<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//SQ//DTD HTML 2.0 + all extensions//EN" "hmpro3.dtd"> <HTML> <HEAD> <META NAME="keywords" CONTENT="ONG, cooperation, developpement"> <META NAME="description" CONTENT="ASTM"> <TITLE>Coups bas sur Cuba : Le paradis assi&eacute;g&eacute;</TITLE></HEAD> <BODY TEXT="#000000" LINK="#0c5b70" BGCOLOR="#ffffff" VLINK="#006600" ALINK="#006600"> <CENTER> <H1>Coups bas sur Cuba<BR>Le paradis assi&eacute;g&eacute;</H1></CENTER> <P>Par <CITE>Robert Garcia  </CITE></P> <HR> <P></P> <BLOCKQUOTE> <P>   &quot;Le socialisme dans un seul pays&quot; sur l'&icirc;le rouge n'est pas celui que L&eacute;nine avait imagin&eacute;. Si le capitalisme triomphateur essaie d'asphyxier le laboratoire de l'&eacute;galitarisme, c'est moins pour des raisons id&eacute;ologiques que pour hypoth&eacute;quer l'avenir d'un &quot;tigre&quot; des Cara&iuml;bes.  </P> <P>&quot;Vous savez pourquoi je continue &agrave; ne pas croiser les bras en cette p&eacute;riode vraiment tr&egrave;s sp&eacute;ciale? Et bien, je suis m&eacute;decin, l'un de mes fr&egrave;res est ing&eacute;nieur, l'autre est psychologue. Mes deux soeurs sont dans l'enseignement. Notre p&egrave;re &eacute;tait coupeur de  canne. Sans la r&eacute;volution, nous et nos enfants serions rest&eacute;s journaliers comme lui. Pour que la situation d'avant la r&eacute;volution ne se reproduise pas, je suis pr&ecirc;t &agrave; bien des sacrifices. Mais pour vous dire franchement: m&ecirc;me pour nous, r&eacute;sister aux corv&eacute;es quotidiennes sous le blocus, ce n'est pas tr&egrave;s &eacute;vident.&quot;  </P> <P>Le m&eacute;decin de l'h&ocirc;pital Ciro Garcia, dans le quartier r&eacute;sidentiel de Miramar &agrave; La Havane, sait donc de quoi il parle lorsque, sous le portrait du Che, il explique au patient gringo la r&eacute;signation presque fataliste de beaucoup de Cubains devant leur situation. Une &quot;p&eacute;riode sp&eacute;ciale en temps de paix&quot; qui ressemble plus au si&egrave;ge de Sarajevo qu'&agrave; une &egrave;re de d&eacute;pression &eacute;conomique. </P> <P><FONT SIZE="+2">Une p&eacute;riode tr&egrave;s sp&eacute;ciale</FONT></P> <P>  Avec l'&eacute;croulement du Comecon &agrave; la fin des ann&eacute;es 80, le r&eacute;veil de Cuba &eacute;tait le plus brutal imaginable. D'un jour &agrave; l'autre, 85% du commerce ext&eacute;rieur avaient vol&eacute; en &eacute;clats. L'accord entre l'URSS et Cuba, concernant les livraisons massives de p&eacute;trole contre une reprise de quantit&eacute;s &eacute;normes de sucre, devenait caduc. Avant, le gaspillage de l'&eacute;nergie sur l'&icirc;le &eacute;tait de mise, puisque l'URSS fournissait &agrave; bas prix 13 millions de tonnes de p&eacute;trole par an. Du jour au lendemain, tout ce syst&egrave;me de s&eacute;curit&eacute;, sur lequel &eacute;tait bas&eacute; l'Etat-providence cubain, s'&eacute;croula. Et le r&eacute;veil &eacute;tait d'autant plus brutal que les strat&egrave;ges cubains avaient omis de pr&eacute;voir le sc&eacute;nario le plus pessimiste.  </P> <P>Carlos Tablada r&eacute;sume la plus grande erreur strat&eacute;gique commise par les responsables cubains: &quot;Nous aurions d&ucirc; utiliser tous les cr&eacute;dits et toutes les ressources fournis par le bloc sovi&eacute;tique pour d&eacute;velopper une structure &eacute;conomique, qui aurait r&eacute;duit l'extr&ecirc;me d&eacute;pendance du commerce ext&eacute;rieur que notre &eacute;conomie a h&eacute;rit&eacute;e du capitalisme. Nous avons fait l'erreur de penser que l'URSS et le camp socialiste allaient exister &agrave; jamais. De cette fa&ccedil;on, nous n'avons non seulement accept&eacute; notre d&eacute;pendance de l'ext&eacute;rieur, mais nous avons m&ecirc;me permis qu'elle se renforce.&quot;  </P> <P>Apr&egrave;s l'effondrement du bloc sovi&eacute;tique, les Cubains sont donc forc&eacute;s d'essayer la quadrature du cercle: r&eacute;animer une &eacute;conomie socialiste gr&acirc;ce aux m&eacute;canismes du march&eacute;, tout en sauvant les acquis d'un syst&egrave;me social et &eacute;ducatif, exemplaires, mais de fait d&eacute;mesur&eacute;s par rapport &agrave; la productivit&eacute; de l'&eacute;conomie qui devrait les garantir.  </P> <P><FONT SIZE="+2">Le surr&eacute;alisme quotidien</FONT> </P> <P>&quot;Escuchame brother: fuck you tu bloqueo!  pero entiendelo man  tomalo como quieras,  la politica no cabe en la azucarera.&quot;  (<CITE>Carlos Varela</CITE>) </P> <P>Contrairement &agrave; d'autres artistes critiques, l'idole du rock cubain, Carlos Varela, continue de vivre &agrave; Cuba, entre le succ&egrave;s populaire et des harc&egrave;lements bureaucratiques qui font de ses rares apparitions en public des c&eacute;l&eacute;brations de contestation. Les textes de ses chansons expriment un peu le sentiment g&eacute;n&eacute;ral.  </P> <P>Si l'on ne va pas jusqu'&agrave; pardonner les erreurs historiques du r&eacute;gime, ni ses rigidit&eacute;s autoritaires, les alternatives ne paraissent pas pour autant attrayantes. Entre la peste du capitalisme et le chol&eacute;ra du socialisme tropical, les citoyens cubains, suffisamment conscientis&eacute;s entre les slogans officiels et le matraquage des m&eacute;dias am&eacute;ricains, semblent choisir de retarder aussi longtemps que possible l'av&egrave;nement d'une &egrave;re d'incertitude. Et les jeunes, plus impatients, sont tent&eacute;s, soit par une fuite vers les c&ocirc;tes de Floride (&quot;all&iacute; pasa fr&iacute;o y aqu&iacute; estaba aburrido&quot;), soit par les nouvelles possibilit&eacute;s d'une &eacute;conomie duale sur l'&icirc;le.  </P> <P>L'effondrement de l'&eacute;conomie a bien s&ucirc;r eu des r&eacute;percussions apocalyptiques sur la vie quotidienne de l'&icirc;le &quot;qui avait voulu cr&eacute;er le paradis&quot; (Zo&eacute; Vald&eacute;s). Pour la population cubaine, habitu&eacute;e &agrave; un train de vie qui, certes loin d'&ecirc;tre luxueux, &eacute;tait tout de m&ecirc;me confortable, la cure aura &eacute;t&eacute; radicale. La d&eacute;cadence est physiquement visible. Si en 1982, les Cubains d'un certain &acirc;ge &eacute;taient souvent bien envelopp&eacute;s, voire ob&egrave;ses, l'aspect physique actuel de la population prend une allure plut&ocirc;t asiatique. La d&eacute;cadence est aussi greff&eacute;e aux rues de la vieille Havane, qui avec ses &eacute;difices d&eacute;saffect&eacute;s ressemble plus &agrave; Sarajevo qu'&agrave; une perle des Cara&iuml;bes.  </P> <P>La libreta, ou carte de rationnement, par laquelle les familles peuvent se procurer &agrave; prix ridicule les vivres essentielles, s'est vue r&eacute;duite du point de vue qualitatif et quantitatif. Bien que Viviana de l'institut cubain d'amiti&eacute; avec les peuples croit  devoir affirmer que les vivres distribu&eacute;s par le biais du carnet sont suffisants pour vivre, la r&eacute;alit&eacute; est que les rations de base sont insuffisantes pour se nourrir convenablement, mais arrivent juste &agrave; &eacute;viter les disettes.  </P> <P>De plus en plus, l'approvisionnement doit &ecirc;tre fait sur les nouveaux &quot;mercados agropecuarios&quot; o&ugrave; les particuliers et les coop&eacute;ratives, qui entretemps g&egrave;rent 75% des terres, vendent aux citoyens, &agrave; des prix dits du march&eacute;, tout un &eacute;ventail de produits  agricoles. En &eacute;largissant l'offre de ces march&eacute;s, les autorit&eacute;s cubaines esp&egrave;rent pouvoir faire baisser les prix. Jusque&#179;l&agrave;, la dynamique de ces march&eacute;s, ne suffit pas encore pour assurer un approvisionnement des citoyens &agrave; des prix acceptables. Un changement dans le menu habituel signifie toujours une forte entrave dans le budget familial.   </P> <P>Cette r&eacute;volution dans la vie quotidienne a &eacute;t&eacute; suivie par une deuxi&egrave;me de taille. En admettant le dollar am&eacute;ricain comme moyen de paiement courant, le r&eacute;gime cubain a l&eacute;galis&eacute; un &eacute;tat de fait pour saper le march&eacute; noir. Mais il a couru le risque &eacute;norme de diviser la population en deux cat&eacute;gories: la moiti&eacute; des Cubains ont directement ou indirectement acc&egrave;s aux dollars qui leur permettent d'acheter des biens de consommation inaccessibles avec des pesos. L'autre moiti&eacute; se voit confin&eacute;e &agrave; une offre limit&eacute;e de produits vendus contre les pesos cubains. </P> <P>Julio est un jeune travailleur dans une entreprise &eacute;tatique. Le mot d'ordre de beaucoup de salari&eacute;s du gouvernement peut &ecirc;tre r&eacute;sum&eacute; comme suit: &quot;le gouvernement fait comme s'il me payait et je fais comme si je travaillais&quot;. Ses 300 pesos mensuels ont sur le march&eacute; libre la valeur de 15 $US. Il a pourtant la chance d'avoir pu rafistoler une Chevrolet mod&egrave;le 1952 avec les moyens locaux. L'engin est monumental. Pratiquement tout est cass&eacute; quelque part, mais avec une manipulation presque artistique, Julio  r&eacute;ussit &agrave; la mettre en marche pour nous conduire de l'h&ocirc;pital &agrave; l'h&ocirc;tel &agrave; travers La Havane nocturne et pauvrement illumin&eacute;e, comme en temps de guerre. Il pr&eacute;tend que pour lui la reprise &eacute;conomique est tr&egrave;s peu sensible.  </P> <P>Pour certaines cat&eacute;gories de la population, le secteur touristique est nettement plus attrayant que des boulots de haut niveau, mais pi&egrave;trement r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s. Ainsi, plus de 70% du personnel des grands h&ocirc;tels de La Havane aurait une formation universitaire. M&ecirc;me si le nombre d'universitaires &agrave; Cuba est de plus de 500.000, employer cette main&#179;d'oeuvre qualifi&eacute;e comme femmes de chambre ou barmen, est toutefois une gageure &eacute;conomique. Les Cubains aiment relever le fait que peu de m&eacute;decins ont abandonn&eacute; leur boulot, ce qui montrerait le haut degr&eacute; de responsabilit&eacute; de ces cadres de la r&eacute;volution sociale.  </P> <P><FONT SIZE="+2">La r&eacute;surgence des vieux fl&eacute;aux</FONT> </P> <P>La cons&eacute;quence la plus n&eacute;faste de la p&eacute;riode sp&eacute;ciale est la r&eacute;surgence des vieux fl&eacute;aux que les r&eacute;volutionnaires de la Granma avaient promis d'&eacute;radiquer d&eacute;finitivement. Ainsi, la prostitution &agrave; La Havane est devenue plus qu'apparente. D&egrave;s le d&eacute;but de soir&eacute;e, les &quot;jineteras&quot; parcourent les art&egrave;res principales en qu&ecirc;te de riches touristes. Pour 20 $US le service, la prostitution commence &agrave; attirer les habituels de Bangkok vers les Cara&iuml;bes. On compte &agrave; La Havane d&eacute;j&agrave; 6000 prostitu&eacute;es enregistr&eacute;es, ce  qui est bien peu par rapport aux 100.000 d'avant la r&eacute;volution, mais les bases pour une mafia de la prostitution semblent jet&eacute;es: &quot;Las mujeres son un buen negocio, algunas andan solas y otras ya tienen un socio.&quot; (<CITE>Carlos Varela</CITE>).   </P> <P>Aussi, le march&eacute; noir commence &agrave; prendre des dimensions inqui&eacute;tantes. Les touristes sont constamment entour&eacute;s de camarades quelque peu louches, qui veulent leur refiler des cigares, des filles, voire des drogues. Si le r&eacute;gime tol&egrave;re la prolif&eacute;ration de  petits march&eacute;s artisanaux et admet de plus en plus l'initiative priv&eacute;e dans un &eacute;ventail de m&eacute;tiers et de commerces, une plus grande lib&eacute;ralisation comporte toujours les risques d'un clivage acc&eacute;l&eacute;r&eacute; de la soci&eacute;t&eacute;.  </P> <P>En 1995, 15% des familles cubaines contr&ocirc;laient 70% de l'argent en circulation ou d&eacute;pos&eacute; dans les banques: mati&egrave;re &agrave; r&eacute;flexion sans doute. Parall&egrave;lement, le ch&ocirc;mage officiel est mont&eacute; de 3,4% en 1993 &agrave; 10% en 1996, les estimations cubaines parlent de 30% pour 1998!  </P> <P>L'&eacute;croulement de l'archipel socialiste et le blocus am&eacute;ricain ont donc amen&eacute; les structures sociales du pays au bord de la ruine. Dans d'autres pays latino-am&eacute;ricains, des situations sociales bien moins aigu&euml;s ont conduit &agrave; des &eacute;meutes de la faim.  </P> <P>L'existence d'un appareil de contr&ocirc;le et de r&eacute;pression performant n'explique pas que, mis &agrave; part une &eacute;meute limit&eacute;e &agrave; La Havane en 1994, la contestation reste marginale. Une enqu&ecirc;te objective r&eacute;alis&eacute;e par Gallup Costa Rica en 1994, au sommet du  m&eacute;contentement, a donn&eacute; des r&eacute;sultats &eacute;tonnants: 76% des Cubains seraient satisfaits de leur conditions de vie, 58% pensent que les succ&egrave;s de la r&eacute;volution pr&eacute;valent sur ses &eacute;checs, 51% attribuent la responsabilit&eacute; pour le d&eacute;clin &eacute;conomique au blocus contre seulement 3% au r&eacute;gime politique. 50% de la population estiment que l'acquis premier de la soci&eacute;t&eacute; devrait rester l'&eacute;galit&eacute; sociale, tout de m&ecirc;me 38% pr&eacute;f&egrave;rent la libert&eacute;.  </P> <P>Contrairement aux pr&eacute;sages de ses d&eacute;tracteurs, la r&eacute;volution cubaine n'a donc pas sombr&eacute; dans un collapsus total sans apport ext&eacute;rieur. Pour &eacute;liminer les derniers vestiges du socialisme, les Etats-Unis sont donc bien forc&eacute;s de mettre du feu &agrave; la paille.  </P> <P>Si l'on voit avec quel esprit d'ouverture l'Occident triomphant a accueilli dans l'enceinte de son march&eacute; mondial et les &eacute;tats ex-socialistes et les dictatures affichant toujours le communisme (Chine, Vietnam,..), il y a lieu de se demander, si  l'acharnement sur l'&icirc;le rouge ne para&icirc;t pas &ecirc;tre de la moutarde apr&egrave;s d&icirc;ner. Apr&egrave;s tout, le danger &eacute;manant de Cuba est nul par rapport aux menaces -verbales- venant des int&eacute;gristes islamiques et autres ennemis acharn&eacute;s des yankees.   </P> <P><FONT SIZE="+2">Domestiquer le tigre</FONT> </P> <P> Expliquer le fanatisme avec lequel les Etats-Unis s'acharnent &agrave; vouloir extirper d&eacute;finitivement le cancer du socialisme dans leur arri&egrave;re-cour par le revanchisme id&eacute;ologique, n'est peut-&ecirc;tre pas aberrant, mais cette matrice n'est pas exhaustive. </P> <P>Certes, vous avez un lobby tr&egrave;s influent des anticastristes de la premi&egrave;re heure qui ont transform&eacute; la ville de Miami en une copie de la Havane des temps b&eacute;nis pour la p&egrave;gre et la mafia. Le grand ca&iuml;d est un multi-millionaire exil&eacute;, Mas Canosa. Son  influence n'est pas n&eacute;gligeable, puisque outre ses excellents contacts avec les milieux de Washington, son affinit&eacute; avec le nouveau premier ministre espagnol Aznar vient d'&eacute;tendre la politique isolationniste jusque dans la politique commune de l'Union europ&eacute;enne. </P> <P>Mais la logique imp&eacute;riale des USA ne comporte pas que des r&eacute;flexes historiques ou des &eacute;l&eacute;ments &eacute;motionnels. Il ne faut pas oublier que les strat&egrave;ges du Pentagone et de la Maison Blanche ne sont pas uniquement des nationalistes &eacute;chauff&eacute;s. Derri&egrave;re les sursauts politiques, se cachent des instituts de recherche ultra-conservateurs qui analysent les tendances de la politique mondiale sur des bases tr&egrave;s rationnelles, pour en tirer une strat&eacute;gie &agrave; long terme qui profiterait au maintien de l'imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain (lire &agrave; cet effet les analyses pertinentes de Noam Chomsky).  </P> <P>Si l'on jette un coup d'oeil sur les rares pays, dits en voie de d&eacute;veloppement, qui ont tant soit peu r&eacute;ussi un d&eacute;collage &eacute;conomique du cercle vicieux du sous-d&eacute;veloppement, il faut se rendre &agrave; l'&eacute;vidence que ce ne sont ni la richesse en mati&egrave;res premi&egrave;res, ni l'apprentissage des le&ccedil;ons n&eacute;o-lib&eacute;rales du FMI, ni l'ouverture tous azimuts au march&eacute; mondial qui sont les meilleurs atouts pour sortir du sous-d&eacute;veloppement.  </P> <P>Comme Ren&eacute; Dumont l'a admirablement montr&eacute; pour Ta&iuml;wan ou la Cor&eacute;e du Sud, les pr&eacute;alables &agrave; un d&eacute;collage &eacute;conomique sont d'une tout autre nature:  </P> <UL> <LI>une r&eacute;forme agraire visant &agrave; assurer  un maximum d'auto-suffisance alimentaire,  </LI> <LI>un niveau d'&eacute;ducation &eacute;lev&eacute; sur tous  les niveaux,</LI> <LI>un syst&egrave;me de sant&eacute; performant,  </LI> <LI>une politique de d&eacute;veloppement &eacute;conomique bas&eacute;e sur un cadre &eacute;tatique  extr&ecirc;mement fort, laissant l'initiative  priv&eacute;e remplir ce cadre pr&eacute;cis, </LI> <LI>une technologie de pointe,  </LI> <LI>une main&#179;d'oeuvre qualifi&eacute;e, disciplin&eacute;e et &agrave; haute productivit&eacute;,  </LI> <LI>et une grande stabilit&eacute; politique,   bas&eacute;e - h&eacute;las - sur un degr&eacute; d'autoritarisme souvent &eacute;lev&eacute;.  </LI></UL> <P>Si l'on applique ces pr&eacute;alables &agrave; l'Am&eacute;rique latine, force est de constater que le r&eacute;gime de Cuba, avec toutes les r&eacute;serves de mise - surtout pour ce qui est de la premi&egrave;re condition de l'autosuffisance alimentaire, dont la r&eacute;alisation a &eacute;chou&eacute; jusqu'ici-, est pratiquement le seul pays d'Am&eacute;rique Latine &agrave; pouvoir esp&eacute;rer un d&eacute;collage &eacute;conomique, allant de pair avec une stabilit&eacute; politique et sociale.  On peut donc facilement s'imaginer que le &quot;tiburon&quot; am&eacute;ricain regarde d'un oeil malveillant la possibilit&eacute; d'une concurrence &quot;d&eacute;loyale&quot; &eacute;manant du &quot;ca&iuml;man&quot; devant les c&ocirc;tes de la Floride. Devoir tol&eacute;rer l'&eacute;mergence d'un &quot;Ta&iuml;wan des Cara&iuml;bes&quot;, est un cauchemar politique qui porte atteinte &agrave; toute une politique de domination vis-&agrave;-vis de l'arri&egrave;re-cour sud que tous les gouvernements nord-am&eacute;ricains ont pratiqu&eacute; depuis 200 ans.  </P> <P><FONT SIZE="+2">Les le&ccedil;ons de Robinson</FONT>  </P> <P>Si les perspectives &agrave; long terme de Cuba ne sont peut-&ecirc;tre pas des plus sombres (voir 1&egrave;re partie, GS 369), l'impasse actuelle exige des solutions &agrave; haute teneur de machiavelisme. Suite &agrave; l'application partielle de la loi Helms-Burton, la marge de manoeuvre est devenue extr&ecirc;mement serr&eacute;e.  Parmi tous les personnages recontr&eacute;s &agrave; Cuba, le camarade Ibrahim Ferradaz semble le plus confiant. Comme ministre des investissements &eacute;trangers, la t&acirc;che difficile, voire surr&eacute;aliste, de &quot;sauver le socialisme par le capitalisme&quot; lui incombe pleinement. Comme de toute fa&ccedil;on, il n'y a pas d'autre choix que celui de subir une mort lente ou de pratiquer une prudente ouverture vers le march&eacute; mondial, les &eacute;tats d'&acirc;me ne sont pas de mise. Evidemment, les nostalgiques de la r&eacute;volution des barbus seront sid&eacute;r&eacute;s en lisant p.ex. les &quot;Business Tips on Cuba&quot;, revue destin&eacute;e aux investisseurs &eacute;trangers et dont le dernier num&eacute;ro est consacr&eacute; aux &quot;zones franches et parcs industriels&quot;.  <CITE>Surviving Helms-Burton</CITE>  </P> <P>Pas &agrave; pas, Cuba a ouvert son &eacute;conomie aux investisseurs &eacute;trangers. Les premi&egrave;res &quot;joint-ventures&quot; avaient &eacute;t&eacute; entam&eacute;es d&egrave;s 1987 avec des entreprises espagnoles du secteur touristique. L'objectif &eacute;tait de profiter du know&#179;how des fr&egrave;res ib&eacute;riques, pour pr&eacute;parer les attraits touristiques de l'&icirc;le &agrave; un assaut iminent des touristes occidentaux, porteurs de devises pr&eacute;cieuses. Le nombre de ces associations &eacute;conomiques, o&ugrave; l'Etat cubain poss&eacute;dait 51 pour cent, allait cro&icirc;tre de 50 en 1992 &agrave; 260 en 1996. Une l&eacute;gislation plut&ocirc;t g&eacute;n&eacute;reuse permet des investissements &eacute;trangers dans 34 branches de l'&eacute;conomie, avec l'exception de la d&eacute;fense nationale, de l'&eacute;ducation et de la sant&eacute;. Pas moins de 50 pays sont impliqu&eacute;s, les plus pr&eacute;sents &eacute;tant le Mexique, le Canada, l'Espagne, l'Italie, et dans une moindre mesure les Pays&#179;Bas, la Grande&#179;Bretagne et la France. En septembre 1995, le dernier amendement de la loi 77 sur les investissements &eacute;trangers permet m&ecirc;me des participations &eacute;trang&egrave;res &agrave; 100 pour cent et a m&ecirc;me men&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de quatre zones franches, pouvant accueillir les capitalistes &eacute;trangers &agrave; des conditions particuli&egrave;rement &quot;lib&eacute;rales&quot;.  </P> <P>Carlos Lage, p&egrave;re de la r&eacute;forme &eacute;conomique, l'a dit clairement lors de l'ouverture de la foire internationale de La Havane en 1994: &quot;Nous vous offrons un pays stable, ouvert &agrave; des investissements &eacute;trangers coh&eacute;rents et irr&eacute;versibles. Par ailleurs, nous disposons d'une infrastructure &eacute;conomique adapt&eacute;e et performante, d'un secteur productif en &eacute;tat de restructuration, visant &agrave; augmenter la productivit&eacute;, ainsi qu'un peuple travailleur, pr&ecirc;t aux sacrifices et d'un haut niveau de formation. Vous trouverez une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; le terrorisme ou la drogue sont inconnus. Nous vous offrons une nation souveraine et un gouvernement honn&ecirc;te qui est incorruptible. Ainsi, les investisseurs &eacute;trangers pourront non seulement escompter de r&eacute;colter des b&eacute;n&eacute;fices l&eacute;gitimes, mais aussi de rencontrer la sympathie et le respect de notre peuple.&quot;  </P> <P>Cette strat&eacute;gie &eacute;conomique hardie a tout de m&ecirc;me permis aux dirigeants cubains de redresser le parcours incertain de leur b&acirc;teau ivre, dont le PIB avait diminu&eacute; de 34 pour cent entre 1989 et 1993. D&egrave;s 1995, l'&eacute;conomie cubaine reprend une croissance de 2,5  pour cent, le taux atteignant 7,8 pour cent en 1996. Rien que le secteur du tourisme a progress&eacute; d'une mani&egrave;re spectaculaire: 70.000 touristes en 1982, un million pour cette ann&eacute;e, deux millions escompt&eacute;s pour l'an 2000.   </P> <P>H&eacute;las, m&ecirc;me &agrave; ce rythme de croissance, on est encore bien loin de revenir sur les glorieuses performances des ann&eacute;es 80, qui, il faut le signaler, avaient certes permis de consolider les pr&eacute;cieux acquis sociaux sans pour autant porter la consommation priv&eacute;e des citoyens &agrave; un niveau raisonnablement &eacute;lev&eacute;. Les calculs optimistes parlent d'un retour au niveau de 1989 pour l'an 2005. Et encore faudra-t-il qu'il n'y ait pas crise institutionnelle majeure ni aggravation du blocus. Chaque h&eacute;sitation dans les  investissements &eacute;trangers constitue donc pour Cuba un signal d'alarme, chaque pas en avant, comme p.ex. la r&eacute;cente visite du ministre canadien des affaires &eacute;trang&egrave;res, donne lieu &agrave; une certaine euphorie.  </P> <P>L'&eacute;p&eacute;e de Damocl&egrave;s du r&eacute;gime cubain r&eacute;side plut&ocirc;t dans l'endettement important qui continue d'hypoth&eacute;quer les perpectives de d&eacute;veloppement du pays. M&ecirc;me si depuis 1986 Cuba refuse de payer les anciennes dettes, le service de la dette est devenu tr&egrave;s important. Les nouveaux investissements peuvent &agrave; premi&egrave;re vue contribuer &agrave; une r&eacute;duction de la dette, ils entra&icirc;nent aussi de nouveaux besoins en importation, e. a. en &eacute;nergie et en biens d'&eacute;quipement et de consommation, qui r&eacute;chauffent la spirale de la dette. Comme Cuba figure dans le ranking des pays fiables dans une des derni&egrave;res positions, le pays doit payer des taux de cr&eacute;dits exorbitants entre 14 et 20 pour cent, sans parler des difficult&eacute;s de b&eacute;n&eacute;ficier des cr&eacute;dits des institutions financi&egrave;res internationales. Il est donc de plus en plus ais&eacute; pour les cr&eacute;diteurs potentiels de lier de nouveaux cr&eacute;dits &agrave; des revendications politiques.  </P> <P>Dans son excellente analyse (&quot;Kuba, Der lange Abschied von einem Mythos&quot;), Hans-J&uuml;rgen Burchardt essaie de relativiser l'impact de l'ouverture sur le march&eacute; mondial. Il rejoint d'ailleurs les propos du ministre des investissements &eacute;trangers qui parle &quot;d'aspect compl&eacute;mentaire &agrave; une strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement interne&quot;. Burchardt pr&eacute;conise au fait une strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement &quot;associative-autocentr&eacute;e&quot; qui serait un juste &eacute;quilibre entre une ouverture prudente et limit&eacute;e vers le march&eacute; mondial et un recentrage sur une dynamique &eacute;conomique bas&eacute;e sur le march&eacute; int&eacute;rieur. A cet effet, l'autosuffisance alimentaire serait un pr&eacute;alable crucial. L'auteur propose d'un c&ocirc;t&eacute; de d&eacute;centraliser et de rendre plus autonome la production et la distribution agricole par les coop&eacute;ratives et les particuliers afin de r&eacute;duire consid&eacute;rablement les importations alimentaires. D'un autre c&ocirc;t&eacute;, une partie de la production de canne &agrave; sucre, devenant de plus en plus invendable sur le march&eacute; mondial, devrait &ecirc;tre reconvertie &agrave; de nouvelles fins (&quot;Vom Exportschlager zum Ressourcentr&auml;ger&quot;): l'auteur pense en particulier &agrave; la production de papier, d'&eacute;nergie ou de composantes biotechnologiques &agrave; partir de la bagasse de sucre. Les potentialit&eacute;s d'une conversion &agrave; une &eacute;conomie plus durable ne sont donc pas encore pleinement assum&eacute;es.  </P> <P><FONT SIZE="+2">D&eacute;mocratie de forme ou de fond? </FONT>  </P> <P>L'&eacute;l&eacute;ment clef pour la lev&eacute;e du blocus am&eacute;ricain et pour une politique d'ouverture de la part de l'Union Europ&eacute;enne reste apparamment la mythique &quot;d&eacute;mocratisation politique&quot;. Esp&eacute;rant qu'une ouverture vers un syt&egrave;me occidental avec plusieurs partis  donnera lieu &agrave; un vide politique, qui serait rapidement rempli par des &quot;partis&quot; sponsoris&eacute;s &agrave; grands frais par les milieux d'affaires de Miami, les Etats-Unis font de l'introduction du pluralisme politique -et du d&eacute;part des fr&egrave;res Castro la question pr&eacute;alable &agrave; toute lev&eacute;e du blocus &eacute;conomique.  </P> <P>Le camarade Jorge Lezcano, responsable des affaires &eacute;trang&egrave;res de l'Assembl&eacute;e nationale, ne l'entend pas de cette oreille. D'une lourdeur un peu brejnevienne, il explique l'existence d'un parti unique, non pas avec des arguments id&eacute;ologiques, mais par une consid&eacute;ration historique: de tous les temps, la vie politique cubaine a &eacute;t&eacute; d&eacute;termin&eacute;e d'une part par ceux qui aspiraient &agrave; une simple annexion par les Etats-Unis, &agrave; l'instar de Puerto Rico, et de l'autre par ceux qui se r&eacute;clamaient de Jos&eacute; Marti pour  obtenir une souverainet&eacute; nationale absolue. </P> <P>Pour Jorge Lezcano, le dichotomisme est simple: actuellement, la premi&egrave;re cat&eacute;gorie se retrouve &agrave; Miami, les successeurs de Marti peuvent tous s'identifier au r&eacute;gime actuel, quitte &agrave; ne pas &ecirc;tre forc&eacute;ment  membres du parti communiste unique. Un &eacute;clatement du paysage politique donnerait lieu &agrave; un clivage artificiel de la soci&eacute;t&eacute; cubaine, ce qui entraverait s&eacute;rieusement les efforts de redressement de l'&eacute;conomie.  </P> <P>L'argumentation contre une certaine ouverture politique est quelque peu bo&icirc;teuse et semble plus r&eacute;sider dans la peur de voir le parti communiste &ecirc;tre balay&eacute; par une mar&eacute;e populaire comme dans les autres pays de l'ex-Comecon. Il est parfaitement  compr&eacute;hensible que les responsables politiques ne veulent pas jouer le r&ocirc;le ingrat d'un Modrow ou d'un Gorbatchov, contraints par l'histoire de pr&eacute;parer le terrain &agrave; une p&eacute;riode de d&eacute;stabilisation totale.  </P> <P>D'un autre c&ocirc;t&eacute;, les arguments avanc&eacute;s par les Cubains contre une reconversion de la d&eacute;mocratie &quot;populaire&quot; vers la d&eacute;mocratie &quot;repr&eacute;sentative&quot; ne sont pas d&eacute;nud&eacute;s de sens. D'abord, une opposition coh&eacute;rente et s&eacute;rieuse contre Castro est quasi inexistante. L'Eglise catholique, et plus r&eacute;cemment m&ecirc;me le Pape, l'entend de la m&ecirc;me oreille, puisqu'elle d&eacute;cline au conclave de l'opposition interne toute l&eacute;gitimit&eacute;. Ensuite, en regardant d'un peu plus pr&egrave;s le syst&egrave;me dit &quot;participatif&quot; cubain, il faut admettre que malgr&eacute; des d&eacute;ficits d&eacute;mocratiques &eacute;vidents, les proc&eacute;dures de consultation populaire et de mise en question et de r&eacute;vocation &agrave; la base contiennent des &eacute;l&eacute;ments participatifs int&eacute;ressants, qui font d&eacute;faut &agrave; notre d&eacute;mocratie repr&eacute;sentative, qui se limite de plus en plus &agrave; des batailles m&eacute;diatiques et &agrave; de rares actes de consultation populaire.  </P> <P>Le pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale, l'ex-ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res Ricardo Alarcon de Quesada, fait &eacute;tat de la caducit&eacute; du mod&egrave;le am&eacute;ricain comme alternative au syst&egrave;me cubain. Il oppose p.ex. les r&eacute;unions de bilan, o&ugrave; les responsables  politiques cubains doivent rendre compte plusieurs fois par an &agrave; leurs &eacute;lecteurs -au risque d'&ecirc;tre r&eacute;voqu&eacute;s-, aux rites des &eacute;lections am&eacute;ricaines: &quot;N'oublions pas qu'&agrave; la r&eacute;union de bilan o&ugrave; la participation a &eacute;t&eacute; la plus faible, celle-ci &eacute;tait encore  beaucoup plus &eacute;lev&eacute;e que la participation aux &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales aux Etats-Unis, alors que c'est la seule et unique occasion de 'participer activement', une fois tous les quatre ans, dans ce pays qui se pr&eacute;sente comme 'mod&egrave;le' d&eacute;mocratique.&quot; (Cuba Socialista 1996, repris dans Solidarit&eacute; Internationale 2/1996)  </P> <P>Toutefois, des concessions &agrave; la d&eacute;mocratie repr&eacute;sentative semblent &agrave; moyen terme in&eacute;vitables.  Les r&eacute;alistes parmi les responsables cubains aspirent &agrave; une sorte de &quot;sociald&eacute;mocratisation&quot; du r&eacute;gime. Concilier l'&eacute;conomie de march&eacute; et les acquis sociaux en ces temps de la chol&eacute;ra lib&eacute;rale peut &ecirc;tre une illusion ridicule. Mais cette approche constitue la seule voie alternative au retour de la situation des ann&eacute;es 50. Et elle correspond aussi aux espoirs de la majorit&eacute; des Cubains.  </P> <P><FONT SIZE="+2">Les limites des concessions</FONT></P> <P>  Juan Antonio Blanco analyse de la mani&egrave;re la plus perspicace le sentiment schizophr&egrave;ne des Cubains:  &quot;Le m&eacute;contentement des Cubains avec leur situation actuelle n'implique nullement le d&eacute;sir d'un retour &agrave; la soci&eacute;t&eacute; pr&eacute;-r&eacute;volutionnaire. La majorit&eacute; de la population peut &ecirc;tre caract&eacute;ris&eacute;e comme 'conservatrice' et 'r&eacute;formiste' &agrave; la fois. Ils aspirent &agrave; un syst&egrave;me politique qui pourrait &ecirc;tre plus pluraliste en opinions et plus participatif dans la prise de d&eacute;cisions, &agrave; une &eacute;conomie mixte qui pourrait rester sociale, mais venir &agrave; &ecirc;tre g&eacute;r&eacute;e d'une fa&ccedil;on plus d&eacute;mocratique et planifi&eacute;e avec des instruments  indirects, comme les salaires ou les imp&ocirc;ts. Ils aspirent &agrave; une culture libertaire et de tol&eacute;rance &eacute;cum&eacute;nique de la diversit&eacute; ainsi qu'&agrave; un d&eacute;veloppement de modes de vie qui resteraient durables d'un point de vue &eacute;cologique et &eacute;conomique.  </P> <P>Les m&ecirc;mes personnes qui sont conscientes des inefficacit&eacute;s &eacute;conomiques et des attitudes intol&eacute;rantes &agrave; Cuba, sont aussi conscientes des avantages comparatifs dans le domaine social dont ils continuent de b&eacute;n&eacute;ficier par rapport au reste de l'Am&eacute;rique Latine&quot;. (Eight Points on US-Cuba Relations, 11/95)  Si les prochaines -et derni&egrave;res- ann&eacute;es du r&eacute;gime de Fidel Castro aboutissaient &agrave; un plus grand pluralisme et une tol&eacute;rance politique sans toucher aux acquis sociaux et politiques de la r&eacute;volution, ce serait un sacr&eacute; coup &agrave; la fois contre les aspirations h&eacute;g&eacute;moniales des Etats-Unis et contre la logique de la mondialisation sous le joug d'un lib&eacute;ralisme laminateur. Face &agrave; l'impasse du lib&eacute;ralisme, qui in&eacute;vitablement entra&icirc;nera la plupart des pays du sud dans un nouveau marasme, beaucoup de pays du tiers monde continuent de suivre d'un oeil attentif l'&eacute;volution du r&eacute;gime castriste. A c&ocirc;t&eacute; de sa valeur de symbole, le r&eacute;gime cubain est actuellement un laboratoire d'essai pour valider ou refuter le pr&eacute;jug&eacute; d&eacute;favorable contre la transition possible d'un socialisme centralis&eacute; et autoritaire vers une d&eacute;mocratie sociale et une &eacute;conomie durable.  </P> <P>Voil&agrave; pourquoi le combat contre Fidel Castro et son &icirc;le de Robinson est men&eacute; avec un tel acharnement, et c'est pour cette raison aussi que la solidarit&eacute; avec Cuba d&eacute;passe la simple nostalgie des ann&eacute;es de la r&eacute;volution, mais est aussi un acte de  r&eacute;sistance contre la mondialisation de l'&eacute;conomie exploitante et la fragmentisation des structures sociales. Quiconque milite au nord pour la sauvegarde des acquis sociaux contre l'assaut des d&eacute;r&eacute;gulateurs, ne peut point se permettre de laisser pour compte celles et ceux qui au sud m&egrave;nent un combat bien plus difficile contre les nouvelles formes d'exploitation et contre l'&eacute;clatement de leurs soci&eacute;t&eacute;s. </P> <P><CITE>Lesehinweise &#179; zwei neuere Untersuchungen &uuml;ber die wirtschaftliche Transformation auf Kuba:  Hans-J&uuml;rgen Burchardt: Kuba, Der lange Abschied von einem Mythos, Schmetterling&#179;Verlag 1996 (extrem nuancierte Darstellung der wirtschaftlichen Transformation, mit einem &auml;u&#215;erst interessanten Ausblick und einer anregenden Kritik der Globalisierungstheorie);  Anna Vollmann/ Werner Zahn: Kuba, vom Modell zur&uuml;ck zum Hinterhof, Distel-Verlag 1996 (etwas strenge, nostalgisch gef&auml;rbte Kritik der wirtschaftlichen &Ouml;ffnung, doch hinsichtlich der Risiken des Kurswechsels &auml;u&#215;erst n&uuml;tzliche &Uuml;berlegungen).  (Der Artikel ist bereits im Grengespoun erschienen) </CITE></P> <P></P></BLOCKQUOTE> <HR> <P></P> <CENTER><FONT SIZE="-1"><A HREF="astm.html">ASTM</A> - Brennpunkt Dr&euml;tt Welt, num&eacute;ro 164, avril 1997 </FONT> <P><FONT SIZE="-2">Pour plus d'information, contacter : Action Solidarit&eacute; Tiers Monde<BR> 39, rue du Fort Neipperg -  L-2230 Luxembourg <BR> T&eacute;l: 00352/ 400 427; Fax: 00352/ 40 58 49<BR> Email: citim@ci.ong.lu</FONT></P></CENTER> <HR> <P><FONT SIZE="2">| <KBD><A HREF="../index.html">Sommaire</A></KBD> | <KBD><A HREF="../horizong.html">Homepage</A></KBD> | </FONT></P> <P></P> <P><FONT SIZE="-2">Horizon Local 1997 <BR> http://www.globenet.org/horizon_local/ <BR>http://www.macbroker.com/:cserve/langevin/horizon.htm  </FONT></P></BODY></HTML> 
