffrir ce monstre" lui serait "vitupere". L'imitation virgilienne est ici tr&egrave;s superficielle, mais r&eacute;elle. Ainsi, Neptune se sert de son trident, mais pas pour d&eacute;gager, comme dans l'&Eacute;n&eacute;ide, un bateau engag&eacute; sur un r&eacute;cif: ici, par trois fois (396), il en frappe pour chasser la "tourmente" (sans r&eacute;sultat apparent). Un autre souvenir de Virgile, appara&icirc;t transpos&eacute; en 388, o&ugrave; l'on voit une cr&eacute;ature surnaturelle "dresser sa t&ecirc;te" hors de l'eau; mais au lieu que ce soit, comme en <I>&AElig;n</I> I, 1, le "placidum caput" de sa Majest&eacute; marine, c'est celle de la Mort, qui avise la flottille fran&ccedil;aise. Le dieu ne dit mot, &agrave; la diff&eacute;rence de ce qui se passe chez Virgile, pas plus qu'aucun autre des antagonistes surnaturels de la temp&ecirc;te; mais on a l'impression que les figures mythologiques, circonscrites &agrave; leur domaine naturel, ont moins d'importance dans ce passage que les </FONT><A HREF="#Allegories"><FONT COLOR="#000000">all&eacute;gories</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> (Fortune, Mort, Amour), qui m&egrave;nent la danse d'une fa&ccedil;on encore tr&egrave;s m&eacute;di&eacute;vale.<BR> <BR> <BR> <A NAME=O></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>O</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Oenone></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Oenone</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1446): ): le premier amour de </FONT><A HREF="#Paris"><FONT COLOR="#000000">P&acirc;ris</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, autre victime f&eacute;minine de l'inconstance, dans ce texte, avec Ariane. Elle est &eacute;voqu&eacute;e moins longuement, faisant valoir la f&eacute;lonie de P&acirc;ris (qui la "trompa d'amour feinte"), ainsi que l'univers pastoral et son innocence, qu'elle repr&eacute;sente. En effet, c'est lorsqu'il &eacute;tait berger sur le mont Ida que P&acirc;ris connut Oenone.<BR> <A NAME=Ortygie></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Ortygie</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1166, 1170): nom originel de D&eacute;los, avant que cette &icirc;le accueill&icirc;t les couches de </FONT><A HREF="#Latone"><FONT COLOR="#000000">Latone</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. Depuis la naissance d'Apollon et d'Art&eacute;mis, cette &icirc;le, jadis errante, se fixa &agrave; son emplacement actuel et prit le nom de D&eacute;los, "la brillante", nom qui fait &eacute;cho au surnom d'Apollon, Phoebus. Ortygie est le seul nom que La Borderie emploie, suivant en cela Virgile qui, au chant III de l'<I>&Eacute;n&eacute;ide</I>, n'en conna&icirc;t pas d'autre, et ne fait allusion &agrave; celui, autrement plus usit&eacute;, de D&eacute;los, que par l'&eacute;pith&egrave;te Delius appliqu&eacute; &agrave; </FONT><A HREF="#Apollo"><FONT COLOR="#000000">Apollon</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. La Borderie fait du reste r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'&eacute;pisode de l'oracle visit&eacute; par &Eacute;n&eacute;e. Il a eu vent aussi de la l&eacute;gende de l'&icirc;le errante, mais l'applique &agrave; toutes les Cyclades (1163-1164), au centre desquelles se situe D&eacute;los. Apr&egrave;s </FONT><A HREF="#Cythere"><FONT COLOR="#000000">Cyth&egrave;re</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, qu'il a le bonheur de voir, D&eacute;los est l'&icirc;le qui semble exercer sur lui le plus d'int&eacute;r&ecirc;t, en raison du souvenir virgilien, apparemment. Mais h&eacute;las! nul n'a su lui dire laquelle c'&eacute;tait.<BR> <BR> <A NAME=P></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>P</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Pallas></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Pallas</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (967-988): Ce nom est le plus fr&eacute;quent au cours du Moyen Age, o&ugrave; elle symbolise la vie contemplative (voir par exemple les &Eacute;checs amoureux et leur glose par &Eacute;vrard de Conty); et c'est celui que La Borderie emploie le plus volontiers. Il attribue &agrave; la d&eacute;esse un r&ocirc;le dans les cultes d'&Eacute;leusis, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de C&eacute;r&egrave;s, dans un passage qui se termine par une d&eacute;nonciation de l'idol&acirc;trie pa&iuml;enne. Puis Pallas revient en compagnie de Triptol&egrave;me, pour partager avec le h&eacute;ros la gloire d'avoir donn&eacute; l'agriculture aux humains. &Agrave; cette occasion, elle re&ccedil;oit &eacute;galement tout son jeu de synonymes: Ath&eacute;na (ou plut&ocirc;t Athina, dans une prononciation plus moderne), Minerve. Ainsi lui reconna&icirc;t-on son r&ocirc;le &eacute;ponymique envers Ath&egrave;nes, mais, ne seraient les vers 967 sq, o&ugrave; on lui attribue un temple, on a peine &agrave; se persuader qu'il s'agit l&agrave; d'une divinit&eacute; comme V&eacute;nus ou Junon, ayant des pouvoirs supra-naturels, et l'&eacute;vh&eacute;m&eacute;risme diffus qui caract&eacute;rise tout ce que La Borderie nous dit d'elle nous incite &agrave; voir en elle la personnification de l'intelligence cr&eacute;atrice, et dans ses adorateurs des na&iuml;fs bien intentionn&eacute;s. Impression d'autant plus vive qu'elle n'est jamais nomm&eacute;e dans l'&eacute;vocation du jugement de P&acirc;ris (voir trois d&eacute;esses). Jamais non plus la d&eacute;esse n'appara&icirc;t dans sa personnalit&eacute; guerri&egrave;re. voir aussi </FONT><A HREF="#Minerve"><FONT COLOR="#000000">Minerve</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> et </FONT><A HREF="#Athena"><FONT COLOR="#000000">Athena</FONT></A><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Paris></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Paris</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (626-1444-1447): Fils de Priam et d'H&eacute;cube, il est &agrave; l'origine de la guerre de Troie. La "l&eacute;g&egrave;ret&eacute;" de son jugement est d&eacute;savou&eacute;e par La Borderie, qui s'en repent pour ses "majeurs", faisant par l&agrave; de l'homme fatal de Troie l'anc&ecirc;tre des Fran&ccedil;ais. Ceci durant la temp&ecirc;te (626), moment oblig&eacute; d'un acte de contrition. Plus tard (1544), passant pr&egrave;s des "monts Id&eacute;es", il n'oublie pas de d&eacute;tester l'abandon d'&#140;none par le berger qu'&eacute;tait alors P&acirc;ris, ce qui sous-entend au moins trois degr&eacute;s dans l'exploitation du mythe: le niveau historique, troyen, via Francus, relais implicite; celui, intime, de l'amour que La Borderie emporte avec lui, et auquel il confronte les mauvais exemples que sont P&acirc;ris et Th&eacute;s&eacute;e ; et celui de la pastorale, o&ugrave; P&acirc;ris fait figure d'Adam-Ca&iuml;n tout &agrave; la fois, auteur du crime originel dans cet univers de l'amour (souvent malheureux, d'ailleurs), recr&eacute;&eacute; par Sannazaro, avec toutefois l'ambiguit&eacute; que son fameux jugement "des trois D&eacute;esses nues" (1447) rec&egrave;le: coupable, certes &endash; car c'est lui qui "mut le principe aux guerres survenues" (1448) &endash; mais mis sur la voie de la tentation par la divinit&eacute; m&ecirc;me. Cependant, l'expression de La Borderie, qui met en avant l'abandon d'&#140;none, pour ne parler qu'ensuite du jugement, sugg&egrave;re que la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; de P&acirc;ris fut celle du c&#156;ur avant tout. Car, en lui donnant le prix, P&acirc;ris n'avait-il pas en vue la r&eacute;compense que V&eacute;nus lui avait promise, c'est-&agrave;-dire l'amour de la plus belle femme du monde ? Ajoutons que La Borderie ne peut enti&egrave;rement d&eacute;savouer ce jugement, dans la mesure o&ugrave; il se pr&eacute;sente lui-m&ecirc;me comme vouant un culte particulier &agrave; V&eacute;nus.<BR> <A NAME=Paul></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Paul</B></FONT><FONT COLOR="#000000">, </FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Sainct</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1442): voir </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Saints</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR> <A NAME=Phoebus></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Phoebus</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (467-891-1166): Le "brillant", &eacute;pith&egrave;te d'Apollon, qui sert de transition entre ce dieu et le Soleil, auquel il finit par &ecirc;tre assimil&eacute;. Chez La Borderie toutefois, l'assimilation ne para&icirc;t pas totale, et si c'est Phoebus qui accomplit imperturbablement "son cerne rond" et plonge ensuite les malheureux Fran&ccedil;ais dans la nuit, Apollon, lui, abandonne le spectacle d&egrave;s le v.419, laissant place &agrave; une sorte de clart&eacute; obscure. En 891, Phoebus succ&egrave;de tr&egrave;s logiquement &agrave; la lune. Mais en 1167, &agrave; propos de D&eacute;los et de son oracle, l'assimilation &agrave; Apollon est compl&egrave;te On a m&ecirc;me l'impression que le souvenir d'&Eacute;n&eacute;e, venu y consulter l'oracle (v&eacute;ridique) du dieu, conf&egrave;re un surcro&icirc;t de religiosit&eacute; au site, sans oublier, il est vrai, que l'attente de La Borderie est aviv&eacute;e par la frustration de ne pas savoir laquelle des &icirc;les qu'il double est "l'&icirc;le sacr&eacute;e".<BR> <A NAME=Pierre></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Pierre, Sainct </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(482): voir </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Saints</FONT></A><FONT COLOR="#000000">.<BR> <A NAME=Pollux></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Pollux </B></FONT><FONT COLOR="#000000">(658): voir </FONT><A HREF="#Castor"><FONT COLOR="#000000">Castor et Pollux</FONT></A><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Pluton></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Pluton</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (425): simple gardien des Enfers, assez n&eacute;gligent pour en avoir laiss&eacute; &eacute;chapper la Mort en personne, et qui re&ccedil;oit de puissants coups de semonce de la part de Jupiter tonnant pour ce qui n'est peut-&ecirc;tre apr&egrave;s tout qu'une complaisance, puisque Pluton.est quasiment Plutus, le riche, et que les riches, c'est bien connu, n'en ont jamais assez.<BR> <BR> <A NAME=S></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>S</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Saints></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Saints</B></FONT><FONT COLOR="#000000">: Ils ont leur place dans cet index, dans la mesure o&ugrave; leur efficace est, aux yeux de l'&eacute;vang&eacute;liste La Borderie, tout aussi mythique que celle des divinit&eacute;s pa&iuml;ennes &endash; moins, parfois. Ils interviennent &agrave; deux reprises, dans la bouche des marins, qui les invoquent d'abord en 479 sq, au plus fort de la temp&ecirc;te, alors que chacun supplie son protecteur de le sauver; puis en 651 sq, avec l'explication de ce m&eacute;t&eacute;ore qu'on appelle aujourd'hui feu saint Elme, et que les uns attribuent aux bienheureux C&ocirc;me et Damien (656), les autres &agrave; Castor et Pollux, tandis que La Borderie, in petto, remercie sa protectrice, V&eacute;nus, de lui envoyer un signe.<BR> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour le premier passage, il est bien difficile de dire pour quelles raisons et parfois quels saints pr&eacute;cis&eacute;ment sont invoqu&eacute;s, en raison du caract&egrave;re individuel des r&eacute;actions mentionn&eacute;es, de l'effet de vari&eacute;t&eacute; et de d&eacute;sordre que La Borderie veut provoquer, ainsi que du scepticisme de La Borderie lui-m&ecirc;me, pour ne pas dire plus. Pour saint Pierre (482), c'est peut-&ecirc;tre l'Ap&ocirc;tre, ou, comme le dit &Eacute;rasme dans le Naufrage, "je ne sais quel Pierre" ; pour saint Antoine (479), lequel encore? l'ermite, celui des visions diaboliques? saint Antoine de Padoue, tr&egrave;s populaire? pour sainte Barbe (ibidem), elle est peut-&ecirc;tre d&eacute;j&agrave; la patronne des artilleurs; pour saint Cyr (483, "Cyre"), il est l'occasion d'un pieux calembour qui, pour grotesque qu'il semble &agrave; La Borderie, n'en recouvre pas moins et un genre d'&eacute;tymologie populaire qui avait cours (Cyr, la cire), et un acte d'une religiosit&eacute; tr&egrave;s ancienne, i.e. un ex-voto, en l'esp&egrave;ce de "sa pesanteur et quantit&eacute; de cire". La comparaison avec le Naufrage d'&Eacute;rasme, source d'inspiration de ce trait, l&egrave;ve toute ambiguit&eacute;: il s'agit d'un cierge gigantesque, aussi grand que la statue du saint, &agrave; laquelle le superstitieux attache une d&eacute;votion on ne peut plus mat&eacute;rielle.<BR> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour le second passage (651 sq), saint C&ocirc;me et saint Damien arrivent &agrave; point nomm&eacute; pour disputer la place &agrave; leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs antiques, Castor et Pollux. En effet, d'apr&egrave;s la L&eacute;gende dor&eacute;e, ces fr&egrave;res jumeaux, tous deux m&eacute;decins, soignant gratuitement, r&eacute;sist&egrave;rent &agrave; tous les supplices, notamment ceux de la noyade en mer et du feu, avant d'&ecirc;tre d&eacute;capit&eacute;s. En eux se r&eacute;unissent donc la g&eacute;mellit&eacute;, la familiarit&eacute; avec l'eau et le feu, et l'esprit bienfaisant, pour les rendre aptes &agrave; concurrencer aupr&egrave;s des marins le couple fraternel pa&iuml;en. On discerne fort bien, &agrave; l'occasion de cette dispute sur le pont, les niveaux de culture, populaire chez les marins et for&ccedil;ats, et humaniste, probablement chez quelques officiers et passagers. </FONT></P>  <P><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=T></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>T</B></FONT><FONT COLOR="#000000"><BR> <A NAME=Thesee></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Theseus</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (531-1317-1342): le h&eacute;ros ath&eacute;nien est &eacute;voqu&eacute; &agrave; deux reprises. D'abord, en 531, il sert de r&eacute;f&eacute;rent mythique (dans ce qui appara&icirc;t comme une hyperbole) aux malheureux Fran&ccedil;ais, contraints de refaire en plein jour, sous le souffle de la Tramontane, la route p&eacute;rilleuse par o&ugrave; le Siroc les avait men&eacute;s la nuit. &Agrave; ce sujet, La Borderie semble se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; une version de la l&eacute;gende de Th&eacute;s&eacute;e inconnue des mythographes: Th&eacute;s&eacute;e, &agrave; peine remont&eacute; des Enfers, aurait &eacute;t&eacute; oblig&eacute; par les dieux d'y retourner. Ce qui revient probablement &agrave; dire qu'apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;livr&eacute; (par Hercule) des Enfers, o&ugrave; il s'&eacute;tait imprudemment engag&eacute; avec son ami Pirithoos le Lapithe (qui y resta d&eacute;finitivement), Th&eacute;s&eacute;e avait retrouv&eacute; son royaume d'Ath&egrave;nes occup&eacute; par un autre, et qu'il n'avait pas tard&eacute; &agrave; mourir en exil. Destin passablement absurde. Mais de fait, l'&eacute;pisode de la descente aux enfers est celui qui, dans sa l&eacute;gende, pr&eacute;c&egrave;de sa mort. Ensuite, &agrave; partir de 1317, c'est l'&eacute;pisode d'Ariane &agrave; Naxos qui est &eacute;voqu&eacute;, pour fl&eacute;trir l'ingratitude et l'inconstance du h&eacute;ros, dans un jeu de miroir inverse et d&eacute;formant, La Borderie craignant &agrave; plusieurs reprises d'&ecirc;tre abandonn&eacute; pendant son voyage par la dame de ses pens&eacute;es. Th&eacute;s&eacute;e est ainsi, &agrave; coups de grandes exclamations, vilipend&eacute;, maudit, ce qui finalement justifie la triste fin de ses jours, par quoi il avait fait son entr&eacute;e dans le po&egrave;me. Ainsi appara&icirc;t-il comme un personnage n&eacute;gatif, autant et plus que P&acirc;ris. Son histoire est "trop &eacute;norme". Bien qu'il f&ucirc;t roi d'Ath&egrave;nes, il ne semble pas avoir part &agrave; la gloire de la grande cit&eacute;.<BR> <A NAME=Triptoleme></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Triptoleme</B> </FONT><FONT COLOR="#000000">(</FONT><A HREF="25.html#Triptoleme"><FONT COLOR="#000000">988</FONT></A><FONT COLOR="#000000">): H&eacute;ros li&eacute; aux myst&egrave;res d'Eleusis dont on lui attribue la fondation. Fils du rois C&eacute;l&eacute;os, il fut choisi par D&eacute;m&egrave;ter pour semer le bl&eacute; sur toute la terre.<BR> <A NAME=Troie></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Troie</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (621, 630, 1440, 1446): Ville de P&acirc;ris et, implicitement, de Francus, en butte &agrave; la haine de Junon. Ce n'est pas tant sur le site de la ville, aupr&egrave;s duquel La Borderie croit &ecirc;tre pass&eacute;, ou sur les d&eacute;tails des combats opposant Achille et Hector, rapidement mentionn&eacute;s (en insistant tout de m&ecirc;me sur la f&eacute;rocit&eacute; des Grecs), que La Borderie aime &agrave; s'&eacute;tendre. De toutes les fa&ccedil;ons, il la contourne, et se pla&icirc;t &agrave; en parler de mani&egrave;re indirecte: les "monts Id&eacute;es", o&ugrave; vivait P&acirc;ris, et surtout Junon, l'ennemie majeure des Troyens. En fait, Troie se confond avec les Troyens, et ceux-ci sont les anc&ecirc;tres des Fran&ccedil;ais. Plus qu'un lieu historique, c'est un th&egrave;me mythique. Les Fran&ccedil;ais avaient-ils connaissance de l'anecdote selon laquelle Mehmet II, apr&egrave;s la prise de Constantinople, vint se recueillir sur le site de Troie (ou celui qu'on croyait tel, en ces temps pr&eacute;-schliemanniens), en disant qu'&agrave; pr&eacute;sent la ville &eacute;tait veng&eacute;e? Cela expliquerait peut-&ecirc;tre pourquoi la politique d'alliance avec les Turcs de Fran&ccedil;ois 1er g&ecirc;na si peu les intellectuels fran&ccedil;ais, par ailleurs int&eacute;ress&eacute;s par le mythe m&eacute;di&eacute;val de Francus &endash; sans compter que la tradition d'hostilit&eacute; envers les schismatiques orthodoxes s'en trouvait raviv&eacute;e, et l'&eacute;ventuel remords de les avoir laiss&eacute; d&eacute;truire, &eacute;touff&eacute;.<BR> <A NAME=deesses></A></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Trois d&eacute;esses nues</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (1447): Celles du jugement de P&acirc;ris: V&eacute;nus, Minerve, Junon. V&eacute;nus, protectrice des Troyens et de leur lointain descendant La Borderie, qui lui voue une d&eacute;votion d'autant plus vive qu'il est amoureux. Junon n'est invoqu&eacute;e que durant la temp&ecirc;te. Minerve (ou Ath&eacute;na, ou Pallas) passe presque inaper&ccedil;ue, &agrave; la fois &eacute;ponyme d'Ath&egrave;nes et co-inventrice de l'agriculture avec Triptol&egrave;me, et n'est jamais nomm&eacute;e dans l'affaire du jugement de P&acirc;ris. Il y a donc beaucoup de non-dit dans la mythologie de La Borderie.<BR> </FONT></P>  <P><FONT COLOR="#000000"><A NAME=V></A></FONT><FONT SIZE="+2" COLOR="#000000"><B>V<BR> </B></FONT><FONT COLOR="#AF0000"><B>Venus</B></FONT><FONT COLOR="#000000"> (640-662-838): Protectrice de La Borderie &agrave; double titre, comme lointain cousin d'</FONT><A HREF="#Aeneas"><FONT COLOR="#000000">&Eacute;n&eacute;e</FONT></A><FONT COLOR="#000000"> par Francus, et comme amoureux, V&eacute;nus est requise d'intervenir dans ce qui est aussi son domaine, la mer, son &eacute;l&eacute;ment natal (650), qu'elle a pouvoir d'apaiser, comme on sait au moins depuis Lucr&egrave;ce. Aussi lui adresse-t-il une pri&egrave;re, aussit&ocirc;t suivie d'un m&eacute;t&eacute;ore lumineux, qu'il interpr&egrave;te comme une r&eacute;ponse favorable, tandis que ses compagnons de voyage en disputent l'attribution, qui &agrave; saint C&ocirc;me et saint </FONT><A HREF="#Saints"><FONT COLOR="#000000">Damien</FONT></A><FONT COLOR="#000000">, qui &agrave; </FONT><A HREF="#Castor"><FONT COLOR="#000000">Castor et Pollux</FONT></A><FONT COLOR="#000000">. Qualifi&eacute;e de Bonne Dame (664), elle &#156;uvre surtout "spirituellement" en d&eacute;l&eacute;guant ses pouvoirs apaisants &agrave; son fils Amour (669), qui s'emploie &agrave; chasser Mort de la mer o&ugrave; elle dressait ses emb&ucirc;ches.<BR> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une seconde fois, au large de Cyth&egrave;re (837 sq), une m&ecirc;me pri&egrave;re silencieuse a un effet semblable, et la d&eacute;esse renforce le bon vent, tout en "adoucissant" l'onde. La Borderie se pla&icirc;t &agrave; croire que les temples dress&eacute;s jadis dans cette &icirc;le &agrave; la d&eacute;esse Cyth&eacute;r&eacute;e subsistent en tant qu'"&eacute;difices" (842), m&ecirc;me si le culte en est aboli. L'expression semble s'ing&eacute;nier &agrave; &eacute;viter d'&eacute;voquer les ruines. On songe &agrave; Baudelaire, mais aussi bien La Borderie &eacute;vite-t-il de passer trop pr&egrave;s du rivage, et le culte &agrave; la fois litt&eacute;raire et int&eacute;rioris&eacute; de V&eacute;nus est chez lui bien vivant. Au point que l'expression quasi-redondante "Temples ayant propres aux sacrifices" (841) laisse penser que, si l'on avait fait escale, La Borderie aurait &eacute;t&eacute; tent&eacute; de renouveler le culte. </FONT></P>  <P>&nbsp;</P> </BODY> </HTML> 
