<!-- Fichier HTML obtenu  l'aide des outils XML du SPIN CNDP --> <HTML> <HEAD> <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=ISO-8859-1"> <META DateCreation="Octobre 2001"><SCRIPT LANGUAGE="JavaScript" SRC="/lesScripts/Fenetres.js"></SCRIPT><LINK REL="stylesheet" TYPE="text/css" HREF="/commun/css/tele1.css"> <Title>Vivre au paradis</Title> </HEAD> <BODY onfocus="closer();" MARGINHEIGHT="5" LEFTMARGIN="5" TOPMARGIN="5" MARGINWIDTH="5" BGCOLOR="#FFFFFF"> <DIV class="Corps" Align="CENTER"><A NAME="#TOP"></A><TABLE BORDER="0" CELLSPACING="0" BGCOLOR="#FFFFFF" WIDTH="430" CELLPADDING="15"> <TR><TD> <TABLE WIDTH="434" BORDER="0" CELLPADDING="0" CELLSPACING="0"> <TR> <TD WIDTH="78"> <div align="center"><IMG BORDER="0" SRC="images/log_dossiers1.gif"></div> </TD> <TD WIDTH="15"><IMG SRC="/commun/images/hab_dot.gif" BORDER="0" WIDTH="10" HEIGHT="1"></TD> <TD WIDTH="337"><SPAN class="BandeauDebut">Vivre au paradis</SPAN><BR></TD> </TR> <TR> <TD colspan="3" valign="bottom"><IMG SRC="/commun/images/traitnoir1.gif" BORDER="0" WIDTH="430" HEIGHT="1"></TD> </TR> </TABLE> </TD></TR> <TR><TD> <DIV ALIGN="center"> <TABLE BORDER="0" CELLPADDING="1" width="362"> <TR><TD width="100%"><SPAN class="Sommaire"><a HREF="#A12">Le film </a> -&nbsp;<a HREF="#A18">La dmarche </a> -&nbsp;<a HREF="#A40">Le document </a> -&nbsp;<a HREF="#A52">La bibliothque </a></SPAN></TD></TR> <TR><TD> <DIV class="HR"> <HR width="100%" align="left" size="1"> </DIV> </TD></TR> </TABLE> </DIV> </TD></TR> <TR> <TD> <TABLE BORDER="0" CELLPADDING="0" CELLSPACING="0"> <TR> <TD><SPAN class="Para"><P> <DIV ALIGN="center"> <TABLE BORDER="0" WIDTH="461" Bgcolor="#FFFFFF" CellPadding="5" CellSpacing="0"> <TR> <TD VALIGN="TOP" WIDTH="461"><SPAN class="Para"><DIV class="ParaT"><TABLE BORDER="0" CELLPADDING="8" ALIGN="Left"> <TR><TD WIDTH="195"><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/dossier_vivre.jpg" Height="136" Width="195"><DIV class="BandeauFin">D.R. &nbsp;</DIV></SPAN></TD></TR> </TABLE> </DIV> <DIV class="ParaT">&nbsp; </DIV> <DIV class="ParaT">Un film franais, belge, norvgien et algrien de Bourlem Guerdjou (1998).</DIV></SPAN></TD> </TR> </TABLE> </DIV> </P><SPAN class="Para">Scnario&nbsp;: Bourlem Guerdjou, Olivier Douyre et Olivier Lorelle, d'aprs <SPAN class="Italique">Vivre au paradis, d'une oasis  un bidonville</SPAN>, de Brahim Benacha. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Photographie&nbsp;: Georges Lechaptois. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Musique&nbsp;: Bourlem Guerdjou. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Dure TV&nbsp;: 1 h 36 mn </SPAN><BR><SPAN class="Para">Avec Roschdy Zem (Lakhdar), Fadila Belkabla (Nora), Hiam Abbass (Acha). </SPAN><BR><SPAN class="Para">Une famille algrienne runie dans le bidonville de Nanterre se brise sous le poids des humiliations quotidiennes. L'exprience du dracinement vcue par la premire gnration d'immigrs, arrive en France en pleine guerre. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><SPAN class="Gras">Diffusion&nbsp;: jeudi 1er novembre, 20&nbsp;h&nbsp;45 </SPAN><IMG BORDER="0" Src="Images/general/arteN.gif" Height="7" Width="30"> </SPAN><BR><DIV class="boutontop"><A NAME="A12"></A><A HREF="#top"><IMG width="12" height="12" border="0" SRC="/commun/Images/bt_top.gif"></A></DIV> <DIV Class="Sec1"><SPAN class="Titre1">Le film </SPAN></DIV> <DIV class="Sec2"><SPAN class="Titre2">L'histoire </SPAN></DIV><SPAN class="Para">En 1960, Lakhdar, ouvrier algrien sur un grand chantier de construction de la rgion parisienne, fait venir sa femme et ses deux enfants dans son logement prcaire du bidonville de Nanterre. La dsillusion est grande chez Nora qui envisageait l'avenir en France sous d'autres auspices. Lakhdar aspire nanmoins  faire vivre sa famille &nbsp;au paradis&nbsp;, dans une cit HLM, mais les dmarches sont longues et difficiles pour des immigrs. La communaut du bidonville devient vite insupportable au pre qui n'hsite pas  contourner les rgles de la solidarit afin de se procurer l'argent ncessaire au relogement. Nora rejette au contraire l'univers franais qui la confronte  la violence et  l'humiliation, et s'insre dans les rseaux clandestins du FLN. Le 17 octobre 1961, la manifestation organise par ces derniers est sauvagement rprime et ne fait que prcipiter le dchirement de la famille. Mais l'indpendance est acquise&nbsp;: plus forte dans ses convictions, Nora rejoint Lakhdar pour affronter l'avenir nouveau qui se dessine, mais toujours en France. </SPAN><BR><DIV class="Sec2"><SPAN class="Titre2">Si loin, si proche </SPAN></DIV><SPAN class="Para">&nbsp;1960, Nanterre,  3 km de Paris...&nbsp; Ds l'ouverture, le film de Bourlem Guerdjou montre la distance qui spare les hommes et femmes de cette poque des gnrations d'aujourd'hui, auxquelles cette histoire s'adresse. Mais il met aussi en avant la proximit de ces mmes hommes et femmes d'une socit franaise qui les a longtemps ignors. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Ces travailleurs immigrs et leurs familles venues d'Algrie au moment des Trente Glorieuses ont t &nbsp;logs&nbsp; dans des bidonvilles, nombreux, aux portes mmes de la capitale. C'est de l'un d'eux, celui de Nanterre, dont il est ici question. Le jeune Brahim Benacha, enfant des confins du dsert saharien, y arriva un jour. Dix ans durant, il vit ses parents y souffrir et perdre peu  peu leur identit. Dans l'adaptation que le ralisateur Bourlem Guerdjou a tire de ce roman autobiographique, le point de vue de l'enfant est complt par celui, plus dur et plus amer, de Lakhdar, le pre, et par celui de Nora, la mre. Le film couvre une priode plus courte qui, de 1960  1962, s'achve avec l'indpendance de l'Algrie. </SPAN><BR><DIV class="boutontop"><A NAME="A18"></A><A HREF="#top"><IMG width="12" height="12" border="0" SRC="/commun/Images/bt_top.gif"></A></DIV> <DIV Class="Sec1"><SPAN class="Titre1">La dmarche </SPAN></DIV> <DIV class="Sec2"><SPAN class="Titre2">Ces Algriens d'ici </SPAN></DIV><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">En pleine lumire. </SPAN>La description que le film fait du lieu de vie de ces immigrs tient du regard documentaire. La camra scrute les visages, explore les moindres recoins de cet espace inhumain et rvle des aspects insouponns du quotidien de Nanterre. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Les jeunes spectateurs d'aujourd'hui ignorent encore ce chapitre vite oubli de l'histoire de la France d'il y a quarante ans. <SPAN class="Italique">Vivre au paradis </SPAN>est un peu cette page rcrite pour eux&nbsp;: &nbsp;Mon film, prcise le ralisateur, est un voyage  travers le pass et l'histoire de la premire gnration, celle de mes parents. Je veux retrouver une partie de mon identit, mieux comprendre ma relation avec la socit franaise et raconter cela aux gens de ma gnration.&nbsp;  l'ouverture du film, il est symbolique que ce soit la faible lueur d'une allumette soudainement craque qui nous rvle le visage de Lakhdar et celui de ses camarades, comme pour les extraire de l'obscurit dans laquelle ils semblaient tenus&nbsp;: les tnbres d'avant le film. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">Vivre dans un bidonville. </SPAN>Comment faire prouver au spectateur les sensations ressenties par les habitants d'un bidonville&nbsp;? En crant un brusque effet de contraste entre des images. Comparons deux courtes scnes du dbut du film qui juxtaposent deux mondes si loigns l'un de l'autre qu'ils s'opposent systmatiquement&nbsp;: l'oasis o vivent encore Nora et ses enfants et le bidonville de banlieue que rejoint Lakhdar aprs sa journe de labeur. Le premier est un univers color&nbsp;: dans une vgtation verdoyante au milieu des dunes de sable,  l'ombre d'une maison de terre ocre, la famille s'abrite d'un soleil terriblement chaud et lumineux&nbsp;; ce monde presque exotique est domin par le silence du dsert que seule trouble la mlope d'une flte. Brusquement, le second apparat comme un espace infra-urbain, fait du mtal des pylnes, de la boue du sol, du bois et de la tle des baraques et des palissades&nbsp;; froid et sinistre, le bidonville, empli des sons inhumains de trains, de marteaux-piqueurs et de cris divers, est sillonn de silhouettes anonymes terrasses par la fatigue. Il est fidle donc  la description qu'en faisait Brahim Benacha&nbsp;: &nbsp;Il n'y a aucune couleur vive, tout est fade. La tristesse et la misre ont recouvert ces baraques de leur linceul.&nbsp; </SPAN><BR><SPAN class="Para">Tel tait en effet le bidonville de Nanterre, apparu au dbut des annes cinquante afin d'abriter quelques centaines de travailleurs pour lesquels il n'y avait plus de place dans les htels meubls voisins. Il devint vite surpeupl&nbsp;: 8&nbsp;300 personnes y vivaient en 1955, 23&nbsp;000 en 1967, essentiellement des Algriens. Ceux-ci, occupant des terrains provisoirement vacants non loin des usines et des grands chantiers de construction de la rgion parisienne, ont bti sommairement, sans souci de scurit, des logis de tle, de bois ou de parpaing pour y accueillir parfois leurs familles. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Le film, avec un exact souci d'authenticit, dcrit la profonde misre qui y rgne. La corve d'eau, le rafistolage de la baraque, le dpart des hommes, tt le matin, et leur retour tard le soir, scandent les journes. Le rcit n'occulte pas non plus l'insupportable promiscuit de ces lieux, les animosits et les violences qui en dcoulent, la maladie et la folie qui gagnent les plus faibles. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">L'identit perdue. </SPAN>loigns de leur pays d'origine et rejets encore  la priphrie de la socit, les habitants des bidonvilles ressentent profondment ce sentiment de double exil. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Le film voque certes ces moments o la culture arabe et les coutumes de l'autre ct de la Mditerrane semblent apaiser les tourments de la vie quotidienne. Les Algriens, souvent regroups dans le quartier selon leur rgion d'origine, se rassemblent, notamment au caf, lieu essentiel de sociabilit. Le voisinage est convi  des noces dans une mme rjouissance. Mais dj le rve de Lakhdar contient une irrpressible volont de rompre avec la communaut&nbsp;: habiter avec sa seule famille dans une HLM, mme en exploitant les siens pour parvenir  ses fins... Lakhdar, le seul  savoir crire, est dj alin. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Il en rsulte dans cette population une perte de l'identit, un enfouissement de la mmoire. &nbsp;Je perds le visage de mes enfants&nbsp;, constate Lakhdar, rest trop longtemps loin des siens. Qu'on coute attentivement ce film aussi&nbsp;: la langue arabe y est majoritairement parle, mais le franais s'impose. Qu'on relve tous ces mots franais intraduisibles en arabe et qui recouvrent des ralits trangres  leurs traditions&nbsp;: lectricit, salle de bains, mais aussi paye, foyer, bidonville. Les mots des rves. et des ralits. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">La grande Histoire. </SPAN>Un autre mot prononc est intraduisible&nbsp;: &nbsp;Algrie franaise&nbsp;. Au moment o commence le film, la guerre dure depuis six ans. Or, dans le mme temps, l'immigration a doubl, encourage par une croissance conomique qui rclame toujours plus de main-d'uvre. Plus de 320&nbsp;000 Algriens travaillent en mtropole, et la grande majorit est favorable  la fin de la guerre et  l'indpendance de leur pays. La Fdration de France du FLN (Front de libration nationale) encadre les immigrs, les incite  verser leur contribution  la cause (ce sont, dans le film, ces qutes effectues par les &nbsp;frres&nbsp;) et les mobilise pour des manifestations, comme celle du 17 octobre 1961. Certains, dont Nora, l'pouse de Lakhdar, s'engagent plus avant et cachent des cadres et militants du FLN. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Avec la signature des accords d'vian en mars 1962 et la proclamation de l'indpendance le 5 juillet de la mme anne, s'achve une guerre longue et meurtrire qui s'est aussi droule sur le sol mtropolitain&nbsp;: une de ces autres pages de l'histoire qui ne devraient jamais tre tournes. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">17 octobre 1961, le massacre oubli. </SPAN> l'appel du FLN, le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers de Franais musulmans s'taient rassembls  Paris pour protester contre l'instauration d'un couvre-feu quelques jours plus tt. Avec une rare violence, les forces de l'ordre ont rprim les manifestants, procd  prs de 12&nbsp;000 arrestations et mme tir sur la foule&nbsp;: plusieurs dizaines d'Algriens (200 selon certaines sources) ont t alors tus, les uns rous de coups, les autres jets  la Seine. Selon le prfet de police de l'poque, Maurice Papon, ce massacre, trs sous-estim dans la presse, a &nbsp;ramen le calme&nbsp; dans la capitale et, en tout cas, dissuad le FLN de mener de semblables oprations en mtropole. </SPAN><BR><DIV class="Sec2"><SPAN class="Titre2">Une difficile rconciliation </SPAN></DIV><SPAN class="Para">Le chemin de fer qui spare symboliquement le bidonville de l'extrieur, les grilles et palissades qu'on lve pour isoler encore plus les immigrs, les rves des uns et la ralit impose par les autres, la vie intime et la grande Histoire&nbsp;: tout, dans le film, marque la difficile rconciliation des personnages avec les autres, et peut-tre avec eux-mmes. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">Regards hors champ. </SPAN>Dans le film, les Franais &nbsp;d'ici&nbsp; n'apparaissent dans le bidonville que pour y incarner la violence. Hormis les policiers (et un humble mdecin compatissant qu'on pourrait confondre avec l'un de ses patients), peu de liens relient le <SPAN class="Italique">no man's land </SPAN> la socit &nbsp;extrieure&nbsp;. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Les gros plans, trs utiliss dans le film, permettent de lire les sentiments des uns et des autres sur leurs visages&nbsp;: ils sont les plans de l'motion authentique. Mais, enserrant trs troitement les personnages, ils semblent galement les enfermer, les rduire  leur propre dsespoir. Ce sont des gros plans, par exemple, qui permettent de saisir l'merveillement sur les visages des enfants lors de leur traverse nocturne de Paris en taxi, mais, de ce qu'ils voient, rien ne nous est montr&nbsp;: le spectacle de la capitale illumine nous est ici interdit, comme l'accs  ces splendeurs leur sera plus tard impossible. Entre les regards des personnages et l'objet de leur regard, hors champ, il n'y a pas non plus de lien. Ils n'en apparaissent que plus solitaires. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">Une famille symbole. </SPAN>Le couple form par Lakhdar et Nora exprime aussi l'impossibilit d'un rve en commun. Le rcit suit leur double itinraire, trajets divergents qui finiront tout de mme par se rejoindre  la fin du film. Alors que Nora dcouvre la solidarit et le militantisme, Lakhdar abandonne peu  peu les siens et s'isole dans son dsir d'appartement  la franaise. On peut rappeler les scnes qui montrent sa progression vers cet isolement&nbsp;: il se met  travailler la nuit, refuse de payer sa cotisation aux &nbsp;frres&nbsp;, construit illgalement une baraque et escroque mme son ami. Chacun de ses actes semble sanctionn par une punition&nbsp;: l'orage s'abat sur sa famille, la baraque est dtruite, il perd tout son argent au jeu. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Paralllement,  chaque fois, Nora acquiert un peu plus d'indpendance et d'autorit. On peut rappeler galement les tapes de cet veil d'une conscience jusqu'alors soumise  la conjugalit traditionnelle&nbsp;: elle dcouvre les autres femmes du bidonville, rencontre la militante Acha et accepte de l'aider, puis, allant jusqu' s'opposer  son mari, elle agit contre lui pour aider les autres. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Symboliquement, le film va vers l't en mme temps qu'il s'achemine vers la dclaration de l'indpendance de l'Algrie. Sa lumire s'intensifie, clairant la marche vers la victoire. Les couleurs s'affirment avec le vert et blanc du drapeau. Cette lumire finale marque un aboutissement et une transformation. Lorsque Lakhdar et Nora se retrouvent  la fin du film, ils sont tous les deux changs par l'exprience de l'migration&nbsp;: Nora est plus forte, plus indpendante, bien qu'elle reste la gardienne des traditions de son pays&nbsp;; Lakhdar, lui, a abandonn une part de ses rves d'intgration. </SPAN><BR><SPAN class="Para"><IMG BORDER="0" Src="Images/general/puce.gif" Height="5" Width="5">&nbsp;<SPAN class="Gras">Vers l'avenir. </SPAN>En adaptant le roman de Brahim Benacha, Bourlem Guerdjou a multipli les points de vue entre les trois personnages principaux. </SPAN><BR><SPAN class="Para">C'est par les regards de Lakhdar et Nora que nous prouvons les sentiments multiples des immigrs des bidonvilles, leurs frustrations et leurs dceptions. C'est par le regard de leur fils Brahim que nous mesurons leurs dilemmes.  plusieurs reprises en effet, la camra adopte le point de vue du jeune garon et le montre partag entre ses deux parents. On peut relever les scnes o s'affirment les choix de l'enfant&nbsp;: du ct de sa mre pour la suivre  une fte de mariage, ou lorsque le pre la jette dehors&nbsp;; du ct du pre, lorsqu'il partage ses rves d'appartement, lorsqu'il l'aide  construire sa baraque. Brahim conserve une grande admiration pour son pre et s'applique  remplir la mission que celui-ci lui a confie&nbsp;: russir  l'cole. L'importance de la lecture et de l'criture du franais est toujours signale&nbsp;: Lakdhar est l'crivain public du bidonville, c'est lui qui emmne les enfants  l'cole, il offre des crayons  son fils, l'aide  faire ses devoirs. Brahim, souvent film en train de lire, prpare l'intgration rve par son pre. </SPAN><BR><DIV class="boutontop"><A NAME="A40"></A><A HREF="#top"><IMG width="12" height="12" border="0" SRC="/commun/Images/bt_top.gif"></A></DIV> <DIV Class="Sec1"><SPAN class="Titre1">Le document </SPAN></DIV><SPAN class="Para"><SPAN class="Gras">Le ralisateur Bourlem Guerdjou prcise sa vision d'une gnration d'immigrs et ses choix de scnario. </SPAN></SPAN><BR><SPAN class="Para"> </SPAN><BR><SPAN class="Para"><SPAN class="Italique">Votre vision de l'poque et des gens est loin d'tre consensuelle ou idyllique. </SPAN></SPAN><BR><SPAN class="Para">Les immigrs n'ont rien gagn dans cette histoire. Je n'ai pas voulu mettre en scne des hros, je m'en foutais que ce soit des perdants, c'est mme plutt a qui m'intressait&nbsp;! </SPAN><BR><SPAN class="Para">Le livre autobiographique de Brahim Benacha, <SPAN class="Italique">Vivre au paradis, d'une oasis  un bidonville</SPAN>, dont je suis parti pour le scnario, raconte comment un enfant algrien veut s'en sortir en France par la russite scolaire. Mme si elle est relle, je ne croyais pas beaucoup  cette russite. En tout cas, du point de vue de la fiction, a devenait trop difiant. J'ai donc cr tous les personnages adultes, Lakhdar, Nora, Rachid, la femme du FLN Acha, et invent une histoire d'amour. Le livre offrait une matire motionnelle forte, en parlant normment de solidarit. Je pense que mes transformations consistaient  moderniser les souvenirs de Benacha pour nous les rendre contemporains. </SPAN><BR><SPAN class="Para"> l'arrive, le film croise le regard de la premire gnration, marque par la douleur et une certaine incapacit  parler, et celui de la deuxime gnration, des gens comme moi, Roshdy Zem. On se bat, on est comme les pionniers qui avancent dans les films d'Elia Kazan, tout le temps, chacun dans son domaine. Et puis il ne faut pas oublier que nos parents taient jeunes eux aussi, ils avaient vingt-cinq/trente ans quand ils ont dbarqu ici. On les voit sur les photos d'poque en train de draguer  Barbs. L'image de nos pres est celle de bons vieillards sexagnaires. Or ces gens allaient dans les botes de nuit, se solaient la gueule  mort, se trompaient les uns les autres et ont parfois t lches. Comme tout le monde. </SPAN><BR><SPAN class="Para"> </SPAN><BR><SPAN class="Para"><SPAN class="Italique">D'ailleurs, Lakhdar, que joue Roshdy Zem, n'a rien d'un hros aux mains propres. </SPAN></SPAN><BR><SPAN class="Para">L'image du bon pre immigr m'nerve. Je voulais montrer un personnage  plusieurs facettes, individualiste, et qui essaie de s'en sortir. La situation tait tellement dure que les gens exploits pouvaient devenir exploiteurs  leur tour. Les Algriens s'escroquaient entre eux. Il ne faut pas oublier qu'il y avait 89&nbsp;bidonvilles aux portes de Paris et 25&nbsp;000 personnes  Nanterre. Il y avait par exemple ce qu'on appelait les &nbsp;marchands de sommeil&nbsp; qui louaient les baraques, les htels, les caves, tout et n'importe quoi. De mme, les gens taient videmment pour la libration de l'Algrie, mais a les faisait aussi chier de payer pour le FLN. </SPAN><BR><SPAN class="Para">Dans le film, je casse toujours le ct strictement positif, j'essaie de rompre avec les clichs, de ne pas faire de concessions, par exemple en tournant entirement en arabe. </SPAN><BR><DIV ALIGN="RIGHT"><SPAN class="Para">Propos recueillis par Didier Pron, <SPAN class="Italique">Libration</SPAN>, 17 mars 1999. </SPAN></DIV> <DIV class="boutontop"><A NAME="A52"></A><A HREF="#top"><IMG width="12" height="12" border="0" SRC="/commun/Images/bt_top.gif"></A></DIV> <DIV Class="Sec1"><SPAN class="Titre1">La bibliothque </SPAN></DIV><SPAN class="Para">BENACHA Brahim, <SPAN class="Italique">Vivre au paradis&nbsp;: d'une oasis  un bidonville, </SPAN>Descle de Brouwer/Ceres, 1999 ( consulter en bibliothque). </SPAN><BR><SPAN class="Para">SAYAD Abdelmalek, <SPAN class="Italique">Un Nanterre algrien, terre de bidonvilles</SPAN>, Autrement, coll.&nbsp;&nbsp;Franais d'ailleurs, peuple d'ici&nbsp;, 1995. </SPAN><BR><SPAN class="Para">HERVO Monique, <SPAN class="Italique">Chroniques du bidonville&nbsp;: Nanterre en guerre d'Algrie</SPAN>, Seuil, coll. &nbsp;L'preuve des faits&nbsp;, 2001. </SPAN><BR><SPAN class="Para">ASSOULINE David, LALLAOUI Mehdi (dir.), <SPAN class="Italique">Un sicle d'immigration en France</SPAN>, vol. 3&nbsp;: <SPAN class="Italique">De 1945  nos jours</SPAN>, Syros, coll. &nbsp;Au nom de la mmoire&nbsp;,1997. </SPAN><BR><SPAN class="Para">BOUTELIER Denis, SUBRAMANIAN Dilip, <SPAN class="Italique">Mon Eldorado, la France&nbsp;? Aventures d'immigrs</SPAN>, Denol, coll.&nbsp;&nbsp;Documents d'actualits&nbsp;, 1997. </SPAN><BR><SPAN class="Para">EINAUDI Jean-Luc, <SPAN class="Italique">La Bataille de Paris&nbsp;: 17 octobre 1961</SPAN>, Seuil, coll.&nbsp;&nbsp;Points&nbsp;, 2001. </SPAN><BR><SPAN class="Para"> </SPAN><BR><SPAN class="Para"><SPAN class="Italique">Mmoires d'immigrs&nbsp;: l'hritage maghrbin</SPAN>, film de Yamina Benguigui, Canal&nbsp;+, cassette VHS, 1998. </SPAN><BR><SPAN class="Para"> </SPAN><BR><SPAN class="Para"><SPAN class="Italique">Ici et l-bas&nbsp;: paroles d'immigrs</SPAN>, CNDP, 2000, cassette VHS (32 mn), rf. 755 B0133, 160,71 francs, 24,50 euros. </SPAN><BR><P> <DIV ALIGN="center"> <TABLE BORDER="0" WIDTH="461" Bgcolor="#cccccc" CellPadding="5" CellSpacing="0"> <TR> <TD VALIGN="TOP" WIDTH="461"><SPAN class="Para"><DIV class="ParaT">Anne Henriot, professeur de lettres modernes et Loc Joffredo, CNDP, supplment  <SPAN class="Italique">Tlescope</SPAN>, n&nbsp;221, du 13 au 26 mars 1999 et <SPAN class="Italique">TDC</SPAN>, n&nbsp;771, du 1<SUP>er </SUP>mars.</DIV></SPAN></TD> </TR> </TABLE> </DIV> </P><SPAN class="Para"> </SPAN><BR></SPAN><BR></TD> </TR> <TR><TD><BR><SPAN class="Copyright">    	&nbsp;CNDP -     	Images, crans, rseaux / Tldoc<BR></SPAN><SPAN class="droits">Octobre 2001 	&nbsp;-&nbsp;Tous droits rservs. Limitation  l'usage  	non commercial, priv ou scolaire.<BR></SPAN></TD></TR> </TABLE> </TD> </TR> </TABLE> </DIV> </BODY> </HTML>  
