<html>  <head> <title>Wallonie - Institution - Jules Destre, l'antismitisme et la Belgique</title> </head>  <body leftmargin="50" stylesrc="http://www.wallonie-en-ligne.net/index.htm" vlink="#0000B3" alink="#0000CE" text="#0000B3"> <div align="center"><center>  <table border="1" cellspacing="3" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#D6C0C5" bordercolordark="#D6C0C5" style="border: medium none rgb(214,192,197)">   <tr>     <td align="center" bgcolor="#FFFFFF" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#F2D326" bordercolordark="#F2D326" style="border: medium none"><font face="Comic Sans MS" size="2">&nbsp;</font><a href="http://www.destree.org/IJD-Publications.htm"><img src="../Images_WAL-2000/Institut-Jules-Destree_Logo2001.jpg" width="180" height="79" alt="Institut Jules-Destre - Publications" style="border: medium none"></a></td>     <td align="center" bgcolor="#FFFFFF" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#F2D326" bordercolordark="#F2D326"><font face="Comic Sans MS" size="2"><strong>Jules Destre,     l'antismitisme et la Belgique :<br>     Lettre ouverte  tous ceux qui colportent <br>     des mythes culs sur les Wallons et leur histoire</strong></font></td>     <td align="center" bgcolor="#FFFFFF" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#F2D326" bordercolordark="#F2D326"><font face="Comic Sans MS" size="2"><a href="http://www.destree.org/IJD_Equipe_PhDestatte.htm"><strong>Philippe Destatte</strong></a><br>     </font><font face="Comic Sans MS" size="1">Historien<br>     Directeur Institut Jules Destre</font></td>   </tr> </table> </center></div>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Quatre manifestations importantes se sont inscrites depuis juillet 1995  l'agenda de l'Institut Jules Destre. Ces vnements sont reprsentatifs de l'action mene pour la promotion de la personnalit d'une Wallonie faite  la fois d'hritages et de projets. Ils nous ont permis d'ouvrir ou de poursuivre des dbats que nous pensons fondamentaux pour l'avenir de notre rgion. </font>  <ul>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2"><a href="http://www.levesque.org/cplf/confer/1995/reso95.htm">La Treizime Confrence des     Peuples de Langue franaise</a>, consacre aux <i>Identits</i> et  la <i>Citoyennet</i>,     a constitu un moment important de notre engagement dans une Francophonie des peuples o     la dmocratie, plus encore que la langue, doit constituer notre affinit. </font></li>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2">Le Colloque sur <i>La Dcentralisation et les     Droits de l'Homme</i> a permis de mesurer le scnario du fdralisme belge  l'aune     des attentes des minorits des pays d'Europe centrale et orientale. </font></li>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2"><a href="Wallonie-Futur-3_Index.htm">Le Troisime     Congrs <i>La Wallonie au Futur</i></a>, laboration progressive, dtermine et     concrte d'un projet de socit pour la Wallonie, s'est focalis de manire     volontariste sur les stratgies pour l'emploi. </font></li>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2">La commmoration du Congrs national wallon de     1945, avec une gamme complte de supports didactiques - ouvrage scientifique de     rfrence, pice de thtre, cassette vido de tmoignages, dossier pdagogique -     a permis de rappeler que, voici cinquante ans, le fdralisme avait t revendiqu en     Wallonie comme une ultime facult de cohabitation. </font></li> </ul>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Tandis que se droulaient ces activits, un ouvrage a t publi dont les chos ont meubl les jours creux des mdias. Pour des raisons qu'il serait intressant d'analyser de manire approfondie, certains d'entre eux, essentiellement  Bruxelles, ont littralement pouss  la diffusion de ce livre, sans pour autant s'interroger rellement sur sa qualit. Plus particulirement, les parties o il pouvait atteindre l'ide wallonne et la personnalit de Jules Destre ont t mises en exergue. De nombreux amis nous ont contacts pour nous mettre en garde  propos de ces drives. Cependant, en dehors d'un expos devant l'Assemble gnrale de l'Institut Jules Destre et d'une mission <i>Samedi Premire</i> organise de manire impromptue le 17 juin 1995 o je fus interrog sur ce livre <i>Les Grands Mythes de l'histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie</i>, j'ai considr ne pas avoir de temps  consacrer  rpondre  un certain nombre d'errements contenus dans ce livre. Mais, bientt, <b><i>cette agaante sottise finissait par s'accrditer avec l'autorit des notions que l'on ne discute plus. Il fallait ragir</i></b> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note1">(1)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">A toutes fins utiles, il est assurment important de rappeler que l'objet de l'Institut que je dirige n'est pas de se consacrer  la personnalit de Jules Destre mais bien de poursuivre et de dvelopper son action dans le domaine de l'illustration de la Wallonie, en Europe, dans la Francit et dans le monde. Bien que certains exgtes accordent une importance primordiale  la qualit de socialiste de Destre - et, dans mon esprit, le mot <i>qualit</i> n'est pas fortuit - il faut en effet se souvenir des multiples facettes de sa personnalit. En effet, il fut  la fois un promoteur de l'ide de fdralisme pan-europen, d'une forme de Francit avant le mot <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note2">(2)</a> et d'une ouverture active au monde, au travers de la Socit des Nations dont il se fit l'un des propagandistes, mais aussi de la Commission de Coopration intellectuelle dont il devint prsident de la Sous-Commission des Lettres et des Arts. Ces diverses actions illustrent assez bien nos prsentes proccupations. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ds lors, c'est en tant qu'historien, attentif  l'avenir de la Wallonie, que je ragis. Depuis longtemps, du reste, j'ai opt pour ce que le Professeur Jean Pirotte appelle <i>une dmarche lucide et honnte, dans laquelle seraient prciss d'emble les affinits personnelles de l'historien, les options de sa recherche et le point de vue spcifique dans lequel il se place</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note3">(3)</a>. Cette option, j'ai eu l'occasion de l'affiner ds 1987 - anne de la cration du Centre d'Histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon - en soulignant que cette dmarche tait instable parce qu'elle s'appuyait sur le mouvement entam par la collectivit wallonne pour conqurir une identit que,  l'poque, elle ne savait pas encore dfinir. Les premires enqutes de nos jeunes historiens - je pense notamment  Paul Delforge ou  Chantal Kesteloot - ont montr que les contacts avec les grands tmoins de notre histoire s'taient parfois avrs difficiles, les expriences de nos chercheurs rejoignant celles de leurs grands prdcesseurs, Lopold Genicot et Herv Hasquin. Comme je le soulignais alors, on constatait que, au gr de la mythologie qu'elle scrte, la socit, productrice et consommatrice d'histoire, se nourrit de ses historiens ou les vomit en fonction du degr de concordance entre ses espoirs (ou ses fantasmes) et les rponses apportes par les chercheurs confronts  l'preuve des faits. <i>Prposs  l'imagination</i>, comme aurait dit Pierre Chaunu, les historiens laborent - parfois avec enthousiasme et bonheur, parfois avec scepticisme - les hypothses qui leur permettront d'aboutir  une interprtation nouvelle et ainsi de se dmarquer de l'approche conventionnelle <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note4">(4)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ceci tant dit, il n'est pas inutile de rappeler que l'historien qui, le premier, a jet les bases mthodologiques d'une histoire en Wallonie fut aussi celui qui fit tant pour nous apprendre la critique historique : Lon-E. Halkin <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note5">(5)</a>. Chacun comprendra en effet que toutes les audaces sont possibles en historiographie dans le choix tant des sujets que des perspectives, pour autant que l'historien fasse preuve d'honntet intellectuelle, de raison, d'esprit critique et de modestie professionnelle. Les historiens avec lesquels nous avons voulu travailler et dont nous avons suivi les conseils illustraient ces qualits : Lon-E. Halkin, bien sr, mais aussi - parmi d'autres -, Flix Rousseau, Lopold Genicot et Herv Hasquin. Tous les quatre, avec des sensibilits diffrentes, ont initi les recherches sur l'histoire de la Wallonie <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note6">(6)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ainsi, une large part de ma dmarche d'historien est-elle contenue dans cet extrait de l'ouvrage d'Herv Hasquin, <i>Historiographie et politique, Essai sur l'Histoire de Belgique et la Wallonie</i>, que nous avons dit en 1982 : </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">[...]<i> L'Etat unitaire a, pendant des dcennies, fait dispenser une histoire </i>&quot;oriente&quot;<i> en projetant dans le pass une situation qui ne remontait qu' 1830. Au nom d'une certaine ide du patrio- tisme qui s'identifiait  l'unitarisme, on a banni tout ce qui permettait de douter de l'inluctabilit du phnomne </i>&quot;Belgique&quot;<i> et, par contrecoup, on s'est efforc de nier les spcificits rgionales. Or, comme le disait si potiquement un slogan de l'Association des Amis de l'Universit de Lige, </i>&quot;Sans racines, l'arbre meurt. Nos racines, c'est l'histoire.&quot;<i> Au moment o il est plus que jamais question de rgionalisation et de communautarisation, il serait aberrant que le nouveau pouvoir substitue l'&quot;</i>absence de l'histoire&quot;<i>  une </i>&quot;histoire oriente&quot;<i>, ce qui aboutira au mme rsultat : priver les citoyens de nos rgions de leurs racines culturelles </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note7">(7)</a>. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Le livre de la dcennie ? </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Le premier contact avec l'ouvrage dirig par Anne Morelli se fit par l'intermdiaire d'un support promotionnel intitul <i>Inforlivres</i>, dans lequel on annonait la sortie du <i>livre de la dcennie</i> qui allait nous entraner dans les coulisses d'<i>une histoire fabrique de toutes pices</i> : ide tonnante qui nous pousse  nous interroger sur l'existence d'une histoire &quot;rvle&quot; ou d'une histoire existant &quot; l'tat naturel&quot;. Deux photos, parmi d'autres, illustraient ce propos, la premire tait celle d'un homme g portant un drapeau tricolore. La lgende disait : <i>L'ancien combattant est un indcrottable nationaliste. Il est le symbole un peu fltri de l'unit nationale</i>. La seconde photo, reprsentant le coq wallon, tait accompagne de ce commentaire : <i>Le coq, qui est aussi l'emblme de la France... et des petits hommes secs, srs d'eux-mmes et arrogants </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note8">(8)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Faut-il dire que la premire image nous a heurt au sortir de l'hommage que nous venions de rendre aux <i>Combattants de 40</i> et aux prisonniers de guerre qui avaient pass cinq ans en Allemagne ! Plus de cinq cents survivants venaient de se rassembler  Lige,  l'initiative du Gouvernement wallon, donnant une image de dignit fort loigne de tout nationalisme <i>indcrottable</i> - qu'il soit belge ou wallon -. Quant  la seconde image, elle laissait deviner, de la part de ceux qui avaient pris l'initiative d'diter ce livre, un prjug simpliste et malveillant  l'gard de la Wallonie et des Wallons. En publiant cet ouvrage, les ditions<i> Vie ouvrire</i> semblent d'ailleurs voguer bien loin de la sagesse d'Andr Samain et de la publication des livres de Willy Bal, Michel Quvit, Yves de Wasseige, Robert Moreau ou Bastin-Yerna ! </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Le second contact avec l'ouvrage - et avant mme qu'il ne soit disponible en librairie - nous vint par l'intermdiaire de l'mission radiophonique de Jacques Bauduin, <i>Argument</i>s, du 11 juin 1995, au cours de laquelle Anne Morelli prsenta l'ouvrage qu'elle avait dirig : une histoire en forme de &quot;scoop&quot;, &quot;douloureuse&quot;, qui dnonait, parmi d'autres choses, &quot;les apparatchiks&quot; de l'histoire rgionale, le nationalisme wallon et Jules Destre dont on nous aurait cach sciemment les cts obscurs : il aurait t belge (?!), raciste et antismite, notamment. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Le troisime contact fut le livre lui-mme, qui m'est apparu rapidement comme un ouvrage dont on parlera effectivement longtemps - et particulirement dans les cours de critique historique - comme tant un modle,  bien des gards, de ce qu'il ne faut pas faire. D'abord, et de manire gnrale, je fus surpris par l'absence de cadre conceptuel et d'objectifs mthodologiques de travail. Ensuite, plus spcialement, par la manire de traiter la matire historique, ainsi que je l'ai constat dans certaines contributions  l'ouvrage - il en est de trs bonnes, malheureusement otages de l'ensemble -. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ainsi, on ne peut qu'tre frapp si l'on compare la dmarche de l'historienne Laurence van Ypersele et celle d'Anne Morelli pour aborder le concept et la problmatique des mythes. Anne Morelli conoit le mythe <i>dans le sens de lgendes</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note9">(9)</a>. Elle vacue la problmatique de l'identit et de la nation par une rfrence  l'historien Eric Hobsbawm, puis noie son absence de dfinition dans des amalgames entre nationalisme belge, pseudo &quot;sous-nationalisme&quot; rgional et &quot;sur-nationalisme&quot; europen, les uns comme les autres tant, d'aprs l'auteur,  la solde des pouvoirs politiques. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Dans <i>Le Roi Albert, Histoire d'un mythe</i>, Laurence van Ypersele montre bien que les mythes constituent des reprsentations lies aux identits collectives et que l'histoire de ces reprsentations, <i>rappropriation d'un cart sans cesse renouvel entre la vie factuelle et la vie imaginaire</i>, est difficile  interprter parce que celles-ci sont dynamiques <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note10">(10)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">En contraste avec l're des grandes certitudes dans laquelle se meut Anne Morelli, Laurence van Ypersele exprime une inquitude mthodologique :<i> Il s'agit - </i>crit-elle<i> - d'accepter que la vrit de notre dmarche est relative, qu'elle implique l'historien lui-mme et qu'elle est  sa dimension, simplement humaine. L'humilit est un chemin difficile. </i>[...]<i> </i>Et d'ajouter que <i>la validit scientifique, la vrit historique et ses limites dpendent essentiellement de la problmatique, du choix des sources, et des mthodes utilises </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note11">(11)</a>. Comblant ainsi le dficit mthodologique d'Anne Morelli dans l'introduction de son ouvrage, des pages entires du texte de Laurence van Ypersele seraient  citer tant elles montrent ce que doit tre la juste dmarche de l'historien : faire appel aux disciplines sur lesquelles le chercheur doit s'appuyer, ainsi qu'aux travaux thoriques dj raliss sur le sujet tudi. Les pages 399 et 400 de la bibliographie sont - avec la qualit du travail - les signes les plus visibles d'une tentative de matriser le difficile sujet qu'elle a trait. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Dans l'introduction de son ouvrage, Anne Morelli indique dj, quant  elle, quels peuvent tre les procds du chercheur lorsqu'il est anim par d'autres volonts que celle d'crire le vrai. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Pour s'en convaincre, il suffit d'voquer le sort qu'Anne Morelli fait aux <i>auteurs de l'Identit wallonne</i>, en m'associant  Albert Henry, Professeur mrite de l'ULB - lien flatteur  mon gard, tant j'prouve du respect pour ce grand intellectuel -, oubliant que je porte cependant, seul, l'unique responsabilit de cet ouvrage. Fustigeant ceux qui feraient de l'Europe le berceau exclusif de la dmocratie, des droits de l'homme, du dialogue et du dveloppement, elle crit : <i>Les auteurs de &quot;L'Identit wallonne&quot; auraient sans doute ajout que cela est bien vrai mais qu'en outre seul le paysage de la Wallonie &quot;n'abtit ni n'exalte, n'abat ni ne galvanise, n'endort ni n'emporte, ce paysage are l'me&quot;</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note12">(12)</a>. Et la dbusqueuse de mythes prcise en note qu'il s'agit de l'extrait d'un &quot;pome&quot; d'Albert Henry. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">L'attentat intellectuel se trouve contenu dans le mot &quot;seul&quot;, qui est de la plume d'Anne Morelli. En effet, en ajoutant ce mot qui n'existe pas dans le texte, elle donne un ct exclusif  l'affirmation et en fait donc un argument pour soutenir sa thse d'une identit wallonne diffrentialiste et nationaliste. C'est simple et cela peut paratre efficace. Notre manipulatrice ne relve pas, par contre, que le paysage illustrant ce texte en couverture de l'ouvrage est un paysage rural et que cette image va  l'encontre du <i>nouveau mythe identitaire wallon</i> industriel qu'elle a voqu  la page prcdente de son texte, grce  une photo... anonyme. De mme, il aurait peut-tre t utile pour l'historienne de se rendre compte, en le consultant, que ce texte <i>Offrande wallonne</i> n'est pas un quelconque &quot;pome&quot; mais bien un livre de 143 pages, crit par l'un de ces soixante-cinq mille Wallons - mythiques eux aussi ? - qui furent enferms, pour la plupart, pendant cinq ans de guerre dans des camps allemands, simplement parce qu'ils taient... wallons. Si Anne Morelli avait seulement ouvert ce livre magnifique dont Herv Hasquin cite lui aussi un extrait dans <i>Historiographie et Politique</i>... <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note13">(13)</a>, elle y aurait lu, en avant-propos, cette phrase de Montesquieu :<b> <i>Tout citoyen est oblig de mourir pour sa patrie, personne n'est oblig de mentir pour elle</i> </b><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note14">(14)</a>. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Communaut ou Rgion ? </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">C'est probablement cette mme mconnaissance du sujet qui fait que,  une exception prs, la contribution de la directrice de la publication est probablement la plus faible de tout le volume. Comment, en effet, voquer <i>la construction des symboles &quot;patriotiques&quot; de la Belgique, de ses rgions et de ses communauts</i>, en se montrant incapable de distinguer correctement, sur un tel sujet, la Communaut franaise de la Rgion wallonne ? En fait, Anne Morelli aurait d emprunter  son collgue Jo Tollebeek l'article bien document que Philippe Carlier a consacr  <i>La Wallonie  la recherche d'une fte nationale</i> dans la <i>Revue belge de Philologie et d'Histoire</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note15">(15)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Quant au choix du coq comme emblme,  la place des salmigondis de Anne Morelli, j'y vois plutt - comme Jacques Hoyaux en 1975 - <i>un emblme de paix, cr dans un lgitime mouvement de solidarit contre des lois de contraintes </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note16">(16)</a>. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Jules Destre, peu sympathique ? </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Un des chevaux de bataille d'Anne Morelli dans son livre - tout autant que dans ses nombreuses dclarations - est assurment la vision qu'elle cultive de Jules Destre. Ainsi, renvoie-t-elle le lecteur au chapitre <i>comparant Jules Destre dans la mythologie rgionaliste wallonne avec des aspects occults de sa personnalit sans doute moins sympathiques aux socialistes qui prnent son culte </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note17">(17)</a>. Il y aurait beaucoup  dire sur la <i>mythologie rgionaliste wallonne</i> et sur le <i>culte</i> que les socialistes seraient senss vouer  Destre ! Nanmoins, nous retiendrons surtout l'accusation d'occultation par l'Institut et les <i>aspects moins sympathiques</i> de Jules Destre. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">De quoi s'agit-il ? De l'exception que j'voquais ci-dessus, c'est--dire de l'article de Jean-Philippe Schreiber : <i>Jules Destre, entre Sparatisme et Nationalisme </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note18">(18)</a>. Il serait trop long de relever toutes les fautes mthodologiques et toutes les affirmations errones contenues dans ce texte. Que retient-on de cet article ? </font>  <ul>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2">Que les renardistes wallons et l'Institut Jules     Destre auraient cr le mythe de Jules Destre, le rgionaliste, alors que le     dput de Charleroi aurait t un <i>nationaliste</i> belge; </font></li>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2">Que Jules Destre aurait fond son <i>nationalisme     wallon</i> sur un racisme et un antismitisme chroniques; </font></li>   <li><font face="Comic Sans MS" size="2">Que nous aurions occult ces traits et mme que,     en 1981, Maurice Bologne aurait tronqu la <i>Lettre au Roi</i> pour cacher l'attachement     de Destre  la Belgique ! </font></li> </ul>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Notons d'emble la contradiction qu'entretiennent Jean-Philippe Schreiber et Anne Morelli en associant le pseudo-racisme de Destre  son caractre de rgionaliste wallon mais pas  la qualit de nationaliste belge qui, selon eux, a succd au rgionalisme du dput de Charleroi. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Ces trois thses sont fausses et sans fondement. </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><b>1. Jules Destre &quot;patriote belge&quot; ?</b> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Un simple coup d'oeil sur la notice que j'ai rdige en 1988 pour le <a href="1988_Destatte-Ph_Jules-Destree.htm"><i>Dictionnaire d'Histoire de Belgique</i></a>, publi sous la direction scientifique de Herv Hasquin suffit  montrer que nous avons tenu  prsenter la personnalit de Jules Destre dans toute sa complexit et dans toute sa dynamique <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note19">(19)</a>. Ainsi, on ne peut nier, ni avant, ni aprs la guerre, son attachement  la Belgique, qui est le fait de la grande majorit des personnalits du mouvement wallon  l'poque. Mais, de la mme faon, on ne peut passer sous silence la rfrence constante que constituera pour lui sa <i>Lettre au Roi</i>, son accord de la rditer peu avant sa mort, son dpart de l'Assemble wallonne et son adhsion  l'Action wallonne - fait considrable ! -, de mme que le fait de prendre la parole au plerinage de Waterloo en 1934. Tout ceci a fait l'objet d'un dossier <i>commandit</i> par l'Inspecteur d'Histoire Michel Rvelard et publi par la Communaut franaise en 1988 <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note20">(20)</a>. De son ct, l'historien bruxellois Jean-Christophe Pirnay a relev, au cours de son analyse de l'ouvrage d'Anne Morelli, que je n'avais pas crit autre chose dans <i>L'Identit wallonne </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note21">(21)</a>. On trouvera d'ailleurs le mme discours dans l'interview donne au journal <i>Le Peuple</i>,  l'occasion du cent trentime anniversaire de la naissance de Jules Destre <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note22">(22)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Historien peu suspect de <i>wallingantisme</i>, Luc Mullier conclut le mmoire de licence qu'il a consacr  <i>La Lettre au Roi</i>, sous la direction du Chanoine Aubert, de la manire suivante: <i>Destre aprs la guerre n'est plus aussi mordant qu'il ne l'est dans sa lettre, il veut sauver la Belgique par le rgionalisme, le compromis des Belges de 1929 va dans ce sens. Mais cela ne signifie nullement que sa foi en une Wallonie plus ou moins autonome se soit amoindrie; au contraire, on pourrait dire qu'en devenant plus &quot;raisonnable&quot;, sa foi wallonne crot en qualit </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note23">(23)</a>. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><b>2. Jules Destre, l'antismite ?</b> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Pour admettre qu'Anne Morelli et Jean-Philippe Schreiber rvlent des vrits dissimules ou,  tout le moins, fassent preuve d'innovation, il faudrait faire abstraction des auteurs qui, depuis vingt ans, ont voqu ce problme : Jean-Claude Henrotin (1977), Marcel Liebman (1979), Michel Dumoulin (1980), Isabelle Karolinski (1982), Pol Vandromme (1984), Ren Henoumont (1984), Andr Man (1984), Philippe Destatte (1986) <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note24">(24)</a>. Il ne s'agit assurment pas uniquement de diffusion dans des cnacles, mme si la qualit de ces travaux est de valeur ingale. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Roger Chartier rappelait rcemment que les historiens eux-mmes ne font pas toujours ce qu'ils croient faire et que les ruptures hautement proclames masquent souvent des continuits mconnues <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note25">(25)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">La source de cette question d'antismitisme nous ramne un sicle en arrire. Le 1er dcembre 1897, Emile Zola peut crire dans <i>Le Figaro</i> que <i>Pas un homme de nos Assembles n'a eu un cri d'honnte homme, ni un modr, ni un radical, ni un socialiste. Aucun de ceux qui ont la garde des liberts publiques ne s'est encore lev contre, pour parler selon sa conscience </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note26">(26)</a>. A ce mme moment, l'ex-Capitaine Alfred Dreyfus est pourtant au bagne de l'le du Diable, au large de Cayenne, depuis prs de trois ans. On a oubli aujourd'hui le temps o Jean Jaurs et Georges Clmenceau regrettaient qu'on n'ait pas fusill Dreyfus, on a oubli qu'il fallut les convaincre un  un, <i>les chapitrer  part </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note27">(27)</a>. L'historienne Madeleine Rebrioux soulignait en 1985 que, au plan du socialisme international, on ne disposait d'aucun relev srieux des prises de position et des analyses pendant l'Affaire, ce qui, crivait-elle, <i>facilite videmment les indignations et les enthousiasmes </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note28">(28)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Jean Jaurs, lui-mme, n'volua progressivement que dans les dernires semaines de 1897 <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note29">(29)</a>. C'est le 13 janvier qu'Emile Zola crit son <i>J'accuse</i> dans <i>L'Aurore</i> de Georges Clmenceau. Le 18 janvier, trente-deux dputs socialistes franais - dont Jaurs - publient un manifeste dans lequel ils se dsintressent du sort de Dreyfus, qu'ils considrent essentiellement comme bourgeois. Le 22 janvier, Jaurs crit encore, dans <i>La Petite Rpublique</i>, que derrire Zola, <i>derrire son initiative hardie et noble, toute la bande suspecte des cumeurs juifs marche, sournoise et avide, attendant de lui je ne sais quelle rhabilitation indirecte, propice  de nouveaux mfaits </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note30">(30)</a>. C'est l'abstention aussi que Jules Destre prne dans <i>Le Peuple</i> du 29 janvier 1898, en refusant de suivre Zola. Et il l'explique notamment par l'amalgame qu'il fait entre l'antismitisme et l'anticapitalisme, dans ce texte dont j'ai publi un extrait en 1986, voici presque dix ans <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note31">(31)</a> ! Cette prise de position est une faute politique de Jules Destre, car il reste attach  la tradition d'antismitisme social de tout le mouvement ouvrier - y compris de la dmocratie chrtienne <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note32">(32)</a> - depuis Pierre-Joseph Proudhon, Charles Fourier, Karl Marx, Gustave Defnet, Louis Bertrand, Jean Volders et tant d'autres, au moment o certains ont mesur que cette doctrine tait dpasse et ont entam - souvent timidement - un changement de cap. Ce faisant, Jules Destre,  la suite d'Edmond Picard et de Lon Hennebicq, prend le risque d'tre assimil  la grande partie de la droite catholique qui, depuis longtemps, se dchane contre les Juifs, particulirement <i>La Gazette de Lige</i>, le <i>Journal de Bruxelles</i> et,  Namur, <i>L'Ami de l'Ordre </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note33">(33)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>Gure brillant</i>, ai-je crit en 1986. <i>Il est anormal</i>,  toutes les poques, <i>d'tre antismite</i>, ai-je rpondu en juin 1995 lorsque, au cours de son mission <i>Samedi Premire</i>, Jean Rosoux me demandait si la raction de Jules Destre tait normale ou si l'on avait affaire  <i>une vision anachronique de l'histoire </i>(34). Toutefois, il faut tre prudent dans les conclusions que l'on tire : Michel Winock souligne que l'Affaire Dreyfus ne met pas aux prises des citoyens honntes et des racistes, mais, comme le dit Maurice Palologue, <i>deux sentiments sacrs, l'amour de la Justice et la religion de la Patrie</i>. De mme, les engagements des dreyfusards - comme des antidreyfusards - ont des origines diverses, <i>mimtisme, arrivisme, intimidation, reconnaissance envers un matre, hostilit envers un rival</i>, relve Michel Winock <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note35">(35)</a>. Des prcautions de prudence que Jean-Philippe Schreiber a ignores ! </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ignor aussi, dans le livre d'Anne Morelli, ce passage de <i>L'Avenir social</i> de mars 1899, hebdo- madaire du Parti ouvrier belge, article dont Jean-Philippe Schreiber cite pourtant quelques lignes en oubliant de relever que, dans le paragraphe qui prcde l'extrait qu'il pingle, Jules Destre a dnonc sa propre attitude  l'gard de l'Affaire Dreyfus. J'avais cit ce passage en 1986 : </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">[...]<i> qu'on rige en principe la ncessit de l'opposition des intrts de classe, qu'on proclame anathme tout ce qui vient de la bourgeoisie, qu'on dclare ne vouloir rien de commun avec elle, la thorie, ainsi pousse  l'extrme, devient funeste et rtrograde. On en a vu l'aboutissement trange dans la dcision d'ailleurs phmre des marxistes de se dsintresser de l'Affaire Dreyfus, sous prtexte que les proltaires franais n'avaient pas  se proccuper de ce dbat entre bourgeois </i>(36). </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">En parallle avec celui des socialistes franais, Jules Destre a fait preuve d'antismitisme pendant quelques mois, de janvier 1898 jusqu'en mars 1899, date  laquelle il notifie lui-mme l'volution de sa pense. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">En outre, il aurait t utile galement que Jean-Philippe Schreiber cite la fin de l'article de <i>L'Avenir social</i>: </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">[...]<i> Quant  nous, qui n'avons point de rvlation divine  propager, mais seulement des rvlations humaines, sans cesse rvisables et perfectibles, gardons-nous srieusement de ce travers. Ne crons point de dogmes et d'articles de foi. Admettons la discussion des matres les plus vnrs et des principes les moins contests. Contrlons-les sans cesse par l'observation des faits. N'oublions jamais qu'ils sont soumis, comme nous,  la loi de l'volution, que tout arrt est un recul ! Restons ouverts  toutes nouveauts, attentifs  toutes les rumeurs annonciatrices des temps  venir. Qu'il n'y ait point un socialisme ferm, sectaire, orthodoxe. Soyons tolrants pour ceux d'entre nous qui errent, puisque nous pouvons errer nous-mmes.</i> [...]<i> </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note37">(37)</a>&quot; </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ainsi, Jules Destre a-t-il pu errer en 1898, de mme que Jean-Philippe Schreiber continue  errer en 1995. Le premier a le mrite de l'avoir reconnu ds l'anne suivante... </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><br> Qu'en est-il de la suite ? </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ses confrences en Italie allaient permettre  Jules Destre d'aborder une nouvelle fois l'Affaire Dreyfus. Un de ces textes sera publi en conclusion de l'ouvrage <i>Les Socialistes et la Guerre europenne, 1914-1915</i>, dit en 1916 <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note38">(38)</a> et reproduit en 1929 dans un chapitre intitul <i>Socialisme et Internationalisme</i>, de son livre <i>Introduction  la vie socialiste</i>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">[...]<i> Si le socialisme se rduisait  la question du salaire, ce serait une assez misrable doctrine, et l'on ne comprendrait plus le prestige qu'elle exerce sur les masses et l'lite. En France, lors de l'affaire Dreyfus, on a entendu des controverses analogues. Certains thoriciens farouches proclamaient que c'tait une affaire de bourgeois, devant laisser indiffrents les travailleurs. Ils n'ont pas t suivis. Les travailleurs ont rpondu qu'il ne pouvait leur tre indiffrent que fussent violes la Justice et la Vrit. A l'heure actuelle, il ne peut de mme leur tre indiffrent de voir violer le Droit et la Libert </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note39">(39)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">On peut certes regretter que Jules Destre ne rappelle pas qu'il fut, un temps, parmi ces <i>thoriciens farouches</i>. L'poque n'tait pas encore propice aux confessions d'hommes politiques. Plus srieusement, cette prise de position est importante car elle montre que, contrairement  de nombreux dreyfusards, Destre ne va pas suivre ceux qui, au sein du mouvement socialiste, vont voir dans l'Affaire Dreyfus une immense mystification et regretter d'avoir apport leur secours  la Rpublique en pril. Ceux-l et d'autres vont driver vers un socialisme national et rvolutionnaire <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note40">(40)</a>. Jules Destre non. La drive, dans le POB, sera l'oeuvre d'Hendrik De Man de mme que, dans sa ligne et celle de Lopold III, de Paul-Henri Spaak. On devrait le savoir dans l'Universit du Professeur Jean Stengers <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note41">(41)</a>... </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">On ne peut pas clore ici le dossier visant  tablir une liaison entre Jules Destre et l'antismitisme sans voquer une rponse prcise  une question que posait Ren Henoumont en 1984 dans <i>Pourquoi Pas ?</i>, aprs avoir rendu compte du livre de Pol Vandromme voqu plus haut : <i>L'antismitisme de Destre est de son poque. Il y a quasi un sicle. La seule vraie question est de savoir si Destre aurait approuv la dportation des petits-fils de Dreyfus  Auschwitz. Il y a des mots qui changent de sens au prix de millions de morts </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note42">(42)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">La question est cruelle mais elle est pertinente. L'historienne de l'Universit de Lige Isabelle Karolinski nous livre une rponse en mettant en vidence le patronage que Jules Destre apporte  un ouvrage - publi  Paris en 1934 - qui dnonce les perscutions des Isralites allemands par les hitlriens et met en vidence les dangers de la logique nazie de <i>Mein Kampf</i>. L'diteur de<i> La question juive, vue par 26 minentes personnalits</i> y publie d'ailleurs la lettre de Jules Destre du 19 janvier 1934, que Isabelle Karolinski reproduit elle aussi dans son travail (43) : </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>J'ai bien reu votre lettre du 18 janvier. Je ne puis qu'approuver la publication que vous annoncez. Avec un pareil Comit de patronage, ce volume ne pourra tre que fort intressant. Il vient  son heure, car les mouvements d'opinion que nous avons constats en Allemagne rendent la question actuelle et de nature  faire rflchir le monde entier.</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>Recevez mes salutations distingues.</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>Jules DESTREE, dput de Charleroi<br> 45, rue des Minimes.</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><br> Tout ceci a videmment chapp  Jean-Philippe Schreiber, comme cela a, du reste, chapp  tous les journalistes d'investigation qui, du journal <i>Le Soir </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note44">(44)</a>  la revue <i>Regards </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note45">(45)</a>, prfrent appter les lecteurs en colportant l'image d'un Jules Destre antismite, non en fonction de son socialisme, mais en fonction du fait qu'il tait wallon. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Sous le titre <i>L'Etat wallon, entre rve et ralit</i>, cette dernire revue rapproche d'ailleurs, sur la mme page, Jules Destre &quot;l'antismite&quot; dcrit par Jean-Philippe Schreiber et un Jos Happart &quot; nationaliste&quot; &quot;rvl&quot; par Bndicte Vaes et Claude Demelenne. Pour assurer la liaison chronologique, l'auteur de l'article, Manuel Abramowicz, n'hsite pas  crire que <i>durant l'occupation du pays, une poigne de militants wallingants se regroupent pour dfendre bec et ongles une conception nationaliste. Avec le soutien des nazis, ils revendiquent clairement l'existence d'une race wallonne. Ces nationaux- rgionalistes sont bien entendu antismites</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note46">(46)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">De quoi parle-t-on ? J'avoue mon ignorance. C'est Jos Gotovitch, actuel Directeur du Centre d'Histoire de Recherches et d'Etudes historiques de la Seconde Guerre mondiale, qui crivait que, par rapport  la Flandre, <i> aucun moment, par contre, en Wallonie, cette collaboration ne put prendre un contour effectivement wallon, s'appuyer sur une ralit nationaliste</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note47">(47)</a>. J'ajoute que la continuit fondamentale que l'on peut dceler dans le mouvement wallon des annes trente est celle qui mne de l'antifascisme et de l'antirexisme d'avant-guerre  la Rsistance prcoce de Wallonie libre. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Dans ma mmoire d'historien, le Comit de Dfense des Juifs et le mouvement wallon taient, aux heures les plus noires, dans le mme camp : celui du Front de l'Indpendance, ce mouvement de Rsistance que des Wallons avaient plus que contribu  crer,  Lige, ds 1941, sous le nom de Front wallon pour la Libration du Pays <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note48">(48)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">A quel jeu joue donc Manuel Abramowicz ? </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><b>3. L'occultation de Jules Destre par l'Institut qui porte son nom</b> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">L'Institut Jules Destre n'a rien occult. D'abord, certainement pas les prises de position antismites de Destre. J'ai montr avoir accord une place importante  ce problme dans l'analyse de la pense politique de Destre que j'ai ralise en 1986. J'ajouterai que, avant mme la publication de ce texte en tant qu'article dans la <i>Revue belge d'Histoire contemporaine</i>, l'Institut Jules Destre a diffus, sous forme de brochure, le texte de la confrence sur <i>Jules Destre et l'Italie</i> o j'voque cet antismitisme relatif. Cette brochure, dite  plus de 1.500 exemplaires par la Ville de Charleroi, a t largement diffuse lors des trois expositions qui ont accueilli un large public ( l'<i>Innovation</i>, au Muse des Beaux-Arts et au Muse du Verre) en septembre et en octobre 1986. De mme, l'Institut Jules Destre avait inscrit, parmi ses ouvrages en diffusion, le livre que Michel Dumoulin avait consacr au mme sujet. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ensuite, <i>La Lettre au Roi</i>. Pour Jean-Philippe Schreiber<i>, La lettre au Roi, quelque peu oublie jusqu'en 1960, ne connut de seconde vie que grce  Andr Renard puis  l'Institut Jules Destre </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note49">(49)</a>. Flatteur pour notre Institut mais btise pour l'historien ! </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">On pourrait voquer les nombreuses rfrences  Jules Destre et  sa <i>lettre</i>, avant la guerre, pendant la guerre, au Congrs national wallon de 1945 et par la suite galement. Je me limiterai  citer Maurice-Pierre Herremans, Secrtaire gnral de l'Institut belge de Science politique. Celui-ci crivait en 1950 que <i>la Lettre au Roi est reste d'actualit et il n'est pas un orateur wallon qui puisse traiter du problme wallon sans y faire allusion </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note50">(50)</a>. A noter que, en annexe de cet ouvrage important, le futur Vice-Prsident du Crisp avait jug utile de publier le texte de la <i>Lettre au Roi</i> dans sa totalit. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">C'est un texte complet aussi, celui de la <i>Revue de Belgique</i>, que nous envoyons depuis de nombreuses annes  ceux qui nous demandent la<i> Lettre au Roi</i>. D'abord, parce qu'il n'y a rien  cacher ni  renier dans ce document fondamental, mais bien, au contraire, des analyses pertinentes  replacer dans leur contexte,  comprendre et  expliquer. Ensuite, parce que le texte paratra dans les <i>Ecrits politiques wallons</i> de Jules Destre, dont la publication est en prparation. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Quel procs bizarre que celui fait par Jean-Philippe Schreiber  Maurice Bologne concernant l'dition de 1981 de <i>La Lettre au Roi</i>, depuis longtemps puise. Edition allge pour Maurice Bologne, tronque pour Jean-Philippe Schreiber. Celui-ci se demande, <i>sans douter de la sincrit de l'auteur,</i> pour quelle raison on ne publia pas le texte original de Jules Destre dans son entier, ou, autre question, pourquoi on ne reprit pas l'dition contenue dans <i>Wallons et Flamands...</i>, publi en 1923 <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note51">(51)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Je vais rpondre, puisque M. Schreiber n'a pas trouv tout seul, laissant planer l'ide - et tentant de la dmontrer - que Maurice Bologne aurait essay de cacher l'attachement de Destre  la Belgique. Dans cette mme optique, Bernard Padoan, journaliste au <i>Soir</i>, n'hsite pas, quant  lui,  crire qu'<i>il est intressant de noter qu'en 1981, lorsque l'Institut Jules Destre (le bien-nomm) publia une nouvelle dition de la &quot;Lettre&quot;, il en laguera certains passages o Destre affirme clairement son patriotisme </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note52">(52)</a>. Pour la comprhension, j'ajouterai &quot;patriotisme belge&quot;, le collaborateur du<i> Soir</i> semblant considrer qu'il ne puisse pas en exister d'autre. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">D'abord, il faut savoir que la <i>lettre</i> publie en 1981 n'est, elle-mme, qu'une rdition, avec l'ajout de trois photographies, de la brochure publie en 1963 par Maurice Bologne aux Editions de la Wallonie libre. Dans ce premier texte - dj incomplet -, Maurice Bologne avertit le lecteur de ce caractre incomplet et prcise, d'une part, que c'est  la demande du Conseil gnral de la Wallonie libre qu'une version allge a t prpare et que, d'autre part, les phrases non reproduites auraient demand, pour tre comprises de nos jours, des explications de caractre historique ou des notes complmentaires. Et Maurice Bologne d'annoncer une <i>dition critique</i> de la <i>Lettre au Roi</i>, <i>que prpare l'Institut Jules Destre</i>. Celle-ci n'a, malheureusement, pas encore vu le jour. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ensuite, on peut se demander pour quelle raison Maurice Bologne aurait tent de cacher l'attachement de Jules Destre  la Belgique en supprimant des extraits de sa <i>Lettre</i>, alors que, dans son introduction  cette publication, le Prsident honoraire de l'Institut Jules Destre crit : </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>L'expos de J. Destre n'est pas purement ngatif, comme on pourrait le croire  la lecture de ce qui prcde. Il propose en effet une solution  ce conflit maintenant sculaire :</i> &quot;<i>une Belgique faite de l'union de deux peuples indpendants et libres&quot;.</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>Il avait crit avant cela toutefois &quot;que la sparation sera avant tout ce que les circonstances la feront&quot;. Tout en souhaitant une solution qui maintienne l'existence de la Belgique  laquelle il tait fort attach, sa clairvoyance lui fera cependant admettre que, si les Wallons taient opprims par les Flamands, &quot;ils se tourneraient dsesprment vers la France&quot;.</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Et Maurice Bologne ajoute en citant Destre :&quot;<i>Si la Belgique disparat dans cette tourmente&quot;, concluait-il, &quot;l'incomprhension des centralisateurs nationalistes en aura t cause tout autant que le fanatisme conqurant des flamingants&quot; (Wallons et Flamands</i>, Paris, 1923, p. 175). </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Sans vouloir accabler Anne Morelli ou Jean-Philippe Schreiber, j'ajouterai <i>a contrario</i> de leur thse que Maurice Bologne a donn,  la <i>lettre</i> publie en 1981, le sous-titre &quot;La Belgique en danger&quot; (p. 25) et a repris, en caractres gras, la formule dj voque : <b><i>Une Belgique faite de l'union de deux peuples indpendants et libres, accords prcisment  cause de cette indpendance rciproque, ne serait-elle pas un Etat infiniment plus robuste qu'une Belgique dont la moiti se croirait opprime par l'autre moiti ?</i></b> (p. 27). </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">C'est l que rside, assurment, l'actualit de Jules Destre. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Quand le sens des mots volue... </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Je ne passerai pas sous silence la question de l'emploi du mot <i>race</i> par Jules Destre ni celle des commentaires dsobligeants qu'il adresse aux Bruxellois. Mais quel est le sens de <i>race</i> au dbut du XXme sicle ? Tout comme  propos du mot <i>juif</i>, Lon Poliakov a crit des phrases tout en nuances sur ce thme <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note53">(53)</a>. A propos de l'antismitisme et de l'antijudasme, Emile Poulat rappelle, dans sa prface  un ouvrage rcent, qu'il faut toujours tre attentif  l'histoire et  l'usage des mots, <i>surtout quand ils sont aussi chargs - de sens, de passions -,  la fois surdtermins et indtermins. Tout dbat devrait s'ouvrir par la question: quel sens prcis donner aux mots dont on convient de se servir? C'est rarement le cas </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note54">(54)</a><i>.</i> Effectivement, il est anachronique de reporter sur ces termes la charge affective qu'ils ont eue depuis l'poque du nazisme. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Concernant le mot <i>race</i>, Jules Destre, quant  lui, souligne -  la tribune de la Chambre le 22 mai 1913 - qu'<i>il faut permettre  nos deux peuples d'panouir totalement leurs qualits diverses et ne pas chercher  confondre, dans une unit illusoire et brutale, les deux nationalits qui composent notre Belgique, car il ne s'agit pas  proprement parler de deux races, mais bien de deux nationalits. En ralit,</i> ajoute-t-il, <i>il n'y a plus, au XXme sicle, une seule race pure en Europe, et il est plus exact</i> <i>de parler de nationalits</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note55">(55)</a>. De mme, en 1915, Jules Destre dnonait la propension des nationalistes italiens  reprendre <i>la spcieuse thorie des races suprieures </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note56">(56)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Qu'est-ce qu'un Bruxellois en 1912 lorsque Jules Destre voque <i>la cit des mtis</i> ? Qu'est-ce qu'un Bruxellois en 1923 lorsque, habitant depuis la fin de la guerre rue des Minimes  Bruxelles, Jules Destre crit dans <i>Wallons et Flamands</i> que <i>la Cit des mtis</i> devient <i>l'ardent foyer d'une civilisation europenne; c'est un rle assez beau pour que nous puissions beaucoup lui pardonner </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note57">(57)</a> ? Qu'est-ce qu'un Bruxellois le 12 fvrier 1930 lorsque,  la Chambre, le Premier Ministre Henri Jaspar, catholique bruxellois mais lu  Lige, lance  Jules Destre : <i>Mais vous tes Bruxellois !</i> Et que celui-ci rpond : <i>Allons donc, monsieur Jaspar ! Je suis Bruxellois comme vous tes Ligeois </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note58">(58)</a><i> !</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">C'est ce mme jour - certains l'ont oubli  Bruxelles - que Jules Destre demandera au gouvernement, en change de son vote, que l'on reconnaisse le caractre bilingue de la rgion bruxelloise, que l'on s'engage  ne recourir  aucune contrainte pour attnuer ce caractre bilingue, que l'on fixe la frontire linguistique <i>en rectifiant la limite des arrondissements selon la volont de la population des communes gares </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note59">(59)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Quel jeu a-t-on voulu mener en dressant un portrait aussi barbouill qu'inexact de celui dont, en 1933, Paul Valry vantait les qualits d'ouverture et de dialogue <i>aux hommes de toute race, de tout parti, de tous rangs, de tous caractres </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note60">(60)</a> ? De cet homme  qui venaient rendre visite, dans sa maison bruxelloise, Henry Carton de Wiart, Paul Hymans, Albert Einstein, Paul Claudel, Colette et Ventura Garcia Calderon <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note61">(61)</a> ? </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Nationalistes, les Wallons ? </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Pourquoi , en contradiction avec toute la dmarche de l'Institut Jules Destre et des historiens honntes, avoir voulu tenter de crer le mythe d'un Jules Destre intolrant alors que l'essentiel de sa vie fut autre ? </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Probablement parce que Jules Destre, comme Maurice Bologne, comme Albert Henry, ont affirm la Wallonie. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Probablement parce que notre projet est celui d'une identit wallonne ouverte, respectueuse des femmes et des hommes, d'une identit wallonne participative et citoyenne plutt que d'appartenance, multiple plutt qu'exclusive. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Probablement parce que, comme Jules Destre en 1915, comme Fernand Dehousse en 1937 ou comme Jos Happart et Robert Collignon aujourd'hui - pour ne citer qu'eux - ceux qui parlent au nom des Wallons refusent tout nationalisme, toute exacerbation du sentiment national. Certes, Anne Morelli balaiera cette affirmation avec la mme arrogance sceptique qui lui a permis d'liminer les contributions au colloque organis aux Facults universitaires Notre-Dame de la Paix  Namur, en avril 1994 <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note62">(62)</a>: [...]<i> que prouvent les dclarations de Wallons se dfendant d'tre nationalistes, sinon qu'ils se <b>disent</b> non nationalistes et qu'ils pensent que dans les circonstances politiques actuelles de la Wallonie, le nationalisme est mal peru </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note63">(63)</a> ? Quel sophisme! Quel danger y aurait- il pour les hommes politiques  affirmer un nationalisme wallon puisque la majorit des mdias situs  Bruxelles - <i>Le Soir</i>, <i>La Libre Belgique</i>, la RTBF et RTL - n'ont cess, de toute manire, de leur attribuer et de dnoncer un pseudo-nationalisme wallon <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note64">(64)</a>? De plus, comment peut-on aborder une problmatique relative  l'histoire des ides en rcusant, en bloc, la continuit des positions d'un mouvement depuis un sicle? La vrit a ses droits, la science ses devoirs, n'en dplaise aux desseins qui, parfois, asservissent l'esprit. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">C'est Jean-Pol Demacq, Prsident de l'Institut Jules Destre, qui insistait, en juin dernier, sur le fait que nous avions voulu inscrire notre action dans la dmarche du mouvement wallon, si bien exprime par le <i>Manifeste pour la Culture wallonne </i>de 1983 : </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><i>Sont de Wallonie sans rserve tous ceux qui vivent, travaillent dans l'espace wallon. Sont de Wallonie toutes les penses et toutes les croyances respectueuses de l'homme, sans exclusive </i><a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note65">(65)</a><i>.</i> </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Et, nous nous sommes tous rjouis lorsque, en nouvel cho des dclarations des intellectuels wallons, le prsident du Parlement wallon, Guy Spitaels, a rappel que les Wallons sont tout simplement les habitants de la Wallonie, que l'identification des Wallons  la Wallonie ne saurait tre exclusive, que cette multiplicit des appartenances permet aux immigrants de partager notre projet sans cesser d'tre eux-mmes <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note66">(66)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Ainsi qu'il m'a t donn de le dire au Parlement wallon,  la reconnaissance de la citoyennet - et donc de l'existence politique et culturelle des populations immigres -, devra correspondre,  court ou  moyen terme, l'attribution du droit de vote pour tous les habitants de la Wallonie afin d'lire les membres de ce Parlement <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note67">(67)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Nationalistes, les Wallons ? </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Les Historiens : des opportunistes et des farceurs ? </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">En conclusion de son cours de critique historique  l'Universit libre de Bruxelles, le Professeur Jean- Jacques Hoebanx essayait de tirer une leon de l'histoire. En ralit, il en exprimait deux. D'abord, une leon de relativit, <i>puisque le fait d'tudier un phnomne quel qu'il soit le transforme par l'intervention de l'observateur</i>. <i>Ensuite, une leon de comprhension, de tolrance et de sympathie vis--vis des hommes du pass, des milliards d'hommes qui sont venus avant nous et qui ont fait certaines expriences dont ils nous ont laiss le souvenir et qu'il importe de refaire ou au contraire de proscrire </i>(68). </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Aprs l'historien, l'ancien professeur d'histoire que je suis s'interroge galement sur l'effet que le livre et le discours actuel d'Anne Morelli auront sur l'opinion publique et, au del, sur les responsables de nos enseignements. En faisant passer les historiens pour des opportunistes ou des farceurs, Anne Morelli prend gravement le risque que, dans un climat politique qui est  la recherche d'conomies, on ne rduise encore le nombre d'heures du cours d'histoire. Ce serait assurment la meilleure faon de supprimer les mythes dnoncs, ressuscits ou crs de toutes pices. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Jules Destre, lui, en tout cas, ne sera pas atteint, tant il reste largement absent - tout comme le mouvement wallon et la Wallonie en gnral - de l'enseignement qui est aujourd'hui dispens dans les coles de la Communaut franaise. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Aprs la communautarisation de l'enseignement, nous avions pourtant rv, en 1990 et 1991, d'un beau cours d'histoire, processus d'identification et de dialogue dans le sens que lui donnait M. Torrs-Bodet, premier directeur de l'Unesco, qui disait que <i>c'est dans le milieu proche et concret que peut se former le mieux le sens civique et humain qui doit s'tendre aux dimensions du monde</i>. Nous avions soulign que cette dmarche devait se faire sans conception dterministe de l'histoire et dans le respect de la relation avec l'universel. Nous voulions un enseignement de l'histoire <i>formation d'une personnalit rigoureuse</i>, favorisant l'esprit civique et l'esprit de solidarit, une dmarche intellectuelle active, des rfrences historiques donnant  nos lves la mesure d'une dimension, celle de l'volution du monde tout entier, une ouverture sur cet univers politique, conomique, culturel, social, un enseignement corollaire de la pratique de la dmocratie. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Nous esprions que se mette en place une formation critique, aux approches mthodologiques multiples et pertinentes, un choix de contenus riches et adquats. Nous voulions oser cette tentative d'apprhender le prsent et de comprendre le monde d'aujourd'hui en privilgiant l'histoire contemporaine, en accentuant la formation des enseignants, en apprhendant les nouvelles identits, en articulant judicieusement perspective plantaire, patrimoine de l'humanit, approches locales et rgionales, en nous inspirant de la dmarche prne par le Professeur Lon-E. Halkin <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note69">(69)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Nous n'avons rien obtenu de tout cela et, tandis que l'enseignement dans la Communaut franaise n'en finit pas d'agoniser, on ressert  l'opinion publique, aux lves et aux enseignants dsabuss des mythes culs sur les Wallons et leur histoire ! </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <h3><font face="Comic Sans MS" size="2">Rendre les femmes et les hommes libres et citoyens </font></h3>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Faudra-t-il attendre la rgionalisation de l'enseignement pour disposer de la srnit intellectuelle et institutionnelle qui rendra, aux habitants de la Wallonie, leur confiance en eux-mmes, leur volont d'agir et de se porter, sans complexes,  la rencontre du monde ? </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Cette rgionalisation ne pourrait, du reste, s'oprer que dans deux perspectives, corollaires des proccupations que nous avons rappeles. D'une part, il faudrait favoriser une ducation du citoyen  sa propre prise en charge volontariste. Comme le Prsident de l'Assemble nationale franaise, Philippe Sguin, voit sa France, je vois la Wallonie universelle, tmoignant vis--vis de tous les citoyens et de toutes les nations, <i>de ce que chacune et chacun, pour peu qu'il en ait la volont, peut peser sur son destin et participer  l'criture de sa propre histoire</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note70">(70)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">D'autre part, il faudrait que cette ducation pousse le citoyen vers sa propre autonomie. Avec Rgis Debray, je suis persuad que l'cole est le centre de tout projet dmocratique. C'est l que la formation doit rendre le citoyen apte  juger par sa propre raison. Cette ducation n'apprendrait pas  croire la chose enseigne, mais elle apprendrait  penser. En effet, pour l'ancien Charg de mission du Prsident de la Rpublique, l'cole ne doit pas tre - dans son principe - une cole de <i>reproduction ou de reconduction sociale, mais - toujours dans son principe - une cole d'mancipation</i> <a href="1995_Destatte-Ph_Jules-Destree_Antisemitisme-et-Belgique.htm#note71">(71)</a>. </font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2">Rendre les femmes et les hommes libres et citoyens, plutt que les nourrir de facties, n'est-ce pas - outre la meilleure des dmythifications - la meilleure chance de progrs ? </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="2"><strong>Notes</strong></font></p>  <p><font face="Comic Sans MS" size="1"><a name="note1"></a>(1) Jules DESTREE, <i>Les Arts anciens du Hainaut, Rsum et Conclusions</i>, p. 21, Bruxelles, Veuve Monnom, Novembre 1911.<br> <a name="note2"></a>(2) Allocution de Jean TORDEUR, Secrtaire perptuel de l'Acadmie royale de Langue et de Littrature franaise lors de la <i>Sance d'hommage  Joseph Hanse  l'occasion de la publication de la troisime dition du Nouveau dictionnaire des difficults du franais moderne</i>, 21 septembre 1994, p. 4.<br> <a name="note3"></a>(3) Jean PIROTTE, <i>Une Image aux contours incertains : l'identit wallonne du XIXme au XXme sicle</i>, dans <i>L'Imaginaire wallon, Jalons pour une identit qui se construit</i>, p. 26, Louvain-la-Neuve, Fondation wallonne Humblet, 1994.<br> <a name="note4"></a>(4) Philippe DESTATTE, <i>Questionnement de l'histoire et imaginaire politique, l'indispensable prospection</i>, dans <i>La Wallonie au Futur, Vers un nouveau paradigme</i>, p. 308-310, Charleroi, Institut Jules Destre, 1989. Cette communication, prsente au premier congrs La Wallonie au Futur a aussi t publie dans <i>Les Cahiers marxistes</i>, fvrier-mars 1988, n 157-158, p. 49-53.<br> <a name="note5"></a>(5) Lon-E. HALKIN, <i>La Wallonie devant l'histoire</i>, dans <i>La Cit chrtienne</i>, n 298, Gembloux, 20 mai 1939, p. 420-424. Ce texte a t reproduit avec un avis actualis de son auteur en introduction de la sixime dition de Flix ROUSSEAU, <i>La Wallonie, Terre romane</i>, suivi de <i>L'Art mosan</i>, Charleroi, Institut Jules Destre, 1993. Lon-E. HALKIN, <i>Initiation  la critique historique</i>, dans <i>Cahiers des Annales</i>, 6, Paris, Armand Colin, 4me dition, 1973. Ouvrage couronn par l'Institut de France.<br> <a name="note6"></a>(6) Philippe DESTATTE, <i>Flix Rousseau et Lon-E. Halkin, Ecrire la Wallonie avec quelques mots simples, comme celui de libert</i>, prsentation de la sixime dition de Flix ROUSSEAU, La Wallonie, Terre romane, p. 7-40, Charleroi, Institut Jules Destre, 1993.<br> <a name="note7"></a>(7) Herv HASQUIN, <i>Historiographie et Politique, Essai sur l'histoire de Belgique et la Wallonie</i>, p. 19 (avant-propos), Charleroi, Institut Jules Destre, 1982.<br> <a name="note8"></a>(8) <i>Le Livre, Inforlivres</i>, n 0, Mai-Juin 1995, p. 7.<br> <a name="note9"></a>(9) Anne MORELLI dir., <i>Les Grands mythes de l'Histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie</i>, p. 8, Bruxelles, Vie ouvrire, 1995.<br> <a name="note10"></a>(10) Laurence van YPERSELE, <i>Le Roi Albert, Histoire d'un mythe</i>, p. 14, Ottignies, Quorum, 1995.<br> <a name="note11"></a>(11) <i>Ibidem</i>, p. 15-16.<br> <a name="note12"></a>(12) Anne MORELLI dir., <i>op. cit</i>., p. 14.<br> <a name="note13"></a>(13) Herv HASQUIN, <i>op. cit.</i>, p. 124.<br> <a name="note14"></a>(14) Albert HENRY, <i>Offrande wallonne</i>, p. 9, Lige, Georges Thone, 2me d., 1961.<br> <a name="note15"></a>(15) Philippe CARLIER,<i> La Wallonie  la recherche d'une fte nationale, Un pisode du mouvement wallon  l'aube du XXme sicle</i>, dans <i>Revue belge de Philologie et d'Histoire</i>, n 68, p. 902-921, 1990.<br> <a name="note16"></a>(16) CONSEIL CULTUREL DE LA COMMUNAUTE CULTURELLE FRANCAISE, Session 1974-1975, Sance du mardi 24 juin 1975 (CRI n 11), p. 8sv. - Philippe DESTATTE, <i>Le Choix du coq par la Wallonie : &quot;un emblme de paix cr dans un lgitime mouvement de solidarit&quot;</i>, dans <i>Le Coq, Personnage et symbole</i>, p. 11, Charleroi, Muse des Beaux-Arts, 1993.<br> <a name="note17"></a>(17) A. MORELLI, <i>op. cit.</i>, p. 17.<br> <a name="note18"></a>(18) <i>Ibidem</i>, p. 243-254.<br> <a name="note19"></a>(19) Herv HASQUIN, dir., <i>Dictionnaire d'histoire de Belgique, Vingt sicles d'institutions, Les Hommes, les faits</i>, Bruxelles, Didier Hatier, 1988, p. 157-158. <br> <a name="note20"></a>(20) Ph. DESTATTE, <i>Sparation, dcentralisation, fdralisme, La pense rgionaliste de Jules Destre (1895-1936)</i>, <i>Cahier Francit n 5</i>, Ministre de la Communaut franaise, 1988.<br> <a name="note21"></a>(21) Jean-Christophe PIRNAY, <i>Les Grands mythes de l'histoire de Belgique</i>, dans <i>Rpublique</i>, Octobre-Novembre 1995, p. 8.<br> <a name="note22"></a>(22) Philippe Destatte: <i>&quot;La Lettre au Roi? Un SOS au profit de la Wallonie&quot;</i>, Recueilli par D. SCAGLIOLA, dans Le Peuple, 22 aot 1993, p. 3.<br> <a name="note23"></a>(23) Luc MULLIER, <i>Lettre au Roi de Jules Destre, Aot 1912, Etude du contenu et des ractions de l'opinion</i>, p. 82, Universit catholique de Louvain, Mmoire pour l'obtention du grade de Licenci en histoire contemporaine, Anne acadmique 1976-1977.<br> <a name="note24"></a>(24) Jean-Claude HENROTIN, <i>La Pense politique de Jules Destre</i>, Mmoire en Sciences politiques sous la dir. du Professeur M. LIEBMAN, p. 43-44, Universit libre de Bruxelles, Anne acadmique 1976-1977. - Marcel LIEBMAN, <i>Les Socialistes belges, 1885-1914, La Rvolte et l'organisation</i>, coll. <i>Histoire du Mouvement ouvrier en Belgique</i>, p. 214-215, Bruxelles, Vie ouvrire, 1979. - <i>Jules DESTREE, Souvenirs des temps de guerre</i>, dition annote par Michel DUMOULIN, p. 212, Louvain, Nauwelaerts, 1980. - Isabelle KAROLINSKI, <i>L'Antismitisme en Belgique francophone, de &quot;La France juive&quot; d'Edouard Drumont au procs de Rennes, 1886-1899</i>, Universit de Lige, Facult de Philosophie et Lettres (Histoire), Anne acadmique, 1981-1982. - Pol VANDROMME, <i>Destre, La Lettre au Roi</i>, p. 81-83, Bruxelles, Legrain, 1984. - Ren HENOUMONT, <i>Pol Vandromme, Destre : la lettre au Roi</i>, dans <i>Pourquoi Pas ?</i>, 12 dcembre 1984, p. 170 et 175. - A.M. (Andr MEAN), <i>Destre : la lettre au Roi, Un livre de Pol Vandromme qui risque de faire du bruit dans les milieux socialistes et les cercles wallons</i>, dans <i>La Libre Belgique</i>, 20 novembre 1984, p. 3. - Philippe DESTATTE, <i>Jules Destre et l'Italie, A la rencontre du national-socialisme, Confrence donne le 25 fvrier 1986  l'initiative de l'Association &quot;Dante Alighieri&quot; de Charleroi, sous les auspices de l'Institut italien de Culture de Bruxelles</i>, dans <i>Revue belge d'Histoire contemporaine</i>, XIX, 1988, 3-4, p. 543-585<br> <a name="note25"></a>(25) Roger CHARTIER, <i>&quot;Faire de l'histoire&quot; vingt ans aprs</i>, dans <i>Le Monde</i>, vendredi 24 fvrier 1995, p. IX.<br> <a name="note26"></a>(26) Pierre MIQUEL, <i>L'Affaire Dreyfus</i>, p. 45, Paris, PUF, 1979.<br> <a name="note27"></a>(27) Charles ANDLER, <i>La Vie de Lucien Herr (1864-1926)</i>, p. 148-149, Paris, Maspero, 1977.<br> <a name="note28"></a>(28) Madeleine REBERIOUX, <i>La Place de Georges Sorel dans le socialisme au tournant du sicle</i>, dans <i>Georges Sorel et son temps</i>, sous la dir. de Jacques JULLIARD et Shlomo SAND, p. 44, Paris, Seuil, 1985.<br> <a name="note29"></a>(29) Madeleine REBERIOUX, <i>Classe ouvrire et intellectuels dans L'Affaire Dreyfus : Jaurs</i>, dans <i>Les Ecrivains et l'Affaire Dreyfus</i>, p. 189, Paris, PUF, 1983.<br> <a name="note30"></a>(30) Jean JAURES, <i>La Petite Rpublique</i>, 22 juin 1898, cit dans <i>Un drame en cinq actes</i>, dans <i>L'Histoire, L'Affaire Dreyfus, Vrits et Mensonges</i>, n 173, janvier 1994, p. 8.<br> <a name="note31"></a>(31) Philippe DESTATTE, <i>Jules Destre et l'Italie...</i>, p. 557.<br> <a name="note32"></a>(32) J.M. MAYEUR, <i>Les Congrs nationaux de la dmocratie chrtienne  Lyon (1896, 1897, 1898)</i> dans J.M. MAYEUR, <i>Catholicisme social et dmocratie chrtienne, Principes romains, expriences franaises</i>, p. 188-192, Paris, 1986.<br> <a name="note33"></a>(33) Isabelle KAROLINSKI, <i>op. cit.</i>, p. 202-213. Lieven JAERENS, <i>L'Attitude du clerg catholique belge  l'gard du judasme (1918-1940)</i>, dans <i>Les Juifs de Belgique, De l'immigration au gnocide, 1925-1945</i>, p. 11-56, Bruxelles, Centre de Recherches et d'Etudes historiques de la Seconde Guerre mondiale, 1994.<br> <a name="note34"></a>(34) <i>Samedi Premire</i>, 17 juin 1995.<br> <a name="note35"></a>(35) Michel WINOCK, <i>Une Question de principe</i>, dans Pierre BIRNBAUM dir., <i>La France de l'Affaire Dreyfus</i>, p. 551-559, Paris, Gallimard, 1994.<br> <a name="note36"></a>(36) Jules DESTREE, <i>Socialismes</i>, dans <i>L'Avenir social</i>, n 3, mars 1898, reproduit dans <i>Semailles</i>, p. 69, Bruxelles, Lamertin, 1913. - Philippe DESTATTE, <i>Jules Destre et l'Italie.</i>.., p. 557.<br> <a name="note37"></a>(37) Jules DESTREE, <i>Socialismes</i>, dans <i>L'Avenir social</i>, n 4, avril 1899, reproduit dans <i>Semailles</i>, ..., p. 83.<br> <a name="note38"></a>(38) Jules DESTREE, <i>Les Socialistes et la Guerre europenne, 1914-1915</i>, p. 134, Paris, Van Oest, 1916.<br> <a name="note39"></a>(39) Jules DESTREE, <i>Introduction  la vie socialiste</i>, p. 110-111, Bruxelles, L'Eglantine, 1929.<br> <a name="note40"></a>(40) Zeev STERNHELL, <i>Ni droite, ni gauche, L'idologie fasciste en France</i>, p. 66sv, Paris, Seuil, 1983. - Philippe DESTATTE, <i>Socialisme national et nationalisme social, Deux dimensions essentielles du national-socialisme</i>, dans <i>Cahiers de Clio</i>, 93-94, p. 22, Lige, Printemps-Et 1988.<br> <a name="note41"></a>(41) Voir le remarquable ouvrage du Professeur Jean STENGERS, <i>Lopold III et le Gouvernement : les deux politiques belges de 1940</i>, Bruxelles, Paris-Gembloux, Duculot, 1980.<br> <a name="note42"></a>(42) Ren HENOUMONT, <i>op. cit</i>., p. 175.<br> <a name="note43"></a>(43) <i>La question juive, vue par 26 minentes personnalits</i>, p. 209, Paris, E.I.F., Librairie Lipschutz, 1934. - I. KAROLINSKI, <i>op. cit</i>., p. 217.<br> <a name="note44"></a>(44) Bernard PADOAN, <i>Jules Destre, patriote et raciste</i>, dans <i>Le Soir</i>, 12 et 13 aot 1995, p. 3.<br> <a name="note45"></a>(45) Manuel ABRAMOWICZ, <i>Wallon, socialo et antismite</i>, dans <i>Regards, Revue juive de Belgique</i>, n 363, Bruxelles, 21 septembre - 4 octobre 1995, p. 89.<br> <a name="note46"></a>(46) Manuel ABRAMOWICZ, <i>L'Etat wallon, entre rve et ralit</i>, dans <i>Regards, op. cit.</i>, p. 89-90.<br> <a name="note47"></a>(47) Jos GOTOVITCH,<i> Wallons et Flamands : le foss se creuse</i>, dans <i>La Wallonie, le Pays et les Hommes, Histoires - conomies - socits</i>, sous la dir. de Herv Hasquin, t. 2, p. 309, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1980.<br> <a name="note48"></a>(48) Marie-France GIHOUSSE, <i>Mouvements wallons de Rsistance, Mai 1940 - septembre 1944</i>, Charleroi, Institut Jules Destre, 1984, p. 57-66. - Jos GOTOVITCH, <i>Rsistances et question juive</i>, dans <i>Les Juifs de Belgique, De l'immigration au gnocide</i>, 1925-1945, op. cit., p. 133-135.<br> <a name="note49"></a>(49) Jean-Philippe SCHREIBER, <i>op. cit</i>., p. 252.<br> <a name="note50"></a>(50) Maurice-Pierre HERREMANS, <i>La Wallonie</i>, p. 208, Bruxelles, 1951.<br> <a name="note51"></a>(51) Jean-Philippe SCHREIBER, <i>op. cit</i>., p. 248-249.<br> <a name="note52"></a>(52) B. PADOAN, <i>Jules Destre, patriote et raciste,..., op. cit</i>.<br> <a name="note53"></a>(53) Lon POLIAKOV, <i>Histoire de l'antismitisme, L'Europe suicidaire</i>, coll. <i>Libert de l'Esprit</i>, Paris, Calmann-Lvy, 1977.<br> <a name="note54"></a>(54) Emile POULAT, Prface, dans G. PASSELECQ et B. SUCHECKY, <i>L'Encyclique cache de Pie XI, Une occasion manque pour l'Eglise face  l'antismitisme</i>, p. 31, Paris, 1995.<br> <a name="note55"></a>(55) Jules DESTREE, <i>La Question des langues et l'arme, Chambre des Reprsentants, Sance du 22 mai 1913</i>, dans <i>Discours parlementaires</i>, p. 646sv, Bruxelles, Lamertin, 1914.<br> <a name="note56"></a>(56) Jules DESTREE, <i>Figures italiennes d'aujourd'hui</i>, p. 205, Bruxelles et Paris, Van Oest, 1918.<br> <a name="note57"></a>(57) Jules DESTREE, <i>Wallons et Flamands..</i>., p. 133.<br> <a name="note58"></a>(58) <i>Chambre des Reprsentants, Annales parlementaires</i>, Sance du 12 fvrier 1930, p. 529.<br> <a name="note59"></a>(59) <i>Ibidem</i>, p. 530.<br> <a name="note60"></a>(60) Paul VALERY, <i>Hommage</i>, dans <i>Le Journal des Tribunaux</i>, n 3351, 10 dcembre 1933, p. 1.<br> <a name="note61"></a>(61) <i>Tmoignage d'Albert Guislain</i> dans <i>Hommage  Jules Destre par l'Acadmie royale de Langue et de Littrature franaises</i>, le 14 dcembre 1963, p. 30-31, Bruxelles, Palais des Acadmies, 1963.<br> <a name="note62"></a>(62) <i>Nationalisme et postnationalisme, Actes du Colloque qui s'est tenu  Namur le 30 avril 1994</i>, Namur, Facults universitaires Notre-Dame de la Paix et Institut Jules Destre, 1995.<br> <a name="note63"></a>(63) Anne MORELLI dir., <i>op. cit</i>., p. 13.<br> <a name="note64"></a>(64) Philippe DESTATTE, <i>Ce Nationalisme wallon</i>, dans <i>Nationalisme et postnationalisme</i>,..., p. 13-21.<br> <a name="note65"></a>(65) Jean-Pol DEMACQ, <i>1985-1995: Un regard circulaire, Dix ans de prsidence de l'Institut Jules Destre</i>, p. 3, Charleroi, 17 juin 1995.<br> <a name="note66"></a>(66) <i>Allocution de Monsieur Guy Spitaels, Prsident du Parlement wallon,  l'occasion des ftes de Wallonie</i>, le 16 septembre 1995  Namur, p. 5.<br> <a name="note67"></a>(67) Philippe DESTATTE, <i>La Wallonie aujourd'hui, Le pari d'une identit sans complexe et sans fantasme nationaliste, Expos prsent au Parlement wallon le 9 octobre 1995 dans le cadre de l'accueil de la Confrence internationale sur l'Etat et la nation dans l'Europe contemporaine</i>, CERIS-ULB, Namur, 9 octobre 1995, p. 11.<br> <a name="note68"></a>(68) Jean-Jacques HOEBANX, <i>Notions de critique historique</i>, p. 85, Presses universitaires de Bruxelles, 1980.<br> <a name="note69"></a>(69) <i>Commission d'tude des Programmes d'histoire de l'Enseignement secondaire, Rapport  Monsieur le Ministre de l'Education et de la Recherche scientifique de la Communaut franaise Yvan Ylieff</i>, Ministre de l'Education, de la Recherche et de la Formation, Direction gnrale de l'Organisation des Etudes, de l'Enseignement de Promotion sociale et des Btiments scolaires de la Communaut franaise, 26 mars 1991.<br> <a name="note70"></a>(70) Philippe SEGUIN, <i>Ma France n'appartient pas qu'aux Franais</i>, dans <i>Le Monde</i>, 18 juillet 1995, p. 1 et 11.<br> </font><font face="Comic Sans MS" size="2"><a name="note71"></a>(71) Rgis DEBRAY, <i>A propos de l'exception franaise</i>, dans <i>Les Rencontres de Ptrarque</i>, France-Culture, 8 aot 1995. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <p align="left"><font face="Comic Sans MS" size="2">Philippe DESTATTE, <a href="http://www.destree.org/IJD-Publications.htm"><i>Jules Destre, l'antismitisme et la Belgique. Lettre ouverte  tous ceux qui colportent des mythes culs sur les Wallons et leur histoire</i></a>, Institut Jules Destre, Charleroi, 1995. </font></p>  <p align="center"><a href="#top"><img src="../Site_nouveau_MAD-2000-07/Ico-Fleche-bleue.gif" alt="Retour en haut de cette page" style="border: medium none" WIDTH="15" HEIGHT="13"></a></p>  <blockquote>   <div align="center"><center><table border="1" cellspacing="3" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#D6C0C5" bordercolordark="#D6C0C5" style="border: medium none rgb(214,192,197)">     <tr>       <td align="center" bgcolor="#FFFFFF" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#F2D326" bordercolordark="#F2D326"><font face="Comic Sans MS" size="1" color="#004080"> <strong>Institut       Jules Destre</strong><br>       www.destree.org</font></td>       <td align="center" bgcolor="#FFFFFF" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#F2D326" bordercolordark="#F2D326"><font face="Comic Sans MS" size="4" color="#004080"><a href="../index.htm"><strong>Wallonie-en-ligne</strong></a></font></td>       <td align="center" bgcolor="#FFFFFF" bordercolor="#FFFFFF" bordercolorlight="#F2D326" bordercolordark="#F2D326"><font face="Comic Sans MS" size="1" color="#004080">Page mise        jour&nbsp;le<br>       <!--webbot bot="Timestamp" S-Type="REGENERATED" S-Format="%A %d %B %Y" startspan -->lundi 21 avril 2003<!--webbot bot="Timestamp" endspan i-checksum="29300" --></font></td>     </tr>   </table>   </center></div> </blockquote> </body> </html> 
