<html><head> <style> <!-- BODY{ scrollbar-face-color:#808000; scrollbar-arrow-color:#ffff40; scrollbar-track-color:#dadab0; scrollbar-shadow-color:#dadab0; scrollbar-highlight-color:#dadab0; scrollbar-3dlight-color:#ffffff; scrollbar-darkshadow-Color:#000000; } a:hover { color: #CC0033} textarea {  color: #663300; background-color: #ffffee} --> </style> </head> <body text="#000080" background="../image/fondnouvelle.jpg" bgproperties="fixed" leftmargin="0" marginwidth="0" topmargin="0" marginheight="0"> <table border="0" align="center"><tr><td><font face="Arial" size="5"><i><b>Marine</b></i></font></td></tr></table><table border="0" width="90%"><tr><td><div style="text-align:justify;"><font face="Arial" size="2"><img src="../image/lettre/d.gif" align="left">EBUT DU TEXTE SOUS CETTE LIGNE<br /> La petite bonne franchit sans hte les marches du chteau.  Lurgence alimentaire la contraignait  cet emploi dinterne.  Cest le cur lourd quelle sy rsolvait.<br /> Le parc, pourtant, tait de toute beaut et la perspective de travailler dans un tel cadre aurait d la ravir, elle qui aimait tellement la nature.  Mais ldifice trahissait de multiples faons que les propritaires taient soit ngligents, soit dsargents.<br /> 	Elle se rsolut enfin  avertir de sa prsence en tirant la tige de fer dispose le long de la porte.  Personne ne pouvait ignorer le son puissant de la cloche, car le chteau, sil ne manquait pas de caractre, ntait pas trs grand.<br /> 	La comtesse fit son apparition.  Grande, hautaine, elle reut la bonne en dame du monde et sans senqurir du voyage de la jeune femme elle se contenta de lui dcrire le chemin  effectuer pour rejoindre la chambre qui lui tait dvolue, prcisant toutefois que le service commenait  sept heures le lendemain.  Marine acquiesa et se promit de mettre  profit la fin de la journe pour sinstaller, se dtendre et peut-tre aller se promener dans le parc.  La comtesse se retira dans ce qui devait tre un salon ou une salle de sjour.<br /> 	Le marbre blanc du hall constituait son seul luxe.  Lescalier tait en bois et lusure en son centre tmoignait de nombreux pas antrieurs.  Il tait large, majestueux, bord de fer forg.  Pourtant la seule rflexion qui vint  lesprit de Marine fut :  Il faudra le cirer.   Elle le gravit jusquau second tage et dcouvrit sur sa gauche la porte de ce qui allait de venir son domaine.  Le cur lui battait un peu avant de louvrir, car elle se demandait avec apprhension quel allait tre le cadre de son quotidien.  Elle fut agrablement surprise.  Bien que le tapis mural ne ft pas de premire fracheur, la pice tait relativement grande.  Le parquet donnait de la chaleur  lensemble, mais Marine se mit  souhaiter que toutes les pices ne soient pas agences de mme, car cirer ne faisait certes pas partie de ses occupations favorites : elle estimait cette corve dun autre ge.  Le lit tait recouvert de coton beige et lensemble paraissait trs dpouill.  La garde-robe lui semblait plus que suffisante pour contenir ses effets personnels.  La chambre tait en outre constitue dun fauteuil et dune commode sur laquelle elle dcouvrit un ncessaire de toilette en faence aux motifs bleus tel quelle en avait dj vu sur une brocante.  Etait-ce possible quil faille encore se laver dans du matriel aussi rudimentaire ?<br /> La jeune femme laissa choir sa valise sur le tapis us prs du lit et sortit  la dcouverte dune hypothtique salle de bain.  Elle fut rassure lorsque aprs deux portes fermes  cl elle en trouva une qui souvrait sur une pice contenant une douche et un lavabo.  Il lui faudrait logiquement demander si cette salle deau lui tait accessible ; elle fut tente de sen servir sans rien demander.  Laccueil rfrigrant de la comtesse len dissuada.<br /> Elle referma la porte et rejoignit sa chambre o elle entreprit de dfaire sa valise et ranger ses vtements aux endroits qui lui semblaient les plus adquats.  Ensuite, elle sallongea sur le lit et se rendit compte de ce que sa patronne ne lui avait mme pas indiqu la cuisine, ni offert quoi que ce soit pour le souper.  Elle devait tre loge, blanchie, nourrie et il ny avait aucune raison pour quelle se laisst mourir de faim.  <br /> Elle refit donc en sens inverse le chemin parcouru vers son nouveau domaine et frappa  la porte derrire laquelle elle avait vu disparatre la comtesse.  Celle-ci vint ouvrir, quelque peu tonne et rpondit  la question de Marine  Je vais vous montrer la cuisine.  Dailleurs, ce soir, soyez-y  19 heures, nous ferons le tour de la proprit. <br /> Elles entrrent dans la cuisine o ce qui attira immdiatement lattention de la jeune femme fut un mastodonte de fer qui se chauffait encore manifestement au charbon.  Une table flanque de quatre chaises occupait le centre de la pice et les deux murs libres taient garnis de placards.   L se trouve la rserve de nourriture quil vous faudra grer pour que nous ne manquions de rien, sans vous lancer toutefois dans des dpenses inconsidres.  Je verrai dailleurs la liste tablie avant achats et le fournisseur vous apportera ce que jai approuv.   Avant que Marine ait pu dire  Bien, Madame la Comtesse , celle-ci lemmena dans une arrire-cuisine assez sombre o trnaient tous les appareils ncessaires  la tenue dune maison : cuisinire, rfrigrateur, lave-vaisselle, lave-linge.  Il nentrait manifestement pas dans les habitudes de la maison de scher le linge dans un schoir automatique.  Larrire du chteau faisait fort bien laffaire.<br /> 	Puis, sans transition, la comtesse dit  Je vous laisse !  A ce soir, ici ! <br /> 	Il tait trop tt pour le repas et Marine dcida de sortir par larrire.  Elle vit une cour, un potager masqu par des massifs et au bout dune alle un petit pavillon.  Elle supposa  juste titre que ctait lhabitation du jardinier.  Le parc tait situ principalement  la gauche du chteau et lon ne pouvait sur ce flan voir la muraille qui le contournait, ce qui supposait une certaine profondeur quelle se promit bien dexplorer lorsquelle en aurait loccasion.  Ctait suffisamment dmotion.  Elle sassura que les armoires contenaient du pain, du beurre, de la confiture et se dit que si le rfrigrateur ntait plus trs garni, elle aurait du moins un frugal repas.  Elle dcida daller se reposer dans sa chambre.<br /> 	L, elle repensa  son enfance heureuse entre deux parents aimants dont le couple stait dissolu par la mort de lpoux et elle songea tout naturellement  son propre mariage.  Marine,  vingt cinq ans, tait divorce et avait vcu ce que bien des gens aimeraient viter.  Son mari avait grignot les quelques conomies quelle possdait puis il stait fait violent et la battait au moindre prtexte.  Marine laimait, mais deux ans de ce traitement lui avaient largement suffi : elle avait dclar forfait et obtenu son divorce en un dlai relativement rapide : trois ans de patience, de crainte que la procdure naboutisse que lentement, de pauvret aussi car les mauvais traitements avaient eu raison de sa rentabilit et la jeune femme avait perdu son emploi.  Elle vivait de petits boulots, car quoiquelle sintresst  beaucoup de choses, Marine nen restait pas moins sans vritable formation (elle stait marie jeune et avait abandonn ses tudes).  Sa mre laurait-elle voulu, elle aurait t dans limpossibilit de lui offrir la possibilit de les recommencer.  Cet emploi dinterne lui permettrait sans doute dconomiser pour soctroyer un meilleur sort.  Il est vrai quen cette priode de chmage rpandu, les emplois subalternes restaient ce quil y avait de plus courant.<br /> Il ne lui servait  rien de se lamenter sur son sort. Marine descendit courageusement  la cuisine et aprs avoir explor le frigidaire, revint avec du fromage pour agrmenter son repas.  Elle eut juste le temps de ranger avant que la porte souvre sur la comtesse et sa raideur.  Celle-ci ntait pas laide ; pourtant le visage ntait pas avenant : il refltait la scheresse intrieure et lide de lui sourire neffleurait mme pas lesprit.  Elle paraissait la quarantaine, trs imbue de son titre et du sentiment de faire partie dun monde  part o Marine naurait jamais la moindre chance de pouvoir entrer.  Si elle avait pu cerner les penses de cette dernire, elle aurait t sans nul doute horrifie, car la jeune femme, nullement impressionne par les titres, fussent-ils de noblesse, devait feindre une soumission respectueuse que lemploi confr supposait immanquablement.  Toute vellit dinsolence aurait immdiatement t touffe dans luf par sa patronne.<br /> Elle la suivit dans son tour du propritaire et constata que certaines pices semblaient condamnes.  La comtesse ne lui montra en fait quune salle  manger austre et un salon plus convivial o elle dcouvrit le comte occup  regarder la tlvision encastre dans un meuble ancien.  Un homme jeune fumait dsinvoltement prs de la fentre et  sa vue Marine rectifia intrieurement lge de la comtesse.  Elle vit encore une grande pice rserve au repassage et  la couture et se dit que tous comptes faits, cela ressemblait plus  une grande maison qu un chteau.  A ltage, un bureau bibliothque assez poussireux sparait la chambre des parents de celle du jeune homme et les autres taient fermes  cl.  La dernire porte tait celle dune salle de bain digne de ce nom et la baignoire fit envie  la jeune femme qui aurait volontiers coul un bain fleurant bon la mousse et la douceur de vivre.<br /> Mais elle neut pas le temps de sattarder  car la comtesse lui signifia du regard quil tait temps quelle se retire dans sa chambre.<br /> Elle eut du mal  trouver le sommeil.<br /> <br /> ***<br />  <br /> Entre les repas, la lessive, le repassage, la couture et le nettoyage, le travail ne manquait pas : Marine navait  elle que ses soires.  Il tait trop tard pour aller au village ; lavantage dconomiser ainsi son salaire lui faisait plaisir et laidait  tenir tout ce temps, car la comtesse ntait pas commode : exigeante sur le travail  fournir, elle semblait ignorer les mots complimenter et fliciter.  La jeune femme en ressentait quelque aigreur, car elle sacquittait de sa tche comme sil stait agi de sa propre demeure.  Elle se demandait dailleurs pourquoi elle avait extirp la poussire du bureau et lentretenait chaque semaine avec soin.  Le comte ny mettait apparemment jamais les pieds pas plus que son pouse.<br /> Cet homme ne prononait devant Marine jamais dautres mots que  bonjour ,  au revoir  ou   bonsoir .  Il ntait pas dsagrable, juste indiffrent : il est clair que la gestion des lieux tait le domaine de la comtesse et quil sen souciait peu pourvu que ses besoins soient satisfaits.  La jeune femme ne pouvait en dire autant de leur fils.  Au dbut de son sjour, il semblait se trouver par hasard sur son chemin chaque fois que cela lui tait dcemment possible et toujours en labsence de sa mre ou son pre.  Elle se demandait mme comment il pouvait perdre tant de temps  se tenir au courant de ses moindres faits et gestes, mais il est vrai que les mmes occupations se rptaient aux mmes heures et il ntait pas malais davoir une ide prcise de son emploi du temps et de ses alles et venues dans les couloirs.  Il la dvisageait sans vergogne et il semblait  Marine quil la dshabillait du regard.  Mais elle chassait trs vite cette ide et se disait que, bien quelle soit intuitive, elle pouvait se tromper.  Pourtant elle dchanta assez rapidement, car au regard il ajouta des gestes lestes qui lembarrassaient, car elle mprisait ces privauts, mais elle ne savait comment y mettre fin.  Le dire  la comtesse naurait entran que les dngations du fils et son propre renvoi et tmoigner ouvertement son mpris laurait tenue dsarme devant les possibles ractions du jeune homme.  Aussi poursuivait-elle ses tches en ignorant ses avances.<br /> 	Une nuit cependant, alors quelle navait jamais cru utile de fermer sa porte  clef, elle entendit la poigne tourner et le vit surgir dans sa chambre et sapprocher du lit.  Elle le pria de sortir et de respecter son repos, mais il se jeta sauvagement sur elle et lembrassa malgr ses tentatives pour se dbattre.  Il laissa glisser sa main gauche sur le corps de la jeune femme.<br /> 	Marine avait beau tre dgote des hommes, elle tait reste si longtemps sans contact sexuel que son corps ragit malgr elle.  Elle cessa bientt de se rebiffer et, quoique passive, nen prouva pas moins quelque agrment.  Aprs quoi le jeune homme disparut en moins de temps quil ne fallait pour le dire.  Elle se leva alors, alla prendre une douche et revint dans sa chambre senfermer  double tour.<br /> Elle dcida de toujours dormir porte close : elle ne voulait  aucun prix que cela se renouvelt.<br /> 	Le jeune homme modifia rapidement son attitude, ce qui lui permit de dduire quil avait au moins tent dencore pntrer dans sa chambre.  Il la croisait frquemment, mais au lieu de tenter un geste, il la toisait de haut dun air narquois comme si elle avait t une femme facile.  Marine enrageait, mais navait aucune envie de se justifier.<br /> Il lespionnait vritablement et bientt  la moindre occasion, il ne manqua pas de la critiquer ouvertement devant sa mre, qui y allait trs vite dune rprimande sche dont Marine se serait bien passe.  Elle devait saccommoder de cette atmosphre de travail tendue et dsagrable, car si elle souvrait  la comtesse de ce qui stait pass, ce serait la parole du jeune homme contre la sienne.  Elle savait trop quon peut tre victime et nanmoins peu crdible, tant le poids de la partie adverse est efficace.<br /> Elle avait peu doccasions de se divertir de ses penses, car il prenait un malin plaisir  la tourmenter, le plaisir de quelquun qui se sait impuni et impunissable.<br /> Le couple recevait de temps  autre des  invits  prendre le repas et passer la soire, ce qui reprsentait pour Marine un surcrot de travail et un service tardif.  Ils sabsentaient galement rgulirement. La jeune femme en profitait alors pour aller passer une ou deux heures au salon : la seule pice dans laquelle elle se sentait vraiment  laise.<br /> Elle avait fini par se rendre compte de ce que, chaque jeudi, un  camion venait au chteau  la nuit tombe, y restait quelque temps et repartait sans allumer ses phares avant la grille de sortie de la proprit.  Cela intriguait Marine au plus haut point, dautant plus que le vendredi ds laube, un autre camion franchissait la grille et sarrtait lui aussi devant la partie dsaffecte du chteau.  La jeune femme ne pouvait savoir ce qui se tramait  cette heure-l, puisquelle tait retenue par ses tches  lintrieur de la demeure.<br /> Elle dcida un jeudi dpier, cache dans le parc, la venue du camion et satisfaire ainsi sa curiosit.  Personne en effet ne parlait jamais de ces alles et venues.  Plus le temps passait, plus elle avait envie de savoir qui venait faire quoi.<br /> De lendroit quelle avait judicieusement choisi, elle pouvait voir le chauffeur et le jardinier dcharger en prsence de la comtesse des caisses portant la mention fragile.  Le camion venait du Grand Duch de Luxembourg.  Elle avait froid, mais se serait bien garde de bouger et trahir ainsi sa prsence.  Quand le dchargement fut effectif, elle vit sa patronne remettre une enveloppe au chauffeur et sacheminer vers la porte arrire du chteau.  Le camion dmarra. Elle attendit que le jardinier sen allt et regagna prudemment sa chambre en se promettant bien de revenir le jeudi suivant.<br /> Le mme mange eut lieu la semaine suivante : Marine en dduit donc que chaque semaine avait lieu un dchargement et, probablement, le lendemain un chargement dans un autre camion.  Ce devait tre un trafic.  Alors quelle regagnait le chteau, elle vit brusquement surgir le jardinier devant elle.  Il lui demanda :  Que faites-vous ici ?   Elle rpondit effrontment :  Je vous ai vu participer  un trafic.  Ce que je me demande, cest de quoi.   <br /> Le jardinier, avec qui elle avait toujours entretenu de bons rapports alors quelle allait mettre scher le linge ou le dpendre, rpondit laconiquement  Dalcool.  Mais je vous  suggre fortement de nen rien savoir et nen rien dire si vous tenez  votre emploi.  Disparaissez et dispensez-vous, une prochaine fois, de venir espionner.   Sur ces mots, il sen alla de son ct.<br /> Trop heureuse de sen tirer  si bon compte, Marine regagna sa chambre sans autre anicroche.<br /> <br /> ***<br /> <br />  <br /> Une fois dshabille, elle se coucha et se mit  rflchir.  Une ide germa doucement dans son esprit : celle de trahir la comtesse en dpit des avertissements du jardinier.  De toute manire, elle possdait dj maintenant un peu dconomies et pouvait se permettre de rester quelque temps sans emploi avant den trouver un autre.  La vengeance ntait pas trangre  cette ide-l.<br /> Pour la premire fois depuis son engagement, elle demanda un demi-jour de cong  sa patronne qui le lui accorda sans rechigner, ce  quoi elle ne sattendait tout de mme pas.<br /> Le jour venu, aprs le dner, elle se dirigea vers ce quon appelait le village et alla directement au commissariat de police.  Il lui fallut dabord dcliner son identit.  Elle eut beaucoup de mal  convaincre le policier que laffaire tait dimportance suffisante pour quelle en fasse part au commissaire.  Le policier se dirigea lentement vers un bureau au fond du couloir et fut suffisamment convaincant, puisque le commissaire accepta de la recevoir.<br /> Marine expliqua donc quelles taient ses fonctions et o elle les exerait.  Puis elle en vint au fait et lui raconta ce quelle avait vu et tout ce quelle savait.<br /> Contrairement  son attente, le commissaire ne lui posa pas de questions.  Il ntait pas trs grand et devait tre agrable au toucher, car sil ntait pas gros, il tait tout de mme lgrement dodu.<br /> Il poussa les hauts cris :  Mais, mademoiselle, ce nest pas possible !  Ou vous affabulez ou vous hallucinez !  Une personne si respectable et apprcie dans la paroisse !  Vous pourriez avoir des ennuis  colporter de telles histoires ! <br /> La jeune femme eut beau assurer que tout tait rigoureusement exact, le commissaire nen dmordait pas et lui demanda mme pourquoi elle tentait de nuire  sa patronne.<br /> Il est vrai que Madame la Comtesse frquentait les offices, et Monsieur le Cur par la mme occasion.  Ce dernier en pensait le plus grand bien.  Il se sentait honor par lassiduit de sa paroissienne.  Elle venait dailleurs rgulirement se confesser de menus pchs vniels et Monsieur le Cur aurait jur quune personne aussi dvote tait loin dtre capable dune quelconque vilenie.<br /> <br /> 	Ces rfrences semblaient devoir suffire au commissaire dont Marine ne savait sil ragissait ainsi par intrt ou par stupidit.  Il voulait manifestement protger des personnes de renomme respectable, et ne dsirait mme pas envisager la vracit des dires de Marine.  Il est clair quil navait nulle intention dinvestiguer.<br /> Il conclut le bref entretien par un avertissement  Tchez de ne plus vous faire remarquer ! <br /> La jeune femme sortit,  la fois dconfite et rvolte.  La morale aurait exig que la comtesse soit sanctionne pour ses agissements.  Mais le monde ne sencombre pas de morale.  Marine, aprs avoir dambul au hasard pour se calmer, retourna au chteau.  Il ne lui servirait  rien de perdre son emploi sans raison.  Chemin faisant, elle esprait seulement que la comtesse naurait pas vent de sa msaventure.<br /> <br /> ***<br />  <br /> Marine avait termin sa toilette et stait allonge dans son lit, pensant trouver dans le sommeil le drivatif dont elle avait besoin.  Mais elle se tournait sans cesse dans les draps et ne parvenait pas  oublier loffense insense de ce commissaire qui laurait pnalise elle au lieu de se livrer  une enqute.  La jeune femme sentit quil lui fallait partager ce sentiment dinjustice avec quelquun.  Elle pensa donc au jardinier et, aussi tmraire que lui part lide, elle se rhabilla et se dirigea silencieusement vers le pavillon encore clair.  Elle frappa  la porte.<br /> Celle-ci souvrit et le jardinier bahi lui demanda :  Vous ?  Que faites-vous ici ? <br />  Je dois vous faire part dun vnement , rpondit-elle,  mais je me vois mal vous en parler sur le pas de la porte. 	<br /> Lui :  Entrez !  Excusez-moi, jtais surpris. <br /> Elle :  Vous souvenez-vous de ce soir o je vous ai surpris avec le camionneur ? <br /> Lui :  Je vous avais pourtant conseill de tout oublier et de ne plus revenir l-dessus ! <br /> Elle :  Je sais, mais je vais vous raconter pire encore. <br /> Lui :  Pire ?  Que voulez-vous dire ? <br /> Elle :  Eh bien, jtais si scandalise par la conduite de la comtesse que je suis alle raconter toute lhistoire au commissaire. <br /> Elle neut pas le temps de continuer, car il scria avec force et colre :  Mais vous tes folle, sans doute ?  Avez-vous imagin combien de personnes vous mettiez dans lembarras ?  Avec votre satane curiosit, vous nous flanquez dans un beau ptrin ! <br />  Mais, linterrompit-elle  son tour, le commissaire ne ma mme pas crue.  Il ma mme souponne de vouloir nuire  ma patronne.  Il ma enjoint de ne plus me faire remarquer. <br /> A ces mots, le jeune homme retrouva quelque peu son calme et interrogea Marine :  Mais, enfin !  Pourquoi avoir eu cette ide ?  Pourquoi ne pas avoir suivi mon conseil ? <br /> Elle lui raconta les vexations, les exigences, le ton hautain de la comtesse et elle sentit quil comprenait, mais nexcusait pas.  Elle sabstint soigneusement de faire la moindre allusion au fils de ses patrons.<br /> Martin (ctait son nom) convint que la comtesse ntait point commode, mais lui avait un avantage si lon peut dire- il tait ml au trafic, mme sil nen retirait aucun bnfice.  Elle savait quelle dpendait de son silence et nosait le traiter comme de la valetaille.  Elle lui tmoignait une certaine considration, probablement feinte dailleurs, mais ctait tout de mme plus agrable.  <br /> Marine ajouta ds quelle le put :  Je ne voulais pas vous nuire, mais croyez-moi, vous ne devriez pas laider dans ce domaine.  Un jour, cela se retournera contre vous et je vous assure que je le regretterai. <br /> 	 Ne vous inquitez pas pour moi, dit-il, et retournez vous coucher, car il se fait tard.  Vous avez besoin de rcuprer.  Aprs vos confidences, cela devient trop dangereux, car on ne sait jamais ce qui peut germer dans la tte dun commissaire.  Revenez demain, ds la nuit tombe et nous parlerons plus  laise. <br /> 	La jeune femme se sentait quelque peu soulage davoir partag son lourd secret et lorsquelle eut ferm la porte de sa chambre  double tour, elle se rendit compte de lheure quil tait.  Ce ntait dcidment pas une journe comme les autres.  Elle se glissa sous la couverture et neut pas trop de mal  sombrer dans le sommeil auquel elle aspirait.<br /> 	Le lendemain, elle sveilla difficilement et dut se laver  leau froide pour tre dans une forme acceptable.  Ctait aujourdhui mercredi.  Elle ne voyait que peu la comtesse qui se contentait de venir inspecter son travail de temps  autre et le service lors des repas ne lui pesait pas vraiment<br /> 	Ils sasseyaient tous les trois dans la salle  manger et le tintement dune clochette indiquait  Marine quand elle pouvait venir servir les plats.  La patronne se souciait peu de savoir quand elle mangeait, si ctait entre les alles et venues pour le service ou aprs, pourvu que la jeune femme manget  la cuisine.<br /> 	Marine ne sut rien de lentrevue demande par le jardinier  la comtesse.  Celle-ci avait fix un rendez-vous  Martin  deux heures et il fut ponctuel.<br />  Madame la Comtesse , dit-il , je dois vous apprendre une nouvelle bien dsagrable. <br />  Faites , dit-elle, lair tout  fait sceptique.<br />  Madame la Comtesse, des rumeurs me sont parvenues par des personnes en qui jai toute confiance : elles disent que le commissaire a eu vent du trafic dalcool. <br /> La patronne devint livide :  Vous tes sr ? <br />  Absolument certain , dit-il.<br /> La comtesse se tut quelques instants, rflchit et parla ensuite trs vite :  Nous dirons  mes revendeurs que je suis en rupture de stock , que cest  indpendant de ma volont, que nous cessons ds lors toute activit et quils seraient aviss de se trouver un autre fournisseur.  Cest dommage cependant, car ctait lucratif et nous avons bien besoin de toutes nos rentres pour entretenir le chteau.    Merci de mavoir tenue au courant, mon brave , ajouta-t-elle avec condescendance, et Martin pensa quil ne lui fallait pas longtemps pour changer dattitude.  Il savait cependant que jamais elle noserait le traiter comme elle le faisait  lgard de Marine.  Elle avait paniqu vite et il se sentait soulag dtre dbarrass dune corve qui naurait pu lui valoir que des ennuis.  Il se mit  penser  Marine, se dit que cest  elle quil devait sa nouvelle libert et et hte de la revoir le soir.<br /> 	Le temps lui sembla long, mais il finit par entendre frapper  la porte comme il lesprait.  A peine la jeune femme tait-elle entre quil lui raconta sa journe et plus particulirement son entrevue avec leur patronne.<br /> 	 Cest une excellente nouvelle, dit Marine, dabord parce que la morale triomphe tout de mme  si ce nest que la comtesse sen sort par limpunit  et ensuite parce que vous naurez pas  tre ml  ces sombres histoires dsormais. <br /> 	 Cela mrite bien quon arrose un peu cela, dit-il.  Je nous prpare un pisang orange ? <br /> Elle : 	 Volontiers, mais ne mettez pas trop de pisang, car je ne bois de lalcool que trs occasionnellement.  Je naurais jamais cru que les vnements trouveraient si vite ce dnouement. <br /> Lui :  Elle tait dans un tat de panique.  Tout tait trop facile jusqu prsent.  Elle na pas la moindre ide de la source des soi-disant rumeurs, je peux vous le garantir.  Ce que je naurais jamais cru moi, cest que nous ferions connaissance dans des circonstances aussi imprvisibles.  Il y a dj longtemps que je souhaitais vous parler, mais vous tes toujours si presse dans votre travail que nous nchangeons jamais que des banalits. <br /> Il lui tendit un verre :  Buvons  la fin du trafic ! <br /> Elle :  Comment avez-vous pu prendre des risques aussi vidents sans en retirer davantages ? <br /> Lui :  Quand jai remplac le vieux jardinier de nos patrons, jtais arriv  la conclusion que minstaller  mon propre compte tait vraiment trop risqu.  Se constituer une clientle rgulire est difficile et je dois dire que jai tout de suite aim cette proprit.  Je navais aucune envie de la quitter.  Au dpart, je ne savais dailleurs pas quil sagissait dun trafic.  Puis les soupons me sont venus et je me suis dit que de toute manire, jtais dj compromis.  Je comptais men tirer en cas dennuis par le fait quil ne sagissait pour moi que dun travail comme un autre, mais je suis soulag dtre dsormais dcharg de cette tche. <br /> 	Il lobservait en parlant : il la trouvait si jolie, si  frache quil en tait mu.  Un silence sinstalla entre les deux jeunes gens.  Martin avait juste trente ans et la prsence de cette jeune femme qui lui paraissait inaccessible auparavant le poussa  plus daudace.<br /> 	 Vous tes tellement jolie, dit-il.  Jaimerais beaucoup que nous nous voyions souvent. <br /> 	Elle avait rougi, mais navait rien rpondu.  Il sapprocha delle et lui prit la main :  Cest dommage que daussi fines mains sabment dans des travaux mnagers  longueur de journe  ajouta-t-il pour se donner une contenance.<br /> 	Marine eut un geste de recul lorsquil sinstalla sur le divan  ct delle et aussi imperceptible quait t le  mouvement, il navait pas chapp  Martin.  Il sentit sa crainte et nen comprenait pas la raison.  Il se sentait si bien en sa prsence, si en confiance quil lui tait difficile dadmettre quil nen soit pas de mme pour elle.  Son caractre franc et direct lui dicta ses paroles :  De quoi avez-vous peur, Marine ? <br /> 	 Je nai pas vraiment peur, dit-elle, mais <br /> 	 Mais ? <br /> 	Marine pensait au fils de la comtesse et sa mfiance la tenait en garde :  Ce jeune homme navait-il pas tout simplement le mme but ?   Sa brusque familiarit lui semblait  la fois naturelle et dangereuse.  Elle se trouvait chez lui et se demanda si elle navait pas fait preuve dimprudence.  Ne pouvait-on pas simplement se comporter en tres humains spontans, fallait-il toujours tre sur ses gardes ? <br /> 	Le jeune homme sentait que latmosphre avait chang et il le dplorait vraiment.  Se pouvait-il quune jeune femme soit aussi farouche ?  Que cachait son attitude ?  Il insista :  Marine, je veux savoir ce quil y a derrire ce mais ! <br /> 	Elle hsitait.  Leur relation stait tablie sur le mode des confidences et lattitude du fils des patrons lui nouait encore la gorge, mais pouvait-elle vraiment en faire tat auprs de Martin ?  Quen penserait-il ?  La croirait-il ?<br /> 	Elle dcida de se jeter  leau et lui raconta ce qui stait pass, noubliant pas sa porte dsormais ferme  double tour et la raction dtestable du jeune noble.<br /> 	Martin savait quune jeune femme encourt plus de dangers quun homme du mme ge, mais il naurait pas pens que Marine pt cumuler tant dennuis au chteau.<br /> 	 Je ne sais que dire, Marine.  Je ne sais comment jaurais agi dans votre situation, mais je pense que je ne me serais pas rfugi aussi longtemps dans le silence.  Je ne vous accable pas.  Ce nest pas votre faute.  Mais je crois que vous manquez de confiance en vous et que vous ne croyez pas assez  vos droits.  Vous navez rien   craindre de moi, ajouta-t-il, en entourant de son bras les paules de la jeune femme.  Jaimerais pouvoir effacer les traces indsirables qua laisses en vous cette nuit-l, et peut-tre un jour y parviendrai-je, mais ma comprhension et ma sympathie devraient vous rassurer et, jimagine, vous soulager quelque peu. <br /> 	 Oui, dit-elle.  Mais vous savez, en matire de comprhension, je suis plutt habitue aux coups. <br /> 	 Comment ?   Expliquez-moi ! interrogea-t-il.<br /> 	La jeune femme tait maintenant plus dtendue et se sentait soulage de pouvoir partager avec quelquun de jeune le vcu trop lourd qui tait le sien.  Elle raconta son mariage, les svices,  la solitude et la pauvret antrieures  son engagement au chteau.<br /> 	Lorsquelle eut termin son rcit, il effleura de sa main la mche de cheveux qui pendait lgrement sur son visage puis se pencha vers elle et lembrassa.  Il se sentait boulevers et sabandonnait  son lan.  La jeune femme ne stait pas drobe et lui rendait son baiser.  Elle changeait dj le cours de son existence solitaire en le dlivrant du trafic et voici quelle le poussait  trouver des gestes doux et retenus dont il navait pas lhabitude.<br /> 	Marine regarda sa montre et dit :  Il est dj trs tard, je vais me sauver car je dois me lever tt demain matin. <br /> 	Martin, drout, lui demanda :  A demain ? <br /> 	 Oui , rpondit-elle et ce fut pour lui le seul indice dun espoir.  Il navait pas coutume de tergiverser, dattendre : il sut quavec elle tout serait diffrent.<br /> 	Il se coucha aprs avoir rang les verres, le pisang et le jus et sentit que la journe du lendemain lui semblerait longue.<br /> <br /> ***<br />  <br /> 	Marine sveilla de bonne humeur.  Elle avait bien dormi, avait rv de Martin en incorrigible romantique quelle tait.  Le cur prompt  lespoir, elle se disait que le livre de sa vie lui prparait peut-tre un meilleur chapitre.  Elle se lava, shabilla et descendit lescalier en sautillant presque.<br /> 	La journe lui parut moins harassante et cest avec lgret quelle frappa  la porte de Martin le soir venu.<br /> 	Il laccueillit dun baiser lger et la pria de sasseoir dans le salon, en ayant bien soin de la conduire devant le divan, sur lequel il sassit en mme temps quelle.  Il senquit ensuite de savoir si Marine dsirait un rafrachissement ou plutt une tasse de caf.  Elle navait pas soif pour linstant.  Il se cala donc dans le divan et la questionna sur sa journe.  Lenvie le tenaillait de la prendre dans ses bras, mais il se demandait ce quelle ressentirait sil tait aussi direct.  Il la laissa  raconter puis dit :<br /> 	 Marine, jai pens  toi toute la journe. <br /> 	 Moi aussi , rpondit-elle.<br /> 	Le cur de Martin bondit dans sa poitrine.  Il lembrassa longuement et la tint serre contre lui.  Il avait envie delle, une envie irrpressible quil contenait pour ne pas la heurter de front.  <br /> 	Ils parlrent de choses et dautres et lorsquil la sentit confiante et abandonne, il la caressa doucement.  La jeune femme apprciait manifestement et lui rendait de temps  autre ses caresses, si bien quaprs quelque temps, il lui dit :  Viens, Marine !  en se levant et lui tenant la main.<br /> 	La jeune femme le suivit tranquillement jusque dans sa chambre o il la prit dans ses bras et tout en la caressant, entreprit de la dshabiller.  Bientt, ils furent nus tous les deux et il lui fit lamour avec fivre, tandis quelle se donnait sans rticences.<br /> 	Il savait dj quil ne voulait plus quelle sen aille, que rien ne la retenait au chteau et quil se voyait mal lui faire lamour avant quelle retourne se coucher.  Cela aurait tenu des amours de passage, des relations  la sauvette et il nen avait pas envie.  Il avait trente ans et se lanait dans sa relation comme si elle devait durer toujours.<br /> Ils parlrent et se caressrent tendrement et Martin dit enfin :  Reste, Marine, il sera bien temps encore daller te changer demain, avant de travailler. Je nai pas envie que tu partes.  Nous sommes si bien ici. <br /> Marine  se pelotonna davantage contre lui et dit :  Daccord. <br /> Ils refirent lamour avant de sendormir, blottis lun contre lautre.<br /> Martin savait que dans la tte de Marine, il avait su effacer la sauvagerie goste et irrespectueuse du fils de la comtesse.  Il avait pourtant eu peur que ce souvenir-l empoisonne sa soire.<br /> 	Lorsquils sveillrent, la jeune femme le quitta  regret, non sans quil lui ai dit :  Ne prends pas le repas du soir, Marine, nous souperons ensemble ici.  A tout  lheure. <br /> <br /> <br /> ***<br />  <br /> 	Ils passrent toutes leurs soires et leurs nuits ensemble, mais au bout dune semaine, Martin demanda  Marine demmener ses bagages chez lui, pour ne pas avoir  retourner au chteau le matin : il avait envie dune vie rgulire avec elle.  Ils ntaient plus des enfants et navaient pas besoin de priode probatoire.  Il lui semblait lavoir toujours connue, ils se sentaient bien ensemble et parlaient de lavenir comme sil leur tait commun.  Ds lors, pourquoi se livrer  cette contrainte fastidieuse du dpart matinal.  Le jeune homme tait cependant conscient quil leur fallait avertir la comtesse : elle devait savoir que dsormais la chambre serait vide.  Ils dcidrent daller ensemble lui parler et le firent ce jour-l aprs le souper.<br /> 	 Madame la Comtesse, dit Martin,  Marine et moi, nous sous aimons et avons dcid quelle vivra dornavant avec moi au pavillon. <br /> 	La patronne resta un long moment interloque et silencieuse, puis se tourna vers Marine et lui demanda dun ton paternaliste :   Avez-vous bien rflchi, mon enfant ? <br /> Le  mon enfant  irrita la jeune femme peu habitue  autre chose que la condescendance hautaine.<br /> La comtesse poursuivit :  Ce nest peut-tre pas trs raisonnable, ajouta-t-elle.  Dailleurs, avez-vous seulement lintention de vous marier ?  Nous ne pouvons nous permettre davoir du personnel instable dans la maison. <br /> 	 Madame la Comtesse, dit Martin avec aplomb, (sa fibre syndicale vibrait dj en lui ), ds lors que le travail est fait, notre vie prive ne regarde que nous.   Et sentant quil avait lavantage, il ajouta :  Il faudra vous y accoutumer ou vous passer de nos services. <br /> Il savait pertinemment que la comtesse ne pourrait se permettre de remplacer deux personnes  la fois et quelle ne prendrait pas le risque de licencier quelquun qui pouvait se montrer bavard.  Elle voulut cependant avoir le dernier mot :  Cest votre vie, aprs tout, dit-elle, et si vous faites erreur, vous naurez qu vous en mordre les doigts.  Jinsiste pour que cela ne change rien dans vos prestations. <br /> 	 Oh, dit Martin, nous serons aussi performants quauparavant, mais si vous voulez occuper Marine tardivement, il vous faudra dsormais lui verser des heures supplmentaires, car si elle ne dfend pas ses droits, je veillerai  le faire  sa place.  Vous savez, Madame la Comtesse, que je suis toujours bien inform. <br /> 	 Nous verrons , dit la comtesse avec colre et elle disparut.<br /> 	Marine se tourna, interloque, vers Martin :  Nous navions jamais parl de cela ! <br /> 	 Je sais, dit-il, mais sa raction ma mis en colre et jai fonc avant de ten parler.  Tu ne men veux pas ? <br /> 	La jeune femme tenait  soccuper elle-mme de ce qui la concernait, mais elle ntait pas fche de le voir tenir tte  sa patronne, et de  plus, elle tait mue de cette protection quil lui offrait spontanment : elle avait du mal  faire respecter ses droits.  Aussi sourit-elle.   Non, rpondit-elle, mais une autre fois, parle-men dabord. <br /> 	Puis, joyeuse, elle ajouta :  Je vais chercher ma valise.  Il ne me faudra pas longtemps pour la prparer. <br /> 	Elle monta lescalier le cur lger.  La vie changeait de cours.  Marine ne doutait pas que le bonheur ft au rendez-vous.<br /> Extrait de "Tranches de vie au fminin" (2000)<br /> </font></div></td></tr></table><hr width="85%" color="#CA9D04" size="1"><center><font face="Verdana" size="1">&copy; Ghislaine Renard<br>&copy; <a href="http://expression.free.fr" target="_top">expression.free.fr</a></font></center><hr width="50%" color="#CA9D04" size="1"><center></center><hr width="50%" color="#CA9D04" size="1"><form><table width="100%"><tr background="../image/fondvert.jpg"><td align="right" background="../image/fondvert.jpg" height="40"><img src="../image/commentaire.gif" width="247" height="25" border="0" hspace="5"></td></tr></table><table width="100%"><tr background="../image/fondorange.jpg"><td background="../image/fondorange.jpg" align="right" height="40"><font face="Verdana" size="2">Commentaires : <b><a href="mailto:j.lanza@9online.fr">bernard  lanza</a></b> le <font color="#003300">27/01/2003</font></font>&nbsp;</td></tr><tr><td align="right" valign="middle"><textarea name="textfield" cols="55" rows="3">Un certain monde que l'on, croyait disparu rapparait devant nous: des serviteurs et des matres !</textarea></td></tr></table><br></form><br> <div align="center"><a       href="http://www.hit-parade.com/hp.asp?site=a23618" target="_top"><img       src="http://loga.hit-parade.com/logohp1.gif?site=a23618" alt="Hit-Parade" width="77"       height="15" border="0"></a></div> </body></html> 
