<html>  	<head> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<title>Journal de bord - Dieppe</title> 		<meta name="generator" content="Adobe GoLive 4"> 		<meta name="Rsum" content="Journal de Bord : magazine municipal d'information"> 		<meta name="keywords" content="Journal de bord, Dieppe"> 	</head>  	<body text="white" link="#ccccff" vlink="#ccccff" bgcolor="#000066"> 		<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" bgcolor="white"> 			<tr> 				<td width="150" valign="top" bgcolor="#000066"><font color="black"> 					<table border="0" cellpadding="4" cellspacing="4" width="154"> 						<tr> 							<td bgcolor="#000099"><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="red" size="4"><b>Les dossiers de Quiquengrogne</b></font></td> 						</tr> 						<tr> 							<td bgcolor="#000099"><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="2" color="white"><b>Juillet 2000</b></font> 								<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="5" color="white"><b>Cinq casinos<br> 								pour Dieppe</b></font></p> 								<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="white"><b>Les jeux du para&icirc;tre et du hasard dans la ville baln&eacute;aire<br> 								<br> 								<img height="150" width="120" src="cas.jpg" border="0"><br> 								</b></font></td> 						</tr> 						<tr> 							<td bgcolor="#000099"><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="white"><b>Dieppe fin de si&egrave;cle :<br> 								le go&ucirc;t des autres</b></font></td> 						</tr> 						<tr> 							<td bgcolor="#000099"><a href="#Anchor-Une-49575"><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="white"><b>Une ville,<br> 								cinq casinos</b></font></a></td> 						</tr> 					</table> 					</font></td> 				<td valign="top" bgcolor="#000066"><font color="black"> 					<table border="0" cellpadding="4" cellspacing="4" bgcolor="white"> 						<tr> 							<td bgcolor="white"><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="5" color="#000066"><b>Dieppe fin de si&egrave;cle : le go&ucirc;t des autres<br> 								</b></font> 								<div align="left"> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2"><i><b>Par Ginette Poullet, du </b>service &eacute;ducatif du Ch&acirc;teau-Mus&eacute;e de Dieppe<b><br> 									</b></i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2"><i><b>&laquo; Les gens modestes dans leurs go&ucirc;ts, les amants de la solitude et du silence ne pourraient se plaire &agrave; Dieppe o&ugrave; la repr&eacute;sentation est de rigueur &raquo;</b></i><b>. Constat tr&egrave;s direct &eacute;voqu&eacute; dans une <i>Gazette des Bains</i> de juillet 1880, et l&#146;article de conclure qu&#146;il vaut mieux pour ces gens-l&agrave; s&eacute;journer &agrave; Pourville ou &agrave; Puys afin d&#146;y trouver le calme. Repr&eacute;sentation, tel sera le ma&icirc;tre mot des deux d&eacute;cennies suivantes dans la ville baln&eacute;aire.<br> 									</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">1880: la &#147;Season&#148; dieppoise bat son plein et <i>La Gazette des Bains</i>, quotidien du Casino poursuivra inlassablement sa mission de promotion des festivit&eacute;s de la station en offrant &agrave; travers une lecture l&eacute;g&egrave;re, les &eacute;chos de la capitale, le programme des attractions locales, une critique bienveillante des spectacles, rubriques de mode, d&#146;humour. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas1.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas1.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									<i>La Gazette</i> entretient ses lecteurs dans la certitude qu&#146;ils sont l&#146;&eacute;lite puisqu&#146;ils sont l&agrave; o&ugrave; il faut &ecirc;tre au moment o&ugrave; il faut y &ecirc;tre.<br> 									<br> 									<i>&laquo; C&#146;est avec plaisir que nous constatons que le s&eacute;jour &agrave; Dieppe pendant l&#146;&eacute;t&eacute; devient de plus en plus &agrave; la mode. L&#146;installation dans les &eacute;l&eacute;gants et confortables h&ocirc;tels de notre ville et la location des maisons garnies se font avec beaucoup d&#146;activit&eacute; et dans des conditions tr&egrave;s avantageuses. La saison 1880 s&#146;annonce bien. Ce n&#146;est plus seulement comme h&ocirc;tes temporaires que des &eacute;trangers de distinction viennent en vill&eacute;giature &agrave; Dieppe ; plusieurs ont pris leurs dispositions pour y &eacute;tablir des villas o&ugrave;, chaque ann&eacute;e, ils passeront la belle saison au bord de la mer &raquo;</i>. Ce passage nous &eacute;claire sur la g&eacute;ographie de la fr&eacute;quentation dieppoise villas, garnis, h&ocirc;tels. Dis-moi o&ugrave; tu s&eacute;journes et je te dirai qui tu es.<br> 									<b><br> 									</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black"><b>Le Grand Monde<br> 									</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">C&#146;est l&#146;aristocratie mondaine du faubourg Saint Germain, et par extension des beaux quartiers de l&#146;Ouest parisien. On dilapide sa fortune dans le faste des r&eacute;ceptions et des f&ecirc;tes. La soci&eacute;t&eacute; des princes et des princesses, ducs et duchesses survit selon les r&egrave;gles d&#146;une vie courtisane d&eacute;su&egrave;te o&ugrave; pr&eacute;side un code rigoureux de pr&eacute;s&eacute;ances, une hi&eacute;rarchie que nul ne saurait contester. Conscient de son rang bas&eacute; sur la fortune, les anc&ecirc;tres et le nom, il s&#146;agit de tenir sa position malgr&eacute; les rivalit&eacute;s intestines et de faire front &agrave; tout ce qui est inf&eacute;rieur en particulier la bourgeoisie, m&ecirc;me si de temps &agrave; autre le grand monde s&#146;aventure &agrave; flirter avec le demi- monde. La Princesse Elisabeth de Caraman Chimay, Comtesse de Greffulhe est la reine incontest&eacute;e du Faubourg et ses &eacute;ph&eacute;m&egrave;res rivales auront vite compris qu&#146;&agrave; vouloir &agrave; tout prix la supplanter, on se d&eacute;consid&egrave;re.<br> 									<br> 									Tr&egrave;s belle, tr&egrave;s riche, elle peut tout se permettre, en particulier d&eacute;cliner les invitations &agrave; d&icirc;ner &agrave; moins qu&#146;elles n&#146;&eacute;manent de l&#146;ambassade d&#146;Angleterre. Folle de sa beaut&eacute;, elle invitera plusieurs fois Nadar &agrave; fixer sa chute de reins pour la post&eacute;rit&eacute;. Elle eut aussi la vell&eacute;it&eacute; d&#146;&eacute;crire et de publier un livre c&eacute;l&eacute;brant sa personne : elle l&#146;&eacute;crivit, Edmond de Goncourt la dissuada de le diffuser ! Tante des de Breuil, vieux habitu&eacute;s de la vill&eacute;giature dieppoise, Elisabeth fr&eacute;quente elle aussi Dieppe. Elle a fait construire sa villa sur la falaise au-dessus des chalets du Bas Fort Blanc mettant ainsi une distance calcul&eacute;e entre elle et le monde. <i>La Case</i> est &agrave; l&#146;&eacute;poque une villa aussi mythique que sa propri&eacute;taire, prot&eacute;g&eacute;e par un grand jardin alternant massifs de fleurs et jets d&#146;eau. Les d&icirc;ners y furent sans doute tr&egrave;s priv&eacute;s, ponctu&eacute;s de traits d&#146;esprit bien parisiens et du c&eacute;l&egrave;bre rire cristallin de l&#146;h&ocirc;tesse qui pouvait se vanter de n&#146;inviter les hommes de science qu&#146;en proportion de un pour cent seulement, afin d&#146;&eacute;pargner l&#146;ennui &agrave; ses autres convives.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Si Elisabeth Greffulhe cultive l&#146;impertinence, son cousin germain Robert de Montesquiou d&eacute;veloppe l&#146;arrogance. S&#146;arrachant au Boulevard Saint Germain il daigne se montrer &agrave; Dieppe quelques jours durant l&#146;&eacute;t&eacute; ; le personnage a des pr&eacute;tentions po&eacute;tiques et esth&eacute;tiques : il invite les demoiselles de l&#146;Op&eacute;ra &agrave; venir danser sous les pins de Pourville les nuits de beau temps. Lui aussi est immens&eacute;ment riche et d&eacute;pense sa fortune sans compter, lui aussi se pose en ma&icirc;tre de la mode et arbitre du bon go&ucirc;t et d&#146;une &eacute;l&eacute;gance souvent tapageuse. D&#146;une susceptibilit&eacute; maladive, il rend sa fr&eacute;quentation p&eacute;rilleuse car, en outre, sa m&eacute;chancet&eacute; est proverbiale.<br> 									<br> 									Ancien ami de Jacques Emile Blanche, une fois brouill&eacute; avec lui, il n&#146;h&eacute;site pas &agrave; proclamer publiquement que sa peinture est un linol&eacute;um tout juste bon &agrave; &ecirc;tre gliss&eacute; sous un tub. Marcel Proust fit aussi les frais de ce caract&egrave;re impossible et leur relation alternera brouilles et r&eacute;conciliations. L&#146;inconditionnelle admiration de ce dernier pour Elisabeth Greffulhe permettra une fr&eacute;quentation plus sereine et elle fut l&#146;un des mod&egrave;les dont l&#146;&eacute;crivain s&#146;inspira pour camper la Duchesse de Guermantes. Quant &agrave; Edmond de Goncourt qui ne fit jamais l&#146;&eacute;conomie d&#146;une remarque assassine, son estime pour ces deux-l&agrave; &eacute;tait plut&ocirc;t limit&eacute;e : <i>&laquo; Une excentrique distingu&eacute;e que cette Greffulhe, elle m&#146;appara&icirc;t un peu comme une femelle du toqu&eacute; qui se nomme Montesquiou de Fezensac &raquo;</i>.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Cependant la vill&eacute;giature contraint &agrave; quelques &eacute;pisodes incontournables, qu&#146;une dame doit assumer avec gr&acirc;ce. <i>La Gazette des Bains</i> de 1893 rapporte toutes les manifestations et &#156;uvres de charit&eacute; qui d&eacute;douan&egrave;rent le beau monde cet &eacute;t&eacute;-l&agrave;. A l&#146;issue d&#146;une grand messe donn&eacute;e en l&#146;&eacute;glise St Jacques de Dieppe, la Comtesse Greffulhe figura parmi les qu&ecirc;teuses au profit des orphelins de Notre Dame des Flots. On vit aussi les semaines suivantes, nombre de messes avec qu&ecirc;tes, tournois de lawn-tennis, soir&eacute;es de gala, r&eacute;unions de charit&eacute; au profit des petits d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;s de la Ville. Cette pratique initi&eacute;e par la Duchesse de Berry avait travers&eacute; le si&egrave;cle et la charit&eacute; business pour soulager la bonne conscience des riches traversera encore le si&egrave;cle suivant dans les villes du bord de mer et ailleurs. Ainsi va le paradoxe de l&#146;aristocratie qui s&#146;entre d&eacute;chire par ses rivalit&eacute;s et ses clans, par la politique &#150; l&#146;affaire Dreyfus r&eacute;v&egrave;lera un profond clivage &#150;, mais qui garde une attitude solidaire de m&eacute;pris devant les nouveaux riches qui envahissent leurs lieux r&eacute;serv&eacute;s.<br> 									<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black"><b>Les rastaquou&egrave;res du Casino</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Ce m&ecirc;me &eacute;t&eacute; 1893, <i>La Gazette des Bains</i> &eacute;voque une terrasse du casino particuli&egrave;rement cosmopolite &agrave; l&#146;heure du th&eacute; ; pendant ce temps-l&agrave;, &agrave; l&#146;ombre des tentures de leurs salons d&#146;&eacute;t&eacute;, les aristocrates &eacute;pinglent <i>&#147;les rastaquou&egrave;res de l&#146;affreux casino mauresque&quot;</i>: le go&ucirc;t des autres. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas2.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas2.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									Rastaquou&egrave;re, on imagine que ce mot-l&agrave; devait rouler dans les gorges aristocratiques avec un d&eacute;licieux m&eacute;pris. Ce n&eacute;ologisme fit fureur dans les ann&eacute;es quatre-vingts. Avatar du commerce international, il d&eacute;signe &agrave; l&#146;origine un &#147;tra&icirc;ne cuir&#148;, c&#146;est &agrave; dire un sud-am&eacute;ricain ayant fait fortune par l&#146;&eacute;levage. Ensuite, il sera tout simplement question d&#146;un nouveau riche venu d&#146;ailleurs, parce qu&#146;il faut bien mettre des mots sur la x&eacute;nophobie. On se gargarise de rastaquou&egrave;re pour d&eacute;noncer la vulgarit&eacute; d&#146;un aventurier au pass&eacute; douteux, fra&icirc;chement fortun&eacute; et d&eacute;cid&eacute; &agrave; s&#146;offrir&#133; tout ! Dans l&#146;op&eacute;rette <i>La Vie Parisienne</i>, Offenbach met en sc&egrave;ne d&egrave;s 1866 un rastaquou&egrave;re avant la lettre &agrave; travers le personnage du br&eacute;silien &laquo;<i> qui a de l&#146;or et qui arrive de Rio de Janeiro &raquo;</i> pour se faire plumer par les courtisanes de Paris. Gageons que ceux de la g&eacute;n&eacute;ration suivante seront moins pigeons dans la jungle du &#147;Gai-Paris&quot;!</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">En 1880, l&#146;Argentine s&#146;ouvre &agrave; l&#146;immigration europ&eacute;enne : la pampa et son &eacute;levage extensif est &agrave; port&eacute;e de lasso ; c&#146;est l&#146;oligarchie des propri&eacute;taires fonciers et des n&eacute;gociants, des fortunes s&#146;&eacute;chafaudent sur le b&eacute;tail, &ccedil;a tombe bien, d&egrave;s 1871, Charles Tellier met au point un syst&egrave;me de r&eacute;frig&eacute;ration pour denr&eacute;es p&eacute;rissables sur les bateaux transatlantiques qui assurent la liaison Buenos-Aires&#150;Rouen. Des n&eacute;gociants d&#146;un nouveau genre viennent apporter leur touche exotique dans les lieux de plaisir, &agrave; Paris, mais aussi certainement sur la c&ocirc;te normande.<br> 									<br> 									<i>La Gazette des Bains</i> consigne avec un soin particulier la liste des &eacute;trangers de marque fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute;s &agrave; Dieppe dans les villas, les h&ocirc;tels et les yachts du bassin B&eacute;rigny. Un &eacute;tranger est celui qui ne r&eacute;side pas &agrave; l&#146;ann&eacute;e dans la ville, ainsi la soci&eacute;t&eacute; parisienne, une partie de la colonie anglaise, ceux qui sont bien n&eacute;s et puis les autres aux origines impr&eacute;cises, ceux qui ont r&eacute;ussi dans le commerce la finance, la politique, ceux-l&agrave; m&ecirc;mes qui ne peuvent supporter l&#146;&eacute;loignement de la capitale, et qui auront toujours des affaires en cours, un conseil d&#146;administration, une ma&icirc;tresse pour laisser femme et enfants au bon air de la mer. On se divertit, la place mondaine est suffisamment circonscrite pour que l&#146;on y fasse des rencontres, que l&#146;on se frotte &agrave; un monde qui n&#146;est pas tout &agrave; fait le sien au fil des attractions qui rythment la journ&eacute;e&#133; mais toujours voir et &ecirc;tre vu(e).<br> 									<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black"><b>Une folle journ&eacute;e &agrave; tuer le temps !</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">D&egrave;s le matin, la plage s&#146;anime : <i>&laquo; Le man&egrave;ge Pellier qui depuis de longues ann&eacute;es a une succursale &agrave; Dieppe est install&eacute; cette ann&eacute;e encore pr&egrave;s des grands chalets du Bas Fort Blanc. Il n&#146;est pas de sportmen accomplis qui ne fr&eacute;quentent cet &eacute;tablissement d&#146;o&ugrave; sortent chaque jour des gentlemen rider et de gracieuses amazones. C&#146;est aussi le cours de danse de Monsieur et Madame Paul, le compl&eacute;ment n&eacute;cessaire des attractions qu&#146;offrent aux touristes notre plage et notre casino&raquo;</i>. <i>La Gazette des Bains</i> du 09-08-1893.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Si <i>La Gazette</i> associe pertinemment attractions et tourisme, c&#146;est que de ce c&ocirc;t&eacute; de la plage, la vill&eacute;giature n&#146;est plus ce qu&#146;elle &eacute;tait. Face &agrave; un monde passif, assis devant la mer, sous les bancs couverts ou retranch&eacute; dans sa villa, en &eacute;merge un autre, actif, sportif, qui profite des plaisirs qui lui sont offerts. Promenades &agrave; cheval chez Pellier o&ugrave; les premi&egrave;res femmes en jupes courtes et pantalons scandalisent, lawn tennis import&eacute; &agrave; Dieppe par la colonie anglaise : il se pratique autour du casino. Les joueurs s&#146;habillent de v&ecirc;tement clairs et souples pour favoriser le mouvement. Les silhouettes f&eacute;minines vont s&#146;affranchir peu &agrave; peu de la dictature du grand corset, pour un plus petit &#147;en cuirasse&quot;, on se lib&egrave;re aussi de la cheville couverte et de la soie fonc&eacute;e. Chaque distraction, chaque sport demande une tenue adapt&eacute;e : gabardine imperm&eacute;abilis&eacute;e de chez <i>Burberry</i> pour le riding-coat, tailleur de chez <i>Redfern</i>, le textile anglais mise sur le sport-chic.<br> 									<br> 									Les jeunes filles chlorotiques assises &agrave; l&#146;ombre, le regard tourn&eacute; vers l&#146;horizon et perdu dans des pens&eacute;es romantiques sont d&eacute;pass&eacute;es par de t&eacute;m&eacute;raires &#147;cyclewomen&#148; en knicker bocker, laissant par m&eacute;garde les ardeurs du soleil bistrer leur teint. Images fin de si&egrave;cle, apparemment contradictoires, et s&#146;il s&#146;agissait de la m&ecirc;me femme &agrave; un moment diff&eacute;rent de la saison, de la journ&eacute;e, de son humeur ? L&#146;ambigu&iuml;t&eacute; n&#146;&eacute;tant pas le moindre des traits de caract&egrave;re dans ces cohortes de femmes tant&ocirc;t ch&egrave;res aux h&eacute;ros de Huysmans, tant&ocirc;t saphiques &#147;jeunes filles de l&#146;avenir&#148; chez Pierre Lou&yuml;s sans oublier Albertine, embl&eacute;matique jeune fille en fleur de Proust.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">La journ&eacute;e mondaine se poursuit selon ses codes et ses conventions. Pour les uns, le plus grand snobisme est de refuser toute ostentation qui serait une faute de go&ucirc;t.<br> 									Le v&ecirc;tement de circonstance est banni et selon la sacro-sainte convenance, l&#146;on jouera au golf engonc&eacute;e dans de la soie gorge de pigeon. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas3.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas3.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									Pour les autres, la tenue claire est de mise dans la journ&eacute;e : toile, linon, lin blanc ou &eacute;cru bord&eacute; de bleu marine en bandes parall&egrave;les, les revers de cols ou de manches s'ornent d&#146;ancres rouges ou bleues vendues par douzaines dans les meilleures merceries de la Grande Rue.<br> 									<br> 									De telles couleurs, des mati&egrave;res comme la flanelle ou le jersey de coton autrefois r&eacute;serv&eacute; aux sous-v&ecirc;tements heurtent <i>&laquo; une &eacute;toffe si souple et blanch&acirc;tre comme je n&#146;aurais jamais cru qu&#146;un homme e&ucirc;t os&eacute; en porter&raquo;</i> M. Proust : <i>A l&#146;ombre des jeunes filles en fleur</i>. Au bain, la tenue &eacute;volue et la laine sombre du pantalon et de la robe fait place &agrave; un v&ecirc;tement de flanelle, puis de coton, qui, mouill&eacute;, souligne les formes.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Chaque activit&eacute; de la journ&eacute;e appelle une toilette diff&eacute;rente : d&eacute;jeuner, concert d&egrave;s 10 h 30 sur la terrasse du casino si le temps le permet. A 15 h 30, deux fois par semaine, le bal des enfants anim&eacute; par Monsieur et Madame Paul, et son motivant go&ucirc;ter de brioches&#133; Concert &agrave; nouveau dans l&#146;apr&egrave;s-midi &agrave; l&#146;heure du th&eacute;. Enfin &agrave; 20 h 30, les femmes retrouveront les couleurs festives des soir&eacute;es parisiennes : jupons vert ortie, bleu polaire ou violet &eacute;v&ecirc;que, et les messieurs, l&#146;habit sombre&#133; &agrave; moins que l&#146;un d&#146;entre eux ne souhait&acirc;t par le pantalon clair afficher un certain go&ucirc;t pour les dandysme.<br> 									<br> 									Les soir&eacute;es se suivent et alternent les concerts toujours tr&egrave;s pris&eacute;s : extraits de Rossini, Nedermeyer, Hasselman, Bizet, Gounod. Le grand &acirc;ge d&#146;or de l&#146;op&eacute;rette est r&eacute;volu : Offenbach a eu son heure de gloire pendant le Second Empire, lui ont succ&eacute;d&eacute; dans le genre, Lecocq puis Messager ; les librettistes Meilhac et Hal&eacute;vy ont travers&eacute; cette seconde moiti&eacute; de si&egrave;cle. Cependant, le genre pla&icirc;t beaucoup au public fervent spectateurs de ces histoires d&#146;amourettes, de quiproquos et refrains martiaux. La saison parisienne reprend inlassablement les &#156;uvres du r&eacute;pertoire et la saison baln&eacute;aire reprend ces reprises&#133; Les airs sont sur toutes les l&egrave;vres. Les com&eacute;diens s&#146;installent pour une partie de la saison et m&ecirc;lent leur art aux mondanit&eacute;s du bord de mer. La com&eacute;dienne Jane Hading, les Coquelins et m&ecirc;me la grande R&eacute;jane honoreront la ville de leur talent &agrave; la mode. On joue les succ&egrave;s de l&#146;hiver pr&eacute;c&eacute;dent au th&eacute;&acirc;tre du Gymnase : Labiche, Sardou, feuillet, Lemaire&#133;<br> 									<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black"><b>Blanche, Renoir, Whistler et les autres,<br> 									en attendant le Ballet Russe</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Il serait na&iuml;f de pr&eacute;tendre t&eacute;moigner en quelques lignes de la richesse des fr&eacute;quentations des habitants de la rue de la Gr&egrave;ve. Cette rue prolonge le p&eacute;rim&egrave;tre mondain de la plage vers l&#146;Ouest jusque sous les falaises du Bas Fort Blanc. Depuis 1879, de luxueux chalets dans le style anglo-normand abritent ce que l&#146;on pourrait appeler la colonie des artistes. Seule la villa Olga fait exception. Elle &eacute;tait habit&eacute;e par la Duchesse Caracciolo aux m&#156;urs peu recommandables. Olga &eacute;tait le nom de sa charmante fille et le myst&egrave;re de sa naissance alimenta plus d&#146;une conversation de la colonie anglaise : Olga &eacute;tait-elle la filleule du Prince de Galles ou plut&ocirc;t sa fille naturelle ?<br> 									<br> 									Ce qui justifierait assez les fr&eacute;quentes et secr&egrave;tes visites du monarque dans la propri&eacute;t&eacute;. Un parfum de scandale qui &eacute;loignait les m&egrave;res bien pensantes. Les familles Blanche, Hal&eacute;vy, de Broutelles vivaient au pied de la falaise dans une chaleureuse convivialit&eacute; &eacute;maill&eacute;e par les visites des uns et les s&eacute;jours des autres : peintres, musiciens. Madame Blanche offrait une hospitalit&eacute; vigilante : Walter Sickert descendait de Neuville avec sa boite de couleurs, Renoir arpentait la falaise et venait semer un d&eacute;sordre h&eacute;rit&eacute; de l&#146;&eacute;poque Fournaise dans l&#146;atelier du Bas Fort Blanc, Helleu pr&eacute;parait ses blancs et ses gris d&#146;argent pour restituer au littoral sa lumi&egrave;re d&#146;alb&acirc;tre et ses jeunes filles &eacute;vanescentes quelquefois.<br> 									<br> 									Les bavardages de George Moore s&#146;avan&ccedil;aient tard dans la nuit. La &#147;g&eacute;n&eacute;ration wagn&eacute;rienne&#148; pr&eacute;parait un &#147;p&egrave;lerinage &agrave; Bayreuth&quot;&#133; Une retraite dor&eacute;e sans l&#146;&acirc;pret&eacute; des contraintes de la vie d&#146;artiste : on &eacute;tait dans la haute bourgeoisie&#133;<i>&laquo; Quand mon p&egrave;re pouvait se d&eacute;gager de Paris, prendre trois jours de vacances, le chapeau haut de forme, la redingote du Dr Blanche &eacute;tant signal&eacute;s, il y avait encore plus grand concours de visiteurs [&#133;]. Nuits de Dieppe ! Premiers fr&eacute;missements de Marcel Proust, furtif pr&eacute;lude aux saisons de Balbec, la po&eacute;sie dont nous vous avons charg&eacute;es&#133; Les bacchantes, suite de valses par Corbin le cornettiste, cette m&eacute;lodie d&#146;esp&eacute;rance sensuelle, issue des flonflons du bal, s&#146;&eacute;teint et se ranime, s&#146;ach&egrave;ve en m&eacute;lancolique adieu &agrave; ces f&ecirc;tes br&egrave;ves, parmi le bruit m&eacute;tallique des petits chevaux et du baccara, le ronflement des vagues.<br> 									<br> 									Le Bar de Pepette, sandwichs, cocktails, la rang&eacute;e des tentes endormies sur le galet, o&ugrave; disparaissent des silhouettes reconnues &agrave; la couleur d&#146;une &eacute;charpe ; des parents appellent la fugitive, M. l&#146;Inspecteur lance des employ&eacute;s sur ses traces. Minuit, l&#146;on rentre ! [&#133;] C&#146;est l&#146;heure des tavernes &agrave; matelots, Sickert taille ses crayons, Beardsley grelottant et Conder ivre r&ocirc;dant par les ruelles autour de l&#146;&eacute;glise St Jacques, Claude Debussy guette sous la fen&ecirc;tre d&#146;une dame aux yeux verts. Demain matin, rendez-vous sur l&#146;estacade. [&#133;] Helleu efface une &eacute;tude, essuie ses mains maigres pour tracer &agrave; la pointe s&egrave;che la silhouette de la Comtesse Greffulhe. Voici la resplendissante Jane Hading et &#147;son auteur&#148; Georges Ohnet. Arthur Meyer en chaussettes mauves sort de l&#146;hydroth&eacute;rapie, cause avec Madeleine Lemaire. Les breaks de la villa La Case attendent devant les grilles du casino avec la daumont de la Baronne de Poilly &raquo;</i>. (Jacques Emile Blanche, portrait- souvenirs)</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Fin de si&egrave;cle ou avant si&egrave;cle ? Autour de 1900, les clivages sociaux &#150; bourgeoisie et aristocratie &#150; s&#146;&eacute;rodent sur la place de Dieppe, c&#146;est que les valeurs &eacute;voluent et la richesse r&eacute;cemment acquise trouve gr&acirc;ce aupr&egrave;s des nobles dans la douceur de la d&eacute;tente baln&eacute;aire. Et puis Serge de Diaghilev ouvrira l&#146;horizon en 1906 en projetant des saisons russes &agrave; Paris. Jacques-Emile Blanche et des m&eacute;c&egrave;nes comme la Comtesse Greffulhe seront dans son sillage. Puis ce sera le Ballet Russe tel que les habitants de Saint Petersbourg pouvaient le voir. Les parisiens, public exigeant s&#146;il en est, s&eacute;duits et m&eacute;dus&eacute;s devant les chor&eacute;graphies de Fokines et le d&eacute;cors de Bakst assist&egrave;rent au basculement d&#146;un monde, &agrave; la naissance d&#146;une nouvelle esth&eacute;tique satur&eacute;e d&#146;exotisme et de couleurs stridentes. Le xixe si&egrave;cle, cette id&eacute;e de fin de si&egrave;cle qui n&#146;en finissait pas de mourir s&#146;acheva sans doute r&eacute;ellement au tournant des ann&eacute;es 1906-1910 dans cette somptueuse explosion.<br> 									<br> 									<br> 									</font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2"><b>Archives consult&eacute;es :</b></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2"><br> 									<br> 									-<i>La Gazette des Bains</i>: 1880, 1885, 1893.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2">-<i>Femmes fin de si&egrave;cle 1885- 1895</i>, Mus&eacute;e de la Mode et du Costume.- Palais Galliera.Editions Paris Mus&eacute;es, 1990.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2">-Proust, Marcel. <i>A l'ombre des jeunes filles en fleur, in: La recherche du temps perdu</i>; Editions Gallimard, collection La Pl&eacute;iade,1987.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2">-Ottaviani Isabelle, Poulain Philippe: <i>Le Paris de Marcel Proust</i>, collection Mus&eacute;es de Paris, Mus&eacute;e Carnavalet:: 1996.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2">-Juin, Hubert (pr&eacute;face de) <i>La Parisienne. Les &eacute;l&eacute;gantes, les c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s et les petites femmes 1880-1914</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2">-Comtesse de Pange: <i>&quot;Comment j'ai vu Dieppe en 1900&quot;</i>; Grasset, 1962.</font></div> 							</td> 						</tr> 						<tr> 							<td></td> 						</tr> 						<tr> 							<td><a name="Anchor-Une-49575"></a><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="5" color="#000066"><b>Une ville, cinq casinos<br> 								</b></font> 								<div align="left"> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="2"><b>Par Ana&iuml;s Kot et <i>Laurent Gaillard, </i></b><i>architecte, directeur du service Urbanisme de la Ville de Dieppe</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="5"><b>1822-1856</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">En 1822, la premi&egrave;re Soci&eacute;t&eacute; Anonyme des Bains de mer de Dieppe voit le jour gr&acirc;ce aux efforts du comte de Brancas, sous-pr&eacute;fet de la ville. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas4.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas4.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									Celui-ci, consid&eacute;rant que l&#146;Etablissement des Bains de M. de Paris ne pr&eacute;sentait pas tout le luxe et le confort n&eacute;cessaire &agrave; la nouvelle client&egrave;le aristocratique, d&eacute;cida en effet <i>&laquo; de fonder une soci&eacute;t&eacute; par action de 500 francs compos&eacute;e de personnes les plus honorables et dont l&#146;unique but &eacute;tait de faciliter un &eacute;tablissement utile et agr&eacute;able, tant pour les personnes dont la sant&eacute; a fait des bains de mer un besoin que pour l&#146;ornement et l&#146;avantage de la ville &raquo;</i>.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Un luxueux Etablissement des Bains de mer est donc &eacute;difi&eacute; en 1822. Pour le financer, la Soci&eacute;t&eacute; Anonyme de l&#146;Etablissement des Bains de mer de la ville de Dieppe met en vente 400 actions de 500 francs. Ce nouveau complexe baln&eacute;aire ouvre ses portes le 1er mai 1822, il est con&ccedil;u par l&#146;architecte Pierre Ch&acirc;telain. Cet &eacute;tablissement entour&eacute; d&#146;un jardin, appel&eacute; le &laquo;Nouvel &eacute;tablissement&raquo;, peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le premier Casino de Dieppe. On y trouve en effet d&eacute;j&agrave; des jeux, dont une salle destin&eacute;e au billard et une seconde r&eacute;serv&eacute;e aux adeptes des cartes, des &eacute;checs, des dames, etc... La disposition des pi&egrave;ces y est telle que l&#146;on profite &agrave; la fois du spectacle de la mer et du jardin &agrave; l&#146;anglaise. Cette architecture, r&eacute;solument tourn&eacute;e vers la mer, est incontestablement un fait nouveau pour l&#146;&eacute;poque.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">La venue &agrave; Dieppe en a&ocirc;ut de Marie-Caroline, duchesse de Berry, va &ecirc;tre d&eacute;terminante pour l&#146;avenir du tourisme baln&eacute;aire dans la ville. C&#146;est en effet elle qui, accompagn&eacute;e de ses dames d&#146;honneur et d&#146;une grande partie de sa cour, va lancer &agrave; Dieppe la grande mode des bains de mer. Elle y reviendra chaque ann&eacute;e de 1824 &agrave; 1829, six semaines environ. En son honneur, la Soci&eacute;t&eacute; Anonyme des Bains de mer de Dieppe fut rebaptis&eacute;e la Soci&eacute;t&eacute; des Bains Caroline. Avec la duchesse de Berry, Dieppe devient tr&egrave;s vite la plage &agrave; la mode. La saison des bains se caract&eacute;rise par une intense vie culturelle : en 1824, &agrave; l&#146;occasion de la venue de la duchesse, la Ville de Dieppe transforme l&#146;ancienne chapelle du Couvent des Minimes en salle de spectacles; un th&eacute;&acirc;tre est m&ecirc;me construit en 1826 (le petit th&eacute;&acirc;tre).</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099"><i><b>1822-1839 &#147;LES BAINS CAROLINE&#148;</b></i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2"><i><br> 									</i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099" size="2"><i>C&#146;est la pleine p&eacute;riode n&eacute;o-classique, sym&eacute;trie, r&eacute;gularit&eacute; de la trame, utilisation des ordres classiques pour marquer les entr&eacute;es des pavillons par des galeries &agrave; colonnes. Une rigueur toute militaire organise cet &eacute;tablissement de bains de mer. On notera que dans cette architecture inspir&eacute;e de l&#146;antiquit&eacute;, on recherche l&#146;effet d&#146;emphase maximum, par une longueur de fa&ccedil;ade impressionnante (300 pieds) m&ecirc;me s&#146;il y a beaucoup de vide derri&egrave;re ce d&eacute;corum et si les b&acirc;timents sont de faible hauteur. Les horizontales dominent, les pavillons sont surmont&eacute;s d&#146;un entablement monumental masquant les toitures soit plates, soit &agrave; faibles pentes. A la m&ecirc;me &eacute;poque, on construit La Madeleine &agrave; Paris et un peu plus pr&egrave;s, la Gare de Dieppe.</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="5"><b>1857-1886</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">La mode des bains de mer conna&icirc;t un nouvel essor gr&acirc;ce au d&eacute;veloppement du chemin de fer; les travaux de la ligne Dieppe-Rouen sont achev&eacute;s en 1848. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas6.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas6.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									La Compagne de l&#146;Ouest favorise l&#146;&eacute;mergence des trains de plaisir, destin&eacute;s exclusivement aux riches vacanciers parisiens, c&#146;est donc tout naturellement qu&#146;en 1857 on ach&egrave;ve la construction d&#146;un tout nouveau casino, d&#146;apr&egrave;s les plans de l&#146;architecte Lehmann. D&eacute;crit par ses contemporains comme &laquo; un v&eacute;ritable palais de fonte et de verre &raquo;, Ce second casino, celui du second Empire et des d&eacute;buts de la troisi&egrave;me R&eacute;publique, marque la p&eacute;riode faste des bains de mer sur les &laquo;grandes&raquo; plages normandes. La saison venue, l&#146;ensemble de la haute soci&eacute;t&eacute; parisienne et &eacute;trang&egrave;re se presse sur les plages. Parall&egrave;lement, les activit&eacute;s baln&eacute;aires se diversifient, &agrave; Dieppe comme dans toutes les autres stations baln&eacute;aires de Normandie. L&#146;hippodrome, le th&eacute;&acirc;tre et surtout le Casino deviennent les centres de cette vieestivale. Au sein de ce dernier, les salons de conversation et de lecture se multiplient; la salle des f&ecirc;tes, &agrave; l&#146;origine polyvalente, fait place &agrave; des salles de bal et de concerts. Un gymnase est am&eacute;nag&eacute; d&egrave;s 1878. Enfin, le nouveau Casino comporte une salle r&eacute;serv&eacute;e au cercle de baccara dans le pavillon de droite. Le Casino devient ainsi le centre de plaisirs multiples n&#146;ayant que peu de rapports directs avec la mer et les bains.<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099"><i><b>1857-1886 LE SECOND CASINO DE DIEPPE</b></i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2"><i><br> 									</i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099" size="2"><i>C&#146;est la pleine p&eacute;riode n&eacute;o-classique, sym&eacute;trie, r&eacute;gularit&eacute; de la trame, utilisation des ordres classiques pour marquer les entr&eacute;es des pavillons par des galeries &agrave; colonnes. Une rigueur toute militaire organise cet &eacute;tablissement de bains de mer. On notera que dans cette architecture inspir&eacute;e de l&#146;antiquit&eacute;, on recherche l&#146;effet d&#146;emphase maximum, par une longueur de fa&ccedil;ade impressionnante (300 pieds) m&ecirc;me s&#146;il y a beaucoup de vide derri&egrave;re ce d&eacute;corum et si les b&acirc;timents sont de faible hauteur. Les horizontales dominent, les pavillons sont surmont&eacute;s d&#146;un entablement monumental masquant les toitures soit plates, soit &agrave; faibles pentes. A la m&ecirc;me &eacute;poque, on construit La Madeleine &agrave; Paris et un peu plus pr&egrave;s, la Gare de Dieppe.</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="5"><b>1886-1926</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">En 1886, le bail du Casino est conc&eacute;d&eacute; &agrave; M. Isidore Bloch, sous r&eacute;serve que celui-ci s&#146;engage &agrave; accomplir un certain nombre de travaux : 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas7.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas7.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									<br> 									- restauration de l&#146;Etablissement des Bains chauds<br> 									- construction d&#146;un nouveau Casino<br> 									- installation d&#146;un caf&eacute;-restaurant dans ce Casino<br> 									- restauration du th&eacute;&acirc;tre de la ville<br> 									- agrandissement des jardins du Casino, cr&eacute;ation d&#146;un promenoir sur la terrasse et d&#146;un kiosque<br> 									- reconstruction du Bazar<br> 									Le nouveau Casino est inaugur&eacute; d&egrave;s l&#146;&eacute;t&eacute; 1886. De style mauresque, il s&#146;appuie sur l&#146;ancienb&acirc;timent central, flanqu&eacute; de quatre tours carr&eacute;es et de deux ailes. Il abrite une immense salle des f&ecirc;tes de 500 m2.<br> 									<br> 									L&#146;architecte Durville lui donna le style oriental qui faisait alors fureur. Pour faciliter les bains, une estacade de bois de trois &eacute;tages descend de la promenade &agrave; la mer. Toutes les anciennes constructions existant &agrave; gauche du Casino ont fait place &agrave; de vastes pelouses. Du c&ocirc;t&eacute; droit, le jardin a &eacute;t&eacute; consid&eacute;rablement agrandi; il occupe ainsi une surface de 7 hectares et s&#146;&eacute;tend sur une longueur de plus de 400 m. Ce Casino est celui de la Belle Epoque. De nombreuse personnes de renom, des artistes (Renoir, Monet, Gauguin, etc...) des &eacute;crivains, des musiciens fr&eacute;quentent alors la plage.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">En 1895, les Domaines et le G&eacute;nie vendent les terrains de la plage &agrave; la Ville de Dieppe qui yentreprend des travaux d&#146;embellissement et &eacute;largit le boulevard Aguado. En 1897, sur la falaise de l&#146;ouest, est ouvert un des premiers golfs de France. En juillet 1900, une nouvelle gare maritime est mise en service pour un meilleur accueil des touristes britanniques. En 1901, la Ville entreprend la construction d&#146;un boulevard maritime et d&#146;une digue promenade qui longent les galets, de la jet&eacute;e &agrave; la falaise ouest.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">La premi&egrave;re guerre mondiale va brusquement interrompre l&#146;activit&eacute; de la station. Le Casino ferme ses portes et est fransform&eacute; en h&ocirc;pital. Apr&egrave;s 1918, Dieppe peine &agrave; retrouver sa prosp&eacute;rit&eacute; du demi-si&egrave;cle pass&eacute;. Ce n&#146;est qu&#146;en 1920 que la saison va reprendre petit &agrave; petit. Le 21 janvier 1925, la commune de Dieppe est &eacute;rig&eacute;e en station climatique par d&eacute;cret. Un Chambre d&#146;Industrie Climatique, compos&eacute;e de m&eacute;decins, d&#146;h&ocirc;teliers, decommer&ccedil;ants et de membres des associations et syndicats constitu&eacute;s en vue du d&eacute;veloppement de la station, est alors cr&eacute;&eacute;e. La m&ecirc;me ann&eacute;e, le Casino de style mauresque, bien que peu endommag&eacute; par la guerre, appara&icirc;t d&eacute;finitivement d&eacute;pass&eacute;, quand l&#146;Exposition des Arts d&eacute;coratifs d&eacute;clenche la premi&egrave;re offensive de l&#146;art moderne.<br> 									<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099"><i><b>1886-1926 LE CASINO MAURESQUE<br> 									</b></i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2"><i><br> 									</i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099" size="2"><i>C&#146;est l&#146;apoth&eacute;ose. Tout le b&acirc;timent s&#146;&eacute;tale sur plusieurs niveaux, en gardant toujours la m&ecirc;me composition, mais en s&#146;&eacute;levant &agrave; une hauteur vertigineuse. La ma&icirc;trise de l&#146;acier dans la construction bat son plein rappelons que sa construction fut contemporaine de celle de la Tour Eiffel &agrave; quelques ann&eacute;es pr&egrave;s. Le m&eacute;lange de styles est impressionnant, m&ecirc;me si le plan est toujours acad&eacute;mique, on trouve dans les fa&ccedil;ades des influences qui remontent &agrave; la renaissance italienne (soubassement massif, horizontales bicolores&#133;), et qui passent par le n&eacute;o-gothique. Tous les palais du monde se retrouvent dans cet amalgame formel qui va jusqu&#146;&agrave; pasticher un style oriental &agrave; la mode. C&#146;est aussi la grande &eacute;poque coloniale, le brassage des influences est constant.<br> 									L&#146;exub&eacute;rance ext&eacute;rieure se prolonge &agrave; l&#146;int&eacute;rieur par une richesse extr&ecirc;me du d&eacute;cor et des staffs. Les prouesses de la technique permettent de r&eacute;aliser de tr&egrave;s vastes salles de concert, de jeux, de restaurant, etc. Finalement, ce n&#146;est que par les d&eacute;tails architecturaux de ses tours que le surnom de &#147;Mauresque&#147; lui est venu, quelques arcs outrepass&eacute;s et quelques toitures &eacute;vocatrices &agrave; la taille resserr&eacute;e et le &#147;tour&#147; est jou&eacute; !<br> 									</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="5"><b>1926-1942</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">En 1926, Dieppe d&eacute;cide de mettre ses &eacute;quipements au go&ucirc;t du jour et de construire un nouvel ensemble baln&eacute;aire. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas8.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas8.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									Parall&egrave;lement, elle choisit d&#146;affermer le Casino au groupe Alexandre Bloch, qui en est le Pr&eacute;sident administrateur g&eacute;n&eacute;ral (le bail d&#146;Isidore Bloch, renouvel&eacute; en 1900, arrivait &agrave; expiration le 30 septembre 1926).</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Le projet initial est &eacute;tabli par les architectes Lechevallier et Chevignard. En f&eacute;vrier 1928, la municipalit&eacute; s&#146;&eacute;meut du retard apport&eacute; dans les travaux et de nouveaux plans sont &eacute;labor&eacute;s par M. Jourde architecte. Apr&egrave;s la faillite de la Soci&eacute;t&eacute; du Casino en 1931, la Ville se voit contrainte de proc&eacute;der elle-m&ecirc;me aux frais des travaux d&#146;ach&egrave;vement, tout en obligeant la soci&eacute;t&eacute; (devenue la &laquo;nouvelle&raquo;Soci&eacute;t&eacute; Anonyme des Stations Baln&eacute;aires de la Manche) &agrave; lui rembourser int&eacute;gralement la somme d&eacute;pens&eacute;e. La Ville entreprend donc des travaux de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;, en particulier l&#146;am&eacute;nagement de l&#146;Etablissement des Bains de mer et la r&eacute;fection compl&egrave;te de l&#146;aile gauche du Casino.<br> 									<br> 									Ainsi, c&#146;est par tranches successives que l&#146;op&eacute;ration de rajeunissement s&#146;effectue de novembre 1926 &agrave; juin 1932. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas9.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas9.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									Outre son architecture r&eacute;solument moderne le nouvel ensemble voit ses jardins remplac&eacute;s par une galerie marchande s&#146;&eacute;tendant en quart de cercle de part et d&#146;autre de l&#146;entr&eacute;e. Dans les ann&eacute;es 1930, le tourisme baln&eacute;aire &agrave; Dieppe est relanc&eacute; avec la cr&eacute;ation des cong&eacute;s pay&eacute;s et l&#146;acc&egrave;s aux vacances d&#146;une client&egrave;le plus modeste. La seconde guerre mondiale va stopper net la vie du nouveau Casino. D&egrave;s les d&eacute;buts de la guerre, il est transform&eacute; en h&ocirc;pital militaire britannique, puis d&egrave;s leur arriv&eacute;e, les allemands commencent &agrave; le faire sauter &agrave; la dynamite, car il constitue une g&ecirc;ne pour les tirs en mer. Lors du raid 19 ao&ucirc;t 1942, les b&acirc;timents servent d&#146;abri aux soldats canadiens, le 21 ao&ucirc;t les Allemands le d&eacute;truisent d&eacute;finitivement.<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099"><i><b>1932-1939 LE QUATRIEME CASINO<br> 									</b></i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2"><i><br> 									</i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099" size="2"><i>Le casino dit &#147;Mauresque&#147; a v&eacute;cu. La vague de l&#146;hygi&eacute;nisme, de la fonctionnalit&eacute; et du modernisme l&#146;emporte sur les dorures et les extravagances n&eacute;o-orientales. A l&#146;aube du mouvement moderne et du Bauhaus, on revient &agrave; un style &eacute;pur&eacute;, plus sobre, mais toujours sur le m&ecirc;me plan de composition de base, acad&eacute;mique. Un p&eacute;ristyle monumental orne les deux ailes entourant l&#146;entr&eacute;e. L&#146;effet de palace, inspir&eacute; des plus belles places romaines (St Pierre de Rome), est recherch&eacute; par cet ordonnancement de colonnes &agrave; la courbe g&eacute;n&eacute;reuse et accueillante. On y trouve une galerie marchande &agrave; l&#146;abri des vents de mer et expos&eacute;e au sud : l&#146;id&eacute;e n&#146;est pas d&eacute;pourvue d&#146;int&eacute;r&ecirc;t, m&ecirc;me s&#146;il faut rappeler qu&#146;on a r&eacute;utilis&eacute; certaines parties de l&#146;ancien casino, comme les tours, et que mis &agrave; part le p&eacute;ristyle de l&#146;entr&eacute;e, l&#146;aspect g&eacute;n&eacute;ral du b&acirc;timent est relativement m&eacute;diocre. Il rel&egrave;ve plus de la modification par ajouts successifs que d&#146;un r&eacute;el projet d&#146;ensemble.<br> 									On notera quand m&ecirc;me le contraste et le d&eacute;pouillement saisissant par rapport au pr&eacute;c&eacute;dent casino. Il est presque regrettable que le &#147;mauresque&#147; ait dur&eacute; si longtemps (40 ans) et que nous n&#146;ayons pas eu un casino art nouveau &agrave; la fa&ccedil;on d&#146;un Gaudi ou d&#146;un Hector Guimard, cela eut &eacute;t&eacute; une r&eacute;f&eacute;rence.<br> 									L&#146;exposition universelle de 1925, marqu&eacute;e par le style art d&eacute;co va certainement influencer cette volont&eacute; de changement et de d&eacute;pouillement. Mais on peut reconna&icirc;tre dans ce casino les tendances de ce que l&#146;on appellera plus tard le style des ann&eacute;es trente : la pr&eacute;dominance des toitures terrasses est l&agrave; pour rappeler timidement les influences de cette nouvelle &eacute;poque marqu&eacute;e par les avant-gardes du mouvement moderne (Adolf Loos, Walter Gropius, Le Corbusier, Mies Van der Rohe).<br> 									</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000066" size="5"><b>1946-1961</b></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Apr&egrave;s la seconde guerre mondiale, une longue p&eacute;riode de latence s&#146;installe. En effet, la plage a &eacute;t&eacute; transform&eacute;e en champ de mines et une dizaine d&#146;ann&eacute;es vont &ecirc;tre n&eacute;cessaires pour la remettre en &eacute;tat. 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas10.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas10.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									Dans l&#146;attente d&#146;une nouvelle construction, un Casino en bois est &eacute;difi&eacute; sur le bord de mer.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">Un jardin d&#146;enfants est am&eacute;nag&eacute; en 1952, par suite de la construction des tennis, lesquels ont n&eacute;cessit&eacute; un terrassement tr&egrave;s important, supprimant ainsi l&#146;ancien jardin du Casino utilis&eacute; par les enfants. A la m&ecirc;me &eacute;poque, la digue du bord de mer est refaite et prolong&eacute;e &agrave; l&#146;ouest jusqu&#146;au &laquo;Bas Fort Blanc&raquo;. Sous une partie de cette digue formant pont promenade sont &eacute;difi&eacute;es 48 cabines individuelles et un Casino provisoire, &laquo;La Rotonde&raquo;.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">De 1955 &agrave; 1960, de nouveaux &eacute;quipements viennent compl&eacute;ter cet ensemble; un centre de thalassoth&eacute;rapie, une piscine olympique, un golf miniature, les gradins des tennis ainsi que le bar-dancing de la Rotonde. La r&eacute;alisation de cet ensemble baln&eacute;aire est confi&eacute; aux architectes Marcel H&eacute;lion et Jean Pittick. Le nouveau casino, quat &agrave; lui, s&#146;inspire des plans de l&#146;architecte M. Tougard.</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2">En 1961, le cinqui&egrave;me et dernier Casino de Dieppe est inaugur&eacute;. Ce Casino comporte, outre les salles de jeux, un restaurant panoramique et une grande salle de spectacle. Contrairement &agrave; ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, il ne se situe pas directement en bord de mer mais en limite du centre ville, &agrave; c&ocirc;t&eacute; des &laquo;Tourelles&raquo;. Seules les annexes baln&eacute;naires du Casino demeurent au bord de la plage. Cette m&ecirc;me ann&eacute;e, la Ville de Dieppe, qui postule au titre de &laquo;station baln&eacute;aire&raquo;, dresse ainsi le bilan des installations baln&eacute;aires r&eacute;alis&eacute;es :<br> 									<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="10" width="75" align="right"> 										<tr> 											<td align="right"> 												<div align="left"> 													<font face="Times"><img src="cas11.jpg" iccprofile="none" border="0" width="100" height="70"></font></div> 											</td> 										</tr> 										<tr> 											<td> 												<div align="right"> 													<a href="cas11.html" target="main"><font color="#000066" face="Verdana,Geneva,Helvetica" size="1">agrandir l'image</font></a></div> 											</td> 										</tr> 									</table> 									- un centre de natation avec piscine olympique d&#146;eau de mer<br> 									- un &eacute;tablissement de thalassoth&eacute;rapie et baln&eacute;oth&eacute;rapie comportant des bains chauds d&#146;eau de mer<br> 									- un Casino<br> 									- un bar dancing &agrave; la Rotonde<br> 									- un parc de jeux pour enfants<br> 									- un mini-golf<br> 									- 6 courts de tennis avec gradins<br> 									- un boulevard promenade sous lequel se trouvent 48 cabines.<br> 									<br> 									</font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099"><i><b>1955 LA STATION BALN&Eacute;AIRE ACTUELLE<br> 									</b></i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="black" size="2"><i><br> 									</i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099" size="2"><i>Ce complexe marque enfin la rupture avec le plan classique et sym&eacute;trique qui avait pr&eacute;valu &agrave; la composition de tous ses anc&ecirc;tres. Ensuite, on notera sa discr&eacute;tion et son adaptation au site par son d&eacute;caissement (permettant de s&#146;abriter des vents de mer), et la dominante des grandes lignes horizontales inspir&eacute;es par le paysage. Cet ensemble contrairement &agrave; ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs est compos&eacute; &agrave; partir de la totalit&eacute; de l&#146;esplanade du front de mer. Etabli en son extr&eacute;mit&eacute; Ouest, il sert de calage &agrave; l&#146;espace des pelouses, son immense aile horizontale vient bloquer et asseoir la perspective au pied du ch&acirc;teau et des falaises. C&#146;est une sorte de socle, de pi&eacute;destal, qui par sa discr&eacute;tion et son effet sur le paysage renforce la majestuosit&eacute; du site. Cette le&ccedil;on d&#146;insertion dans le site a d&#146;ailleurs &eacute;t&eacute; reprise dans les nouvelles r&egrave;gles d&#146;urbanisme r&eacute;gissant les futurs projets sur ce lieu (ZPPAUP).<br> 									<br> 									Bien s&ucirc;r cette discr&eacute;tion a &eacute;t&eacute; facilit&eacute;e par le d&eacute;placement des fonctions de casino dans le b&acirc;ti du front urbain, mais le programme complet de l&#146;&eacute;poque &eacute;tait cependant tr&egrave;s important. Beaucoup de surfaces sont d&eacute;velopp&eacute;es sous le pont promenade, lui aussi d&#146;une exemplaire efficacit&eacute; par la r&eacute;ussite de son appropriation par le public. Il donne en spectacle la plage, la mer et les &eacute;quipements du complexe baln&eacute;aire, tout en accueillant au niveau inf&eacute;rieur une foule d&#146;activit&eacute;s (cabines, restaurant, clubs, caf&eacute;, toilettes&#133;). On trouve ici un exemple &eacute;loquent de la notion de force d&#146;un projet architectural. Il faut quand m&ecirc;me noter un d&eacute;faut, si cela en est un, la coupure totale et certainement volontaire avec la ville au niveau des acc&egrave;s : contrairement &agrave; ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs o&ugrave; l&#146;on acc&eacute;dait c&ocirc;t&eacute; ville, ici les acc&egrave;s sont multiples mais situ&eacute;s c&ocirc;t&eacute; plage.<br> 									<br> 									L&#146;int&eacute;gration d&#146;un parc de jeux pour enfants, d&#146;un golf miniature, d&#146;une pataugeoire, d&#146;un tennis, etc. montre &agrave; quel point ce complexe &eacute;tait, en 1955 &agrave; l&#146;avant garde du d&eacute;veloppement et de la d&eacute;mocratisation du tourisme. Au niveau architectural c&#146;est le r&egrave;gne du b&eacute;ton arm&eacute;, mais la pr&eacute;sence de silex et de gravillons lav&eacute;s donne &agrave; cet &eacute;quipement, la durabilit&eacute; et la patine n&eacute;cessaire &agrave; sa situation tr&egrave;s expos&eacute;e aux embruns et intemp&eacute;ries. Il est tr&egrave;s souhaitable que le nouveau projet qui sortira des r&eacute;flexions engag&eacute;es par la ville, vers la fin 2000, tienne compte des formidables le&ccedil;ons de cet &eacute;quipement.<br> 									</i></font></p> 									<p><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099"><i><b>1961 LE CASINO ACTUEL<br> 									<br> 									</b></i></font><font face="Verdana,Geneva,Helvetica" color="#000099" size="2"><i>C&#146;est le 16 juillet 1949 que le Conseil Municipal de Dieppe d&eacute;cide de reconstruire le Casino &agrave; l&#146;emplacement de l&#146;ancien h&ocirc;tel de ville. Ce projet sera en grande partie financ&eacute; par les fonds allou&eacute;s aux dommages de guerre. En 1952, l&#146;&eacute;tude est confi&eacute;e aux architectes Coulon (Paris) et Tougard (Mont Saint Aignan). Apr&egrave;s plusieurs hypoth&egrave;ses et une r&eacute;duction de l&#146;ampleur du projet, le permis de construire est d&eacute;livr&eacute; le 18 mars 1957.<br> 									<br> 									Si son architecture peut appara&icirc;tre difficile &agrave; admettre &agrave; certains, il est important de resituer le contexte de sa construction et d&#146;analyser le vocabulaire qui a &eacute;t&eacute; employ&eacute; dans cet &eacute;difice. Comme pour la &#147;station baln&eacute;aire&#147;, la premi&egrave;re &eacute;vidence est la fin de l&#146;acad&eacute;misme et de la composition sym&eacute;trique, on a ici affaire &agrave; une expression contemporaine, le reflet d&#146;une &eacute;poque d&#146;apr&egrave;s guerre, de soif de modernit&eacute;.<br> 									Inspir&eacute; du mouvement moderne (de Le Corbusier &agrave; Mies Van der Rohe,&#133;) son architecture de b&eacute;ton, de pierre et de verre, tente de s&#146;int&eacute;grer au site par diff&eacute;rentes subtilit&eacute;s.<br> 									<br> 									Tout d&#146;abord un socle g&eacute;n&eacute;ral rev&ecirc;tu de pierre calcaire, compose un volume cal&eacute; sur la hauteur de mur des tourelles du Moyen Age voisines. Sa mod&eacute;nature reprend m&ecirc;me les contrastes des lignes horizontales que l&#146;on retrouve dans l&#146;appareillage de pierre de la porte m&eacute;di&eacute;vale. Ce socle massif, rappelant bien s&ucirc;r les remparts qui entouraient la ville, est perc&eacute; de petites ouvertures renfor&ccedil;ant son effet de masse et l&#146;allusion suscit&eacute;e.<br> 									<br> 									Le volume de pierre &eacute;treint en son centre la fa&ccedil;ade de verre et de b&eacute;ton, ainsi qu&#146;une avanc&eacute;e domin&eacute;e par le restaurant panoramique. Ce dernier volume sort du socle de base pour aller chercher la vue sur les c&ocirc;t&eacute;s du front de mer et notamment sur le ch&acirc;teau, depuis ce restaurant et les autres espaces de cette saillie.<br> 									<br> 									Un jeu de colonnes all&egrave;ge le tout et supporte le &#147;grand &eacute;cran &#147;du restaurant, en disparaissant derri&egrave;re la grande baie vitr&eacute;e horizontale. Le b&eacute;ton arm&eacute;, lib&eacute;rant des probl&egrave;mes de port&eacute;es r&eacute;duites de la ma&ccedil;onnerie traditionnelle, permet cette expression d&eacute;nomm&eacute;e &#147;plan libre&#147; par les modernes, le b&acirc;timent est constitu&eacute; de planchers et de poteaux, le reste (fa&ccedil;ades, cloisons) devient libre d&#146;implantation et d&#146;usage pour s&#146;adapter aux fonctions int&eacute;rieurs et d&eacute;gager de larges ouvertures horizontales. On retrouve ainsi la nature m&ecirc;me du champ de vision humain : plus horizontal que vertical. De par l&#146;aspect homog&egrave;ne des menuiseries aluminium laqu&eacute; noir et des vitrages filants, il n&#146;y a plus de notion de fen&ecirc;tre, m&ecirc;me pour les chambres du dernier niveau (rapport&eacute; ult&eacute;rieurement) qui constituent un ultime couronnement pour ce grand bandeau horizontal.<br> 									<br> 									M&ecirc;me si cette architecture peut &ecirc;tre qualifi&eacute;e de moderne, les principes de base des ordres classiques sont l&agrave;, &eacute;ternels : hi&eacute;rarchiser les volumes de bas en haut (de la terre au ciel) et, jouer sur la profondeur de la fa&ccedil;ade (de l&#146;ext&eacute;rieur vers l&#146;int&eacute;rieur)&#133; Au fil du temps, de nombreux changements et ajouts ont transform&eacute; cet &eacute;difice. Initialement, l&#146;entr&eacute;e principale s&#146;effectuait sur le c&ocirc;t&eacute; droit de la fa&ccedil;ade Boulevard de Verdun, et communiquait par l&#146;int&eacute;rieur avec le hall de la salle de spectacle. Malgr&eacute; ces diff&eacute;rents changements essentiellement c&ocirc;t&eacute; mer, le b&acirc;timent garde sa force d&#146;expression initiale. Cependant, pour les puristes de l&#146;&eacute;poque (ann&eacute;es cinquante), sa fa&ccedil;ade majeure gagnerait &agrave; se rapprocher du projet initial. Il pourrait ainsi totalement faire partie des &eacute;difices remarquables du Patrimoine du xxe si&egrave;cle.<br> 									</i></font></div> 							</td> 						</tr> 						<tr> 							<td></td> 						</tr> 					</table> 					</font></td> 			</tr> 		</table> 	</body>  </html> 
