<html> <head> <title>Mythologie huronne et wyandotte by Jean Du Berger</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="description" content="Published in University of Toronto Quarterly - Volume 65, Number 1 Winter 1995/96- Letters in Canada  To see more articles and book reviews from this and other journals visit UTPJOURNALS online at UTPJOURNALS.com.  Mythologie huronne et wyandotte   Charles-Marius Barbeau,Premire dition en franais commente, sous la direction de Pierre Beaucage Montral, Les Presses de l'Universit de Montral, XLV-439 p.  Reviewed in University of Toronto Quarterly by JEAN DU BERGER"> <meta name="keywords" content="Mythologie huronne et wyandotte   Charles-Marius Barbeau,Premire dition en franais commente, sous la direction de Pierre Beaucage Montral, Les Presses de l'Universit de Montral, XLV-439 p.  Reviewed in University of Toronto Quarterly by JEAN DU BERGER"> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000"> <p><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="#330066">    </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#990000">Published    in <a href="../../../jour.ihtml?lp=utq/utq.html">University of Toronto Quarterly</a>    - </font></b></font></b><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#990000">Volume    65, Number 1 Winter 1995/96- Letters in Canada</font></b></p> <p class="Author" align="left"><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#990000">To    see more articles and book reviews from this and other journals visit <a href="../../../search.ihtml">UTPJOURNALS    online</a> at <a href="../../../jour.ihtml?lp=indexj.html">UTPJOURNALS.com</a>.</font></b></p> <p><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="#330066">Mythologie    huronne et wyandotte<br>   </font></b></p> <p align="left"><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#990000">Charles-Marius    Barbeau,Premi&egrave;re &eacute;dition en fran&ccedil;ais comment&eacute;e,    sous la direction de Pierre Beaucage Montr&eacute;al, Les Presses de l'Universit&eacute;    de Montr&eacute;al, XLV-439 p.<br>   <br>   Reviewed in University of Toronto Quarterly by JEAN DU BERGER</font></b></p> <p align="left"></p> <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Le    recueil de &quot;textes&quot; de tradition orale recueillis en 1911 et 1912    par Marius Barbeau, Huron-Wyandot Mythology, publi&eacute; en 1915, a &eacute;t&eacute;    traduit de l'anglais sous la direction de Pierre Beaucage, et publi&eacute;    sous le titre de Mythologie huronne et wyandotte par les Presses de l'Universit&eacute;    de Montr&eacute;al. R&eacute;mi Savard situe l'&#156;uvre dans le discours scientifique,    et Georges Emery Sioui dans la vie des h&eacute;ritiers et h&eacute;riti&egrave;res    du patrimoine wendat. Dans quel contexte Marius Barbeau a-t-il conduit cette    premi&egrave;re recherche? La traduction de Huron-Wyandot Mythology et sa publication,    80 ans plus tard, est-elle pertinente?<br>   <br>   Au Canada, la collecte des traditions orales am&eacute;rindiennes fut d'abord    l'&#156;uvre de missionnaires qui mettaient ainsi en &eacute;vidence la &quot;diff&eacute;rence&quot;    profonde qui d&eacute;finissait l'Autre. En 1884, lors d'un congr&egrave;s de    la British Association for the Advancement of Science tenu &agrave; Montr&eacute;al,    un &quot;Committee on the North-Western Tribes of Canada&quot; fut cr&eacute;&eacute;,    mais ce n'est qu'en 1888 que le Comit&eacute; confia &agrave; Franz Boas la    mission de conduire des enqu&ecirc;tes en Colombie britannique. Ces travaux    cess&egrave;rent en 1896 et, l'ann&eacute;e suivante, lors d'une rencontre de    la m&ecirc;me soci&eacute;t&eacute; &agrave; Toronto, &eacute;tait cr&eacute;&eacute;    un &quot;Committee on an Ethnological Survey of Canada&quot; dont G. M. Dawson    fut le pr&eacute;sident. Parmi les membres du comit&eacute;, signalons les noms    du p&egrave;re oblat A. G. Morice, de Charles Hill-Tout, de Horatio Hale et    du r&eacute;v&eacute;rend John Campbell. En 1905, le mandat du comit&eacute;    ne fut pas renouvel&eacute; mais en 1906, lors d'un important congr&egrave;s    international des Am&eacute;ricanistes tenus &agrave; Qu&eacute;bec, Franz Boas    pr&eacute;senta une communication, intitul&eacute;e &quot;Ethnological problems    in Canada&quot; o&ugrave; il d&eacute;clarait:</font></p> <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">    It may be appropriate to point out at this time the most important gaps in our    knowledge relating to the aborigines of Canada, and to express the hope that    the beginnings that have been made in this country towards a knowledge of its    earliest history may be extended and systematized, in order to save what little    remains. Day by day the Indians and their culture are disappearing more and    more before the encroachment of modern civilization, and fifty years hence nothing    will remain to be learned in regard to this interesting and important subject.    (Franz Boas, &quot;Ethnological problems in Canada&quot;, dans Congr&egrave;s    international des Am&eacute;ricanistes: XVe session tenue &agrave; Qu&eacute;bec    en 1906, Qu&eacute;bec, Dussault &amp; Proulx, imprimeurs, 1907, vol. 1, p.    152)</font></p> <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Le    th&egrave;me d'une ethnologie de sauvegarde faisait son apparition.<br>   En 1909, un Ethnological Survey Committee &eacute;tait &eacute;tabli lors du    3e congr&egrave;s de la British Association for the Advancement of Science &agrave;    Winnipeg. Les congressistes recommand&egrave;rent &quot;to the Dominion Government    the establishment of a systematic anthropological survey of Canada in connection    with the opening of the new national museum&quot; (Edward Sapir, &quot;An Anthropological    Survey of Canada&quot;, dans Science, New York, v. 34, no 884, 8 d&eacute;cembre    1911, p. 789). Le Rev. Dr George Bryce pr&eacute;sident du Comit&eacute; rencontra    le Premier ministre du Canada, sir Wilfrid Laurier, ainsi que le ministre du    Revenu, William Templeman, et l'Anthropological Divison du Geological Survey    of Canada &eacute;tait cr&eacute;e en 1910. Edward Sapir qui venait d'obtenir    son doctorat &agrave; Columbia University (1909) sous la direction de Franz    Boas fut choisi par R.W. Brock, directeur du Geological Survey, pour diriger    la nouvelle section. Il reprit le discours de Boas:</font></p> <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">    Now or never is the time in which to collect from the natives what is still    available for study. In some cases a tribe has already practically given up    its aboriginal culture and what can be obtained is merely that which the older    men still remember and care to impart. With the increasing material prosperity    and industrial development of Canada the demoralization or civilization of the    Indians will be going on at an ever increasing rate. No shortsighted policy    of economy should be allowed to interfere with the thorough and rapid prosecution    of the anthropological problems of the dominion. What is lot now will never    be recovered again. (Edward Sapir, &quot;An Anthropological Survey of Canada&quot;,    p. 793)</font></p> <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">En    janvier 1911, Marius Barbeau obtenait le poste d'anthropologue assistant &agrave;    la Commission de G&eacute;ologie &agrave; Ottawa et, en avril de la m&ecirc;me    ann&eacute;e, rencontrait l'abb&eacute; Prosper Vincent puis les informateurs    de Wyandotte et de Seneca Reservation en Oklahoma, de Seneca au Missouri, d'Amherstburg    en Ontario et de Lorette au Qu&eacute;bec. Dans une perspective boasienne, il    s'agissait d'accumuler le plus rapidement possible les traditions orales d'une    communaut&eacute; culturelle. Barbeau d&eacute;couvrit des &ecirc;tres vivants    en ces grands t&eacute;moins de la tradition orale des Wendats qu'&eacute;taient    Catherine Johnson et son fils Allen, B.N.O. Walker, Star Hiram Young, Smith    Nicols et Mary McKee. En amont de Catherine Johnson, de Mary McKee et de B.    N. O. Walker, il vit aussi appara&icirc;tre une conteuse influente: Kitty Greyeyes.<br>   Les r&eacute;cits sont regroup&eacute;s par des d&eacute;finitions g&eacute;n&eacute;riques:    nous trouvons en premier lieu les &quot;mythes cosmologiques et sociologiques&quot;    o&ugrave; Marius Barbeau distingue des &quot;mythes cosmologiques&quot;, des    mythes sur &quot;les g&eacute;ants et les nains&quot;, d'&quot;autres mythes    &eacute;tiologiques&quot;, des &quot;mythes sociologiques, ou mythes sur les    origines du pouvoir et du statut social&quot;, des mythes sur &quot;les amulettes    provenant de monstres&quot; et enfin des mythes sur les &quot;magiciens&quot;    et les &quot;sorci&egrave;res&quot;. Dans les &quot;contes populaires&quot;,    Barbeau regroupe les r&eacute;cits portant sur &quot;les fripon et les h&eacute;ros&quot;,    &quot;les animaux et leurs aventures mythiques&quot; puis les &quot;aventures    humaines&quot;. Dans le genre d&eacute;sign&eacute; par le terme de &quot;traditions&quot;,    nous trouvons des &quot;anecdotes&quot; et des &quot;traditions historiques&quot;.    Sous les cat&eacute;gories par lesquelles Barbeau tentait d'ordonner la riche    mati&egrave;re narrative wendate, les r&eacute;cits qu'il a recueillis se distinguent    par deux grandes fonctions: une fonction &eacute;thique qui &eacute;tablit l'ordre    du monde fondateur de la culture de la communaut&eacute; et une fonction esth&eacute;tique    qui, d'une certaine fa&ccedil;on, le maintient. Dans leur contexte originel    d'&eacute;nonciation, ces r&eacute;cits remplissaient en effet le r&ocirc;le    essentiel de donner un sens &agrave; la vie collective et de refaire sans cesse    le tissu social par le recours &agrave; la m&eacute;moire collective.<br>   <br>   En d'autres contextes, cette mati&egrave;re narrative, malgr&eacute; la d&eacute;formation    des traductions successives de la langue d'origine au fran&ccedil;ais en passant    par l'anglais, peut retrouver sa vitalit&eacute; au-del&agrave; des usages acad&eacute;miques.    En premier lieu, par une appropriation de la part des communaut&eacute;s qui    la reconnaissent comme patrimoine et qui s'y reconnaissent; par ailleurs, les    r&eacute;cits peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;s par des conteurs et conteuses    d'autres communaut&eacute;s qui pourront ainsi enrichir leur r&eacute;pertoire.    Les communaut&eacute;s peuvent se rencontrer dans le partage de leur patrimoine    narratif. En des temps incertains, il faudrait redonner aux conteurs et conteuses    la belle t&acirc;che de construire des ponts entre ces &icirc;les que sont les    communaut&eacute;s culturelles.</font></p> </body> </html> 
