<META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html;charset=iso-8859-1"> <!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html>  	<head> 		<title>pulpe</title> 	</head>  	<body bgcolor="lightgreen" > <a href="../43/n43.htm"><img src="../gdbsite/images/soleil.gif" alt="retour au sommaire  n43" align="right" width="35" height="35" border="1" /> </a>			 <center> 			<h2><font color="deeppink">  4me EPISODE <br> Jos</font>  </h2> 		</center>  		<font size=4>                                             <p>Longtemps Indiana s'tait adonne  la levure avant de connatre la douceur d'un ver de terre noy dans la mare o elle aimait  s'battre les jours de chaleur et les nuits de pleine lune, ces nuits glaces remplies de cris de pipistrelles papillonnantes qui taient la particularit du quartier de la pture. ce quartier avait d'ailleurs fait l'objet  de rivalits entre les fouines et les surmulots avant de devenir la proprit exclusive de Denis le ver jusqu' ce que celui-ci, porteur d'un poison mphitique, finisse taquin du groin, hum, retourn, caress, renifl, aplati, tir, extirp, dterr, mordu, noy, suc, lch, aspir, ingurgit, mch , malax, compresse, cras, broy, dchiquet, ananti, humect, dgluti, digr, rumin et chi pour la plus grande prosprit d'Indiana dcouvrant le monde en prenant des kilos et le  dlivrant d'un lombric possessif qui, s'il n'avait jamais rellement svi, s'tait tout de mme avr un petit dictateur en puissance. A cette poque Indiana ne rvait que de fouir librement  et s'opposait dsormais frquemment  sa mre pour une racine, une coquille d'uf, un coin o la boue tait bien  profonde et o son degr de viscosit tait idal, o elle vous rentrait dans les oreilles, encrotait vos naseaux, se plaquait contre vos flancs palpitants et massait votre ventre pendant que vous ruminiez une  vengeance contre votre mre qui vous avait mordu de dpit de se voir prive de la flaque convoite et qui, tait-ce un secret, fricotait misrablement avec les sangliers du bois, votre pre tant parti depuis si longtemps cette fois, dans un gnouf d'explication. Marre voil tout, papa reste, et puis il n'est plus l, votre mre vous rend responsable, le foin reste froid ; avant au moins, il revenait quelquefois ; ces poils noirs qui commencent  envahir votre panse, papa ne les reconnat pas ;  lui dont la graisse  forme des poches sous une peau rostre, presque translucide  force d'tre tire, et dont les moustaches ne laissent pas d'ombre, comment  pourrait-il se reconnatre dans cette pilosit sombre et rugueuse, comment aduler la crature du mensonge ? enfin il tait parti. Et puis il y avait eu les chiens pendus  la vulve de sa mre et personne pour la dfendre. Indiana n'avait jamais support son impuissance, et lorsque, quelque temps plus tard, il parut vident que son ratelier tait extraordinairement dvelopp , c'est avec bonheur et presque panique qu'elle s'initia au sproutchpaf en compagnie d'un pitbull africain dont le pays chantait -ah l'Afrique ! n'tait-ce pas le paradis du soleil, des couleurs, des odeurs -  pour qu'elle puisse venger sa mre, sa mre morte d'une indigestion de lgumes, elle qui n'en mangeait jamais, et qui prcisment  choisit ce jour pour en manger des tonnes, en manger sans faim, pour manger, pour combler ce vide abominable qui la rongeait lorsqu'elle tait en chaleur ; et les crises se faisaient de plus en plus frquentes, les frquentations de grillage ne suffisant plus, elle avait coutume de mordre sa fille jusqu'au sang depuis l'agression des chiens. Mais ce jour l, elle se mit  manger,  manger effroyablement, sans mordre, rien qu'en avalant,  Maman arrte, je t'en prie, gnouf, gnouf, maman, ne fais pas a, tu vas tre malade, gnouf, gnouf. Elle en mangea jusqu' tant qu'elle en crve, il y avait plein de navets, et pleins de citrons et Indiana pourfendit Sandy d'un coup d'incisive, manquant la couper en deux.  <p>To et Ny taient dans le noir. <p>" O suis-je ? <br>- L. <br>- Je suis sur de belles feuilles ! <br>- M'inquite <br>- Bon, moi, fous-moi la paix <br>- Ma gueule. <br>- Sandy, malheur, que lui est-il arriv ? <br>- Elle est pas mal, cette Heidi. <br>- Monstre ! Un funeste pressentiment m'habite. <br>- Restons correct. <br>- Chut ! On vient " <p>Y en assez ! Qu'on en finisse ! pensrent les salsifis en voyant qu'Indiana s'y prenait toujours de la mme manire pour trancher ses victimes. Les pousses sont fatigues, y a arrosage demain. Ce cochon est aussi imbcile que sa matresse. " <p>Les scientifiques envoyrent un signal de rprobation et finalement, Heidi consentit  mettre fin au sacrifice aprs qu'Indiana eut bien dvor tous les salsifis rebelles. Elle-mme tait presse d'aller goter les joies d'une hybridation avec le beau navet ou ce qu'il en restait. Tout le monde rentra chez soi, tandis qu'on enfermait le citron ventr dans un tumulus en prvision  de la prochaine attaque des hutres. <p>Heidi regagne sa taupinire en hte, passa au brumisateur, frisa ses larges feuilles, dilata  son cur craquant et se fit conduire  la cellule du prisonnier. <p>" Va, je ne hais point, lui dit-elle. Et mme je te rends ta libert pourvu que tu me radicules. <br>- Pas question, dit To. <br>- D'accord, dit Ny. <br>- Je suis fianc  Sandy et ne saurais radiculer une autre, et d'abord o est -elle ? dit To. <br>- H, ne m'coute pas. T'es super radiculante. Libre Sandy. Je veux une carte et deux hannetons et je vais te faire la totale-radicule, tu vas tre compltement fan, gros lgume, dit Ny. <br>- Je suis devenu compltement fou ! Vais-je me taire ! dit To. <br>- Quand pousserai-je donc ! Quand regarderai-je la vgtation en face ! dit Ny. <br>- Mais qu'est-ce qu'il me dit ! s'cria Heidi, c'est ton citron qui te turlupine, c'est ca ? Alors moi je ne compte pas pour toi, c'est a ? H bien on va voir si tu ne changes pas d'avis. Qu'on aille chercher Jos ! "   <p>Jos tait le bourreau de Christophe, mais il farfouillait depuis longtemps dj dans les feuilles d'Heidi et lui rendait bien des services. C'tait une patate douce hrisse de germes prhensiles. Elle arriva bientt , munie de tous ses instruments. <p>" Tu m'as demand, matresse ? <br>- Oui, mon bon Jos. Ce navet ne veut pas de mes feuilles. Torture le pour qu'il change d'avis. <br>- Ce navet est bien impudent de rsister  tant de grce et d'acrimonie. nous allons faire le ncessaire pour te satisfaire. " <p>Les salsifis de la suite d'Heidi ne purent s'empcher de frissonner. Jos tait un amant jaloux. Il prenait pour argent comptant les injures faites  sa matresse, et de toute faon, n'avait aucun intrt  laisser un rival en tat de faire ce qu'on attendait de lui. Il s'approcha, plein d'une jubilation malsaine, sortit une pingle  nourrice rouille de sa besace et l'enfona dans le corps du navet jusqu' la garde. To rendit un jus fonc. <p>" Oh ! Le pauvre ! Non, ne lui fais pas mal ! ", dit Heidi tandis que Ny demeurait stoque. <p>Puis Jos sortit un bout de fil de fer et se mit  en racler Ny en y laissant de profonds sillons. <p>" Pas trop fort ! pas trop fort ! Que de jus ! Comme il souffre ! " se lamentait Heidi. <p>" Matresse, il vaut mieux que tu remontes, maintenant, laisse faire Jos. <br>-D'accord, d'accord ", dit Heidi qui se soutenait  peine et fut porte sur son lit de paille. <p> Alors l'enfer n'eut plus de nom. Il est certaines atrocits qu'il serait obscne de rapporter. Il y a dans la vie des lgumes des moments tragiques, des preuves qui font frissonner les plus braves, qui font hurler jusqu' la plus petite nervure et s'inscrivent   jamais dans  la pulpe. Pendant un temps qui finit par perdre toute substance, To et Ny fut la proie des charanons, pucerons, chenilles, escargots, limaces, huile de vidange, mildiou, scheresse et pisse de lzard. Mais  aucun moment Jos ne parut entendre qu'il criait presque depuis le dbut :  <br>"  D'accord, je vais radiculer Heidi ! <br>- D'accord, je vais radiculer Heidi ! " <p>Heidi vint voir Tony plusieurs fois, mais il n'tait dj plus en tat de parler. Elle s'impatientait ? Maintenant, elle trouvait que Jos n'allait pas assez loin, lui faisait porter des consignes ds qu'elle avait une ide amusante. <p>Bientt sa rage ne connut plus de borne. Jos russit subtilement  la dtourner sur Sandy qu'il prsenta comme un obstacle majeur  la russite de sa mission.  <p>" Etouffe-la, ce sera plus drle, suggra Heidi, et rendons-la   son cher fianc. "  <p>A suivre (????)  <p> Poulpos - Laurent      	</body>  </html> 
