<html> <head> <title>Anne-Sophie au N&eacute;pal</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head> <body bgcolor="#FFCC66" link="#660033" vlink="#003366"> <blockquote>    <blockquote>      <p>&nbsp; </p>     <table width="500" border="0">       <tr valign="top">          <td height="133" colspan="4">            <div align="left">              <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">               <tr>                  <td><font face="Bradley Hand ITC TT-Bold" size="4" color="#666666"><font size="6"><i>N&eacute;pal                    (2) </i></font></font></td>                 <td>                    <div align="right">                      <p>20 novembre 2001<br>                       <a href="nepal.photos.htm"><b>voir les photos du N&eacute;pal                        </b></a><br>                       <a href="nepal.htm" target="_self">retour vers le N&eacute;pal                        (1)</a></p>                   </div>                 </td>               </tr>             </table>             <p><a href="../Images/nepal/011118.09.soso.JPG" target="_blank"><img src="../Images/nepal/011118.09.soso.GIF" width="100" height="75" border="0" align="left"></a>Bonjour                &agrave; tous ! Ravie de reprendre contact avec vous ! Voici la                suite de mon r&eacute;cit... du N&eacute;pal. Je tiens &agrave;                m'excuser de ne pas avoir pris la peine de vous faire partager le                r&eacute;cit de mes aventures un peu plus t&ocirc;t, et t&acirc;cherai                d&eacute;sormais d'envoyer des mises &agrave; jour &agrave; Philippe                toutes les semaines. Mon appareil photo num&eacute;rique ayant eu                un petit probl&egrave;me technique, vous ne verrez malheureusement                pas les photos d'Iran... Bon voyage quand m&ecirc;me et bonne continuation                &agrave; vous tous ! </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b> </b></font></i></font></b></i>Lorsque                j'ai commenc&eacute; &agrave; perdre la notion du temps, j'ai estim&eacute;                que l'aventure continuait de mani&egrave;re agr&eacute;able... C'est                fou comme le voyage est magique lorsque je vois de mes propres yeux                tous les paysages que je n'ai pu d&eacute;couvrir jusqu'&agrave;                pr&eacute;sent que dans des livres ! Parfois, c'est tr&egrave;s                bizarre, car je ne sais pas si je r&ecirc;ve ou non. Tout se d&eacute;roule                comme dans un film et j'ai parfois le sentiment d'&ecirc;tre spectatrice                avec une multitude d'informations &agrave; int&eacute;grer ! </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Dasain</b></font></i></font></b></i></p>             <p> 26 octobre 2001. Je m'&eacute;tais donc promis de ne pas renoncer                &agrave; aller retrouver le lendemain cet etudiant qui m'avait invit&eacute;                chez lui pour la grande f&ecirc;te de <i>Dasain</i> au N&eacute;pal.                C'est une f&ecirc;te qui a lieu apr&egrave;s la mousson, quand le                riz est pr&ecirc;t &agrave; &ecirc;tre r&eacute;colt&eacute;. Elle                dure 15 jours environ. <i>Dasain</i> est &eacute;galement connue                sous le nom de <i>Durga Puja</i>, puisque cette f&ecirc;te c&eacute;l&egrave;bre                la victoire de la d&eacute;esse <i>Durga</i> sur les forces du mal                sous la forme du buffle-d&eacute;mon <i>Mahisasura</i>. Durga &eacute;tant                une d&eacute;esse assoiff&eacute;e de sang, les festivit&eacute;s                sont marqu&eacute;es par des gicl&eacute;es de sang et par le plus                grand sacrifice d'animaux de l'ann&eacute;e. C'est aussi la f&ecirc;te                des balan&ccedil;oires ! (lonely planet) </p>             <p>La veille au soir, je d&icirc;ne avec deux hommes hollandais, dont                un est sourd-muet, ainsi qu'avec deux filles rencontr&eacute;es                dans le bus, Simone, allemande, et Lise, anglaise. J'ai pu apprendre                que le langage des sourds n'est pas universel, et &eacute;tais assez                admirative du fait que cet homme sourd et muet, prof pour enfants                dans un institut sp&eacute;cialis&eacute;, puisse lire sur les l&egrave;vres                diff&eacute;rents langages. </p>             <p>En VTT, et apr&egrave;s avoir achet&eacute; du materiel d'&eacute;cole,                j'ai donc rejoint le petit village de <i>Chankapur</i>, situe au                nord de <i>Pokhara</i>, sur le <i>Phewa Lake</i>, afin de faire                plus amplement connaissance avec la famille n&eacute;palaise et                cet &eacute;tudiant crois&eacute;s par hasard au moment o&ugrave;                je cherchais mon chemin pour aller &agrave; <i>Saranghot</i>, c'est-&agrave;-dire                un peu &agrave; l'oppos&eacute;... Je n'ai compris qu'apr&egrave;s,                que ma demarche &eacute;tait p&eacute;remptoire. Je suis donc arriv&eacute;e                avec mes gros sabots un peu &agrave; l'imp&eacute;rialiste, ai &eacute;t&eacute;e                re&ccedil;ue comme une reine, mais au final, rien &agrave; voir                avec la famille turque dont la sinc&eacute;rit&eacute; de coeur                me manque beaucoup ici. Sur une photo, vous me voyez avec du riz                teint en rouge sur le front, suite a quelques mails hillarants,                je dois pr&eacute;ciser qu'&eacute;videmment, ce n'est pas un remix                du grand jeu de fin de soir&eacute;e, genre <i>"la vache qui tache"</i>                version gateau de riz yabon, quand tout le monde est bourr&eacute;.                non, &ccedil;a s'appelle le <i>Tika</i> (point rouge) c'est un rituel                ici pour les f&ecirc;tes, une p&acirc;te collante qu'ils m'ont appliqu&eacute;e                quand je suis arriv&eacute;e. Par la suite, j'ai appris que c'&eacute;tait                un honneur et ma vie a &eacute;t&eacute; effectivement tr&egrave;s                simplifi&eacute;e pendant les deux jours qui ont suivi, beaucoup                de gens m'ont invit&eacute;s chez eux et &eacute;taient heureux                de me voir comme &ccedil;a.</p>             <p>J'ai pass&eacute; un moment agr&eacute;able la bas, &agrave; partager                une bi&egrave;re avec les hommes qui m'a rendue un peu paf avec                la chaleur ambiante, et au moment de reprendre mon v&eacute;lo,                &ccedil;a m'a rappel&eacute; quelques &eacute;pisodes &eacute;piques                de ma vie &eacute;tudiante en Allemagne avec les Caros de nos ann&eacute;es                Estienne, &eacute;cole publique tr&egrave;s r&eacute;put&eacute;e,                mais on se demande pourquoi d'ailleurs. C'est surtout l'&eacute;cole                de la vie, les &eacute;tudes sont simples et on trouve du boulot                apr&egrave;s. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Sida</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Une des jeunes femmes de la maison me prend &agrave; part et me                demande si je n'ai pas des m&eacute;dicaments pour elle. Sur sa                peau, comme des grains de beaut&eacute; comme des pi&egrave;ces                de 5 francs aux couleurs in&eacute;gales, qui saignent par endroit.                Je lui reponds que non. Dans mon esprit, je me demande si la population                n&eacute;palaise a acc&egrave;s &agrave; la trith&eacute;rapie.                Ca me fait mal et je repense aux gros laboratoires qui avaient fait                scandale suite &agrave; la fabrication de traitements g&eacute;n&eacute;riques                par d'autres labos pour des pays en voie de d&eacute;veloppement.                Ca me r&eacute;volte. J'ai envie de partir dans des grandes consid&eacute;rations                pour l'utilisation du pr&eacute;servatif, mais un probl&egrave;me                de langue nous &eacute;loigne l'une de l'autre. Son mari est tellement                maigre qu'on lui voit les os du visage. Beaucoup d'hommes ont des                boulots saisonniers qui les &eacute;loignent de la maison et durant                leur p&eacute;riple vont dans les bordels indiens et ram&egrave;nent                le sida chez eux.</p>             <p> Plus je voyage, plus je me rends compte &agrave; quel point j'ai                de la chance d'&ecirc;tre n&eacute;e en France : beaucoup de droits,                la s&eacute;curite sociale, les assedics..., l'eden pour beaucoup                de gens sur terre d'avoir d&eacute;j&agrave; le droit d'&ecirc;tre                soign&eacute; gratuitement !!! Ici, un porteur ne gagne que moitie                d'un RMI, et encore... il en bave pour mourir a 50 ans &eacute;puis&eacute;                ! Mal &agrave; l'aise, je repars un peu honteuse de ma demarche                ou au final, j'ai cru bien faire. Les filles ont limite fouill&eacute;                dans mon sac pour avoir d'autres choses encore. J'ai tout donn&eacute;,                d&eacute;pit&eacute;e, et suis repartie sur mon petit v&eacute;lo,                repensant &agrave; la Turquie. Un coeur sinc&egrave;re ne s'ach&egrave;te                pas. J'ai le sentiment de passer &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l'essentiel.</p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>D&eacute;part                pour les Annapurnas</b></font></i></font></b></i></p>             <p> Etapes du trek autour du massif des Annapurnas.<br>               Jour 1 : Beshisahar par Dumre en bus, puis Khudi &agrave; pied<br>               J2 BAHUNDANDA <br>               J3 TAL <br>               J4 CHAME <br>               J5 HOMDGE <br>               J6 MANANG<br>               J7 MANANG <br>               J8 LEDTAR <br>               J9 THORUNG PHEDI HIGH CAMP<br>               J10 JHARKOT <br>               J11 JHARKOT <br>               J12 MARPHA <br>               J13 LETE <br>               J14 TATOPANI <br>               J15 BENI, puis bus jusque Pokhara.</p>             <p>Samedi 27 octobre 2001. R&eacute;veil aux aurores pour rejoindre                <i>Besisahar</i> en bus local Tata. Environ 100 km que nous parcourons                en 5h30 sur des routes d&eacute;fonc&eacute;es. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Premier                danger au N&eacute;pal : les bus Tata</b></font></i></font></b></i></p>             <p><a href="../Images/nepal/vache%20sacree%200015.jpg" target="_blank"><img src="../Images/nepal/vache%20sacree%200015.GIF" width="100" height="75" border="0" align="left"></a>Lorsque                je p&eacute;n&egrave;tre dans le bus, il n'y a plus de place. La                porte du car est comme celle d'une petite maison, et les gens s'entassent.                Pr&egrave;s du chauffeur, encore un peu d'espace. J'y vais, mais                me rappelle qu'en cas d 'accident, c'est &agrave; cette place que                l'on morphle le plus. J'h&eacute;site... Europ&eacute;enes que nous                sommes, Lise, Simone et moi-m&ecirc;me mettons les sacs par terre.                Erreur ! Les sacs, sur les genoux, lorsqu il n'y a pas d&eacute;j&agrave;                quelqu'un d'office ! En hauteur, 16 images de Shiva &agrave; gauche                et &agrave; droite d'une plus grande encadr&eacute;e, qui est clout&eacute;e                sur du m&eacute;tal au dessus du conducteur. Des pompons pendouillent                avec quelques tricots en forme de guirlande. Les bus Tata au N&eacute;pal,                c'est franchement l'aventure ! </p>             <p><a href="../Images/nepal/autobus.JPG" target="_blank"><img src="../Images/nepal/autobus.GIF" width="100" height="75" border="0" align="left"></a>Si                certaines entreprises organisent pour leurs cadres surmen&eacute;s                des sauts &agrave; l'&eacute;lastique, j'ai trouv&eacute; mieux                et moins cher : un bus Tata en vall&eacute;e de Chevreuse mais pour                le fun, de nuit sans &eacute;clairage avec un chauffeur de 14 ans.                A peine avions nous roul&eacute; 30 minutes que le bus pile : au                milieu de la route, apr&egrave;s un virage, un Tata bus g&icirc;t                sur le flan en plein milieu de la route, la t&ecirc;te dans le decor                &agrave; deux pas du ravin. J'&eacute;clate de rire comme c'est                la coutume locale sauf que chez moi, c'est nerveux. J'en tremble                ! Les Nepalais me regardent curieusement, et surpris. Une petite                fille rentre et veut s'assoir. Combien de personnes veulent ils                mettre dans ce bus ? Au dessus du moteur &agrave; l'avant, comme                un petit cheval d'ar&ccedil;on, la petite fille s'y installe sereinement                et nous red&eacute;marrons. Je suis inqui&egrave;te et me demande                si je ne vais pas lui c&eacute;der ma place tellement c'est dangereux                pour elle si le bus pile. Egoistement, je garde ma place et je l'observe                attentivement ainsi que la route. Le front coll&eacute; &agrave;                la vitre avant du bus, sa respiration fait de la bu&eacute;e, une                tache de condensation apparait et disparait r&eacute;guli&egrave;rement                comme le mouvement des vagues en bordure de mer. </p>             <p>Le soleil est d&eacute;j&agrave; haut dans le ciel mais il fait                froid. Une femme toute menue s'entasse avec ses paquets sur une                sorte de banquette improvis&eacute;e avec une planche pos&eacute;e                entre deux si&egrave;ges branlants du bus, s&eacute;par&eacute;s                par le couloir. Elle a dans ses bras un magnifique b&eacute;b&eacute;,                au visage tr&egrave;s fin, aux yeux noirs bord&eacute;s de tr&egrave;s                longs cils. Les enfants ici sont tr&egrave;s sages, c'est admirable                ! Les parents que j'ai vus ont l'air assez stricts, m&ecirc;me apr&egrave;s                5 h 30 de voyage &eacute;pouvantable, l'enfant, s'il chougne, se                prend une taloche vite fait. La femme sort son sein aussi menu qu'elle,                et l'enfant se jette affam&eacute; sur le mamelon pour boire le                lait maternel. Quelques rayons du soleil lui font plisser ses grands                yeux qui se ferment doucement. Je me retourne : le bus est bond&eacute;                !</p>             <p> Dessus, dedans, sur les c&ocirc;t&eacute;s, partout ! un monde                dingue ! Une autre gamine s'endort au sein de sa m&egrave;re debout                : ses chaussures tr&egrave;s us&eacute;es sont beaucoup trop grandes                pour ses petits pieds nus. Le bus roule bon train... 20 km par heure.                Je n'y croyais pas avant de l'avoir r&eacute;ellement v&eacute;cu...                Sur les r&eacute;tros, une sorte de queue de cheval au vent avec                deux rubans roses. De temps en temps, une silhouette d'arbre sur                pieds aux tr&egrave;s fines chevilles traverse la route. C'est un                porteur charg&eacute; de paille. Plus loin, une vieille femme tr&egrave;s                &eacute;l&eacute;gante aux jambes arqu&eacute;es marche en tenant                d'une main son bassin de biais, et de l'autre un enfant nu, habill&eacute;                d'un tee shirt sale. Nous arrivons enfin &agrave; destination apr&egrave;s                quelques frayeurs auxquelles je finis par m'habituer, comme un changement                de pneu, des ravins profonds, des routes affreuses. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Changement                de coiffure</b></font></i></font></b></i></p>             <p>J'ai envie de me raser le cr&acirc;ne. Mon fr&egrave;re l'a fait                le jour de mon d&eacute;part et moi m&ecirc;me ai toujours aussi                eu envie, mais sans le faire. La libert&eacute;, c'est &ccedil;a.                C'est oser. Je pense le faire le jour de la pleine lune &agrave;                Manang avant de franchir en solo le col de Thorung La, &agrave;                5 416 m&egrave;tres d'altitude. Pour une multitude de raisons qui                me sont propres, et symboliquement, parce que je trouve cela beau.</p>             <p>Je n'ai pas attendu le lendemain, j'ai coup&eacute; cheveux et                ras&eacute; cr&acirc;ne, piquant un &eacute;norme fou rire au bord                de la rivi&egrave;re <i>Marsyandi</i>. Lise et Simone &eacute;taient                l&agrave; pour m'aider quand j'h&eacute;sitais. Quelle douce sensation                que de sentir le vent carresser la peau de mon cr&acirc;ne si doux                ! Sans cheveux, je me trouve plus belle quand je souris et me rends                compte avec joie que je suis en train de r&eacute;aliser un r&ecirc;ve,                celui de partir en trek au N&eacute;pal toute seule. Une id&eacute;e                de 2 ou 3 ans, peut-&ecirc;tre avec la disparition r&eacute;cente                d'un cousin de ma m&egrave;re, Daniel, fou de montagne et alpiniste                &agrave; ses heures. Il est pass&eacute; dans la r&eacute;gion autrefois.                A No&euml;l, il venait tout le temps chez nous. Il ne faisait pas                de bruit, mais &ccedil;a fait bizarre de ne plus le sentir avec                nous. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>En route                vers les sommets</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Apr&egrave;s 5 h de marche, j'ai quitt&eacute; <i>Khudi</i> et                les filles, pour ariver &agrave; <i>Bahundandas</i>, a 1398 m&egrave;tres                d'altitude. Encore 4 km vers le ciel, un peu plus que Bologne-Riaucourt,                et me voil&agrave; pr&ecirc;te &agrave; passer le col, tel un challenge                dans ma vie, que je veux mener comme une succession de moments de                pl&eacute;nitude avec des cols &agrave; franchir dans la v&eacute;rit&eacute;,                nue avec un coeur sinc&egrave;re. Au niveau humain, rien &agrave;                voir avec ce que j'ai v&eacute;cu en Turquie ou en Iran. Je suis                particulierement d&eacute;&ccedil;ue et un incident me fait faire                le deuil rapidement d'une quelconque aventure humaine g&eacute;niale,                du moins sur le sentier tr&egrave;s touristique que j'emprunte.              </p>             <p>Un enfant sur le sentier arrive vers moi et me demande de mani&egrave;re                tr&egrave;s agressive de l'argent. Ce petit bonhomme de 6 ou 7 ans                m'ass&egrave;ne d un grand coup de poing dans le bas ventre lorsque                je refuse de lui donner des roupies n&eacute;palaises. Surprise                puis &eacute;nerv&eacute;e, je me retiens de le gifler en retour,                un autre me touche le sexe, je rattrape le premier qui ne rigole                plus du tout. Leur p&egrave;re est l&agrave;, &agrave; regarder                ses tongs alors que je me f&acirc;che tr&egrave;s fort. Qu'il soit                l&agrave; ou non, &ccedil;a m'est bien &eacute;gal. Je suis &eacute;tonn&eacute;e                d'avoir au fond de moi une violence latente comme &ccedil;a. Jamais                je ne m'&eacute;nerve contre un petit ! Apr&egrave;s avoir culpabilis&eacute;                &agrave; mort, je n'ai plus rien attendu de ce s&eacute;jour en                montagne par la suite.</p>             <p> Moi aussi j'&eacute;tais en partie responsable de l'attitude de                ces enfants en ayant cautionn&eacute; la mendicit&eacute; sur les                routes en donnant des affaires &agrave; la famille n&eacute;palaise.                Sur la route, les gens me demandent ce que j'ai fait de mes cheveux.                Je pose alors mon sac et fais mine de chercher dans toutes les poches.                Je fais mine que je les ai perdus. Tout le monde rigole et plus                personne ne fait attention. Quelques personnes veulent me carresser                le cr&acirc;ne, je les laisse faire. Avec le soleil, ca tape fort.                Ecran total. L'endroit dans lequel j'arrive vaut &agrave; lui seul                les 5 heures d'effort. J'ai &eacute;t&eacute; suivie par un p&eacute;p&egrave;re                silencieux, et mimi comme tout, tellement silencieux que je ne sais                m&ecirc;me pas quand il a arr&ecirc;t&eacute; de me suivre. C'&eacute;tait                un plaisir car il avait compris que je souhaitais marcher sans bruit.              </p>             <p>Sur le chemin, c'est tr&egrave;s fleuri et les papillons sont gigantesques.                Je pense aux parents, &agrave; toute ma famille et au message dominical                que je n'aurai pas aujourd hui. Lorsque je suis arriv&eacute;e &agrave;                <i>Syandje</i> pour une petite pause d&eacute;jeuner, j'ai jou&eacute;                avec des gens au Karembot, c'&eacute;tait super. Une sorte de billard                sur une planche en bois et des pions &agrave; faire coulisser dans                des trous gr&acirc;ce &agrave; de la farine. Ca me rappelle mes                cours de physique et les planches de palets mont&eacute;s sur coussins                d'air pour &eacute;tudier la loi des frottements. Tant d'effort                pour m&eacute;moriser des formules dont je n'ai plus aucune id&eacute;e                aujourd hui ! </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>2670                m&egrave;tres : &ccedil;a caille</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Parfois, j'ai march&eacute; jusqu'&agrave; &eacute;puisement, ayant                beaucoup de plaisir &agrave; partir de la sixi&egrave;me ou septi&egrave;me                heure de marche, comme si mon corps entier se fondait dans la nature.                Quel bonheur d'&ecirc;tre l&agrave; ! A <i>Tal</i>, l&agrave; o&ugrave;                les gens ne s'arr&ecirc;tent habituellement pas, c'est merveilleux.                C'est un difficile de rejoindre <i>Tal</i> de <i>Bahundandas</i>                en une journ&eacute;e mais en arrivant la bas, quelle s&eacute;r&eacute;nit&eacute;                ! Un plateau et un petit lac, tout semble paisible, je me sens bien...                Ce soir l&agrave;, je me sens tr&egrave;s libre. L'experience de                marche en montagne est de toute fa&ccedil;on pour moi une exp&eacute;rience                solitaire. Le ciel se couvre et je commence &agrave; avoir froid.                1700 m&egrave;tres et d&eacute;j&agrave;, &ccedil;a caille. J'ai                soudain un doute sur mon &eacute;quipement contre le froid : un                <i>damart</i>, la polaire des morues poilues (Laurence, St&eacute;phanie                et Blandine) et une petite veste <i>Gore Tex</i>. Le reste est sur                moi. Mon duvet est un duvet -8&deg;C. A <i>Chame</i>, 2670 m&egrave;tres,                je m'installe mains congel&eacute;es, en tongs afin que l'interieur                de mes chaussures s&egrave;chent. Fatigu&eacute;e mais &eacute;pat&eacute;e                d'avoir effecut&eacute; 18 heures de marche entre hier et aujourd'hui                pour 1250 m&egrave;tres de d&eacute;nivel&eacute;. Rien pour un                confirm&eacute;, mais bien pour moi ! J'ai tent&eacute; de prendre                une douche. L'eau est ni ti&egrave;de, ni froide, mais tellement                glac&eacute;e que mes pieds ont failli rester coll&eacute;s par                terre ! Une tasse de th&eacute; br&ucirc;lant me r&eacute;chauffe                les mains. Je me demande si la vraie libert&eacute; n'est pas celle                de ne plus sentir le chaud ni le froid. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Deuxi&egrave;me                danger : les &acirc;nes sur les ponts ou au bord des pr&eacute;cipices</b></font></i></font></b></i></p>             <p>J'ai crois&eacute; pleins d'animaux, des &acirc;nes, des vaches,                des brebis, me suis crue un moment sauvage comme <i>Manon des Sources</i>,                les paysages sont magnifiques, des cascades, du vert, des senteurs                exquises, mais des ponts &agrave; traverser qui font tr&egrave;s                peur : sujette aux vertiges, j'ai cru que j'allais claquer en traversant,                tr&egrave;s appliqu&eacute;e, un pont, langue sortie entre les l&egrave;vres                serr&eacute;es, concentr&eacute;e &agrave; mettre un pied devant                l'autre. Au bout de 10 minutes ou peut-&ecirc;tre moins, mais &ccedil;a                m'a paru une &eacute;ternit&eacute;, un groupe d'&acirc;nes en file                indienne. Je me mets &agrave; penser qu'ils vont me laisser passer                quand m&ecirc;me. A&iuml;e, &ccedil;a se g&acirc;te... Le premier                pose ses sabots sur le pont et lui donne un mouvement de balancier                qui me d&eacute;s&eacute;quilibre un peu car ce n'est plus mon rythme.                Je crie &agrave; l'&acirc;ne en le mena&ccedil;ant du doigt <i>"Gentille                la b&eacute;b&ecirc;te, tu ne bouges plus, oookkkkayy ?"</i> Et                l'&acirc;ne, premier de cord&eacute;e, avancant <i>tranquillos</i>,                les yeux fixes &agrave; l'horizon, et sa cloche autour du cou qui                fait <i>dong dong dong</i>. </p>             <p>Premier danger au N&eacute;pal : les bus Tata Deuxieme danger au                N&eacute;pal : les &acirc;nes sur les ponts ou au bord des pr&eacute;cipices.                Avec leur gros chargement sur les c&ocirc;t&eacute;s (bois, sacs                de riz...) il n'y a pas de place pour une personne ! Sans rire,                ils n'h&eacute;sitent pas &agrave; avancer co&ucirc;te que co&ucirc;te,                et peuvent envoyer dans le decor n'importe qui. Je sais, &ccedil;a                fait rire, mais les &acirc;nes sont dangereux. Parfois, le berger                qui les accompagne lance des pierres sur l'arri&egrave;re train                de celui qui n'avance pas tr&egrave;s vite, cela cr&eacute;e une                petit cohue, tous les &acirc;nes se mettant &agrave; courir, n&eacute;gligeant                les passants ! Julie s'est ainsi retrouv&eacute;e pouss&eacute;e                dans des orties g&eacute;antes. De toute facon, mourir pouss&eacute;e                par un &acirc;ne dans le vide, c'est franchement ridicule et nul.                Comme tous les accidents d'ailleurs. Au niveau de l'ap&eacute;tit,                rien ne bouge. Je suis affam&eacute;e. Je bois beaucoup d'eau mais                n'&eacute;limine pas vraiment, peut-&ecirc;tre par la sueur. Je                surveille... Je me rappelle qu'&agrave; <i>Chame</i>, malgr&eacute;                tout le monde dans le restaurant et les touristes avec lesquels                je discute, je me sens pourtant tr&egrave;s seule. Ma famille me                manque. Le lendemain matin, lev&eacute;e aux aurores, quelle belle                promenade ! </p>             <p>Arriv&eacute;e &agrave; <i>Pisang</i> ou j'&eacute;tais sens&eacute;e                faire &eacute;tape, je ne le sens pas et continue ma route pour                tenter de rejoindre <i>Hondge</i>. J'ai couru pour arriver avant                la nuit. La folle quoi. En fait, la carte que j'ai achet&eacute;e                ici m'indique les temps n&eacute;cessaires pour rejoindre tel endroit                &agrave; un autre, mais ce sont... des temps pour n&eacute;palais                qui galopent ! Je suis oblig&eacute;e d'ajouter au moint 50 % du                temps par rapport &agrave; mon rythme propre. Au niveau humain,                sur le chemin que j'emprunte, je suis d&eacute;&ccedil;ue et me                demande si le probl&egrave;me ne viendrait pas de moi. Suis je assez                ouverte d'esprit, assez curieuse ou g&eacute;n&eacute;reuse ? Habituellement,                je fais toujours la connaissance d'&eacute;trangers extras, et l&agrave;,                rien... Je ne rencontre aucun n&eacute;palais curieux de ce que                je suis et non du fric que je represente. Mes nuits sont remplies                de cauchemars auxquels je repense la journ&eacute;e. Je suis oppress&eacute;e                de ne pouvoir joindre techniquement ma famille. Et s'il &eacute;tait                arriv&eacute; quelque chose &agrave; un de mes proches ? A <i>Braga</i>,                la vue est mangifique sur les Annapurnas II, III, et IV. Des gamines                jouent &agrave; porter dans un panier. J'ai les l&egrave;vres coll&eacute;es                au caramel de mon mars dur et j'ai froid. Que peuvent faire ces                enfants toute la journ&eacute;e au mileu de nulle part ! Courbatures                de mises, ampoules aux pieds, je n'ai plus envie de marcher.</p>             <p>Au loin, les chevaux hennissent, et le coq ne se lasse de lancer                ses cocoricos au soleil levant... Les couleurs sont magnifiques,                les &eacute;toiles en soir&eacute;e sont assorties aux pics dont                le vent souffle la neige aux sommets. Plus j'admire ce que je vois,                plus je me sens petite et ma vie aussi &eacute;ph&eacute;m&egrave;re                qu'une &eacute;toile filante. En court de route, une petite fille                de deux ans s'endort dans le crottin de cheval. Elle est d'une salet&eacute;                dingue et pourtant, je commence &agrave; aimer cette odeur l&agrave;.                Ses habits sont sales, tout comme ses mains, ses ongles, son visage,                mais pourtant, elle a comme une odeur derri&egrave;re tout cela,                d'une peau qui bronze au soleil. Ebouriffes, leurs m&egrave;res                souvent &eacute;crasent entre deux ongles les poux qu'elles trouvent                dans la tignasse de leurs ch&eacute;rubins. Je suis tellement plus                confortable sans cheveux ! Par contre, &ccedil;a me gratte sous                mon bonnet de laine. Le fait de me reraser le cr&acirc;ne &agrave;                <i>Manang</i> comme convenu le soir de la pleine lune me prouve                &agrave; quel point les cheveux poussent tr&egrave;s vite ce jour                l&agrave; !</p>             <p> <i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Le cin&eacute;ma                de Manang</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Le lendemain, j'ai de nouveau l'&eacute;quivalent de 3 jours de                repousse sur le cr&acirc;ne ! Les coiffeurs disent vrai. Par la                vitre m&ecirc;me pas &eacute;tanche au vent, les rideaux bougent                et je regarde passer les nuages qui font la course pour passer entre                deux montagnes. Il fait tr&egrave;s froid. Dehors les enfants jouent,                de superbes photos &agrave; prendre mais je sais qu'en sortant mon                mat&eacute;riel, cet instant magique s'&eacute;teindra... Je choisis                de vivre l'instant plut&ocirc;t que de l'immortaliser. Le soir,                &agrave; <i>Manang</i>, je vais au cin&eacute;. Quelle &eacute;pop&eacute;e,                super ! Une petite salle avec un lecteur de CD clou&eacute; fi-&ccedil;a                au plafond, une bande jeunes arrive et ils fument leurs joints.                Je suis super &eacute;nerv&eacute;e. A chaque nouvelle venue, ils                remettent le film &agrave; z&eacute;ro. Je fais des grands <i>hum</i>                puis m'&eacute;crase. J'ai pu regarder quand m&ecirc;me <i>Into                thin air</i>. Ca m'a compl&egrave;tement d&eacute;prim&eacute;e                moi qui avait d&eacute;j&agrave; froid. L'histoire d'une &eacute;quipe                qui escalade en 1996 l'Everest et la majorit&eacute; meurt congel&eacute;e.                D'ailleurs, dans l'une des sc&egrave;nes du film on voit un homme                qui survit avec un bras congel&eacute; brandi en l'air. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Une nuit                pr&egrave;s d'un yak</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Le soir, en rentrant dans mon h&ocirc;tel d&eacute;sert type <i>Luky                Luke et la ville fantome</i> (bonjour Rantanplan !!!) j'ai vu son                spectre partout, apr&egrave;s la peur du loup, du Yeti sous cl&eacute;                (salut F !) celle du bonhomme au bras congel&eacute; et au visage                noir br&ucirc;l&eacute; par les temp&eacute;ratures extr&ecirc;mes.                Avec la fatigue, et le froid, parfois, je ne suis plus du tout &eacute;tanche                &agrave; mes peurs de m&ocirc;mes (Quand mamie de Bologne -rarement-                me disait avec sa petite voix "oh, ma ch&eacute;rie, dis moi, on                a bien rentr&eacute; le linge ce soir ?" ou alors "dis moi, on a                rentr&eacute; les coussins des fauteuils ?" c'&eacute;tait d&eacute;j&agrave;                l'aventure...). Je n'ai pas pu aller me coucher toute seule, j'ai                appel&eacute; un type qui avait l'air normal, pour qu'il m'accompagne,                j'ai expliqu&eacute; que j'avais vu un film qui m'avait foutu les                p&eacute;toches et que dans le noir, je ne pouvais absolument pas                aller dans un endroit qui ne m'&eacute;tait pas familier. Il a &eacute;t&eacute;                visiblement attendri et m'a limite bord&eacute;e. Ouf. Je n'ai pas                demand&eacute; de verre d'eau quand m&ecirc;me. Voil&agrave;, pour                infos, je m'appelle Anne-So, j'ai presque 30 balais. C'est pas fini...                Je n'ai pas dormi de la nuit ! La f&eacute;e Carabosse a transform&eacute;                un de mes ex qui n'a pas reconnu en moi la femme id&eacute;ale,                en yak, et pour le punir de ne jamais m'avoir offert de s&eacute;jour                aux Seychelles, l'a condamn&eacute; &agrave; chanter sous mes fen&ecirc;tres,                mais sans la guitare. Toute la nuit. Le cri du yak est tr&egrave;s                impressionant, un doux m&eacute;lange d'&eacute;lephant qui barit                et du chameau enrou&eacute; qui r&acirc;le. Ou un peu comme mon                ancienne voisine en plein orgasme. </p>             <p>J'ai chang&eacute; d'h&ocirc;tel le lendemain pour une petite pension                super chouette avec le meilleur <i>Dhal Bath</i> du N&eacute;pal,                <i>Gyalchan Lodge</i> (3 francs la nuit, 1 franc le th&eacute; et                7 francs le <i>dhal bath</i>) et suis donc rest&eacute;e 2 nuits                &agrave; Manang, histoire de me faire &agrave; l'altitude et me                refaire une petite sant&eacute; physique et mentale. La fille de                la famille &eacute;tait aux fourneaux, et faisait br&ucirc;ler du                gen&egrave;vrier dans le feu pour que cela embaume la maison le                matin. </p>             <p>Pour m'acclimater &agrave; l'altitude, j'ob&eacute;is b&ecirc;tement                aux conseils des toubibs et en profite pour rejoindre le monast&egrave;re                &agrave; une heure de marche que j'atteinds au bout de deux heures.                J'en ai un peu bav&eacute; pour arriver l&agrave;, en grimpant de                4 &agrave; 500 m&egrave;tres environ mais j'&eacute;tais toute contente                d'y rencontrer un couple de bouddhistes qui accueille l'&eacute;tranger                tr&egrave;s sympathiquement. J'y suis b&eacute;nie, laisse un don                comme ils me demandent, mais suis ravie de pouvoir toucher de vieilles                mains. Encore une fois, &ccedil;a me rappelle ma grand'm&egrave;re.                Autour du cou, un petit cordon de toutes les couleurs. Plus tard,                des boudistes me demanderont comment j'ai pu avoir cela. C'est rare,                parait-il et &ccedil;a porte bonheur. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Rencontre                avec Myriam, Julie et Damien</b></font></i></font></b></i></p>             <p>J'y rencontre par hasard la fameuse Myriam, dont m'avait parl&eacute;                le toubib de l'ambassade de France et suis ravie de faire sa connaissance.                Super chouette fille, sismologue qui habite Marseille. Nous passerons                2 ou 3 jours plus ou moins ensemble. Par hasard en cherchant la                poste, je croise &eacute;galement Julie et Damien, un couple de                fran&ccedil;ais super sympa aussi, on est content de se retrouver                &agrave; un coin de rue. Julie peut m&ecirc;me vous expliquer comment                sa grand'm&egrave;re a fait la une des journaux &agrave; Dijon en                s'&eacute;tant mang&eacute; un poteau en ville apr&egrave;s avoir                repris la conduite &agrave; 75 ans, Damien, tr&egrave;s serein,                est toujours amus&eacute; de la p&ecirc;che de sa bien aim&eacute;e,                et &agrave; vrai dire, il est int&eacute;ressant de s'apercevoir                au bout de quelques moments avec eux, qu'ils arrivent &agrave; changer                de conversations en sautant du coq &agrave; l'&acirc;ne mais en                finissant les phrases de l'autre. impressionnant. Un peu comme si                vous alliez finir ma prochaine phrase d'un sujet qui n'a rien &agrave;                voir avec ce dont je vous parle. Ce sont les seuls avec Myriam qui                &eacute;taient en vacances. Les autres personnes ici ont plus ou                moins quitt&eacute; leur boulot pour voyager au moins 4 mois &agrave;                plusieurs ann&eacute;es. Je renonce &agrave; aller sur le <i>Tilicho                lake</i>, le lac le plus haut du monde ! Je ne m'en sens pas capable.                Les chemins sont tr&egrave;s escap&eacute;s. J'ai eu une bonne intuition,                il a neig&eacute; deux jours apr&egrave;s... Ce qui aurait rendu                tr&egrave;s difficile pour moi la redescente...</p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Toujours                plus haut</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Le lendemain, lorsque la nuit tombe, je suis frigorifi&eacute;e.                Mon <i>snikkers</i> rest&eacute; dans ma chambre de lodge est congel&eacute;,                et ma gourde est remplie de petits cristaux. Je renonce &agrave;                me laver. Quant je me rel&egrave;ve pour aller uriner la nuit dans                le cabanon &agrave; 30 m&egrave;tres, c'est un remake du <i>"Projet                Blair Witch"</i> avec ma frontale. Je manque de m'arracher le petit                doigt de pied en me recouchant &agrave; la <i>Dien Bien Phu</i>                en prenant de l'&eacute;lan &agrave; peine porte referm&eacute;e,                &agrave; plat ventre dans mon duvet. Je d&eacute;cong&egrave;le                mon <i>snikkers</i> sous mon aisselle, mais m'endors avant. Quelle                &eacute;motion. </p>             <p>Trois hommes que l'on avait vus courir sans respecter les paliers                d'alitude redescendent tr&egrave;s malades. Les premiers flocons                de neige tombent &agrave; <i>Ledtar</i>. La nuit tombe et je me                demande effectivement comment vais je pouvoir passer le col avec                les v&ecirc;tements que j'ai ! Arriv&eacute;e au petit caf&eacute;                apr&egrave;s une nuit pass&eacute;e au hight camp avec Myriam qui                galope comme une n&eacute;palaise malgr&eacute; des probl&egrave;mes                de genou qu'elle masse au baume du tigre, et apres 2 h 30 de marche,                j'ai un peu de mal &agrave; avancer dans le froid, mon coeur bat                tr&egrave;s vite, presque trois pulsations par seconde et je fais                une pause. 300 m&egrave;tres me s&eacute;parent du col et je n'ai                pas du tout envie de renoncer. Les deux gars dans le refuge sont                tr&egrave;s sympas et on commence en rigoler ensemble. Je mange                quelques barres de chocolat et m'apr&ecirc;te &agrave; repartir.              </p>             <p>Un des guides me propose de m'accompagner &agrave; cheval. Nous                discutons du prix et accepte ses services... C'est ainsi qu'il me                selle une petit mule qui me rappelle le jardin d'acclimatation &agrave;                Paris quand j'&eacute;tais enfant, impossible de monter dessus,                je tombe de mani&egrave;re ridicule en m'aggrippant &agrave; la                crini&egrave;re de la pauvre b&ecirc;te, au final, quand enfin j'y                arrive, mes pieds trainent presque par terre. Les quelques touristes                sont morts de rire, quant &agrave; moi, j'ai un look de <i>Don Camillo</i>                dans un de ses films. La pauvre b&ecirc;te ayant failli claquer                sous mon poids et l'altitude, je monte par la suite sur un &eacute;norme                cheval blanc costaud que nous croisons en chemin. Trois gars me                hissent car le bidule pour mettre le pied se situe au niveau de                mon &eacute;paule, et que je sache aujourd'hui, je ne suis pas encore                assez souple en mati&egrave;re de grand &eacute;cart lat&eacute;ral                &agrave; plus de 5000 m&egrave;tres d'altitude. Grosse rigolade.                Nous continuons &agrave; longer le chemin que j'aurais certainement                pu faire &agrave; pied car il n'&eacute;tait pas aussi pentu que                celui emprunt&eacute; les heures pr&eacute;c&eacute;dentes. Les                gens emmitoufl&eacute;s marchent presque &agrave; reculons, on dirait                des scaphandriers sortis de l'eau par vent glac&eacute; ! </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>A plus                de 5000 m&egrave;tres</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Par contre, que d'&eacute;motions en arrivant l&agrave; haut !                et quel vent aussi ! Un froid de canard ! Apr&egrave;s avoir fait                quelques photos pour ma soeur Isa qui aimerait bien un jour venir                au N&eacute;pal, j'ai savour&eacute; mon <i>snikkers</i> devant                le panorama des neiges &eacute;ternelles. La descente vers <i>Muktinath</i>                fut plut&ocirc;t laborieuse, avec un d&eacute;but de mal des montagnes                &agrave; la cl&eacute;. Pas &eacute;vident ! En effet, le mal des                montagnes survient souvent entre 2 &agrave; 8 h apr&egrave;s une                ascension. Partie &agrave; 6 h 30, stopp&eacute;e vers 16 h 30,                j'ai au final plus ou moins suivi Myriam toujours tr&egrave;s p&ecirc;chue,                et qui marche &agrave; 5000 m&egrave;tres comme elle ferait les                soldes rue Saint-Placide. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>De l'autre                c&ocirc;t&eacute; du col</b></font></i></font></b></i></p>             <p>Nous nous retrouvons &agrave; <i>Jarkhot</i>, un petit village                tellement adorable que j'y reste deux jours. La dame de maison est                un vrai cordon bleu et nous met en disparaissant sous la table,                des cendres bien chaudes dans un baquet pour nous r&eacute;chauffer                le soir lorsque nous mangeons tous ensemble. Ca a beaucoup surpris                Pier, l'autralien p&egrave;re de trois enfants d'environ 20 ans,                qui, pour partir quelques mois en voyage tout seul, visiblement                p&ecirc;te un cable avec la vie de famille. J'y rencontre aussi                un graphiste de Malaisie qui me d&eacute;conseille son pays actuellement,                et Raymond, 49 ans, postier &agrave; Parentis-en-Borne dans les                Landes. Il fait partie de l'association des Amis de Salatrucu, un                village de Roumanie dans lequel il s'est rendu trois fois, dont                une &agrave; v&eacute;lo. Il a pu discuter avec Myriam du tremblement                de terre qui a eu lieu en France &agrave; Arette, le 13 ao&ucirc;t                1967, puisqu'il &eacute;tait &agrave; 35 km, &agrave; Orthez. Gars                tr&egrave;s vif, et en nous couchant le soir dans le dortoir avec                Myriam, on &eacute;tait assez &eacute;pat&eacute;es, &ccedil;a nous                a donn&eacute; la p&ecirc;che. Un jardinier retrait&eacute; du village                de Parentis est m&ecirc;me all&eacute; &agrave; Salatrucu pour leur                apprendre &agrave; jardiner et en apportant des graines de l&eacute;gumes                differents ! Depuis, ils cultivent les laitues et tout pleins de                choses ! </p>             <p>Quand j'ai manifest&eacute; ma d&eacute;ception vis-a-vis de la                poste fran&ccedil;aise qui m'a perdu plein de lettres cette ann&eacute;e,                notamment une pour mon p&egrave;re en mars dernier suite &agrave;                mon annonce de tour du monde, il &eacute;tait furieux contre les                facteurs qui n'avaient pas fait leur boulot correctement. J'ai pass&eacute;                une journ&eacute;e super &agrave; regarder la vie du village. Un                couple m'a invit&eacute; &agrave; voir la fabrication du whisky                local, et je me d&eacute;lecte &agrave; observer une sc&egrave;ne                de labour de champ. Les paysans chantent de mani&egrave;re d&eacute;licieuse                et je m'assois au bord du champ toute la journ&eacute;e... je suis                bien. Enfin j'ai le sentiment de go&ucirc;ter ce jour l&agrave;                &agrave; la vie locale... </p>             <p>Les gens arrivent &agrave; Jharkot fatigu&eacute;s, apr&egrave;s                avoir pass&eacute; le col, mais la fatigue n'emp&egrave;che pas                l'extr&ecirc;me gait&eacute; qui r&egrave;gne en soir&eacute;e dans                cette auberge. Lorsque je quitte ce village, il a neig&eacute; environ                10 cm pendant la nuit. Tout est blanc, je suis seule sur les sentiers,                me sentant bien, heureuse, et libre. J'ai envie de crier. <i>"Enjoy                the natural beauty"</i>, voil&agrave; ce qui est &eacute;crit sous                le toit de l'auberge dans laquelle je m'arr&ecirc;te pour la nuit                suivante, &agrave; <i>Lete</i>. Les poules se baladent tranquillement                dans la salle &agrave; manger et c'est cette athmosph&egrave;re                l&agrave; que je recherche. Authentique et sans touriste. Je me                sens bien ici, pr&egrave;s avoir un peu d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;,                ruminant mes vieilles col&egrave;res et frustrations durant mes                heures de marche notamment au sujet du manque de contact que j'ai                avec la population n&eacute;palaise sur le Tour des Annapurnas.              </p>             <p>En face de moi, probablement le <i>Sarpang Dhuri</i>, &agrave;                5007 m&egrave;tres. Dire que je suis mont&eacute;e plus haut que                cela, alors que vu de 2480 m&egrave;tres ici, il est impressionnant                ! En face, une &eacute;cole. Des enfants jouent. Ca me rend sereine.                La dame de maison est tr&egrave;s gentille, il n'y a pas de toursite,                c'est le pied. J'ai pris le chemin sur le versant d'en face, pour                aller de <i>Marpha</i> &agrave; <i>Khokethanti</i>, croisant parfois                les muletiers. Je me suis aventur&eacute;e &agrave; couper au hasard                au feeling le lit de la rivi&egrave;re <i>Kali Gandaki</i>, en traversant                parfois des petits ponts branlants pr&ecirc;ts &agrave; &ecirc;tre                emportes avec la permi&egrave;re crue. Je suis propre sous des v&ecirc;tements                tr&egrave;s sales, mais j'aime bien &ecirc;tre comme &ccedil;a.                J'ai le sentiment de mieux voyager aussi. Physiquement, je me r&eacute;gale,                bien que ce trek soit un peu dur parfois pour moi. </p>             <p>Ce matin, apr&egrave;s une nuit encore p&eacute;nible car les rats                sont nombreux et souvent se battent bruyamment dans les chambres,                sur les toits, ou derri&egrave;re les lambris, j'ai repens&eacute;                au p&egrave;re et au fils qui labouraient leurs champs &agrave;                Jarkhot et &ccedil;a ma rendue heureuse toute la journ&eacute;e.                Les enfants viennent de tuer un gros chat, le portant deux par deux                par les pattes avant et arri&egrave;re et sont recompens&eacute;s                par des bonbons car il causait beaucoup de d&eacute;gats dans la                village. Si jamais quelqu'un touche &agrave; ma chatte Libert&eacute;                en colo chez mes parents pour un an, je lui &eacute;clate la rate.              </p>             <p>J'ai eu ma m&egrave;re au t&eacute;l&eacute;phone et &ccedil;a                m'a fait plaisir. Tout le monde au village &eacute;tait &eacute;ffar&eacute;                du temps pass&eacute; &agrave; appeler la France, 4 minutes, puis                tout le village a su que j'avais appel&eacute; mon mari, ca m'a                fait marrer. Vers 17 h 30, en regardant le coucher de soleil embraser                les pics enneig&eacute;s, j'ai pens&eacute; &agrave; tout ceux que                j'aime et qui me manquent, j'ai fondu en larmes. C'est beau. </p>             <p>Le soir, ici, c'est un peu comme &agrave; Riaucourt, ce n'est pas                tr&egrave;s &eacute;clair&eacute;, j'y suis bien &agrave; table                &agrave; la place de l'oncle Jules, &agrave; ma droite un militaire                boit de la gn&ocirc;le dans un verre &agrave; moutarde, c'est pour                dire les proportions, et mange un dhal bath. La veille, on avait                go&ucirc;t&eacute; la gn&ocirc;le locale, un verre pour trois, &ccedil;a                arrache ! Je discute avec lui de politique, voudrais bien savoir                ce qu'il pense du massacre de la famille royale du 3 juin dernier.                Personne ici ne croit au coup de folie du fils, mais plut&ocirc;t                &agrave; une manipulation du fr&egrave;re du roi par les pouvoirs                am&eacute;ricains et indiens. D'ailleurs, &agrave; Katmandou, parfois,                sur fond d'&eacute;cran, on voit sur des PC une image des parents                assassin&eacute;s qui disent dans une bulle <i>"Notre fils ne nous                a jamais assassin&eacute;, c'est un complot"</i> (des mao&iuml;stes                ?).</p>             <p> J'arr&ecirc;te de poser des questions car j'ai le sentiment qu'il                va se mettre &agrave; pleurer. Derri&egrave;re lui, accroch&eacute;                au mur, une photo de la famille royale. Il est tr&egrave;s bel homme                et je reste m&eacute;fiante avec ses 3 verres de gn&ocirc;le dans                le nez maintenant. Il me dit bonsoir poliment et monte se coucher.                Je demande un seau comme pot de chambre, mais ils ne comprennent                pas. Au final, j'arrive &agrave; avoir mon seau pour la nuit, mais                vu l'&eacute;tat d'&eacute;coeurement extr&ecirc;me lorsque je suis                redescendue au petit matin avec, j'ai failli comprendre qu'ils m'avaient                pr&ecirc;t&eacute; leur seau &agrave; l&eacute;gumes. Je ne parle                pas tr&egrave;s bien anglais. J'ai r&eacute;cup&eacute;r&eacute;                le seau 20 minutes. C'est marrant, moi, j'ai envie de vomir quand                ils crachent tout vert et gluant. Les cultures sont tellement diff&eacute;rentes.              </p>             <p>A Danam avant Tatopani, chouette village. J'y ai vu des papillons                g&eacute;ants, des fleurs comme du papier cr&eacute;pon rouge tr&egrave;s                vives, ai long&eacute; la rivi&egrave;re sur les gros cailloux,                j'adore l'eau. Direction Beni pour rentrer <i>"a la maison"</i>                a Pokhara, au <i>Woodland hotel</i>, avec le personnel tr&egrave;s                sympa. J'ai battu mes records de connerie humaine en faisant un                scandale &agrave; Beni au moment d'acheter mon ticket de bus. L'homme                tente de me vendre un billet 3 fois le prix local, pr&eacute;textant                que le bus de 14 h est beaucoup plus cher que tous les autres. Il                ne me regarde pas dans les yeux, se marre, ne me rend pas la monnaie,                sous l'oeil amus&eacute; de ses copains... J'&eacute;clate de col&egrave;re                comme rarement, me met &agrave; mon grand &eacute;tonnement a l'insulter                en fran&ccedil;ais en cirant comme une pauvre folle, frappe l'homme                qui me met une main aux fesses, tr&egrave;s surpris par ma r&eacute;partie.                Crise totale d'hyst&eacute;rie. </p>             <p>Ca m'a m&ecirc;me &eacute;tonn&eacute;e de faire ma diva capricieuse                comme &ccedil;a. Je repars avec mon ticket prix local et m'enfile                deux <i>mars</i> d'affil&eacute;e, soulag&eacute;e de partir de                cette ville si sale et glauque. En mangeant mes <i>mars</i>, je                me rends compte que je viens de faire un scandale pour 6 sous alors                que j'ai budget&eacute; une somme &eacute;norme pour aller sur les                Iles Galapagos. Je songe alors &agrave; un stage de Yoga en Inde                et un massage &agrave; Pokhara pour recentrer mes shakkras qui se                font visiblement la malle. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Pokhara</b></font></i></font></b></i></p>             <p> Vite un lit. J'ai dormi 3 jours. </p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Massage                n&eacute;palais </b></font></i></font></b></i></p>             <p>Lorsque je suis arriv&eacute;e triste mine me faire recadrer mes                centres d'&eacute;nergie vitale, j'ai d&eacute;couvert une petite                maison de plain pied, on se serait cru chez Nicolas le jardinier,                j'ai cherch&eacute; le centre de massage apres la rang&eacute;e                de courgettes et de choux, et en arrivant chez d'autres gens, j'ai                commenc&eacute; &agrave; rebrousser chemin lorsqu'une voix me demande                <i>"may I help you ?". </i>Un grand gaillard bien barraqu&eacute;                me sourit et me demande si &ccedil;a me g&ecirc;ne que &ccedil;a                soit lui qui me masse. Je dis que non. Pas folle la gu&ecirc;pe.                Je le suis derri&egrave;re la maison, le long d'un petit escalier                branlant en fer forg&eacute;. </p>             <p>En refermant la porte, il me dit que je peux garder mes habits                si je le d&eacute;sire mais c'est comme je veux. En sous tifs et                culotte je m'endors &agrave; plat ventre par terre et je l'entends                s'exclamer <i>"oooooohummmmmm, yeeeessssssss..."</i> en se frottant                les mains tr&egrave;s vite l'une contre l'autre. Je rel&ecirc;ve                alors la t&ecirc;te intuitivement &agrave; tout hasard si un crottin                de chavignol g&eacute;ant avec une bonne bouteille de rouge ne seraient                pas apparues comme par enchantement dans la pi&egrave;ce de massage,                mais non. Au bout de 5 minutes, il m'explique en anglais qu'il va                falloir que je m'imagine, d'apr&egrave;s ce que je comprends bien                s&ucirc;r, m&egrave;re et reine de l'univers, et que la cr&eacute;ation                du monde se d&eacute;roule en moi. Certes. J'avoue avoir un peu                de mal &agrave; suivre ses directives avec en fonds sonores, ses                grognements virils ponctuels toujours du m&ecirc;me <i>"ooooooohuuuuuummmmm,                yeeeeeessssss..."</i> quand il me p&eacute;trit les fesses &agrave;                pleines mains, la sloggy enfonc&eacute;e et roul&eacute;e en boule                a 80 % dans la raie.</p>             <p>C'est plus ambiance <i>Guerre du feu</i> que <i>Miss Univers</i>.                Je me suis mordue les l&egrave;vres pour ne pas pouffer de rire,                &ccedil;a m'a rappel&eacute; nos crises de fou rire en classe de                la cinqui&egrave;me &agrave; la seconde en cours avec Laurence &agrave;                l'ENC. J'ai ensuite cru comprendre que j'avais des &eacute;nergies                un peu d&eacute;centr&eacute;es, au niveau de la fesse droite et                des &eacute;paules. Entre ses mains, j'avais confiance de toute                fa&ccedil;on et je me suis laiss&eacute;e faire pendant une heure.                Il a pris des positions d&eacute;lirantes pour me masser, si les                copines avaient &eacute;t&eacute; l&agrave;, elles m'auraient bien                chambr&eacute;e. En sortant de la s&eacute;ance, j'&eacute;tais                tellement d&eacute;tendue et &eacute;nergique que j'en ai oubli&eacute;                mon soutien gorge autour du cou et ai failli sortir toute nue dans                les rues de Pokhara. Ca l'a beaucoup fait rire. On &eacute;tait                tous les deux tr&egrave;s contents. J'ai ri toute la soir&eacute;e                et les trois jours qui ont suivi... Dans les rues, de la musique.                <i>Born to be alive</i> version n&eacute;palaise. tr&egrave;s dr&ocirc;le.</p>             <p><i><b><font size="6" color="#666666"><i><font size="5"><b>Rencontres                et rafting</b></font></i></font></b></i></p>             <p> <a href="../Images/nepal/soso+malais+jap%200027.jpg" target="_blank"><img src="../Images/nepal/soso+malais+jap%200027.GIF" width="100" height="75" border="0" align="left"></a>Apr&egrave;s                un d&icirc;ner avec Igor et Nedja, un couple de Croates que je n'ai                cess&eacute; de rencontrer par hasard, ils me briefent sur du rafting.                Je m'y inscrit <i>illico</i> pour un d&eacute;part dans deux jours.                Je retrouve avec plaisir le Malaisien, qui s'appelle Chedar, et                nous passons une journ&eacute;e ensemble tr&egrave;s agr&eacute;able.                Par un tour organis&eacute; via une agence, nous visitons pokhara,                la <i>Devi fall</i>, une grotte minable, petit lac version Giverny                b&eacute;ton arm&eacute; et bouche d'&eacute;gout, et faisons connaissance                avec Tom, le Japonais. </p>             <p>Restau forc&eacute; le midi par l'agence dans un endroit glauquissime                avec <i>Baby girl</i> version indienne cette fois en clip vid&eacute;o,                &ccedil;a nous fait marrer et nous oublions &agrave; force l'ambiance                olfactive produit chiottes quand nous mangeons... Le piment fait                transpirer &agrave; grandes eaux Chedar qui a le sentiment qu'il                va claquer. Le piment de la raita que je commande m'explose les                levres et m'anesthesie la bouche enti&egrave;re. Nous finissons                la soiree tous les deux avec le boss de l'h&ocirc;tel, Babou, tr&egrave;s                chouette, dans un restau uniquement fr&eacute;quent&eacute; par                des N&eacute;palais. </p>             <p><a href="../Images/nepal/011118.06.raft1.JPG" target="_blank"><img src="../Images/nepal/011118.06.raft1.GIF" width="100" height="75" border="0" align="left"></a>Trois                jours de rafting au contact de l'eau me font le plus grand bien                ! j'ai besoin d'&ecirc;tre en contact avec l'eau assez souvent pour                me sentir &eacute;quilibr&eacute;e. La piscine de la Jonqui&egrave;re                dans le 17 &egrave;me &agrave; Paris me manque. Tout comme la petite                dame &agrave; la caisse toujours souriante. Et les pompiers parfois                le mercredi matin. Durant le rafting, Quelles frayeurs parfois !                Nous partons dans un groupe de 30 personnes avec l'agence <i>Alon                river</i> <i>Adventure</i>, la moins ch&egrave;re de Pokhara, 45                USD les 3 jours tout compris. Pile mon budget voyage. C'est parfait.                Il a fait un temps superbe, mise &agrave; part quelques abrutis                qui ne respectaient pas du tout la nature, ni les villageois. De                grands trous d'eau, notre cano&euml; qui a des probl&egrave;mes                de valve &agrave; l'avant, nous pagayons, pompons, enlevons les                litres d'eau dans notre bateau, tout &ccedil;a dans des grandes                crises de fou rire avec Igor et Nedja et trois autres, dont deux                guides. </p>             <p><a href="../Images/nepal/011118.01.picnic2.JPG" target="_blank"><img src="../Images/nepal/011118.01.picnic2.GIF" width="100" height="75" border="0" align="left"></a>Notre                cano&euml; est un peu degonfl&eacute;. Etant plus mou &agrave; l'avant,                nous passons sans nous retourner dans les torrents, contrairement                aux autres qui se retournent comme des cr&ecirc;pes, j'ai d'ailleurs                failli acheter la vid&eacute;o pour <i>Vid&eacute;o gags</i>. Le                pire, c'est qu'on a tout fait pour chavirer car on en avait tr&egrave;s                envie, mais rien &agrave; faire. Nous avons donc fini par nous chamailler                et nous retrouver dans l'eau, glac&eacute;e certes, mais quel bonheur                de passer en gilet de sauvetage sous des cascades si douces qu'on                dirait des brumisateurs g&eacute;ants, de voir pleins d'oiseaux,                de papillons, des herbes folles... Je finis la derni&egrave;re demi                heure &agrave; la nage dans le sens du courant. Trois kayak nous                prot&egrave;gent continuellement.</p>             <p> A l'arriv&eacute;e, j'ai les pieds violets, je suis heureuse,                enfile par 25 degr&eacute; dehors mon damart, mon pull et ma polaire.                Je m'endors comme un loir dans le bus du retour. De retour &agrave;                Katmandu depuis hier soir, j'ai pu d&icirc;ner avec St&eacute;phane                Brun, un jeune homme parti pour un long voyage de 2 ans, apr&egrave;s                un tour de 15 mois il y a quelques ann&eacute;es, et que j'ai rencontr&eacute;                par ABM en mai dernier. Il est de retour du Tibet depuis une semaine,                et prochainement prof d'anglais dans un village &agrave; 2 jours                de Katmandu, heberg&eacute; par un bramane paysan d&eacute;lirant                dont le fils est sorti premier de Cambridge. </p>             <p>J'ai &eacute;t&eacute; fascin&eacute;e par ses r&eacute;cits, imaginant                le voyage comme je pr&eacute;f&egrave;re le vivre. Lorsque nous                avons compar&eacute; nos exp&eacute;riences, j'&eacute;tais d&eacute;pit&eacute;e                &eacute;videment de la mani&egrave;re dont je n'ai su ou pu m'int&eacute;grer                &agrave; la population n&eacute;palaise, aussi en faisant le choix                d&eacute;lib&eacute;re d'emprunter les chemins touristiques. Des                experiences humaines comme celles v&eacute;cues en Turquie me manquent                &eacute;normement. </p>             <p>Un autre gai luron, Remy Mayeux, arrive aussi &agrave; Katmandu                dans peu de temps. C'est dr&ocirc;le comme le monde est petit !                Nous avions pris une bi&egrave;re &agrave; Pigalle juste avant son                d&eacute;part pour un tour du monde en juin dernier. Ca m'a permis                aussi de continuer &agrave; remettre en question mon voyage, &agrave;                tenter de l'enrichir de v&eacute;rite, &agrave; savoir rester plus                longtemps dans moins d'endroits. Bref, faire de vraies rencontres                ! Je quitte Katmandu pour l'Inde la semaine prochaine... Et ne sais                pas du tout comment, pour o&ugrave;, et combien de temps, mais je                vous tiens au courant ! En attendant, bonne continuation &agrave;                vous et &agrave; tr&egrave;s bient&ocirc;t pour de nouvelles aventures                ! </p>             <p>By et a plus ! </p>             <p align="right">Anne So </p>             <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">               <tr>                  <td>                    <p><a href="nepal.htm" target="_self">retour vers le N&eacute;pal                      (1)</a> </p>                 </td>                 <td>                    <div align="right"><a href="inde.htm" target="mainFrame">suite                      du voyage (Inde)</a></div>                 </td>               </tr>               <tr>                  <td height="18"><a href="carnet.htm" target="_self">retour au                    carnet de route</a></td>                 <td>                    <div align="right"><a href="nepal.photos.htm">voir les photos                      du N&eacute;pal</a></div>                 </td>               </tr>             </table>             <p>&nbsp;</p>             <p align="right"><a href="iran.htm"><br>               </a></p>             <p>&nbsp;</p>             <blockquote>                <blockquote>                  <div align="center">                    <blockquote>&nbsp;</blockquote>                 </div>               </blockquote>             </blockquote>           </div>           <div align="left">              <blockquote>                <blockquote>                  <blockquote>&nbsp;</blockquote>               </blockquote>             </blockquote>             <p>&nbsp;</p>           </div>         </td>       </tr>       <tr valign="top">         <td height="133" colspan="4">&nbsp;</td>       </tr>     </table>     <p>&nbsp;</p>     <blockquote>       <blockquote>         <blockquote>           <blockquote>             <blockquote>               <blockquote>                 <div align="left"></div>               </blockquote>             </blockquote>           </blockquote>         </blockquote>       </blockquote>     </blockquote>   </blockquote> </blockquote> <blockquote>&nbsp;</blockquote> </body> </html> 
