<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//IETF//DTD HTML//EN"> <html>  <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 2.0"> <title>Mes amours au paradis</title> </head>  <body background="../../icon_fon/fond1.gif">  <h2 align="center"><font color="#00A414" size="6">Mes amours au paradis</font></h2>  <h5>Roman, Les &eacute;ditions JCL inc, 1998,<BR> Edition club Qu&eacute;bec Loisirs inc. 1999,<BR> &Eacute;ditions de la Seine (France),<BR> Collection Succ&egrave;s du livre, mai 1999.</h5>  <p><font color="#CD0000"><b><img src="amours.jpg" align="right"></b></font></p> <h3><font color="#CD0000"><b>Description :</b></font></h3>    <BR><blockquote><p><font color="#000000"><b>La fragilit&eacute; du bonheur, l'amour contre la mort, la vie qui gagnera quand m&ecirc;me la partie...Un roman d'une rare authenticit&eacute; et d'autant plus bouleversant qu'il a &eacute;t&eacute; &eacute;crit en 1996 par une jeune auteure, alors &acirc;g&eacute;e de dix-sept ans....</b></font></p><BR>  <p><font color="#000000"><b>Mari heureux, p&egrave;re combl&eacute;, Philippe a &eacute;t&eacute; g&acirc;t&eacute; par la vie. Puis, par un beau dimanche de septemblre, un accident de la route lui fauche sa femme enceinte et leur fils de trois ans. Seule survit Marie-&Egrave;ve, l'a&icirc;n&eacute;e de la famille. Mais son &eacute;tat est s&eacute;rieux. Ses jambes sont bris&eacute;es et elle est plong&eacute;e dans un profond coma.</b></font></p></blockquote><BR>  <img         src="paradis.jpg" align="right" hspace="0" width="150"         height="244"> <p><blockquote><font color="#000000"><b>Commence alors, pour le p&egrave;re et la fille, une longue et courageuse remont&eacute;e vers la vie. Une remont&eacute;e que seul l'amour peut permettre. Un amour touchant, inconditionnel et puissant. Un amour capable de contrer la mort. </b></font></p><BR>  <p><font color="#000000"><b>&quot;Un roman d'une rare authenticit&eacute; sur la fragilit&eacute; du bonheur et la puissance de l'amour, d'autant plus bouleversant qu'il a &eacute;t&eacute; &eacute;crit et 1996 par une jeune auteure alors &acirc;g&eacute;e de dis-sept ans...&quot; </b></font><BR><font color="#000000" size="2">Qu&eacute;bec Loisirs, printemps 1999</font></p></blockquote>  <table border="0"><BR><BR>     <tr>         <td><font color="#FF0000" size="4"><strong>Extrait:</strong></font><p>- Je ne sais pas comment je vais faire,         papa... Mais je dois le faire, c'est n&eacute;cessaire pour que         je comprenne et r&eacute;alise que c'est fini, compl&egrave;tement         fini.</p>         <p>- Je suis l&agrave;, mon grand, je serai l&agrave;, avec toi.</p> <img src="ap.jpg" align="right" hspace="0" width="150" height="241">         <p>- Je sais. Merci. Si j'&eacute;tais seul, en ce moment,</p>         <p><font size="3">- Je...</font></p>         <p>- Tu n'es pas seul, Philippe, nous sommes tous avec         toi.</p>         <p><font size="3">L&nbsp;&#145;&eacute;tage de l'h&ocirc;pital         sentait le d&eacute;sinfectant, odeur m&ecirc;l&eacute;e &agrave; celles         d'autres produits qui d&eacute;go&ucirc;taient Philippe. Il n'avait         rien aval&eacute; depuis longtemps, sauf les quelques bouch&eacute;es         du sandwich qu'il avait vomies aussit&ocirc;t arriv&eacute; &agrave;         l'h&ocirc;pital. Cette odeur lui redonna la naus&eacute;e.</font></p>         <p><font size="3">Un m&eacute;decin les installa dans son         bureau.</font></p>         <p><font size="3">- Jonathan n'a pas eu le temps de         souffrir lors de l'accident. Son coeur a explos&eacute; sous la         pression des fractures. Il n'a eu aucune chance de s'en         tirer. Il est mort paisiblement.</font></p>         <p><font size="3">- Paisiblement! r&eacute;pliqua Philippe sur         un ton hargneux. &Agrave; trois ans, avec un coeur &eacute;clat&eacute;!</font></p>         <p><font size="3">- Je voulais dire qu'il n'a pas         souffert, monsieur Lambert. Habituellement ' les parents         sont soulag&eacute;s quand ils savent que leurs enfants n'ont         pas souffert avant de mourir.</font></p>         <p><font size="3">- Je ne suis pas diff&eacute;rent des autres.</font></p>         <p><font size="3">Philippe dut r&eacute;primer des larmes.</font></p>         <p><font size="3">- Est-ce que son corps est en bon         &eacute;tat?</font></p>         <p><font size="3">- Son corps a &eacute;t&eacute; plut&ocirc;t ab&icirc;m&eacute;.         Mais sa figure n'a &eacute;t&eacute; touch&eacute;e que par quelques         &eacute;clats de verre. Si vous le voulez, son cercueil pourra         &ecirc;tre ouvert.</font></p>         <p><font size="3">- Est-ce que je pourrai rester avec lui         quelques minutes? Je veux le regarder comme il faut,         percevoir cette s&eacute;r&eacute;nit&eacute; dont vous parliez. Une fois         que les corps sont pass&eacute;s par le salon fun&eacute;raire, ils         ne se ressemblent plus du tout.</font></p>         <p><font size="3">- Vous pouvez rester &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui         si vous le voulez, le temps que vous le souhaiterez. Mais         ce n'est pas conseill&eacute; de prolonger ind&eacute;finiment. Vous         ne vous feriez que du mal.</font></p>         <p><font size="3">- Je sais ce qui est le mieux pour moi!         Mon p&egrave;re peut m'accompagner? J'en ai besoin.</font></p>         <p><font size="3">- Bien s&ucirc;r. Venez avec moi, je vais         vous pr&eacute;senter au technicien qui s'est occup&eacute; de votre         fils. Il va vous conduire &agrave; lui.</font></p>         <p><font size="3">Philippe, suivi de Jean-Pierre, sourit         &agrave; cet homme, jeune et expressif. Le m&eacute;decin se retira.</font></p>         <p><font size="3">- Dans le cas d'une mort comme celle de         Jonathan, je laisse habituellement le parent le prendre         dans ses bras quelques instants, tr&egrave;s d&eacute;licatement. Il         reste quand m&ecirc;me envelopp&eacute; dans un drap, mais ce         dernier contact avec l'enfant aide souvent le parent &agrave;         faire son deuil... Si &ccedil;a ne vous int&eacute;resse pas, ce         n'est pas grave du tout, ce n'est qu'une proposition. Si         c'est trop dur, rien, je dis bien rien, ne vous y oblige,         monsieur Lambert.</font></p>         <p><font size="3">Philippe regarda son p&egrave;re puis le         technicien, les larmes aux yeux.</font></p>         <blockquote>             <p><font size="3">- Oui, il faut que je le fasse.</font></p>         </blockquote>         <p><font size="3">L&#146;homme les conduisit vers le         corps de Jonathan, &eacute;tendu sur une table. Seul son visage         d&eacute;passait du drap dans lequel il &eacute;tait envelopp&eacute;.         Philippe &eacute;clata en sanglots quand l'homme prit son fils         dans ses bras.</font></p>         <p><font size="3">- Tenez, monsieur Lambert. Tout         doucement. Redonnez-le-moi quand vous le voudrez. Prenez         tout votre temps.</font></p>         <p><font size="3">Philippe enla&ccedil;a le petit corps tout         froid, tout raide de son b&eacute;b&eacute; sans pouvoir cesser de         pleurer. Le m&eacute;decin avait eu raison: Jonathan souriait         presque, un sourire plein de sa joie de vivre, que m&ecirc;me         la mort n'arrivait pas &agrave; lui arracher.</font></p>         <p><font size="3">Vivre. Philippe pleura de plus belle.         Il entendait son p&egrave;re faire de m&ecirc;me derri&egrave;re lui.</font></p>         <p><font size="3">- Myriam est morte aussi, hein, papa?</font></p>         <p><font size="3">Le silence de Jean-Pierre &eacute;tait lourd         de signification.</font></p>         <p><font size="3">- Papa, j'ai tout perdu. Marie-&Egrave;ve ne         survivra peut-&ecirc;tre pas. Ou dans quel &eacute;tat? Myriam est         morte... Mon Dieu, qu'est-ce que je vais faire,         maintenant?</font></p>         <p><font size="3">Philippe appuya sa t&ecirc;te sur le petit         front froid de Jonathan, tenant son corps comme s'il         avait eu un tr&eacute;sor entre ses mains. Ses membres         commenc&egrave;rent &agrave; trembler, mais il ne pouvait cesser de         fixer le beau visage de son b&eacute;b&eacute;. La main de son p&egrave;re         &eacute;tait pos&eacute;e sur son dos.</font></p>         <p><font size="3">- Qu'est-ce que je vais faire? r&eacute;p&eacute;ta         Philippe, au bord de l'&eacute;vanouissement.</font></p>         <p><font size="3">Il embrassa le front de Jonathan. Il         aurait voulu l'emporter avec lui, lui redonner la vie, se         sentir moins impuissant. Philippe aurait volontiers         donn&eacute; sa vie pour celle de Jonathan. Ses enfants         auraient &eacute;t&eacute; orphelins, mais Philippe savait qu'ils         auraient &eacute;t&eacute; heureux avec leurs grands-parents et avec         Nicolas pr&egrave;s d'eux.</font></p>         <p>- Il faut que tu sois fort, Philippe.</p>         <p>Comme si c'&eacute;tait possible! Philippe aurait voulu         hurler &agrave; son p&egrave;re de dire autre chose que des         stupidit&eacute;s.</p>         <p>- Mon petit Jonathan, bredouilla-t-il plut&ocirc;t. je         t'aime tant ...</p>         <p><font size="3">Ses &eacute;paules tressautaient.</font></p>         <p><font size="3">- Je ne pourrai jamais survivre, dit-il         pour lui-m&ecirc;me. Je n'ai plus rien.</font></p>         <p><font size="3">- Tu as Marie-&Egrave;ve, Philippe. Elle aura         besoin de toi quand elle sera gu&eacute;rie.</font></p>         <p><font size="3">Son front contre celui de Jonathan,         Philippe pleura, pleura, pleura un long moment. Puis,         &eacute;puis&eacute;, &agrave; bout de souffle, naus&eacute;eux, il releva la         t&ecirc;te, regarda son fils plusieurs secondes.</font></p>         <p><font size="3">- Tenez, dit-il tr&egrave;s faiblement &agrave;         l'employ&eacute; de la morgue. Prenez soin de lui, je vous en         conjure.</font></p>         <p><font size="3">Le regard de l'employ&eacute; accrocha celui         de Philippe:lui aussi &eacute;tait tr&egrave;s &eacute;mu et avait les yeux         mouill&eacute;s.</font></p>         <p><font size="3">- Soyez-en certain, monsieur. Gardez un         beau souvenir de votre fils, pas celui de ce moment-ci         ...</font></p>         <p><font size="3">Philippe promit en s'&eacute;pongeant les         yeux, mais il savait qu'il n'oublierait jamais l'image de         ce petit corps sans vie.</font></p>         <p><font size="3">- C'est un enfant adorable et je suis         s&ucirc;r qu'il est tr&egrave;s bien l&agrave; o&ugrave; il est maintenant. Ne         vous inqui&eacute;tez pas pour lui.</font></p>         <blockquote>             <p><font size="3">- Oui...</font></p>         </blockquote>         <p><font size="3">En se dirigeant vers la porte, Philippe         se retourna pour un dernier adieu, puis, dans une salle         en retrait, sans doute l&agrave; pour les gens &eacute;prouv&eacute;s, il         se laissa choir sur une chaise. Jean-Pierre ne cachait         pas ses larmes, mais refoulait ses sanglots. Il tenait la         main de son fils.</font></p>         <p><font size="3">Il n'a pas souffert, Philippe, &ccedil;a me         console.</font></p>         <p><font size="3">Philippe avait renvers&eacute; sa t&ecirc;te vers         l'arri&egrave;re, cherchait d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment de l'oxyg&egrave;ne.</font></p>         <p><font size="3">- Qu'est-ce que j'ai bien pu faire au         bon Dieu pour &ecirc;tre puni comme &ccedil;a? murmurait-il.</font></p>         <p><font size="3">Il se pencha, serra ses poings de         toutes ses forces pour &eacute;vacuer sa d&eacute;tresse. Le         r&eacute;confort de son p&egrave;re ne l'atteignait plus. Une bulle         de d&eacute;sespoir absolu s'&eacute;tait form&eacute;e autour de lui.</font></p>         <p><font size="3">- Myriam va aller le rejoindre et         prendre soin de lui.</font></p>         <p><font size="3">Son p&egrave;re murmura quelque chose         d'incompr&eacute;hensible.</font></p>         <p><font size="3">Il faut que j'arr&ecirc;te de penser, reprit         Philippe. je sens que je vais mourir.</font></p>         <p><font size="3">Il faut surtout que tu dormes,         maintenant. Allez, viens. </font></p>         <p><font size="3">Quelques bonnes heures chez toi, dans         ton lit, O.K.? &Ccedil;a va te soulager un peu</font></p>         <p><font size="3">- Non, dit Philippe en secouant         vigoureusement la t&ecirc;te, pas &agrave; la maison! &Ccedil;a va me         faire trop mal, je le sais, je ne veux plus jamais         remettre les pieds dans ma maison! Je ne serai pas         capable!</font></p>         <p><font size="3">- Viens chez nous, dans ce cas-l&agrave;. Tu         ne seras pas tellement loin de l'h&ocirc;pital et tu te         reposeras un peu, c'est vital pour toi.</font></p>         <p><font size="3">- D'accord, mais pas longtemps. je veux         profiter de Myriam, c'est normal, non?</font></p>         <p><font size="3">- Bien s&ucirc;r que c'est normal. Allez,         viens.</font></p>         <p><font size="3">Philippe dormit trente minutes et se         r&eacute;veilla en sueur: il venait de r&ecirc;ver que Jonathan et         Marie-&Egrave;ve se trouvaient avec lui et Myriam dans le grand         lit conjugal.</font></p>         <p><font size="3">Mais non. Jonathan, son petit gar&ccedil;on,         qui lui avait apport&eacute; avec une grande fiert&eacute; un jus         d'orange, &eacute;tait maintenant envelopp&eacute; dans un sac de         plastique et couch&eacute; dans un r&eacute;frig&eacute;rateur.</font></p>         <p><font size="3">Philippe se leva en courant et vomit.         D&eacute;pit&eacute;, Jean-Pierre garnissait des gaufres chaudes avec         la confiture de sa femme - un plat dont Philippe, Myriam         et les enfants raffolaient.</font></p>         <p>- Je n'ai pas faim, papa, excuse-moi. je veux         retourner &agrave; l'h&ocirc;pital.</p>         <p><font size="3">Jean-Pierre insista &agrave; peine avant de         tout jeter &agrave; la poubelle.</font></p>         <p><font size="3">- Je suis pr&ecirc;t, Philippe, partons         quand tu veux.</font></p>         <p><font size="2">Pages 52-59</font></p>         </td>     </tr> </table>  <blockquote>     <p align="center"><img src="PLUME.GIF" width="540"     height="46"> </p>     <p><a href="vincent.HTML"><strong>Notice biographique de     Marie-Christine Vincent</strong></a><strong><br>     </strong><a href="oeuvr_mc.HTML"><strong>Oeuvres de     Marie-Christine Vincent</strong></a><strong><br>     </strong><a href="refer_mc.HTML"><strong>R&eacute;f&eacute;rences sur     Marie-Christine Vincent</strong></a></p> </blockquote> </body> </html> 
