  <HTML><!-- #BeginTemplate "/Templates/PageSimple06.dwt" -->  <HEAD> <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <!-- #BeginEditable "doctitle" -->  <TITLE>KaFka&iuml;ens n6 - L'ordinateur et la cr&eacute;ation artistique</TITLE> <!-- #EndEditable -->  <SCRIPT language = "JavaScript"> <!-- function mailto(mail) {  location = "mailto:" + mail + "?subject=" + document.title;  return false; } //--> </SCRIPT> </HEAD> <BODY bgcolor="#000000" text="#000000" link="#1A579B" vlink="#001144" alink="#33CCFF"> <TABLE border="0" width="546" align="center" bgcolor="#1A579B" cellspacing="0" cellpadding="3">   <TR >          <TD> <B><!-- #BeginEditable "TITRE" --><FONT face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="4" color="#FFFFFF">L'ordinateur              et la cr&eacute;ation artistique</FONT><!-- #EndEditable --></B></TD>   </TR> </TABLE> <TABLE border="0" width="546" align="center" bgcolor="#FFFFFF" cellspacing="0" cellpadding="3">   <TR>      <TD> <!-- #BeginEditable "TEXTE" -->              <TABLE border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">                 <TR>                      <TD>&nbsp;</TD>                 </TR>                 <TR>                      <TD><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Nous avons vu comment l'ordinateur infrait avec                          le processus de la rflexion, et comment il y prenait une place particulire,  mi-chemin entre l'outil                          et le partenaire de dialogue (voir <A         href="../05kaf/difdia5.htm">Difficile dialogue</A>, notre article du numro prcdent). Cette analyse tait clairement                          oriente vers un certain type de raisonnement, celui de l'ingnieur ou plus gnralement de la dmarche                          intellectuelle propre  la science applique. Dans le mme temps, la dmarche crative, et plus particulirement                          le domaine de l'expression graphique, n'a pas chapp  l'intrusion de l'ordinateur. L'utilisation                          de ce nouvel outil est plus ou moins subalterne : l'utilisation d'un traitement de texte pour la rdaction                          d'un roman et l'utilisation d'un logiciel de modlisation pour la cration d'images de synthse sont                          deux utilisations de l'ordinateur comme outil, mais  des degrs diffrents. Certains domaines prsentent                          par leur nature mme une barrire  l'utilisation de l'outil informatique (par exemple la danse ou                          le thtre, quoiqu'il me semble que l'ordinateur ait t utilis pour la mise en oeuvre de certaines                          chorgraphies ou mises en scne). Mais l'ordinateur est tout de mme de plus en plus prsent : peut-on                          alors considrer qu'il influence la dmarche cratrice non plus  la manire de l'outil qu'il devrait                          tre, mais comme un artefact d'un nouveau genre occupant une place intermdiaire entre l'outil et                          le partenaire ?</FONT>                          <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">L'ordinateur amne les possibilits novatrice                              d'un outil supplmentaire, mais il engendre galement, par la complexit de son apprentissage                              et de sa mise en oeuvre, des ides prconues sur les oeuvres qu'il permet d'laborer (qui sont                              empreintes de la culture informatique). L encore, cette influence diffre suivant le domaine.                              Dans le domaine de la cration d'images de synthse, o l'ordinateur n'est pas un outil, mais                              l'outil (ou le mdia, comme le support est le mdia de l'expression graphique) l'influence est                              intimement lie  la nature mme de l'oeuvre de synthse, et nous y reviendrons plus loin. Dans                              d'autres domaines, comme la littrature, peut-on considrer que l'utilisation du traitement de                              texte influe sur le contenu de l'oeuvre crite ? Il n'est pas si certain que la rponse soit simplement                              non. Dans la nouvelle <I>l'Intransigeant</I>(1), Isaac Asimov met en scne un auteur (nomm Abram                              Ivanov, je pense que l'on peut affirmer sans grands risques qu'il s'agit de lui-mme) qui fait                              l'achat de l'un traitement de texte, et qui voit peu  peu le logiciel corriger automatiquement                              ses fautes, puis anticiper ses tournures de phrases et ses fautes de style, puis finalement crire                              un roman pendant la nuit. </FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Sans aller jusque l, je vois dj deux conditions                              d'influence de l'outil sur la production de l'auteur : l'automatisation de la correction orthographique                              favorise le laisser-aller de l'criture, et en dfinitive l'appauvrissement de la langue (pour                              un auteur affirm qui dbute sur ordinateur, c'est videmment moins sensible que pour un dbutant                              qui a toujours utilis l'ordinateur). Deuximement, l'ordinateur perturbe le rapport intime de                              l'auteur avec l'crit : le fait que l'on se sente parfois oblig de recourir  l'crit (sur papier)                              quand on travaille sur ordinateur montre qu'il y a un rapport entre le rsultat (ce que l'on crit,                              donc le sens) et la technique (l'criture), entre la mise en forme de nos penses et la mise en                              forme de leur transcription crite. C'est ce rapport qui est perturb quand on passe  l'ordinateur,                              au profit de l'instauration d'un nouveau rapport d'interdpendance.</FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le rapport du crateur  l'outil est commun                               toutes les formes de cration artistique. Dans le domaine des arts graphiques, si l'on prend                              l'exemple de la peinture dite classique, l'utilisation du pinceau est un facteur de conditionnement                              du rsultat produit : disons que le peintre exprime sa crativit dans les limites de la technique                              de son outil. Qu'il russisse  aller plus ou moins loin avec cette technique n'est pas le problme                              ; ce qui est important, c'est que non seulement l'outil conditionne l'expression de sa crativit                              (la conditionne, mais ne la bride pas), mais galement que les limites imposes par l'outil ne                              sont pas toujours ressenties comme des limites. Partant de l, il est tentant de dire qu'en dehors                              du talent, l'innovation apporte par un auteur consisterait en son exploration - et donc  la                              conscience - des limites de ses outils. Je pense par exemple aux utilisations novatrices du pinceau                              qui ont dfini de nouveaux domaines de l'art pictural (pointillisme). L'exploration de la limite                              d'un outil peut galement conduire  la cration d'un nouvel outil.<BR>                             Si l'outil classique conditionne l'expression de la crativit, comment pourrait-il en tre autrement                              avec l'ordinateur ? Pour revenir  la littrature, l'utilisation du traitement de texte conditionne                              certainement l'criture elle-mme, de manire peu perceptible pour l'instant, mais qui ne peut                              qu'augmenter au fur et  mesure de la gnralisation de l'utilisation de l'ordinateur (aujourd'hui                              outil annexe, demain outil universel de consultation de texte, d'images, de support d'criture...).</FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Dans le domaine de la cration graphique informatise,                              il en va tout autrement. Le conditionnement de l'outil est prsent de manire beaucoup importante                              dans le travail cratif. C'est l que l'on peut vritablement dire que,  l'instar de la place                              de l'ordinateur dans la dmarche scientifique, l'ordinateur dpasse sa qualit d'outil. Il n'y                              a plus utilisation d'un outil mais dialogue avec un partenaire.</FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ce qui conditionne la crativit que l'on peut                              exprimer avec l'aide de l'outil/ordinateur, c'est d'abord que l'ordinateur n'est pas seulement                              le mdia/outil (pour milieu) mais aussi le support final de l'oeuvre. Le pinceau est un outil                              qui permet de peindre sur une toile : l'ordinateur et l'cran ne sont qu'une seule et mme entit                              : on ne sert pas de l'ordinateur et de son langage/logiciel pour manipuler les pixels de l'cran                              (du moins quand on a dpass le trac de son premier polygone en ombrage de Gouraud), mais on                              sert de l'ordinateur et de son cran comme d'une fentre virtuelle sur le monde que l'on cre.                              En dfinitive, il y a fusion des moyens d'extriorisation de la crativit. </FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Un fantasme commun des oeuvres de science-fiction                              est la connexion directe de l'homme et de la machine, qui permettrait de s'affranchir de l'interface                              que reprsente le langage / logiciel / matriel (cochez la bonne proposition, en fait les trois                              sont bonnes). Ce n'est pas un hasard : l'artiste rve de sculpter directement le monde de sa Cration,                              de projeter directement la gamme d'motions intellectuelles qui traversent son esprit sur la &quot;matire&quot;                              de son oeuvre. Avec l'ordinateur, on approche cela parce qu'on envisage de manire unique le moyen                              et la fin. On imagine des actions et l'on voit immdiatement leurs rsultats. A l'instar de la                              souris que l'on ne sent plus, que l'on ne regarde plus et qui nous permet pourtant de manipuler                              les objets sur l'cran, le langage de programmation (qu'il soit crit ou mtaphorique) devient                              un outil transparent avec lequel on manipule directement la matire de sa cration.</FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">L'ordinateur ajoute galement de nouveaux domaines                              d'expressivit : cela va au-del de nouvelles techniques. Il ne s'agit pas de l'quivalent de                              la dcouverte d'un nouvel instrument pour appliquer la peinture mais plutt d'une nouvelle manire                              de tenir le pinceau. Par exemple, la gnration fractale de textures permet d'obtenir des effets                              graphiques intressants dans la reproduction de surfaces rocheuses (ce n'est qu'un petit exemple...),                              et amliore les techniques picturales bases sur la superposition de petites touches de couleur                              crant l'illusion de la texture (technique utilise couramment en peinture). Petit  petit, au                              fur et  mesure des innovations techniques, le champ d'application de ces nouvelles mthodes d'expressivit                              s'agrandit jusqu' englober l'ensemble des techniques de l'art graphique : l'ordinateur dpasse                              son rle d'outil, et devient un outil  forger les outils (allez, je lche le mot, c'est un mta-outil...).                              Et plus on avance dans ce processus, plus il devient vident que l'ordinateur conditionne la crativit,                              puisqu'il en dtourne une part  son usage propre. Il serait faux de dire que parce que l'ordinateur                              apporte des possibilits nouvelles, son usage augmente la crativit de ceux qui l'utilisent.                              De mme que sur Internet la forme pseudo-interactive masque souvent une vacuit du fond, l'intrusion                              de l'ordinateur dans la cration est souvent prtexte  une utilisation automatique de ses capacits,                              sans recherche vritable d'apport artistique, sans rflexion sur le sens de son utilisation. Un                              peu comme si l'on barbouillait une toile  coups de pinceau rptitifs sans chercher plus avant                              l'expression d'une motion humaine.</FONT></P>                         <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">En dfinitive, l'utilisation de l'ordinateur                              dans le processus de cration repose sur une dualit qui le rend bien diffrent d'un simple outil.                              L'ordinateur permet d'augmenter le champ des domaines d'expressivit par l'apport de techniques                              nouvelles de cration, mais il conditionne l'expression de la crativit par sa nature mme de                              mta-outil, et parce qu'il ralise le fusion de l'outil et du support. La difficult que reprsente                              sa matrise lui donne une place  part, restreint le nombre d'artistes  mme de l'utiliser, mais                              confre une valeur toute particulire  ceux qui y parviennent.</FONT></P>                     </TD>                 </TR>                 <TR>                      <TD>&nbsp;</TD>                 </TR>                 <TR>                      <TD align="center"><IMG src="fractal.jpg" width="203"         height="220"></TD>                 </TR>                 <TR>                      <TD><FONT size="3"><U><FONT face="Arial, Helvetica, sans-serif">Notes</FONT></U></FONT>                          <P><FONT size="3" face="Arial, Helvetica, sans-serif">(1) : <I>Mais le docteur est d'or</I> - Isaac                              Asimov, Pocket SF</FONT></P>                     </TD>                 </TR>                 <TR>                     <TD>&nbsp;</TD>                 </TR>                 <TR align="right">                      <TD><FONT face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><B>PmM</B></FONT></TD>                 </TR>                 <TR>                      <TD>&nbsp;</TD>                 </TR>             </TABLE>             <!-- #EndEditable --></TD>   </TR> </TABLE> <TABLE border="0" width="546" align="center" bgcolor="#1A579B" cellspacing="0" cellpadding="3">   <TR bgcolor="#CCCCCC" align="center">      <TD>        <TABLE width="100%" border="0">         <TR>            <TD align="center" valign="middle"><FONT face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><B><A href="mailto:ohoui@kafkaiens.org" onClick="return mailto('ohoui@kafkaiens.org')">ohoui@kafkaiens.org</A></B></FONT></TD>           <TD align="center" valign="middle"><IMG src="/06kaf/tg.gif" width="8" height="9"></TD>           <TD align="center" valign="middle"><FONT face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><B>vos r&eacute;actions</B></FONT></TD>           <TD align="center" valign="middle"><IMG src="/06kaf/td.gif" width="8" height="9"></TD>           <TD align="center" valign="middle"><FONT face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><B><A href="mailto:ahnon@kafkaiens.org" onClick="return mailto('ahnon@kafkaiens.org')">ahnon@kafkaiens.org</A></B></FONT></TD>         </TR>       </TABLE>         </TD>   </TR>   <TR>      <TD> <B><FONT size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#FFFFFF"><I>KaFka&iuml;ens Magazine</I></FONT></B><FONT size="2" color="#FFFFFF" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><I>        - Tous droits r&eacute;serv&eacute;s</I></FONT></TD>   </TR> </TABLE> </BODY> <!-- #EndTemplate --></HTML> 
