<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Transitional//EN" "DTD/xhtml1-transitional.dtd"> <html  lang="fr" xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"> <!-- This document was converted from RTF source:  By r2net 5.4.2 r2netcmd Unix  Translation:html.trn  $Revision: 1.1.1.1 $ $Revision: 1.1.1.1 $ See http://www.logictran.com Translation Date:10/20/2001 Translation Time:19:30:48 Translation Platform:Unix Number of Output files:1 SplitDepth=0 SkipNavPanel=1 SkipLeadingToc=1 SkipTrailingToc=1 GenContents=0 GenFrames=0 GenIndex=0 --> <head><meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1" /> <title>Une interrogation sur  &#171; La communication m&eacute;diatis&eacute;e par ordinateur &#187;</title> <link rel="stylesheet" href="actes.css" type="text/css" /> <style type="text/css"> <!-- .footnote_text { font-size: 10pt;} .footnote_reference {font-size: 8pt; } --> </style> </head>  <body >       <div class="front"><span style=" text-align:center ;">Actes du colloque<br />       <span style="color: #000000; font-size: 140%;"><a href="actes.html">La Communication 	  M&eacute;diatis&eacute;e par Ordinateur : un carrefour de 	  probl&eacute;matiques</a></span><br /> 	Universit&eacute; de Sherbrooke, 15 et 16 mai 2001</span></div>   <h1 style="text-align:center;">Une interrogation sur &#171;&#160;La communication mdiatise par ordinateur&#160;&#187;</h1>   <div style="text-align:center; margin-top:0cm;"><a href="mailto:Clarisse.Herrenschmidt@ens.fr">Clarisse Herrenschmidt</a><br />       CNRS, Paris<br /> 	 	    <br /></div> <div class="Normal">L'expression &#8220;&#160;la communication m&eacute;diatis&eacute;e par ordinateur&#160;&#8221; ne constitue pas un appellatif, mais d&eacute;signe un concept<span class="footnote_reference"><a name="fnB1" href="#fn1">[1]</a></span>, puisque nous sommes convi&eacute;s par Serge Proulx &agrave; d&eacute;battre &#8220; sur la validit&eacute; &eacute;pist&eacute;mologique de la CMO en tant que concept&#160;&#8221;. Or un concept entretient une relation privil&eacute;gi&eacute;e avec sa nomination&#160;: c'est donc &agrave; elle que je m'int&eacute;resserai.<br /></div> <div class="Normal">Les pages qui suivent s'inscrivent dans la lign&eacute;e de mes recherches pr&eacute;c&eacute;dentes, o&ugrave; j'ai tent&eacute; de d&eacute;montrer que l'&eacute;criture r&eacute;ticulaire repr&eacute;sente la derni&egrave;re invention d'une &eacute;criture&#160;; les formes plus anciennes et fondatrices qui ont rendu celle-ci possible seraient d'abord l'invention de l'&eacute;criture des langues &agrave; Sumer (Iraq) et Suse (Iran) &agrave; la fin du IVe mill&eacute;naire avant notre &egrave;re, puis l'invention de la monnaie frapp&eacute;e en Lydie et Ionie (Turquie occidentale actuelle) au VIIe si&egrave;cle avant notre &egrave;re<span class="footnote_reference"><a name="fnB2" href="#fn2">[2]</a></span><br /></div> <div class="Normal"><br />Un concept entretient une relation privil&eacute;gi&eacute;e avec son expression, son nom propre en quelque sorte&#160;; en ce sens, &#8220;&#160;communication m&eacute;diatis&eacute;e par ordinateur&#160;&#8221; est un concept d'expression moderne, car inform&eacute; par la syntaxe et non pas seulement par le lexique.<span class="footnote_reference"><a name="fnB3" href="#fn3">[3]</a></span>	<br /></div> <div class="Normal">L'expression &#8220;&#160;Communication m&eacute;diatis&eacute;e par ordinateur&#160;&#8221; constitue une phrase nominale au passif, dont l'&eacute;quivalent &agrave; la voix active&#160;: &#8220;&#160;ordinateur m&eacute;diatisant la communication&#160;&#8221; ne serait employ&eacute;e par personne. En effet, une expression active met le sujet du verbe (ordinateur) au premier plan, tandis que la forme passive attire l'attention sur le compl&eacute;ment d'objet direct (communication), qui passe du statut de l'objet &agrave; celui d'agent de l'action du verbe (le tout dans les cat&eacute;gories grammaticales traditionnelles). CMO nous dit que c'est la communication qui est int&eacute;ressante et non point l'ordinateur et sa famille technologique. Mais si CMO a un certain succ&egrave;s, c'est pour une raison plus profonde encore. <br />L'id&eacute;e qui s'y fait jour, que les ordinateurs rendent possible la communication entre les Hommes, est manifest&eacute;e par la syntaxe, car le pr&eacute;dicat (l'unit&eacute; linguistique qui instaure le lien entre les diverses unit&eacute;s) &#8220;&#160;m&eacute;diatis&eacute; par&#160;&#8221; est encadr&eacute; par les deux autres unit&eacute;s, place sur un m&ecirc;me plan l'agent et le sujet, l'ordinateur et la communication, dans l'absence de relations de causalit&eacute; et de sujet &agrave; objet, en m&ecirc;me temps qu'il d&eacute;signe une action de mise en relation. Dans CMO, il y a triple m&eacute;diatisation expressive, i) dans le lex&egrave;me &#8220;&#160;m&eacute;diatis&eacute;&#160;&#8221;, ii) dans la place du pr&eacute;dicat, iii) dans la tournure passive.<span class="footnote_reference"><a name="fnB4" href="#fn4">[4]</a></span><br /></div> <div class="Normal"><br />CMO serait donc la fa&ccedil;on que nous avons de parler de notre &eacute;criture r&eacute;ticulaire, de cette aptitude qu'ont les signes d'&eacute;criture de substantifier parmi nous les liens sociaux. Admirons l'horizontalit&eacute; de CMO. Tout le contraire au fond de sa rivale, &#8220;&#160;Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication&#160;&#8221;, o&ugrave; la nouveaut&eacute; fait irruption, semble descendre du ciel o&ugrave; si&egrave;gent tous les cr&eacute;ateurs sur la t&ecirc;te des pauvres Hommes, rel&eacute;guant au magasin des antiquit&eacute;s par autorit&eacute; ext&eacute;rieure et verticale ce qui constituait leur vieux lien social, ses signes et ses repr&eacute;sentations.<br />NTIC en appelle &agrave; une autorit&eacute; sup&eacute;rieure et en cela m&ecirc;me ressemble &agrave; des habitudes pass&eacute;es de mode. NTIC entretient une certaine analogie avec le nom que les &Eacute;gyptiens de l'Antiquit&eacute; donnaient &agrave; leurs hi&eacute;roglyphes : &#8220;&#160;Les Paroles divines&#160;&#8221; &#8212; lire et &eacute;crire les hi&eacute;roglyphes revenait pour eux &agrave; capter la parole des dieux.  En M&eacute;sopotamie, les Sum&eacute;riens dot&egrave;rent leur d&eacute;esse Nisaba du patronage de l'&eacute;criture cun&eacute;iforme, les Akkadiens leur dieu Nabu. NTIC voisine avec toutes les images divines, royales et mythologiques qui, d&egrave;s la Gr&egrave;ce ancienne, orn&egrave;rent le droit et le revers des monnaies, puis de toutes les pi&egrave;ces et de tous les billets du monde, garantissant leur valeur nominale, sup&eacute;rieure &agrave; leur valeur mat&eacute;rielle.<br />NTIC nous met dans la lign&eacute;e des Hommes qui depuis toujours voient dans les signes d'&eacute;criture une manifestation de l'invisible, une fa&ccedil;on de le rendre enfin visible, bref des signes ayant des accointances avec le monde autre.<br />Ce n'est apparemment pas le cas de CMO, expression de la d&eacute;mocratique mise &agrave; plat des relations entre les Hommes par les usages r&eacute;ticulaires.<br /><br />Dans cette mise &agrave; plat, Hommes et ordinateurs forment un couple. Arr&ecirc;tons-nous sur ce qui le constitue.<br />D&egrave;s les ann&eacute;es quarante, la capacit&eacute; de stocker d'une machine r&eacute;elle ou imaginaire fut rapproch&eacute;e de la m&eacute;moire humaine&#160;: Vannevar Bush<span class="footnote_reference"><a name="fnB5" href="#fn5">[5]</a></span> n'appela pas son &#8220;&#160;appareil (...) &agrave; usage individuel, sorte de classeur et de biblioth&egrave;que personnels et m&eacute;caniques&#160;&#8221; quelque chose comme &#8220;&#160;Archivex&#160;&#8221;, mais &#8220;&#160;M&eacute;mex&#160;&#8221; ; or il baptisait une machine d&eacute;di&eacute;e &agrave; l'archivage, tel qu'en r&eacute;alisent les biblioth&eacute;caires depuis des mill&eacute;naires, pr&eacute;cis&eacute;ment parce que la m&eacute;moire humaine est insuffisante. Mais les biblioth&eacute;caires de toujours n'avaient pas de raison de b&acirc;tir un discours anthropomorphique sur leurs m&eacute;thodes, ce que les visionnaires de l'informatique firent d&egrave;s le d&eacute;part et continuent de faire. Le &#8220;&#160;M&eacute;mex&#160;&#8221; de V. Bush semblait pouvoir am&eacute;liorer &#8220;&#160;la mani&egrave;re dont les hommes produisent, stockent et consultent les dossiers de l'esp&egrave;ce humaine&#160;&#8221;&#160;: le cas est clair, si &#8220;&#160;M&eacute;mex&#160;&#8221; rentre dans la consultation et la production, il n'est plus une m&eacute;moire, car ce qui consulte une m&eacute;moire est ext&eacute;rieur &agrave; elle. &#8220; M&eacute;mex&#160;&#8221; ressemble &agrave; un cerveau, qui peut agir sur la m&eacute;moire qu'il inclut, qui peut produire du neuf &agrave; partir du vieux inscrit et stock&eacute; en m&eacute;moire. Pour von Neumann comme pour Norbert Wiener, les machines de la science cybern&eacute;tique et de la <span style='font-style: italic;'>computer science</span> ressemblaient au cerveau humain et &eacute;taient autant de cerveaux artificiels.<br /></div> <div class="Normal">La repr&eacute;sentation qui veut que l'ordinateur soit une proth&egrave;se c&eacute;r&eacute;brale, capable de pallier les limites du cerveau humain a eu un succ&egrave;s fou. On la trouve, diff&eacute;remment exprim&eacute;e, aussi bien chez un Manuel Castells&#160;: &#8220;&#160;Ordinateurs, syst&egrave;mes de communication, (...) sont donc tous des amplificateurs et des extensions de l'esprit humain&#160;&#8221;<span class="footnote_reference"><a name="fnB6" href="#fn6">[6]</a></span> que chez un Pierre L&eacute;vy&#160;: &#8220;&#160;Depuis que l'humanit&eacute; est en possession de l'ordinateur, elle sait que l'intelligence est affaire de cr&eacute;ativit&eacute;, d'imagination et de signification incarn&eacute;e. Pour que l'on construise l'ordinateur, il a fallu que la culture occidentale ait une foi absolue dans la raison, le calcul et le d&eacute;terminisme. Mais puisque nous sommes d&eacute;barrass&eacute;s des engrenages que nous avions dans la t&ecirc;te et que nous les avons transf&eacute;r&eacute;s &agrave; l'ordinateur, nous pouvons devenir pleinement les artistes intuitifs, les &ecirc;tres affectifs sensibles et sociables que nous sommes&#160;&#8221;<span class="footnote_reference"><a name="fnB7" href="#fn7">[7]</a></span> auteurs dont le regard sur l'internet est au moins favorable&#160;; une m&ecirc;me id&eacute;e se rencontre chez Ignacio Ramonet, qui n'a pas une sympathie tr&egrave;s vive pour les ordinateurs et d&eacute;teste la transformation &eacute;conomique engendr&eacute;e par les r&eacute;seaux&#160;: &#8220;&#160;Ayant vocation &agrave; remplacer le cerveau, l'ordinateur est en train de provoquer, sous nos yeux, des mutations encore plus formidables [que celles de la machine &agrave; vapeur] et in&eacute;dites. Chacun constate, en effet, que d&eacute;j&agrave; tout change autour de soi : le contexte &eacute;conomique, les donn&eacute;es politiques, les param&egrave;tres &eacute;cologiques, les valeurs sociales, les crit&egrave;res culturels et les attitudes individuelles&#160;&#8221;<span class="footnote_reference"><a name="fnB8" href="#fn8">[8]</a></span><br /></div> <div class="Normal">Pareille repr&eacute;sentation, amplification ou remplacement du cerveau ou de l'esprit humain par l'ordinateur, est un probl&egrave;me en soi. Il est possible de l'envisager de diverses fa&ccedil;ons.<br />Si penser l'ordinateur comme une extension du cerveau va de pair avec une d&eacute;finition de l'ordinateur comme machine &agrave; manipuler des symboles, ainsi que l'&eacute;crivit Licklider, alors la relation ordinateur-cerveau s'incrit dans cette branche de l'histoire des id&eacute;es qui se d&eacute;ploya en Am&eacute;rique du Nord et qui s'occupa intens&eacute;ment des signes&#160;; on pense &agrave; Charles S. Peirce, ou &agrave; de H. P. Blavatsky (si les signes ne constituent pas sa question principale, images et visions abondent dans son oeuvre). Le probl&egrave;me des signes, de leur nature et de leur sens habite la civilisation am&eacute;ricaine du Nord&#160;: pour les pionniers, les p&egrave;res p&egrave;lerins et les p&egrave;res fondateurs, leur r&eacute;ussite &agrave; survivre, &agrave; s'organiser et se rendre ind&eacute;pendants sembla autant de signes de l'&eacute;lection divine et les nouveaux &Eacute;tats furent quelque chose comme le royaume de Dieu dans un nouvel Eden. Aux &Eacute;tats-Unis, cela ne se limita pas aux temps de la conqu&ecirc;te et de la colonisation, puisque la Californie rejoua le r&ocirc;le de terre promise dans la seconde moiti&eacute; du XIXe si&egrave;cle. Rien d'&eacute;tonnant donc &agrave; ce que la pi&egrave;ce ma&icirc;tresse (l'ordinateur) d'un nouveau syst&egrave;me de signes rentre dans la probl&eacute;matique s&eacute;miologique d&eacute;j&agrave; classique en Am&eacute;rique du Nord. N. Wiener ou Th. A. Sebeok<span class="footnote_reference"><a name="fnB9" href="#fn9">[9]</a></span> sont des h&eacute;ritiers de Peirce&#160;; Marilin Ferguson et sa description des malheurs discursifs et logiques dus au cerveau gauche face au bonheur intuitif et affectif d&ucirc; au cerveau droit, pourraient &ecirc;tre envisag&eacute;s comme le croisement de la th&eacute;osophie et de la technique. En bref, non seulement la nouvelle &eacute;conomie politique du signe constitu&eacute;e par l'informatique et les r&eacute;seaux, mais tout ce qu'elle engage comme id&eacute;e de l'Homme et de son environnement, sont profond&eacute;ment nord-am&eacute;ricains, ancr&eacute;s dans l'histoire du Nouveau Monde et dans le discours qu'il se tient &agrave; lui-m&ecirc;me.<br /></div> <div class="Normal">On pourrait encore inscrire cette id&eacute;e de amplification du cerveau par l'ordinateur dans la lign&eacute;e des travaux d'Andr&eacute; Leroi-Gourhan et de Marshall MacLuhan. On se souvient que le premier configura notre couteau moderne comme la forme continu&eacute;e des plus anciens choppers et parlait des &#8220;&#160;possibilit&eacute;s c&eacute;r&eacute;brales des dispositifs &agrave; perforations&#160;&#8221;<span class="footnote_reference"><a name="fnB10" href="#fn10">[10]</a></span> et des calculateurs. Le second donna &agrave; son c&eacute;l&egrave;bre ouvrage <span style='font-style: italic;'>Understanding Media</span> le sous-titre <span style='font-style: italic;'>The extensions of Man</span>, incluant parmi les moyens de communications humains les paroles, les &eacute;crits, les nombres, les v&ecirc;tements, le logement, l'argent, l'heure, les automobiles, etc. Dans cette lign&eacute;e-l&agrave;, l'ordinateur ne serait pas d&eacute;fini comme &#8220;&#160;manipulateur de symboles&#160;&#8221;, mais comme outil.<br /></div> <div class="Normal">Il en est une troisi&egrave;me, qui ne se pr&eacute;occuperait ni d'histoire, ni de technique, mais de synchronie et d'imaginaire. C'est ce chemin que nous allons prendre.<br />	<br />Le couple communicant ordinateur cerveau existe en tant que couple dans les r&eacute;seaux de la CMO. Des r&eacute;seaux, on a dit qu'ils construisent une intelligence collective ou connective, on a parl&eacute; &agrave; leur propos de noosph&egrave;re &#8212; et la le&ccedil;on n'a pas &eacute;t&eacute; perdue puisque NOOS est le logo d'un serveur commercial. Le couple communicant ne peut &ecirc;tre v&eacute;ritablement un couple que dans la mesure o&ugrave; il est inclus dans la sph&egrave;re de la cybercommunication, ce monde apparemment diff&eacute;rent du monde r&eacute;el et que l'on dit virtuel. Aussi vague qu'elle soit lorsqu'elle est ainsi exprim&eacute;e, pareille repr&eacute;sentation n'est pas quelque chose de totalement neuf et inconu dans les formes imaginaires que les cultures humaines ont mises en oeuvre depuis quelques dizaines de milliers d'ann&eacute;es, puisqu'elle peut &eacute;voquer certains traits de ce que l'on nomme le chamanisme.<br />Il doit &ecirc;tre clair d&egrave;s ces lignes que je ne pense pas que l'internaute ou son ordinateur soit un chamane, que la &#8220;&#160;soci&eacute;t&eacute; des internautes&#160;&#8221;, dont l'existence me para&icirc;t  discutable, soit une soci&eacute;t&eacute; &agrave; chamanes. Je ne pr&ecirc;che pas non plus pour le n&eacute;o-chamanisme et son commerce de stages d'initiation. Il ne s'agit pour moi que de prendre appui sur des donn&eacute;es connues et accessibles en sorte d'&eacute;mettre un petit d&eacute;but d'interpr&eacute;tation de ce qu'&eacute;voque l'expression &#8220;&#160;Communication m&eacute;diatis&eacute;e par ordinateur&#160;&#8221; et de ce qu'elle implique comme image de la communication.<br />	<br />La question du chamanisme a &eacute;t&eacute; renouvel&eacute;e par les ethnologues et les anthropologues dans les derni&egrave;res ann&eacute;es, qui la firent &eacute;chapper d'une part &agrave; ce qu'en avait fait Mircea Eliade<span class="footnote_reference"><a name="fnB11" href="#fn11">[11]</a></span> qui privil&eacute;gia la transe et l'extase saisies comme exp&eacute;riences mystiques, d'autre part &agrave; la probl&eacute;matique tournant autour de la sant&eacute; mentale du chamane<span class="footnote_reference"><a name="fnB12" href="#fn12">[12]</a></span> Pour les ethnologues sp&eacute;cialistes de la question, le chamanisme ne se laisse pas vraiment d&eacute;finir et cela m&ecirc;me semble faire part de sa d&eacute;finition. &Eacute;coutons Roberte Hamayon&#160;:&#160;&#8220;&#160;La diversit&eacute; des manifestations du chamanisme constitue un (...) probl&egrave;me pour les th&eacute;oriciens<span class="footnote_reference"><a name="fnB13" href="#fn13">[13]</a></span>&#160;: il leur faut trouver des principes d'explication qui op&egrave;rent quelle que soit sa variabilit&eacute; dans l'espace et dans le temps. Or tout dans le chamanisme semble les d&eacute;fier&#160;: que tant&ocirc;t il impr&egrave;gne toute la vie et la pens&eacute;e et tant&ocirc;t n'apparaisse que de fa&ccedil;on sporadique et fragmentaire, mais sache toujours s'adapter au changement, qu'il existe de si grandes diff&eacute;rences entre les chamanes d'une m&ecirc;me soci&eacute;t&eacute;, que l'on con&ccedil;oive et pratique le chamanisme dans des contextes si nombreux et si divers et de fa&ccedil;on si &#8220;personnalis&eacute;e&#8221; &#8212; si l'on ose dire. Certains auteurs s'en sont trouv&eacute;s d&eacute;courag&eacute;s&#160;; d'autres au contraire se sont f&eacute;licit&eacute;s d'une r&eacute;alit&eacute; empirique qui pouvait fournir de quoi &eacute;tayer toutes sortes d'hypoth&egrave;ses. Tous ou presque en sont venus &agrave; surestimer le degr&eacute; de subjectivit&eacute; qui marque l'exercice du chamanisme, et de l&agrave;, comme par r&eacute;percussion, &agrave; impr&eacute;gner de leur propre subjectivit&eacute; leur observation et leur interpr&eacute;tation. Mais cette diversit&eacute;, cette adaptabilit&eacute;, cette &#8220;personnalisation&#8221; ne sauraient &ecirc;tre ni l'essence profonde ni un effet secondaire et al&eacute;atoire d'un ph&eacute;nom&egrave;ne aussi r&eacute;pandu et persistant, mais l'expression directe et n&eacute;cessaire de ses propri&eacute;t&eacute;s fondamentales&#160;&#8221;<span class="footnote_reference"><a name="fnB14" href="#fn14">[14]</a></span>.<br /></div> <div class="Normal">Dans son interpr&eacute;tation du chamanisme &agrave; partir de son terrain sib&eacute;rien, Roberte Hamayon a privil&eacute;gi&eacute; les pratiques d'alliance avec les esprits que le chamane met en oeuvre, sur fond d'id&eacute;ologie de la chasse<span class="footnote_reference"><a name="fnB15" href="#fn15">[15]</a></span> ; &agrave; partir de son exp&eacute;rience sud-am&eacute;ricaine, Jean-Pierre Chaumeil a insist&eacute; sur les techniques musicales et linguistiques pr&eacute;sentes dans les &eacute;changes entre chamane et esprits<span class="footnote_reference"><a name="fnB16" href="#fn16">[16]</a></span>, tandis que Michel Perrin<span class="footnote_reference"><a name="fnB17" href="#fn17">[17]</a></span> a produit un portrait du chamanisme qui insiste sur la communication, sur les actions de communication mises en oeuvre dans une s&eacute;ance chamanique<span class="footnote_reference"><a name="fnB18" href="#fn18">[18]</a></span> .<br /></div> <div class="Normal">&Eacute;coutons ce dernier&#160;: &#8220;&#160;Le plus souvent, les s&eacute;ances chamaniques sont accompagn&eacute;es d'actes curieux et de la manipulation de multiples et bizarres &#8220;accessoires&#8221;. L'analyse de ces actes et de ces objets r&eacute;v&egrave;le une th&eacute;orie implicite de la communication qui, pour &ecirc;tre la plus efficace possible, semble vouloir mobiliser tous les sens&#160;: l'odorat, l'ou&iuml;e, la vue, le toucher... Cette communication est d'autant plus d&eacute;monstrative qu'elle est double. Le chamane doit &eacute;tablir un contact avec les &ecirc;tres du monde-autre, mais il doit aussi, en m&ecirc;me temps, et surtout peut-&ecirc;tre, m&ecirc;me si cela reste implicite, communiquer avec les personnes qui ont suscit&eacute; la s&eacute;ance et celles qui y assistent. Il doit leur signaler par des gestes, des mimiques, des chants, des cris ou des silences, la fa&ccedil;on dont se d&eacute;roule son &#8220;voyage&#8221; et comment &eacute;voluent ses rapports avec les esprits ou les dieux&#160;&#8221;.<span class="footnote_reference"><a name="fnB19" href="#fn19">[19]</a></span> Le chamanisme, par un de ses aspects, para&icirc;t constituer une subtile et immense entreprise de gestion de signes, o&ugrave; sont impliqu&eacute;s le monde pr&eacute;sent des Hommes et le monde-autre des esprits (dieux, anc&ecirc;tres, morts, puissances mythiques), entre lesquels circulent des &acirc;mes (du chamane, des animaux, des morts), gr&acirc;ce &agrave; l'action de ce dernier, assist&eacute; de ses aides (les esprits auxiliaires dont il s'est acquis et s'acquiert sans cesse la d&eacute;licate collaboration). Une communication s'instaure entre humains et non-humains, dont la condition revient &agrave; ce que l'humain doive se d&eacute;placer en son &acirc;me pour rencontrer les esprits dans leur monde &agrave; eux.<br /></div> <div class="Normal">Ces lin&eacute;aments du chamanisme ne constituent qu'une m&eacute;taphore, un outil comparatif. L'internaute n'est pas un chamane, non plus que le couple internaute-ordinateur, mais alors pourquoi parler de chamanisme &agrave; propos de la CMO ?<br />Parce que certains traits les rapprochent, qui forment comme une toile de fond qui participe des conditions logiques de leur d&eacute;ploiement&#160;: une division dualiste de la personne et du monde, l'id&eacute;e que le monde-autre &eacute;met des signes, enfin celle que le monde des Hommes et le monde-autre sont imbriqu&eacute;s l'un dans l'autre.<br />Pour que l'&acirc;me du chamane voyage dans le monde-autre et s'en aille combattre ou s'allier avec les esprits ou les dieux, il faut que r&egrave;gne dans la repr&eacute;sentation globale des &ecirc;tres et des choses, &#8220;&#160;une conception dualiste de la personne et du monde&#160;&#8221;, ainsi que la nomme Michel Perrin<span class="footnote_reference"><a name="fnB20" href="#fn20">[20]</a></span>. La personne humaine y est double, compos&eacute;e d'une &#8220;&#160;&acirc;me&#160;&#8221;, ou de plusieurs, et d'un corps&#160;; tout animal et toute chose disposent d'une &acirc;me, &eacute;l&eacute;ment invisible qui se d&eacute;tache du corps, explique l'existence des r&egrave;ves et se meut dans l'ailleurs.<span class="footnote_reference"><a name="fnB21" href="#fn21">[21]</a></span>	<br /></div> <div class="Normal">Ce monde-autre diff&egrave;re sans &ecirc;tre &eacute;tranger au monde des Hommes, car il leur envoie des signes&#160;et tout peut &ecirc;tre signe : la pr&eacute;sence d'une pierre ou d'une plante, la maladie et la mort, les &eacute;v&eacute;nements climatiques. Le monde-autre n'exite pas dans l'isolement, n'est pas une croyance eschatologique ou th&eacute;ologique&#160;: il d&eacute;cide de ce qui arrive aux Hommes et le leur fait savoir. Est chamane celui qui per&ccedil;oit les signes du monde-autre, les reconna&icirc;t, les fait conna&icirc;tre aux non-chamanes, parvient &agrave; renvoyer des signes et &agrave; &eacute;tablir et maintenir des relations d'&eacute;change.<br />Le chamane proc&egrave;de de l'un et de l'autre monde, homme parmi les Hommes et esprit parmi les esprits. Monde-autre et monde des Hommes sont imbriqu&eacute;s et leurs relations se caract&eacute;risent, comme le fit Michel Perrin, par l'immanence. Si la transcendance est ext&eacute;riorit&eacute; et verticalit&eacute;, l'immanence au contraire donne tout comme int&eacute;rieur &agrave; tout, dans une sorte d'horizontalit&eacute; intime, myst&eacute;rieuse et possiblement connaissable.<br />Enfin, dans les fonctions du chamane quelque chose rel&egrave;ve d'une &eacute;conomie&#160;: rites, visions, voyages, paroles du chamane vont qu&eacute;rir aupr&egrave;s des eprits et ram&egrave;nent parmi les Hommes les gu&eacute;risons pour les proches, les malheurs survenant aux ennemis, le gibier pour se nourrir et les r&eacute;ponses &agrave; leurs questions &#8212; allers retours qui peuvent &ecirc;tre envisag&eacute;s comme &#8220;&#160;&eacute;conomiques&#160;&#8221;&#160;; dans cette &#8220;&#160;&eacute;conomie &#8221; sans estimation de quantit&eacute; ni de valeur, le chamane manipulateur de signes serait non seulement le gu&eacute;risseur, musicien, guerrier, interpr&egrave;te que l'on conna&icirc;t, mais encore le r&eacute;cipiendaire et diffuseur d'une richesse invisible et tapie dans l'ailleurs&#160;; dans cette &#8220;&#160;&eacute;conomie&#160;&#8221;, les chants, rythmes, savoir et actions du chamane figureraient comme de la &#8220;&#160;monnaie&#160;&#8221;, fondant en l&eacute;gitimit&eacute; que les commanditaires d'une s&eacute;ance le r&eacute;compensent, rendant riche le cr&eacute;ateur de richesses.  <br />	<br />Un net dualisme de la personne et du monde est implicite non seulement au discours sur le <span style='font-style: italic;'>cyberworld</span>, mais &agrave; son existence&#160;: le monde virtuel est ainsi nomm&eacute; dans son opposition au monde r&eacute;el&#160;; de plus, la personne physique sociale historique s'oppose, dans la mythologie des r&eacute;seaux, &agrave; la personne cybern&eacute;tique, diff&eacute;rente et impr&eacute;visible&#160;: &#8220;&#160;Sur le r&eacute;seau, personne ne sait que je suis un chien&#160;&#8221; dit l'internaute, libre enfin des r&ocirc;les et des liens sociaux associ&eacute;s &agrave; son destin biologique.<br />L'espace cybern&eacute;tique envoie des signes &agrave; l'internaute, constitue une masse de signes dans laquelle il peut se frayer un chemin et inscrire ses marques propres. Ces signes sont de multiples sortes&#160;: paquets de transferts de donn&eacute;es num&eacute;ris&eacute;es, mais aussi images, sons, lettres, chiffres, signes multiples dont certains ou certains aspects participent de l'&eacute;conomie, refl&egrave;tent de la richesse et constituent de la &#8220;&#160;monnaie&#160;&#8221;.<br />Il est clair que l'espace cybern&eacute;tique ne surplombe pas le monde r&eacute;el. Lui est-il int&eacute;rieur ? Oui, puisque les machines qui rendent possible le monde virtuel&#160;sont int&eacute;rieures au monde r&eacute;el. Pourtant, au gr&eacute; de la valse technologique, il est probable que parmi toutes les machines connect&eacute;es, (au moins) une machine est remplac&eacute;e chaque minute&#160;; les ordinateurs changent, l'espace cybern&eacute;tique reste... Le monde dit virtuel ressemble &agrave; ce que serait l'ombre du monde r&eacute;el, c'est &agrave; dire lui-m&ecirc;me vu sous un angle et b&eacute;n&eacute;ficiant d'un &eacute;clairage sp&eacute;cifiques &#8212; et c'est l&agrave; que g&icirc;t quelque chose comme une immanence.<br />	<br />Sans doute &#8220;&#160;Communication m&eacute;diatis&eacute;e par ordinateur&#160;&#8221; n'explicite-t-elle pas pour tous une pareille pens&eacute;e de l'homme et du monde, des mondes&#160;- si elle l'&eacute;voque.<br />CMO montre des Hommes et des machines et ne dit rien d'une tierce pr&eacute;sence, laisse la place libre, vide peut-&ecirc;tre, peut-&ecirc;tre occup&eacute;e.<br />CMO, dont on a admir&eacute; l'horizontalit&eacute; et la vertu d&eacute;mocratiques, ne diff&egrave;rerait en derni&egrave;re analyse pas tant que cela des v&eacute;n&eacute;rables nominations que donn&egrave;rent les Anciens &agrave; leur mode d'&eacute;crire&#160;: &#8220;&#160;Paroles divines&#160;&#8221;, dirent le &Eacute;gyptiens, &#8220;&#160;&Eacute;criture de la Cit&eacute; des Dieux&#160;&#8221;, dirent les Hindous.<br /></div> <hr /><div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn1" href="#fnB1">[1]</a></span>. Citation de l'invitation au Colloque de la part de Serge Proulx. <br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn2" href="#fnB2">[2]</a></span>. C. Herrenschmidt. &#8220;&#160;&Eacute;criture, monnaie, r&eacute;seaux. Inventions des Anciens, inventions des Modernes&#160;&#8221;. <span style='font-style: italic;'>Le D&eacute;bat</span>, n&#176;106, septembre-octobre 1999, &#8220;&#160;L'Internet et les r&eacute;seaux&#160;&#8221;, <span style='font-style: italic;'>Le D&eacute;bat</span>, n&#176; 110, mai-juin 2000.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn3" href="#fnB3">[3]</a></span>. Il en va de m&ecirc;me avec le concept lanc&eacute; par Pierre Clastres, &#8220;&#160;Soci&eacute;t&eacute; contre l'&Eacute;tat&#160;&#8221;, d&eacute;signant les soci&eacute;t&eacute;s "sauvages" dont l'organisation emp&ecirc;che l'existence de toute hi&eacute;rarchie politique interne et exprim&eacute; autour du pr&eacute;dicat "contre".<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn4" href="#fnB4">[4]</a></span>. Une analyse semblable peut &ecirc;tre faite pour l'anglais <span style='font-style: italic;'>Computer mediated communication</span>.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn5" href="#fnB5">[5]</a></span>. Je cite cet auteur d'apr&egrave;s Jean-Claude Gu&eacute;don <span style='font-style: italic;'>La Plan&egrave;te cyber. Internet et cyberespace</span>. D&eacute;couverte Gallimard, n&#176; 280. Paris (1996), 98-102.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn6" href="#fnB6">[6]</a></span>. Manuel Castells. <span style='font-style: italic;'>La Soci&eacute;t&eacute; en R&eacute;seaux. L'&egrave;re de l'information</span>. Paris Fayard, vol 1, (1998), 55.<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn7" href="#fnB7">[7]</a></span>. Pierre L&eacute;vy, <span style='font-style: italic;'>World Philosophy</span>. Paris, O. Jacob (2000), 163.<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn8" href="#fnB8">[8]</a></span>Ignacio Ramonet&#160;: , in &#8220;&#160;Nouvelle &eacute;conomie&#160;&#8221;, www.monde.diplomatique.fr, avril 2000.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn9" href="#fnB9">[9]</a></span>. On doit retenir cette phrase de T. Sebeok&#160;: &#8220;&#160;Il est important de se rendre compte que seuls les &ecirc;tres vivants [dont mon&egrave;res, champignons, plantes] et leurs extensions inanim&eacute;es subissent la s&eacute;miose [relation triadique entre un signe, son objet et son interpr&eacute;tant], qui par le fait m&ecirc;me s'&eacute;rige en attribut distinctif de la vie&#160;&#8221;, in &#8220;&#160;La Doctrine des signes&#160;&#8221;, <span style='font-style: italic;'>Anthropologie et Soci&eacute;t&eacute;s</span>, vol. 9, n&#176; 3; (1985); 231-242&#160;... citation p. 233. L'Auteur ne semble pas s'apercevoir que d'une part il fait de la th&eacute;ologie, que d'autre part il tient un discours contradictoire&#160;; il &eacute;rige en effet la s&eacute;miose en crit&egrave;re de la vie pour les &ecirc;tres vivants <span style='text-decoration: underline;'>et leurs extensions inanim&eacute;es</span> &#8212; c'est &agrave; dire qu'il consid&egrave;re que les extensions inanim&eacute;es sont en fait anim&eacute;es par la s&eacute;miose. <br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn10" href="#fnB10">[10]</a></span> Andr&eacute; Leroi-Gourhan, <span style='font-style: italic;'>Le Geste et la Parole.  La m&eacute;moire et les rythmes</span>. Paris, A. Michel (1965), fig. 108 et p. 74.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn11" href="#fnB11">[11]</a></span>. Mircea Eliade, <span style='font-style: italic;'>Le Chamanisme et les techniques archa&iuml;ques de l'extase</span>. Paris, Payot (1951, r&eacute;&eacute;d. 1968).<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn12" href="#fnB12">[12]</a></span> Philippe Mitrani, &#8220;&#160;Aper&ccedil;u critique des approches psychi&acirc;triques du chamanisme&#160;&#8221;, in Roberte Hamayon (&eacute;d.), <span style='font-style: italic;'>Voyages chamaniques</span> 2, <span style='font-style: italic;'>L'Ethnographie</span>, num&eacute;ro sp&eacute;cial, 87-88, 1-2 (1982).<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn13" href="#fnB13">[13]</a></span>. Il s'agit des th&eacute;oriciens parmi l'anthropologie, ainsi que l'auteur le dit clairement deux lignes avant la citation.<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn14" href="#fnB14">[14]</a></span> Roberte Hamayon, &#8220;&#160;Des chamanes au chamanisme&#160;&#8221;, in R. Hamayon (&eacute;d.), <span style='font-style: italic;'>Voyages chamaniques</span> 2, <span style='font-style: italic;'>L'Ethnographie</span>, num&eacute;ro sp&eacute;cial, 87-88, 1-2 (1982), 13-49&#160;; p.15.<br /></div> <div class="Normal" style=''><span class="footnote_reference"><a name="fn15" href="#fnB15">[15]</a></span>.Jean Pierre Chaumeil &#8220; Des esprits aux anc&ecirc;tres. proc&eacute;d&eacute;s linguistiques, conceptions du langage et de la soci&eacute;t&eacute; chez les yagua de l'Amazonie p&eacute;ruvienne&#160;&#8221;. <span style='font-style: italic;'>L'Homme</span>, 126-128 (1993), XXXIII (2-4); 409-427.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn16" href="#fnB16">[16]</a></span>. Roberte Hamayon, <span style='font-style: italic;'>La chasse &agrave; l'&acirc;me. Esquisse d'une th&eacute;orie du chamanisme &agrave; partir d'exemples sib&eacute;riens</span>. Nanterre, Soci&eacute;t&eacute; d'ethnologie, (1990).<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn17" href="#fnB17">[17]</a></span>. Michel Perrin, <span style='font-style: italic;'>Le Chamanisme</span>. Paris, PUF, Coll. Que Sais-je ? n&#176; 2968, (1995).<br /><span class="footnote_reference"><a name="fn18" href="#fnB18">[18]</a></span> Les s&eacute;ances chamaniques sont demand&eacute;es par les membres d'un groupe &agrave; chamane ou par le groupe, lorsque la situation se faire sentir : difficult&eacute; d'une personne (maladie, mort, accouchement, etc.) ou du groupe entier (catastrophe naturelle, guerre, volont&eacute; de nuire &agrave; l'ennemi). Le chamane effectue devant les commanditaires un "voyage" ou un "vol"&#160;: son &acirc;me le quitte et part dans le monde-autre, celui des esprits, dieux, ma&icirc;tres des animaux, anc&ecirc;tres, puissances invisibles,  avec lesquelles il peut communiquer, au contraire des autres membres du groupe, d'o&ugrave; elle rapportera les r&eacute;ponses ou les solutions au probl&egrave;me pos&eacute;. <br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn19" href="#fnB19">[19]</a></span>. Michel Perrin (1995), p. 50 et sq. Voir aussi <span style='font-style: italic;'>Les praticiens du r&egrave;ve. Un exemple de chamanisme</span>. Paris, PUF (1992) et  &#8220;&#160;Chamanes, chamanisme et chamanologues&#160;&#8221;, <span style='font-style: italic;'>L'Homme</span> 142, (1997), 89-92.<br /></div> <div class="footnote_text"><span class="footnote_reference"><a name="fn20" href="#fnB20">[20]</a></span>. Perrin (1995), 6. Les lignes qui suivent sont profond&eacute;ment inspir&eacute;es des pages 5-9 et 90-92 de cet excellent <span style='font-style: italic;'>Que-sais-je</span> ? .<br /></div> <div class="Normal" style='  text-align: justify; margin-right:1pt;'><span class="footnote_reference"><a name="fn21" href="#fnB21">[21]</a></span>. Cet ailleurs n'est pas un au-del&agrave; r&eacute;serv&eacute; aux morts, mais un univers sacral, celui des dieux et des esprits, oppos&eacute; au monde quotidien et profane&#160;; tous les membres d'une soci&eacute;t&eacute; &agrave; chamanes en connaissent l'existence, mais seuls les chamanes, lorsqu'ils sont en s&eacute;ance, en rel&egrave;vent et en participent.</div>    </body>  </html> 
