<META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html;charset=iso-8859-1"> <!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> 	<head> 		<title>PULPE FICTION</title> 	</head>  	<body bgcolor="#d8bfd8"> <a href="../42/n42.htm"><img src="../gdbsite/images/soleil.gif" alt="retour au sommaire  n43" align="right" width="35" height="35" border="1" /> </a>	 		<center> 			<h2><font color="red">3&egrave;me EPISODE</font></h2> 			<p><font color="red">Indiana </font></p> 		</center> 		<p><br> 		<p><font size="4">Longtemps Indiana s'&eacute;tait lev&eacute;e de bonne heure, r&eacute;veill&eacute;e par le chant enthousiaste du coq dont les plumes rutilantes et bigarr&eacute;es luisaient aux premi&egrave;res lueurs de l'aube d'un &eacute;clat marbor&eacute; dans lequel paraissaient se profiler, tant&ocirc;t la moire assombrie des nuages v&eacute;loces caracolant entre de timides irruptions solaires, tant&ocirc;t, pour son orgueil, la fulgurance des chatoiements diaphanes d'une vapeur lunaire subrepticement surfil&eacute;e, avant de parcourir sa p&acirc;ture natale sous l'oeil attendri de sa m&egrave;re d&eacute;j&agrave; avide de gazon et peut-&ecirc;tre, jonglant avec la ros&eacute;e, d'une &eacute;pluchure de pomme de terre et c'est par d&eacute;fi, tandis que l'oie pataugeait dans la boue, qu'elle se laissait bercer par le caqu&egrave;tement continu des canards alertes que l'examen attentif d'un scarab&eacute;e ne faisait qu'aviver alors m&ecirc;me qu'elle ignorait encore la sombre trame de sa destin&eacute;e fuyante et n'englobait pas encore dans l'enveloppe craquante d'un concept sibyllin les mille quartiers d'Obra&iuml;no-Sat, ni m&ecirc;me la d&eacute;mesure du tube dans lequel elle ne cesserait de cro&icirc;tre en pourfendant la chair contrite des l&eacute;gumes ou autres agrumes &eacute;gar&eacute;s dans un secteur o&ugrave; Pierre Perret lui-m&ecirc;me aurait sans doute h&eacute;sit&eacute; &agrave; faire de la soupe au son pittoresque, puissant, presque endiabl&eacute; et certainement marqu&eacute; au coin de r&eacute;miniscences antiques du chant muet des salsifis t&eacute;l&eacute;pathes et qu'elle n'&eacute;tait alors qu'un petit goret dont le p&egrave;re, rarement dans la soue, ramenait de chacune de ses escapades la puanteur d'une truie diff&eacute;rente, ce dont sa m&egrave;re n'avait jamais pu s'accommoder vraiment, disant &quot; gnouf gnouf &quot; du bout du groin lorsqu'il salivait sur ses huit mamelles et trouvant toujours, pendant les absences du gros verrat, un pr&eacute;texte pour le d&eacute;nigrer, quand il eut &eacute;t&eacute; plus appropri&eacute; de conforter la croissance psychique d'Indiana par des anecdotes valorisantes redorant le blason d'un p&egrave;re qui, sans nul doute, constituait l'ultime rempart &agrave; la d&eacute;mesure castratrice de cette m&egrave;re pr&eacute;coce, &agrave; la fois distraite et envahissante, sous l'ombre de laquelle grandissait Indiana tant et si bien qu'elle finit par concevoir un doute sur la stature que pouvaient prendre ses g&eacute;niteurs &agrave; ses yeux et sur son r&ocirc;le dans un monde o&ugrave; une brouett&eacute;e de gazon n'&eacute;tait pas chose rare &agrave; condition que la saison s'y pr&ecirc;t&acirc;t et que Petit Tonnerre, le poulain craintif qui s&eacute;vissait sans scrupule dans cette m&ecirc;me p&acirc;ture se montr&acirc;t coop&eacute;ratif - car il croyait devoir imposer sa stature en monopolisant parfois les tas de gazon mal &eacute;tal&eacute;s &agrave; l'enivrante odeur de fermentation o&ugrave; se m&ecirc;laient le souffre, la chlorophylle et la tentation d'un p&eacute;tillement in&eacute;dit, risqu&eacute;.</font></p> 		<p><font size="4">Elle pourfendit Tony d'un coup d'incisive et le coupa en deux.</font></p> 		<p><font size="4">&quot; Avance ici, gros cochon ! dit To.</font></p> 		<p><font size="4">- Je vais broyer ton groin ! fit Ny.</font></p> 		<p><font size="4">- Gnonf ! Gnonf ! j'aime pas le navet, &ccedil;a pique.</font></p> 		<p><font size="4">- Avance, te dis-je, crains la fureur de Tony !</font></p> 		<p><font size="4">- Cette fois c'est ta derni&egrave;re heure, c'est Tony qui te le dis !</font></p> 		<p><font size="4">- Tony, mon ch&eacute;ri, que t'est-il arriv&eacute; ? Par le crottin ! C'est horrible !</font></p> 		<p><font size="4">- Ne m&ecirc;le pas de &ccedil;a, Sandy.</font></p> 		<p><font size="4">- Reste o&ugrave; tu es, ma ch&eacute;rie.</font></p> 		<p><font size="4">- Gnonf gnonf gnonf.</font></p> 		<p><font size="4">- Tenez bon, euh &#133; tiens bon. Les scientifiques ! Ils repoussent la b&ecirc;te ! Tends-moi tes fanes, vite !</font></p> 		<p><font size="4">- Sandy, non, inutile de prendre des risques inutiles !</font></p> 		<p><font size="4">- Mets-moi &agrave; l'abri, Sandy, le cochon peut revenir !</font></p> 		<p><font size="4">- Arr&ecirc;te de parler en m&ecirc;me temps que toi-m&ecirc;me. Laisse-moi faire. Oh&eacute; ! Messieurs les scientifiques ! Nous sommes ici ! Aidez-nous ! &quot;</font></p> 		<p><font size="4">Les scientifiques, d&eacute;cid&eacute;s &agrave; &eacute;lucider le myst&egrave;re de ce couple r&eacute;fractaire, avaient mis peu de temps &agrave; se ressaisir. En unifiant sporadiquement leurs &eacute;missions mentales, ils cr&eacute;&egrave;rent une onde de choc qui eut un effet r&eacute;pulsif sur le cochon. Puis ils se h&acirc;t&egrave;rent vers le lieu du drame en bottes serr&eacute;es, luisantes, comme des militaires. Quelle ne fut pas leur consternation de voir le dichotomie intrins&egrave;que de Tony et le d&eacute;sespoir de Sandy. Pour les consoler, ils les emmen&egrave;rent dans leur cellule en leur recommandant de pleurer beaucoup. Ils apprirent par signes &agrave; Sandy que seule la moiti&eacute; de Tony qui avait le plus de fanes pouvait survivre &agrave; condition de subir une greffe. Mais au moment d'emporter Tony, Tony s'y opposa. Il s'&eacute;tait d&eacute;couvert, il ne pouvait vivre sans lui, il avait autant de fanes, enfin,  		il ne se souciait pas de vivre loin de li.  		De toute fa&ccedil;on, les scientifiques n'avaient en fibrille que leurs recherches cruelles et ineptes et il s'agissait &agrave; tous les coups d'un stratag&egrave;me de plus pour mener une exp&eacute;rience inavouable. Il acheva en les traitant de filasses, filoselles, et autre filipendules. Les scientifiques lui saut&egrave;rent sur le demi-bulbe mais il s'en trouva pour saisir l'un, il s'en trouva pour saisir l'autre, ils n'&eacute;taient pas d'accord sur le demi-navet &agrave; capturer, Sandy braillait qu'on l&acirc;ch&acirc;t son demi-fianc&eacute; qui culbutait de rage en s'appelant lui-m&ecirc;me &agrave; pierre fendre, lorsqu'un r&eacute;giment commandit&eacute; par He&iuml;di fit irruption dans la cellule pour emmener Sandy. Le chou n'avait pas dig&eacute;r&eacute; de faire blanc pour le sacrifice et s'y tenait mordicus, question de prestige ; cependant ses foudres n'&eacute;taient plus dirig&eacute;es que sur Sandy qui, selon elle, &quot; n'avait rien pris &quot;.</font></p> 		<p><font size="4">Les autres r&eacute;giments &agrave; ses ordres &eacute;taient en train de rassembler les salsifis enfuis pour qu'ils assistent au spectacle et qu'ils tremblent.</font></p> 		<p><font size="4">Tout le monde se retrouva en &eacute;tat d'arrestation. Cela ne fit ni une ni deux. Sandy fut emmen&eacute;e dans la m&ecirc;me cagette que les scientifiques f&eacute;lons tandis que Tony &eacute;tait discr&egrave;tement d&eacute;tourn&eacute; vers une destination secr&egrave;te. Et c'est devant une foule plus que maussade qu'elle se retrouva dans une ar&egrave;ne de guano, au centre d'une botte de salsifis flapis, attendant la mort.</font></p> 		<p><font size="4">&quot; N'ayez pas de crainte, mes amis, dit Sandy - m&ecirc;me s'ils ne pouvaient pas comprendre. Je suis Sandy, la fille du citron, on me voit le soir, sur une daurade ou un poisson-chat, mais j'accommode tr&egrave;s mal la truie. Ayez confiance ! Nous allons tous &ecirc;tre sauv&eacute;s. &quot;</font></p> 		<p><font size="4">La foule pensait &agrave; tout rompre : &quot; Y en a marre ! C'est toujours les m&ecirc;mes spectacles ! Avec Christophe on rigole plus ! la cruaut&eacute; sans imagination, c'est comme de l'engrais sans potassium ! &quot;</font></p> 		<p><font size="4">Tout &agrave; coup, Indiana fit son apparition. Elle non plus n'avait pas l'air contente d'&ecirc;tre d&eacute;rang&eacute;e deux fois de suite. He&iuml;di plia une feuille vers la terre. La truie &eacute;mit un grognement et se jeta sur les martyrs, faisant trembler le guano . Elle ouvrit ses m&acirc;choires...</font></p> 		<p><font size="4">(A suivre) </font> 	</body>  
