<html> <head> <title>Loin du paradis de Todd Haynes</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF"> <table width="80%" border="0" align="center">   <tr>     <td>       <div align="justify"><font face="verdana" size="2"><b>Loin du paradis</b></font><font face="verdana" size="1"><br>         (Far from heaven) <br>         <br>         Ecrit et ralis par <b>Todd Haynes</b> <br>         USA 2002 1h47 <br>         Avec Julianne Moore, Dennis Quaid, Dennis Haysbert, Patricia Clarkson,          Viola Davis, James Rebhorn...<br>         <br>         Disons le tout net, c'est un film magnifique qui russit le miracle de          rinventer un genre qu'on croyait (avec regret,  combien !) disparu           jamais : le grand mlodrame hollywoodien des annes 50, dont la figure          la plus marquante reste videmment Douglas Sirk (Loin du paradis voque          directement deux de ses films : Mirage de la vie et Tout ce que le ciel          permet). Le plus beau, le plus fort, c'est que Todd Haynes ralise ce          retour aux sources sans aucune ide d'hommage ni d'exercice de style,          encore moins de parodie : il joue le jeu au premier degr, sans ironie          ni arrogance. Le film est d'une sincrit absolue et on marche  fond          : on est charm, puis envot, puis boulevers. En traitant avec la retenue,          la distance, j'allais dire l'innocence imposes par le genre et le contexte          des sujets aussi explosifs que le racisme, l'homosexualit ou le machisme          fondamental de la socit amricaine, Loin du paradis leur donne un retentissement          incroyable, une force nouvelle, et dmontre dans la foule  quel point          ils restent d'actualit. Times are changing, mais pas tant que a...<br>         Nous sommes en 1957. Frank et Cathy Whitaker sont l'image vivante du bonheur          amricain provincial. Il est cadre suprieur, il travaille normment,          son salaire est  l'avenant et fait vivre confortablement sa petite famille.          Elle reste au foyer, lve impeccablement ses deux enfants, participe          activement  la vie mondaine et caritative de la communaut. Il est beau          et viril. Elle est superbe et toujours merveilleusement apprte. Ils          forment LE couple, celui qu'on cite en exemple, qu'on envie admirativement,          qu'on jalouse secrtement, surtout quand il a les honneurs de la presse          locale, dj "people". <br>         Lorsque Cathy dcouvre l'homosexualit de Frank, a lui fait l'effet d'un          tremblement de terre mais elle fait front, comme un bon petit soldat.          Elle fait front seule, car Frank est emptr dans le maelstrm contradictoire          de ses dsirs profonds et de sa volont de sauvegarder les apparences          ; toute seule car elle sait qu'elle ne peut pas partager son secret avec          ses amies trop bien pensantes.<br>         Elle ne trouve comprhension et rconfort qu'auprs de Raymond, son jardinier          qu'elle connat  peine puisqu'il vient de succder  son vieux pre.          Raymond, veuf, qui lve seul sa petite fille. Raymond qui a appris la          sagesse et la tolrance au fil des preuves que la vie lui a rserves.<br>         Et pour lui, le parcours d'obstacles a commenc trs tt, ds sa naissance          : il est noir. <br>         Lorsque que cette amiti qui est son seul point d'appui dclenche la rprobation          mprisante de la bonne socit qui est la sienne, Cathy comprend qu'elle          doit mener un nouveau combat. Un combat perdu d'avance...<br>         <br>         Cette histoire, qui aurait pu donner lieu  des dbordements de niaiserie          et de vulgarit, qui aurait pu tre tarte  souhait, est raconte avec          une dignit, une grandeur d'me et de sentiments littralement exaltantes.          <br>         Il n'y a rien de mivre, de mesquin, de caricatural dans ce film qui touche          au plus profond de la vrit humaine en se parant de tous les artifices,          de tous les faux semblants du cinma de studio. Il faut voir la patine          des dcors, le travail sur les harmonies de couleurs, le rutilant des          accessoires ! Les toilettes de Julianne Moore valent  elles seules le          dplacement : sa collection de jupes bouffantes et de chemisiers assortis,          de robes pigeonnantes, de tailleurs cintrs, de foulards pastel sont un          enchantement, digne de celui cr par les fourreaux soyeux de Maggie Cheung          dans In the mood for love (dans un style diffrent, voire oppos, bien          sr).<br>         Le spectacle est somptueux mais n'empche  aucun moment de se sentir          en parfaite empathie avec les personnages, et surtout avec Cathy, d'une          paisseur et d'une complexit rares sous une surface lisse par les conventions          et les tabous (i love you, Julianne...). Mais tous sont riches et fouills,          tous ont leur vrit : "les plus beaux mlodrames sont ceux o il n'y          a pas de mchants, o les personnages se font du mal sans le vouloir,          simplement parce qu'ils suivent leurs dsirs." Todd Haynes parle d'or,          et son film est du mme mtal. </font></div>     </td>   </tr> </table> </body> </html> 
