<HTML> <HEAD> <TITLE>NAPPE (SOUTERRAINE)</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFAA"> <FONT COLOR="RED"><P><H2>Nappe souterraine</H2></P></FONT>  <HR> <P><B><I>Etymologie et histoire</I></B> :</P> <P>Nappe: du latin <I>mappa</I>, serviette, linge de table, devenu <I>nappe</I> par dissimilation de m devant p. Extension m&eacute;taphorique &agrave; la d&eacute;signation d'un corps plan, &eacute;tendu et continu, notamment dans la nature ("nappe de brouillard"). D'o&ugrave; "nappe d'eau", le plus souvent horizontale et superficielle (cf. "plan d'eau") mais non exclusivement : nappe d'eau d&eacute;versante en hydraulique, nappe d'une cascade (" Les plus hautes cascades d&eacute;roulent...leur nappe de cristal", M. Proust, Rech.T.P.,, VI); en particulier "nappe d'eau souterraine" (&agrave; rapprocher de la d&eacute;signation par <I>nappe</I> d'autres gisements de fluides souterrains: "nappe de p&eacute;trole").</P>  <HR> <P><B><I>D&eacute;finitions existantes</I></B> (de "nappe d'eau")</P>  <UL> <LI><I>LITTRE</I> :<BR> "Nappe d'eau : une grande &eacute;tendue d'eau, tranquille comme celle d'un &eacute;tang". <LI>Le <I>ROBERT</I> :<BR> "Nappe d'eau : terme g&eacute;n&eacute;ral d&eacute;signant toutes les eaux stagnantes  (lac, &eacute;tang, marais,etc..). </UL>  <HR> <P><B><I>Origine</I></B></P> <I>Nappe d'eau souterraine</I>, H&eacute;ricart de Thury, 1829<BR> <I>Nappe</I>, Arago, 1834<BR> "La nappe d'eau, gisante &agrave; une assez grande profondeur souterraine,...est fournie  par la couche de gr&egrave;s vert" (Victor Hugo, Les Mis&eacute;rables, 1862, V,II,VI).</P>  <HR> <P><B><I>D&eacute;finition propos&eacute;e</I></B></P> <FONT COLOR="RED"> <P><B>Nappe d'eau souterraine, nappe souterraine ou nappe (pris absolument en  hydrog&eacute;ologie):<BR> Ensemble de l'eau pr&eacute;sente dans la zone satur&eacute;e d'un aquif&egrave;re,  dont toutes les parties sont en liaison hydraulique.</B></P> </FONT>  <P>Dans un sens restreint, s'applique plus particuli&egrave;rement &agrave; un aquif&egrave;re continu.</P>  <P>Concept ind&eacute;fini ou d&eacute;fini:</P> <UL> <LI> <B>La</B> nappe, en g&eacute;n&eacute;ral, est associ&eacute;e dans un sch&eacute;ma unidimensionnel &agrave; la zone satur&eacute;e de tout aquif&egrave;re, distingu&eacute;e de l'eau de la zone non satur&eacute;e sus-jacente d'un aquif&egrave;re &agrave; nappe libre. <LI> <B>Une</B> nappe identifi&eacute;e et individualis&eacute;e, associ&eacute;e &agrave; un aquif&egrave;re d&eacute;fini, est g&eacute;n&eacute;ralement d&eacute;sign&eacute;e par la d&eacute;nomination g&eacute;ologique ou g&eacute;ographique de l'aquif&egrave;re consid&eacute;r&eacute;: la nappe des Sables Verts, la nappe du Dogger, la nappe du Soissonnais. </UL>  <HR> <P><B><I>Equivalences impropres</I></B></P> <UL> <LI> A proscrire : <I>nappe aquif&egrave;re</I> o&ugrave; "aquif&egrave;re" est pris improprement au sens "d'eau souterraine".  <LI> Ne pas employer dans le sens g&eacute;n&eacute;ral de nappe d'eau souterraine "nappe phr&eacute;atique" qui d&eacute;signe un type de nappe (cf. typologie ci apr&egrave;s). </UL>  <HR> <P><B><I>Commentaires</I></B></P> <UL> <LI> En hydrog&eacute;ologie <I>nappe</I> est une sp&eacute;cialisation de l'expression <I>nappe d'eau</I> appliqu&eacute;e conceptuellement aux eaux souterraines qui ne sont pas directement observables.  <LI> Le concept de nappe d'eau  souterraine &eacute;tant fortement li&eacute; &agrave; l'id&eacute;e de continuit&eacute;, il est g&eacute;n&eacute;ralement associ&eacute; &agrave; ceux de surface de la zone satur&eacute;e d'un aquif&egrave;re (ou "surface libre") ou de surface pi&eacute;zom&egrave;trique (champ de potentiels hydrauliques) et &agrave; la possibilit&eacute; de la repr&eacute;senter. Cela exclut son application aux eaux des aquif&egrave;res discontinus, notamment karstiques (en pratique tous ceux o&ugrave; une surface pi&eacute;zom&egrave;trique est peu significative et difficile &agrave; repr&eacute;senter comme un champ de potentiels continus). "Il faut absolument limiter l'id&eacute;e de <I>nappe d'eau</I> aux terrains meubles, fragmentaires, incoh&eacute;rents, d&eacute;tritiques, o&ugrave; il y a r&eacute;ellement <I>imbibition</I> de toute la masse.." (E.A Martel, 1921). Toutefois les expressions "nappe de fissures" ou "nappe en r&eacute;seau" sont parfois employ&eacute;es (Schoeller, 1962).  <LI> L'&eacute;troite correspondance cr&eacute;&eacute;e par l'usage entre les concepts de <I>nappe d'eau souterraine</I> et <I>d'aquif&egrave;re</I> exclut en pratique que l'on d&eacute;signe par <I>nappe</I> les eaux des corps de roches <I>semi-perm&eacute;ables satur&eacute;s</I>. Celles-ci n'en sont cependant pas moins soumises &agrave; l'hydrodynamisme et comportent &eacute;galement une <I>surface pi&eacute;zom&egrave;trique</I>, libre ou non. </UL>  <HR> <P><B><I>Typologie</I></B></P>  <P>Une nappe souterraine peut recevoir divers qualificatifs relatifs &agrave; son gisement (nature de l'aquif&egrave;re), &agrave; ses conditions hydrodynamiques, &agrave; son accessibilit&eacute; ou &agrave; des caract&eacute;ristiques de l'eau qui correspondent &agrave; autant de classifications :</P> <UL> <LI> Suivant la nature de l'aquif&egrave;re:    <UL>    <LI>nappe alluviale    <LI>nappe dunaire    <LI>nappe de la craie    <LI>nappe des "Sables verts"    <LI> nappe "infra-mollassique",         etc....    </UL> <LI> Suivant les conditions hydrodynamiques :    <UL>    <LI> nappe libre : nappe &agrave; surface pi&eacute;zom&egrave;trique libre et variable, dans un aquif&egrave;re &agrave; zone non satur&eacute;e    <LI> nappe perch&eacute;e : nappe libre dans un aquif&egrave;re surmontant une zone non satur&eacute;e    <LI> nappe captive : nappe sans surface pi&eacute;zom&egrave;trique libre, dans un aquif&egrave;re enti&egrave;rement satur&eacute; sous couverture de faible perm&eacute;abilit&eacute;    <LI> nappe art&eacute;sienne : nappe captive &agrave; surface pi&eacute;zom&egrave;trique sup&eacute;rieure &agrave; la surface du sol    </UL> <LI> Suivant la structure hydrog&eacute;ologique et les conditions aux limites (d'apr&egrave;s la classification des nappes libres de H.Schoeller, 1962):    <UL>    <LI> nappe de d&eacute;bordement: nappe libre non soutenue , limit&eacute;e par le bord de la couverture de l'aquif&egrave;re, g&eacute;n&eacute;ralement en continuit&eacute; avec une nappe captive.    <LI> nappe de d&eacute;versement : nappe libre non soutenue, limit&eacute;e par l'affleurement du substratum de l'aquif&egrave;re, sans r&eacute;serve significative au dessous du niveau des exutoires.    <LI> nappe de trop-plein : nappe libre non soutenue, limit&eacute;e par l'affleurement du substratum de l'aquif&egrave;re, avec r&eacute;serve significative au dessous du niveau des exutoires.    <LI> nappe soutenue : nappe libre, en g&eacute;n&eacute;ral, dans un aquif&egrave;re &agrave; limite &agrave; condition de potentiel (cours d'eau ou plan d'eau superficiel).    <LI> nappe sous-fluviale (G.Castany, 1963) : nappe alluviale de fond de vall&eacute;e en liaison hydraulique ou non avec un cours d'eau (syn.: "inf&eacute;ro-flux", Savornin, 1947)    </UL> <LI> Suivant l'accessibilit&eacute;:    <UL>    <LI> nappe phr&eacute;atique, du grec <I>phreas</I>, puits (Daubr&eacute;e, 1887), nappe souterraine atteinte et exploitable par les puits ordinaires.    <LI> nappe profonde, atteinte et exploitable par forage, au del&agrave; d'une profondeur conventionnelle.    </UL> <LI> Suivant les caract&eacute;ristiques de l'eau :    <UL>    <LI> nappe sal&eacute;e    <LI> nappe thermale.    </UL> </UL>  <HR> <TABLE><TR> <TD><IMG SRC="LCFH.GIF"></TD> <TD><P>J. Margat, Novembre 1996</P></TD> <TD><A HREF="../indexdic.htm"><IMG SRC="../LGRI.GIF" BORDER="0"></A></TD> </TR></TABLE> </BODY> </HTML> 
