<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <HTML> <HEAD>    <TITLE>vertige divin: un avant-go&ucirc;t du paradis</TITLE>    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/3.0Gold (X11; I; IRIX 5.3 IP22) [Netscape]"> <script language="JavaScript"> <!-- hide function loadtwo(url1, url2) {   parent.titre.location.href= url1;   parent.bas.location.href= url2; } //--> <!-- hide function loadthree(url1, url2, url3) {   parent.titre.location.href= url1;   parent.texte.location.href= url2;   parent.bas.location.href= url3; } //-->  <!-- hide function loadtwotext(url1, url2) {   parent.titre.location.href= url1;   parent.texte.location.href= url2; } //--> </script> </HEAD> <BODY TEXT="#000000" BGCOLOR="#FDF5E6" LINK="purple" VLINK="navy" ALINK="#FF0000">  <H2 ALIGN=CENTER>Un avant go&ucirc;t du paradis </H2>  <CENTER><P>&quot;<I>Quiconque s'est attard&eacute; en Bavi&egrave;re y a constat&eacute; l'&eacute;trange, le farouche pi&eacute;tisme qui s'y exalte encore</I>&quot; </P></CENTER>  <P>Deux &eacute;glises que nous aimerions &eacute;tudier plus profond&eacute;ment. Die Wies comme exemple de l'une des plus petites et confidentielles des &eacute;glises de la Bavi&egrave;re. Ottobeuren comme exemple de l'une des plus grandes et des plus majestueuses des &eacute;glises en Bavi&egrave;re.</P>  <P><a href="javascript:loadtwo('/wat4/dianumber.cgi?number=064','wies.html')"> Die Wies - Wallfahrtskirche zum Gegeisselten Heiland Gegeiselte Heiland</a><br> veut dire <a href="/wat4/dianumberN.cgi?number=123" target="image"> le Christ flagell&eacute;</a>.<br>  Pourquoi cette &eacute;glise en plein p&acirc;turage? Comment se fait-il que l'on y trouve une telle merveille? Parce qu'il y a eu un miracle! <br>En 1730, en Steingaden, on pr&eacute;parait la procession du vendredi-saint. Tous ceux qui avaient un peu de talent mettaient de l'ordre dans ces fameux chars de procession qu'on allait promener &agrave; travers toute la ville. Deux personnages travaillaient avec un peu plus de fi&egrave;vre que les autres: le r&eacute;v&eacute;rend p&egrave;re Magnus Straub et le fr&egrave;re convers Lukas Schweiger. Les deux travaillaient &agrave; une belle image d'un Christ flagell&eacute;. Pour faire plus vrai on avait stuqu&eacute; le bois et mis du cuir. Un peu de peinture rouge et, ici et l&agrave;, quelques plaies bleues et vertes. Tellement vraie, l'image a quasiment fait scandale par son r&eacute;alisme terrifiant lors de la procession du vendredi-saint 1730. <br>On a aussit&ocirc;t demand&eacute; au fr&egrave;re convers de rentrer son Christ flagell&eacute;. Il pouvait le mettre o il voulait mais en tout cas ne pas le ressortir! Il l'a alors rang&eacute; au grenier de son meilleur ami J&eacute;r&eacute;mias Reele, l'aubergiste du monast&egrave;re.<br> La marraine de l'aubergiste qui habitait un peu plus loin &agrave; la campagne (&agrave; die Wies, compos&eacute; de tout juste trois fermes...) vint un jour lui rendre visite. Comme elle s'ennuyait un peu dans cette auberge elle est mont&eacute;e dans les &eacute;tages jusqu'au grenier. L&agrave;, elle a d&eacute;couvert le Christ flagell&eacute; et elle est tomb&eacute; &agrave; genoux. Le soir avant de repartir  <a href="/wat4/dianumberN.cgi?number=122" target="image">Maria Lory</a> (elle s'appelait ainsi) a demand&eacute; &agrave; l'aubergiste de lui donner le Christ. Et elle est repartie avec son Christ sur un petit char en bois jusqu'&agrave; die Wies. <br>Jusqu'ici l'histoire est simplement anecdotique, mais elle devient plus importante puisqu'un jour, 8 ans plus tard, en 1738, un miracle s'est produit. Le 14 juin, Maria Lory, qui priait comme chaque jour devant son Christ, s'est rendu compte que le Christ pleurait. Les voisins alert&eacute;s ont constat&eacute; qu'en effet le Christ pleurait. On alerta alors les voisins des voisins et les voisins des voisins des voisins et bient&ocirc;t une foule enti&egrave;re de Steingaden m&ecirc;me est venue voir le Christ de Maria Lory qui pleurait! Et tous les jours se sont organis&eacute;es des processions. Naturellement le Christ fut d&eacute;plac&eacute; dans l'&eacute;glise de die Wies. Malheureusement l'&eacute;glise n'&eacute;tait pas en mesure de recevoir plus qu'une quinzaine de personnes. Il a fallu que le chapitre de Steingaden prenne la d&eacute;cision de construire une nouvelle &eacute;glise. En 1743 l'abb&eacute; de Steingaden, Hyazinth Gassner, a choisi les metteurs en sc&egrave;ne de cette image du Christ flagell&eacute;. Avec un go&ucirc;t tout bavarois il a choisi le meilleur architecte et le meilleur sculpteur: <a href="roles.html#zimmermann" target="image">Dominikus Zimmermann et Anton Sturm</a>. Dominikus Zimmermann avait d&eacute;j&agrave; fait ses preuves &agrave; travers toute la Bavi&egrave;re et arrivait &agrave; la fin de sa carri&egrave;re. Ce fut pour lui une sorte de testament spirituel dans lequel il a donn&eacute; le meilleur de lui m&ecirc;me.</P>  <P>La premi&egrave;re pierre de die Wies a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e le 31 ao&ucirc;t 1746. La cons&eacute;cration solennelle a &eacute;t&eacute; faite le 2 septembre 1749, seulement trois ans plus tard! Gr&acirc;ce &agrave; Maria Lory et gr&acirc;ce &agrave; Zimmermann et Sturm nous trouvons au milieu de ce paysage bavarois l'admirable &eacute;glise die Wies, toute blanche et jaune-citron, &agrave; l'endroit m&ecirc;me o jusqu'en 1746 il n'y avait qu'une toute petite &eacute;glise pour tout juste quinze personnes.<br> <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=063" target="titre">L'&eacute;glise</a> a l'&eacute;trange forme d'un rognon, pourrait-on dire. A l'int&eacute;rieur, une partie ovale o&ugrave; sont re&ccedil;us les fid&egrave;les avec &agrave; gauche une chaire et &agrave; droite une tribune de chantre.<br> <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=065" target="titre">Le ma&icirc;tre-autel</a> est en profondeur. Il a &eacute;t&eacute; dessin&eacute; par Zimmermann et en grande partie con&ccedil;u par Sturm. On y retrouve le Christ flagell&eacute; &agrave; qui l'on doit l'&eacute;glise. Dans l'&eacute;glise, form&eacute;e d'un grand ovale largement ouvert, Zimmermann fait de partout jaillir la lumi&egrave;re et exorcise sans cesse l'ombre. C'est l'anti-baroque par excellence. Le baroque qui cr&eacute;e l'ombre pour mieux mettre &agrave; l'&eacute;vidence le message de Dieu qui lui-m&ecirc;me est la lumi&egrave;re. Le rococo exorcise l'ombre de fa&ccedil;on &agrave; mieux faire jaillir, comme en st&eacute;r&eacute;ophonie, le message de Dieu. <br>De l'endroit d'o&ugrave; vient la lumi&egrave;re, part une s&eacute;rie d'arcs soustendus (arcs et arcs en trompe-l'oeil, un jeu de volutes d'arcs amples et en creux) cr&eacute;ant un d&eacute;lire formel des plus surprenants. Toutes les recettes que Zimmermann avait invent&eacute;es au cours de sa carri&egrave;re sont ici appliqu&eacute;es comme une sorte de testament ultime. Tous les volumes qui se prennent et se reprennent ici sans cesse, sont &eacute;vidents aussi dans le d&eacute;cor. Dans les peintures, les sculptures et les bas-reliefs nous retrouvons ce jeu de pleins et de vides qui sont vraiment en perpetuum mobile. <br>La chaire repr&eacute;sente la proue de l'esprit saint, l'une des grandes formules du rococo, ici enti&egrave;rement trait&eacute;e en bois et en stuc, par des artisans de Wessobrun, sur un dessin de Zimmermann.  <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=069" target="titre">Le grand ange</a> sur la partie centrale retient la temp&ecirc;te de ces conques et &eacute;cumes de bois dor&eacute; et argent&eacute; dans lesquelles semble se perdre les putti. <br>La tribune des chantres a aussi un d&eacute;cor ornemental ainsi que  <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=070" target="titre">la tribune d'orgue</a> t&eacute;moignant de l'importance que l'on accordait &agrave; la musique. Dominikus Zimmermann, dans le souci de cr&eacute;er une coh&eacute;rence plastique en son &eacute;glise, est all&eacute; jusqu'&agrave; dessiner les bancs des fid&egrave;les. On y retrouve les m&ecirc;me conques et les m&ecirc;me rythmes que dans toute l'&eacute;glise. Aux quatre points cardinaux de l'&eacute;glise dominent quatre figures. Ce sont les p&egrave;res de l'&eacute;glise qu'a sculpt&eacute; Anton Sturm pour Dominikus Zimmermann. Chacune mesure 2,90 mtre de hauteur. Dans cette &eacute;glise, qui est d&eacute;j&agrave; une &eacute;glise de la perpetuum mobile, ces quatre figures, au lieu de retenir l'&eacute;glise, lui donnent l'allure d'un vaisseau dont les voiles se gonflent. Die Wies c'est le vaisseau de la foi et les voiles de ce vaisseau ce sont les robes des quatre p&egrave;res. <br>L'un des plus beaux est  <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=079" target="titre">Saint J&eacute;r&ocirc;me</a> repr&eacute;sent&eacute; avec le livre mais aussi avec le cr&acirc;ne de sa m&eacute;ditation. C'est le dernier qu'a sculpt&eacute; Sturm et certainement le plus abouti. </P>  <P>Die Wies, perdue dans sa petite vall&eacute;e, est comme le souffle exacerb&eacute; de la foi poussant le vaisseau de l'&eacute;glise!</P>  <P><a href="javascript:loadtwo('/wat4/dianumber.cgi?number=082','ottobeuren.html')">Ottobeuren</a></P>  <P>Ottobeuren c'est tout le contraire de die Wies. Autant die Wies est tout en mouvement et tout en dynamisme, autant Ottobeuren est solidement ancr&eacute;e. L'histoire est rapide &agrave; retracer. C'est une &eacute;glise de couvent appartenant &agrave; l'abbaye b&eacute;n&eacute;dictine d'Ottobeuren fond&eacute;e au 8&egrave;me si&egrave;cle d&eacute;j&agrave; mais qui &eacute;tait assez riche au 18&egrave;me si&egrave;cle pour que, histoire de f&ecirc;ter ces mille ans d'existence, elle s'offre une nouvelle carrosserie.<br> La premi&egrave;re pierre a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e le 5 mai 1711 et la cons&eacute;cration solennelle a eu lieu le 28 septembre 1766. Pour mettre un b&acirc;timent pr&eacute;existant au go&ucirc;t du jour, et en m&ecirc;me temps pour refaire les b&acirc;timents conventuels, cela a &eacute;t&eacute; une &eacute;norme entreprise qui a co&ucirc;t&eacute; tr&egrave;s cher. Cinquante-cinq ans ont &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaires pour mettre &agrave; bien ce qui est certainement l'un des plus grands ensembles rococo du monde. Les architectes &eacute;taient <a href="roles.html#effnet" target="image"> Johann Effner et Johann Micha&euml;l Fischer</a>. Comme on disait, Ottobeuren est l'anti-die Wies. Ottobeuren c'est l'&eacute;glise assise qui a mille ans de racines et qui parle pour mille ans de l&eacute;gitimit&eacute;. Cette splendide &eacute;glise a une longue nef centrale, un grand ma&icirc;tre-autel, une crois&eacute;e de transept et un bras de transept: <a href="/wat4/dianumberN.cgi?number=124" target="image"> le plan est parfaitement traditionnel</a>. La crois&eacute;e du transept est occup&eacute;e par quatre grands piliers dans lesquels on a log&eacute; les momies des quatre saints patrons d'Ottobeuren. L'ensemble de sa <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=096" target="titre">fresqueture</a> est grand, l'architecture et la peinture y sont utilis&eacute;es grandiosement, mais l'on n'y retrouve pas le ton et la beaut&eacute; de die Wies o il y a comme un souffle &eacute;vanescent. A Ottobeuren on ne le retrouve qu'&agrave; l'instant o&ugrave; on s'arr&ecirc;te de regarder l'ensemble pour ne saisir que le d&eacute;tail. Et cela plus pr&eacute;cis&eacute;ment dans les stucs! Juste quelques mots pour vous en convaincre. <br>Les stucateurs d'Ottobeuren ont &eacute;t&eacute; parmi les plus grands qui soient. Ils &eacute;taient &eacute;l&egrave;ves d'Anton Sturm et s'appelaient <a href="roles.html#weinmuller" target="image"> Weinm&uuml;ller et Feichtmayr</a>. L'ensemble de la chaire est soutenu par  <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=101" target="titre">un ange</a> que Weinm&uuml;ller a recouvert de cet enduit dans lequel entrait une part importante de lait de fa&ccedil;on  lui donner ce c&ocirc;t&eacute; presque laqu&eacute; et marmor&eacute;en et qui du coup devient surnaturel parce qu'on dirait du marbre qui vole. La stucature arrive ici certainement &agrave; son paroxysme de trompe-l'oeil, surtout servi par l'inventivit&eacute; de Weinm&uuml;ller. Au-dessus des fonts baptismaux un groupe sculpt&eacute; nous montre le bapt&ecirc;me du Christ. En bas un tr&egrave;s  <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=088" target="titre">curieux dialogue</a> entre un ange et un putto, le tout dans un jeu &eacute;tonnant de cartouches et d'envol de nuages. Les chapelles lat&eacute;rales de l'&eacute;glise sont marqu&eacute;es par les figures d'anges et les grandes figures d'archanges qui sont essentiellement dues &agrave; Weinm&uuml;ller et &agrave; Feichtmayr. Il faut avoir du stuc une connaissance parfaite pour oser une telle prouesse. Ces anges aux ailes &eacute;trangement d&eacute;chiquet&eacute;es, avec leurs mains si mani&eacute;ristes, cela est impossible dans toute autre mati&egrave;re que le stuc. Ici nous sommes &agrave; un apog&eacute;e qui ne sera jamais imit&eacute;. Dans la sculpture il &eacute;tait tr&egrave;s &agrave; la mode de voir une ambigu&iuml;t&eacute; totale. Il parat que les anges d'Ottobeuren &eacute;taient cens&eacute;s provoquer de rares &eacute;motions...</P>  <P>Nous aimerions conclure en vous pr&eacute;sentant l'un des grands abb&eacute;s d'Ottobeuren: <a href="/wat4/dianumber.cgi?number=115" target="titre">Carl-Eug&egrave;ne von Greiffenclau</a>, un petit cousin du fameux pr&eacute;lat de W&uuml;rzburg. Il &eacute;tait essentiellement prince et au fond assez peu abb&eacute;... Il &eacute;tait si peu abb&eacute; qu'il n'&eacute;tait jamais venu  Ottobeuren. Comme les moines d'Ottobeuren s'en plaignaient tout de m&ecirc;me, il leur aurait conc&eacute;d&eacute; sa pr&eacute;sence par le biais d'une sculpture mont&eacute;e sur une roulette! C'est l'une des plus saisissantes plaisanteries qu'un von Greiffenclau se soit jamais permise. Mais aussi l'une des plus saisissantes oeuvre d'art du rococo jamais cr&eacute;&eacute;es! C'est une sorte de &quot;trompe-la-personne&quot;! La statue montre le prince dans tous ses attributs mondains: cuirasse, canne, &eacute;p&eacute;e, grande perruque, chapeau &agrave; plumes. Son regard ang&eacute;lique est tellement inattendu... Il &eacute;tait peut-&ecirc;tre le plus rococo des pr&eacute;lats de Bavi&egrave;re! </P>  <P> <HR WIDTH="100%"></P>  <P><A HREF="distinction.html">distinction entre le baroque et le rococo</A> - <A HREF="rococo.html">le rococo</A> - <A HREF="rocaille.html">le si&egrave;cle de la rocaille</A> -  <a href="javascript:loadtwotext('/wat4/dianumber.cgi?number=010','baviere.html')">la  Bavi&egrave;re</A> - <a href="javascript:loadthree('/wat4/dianumber.cgi?number=027','merveilles.html','merveilles_bas.html')">six merveilles au galop</A> - <B><I>un avant go&ucirc;t du paradis</I></B> - <A HREF="roles.html">dans les r&ocirc;les principaux</A> - <A HREF="fabuleux.html">fabuleux 18&egrave;me </A>- <A HREF="compositeurs.html">quelques compositeurs du 18&egrave;me</A></P>  <P> <HR WIDTH="100%"></P>  </BODY> </HTML> 
