<HTML> <head> <title>Bernard Trevisane, La Parole Delaissee</title> <LINK href="menu.css" type=text/css rel=stylesheet> </head> <body background="blankbg1.gif" text="Black" link="Maroon" vlink="#660000" alink="#CCCC99"> <!-- banner -->  <img src="flask_animation2.gif" width="101" height="142" border="0" alt=""  align="top">  <img src="website3.gif" width="600" height="120" border="0" alt="">  <table width="100%"> <tr> <td valign="top">  <table width="140"> <tr> <td valign="top">   <!-- menu column -->  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img src="flames.gif" width="30" height="60" border="0" alt=""><br><br>    <a href="index.html" onMouseOver="image1.src='homedown.gif';" onMouseOut="image1.src='homeup.gif';">  <img src="homeup.gif" name="image1" border="0"></a>   <a href="texts.html" onMouseOver="image2.src='textsdown.gif';" onMouseOut="image2.src='textsup.gif';">  <img src="textsup.gif" name="image2" border="0"></a>   <a href="images_s.html" onMouseOver="image3.src='imagerydown.gif';" onMouseOut="image3.src='imageryup.gif';">  <img src="imageryup.gif" name="image3" border="0"></a>   <a href="articles.html" onMouseOver="image4.src='articlesdown.gif';" onMouseOut="image4.src='articlesup.gif';">  <img src="articlesup.gif" name="image4" border="0"></a>   <a href="bibliog.html" onMouseOver="image5.src='bibliographydown.gif';" onMouseOut="image5.src='bibliographyup.gif';">  <img src="bibliographyup.gif" name="image5" border="0"></a>   <a href="amcldraw.html" onMouseOver="image6.src='galleriesdown.gif';" onMouseOut="image6.src='galleriesup.gif';">  <img src="galleriesup.gif" name="image6" border="0"></a>   <a href="physical.html" onMouseOver="image7.src='practicaldown.gif';" onMouseOut="image7.src='practicalup.gif';">  <img src="practicalup.gif" name="image7" border="0"></a>   <a href="present_.html" onMouseOver="image8.src='resourcesdown.gif';" onMouseOut="image8.src='resourcesup.gif';">  <img src="resourcesup.gif" name="image8" border="0"></a>   <a href="http://www.alchemywebsite.com/bookshop/study_course.html" onMouseOver="image9.src='studycoursesdown.gif';" onMouseOut="image9.src='studycoursesup.gif';">  <img src="studycoursesup.gif" name="image9" border="0"></a>   <a href="http://www.alchemy.dial.pipex.com" onMouseOver="image10.src='bookshopdown.gif';" onMouseOut="image10.src='bookshopup.gif';">  <img src="bookshopup.gif" name="image10" border="0"></a>   <a href="e_mail_g.html" onMouseOver="image11.src='discussionsdown.gif';" onMouseOut="image11.src='discussionsup.gif';">  <img src="discussionsup.gif" name="image11" border="0"></a>   <!-- Maroon bar in menu--> <hr align="left" color="Maroon">  <a href="info.html" onMouseOver="image12.src='addressdown.gif';" onMouseOut="image12.src='addressup.gif';">  <img src="addressup.gif" name="image12" border="0"></a>   <a href="adam.html" onMouseOver="image13.src='creatordown.gif';" onMouseOut="image13.src='creatorup.gif';">  <img src="creatorup.gif" name="image13" border="0"></a>   <!-- Maroon bar in menu--> <hr align="left" color="Maroon">  <a href="find.html" onMouseOver="image14.src='searchdown.gif';" onMouseOut="image14.src='searchup.gif';">  <img src="searchup.gif" name="image14" border="0"></a>     </td> </tr> </table>  </td> <td valign="top">  <!-- main column -->  <table width="100%"> <tr> <td valign="top"> <!-- main text -->  <BODY TEXT="#000000" LINK="#0000ff" VLINK="#800080" BGCOLOR="#ffffff" ALINK="#ff0000"> <H1>La parole delaissee<br> par Bernard, Conte de la Marche Trevisane</h1> Le Tr&eacute;visan. La parole d&eacute;laiss&eacute;e. In Trois Traitez de la philosophie naturelle. Paris, 1618, 3 parties en 1 vol. in-8. Transcribed by Jerry Bujas.<br> <a href="french.html">Back to alchemy texts and articles in French</a>.<br>  <hr> <br> La premi&egrave;re chose requise &agrave; la secr&egrave;te Science de la Transmutation des M&eacute;taux, est la connaissance de la Mati&egrave;re, dont se tirent l'Argent-vif des Philosophes et leur Soufre, desquels ils font et constituent leur divine Pierre.</P> <P>La Mati&egrave;re, dont cette M&eacute;decine souveraine est extraite, est l'Or, tr&egrave;s pur, l'Argent tr&egrave;s fin, et notre Mercure ou Argent-vif, lesquels tu vois journellement alt&eacute;r&eacute;s et chang&eacute;s par artifice en Nature d'une Mati&egrave;re blanche et s&egrave;che, en mani&egrave;re de Pierre, de laquelle notre Argent-vif et notre Soufre sont &eacute;lev&eacute;s et extraits avec force ignition, par une destruction r&eacute;it&eacute;r&eacute;e de cette mati&egrave;re, en r&eacute;solvant et sublimant.</P> <P>Dans cet Argent-vif sont l'Air et le feu, qui ne peuvent &ecirc;tre vus des yeux corporels, tant ils sont rares et spirituels : Ce qui d&eacute;ment ceux qui croient que les quatre El&eacute;ments sont r&eacute;ellement et visiblement s&eacute;par&eacute;s dans l'Ouvre, chacun &agrave; part; mais ils n'ont pas bien con&ccedil;u la nature des Choses; Car, on ne peut donner les El&eacute;ments simples; nous les connaissons seulement par leurs op&eacute;rations et les effets, qui sont dans les bas El&eacute;ments, savoir dans la Terre et dans l'Eau, selon qu'ils sont alt&eacute;r&eacute;s de nature close et grosse, par laquelle ils sont mu&eacute;s de Nature en Nature.</P> <P>L'Or et l'Argent, selon la Doctrine de tous les Philosophes sont la Mati&egrave;re de notre Pierre. En v&eacute;rit&eacute;, dit Herm&egrave;s, son P&egrave;re est le Soleil, et sa M&egrave;re est la Lune.</P> <P>Ce qui embarrasse le plus, c'est de savoir quel est le tiers Composant; c'est-&agrave;-dire quel est cet Argent-vif, duquel nous faisons notre Comp&ocirc;t avec l'Or et l'Argent.</P> <P>Pour le savoir, il faut remarquer que l'Oeuvre des Philosophes est divis&eacute;e principalement en deux Parties. Les Philosophes divisent la seconde Partie en Pierre blanche accomplie, et en Pierre rouge &eacute;galement accomplie. Mais parce que le fondement du Secret consiste dans la premi&egrave;re Partie, ces Philosophes ne voulant pas divulguer ce Secret, ils ont fort peu &eacute;crit de cette premi&egrave;re Partie. Et je crois que si ce n'e&ucirc;t &eacute;t&eacute; pour &eacute;viter que cette Science ne par&ucirc;t fausse en ses Principes, ils auraient gard&eacute; un profond silence sur cette premi&egrave;re Partie, et n'en auraient fait aucune mention. S'ils n'en avaient aucunement parl&eacute;, cette m&ecirc;me Science e&ucirc;t &eacute;t&eacute; enti&egrave;rement ignor&eacute;e, et serait p&eacute;rie, ou passerait pour fausse.</P> <P>Comme cette premi&egrave;re Partie est le Commencement, la Clef et le Fondement de notre Magist&egrave;re, si cette Partie est ignor&eacute;e, la Science demeure trompeuse et fausse dans l'exp&eacute;rience. Afin donc que ce tr&egrave;s grand Secret, qui est la pierre, &agrave; laquelle on n'ajoute rien d'&eacute;trange, ne se perde pas, &agrave; l'avenir, j'ai r&eacute;solu d'en &eacute;crire quelque chose de certain et de v&eacute;ritable, ayant vu cette b&eacute;nite Pierre, et l'ayant tenue, dont Dieu m'est t&eacute;moin, et j'en confie le Secret &agrave; toute Ame sacr&eacute;e, sous peine de p&eacute;rir, si elle le r&eacute;v&egrave;le aux M&eacute;chants. C'est pourquoi les Philosophes ont appel&eacute; ce Secret la Parole d&eacute;laiss&eacute;e, ou tu&eacute; en cet Art, qu'ils ont presque tous cach&eacute;e avec soin, de peur que les indignes n'en eussent connaissance.</P> <P>Il faut donc que tu saches que la Pierre Philosophale est divis&eacute;e en trois Degr&eacute;s, savoir : la Pierre V&eacute;g&eacute;tale, la Min&eacute;rale et l'Animale ou qui a Ame et Vie. La Pierre V&eacute;g&eacute;tale, disent les Philosophes, est proprement et principalement cette premi&egrave;re Partie, qui est la Pierre du premier Degr&eacute;, de laquelle, Pierre de Villeneuve, fr&egrave;re d'Arnaud du m&ecirc;me nom, dit sur la fin de son rosaire : Le commencement de notre Pierre, est l'Argent-vif, ou sa Sulfur&eacute;it&eacute;, qu'il nous faut avoir de sa grosse Substance corporelle, avant qu'il puisse passer au second degr&eacute;.</P> <P>Le commencement donc de notre Pierre, est que le Mercure, croissant en l'Arbre, soit compos&eacute; et sublim&eacute; en l'all&eacute;geant : car c'est le germe Volatil, qui se nourrit, mais qui ne peut cro&icirc;tre sans l'Arbre fixe, qui le retient, comme le t&eacute;ton fait la vie de l'enfant. De l&agrave;, il para&icirc;t que cette Pierre est V&eacute;g&eacute;tale, comme &eacute;tant le doux Esprit, croissant du Germe de la Vigne, joint dans le premier oeuvre au Corps fixe blanchissant, ainsi qu'il est dit dans le Songe-Vert, o&ugrave; la Pratique de cette Pierre V&eacute;g&eacute;tale est donn&eacute;e ,&agrave; ceux qui savent entendre la V&eacute;rit&eacute;; laquelle Pratique, je ne mettrait point ici pour de justes raisons.</P> <B><P ALIGN="CENTER">PREMIER DEGRE</P> </B><P>Dans le premier degr&eacute; de la Pierre Physique, nous devons l'aire notre Mercure V&eacute;g&eacute;tal net et pur, qui est appel&eacute; par les Philosophes Soufre blanc, non urent, lequel sert de moyen pour conjoindre les Soufres avec les Corps, Et comme ce mercure est v&eacute;ritablement de Nature fixe, subtile et nette, il s'unit avec les Corps, y adh&egrave;re, et se joint dans leur profond, moyennant sa chaleur et son humidit&eacute;.</P> <P>Les Philosophes ont dit de lui, qu'il est le moyen de conjoindre les Teintures, et non pas l'Argent-vif Vulgaire, qui est trop froid et flegmatique, et par cons&eacute;quent destitu&eacute; de toute op&eacute;ration de Vie, laquelle consiste dans la chaleur et dans la moiteur.</P> <P>Mais parce qu'il est en partie volatil, il sert aussi de moyen pour m&ecirc;ler les Esprits volatils, et pour adh&eacute;rer &agrave; se joindre &agrave; la Substance fixe des Corps. Nous allons toucher la triple cause de sa n&eacute;cessit&eacute;. </P> <P>La premi&egrave;re, comme nous avons &agrave; joindre les deux Semences, &agrave; savoir du M&acirc;le et de la Femelle, il faut que l'un soit m&ecirc;l&eacute; avec l'autre par un naturel amour, et par une connaturelle spongiosit&eacute;, en sorte que ce qu'il y a de plus dans l'un soit attir&eacute; par le plus de l'autre, et par cons&eacute;quent que l'un soit m&ecirc;l&eacute; avec l'autre, et qu'ils soient conjoints ensemble.</P> <P>Et pourtant, comme ces deux Corps, Or et Argent, sont rendus moites par une chaleur digestive, dissolutive, et subtilative, alors ils deviennent premi&egrave;re Mati&egrave;re et simple; et en cet &eacute;tat, ils prennent le nom de Semence prochaine &agrave; G&eacute;n&eacute;ration, par l'impression qu'ils re&ccedil;oivent &agrave; cause de leur simplicit&eacute; et de leur ob&eacute;issance &agrave; la chaleur instrumentale, &eacute;quipollente et semblable &agrave; la chaleur naturelle de ce Mercure. Et c'est alors que s'en fait l'Elixir des Philosophes; la premi&egrave;re Partie de la Pierre &eacute;tant ordinairement appel&eacute;e de ce nom d'Elixir.</P> <P>Cette premi&egrave;re Partie donc est un Moyen pour conjoindre les extr&eacute;mit&eacute;s du Vaisseau de Nature, et dans ce Vaisseau, les Esprits doivent &ecirc;tre transmu&eacute;s en fuyant de Nature en Nature. Ce que nous disons fait voir la seconde cause de sa n&eacute;cessit&eacute;; car comme la Pierre doit &ecirc;tre impr&eacute;gn&eacute;e d'Esprits, il convient qu'il y ait en elle quelque Vertu r&eacute;tentive, qui embrasse ces Esprits, afin qu'ils soient plus facilement m&ecirc;l&eacute;s aux tr&egrave;s petites Parties des Corps.</P> <P>Cette Vertu r&eacute;tentive est v&eacute;ritablement dans ce Mercure Physique; et comme il est en partie de Nature spirituelle, il est un v&eacute;ritable Esprit, d&eacute;pur&eacute; et purifi&eacute; de toute f&eacute;culence ou r&eacute;sidence terrestre : Esprit, dis-je, v&eacute;ritable et fixe, et en partie volatil : Car il contient la Nature de l'un et de l'autre Feu; ce qui manifeste sa ponticit&eacute; ou aigreur, ou componction aigu&euml; qu'on remarque dans ses Op&eacute;rations, puisque par ce Mercure mortifi&eacute;, le Mercure Vulgaire, comme dit le Texte, est facilement congel&eacute;.</P> <P>Cependant il n'est pas fixe par lui-m&ecirc;me; car pour le devenir, il faut qu'il soit joint au Soleil et &agrave; la Lune, et fait leur Ami, afin que ce qui est en lui volatil soit fix&eacute; avec ces deux Corps; c'est-&agrave;-dire, que de cette Chose qui est compos&eacute;e de toutes ces Choses m&ecirc;l&eacute;es ensemble avec les Collat&eacute;raux, le Mercure vulgaire puisse &ecirc;tre directement fix&eacute;. C'est la cause pourquoi de nouveaux Corps y sont mis, et ils sont fixes, afin que le Feu compos&eacute;, qui est appel&eacute; Mercure sublim&eacute;, ou premi&egrave;re Mati&egrave;re, soit tellement inform&eacute; du Ferment propre, qu'il obtienne la force de longue pers&eacute;v&eacute;rance dans la bataille du Feu, malgr&eacute; sa grande &acirc;pret&eacute;.</P> <P>A ce sujet, l'Hortulain dit, que ce &agrave; quoi ce Mercure doit &ecirc;tre joint : c'est-&agrave;-dire, avec quoi il doit se fixer, ne doit point lui &ecirc;tre &eacute;tranger. En parlant de ce Mercure, Raimond Lulle dit, que l'Argent-vif, par nous fait, cong&egrave;le le commun, et est aux Hommes plus commun que le commun du moindre prix; qu'il est de plus grande vertu, comme aussi de plus forte r&eacute;tention. Ce qui fait dire &agrave; Giber, qu'il est signe de perfection, parce que c'est une Gomme plus noble que les Marguerites, laquelle convertit et attire toute autre Gomme &agrave; sa Nature fixe, claire et pure; la fait toujours durer avec elle au Feu, avec lequel elle s'&eacute;jouit. C'est pourquoi, dit le Texte, all&eacute;guant Morien : Ceux qui croient composer notre b&eacute;nite Pierre, sans cette premi&egrave;re Partie, sont semblables &agrave; ceux qui veulent monter aux plus hauts Pinacles, sans &eacute;chelle, lesquels avant que d'y arriver, tombent en bas en mis&egrave;res et en douleurs.</P> <P>Ce Mercure donc est le commencement et le fondement de tout ce glorieux Magist&egrave;re; car il contient en soi un Feu qui doit &ecirc;tre repu et nourri de plus grand et plus fort Feu, au second R&eacute;gime de la Pierre.</P> <P>Donc, tant le Feu enclos de ce Mercure par le premier R&eacute;gime, que celui qui doit &ecirc;tre aussi enclos par le second, dans les Choses naturelles, est nomm&eacute; propre Instrument, qui est la seconde Chose requise, et principalement &agrave; conna&icirc;tre dans ce haut Magist&egrave;re. En sorte que la Mati&egrave;re dont on doit commencer l'Oeuvre &eacute;tant connue, on doit premi&egrave;rement enclore le Feu dans la Mati&egrave;re volatile et fixe, en chauffant et coagulant avec Dissotion des Corps. Pour faire un Myst&egrave;re de cette inclusion ou emprisonnement du Feu, les Philosophes l'ont appel&eacute;e Sublimation ou Exaltation de Mati&egrave;re mercurielle.</P> <P>Ce qui fait qu'Arnaud de Villeneuve dit, Que le Mercure soit premi&egrave;rement sublim&eacute;, c'est-&agrave;-dire, le Mercure &eacute;tant de nature basse, savoir de Terre et d'Eau, il doit &ecirc;tre ramen&eacute; &agrave; une Nature noble et haute, savoir d'Air et de Feu, qui sont tr&egrave;s prochains de ce Mercure, selon l'intention de la Nature et de l'Art. C'est pourquoi, quand cette Pierre mercurielle est ainsi exalt&eacute;e et subtilis&eacute;e, elle est sublim&eacute;e de premi&egrave;re Sublimation, et il convient encore de la sublimer avec son Vaisseau. Raimond Lulle dit &agrave; ce sujet : Nous esp&eacute;rons en notre Seigneur que notre Mercure sera sublim&eacute; &agrave; plus grandes Choses, avec addition de la chose qui le teint et son &acirc;me sera exalt&eacute;e en gloire.</P> <P>Je te dis donc, appelant Dieu &agrave; t&eacute;moin de cette V&eacute;rit&eacute;, que ce Mercure ayant &eacute;t&eacute; sublim&eacute;, il a paru v&ecirc;tu d'une aussi grande blancheur, que celle de la neige des hautes Montagnes, sous une tr&egrave;s subtile et cristalline splendeur, de laquelle il sortait, &agrave; l'ouverture du Vaisseau, une si douce odeur qu'il ne s'en trouve point de semblable dans ce Monde. Et moi, qui te parles, je sais que cette merveilleuse blancheur a paru devant mes propres yeux; que j'ai touch&eacute; de mes mains cette subtile cristallinit&eacute;, et que j'ai par mon odorat senti cette merveilleuse douceur, de laquelle je pleurai de joie, &eacute;tant &eacute;tonn&eacute; d'une chose si admirable. Et pour cela, b&eacute;ni soit le Dieu &eacute;ternel, haut et glorieux qui a mis tant de merveilleux Dons dans les secrets de la Nature, qui a bien voulu les montrer &agrave; quelques Hommes. Je sais que quand tu conna&icirc;tras les Causes de cette Disposition, tu te demanderas : Qu'elle est donc cette Nature, qui &eacute;tant donn&eacute;e d'une Chose corrompante, tient n&eacute;anmoins en elle une Chose toute C&eacute;leste I Personne ne peut raconter tant de merveilles. Toutefois un temps viendra peut-&ecirc;tre que je te raconterai plusieurs choses sp&eacute;ciales de cette Nature, desquelles je n'ai pas encore obtenu du Seigneur la permission de t'instruire par &eacute;crit. </P> <P>Quoi qu'il en soit quand tu auras sublim&eacute; ce Mercure, prends le tout frais et tout r&eacute;cent avec son Sang, de peur qu'il ne s'envieillisse, et le pr&eacute;sente &agrave; ses Parents, &agrave; savoir au Soleil et &agrave; la Lune, afin que ces trois Choses, Soleil, Lune et Mercure, notre Comp&ocirc;t soit fait, et que commence le deuxi&egrave;me Degr&eacute; de notre Pierre, lequel se nomme Min&eacute;ral.</P> <B><P ALIGN="CENTER">DEUXIEME DEGRE</P> </B><P>Si tu veux avoir une bonne multiplication en tr&egrave;s fortes Qualit&eacute;s et Vertus Min&eacute;rales par les Op&eacute;rations du deuxi&egrave;me Degr&eacute;, moyennant Nature, prends les Corps nets et unis avec eux ce Mercure, selon le Poids connu des Philosophes et conjoints cette Eau s&egrave;che, qui a en soi le Soufre des El&eacute;ments et qui est appel&eacute;e Huile de Nature et Mercure sublim&eacute; et subtili&eacute;, dissous et endurci par les pr&eacute;parations du premier Degr&eacute;, en s&eacute;parant toujours et rejetant les r&eacute;sidences ou f&egrave;ces qu'il fait dans la Sublimation, comme n'&eacute;tant d'aucune valeur.</P> <P>Il ne faut pas que dans notre Sublimation, la Chose sublim&eacute;e demeure &agrave; la hauteur du Vaisseau, comme il arrive dans la Sublimation des Sophistes. Dans la n&ocirc;tre au contraire, ce qui est sublim&eacute; demeure seulement un peu &eacute;lev&eacute; sur les f&egrave;ces du Vaisseau; car la plus subtile et la plus pure Partie nage toujours sur ces f&egrave;ces, et se joint aux c&ocirc;t&eacute;s du Vaisseau, ce qui est impur demeurant naturellement au fond, parce que la Nature, par cette &eacute;vacuation, d&eacute;sire &ecirc;tre restitu&eacute;e en mieux, en perdant de mauvaises et d'impures parties pour en recouvrir de plus pures et de meilleures. Par toutes ces choses, on voit la troisi&egrave;me Cause de sa n&eacute;cessit&eacute; laquelle est que comme le Mercure est net, clair, blanc et incombustible, il illumine toute la Pierre, la d&eacute;fend d'adustion ou br&ucirc;lement, et temp&egrave;re l'ardeur du Feu contre Nature, en le ramenant &agrave; vrai temp&eacute;rament et concorde avec le feu naturel :</P> <P>Car ce Mercure Philosophique contient par excellence le Feu innaturel, dont la souveraine Vertu est attrempement contre l'ardeur du Feu contre-Nature, et comme une aide amiable du Feu naturel naturalisant, c'est-&agrave;-dire se convertissant soi-m&ecirc;me en Nature, ou se faisant soi-m&ecirc;me naturel, par une douce attemp&eacute;rence avec le Feu naturel, ce qui est un tr&egrave;s-grand Secret, connu de peu de Gens, d'o&ugrave; se Mercure est dit Terre nourrice, comme &eacute;tant le Germe, sans lequel la Pierre ne peut cro&icirc;tre ni se multiplier. C'est pourquoi Herm&egrave;s dit : La Terre est la nourrice de notre Pierre, de laquelle le Soleil est le P&egrave;re, et la Lune la M&egrave;re. Elle monte de la Terre au Ciel, et derechef elle descend en Terre : Sa force est enti&egrave;re si elle est tourn&eacute;e vers la Terre, de laquelle Terre, avec les deux Corps parfaits, la droite Composition des Philosophes prend naissance et commencement.</P> <P>Qu'il te suffise donc de ces deux Corps, car ils sont semblables &agrave; la Chose requise et demand&eacute;e, comme le dit Amaud de Villeneuve; c'est-&agrave;-dire, Que comme la fin de la Pierre est d'&ecirc;tre parfaite, elle panait le Mercure vulgaire, et les autres Corps imparfaits, en les transmuant en Or et en Argent Il faut donc n&eacute;cessairement rechercher cette Vertu transmutative, l&agrave; o&ugrave; elle est et on ne peut la trouver plus convenablement, que dans les Corps parfaits : Car si la puissance, la force et la vertu de transmuer les M&eacute;taux imparfaits en v&eacute;ritable Or, n'est pas dans un Corps pur et fin, en vain irait-on chercher cette Vertu dans le Cuivre ou dans un autre M&eacute;tal imparfait Je dis la m&ecirc;me chose de l'Argent; car dans tout le Genre des M&eacute;taux, l'Or et l'Argent seulement sont parfaits.</P> <P>Pour avoir donc cette Substance Mercurielle dans laquelle est cette parfaite Vertu de transmuer en Or et en Argent les M&eacute;taux imparfaits, il faut recourir &agrave; tes deux Corps parfaits, et non ailleurs. C'est pourquoi tu dois savoir que la Conjonction de ces deux Corps est le terme naturel de derni&egrave;re Subtiliation et de Transmutation en la premi&egrave;re Mati&egrave;re de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration; et par cette raison, de cette Conjonction, comme de premi&egrave;re et simple Mati&egrave;re est faite la G&eacute;n&eacute;ration du v&eacute;ritable Elixir.</P> <P>La Lune r&eacute;duite en premi&egrave;re Mati&egrave;re, est la Mati&egrave;re passive; car v&eacute;ritablement elle est l'Epouse du Soleil, et ils sont l'un et l'autre en tr&egrave;s prochaine affinit&eacute;.</P> <P>Telle est la convenance entre le M&acirc;le et la Femelle du Genre de l'Art, desquels s'engendre le Soufre Blanc et rouge, conglutinant et congelant le Mercure : Et certainement meilleure Cr&eacute;ation et plus voisine Transmutation est toujours faite, quand le propre M&acirc;le est conjoint avec sa propre Femelle en une nature : Et le M&acirc;le est ce qui s'&eacute;jouit le plus au profond de la Mati&egrave;re passive par sa subtilit&eacute; naturelle, et il la transmue et convertit en sa nature de soufre. Ce qui a port&eacute; Dastin, Anglais, &agrave; dire de cette Conjonction : Si la Femme blanche est mari&eacute;e avec le Mari rouge, ils s'embrasseront incontinent, se joindront, s'accoupleront ensemble, et ne feront qu'un Corps par leur Dissolution.</P> <P>Cette Copulation est le Mariage Philosophique, et le Lien indissoluble. C'est pour cela qu'il est dit; Ces Deux deviennent Un par conversion, et tiennent par Un, &agrave; savoir par notre Mercure, qui est l'Anneau du souverain Lien; Aussi est-il appel&eacute; La Fille de Platon, qui conjoint les Corps assembl&eacute;s par amour.</P> <P>Compose donc notre tr&egrave;s-secr&egrave;te Pierre de ces trois Choses, et non d'autres; car les choses requises &agrave; cet effet sont en elles seules.</P> <P>Cet Amalgame, ou Composition Physique, &eacute;tant ainsi trait&eacute;e, on peut v&eacute;ritablement dire que la Pierre n'est qu'une Chose. Car tout ce Comp&ocirc;t est une mixtion ou m&eacute;lange dont le prix est d'une valeur inestimable; c'est-&agrave;-dire que le prix en est si grand qu'on ne saurait se le figurer : Car il est notre Airain, dont il est dit dans la Tourbe : Sachez tous que nulle vraie Teinture n'est faite que de cet Airain; c'est-&agrave;-dire, de notre Confection, qui se fait seulement des trois Choses, dont nous venons de parler : Et alors commence la seconde partie de notre tr&egrave;s-noble Pierre, et la Pierre du Second Degr&eacute; qui est appel&eacute;e Min&eacute;rale.</P> <P>Il faut remarquer ici que la Pierre ou le Mercure, qui, par la premi&egrave;re Op&eacute;ration, &eacute;tait n&eacute; si clair et si resplendissant, est par cette seconde Op&eacute;ration mortifi&eacute;, noirci, et devient difforme avec tout le Comp&ocirc;t, afin qu'il puisse ressusciter victorieux, plus clair, plus pur et plus fort qu'il n'&eacute;tait auparavant. Car cette mortification est la revivification parce qu'en le mortifiant il se revivifie et en se revivifiant il se mortifie.</P> <P>Ces deux Op&eacute;rations sont tellement encha&icirc;n&eacute;es l'une avec l'autre, que l'une ne peut &ecirc;tre sans l'autre, comme l'enseignent tous les Philosophes; car la G&eacute;n&eacute;ration de l'un, est la Corruption de l'autre. Tout cela n&eacute;anmoins, n'est autre chose que cr&eacute;er le Soufre de Nature et r&eacute;duire le Comp&ocirc;t en la premi&egrave;re Mati&egrave;re prochaine au Genre M&eacute;tallique.</P> <P>Sachez donc que ce Comp&ocirc;t est cette Substance, de laquelle ce Soufre de Nature doit se retirer par confortation et nourrissement, en mettant dans cette Substance la Vertu min&eacute;rale, pour qu'elle soit finalement faite une nouvelle Nature, d&eacute;nu&eacute;e de toutes terrestr&eacute;it&eacute;s superflues et corrompantes, et de toutes humidit&eacute;s flegmatiques, qui emp&ecirc;chent la Digestion. O&ugrave; il faut observer que selon les diverses alt&eacute;rations ou mutations d'une m&ecirc;me Mati&egrave;re en sa Digestion, divers noms lui sont impos&eacute;s par les Philosophes et selon diff&eacute;rentes complexions, quelques-uns ont appel&eacute; ce Comp&ocirc;t Pr&eacute;sure coagulante ou &eacute;paississante, d'autres l'ont nomm&eacute; Soufre, Arsenic, Azote, Alun, Teinture illuminant tout Corps, et L'Oeuf des Philosophes : Car comme un Oeuf est compos&eacute; de trois choses, savoir, de la coque, du blanc et du jaune; de m&ecirc;me notre physique est compos&eacute; de Corps, d'Ame, d'Esprit, quoiqu'&agrave; la v&eacute;rit&eacute; notre Pierre soit une m&ecirc;me chose, selon le corps Selon "Ame et Selon l'Esprit; mais selon diverses raisons et intentions des Philosophes, elle est tant&ocirc;t dite une Chose, et tant&ocirc;t une autre; ce que Platon nous fait entendre, quand il dit, que la Mati&egrave;re flue &agrave; l'infini, c'est-&agrave;-dire toujours, si la forme n'arr&ecirc;te son flux.</P> <P>Ainsi c'est une Trinit&eacute; en Unit&eacute;, et une Unit&eacute; en Trinit&eacute;; parce que l&agrave;, sont Corps, Ame et Esprit; l&agrave; aussi sont Soufre, Mercure et Arsenic : Car le Soufre spirant, c'est-&agrave;-dire jetant sa vapeur en arsenic op&egrave;re en copulant le Mercure; et les Philosophes disent que la propri&eacute;t&eacute; de l'Arsenic est de respirer et que la propri&eacute;t&eacute; du Soufre est de coaguler, congeler et arr&ecirc;ter le Mercure. Toutefois ce Soufre, cet Arsenic et ce Mercure ne sont pas ceux que pense le Vulgaire; car ce ne sont pas ces Esprits venimeux que les Apothicaires vendent; mais ce sont les Esprits des Philosophes qui doivent donner notre M&eacute;decine; au lieu que les autres Esprits ne peuvent rien pour la perfection des M&eacute;taux.</P> <P>C'est donc en vain que travaillent les Sophistes, qui font leur Elixir de tels Esprits venimeux et pleins de corruption. Car certainement la v&eacute;rit&eacute; de la souveraine subtilit&eacute; de Nature, n'est en nulle autre chose, que dans ces trois Choses &agrave; savoir Soufre, Arsenic et Mercure Philosophique dans lesquels seulement est la r&eacute;paration et la totale perfection des Corps, qui doivent &ecirc;tre purg&eacute;s et purifi&eacute;s</P> <P>Les Philosophes ont impos&eacute; plusieurs noms &agrave; notre Pierre, et cependant elle n'est toujours qu'une Chose.</P> <P>Par cette raison, laissez la pluralit&eacute; des noms, et vous arr&ecirc;tez &agrave; ce Comp&ocirc;t, qu'il faut mettre une fois dans notre Vaisseau secret, d'o&ugrave; il ne doit point &ecirc;tre tir&eacute;, que la Roue &eacute;l&eacute;mentaire ne soit accomplie, afin que la force et vertu active du Mercure qui doit &ecirc;tre nourri, ne soit suffoqu&eacute;e ou perdue : car les Semences des choses, qui naissent de Terre ,ne croissent ni ne multiplient si leur force et vertu g&eacute;n&eacute;rative leur est &ocirc;t&eacute;e par quelque qualit&eacute; &eacute;trang&egrave;re.</P> <P>Aussi semblablement, cette Nature ne se multipliera jamais, ni ne sera multipli&eacute;e, si elle n'est pr&eacute;par&eacute;e en mani&egrave;re d'eau.</P> <P>La matrice de la femme, apr&egrave;s qu'elle a con&ccedil;u, demeure close et ferm&eacute;e, afin qu'il n'y entre aucun air &eacute;tranger, et que le fruit ne se perde pas : De m&ecirc;me notre Pierre, doit toujours demeurer close dans son Vaisseau, et rien d'&eacute;tranger ne doit lui &ecirc;tre ajout&eacute;; elle doit seulement &ecirc;tre nourrie et inform&eacute;e par la Vertu informatrice de sa nature, et multiplicative non seulement en quantit&eacute; mais aussi en qualit&eacute; tr&egrave;s forte : De sorte qu'il faut influer ou mettre dans la Mati&egrave;re son humidit&eacute; vivificative, par la vertu de laquelle elle est nourrie, accrue et multipli&eacute;e.</P> <P>Apr&egrave;s donc que notre Comp&ocirc;t est fait, la premi&egrave;re chose &agrave; laquelle on doit s'appliquer, c'est de l'animer en y mettant la Chaleur ou l'humidit&eacute; vivificative ou l'Ame ou l'Air, ou la Vie par la voie de la Solution et de la Sublimation avec Coagulation; car sans cette Chaleur elle demeurerait sans action, et sans Ame, serait priv&eacute;e de ses hautes vertus et n'aurait aucun mouvement de G&eacute;n&eacute;ration. La mani&egrave;re d'introduire la Chaleur dans la mati&egrave;re, c'est de la convertir de disposition en disposition, et de nature en nature, c'est-&agrave;-dire, de l'&eacute;lever d'une nature tr&egrave;s basse, &agrave; une nature tr&egrave;s noble, et tr&egrave;s haute.</P> <P>Cette disposition se fait par sa propre Sublimation, Dissolution de Terre et Cong&eacute;lation d'Eau, ou ingrossation ou Mortification ou r&eacute;surrection et Sublimation en l&eacute;gers El&eacute;ments. De sorte donc que tout le Cercle de ce Magist&egrave;re, n'est autre chose qu'une parfaite Sublimation, laquelle toutefois a plusieurs op&eacute;rations particuli&egrave;res et encha&icirc;n&eacute;es ensemble.</P> <P>Cependant il y en a deux principales, &agrave; savoir la parfaite Dissolution et la parfaite Cong&eacute;lation : Aussi tout le Magist&egrave;re n'est autre chose que parfaitement dissoudre et parfaitement congeler l'Esprit : et ces op&eacute;rations ont une telle liaison entre elles, que jamais le Corps ne se dissout, que l'Esprit ne se cong&egrave;le ni l'Esprit ne se cong&egrave;le point, que le Corps ne se dissolve. Ce qui fait dire &agrave; Raimond Lulle, que tous les Philosophes ont d&eacute;clar&eacute; que l'oeuvre entier du Magist&egrave;re, n'est que Dissolution et Cong&eacute;lation. Pour avoir ignor&eacute; ces op&eacute;rations, de grands personnages en d'autres Sciences ont &eacute;t&eacute; tromp&eacute;s; la Pr&eacute;somption de leur savoir leur a fait pr&eacute;sumer qu'ils entendaient les Cercles de la Nature et la mani&egrave;re de circuler. </P> <P>Il est donc important de bien conna&icirc;tre la mani&egrave;re de cette Circulation qui v&eacute;ritablement n'est autre chose qu'imbiber et abreuver, ou faire boire le Comp&ocirc;t selon le juste poids de notre Eau mercurielle, que les Philosophes commandent de nommer Eau permanente, parce que dans cette Imbibition le Comp&ocirc;t est dig&eacute;r&eacute;, dissout, et congel&eacute; d'une mani&egrave;re accomplie et naturelle.</P> <P>C'est une chose v&eacute;ritable, que si une Mati&egrave;re de Terre doit &ecirc;tre faite Feu il faut qu'elle soit subtili&eacute;e, pr&eacute;par&eacute;e et faite plus simple qu'elle n'&eacute;tait. Il en est de m&ecirc;me de notre Comp&ocirc;t, att&eacute;nu&eacute; et subtili&eacute;, en telle sorte, que le Feu domine en lui et cette subtiliation et pr&eacute;paration de terre est faite avec Eaux subtiles, souverainement aigres et aigu&euml;s, qui n'ont aucune f&eacute;tidit&eacute; ni mauvaise odeur, telle comme dit G&eacute;ber dans sa Somme, qu'est l'Eau de notre Argent-vif sublim&eacute; et ramen&eacute; &agrave; nature de Feu, sous les noms de Vinaigre, de Sel, d'Alun et de plusieurs autres liqueurs tr&egrave;s-aigres. Par laquelle Eau les Corps sont subtili&eacute;s, r&eacute;duits et ramen&eacute;s &agrave; leur premi&egrave;re Mati&egrave;re, prochaine, &agrave; la Pierre ou &agrave; l'Elixir des Philosophes. Remarquez que comme l'Enfant au ventre de sa M&egrave;re doit &ecirc;tre nourri de son aliment naturel qui est le sang menstruel afin qu'il puisse cro&icirc;tre en quantit&eacute; et en qualit&eacute; plus forte, de m&ecirc;me notre Pierre doit &ecirc;tre nourrie de sa graisse, dit Aristote, et de sa propre nature et substance. Mais quelle est cette graisse qui est le nourrissement la vie, l'accroissement et la multiplication de notre Pierre? les Philosophes l'ont totalement cel&eacute;e, comme &eacute;tant le d Secret qu'ils ont jur&eacute; de ne jamais r&eacute;v&eacute;ler ni manifester &agrave;, aucun, et ils ont remis &agrave; Dieu seul ce Secret pour le r&eacute;v&eacute;ler OU inspirer &agrave; qui il lui plaira. Cependant cette humidit&eacute; grasse et vivifique, ou donnant vie est appel&eacute;e Par quelques Philosophes, Eau Mercurielle, Eau permanente, Eau demeurante au feu, Eau divine, et elle est la Clef et le Fondement de toute l'oeuvre.</P> <P>De cette Eau mercurielle et permanente, il est dit dans la Tourbe, qu'il faut que le Corps soit occup&eacute; par la flamme du feu afin qu'il soit d&eacute;rompu, d&eacute;pec&eacute; et d&eacute;bilit&eacute;; &agrave; savoir avec cette eau pleine de feu, dans laquelle le Corps est lav&eacute; jusqu'&agrave; ce que tout soit fait Eau, laquelle n'est pas eau de Nue ni de Fontaine, comme le croient les Ignorants et les Sophistes, mais c'est notre Eau permanente; laquelle toutefois sans le Corps avec lequel elle est jointe ne peut &ecirc;tre permanente, c'est-&agrave;-dire qu'elle ne peut demeurer au feu, et qu'elle s'enfuit aussit&ocirc;t : et tout le secret de notre Pierre est dans cette Eau permanente : car c'est dans cette Eau qu'elle se parfait, parce que l'Humidit&eacute;, qui la vivifie, est en elle, comme &eacute;tant sa vie et sa r&eacute;surrection.</P> <P>Au sujet de cette Eau tr&egrave;s secr&egrave;te, il est dit dans la Tourbe : l'Eau, par elle seule fait tout : car elle dissout tout; elle cong&egrave;le tout ce qui est congelable, elle d&eacute;p&egrave;ce et d&eacute;rompt tout sans aide d'autrui; en elle est la chose qui teint et qui est teinte : Bref notre Oeuvre n'est autre chose que vapeur et eau, qui est dite mondifiante, ou nettoyant, blanchissant, rubifiant et d&eacute;jetant la noirceur des Corps, et les Philosophes l'ont nomm&eacute;e Eau permanente, Huile fixe et incombustible, ou qui ne peut &ecirc;tre br&ucirc;l&eacute;e. C'est l'Eau que les Philosophes ont divis&eacute;e en deux parties, l'une desquelles dissout le Corps en le calcinant, c'est-&agrave;-dire en le r&eacute;duisant en Chaux et en le congelant; et l'autre partie nettoie le Corps de toute noirceur, le blanchit et rougit, et le fait fluer ou courir en multipliant ses parties. Cette Eau dans la Tourbe est appel&eacute;e le Vinaigre tr&egrave;s aigre et tr&egrave;s aigu : Car c'est une Humidit&eacute; chaude en elle-m&ecirc;me d'une chaleur vivifiante contenant en soi une Teinture invariable, qui ne peut &ecirc;tre alt&eacute;r&eacute;e.</P> <P>Alphidius a nomm&eacute; cette Eau Attrempance ou mesure des Sages, et Urine des Jeunes Col&eacute;riques. Pour ne vas faire conna&icirc;tre cette Eau, les Philosophes l'ont cach&eacute;e sous diff&eacute;rents noms et elle n'est connue que de tr&egrave;s peu de gens.</P> <P>Herm&egrave;s l'a connue et touch&eacute;e, Gerber l'a connue, Alphidius l'a trait&eacute;e, Morienus l'a &eacute;crite, le Lis l'a entendue, Arnaud de Villeneuve l'a bien aper&ccedil;ue, Raimond Lulle l'a faiblement d&eacute;clar&eacute;e, le Texte ne l'a pas ignor&eacute;e, Rasis, Avicenne, Galien, Hippocrate, Haly et souverainement Albert l'ont sagement cach&eacute;e, et Dastin, Bernard de Grave, Pythagore, Merlin l'ancien et Aristote l'ont tr&egrave;s bien entendue : Bref cette Eau qui triomphe de tout, est nomm&eacute;e c&eacute;leste, glorieuse, dernier et final Secret pour nourrir notre honorable Pierre, sans laquelle Eau n'est jamais amend&eacute;e, nourrie, accrue, ni multipli&eacute;e; et pour cela les Philosophes ont cel&eacute; la mani&egrave;re de faire cette Eau comme la Clef de leur Magist&egrave;re. Et certainement, j'ai lu plus de cent volumes de Livres traitant de cet Art, sans avoir trouv&eacute; dans aucun la perfection de cette Eau Mercurielle. J'ai vu aussi plusieurs hommes savants en cette science sans en avoir trouv&eacute; aucun qui e&ucirc;t ce Secret, except&eacute; un grand M&eacute;decin qui me dit avoir soupir&eacute; pendant trente-six ans avant que d'y &ecirc;tre parvenu.</P> <P>Il est dit qu'&agrave; cette Nature est donn&eacute; une double Nature, &agrave; savoir d'Or et d'Argent dans les entrailles desquels comme dans le ventre de sa M&egrave;re, l'Argent vif est contenu multipli&eacute;, purg&eacute; et converti en Soufre blanc, non urant, par l'action de la chaleur du feu, &eacute;tant l&agrave; dedans inform&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement par l'Art. Donc cette Eau Mercurielle n'est autre chose que l'Esprit des Corps converti en nature de Quintessence, donnant vertu &agrave; la Pierre et la gouvernant. Et cette Pierre ou notre Comp&ocirc;t est matrice contenante et Lien exp&eacute;dient et convenable savoir Terre, M&egrave;re ou Vaisseau de Nature retenant vertu formative de la Pierre, en quoi la chaleur naturelle est mise qui est cette vertu issante du Vaisseau par le cinqui&egrave;me Esprit. C'est pourquoi ce Vaisseau est appel&eacute; M&egrave;re et Nourrice, parce qu'il donne une vertu naturelle au Soufre qu'il pa&icirc;t et qu'il nourrit.</P> <P>Ceci donc est notre Comp&ocirc;t en ce Vaisseau naturel, dans lequel les Esprits sont transmu&eacute;s de nature en nature, et plus ils fuient, plus ils s'alt&egrave;rent dans ce Vaisseau et s'&eacute;loignent de leur corruption et imperfection, jusqu'&agrave; ce qu'ils parviennent &agrave; l'accomplissement de Quintessence : ce qui fait qu'ils prennent, ou v&ecirc;tent une nouvelle nature, qui est nette, blanche, pure, d&eacute;nu&eacute;e de toute corrosivit&eacute; et superfluit&eacute; terrestre, adurante ou br&ucirc;lante, et flegmatique &eacute;vaporable.</P> <P>En cette affinit&eacute; du Vaisseau, l'humidit&eacute; de l'Esprit est par sa viscosit&eacute; ou nature gluante, retenue en adh&eacute;rence ou conjonction naturelle et ferme, et le Comp&ocirc;t s'y &eacute;chauffe comme dans son humidit&eacute; radicale, m&ecirc;l&eacute;e et mortifi&eacute;e. Apr&egrave;s quoi la chose morte ressuscite avec la Sublimation joyeuse d'enfantement, en soi relevant totalement de nature salfugineuse et am&egrave;re. Mais l'Enfant &agrave; la puissance de se soutenir soi-m&ecirc;me; et comme il est encore de nature simple, il convient de le nourrir d'un petit lait gras, &agrave; savoir de son Humidit&eacute; vivifiante, de laquelle en partie il a &eacute;t&eacute; engendr&eacute; et qui est notre Eau permanente, Lait de Vierge, ou Eau de vie qui ne vient plaint de la vigne, et n&eacute;anmoins elle est dite Eau de vie, parce qu'elle vivifie notre Pierre et la fait ressusciter. Elle est aussi dite Sang r&eacute;incrud&eacute; ou refait crud, menstrue blanchie, nourrissement de l'Enfant, Viande du coeur, Eau de mer, Venin des Vivants, Viande des Morts, et Argent vif des Philosophes, d&eacute;pur&eacute; de sa f&eacute;culence terrestre par sublimation Philosophique.</P> <P>Apr&egrave;s donc que notre Comp&ocirc;t est fait, on doit le mettre dans son vaisseau secret, cuire &agrave; feu tr&egrave;s lent, ou sec, ou humide, et lui faire boire de notre Eau permanente, peu &agrave; peu, en dissolvant et congelant tant de fois que la Terre monte feuill&eacute;e, laquelle ensuite doit &ecirc;tre calcin&eacute;e et finalement inc&eacute;r&eacute;e, en la fixant avec la m&ecirc;me Eau qui est appel&eacute;e Huile incombustible et fixe, jusqu'&agrave; ce qu'elle flue ou fonde promptement comme de la cire.</P> <P>Raimond Lulle dit que la Cr&eacute;ation doit &ecirc;tre tant de fois r&eacute;it&eacute;r&eacute;e ou recommenc&eacute;e sur la Pierre, la Sublimation de la partie humide r&eacute;serv&eacute;e, que la Pierre avec sa propre Humidit&eacute;, radicalement permanente et fixe et qui ne laisse jamais son Corps, donne une droite fusion. C'est pourquoi, ajoute ce Philosophe, il est command&eacute; d'abreuver notre Pierre avec cette Humidit&eacute; permanente qui rend claires ses parties; car apr&egrave;s sa parfaite mindation ou purgation de toutes choses corrompantes, et m&ecirc;mement des deux humeurs superflues, l'une grasse et adustible, et l'autre flegmatique et &eacute;vaporable, la Pierre est ramen&eacute;e en propre nature et substance de Soufre non br&ucirc;lant; et sans cette Humidit&eacute;, jamais notre Pierre n'est amend&eacute;e, nourrie, augment&eacute;e, ni multipli&eacute;e. Il faut remarquer que durant sa digestion, notre Pierre prend alternativement toutes sortes de Couleurs. N&eacute;anmoins, il n'y en a que trois principales dont on doit avoir grand soin, sans se mettre en peine des autres; la Couleur noire qui est la premi&egrave;re, la Clef et le commencement de l'Oeuvre; la Couleur blanche qui est la seconde; et la Couleur rouge qui est la troisi&egrave;me. C'est pourquoi il est dit que la Chose dont la t&ecirc;te est rouge, les pieds blancs et les yeux noirs est tout le Magist&egrave;re.</P> <P>Observez donc que quand notre Comp&ocirc;t commence &agrave; &ecirc;tre abreuv&eacute; de notre Eau permanente, alors il est enti&egrave;rement tourn&eacute; en mani&egrave;re de Poix fondue, et devenu noir comme charbon; en cet &eacute;tat, il est appel&eacute; la Poix noire, le Sel br&ucirc;l&eacute;, le Plomb fondu, le Laiton non net, la Magn&eacute;sie et le Merle de Jean; car, durant cette Op&eacute;ration, on voit comme une nu&eacute;e noire volant par la moyenne R&eacute;gion du Vaisseau au fond duquel demeure la Mati&egrave;re fondue en mani&egrave;re de Poix qui se dissout totalement. En parlant de cette nu&eacute;e, Jacques du Bourg Saint Saturnin s'&eacute;crit :</P> <P>O b&eacute;nite nu&eacute;e qui t'envole par notre Vaisseau1 C'est l&agrave; l'Eclipse du Soleil, dont parle Raimond Lulle.</P> <P>Quand cette masse est ainsi noircie elle est dite morte et priv&eacute;e de sa Forme : Le Corps est aussi dit mort et &eacute;loign&eacute; de son attrampement, son Ame &eacute;tant s&eacute;par&eacute;e de lui. Alors l'Humidit&eacute; se manifeste en couleur d'Argent-vif, noir et puant, lequel auparavant &eacute;tait sec, blanc, bien odorant, ardent, d&eacute;pur&eacute; de Soufre par la premi&egrave;re Op&eacute;ration et il faut recommencer &agrave; le d&eacute;purer par cette seconde Op&eacute;ration. Ce Corps se trouve priv&eacute; de son Ame qu'il a perdue, de sa splendeur et de cette merveilleuse lucidit&eacute; qu'il avait premi&egrave;rement et maintenant il est noir et enlaidi : ce qui fait que G&eacute;bert le nomme pour sa propri&eacute;t&eacute; Esprit puant, Noir blanc occultement et rouge manifestement et encore Eau ,vive s&egrave;che.</P> <P>Cette Masse ainsi noire ou noircie est la Clef, le commencement, et le signe d'une parfaite mani&egrave;re d'op&eacute;rer au second R&eacute;gime de notre Pierre pr&eacute;cieuse. Aussi Herm&egrave;s, dit-il, en voyant cette noirceur : Croyez que vous avez op&eacute;r&eacute; par la bonne voie.</P> <P>Donc cette Noirceur montre la vraie mani&egrave;re d'op&eacute;rer, car la Masse &eacute;tant rendue difforme, et corrompue de vraie corruption naturelle, il s'ensuit de cette Corruption une G&eacute;n&eacute;ration de nouvelle disposition r&eacute;elle en cette Mati&egrave;re; &agrave; savoir, acquisition d'une nouvelle Forme, lucide, claire, pure, resplendissante et d'une odeur suave et douce.</P> <P>L'oeuvre de noircir &eacute;tant accomplie, il faut en venir &agrave; l'oeuvre de blanchir qui est une des Roses de ce Rosier physique, laquelle est d&eacute;sir&eacute;e de plusieurs, requise et attendue. Toutefois, comme nous avons d&eacute;j&agrave; dit, avant que la parfaite blancheur apparaisse, toutes les Couleurs qu'on saurait imaginer, sont vues et aper&ccedil;ues dans l'Oeuvre, desquelles on ne doit point s'embarrasser, except&eacute; seulement de la Blanche qu'on doit attendre avec une patience constante.</P> <P>Observez que la mani&egrave;re d'op&eacute;rer au Noir, au Blanc et au Rouge est toujours la m&ecirc;me, &agrave; savoir cuire le Comp&ocirc;t en le nourrissant de notre Eau permanente, c'est-&agrave;-dire le Blanc d'Eau blanche, et le Rouge d'eau rouge, par lequel Nourrissement ou Imbibitions et Digestions, on extrait de la Pierre cette moyenne Substance de Mercure qui est toute la perfection de notre double Magist&egrave;re. De mani&egrave;re que la Pierre doit &ecirc;tre purg&eacute;e non seulement des sulfur&eacute;it&eacute;s, mais aussi de toutes terrestr&eacute;it&eacute;s par Sublimation d'Eaux, par Calcinations de Terre, par Inhumations et D&eacute;coctions de ces superfluit&eacute;s et par R&eacute;ductions entre Distillations et Calcinations, et ensuite cette moyenne Substance de ce Mercure vous conjoindrez avec un Soufre qui lui soit propre et cuire le tout ensemble si longuement qu'il soit congel&eacute; et priv&eacute; de toute Humidit&eacute; superflue, par la voie d'une chaleur naturelle qui lui corresponde; apr&egrave;s quoi il est sublim&eacute; en Soufre blanc comme la neige Par tout ceci on voit que notre Pierre contient en soi deux substances d'une m&ecirc;me nature, l'une volatile et l'autre fixe, et les Philosophes appellent ces Substances unies leur Argent-vif. Par notre Op&eacute;ration, la Pierre doit donc &ecirc;tre parfaitement s&eacute;par&eacute;e de toutes superfluit&eacute;s br&ucirc;lantes et corrompantes, et il n'y doit demeurer que la seule et pure subtilit&eacute;, ou moyenne Substance d'argent-vif congel&eacute; et d&eacute;pur&eacute; de toute nature sulfureuse, &eacute;trang&egrave;re ou corrompante. Cette D&eacute;puration se parfait quand le Corps se tourne en Esprit et que l'Esprit se retourne en Corps par r&eacute;it&eacute;ration de Calcination, r&eacute;duction et sublimation, par lesquelles la Dissolution des Corps est faite avec la Cong&eacute;lation ou Epaississement de l'Esprit, et la Cong&eacute;lation de cet Esprit se fait avec la Dissolution des Corps.</P> <P>C'est donc par une seule Op&eacute;ration que toutes choses sont faites, &agrave; savoir Solution de l'Argent-vif, avec Cong&eacute;lation de certain poids de l'Argent-vif volatil, et leur ablution se fait avec Eau mesur&eacute;e, ainsi que la Coagulation de cette Eau, en Pierre se fait moyennant la chaleur du M&acirc;le qui op&egrave;re par la Femelle.</P> <P>La Pierre na&icirc;t donc v&eacute;ritablement apr&egrave;s la premi&egrave;re Conjonction de ces deux Mercures, comme d'Homme et de Femme et elle ne peut prendre naissance autrement.</P> <P>Par cette Op&eacute;ration le Corps est d&eacute;pec&eacute;, d&eacute;truit et gouvern&eacute; soigneusement jusqu'&agrave; ce que son Ame subtile &eacute;tant extraite de son &eacute;paisseur, se soit tourn&eacute;e en Esprit impalpable. Alors le Corps est tourn&eacute; en non Corps; ce qui est la v&eacute;ritable R&egrave;gle pour bien op&eacute;rer.</P> <P>Souvenez-vous que tout ce Corps est dissous par l'Esprit aigu et qu'il se fait spirituel en se m&ecirc;lant avec lui.</P> <P><BR> Et comme cet Esprit est sublim&eacute; il est nomm&eacute; Eau, laquelle se lave elle-m&ecirc;me et se nettoie, comme nous l'avons d&eacute;j&agrave; dit, en montant avec sa tr&egrave;s-subtile Substance et d&eacute;laissant ses parties corrompantes; et les Philosophes ont appel&eacute; cette Ascension, Distillation, Ablution et Sublimation.</P> <B><P ALIGN="CENTER">TROISIEME DEGRE</P> </B><P>Quand la Sublimation se trouve parfaitement accomplie, la Pierre est alors vivifi&eacute;e de son Esprit vivifiant, on Ame naturelle, dont elle avait &eacute;t&eacute; priv&eacute;e en noircissant; elle est inspir&eacute;e, anim&eacute;e, ressuscit&eacute;e et men&eacute;e &agrave; la derni&egrave;re fin de toute subtilit&eacute; et puret&eacute;, et r&eacute;duite en Pierre cristalline, blanche comme neige, elle est un peu &eacute;lev&eacute;e dans le Vaisseau, au fond duquel demeurent les r&eacute;sidences.</P> <P>Cette Pierre cristalline &eacute;tant s&eacute;par&eacute;e de ses r&eacute;sidences, mettez-la &agrave; part, et la sublimez sans ces r&eacute;sidences : car si vous vous essayez de la sublimer avec ces m&ecirc;mes r&eacute;sidences, jamais vous ne les s&eacute;parerez d'ensemble et votre travail vous deviendrait inutile.</P> <P>En sublimant donc sans ces r&eacute;sidences on a la Terre blanche feuill&eacute;e, le Soufre blanc non urant, cong&eacute;lant et fixant apr&egrave;s parfaitement le Mercure, nettoyant tout Corps impur, et parfaisant l'imparfait en le r&eacute;duisant en v&eacute;ritable Argent.</P> <P>Ce Soufre &eacute;tant ainsi sublim&eacute; il n'y a blancheur au monde qui exc&egrave;de la sienne, car il est d&eacute;nu&eacute; de toutes choses corrompantes, et est une Nature nouvelle, une Quintessence venant des plus pures parties des quatre El&eacute;ments; c'est le Soufre de Nature, l'Arsenic non urant, le Tr&eacute;sor incomparable, la Joie des Philosophes, leur D&eacute;lectation si d&eacute;sir&eacute;e, la Terre blanche feuill&eacute;e et claire, l'Oiseau d'Herm&egrave;s, la fille de Platon, l'Alun sublim&eacute;, le Sel Ammoniac, et de nouveau le Merle blanc dont les plumes exc&egrave;dent en lucidit&eacute; le cristal, et il est de grande resplendeur, de tr&egrave;s suave odeur et de souveraine puret&eacute;, nettet&eacute;, subtilit&eacute; et agilit&eacute;. </P> <P>Ce Merle blanc Philosophique est d'une vertu inexprimable, car c'est la Substance du plus pur Soufre du monde, laquelle est l'Ame simple de la Pierre, nette et noble, et s&eacute;par&eacute;e de toute &eacute;paisseur corporelle. Il faut calciner ce Soufre blanc par s&egrave;che D&eacute;coction jusqu'&agrave; ce qu'il devienne une poudre impalpable et tr&egrave;s subtile, et priv&eacute;e de toute Humidit&eacute; superflue. Apr&egrave;s quoi il doit &ecirc;tre inc&eacute;r&eacute; de l'Huile blanche des Philosophes, peu &agrave; peu jusqu'&agrave; ce qu'il nue d&eacute;s promptement comme Cire. Cette incr&eacute;ation accomplie, qui n'est autre chose que r&eacute;duction &agrave; fusion, ou &agrave; fonte de la chose qui ne peut fondre, notre glorieuse Pierre des Philosophes au blanc est parfaite, fluante et fondante, plus blanche que neige, participante de quelque Verdeur; pers&eacute;v&eacute;rante au feu; retenant et congelant le Mercure et le fixant ensuite; teignant et transmuant tout M&eacute;tal imparfait en v&eacute;ritable Lune. Et si vous en jetez un poids sur mille d'Argent-vif ou de quelque autre M&eacute;tal imparfait il les convertira en Argent plus fin, plus pur et plus blanc que celui des Mines.</P> <P>La mani&egrave;re de la Projection et de la Multiplication au blanc et au rouge est semblable.</P> <P>Cependant la Multiplication se fait en deux mani&egrave;res; l'une par projection en jetant un poids sur cent, et tout sera M&eacute;decine de laquelle un poids convertira autre cent poids, aussi en M&eacute;decine parfaite; et un poids de ces cent, fait cent poids de pur Argent, ou de pur Or.</P> <P>Il y a d'autres mani&egrave;res plus profitables et plus secr&egrave;tes de multiplier la M&eacute;decine par projection, dont je me tais &agrave; pr&eacute;sent; mais par Multiplication la Pierre est augment&eacute;e sans fin; c'est &agrave; savoir par ses Digestions, Animations ou Imbibitions d'Huile Mercurielle, laquelle Huile est de nature des M&eacute;taux; Et cette Multiplication se fait seulement en imbibant ou abreuvant la Pierre de cette Huile permanente et en dissolvant et congelant autant de fois qu'on le voudra : Car plus la Pierre sera dig&eacute;r&eacute;e, plus elle sera parfaite, et plus de poids elle convertira, parce qu'elle sera plus subtili&eacute;e. En quoi est accomplie la Rose blanche, c&eacute;leste, suave et si ch&eacute;rie des Philosophes. Apr&egrave;s que la Pierre au blanc est accomplie, il en faut dissoudre une partie, et tant la calciner, selon que le veulent quelques Philosophes, que par vertu de longue D&eacute;coction, elle soit tourn&eacute;e en cendre impalpable, et qu'elle devienne color&eacute;e en citrinit&eacute;. Il faut ensuite l'abreuver de son Eau rouge jusqu'&agrave; ce qu'elle demeure rouge comme coral Dans son Codicile, au Chapitre de la Calcination de la Terre, Raimond Lulle dit : N'oublie pas de calciner en son feu allum&eacute; la mati&egrave;re de la Terre pr&eacute;connue de la Pierre avec r&eacute;it&eacute;ration de Destruction de Distillation d'Eau et de Calcination de Corps, jusqu'&agrave; ce que la Terre demeure blanche et vide de toute humidit&eacute;; Et apr&egrave;s continuez par plus grande force de feu et d'imbibition d'Eau jusqu'&agrave; ce qu'elle devienne rouge, comme Hyacinthe, en Poudre impalpable et sans tact. Le Signe de perfection est manifestement montr&eacute;, quand &agrave; sa derni&egrave;re Calcination, la Mati&egrave;re demeure priv&eacute;e de toute humidit&eacute;, en parlant du second Proc&eacute;d&eacute; et principalement du second R&eacute;gime, qui est de faire la Pierre rouge. G&eacute;ber dit, qu'elle n'est pas faite sans addition de la chose qui la teint, que Nature conna&icirc;t bien; &agrave; savoir, sans qu'elle soit abreuv&eacute;e et teinte de cette Eau C&eacute;leste, de laquelle il est dit au Lis des Philosophes : O Nature C&eacute;leste! comment tournes-tu nos Corps en Esprit. O quelle merveilleuse et puissante Nature! Elle est par dessus tout, elle surmonte tout, et elle est le Vinaigre qui fait que l'Or est v&eacute;ritable Esprit, ainsi que l'Argent. Sans elle ni Noirceur, ni Blancheur, ni Rougeur ne peuvent jamais &ecirc;tre faites en notre Oeuvre; Donc, quand cette Nature est jointe au Corps, elle le tourne en Esprit, et de son Feu spirituel, le teint d'une Teinture invariable et qui ne peut &ecirc;tre effac&eacute;e.</P> <P>Herm&egrave;s nomme cette Nature C&eacute;leste Eau des Eaux; et Alphidius l'appelle Eau des Philosophes Indiens, Babyloniens et Egyptiens. Sans cette Eau, par laquelle les Corps sont faits Esprits et r&eacute;duits &agrave; leur premi&egrave;re Nature ou Mati&egrave;re notre Pierre n'est jamais amend&eacute;e, la Blanche sans l'Eau blanche et la Rouge sans l'Eau rouge.</P> <P>Soit donc la Pierre Rouge abreuv&eacute;e de l'Eau Rouge, pour qu'enfin tant par longue D&eacute;coction ou Cuisson que par longue Imbibition ou continuel Abreuvement; elle soit fait rouge comme Sang Hyacinthe, Ecarlate, ou Rubis, et luisante comme un Charbon embras&eacute;, mis dans un lieu obscur. Et finalement que notre Pierre soit orn&eacute;e d'un Diad&egrave;me rouge. Ce qui fait dire &agrave; Diom&egrave;des : Votre Roi venant du Feu avec sa Femme, gardez-vous de les br&ucirc;ler par trop grand feu : Cuisez-les donc doucement, afin qu'ils soient faits premi&egrave;rement Noirs, apr&egrave;s Blancs, ensuite Citron et Rouge et finalement Venin teignant.</P> <P>Car, comme dit Aegistus, ces Choses doivent &ecirc;tre faites par division des Eaux. Je vous commande de ne mettre pas toute l'Eau ensemble, mais peu &agrave; peu et cuisez doucement jusqu'&agrave; ce que l'Oeuvre soit accompli.</P> <P>On voit par l&agrave; que la Pierre demeure rouge de vraie rougeur, lumineuse, claire et vive, fondante comme Cire, par la teinture de laquelle l'Argent-vif vulgaire et tous M&eacute;taux imparfaits peuvent &ecirc;tre teints et parfaits en tr&egrave;s vrai et tr&egrave;s bon Or beaucoup meilleur que celui des Mines. En quoi est accomplie cette pr&eacute;cieuse Pierre surmontant toute Pierre pr&eacute;cieuse laquelle est un tr&eacute;sor infini &agrave; la gloire de Dieu qui vit et r&egrave;gne &eacute;ternellement.</P> <P>&nbsp;</P> <B><P ALIGN="CENTER">Fin</P></B></BODY> </HTML> 
